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Chroniques d'Irydaë
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 [Terminé] Daënastre : uni, grand et libre

Yssaé
Jeu 30 Nov - 21:35
Pour la santé du corps, il fait parfois savoir amputer un membre.

    L’hôtel particulier du gouverneur Halkéfiti était bien situé dans Alexandria. C’était une femme de goût, aussi il donnait sur les principales artères fréquentées par la haute société. Il restait cependant assez excentré pou ne pas subir trop de nuisances sonores. Son placement, au croisement de deux larges avenues, facilitait grandement l’accès à ces lieux de luxe, et à entendre Yssaé, d’ignominieuse débauche. L’îlot urbain était occupé par tout autant de grandes et nobles bâtisses qui sentait bon le parlementaire et le rentier, et le triangle qu’il formait encerclait une cour intérieure qui apportait la lumière et permettait de garer les automobiles de ces gens.
    Ce parallélogramme formait une micro-cité verticale : le rez-de-chaussée comportait son tertiaire marchand, avec un large café où les nobles habitants des étages venaient prendre leurs petits-déjeuners dans un salon vaste, lumineux et richement décoré. Un étage entier était dévolu aux gardes, une forme de milice privée bien traitée, Yssaé dirait beaucoup trop, car ils buvaient et somnolaient plus qu’ils ne veillaient. Mais être médiocre à ses yeux signifiait en vérité être à mi-chemin entre tout à fait convenable et au-dessus de la moyenne. Le sous-sol s’occupait de la production d’énergie et de la régulation de la température aux étages. On y trouvait aussi les cuisines avec le sempiternel monte-charge. Cette voie rapide permettait à l’armée de domestiques d’être le plus efficace possible. Ceux-ci vivaient au sommet dans des chambres exiguës, au-dessus des bureaux et appartements nécessaires au bon exercice de la fonction de politique.

    À quelques rues de là, dans le cagibi d’une cave de tripot, meublée uniquement d’une chaise et d’une table branlante couverte de paperasses éclairées à la bougie, allait se tenir une réunion d’une grave importance.
    Après un recrutement et des transmissions d’instructions par le biais d’estafettes à l’âge d’un seul chiffre, deux mercenaires avaient été cordialement invités dans l’humble retraite du commandant Yssaé, à 22h30 précise. Sur présentation d’un laisser-passer au tenancier, ils furent accompagné auprès de la personne qui les avait employée, et dont par ailleurs le visage demeurait encore inconnu. Celle-ci était habillée d’un simple pantalon et d’une chemise, ainsi que d’une seconde couche plus épaisse pour éviter le froid. Mais on pouvait deviner dans un coin de la pièce des armes et pièces d’armure légère.
     « Vous voilà, messieurs. Je suis Yssaé. C’est un honneur de faire votre connaissance. Malheureusement nous n’avons pas le temps de poursuivre les salamalecs. Notre temps est précieux. Je vous rappelle rapidement le contenu de cette soirée : il s’agit d’un meurtre. Obéissez-moi au doigt et à l’œil et je vous couvrirais d’or. »
    L’ironie de cette phrase en ce lieu et dans cet accoutrement arracha un sourire à Yssaé.
    « Vous m’excuserez de ne pas l’avoir emportée sur moi. »

    Des plans du bâtiment ciblé furent distribués. Ils étaient reproduits avec une précision tout à fait louable, mais des annotations surnuméraires en patte de mouche gênaient leur compréhension. Pas leur appréciation cependant, car elles révélaient des indications fort précieuses sur les rondes et le placement des gardes et des domestiques, qui formeraient des témoins gênants.
    Ce qu’Yssaé ne pouvait savoir, malgré sa corruption intense d’une bonne ayant plus faim que des scrupules, c’est que ce soir, un des gardes était malade d’avoir trop profité de sa paie dans un débit de boisson. En conséquence, les déplacements des gardes avaient tous été avancés de vingt minutes et quelque peu modifiés.
    « Nous partons dans une heure. D’ici là, pour faciliter mon travail, j’aimerais que vous ayez mémorisé tout ce plan et la moitié des annotations. Arrangez-vous avec votre partenaire pour vous partager le travail. Ah, oui, et il doit y avoir un papier qui traîne indiquant les signes de main que je vais utiliser. Apprenez-les par cœur, il faudra que vous soyez réactifs à mes ordres, pour assurer la survie de tous.»
    Sur ce, Yssaé se tourna vers le tas d’équipement, et commença à enfiler son équipement.

    Un petit papier accroché au plan détaillait l’opération :
Mission 1 : buter Halkétiri -> si possible en repeignant son bureau en rouge.
note : elle travaille dans son bureau jusqu’à tard. Ou elle est dans sa chambre avec des catins.
Mission 2 : massa capturer ses enfants. 7 et 13 ans. pois Somnifère. Les escorter à une fosse co une carriole qui nous attendra sur place.
Mission 3 : bouter le feu
notes : j’accompagne les 2 mercenaires
pas armes à feu
commence à 23h30 - fini à 2h - fuite en carriole -> quartier nord (y ai un appartement, peuvent s’y cacher)

Oskar Medcalfer
avatar
Jeu 30 Nov - 22:37
Irys : 264951
Profession : Voleur
Guilde +1 (homme)
Voilà enfin que le boss donnait des ordres ! Un type avait échangé quelques lettres avec le brave Oskar pour organiser une espèce d’attentat qui s’annonçait quand même fichtrement épique. Le but c’était de refroidir la gouverneur d’Alexandria en personne ! Rien que ça ! Juste pour la gloire que ça donnait, Oskar était prêt à tenter le coup. De toute façon, ils pourraient faire quoi les clampins dans leur grosse armure clinquante ? Il courait dix fois plus vite qu’eux, puis pour les balles… On avisera. Enfin bref, toujours est-il qu’il avait bien attendu sagement dans la capitale que le monsieur lui communique le lieu de leur rendez-vous. Eh bien il s’est pas fait prier. Quelques jours plus tard, un gosse arriva près d’Oskar et lui tendit un paplar écrit en tout petit petit petit. Notre voleur dût bien s’y reprendre à trois fois avant de pouvoir lire un truc pareil. J’veux bien qu’on code les messages, mais le but c’est que le destinataire puisse lire aussi, par tous les Architectes !

Du coup, voilà Oskar la tignasse qui sait où et quand recevoir les ordres de cette fameuse mission. Sauf que y’a un problème. Le gamin qui lui a amené le papier, il veut pas partir. Lui, il veut un pourboire. C’est donc dans sa grande générosité que le cambrioleur lui a refilé… des menaces, des grosses menaces en plus hein. Je crois que le marmot en pleure encore. Non mais, depuis quand les courriers ont le droit à quelque chose ? Le gonze espérait juste que c’était pas le rejeton de son employeur, ça la fout mal quand même. Mais passons, passons jusqu’au jour J, à l’heure H, à l’instant T.

Le lieu du rendez-vous était un tripot ma foi bien connu d’Oskar et des collègues. Plus précisément, c’était dans la cave que tout se passait. Encore une fois, un classique des coups montés. Par contre Oskar s’arrangea pour avoir de quoi boire en descendant. Une petite carafe de bière ça ferait l’affaire. Il avait aussi récupéré deux trois verres, parce que partager c’est important, surtout avec des potentiels meurtriers. Du coup, il est rentré, et de façon surprenante il y avait pas encore le troisième larron. Pourtant, le gars lui avait bien dit qu’ils seraient trois sur le coup. Buarf, il était peut-être tôt, ou trop tard, allez savoir. Trop tard, sûrement pas, vu que le boss avait l’air plutôt content d’enfin voir un camarade de conspiration. Oskar le salua avec un grand sourire derrière sa barbe drue. Il posa la carafe d’alcool sur la table, en évitant de toucher le moindre papier, ce qui était pas super simple. Il rajouta les verres à côté, et on était bon pour passer une bonne soirée de conspiration là !

Finalement, le troisième arriva et on commença les festivités. Le plan fut rapidement rappelé, et Yssaé posa un tas de papiers devant ses deux collaborateurs. Bah ouais, c’était pas que pour lui tout ce tas de parchemins, ça aurait été trop beau. Après, Oskar était plutôt familier des plans, des dessins à retenir et tout, même s’il aimait pas ça, donc les ordres furent vite appliqués. Même s’il savait pas encore qu’est-ce qu’il allait faire, il avait une petite idée de par où il allait passer. Pour les signes, c’était pareil, même s’il eut un bref rire en voyant à quel point certains étaient ridicules. Pendant qu’il lisait, leur patron enfila son attirail. Oskar s’en fichait, il était déjà paré. Une chemise, , un gilet en cuir lacé pour rester près du corps, un pantalon, des bonnes bottes, des bons gants, puis il avait pris le petit couteau dans son dos, au cas où il faudrait qu’il refroidisse un ou deux gusses. C’est sûr qu’il aimerait pas s’occuper de dézinguer la gouverneur, mais il était pas là pour discuter. D’ailleurs, il avait pas échangé un seul mot avec ses deux nouveaux copains depuis le début, fallait peut-être briser la glace. Il se tourna sur sa chaise vers le deuxième gaillard, un solide gaillard d’ailleurs.

- Bon, j’suis sympa, tu veux faire quoi toi ? Les gosses ? La vieille truie ? J’aimerai bien foutre le feu, vu que ça demande pas mal de cul pour arriver jusqu’au sous-sol et faire partir le bousin. Après, c’est comme tu veux.

Il allait pas se perdre en « Bon, tu le sens bien toi ? Pis t’as une petite femme ? ». On était là pour refroidir le cador du coin, pas pour jouer à la dinette. Yssaé serait sûrement pas déçu d’Oskar, ça c’est sûr. Il avait là un professionnel.


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Billy Lyons
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Sam 2 Déc - 14:20
Irys : 406147
Pérégrin 0
On lui avait proposé une mission simple, cambrioler un appartement et kidnapper les deux enfants d'un des gouverneurs d'Alexandria. De ce qu'il avait compris, l'objectif était politique et le but était d'utiliser ces enfants comme moyen de pression contre leur parent. Il était toujours hésitant devant ce genre de contrat, mais tant que rien n'arrivait à ces gamins il était partant. Au pire, il veillerai à ce que rien ne leur arrive, au moins pour le temps de la mission.
Et surtout, il n'avait pas pu résister au challenge que le contrat impliquait. S'attaquer à l'un des gouverneurs, ce n'était pas rien...

Néanmoins, il n'en savait pas plus pour l'instant et se dirigeait vers le lieu de rendez-vous qu'on lui avait annoncé, par le biais d'un messager, où il devait retrouver son employeur et un acolyte.

Il arriva en avance, s'installa au comptoir et commanda un verre de whisky. Il prit le temps de boire, à défaut d'apprécier, son verre tout en observant la salle. Il avait vu dès l'extérieur qu'il s'agissait d'un lieu sordide, repaire de toute sorte de coupe-jarret et autres personnes peu fréquentables. L'endroit idéal, à défaut d'être innovant, pour une rencontre secrète.

Il vida son verre et tendit au tenancier le laisser-passer qu'on lui avait remis. Celui-ci lui indiqua d'un geste du menton l'escalier menant à une cave. Billy récupéra les affaires qu'il avait posé et s'y dirigea, passant entre les tables où les clients buvaient, jouaient et s'insultaient.

Il arriva dans une petite salle, faiblement éclairée et coupée du bruit de la grande salle, où trônait une table au centre, recouverte de différents papiers, dans la plupart étaient annotés.

Deux hommes étaient déjà présent et avec l'arrivée de Billy, l'équipe devait être au complet. Ce dernier se contenta de faire un signe de tête en entrant dans la salle et se posa dos à l'un des murs en attendant que le briefing commence.

L'un des deux hommes, se présentant comme Yssaé, annonça l'objectif de la mission : tuer la gouverneure Halkétiri. Billy tiqua, ce n'était pas du tout ce qu'on lui avait proposé initialement. Il ne dit rien pour l'instant, attendant la fin des instructions. En écoutant celles-ci, il se retint de lever les yeux au ciel : "Notes à apprendre par coeur", "signes à apprendre", "réactif à mes ordres", autant de raisons qui lui faisait apprécier le travail en solitaire.

