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Chroniques d'Irydaë
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 "Unloved boy" [Terminé]

Luciole Aldebarra
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Sam 25 Nov - 21:47
Irys : 433682
Profession : Croc-Mort - Aventurier - Pirate
Pérégrins -1 (homme)
"Plic, plac, ploc...", faisaient mes gouttes de sueurs contre les dalles du paliers de ma maison d'enfance.

Je crois qu'il est temps... Temps de faire mes adieux à ces personnes qui me sont devenues étrangères, ces personnes qui ne me voulaient pas tous du bien, ces personnes qui ne pensent qu'à la notoriété et au prestige qu'apporte notre nom de famille, un nom qui à mes yeux, n'inspire que le péché et le mal. Mais je me devais d'y aller, cet appel à la réunion familiale, ironique hypocrisie venant de mes grands-parents qui ont souhaité ma présence autour de cette table. Table ronde où devait, d'après la liste qu'on m'avait envoyé, accueillir mes deux parents, un détail aux apparences anodin mais qui me rassurait quant au statut de ma mère, vivante ou morte, après mon départ, je ne donnais pas cher de sa peau... Il y avait aussi mon oncle Klaus, le chasseur bourrin et bestiale, ainsi que sa femme à moitié folle, Fak'Hee. Je pouvais aussi lire le nom de ma chère cousine que je n'avais pas vu depuis bien longtemps, Eulalie, et pour être tout à fait franc, c'était bien l'une seule que j'avais encore envie de revoir. Mais que fût ma surprise quand je vis également le nom de la famille maternelle, celle de ma mère, famille que je ne connaissais que très peu, hormis ma tante Mariam avec qui je passais souvent mes vacances et son mari qui m'emmenait à la chasse durant mon plus jeune age.

A présent, j'étais figé face à la porte d'entrée de la maison familiale, à Blumar, et le moins que l'on puisse dire c'est que ce trajet depuis Zochlom ne fût pas de tout repos, entre esquive de la milice de Skingrad en passant par les côtes d'Ünellia, traversée des plaines verdoyantes et longues heures de marches, je n'avais pas ménagé mon énergie, énergie qui m'aurai été d'une grande utilité en prévision des abominations qui allaient se produire durant cette réunion "familiale".

"Grrrrrrrrrrrrr... ziiiiinnnnn...", faisait-la porte à son ouverture, éternel grincement qui hantait mes nuits d'enfants rêveurs, pensant qu'un abominable monstre venait de s'introduire dans notre maison pour me dévorer.

"Approches, Luciole...", faisait une voix familière du fond de la pièce de vie, pièce qui était étrangement sombre en ces temps de beaux temps et d’ensoleillement, mais qui me laissait quand même présager une ambiance des plus glaçantes entre les différents convives.

Ainsi, j'approchai d'un pas titubant et désordonné en direction de la table ronde de bois nobles formée, mon chapeau bien fixé sur le dessus de ma tête, la mains baladeuse et décontractée, le sourire perverti en coin de bouche, j'étais prêt à les affronter. Et c'est dans la continuité des choses que je pris place à la place qui m'était réservée, ne faisant guère attention aux personnes qui pouvaient m'entourer, sur la seule chaise dont le bois était à moitié pourrit de larves et de blattes à foison, encore un signe que ma venue en ces lieux sonnait comme un réquisitoire de mauvais goût, un avant goût du procès dont j'allais faire l'objet, pensais-je sur le moment. Une fois ma place bien occupée, je décidai de placer mes frétillants pieds sur le dessus de la table, mon esprit provocateur ayant prit le dessus, je voulais les mettre à bout d'entrée de jeu !

C'est alors que, sortie de l'ombre, ma grand-mère, Tomenn Aldebarra, prit la parole d'un ton des plus autoritaires, devançant l'ombre de mon grand-père, dont le regard vidé de vitalité en disait long sur son état actuel.

"Bien... Si nous sommes réunit aujourd'hui, ce n'est pas pour régler nos différents de famille et nombreuse autres querelles de mauvais goûts, oh non, nous aurons bien le temps de nous égorger quand les temps seront plus sûrs ! Hi, hi, hi... Vous devez certainement le savoir, mais la situation géopolitique de notre monde se veut défaillante depuis quelques temps, et la sécurité de notre famille également. Une guerre est proche entre My'Trans et Daenars, et je pense qu'il est de notre devoir de nous préserver de ce nid à merde en nous exilant tous ensemble vers les montagnes, en attente d'un dénouement définitif ! Klaus, je te laisse la parole., disait-elle de vive voix tout en adoptant des gestes des plus sectaires, et s’assaillant à sa place, une vraie dictatrice qui avait fait son temps, mais dont le pouvoir de parole était dorénavant revenu à Klaus son fils aîné.

Après elle, c'est donc Klaus Aldebarra, mon oncle, qui se leva de sa chaise pour édicter la liste des nombreuses tâches que notre famille avait à accomplir avant que les choses s'envenimes, et chercher à réparer les failles relationnelles de notre famille.

