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Chroniques d'Irydaë
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 Question d'habitudes

Astère Dewlenn
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Sam 9 Déc - 20:14
Irys : 74989
Profession : precepteur itinerant
My'trän +1
RP flashback - Aurore - Mois de Mai de l'an 930

Comme souvent à cette période de l'année, le temps était particulièrement clément avec les voyageurs. Il faisait bon, ni sec, ni humide, ni trop froid, ni trop chaud. Le soleil à son zénith baignait les voyageurs dans sa lumière et se reflétait dans l'onde de la rivière toute proche.
Le chant des oiseaux et leurs danses célestes berçaient le jeune précepteur qui rêvassait sur sa monture, l'invitant à contempler les merveilles de la nature plus qu'à se soucier de la ville dans laquelle il allait bientôt faire halte.
Erléhan ne l'avait jamais vraiment emmené en ville, il les évitait autant qu'il le pouvait, les prétextant bruyantes, animées de manière déraisonnable et surtout impersonnelles. Il trouvait les clans nomades beaucoup plus chaleureux. Mais lorsqu'Astère avait dû prendre son indépendance, l'année de ses vingt-deux ans, il avait décidé de laisser libre-court sa curiosité et d'aller voir par lui-même. Et comme il passait non loin de Darga, il avait voulu y faire une petite visite. Il se souvenait encore très clairement des divers sentiments qui avaient durement batailler en lui devant cette découverte. Rien qu'en y repensant, il se sentait frissonner de tout son corps.

La ville avait été aussi attrayante qu'effrayante pour le jeune homme. Son architecture, ses différents quartiers, et toutes ces personnes qui se croisaient et se recroisaient encore et encore jusqu'à en avoir le tournis... Il avait fait un petit tour par les quartiers marchands, admirant alors des splendeurs diverses et variées, nourrissant sa curiosité, espérant atteindre la satiété... Mais plus il avançait, plus il questionnait, plus il se documentait, plus il voulait savoir. Il avait besoin de savoir. Pourtant il s'était senti mal à être constamment sur ses gardes et une seule journée passée dans les rues de la capitale Myträn l'avait vidé de toutes ses forces. Alors que le soleil s'inclinait lentement fasse à la nuit, il avait enfin décidé de ressortir.
Admirant alors la cité dans le soleil couchant, dans le calme tout relatif des environs, il avait prit quelques minutes pour retrouver son calme habituelle. Il avait rejoint Cendre et Kin qu'il avait laissé tranquille à l'extérieur et avait décidé de camper quelque part aux alentours.
Il avait chevauché silencieusement, somnolant presque sur sa selle, laissant sa monture décider pour lui du chemin qu'ils devaient tous les trois prendre. C'était peu avant la nuit qu'ils étaient tombés sur le village d'Aurore.
Il se faisait tard et pourtant les habitants du village s'était montré accueillant. Apparemment, bien que la capitale fut toute proche, peu de précepteur acceptait de se déplacer pour enseigner aux enfants des habitants. Ils lui avaient offert le souper, un toit sous lequel dormir ainsi qu'un enclot plein d'une belle herbe tendre pour sa jument.

C'était chez Aurore qu'il avait séjourné. Et depuis, chaque année à la même période, il revenait dans le petit village d'Enetari. C'était la troisième année consécutive qu'il se présentait à leurs portes et comme à leurs habitudes les villageois l’accueillirent avec chaleur et familiarité. Si ce comportement l'avait pris au dépourvu la première année, il s'y était à présent habitué. Et ce lieu était l'un de ceux où il préférait enseigner et séjourné.
Pour remercier la famille Seraphon de leur hospitalité, il ne venait jamais les mains vides. Parfois il leur ramenait quelque chose d'utile et parfois, comme cette année là, il se contentait de quelque chose de plus personnel. Dans ses bagages il avait glissé deux petites statuettes qu'il avait acheté dans une autre tribu sur sa route : l'une représentait Amisgal et l'autre Khugatsaa. Car il savait que c'était vers ces deux architectes qu'allait la foi de son amie.
Amie. Le mot était étrange mais il n'en trouvait pas d'autre pour désigner le lien qui les unissait. Malgré leurs nombreuses différences, il appréciait vraiment la jeune fille et le temps qu'ils passaient ensemble. Il lui semblait que c'était ainsi que se tissait une amitié, non ?

Cendre s'arrêta devant la maison en soupirant et son cavalier mit pied à terre. Qu'allait donc lui réserver ce nouveau séjour ? Il savait que la vie était parfois aussi étonnante qu'épanouissante. Et surtout qu'elle pouvait se révéler pleine de surprises...


Astère ~ Kin ~ Cendre
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Aurore Seraphon
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Dim 10 Déc - 23:50
Irys : 938007
Profession : Agriculture/Chasse
My'trän +2 ~ Khurmag
Aurore avait passé une journée plutôt agréable, commune, sans mauvaise surprise. Les animaux avaient pu se remplir le ventre toute la journée dans le parc, l’herbe était verte, croquante sous la dent, parfaite en soi. Le marché de la grande ville n’avait pas rencontré un succès fou, mais les ventes avaient été suffisamment nombreuses pour permettre à la famille de continuer à vivre de leurs cultures sans trop se soucier de l’avenir. Il fallait bien avouer que l’alimentation n’était pas quelque chose d’insignifiant, c’était un besoin nécessaire pour tous. Quoi qu’il en soit, Aurore semblait de bonne humeur, de très bonne humeur, aujourd’hui était un jour particulier, elle allait retrouver un ami, le précepteur du village. Chaque année, à la même période le jeune homme venait réaliser l’apprentissage des enfants du village, aujourd’hui était donc le jour de son arrivée. La rouquine était rentrée plus tôt, histoire de ne pas louper la venue d’Astère et de sa fidèle monture. Passant la porte de l’habitation, la jeune femme enjouée avait laissé son regard se perdre dans la pièce principale, cherchant la silhouette masculine du regard sans pour autant la trouver.

- « Il n’est pas encore arrivé ? »

Un rire du paternel installé sur le canapé se fit entendre, honnête sincère, alors qu’il avisait une nouvelle fois le crépitement de la cheminé où les légumes étaient encore en train de cuir dans la marmite. Un soupçon de déception dans le regard, la rousse s’était laissé tomber sur une chaise, tirant jusqu’à elle la casserole d’eau encore chaude, elle déversa un peu du contenu dans une tasse y ajouta quelques plantes, puis avala une longue gorgée. Patientant gentiment, ou plutôt faisant passer le temps. Aure avait parfaitement conscience que cette année l’homme ne resterait pas longtemps dans la petite ville de Enetari, les naissances n’avaient pas été nombreuses et les enfants en âge de recevoir une éducation ne s’élevaient qu’au nombre de cinq.

- « Tu sais qu’il ne restera pas longtemps n’est-ce pas ? »
- « Oui, je sais, je vais l’informer du nombre d’enfants une fois qu’il est là. De toute façon, il va bien devoir éduquer ceux qui sont en âge. »
- « Tu devrais en profiter pour lui faire visiter les endroits agréables qu’il n’a pas forcement l’occasion. »
- « Bonne idée »

La rouquine s’était redressée, afin d’aller remuer les légumes dans la marmite qui n’attendaient plus que d’être dégustés. Aurore, elle, n’avait pas grand-chose de particulier à faire, hormis réceptionner le voyageur, curieuse d’écouter les éléments qu’ils avaient pu découvrir en partageant son savoir auprès des plus jeunes. Des bruits significatifs avaient fini par se faire entendre et c’est une Aure tout aussi joyeuse qui avait fini par sortir, affichant un large sourire sur ses lèvres en découvrant l’hôte de quelques semaines.