Il s'était rapproché de la table pour observer les plans et, tout en écoutant distraitement l'employeur, il lisait les notes inscrites en marge des documents. C'est alors qu'une nouvelle information dessina une grimace d'incompréhension sur son visage : pas d'arme à feu ? Il plissa les yeux, se demandant si l'employeur avait correctement fait ses recherches sur les gens qu'il engageait. A quoi pouvait lui servir un as de la gâchette sans arme à feu ? Il pouvait très bien se débrouiller sans, il était plein de ressources, mais il y avait sûrement mieux qualifié que lui pour ce travail. Soit personne d'autre n'était disponible, soit l'employeur avait fait au plus vite. Dans un cas comme dans l'autre, cela ne rassurait pas Billy sur la bonne marche de la mission.

Il commençait même à se demander ce qu'il faisait ici, au milieu d'un complot politique et, surtout, si le jeu en valait vraiment la chandelle. L'employeur n'avait même pas abordé le salaire : "être couvert d'or", ça pouvait vouloir tout ou rien dire. Lui, il préférait le concret.

Son acolyte lui demanda quelle était ses préférences sur la répartition des tâches, mais Billy avait autre chose en tête.

- Avant même de décider qui fait quoi, j'aimerai éclaircir quelques points. Yssaé, ce n'est pas du tout ce pour quoi j'ai été contacté. Le message parlait d'un cambriolage et d'un enlèvement, pas d'un meurtre. Si j'avais su cela, et les conditions, je ne serai même pas venu.

Il avait laissé sa carabine dans sa chambre d'hôtel, mais il ouvrit légèrement son blouson pour découvrir son revolver, fidèlement accroché à sa ceinture, comme toujours.

- Je suis supposé faire quoi concrètement s'il ne faut pas amener d'armes à feu ?
Et le paiement ? On parle de combien exactement sous cette "pluie d'or" ?


Il croisa les bras, montrant bien qu'il attendait une réponse avant de faire quoi que ce soit d'autre.


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Yssaé
Sam 2 Déc - 19:53
Le sourire d’Yssaé ne fit que s’élargir. Il se tourna vers Oskar, avec un air amical qui cachait mal une sorte de lueur bestiale. Mais c’était sûrement dû à la lumière de la bougie qui se reflétait dans ses prunelles.
« J’apprécie beaucoup votre professionnalisme. Je me chargerais des enfants et du meurtre. Vous passerez devant. Il faudra que le rez-de-chaussée soit nettoyé de tous ses gardes, ça nous formera un espace de repli, au cas-où. Je vous devine assez talentueux pour vous en occuper, et vous infiltrer aux cuisines et faire tout flamber. J’aurais à me charger de l’étage… Heureusement que j’ai un grappin. »
    Et ignorant superbement Billy, ce qui installait une ambiance qui frôlait le malaise, Yssaé fouilla dans ses affaires et en sortit deux petites arbalètes de poing. Elles allaient avec des carreaux qui ressemblaient plus à des seringues à plumes.
    « Je voulais éviter d’utiliser ces armes, mais nous y sommes contraints. Prenez-en une. Elles contiennent un sédatif puissant. »
    Pour être exact, un poison mortel. Mais comme ses associés s’étaient montré un peu trop moraux à son goût, Yssaé préféra inventer ce petit mensonge sur le tas. Il ne fallait pas que leur bras faiblisse au moment falidique.

    Comme la gêne qu’éprouvait Billy d’être ainsi ignoré devenait de plus en plus palpable, Yssaé consentit à lui lâcher quelques brèves paroles.
    « Pas le temps pour les pinailleries sur des points de détail. J’ai recruté deux ; au cas où si l’un d’entre vous ne donnait pas suite ou abandonnait en cours de mission. J’ai toujours prévu de remplir mes objectifs à bien avec un seul associé. Tenez. »
    Une bourse lancée au vol et contenant 50 irys arriva dans les mains de l’ex-mercenaire.
    « Pour excuser votre déplacement. Ah, et comme j’y suis. Entre enlever deux enfants en bas âge et les utiliser pour du chantage, ce qui aurait mené à des traumatismes innombrables dans la famille et des semaines de pleurs, j’ai préféré me borner à tuer la mère en prétextant un incendie. Ils seront placés dans une famille charmante, que je connais bien. Meilleure que la leur actuelle, probablement. Et tout ceci ne sera pour eux qu’un mauvais souvenir flouté par leur jeunesse. C’est infiniment plus… généreux. »
    Son sourire s’était fait carnassier. Franchement hostile. Yssaé avait toujours le doigt sur la détente de son arbalète. Certes, sa rapidité était moindre que celle de Billy, mais tout son être dégageait une aura assassine. Aucune hésitation, aucun tremblement. Leurs chances devaient êtres égales, à présent. L’un avait la technique, l’autre la volonté.
    Heureusement, cela ne dura qu’un très bref instant.
    « Vous pouvez partir. Vous savez comment me contacter. Rassurez-vous : je ne blâme jamais mes coéquipiers quand ils échouent. Vous n’étiez peut-être simplement pas taillé pour cette mission. Qu’importe, j’en aurais d’autres, moins moralement ambiguës. »

Oskar Medcalfer
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Dim 3 Déc - 2:55
Irys : 264951
Profession : Voleur
Guilde +1 (homme)
Visiblement, l’autre cow-boy avait plus de raisons de l’ouvrir qu’Oskar. C’était pas plus mal, ça rappelait au voleur que tout le monde avait pas la « sécurité de l’emploi » offerte par les Danseurs. C’est vrai ça, il était vraiment plus habitué à demander des trucs comme « où est l’argent ? » et à se poser la question si c’est une entourloupe ou non. Bien sûr, il était quand même prudent le bestiau, mais quand vous savez qu’à la moindre arnaque une quinzaine de copains débarquait pour imprimer sur la face du petit abruti qu’on plaisante pas avec la guilde, bah ça rend quand même ce boulot plus tranquille. Du coup, pendant que son acolyte causait pognon avec leur boss, Oskar se servit tranquillement un petit verre, les pieds sous la table, et écouta les racontars d’Yssaé.

Alors comme ça, il voulait se charger lui-même de tuer la bonne femme et de prendre les mômes ? Mais c’était trop beau pour être vrai ! La partie la plus chiante du travail c’est le patron qui s’en occupe ! Ça arrive pas tous les jours. Enfin bon, vu la tronche qu’il tire ça doit quand même lui faire sacrément plaisir, un peu trop même. Le sourire d’Oskar s’en alla mourir en croisant ses yeux de renard affamé, prêt à te sauter à la gorge. Il faisait vraiment flipper ce type, heureusement qu’ils étaient dans la même équipe. Puis il avait l’air de bien aimer notre petit cambrioleur. Tant mieux ! Il lui fila même une petite arbalète de poing, qu’Oskar attrapa sans hésiter. Il aurait pas de trop de ça pour nettoyer tout un étage. Il examina l’arme. Un bel objet, qu’il avait pas souvent eu l’occasion d’avoir dans les mains, mais il savait s’en servir, du moins il espérait pas être trop rouillé. Il était un peu trop occupé à réfléchir pour sentir la tension monter entre le boss et le cow-boy. Le patron prétendit même qu’ils pourraient se démerder que tous les deux. Ça fit lever le nez d’Oskar, qui était pas super d’accord avec cette partie-là de la phrase. En espérant que ce soit juste pour le convaincre.

Définitivement, il avait un pet au casque l’Yssaé. D’où tuer c’est généreux ? Le voleur secoua la tête, avant de se repencher sur les plans. Il avait vraiment pas du tout envie de discuter philosophie morbide avec un gonze de son espèce. Il était là pour son boulot et c’est tout. Il avait pas envie de finir avec un de ces « carreaux sédatifs » dans la caboche. Finalement, la conversation entre les trois hommes se termina, et Oskar crut bon de retrouver le sourire histoire de pas trop finir sur un climat trop tendu.

- Vous en faites pas, je n’échoue jamais. Je pense aller les espionner un peu avant qu’on se lance. Eliminer les gardes à l’extérieur sera essentiel. J’vais voir d’où on peut faire ça discrètement. Après, on ira nettoyer le rez-de-chaussée, hein mon gars ?

Il lança un regard faussement détendu au pistolero. En fait, il attendait vraiment qu’il accepte de les accompagner, parce que sinon ça allait être vraiment galère. Son verre dans la main, il avala une rasade avant de poser lourdement le verre sur la petite table. Ses yeux étaient toujours posés sur ses plans, le temps de les graver bien profondément dans son cerveau. Il murmurait tout bas les quelques annotations marquées à la va-vite, ça aussi ça aidait à se rappeler. Franchement, il était anxieux l’Oskar. Il détestait devoir refroidir des gens dans ces missions, parce que ça voulait dire qu’il avait pas le choix et ça annonce rarement quelque chose de bon d’avoir un gros tas de gardes. Il leva très rapidement les yeux vers son patron, toujours aussi effrayant, mais c’était presque rassurant en fait. Avec un tel diable de leur côté, sûrement que même si ça dégénérait il pourrait se taper tous les gros bras de la gouverneur à lui tout seul. En tout cas, ça laisserait le temps à Oskar de se tailler vite fait bien fait. Nan, franchement, il y avait pas de raison qu’il en canne.

- Bon aller, j’aimerai bien finir cette bière, mais aller bosser avec un coup dans le nez c’est jamais une bonne idée. Je sais pas ce que tu fais, cow-boy, mais moi je vous retrouve devant le manoir, patron.

Cette fois, l’adrénaline le rendait un peu moins méfiant envers ledit patron. Il lui lança un sourire qui laissait bien entendre qu’il se défilerait pas. C’était un professionnel. Y’a pas de moral à avoir quand on est en train de travailler. Puis même, y’a un truc qui est sûr avec les politiques, c’est que leur mort fera forcément plaisir à quelqu’un. Oskar porta une dernière fois son verre à ses lèvres pour vider ce qui restait et l’abandonna près des papiers avant de pousser sa chaise en arrière pour se lever. Il regarda une dernière fois son acolyte, la mine un peu plus évocatrice de ses réelles inquiétudes.

- J’espère te retrouver là-bas, cow-boy, on va bien s’amuser, t’inquiète. T’as entendu le boss, on fera rien aux mômes… Aller, je me taille.


Puis il sorti de la pièce, remonta les escaliers et repassa devant la barmaid qu’il salua comme un gentleman –ce qui était foutrement bizarre- avant de partir de cet endroit malfamé. Pour trouver le manoir de cette greluche, c’était pas compliqué. Fallait juste aller là où ça monte, continuer jusqu’à ce que les rues soient de plus en plus larges, et ça devrait bien se passer. Il avait rangé sa petite arme dans sa besace et enfila le manteau qu’il avait chouré à un des clients pour cacher son couteau. Dans ce coupe-gorge, ça pouvait passer de se trimballer avec une lame, c’était même conseillé, mais dans les beaux quartiers il se ferait tout de suite chopper, l’asticot. Oskar regarda distraitement le ciel, entre les grands immeubles dégoulinant de trucs crades, et se motiva un bon coup.

- Ce soir, tu vas être riche, mon salop.

C’est avec un sourire grand comme une banane qu’il se mit à courir pour aller un poil plus vite. Il était pressé que ça commence, l’animal.


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Yssaé
Dim 3 Déc - 11:52
N’ayant pas une seconde à perdre en négociations futiles, Yssaé rangea prestement les papiers qui traînaient – comprenez : ils furent fourrés à la va-vite dans un sac – puis finit de s’équiper avant de rejoindre Oskar dehors. Le sac contenant tous ses biens fut remis au patron de l’établissement, avec en prime un petit paiement qui devait le convaincre qu’il était préférable de faire exactement comme il avait été prévu. C’est à dire, conserver cette paperasse compromettante dans une planque le temps qu’Yssaé ait les mains libres pour s’en charger.
    Comprenez : y foutre le feu.
    « Belle nuit, non ? »
    Yssaé se tenait à côté d’Oskar.
    « Bon, allons-y. Je vais passer par les toits. Faites comme vous voulez. Je vais essayer de faire en sorte de pouvoir toujours vous voir. Mais pour éviter le bruit des vitres brisées, ce sera en cas d’urgence seulement. »
    Une arbalète, a deux mains celle-ci, appuyait ses dires.
    « Prévenez-moi quand vous aurez fini. Ah, et au fait. J’apprécie beaucoup votre professionnalisme et votre sérieux. Continuez dans cette voie ; ça pourrait mener à une extension de salaire. »
    Est-ce que le commandant croyait à un seul de ses mots ? Seulement les huit derniers. Du reste, ce n’était pas une question d’appréciation, mais de fidélité, conditionnée par ces huit mots, justement.

