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Chroniques d'Irydaë
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 [Terminé] [Event mondial] La salle du bal

Faye Toen
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Mer 31 Jan - 19:04
Irys : 422501
Profession : Chasseuse d'artefacts - Danseuse
My'trän +2 ~ Zolios
Tandis que les flammes continuaient à croître et que la chaleur s'intensifiait dans la salle du bal, Faye demeurait au sol, hébétée. Une main d'une douceur familière vint finalement cueillir la sienne, l'extirpant de ses pensées un bref instant - suffisant pour qu'elle puisse clairement apercevoir le visage de sa propriétaire. Alors, tout ses doutes et ses craintes s'évaporèrent et Georges redevînt ce qu'il aurait du être pour elle depuis de si nombreuses années : un souvenir. Reprenant peu à peu contenance et conscience de la réalité, elle put apercevoir sa sœur tout de flammes vêtue, réveillant un legs familial hérité de leur mère qui laissa la Flamboyante médusée. Qui aurait cru que pour animer ce pouvoir une telle situation soit nécessaire ? Certainement pas elle. Faye souri.


« Je n'en doutais pas une seconde... » répondit-elle enfin, revigorée.


Car si l'illusion avait indubitablement réduit son esprit à néant durant toute sa durée, l'apparition fulgurante de Süns et le geste de Luka lui avaient redonné toute sa vivacité. Bien qu'encore affaiblie, la chaleur infernale et les flammes qui dévoraient tout autours des deux sœurs lui procuraient un sentiment de bien être et l'Anomalie semblait la seule en ces lieux à pouvoir en savourer la quintessence. Peut être que Luka en ressent également la beauté, pensa-t-elle subitement en se rappelant la prouesse que celle-ci venait d'accomplir...

Mais il n'était pas l'heure "d'admirer" ce spectacle funeste comme le lui rappela Luka. Il fallait sortir d'ici, et vite ! Bien qu'une majorité de ses pensées étaient destinées à Althéa, Lizzie et Edmond, la survie de sa sœur était une priorité absolue et elle ne pouvait se permettre de la perdre dans le chaos environnant. Aussi décidèrent-elles de sortir par l'issue la plus proche non sans subir des toux conséquentes à l'inhalation du gaz. Elles croisèrent en chemin de nombreux individus toujours prisonniers de l'illusion, mais il n'était pas l'heure de se préoccuper d'eux... En effet, rien n'indiquait qu'un simple contact physique permettait à tous de sortir de cette malédiction ; aussi la Flamboyante préféra-t-elle porter secours à ceux libérés de ce maux et victime des autres effets du gaz, les forçant à se tenir les mains afin de former une colonne qui se dirigea droit vers l'extérieur - seule zone parfaitement sure, sauf si d'autres explosions les y attendaient...

Une fois en dehors, Faye et les autres survivants prirent une grande bouffée d'air frais. Bien trop occupés à cracher leurs poumons, la plupart d'entre eux ne jugèrent pas utile de remercier les deux rouquines et les autres semblaient bien trop occupés à tenter de réveiller les individus prisonniers de l'illusion qui, même ici, n'avaient pas échappé au courroux de Khuugatsa. La Ju'äm ne laissa que peu de temps à Luka pour se remettre de ses émotions et l'enlaça avec vigueur, humant le parfum savoureux de sa sublime crinière - quoique légèrement empreinte d'une odeur de brulé ! L'étreinte, bien que des plus agréables, fut cependant brisée par celle qui l'avait provoquée : il n'y avait plus de temps à perdre désormais !


« Petite sœur, j'ai toute confiance en tes nouvelles capacités et elles nous seront indispensables si l'on veut venir en aide aux gens qui sont encore à l'intérieur. Prends ça. » dit-elle en désignant une flamme - qu'elle venait de créer - comme s'il s'agissait d'un objet lambda. Une fois confiée à la médecin, Faye passa son bras à l'intérieur des flammèches et tâcha d'en mesurer la température. « Laisse la chatouiller la paume de ta main. Ressens sa nature, sa dangerosité, sa force... Ne la laisse pas te dévorer. »  


Quelques secondes s'écoulèrent ainsi sans qu'aucun mot ne soit échangé. Faye, bien qu'agressée par une désagréable envie de tousser, demeurait parfaitement immobile et concentrée dans sa tâche, imitée pendant celle-ci par sa copie conforme.

« Je vois. C'est déjà beaucoup pour une première fois ! Mère n'a pas lésiné lorsqu'elle t'a transmit ce don. » commenta enfin l'adepte de Süns, sourire aux lèvres. « Voici mon plan... »

Une bulle de flammes produites par Faye entourera les magiciennes de feu, réduites à la chaleur maximum que peut endurer Luka. La fumée engendrée par la combustion est dense et il est très improbable que le gaz puisse percer en travers, bien qu'elle n'en connaisse pas la composition. A l'intérieur de cette protection se trouvera une réserve d'air que l'adepte tâchera de conserver intacte car le feu, gourmand, ne sera pas sans vouloir y goûter.

« Crois-moi, l'air est craintif. Il n'ira pas contre la volonté de la fumée et restera bien sagement là ou il est, c'est certain. » certifia l'ainée, sereine. « Tu ne peux pas créer de flammes mais tu es capable de les maîtriser, il te suffira d'en éteindre le maximum et de ne pas te soucier de notre bouclier : je m'en occupe personnellement ! Tu verras, après quelques essais, tu auras l'impression d'avoir fait cela toute ta vie. »


Code couleur dialogues de Faye : #ff6600
Code couleur alternatif : #33cc99

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Lizzie Seavey
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Mer 31 Jan - 21:50
Irys : 298723
Profession : Chasseuse de primes - Pirate
Pérégrins -1 (femme)
Elle ne sentait plus rien. Ni les larmes qui mouillaient ses joues, ni le courant d'air qui courait sous la porte, pas même la tension qui venait de se développer dans la salle. Les mots d'Althéa furent balayés, alors qu'un autre son prenait le dessus, pourtant beaucoup plus lointain. Le discours avait commencé. C'était trop tard. Ses amies allaient mourir. Tous ces pauvres gens allaient mourir. Qu'avait-elle encore fait ? Pourquoi avait-elle fait ça ? Les raisons lui semblaient bien lointaines, bien banales, maintenant. Elle aurait pu fuir, refuser de coopérer avec Strauss. Elle lui avait même fourni l'arme du crime. Lizzie avait pourtant si bien commencé sa rédemption, cette année, pourquoi la finir sur une touche aussi noire ? Ne pouvait-elle donc s'empêcher de faire du mal ?

Ce furent les mains douces de Luka qui vinrent tirer Lizzie de sa flagellation mentale. Elle plongea son regard dans les yeux calmes et déterminés du médecin, qui la tiraient vers le haut, vers la réalité présente et vers cette maigre possibilité: elles pouvaient s'en sortir, tout n'était pas fini. Et surtout, la pirate pouvait faire quelque chose pour les aider. Comme une enfant obéissante, elle qui avait toujours fui les ordres d'autrui, elle se leva et les suivit vers la grande salle de bal. Les gardes ne réagirent même pas, ne comprenant pas ce qui se passait. La jeune femme examina le morceau de mouchoir donné par Althéa et le laissa tomber: il était bien trop petit pour protéger quoi que ce soit. Mais le message était clair, et Lizzie le savait bien, pour y avoir déjà survécu une fois, il ne fallait pas inhaler le gaz. Saisissant le bas de sa robe, elle la déchira sur toute la longueur, laissant ses mollets au regard de tous, et se noua derrière la tête le tissu noir, de façon à recouvrir toute la partie basse de son visage.

La brune repéra la plus proche des portes latérales, et s'y dirigea prête à la faire ouvrir quitte à assommer quelques gardes au passage, quand la déflagration la souffla au sol. Déjà les cris et les pleurs retentirent dans la salle, alors qu'un acouphène s'installait au fond des tympans de Lizzie, comme une alarme qui ne s'arrêterait jamais. Se relevant péniblement, la jeune femme se débarrassa de ses chaussures à talons qui allaient la pénaliser lors de ce moment d'action, leur préférant les débris de verre au sol qui lui couperaient la peau des pieds. Elle jeta un regard vers Luka et Faye, non loin de là, qui se remettaient elles aussi de l'explosion, et laissa les volutes arriver jusqu'à elle. La pirate savait à quoi s'attendre, elle était prête à affronter le fantôme accusateur de son père.

Alors que Bernie Seavey commençait à se matérialiser, Lizzie retint sa respiration et se détourna de l'illusion, se concentra sur son acouphène pour rester dans la réalité. La jeune femme reprit sa destination vers les portes de la salle de bal, ne faisant guère attention à ce qui se passait autour d'elle. La louve se mit à courir, poursuivie par son père qui ne cessait de lui demander pourquoi elle l'avait laissé mourir, et força la porte d'un coup d'épaule. Le gaz s'engouffra dans cette ouverte béante. Il était assez volatile pour ne pas faire effet sur les paisibles habitants de Yeronkhii.

Enfin à l'abri, Lizzie prit une grande inspiration et suffoqua quelques secondes alors que ses poumons se remplissaient à nouveau d'air pur. L'illusion de son père avait disparu. La louve regarda alors à l'intérieur de la salle. Ceux qui ne suffoquaient pas à cause des effets mortels du gaz se débattaient dans des combats violents avec leurs illusions, poussaient des cris d'horreurs ou s'évanouissaient. Unes à unes, la pirate ouvrit les portes latérales, tentant d'évacuer le gaz d'une façon ou d'une autre. Ce ne serait pas assez pour le faire entièrement disparaître, mais c'était aussi une façon de montrer aux gens encore lucides où se réfugier. Elle poussait sans vergogne tous ceux qui passaient près d'elle vers l'extérieur.

C'est alors qu'un cri inhumain déchira la salle, se mêlant à l'acouphène de Lizzie pour ne faire plus qu'un avec lui alors qu'elle tentait en vain de se couvrir les oreilles pour échapper à ce suplice. Et alors, des formes humaines et animales commencèrent à apparaître de partout dans la salle, donnant vie et forme aux phobies contre lesquelles luttaient les gens à l'intérieur. Ce n'était pas le gaz qui faisait ça, une autre magie était à l'oeuvre, une magie contre laquelle Lizzie ne pourrait pas lutter. Elle cherchait du regard son père, qui avait dû revenir, mais tomba alors sur quelqu'un d'autre.

- Leif... ?

Le jeune homme brun était là, près d'elle, lui souriant de toutes ses dents de pirate. Il lui tendit la main pour l'aider à l'inciter à se rapprocher de lui, mais Lizzie savait que rien de tout cela n'était réel, et tenta de le balayer d'un revers de la main. Pourtant, il disparut pas, refusant de la laisser en paix. Plus que ça, la main de la jeune femme trouva un corps bien solide planté devant elle.

- Alors, p'tite mouette ? Toujours à faire les quatre cents coups ? T'as bien merdé cette fois hein...
- Ce n'est pas réel, tu n'es pas là Leif.

Mais le beau jeune homme n'avait pas l'intention de la laisser s'en sortir si facilement.

- Je pourrais très bien être là. Je ne suis pas mort, contrairement à ton paternel.
- C'est tout comme.

Il attrapa la main de Lizzie pour la retenir près de lui, en éclatant d'un rire qui ressemblait à un jacassement de pie.

- Tu ne veux pas danser avec moi, Liz ? Comme ton cher Ludwig qui dansait avec une autre tout à l'heure ?
- Ce n'est pas mon cher Ludwig.
- Oh oui j'oubliais... Tu es incapable d'aimer maintenant... Bon je vais rien dire, c'est ma faute... M'enfin, de là à mener tous ces gens à la mort...
- Tais toi, tu n'es pas réel.
- Peut-être, p'tite mouette, mais c'est la vérité quand même non ? Tu t'es sabotée toute seule. C'est peut-être pour ça que je t'ai abandonné, en fait. J'en avais marre de me taper une fille incapable de tenir à ses principes, incapable d'aider les gens qui comptent pour elle. Je ne voulais pas d'un boulet comme toi sur mon navire...
- Tu n'es pas réel, tu n'es pas réel.

Lizzie se tenait les oreilles, fermant les yeux. Elle s'accrochait à son acouphène, seul élément encore vrai dans cette horreur, amplifié par le cri poussé par la créature un peu plus tôt. Mais les paroles de Leif continuaient à parvenir à elle comme s'ils avaient été tous les deux seuls dans la pièce.

- Tu crois vraiment qu'elles vont encore t'apprécier après ça ? Même si tu arrives à les aider à s'en sortir en vie, elles ne voudront plus de toi. Qui voudrait de toi, de toutes façons. T'as pas été capable de me garder, t'as pas été capable de sauver ton père, t'as même pas été capable d'éviter à tes amies de se faire tuer par ta propre bombe... Quel gâchis...

Ouvrant les yeux vers le sourire narquois de Leif, Lizzie lui sourit en retour.

- Tu n'es pas réel. Leif ne souriait jamais comme ça.
- Parce que je ne t'avais pas encore vu sous ta véritable nature.

Le visage de Luka lui revenait en mémoire, comme un baume sur la plaie, une eau froide sur la brûlure, un roc auquel s'accrocher avant la chute. Une dose de courage pour affronter ses démons.

- Arrête de penser à elle, elle t'a dit ça pour t'utiliser, mais elle va te laisser tomber.
- Peut-être, mais je ferais d'abord tout en sorte pour qu'elles me pardonnent. Maintenant, va t'en.
- Oh, tu veux que je t'abandonne de nouveau ? Je peux faire ça, mais ça risque de te briser encore une fois, non ? C'est pour ça, que tu refuses d'aimer les gens, Lizzounette ? Pour ne pas te faire abandonner ? C'est raté, je crois...

