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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: Zochlom
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 [Terminé] [Event mondial] La salle du bal

Allys Terasu
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Mer 27 Déc - 11:49
Irys : 1017994
Profession : Ingénieur mécanique
Daënar +1
Alors qu'elle s'affairait à redonner à Aamu toute sa beauté enfantine, Allys restait cependant attentive à sa jeune protégée. Celle-ci se posait des questions légitimes, à savoir : De quelle origine pouvait bien provenir sa bienfaitrice. Elle la questionna aussi à propos de l'étrange relation entre elle et Hex. La femme du désert eu alors un sourire amusé.

« C'est un prénom Zoch. Quant à Hex, disons que c'est un grand benêt de ne pas m'avoir reconnue malgré mon masque. Au moins l'effet escompté fonctionne.. » Elle lui chuchota doucement à l'oreille. « Il était sensé me rendre mystérieuse, je pense que c'est réussi. »

Cependant, lorsque la jeune femme était revenue afin de toiletter l'adolescente, celle-ci sembla soudainement en proie à la gêne, voir même une sorte de panique, ce qui fit froncer légèrement les sourcils de l'ingénieure. Son pressentiment se révéla d'ailleurs exacte lorsqu'elle aperçu les nombreuses coupures et bleus parcourant le corps de la douce Aamu. Elle avait déjà vu ce genre de traitement... Il ne traînait pas que des nomades marchands en Zochlom mais aussi quelques vendeurs d'esclaves. A moins qu'elle n'ait des parents violents. Il s'agissait de l'un ou l'autre. Bien qu'elle ne dit rien, Allys se senti enveloppée d'un sentiment de rage sourde. Qui que soit cet homme qui la malmenait ainsi, qu'il prie pour ne pas croiser de chevelure argentée de sa vie. Allys ne pouvait pas se permettre de dire à voix haute ses pensées car elle ne tenait pas à troubler la jeune fille qui, pour sans doute la première fois de sa vie, pouvait se laisser aller à l'insouciance.

L'enfant, folle de joie d'être ainsi choyée, sauta au cou de la jeune femme avant de l'entrainer par la main d'un pas presque sautillant vers la sortie. Tout sourire, elle tenu à les remercier voir même les rembourser pour leur gentillesse mais Hex lui indiqua immédiatement que ce n'était pas nécessaire, quant à Allys, son regard en disait long également. Il était hors de question qu'elle leur rembourse quoi que ce soit.


«J'espère que tu me rendras visite à Rathram, j'habite dans la plus haute des tours aux derniers étages, rue des engrenages, mon nom est Ylimäki»
« Ce sera avec le plus grand plaisir Aamu. Et surtout prend soin de toi.»

Dans un élan de tendresse la petite embrassa la joue d'Allys, la laissant interdite. Ce n'était pas un acte commun pour la femme du désert. Ses parents n'avaient été particulière tactiles. Oh, ils parlaient beaucoup pour se donner bonne figure mais les gestes tendres se faisaient rares malgré tout. Aamu était une jeune fille spontanée et tendre et cela tordit le ventre de l'ingénieure alors qu'elle se remémorait brusquement les égratignures fortes de sens. Mais cette fois elle connaissait son adresse. L'esprit de revanche de la jeune femme n'en était que plus puissant.

Sentiment qui s'évapora pourtant lorsque les bras de son amant se refermèrent sur elle. La belle garderait pour l'instant au fond d'elle ses envies de justice. Elle n'était de toute manière pas encore apte à livrer tout ses secrets à son beau soldat.Sa seule envie était de profiter.


« J'ai comme l'impression que tu as gardé les plus belles merveilles pour toi. Tu es ravissante ce soir. »
« Je t'ai tellement ébloui que tu ne m'avais même pas reconnu. » Gloussa-t-elle.
« Devrions nous retourner au bal mademoiselle ? »
« Ce serait dommage de ne pas profiter d'un tel événement. Allons-y monsieur. »

Elle lui tendit le bras avant qu'ils se se dirigent vers le centre des festivités. Ils se fondirent rapidement dans la foule, mais cette fois-ci sans bousculer d'inconnus. L'exposition avait été une parfaite réussite au vu de l'affluence et de l'ambiance chaleureuse qui s'en dégageait. Pour autant, les My'trans et Daënars ne se mélangeaient que peu.

Allys, elle, n'avait d'yeux que pour son beau soldat. L'effet du costume d'apparat lui donnait d'avantage de charme. A moins que ce ne soit la beauté de l'événement ? L'heureux hasard qui les poussaient à chaque fois l'un vers l'autre ? La jeune femme était attaché à lui et elle avait en elle une peur d'éprouver d'avantage de sentiments à son égard. La peur de souffrir. La peur d'être incapable de vivre sans lui. Elle qui ne vivait sa vie que comme elle l'entendait. Pourtant, à chaque fois qu'elle le revoyait tout s'effaçait comme s'il abaissait chacune de ses défenses. Portée dans un élan, elle l'entraina sur la piste de danse.




