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Chroniques d'Irydaë
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 Magie blanche, froide magie

Meylan Lyrétoile
avatar
Dim 10 Déc - 11:57
Irys : 240859
Profession : Ménestrelle
My'trän +1
6 février 933, sur une place du quartier commerçant de Darga

Il n’était pas inhabituel qu’en février, l’hiver recouvre Darga d’un manteau blanc.  Manteau qui n’avait d’ailleurs de ce vêtement que le nom, car, contrairement au véritable objet que cette métaphore désignait, le voile de neige qui recouvrait la capitale suhurienne refroidissait les environs plutôt que de les réchauffer.  Mais une température basse ne signifiait pas nécessairement une atmosphère froide, comme le prouvait la scène qui se déroulait en ce moment sur une des (nombreuses) places de Darga.  Encouragée par le temps froid mais clair, une troupe d’artistes occupait l’espace depuis le début de la matinée, alternant chant, danse, illusion, théâtre, et parfois un peu de tout à la fois.  Il était clair à voir leur performance qu’ils n’en étaient pas à leur coup d’essai, et ils remportaient un certain succès auprès des passants.

Même si elle faisait désormais cavalier seul la plupart du temps, Meylan avait temporairement réintégré cette troupe au sein de laquelle elle avait appris une bonne partie de son art.  Elle n’avait eu aucun mal à reprendre ses marques et à se retrouver une place dans leur programme, et elle devait bien admettre que retrouver ses amis lui plaisait énormément.

Le froid, par contre, plaisait un peu moins à la ménestrelle.  Elle portait des vêtements chauds, une écharpe et une cape en laine et même ses bottes étaient fourrées (un luxe qu’elle pouvait se permettre pour la première fois dans sa vie), mais ses mains étaient un cas désespéré.  Impossible de porter des gants quand on jouait de la lyre.  Ce qui voulait dire que, dès que vint le moment de monter sur scène pour elle, le vent mordit ses pauvres doigts avec une force vicieuse.  Bravement, elle entama sa partie tout en accompagnant la chanteuse principale de la voix également.  

Le premier chant fut difficile, mais elle s’en sortit néanmoins avec brio.  Durant le deuxième, elle eut du mal à empêcher les frissons qui menaçaient de saisir ses mains.  Mais le troisième lui infligea le coup de grâce.  Le froid l’emporta, et des tremblements de plus en plus violents agitèrent ses doigts.  Sa lyre n'était plus stable, et pincer les cordes devenait de plus en plus pénible.  Ses doigts crispés dérapaient, serraient les cordes trop fort ou pas assez…et ce qui devait arriver arrivé: une corde, probablement déjà en fin de vie, sauta.  Le son résonna comme un coup de tonnerre dans les oreilles de Meylan et lui fit oublier instantanément l’inconfort que le froid lui causait.

Heureusement pour l’unité de la représentation, un autre musicien sauta presqu’instantanément sur scène et reprit la partie de Meylan comme si de rien n’était.  Quand à elle, la ménestrelle s’éclipsa rapidement de la scène et disparut dans la petite tente où ceux qui ne jouaient pas tentaient (en vain) de se réchauffer.  Son visage défait et la manière protectrice dont elle tenait sa lyre étaient plus éloquent que n’importe quelle description de ce qui venait de se passer.  La honte d’avoir malmené sa partition n’était rien à côté de la douleur presque physique que la vue de sa lyre ainsi diminuée lui infligeait.  Plus qu’un instrument de musique, c’était sa compagne de tout les jours qui était blessée.  La valeur intrinsèque de l’objet (raisonnable, même si loin d'être nulle) n’était rien à côté de sa valeur sentimentale.  Même le nom de la ménestrelle rendait on ne peut plus clair que sa lyre était une part vitale de son identité.

"Mince, ça fait mal!  Donne-la-moi, je t’arrange ça."