- « Bonjour, Astère » dit-elle simplement « Je vais t’ouvrir la porte du parc pour ta monture, tu connais le chemin »

Descendant les quelques marches menant à l’herbe bien verte, la rouquine accompagna la parole d’un petit geste de la main. Passant devant la monture qu’elle gratifia d’une caresse, avant d’accélérer le pas, pour ouvrir la petite barrière en bois menant au parc, mais aussi à l’abri. Avec la météo clémente de la saison, la jeune femme ne jugeait pas nécessaire d’enfermer complètement les montures, les animaux appréciaient généralement la liberté et le fait de pouvoir sortir ou rester en sécurité selon leur envie et le tout, sans risquer le moindre danger.

- « Tu as fait bonne route, j’espère ? Je t’attendais un peu plus tôt. »

Des questions comme souvent, certainement identique à ceux qu’elle avait posés l’année précédente, cependant loin de trouver cela étrange, la jeune femme le prenait plutôt comme un rituel qu’il ne fallait pas changer. L’homme n’avait jamais été réellement un grand bavard et Aure se sentait parfois dans l’obligation de faire la conversation, peut-être qu’au fond, elle appréciait ses silences et sa compagnie. La rouquine attendait sagement que l’homme termine de descendre de sa monture afin de la rejoindre, elle avait fermé la barrière derrière eux, prenant la direction de la demeure.

- « Je suis contente de te revoir, surtout que je pense que nous allons avoir un peu de temps pour visiter, ou faire ce que tu as envie… Tu dois t’en douter, mais il n’y a que cinq enfants en âge de recevoir tes apprentissages. »

Aurore remontait doucement les marches de l’habitation, poussant la porte. Son père était toujours confortablement installé dans le fauteuil ancien, surveillant le crépitement du feu et de la marmite en terre cuite qui contenait viande et légume. Laissant le précepteur entrer en premier, la jeune femme avait refermé la porte juste derrière eux.

- « Je ne fais plus les présentations. »
- « Bonjour p’tit jeune, content de te revoir. » Avait-il simplement dit sans se déplacer de son assise.
- « Je t’aide à monter tes affaires jusqu’à la chambre ? Tu connais la maison. »

D’un signe de tête elle indiqua les marches menant à l’étage, nul doute qui se souviendrait que la chambre d’ami était la pièce au fond à gauche, juste à côté de la salle d’eau, en face de la chambre de la rousse. Montant les marches finalement en première, l’aidant dans le transport de ses affaires si nécessaire, Aure avait de nouveau ouvert ladite porte pour dévoiler une chambre d’amie modeste, mais agréable. La jeune femme avisa un instant son interlocuteur, s’imprégnant du regard sa silhouette, qu’elle était finalement heureuse de retrouver.

- « Tu as la salle d’eau si tu veux te rafraîchir un peu ? J’espère que tu n’es pas trop fatigué ? »

Spoiler:
 



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Aurore s'exprime en #ff9999
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Astère Dewlenn
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Jeu 14 Déc - 20:41
Irys : 74989
Profession : precepteur itinerant
My'trän +1
Il avait à peine eu le temps de mettre pied à terre qu'Aurore avait déjà franchi le seuil de sa maison, débordante d'une joie vibrante qui mettait du baume au cœur. Le jeune homme aimait ce sourire qui illuminait le visage pâle et le bonheur simple de leurs retrouvailles. Il se sentait bien en sa compagnie, détendu, calme, serein. C'était rarement le cas.
Il le cachait bien mais souvent il se méfiait des autres êtres humains. Sauf des enfants qui, bien que parfois cruels car toujours francs, étaient plus naïfs et innocents, encore vierges des différents maux que la vie pouvait réserver aux adultes. Ils regardaient le monde avec un regard neuf et brillant, rêvaient de leur vie future où tout semblait possible et rien ne pourrait les arrêter. L'avenir ne leur paraissait jamais sombre ou funeste.
Mais les enfants finissaient toujours pas grandir et devenir adulte. Alors pour les préparer à affronter l'avenir, Astère mettait tout en œuvre pour leur apporter les clés et les éléments dont ils auraient besoin. Et puis il savait que parfois, le futur pouvait être riche en souvenirs heureux. Tout n'était pas sombre autour de lui, bien au contraire !
Il répondit au sourire d'Aurore par un doux sourire, un peu timide, propre à lui-même, mais les yeux pétillants de joie et de malice.

"Bonjour Aurore, je suis content de te voir, comment vas-tu en cette nouvelle année de paix ?"

Il n'avait pas suivi Aurore immédiatement, préférant d'abord desseller Cendre et la délester de toutes ses affaires. Ils avaient marché longtemps, sans forcer l'allure malgré l'impatience du my'trän d'arriver à destination, si bien que le poil de la jument était sec et qu'un bouchonnage n'était pas nécessaire.
Débarrassée de tout le bric-à-brac qui encombrait son dos un peu plus tôt, elle s'ébroua gaiement et une fois sa bride en corde retirée, elle emprunta d'elle-même le chemin ouvert par la jeune fille, son cavalier chargé de son fardeau à sa suite. Elle gratifia la rousse d'un léger coup de tête dans son épaule en remerciement puis elle prit le galop pour rejoindre les montures des Seraphon qui venaient à sa rencontre. Les autres bêtes, quant à elles, se contentèrent de regarder passer la furie sombre en ruminant tranquillement.
Il l'observa, son caractère de cochon refaisant rapidement surface lorsqu'un cheval bai, certainement le dominant du troupeau, chercha à la soumettre à son autorité et qu'elle lui rentra dedans sans aucune forme de procès. Il se gratta la tête visiblement embêté et envoya un avertissement mentale à sa jument pour la prévenir qu'il n'était pas question qu'elle blesse un congénère, même par inadvertance. Il fallait qu'elle prenne sur elle, non d'un chien, ils n'étaient que de passage !
Mais il savait aussi que la nature possédait ses propres lois et qu'il ne pouvait pas faire grand chose. Cendre était trop caractérielle pour laisser un autre animal lui marcher sur les sabots, mais il savait aussi qu'elle ne faisait que répondre à la provocation. Une fois que l'autre aurait compris qu'il n'aurait pas le dessus et qu'il fallait la laisser tranquille, tout rentrerait dans l'ordre.
Il se concentra donc sur Aurore car, même s'il venait en premier lieu pour enseigner, il était particulièrement heureux de profiter de sa compagnie.

"Par des temps comme aujourd'hui c'est vraiment très agréable de voyager. J'ai fait une halte imprévu en chemin, je m'excuse pour mon retard. J'espère que cela ne vous dérange en rien, toi et ta famille !"