    Le rez-de-chaussée de l’hôtel particulier était donc le café, et son vaste intérieur. Il n’y avait là qu’un seul garde qui faisait quelques rondes. Il était marqué dans les indications qu’il ne montait jamais à l’étage, mais c’était hélas faux : dans le nouveau schéma de rondes, à 1h10 environ, il faisait un tour à l’étage pour être relayé par un camarade.
    Le premier était là où logeaient les gardes. Il y en avait une quinzaine d’ordinaire, mais là quatorze. Son absence était plus un problème qu’autre chose, cependant. Le choix d’Yssaé pour cet étage comme étage de repli était en fait assez simple : aucun domestique n’était autorisé à y entrer, il se composait de nombreuses pièces d’assez petite taille, ce qui permettait de planquer des corps un peu partout, et aussi d’y attendre comme un tueur embusqué les gardes qui y allaient pour prévenir leurs camarades que c’était leur tour de veille. Cette indication était présente dans les notes qu’Oskar avait dû s’avaler.
    Pour y entrer, on pouvait naturellement passer par la porte principale, qui n’était pas impossible à crocheter mais donnait tout de même sur la grande rue avec tous ses témoins gênants, ou bien par la cour intérieure qui permettait grâce à une porte et un escalier d’accéder directement au sous-sol. Et donc, par le monte-charge, à tous les étages. À cette heure, il n’y avait que deux gardes, passablement pompettes. proximité avec les cuisines oblige.

Billy Lyons
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Mer 6 Déc - 14:48
Irys : 406147
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A mesure que leur employeur ignorait Billy, on pouvait sentir la tension monter dans la pièce exiguë. Il observa le petit manège de celui-ci, sortant deux petites arbalètes et présentant son plan, tout en faisant comme si Billy n'avait rien dit. C'était typiquement ce genre de personne qui lui faisait détester son métier, imbu d'eux-même et partant du principe que tout leur était dû parce qu'ils en avaient les moyens. Ce traitement par le silence en était la preuve même.

Il finit par s'adresser à Billy, ne pouvant continuer à ignorer quelqu'un qu'il avait après tout lui même fait venir, sur un ton cassant, insultant même. Billy attrapa au vol la bourse qu'Yssaé lui envoya et la posa sur la table sans même la soupeser. Il n'était pas un garçon de course que l'on payait au déplacement. Il se demanda si cet homme traitait tout le monde ainsi ou bien s'il avait pris ses remarques comme une insulte personnelle. Peut-être un peu des deux, il ne pouvait pas en être sûr. Jusqu'à ce que Billy remarque qu'Yssaé ne lâchait pas son arbalète, et conservait même le doigt sur la détente. Il haussa un sourcil, autant devant l'arme qu'en écoutant l'explication de leur employeur qui cherchait à s'expliquer sur son nouveau plan. Il recroisa les bras, montrant ainsi qu'il n'était pas venu pour se battre, même si présentement l'envie ne lui manquait pas.

Outre le fait que Billy avait comme un doute sur le fait que tuer la mère serait plus généreux pour les enfants que de les enlever, il venait de prendre une décision.
Il aurait pu passer l'éponge sur les incidents précédents, mais là c'était trop. Que la personne l'insulte, passe encore, il aurait été possible de trouver encore un terrain d'entente et de mener à bien le travail, il avait l'habitude après tout et seul l'argent l'intéressait. Mais le faire venir pour finalement le congédier comme un vulgaire messager, Billy ne laisserait pas passer cela.
Outre le fait qu'il sentait que le paiement ne serait pas à la hauteur, ce contrat présentait désormais beaucoup trop de risques, lors de la mission et après celle-ci, pour être rentable. Sans compter le fait qu'il se méfiait de son employeur, il pouvait être le genre de personne à vouloir le faire disparaître s'il refusait le travail maintenant. Il était donc plus prudent de dire oui pour l'instant et aviser pour la suite. De plus, il entrevoyait comment il pourrait sortir son épingle du jeu et rendre tout cela beaucoup plus profitable pour lui.

Il fit un signe de tête au voleur lorsque celui-ci lui adressa la parole, le regardant quitter la pièce. Lui aussi semblait connaître ce genre de situation, il n'avait pas perdu son sang-froid une minute, ce qui était clairement une qualité aux yeux de Billy. Il attendait de voir comment il se débrouillerait ce soir, mais lui au moins méritait son respect pour le moment.

Il observa leur employeur récupérer ses affaires à la va-vite pour les entasser dans un sac, puis il prit la parole, avant que celui-ci ne sorte de la pièce.

- Je m'occuperai des enfants. Vous aurez bien assez à faire de votre côté pour réussir à les faire sortir une fois l'incendie déclenché. Et c'est pour ça que l'on a fait appel à moi après tout.

Il resta dos au mur, attendant d'être seul. Lorsque le silence se fit assez profond pour qu'il commence à entendre les bruits de la taverne, il poussa un profond soupir. Il venait encore de se fourrer dans une situation impossible. Mais il ferrait avec et s'il pouvait la tourner à son avantage ce serait une bonne chose. Dans tous les cas, il n'allait pas abandonner maintenant.
Il décroisa les bras et se dirigea à son tour vers l'extérieur, afin d'effectuer les quelques préparatifs dont il avait besoin pour le soir. Il avait prit avec lui son couteau long et son revolver, fixé à son holster et invisible sous son long blouson, ainsi que quelques grenades, au cas-où. Il se fichait bien de l'interdiction faîte par son employeur sur les armes à feu, si ça dérapait il serait bien content de pouvoir répondre.

Il se posta près du point de rendez-vous légèrement en avance, afin d'observer l'extérieur du bâtiment, ainsi que les allées et venues.
Même s'il avait vaguement mémorisé les plans, il savait qu'une fois à l'intérieur rien ne se passerait comme prévu. La seule information vitale pour lui était l'appartement de la gouverneure et l'endroit où se trouvaient les enfants.

Une fois l'heure du rendez-vous arrivée, il se dirigea vers ses collègues qu'il avait repéré un peu plus loin et arrivé à leur hauteur, il dit :

- On s'y met ?


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Oskar Medcalfer
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Mer 6 Déc - 15:59
Irys : 264951
Profession : Voleur
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L’autre Yssaé attendait tranquillement au point de rendez-vous le temps que l’équipe se réunisse et que le voleur fasse ses petites affaires. Pour dire la vérité, il avait mis un peu plus de temps que prévu. Fallait qu’il retourne à sa planque récupérer l’attirail du bon cambrioleur. Au final, plus ça allait, moins il la sentait cette mission, alors il prenait ses précautions. Il avait posé sur ses épaules une capuche bien vieux-jeu comme il faut, mais qui ferait le café le moment venu. Il était pas là pour un exercice de style, puis ce truc, les voleurs d’il y a 400 ans le portaient déjà, alors ça pouvait que fonctionner. Pour le moment, elle était baissée derrière sa tête, mais il avait prévu de compléter le tout avec un foulard pour masquer la partie basse de son visage. Après, il faisait confiance à sa tête de monsieur tout-le-monde, même s’il avait une plus belle gueule, pour vraiment détruire toutes les chances d’être reconnu par la suite. Il avait plein de contrats et de clients à Alexandria, c’était pas pour tout perdre au cas où ça foire.

Et tuer puis kidnapper la progéniture d’un gouverneur de capital, y’avait de bonne chances que ça foire.

Toujours avec le manteau de l’autre débile de client sur les épaules, il approcha de son patron, tout de même l’air confiant. Le foulard baissé, il faisait pas encore trop filou. Le cow-boy était pas encore là, mais ça le dérangerait pas de répéter les infos qu’il avait trouvé. Bah oui, il avait pas chômé pendant ce temps-là. Il avait réussi à grimper sur le toit d’une maison en face pour faire le point sur qui gardait quoi dans cette baraque. A l’étage, y’avait du peuple, ça allait poser problème, mais dans les niveaux d’en-dessous y’avait sûrement pas de quoi s’inquiéter. Selon le plan du boss, y’avait que deux gardes au sous-sol, par contre y’avait surtout une armée de domestiques. Il pouvait pas tous les dézinguer ! Il en avait donc profité pour voir si y’avait pas une cheminée à poêle. Ouais, vous savez, maintenant les gros trucs en pierre creusés dans le mur c’est has been, maintenant faut des poêles à bois ou à charbon tout en ferraille. Mais ce qui était cool avec ça, c’est que le conduit d’évacuation était touuut petit, mais du genre qu’on peut à peine y mettre le bras parfois. Et ce genre de tuyau, c’est facile à boucher.

- … Mon plan est pas compliqué, j’ai rempli un sac de toile avec de la terre, que j’ai ensuite balancé discrètement dans la cour. Quand on commencera, je saute là-dedans, je le récupère, je grimpe jusqu’à l’entrée de la cheminée et j’envoie le sac dedans. Il va se bloquer tout seul et comme ça la fumée va plus pouvoir sortir. Le sous-sol va être rapidement enfumé, et je pourrais faire mes petites affaires de sabotage pépère.

Il avait expliqué son plan bien précisément à Yssaé. Quand je vous disais qu’il avait pas chômé le lascar. Mais restait le problème de foutre le feu à l’hôtel, mais avant qu’il puisse aborder le sujet, il tourna la tête vers son pistolero préférait qui approchait d’eux. Il cacha pas son grand sourire, et le salua d’un mouvement de tête.

- Salut, cow-boy. Dit-il simplement, pas besoin de faire la gonzesse.

Enfin bref, il se retourna vers le petit gars pour terminer son explication.

- Puis pour foutre le feu, c’est pas compliqué. Maintenant, toutes ces grandes baraques sont chauffées au charbon. Puis comme c’est l’hiver, on chauffe pas mal de charbon. Du coup, suffit de trafiquer quelques manivelles, j’ai appris ça.. pfouah, y’a un bail déjà, et une petite dizaine de minutes après y’a tellement de pression que… boum. Il mima l’explosion d’un geste des mains. Puis comme tous ces gugusses seront occupés à se demander pourquoi le sous-sol est devenu un fumoir, ils auront pas l’idée de vérifier si leur chauffage marche bien.  Son regard passa sur le visage de Billy, puis du patron.Ça vous va ?

Franchement, quand il disait que ça pouvait foirer, il pensait plutôt aux deux autres. Des trois larrons, c’est lui qui avait le boulot le plus facile, mais il allait pas s’en plaindre. Par contre, dézinguer la matrone et enlever ses rejetons… Ça il le sentait pas, genre pas du tout.

- Quand j’aurai fini de saboter le chauffage, je pourrai remonter vous aider à faire le ménage. J’essayerai de bloquer la porte du sous-sol, comme ça ils auront du mal à sortir et ils nous gêneront pas, les cuistos.


Pour tout avouer, s’il voulait remonter après son affaire c’était surtout pour… s’assurer d’être payé. Une baraque pareille, ça dégueulait de bijoux, de breloques en argent, en or, franchement y’avait moyen pour un voleur vif et discret de se faire bien plaisir et surtout de pas repartir les mains vides. Oh, il tuera bien deux trois gardes au passage, pour la forme, mais la priorité restait les affaires.


Félicitations, mollusque ! T'as lu mon post jusqu'au bout !
Pour ta peine, tiens, c'est un rat mort. Je l'ai appelé Henry.
C'est sympa comme nom ça, Henry.
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Yssaé
Jeu 7 Déc - 14:10
Yssaé afficha un large sourire en entendant la suggestion d’Oskar. L’idée du sac de terre était brillante, vraiment.
    « Votre plan est excellent et montre bien que j’ai très bien fait de vous choisir. C’est un honneur de travailler avec vous. »
    Avant de commencer, toutefois, il lui restait un dernier problème à gérer.
    « Monsieur Lyons. Nous ne nous sommes pas compris : dégagez. Si vous voulez plus d’argent, pour votre silence, attendez quelques jours, je vous recontacterais. Je refuse de mener cette mission d’importance avec quelqu’un qui visiblement n’est pas fiable. »
    Son doigt était toujours sur l’arbalète de poing. Yssaé et Oskar, sous la conduite du premier, s’éloignèrent de ce fâcheux. Quand ils furent certains de ne pas être observés ou entendus, Yssaé put reprendre.

    En chuchotant assez faiblement pour ne pas pouvoir être entendu, Yssaé délivra donc les dernières instructions.
« Vous pouvez commencer à vous infiltrer : je serai sur les toits. Au moindre problème, faites signe. Je vous conseille toutefois de faire le ménage avant de vous occuper du sabotage, afin d’éviter qu’on le découvre et qu’on l’évente. Dès que le premier sera nettoyé, je vous rejoindrais à l’intérieur, je monterais à l’étage et me chargerait des enfants et de leur mère. Occupez-vous du feu, et retrouvez-moi où vous savez. »
    En effet, sur les annotations, il y avait une adresse de mentionnée.