Ma couleur : #9999cc
x11


Dernière édition par Allys Terasu le Mer 27 Déc - 15:21, édité 1 fois
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Aamu Ylimäki
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Mer 27 Déc - 14:44
Irys : 80587
Daënar 0
Lieu:
 

Je ne pourrai jamais passer pour ta tutrice. Je suis beaucoup trop jeune. Présente-moi plutôt comme ta sœur de lait, ou ta confidente. Le lien devrait paraître encore plus fort que celui que tu entretiendrais avec une tutrice

Je restais pantois de sa remarque, elle fessait pour moi bien 20 ans, passer la surprise, je ne pouvais décemment pas la présenté comme ma sœur de lait, tous à Rathram savaient que j’étais « fille unique » et adopter. Une confidente pourrait peut-être passer, en espérant, ne pas tomber sur quelqu’un trop curieux
Je fus satisfaite quand elle me tendit sa dague, un élément pour lequel je n’aurais plus à penser, et j’vais besoins de toute ma concentration pour nous sortir rapidement de là. Je pris la dague et la cacha dans l’un de mes bas sous ma crinoline courte. Ça passera aisément inaperçu, enfin je le pensai.
Quand la femme me prit le bras, nous nous dirigeâmes vers les couloirs, je pris une grande inspiration afin de paraitre le plus naturel possible. Je m’imaginai pendant la réalisation d’une décantation d’un élément instable où tout mon corps se devait d’être le plus souple  et sans tremblement de crainte.
.
Hey, hey, hey... Est-ce du sang que voit là mon bon Monsieur ? Quelqu'un est mort ? Blessé ? Est-ce que c'est grave ? Je peux voir, s'il vous plait ! La coloration est tellement parfaite, ce sérum doit provenir d'une personne de jeune âgé à n'en point douter ! Allez, soyez gentils, je veux tout savoir ! Et puis... Quoi de mieux que l'avis d'un Croc-mort pour dissiper les doutes ?

Par chance, le garde qui protéger l’entrée du balcon de curieux était occupé par un homme très intéresser, même je trouvai d’une curiosité mal saine, je réprimai un regard de dégout devant la réaction de l’homme.
Nous nous retrouvâmes alors dans la salle de bal, je pus pousser un soupir de soulagement, une étape de franchis, je me reconcentrai de nouveau. Je pris mon plus beau sourire de princesse, tout en montrant du doigt la décoration de la salle à ma meilleure amie.
Tu vois la rivière qui longe, la piste de danse ?  Nous avons de la chance, mes chaussures et mon bas son resté à leur place.


Tout en dirigeant ma nouvelle comparse vers la rivière je lui expliquai ma mésaventure.
             
 Plus tôt dans la soirée, j’ai voulu profiter de la rivière, j’avais enlevé mes chaussures, et j’observer les poissons. Malheureusement une sauvageonne de My’trans m’y a précipité. Imagine j’étais recouverte de boue !! Par chance Hex et Allys sont venus m’aider à me changer.

Je la regarde d’une moue de défaite
Bon après je suis tombé sur toi…

En arrivant à la rivière je remarquai que nous étions à portée de vue dans un garde
Cache-moi avec ta robe du garde sur ton côté gauche, le côté droit est protégé par les arbustes.

[justify]Je m’accroupis tout en enlevant le plus adroitement possible la dague de mon bas, je penser d’abord le jeter dans l’eau mais le bruit pouvait alerter quelqu’un. Je décidai alors de la glisser dans les arbustes tandis que de la main gauche j’attraper mes vêtements.
Le travail fini je me releva, et regarda la salle [justify]

On peut se servir de la mésaventure à notre avantage pour sortir. Je peux faire semblant d'être malade quand pense tu?


Rose à 10 * 3


Dernière édition par Aamu Ylimäki le Mer 27 Déc - 20:33, édité 1 fois
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Ingrid & Sigurd
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Mer 27 Déc - 17:40
Irys : 689869
Voilà qu’une minute à peine après que M.Delaïde eut tourné les talons qu’un drôle d’énergumène vint les importuner. Heureusement que les corps avaient été déplacé discrètement ! Seule la tâche de sang restait pour témoigner de l’acte ignoble commis ici. La sol sombre aurait dû empêcher quiconque de la voir mais ils avaient à faire à un vrai enquiquineur. Les deux gardes, un homme et une femme, ainsi interpeller échangèrent un regard autant exaspéré qu’ennuyé. Il ne pouvait laissé ce type crier au meurtre dans l’allée, pas alors que la flaque rouge était toujours là et que les ordres étaient on ne peut plus explicite : la mort du jeune homme devait rester secrète !

"Hey, hey, hey... Est-ce du sang que je vois là mon bon Monsieur ? Quelqu'un est mort ? Blessé ? Est-ce que c'est grave ? Je peux voir, s'il vous plait ! La coloration est tellement parfaite, ce sérum doit provenir d'une personne de jeune âge à n'en point douter ! Allez, soyez gentils, je veux tout savoir ! Et puis... Quoi de mieux que l'avis d'un Croc-mort pour dissiper les doutes ?

-Je ne sais pas ce que vous avez bu mais vous avez certainement abusé sur l’alcool ! Et si vous voulez vous rendre utile allez décuver et aider des gens guérir leurs égratignures ! »

La femme bien plus petite que son interlocuteur parlait de façon condescendante, jouant à fond son rôle, n'hésitant pas à le prendre de haut. Une lueur de soulagement naquit quand même dans ses yeux quand un troisième garde, en patrouille dans les environs vint à leur rescousse pour dégager l’intrus. Soulagement d’autant plus grand que deux demoiselles passées à ce moment là ! Ces oreilles n’auraient pas fini de chauffer si l’histoire s’ébruitait par sa faute !