Dans un coin de la salle, Faye et Luka se tenaient par la main. Le spectacle des deux soeurs enflammées était magnifique, comme un ode à la famille, à la solidarité...

- Oui p'tite mouette, toutes ces choses que tu ne connais pas... La solitude, ça te va bien, au moins, tu ne fais de mal à personne. Dès que tu t'attaches, tu casses tout ce que tu as...

... Enflammées ?! Lizzie regarda plus attentivement les soeurs Toen. Elles n'étaient pas en flammes, mais semblait jouer avec. Depuis quand Luka maîtrisait-elle le feu, elle aussi ?

- NE TE DÉTOURNE PAS DE MOI, LIZZIE !
- Tu tournes en rond Leif. Disparais, maintenant. Je n'ai plus besoin de toi. J'ai des gens sur qui compter et qui comptent sur moi.
- Ce n'est pas si simple, vois-tu. Je ne peux pas disparaître. Je fais partie de toi. Et la puissance qui m'a donnée forme est bien au-dessus de toi...

Le bras de Leif se leva, et de sa main ouverte il signala à Lizzie le spectacle éblouissant un peu loin. Deux griffons colossaux, l'un blanc et l'autre noir, et soudain une nouvelle voix qui résonnait dans sa tête sans qu'elle comprenne le sens des paroles. Les deux griffons disparurent dans un rayon de lumière aveuglant. La jeune femme ne put faire autrement que de fermer les yeux afin de ne pas perdre la vue. Leif parlait encore à son oreille, mais la pirate semblait ne pas entendre ce qu'il lui disait. Pas qu'il soit en train de parler une langue étrangère, lui aussi, mais il semblait tellement lointain. Une image mentale des deux griffons était collée à la rétine de la louve.

- Tu m'écoutes, Lizzie ?
- Non Leif, je t'ignore.
- TU-N'AS-PAS-LE-DROIT-DE-M'IGNORER ! JE SUIS TA PHOBIE !

L'explosion de colère de Leif fit rouvrir les yeux de Lizzie. Il était si prêt de son visage... Que faisait-il là ? Pourquoi s'était-il rapproché ? Qu'était ce reflet brillant dans sa main ? Les yeux de la jeune femme se posèrent sur son ventre. Du sang. Du vrai sang, ou encore une illusion ? Difficile à dire. Leif venait de la poignarder, et il ricanait de son rire de pie.

- Leif ne riait pas comme ça, tu sais.
- Tu vas mourir ! Tu as peur de la mort, non ?
- Autant que de l'abandon, cher Leif... C'est-à-dire, absolument pas, tout de suite.

Lizzie posa sa main sur la joue de Leif, qui disparut alors qu'elle s'évanouissait.



Chibi Lizzie
Paroles de Lizzie: #33ccff
Paroles de Emshaï: #339900
Paroles de Akhir: #cccc00
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Adramus
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Jeu 1 Fév - 9:59
Irys : 629641
Profession : Aventurier, maître d'armes
My'trän +2 ~ Mistral
Adramus, mis à genoux par une illusion, comme ce jour-là dans l’usine de magilithe à Kharaal Gazar. Encore une fois, son esprit avait montré sa fragilité derrière un mur d’apparence impénétrable. Il semblait si simple de le faire douter, de l’enrager, de le briser. Probablement qu’après cette funeste soirée, le guerrier se remettrait fortement en question, combattrait cette faiblesse qui l’avait abattu par deux fois déjà. Même si c’était là l’œuvre d’un Architecte, même s’il n’y avait sûrement aucun moyen de lutter contre une magie si fourbe et intangible, il essayerait de s’en prémunir. Cette promesse, il se la fit à l’instant même où Mary se jeta à son cou, revenue subitement d’entre les morts, car ne les ayant jamais rejoins. Le soulagement se lisait dans les mains tremblantes de l’adepte d’Amisgal, dans la force qu’il mettait à serrer sa femme dans ses bras, et dans ses balbutiements incrédules.

- Mary ! Tu es là… tu es là, mon amour… Quel idiot je… je pensais t’avoir perdu…


La magie qu’il avait déployé faisait toujours effet, chassant gaz et flammes qui continuaient toujours d’envahir l’immense salle avec toujours plus de détermination. Dresser ce bouclier était fatiguant, mais pas de cette fatigue subite, qui vous coupe la respiration et vous abatte les genoux. Adramus savait que son énergie s’échappait de manière sporadique, insidieuse, imperceptible, mais que le contrecoup d’une magie à la frontière de la passivité serait plus lourd une fois l’adrénaline retombée. Mais l’heure n’était pas à la réflexion. Le guerrier se releva sur ses jambes, entrainant Mary à sa suite en continuant de la serrer dans ses bras, mais son regard fut attiré par quelque chose à côté d’eux, plutôt quelqu’un. Une jeune femme venait d’entrer à l’intérieur de son bouclier de vent. Adramus eut un mouvement de la main vers cette inconnue qui semblait avoir pas mal souffert.

- Ne t’en fais pas, je repousse le gaz, tu es en sécurité ici…
Rassura Adramus.

Mais Meylan venait de lui faire comprendre quelque chose. Des gens se trouvaient encore à l’intérieur de cet enfer. A la merci du gaz, des flammes et d’autres horreurs. L’Erel Kheg ne commandait rien de moins que d’aider ces victimes du mauvais sort. Le guerrier regarda tour à tour les deux jeunes femmes. Si elles pouvaient patienter un peu avant de sortir, il pourrait essayer de chasser plus avant le nuage bleuté et essayer de trouver d’autres survivants.

- Je vais essayer de trouver des survivants, restez près de moi ! Lança-t-il.

Adramus se concentra alors pour reprendre le contrôle de ce tourbillon de courants légers qui demeurait statique. Il leva les mains, vers la paroi de cette protection, afin d’en disloquer une partie. Des vents un peu plus puissants suivirent le mouvement des bras du mage et chassèrent gaz et flammes à la droite du trio. Adramus était contraint à faire de grands mouvements. C’était une magie peu coûteuse, mais qu’il n’avait pas l’habitude d’employer. Il grognait donc, semblait forcer sa magie pour faire mouvoir ces courants d’air purifié, chassant la souillure et les ténèbres. Tout en dispersant le mal, l’adepte d’Amisgal s’employait à avancer à pas lourds, lents, faisant mouvoir en même temps tout le dispositif de protection qu’il avait déployé. Il ne fallut pas longtemps pour que la bulle commence à englober quelques corps, morts ou peu s’en fallait, en tout cas silencieux. Cette vision fit soupirer de colère Adramus, qui continuait d’avancer malgré tout.

Pas après pas, le trio commençait à avancer vers le centre de la salle, là où devaient probablement se trouver le plus de survivants. Les cris étaient nombreux, tous succombaient à leurs peurs les plus profondes. Ils étaient impossibles à sauver… Il fallait se concentrer sur ceux qui avaient conservé, à la manière de Meylan, leur raison, de quelque manière que ce soit. Ils en trouvèrent quelques uns. Des enfants de Khugatsaa, d’Amisgal, de Süns. Peu de Daënars, car ils n’avaient aucun moyen de se protéger de l’arme chimique, en sus de la magie de l’Architecte. Au fur et à mesure de leur progression, Adramus sentait tout de même que ce bouclier commençait à lui peser. Comme un poids de plus en plus lourd sur ses épaules. Mais la vision d’une énorme bulle de flammes circulant, tout comme eux, au milieu du charnier l’étonna suffisamment pour qu’il oublie sa fatigue. La troupe de, maintenant, une dizaine de survivants l’imita dans sa surprise. Le guerrier n’eut d’autre choix que de prendre les devants face à cette chose étrange, une de plus en ce jour. Recommençant à prendre le contrôle des courants invoqués, il ordonna à ces derniers de percer cette paroi de flammes pour voir ce qui se trouvait derrière.
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Eskarina Hellaraxë
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Jeu 1 Fév - 22:15
Irys : 302604
Profession : Assassin
Guilde +1 (femme)
Eskarina regardait d’un air circonspect sa « sauveuse » jeter de la nourriture sur la statue. Elle ne savait pas si elle était amusée ou bien affligée par la jeune femme. Elle avait un instant pensé qu’Ophélia l’aiderait, mais cet espoir l’avait à présent quittée. Déjà, lorsque la jeune femme l’avait attirée vers la salle du discours, à l’opposé de la porte, Esk avait commencé à douter. Et là voilà qui se donnait en spectacle en jetant des mignardises sur cette pauvre statue. Tout ce qu’elle réussirait à faire avec un tel comportement, c’était se faire embarquer par la sécurité, sans offrir au jeune assassin la distraction dont il avait besoin. Ce n’était pas en jetant des petits toasts sur une statue que la sécurité allait se retrouver suffisamment déstabilisée pour laisser la porte sans surveillance. C’était le genre d’anecdotes ridicules dont on rit à gorge déployée en y repensant. Mais encore fallait-il qu’elle vive assez longtemps pour pouvoir la raconter. Elle considérait Ophélia d’un oeil blasé. Ils auraient besoin de quoi ? Deux, trois grades pour embarquer la jeune femme ? Et effectivement, trois gardes ne tardèrent pas à fendre la foule pour saisir la jeune femme, l’emmenant sans difficulté et mettant fin à son esclandre. Eskarina suivit du regard les hommes qui trainaient Ophélia jusqu’à ce que la foule avale le petit groupe. Elle regarda autour d’elle, les gens regardaient eux aussi dans la direction dans laquelle les gardes avaient emmené Ophélia, en chuchotant d’un air choqué. Eskarina soupira et secoua la tête. Il fallait qu’elle s’éclipse rapidement, sinon les regards se porteraient sur elle, qui avait discuté avec la troubleuse de fête juste avant qu’elle commence sa comédie. Elle ne devait pas plus se faire remarquer. Elle allait encore devoir se débrouiller toute seule. Dans son égarement, elle avait fait confiance à une parfaite étrangère, et lui avait même laissé la direction des opérations, se reposant sur elle. Voilà ce qu’elle en retirait… Remarque, ça aurait pu être pire.

Il fallait tout de même qu’elle sorte. Et ce ne serait pas par les portes, clairement. Il ne lui restait plus que les jardins. Eskarina se dirigea donc dans la direction de la verrière qui permettait d’y accéder. Elle s’était à peine mise en mouvement lorsqu’elle rencontra soudain la résistance de la foule, qui allait en sens contraire pour se diriger vers l’estrade et écouter le discours. Sa progression était de plus en plus lente, elle reculait même parfois. Elle allait se sentir à nouveau mal. Prenant une grande inspiration et secouant la tête, elle serra les dents et continua à forcer pour atteindre la précieuse porte. Enfin, le mouvement de foule cessa et Esk put, moyennant quelques coups de coudes, se faufiler à travers la foule.

Elle était presque arrivée à son but, étouffant de chaleur sous son manteau, lorsque un souffle dans son dos la projeta contre l’homme qu’elle s’apprêtait à dépasser. En quelques secondes, avec une sorte d’effet domino, les personnes autour d’Eskarina s’effondrèrent. Il y eut un moment de calme, puis des cris retentirent. Toujours couchée sur l’homme qu’elle avait renversé, Eskarina tenta de voir ce qu’il se passait autour d’elle. C’était clairement la panique. Ceux qui avaient réussi à rester debout couraient dans la direction des jardins - sa direction - en piétinant ceux au sol. Eskarina les regardait s’approcher, dans une terreur qui la clouait au sol, et eut la surprise de les voir s’effondrer mollement, comme par enchantement, en hurlant d’une terreur qui étrangement, paraissait encore plus violente que celle qu’avait provoquée l’explosion. Esk eut à peine le temps de noter ce détail curieux, lorsque tout devint noir. Elle était dans le couloir. Encore ce rêve. Les parois étaient tellement étroites ! Elle suffoquait déjà, lorsqu’elle entendit les bruits de pas, la course. Ils la poursuivaient. Comme toujours, elle se redressa d’un coup, et se retrouva nue. Le froid glacial qui la saisit contrastait horriblement avec la chaleur qui l’oppressait encore quelques secondes auparavant. Les bruits se rapprochaient, elle allait mourir, elle ne pouvait pas y échapper. Elle se mit à courir. Ses jambes étaient atrocement lourdes, comme si ses pieds étaient entravés par des chaussures de plomb. Elle était lente. Bien trop lente pour leur échapper. Le reste de la salle avait disparu, elle piétinait les corps sous elle sans même sentir leur présence. Il n’y avait que le couloir, toujours plus étroit, qui blessait sa peau et l’étouffait.

C’est alors qu’il y eut un changement dans son cauchemar récurrent : elle atteint le bout du tunnel. Se précipitant dans l’ouverture, elle déboucha dans les jardins. Elle fit à peine quelques pas, puis s’effondra au sol, se blessant sur les bouts de verres que l’explosion avait soufflés, et elle perdit connaissance, à bout de force, mais échappant de peu à l’horrible promesse de mort douloureuse du gaz toxique.