"Tout d'abord... Je tenais à remercier la venue de la famille de Volurie et des de Balvure pour cette réunion, nos familles étant bien différentes, il est indéniable qu'elles sont liées par les liens de certain mariages et autres arrangements secrets. Ainsi que la nouvelle génération, dont l'avenir semble très prometteur pour l'ensemble et...", il n'eut le temps de finir sa phrase que Hans Aldebarra, mon père, le coupa en plein élan, cherchant à m’asséner le premier coup en ces ravissantes retrouvailles.

"Luciole prometteur ? Ah, la bonne blague... Mon frère, mon frère... Chers membres de la famille, ne voyez-vous donc pas ce qu'il se passe ? Ces créatures que nous appelons enfants sont les fruits de notre discorde ! Luciole, Eulalie et la mignonne petite Fanny, nous devons les envoyer au front, en première ligne ! Et... et... Ils mourrons pour notre bonne cause, le nom de notre famille sera glorifié, et nous aurons beaucoup d'or ! A nous la GLOIREEE !!! Eurk, eurk, pff...", s'étouffait-il à dire tout en voyant le regard indigné de sa chère mère qui était à deux doigts de lui enfoncer la lame de son couteau de cuisine dans le crane.

A ces mots, les différents familiaux refirent surfaces et les de Balvure dirigés par mon oncle Georges se levèrent, indignés à leurs tours par les propos tenus par mon père à la psychologie défaillante.

"Je te conseille de la fermer Hans, si tu ne veux pas passer sous les balles de mon arme... J'avoue être déçu, je pensais réellement tirer quelque chose de cette rencontre, mais inutile de relever une fois de plus la bassesse des raisonnements des Aldebarra, Leyla ma chère je ne te comprends pas...", disait-il tout en plaçant son imposant corps d'un mètre quatre-vingt-dix-sept de haut devant sa femme et sa fille, fixant ma mère du regard, dissuadant toutes réponses venant de mon père et autres fous présent autour de la table.

Ma mère n'avait pas ouvert la bouche depuis le départ, elle était figée sur sa chaise, le regard ciblant le centre de la table, tout en réalisant des va-et-vient de cette dernière jusqu'au bord de la table telle une personne atteinte d'autiste. Son état s'était considérablement dégradé depuis mon départ et son cou était teinté des marques de mauvais traitements que père lui infligeait continuellement. De plus, ses yeux étaient embrumés d'un rouge sanguin, ce qui témoignait d'une forte consommation de produits illicites dont mon père seul avait le secret, en d'autres thermes, il l'avait drogué. Certainement voulait-il la museler, cette réunion était le meilleur endroit pour faire enfin part des atrocités qu'elles vivait depuis des années, une sorte de dernière chance avant que la mort ne s'empare d'elle, elle voulait la saisir mais cet homme l'avait prédit... Ainsi, elle était condamnée à un silence éternel devant sa sœur au demeurant si protectrice avec elle, la seule qui aurait pu faire changer la donne, la sauver.

"Voyez-vous ça, belle famille que nous avons là... Hi, hi, hi !", ricanais-je alors à l'autre bout de la table avant de placer ma main droite contre ma bouche, camouflant le reste de mon visage de la vue des autres membres de la famille.

"Soit ! Je crois que nous allons faire une pause, cinq minutes de débat, cela semble beaucoup trop difficile pour cette famille, nous reprendrons d'ici dix minutes..", rétorquait-il avant de quitter la table en direction de la pièce d'à côté, suivit de mon père, mon oncle, ma tante et mon grand-père. Me laissant seul avec mes cousines devenues étrangères, ma mère zombifiée, ma grand-mère dictatrice et ma tante qui ne cessait de déblatérer des mots dont je ne connaissais le sens, le visage caché derrière un crane à la dimension impressionnante, un langage qu'elle s'était inventée pour "entrer en contact avec les Architectes", mais nul besoin de préciser que ces propos n'étaient que le fruit de sa folie.

†††††††††††

Plan de table :
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Arbre généalogique :
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Dernière édition par Luciole Aldebarra le Ven 12 Jan - 19:51, édité 1 fois
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Luciole Aldebarra
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Sam 2 Déc - 21:45
Irys : 433682
Profession : Croc-Mort - Aventurier - Pirate
Pérégrins -1 (homme)
Je m'approchais de ma mère, d'un pas léger et distingué, alignant pas après pas sur le vieillot plancher craquant de notre maison, le sourire béant du bout de mes fines lèvres, laissant alors paraître un très léger rictus moqueur, sous les yeux jugeurs de ma grand-mère la fourbe, une femme aigrit par tant d'années de règnes sur le trône familiale, fixant cette pauvre femme qui n'avait plus que la peau sur les os, sa somptueuse beauté dorénavant dépassée, ma mère... Et que dire de ce regard ? Ah ce regard... "Allez, venez...". L'attrapant par le bras d'une poigne d'acier, je décidai de l'entraîner en dehors de la pièce, et plus précisément dans nos magnifiques jardins extérieurs, sous les regards méfiants des derniers membres de la famille encore présents dans la salle.