Il décida de marcher à hauteur de son amie, en direction de la petite maison pittoresque qu'elle habitait. Non loin se trouvait le bâtiment qui servait d'étable et d'écurie. Sa vue lui rappelait la première fois qu'il était venu. On lui avait offert l'hospitalité et il avait remercier avec chaleur les habitants du logis. Il avait partagé leur repas, l'air serein, mais comme à son habitude, tout de même mal à l'aise en compagnie des autres, dans cette situation qui ne lui était pas familière. Il avait essayé de ruser pour dormir avec sa jument, malgré le froid qui sévissait de manière surprenante ce jour là. C'est Aurore qui était venu le chercher et qui l'avait persuadé de venir dormir dans le lit qu'ils lui avaient fait avec bienveillance. Il n'avait pas su quel argument mettre en avant pour rester dans l'écurie.
D'une certaine manière c'était ainsi que leur amitié était née. Si elle n'était pas venu le chercher, s'il ne s'était pas laissé attendrir par l'adolescente, de cinq ans sa cadette, peut-être que cette fois aurait été la seule où il serait venu dans leur village. Car Darga n'était pas loin, et les précepteurs à la ville ne devaient point manquer !

"Ça me fait plaisir aussi, comme tu le sais. Oui en effet, le Gharyn de votre village m'en avait déjà touché quelques mots l'année dernière. C'est ainsi et même s'ils ne sont que cinq ça m'est égal, car ce n'est pas leur nombre le plus important."
Il entra dans la maisonnette, se déchaussa et salua le père d'Aurore avec sa chaleur habituelle, le remerciant une fois encore de bien vouloir l'accueillir chez lui et de leur offrir, à lui et à ces familiers, un foyer confortable où il faisait bon se détendre et se reposer. Les bras chargés de sa selle et de ses sacoches, il refusa cependant de laisser la rouquine en prendre une partie. Il était heureux qu'elle le propose mais tout était en équilibre dans ses bras et il ne voulait pas prendre le risque qu'une des statuettes ne s'échappe et ne tombe.
C'est ce moment précis que Kin choisit de pointer le bout de son nez de sous ses vêtements, s'extirpant agilement pour bondir sur l'épaule d'Aure, venant frotter sa joue contre la sienne, mêlant ses griffes à ses cheveux comme il aimait si bien le faire. C'était sa manière à lui de la saluer et de lui dire qu'il appréciait sa compagnie. Chaque année c'était la même chose, et encore une fois, Astère savait que la jeune femme y laisserait quelques mèches de précieux cheveux, l'aitah étant champion lorsqu'il s'agissait de faire des nœuds dont il était difficile d'extirper ses griffes sans dommage !
Il regarda le haut des escaliers puis la jeune fille à nouveau, hocha la tête doucement puis répondit à ses questions.


"C'est loin d'être une mauvaise idée, je te remercie. Non, j'ai l'habitude de passer mes journées à cheval, il m'en faut plus pour être fatigué. Je vais cependant me rafraichir un peu, je n'en ai pas pour longtemps"

Il monta donc ses affaires, prenant par habitude la direction de la chambre d'ami. Elle était petite mais cela ne dérangeait pas notre ami, pourtant habitué aux grands espaces, préférant souvent dormir à la belle étoile. Il posa selle, sacoches et ses divers effets autres contre le mur dans un coin de la pièce puis il alla se passer un peu d'eau sur le visage. Elle était fraiche mais c'était agréable de se sentir un peu plus propre.
Il décida aussi d'enfiler une tunique propre, ne voulant pas faire affront au repas de ses hôtes en descendant manger dans les odeurs de cheval qui le suivaient partout. Il pensa que c'était aussi le bon moment pour offrir les deux statuettes à l'effigie des Architectes qu'il avait ramené d'un clan des plaines de Zagash.
Redescendant les marches, moins d'une dizaine de minutes après les avoir montées, il se présenta à nouveau devant Aurore et son père. Il tendit les deux statuettes à la rouquine, sans rien dire mais en souriant, attendant sa réaction. Il aimait à la surprendre et c'était la première année qu'il ramenait un cadeau de ce genre.
Les années précédentes ses cadeaux avaient eu un côté utile, de la nourriture ou des matières premières pour confectionner vêtements ou armes, ou encore baume pour soigner les plaies superficiels des animaux de la ferme.
Ce cadeau la était inutile mais il ne doutait pas qu'il serait tout de même apprécier. Du moins l'espérait-il !
Il avait hâte de savoir aussi quels lieux Aure comptait lui faire visiter car jusqu'à présent ils l'avaient pas eu assez de temps libre pour s'éloigner beaucoup du village et le soleil se couchait encore trop tôt pour profiter longtemps de la fin du jour.
Ils attaqueraient bientôt la première partie de l'après-midi et il fallait encore qu'il indique sa présence au gharyn et à son khorog au village. Il avait été tellement impatient de voir sa belle amie qu'il s'était rendu directement chez elle.
Mais il savait que ses cours ne commencerait que demain. Ils avaient donc tous deux presque tout l'après-midi pour commencer à découvrir les plus beaux endroits des alentours.


Astère ~ Kin ~ Cendre
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Aurore Seraphon
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Ven 15 Déc - 21:46
Irys : 938007
Profession : Agriculture/Chasse
My'trän +2 ~ Khurmag
- « Pas la peine de t’excuser, tu es ici chez toi, tu viens et tu pars comme bon te semble. La maison est grande après tout. »

C’était tout, tout ce qu’elle avait jugé intéressant de répondre, tout ce que ça petite voix féminine avait laissé entendre. Aure et sa famille n’avaient jamais réellement était très sévère quant aux horaires, chacun ayant un rythme et des habitudes de vie très différentes. Affichant un léger sourire, les mains dans les poches de son pantalon en tissu plutôt léger, la jeune femme avançait lentement, cherchant à capter l’instant, à savourer des retrouvailles qu’elle attendait chaque année avec ce soupçon d’impatience. Même si Astère l’ignorait, il représentait un certain modèle de vie pour la my’tränne, une escapade solitaire, des voyages réguliers pour ne pas dire omniprésent, que pouvait-on aspirer de mieux pour savourer chaque instant du cycle ? Approchant doucement de la bâtisse, Aurore n’avait pas réellement prêté attention au comportement de Cendre, simplement parce qu’elle avait conscience que celle-ci avait un tempérament plutôt fort. Haussant doucement les épaules, la rouquine avait fini par monter les quelques premières marches de l’habitation, laissant poliment entrer l’hôte en premier avant de fermer la porte derrière eux.

- «  Ce n’est pas la quantité qui compte, mais la qualité c’est ça ? Tu verras demain, mais à mon humble avis un gamin va te donner un peu de fil à retordre… J’ai bien envie de comparer son caractère à celui de Cendre. »

En bas des marches, elle avait laissé les deux hommes converser, échangeant comme souvent les mêmes paroles, les mêmes phrases. Les habitudes avaient quelques choses d’agréables, de rassurant et comme souvent, c’est avec un regard bienveillant que la jeune avisait les deux hommes, tour à tour, avant de rouler des yeux pour indiqués à son père que les taquineries étaient suffisante pour la journée. Astère avait refusé qu’elle l’aide à porter quoi que ce soit et c’était finalement le petit Kin qui était venu ponctuer la montée des marches. S’installant sur son épaule, tricotant dans sa longue et épaisse chevelure rouquine, Aure avait lâché un petit rire, frottant de sa main droite la tête de l’animal.