Roneï, de cinq ans l’ainé de Meylan, était le seul membre de la troupe dont le talent principal n’appartenait pas aux arts du spectacle.  Néanmoins, personne au sein de leur groupe n’aurait même songé à nier sa qualité d’artiste.  Il avait un véritable don pour la fabrication d’instruments de musique: chacune de ses créations avait sa voix unique et son identité propre.  D’ailleurs, la lyre de Meylan était une de ses créations.  À peine la ménestrelle se fut-elle assise (ou plutôt laissé tomber) sur une des chaises dans la tente, que son ami se saisit de sa lyre.  Normalement, Meylan était parfaitement capable de changer elle-même les cordes de son instrument et ne laissait personne d’autre y toucher, mais Roneï, en sa qualité de créateur de la lyre, avait ce droit et l’entière confiance de Meylan.  Ca ne l’empêcha pas d’observer le moindre de ses gestes d’un oeil attentif frôlant l’inquiétude qui lui valut bientôt d’être expulsée de la tente par un Roneï un tantinet exaspéré.

Chaudement emmitouflée, Meylan sortit donc sur la place, se mêlant cette fois à la foule qui gravitait autour de l’estrade.  Elle voulait à tout prix se débarrasser de ce sentiment de malaise qui la rongeait en pensant au triste état de sa lyre, état dont elle était la seule responsable.  Heureusement pour elle, elle avait beau connaître par coeur le répertoire de ses amis, leur art ne manquait jamais de la captiver.  Elle se laissa submerger par le spectacle, dans le but très clair de noyer les sentiments désagréables qui l’habitaient.  Noyée, elle l’était aussi en quelque sorte aussi physiquement.  Ses chauds vêtements de laine, son ample cape et sa large écharpe faisaient disparaître sa frêle silhouette sous de nombreuses couches de tissus.  Même ses mains disparaissaient maintenant dans d’épais gants et commençaient à se réchauffer.


Personnage avatar par rodmendez sur Deviantart


Robe de bal:
 
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Staèl
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Ven 5 Jan - 19:11
Irys : 59993
Profession : Mage et bourreau des cœurs à ses heures perdue
My'trän +2 ~ Zagash
Tranquillement installé en terrasse d'une taverne, j'observais les vas et viens incessant des badauds et autres amateurs de débauche aux aptitudes plus que douteuses. Heureusement, le froid mordant faisait en sorte que les soiffards ne restaient guère en terrasse, froid que je ne ressentais guère pourtant vêtue de ma légère tenue de moine été comme hiver. Je vis alors un être curieux, petit, emmitoufler dans plusieurs couches consécutives de tissus des pieds à la tête. Elle essayait de se frayer un chemin dans l'amas de débauche et d'extravagance malsaine du festival

C'est alors qu'un hideux personnage l'interpella avec insistance, mettant de toute évidence la jeune femme mal alaise. Le visage rongé par l’alcoolisme et la consommation évidente de stupéfiant dont l'odeur était camouflée par un atroce manque d’hygiène suffocante.
C'est au moment où l'homme se mit à genoux que je décidas d'intervenir.
L'homme, tenant toujours sa proie avec force par les mains, se mit à chanter. Que Dalai m'en soit témoin, nul être dans ce monde ne pouvait produire son aussi horrible, que la jeune femme dut se couvrir les oreilles dans un geste désespéré pour les protéger en fut la preuve.

- Arrête se massacre immédiatement ! Ordonnais-je. Chanter n’est ni ta vocation ni même un passe-temps convenable. Si tu le nies, fais-toi faire un ausculté par un serviteur du grand Mochlog au cas où une tumeur exercerait une pression sur les centres cognitifs de ton cerveau si, toutefois, il t'en reste un.

L'homme resta abasourdi pendant quelques secondes et tout en me considérant du regard, lâcha prise sur la jeune femme.

- Pour qui qu'tu t'prend toa ?

- Moi, juste le génie de la famille Arafin, famille la plus puissante de Foreal.

- Tu croa que par-sque t'es d'bonne famille qu't'es plus intelligent ?


- Mon pauvre ignorant, il faudrait que je perde au moins 60 points de quotient intellectuel pour être classifié comme intelligent. Mais je me doute que tu es du mal à entrevoir le fossé, que dis-je le fossé, le monde qui nous sépare intellectuellement !

L'homme devint rouge de colère et dans une action portée par la haine passa à l’attaque.
Il fallut moins d'une seconde pour qu'il se retrouve projeté à terre et arrosé aspergé d'eau glacée.

- Désolé pour ce bain forcé mais ton odeur corporelle me devenais trop insupportable.

L'homme parti en courant et en grelottant.
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