« Tu vas venir avec moi, je vais t’emmener au bonne endroit et t’avise pas de faire d’histoire. »

Le nouveau venu agrippa fermement le bras du soi-disant croc-mort pour le traîner à sa suite. Son ton comme sa poigne ne laissaient transparaître aucune faille. S’il souhaitait se dérober, le jeune homme risquait fortement de mordre la poussière. Et dans tous les cas, il se retrouverait dans l’une des petites salles de la sécurité pour être interrogé. Soit par M.Delaïde soit par sa seconde. Plus probablement par cette dernière. Le premier devrait gérer le côté diplomatique de l’affaire. Enfin, pour le type arrêté, ça ne changerait rien : il serait mis seul un moment pour le calmer et le faire cocoter. Ou presque un garde, lui tiendrait compagnie. Avec ordre de se taire bien sûr. Il pouvait être heureux, il aurait une chaise pour s’asseoir : un grand confort ! Le seul dans cette pièce privé des frivolités extérieures.


Ailleurs, le chef d’orchestre chargé de dénouer ce nœud se fit alpaguer à nouveau par un vieux ami vu plutôt dans la soirée, Edmond du Lott, entouré de sa petite cour. Le chef de sécurité était trop préoccupé pour remarqué la perte de sa compagne ou pour le voir lui tout court, il ne se serait arrêté si celui-ci ne lui avait attrapé le bras.

« Dis c’est moi ou votre nombre à augmenter ? Quelque chose se trame ? »

L’homme frivole devait vraiment être inquiet puisque au lieu de parler haut et fort devant tous, il avait murmuré ses questions à l’intention de son interlocuteur. Celui-ci, pressé, répondit sèchement le regard ailleurs.

« Je n’ai pas le temps pour ça ! J’ai du travail comme tu le sais. »

Il ne remarqua pas la posture outré ni le regard noir du rejeté, ses pas le menaient déjà ailleurs. Il ne faisait que passer pour parler à l’organisateur du bal perdu dans cette foule. Ses yeux ne prêtèrent bien sûr pas attention aux deux jeunes filles au bord de la rivière, il y en avait tant dans la salle. Par contre, il pensa à un ordre supplémentaire à donner : les buissons, il fallait les fouiller aussi ! Ne rien laisser aux hasards ou aux incompétents. Ils avaient bien trop peu d’élément et une liste infinie de suspect ! Il donna son ordre à un garde qu’il croisa. En préconisant la discrétion évidemment.


HRP:
 


Dernière édition par Ingrid & Sigurd le Ven 29 Déc - 0:06, édité 1 fois
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Luka Toen
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Mer 27 Déc - 22:55
Irys : 594730
Profession : Historienne et naturaliste à ses heures perdues, médecin officiellement
Guilde +2 (femme)
- Avec Faye dans le hall de la salle, à grande proximité d'Althéa et des représentants des Cercles de l'Aube -



Luka se faufilait dans la foule avec l’aisance d’une carpe en eau vive, esquivant habilement les roulis oisifs des danseurs et le pas allègre des buveurs précoces. Elle ne perçut guère la tension naissante qui palpitait à hauteur des balcons, le chuintement des plaques d’armure par trop discret et les souffles précipités des miliciens inquiets absorbés par ce mur de son qu’était une pièce aussi remplie de convives enthousiasmés. Sa cible seule restait en ligne de mire, une Althéa inconsciente de l’attraction qu’elle orchestrait simultanément sur trois jeunes femmes dans cette pièce. Et c’était soudainement à qui mordrait la première à l’hameçon pour mieux fondre sur leur proie naïve, malheureusement protégée par de trop nombreux obstacles… La guilde des Cercles formait une confiture compacte de bras et de jambes, une gelée impénétrable de regards curieux et de langues prêtes à jaser.

Mais cela aurait été sous-estimé l’emprise de Möchlog, car de l’entièreté des convives présents, Althéa avait eu le charme suprême d’attirer les Toen. A croire que leurs physiques ne se contentaient pas d’être semblables, voilà que leurs esprits s’éprenaient ardemment des mêmes passions ! Une foulée légère supplémentaire, juste le temps d’esquiver une bottine agressive trop proche de ses pieds nus, et Luka eut l’heur de tomber nez à nez avec son exact reflet.

« Sœurette ? »

Ses prunelles s’arrondirent comme des perles, et son regard de jade fouilla son âme miroir avec la stupidité surprise des consciences prises au dépourvu. Sa voix, sa façon de bouger, de s’exprimer, de s’entre-regarder comme deux enfants en maraude permit à son corps de comprendre bien avant sa mémoire : cette autre là lui était tout en ce monde.

« Amlalti, sa promesse, sa sœur d’une éternité, par Bolgokh que fais-tu là ?! »

Ses lèvres s’ourlèrent d’un sourire plein et heureux, se redressant tout à fait à présent pour mieux l’étreindre dans ses bras. Ce ne fut cependant qu’une fugace embrassade, Luka ne perdant guère plus d’une seconde pour faire un pas en arrière et contempler tout son saoul les atours de Faye. C’est qu’elle ne la connaissait pas encore sous ce nouveau jour, habituées qu’elles avaient été depuis ces derniers mois à se fréquenter empoussiérées et revêtues d’une armure de cuir ainsi que de deux gantelets. Beaucoup plus aventurières et assoiffées de paysages à perte de vue, rares étaient les occasions de se contempler femmes et apprêtées !