- «  Dis donc, toi, chaque année c’est la même chose, je mets un temps fou à retirer les nœuds que tu installes dans mes cheveux. » Détaillant un instant son ami, elle avait légèrement froncé les sourcils «  Comme tu veux, on t’attend en bas avec Kin alors ! »

Sans réellement attendre, elle était redescendue, la petite boule de poil dans les bras, qu’elle câlinait avec douceur et affection. Ouvrant un placard, elle avait récupéré un petit sac de friandises qu’elle avait spécifiquement préparé pour le tricoteur de mèches. À peine le paquet en main, que Kin reconnaissant le sac c’était agité pour venir fouiner la tête la première dedans, un nouveau rire s’était échappée des lèvres la my’tränne, alors qu’elle tentait de canaliser l’animal.

- «  Doucement, doucement… »

Le père d’Aurore semblait attendri par l’action, secouant doucement la tête de droite à gauche, alors qu’il soufflait sur sa tasse d’eau chaude. Aurore, elle, avait fini par s’installer sur une chaise, non loin du feu afin de profiter de la chaleur de celui-ci. Sur ses genoux se trouvait Kin, dont la tête n’était plus visible, bien trop occupée à se goinfre de la préparation maison qu’Aure avait préparée. L’homme sur le fauteuil avait fini par se racler la gorge pour attirer l’attention de sa fille, se permettant de la questionner sur ce qu’elle avait prévu

- «  Alors, où est-ce que tu vas l’emmener ? »
- «  Je pensais aller à la crique blanche et manger là-bas… Je ne sais pas si il a déjà eu l’occasion d’y aller et dans profiter. Mais avant, je pense que c’est important qu’il puisse saluer le Gharyn et le Khorog, j’espère qu’il ne vous pas lui tenir la jambe trop longtemps…»
- « Aure !! »
- « J’n’ai rien dit » dit-elle en levant les mains, l’air innocent.

C’est une ambiance légère, qu’Astère avait fini par refaire son apparition, la jeune femme avait redéposé l’animal sur le sol, toujours la tête sans le sac tissé par la rousse. Aurore c’était légèrement approchée du jeune homme, avisant pour commencer les deux statuettes avec un intérêt léger dans le regard, comprenant rapidement de quoi il s’agissait un large sourire avait fini par se dessiner sur ses lèvres. Aure avait récupéré les deux représentations, sautillant légèrement sur place. Elle n’était pas une personne très tactile, pas une personne qui exprimait réellement ce qu’elle ressentait, mais son visage et la profondeur de son regard parlaient largement pour elle.

- «  Elles sont magnifiques, elles viennent d’où ? » demanda-t-elle simplement avant d’ajouter «  Merci beaucoup… Ce n’était vraiment pas nécessaire. »

Faisant un léger geste de la tête, elle l’invitait à s’installer, alors qu’elle servait déjà deux tasses d’eau chaude et plaçait non loin de lui le récipient contenant une multitude de plantes fraîches pour les infusions.  Doucement, Aurore était venue déposer les deux statuettes au-dessus de la cheminée afin que chaque personne passant le seuil de la porte puisse les admirer, le père de la jeune femme n’avait pas tardé à se racler la gorge, conscient que son épouse n’apprécierait guère la présence de Khugatsaa ici. Aure leva doucement les épaules, d’une manière un peu nonchalante, un peu provocante aussi. Aurore contrairement aux autres années, commençait à prendre de l’assurance, à assumer certain de ses choix, y compris le fait d’apprécier Khugatsaa et ceux peu importe l’éducation de ses parents.

- «  Je propose l’exploration de la crique blanche, mais avant ça, je pensais t’emmener voir le Gharyn, afin de lui signifier ta présence… On pourrait prendre quelque chose à manger pour s’alimenter là-bas ? Qu’est-ce que tu en penses ?»

Se pinçant de manière imperceptible la lèvre inférieure, la rousse avait fini par s’installer sur une chaise afin de siroter son infusion qu’elle venait de se préparer. Sa trajectoire était déjà définie dans son esprit, ne restait plus que pour la rouquine d’obtenir la confirmation de son interlocuteur. Si celui-ci était d’accord, elle l’accompagnerait jusqu’au centre du village jusqu’à la demeure du Gharyn.



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Aurore s'exprime en #ff9999
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Astère Dewlenn
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Ven 22 Déc - 20:46
Irys : 74989
Profession : precepteur itinerant
My'trän +1
Kin émettait de petits gazouillis satisfaits sous les caresses et l'attention qu'on lui procurait. Il adorait quand Astère s'arrêtait dans la maison d'Aurore car il y avait toujours pour lui de la tendresse et de succulentes friandises pour s'aiguiser les crocs et se remplir la panse ! D'ailleurs, il ne lui fallut pas longtemps pour plonger la tête la première dans le sac que venait d'ouvrir la rousse, croquant à pleines dents dans les petits gâteaux préparés spécialement pour lui. Cela faisait rire Aurore, c'était un joli son et Astère sourit pour lui-même alors que son esprit et son corps s'unissait de nouveau.
La joie et la gourmandise de son familier avait attisé sa curiosité et il avait fait corps avec lui le temps d'un instant pour comprendre ce qui avait provoqué ces sentiments très forts chez le petit animal. A présent la même pensée résonnait dans son esprit, troublant légèrement sa propre concentration quant à ce qu'il faisait. Il était déjà d'un naturel tête en l'air mais cette situation était typiquement ce qui ne l'aidait pas à s'améliorer !

*Bon ! Bon ! Bon !*

Il secoua légèrement la tête, essayant d'atténuer la répétition lancinante du petit aitah qui criait presque dans son esprit. Il ne pouvait pas lui en vouloir, c'était l'euphorie du moment. Et dans une gourmandise ou deux il serait trop concentré à sa tâche pour penser à envoyer ce message répétitif à son maître.
Finissant d'enfiler ses vêtements à la hâte, les deux statuettes dans les mains, il était à nouveau dans le salon en compagnie des Seraphon et Aurore reposa Kin à terre, la tête de l'animal disparaissant toujours dans le petit sac à présent rejointe par ses deux pattes avants.
La réaction d'Aurore témoignait de sa gratitude et de son plaisir à recevoir ce cadeau très spécial. Son sourire immense faisait chaud au coeur et il n'y avait nul besoin d'étreinte ni même de mots entre eux pour qu'ils se comprennent. Astère n'était d'ailleurs lui-même pas très tactile, et même plutôt maladroit. Les coutumes sociales étaient différentes d'une tribu à une autre et parfois il s'emmêlait les pinceaux ou se trompait. Mais ici, dans cette maison, il se sentait étrangement à sa place. Il n'était pas seulement calme en apparence comme c'était souvent le cas, il se sentait apaisé. Détaché de toute convention sociale. Capable d'être totalement lui-même sans peur et sans jugement.
Il répondit à Aurore par son propre sourire, plus timide, moins expressif mais tout aussi charmant. Puis à sa question ensuite.

"Il y a une tribu nomade qui se déplace non loin des frontières de Suhury en cette période. L'un des leurs est artisan et travail bien le bois. Parfois il sculpte des statuettes pour ses petits enfants et malgré ses mains que l'âge fait trembler, elles sont toujours très belles. Comme tu peux le voir."