Le soleil était à son zénith, le champs de coquelicot était encore intact, certainement n'avaient-ils pas prit le temps de récolter l'or rouge de nos terres riches en nutriments ? Mais qu'importe, ce tableau était d'une beauté défiant toutes concurrences, et cela faisait si longtemps que j'attendais ce moment... Et c'est exactement ce que je cherchai, un dernier tableau pour celle que j'aimai, malgré nos moments difficiles, et tout ce qu'elle avait enduré, je me devais de lui rendre un dernier hommage, une dernière danse entre nous, éternel rituel avant le retentissement infini du glass mortuaire.

"Bonjour, mère... Vous êtes tombée bien bas, pauvre de vous, ma chère et tendre. Mais que vous a-t-il fait endurer durant ces quelques mois en mon absence ? Je ne saurai l'imaginer... Alors à quoi bon se tourmenter ? Si vous ne pouvez même pas aligner ne serait-ce qu'un mot pour me tenir compte de vos souffrances intérieures ? Aurait-il aussi volé votre parole au demeurant si franche et conservatrice ? Ou a-t-il tout simplement volé ma mère du haut de ses poings meurtriers ? A moins que vous ne vouliez me parler, à moi, votre fils adoré ?! Ah, cruel destin que nous avons là, jamais je n'ai renssenti telle douleur.", disais-je tout en faisant tournoyer cette dernière au milieu des champs de fleurs, essayant tant bien que mal de la faire réagir à ma voix, mon enveloppe physique lui étant devenue totalement étrangère depuis mon retour.

"Lllll... Lugh... Ohhhh... le.", disait-elle en marmonnant, des larmes cristallines accrochées aux bords de ses yeux verdâtres, reflétant la beauté de notre région de leur rare transparence.

"Ah non, non, non... Luciole, Luciole, Luciole ! Oh Luciole ! Mon dieu, mère, arrêtez donc ça ! Ce n'est pas une réponse ! Vous devez m'ouvrir votre cœur, exprimez vos sentiments les plus profonds, sans quoi, vous serez condamnée à mourir seule, ou du moins, pas en ma compagnie... Hi, hi, hi ! C'est ironique en un sens, vous ne trouvez pas ? Une mère et son fils séparés à jamais au bout de seulement quelques années de vie commune ? C'est d'un tragique... Mais, excitant à la fois ! Des pleures, des larmes, des douleurs corporelles inexplicables, des sensations nouvelles et désagréables, je me langui d'en connaître les effets !", murmurais-je à voix basse avant de la serrer violemment contre moi, plaquant sa tête contre mon vêtement des plus garnis, ma main droite dorénavant autour de son cou meurtri par les années de mauvais traitements, la main gauche dans la poche de mon manteau à la recherche d'une arme à la lame digne du sang de mes semblables.

"Lu... Nooohhh... Chiiio... Leeeeee", pouvait-on entendre en étouffement derrière mon épais corset.

"Il arrive un jours où le petit poussin doit prendre son envol, du haut de son nid, s'élançant dans le vide éternel que représente la distance entre sa demeure d'enfant -où il pouvait côtoyer ses frères et sœurs-, et le sol... Une distance qui jugera de son statut futur, vivant ou mort, deux choix s'offrent à nous, disaient les grands philosophes de notre monde. Mais je ne partage pas cet avis, mère... Pour moi, la liberté ne peut-être gagnée qu'à une seule et unique condition, condition qui n'est toujours pas validée de mon côté. Et cette condition est... Hummmm, vous savez ! Ce cordon qui entrave nos pas et notre avancement dans la vie d'adulte, le lien d'amour très complexe qui nous lie l'un à l'autre ? C'est bien ça que je suis venu briser aujourd'hui, alors, veuillez m'aider à détruire sans contestation, ni signes de révolte, le fruit de ma discorde.", enchaînais-je de plus belle, levant la lame étincelante vers le ciel dorénavant rosé s'abattant sur notre petit pavillon fermier, le regard de ma mère figé contre mon torse, son regard pleurant, abandonné de tout espoirs de vivre, c'était le début d'une nouvelle ère.

C'était une sensation étrange, et je dois avouer que quelques larmes venaient à couler sur mes joues blanchit par les variations de températures dont je faisais l'objet dernièrement, mon bras gauche tombant vers le frêle corps de ma mère déchue, je décidai de fermer les yeux au contact de ma lame contre son squelettique abdomen, signe de sa renaissance, signe de ma libération, un acte qui profitait à nos deux êtres à n'en point douter ! Quoi de plus beau que de se quitter bras dans les bras, peau contre peau, échangeant nos chaleurs corporelles pour ne pas attraper froid, c'était notre dernière rencontre, je devais profiter, et voilà que... Ah, s'en est fini.
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