« J’ignorais que tu venais également à cet événement ! Dire que nous aurions pu nous croiser dans la foule ces trois derniers jours… Quand j’y pense après tout, il était logique que tu assistes à cette exposition. Nous partageons la même curiosité déplacée pour les choses inédites. »

Elle rit sans se cacher ni se départir de son charme, pétillante dans ses éclats de bonne humeur que rien ne pourrait dorénavant écorner. Et puis soudain, l’étincelle de connivence :

« Comment vas-tu ? Tu es venue accompagnée ? ... Toi aussi tu voulais voir Althéa ? »

Elle se mordit la lèvre inférieure pour retenir un sourire goguenard, devinant sans peine l’amitié qui régnait entre son ancienne recrue et Faye. Après tout, elle avait participé à leur rencontre afin de permettre à la jeune fidèle de Möchlog d’acquérir quelques pratiques combattives…

« Avec le raffut que nous faisons je suis prête à parier que notre couverture est tombée à l’eau… J’ai comme l’impression de sentir pas mal de regards sur nous. »


Apparence complète de Renkhii
CODE COULEUR = #FFA500

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Ophélia Narcisse
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Ven 29 Déc - 0:10
Irys : 1356960
Profession : Cible mouvante pour Régisseur
Pérégrins -1 (femme)
Des salles bondées, des jardins où l'on ne peut à peine poser le pas, un sol si glissant qu'y poser le talon y assure la chute, aussi embarrassante et douloureuse fut-elle. L'ambiance y était tout aussi déplorable, beaucoup de paroles, et peu de danse en parallèle. C'était pourtant cela qui avait attiré la jeune femme dans ce recelât à insectes, si nombreux furent-ils. Une fourmilière dont Ophélia aurait écrasé avec grand plaisir la plupart de ses membres. Beaucoup avaient tentés de lui parler, des hommes en quête de gloire conquérante, de fierté virile de tenir la main d'une charmante dame, et de s'accorder la fantaisie de s'en vanter le soir, tout en sirotant de nombreux breuvages qui embrument le corps comme la raison. Tous ont fui, pour une raison que la jeune dame ne savait pas naturelle chez elle ... L'intimidation. Les mots étaient froids, tranchants, repoussants, et parfois même, hors du cadre cordial, ou bien humain. Ce ne fut qu'après avoir proposé à l'un de ces prétendants de l'enfoncer dans une effigie de chiffon, qu'elle s'était lassée de regarder au travers de la fenêtre intérieure. 


Elle rejoignit le jardin, que la verrière n'avait clairement rien à envier. Tout autant de personnes ... La peur d'autrui d'Ophélia se compensait par son absence spirituelle. Tout cela était d'un ennui ... c'était presque affligeant qu'elle eut fait autant de route pour une telle déception. Lorsqu'elle avait entendu les clients de sa boutique en parler, ils avaient l'air euphoriques, presque en extase. Au travers de leurs échanges, la tenancière avait décelé le lieu de l'emplacement, ainsi que la date. Et dans son coeur, elle espérait elle aussi pouvoir danser ... Elle adorait cela, même seule dans sa chambre isolée, vidée de meubles, elle se laissait guider au gré de ses boites à musiques. Mais les mélodies sur lesquelles valsaient ces gens ... ce n'était pas au goût de l'étrangère.


Elle trouva enfin un banc, assez éloigné du chemin sur lesquels les gens pavanaient. Ophélia se tenait dans une posture pour la moins relâchée. Adossée à un tronc et étendue sur le banc, ses jambes pliées l'une sur l'autre. Elle s'était pourtant si bien habillée pour l'occasion, mais à son propre goût. Haut noir à collet serré, laissant ses bras s'exposer au vent, qui doucement soufflait sur leur surface, à la manière d'un amant. Ses jambes n'étaient couvertes par l'avant que d'une jupe toute aussi sombre qui se posait délicatement sur ses genoux. L'arrière se prolongeait en un long voile gracile qui suivait ses pas de velours. La dame aux vêtements de jais avait même fait exemption de son bandeau, destiné à cacher son oeil qu'elle dissimulait à tous. Ce faisant, elle avait exposé ses deux iris, émeraude et saphir, tous deux ne faisant que ressortir de plus belle la couleur éclatante de l'autre. Ce qu'ignorait leur propriétaire, c'est que c'étaient ces deux étoiles qui avaient le plus souvent attirés tous ces séducteurs aujourd'hui. Sans mentionner le contraste qu'ils avaient sa longue chevelure brune. 


Elle tourna la tête ... n'était-ce qu'une impression ou les gens étaient bien plus agités ? Elle jouait avec le fil de fer qu'elle gardait toujours sur elle ... bien qu'au bout fut normalement accrochée une dague, mais elle se doutait que l'emporter avec elle serait de mauvaise augure ... Ces gens ne sont pas seulement agités ... ils ont l'air paniqués. La première pensée d'Ophélia fut que sa tenue était désormais plus accordée à l'humeur. Sa seconde se redirigea vers les causes de tant d'affolement. Ils étaient déjà assez gênants lorsqu'ils étaient calmes, mais alors, s'ils devaient en plus gémir comme des gorets, la patience de la jeune dame se briserait bien assez tôt. 