Même si Aurore lui signifia qu'un tel présent n'était pas nécessaire, sa réaction était le plus beau des remerciements. Il s'installa dans le fauteuil qu'elle lui désignait, prenant la tasse offerte avec délicatesse avant de l'observer poser les statuettes sur la cheminée. N'importe qui entrant dans la maison ne pouvait ignorer son présent. Il en fut touché autant qu'intimidé. Il connaissait une partie des goûts d'Aurore mais il ne lui semblait pas avoir jamais vu ses parents avoir recours à la magie de Khugatsaa. Il espérait ne pas avoir fait d'erreur. Cependant personne ne le rabroua.
Il fit infuser de la camomille dans son eau avant d'en boire quelques gorgées, savourant le breuvage dont la chaleur irradiait le long de sa gorge et dans son ventre. Toute son attention était concentrée sur Aurore. Kin avait fini de se goinfrer et il s'était roulé en boule sur le sac à présent vide pour une sieste bien méritée !
Il acquiesça à ses propos, appréciant son idée. Il était en effet inévitable qu'il se présente au village pour annoncer sa venue et le commencement des cours dès le lendemain. Il était d'ailleurs curieux de rencontrer cet élève au caractère bien trempée qui faisait de l'ombre à sa jument, d'après les dires d'Aurore.

"C'est une excellente idée. Je n'ai pas encore pris le temps de visiter la Crique, quand bien même sa splendeur est vantée au-delà des frontières de votre région ! Et en effet, il nous faut rencontrer le gharyn avant cela."

*~*

"Bon retour parmi nous, précepteur Dewlenn ! Il me semble que je vous en avais déjà touché deux mots mais cinq enfants seulement sont à votre charge cette année. Les autres sont déjà grands à présent ! Tout cela ne me rajeunit pas, pour sûr !"

Le gharyn du village était bon vivant. Il était de ces hommes simples qu'Astère appréciait particulièrement. Avec lui pas de chichi, pas de longs monologues ni d'interminables discours, ni de présentation de chaque élève un à un avec ses antécédents. Si bien que pour sa plus grande joie et certainement celle de la rouquine qui l'avait accompagné, l'entretien ne dura pas très longtemps. Une quinzaine de minutes tout au plus, histoire d'échanger les banalités d'usage et de s'enquérir de la santé de chacun de ceux qu'Astère connaissait.
Ils quittèrent la demeure du chef du village sous un soleil éclatant quoique légèrement déclinant. L'après-midi était entamé et il devait bien avouer qu'il commençait à avoir faim. Il était grand temps de se diriger vers la crique.

"Ce n'était pas trop long d'attendre j'espère ? Je suis heureux d'avoir un peu de temps libre à passer avec toi cette année ! Travailler c'est bien mais profiter de ceux que l'on apprécie est très important aussi ! D'ailleurs, comment était-ce cette année ? Des choses intéressantes à raconter ?"

Il lui avait emboité le pas dans la direction qu'elle lui avait indiquée et marchait à présent à sa hauteur en observant les alentours d'un air légèrement rêveur. Pour autant il n'avait pas posé la question simplement dans l'idée de faire la conversation, ça non ! Il était tout ouïe quant à la réponse de la jeune fille et même un brin impatient. Sans Kin, sans Cendre et sans personne d'autres qu'eux deux sur le sentier ils étaient totalement seuls. C'était certainement la première fois, l'adepte d'Orshiin ne se séparant, pour ainsi dire, jamais de ses familiers. Mais aujourd'hui ça n'avait pas d'importance. Le Cycle était ce qu'il était et chaque moment passé en compagnie d'une amie était important ! Demain, dans un futur plus ou moins lointain, l'un deux mourrait et oublierait l'autre.
Alors, il ressentait ce besoin de partager des moments de complicité avec ses proches. De se créer d'agréables souvenirs. A moins que ce besoin n'était dû qu'à son amnésie d'enfance ? Mais qu'importait, au fond ? Le moment présent était bien plus important que toutes ses interrogations !
Il avait bien l'attention de profiter pleinement de son séjour. Et la crique blanche, ainsi que le pique-nique d'Aurore, semblait un bon commencement.


Astère ~ Kin ~ Cendre
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Aurore Seraphon
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Mer 27 Déc - 12:39
Irys : 938007
Profession : Agriculture/Chasse
My'trän +2 ~ Khurmag
La rouquine avisait le petit animal s’empiffrer des gâteaux cuisinés spécialement pour lui, rien de trop compliqué à réaliser, que des produits frais du lieu, sans rajout de quoi que ce soit pour lui leur donner bon goût. Le naturel, c’était quelque chose d’important pour la jeune femme qui ne comprenait pas réellement l’envie de bon nombre d’individus de s’enrouler dans de faux semblant. Son attention avait cependant très vite été accaparée par le retour de son ami. Ses deux prunelles vertes s’étaient immédiatement déposées sur la silhouette masculine qui venait de descendre les marches. Soucieuse d’être attentive à son invité, son bien-être, mais également son état de fatigue. Déposant Kin sur le sol, la tête et les pattes avant dans le sac contenant les friandises, la rouquine avait vérifié que son interlocuteur principal, n’était nullement plus éprouvé par le voyage que ce qu’il avait annoncé. Dans le fond, Aurore l’admirait un peu, l’enviait peut être aussi certainement. Passer sa vie sur les routes, de village en village, de grande en ville en grande ville, pas d’attache, pas de difficulté, juste le plaisir d’être en compagnie de ses compagnons de route et de découvrir My’trä dans son entièreté. La jeune femme avait récupéré les deux statuettes avec son entrain habituel, ses yeux pétillants et se sourire à peine dissimulé parlant largement pour elle, vis-à-vis du plaisir qu’elle avait pu ressentir. Les deux présents une fois sur la cheminée, la rouquine c’était contenté de servir une infusion bien chaude à son invité, histoire qu’il puisse enfin se détendre un peu de ce long voyage effectué.

- « Comme quoi, malgré l’âge avançant, on ne perd pas son talent, c’est plutôt rassurant » souffla-t-elle dans cette douceur qui n’exprimait absolument aucun jugement « Elles sont parfaites. Un jour j’irais moi aussi à la rencontre de cet homme au doigt d’or pour te faire le même présent, avec ton architecte évidemment. »

Évidemment, la rouquine avait un peu plus d’ouverture d’esprit que ses parents. Elle estimait que chacun avait le droit de croire en ce que son âme lui soufflait, oh bien sûr, pour les personnes extérieures de la famille, chacun était libre de faire comme bon lui semblait, pour elle, c’était quelque peu différent. Cette pensée l’attristait quelque peu, si bien qu’elle avait dû perdre l’espace d’un instant son sourire. La jeune femme n’en abandonna pas cependant son entrain et c’était rapidement reprise, opinant vivement la tête. Satisfaite de lui faire prochainement découvrir un lieu qu’il ne connaissait nullement.

- « Tu verras, c’est magnifique » déclara-t-elle « Il y a beaucoup de rumeurs autour de cet endroit, tu sais… Enfin, je te raconterai tout ça, une fois là-bas. »

Aurore s’était installée à son tour sur une chaise, savourant son infusion et le plaisir de retrouver cet ami un peu particulier.

. . .