    Et sur ce, ils se séparèrent. Yssaé fit un léger détoure pour emprunter une rue parallèle à celle où allait se dérouler l’opération. Un des immeubles de cette rue avait été repéré comme ayant une porte d’entrée qui fermait mal. Parfait, donc, pour s’y infiltrer l’air de rien, monter jusqu’au dernier étage et emprunter une trappe qui donnait sur le toit. De là haut, la vue était assez belle, et surtout surplombante sur le premier étage. Oskar, qui avait été informé de la position d’Yssaé, put s’assurer de sa présence et commencer sa mission.

Billy Lyons
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Dim 17 Déc - 16:57
Irys : 406147
Pérégrin 0
Ainsi cet homme jouait la carte du mépris jusqu'au bout. Au moins avait-il le mérite de ne pas se dégonfler, même s'il se tirait une balle dans le pied pour la réussite de la mission à venir.

Leur employeur avait fait preuve d'un terrible manque de cohérence et de préparation, et du point de vue où Billy se trouvait, la réussite de la mission allait reposer sur les épaules du voleur qui semblait vraiment connaître son boulot. Et sa place.

Billy se dit qu'il pouvait même faire échouer l'assassinat pour laver l'affront. Et il n'aurait même pas besoin d'agir personnellement, avec les informations dont il disposait il lui suffirait simplement de prévenir les gardes du bâtiment. Et alors les deux assaillants, sans armes à feu, représenteraient un risque ridicule face à des gardes armés et chargés d'assurer la défense d'une gouverneure.

Mais malgré l'envie, il resta immobile et se contenta de regarder les deux hommes s'éloigner. Il sorti une cigarette (il s'était remis à fumer quelques mois avant) et l'alluma. Tout en regardant les volutes de fumée se dessiner dans l'air, il réfléchissait à plein régime. Perdu dans ses pensées, il termina sa cigarette et prit une décision. Il jeta d'une pichenette le mégot (qui une fois au sol roula pour se caler entre deux pavés), fit demi-tour et s'enfonça dans le dédale de rues constituant la ville.

Ses pas l'amenèrent à l'établissement mal famée qui leur avait servi de lieu de réunion. Il entra d'un pas décidé et se dirigea directement vers le tavernier, qui lui adressa un simple hochement de tête pour dire bonjour.

- Bonsoir, je pense que vous vous souvenez de moi ? Il s'agissait bien sûr d'une question rhétorique, il était certain que le tavernier se souvenait du petit manège de la "réunion secrète", ainsi que chacun de ses participants.

Je viens récupérer les affaires du patron qu'il vous a laissé.

Billy avait vu le tavernier partir avec le sac d'Yssaé dans l'arrière-salle, au moment où lui même sortait de l'établissement. L'homme parut surpris et fronça les sourcils, se demandant visiblement si tout cela était bien normal. Billy ajouta pour dissiper le doute:

- Le patron est pressé, et je pense que vous n'avez pas envie de le faire attendre. Ni de ME faire attendre.

Au vu du comportement d'Yssaé, Billy était presque sûr qu'en plus du paiement, le tavernier avait été menacé, ouvertement ou à demi-mot, sur un quelconque échec de sa part. Et si cela ne suffisait pas, il pouvait toujours utiliser la violence. Mais au vu de la perte de couleur de ce dernier, ce ne serait pas nécessaire. Le tavernier s'empressa d'aller dans l'arrière-salle pour revenir avec le sac en question, qu'il tendit à Billy sans poser plus de question, visiblement soulagé d'en être débarrassé. Billy ouvrit le sac pour vérifier que les plans étaient bien là et, une fois satisfait de les trouver à leur place, il referma celui-ci, avant de l'emmener avec lui.
Billy se dit que cela signait sûrement la mort de cet homme, mais cela n'était après tout pas son problème. Surtout qu'au vu de l'établissement, le propriétaire devait tremper dans toutes sortes d'affaires louches. Si cela devait arriver, le monde ne perdrait pas un grand homme.

Il sortit de l'établissement, portant son nouveau sac. Il prit la direction de la chambre qu'il louait actuellement, un large sourire sur le visage. Une fois sur place, il copierai tout les documents afin de les envoyer à Lizzie et s'assurer ainsi une plus grande sécurité. Mais désormais, il était certain, Yssaé reprendrait bien "contact dans quelques jours" à propos de son silence.

[hrp] C'est ici que je sors du rp, je vous laisse donc continuer sans moi. Amusez-vous bien ! [/hrp]


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Oskar Medcalfer
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Mer 20 Déc - 18:20
Irys : 264951
Profession : Voleur
Guilde +1 (homme)
Y’avait pas à dire, c’était triste de devoir se séparer du pistolero. C’était chiant, aussi, parce que du coup ce serait au pauvre Oskar de se taper tout le nettoyage ! Enfin bon, il avait une bonne idée de comment se démerder pour faire d’une pierre deux coups. Alors qu’il se dirigeait vers un endroit pas trop mal pour retourner dans le jardin, il cogita un moment. S’il fait comme prévu, il balance le bouchon dans la cheminée, attends que ça fume un peu, rentre par une pièce au pif, se rue jusqu’à la salle du chauffage, sabote et on peut faire confiance aux braves gars d’au-dessus pour venir chercher la source de « l’incendie ». Si Oskar se magnait de les doubler dans la fumée, il pourrait retourner à la sortie, fermer la porte dans leur dos comme il l’avait dit, faire tomber une merde comme une armoire devant pour condamner le tout, et ces pauvres gens finiraient en viande hachée sur les murs du sous-sol après l’explosion. Il pouvait bloquer la manivelle de pression pour empêcher tout contre-sabotage, c’était pas compliqué. Comme ça, il se débarrasserait des gardes du rez-de-chaussée, enfin la plupart, l’incendie serait entamé et il pourrait vite aller aider le boss pour récupérer les gosses avant de finir en rôti eux aussi. S’ils étaient suffisamment rapide, y’avait pas de raison que ça foire.

Le temps qu’il mette tout ça au point, le voleur encapuchonné était déjà arrivé dans le jardin boueux. Bah ouais, à Alexandria il neige l’hiver, mais il flotte surtout. Enfin bref, il leva les yeux vers les toits pour s’assurer qu’Yssaé était prêt et une fois qu’il s’en était assuré, il ramassa le sac de toile rempli de terre et s’approcha du conduit de cheminée. Il avait bien calculé son coup, ça rentrait comme papa dans maman ! Puis ça finirait sûrement  par bloquer au premier virage. Parfait. Il faudrait un moment avant que ça fume vraiment, peut-être trop même. Il allait pas rester planté là dans le jardin, il ferait des fruits dégueulasses le lascar. L’arbalète était accrochée à sa ceinture, mais il aurait voulu pas l’utiliser… Tant pis, par contre si l’autre imberbe ramenait pas suffisamment de monnaie, il entendrait parler de Pattes-de-Velours, mais pas de la même façon.

La fenêtre donnant sur le sous-sol était en-dessous d’une espèce de petite fenêtre ronde en hauteur, qui elle, par contre, devait bien donner sur le premier niveau. Oskar prit appui sur un lambris de faïence qui décorait l’extérieur, et put ainsi s’agripper au rebord pour voir ce qu’il y avait à l’intérieur. Une petite, toute petite, salle de bain, presque dans le noir. Bon, bah on y va hein. Avec le manche de l’arbalète, le voleur arriva sans souci à casser la petite vitre après plusieurs coups. Il prenait du temps, mais ça lui faciliterai la vie –et éloignerait le jour de sa mort- s’il s’occupait de déblayer les bouts de verre restant pour pas finir découpé en rondelles en essayant d’entrer. Par contre ça faisait sûrement trop de bruit. Pour pouvoir passer dans un trou aussi petit, il se retourna dos contre le mur, sauta, attrapa l'autre côté de la fenêtre côté intérieur et comme ça il arriva à se tracter à l’intérieur. Seulement, l’arbalète dans la main, tête à l’envers, encore à moitié dehors, la porte de la salle de bain finit par faire un bruit de clé qui tourne. Eh merde. Un mec ouvrit la porte, une lanterne à la main, pour voir ce qui se passait.

Ni une ni deux, Oskar laissa parler son adrénaline, et visa tant bien que mal avec son nouveau jouet pour qu’un joli petit carreau se loge dans la poitrine du domestique. Car ouais, c’était un domestique, pas un des gros bras. Sinon ça l’aurait pas refroidi de l’avis du voleur. Un voleur qui se dépêcha vite fait d’entrer à l’intérieur de la baraque, dans un vrai capharnaüm, mais maintenant c’était pas super dérangeant. Visiblement, y’avait déjà assez de fumée en bas pour inquiéter tout le monde et Oskar put passer sa tête encapuchonnée derrière la porte pour voir un peu à qui il avait à faire.

Saloperie ! Un des molosses, avec fusil à baïonnette et toutes les autres breloques, était en train de remonter l’escalier principal pour sûrement aller avertir la maîtresse de maison. Oskar savait que la portée de son engin suffirait pas à le dézinguer à cette distance, il était donc obligé de traverser toute la pièce en courant et au pied de l’escalier il tenta un tir qui siffla à côté de la tête du garde. Pas grave, ça suffit à le faire se retourner pour accueillir le deuxième carreau, qui se logea juste en dessous de son casque cette fois-ci. Le type s’écroula dans les escaliers, tandis que son collègue était en train de faire demi-tour dans le dos d’Oskar. Ouais, avant de se ruer sur sa cible, le voleur avait bien attendu que l’autre gros bras soit déjà en train de descendre au sous-sol pour éviter de se battre contre deux soldats à la fois. Sauf que là, faudrait bien lui faire face.

Le mec remontait l’escalier à tâtons, entouré de fumée, comme une horrible créature de cauchemar. Speedant encore un peu plus vu les possibilités croissantes de finir au bout d’une pique, Oskar décida de profiter de toute cette fumée pour entamer l’opération de sabotage. Au lieu de fuir le monstre des enfers, il se colla contre le mur à côté de la porte ouverte, attendit le bon moment, dague en main, et quand le grand couillon émergea en toussant il reçut un splendide coup de couteau entre les côtes, avant d’être poussé par le voleur dans l’escalier. Retour à l’envoyeur !

Mais tout ça commençait sérieusement à fatiguer le cambrioleur. Il était vraiment pas préparé à devoir tout faire aussi vite. Il voyait rien de ce qui se passait là-dessous, mais il faudrait bien qu’il y aille un jour ou l’autre. Comme il l’avait prévu, il referma la porte avec force avant de balayer les alentours du regard à la recherche d’un truc pour la bloquer. Près de l’escalier, en face de lui, une grande horloge bien lourde était en train de tic-tacter calmement. Oskar se dépêcha de monter quelques marches, puis poussa le meuble d’un grand coup de pied pour qu’il se fracasse sur le sol. Y’avait plus qu’à la faire pivoter puis la plaquer contre la porte, et elle serait impossible à pousser pour des bras de domestiques à moitié asphyxiés. Mais pas de temps à perdre ! Le sabotage maintenant. Il pouvait au moins avoir le loisir de sortir par la porte normale qui donnait sur le jardin. Fallait espérer que le patron gère de son côté…


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Yssaé
Mer 20 Déc - 23:59
Résumé rapide:
 




0002, heure militaire


    De sa position, Yssaé put apprécier les mouvements de son acolyte. Très bien, très professionnel, quoiqu’un peu bruyant. Un garde semblait avoir été alerté par la fenêtre brisée. Il entra dans la pièce où gisait le domestique, se pencha, sortit le carreau du corps, le contempla, regarda la fenêtre brisée, commença à faire des connexions dans son cerveau puis prit un tir en pleine tête. Yssaé avait tâché de viser dans le trou déjà formé par Oskar, afin de ne pas causer de bruit superflu.
    Aussitôt le projectile planté, Yssaé marqua d’un trait une petite feuille de papier. Plus que 16 à abattre, sans compter ceux d’Oskar. Ça allait être une bonne soirée.  