Esk parle en 33cc00
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Mary E. Burrowes
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Sam 3 Fév - 4:42
Irys : 695059
Profession : Messagère
My'trän +2 ~ Chimères


Il ne devait pas se rendre compte à quel point je le trouvais beau, lumineux en cet instant. Malgré la fatigue, malgré le malheur, malgré le sang autour de nous. Je n'avais jamais autant eu de sentiments pour ce guerrier qui nous enveloppait une nouvelle fois de son pouvoir protecteur. Rempart entre moi et l'horreur du monde comme il savait si bien le faire, tout en me laissant le découvrir. Je caressais sa joue, retrouvant avec un soulagement qui se lisait dans mon sourire, la douceur de sa barbe et la chaleur de sa peau. Tout ce que je pensais avoir perdue, et que je chérissais à nouveau, peut être encore plus.

Mary ! Tu es là… tu es là, mon amour… Quel idiot je… je pensais t’avoir perdu…
Ne pars pas... toi non plus... lui soufflai-je pour lui faire comprendre que j'avais eu la même crainte.

Je pris doucement appui sur lui, avant de comprendre qu'on nous avait interpelé. C'était encore trop tôt à mon goût pour le lâcher. J'aurais pu rester le reste de la nuit dans ses bras sans être rassasiée, mais comme toujours Adramus était beaucoup trop altruiste et fier pour se laisser aller à ses élans à lui. Il confirma que nous étions en sécurité, protégé par l'impressionnante magie de l'architecte dragon, j'eu une pensée en espérant que mes amis, restaient seuls dans le campement allait bien. Mais ce temps là viendrait après. Tournant afin la tête vers la voix, en me relevant je reconnu Meylan, que je n'avais pas encore vu plus tôt et lui sourit avec soulagement, avant de me jeter dans ses bras à son tour.

Tu dois aller voir le cercle de l'aube, dès qu'on sera sortie. dis-je en fronçant les sourcils.

Je ne voulais pas qu'il lui arrive quelque chose. Et même si l'architecte d'albâtre l'avait protégée -ce dont je n'avais en réalité aucune idée-, je la sentais essoufflée et tremblante elle aussi. La pauvre... elle qui il y a à peine quelques mois vivait dans les murs confortables de Darga. J'avais presque honte de penser que c'était quelque part ma faute qu'elle se retrouve au milieu de cette folie. Mais encore une fois, l'urgence de la situation se faisait sentir, si je pouvais ressentir vaguement les émotions des hommes et femmes, que dis-je de toute la faune du continent autour de moi, un immense cri de terreur qui me glaçait le sang à chaque fois que mon don revenait un peu plus fort, je ne pouvais pas apaiser l'esprit des survivants qui nous rejoignaient pour soulager mon fiancé. Alors, avançant à son rythme, lourd mais salvateur, j'aidais chacun à se relever. Je serrai les mains pour arrêter les tremblements de terreur. Je souriais avec douceur pour ramener un semblant d'humanité dans leur yeux. Je séchais les larmes avant un pan de ma robe. My'trans, Daénars, chevalier ou habitant du froid, il n'y avait plus aucune différence... Certains, en revenant à eux, voulaient remercier le guerrier de les sauver. Et je n'avais qu'à peine le temps de leur murmurer son nom pour plus tard avant de passer au suivant, pour ne pas le déranger quand je sentis la chaleur de la boule de flamme qu'il avait repéré.

Cette magie de renouveau et de destruction, je ne la connaissais que trop bien. D'autres personnes avaient réussi à se sortir de cette horreur. Surement ramené par la présence du griffon d'ébène ou par la force de leur volonté ? Tout était qu'il faudrait les rejoindre. En espérant que les mages reconnaissent à leur tour la magie d'Adramus, notre petit groupe se rapprochant de la flamme comme autant de papillon perdu au milieu de la nuit. C'était la même chose, si nous allions trop vite ou trop fort contre la boule de feu, je savais que nous nous brulerions ces ailes de lucidité difficilement retrouvées. Et en même temps... j'étais attentive au moindre signe de fatigue d'Adramus, qu'il s'appliquerait surement à cacher de son mieux aux autres.

Il fallait maintenant que la flamme accepte notre entrée, calmement. Lentement, alors nous pourrions les rejoindre et entre cette maîtris et cette d'Adramus, certainement trouvé une sortie sûre...


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Meylan Lyrétoile
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Sam 3 Fév - 14:57
Irys : 720336
Profession : Ménestrelle
My'trän +1
C’était incroyable à quel point un visage familier pouvait être rassurant dans de pareils moments.  Tout en se reprochant intérieurement de se reposer ainsi sur son amie, Meylan ne put empêcher une vague de calme de la submerger quand celle-ci l’étreignit.  Un instant, elle crut que ses jambes allaient la lâcher une nouvelle fois, mais elle parvint à se maintenir debout.  Elle acquiesça vaguement aux mots de Mary, prête à accepter n’importe quoi pourvu qu’ils sortent de cet enfer dans lequel ils s’étaient retrouvés.  Son calme pragmatisme habituel avait pris un sacré coup, et il lui fallait toute sa concentration pour enfin faire cesser les tremblements qui trahissaient sa récente frayeur.

Quand le guerrier leur signala de rester près de lui, elle hocha la tête mais n’essaya même pas de lui répondre verbalement.  Même si elle savait désormais qu’elle n’avait pas perdu sa voix, elle ne voulait pas que celle-ci flanche au milieu d’un mot.  Qui plus est, elle devait déjà faire assez d'efforts pour convaincre ses pieds d’avancer pas à pas et son visage de reprendre une expression reflétant un calme de surface qui masquait les sentiments qui l’agitaient en dessous.  Inspirer, expirer, se concentrer sur le flot de l’air pour chasser l’étau glacé qui lui serrait le coeur, ne pas penser au supplice qui ces corps étendus par terre avaient vécu dans leurs derniers instants.  C’était étrangement efficace, au point que Meylan eut soudain la surprise de constater qu’elle s’était presque entièrement détachée de ce tableau dont elle faisait pourtant partie.  Chacun réagissait différemment à un choc pareil.

Ce n’est qu’après un moment que Meylan réalisa que Mary non plus ne restait pas inactive.  Incarnation de l’humanité dans un environnement où on pouvait douter de l’existence d’une telle chose, elle calmait, relevait, soulageait…  C’était la première fois que la ménestrelle voyait à l’oeuvre la complémentarité entre son amie et son fiancé.  L’un les protégeait contre une mort certaine grâce à son bouclier immatériel, tandis que l’autre rendait la vie à ceux qui étaient sur le point de lâcher prise.  Un spectacle aussi fascinant qu’il était réconfortant dans leur situation actuelle.  Mais en même temps, une pointe de culpabilité commençait à transpercer la ménestrelle.  Quelle aide pouvait-elle apporter, perdue comme elle l’était face à des événements qui dépassaient tout ce à quoi elle avait été confrontée jusqu’à ce jour?

Perdue dans ses pensées elle sentit la chaleur de la nouvelle forme de magie avant d’en remarquer la lueur.  Evidemment.  Süns était probablement venue en aide à ses fidèles tout comme Khugatsaa avait protégé les siens.  Alors qu’ils reprenaient leur progression, plus lente à cause de ce nouvel obstacle à traverser, Meylan repéra un nouveau survivant à la périphérie de leur protection.  Un Daënar, probablement encore seulement un adolescent, les yeux fermés et les traits ravagés par la terreur.  Il marmonnait quelque chose sur le ton de la supplique, mais elle ne parvenait pas à en comprendre le sens tant il articulait peu.  Clairement, il était délirant et hallucinait.  Cette scène causa comme un déclic dans l’esprit de la ménestrelle.  Intuition subite ou inspiration divine?  Elle ne le saurait jamais, mais cela importait peu.  Elle s’agenouilla à côté de l’adolescent, posa ses doigts sur ses tempes de manière à encadrer sa tête, et tendit au maximum la partie de son esprit où elle puisait habituellement le don de son Architecte.  Se raccrochant aux notes réconfortantes d’une berceuse du fond des âges, elle se força à projeter un calme qu’elle était loin de ressentir, de la paix, de la sécurité…  Elle se sentait faiblir et savait que toute utilisation de la magie lui serait impossible après celle-ci tant qu’elle ne se serait pas reposée, mais si elle parvenait à aider rien qu’une personne, cela en vaudrait la peine, quitte à courir le risque de s’épuiser.  Lentement, elle sentit les brumes qui obscurcissaient l’esprit de la jeune victime se lever.  Il inspira brusquement, comme quelqu’un s’étant presque noyé, et battit des paupières.  Elle était éreintée, mais elle avait réussi.

"Laissez-moi tranquille, ne me faites pas de mal!"

Ou l’avait-elle seulement réanimé sans le débarrasser de ses chimères?  Non, c’était bel et bien elle qu’il regardait, son expression à nouveau terrorisée.  Evidemment, entre son accoutrement indubitablement my’trän et son apparence fortement mise à mal par l’explosion, elle devait lui faire l’effet d’une vision de cauchemar.  Forçant sa voix à refléter une assurance qu’elle était loin de ressentir, elle esquissa tant bien que mal un mince sourire.

"Tout va bien, tu ne risques rien.  C’était uniquement dans ta tête, on va sortir de là, ne t’inquiète pas."

Quelle étrange chose à dire après tout ce qui venait de se passer.  Mais au moins, ses mots eurent l’effet recherché, et le Daënar se rasséréna…un peu.  Voyant que le groupe avait entre-temps continué à avancer et que le bout du bouclier se rapprochait, Meylan lui tendit la main en lui faisant signe de se lever.  Heureusement, il parvenait à tenir sur ses jambes sans qu’elle doive trop le soutenir, parce qu’elle-même n’en menait pas large non plus.  Et si l’adolescent restait fermement accroché à la main de la ménestrelle comme un naufragé à un morceau de bois flotté, aucun des deux ne le remarqua.



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Hex Hekmatyar
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Sam 3 Fév - 16:48
Irys : 111596
Profession : Soldat de fer
Daënar +3 ~ Vereist (homme)
La situation était rapidement passée d'Idyllique à catastrophique et alors que les bruits caractéristiques d'une explosion s’enchaînaient, je finis par être séparé à regret d'elle mes instinct s'éveillant en même temps que le contact était rompu. Plus question de tendres sentiments, la situation venait de changer du tout au tout. Allys me prit par la main m’entraînant hors de la salle. D'emblée je vis le gaz se répandre partout et arrachant une partie de ma veste je fis un petit masque que je nouais autour de la bouche de la jeune femme avant d'en faire de même.
Ça n'allait pas arrêter le gaz longtemps, tout au plus allions nous gagner une minute ou deux, mais c'était déjà ça de sauvé.
Puis brusquement le monde changea. D'une salle de balle je me retrouvais dans une ruine, armure enfilée, et un lourd fusil en main. Ma tête casquée bougeant de droite à gauche dans ce qui était un souvenir que j'aurai du oublier de puis longtemps.
Je sentais étrangement plus d'espace qu'à l'accoutumé remarquant soudain des cheveux courts, coupé ras. Puis lentement ma personnalité s’effaça pour reprendre celle de l'époque, la ruine descendait lentement au niveau du sol et je me mis à courir pour descendre l'escalier prenant mon camarade hébété par le bras, traversant une cour jonchée de débris. Tout était en feu et saturé de cris, alors que le ciel noirci par la fumée était strié d'éclairs d'explosions. Assez rapidement , nous réussîmes à passer la porte de la ruine enjambant des débris étendus partout alors que la chaleur commençait à augmenter


Il fallait courir ! Fuir cet enfer ! Je pris Anastasia par le bras, sentant la masse métallique de son armure au travers de la mienne, et me mis à traverser le champ de tir, essayant d'échapper au trou d'obus et surtout les explosions qui rendait ce champ de bataille comme un véritable enfer.
La sortie de bâtiment se profila et nous tombèrent tous les deux dans une grande étendue de sable. La encore il n'y avait que le sang et la mort, et le bruit des mitrailleuses vrillaient mes oreilles, celui d'une explosion distante résonna encore une fois et alors que le souffle chaud des bombes tombaient autours de moi, je vis la jeune femme au sol, incapable de se relever. Mais elle n'était pas la seule, partout aux alentours je voyais des soldats en armure assistées tituber en feu, s'effondrant alors que les joints mou des armures fondaient sur eux dans d'horrible gargouillement, un jet de liquide rouge recouvrit mon visage et je reconnu le gout du sang, découvrant un nouveau soldat au sol étendu devant moi. Ce soldat je l'avais déjà vu côtoyé, et aimé.
Priscillia, la jeune femme blonde qui m'avait pris sous son aile quand j'étais encore un petit soldat aux cheveux courts; Sa propre chevelure blonde était souillée de sang, et je me précipitait vers elle, tachant de trouver la source de ses blessures, découvrant des éclats d'obus profondément enfoncés dans sa poitrine.
Mes mains se portèrent à un uniforme qui ne contenait pas de kit médicale, par de garrot, ou de pansement.
Je me mis hurler au milieu de nul part, horrifié par cette vision qui n'était que la répétition d'une scène depuis longtemps apssée.


-Médecin !!!!! Il nous faut un médecin ici !!!!