La my’tränne attendait sagement à l’entrée de la demeure. Elle n’appréciait pas réellement s’imposer, ou même participer aux retrouvailles entre le précepteur et le Gharyn. Aucune jalousie, aucune mauvaise pensée, simplement l’idée ancrée qu’elle n’avait nullement sa place dans ce genre de conversation. A l’extérieur, la jeune femme prenait une longue inspiration. Le dos contre le mur de l’habitation elle essayait autant que possible de faire preuve de patience. Ce qui au fond, n’était pas bien complexe pour sa petite personne. Les yeux fermés, elle semblait concentrée sur les mouvements du vent et sur le peu de la conversation qu’elle parvenait à entendre. Aurore semblait très enjouée à l’idée de faire découvrir le lieu à son ami, certaine qu’il lui plairait, d’autant plus quand elle évoquerait avec lui les rumeurs concernant l’endroit. La porte avait fini par s’ouvrir et c’est dans un mouvement de tête bien à elle qu’elle avait salué le Gharyn, qui connaissait bien trop Aurore pour lui en tenir rigueur. Les deux jeunes gens avaient quelque peu avancé, jusqu’à s’éloigner suffisamment pour pouvoir discuter sans risquer de se faire entendre. La crique n’était pas très loin, chose plutôt avantageuse pour le village. Aure n’avait évidemment pas oublié le petit panier-repas préparé avec soin.

- « Oh non, ne t’inquiète pas, ça ne me dérange pas d’attendre de toute manière. Ce n’est pas trop redondant pour toi, à chaque fois, de passer voir le Gharyn de chaque village ? »

La question n’était pas anodine, loin de là même, en réalité, la jeune femme se demandait si son ami n’avait jamais ressenti l’envie de s’installer définitivement quelque part. Oh, évidemment, il ne faisait pas ça depuis très longtemps, mais qui sait, peut-être que l’idée lui avait déjà effleuré l’esprit. Si Aure avait un tempérament solitaire, elle ne pouvait néanmoins réfuter le fait qu’elle appréciait rentrer le soir dans un foyer en compagnie de sa famille. La rouquine n’avait pas pu s’empêcher de réfléchir à la question concernant l’année qui venait de s’écouler, sans être en mesure de répondre avec franchise. C’était à ses yeux, une année banale, sans surprise, sans chose extraordinaire et hormis son envie de plus en plus présente de partir découvrir l’ensemble d’Irydaë de ses propres yeux, rien n’avait véritablement évolué.

- « Eh bien… J’ai de plus en plus de responsabilités au niveau du commerce, je crois que je fais presque la totalité des marchés à présent, dans les villes environnantes en tout cas. Je prends de temps en temps des contrats de chasse, ou j’accompagne les visiteurs dans les lieux intéressants à voir… Hormis ça, je crois que c’est toujours la même routine quotidienne. Père et mère voudraient que je m’installe pour fonder à mon tour un foyer. » Elle s’était mise à rire un peu gênée « Je dois avouer que cela ne m’intéresse absolument pas, j’ai envie de beaucoup plus que ça… Resté dans une maison, à observer les mêmes fleurs bouger, de la même manière, à supporter les mêmes actes chaque jour, à côtoyer toujours les mêmes personnes… Enfin, je crois qu’ils n’accepteraient pas mon départ si je décidais de m’en aller, ça serait une déclaration de guerre familiale. » Avait-elle fini par souffler en secouant doucement la tête.

Une guerre froide assurément. Rien que faire accepter l’idée qu’elle aimait un autre architecte que celui que sa mère lui avait enseigné avec force et détermination avait été un cataclysme légendaire… Alors un départ pour une vie complètement différente de celle transmise par ses parents… Mieux valait ne pas y penser. Roulant doucement des yeux, la rouquine avait sans forcément s’en rendre compte, pressé un peu le pas, signe du semblant de contrariété qui pouvait l’animer. Aurore n’allait cependant pas évoquer cet état de fait avec cet ami, qui n’était là que pour quelque temps et pour profiter d’un environnement nouveau.

- « Tiens regarde, nous y sommes presque » reprit-elle en montrant d’un geste de la main l’étendue d’eau qui commençait à se dessiner au loin « La crique blanche. » Souligna-t-elle « Mais dis-moi, Astère, pourquoi avoir choisir cette vie-là, pleine de mouvement ? »

Un joli détournement de conversation vis-à-vis de ses propres révélations. Cependant, la réponse intriguait réellement la jeune femme, jusqu’à aujourd’hui, les deux amis n’avaient jamais eu l’occasion d’avoir une véritable conversation, cela restait souvent sur des généralités, des habitudes, des phrases courtes. Au fond, c’était la première fois qu’ils avaient un peu de temps ensemble, seulement à deux, ce qui n’était pas pour déplaire à Aure qui semblait sincèrement curieuse de cette vie-là. Les pas des deux jeunes adultes avaient fini par se stopper en douceur au bord de l’étang. La crique blanche était, semble-t-il positionné au centre de My’trä, elle était évidemment connue pour le vaste étendu d’eau qu’elle offrait, mais également pour bon nombre de rumeurs. En réalité, l’eau n’est pas très profonde, d’ailleurs, elle ne devait arriver qu’en dessous des genoux des deux amis. De temps en temps, des petits galets blancs restaient à la surface, formant un cercle tout autour du centre.

- « Nous y sommes » dit-elle simplement pour le laisser contempler.

La rouquine s’était éloignée un petit peu, sortant un morceau de tissu d’une forme carrée qu’elle déplia pour l’installer sur l’herbe, puis installant tout doucement la multitude de petits plats qu’elle avait préparés. Des salades, des petits sandwiches, et les légumes désormais plutôt froids.

- « Il paraît qu’on voit ici des enveloppes d’Orshin toute différente, mais jamais agressive. Elles ne restent jamais trop longtemps et finissent même par disparaître. »



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Aurore s'exprime en #ff9999
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Astère Dewlenn
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Mer 17 Jan - 21:00
Irys : 74989
Profession : precepteur itinerant
My'trän +1
    Il prit un instant avant de répondre, réfléchissant à la question d'Aurore qu'il ne s'était lui-même jamais posée. Il suivait les préceptes de son prédécesseurs par habitudes, parfois même par automatisme, sans vraiment se poser de question. Il l'avait vu faire de si nombreuse fois qu'il renouvelait lui-même l'expérience pour chaque tribu que sa route croisait et qui acceptait ses enseignements. Il finit par conclure qu'il n'y prenait généralement pas de plaisir, mais que cette tâche n'était pas non plus une corvée.

    "Non, c'est une question d'habitudes en réalité. Et c'est tout de même important. Cela permet d'échanger des informations intéressantes voire importantes, d'établir un planning pour les jours à venir, de connaître le nombre d'enfants, leurs âges, de savoir si un autre précepteur est passé avant moi, et si c'est le cas, quel était le contenu de ses cours, quand... Je pense que c'est une étape inévitable pour enseigner efficacement."