    Yssaé avait très consciencieusement corrompu des domestiques – qui se trouvaient être tous en congé maladie aujourd’hui et dépositaires d’une mutation chez un officier qui payait mieux, tiens donc – et qui avaient à leur tour consigné une foule d’informations utiles sur les routines des gardes. Untel, quand venait son quart de minuit, aimait aller dans ce cagibi que personne ne visitait et se pencher à cette fenêtre d’où on pouvait observer la rue, afin de fumer en service sans être emmerdé. Untel et unetelle allaient se retrouver dans leur chambre et après s’être bien échauffés allaient sûrement ouvrir le carreau pour faire rentrer un peu d’air frais. Untel faisait sa patrouille dans la cour tout seul à cette heure précise. Et ainsi de suite. Yssaé pensait pouvoir supprimer au moins 5 gardes comme ça.
    Mais à son grand dam, ces routines tombaient à l’eau à cause du garde manquant. L’absence du garde dans la cour faisant sa patrouille lui avait déjà mis la puce à l’oreille. Heureusement il y avait eu le fumeur, qui gisait maintenant dans son sang, mais les amoureux étaient introuvables. Auraient-ils changés leur horaire ? Mais pourquoi ?  

    Plutôt que d’attendre un peu plus le prochain créneau d’assassinat, qui auraient bien pu ne pas arriver, Yssaé descendit en vitesse l’immeuble et se dirigea vers la cour intérieure. Une fois à l’intérieur, son arbalète fut échangée pour le modèle de poing et un couteau. Inutile d’essayer d’entrer par la porte du sous-sol. Yssaé opta donc plutôt pour un peu d’escalade, sans pour autant entrer par le même accès que son compère, mais plutôt par la fenêtre du cagibi sus-mentionné.  
    Dans le couloir, une garde avançait. Elle n’aurait pas dû être là. Il y avait définitivement quelque chose de louche. Dès que le cadavre fut planqué dans un coin de la pièce, et la porte laissée légèrement entrouverte, Yssaé appela en chuchotant la garde.
    « Hé ? Tu peux venir voir deux secondes ?
    – C’est qui ? »
    – C’est moi, viens je te dis c’est urgent là. »
    Et elle eut le cou tranché. Coup classique, si on pouvait dire. Un autre petite trait. Yssaé planqua le cadavre.  
    Oskar était au bout du couloir puis à gauche. Comme il risquait de l’emprunter pour accéder aux quartiers des gardes, il faudrait que quelqu’un fasse le travail de repérer les nouvelles positions des ennemis. Ça énervait profondément Yssaé, cet imprévu. Il lui était bien plus agréable de tuer à distance que de devoir faire ça au couteau. Et son domaine était plus le tir que l’infiltration. Enfin, il faudrait faire avec.  


    Le repérage s’effectua sans réel problème. Au moyen d’un éclat de miroir, Yssaé put se mettre aux angles et laisser dépasser seulement sa main, dans l’ombre. À un moment, un curieux aperçut le reflet d’une lampe dans le miroir et voulut voir ce que signifiait cette petite lueur au sol qu’il avait vu. Il se fit poignarder et dissimuler dans un coin.  
    Le premier est composé de deux couloirs qui se rejoignaient aux escaliers permettant d’accéder à tous les étages. Ils formaient ainsi un U dont les bords étaient occupés par des pièces diverses. Yssaé avait pris le côté gauche, donnant sur la rue qui était sensée être sous sa surveillance. Il y avait fort à parier qu’Oskar ferait de même, car il pensait encore qu’il serait couvert par des tirs d’arbalète s’il la prenait. Il y avait 6 gardes dans cette aile, dont quatre endormis. Du moins, c’est ce que supposait Yssaé, car en vérité ils étaient trois. L’un d’entre eux était sensé aller se coucher dans quelques minutes selon les plans d’Yssaé, mais mieux valait ne plus s’y fier.
    Dès que Oskar passerait, ces informations lui seraient transmises et ils pourraient faire le nettoyage du couloir tous les deux.
0013, heure militaire

Oskar Medcalfer
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Ven 22 Déc - 14:25
Irys : 264951
Profession : Voleur
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Le voleur avait un pif de taré ! Il sortit de la baraque et direct il plia les genoux pour voir ce qu’il y avait derrière la première fenêtre du sous-sol, celle un peu cachée derrière un vieux pot de fleurs. Eh bah, croyez-le ou pas, mais c’était la chaudière ! En plus, la porte était fermée, y’avait pas trop de fumée encore, donc y’avait plus qu’à casser la petite fenêtre, dégager les barreaux, entrer vite fait, on sabote et on repart ! Quoi ? C’est dégager les barreaux qui vous défrise ? Bah vous êtes cons ou quoi ? Vous pensez vraiment que la fenêtre donnant sur la chaudière ils vont la condamner comme les autres ? Mais il arrive quoi au malheureux qui fout le feu sans faire exprès, hein ? Enfin bref, sur ce genre d’accès, c’était pas des grosses vis en acier plantées dans le mur, mais juste des bouts de fonte à peine enfoncée dans la brique pour pouvoir être viré rapidement. Il suffisait de bouger un peu le barreau, encore un peu, et paf ! C’est ouvert.

Mais Oskar perdait vachement de temps à faire son affaire. Le chef avait déjà bougé, et il restait encore pas mal de gonzes à dégommer. Roh, mais pourquoi il avait viré le cow-boy aussi ? Nom de Möchlog, que c’est susceptible un conspirateur ! C’est en ruminant ses petites idées noires que le garçon sabota méthodiquement le système de chauffage, comme prévu. De l’autre côté de la porte, on entendait des cris étouffés, y’en avait qui essayaient d’entrer dans la pièce, mais Oskar était pas débile, il avait fermé le loquet. Quelques tours de manivelles plus tard, il ressortait enfin ! C’était pas trop tôt.

Retournant rapidos à l’intérieur, en vérifiant quand même que personne était venu le gêner, le voleur tomba avec surprise sur un autre cadavre, devant la porte de la salle de bain par où il était entré. Eh bah, ma foi, le patron était passé par là, pour sûr. Avant de le rejoindre là-haut, Oskar prit le temps de recharger sa petite arbalète et de remettre ses carreaux dans la poche en cuir à sa ceinture, prêts à être utilisés. Et aller ! Il pouvait enfin monter les escaliers et une fois en haut il put voir Yssaé s’amuser à cacher les corps de ses victimes. Il avait plus l’étoffe d’un assassin qu’autre chose, le lascar. Les deux hommes se rejoignaient enfin. Ce serait plus simple de faire du nettoyage !

Sans un mot, il accompagna Yssaé dans l’aile gauche du bâtiment et dû affronter la vision d’un couloir bardé de portes. Sous sa capuche, il avait une profonde envie de soupirer, et ça se comprenait. Enfin bon, si gardes il y avait, soit ils pionçaient, soit ils avaient rien entendu de ce qu’il s’était tramé. Le voleur avait donc une idée toute bête. A pas de loups, il s’agenouilla devant la première porte, côté gauche, pour voir si y’avait de la lumière. Non. Alors, soit c’est vide, soit ça pionce. C’est ouvert ? Ouep. Mais bon, ça a réveillé la donzelle, pas grave. Oskar s’était déjà rué dessus pour tuer dans l’œuf toute envie de parler avec un bon coup de dague dans la gorge. Logiquement, plus que cinq.

Il utilisa la même technique sur la deuxième porte côté gauche, sauf que le gonze l’avait même pas entendu entrer ! Tu parles d’un garde. Par contre Oskar était un peu blazé de devoir tuer des gens dans leur sommeil. Sauf qu’il se répéta encore une fois « Pour la prime, pour la prime, pour la prime. » et ça passa, au moins un peu. Par contre, dernière porte à gauche c’était allumé. Et merde… ils devaient sûrement avoir entendu quelques bruits bizarres. Le jeune homme, inquiet, tourna la caboche vers son chef, derrière lui. Un simple signe de tête pour signaler que, derrière, ça balisait. Par contre, là les compétences d’Oskar allaient atteindre leurs limites, patron ! C’était un voleur, ok, un assassin si besoin, ok, il adorait se bagarrer, ok, mais ça voulait pas dire que c’était sa tasse de thé ! Là, les jambes du voleur elles avaient juste envie de fuir, même s’il tremblait pas d’un pouce. Il espérait vraiment que, là, Yssaé aurait une idée de plan, parce que dans une poignée de secondes c’était soit eux qui entraient soit les gros bras qui sortaient.


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Pour ta peine, tiens, c'est un rat mort. Je l'ai appelé Henry.
C'est sympa comme nom ça, Henry.
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Khugatsaa
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Jeu 28 Déc - 16:08
Irys : 114977
Administrateur
- Cassy ! Cassy !
- Que se passe-t-il Monsieur ?
- J’étais en train de faire pipi quand tout à coup, de la fumée a commencé à sortir depuis la grille !
- J’espère que ce n’est pas encore l’une de vos blagues Raphaël !
- Mais non ! Je jure que je n’ai rien fait !
- Jessy ?
- Ce n’est pas moi non plus.

Assurément, la vieille Cassandra n’en pouvait plus de veiller sur ces gosses en manque d’affection, qui ne trouvaient d’autres moyen pour attirer l’attention des adultes que de faire les quatre-cent coups. Mais cette fois-ci, la nourrice put constater que la situation n’avait rien d’habituelle. Une fumée grisâtre à l’odeur de charbon s’échappait du conduit de ventilation, normalement destiné à redistribuer la chaleur dans tout l’immeuble. Car le sac d’Oskar s’était effectivement bloqué au premier virage, à peine deux mètres sous la charpente. Si la fumée avait commencé par se répandre dans les étages inférieurs, c’était désormais l’ensemble du bâtiment qui commençait à se transformer à cendrier géant. Un contre-temps non-négligeable pour les deux lascars, puisque la surpression de la chaudière prendrait de fait plus de temps.
La nounou, inquiète, choisi de ne pas prendre la responsabilité des enfants et descendis au deuxième étage pour prévenir Mme. Halkéfiti, leur mère. Le colosse qui siégeait devant la porte du bureau, bien qu’il agaçait profondément la domestique, avait le mérite d’être l’un des rares à effectuer son travail correctement. Car ce qu’ignorait Yssaé à ce moment-là, c’est que le fameux garde malade avait tout bonnement et simplement été remplacé par quelqu’un de plus ... fiable. Un membre de la famille de la gouverneur, qui cherchait à faire carrière en tant qu’agent de protection rapprochée, avait “subtilement” été pistonné par sa tante pour assurer sa sécurité, et en même temps acquérir une certaine notoriété.

Sous son armure assistée, Rose Erinheim vérifia pour la 4ème fois en une soirée l’identité de la nourrice et des deux enfants avant de les laisser rentrer.


- Madame la gouverneur, il se passe quelque chose de bi...
- Je sais, ici aussi la fumée commence à se répandre. Nous allons monter sur le toit, j’ai fait envoyer un télégramme à mon aéronef pour organiser notre évacuation. Il devrait arriver d’ici une trentaine de minutes. Cassandra, rassemblez les affaires des petits, puis prévenez les domestiques et rejoignez-nous en haut.
- Bien madame.

Rose Erinheim était aux aguets. Suspectant autre chose qu’un simple problème techniques en raison du manque de communication de ses gardes dans les étages inférieurs, la soldate préféra entrer dans le bureau pour surveiller sa protégée le temps quelle rassemble ses affaires. Cinq minutes plus tard, elle escorta sa dame jusqu’au 3ème étage le temps quelle prennent le reste de ses effets.




Deux étages plus bas, dans les appartements des gardes, la situation se révélait de plus en plus incontrôlable pour les deux partis. La fumée s’échappait de dessous chacune des portes et désormais, la plupart des gardes étaient réveillée par leur propre quinte de toux. S’ils tendaient l’oreille, les deux meurtriers pouvaient entendre les portes du couloir de droite s’ouvrir les unes après les autres, et le cliquetis des armures des soldats se diriger pour la plupart au rez-de-chaussé, mais deux autres à l’étage supérieur.
Du côté d’Oskar, de la porte devant laquelle Oskar s’était arrêté s’échappait toute une série de bruit caractéristique d’une armure que l’on enfile. A sa droite, la lumière de la chambre s’alluma également, et Yssaé put constater la même choses des autres chambres à droite du couloir. L’une d’entre elle s’ouvrit et un soldat, en pantalon de jute mais armé d’une matraque et d’une targe, tomba nez à nez avec le commandant.


- Qu’est-ce que ... Hé vous !

Sans attendre de réponse, il se jeta bouclier en avant sur Yssaé, dans le but de l’étourdir avant de le ruer de coup. Si la première opération échoua en raison d’une habile esquive de la part du gradé, un coup perdu de matraque vint malgré tout percuter l’arcade sourcilière de sa proie.