Néanmoins curieuse, elle leva le pas et se redirigea vers l'intérieur de la salle. Tant de chahut devait forcément trouver sa source quelque part, et comme il n'y avait rien dans le jardin ... Ah si, plus de gardes ... Ce n'était pas comme si elle avait quelque chose à cacher de toute manière. Elle observait les mouvements de la sécurité, amusée par leurs mouvements si formels, et pourtant si brusques. Peu importe le grade attribué à ces gens, ils n'étaient rien d'autre que des punaises aux yeux de la dame aux jouets. Elle s'avança alors vers l'intérieur du bâtiment, s'il y avait de l'animation, elle voulait y assister, et mieux encore, y participer ? Elle posa le pas devant la verrière, et se dût de l'arrêter à cause d'une contrainte pour le moins ... eh bien, contraignante.


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Ophélia s'exprime en #9966cc
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Zaël
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Ven 29 Déc - 14:00
Irys : 912219
Profession : Gharyn de Busad
My'trän +3 ~ Kharaal Gazar (homme)
Fendre la foule était plus facile avec quatre Protecteurs. Du moins, pour ne pas se faire absorber. Bien que Zaël, comme à son habitude, était un peu oublieux de cet état de fait et prêtait plus attention à la demoiselle qui l’accompagnait. Alors même que cette dernière avait sûrement plus l’habitude des bains de foule que lui… Enfin, ça, il l’ignorait et ne penserait même pas à lui demander.

Il l’a suivi ainsi jusqu’au bar et commanda la même chose qu’elle, curieux de goûter des alcools Daënars. Avec le verre en main, le retour fut forcément plus délicat mais ils y arrivèrent. Les quatre gardes, une fois les deux assis, firent tapisserie derrière eux.

« Je ne pouvais refuser une demande si charmante. Et cet événement est bien là pour rappeler à tous que nous sommes tous unis malgré nos différences ou nos désaccords ! Comme vous le dites nous sommes tous de la même espèce. »

Il se tut, se perdant un instant dans la foule virevoltante en face d’eux. Les gens semblaient joyeux et si un seul coup d’oeil suffisait pour déterminer si la personne était my’trane ou daënar, les barrières semblaient tomber. C’était une belle vision, réconfortante valant largement toutes les longues discussions pour convaincre Darim et les autres qu’il devait venir ici !

« C’est formidable, vous ne trouvez pas, que tant de monde soit venu pour montrer qu’ils y croyaient ? »

Des étoiles miroitaient dans les yeux et ce n’était pas dû à l’alcool dont il n’avait encore rien bu. Lorsqu’il le fit la boisson lui brûla légèrement la gorge. Mais il ne voulait gêner sa compagne en faisant une grimace ni abandonner après une seule gorgée. Il était totalement inconscient du degré d’alcool, lui qui n’avait pas l’habitude de boire autre chose que des breuvages doux et locales.

« C’est bien une preuve que l’animosité entre nos peuples n’est pas une fatalité. »

Sa capacité à badiner était proche de zéro. Il aimait beaucoup entendre l’avis des autres mais n’était pas toujours très adroit dans ses conversations privés. Il fallait dire qu’il n’avait pas énormément de pratique.


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Code couleur : #cc00ff
Darim s'exprime en #00cc00
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Eskarina Hellaraxë
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Ven 29 Déc - 20:27
Irys : 322600
Profession : Assassin
Guilde +1 (femme)
Sa nouvelle « amie » au bras, Eskarina ne savait pas si elle devait rire ou être totalement exaspérée. La fille n’avait de toute évidence pas l’habitude de se faire discrète, et son comportement risquait, par son caractère tout à fait louche, de les faire repérer. Aussi, quand Aamu s’accroupit pour se dérober de la vue des gardes, Esk dut se retenir pour ne pas se frapper le front de sa main. Elle préféra cependant jeter rapidement un coup d’oeil autour d’elle, pour vérifier qu’aucun garde n’avait vu l’attitude on ne peut plus suspecte de la jeune fille. Mais avec qui s’était-elle associée ? Elle aurait peut-être du la tuer en fin de compte… Elle ne savait plus trop si elle était plus en sécurité avec elle qu’avec un deuxième cadavre sur les bras…

Elles atteignirent heureusement rapidement le buisson dans lequel Aamu avait caché ses vêtements. Eskarina profita de ce que son alliée cachait la dague ensanglantée et reprenait ses affaires pour se rincer les mains dans le ruisseau, afin de faire disparaître les dernières traces de sang de sous ses ongles. Bon. Ainsi, plus rien ne pourrait les relier au meurtre. Et si d’aventure, un garde trouvait la dague dans le buisson, elles pourraient toujours prétendre l’innocence, avec ces fameux « Hex et Allys » comme témoins, si elle avait bien compris l’histoire que lui avait piaillé Aamu.

Même si elles étaient pour l’instant hors de cause, il valait tout de même mieux ne pas traîner dans les parages. Le malaise que proposait de simuler Aamu n’était pas une mauvaise idée. Elle n’était à près tout peut-être pas si incapable qu’elle l’avait pensé. Peut-être que la jeune fille s’amusait à reproduire une scène d’un roman qu’elle avait lu, et qu’elle tirait ses idées clichées - mais d’une efficacité non négligeable - de là. Mais l’inspiration de la jeune fille importait peu à Eskarina. Tout ce qui comptait, c’était de se sortir de là.