    Il acquiesça pour marquer ses propos. Il était rare qu'il ne s'entende pas avec un gharyn et son khorog et donc qu'il appréhende cette étape. Il était persuadé de l'utilité de cette mise au point, surtout dans les tribus nomades : croiser leur route était souvent un caprice du destin. Et l'enseignement de ces enfants par-là même aléatoire.
    Il laissa là ses pensées, se concentrant à nouveau sur la rousse lui racontant son année, une année qui semblait routinière et qu'Aurore n'appréciait pas dans son entièreté. Elle rêvait visiblement d'évasion et de voyage. Elle voulait partir voir le monde qui l'entourait et ne pas s'arrêter aux frontières de ce qu'elle connaissait déjà. Et s'il avait été dans son cas, aurait-il eu les mêmes envies ? Sa vie aurait été totalement différente s'il avait eu un foyer où grandir et s'épanouir. Ses rêves auraient certainement été très différents aussi. Quels étaient-ils, d'ailleurs, aujourd'hui ? C'était une question sur laquelle il se pencherait plus tard car le sujet de leur conversation était tout autre.

    "Les voyages ont leurs bons et leurs mauvais côtés, comme n'importe quelle activité. Ce n'est cependant pas moi qui vait te jeter la pierre concernant ton envie de partir. Je pense que c'est très formateur. Les routes ne sont pas toujours sûres cependant, il faut toujours se méfier. Et si c'est ce que tu désires au plus profond de toi, peu importe ce que tes parents souhaitent, tu finiras par te laisser guider par ton instinct et par réaliser tes rêves."

    Même s'il logeait dans la demeure des Seraphon pour la troisième année consécutive et qu'il discutait parfois avec les parents d'Aurore, il ne savait pas grand chose d'eux ni des relations qu'ils entretenaient avec leur fille. Il savait que sa mère ne voyait pas d'un bon oeil l'attirance de sa fille pour Khugatsaa mais rien de plus. Il n'était certainement pas assez observateur, voilà tout. Ou bien les années se succédant et la jeune adepte grandissant elle développait ses propres goûts et ses propres envies et c'était tout à fait normal.
    Tout cela faisait partie des choses qu'Astère avait parfois du mal à comprendre. Il avait été élevé par un pérégrin, my'trän d'origine certes, qui s'était voulu le plus neutre et le plus impartial possible dans son éducation. Jamais il ne l'avait entendu lui reprocher ses préférences pour la magie d'Orshin, ni ne s'était inquiété de l'impact que cette vie nomade pouvait avoir sur le jeune homme : jamais d'attache, chevaucher encore et toujours. Les couchés et les levés de soleil, un éternel recommencement, les nuits à la belle étoile, les journées de canicule, ou celle d'orage.
    Il se sentait soudain nostalgique de cette époque insouciante où rien n'avait plus d'importance que l'enseignement du jour, ou la découverte d'une nouvelle espèce de papillon ! Et la question d'Aurore ne risquait pas de modifier les sentiments qui tourbillonnaient en lui alors qu'ils apercevaient enfin les premiers scintillements du soleil sur l'eau, un peu plus loin.

    " C'est vrai que l'on n'a jamais trop eu l'occasion de parler de moi. Allons nous installer, la réponse à cette question, que je préfère la plus complète possible, risque d'être un peu longue"

    Ainsi continuèrent-ils jusqu'à arriver aux abords de la crique. Le paysage qui s'offrait à eux était absolument splendide ! Les rumeurs concernant l'endroit étaient dénuées du moindre mensonge et il ne fallut pas plus d'une seconde pour qu'Astère se retrouve scotcher par tant de beauté. Il se dégageait de la scène quelque chose de paisible. Il avait l'impression de se retrouver perdu dans un recoin du monde où les Hommes n'avait pas vraiment leur place. Le chant des oiseaux, le clapotis de l'eau, le calme apaisant des lieux lui procurèrent un fort sentiment d'osmose avec cette endroit. Il n'était là que depuis quelques minutes mais déjà l'endroit était devenu l'un de ses favoris.
    Aure le tira de sa contemplation en reprenant la parole et il se rendit compte qu'elle s'était installer pour pique-niquer sans qu'il n'ait pu l'aider. Il se morigéna devant si peu de galanterie, il ne lui avait même pas proposé de porter le panier, absorbé qu'il avait été à papillonner à droite et à gauche pendant leur marche, ainsi que par leur conversation. Quel rustre il faisait, vraiment !
    Il vint s'installer à côté d'elle, face à l'étendue limpide, prenant place sur l'espace qu'elle lui avait gardé. Devant tant de nourriture il se rappela de sa faim. Ce qu'avait dit la rousse à propos de son architecte l'intéressait aussi fortement, et il scrutait déjà les environs pour tenter d'apercevoir ce phénomène !
    Tout semblait bon dans ce qu'avait préparé la jeune fille et il ne savait pas par quoi commencer. Il lui fit signe de se servir en premier et tâcha de répondre à la question qu'elle lui avait précédemment posée.

    " En réalité je n'ai pas choisi cette vie-là, elle s'est imposée à moi comme une évidence car elle est tout ce que j'ai connu. Bien sûr, il ne tenait qu'à moi d'en choisir une autre si elle ne m'avait pas convenue, mais ce voyage sans fin a quelque chose de rassurant pour moi je crois."

    Il fit une courte pause pour servir deux tasses du thé froid que la jeune fille avait emporté, une pour elle, une pour lui, avalant une gorgée avant de poursuivre, son regard perdu au loin, plongé dans ses souvenirs.

    "Je ne me souviens de rien avant mes six ans. Six ans... C'est l'âge que l'on a estimé que j'avais à l'époque en réalité, mais je m'égare. J'étais là, avec Kin, ses frères et soeurs, et toute sa famille. Et puis cet homme est arrivé sur son cheval. Le premier cheval de mes souvenirs, il paraissait imposant et pourtant infiniment doux.... Mais je m'égare. J'ai croisé la route d'Erléhan ce jour-là, à moins que ce ne fut le contraire, par je ne sais quel caprice d'Orshin. Qui peut dire où je serais aujourd'hui, ni même si je serais encore vivant si cela n'avait pas été le cas !"

    Il eut un sourire un peu étrange à cette pensée, à la fois triste et amusé. Il s'était souvent posé la question et connaissant la réputation des aitahs, vivre en leur compagnie ne lui aurait certainement pas permis de passer l'année. Ces petites bêtes étaient bien trop curieuses pour leur propre sécurité !

    "Il était lui-même précepteur itinérant, principalement dans la région de Zagash. Je faisais court avec les enfants des tribus que l'on rencontrait, mais aussi seul avec lui, les jours de chevauché et les soirs à la belle étoile où nous étions seuls... Il m'enseigna tout ce que lui-même savait. Ne possédant plus la magie my'träne, j'appris à me servir de mon don au contact de ceux capables de me l'enseigner lorsque nous les rencontrions."

    Il posa ses yeux sur Aurore. Elle ne l'avait pas encore interrompu mais cela faisait tout de même pas mal d'informations à ingurgiter en une seule fois. Il secoua la tête de droite à gauche, un brin de tristesse voilant son regard alors qu'il concluait le début de ses explications par :

    "Je n'ai aucun endroit où retourner, nulle famille qui m'attend quelque part. My'trä toute entière est ma demeure et ses routes j'emprunte à toute heure. J'aime cette vie de bohème, libre d'être celui que je suis, d'aller où je veux aller. Mais n'ayant connu que ça, du plus lointain de mes souvenirs, je ne saurais dire si une vie sédentaire me plairait tout autant voire même plus. Je ne peux me l'imaginer. Quand je tourne mon regard vers l'avenir, je ne vois que la continuité de mon périple, incessant voyage éternel. Jusqu'à ce que la Mort vienne m'accueillir dans ses bras."