Mais pas un seul des fuyard ne se retourna, alors que les tirs se faisaient plus nombreux, et ces blessures n'en finissaient pas, elle finit par tousser du sang, recouvrant mon visage de quelques gouttelettes carminent qui me bouchèrent la vue. Mes mains se posèrent sur les blessures ouverte, tentant désespérément d'interrompre le flot de sang qui coulait entre mes doigts. La jeune femme agonisait au milieu d'un champ de bataille son armure éventrée et son casque arrachée, et malgré ça elle arrivait encore à me sourire.
Impossible de soigner cela et mes mains finirent par s’abîmer à force de tirer sur les plaques d'armures endommagées.
Et pourtant rien n'arrivait à m'arrêter alors que je me démenait à arracher des bouts de mes vêtements pour en faire des bandages aussi inutile que superflus, l'évidence était là et dans ce champ de mort, entouré de corps je n'arrivais pas à le voir.
L'armure même de la jeune femme rendait l’âme son système hydraulique crachant ses réserves à grand flot, inondant le sol, de liquide surchauffé, et lentement le cœur même de la machine s'arrêtait.
Et dire que j'arrivais encore à aimer ces cheveux. La jeune femme leva son bras vers moi essuyant une larme d'une main ensanglanté alors que je continuais à hurler comme un dément.

Pourquoi ces foutus médecins ne venaient pas hein ? C'était leurs rôle de sauver des gens !

Au loin on entendais d'autre cris alors que certains combattants rampaient hors des flammes leurs armures perforées s'enflammant sur leurs dos, je vis un colosse d'acier tomber raid mort alors que l'incendie interne avait tué son pilote, et des flammes avaient finis par briser les oculaires, s'échappant du casque par ces petits orifices comme un démon de l'ancien temps.

Priscilla était toujours en train d'agoniser et lentement je perdais espoir alors que sa vie la quittait lentement.

-J'ai froid Hex... je crois que je vais dormir un peu !




-NON ! Ne ferme pas les yeux, reste avec moi ! Ouvre les yeux bordel !




Je continuais à faire de mon mieux finissant par essuyer une entaille au front, recouvrant ce dernier du sang de la jeune femme, je devais ignorer le reste, le poids du fusil et celui d'une armure que je ne portais plus depuis longtemps.
Je voyais des mains de fer puis de chair couvrir les plaies alors que l'illusion prenait le pas sur la réalité, embrouillant mes souvenirs pour les rendre plus terrible encore.



-Respire Priscilla ! Regarde moi !




Le scène dura encore un petit moment alors qu'elle s'accrochait à la vie, des larmes se mirent à couler alors que je voyais l'inévitable se produire. M'effondrant presque sur son cadavre, je me mis à sangloter.



-Ne meurs pas maintenant ! Tu n'as pas le droit.... je ne saurais plus quoi faire...




Une main amicale se posa contre mon dos blindés



-Tout ira bien Hex, tu es grand maintenant non ?


La jeune femme porta une main agonisante à son visage détachant un ruban coloré de ses cheveux, me le mettant dans la main avant de murmurer.

-Je te trouverai drôlement plus mignon avec les cheveux long tu sais.

Et alors que je fondais en larme sur le torse ravagé de l'armure trouée, je ne pus que retenir ces dernières paroles, ne pouvant retenir la rage de perdre un être cher, hurlant à la mort jusqu'à ce que ma voix s'éteignent d'elle même et que je tombe au sol.
La chaleur intense n'épargnait pas pour autant mes sens, et malgré la tristesse, la retraite devait continuer. Sur des jambes tremblotantes, je fis quelques pas jusqu'à Anastasia, la prenant par le bras avant de commencer à marcher loin de cet enfer, pas question de l'abandonner elle.
Le ruban toujours dans la main, je fis mon maximum pour l'emmener loin de cet enfer





Rose x 12
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Ophélia Narcisse
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Sam 3 Fév - 20:04
Irys : 1231984
Profession : Fugitive, Meurtrière, Barmaid
Pérégrins -1 (femme)
Dans la salle où on l'avait enfermé, Ophélia s'était arrêtée de pleurer. Elle voyait toujours les visages de personnes qui lui revenaient peu à peu en tête. C'étaient des anciens clients, des visiteurs qui s'étaient mal comportés, et que Lamelle avait du punir. Tous étaient devenus si familiers, une fois qu'elle les avait reconnu. La boutiquière balançait sa tête d'arrière en avant, dénuée de toute pensée raisonnée. Son père la regardait toujours, lui parlait encore. Il disait tant de choses que sa fille ne supportait pas, tant d'infamies qu'elle s'était reprochée dix-sept ans durant, sans jamais oser croire à leur véracité. Alors, en lieu et place de ses pleurs, elle psalmodiait.

Je suis un monstre ... je suis un monstre ... je suis un monstre ...


Et la foule chantait avec la fille en trauma. Ils appuyaient ses pensées, la poussant au bord du précipice de l'insanité. Sa fragile conscience s'était brisée, seul l'instinct demeurait alors. Se réfugier, s'abriter, tenter de se protéger, tout cela n'avait mené à rien, tout cela avait été ... vain. Il fallait prendre des mesures plus parlantes, il fallait éliminer ces regards sur elle, d'une manière ou d'une autre. La dame en noir releva lentement ses yeux vairons vers son père. Il souriait encore, lui parlait encore ... toujours les mêmes mots. L'horizon était caché par les jambes des étrangers bien connus qui l'entouraient. Une fumée les enveloppait, comme un étrange halo d'une faible lueur, le gaz était rentré dans la pièce. 

Mais la marchande s'était relevée, ôtant l'un de ses talons. Elle avança vers la figure paternelle, qui reculait peu à peu, à mesure que sa fille s'approchait, chaussure en main. C'était comme si elle était blessée, sa jambe traînait péniblement sur le sol. Ses longs cheveux dérangés cachaient la cruelle expression qu'elle arborait. Son plus magnifique cauchemar venait d'ôter tout sens de raisonnement de son esprit, ne restait plus que la peur, et la volonté d'y remédier à coups de sabots. Mais son père s'écartait, il la fuyait, et, hors des capacités de perception de Ophélia, il franchit la porte. Elle ne fit qu'en pousser les gonds avec son épaule, la sentant à peine dans son délire. Et alors, seulement parvint elle à tirer un large sourire. Son père s'était arrêté, s'était tu, et il la fixait. Enfin ... il était à elle.

Tu as fini de t'enfuir maintenant ... 


Elle ne reçut qu'un rire en réponse, un ricanement froid qui manifestait tout le mépris de l'ombre. Mais Ophélia avait fini de pleurer, elle se jeta sur l'image de son père, le renversant au sol. Avec un regard dément, elle le mira pendant quelques secondes. Sa respiration était lourde, ses paupières grandes ouvertes, et ses pupilles, fines comme des perles. Elle abattit sa botte une première fois sur le visage de son père, le talon en avant. Il n'était pas nécessaire de préciser qu'elle visait les parties les plus sensibles. Et elle frappait, encore, et encore, et encore, et encore, jusqu'à ce qu'enfin, le corps déjà mort de son père ne s'arrête de bouger. Après un court instant de silence, la tenancière eut un hoquet d'excitation, comme un rire nerveux qui vint la secouer. Le ricanement se changea vite en un rire maniaque alors que la jeune fille contemplait l'atrocité de son acte. Elle avait tué son père, et elle même ne pouvait pas expliquer sa réaction.


Mais ... il y avait encore des regards sur elle ... la peur disparaîtrait lorsqu'elle les aurait tous supprimé. C'était certain, c'était certain ... Elle pencha son visage de côté, vers la droite. Il y avait tant de monde autour, et tous avaient regardé ses actions, ce qui la rendit plus furieuse encore. Dans sa rage névrotique, elle se leva du corps de son père. Tous les yeux ... elle devrait tous les crever ... après seulement ... elle pourrait respirer. 


Et la tenancière s'écarta du corps d'un pauvre convive, qui durant tout ce temps avait incarné Luër Narcisse, le géniteur d'Ophélia et qui en avait subi la furie. Sa marche vagabonde mena la jeune fille à s'écarter du centre de la salle, suivant le mouvement de foule vers les portes. Mais elle, elle ne courait pas, elle tentait simplement de rattraper ceux qu'elle considérait comme des fuyards qui comptaient s'échapper à sa haine. Car ils la regardaient encore, ils la fixaient, mais tout cela était dans son rêve éveillé, tout n'était qu'une illusion, mais elle était si réelle que la dame en noir n'en doutait pas une seconde que ce fut la réalité. Elle tuait pour éliminer sa peur, n'avait-elle pas toujours agit ainsi ? Ce n'était que quelques effusions en plus, après tout. Lorsque ce sera fini ... tout irait mieux, bien mieux.


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Ophélia s'exprime en #cc0066
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Zaël
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Dim 4 Fév - 11:34
Irys : 882224
Profession : Gharyn de Busad
My'trän +3 ~ Kharaal Gazar (homme)
Le dialogue ne menait à rien. Visiblement, Zora ne voulait remettre sa position en compte se sentant dans le droit chemin. Comment lui faire ouvrir les yeux ? Elle avait beau lui lancer des piques, même à ses commentaires les plus légers, Zaël se sentait triste pour cette personne, adepte de Möchlog, qui ne savait respecter la vie.

« Je suppose que nous n’arriverons pas à nous mettre d’accord. J’apprendrais à danser avec une autre personne dans ce cas... »

Oui, il y avait une pointe de regret dans ses mots tout comme de la tristesse face à ce regard haineux. Ne voyait-elle pas que son comportement était auto-destructeur ? Il resta silencieux et pensif jusqu’à l’annonce du discours. Évidemment sa compagne en profita pour glisser une énième déclaration haineuse. Et à quel fin ? Ça n’avait pas vraiment de sens à ses yeux.

« Si vous le souhaitez. Nous serons tous ensemble pour écouter le discours dans tous les cas. Ceux que vous nommez hérétiques aussi. »

Peut-être que l’organisateur de cet événement réussirait à toucher le cœur renfermé de la fausse brune. Il ne pouvait que l’espérer. Alors qu’ils s’approchaient des premiers rangs là où des notables et des représentants des diverses régions du monde se tenaient, ses protecteurs le rejoignirent. Aucun ne sembla reconnaître la criminelle à ses côtés. Le discours emballa tellement le primo-gharyn qu’il ne remarqua nullement le départ de sa voisine. L’explosion qui survint quelques instants plus tard vint comme une grande claque. Si ses gardes n’avaient été là et aussi réactifs nul doute qu’il aurait été pris dans les débris et dans le souffle. Là une barrière entre la scène et leur petit groupe se fit tandis que Léonie le projetait au sol, faisant une protection sommaire contre le gaz et les gravats. Puis, il se trouva entraîné par eux vers la sortie. Fendant la foule tant bien que mal. Ils avaient tous leur manche devant la bouche pour essayer d’empêcher le gaz à l’allure menaçante de pénétrer en eux.

« Ne respirez pas, évacuez la salle ! »

Il voulait rester les aider mais les protecteurs le voyaient autrement. Tout ce qu’il pouvait faire était d’essayer de faire bouger les gens autour de lui.

« Primo-Gharyn taisez vous, vous allez respirer cette chose ! »

Mais ça n’avait plus vraiment d’importance maintenant. Un terrible sentiment d’angoisse l’imprégna lorsqu’il entendit la voix résonner en lui. Il cligna des yeux et ne vit autour de lui que mort et désolation. Il était seul, impuissant à relever les victimes. Tous avaient péri. Ils s’étaient entre-tués, morts l’arme à la main et lui se tenait au milieu de ça ne pouvant que verser des larmes de désespoir face à cette désolation. Un cri muet s’échappa de ses lèvres. Alors que les ongles s’enfonçaient dans la paume de ses mains, faisant couler le sang, il s’avança, se pencha, voulant voir le visage des personnes qu’il n’avait pu sauver. Tous étaient des gens qu’il avait croisé. Des adorables comme Mary, Elizabeth, ce drôle d’étranger rencontré plus tôt ou même Léonie, au plus agaçant comme Odard ou Zora. Et là, cette femme qu’il reconnaîtrait n’importe où malgré les mois d’absence. Il ne pensait pouvoir être plus triste et pourtant il se serait arraché le cœur pour cesser de se sentir aussi mal. La chaleur des flammes ne l’atteignait pas à travers son effroi et ses sueurs froides.


x8
Code couleur : #cc00ff
Darim s'exprime en #00cc00
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Allys Terasu
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Dim 4 Fév - 12:46
Irys : 987999
Profession : Ingénieur mécanique
Daënar +1
Alors qu'elle sanglotait, impuissante face à l'inéluctable, Allys tentait encore et toujours de tirer les débris. Ses mains s’égratignèrent encore et encore jusqu'à devenir rouge sang. Et malgré tout ses efforts, son paternel ne cessait de l'apostropher inlassablement. Il ne savait faire que cela... Toujours la critiquer. Il lui donnait des objectifs impossibles à atteindre et même lorsqu'elle y mettait tout ses efforts, qu'elle y parvenait même, jamais cela lui suffisait. Et là, dans une telle situation, il continuait à se montrer aussi odieux ?

« Comme toujours, tu as beau agiter tes mains, tu ne produis que tu vent. Et c'est ça une grande architecte ? Pas fichue de se débrouillée avec quelques débris ? »
« Arrête ! »
« Aller sors moi de là bonne à rien ! »
« Tais-toi ! »
« Tu ne vaux pas mieux que ta putain de mère ! Vous allez bien de paire hein, vous deux ?! Deux lâches qui ont fuis leurs obligations envers moi. De toute manière tu auras beau essayer de prouver le contraire avec ton beau diplôme, on sait très bien tout les deux que tu ne rêve que de retrouver ta mère dans son pays de sauvages. »
« Ça suffit, stop, tais-toi ! »
« J'ai bien essayer de la soigner en l'éloignant de ses architectes mais évidemment on ne peut pas éduquer un sauvage, j'aurai du le savoir. Toi par contre j'y ai cru, au moins un peu. Mais t'es qu'une mage refoulée au final. Avoue. »
« La ferme ! » Hurla-t-elle, s'étant redressée, les mains vissées aux oreilles. « La ferme ! La ferme la ferme la ferme ! »

Abandonnant son illusion, elle se mit à courir, fuyant cet être qui blessait à ce point son cœur. Elle percuta un survivant sur le chemin, croisant son regard horrifié. C'est à peine s'il la remarqua. Il se mit à parler à voix haute vers le sol comme si quelque chose pouvait bien s'y trouver. Mais il n'y avait que des flammes et des morts autour d'eux. Retrouvant un peu ses esprits, Allys prenait conscience de l'urgence de sortir d'ici. D'autant plus qu'une nouvelle illusion s’empara d'elle.