Esk entraîna donc Aamu dans la direction opposée à leur arrivée, et elles se retrouvèrent au beau milieu de la salle de danse. La jeune assassin reprit son masque hypocrite d’écervelée heureuse et bien éduquée, qui, remarqua-t-elle pour elle-même, concordait finalement très bien avec la personnalité de sa complice. Il fallait à présent traverser cette salle. Ce qui ne se révéla pas chose aisée. Elle tenait Aamu par la main, et déblayait le chemin pour elles deux. Elle cassaient le rythme de la musique, et cela leur valut plusieurs bousculades. Eskarina reçut même un verre de champagne sur sa belle robe. Hors d’elle - elle lui avait quand même coûté bonbon - elle lâcha la main de sa complice, et se retourna vers la femme qui venait de commettre cette maladresse. Il lui fallut quelques secondes pour reprendre ses esprits, et se dire qu’un petit verre de valait pas une éviscération. La tête commençait à lui tourner. Elle avait chaud. Si ça continuait, c’était elle qui allait faire un malaise !




Esk parle en 33cc00
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Tashinär Vélacen Malphà
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Lun 1 Jan - 22:21
Irys : 169971
Profession : Courtisane
Daënar +1
- Je ne pouvais refuser une demande si charmante. Et cet événement est bien là pour rappeler à tous que nous sommes tous unis malgré nos différences ou nos désaccords ! Comme vous le dites nous sommes tous de la même espèce.

Je lui souris gentiment.

- C’est formidable, vous ne trouvez pas, que tant de monde soit venu pour montrer qu’ils y croyaient ? C’est bien une preuve que l’animosité entre nos peuples n’est pas une fatalité.

Il fallait donc lui répondre et c'est ce que je fis :

- Tout à fait. Mais je ne crois pas en la fatalité dans les relations entre les êtres humains. Et je suis heureuse de voir que je ne suis pas nous ne sommes pas les seuls à y croire.

Le pensais-je ? Sérieusement je m'en fichais. Le plus important était qu'il y croyait et que je parvienne à lui faire croire que sous mes dehors froids et calmes, j'étais une pacifiste.

- Votre présence ici ce soir est un message fort pour tous. Mais je crains que ce message ne soit visible si nous restons assis. Que diriez-vous si nous dansions ? Je serais malheureusement une piètre partenaire mais je pense que le message politique sera fort et encouragera l'amitié entre nos pays.

J'étais fière de moi et de ma façon de l'amener à danser. Une valse suffirait à faire parler de moi et me faire remarquer. Car si je n'étais pas mauvaise danseuse mais je n'étais pas exceptionnelle. Mon seul défaut.
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Hex Hekmatyar
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Lun 1 Jan - 23:37
Irys : 126594
Profession : Soldat de fer
Daënar +3 ~ Vereist (homme)
Je pris la jeune femme par la taille, résistant à l'envie de l'embrasser sur le champ. Même au milieu de cette foule j'arrivais encore à perdre tout sens commun, oubliant la foule, les sauvages aux alentours, oubliant même la jeune fille de toute à l'heure et ce aussi rapidement qu'un chotgor se serait énervé.
Décidément Allys avait le pouvoir de me faire tout oublier, peut être même mon propre nom. Alors que nous dancions je ne pus m'empêcher de déposer un baiser sur ses lèvres, frissonnant sous son contact.
Non je ne l'avais pas reconnue, en fait je n'avais même pas eu l'espoir de la revoir. Nous nous étions rencontrés au hasard, et toute cette histoire avait débutée comme cela, je n'étais pas homme à courir après les femmes, en fait depuis que je l'avais croisé, ce phénomène avait changé, je ne regardais plus les femmes que pour une chose, l'apercevoir elle. Et voilà qu'elle était là.
Il m'avait fallut un moment pour le réaliser, et voilà que j'étais au milieu d'une piste de danse, prêt d'elle au milieu d'un événement mondial.
Qu'il était compliqué de penser à autre chose dans ses conditions.
Je remarquais tout de même une légère contradiction, comme si elle avait autre chose en tête.
Ma main se porta à son menton, avant de lui décrocher un joli sourire


-Tu me semble préoccupé par quelque chose je me trompe ?


Peut être allait-elle me répondre, peut être plus tard. Je lui repris le bras l’entraînant à nouveau dans la valse.
Je détestait danser, je détestais ces soirées mondaines et encore plus d'être entourés par tout ces gens mais étonnamment ce poids que je ressentais d'habitude, le temps semblait encore passer beaucoup trop vite, et je me perdit longtemps à la contempler, la trouvant chaque seconde un peu plus belle qu'auparavant.
Mais quelque chose se bloqua, car mon instinct me fit savoir que quelque chose n'allait pas.
Bien que discrètement, le nombre de garde semblait avoir augmenté, et même sous leurs airs professionnels, on devinait qu'ils n'étaient pas là par pur hasard. Comme pouvais-je en être si sur ? Car cet air, je l'avais moi-même porté plus d'une fois.
Mon précédent poste aurait voulu que je me porte au poste le plus proche pour proposer de l'aide, mais une chevelure blanche me ramena à la réalité. Et alors que nous pensions j'eus le deux dimensions de ma vie résumées en une image.