Dernière édition par Khugatsaa le Mar 2 Jan - 18:06, édité 2 fois
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Yssaé
Lun 1 Jan - 20:09
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0024, heure militaire, 29 minutes avant arrivée du brik



    Yssaé s’effondra contre le sol, manquant de s’assommer. Ce n’était pas prévu. Ce n’était pas normal. Qu’est-ce que ce type foutait là ? Il y avait eu une sorte de vent de panique dans tout l’immeuble, on avait pu voir la fumée s’échapper des lattes du parquet, puis ce grand type était apparu. Mais pas le temps d’y réfléchir. Étant au sol, Yssaé fit une roulade pour esquiver le prochain coup, dégaina un petit couteau et profita de ce que l’ennemi avait envoyé le bras aussi bas pour s’en saisir, tirer dessus et lui faire perdre l’équilibre. Ce fut insuffisant pour le faire tomber, mais permit à Yssaé de s’accorder un précieux quart de seconde.
    Toujours transformer les avantages des ennemis en leurs défauts. Ce large bouclier un peu idiot était très bien pour parer les coups, mais moins pour se déplacer, voire tourner, dans des espaces confinés. Certes, il n’y avait pas pour autant besoin de faire un créneau pour faire à nouveau face à Yssaé qui s’était levé, mais le temps employé à se tourner fut suffisamment long pour offrir une belle fenêtre de tir. La dague érafla méchamment l’épaule du garde, qui recula d’instinct, mais son adversaire le collait, et profita même d’un petit coffre sur le côté du couloir pour prendre appui dessus, sauter sur le bouclier et provoquer la chute des deux ennemis.
    Cette cabriole avait provoqué de sacrés bleus sur Yssaé, qui ne put réprimer un soupir de douleur. Mais le garde avait presque été assommé et avait la lèvre pulvérisée pas le coin haut de sa pièce d’armure. Un cou tranché et s’en fut fini. Sciemment, la dague fut ensuite plantée dans son torse. Elle était d’aspect tout à fait banal, mais assez clairement un signe d’artisanat mÿ’tran. Il est assez facile d’acquérir ce genre d’arme par contrebande, surtout qu’elle était de peu de qualité.

    Yssaé se redressa, se massa le front, tira un carreau empoisonné dans le cou du garde dont l’armure cliquetait et qui avait surgi, pieds nus, l’arme au poing et à moitié préparé. Il était à moins de trois mètres ; un tir facile. Mais pour être honnête, Yssaé visait le cœur.
    « Bon. Oskar. Tâchons de planquer ceux-là en vitesse, je réfléchis à un plan. »
    En quelques minutes, tous les cadavres présent avaient été dissimulés. Un autre garde vint chercher des retardataires, mais supposa, vu qu’il n’y avait plus personne, et qu’ils n’étaient pas le compte en bas, que ceux qui manquaient avaient dû monter sur le toit. La fumée devenait étouffante, aussi ils ne préférèrent pas continuer leurs explorations.

    Les deux compères étaient quant à eux sur un balcon qui donnait sur la cour intérieure.
    « Bon, la mission va se terminer plus vite que prévu, mais tant pis. L’évacuation a dû vider les étages supérieurs, c’est notre chance. Le gouverneur reste une priorité, mais votre paiement avant tout. Je me charge du troisième étage, vous du deuxième. C’est son bureau. Vous vous souvenez des indications que je vous ai transmises ? Vous avez avant tout deux objectifs. Ses bijoux, bon, ça, c’est une évidence. N’hésitez pas à faire du bruit pour faire sauter le coffre-fort. Je ne sais pas ou il est, à tous les coups derrière un tableau. mais surtout, surtout, ses actions boursières. Fouillez partout, vous devez absolument les retrouver. Et n’hésitez pas à vous servir, je ne vais pas vous apprendre votre métier. Foutez le feu autant que possible. Ah, oui, et si vous croisez des gardes, tuez-les et plantez ça dans leurs cadavres. »
    Yssaé lui tendit des flèches d’artisanat mÿ’tran. C’était la dernière petite surprise qu’il avait dans son sac, mais les meilleurs complots sont ainsi faits ; de petits riens qui changent tout. Il n’y eut plus qu’à se séparer et agir vite.
    « Si vous n’arrivez pas à me retrouver, après ça, rendez-vous où vous savez. Je serais à l’étage du dessus. J’aurais encore besoin de vous pour une menue tâche, mais si vous ne le pouvez vraiment pas, tant pis, je me débrouillerai. Ce fut un honneur de combattre à vos côtés. Espérons que ce ne soit pas la dernière. »
    Le coup à la tête devait lui avoir fait perdre un peu l’esprit, pour qu’Yssaé se montre d’une telle gentillesse. C’était pourtant sincère.

    L’ascension vers le troisième se fit par l’extérieur. Pas une seconde à perdre. Au moyen d’une corde et d’un crochet, et de nombreux efforts, Yssaé parvint à se hisser à un balcon supérieur, puis répéta l’opération pour arriver au troisième étage. Les gardes n’étaient par chance pas arrivés jusque là, on les avait renvoyé après leur crochet sur le toit chercher des papiers dans le bureau du gouverneur. Ce serait à Oskar de s’en occuper. Une domestique qui avait accompagné sa maîtresse avait cependant elle aussi été envoyée, au troisième, pour aller chercher des jouets des enfants qui peinaient à rester tranquille à l’idée qu’ils allaient tout perdre dans un incendie. Les autres domestiques avaient fui dès que l’alerte au feu avait été lancée.
    Yssaé put donc commencer à fouiller et voler. Bibelots précieux, bourse, argent de poche que les enfants planquaient sous leur matelas, documents qui pourraient se revendre à un certain prix au marché noir, titres de propriété, objets d’art. Les capacités de charge étant limitées, les objets étaient sélectionnés selon un tableau à double entrée : leur petitesse et leur valeur. Mais alors qu’une liasse était fourrée dans une poche, une porte s’ouvrit derrière Yssaé, qui par réflexe brandit son arbalète. Ce n’était que la domestique, lampe à huile à la main, qui passait voir ce que signifiait ce bruit.
    « Vous… Que…
    – Madame, enchantée. Je vous tue au moindre cri, cela va de soi. Vous tenez quoi dans vos mains ?
    – Des… Les jouets des petits… Des automates… Que, vous allez me tuer ?
    – Allons, allons, séchez ces larmes, voulez-vous. Bien sûr que non. Madame est sur le toit, je suppose ?
    – Oui, elle, elle attend qu’on l’évacue, je, si je ne peux pas la rejoindre, je, je fais comment moi, avec l’incendie, et –
    Et le coup partit. Elle s’effondra. C’était dommage ; si jeune, du gâchis. Tant pis. Alors comme ça les enfants aimaient les automates ? Très bien. Et cette lampe à huile, ainsi que ces rideaux et draps allaient former un couple délicieux. Yssaé planta une pointe de flèche et lança des départs de feu. L’idée était simple : si tout crâmait, les autopsies ne pourraient pas se rendre compte que les victimes avaient un étrange poison dans les veines et une piqûre curieuse sur le corps.

    La situation avançait bien. Alors comme ça, cette salope d’Halkéfiti avait encore un sale coup dans sa manche ? Une évacuation par le toit, ça s’appelait un aéronef. Un dirigeable, sans doute. Yssaé avait besoin d’Oskar non pas pour ça, mais il y aurait toujours de la place pour des bras en plus, si on voulait prendre d’assaut un appareil volant. Voyons. Les gardes avaient bougé il y a environ 10 minutes. La base aérienne la plus proche permettait à un appareil rapide d’arriver ici en, approximativement vingt minutes. Les secours arriveraient donc d’ici dix minutes minimum.
    C’était à la fois très long et très court.


0034, heure militaire, 19 minutes avant arrivée du brik

Oskar Medcalfer
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Mer 3 Jan - 1:20
Irys : 264951
Profession : Voleur
Guilde +1 (homme)
Oh la merde ! Oh la poisse intercontinentale ! Voilà que maintenant Yssaé était en train de se battre contre un gars vraiment très énervé, avec matraque et bouclier ! Oskar regardait le combat avec un mélange de fascination et de terreur, c’est qu’il craignait vraiment pour sa vie là ! Par tous les mafieux d’Aildor, on ne le reprendra pas à s’attaquer à un gouverneur ! Mais pas le temps de se poser des questions débiles sur le bien-fondé de leur affaire, de l’autre côté de la porte il commençait à y avoir sérieusement du grabuge. On ouvrit brusquement alors, une espèce de petite femme teigneuse en sorti, sans armure, mais bien armée, comme son copain. Elle aussi, ses yeux se braquèrent net sur la bagarre entre le militaire et le garde, du coup le voleur en profita pour… la bourrer. Sérieusement. Il la chargea pour la faire tomber d’un grand coup d’épaule. Mais pas question de la laisser se relever ! Il se jeta sur elle, l’assomma avec deux trois coups de poing, repoussa un coup de masse, un coup de bouclier, se prit un sacré revers dans les côtes, mais termina la pauvre demoiselle avec un petit couteau droit dans la nuque. Sacré nom, qu’est-ce qu’il aimait pas tuer… Il lâcha même un « Bordel. » de dégoût avec tout ce sang qui lui tâchait les manches.

Quand il se retourna, le patron avait eu le temps de se faire deux mecs à lui tout seul, il était plus habile qu’Oskar à la baston, pour sûr ! Mais bon, c’est pas ce qui allait lui attirer son admiration. Toutes ces histoires de viande froide ça commençait à bien lui filer la gerbe, et il avait hâte que ça finisse. Les deux hommes s’appliquèrent à cacher les corps, même celui de la donzelle qui poussait encore des petits râles d’agonie bien flippants. Mais pas le temps de l’achever, on était en rade d’humanité chez les voleurs. Enfin, les derniers ordres d’Yssaé. Enfin Oskar pourrait faire son vrai boulot ! Il accueillit la nouvelle avec soulagement, mais sans le montrer, se contentant d’acquiescer et de répondre un simple « Ça marche, patron. » avant de se diriger vers son objectif. Il se sentait un peu plus en sécurité, à se déplacer dans le début de fumée qui envahissait l’étage, mais le coup qu’il avait reçu dans les côtes l’aidait pas à se presser. Il monta l’escalier rapidement, en grognant, et arriva à l’étage où était censé se trouver le bureau du gouverneur. Bon, pas très compliqué à trouver. Un gros boucan s’échappait de la pièce au fond du couloir, à gauche. On entendait distinctement deux troufions s’énerver sur les papiers de leur boss.

- Mais, bordel ! Où elle caché tous ses bijoux là ?!

- Mais elle a dit que le coffre était derrière ça, là ! La peinture !

- Ok, ok, et du coup, t’as le code ?

- Ouais ouais, attends je l’ouvre. Putain, c’est quoi tout ça ? Mais y’a plus de bijoux ici que sur toutes les escortes de la ville réunies ! Hahaha ! Bah quoi c’était pas drôle ?


Le pauvre se retourna pour voir son pote par terre et Oskar se ruer sur lui, la dague gentiment offerte par Yssaé à la main, et lui enfoncer entre les pièces de son armure. Y’avait plus qu’à le finir en lui tranchant la gorge, et Oskar était bon pour avoir une telle envie de dégueuler qu’il se vida dans une plante juste à côté. Bon, au moins le parfum de la bile fraichement déversée cachait celui du sang, c’était ça de gagné. Il avait même pas eu à ouvrir le coffre, c’était tout bon ! Par contre, il avait beau chercher dans le bureau, décrocher tous les tableaux –sait-on jamais- y’avait aucune trace de documents importants ou secrets. Oh et puis merde ! Maintenant, c’était jour de paye ! Il avait pas de sac, mais qu’à cela ne tienne. Sa capuche ferait bien l’affaire ! Il la retira, acceptant l’idée que, bon, de toute façon faudrait bien se mettre au vert avant de revenir par ici, après un casse pareil, referma l’ouverture de la tête avec un nœud et… commença sa razzia. Les colliers, les bagues et les bracelets qu’il y avait dans le coffre, mais aussi l’argent liquide dans le bureau, les lettres de changes qui permettaient de retirer certaines –belles- sommes dans les banques du coin (le genre de truc à refiler à la guilde ça, lui il en ferait rien), puis y’avait aussi une épée courte, dans son fourreau et sous verre, que Oskar récupéra après avoir cassé la protection. Ça devait être un héritage familial ou un autre truc dans le genre. Bref, quelque chose qui rapporte !