A quelques mètres se trouvait les silhouettes de fantômes menaçants. Quatre. Munis de couteaux et l'un d'entre eux d'un revolver. Prise d'une soudaine panique, Allys se mit à courir. C'était ses bourreaux qui revenaient finir le travail... Elle les avait pourtant éliminé... Mais ils étaient là ! Ils la voulaient. Ils allaient la tuer....


« Respire Priscilla ! Regarde moi !  »

Cette voix... Allys tourna immédiatement le regarde vers sa source. Son soldat était là, agenouillé devant un cailloux. Il sanglotait, s’effondrant sur l'objet incongru comme s'il s'agissait d'une personne. Il suppliait le cailloux de ne pas mourir. Alors Allys réalisa ce qu'il se passait. Quelque chose manipulait leurs esprits ! Prise d'un soudain regain de courage elle ignora les démons qui la pourchassaient pour s'approcher de son amant. Elle lui effleura l'épaule.

« Tout va bien Hex, ce n'est pas réel. »

Il n'écouta pas, le corps secoué par de nouvelles larmes. Mais soudain il se tourna vers Allys, l'attrapant par le bras. Bien que toujours prit dans une illusion, il eut le bon sens de les tirer vers la sortie. La jeune femme s'arracha des morceaux de tissus qu'elle plaça sur son visage et celui de son compagnon.

« Ne respire pas l'air, je crois que ça nous rend fou. »



Ma couleur : #9999cc
x11
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Léonie Morret
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Dim 4 Fév - 22:18
Irys : 480814
Profession : Commandante de Busad
My'trän +3 ~ Kharaal Gazar (femme)
Léonie ne quittait pas des yeux le Gharyn, ne laissant qu’à de très rares occasions son représentant sans la moindre surveillance. La jeune femme n’était pas très à l’aise dans ce bain de foule, s’était parfaitement visible, que ce soit vis-à-vis de l’expression de son visage, de son comportement ou de son regard presque fuyant qui passait de visage en visage, qui cherchait à identifier le moindre acte suspect. Dès que quelqu’un s’approchait ou était en contact direct avec le Gharyn, la my’tränne cessait immédiatement sa surveillance global pour ne se concentrer que sur Zaël. À distance convenable, elle ne faisait absolument rien qui pourrait le mettre lui, mal à l’aise, ou trop intimiste. Les autres protecteurs eux, semblaient plus calmes, plus enclin à profiter de la soirée, malgré les rappels à l’ordre réguliers de Léonie. Plissant le regard, la protectrice n’était pas parvenue à identifier Zora, la femme recherchée dans sa région pour divers faits graves, notamment pour avoir contesté ouvertement les décisions de Zaël et du khorog, après plusieurs recherches, les actions de la flamboyante adepte de Möchlog étaient bien plus complexes et choquantes. Cependant, certainement dû au stress, aux nombres d’individus présents et à l’absence de cette chevelure particulièrement visible ne fit pas le lien entre la compagne de discussion du Gharyn et la recherchée vive.  

Quoi qu’il en soit, Léonie le suivait, toujours cette distance respectable entre eux, elle n’avait pas trouvé le courage de l’inviter à danser ou simplement à baver, préférait-elle comme toujours rester dans l’ombre de ce grand homme. Affichant un petit sourire à l’évocation du début du discours, la jeune femme eut l’illusion de croire que tout s’était finalement déroulé sans le moindre souci. Accompagnant Zaël plus justement, elle lui offrit un large sourire, heureuse de constater les quelques étoiles qu’elle pensait entrevoir dans son regard. L’homme semblait heureux, heureux de voir que d’autres personnes partageaient son rêve, heureux d’être là. Simplement. Comment ne pas être touché par celui qui faisait tant pour les autres et très peu pour lui-même. L’ambiance avait fini par se détendre, du moins, dans l’esprit de la m’ytränne qui s’autorisa quelque plaisanterie avec les autres protecteurs. Des mains sur les épaules, des tapes amicales et un fou rire pour une raison inconnue, l’ensemble des surveillants du Gharyn semblaient s’entendre à merveille et passer un bon moment. Le discours avait fini par débuter simplement, mais quelques choses clocha, une agitation un peu plus loin laissa entendre à Léonie que son Gharyn était en danger, que tout n’était pas parfaitement sécurisé. Une agitation légèrement dans le fond de la salle. Malgré l’alerte murmurée aux autres protecteurs, ceux-ci ne semblèrent pas prendre véritablement le risque en considération et c’est dans un réflexe qu’elle ne comprit pas elle-même qu’elle s’était précipitée sur le Gharyn, le plaquant sur le sol alors que l’explosion venait de se déclencher.


- « Je suis là » souffla-t-elle « Je vais vous sortir de là »

Derrière elle un mur de pierre se formait, laissant un instant de répit  à Léonie, mais surtout à Zaël qui commençait à s’agiter avec une force sans pareille, la my’tränne du faire preuve de plus de hargne pour le maintenir. Il devait comprendre qu’il était Gharyn, qu’il allait devoir abandonner des vies pour sauver la sienne, elle avait plus de valeur beaucoup plus, même vis-à-vis de sa propre vie. Pendant la seconde qui suivit, seconde où le Gaz ne pénétra pas encore la protection qu’elle avait formée, la jeune femme lui murmura ce qu’il allait se passer à quel point, elle comptait sur lui pour lutter, pour sauver sa vie à lui et pas celle des autres. Autour d’eux les cris n’avaient de cesse de se faire entendre et même à présent le feu commençait à se reprendre. La my’tränne sentie des larmes monter à ses yeux, qu’elle tentait de refouler tant la pression de ses muscles et sa conscience lui paraissait douloureux, tant elle avait l’impression d’échouer, l’impression que son heure était arrivée et que sa dernière mission n’était autre que de lui sauver la vie, que d’offrir sa vie pour celle d’un homme important.

- «  Zaël vous allez vivre, vous n’allez pas sauver les autres. Vous allez sauver votre vie de Primo-Gharyn et sécuriser la région par la suite. Je ne sais pas ce qui se passe, mais j’entends des mots. Ne respirez pas le Gaz, je vous en prie… »

Le dos de la jeune femme était martelé de plaie, une plaie sur son front commençait à dégouliner d’un horrible mélange rougeâtre alors que la vague d’illusion la touchait de plein fouet. Elle n’allait plus pouvoir lutter, elle le savait. Pourtant il fallait le sauver, le sortir de là, l’aider lui. Elle lui offrit un sourire rassurant, dernière image, dernière action dont elle se sentie capable de faire. Le mur derrière elle, érigé par ses soins s’écroula au même moment où son esprit céda ne la laissant plus que seule face à ses pires craintes. La peur d’échouer, la peur de le perdre lui, celui pour qui elle avait décidé de dévouer sa vie. Sous elle n’était plus qu’un cadavre brûlé, défiguré, inerte et c’est bien un hurlement qui s’échappa de ses lèvres. Le jugement de ses parents n’avaient de cesse que de se faire entendre alors que tout son être lui donnait l’impression de la brûler, elle toussait ne parvenait plus à se situer, mais refusait de lâcher ce corps, de lâcher cette main qu’elle avait tenue avec force en offrant un dernier sourire. Il ne pouvait pas être mort, ce n’était pas possible, ce n’était pas la réalité. Pourtant les larmes, les brûlures, les débris incrustés dans sa chair, eux étaient bien réels. Complexe. Douloureux, un nouveau hurlement s’échappa de ses lèvres, alors que le corps sans vie du Gharyn lui donnait l’impression de se relever, de la juger lui aussi. Il lui hurlait qu’elle était une incapable, qu’il ne l’aimait pas, qu’elle n’était qu’un déchet inutile et elle, elle sombrait davantage alors qu’elle cherchait en vain à retrouver la sortie. À fuir.

- «  C’est pas vrai… » souffla-t-elle les sanglots dans la voix «  J’ai toujours été là… C’est pas réel, vous ne pouvez pas penser ça, c’est pas réel »

Elle lui disait ça, avec force, détermination. Et puis l’homme qui n’était même plus réellement capable d’identifier comme un Gharyn continua s’acharna avec des phrases cruelles, terminant par celle-ci, qui finassa de briser la jeune femme «  Je suis heureux que tu sois morte, Léonie. » La colère avait fini par céder sa place à la tristesse, la peine, l’envie d’abandonner, ses doigts se desserrèrent de la main bien réelle du véritablement Gharyn qu’elle tenait encore tout en progressant sans le savoir dans la bonne direction. Léonie ne parvenait plus à prendre en considération le fait que tout ceci était un montage de son esprit, ne parvenait plus à prendre en considération que tout ceci était faux. Pourtant dehors, après plusieurs longues minutes, doucement, elle retombait lentement dans le réel. Les jambes en sang, sa tenue ne ressemblant plus à grand-chose, avisant cette main tenant encore celle du Gharyn dans un état similaire au sien. Il était vivant, elle plus vraiment, du moins, elle n’en savait pas grand-chose, tout son corps était douloureux. Relâchant ses doigts, elle le relâcha définitivement alors qu’il était à l’extérieur, sauvé. Du moins à ses yeux, elle lui murmura lentement :


«  Si vous êtes en vie, alors, vous avez raison je peux mourir. » sa phrase était saccadée par une quinte de toux.

Du sang coulait de sang nez, de son front, de ses oreilles et des multitudes plaies et brûlures présentes sur son corps, le pire étant réellement son dos et la paume de ses mains. Peu importe, il était vivant elle avait réussi et cette unique sensation lui permit de s’autoriser à abandonner, à arrêter de se battre. Offrant un dernier sourire rassurant. Léonie sombra, brusquement, ne restait plus qu’à savoir si ce sommeil forcé allait être définitif. Elle était dehors, lui aussi, le gaz ne pouvait plus l’atteindre à présent, mais les blessures sur sa peau sur son corps méritaient des soins importants et surtout rapidement.


Léonie vous parle en #ff9933
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Laura L. Greyson
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Mar 6 Fév - 7:03
Irys : 564119
Profession : Ingénieure aéronautique
Daënar +2 ~ Alexandria (homme)
ϑϑϑϑ La soirée avait un côté presque trop parfait. La paix entre My'trä et Daénastre, un symbole flashy et doré, qu'on agitait devant les yeux de la population comme une récompense mérité. Une promesse de polichinelle, un simple artifice, pour cacher tout le reste. Chose inutile, un but idéaliste et stupide qui serait écarté dès que les intérêts d'une nation ou d'une autre n'en aurait plus besoin. La guerre est un formidable booster pour l'économie après tout. Et la grande nation de Daénastre, aussi respectable soit elle, aime l'ambition comme le goût que lui apporte le sang de la revanche. Si l'on oublie tout cela seulement, on peut profiter de cette soirée. S'étourdissant de bons alcools et de mets raffinés. De bons mots, de belles attentions, des sourires qui s'effaceront peut être dès le pied posé chez tout un chacun.

ϑϑϑϑ Laura ne cherche même pas à penser à la politique ce soir. Elle rit s'amuse, se détend. A quoi bon ? Elle n'écoutera certainement pas le discours plein de bonnes intentions de monsieur Wilson. Elle le connait déjà, presque par cœur. Ou du moins son ombre qu'elle entend parfois dans les soirées de la capitale. Peu importe. La seule chose qui la contrarie, c'est cette idiote quarantaine qui l'empêche soudainement de quitter le bal pour profiter un peu plus de son cavalier. Un contre-temps qui tombe mal. Une épine qui se niche dans son pied lorsqu'elle repense à l'avertissement fugace de son employeur sur le stand qui portait son nom. Ne pas être trop proche de monsieur Wilson durant son discours. Certains auraient pu prendre cela comme une manœuvre politique de la part de monsieur Strauss. Une insertion de l'industriel dans des affaires qui ne le regarde qu'à moitié. Ceux-là n'aurait pas connu cet homme comme elle.

ϑϑϑϑ Prenant le partie de rester, à contre courant de la foule. Immobile prêt de la sortie. Comme un couple de bonn éducation, attendant simplement que les agents de sécurité face leur travail en fouillant celles qui semblaient vouloir sortir avec un attirail.. assez peu conventionnel pour ce genre de soirée, il fallait l'avouer. L'ingénieur discutait toujours avec son ami, à cette distance, il n'était absolument pas gêné par ce qu'il se passait autour d'eux. Du moins pas jusqu'à l'explosion qui arracha malgré tout à Laura un cri de surprise. Connaître les activités de certains, les soupçonner ou les deviner est bien différent de les voir se réaliser sous vos yeux. Projeter contre le mur par le souffle, elle sentit le fonctionnaire attraper sa main pour passer cette fois le barrage désorganisé de l'entrée. La panique, les cris des gens courant pour fuir l'horreur l'étourdissait plus qu'elle ne l'aurait cru.