Allys au premier plans, qui représentait tout ce que je voulais et le devoir en arrière plan. C'était le genre de choix de romans dans lesquels le héros renonçait à son bonheur pour le plus grand nombre.
Mes yeux se posèrent sur la jeune femme avec un instant d'hésitation, ce qui se traduit également par une pression moins forte de ma main sur ses hanches.
Nous n'étions pas dans un roman, et je n'étais pas un héros... Mon dilemme moral s'arrêta tout aussi net quand je vis son sourire.
Peut être était ce faux, mais avec elle, j'avais l'impression qu'une autre voie était possible, une loin de ces obligations, peut être une voie bien plus heureuse...


Mes yeux retrouvèrent leurs état normal et je repris la danse, lui murmurant à l'oreille.


-J'ai tendance à détester le hasard, mais te retrouver ici est surement l'une des meilleurs chose qui me soit arrivé.


Elle avait en effet considérablement changé mon point de vue sur la soirée.
Finis le bal mondain je commençais presque à aimer danser avec elle, ne pouvant m'empêcher de la dévorer du regard.




Rose x 12
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Lizzie Seavey
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Mar 2 Jan - 21:27
Irys : 308721
Profession : Chasseuse de primes - Pirate
Pérégrins -1 (femme)
~ Dans la salle du bal, avec Aurore et Ludwig ~

Lizzie ne put s'empêcher de sourire devant le spectacle de ces jeunes gens amourachés. Elle qui n'avait jamais eu le loisir à cet âge-là de s'amuser ainsi, elle trouvait cela innocent et elle ne pouvait s'empêcher de poser un regard tendre sur le couple d'adolescents. Elle n'eut néanmoins pas le temps de s'attarder car les deux danseurs s'éclipsèrent rapidement. La pirate se retrouva donc pendant quelques instants en tête à tête avec la rousse qu'elle avait prise pour Faye, qui se présenta sous le nom d'Aurore Seraphon. Lizzie n'eut même pas le temps de se demander si elle allait donner son véritable nom que le responsable des événements de sa soirée vint souffler dans son oreille de sa voix douce. La jeune femme eut un regard mécanique vers sa robe, offerte par l'élégant moustachu à l'occasion de cette soirée. Elle ne savait pas trop si sa présence était rassurante ou intimidante. Elle décida d'opter pour la première solution, en le gratifiant d'un sourire amical.

Se tournant vers sa nouvelle connaissance qui ne manquait visiblement pas de répondant, Lizzie eut un petit rire face à sa remarque directe et sans demi-mesure. La jeune femme ne sembla pas le remarquer, puisqu'elle s'adressa tout de suite à elle comme pour changer de sujet. Lizzie posa une main amicale sur le bras de Ludwig pour l'inciter à coopérer et tout en souriant à Aurore, prit goût à ce petit jeu de la conversation mondaine.

- N'est-ce pas une soirée idéale pour briser les règles et échapper au regard protecteur de parents trop responsables ? Ces jeunes gens avaient certainement raison de profiter du bal et des nouvelles sensations que celui-ci peut leur apporter. Ils n'auront pas l'occasion tous les jours de s'amuser comme ce soir.

Cette dernière pensée tira à Lizzie un sourire amer, quand elle se souvint de la raison pour laquelle elle se trouvait là, et elle ne put s'empêcher de jeter un regard sur la montre de Ludwig, se souvenant qu'il fallait qu'elle parte au plus vite. Malgré tout, le fait qu'il soit lui aussi encore là était bon signe, et Lizzie se convainquit qu'elle pouvait encore profiter un moment de la soirée. Elle posa ses yeux d'émeraude sur les couples qui dansaient, sur les sourires et les visages rougis par l'alcool et la chaleur ambiante. Elle reconnut au milieu des couples le visage sans cicatrice de Hex Hekmatyar, rencontré quelques mois auparavant, à qui elle sourit de loin, se doutant qu'il ne la verrait même pas, absorbé qu'il était par sa compagne de danse, une magnifique femme à la chevelure blanche. Puis Lizzie reporta son attention sur la conversation et ses deux compagnons.

- Après tout, regardez cette salle, regardez l'euphorie provoquée par la danse. Les couples sont nombreux, ils dansent et se mélangent et tournoient sans se préoccuper de politique ou de la terre de naissance de leur voisin. Cette danse n'est-elle pas le plus beau symbole de paix délivré par ce merveilleux événement auquel nous participons ?

S'il existait un prix décerné au filou le plus hypocrite, Lizzie l'aurait dérobé sur le champ. Néanmoins, si elle savait une partie de ce qui se tramait en toile de fond, ses paroles étaient sincères. Cet élan de paix était beau à voir. Dans son désir de se délivrer des chaînes qu'elle avait elle-même enfilé, Lizzie n'arrivait pas à voir le tumulte autour de la salle, et n'était concentrée que sur les danseurs et les regards joyeux.

- Au fait, excusez-moi, je ne me suis pas présentée... Je suis Li... Lilas de la Ronce.

Sous le regard de Ludwig, Lizzie s'était vite reprise. Elle aurait pu se présenter sous son vrai prénom, Elizabeth, puisqu'elle ne l'utilisait jamais, mais elle n'avait pas assez l'habitude pour y penser derechef. Mais sa pirouette lui assurait l'anonymat que la robe et la calèche lui avaient apporté. Son nom ne devait pas être lié aux événements de la soirée, sinon c'en serait fini d'elle.