Après avoir fait ses emplettes, il se retrouva avec un sac lourd, mais lourd, mais qui valait tellement cher ! En plus, il avait réussi à débusquer un courrier avec une autre adresse, sûrement la maison principale de cette femme ! Le bureau avait une fenêtre qui donnait… Sur un autre toit, celui de la maison à côté. Ah bah parfait ! Le voleur issa donc son sac sur le rebord de la fenêtre, usa de sa force herculéenne et de toute sa volonté de se faire le maximum de pognon sur cette affaire, et il put « lancer » ledit butin sur une distance d’environ 1m50 et atteignit le balcon de la maison d’en face, en contrebas. Vu l’incendie, les gens à l’intérieur allaient sûrement évacuer aussi, les volets étaient fermés, donc, hein, on pouvait espérer se tirer avec à la fin de l’opération ! Mais maintenant, le moins drôle. Fallait retrouver le patron et terminer cette funeeeeste besogne. En gros, y’avait toujours les enfants à enlever et la big boss à dézinguer. Tout ça, avec des côtes… bien abimées. La fin de soirée s’annonçait fun !

Oskar était prudent, mais maintenant y’avait plus grand monde dans l’hôtel de toute façon. L’arbalète à la main, il traversa le couloir pour retourner vers l’escalier et grimper au troisième étage. Sans surprise, personne, du coup il avança lentement, examinant les chambres, et trouva finalement Yssaé près du corps d’une domestique. Il avait vraiment envie de tous les étriper le patron. C’était franchement flippant. Mais bon, ils étaient pas à ça près, et puis il était gentil avec notre voleur ! Hein, il était gentil. Bref. Maintenant, Oskar avait le visage découvert, bon à la limite on s’en fiche, mais Yssaé pouvait voir à quel point il était fatigué de cette soirée. Le pauvre gars était à bout de souffle, blessé, mais pas autant que son patron qui avait le visage ravagé par ses combats. Ça arracha un sourire à Oskar qui se permit une petite moquerie pour relativiser.

- Eh bah… moi qui me plaignait de mes bleus, quand je vous vois je me sens chanceux, patron. Bon maintenant, on fait quoi ? Vous savez où ils sont, les mômes et leur môman ?


Félicitations, mollusque ! T'as lu mon post jusqu'au bout !
Pour ta peine, tiens, c'est un rat mort. Je l'ai appelé Henry.
C'est sympa comme nom ça, Henry.
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Yssaé
Sam 6 Jan - 20:37
résumé rapide :
 


0035, heure militaire, 18 minutes avant arrivée du brik

    Son attention était presque touchante. Le brik arrivait d’ici minimum 8 minutes, selon les calculs d’Yssaé. Son cerveau était en bouillie, à force de trop réfléchir, et d’être soumis à trop d’action. Et la douleur ne faisait rien pour arranger les choses. Elle troublait son jugement.
    « On va… On va prendre une petite pause, un instant. Vous avez les documents ? Non ? Ah, son adresse, ça ira aussi, merci beaucoup, vous êtes, vous… Je dois m’asseoir deux minutes, Venez. »
    Oskar fut attrapé par le bras et forcé de s’asseoir sur un canapé. De son sac, Yssaé sortit des rations militaires et du café. Rien de tout cela n’était bon, c’était même tellement ignoble qu’il fallait tremper les biscuits durs comme la pierre dans les tasses de café froid pour parvenir à les avaler. Mais au moins, ça requinquait. Cinq minutes de pause n’étaient pas de trop.
    Alors qu’ils mangeaient en silence, Yssaé plongea son regard dans le visage de son associé, qui mâchait un biscuit. C’était étrange. Il paraissait presque mignon, à faire attention à son torse endolori et à passer outre sa fatigue. Voir ainsi Oskar faire preuve d’une si belle résistance et fidélité donna envie à Yssaé de se montrer digue d’une telle confiance. Sa main frôla celle de son subordonné, puis la saisit pleinement.
    « Merci. J’espère que vous vous en sortirez. J’ai besoin de vous pour une dernière chose. J’ai la quasi-certitude qu’un dirigeable va venir récupérer Halkéfiti. Cette catin. Elle ne doit pas… Pas en réchapper. Un tir. Il me faudra un seul tir. Et tout sera fini. »

    Alors qu’ils se restauraient, Yssaé avait mis sur pied son plan. Il lui faudrait escalader par l’extérieur, s’accrocher à la rambarde du tout pour ne pas glisser, et laissant juste dépasser sa tête et son arbalète, décocher un seul tir. Un seul. Puis tout serait fini. Il n’y aurait plus qu’à s’occuper du dirigeable, mais une fois le toit nettoyé, ce serait tout à fait envisageable.
    « Voilà votre mission. Je vais aller sur le toit pour tuer Halkéfiti. Vous, je veux que vous prépariez les escaliers. Je m’explique. Allez chercher de l’alcool, badigeonnez le couloir du quatrième, bloquez toute les issues vers de troisième. Ainsi, quand après mon tir les gardes voudront ma peau et descendront, ils seront bloqués par les flammes. Ils remonteront sur le toit, et nous pourrons partir. »
    Bien sûr, dans l’idée, ce plan ne tuerait personne de plus. Mais en réalité, Yssaé avait bien entendu l’intention de bloquer la porte du toit derrière les gardes et ainsi les faire tous suffoquer. Mais ça. Oskar n’avait pas à le savoir.

    « Dès que vous aurez rempli ces préparatifs, allez à cette adresse, présentez ces papiers aux gardes et demandez à me voir. Demandez le commandant Yssaé. Oui, je sais, ça n’a l’air d’avoir aucun sens comme ça, mais faites-moi confiance. Vous remettrez ceci à ma doublure. »
    Oskar reçut une lettre scellée et une adresse, celle d’Abadul Azedrul, un homme d’affaire qui vivait non loin. Le mot portait la signature d’Yssaé, ce qui servirait de laisser-passer.
    « Détruisez ce mot dès que vous y serez. Quand ce sera fait,je n’aurai plus besoin de vous, et on se retrouvera pour le paiement demain. Merci pour tout, encore. La nation a une grande dette envers vous. »

    Et Yssaé commença ses propres préparatifs, au moyen de cordes solides utilisées pour les rideaux. Ils consistaient simplement en un baudrier qui lui permettrait de glisser rapidement le long de la corde, qui fut accrochée au garde-fou après une petite escalade de balcon. Notons aussi que quatre carreaux de son arbalète de poing virent leur pointe remplacée par des pointes assommantes, produites en emmitouflant la pointe dans d’épais tissus noués par de la corde. Le tir ferait l’effet d’un coup de gant de boxe, suffisant pour assommer un homme si tiré à courte portée.
    Le toit était une surface plane, avec uniquement la cheminée et l’entrée de l’escalier qui rompaient cette monotonie, ainsi que les garde-fous.  Il était toutefois légèrement en pente, pour faire ruisseler l’eau dans les gouttières sans qu’elle ne stagne. La gouverneur et sa famille attendaient au milieu du V qui formait le bâtiment. Yssaé avait escaladé depuis la cour intérieure, et se retrouvait de fait derrière la cage d’escalier, hors de vue.
    Un garde en armure assistée. Et galère. Il n’était pas sensé en avoir un. Mais pas le temps de s’interroger sur sa présence. Encore un changement de plan. Yssaé avait le droit à un seul tir.

    Inspiration. Lente expiration. Concentration. Visualisation de la cible. Sa tête était découverte. La lampe permettait un contre-jour qui mettait en évidence les contours du garde. Un tir à dix mètres sur une cible immobile. Facile. Facile. Si seulement elle voulait bien tourner sa tête pour ne pas être de dos. Yssaé attendit, simulant en boucle le tir dans sa tête, corrigeant par d’imperceptibles mouvements son geste. Le brik aurait déjà dû être là, selon l’estimation minimale d’Yssaé. Et rien n’indiquait sa présence. Un sursis. Excellent.
    Yssaé tenta une manœuvre risquée. Il fallait absolument que ce garde tourne la tête.

    Un sifflement. Léger, mais suffisant pour qu’il soit entendu par le garde, et pour qu’il tourne la tête en direction d’Yssaé. Il n’y avait là rien d’autre que le noir nocturne, renforcé encore par les nuages qui promettaient un temps humide et pluvieux. Yssaé tira. Le carreau entra dans la bouche du garde, lui explosa la mâchoire et sortit par la nuque. Magnifique tir. Yssaé manqua de chanceler tant la pression avait été grande.
    Halkéfiti poussa un cri en voyant son garde tomber. Pas un second, car elle prit un carreau assommant en pleine tête. Elle, puis les deux enfants. Les derniers domestiques survivants furent massacrés sans ménagement à l’arme blanche.
    Yssaé avança pour voir les victimes de ses tirs, qui elles ne l’avaient pas vu. Halkéfiti était encore consciente. Elle avait récupéré pendant le combat contre les domestiques. Elle attrapa le pistolet de cuisse du garde, et tira sur Yssaé, dans la jambe. La balle traversa le mollet et vint se ficher dans la porte de l’escalier.
    « Ouh alors, toi, toi, oui toi… »
    Esquivant un autre tir dans sa chute, Yssaé se jeta sur le côté, envoya un violent coup dans la main d’Halkéfiti qui tenait l’arme, puis se jeta sur son visage, pour le rouer de coups, et au final lui planter un carreau pointu en pleine gorge.

    C’était fait.
    Mais pas le temps de s’effondrer. Yssaé rabibocha sa plaie en chauffant à blanc une pointe de carreau et en la cautérisant à la dure, tout en mordant sa manche pour ne pas hurler. Puis il ramassa ses carreaux qui traînaient, planta une pointe de flèche mÿ’trane dans la plaie de Halkéfiti et celle du garde, attrapa la nourrice et la balança dans le feu qui sévissait dans l’escalier en bas.
    Soulagement. Son dernier acte fut de prendre les vêtements des enfants, de les souiller de sang et de les laisser traîner çà et là. Parfait. Parfait.
    Il ne lui restait plus qu’à descendre. Les enfants accrochés à lui comme des sacs à patate, Yssaé descendit en rappel, manquant à plusieurs reprises de se vautrer. Une fois sur le balcon, entouré de l’odeur des flammes, un soupir profond put conclure sa mission. Il ne restait plus qu’un dernier acte à faire, et la pièce était jouée. Lentement, Yssaé emmena les enfants dans leur chambre. Là, il les habilla en silence. Il ne lui restait plus qu’à attendre le signal de Gwen.


0048, heure militaire, 5 minutes avant arrivée du brik

Khugatsaa
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Lun 8 Jan - 21:49
Irys : 114977
Administrateur
Telle n'était pas le destin d'Yssaé. Le coup de matraque avait été plus violent que ce que le commandant l'avait estimé, et sa vision, sa conscience comme sa perception de la situation avait été altérée. Son plan semblait logique en tout point, mais comme il allait l'apprendre à ses dépends, le stress de la situation lui avait fait omettre un certain nombre de détails, des détails important. L'hôtel, à la fois réputé et placé au cœur de la capitale daënar, préside des avenues particulièrement fréquentées qui permettent aux secours, jamais très loin, d'intervenir rapidement. Alors qu'il était en train d'expliquer sa future manœuvre à son collègue d'infortune, les soldats du feu, les autorités locales et la presse commençait dors et déjà à s'agglutiner autour du bâtiment enfumé. Armées de lance à incendie, les soldats entamèrent les procédures de lutte contre le feu tandis que les forces de l'ordre se chargeaient d'évacuer les civils.

Très rapidement, l'hypothèse de l'accident fut mise de côté puisque certains confièrent aux autorités qu'ils leur semblaient avoir vu des cadavres. En parallèle, des projecteurs furent tournés vers les façades de l'immeuble dans l'espoir de repérer des individus pris au piège, afin de les évacuer avec des échelles. L'hôtel était encerclé et lorsque le commandant arriva derrière sa cage d'escalier, une échelle était dors et déjà en train d'être déployée afin d'évacuer la gouverneur et ses enfants.

Yssaé, en position de tir depuis sa cachette, comptais sur le contre-jour des lumières pour mieux viser. Mais si de là où il était, les contours du garde d'élite étaient clair, cela signifiait également que le peu d'élément qu'Yssaé avait à découvert étaient parfaitement visibles par les protagonistes qui lui faisaient face. Et ce fut un imperceptible mouvement qui fit réagir Halkéfiti.


- Attention derrière-toi !

Le tir du commandant parti, et frôla la joue de Rose qui se retourna instantanément, s'interposa entre sa protégée et l'individu et enfila son casque.