    Il chassa de la main cette pensée un soupçon fataliste. Mais la cruelle réalité de son destin était là. Il savait les possibilités infinies mais il ne s'en voyait pour autant aucun autre. Il ne se sentait plus particulièrement triste, préférant prendre le meilleur dans cette aventure. Il sourit à Aurore, s'attendant certainement à des interrogations de sa part. Il n'avait donné que très peu de détail, s'était beaucoup égaré dans ses explications, avait même été un peu poète à ses heures.
    Il décida de commencer à remplir son estomac, se rendant compte qu'il avait grand faim ! Et sur son visage on pouvait lire le bonheur de manger des plats, pourtant simples, mais si bons !


Astère ~ Kin ~ Cendre
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Aurore Seraphon
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Dim 21 Jan - 0:17
Irys : 938007
Profession : Agriculture/Chasse
My'trän +2 ~ Khurmag
Aurore avait écouté, comme souvent, comme toujours, silencieuse, les yeux remplis de curiosité. La rouquine était restée assise en tailleur, les mains en possession de sandwiches qu’elle avait préparés avec soin. Elle se remémorait les éléments qu’il avait évoqués avant l’installation, le fait de rencontrer les Gharyn, le fait de s’entendre avec eux. Était-ce certainement un moyen pour lui de se faire connaître, de se faire accepter en tant qu’humain formateur, en tant qu’être aussi intéressant que les autres. Portant son futur repas à ses lèvres, elle mastiqua un long moment, le regard perdu vers le lointain, vers ce lieu si particulier que son ami semblait apprécier. La rousse avait vu juste, pour son plus grand plaisir et l’idée d’être la première à partager cet endroit avec lui rajoutait une petite touche de fierté au fond de son cœur. Comble pour un voyageur de parvenir encore à être surpris par des choses aussi simples, des lieux qui ne bouge pas, qui reste ainsi toujours au même endroit avec cette beauté perpétuelle.

Astère avait fini par la rejoindre, s’installant tout en invitant Aurore à débuter le repas. Chose que sa gourmandise avait obligé à commencer bien avant son autorisation. Un petit sourire désolé sur les lèvres. La my’tränne porta à ses lèvres la fin de sa dégustation, opinant simplement au début de l’énoncé d’Astère. C’était la première fois qu’Aurore et le précepteur avaient une conversation sérieuse et intéressante, premières fois que le duo un peu particulier prenait le temps d’échanger sincère. La jeune femme fut surprise d’apprendre qu’il n’avait pas choisi sa vie et surtout que lui aussi avait été trouvé. L’information marqua profondément la pensée de la chasseuse qui en oublia presque de suivre le fil de l’histoire enfin amorcé de son interlocuteur. Ainsi, il n’avait connu que cette vie, avait été visiblement éduqué par une personne qui n’était pas my’trän. Aurore eut cette petite moue dubitative, comme-ci l’idée qu’un my’trän puisse être éduqué par un étranger ne lui convenait pas. Avait-elle déjà ses préjugés ?

Silencieuse, elle découvrait au fur à mesure des paroles d’Astère une partie de son histoire passée. D’abord, simplement cette naissance à 6 ans, entourée par des animaux. Puis, vint la suite, la dernière partie qui la fit quelque peu grimacer, elle avait déposé son regard sur la silhouette masculine face à elle, serrant la mâchoire. La voix douce d’Aurore avait néanmoins fini par se faire entendre, alors qu’elle terminait de boire une gorgée de sa gourde d’eau :


- « Tu dis des bêtises tu sais » glissa-t-elle dans une douceur particulière « Tu auras toujours ta place à la maison, une famille. » Elle secoua doucement la tête, se massant l’arrière de la nuque « Que tu sois de passage ou non ne change rien à cet état fait. » C’était à la fois sincère et terriblement désarmant de prononcer ceci à voix haute, autant pour elle que certainement pour lui « Le peuple my'trän dans son ensemble est une famille, alors toi, tu fais partie de la mienne, d'une certaine manière, aussi ponctuelle soit ta présence. Qu’est-ce qu’est devenu celui qui t’a trouvé ? Et… Que faisait-il sur nos terres s’il n’était pas adorateur des architectes ? »

Fronçant doucement les sourcils, la my’tränne semblait avoir bon nombre de questions à lui poser. Elle fit une moue dubitative avant d’attraper une carotte crue, qu’elle trempa dans une sauce faite maison, avant de la porte à ses lèvres croquant le tout doucement. Elle réfléchissait. Comment formuler les questions, comment ne pas paraître maladroite, comment réaliser une conversation sans risquer d’offusquer cet homme qu’elle appréciait.

- « Tu ne m’avais jamais dit pour toi… Je ne savais pas que quelqu’un t’avait adopté comme moi. » Elle se pinça la lèvre, douloureusement « Tu n’as jamais eu envie de savoir qui était tes véritables parents et …. Pourquoi ? »

C’était une question qui n’avait jamais été dans son esprit, jusqu’à récemment, oui elle commençait à se demander si tout ceci était voulu. Si le bébé qu’elle était des années auparavant appartenait à quelqu’un ? La raison de cet abandon, la raison de tout ceci ? Sans jamais oser le prononcer, le formuler, certainement pas peur de blesser ceux qui l’avait élevé jusqu’à maintenant. Elle se renfrogna un peu, comme-ci l’idée lui semblait importante tout d’un coup.

- « Je n’ai jamais vraiment eu envie de savoir d’où je venais… Et puis, depuis que je suis souvent en conflit à cause de mes choix, depuis que je vois des familles, j’ai cette sensation étrange au fond du ventre, cette question de savoir d’où je viens ? Et pourquoi mes parents n’ont pas forcement eu envie de me garder, moi ? Cela ne t’ai jamais arrivé, cette sensation ? »

Aurore lâcha un soupir, léger, furtif, avant de tendre une gourde à son interlocuteur. C’était étrange cette proximité, cette sensation de le connaître alors qu’au fond, ni l’un, ni l’autre n’avait jamais pris le temps d’échanger sincèrement. Était-ce cette zone d’observation longue, chaque année, qui offrait autant de connaissances ? Elle se pinça de nouveau les lèvres, gênée par les questions finalement personnelles qu’elle osait formuler. Brassant l’air environnant d’un geste de la main, elle se contenta de changer de sujet, soucieuse de ne pas le gêner.

- « On a tous notre passé, je suppose. Je rêve d’aventure, loin, tu aimes ce que tu fais, alors je suppose que tu n’as pas besoin de t’imaginer fixe à un endroit… Tu sais, vous n’êtes pas nombreux les précepteurs, c’est quelque chose de précieux, je trouve que ça te va bien comme rôle. C’est tout à ton image. » Aurore lui avait offert un large sourire, poursuivant « Alors, l’endroit était une bonne idée ? »

Ainsi, il était libre de répondre de ne pas répondre, de changer de sujet ou de conserver l’ancien. Les deux jeunes gens avaient du temps. C’était suffisamment rare pour être souligné et surtout pour en profiter pleinement. Attrapant un sandwiche la my’tränne débuta une nouvelle dégustation, qui n’était qu’en réalité, une simple fuite pour ne plus laisser sa spontanéité prendre le dessus.



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Aurore s'exprime en #ff9999
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