ϑϑϑϑ L'ordre de son compagnon tomba à une cinquantaine de mètres de l'édifice. Toutes la soirée avait perdu de sa superbe, les fuyards s'éparpillaient dans les jardins, le bâtiments aux vitres soufflés semblaient avoir été éventré. Restez là ! Lui avait il dit avant qu'elle ne le retienne, il ne pouvait pas y retourner. C'était un homme important lui aussi. Et si elle admirait l'altruisme de sa première réaction, elle ne pouvait raisonnablement pas le laisser y retourner. Ça allait contre tout ses principes propres. Cet opportunisme cultivé depuis l'enfance. Non ils devaient restés en sécurité tous les deux...

ϑϑϑϑ Mais la raison s'effaça bientôt. Une force encore plus terrible était à l'oeuvre. Un cri de désespoir qu'elle n'avait pas pu entendre d'aussi loin avait répandu un poison bien plus pernicieux sur le continent. Elle se sentie frémir de peur avant même que quoique ce soit apparaisse sous ses yeux. Elle tenta de se ressaisir en passant une main sur son visage avant de s'arrêter nette. Ca... c'était impossible. Totalement impossible ! ce n'était pas sa main. Ses mains ne tremblaient pas comme ça, n'étaient pas si ridées, si cassantes. Comme celle d'une vieille femme qui n'arrivaient même plus à tenir son réduire. Elle se tourna vers la deuxième avec ce même aspect de parchemin, ce même tremblement totalement incontrôlable et soudain son grand père la saisit par les bras. Elle sentait les larmes coulaient le long de ses joues, mais lui allait être rassurant. Elle était sûre qu'il trouverait une solution, n'est-ce pas ?
ϑϑϑϑComme ça c'est réglé... tu ne feras plus rien, tu n'es même plus capable de tenir un crayon.
ϑϑϑϑ La sentence était si brutale, si emprunte de ce ton de déception exempte de compassion, qu'elle lui coupa le souffle. Elle trembla de plus belle en faisant mine de faire un pas vers l'arrière alors qu'il l'empêchait de bouger. Pourquoi ? Elle n'avait jamais été comme ça ? Pourquoi est-ce qu'il la regarder avec ce regard vide ? Pourquoi il n'essayait pas au moins un peu de la réconfortée, alors qu'elle avait toujours tout fait pour qu'il soit fière d'elle. Elle était devenue la meilleure ! Elle le savait ! Ce n'était pas des... des mains qui allaient l'empêcher de penser aux meilleurs mécanismes, au meilleurs solutions. Il lui... suffirait d'engager quelqu'un.
ϑϑϑϑQuelqu'un qui en aura tout le crédit ? Quelle classe Laura... c'est encore plus ridicule.
ϑϑϑϑ Son sourire se tordit en une grimace de mépris devant laquelle elle ferma les yeux de colère contenue. Il se passa un temps considérable avant qu'elle ne sente cette pointe de fierté qui la piqua au cœur. Elle y arriverait ! Peu importe la peur qui lui tordait le ventres, les tremblements incontrôlables. Elle survivrait à n'importe quoi ! Et elle deviendrait encore meilleure que lui ! Pour lui faire ravaler ce sourire qu'il avait osé lui servir après toutes ces années d'amour !
ϑϑϑϑJe t'interdis ! Tu n'es pas ... la fin de la phrase s'évanouit alors qu'elle tombait sur les cailloux du chemin.
ϑϑϑϑ Il avait simplement disparu... ou plutôt... c'était évident qu'il n'avait jamais été là maintenant. Elle s'était battue, pendant peut être une heure avec quelque chose qui n'existait même pas. Le visage dans les cailloux, la fière ingénieur ou un sourire plein d'ironie et de rancune. C'était si stupide. A défaut d'autre chose, elle prit la main de François évanoui à côté d'elle, attendant que les secours arrivent. Elle n'aurait pas la force de se relever avant de toute manière..



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Zaël
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Mer 7 Fév - 9:48
Irys : 882224
Profession : Gharyn de Busad
My'trän +3 ~ Kharaal Gazar (homme)
Il eut l’impression de se réveiller d’un cauchemar pour replonger dans un autres. Ils étaient sortis sans qu’il ne s’en rendit compte. Hébété, il voyait la foule se déverser des portes derrières lui pour ceux qui avaient la chance de le faire. Tous n’étaient pas mort comme dans sa vision, personne ne tenait d’arme mais rien n’allait. Ça se bousculait dans tous les sens pour fuir autant le feu que les images. Personne n’était vraiment indemne. D’ailleurs, maintenant que l’illusion ne l’enfermait plus dans un monde désolé, il sentait les brûlures sur la partie gauche de son corps, il ressentait la difficulté à respirer.

«  Si vous êtes en vie, alors, vous avez raison je peux mourir. »

Hein ? Comment ?!

« Nooon ! »

Surtout pas ! Il voulait que ça s’arrête. Il essaya maladroitement de rattraper la jeune femme mais la réalité se rappela à lui. Son corps aussi avait subi des dégâts, avait été durement malmené. Il ne pouvait rien faire, pas plus empêcher sa protectrice de s’écrouler que lui même de tomber et encore moins retourner à l’intérieur pour aider tout ce monde à s’en sortir. Tout ce qu’il réussit à faire, c’est un petit mur autour d’eux pour éviter de se faire piétiner. Pitoyable. Il n’avait même pas pu faire quelque chose pour les trois protecteurs l’accompagnant, c’est eux qui l’avaient sauvé, traîné. Il y en avait une en piteux état à côté de lui et deux autres manquants. Il aurait dû se lever pour aller les chercher mais il n’en avait pas la force.

« N’abandonnez pas... »

Ce n’avait été rien de plus qu’un murmure roque adressé à la femme inconsciente, à lui-même et au monde. Ses derniers mots avant de sombrer dans le noir de l’inconscience là, étendu à côté de Léonie, un bras en travers de son corps comme pour protéger celle dont c’était la vocation. Plus rien ne dépendait de lui.


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Althéa Ley Ka'Ori
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Mer 7 Fév - 21:38
Irys : 795234
Profession : Guérisseuse du Troisième Cercle
My'trän +2 ~ Suhury
~ A l'extérieur avec Zora, finit auprès de Léonie & Zaël ~


Les nuances azurées se disputaient au flou de l’inconscience, mais une magie rassurante s’infiltrait dans ses veines, et stimulait sa foi. Deux apparitions effrayantes, ombragées, chimériques, surgirent parmi les volutes pour décourager la progression des deux disciples de Möchlog, mais le peu de raison qu’il lui restait lui enjoignait d’avancer ; tout n’était plus que délire de la pensée. Gaz, gaz, gaz, sonnait comme le tic, tac, tic, tac de l’horloge biologique. Le feu environnant symbolisait le crématoire qui rendrait à néant son corps affligé, les illusions représentaient la mémoire qui l’achèverait. Avant qu’elle n’en prenne conscience, elle humait à nouveau l’air frais et moqueusement paisible de la nuit. Dans ce havre relatif de tranquillité, pourquoi, alors, son mal persévérait-il ?

Luka, Faye et Lizzie étaient hors de vue, mais elle avait au moins la satisfaction de s’agripper à Zora. Ses membres tremblaient de façon incontrôlable, ses yeux s’humidifiaient sans son aval, elle tomba à genoux sur le sol. Elle voyait Selph, elle voyait les morts, en souvenir et tout près d’elle, des sensations mémorielles et des éléments matériels de sa réalité. La chute d’adrénaline réveilla une douleur intense à la main, et elle gémit soudain, portant sa main saine à celle rougie, presque noircie par les flammes. Les auréoles rougeâtres paraissaient de braise, mais elle ne savait plus dire ce qui découlait de la réalité ou de l’invention de l’esprit. En revanche la douleur réprimée jusqu’alors par l’urgence était bien réelle, et elle s’exprimait au centuple. La tête lui tourna. Gaz, gaz, gaz. Elle inspira une goulée d’air, battant des paupières pour se maintenir éveillée. Les effets perduraient, la peur rongeait son jugement. Elle en avait conscience, et pourtant cela ne suffisait pas à vaincre sa terreur. Mais une peur plus rationnelle l’animait, celle de perdre l’usage de sa main, et elle s’adonna toute entière à la soigner.

    « …Cercle ! Sauvez-la, pitié, sauvez-la ! »


On lui secouait l’épaule, celui où le brassard de guilde était noué. S’était-elle assoupie quelques secondes ? Ses pensées manquaient cruellement de cohérence. Elle jeta un regard éteint à celui qui l’interpelait. Une femme inconsciente mais où palpitait encore un semblant de vie, avait été allongée presque sur ses genoux. Sa main encore sensible fut abandonnée par la fonctionnelle. C’est sur cette dernière qu’elle se rattrapa de justesse dans sa quasi-chute tête la première, alors qu’elle souhaitait simplement se pencher pour examiner la blessée. Son corps si fébrile la trahissait, et des démangeaisons affreuses lui parcouraient la peau. Elle transpirait et grelotait de froid, elle voulait à la fois voir, toucher, et sombrer dans l’assoupissement des sens. Un nouvel appel paniqué la força à se redresser pour examiner l’épouse en souffrance. Elle mit plus de temps à comprendre ses symptômes qu’il ne lui en aurait fallu pour la guérir usuellement. Des minutes durant, elle combattit son malaise pour insuffler un peu de vie dans le corps inanimé.

    « Elle va survivre, parvint-elle à énoncer, la voix rauque et le rythme aussi lent que si elle ne s’exprimait pas dans sa langue maternelle. Tenez-lui chaud… mais loin des flammes, prenez garde aux flammes ! Je suis navrée, mais l’enfant était déjà mort.
    - L’enfant ?
    - L'en… le… »


Elle déglutit. Toutes ses facultés l’avaient-elles quittée ? Evidemment qu’il ne savait pas pour l’enfant ! Et maintenant, elle venait de lui annoncer de la pire des manières que l’enfant dont il ne connaissait pas encore l’existence s’en était allé, avant même qu’il ne le réalise être parent.

    « Je… suis désolée. Il est mort, elle fera une fausse-couche dans la nuit. Vous ne pouviez pas savoir, il avait moins de deux mois. »


L’écoutait-il seulement ? Choisissait-elle les bons termes ? Elle l’ignorait ; elle s’en moquait. Il lui fallait s’occuper l’esprit pour ne pas sombrer dans les sentiments néfastes, pervers qui la courtisaient. Elle ferait ce qu’elle faisait de mieux : soigner. « Laissez-moi seule » murmura-t-elle aux morts qui la suivaient dans chacun de ses pas chancelants. Les deux alliées avaient été parmi les premières à sortir de la salle de bal, puisqu’Althéa s’était précipitée vers les portes avant même que l’explosion n’ait retenti. Beaucoup n’avaient pas la chance de s’être extirpés des cauchemars du gaz bleuté, lutant encore dans un champ de bataille enseveli par les cadavres inertes. A l’idée d’y retourner, une peur viscérale lui parcourut le corps et elle se sentit l’âme du plus lâche des déserteurs. Luka, Faye, Lizzie. Elle cligna des yeux, une fois, deux fois, des cris sourds, ou assourdis, parvenaient à ses oreilles. Tout opérait au ralenti. Elle vit une femme très grande s’écrouler à quelques pas d’elle, et un homme à sa suite. Un homme qu’elle connaissait. Ou pas vraiment.

    « Zora, c’est… l’homme à qui tu parlais ? »


Althéa avança dans leur direction, frissonnante, presque à contre-courant des rares réfugiés qui s’éloignaient autant que faire se peut de l’épicentre du désastre. Bousculée, hésitante, elle se rendit à leur emplacement supposé. Elle voyait à présent le mur érigé, et le couple abrité tout contre, dans une pause romantique, presque esthétique malgré l’aura de désolation qu’il en émanait. Elle tendit une main salvatrice vers eux, car l’appel de la magie l’attirait vers ces blessés my’träns. Aussi égoïste fut-elle dans ses démarches, elle vénérait sa patrie, et par-dessus tout, adorait son architecte. Mieux, elle adulait ce phénomène exceptionnel qu’était l’Existence, cette création divine à laquelle les humains avaient fait injure ce soir-là. Ces individus qui rendaient leur dernier souffle constituait un affront à Möchlog. Il leur avait donné une heure ultime, avait pourvu une cause à leur trépas, et une poignée de vicieux avaient décidé d’aller à l’encontre de ce destin en les tuant prématurément.

Une Daënare en détresse se mit soudain à crier tout près de son oreille, tentant vainement de lui mettre un corps d’adolescente dans les bras. Naturellement, l’adepte de Möchlog le refusa. Althéa ne parvenait pas à assimiler ce qu’elle lui hurlait dans les tympans, et elle eut la sensation que son corps s’acharnait à vouloir faire partie d’une dimension parallèle, où tout ce monde n’existait pas, faite de terreur, de mort et de solitude seulement. Aussi sa main massa sa tempe dans l’espoir de recouvrer quelque clarté d’esprit, mais ce geste ne fit qu’augmenter son mal de crâne lancinant, sans rien faire pour les tremblements qui la parcouraient toujours.

    « Elle est morte. Elle est déjà morte ! fit-elle faiblement. »


La mère furieuse la poussa en arrière, et malgré le fardeau dans ses bras, le coup parvint à surprendre l’équilibre précaire d’une Althéa affaiblie par les circonstances. Elle tomba à la renverse, ne résista pas à la poussée. Allongée derrière le couple, derrière le mur de protection, elle demeura immobile, soudain très prompte à l’inaction, à laisser les résidus du gaz dans son corps faire son œuvre. Des spasmes faisaient frémir sa peau, et elle contempla l’ampleur de la catastrophe qui se dissipait progressivement autour d’elle, seulement pour en révéler une plus grave encore. Une horreur bien plus austère, de celles qui suivent toute hécatombe. De celles à l’odeur funèbre et écœurante.