- Baissez-vous madame, et préparez-vous à l'utiliser !

Sereine et confiante dans les capacités de sa protectrice, la gouverneur tandis l'un de ses bras devant elle et l'autre s'agrippa à ce qui semblait être un bracelet. Son jeune fils, en pleur, se cachait derrière sa mère en essayant de chercher un peu de réconfort, qu'il ne trouva pas. Halkéfiti quant à elle confia à ses domestiques :

- Tous derrière-moi ! Samuël, essaie de dire au soldat qui est sur l'échelle qu'on a un criminel avec nous sur le toit !

L'employé s’exécuta, tandis que Rose s’apprêtait dors et déjà à se ruer sur sa cible. Les jambières de son armure se mirent en marche, ses genoux se plièrent et d'une impulsion elle franchit la distance qui la séparait du commandant, quelle accueillit avec un prodigieux coup de poing dans l'estomac qui eut pour effet immédiat de le faire vomir. Mais il était hors de question quelle le laisse reprendre du poil de la bête. Un balayage plus tard, elle se pencha sur lui et lui offrit un violent coup de tête, tachant son casque du sang de l'assassin. Sonné, elle en profita pour le désarmer avant de conclure en l'attrapant par la jambe et en le trainant jusque devant la gouverneur, lui enserrant les poignets et le forçant à se mettre à genou.

- Madame, connaissez-vous cet individu ?

Halkéfiti dévisagea Yssaé, mais son visage ne lui disait rien. En revanche, l'un de ses domestiques intervint.

- Je ... je l'ai déjà vu moi. C'était à l'époque où le littoral était encore infesté de pirate, il a aidé à nous en débarrasser ! On a vu sa tête et celle d'autres types dans les journaux pendant des semaines !

- L'armée ? Un traitre ! accusa la gouverneur, outrée. Vous n'avez donc aucun honneur pour vous en prendre ainsi à votre patrie ? Vous devrez répondre de vos crimes my'trän khüu ! Comment s'appelle celui qui a essayé d'attenter à la vie de mes enfants ?

- Répond-lui ... répond-lui ! menaça la garde d'élite en donnant un coup de pied dans les côtes de son otage.

- Tss, nous n'avons plus le temps pour ça ! Que ce chien meurt dans la merde qu'il a causé.

Rose traina l'individu jusque dans l'entrée de la cage d'escalier, où elle jeta Yssaé en bas de ces-dernier avant de refermer et bloquer la porte menant au toit. Le soldat du feu quant à lui arriva au bout de sa rapide ascension et commença par évacuer la gouverneur, malgré ses protestations pour que l'on protège d'abord ses enfants. Afin d'obtenir son consentement, Rose saisi chacun des deux enfants, et devant les regards d'effroi des domestiques, sauta dans le vide, atterrissant sans égratignures une dizaine de mètres plus bas, les prouesses technologiques de son armures ayant amorti l'impact, bien qu'extrêmement couteuse en énergie. Seuls restaient les domestiques sur le toit, qui furent évacués un à un par l'échelle traditionnelle, tandis que la famille fut immédiatement conduite au siège de l'U.N.E. afin de témoigner et informer les dirigeants que des traitres avaient attenté à sa vie.
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Oskar Medcalfer
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Jeu 25 Jan - 18:01
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Profession : Voleur
Guilde +1 (homme)
Et le patron du coup ? Plus sec qu’un biscuit de l’armée ! Et Oskar en savait quelque chose maintenant, vu qu’Yssaé réclamait une pause dans leur p’tite affaire de meurtre. Le voleur dirait pas non, ça c’est sûr ! Enfin bon, on repassera sur la bouffe servie. Des espèces de gâteaux affreux qu’on est même pas sûr que les punks à chien qui ont plus de chiens que de dents pourraient les manger. Les deux compères s’assirent sur un des canapés en velours du couloir. Au moins, leurs culs profitaient d’une bien bonne assise pendant que leurs bouches vivaient un vrai enfer. Un mélange unique de saveurs. A la fois amer et fade, gluant et sec comme le désert. Y’avait rien de plus chaotique et mauvais que ce qu’il se passait dans l’estomac d’Oskar. Ah, on a peut-être un candidat ! Alors qu’il se concentrait pour pas dégobiller, Pattes-de-Velours senti qu’on lui attrapait la main, par réflexe il essaya de la retirer, avant de se rendre compte de qui c’était au bout du fil.

- P… patron ?


Il en croyait pas ses mirettes, le gonze ! Le gars en face de lui venait de tuer de sang-froid la moitié de la population de cet hôtel, et maintenant il lui prenait la main et lui chuchotait des douceurs ! Par tous les pirates d’Aildor, ce mec était vraiment l’incarnation du glauque ! Il balbutiait la dernière partie de son plan alors qu’Oskar lui lançait de ces yeux ! Des assiettes ! Ils avaient triplés de volume ! Il avait renoncé à retirer sa main par contre, qui sait si Yssaé essayerait pas de repartir avec. Au moins, le voleur était rassuré comme ça. C’était fini ! Il aurait plus qu’à foutre le feu et il pourrait repartir d’où il est venu, à savoir le monde merveilleux des simples cambriolages ! On le reprendrait pas à essayer de tuer un gouverneur, tenez-vous là pour dit ! Mais bref, maintenant qu’Yssaé était parti, Oskar avait cinq minutes pour calmer son palpitant qui venait de frôler la frontière entre la vitesse lumière et l’arrêt total.

Qu’est-ce qu’il venait de s’passer là ? Le patron lui avait vraiment pris la main ? Putain, on aurait dit une pucelle qui se pâme devant un Roméo en queue-de-pie ! Quelle horreur, mais quelle horreur… Dès qu’il trouverait de l’alcool, la première chose qu’il ferait, Pattes-de-Velours, ça serait d’abord de se rincer la main, puis de se rincer le gosier, et enfin il utiliserait ce qu’il reste pour allumer son barbecue. Mais franchement, il prendrait bien une demi-bouteille pour redevenir tranquille. Enfin, il s’agissait dans trouver, de l’alcool, et un bien fort qui puisse faire flamber comme il faut. Après, il avait cru voir une petite réserve dans le bureau d’Halkétruc. Vous savez ! Ces petites cachoteries remplies de breuvages bien forts pour faire oublier à quel point faire de la politique ça vous détruisait la tête. Aller ! C’est l’heure de redescendre !

En bas des escaliers, Oskar put admirer le merveilleux travail du feu qui commençait à envahir le premier, et donc le deuxième baignait dans la fumée. Pas grave, le placard était au niveau du sol de toute façon. Le garçon utilisa la poignée de son couteau pour casser la vitre et récupérer une bouteille remplie d’alcool transparent. Et vous savez ce qu’on dit, plus ça ressemble à de l’eau, plus c’en est loin ! Avec ça il allumerait un petit feu sans problèmes. Il récupéra les allumettes posées sur le bureau du gouverneur, à côté de ses cigarettes de bonne femme, et en avant Guingan ! Il s’éclipsa bien vite de cet étage gavé de fumée, et commença sa besogne. Le bouchon de liège s’arracha bien vite avec les dents du bonhomme, il avala la première gorgée, la meilleure, et pendant que sa gorge s’amusait à hurler en quatre langues différentes, le voleur versa le reste sur le sol devant l’escalier. Il se garda une dernière petite gorgée quand même, faut pas déconner, et il dégaina l’allumette. Sauf qu’à ce moment-là, il entendit taper à la porte. La main sur son couteau, il se risqua à ouvrir et vit le pauvre patron sortir, aussi pâle qu’un putain de revenant et avec au moins autant de sang qui manque. Ouah ! Ils l’avaient pas loupés là-haut ! Mais ça voulait dire que la big boss avait survécu, forcément !

Pattes-de-Velours, je vous le cache pas, il se mit à paniquer ! Imaginez s’ils redescendaient, ces cons-là, pour finir le travail ! Le pauvre manqua un peu de courtoisie quand il attrapa le bras d’Yssaé pour le relever. Et vu sa tronche, mieux valait pas lui faire remarquer d’ailleurs.

- ‘tin… bordel ! Aller, dégagez ! Courez ! Descendez et passez par la fenêtre du bureau, elle donne sur les toits des immeubles à côté. Dégagez, vite !

Il lâcha son bras, limite en le poussant vers la sortie de secours, et lâcha un grognement en craquant l’allumette avant de la jeter sur le sol. Tout ça pour des prunes. Nan, on le reprendra pas à se mettre au service d’un illuminé pareil. Lui aussi s’en alla en courant, sûrement plus vite que le patron d’ailleurs. Il ouvrit l’une des fenêtres et aperçut en contrebas le balcon avec son butin. Il repartirait pas sans, foi de voleur ! Il fit un saut risqué, mais réussi, et attrapa les barres d’un escalier en métal qui grimpait jusqu’au toit. Se hissant dessus, il longea le toit accroupi. En bas, c’était la fête. Les pompiers se ramenaient pour calmer le feu, mais heureusement la rue étroite le protégeait des regards pas assez discrets. Une fois au-dessus de sa cible, il se laissa pendre au-dessus du balcon et lâcha prise. Il récupéra sa capuche maquillée en hotte et remonta en haut du toit en la hissant comme un força. La vache ! Enfin c’était fini ! Il reviendrait pas de suite en ville, ça c’est sûr !

Les muscles en compote, le visage recouvert de poussière et de cendre, il partit loin de cet hôtel de taré pour cacher son butin. Fallait encore qu’il donne son p’tit mot là, mais ce serait de la rigolade pure et simple comparé à ce schmilblick de dingue. Enfin, il pourrait au moins assumer une victoire aujourd’hui. Il venait de cambrioler les possessions du gouverneur d’Alexandria ! Un fait d’arme qui le rendrait célèbre chez les Danseurs, pour sûr ! C’était au moins ça de pris, mais ouais, il veillerait à qui il se vend la prochaine fois, ça aussi c’était sûr !


Félicitations, mollusque ! T'as lu mon post jusqu'au bout !
Pour ta peine, tiens, c'est un rat mort. Je l'ai appelé Henry.
C'est sympa comme nom ça, Henry.
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Yssaé
Lun 19 Fév - 0:50
On commençait à suffoquer, dans le bâtiment. Yssaé avait attendu assez longtemps sa doublure au bal. On ne pouvait pas vraiment lui en vouloir de refuser de s’infiltrer dans un bâtiment en flammes. Si elle s’était contentée de faire son travail, c’était déjà suffisant. Pas le temps de penser à l’échec de la mission ; sortir était une préoccupation autrement plus importante.
    La cours intérieure commençait déjà à être investie par des pompiers, et toute la façade donnant sur la rue était dans leur ligne de vue. Il faudrait utiliser d’autres chemins. Et pour cela, un peu d’escalade serait nécessaire.
    Yssaé se dirigea vers les fenêtres qui donnaient sur la cour intérieure. Les hommes en bas étaient occupés à enfoncer la porte qui menait à la cave, ce fut donc assez facile de balancer une corde accrochée à un grappin de fortune fait d’un chandelier pour agripper le rebord du toit. Une fois à nouveau au sommet du bâtiment, Yssaé put jauger un peu mieux la situation. Il lui fallait descendre, et se rendre à son point de rendez-vous. Cela n’allait pas être foncièrement difficile, vu que les canons de l’urbanisme classique alexandriote faisait que tous les toits étaient à peu près à la même hauteur. Accéder à une trappe de l’immeuble d’à côté, puis descendre les escaliers et se retrouver dans la rue l’air de rien fut assez aisé.

    Yssaé avait bien pris soin de détruire tout ce qui pourrait poser problème et de placer des preuves de son innocence, en répandant de menus objets my’trans qu’on découvrirait parmi les cendres. La seule personne qui pouvait se douter de quoi que ce soit, c’était le garde de Halkéfiti. Elle prétendait l’avoir vu. Impensable. Yssaé s’en serait souvenu. Et son alibi au bal était de toutes façon inattaquable.
    restait contrariant d’avoir ainsi échoué, mais dans le fond, ce n’était pas si grave. L’important était d’instiller la peur, de faire croire qu’il y avait une menace, et en l’occurrence, les gens allaient y croire. Qui sait. Cet attentat contre sa vie allait peut-être même forcer le gouverneur à renforcer la sécurité et les crédits alloués à l’armée. Ce serait une charmante ironie.
    Le noir et la précipitation que provoquait l’incendie joua pour Yssaé qui put retourner au point de rendez-vous sans problème.

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