Ses iris ambrées se posèrent sur les victimes, les miraculés comme les damnés. Pourquoi un tel affront ? songea-t-elle. Le mot se perdit en échos douloureux dans ses pensées. L’œuvre de son guide était massivement bafouée. On leur avait fait le cadeau de la Vie, mais quelqu’un avait sciemment éperonné la Mort. L’équilibre entre les deux était brisé par la simple bêtise humaine. Lasse, elle se redressa péniblement en position assise, et croisa du regard l’homme dont elle avait soigné la femme plus tôt. Fou de joie d’avoir sauvé sa dulcinée, qu’il serrait dans ses bras, et ne comprenant pas encore l’ampleur de son deuil, il rameutait les blessés vers elle. Il voulait partager son bonheur d’avoir aidé son épouse, et poussait l’altruisme bien trop loin au goût d’Althéa.

Elle se sentit éprouvée face à l’ampleur de la tâche à venir. Se rendait-il compte des efforts qu’il lui imposait ? Son regard se posa sur le couple tout près d’elle, et sur les brûlés, les angoissés, les éprouvés qu’on lui ramenait. Elle déploya sa magie pour leur glisser la promesse existentielle, pour les inviter à se battre avec elle. Plus que l’amour qu’elle lisait dans la posture de Zaël et Léonie, et les pleurs et la peur de ceux assez rationnels pour organiser le sauvetage de leurs proches - et parfois d’inconnus -, c’est la transcendance de Möchlog dans chacun de ces êtres qui l’émut. Elle les soignerait un à un s’il le fallait, au nom de son Architecte. Et pour se sauver elle-même des abysses du sommeil éternel. Toutefois, en son état, l’intervention de son architecte aurait été bienvenue, et elle se surprit à prier, en même temps qu’elle commençait à guérir les corps du couple à ses côtés.

    « Dansent les âmes libres,
    Au regret des êtres éteints,
    Perdu, le juste Equilibre,
    Par le Destin feint.

    L’enfant qui t’a choisi pour père,
    Déplore de voir pleuvoir ces corps,
    Une fidèle au cœur de pierre,
    Pleure les mourants vivant encore.

    Entends ma supplique, écoute leur supplice,
    Möchlog, saisis sans vice,
    La puissance de mon bras,
    La ferveur de ma foi.

    Compense les morts, qui sont mille,
    En rétablissant les fébriles,
    Ou accorde ta clémence,
    En abrégeant leur souffrance.

    Préserve la Vie que tu chéris,
    Empêche la Mort donnée à tort.
    Humblement à genoux, Möchlog, je t’implore,
    D’harmoniser l’essence injustement cueillie.
    »


Dernière édition par Althéa Ley Ka'Ori le Sam 10 Fév - 20:41, édité 2 fois
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Hex Hekmatyar
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Ven 9 Fév - 19:43
Irys : 111596
Profession : Soldat de fer
Daënar +3 ~ Vereist (homme)
Quelque chose me tira de ma réanimation, quelque chose ou quelqu'un que mes yeux refusaient de voir. Cette mains effleura mon épaule déclenchant un réflexe de panique alors que mon esprit embrouillé peinait à reconnaître la femme que j'aimais.
Elle plaça un morceau de tissus contre mon visage et si le pris d'abord comme une tentative de m'étouffer, ce simple petit morceau de tissus imprégné de son parfum me fit brièvement apercevoir le monde tel qu'il était avant que je ne replonge, tirant la jeune femme toujours plus loin hors de la zone dangereuse.
Je pensais l'éloigner des ennemis, sans me rendre compte que finalement je l'éloignais d'un autre danger.

Finalement, je sentis un violent coup contre ma joue, ce dernier me faisant saigner des lèvres et me forçant à cracher un peu de sang au sol qui avait encore changé de texture. Finit le chaos, et je retrouvais mes cheveux aussi long qu'avant, passant une mains sablonneuse et noircie par les flammes dans une mèche de cheveux blond cendrés avec un soupir de satisfaction.
Je me tournais vers Allys, reconnaissant enfin la jeune femme pour qui elle était, un regard plein d’incompréhension pris place dans mes yeux alors que je peinais à trouver l'explication à tout cela


-Mais bordel.... il c'est passé quoi pour que....


Les mauvais souvenir toujours en tête, j'observais les traces dans le sable qui nous avaient fait sortir de cet enfer, car oui on pouvait l'appeler ainsi, le hall de verre avait été soufflé et plus aucune vitre n'étaient à leurs place, l'ensemble brûlait affreusement et les flammes d'un apocalypse naissant se faisaient jour partout sur la structure me conduisant à tomber au sol en signe d’hébétement.
Que pouvait-il bien s'être passé ?
Je pris la main d'Allys oubliant mon état pour me concentrer sur le sien, détaillant ses membre pour m'assurer qu'elle n'avait rien, la regardant avec des yeux écarquillés.
Beaucoup de gens fuyaient dans tout les sens ,certains retournant dans le brasier d'autre cherchant à s'enfouir sous le sable, certains restaient juste sur place, le regard dans le vide
L'exposition était terminée, et le symbole de l'union des peuples voulu par Gustave Wilson avait été soufflé.
Cela me donna l'image d'une petite bougie soufflée par une tempête. Je finis par me tourner vers la jeune femme, ne sachant trop quoi faire



-Et..... et maintenant... que fait-on ?



Il n'était déjà pas facile de sortir des hallucinations, mais reprendre pleinement conscience de soit même était encore hors de ma portée, et étrangement je m'accrochait à la douleur sourde dans ma mâchoire pour rester conscient de ce que je faisais. Il ne nous restait plus grand chose et seul un miracle aurait pu éteindre les flammes qui ravageaient l'exposition universelle.
Et même si nous étions capable, qui pouvions nous bien sauver à nous deux ?
Pour moi tout cela était devenu une cause perdu, et survivrait qui pourrait dans cette débandade, il ne nous restait plus qu'à faire comme tout le monde car plongé dans ce chaos nous n'étions pas prêt de faire quoi que ce soit d'utile




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Allys Terasu
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Sam 10 Fév - 16:50
Irys : 987999
Profession : Ingénieur mécanique
Daënar +1
~ Avec Hex, Ramassant Laura au passage. ~

Malgré les précautions d'Allys et ses mots, Hex semblait encore ailleurs. Il était en proie à une panique inexistante. Certes, il y avait urgence, mais le soldat avait la vision trouble. Perdu dans sans mirage, il les attiraient dans la mauvaise direction. Malgré les efforts de la jeune femme, rien n'y fit, il ne l'écoutait pas. La seule solution qui lui restait était de lui remettre les esprits en place. Brutalement.

Une claque, que dis-je, un violent coup de poing s’écrasa sur la joue de son amant. Le geste était désespéré. Jamais sinon elle n'aurait osé lever la main sur lui. Mais, brusquement, Hex arrêta de la tirer. L'air hagard, il leva alors les yeux sur la jeune femme.


« Mais bordel.... il c'est passé quoi pour que.... »
« Je suis désolée, je n'avais pas le choix, tu... Tu ne m'écoutais pas ! »

Les pupilles dilatées par la peur, Allys lui décochait un regard tout aussi désemparé. Elle s'agrippa à sa main, comme pour se redonner de la force. Au milieu de cet enfer de flammes et de mirages, l'ingénieure tentait désespérément de garder l'esprit ancré dans la réalité et plus spécifiquement sur une chose : Ils étaient là, bien réels, en vie, et il était hors de question qu'ils ne s'en sortent pas.

« Et..... et maintenant... que fait-on ? »

Devant l'air perdu et hébété de soldat, Allys prit la seule décision qu'il s'imposait. Reprenant son masque d'impassibilité, elle chassa ses peurs, ses craintes, ses douleurs, les rangeant bien profondément en elle pour n'afficher qu'un air déterminé.

« On sort d'ici. Vivants. Tu t'accroche à moi, à ta douleur, surtout ne te laisse pas gagner par la peur, c'est compris ? »

Cette fois c'est Allys qui menait la marche. Elle jetait des regards autour d'elle, mais tâchait de ne pas craquer. Il y avait tant de morts, l'odeur immonde de la combustion de certains lui procurait des haut le cœur mais elle les ignora. Les blessés... Certains étaient condamnés... D'autres, en proie à leurs illusions seraient impossibles à ramener à la raison. Et ils n'avaient pas le temps. Combien de temps même leur restait-il ? L'air était irrespirable. Rien qu'un poison pour le corps et l'esprit. Il fallait juste avancer, au mépris des obstacles, des débris tranchants, des flammes qui ne désiraient que de mordre leur chair... Avancer. Jusqu'au bout. Jusqu'à une sortie. N'importe laquelle !

Et puis, sur le chemin, il y avait cette femme. Une  maigrelette brune dont les yeux noirs bordés de jaune croisèrent le regard ambré d'Allys. Elle semblait perdue, accrochée comme une étoile de mer à son rocher à la main d'un jeune homme. Mais elle ne paraissait pas en plein mirage. Sans réfléchir, la mécanicienne se pencha vers elle, et la tira avec force sur ses jambes.


« Aller ! Bouge ! » Lui ordonna-t-elle d'une voix impérieuse. « Avance ! Aller, sois forte bon sang ! »

Elle tourna la tête vers Hex, lui intimant du regard d'aider l'homme dont l'inconnue semblait si fort s'accrocher. Il n'était pas mort, seulement inconscient. Au moins pourraient-ils aider quelqu'un sur le chemin. Allys soutenait à présent la frêle jeune femme d'un bras tout en ne lâchant pas son soldat. Ils feraient front ensemble. Tous ensemble. Ou sinon rien. Traversant l'enfer, elle ne cessait de leur donner du courage, bien qu'avec brusquerie.

« Je vous interdit de flancher ! »



Ma couleur : #9999cc
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Tashinär Vélacen Malphà
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Sam 10 Fév - 20:34
Irys : 169971
Profession : Courtisane
Daënar +1
Finalement, Tashinär rempait encore et encore. Elle parvenait peu à peu à sortir de la salle. Ce qui la sauva, fut un ancien amant qui la prit dans ses bras et la sortie de la pièce. Il la porta et la déposa près de l'entrée tandis qu'elle hurlait encore. Il parvint à la calmer au bout de plusieurs minutes.

- Mademoiselle, tout va bien, vous êtes en sécurité quand bien. Etes vous blessée, mademoiselle ?

Elle hocha la tête, ne pouvant articuler le moindre mot devant la douleur de ses côtes. L'amant hocha la tête et chercha aux alentours mais il ne trouva pas d'aide. Il regarda avec pitié cette femme qui avait si belle. Là, elle avait la tête bouffie, du sang qui coulait de ses lèvres et sa robe complètement déchiré. Sa coiffure folle n'étant qu'un détail dans ce vrac. L'amant déclara sobrement et avec un soupir:

- Je vous porte jusqu'à dehors. Après, les secours prendront soin de vous.

Et c'est ce qu'il fit. Il la laissa aux pieds du bâtiment et partit. Tashinär était à moitié consciente est ne savait pas ce qu'elle faisait, où elle était. Elle attendait, au pied du bâtiment, près de la porte. Parfois elle toussait du sang qui venait des divers coups reçus dans ses côtes. Il n'y avait plus qu'à tenir jusqu'à ce que les secours arrivent.
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Bolgokh
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Sam 10 Fév - 23:50
Irys : 290014
Profession : Créateur de monde à temps partiel
Administrateur
Ta prière a été entendue Ô disciple de Möchlog, j'ai nommé Althéa Ley Ka'Ori. Ton Architecte lié choisira-t-il de t'aider dans cette situation difficile... ?

Si le jet de dé suivant obtient un nombre supérieur ou égal à 35 sur 50, ta prière réussie : tes pouvoirs de soin exclusivement sont momentanément proches du niveau Maître. L'effet s'estompera au bout de dix minutes.

Si le jet de dé est inférieur à 35 sur 50, ta prière échouera et rien ne se passera. Bonne chance !



Bolgokh a effectué 1 lancé(s) d'un Dé 50 (Image non renseignée.) :
5


~ N'hésitez pas à adresser vos questions par MP à Asmigal, Khugatsaa ou Möchlog, ils se feront un plaisir de vous aider ! ~
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Zora Viz'Herei
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Mar 13 Fév - 14:34
Irys : 1540139
Profession : Purificatrice fanatique
My'trän -3

Elle ouvre et referme sa main, observant sa paume et ses appendices avec une curiosité presque enfantine. Agenouillée sur le sol, faisant preuve d'un calme qui tranche avec l'agitation ambiante, l'esprit de Zora vagabonde quelque part entre la beauté de la réalité et les souvenirs atroces de sa rencontre avec Möchlog. Elle ne peut nier la véracité de la première. Les cris de peur ou de douleur, parfois même de colère, forment une douce symphonie impossible à ignorer. Le souffle chaud s'échappant de l'incendie provoqué par Süns est réconfortant. Il contraste avec la fraîcheur des soirées de cette terre désertique. Elle frissonne. De plaisir?

Mais l'image de l'imposante Chouette reste profondément ancrée dans sa mémoire. Le silence dans lequel l'Architecte s'est drapé continue de déchirer ses entrailles et de lacérer son esprit. Pourtant chaque seconde qui s'écoule l'éloigne davantage de ce qu'elle considère à présent comme un affreux cauchemar. Mais les subtilités de cette apparition lui échappent encore. Et le doute, lui, reste malgré tout présent: Möchlog s'est-Il vraiment manifesté? Son apparition se résume-t-elle aux effets néfastes de cette étrange fumée? Elle frissonne. De peur?

La rouquine fait ainsi de son mieux pour se rattacher à ce qu'elle sait être réel. La magie qui coule dans son être et qu'elle focalise sur les brûlures qui parsèment sa chair, par exemple. Ou encore les bouffées d'air vicié qui emplissent ses poumons et animent la complexe machinerie du corps humain. Le contact de l'herbe sur ses jambes nues et le ciel étoilé, étrangement mis en valeur par le halo du brasier et les volutes orangées qui s'en échappent. Un spectacle envoûtant, davantage encore mis en valeur par le ballet mouvementé de ces âmes qui succombent ou fuient le châtiment divin.

La fanatique se redresse lentement, avec une difficulté qu'elle ne peut ignorer mais qu'elle gomme partiellement avec ses compétences arcaniques. Elle se tourne vers le bâtiment qui accueillait encore quelques instants plus tôt le point d'orgue de cette exposition dédiée à un rapprochement illusoires entre deux peuples opposés. Elle ferme les yeux et ouvre les bras, tentant d'enlacer la délicieuse atmosphère de ce moment privilégié. Et d'une certaine façon, elle y parvient. Du moins jusqu'à ce qu'une main se pose sur son épaule et brise cette forme d'ataraxie. Zora recule alors d'un pas pour se soustraire à ce contact envahissant.
"Aidez-moi!"
L'homme qui lui adresse cette requête - ou plutôt cette supplique - a été livré à l'appétit vorace des flammes. L'extrême majorité de son flanc droit porte encore les stigmates de morsures ardentes. Mais il fait pourtant preuve d'un calme hagard qui l'empêche vraisemblablement d'être terrassé par la douleur. De dégoût, elle recule et trébuche sur le corps d'un garde. Son équilibre retrouvé, elle reporte à nouveau son attention sur l'incarnation de l'impureté. L'intéressé, lui, fait un pas de plus dans sa direction.
"Aidez-moi!" répète-t-il sans la moindre petite once de gêne.
L'aider? Mais bien sûr! Il n'a pas besoin de le lui demander, elle se sent obligée de le faire. Ses doigts remontent le long de la garde de l'épée abandonnée par le soldat. Tremblante, elle s'en saisit avec un étrange mélange de douceur et de fermeté. Elle s'avance ensuite vers l'homme d'une démarche malhabile. L'une de ses main se glisse à l'arrière de la nuque du blessé qui lâche, contre toute attente, un soupire de soulagement.
"Aidez-moi!" répète-t-il à nouveau.
"Oui... Je vais vous aider!"
La lame s'enfonce dans le ventre de l'impure avec une aisance déconcertante, parachevant l'oeuvre du brasier. Et pourtant ce n'est pas l'habituel peur qu'elle peut lire dans le regard de cet homme. Elle n'y perçoit pas davantage de la rancoeur ou de la haine. Plutôt... de la reconnaissance? Elle recule et lâche son arme. Le blessé s'écroule et lui adresse un sourire parfaitement sincère. Se pourrait-il que... A-t-il compris?
"Me... Merci!"
Merci? Elle n'a plus entendu ce mot depuis de longues années. Sa mémoire refuse obstinément de lui livrer un souvenir comparable. Une larme coule le long de sa joue tandis que la magnificence de l'instant présent la heurte avec douceur. La rouquine s'est habituée aux reproches. Les remerciements, eux, ont souvent brillé par leur absence. Elle reste ainsi, figée, pendant de longues secondes. Cependant la voix d'Althéa, semblable à une clef déverrouillant la porte de la réalité, l'extirpe de sa contemplation silencieuse.

Zora ne répond pas de suite à sa comparse et se contente d'observer les environs jusqu'à trouver l'homme auquel la noiraude fait référence: Zaël. La disciple de la Chouette est étonnée: comment peut-il être encore vivant? Ne souhaitait-il pas rejoindre les premiers rangs de ceux qui souhaitaient accorder une importance au discours utopique de ce Gustave Wilson? À moins que la femme qui gît à ses côtés ne l'ait détourné de ce qu'il considère être son devoir de Primo-Gharyn.
"Les mauvaises herbes ont la vie dure..."
Il s'agit d'une simple constatation, non d'une quelconque réponse à l'intention de sa comparse. Althéa, d'ailleurs, se dirige déjà vers le duo kharaalien. Zora, de son côté, prend le temps de ramasser l'épée qui vient de se soustraire à sa poigne avant de suivre sa cadette. Le flot de fuyards ne lui facilitent guère la tâche et la repousse de temps en autre en arrière. Elle perd un instant de vue la noiraude. Et lorsqu'elle retrouve sa trace, elle ne peut qu'assister à sa chute sur le sol. La fanatique relève les yeux vers celle qui a poussé son amie. Qui a fait chuter celle qui vient de lui sauver la vie...
"NE... NE LA TOUCHE PAS!"
La réaction est immédiate. Sauvage. La lame s'enfonce à de multiples reprises dans le dos de l'hérétique. L'acier continue de lacérer la chair lorsque la vie quitte ce qui n'est désormais plus qu'un pantin inanimé et sanguinolent. Le tout sous l'indifférence générale. Chacun protège sa vie, ne prête que peu d'attention à ceux qui l'entourent. Chacun pour soi... N'est-ce pas le leitmotiv de l'humanité?

~~~~~~~~~~

Lorsqu'elle arrive près du trio formé par Althé, Zaël et l'inconnue qui a au moins l'avantage de ne pas être une hérétique, Zora marque un temps d'arrêt. Elle reste même interdite face au spectacle qui s'offre à elle. La noiraude est-elle réellement en train de tenter de les sauver? La fanatique tremble. De colère et de déception. Spécialement lorsque les mots de la prière prononcés par son amis effleurent ses oreilles, se mêlant maladroitement avec les cris ambiants.
"Mais qu'est-ce... Qu'est-ce que tu fais?" balbutie-t-elle, choquée. "Arrête!"
Elle la saisit par l'épaule et la rejette en arrière, trébuchant avec elle dans la foulée. Comment Althéa ose-t-elle la trahir? A-t-elle seulement conscience de le faire? Ou de la douleur qu'elle a fait naître dans ce qui lui sert de coeur? La rouquine lui décoche un regard dans lequel se mêlent incompréhension et déception. Pourquoi fait-elle ça?
"Cet homme veut ma mort!" s'indigne-t-elle. "Il a mis ma tête à prix et toi tu... tu essaies de... tu essaies de le sauver?"
Résumer l'acte d'Althéa par ces quelques mots amplifie davantage encore les sentiments qu'elle ressent. Ils se mêlent à la gratitude qu'elle ressent pour celle qui lui a évité la mort à peine plus tôt. Ses poings se serrent tandis que des perles cristallines coulent à nouveau le long de ses joues sales. Zora finit par lâcher un soupire désabusé, exprimant à merveille son ressentit.
"Je croyais que..." murmure-t-elle avant de marquer une pause, une boule se formant dans sa gorge. "... que tu étais mon amie!"
Elle hoche tristement la tête de gauche à droite puis prend appui sur son épée pour se redresser. Elle s'approche ensuite de Zaël et pose son épée sur la gorge du monarque. Une grimace se forme tandis que le doute s'insinue à grands flots dans ses pensées. Faut-il le tuer? Faut-il en faire un martyr susceptible de provoquer la colère de ses compatriotes et, ce faisant, la guerre? Ou faut-il miser sur un réveil du Primo-Gharyn? Espérer que lorsqu'il ouvrira les yeux - s'il les ouvre à nouveau! - il aura compris que la paix avec les hérétiques est impossible? L'idée de le voir devenir un symbole lui déplaît. Celle de lui laisser la vie sauve, également.

La lame finit par glisser sur la paume du tatoué à trois reprises. Un "Z" sanglant se dessine alors à la surface de la chair du souverain. Un signe qu'elle l'aura eu en son pouvoir pendant quelques instants. Bien plus qu'il n'en faut pour le tuer si elle décidé de suivre cette voie. Le symbole de sa pitié et la preuve qu'elle n'est pas aussi absolue que Zaël se plaît à le croire. Et, finalement, la trace d'une vérité: peu importent leurs divergences, ils sont dans le même camp. Que ça leur plaise ou non!
"Fais-ce que tu veux!" crache-t-elle à Althéa tout en lançant maladroitement son épée au loin. "Mais je t'interdis de soigner cette plaie, tu m'entends?"
Elle le soigne. Et Zora, elle, l'épargne. L'équilibre de la balance n'est guère satisfaisant. Mais la rouquine n'a ni la force, ni l'envie de lutter contre la noiraude en cet instant. Pas quand le danger reste présent. Elle n'a guère le luxe de cracher sur une alliance qui n'a jamais semblé aussi précaire mais qui reste nécessaire. La fanatique détourne le regard et hoche la tête de dépit. Puis elle s'éloigne...




Zora s'exprime en: #8FBC8F (darkseagreen)



Spoiler:
 
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Laura L. Greyson
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Sam 17 Fév - 2:18
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Profession : Ingénieure aéronautique
Daënar +2 ~ Alexandria (homme)
A l'extérieur avec Allys et Hex

ϑϑϑϑ Elle était là, au milieu des cris, des hurlements, des peurs de chacun. Elle ne savait même pas comment elle était sortie. Une seule chose était sûr tant qu'elle tenait sa main tout irait bien. Elle ne repartirait pas dans ce cauchemar. Peu importe ce qui l'avait déclenché, le gaz, la bombe, autre chose ? Elle s'en fichait, pourvu que rien ne l'y replonge, elle pouvait rester là. Le ciel au dessus d'elle, les étoiles brillantes, elle ne pensait plus à rien. Et c'était très bien comme ça. Parfois son regard quittait le ciel sombre pour se perdre sur une gesticulation quelconque d'un des autres êtres autour d'elle. A quel hallucinations était il en proie ? Ou courait il simplement le plus loin possible ? Une résignation qui ne lui ressemblait pas. Et alors qu'elle comptait à nouveau quittait des yeux un autre visage, subitement elle sentie une force et entendit une voie qui la sortie de sa torpeur.
ϑϑϑϑAller ! Bouge ! Avance ! Aller, sois forte bon sang !
ϑϑϑϑ Avancez ? Bougez? Comme un mécanisme bien huilé ses jambes on reprit du mieux qu'elles pouvaient leur place. Soutenant un corps qui quelques instants avant n'était soutenu par aucun muscle. Pourtant contre toute attente, les paroles de la blonde font leur effet, elles la trouvent tout au font de sa conscience, meurtrie mais vivante. Et Laura ressort plus fière, plus farouche que jamais. Ce qu'elle déteste le plus au monde ? Être mise à terre.
ϑϑϑϑJe vous interdit de flancher !
ϑϑϑϑParlez pour vous ! Je n'ai aucune blessure.
ϑϑϑϑ La phrase n'est ni acide ni aimable. Une constatation froide, sans aucune observation de son corps à elle ou de l'homme qui l'accompagne. Laura sait juste ce qu'elle ressent. Et à cet instant, une colère sourde s'empare d'elle plutôt qu'elle quelconque gratitude pour celle qui vient la sauver comme n'importe laquelle des personne trainant sur leur passage.

ϑϑϑϑ Elle ne veut pas lui servir. Elle ne veut pas qu'on se serve d'elle comme d'une excuse pour se donner du courage alors que c'est exactement ce que les deux autres sont en train de faire. Pourquoi s'arrêter sinon ? Elle ne croit toujours pas en l'altruisme. Encore moins ce soir. Elle réalise lentement qu'elle savait ce qui allait se passer. Que l'instigateur lui même lui en a soufflé un mot en pensant connaître les conséquences de ses actes, et pouvoir atteindre leur objectif. Ô oui ! Il est certain qu'un jour la guerre viendra. Mais elle est presque sûre que les bonnes âmes vont se lier aujourd'hui, juste pour se mettre un peu au chaud de la protection des autres après leur délire. Parfois, les choses qui sont censés nous séparer nous rapproche n'est ce pas ?

ϑϑϑϑ Une certaine déception peut se deviner dans ses traits alors que le quatuor dépasse encore les gens par terre. Heureusement, elle pourra passer pour n'importe quoi dans ce bazar. Mais quelque chose a mal tourné, et il sera temps d'en tirer les conclusions plus tard. Intérieurement, elle sait déjà qu'elle devra vérifier la liste des morts pour jouer à qui remplacera qui. C'est important. Elle ne pourra pas traîner. Et elle sait où se rendre pour ça.
ϑϑϑϑSi vous avez besoin de quelque chose, allez vers les quartiers des officiels Daénars, je pourrais vous faire entrer, il est haut placé. indique t elle en désignant l'homme toujours demi inconscient du menton. Il faut parier que ce sera le deuxième endroit où l'aide arrivera après qu'ils aient découvert ce massacre.
ϑϑϑϑ C'est sa réponse à la peur. Sa façon de se positionner pour reprendre le dessus. Sa main tremble encore, elle le sent. Mais cette fois, ce n'est que la soif qui parle. Les premiers secours accourent vers eux. Ceux qui ont enfin réussis à reprendre leur esprit pour penser aux autres. Bande de fous !



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