- Votre accent vous trahit, mais je ne saurais dire de quelle région de My'trän vous provenez, Aurore. A quel Architecte êtes-vous liée ? Bien que cela ne me dira pas forcément où vous vous avez grandi, en réalité...

Si ce soir, Lizzie avait tout d'une Daënar, elle n'en restait pas moins une grande bourlingueuse qui avait voyagé par tout le monde et connaissait assez le quotidien des My'träns pour comprendre l'importance des Architectes pour eux. Et s'il fallait rester sociale, autant que la conversation soit intéressante et qu'elle lui permette d'en apprendre plus sur la jeune femme qu'elle avait confondu avec Faye...



Chibi Lizzie
Paroles de Lizzie: #33ccff
Paroles de Emshaï: #339900
Paroles de Akhir: #cccc00
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Khugatsaa
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Jeu 4 Jan - 10:33
Irys : 114977
Administrateur

Dire qu'il vouait une curiosité sans limite pour ce genre d'événement était un euphémisme, et pour cause, il n'en avait manqué aucun depuis son existence. Bien en retrait sur les querelles qui pouvait exister entre les deux peuples, c'était avant tout leur manière de créer, et d'arriver à des fins identiques mais de manières complétement différentes qui le fascinait. Ainsi, cela faisait maintenant plus de 48h qu'il errait entre les divers stands pour regarder les khün s'essayer aux diverses inventions, et alors que ce troisième jour s'annonçait tout aussi enrichissant, il n'y avait pourtant pas l'ombre d'une cerne sur son visage, dont le regard profond et enivrant trahissait l'euphorie de son esprit. Mais comme pour beaucoup, c'était aussi et surtout l'apparition de ce cher M.Wilson qu'il attendait avec impatience.

Alors pour patienter, il continua de s'émerveiller des prouesses parfaite et inégalables de la magie my'trän, et se surprit même à rester bouche-bée devant l'architecture daënar, mais plus que les bâtiments, ce furent les gens à eux seuls qui valurent le détour cette année. Combien de déguisement loufoque avait-il eu l'occasion de voir en l'espace de trois jours ? Il dut avouer que toute cette bande de joyeux lurons l'avaient bien fait rire, et si son statut le lui permettait, il se serait joint volontiers à leur âneries.

Puis l'astre entama sa lente descente, et au crépuscule il rejoint la prodigieuse salle du bal, où il aperçu sans grande difficulté l'une des personnalités phare de cet événement, notamment grâce aux quatre Protecteurs qui l'accompagnait sans relâche depuis le début des festivités. Il s'approcha du fils de Delkhii, se frayant un chemin entre les mouvements gracieux et entraînant de tout les danseurs, esquivant avec une facilité divine chacun de leur déhanchés envoutant jusqu'à arriver devant l'Affable.

~ Bien le bonsoir Ô roi légitime de Busad l'inébranlable. ~

Le mystérieux jeune homme s'inclina bien bas à la gauche de Zaël, avant de relever son visage pour regarder son interlocuteur droit dans les yeux, transperçant son âme de son regard doré. Pourtant proche, aucun des Protecteurs ne semblait avoir remarqué la présence de l'importun aux côtés de leur chef.

~ Delkhii m'en soit témoin, les années n'ont rien enlevé à votre prestance, qui m'est toujours aussi intimidante que les plus haut sommets des Tsagaan Oï. ~

S'il avait déjà rencontré à plusieurs reprises le maître de Kharaal Gazar, il était tout à fait impossible que ce dernier se souvienne de son interlocuteur. Il se releva enfin, inclinant respectueusement la tête vers la belle demoiselle qui accompagnait le my'trän.

~ Madame a raison, vous représentez bien plus que ce que votre titre ne le laisse entendre. Rejoignez-la donc. Les danses de votre pays sont encore profondément gravée dans mes souvenirs, vous nous honoreriez de votre participation. ~

Un battement de cil plus tard, il s'éclipsa, se dirigeant avec la même habilité et précision jusqu'à l'un des bancs de marbre, d'où il pouvait observer et applaudir les danseurs pour leur prestation, bonnes comme moins bonne. Il n'y avait aucun doute quant au fait que son charisme intriguait les convives, mais cela n'empêchait guère les moins timides de venir s'asseoir à ses côtés pour tantôt discuter, tantôt l'inviter à danser, et parfois même pour le simple plaisir de se plonger dans ce regard irréel.


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Meylan Lyrétoile
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Jeu 4 Jan - 21:39
Irys : 810318
Profession : Ménestrelle
My'trän +1
Peut-être qu’on aurait pu accuser Meylan d’être partiale dans son opinion des talents de danseuse de Mary.  Après tout, il s’agissait de sa meilleure amie.  Mais en toute honnêteté et objectivité: Mary était une excellente danseuse et son partenaire la complémentait à merveille.  Les voir danser était un régal pour les yeux.  

Quand son amie et son cavalier quittèrent la piste de danse, Meylan se mit à marcher dans leur direction pour aller les saluer.  Après tout, elles se croisaient assez rarement ces derniers temps.  Quelque chose attira cependant son attention, la faisant s’arrêter net et perdre de vue sa cible.  C’était d’abord une sensation, comme un chuchotement muet qui effleurait un hypothétique sixième sens.  Elle connaissait cette impression: elle l’avait ressentie pas plus tard que deux jours plus tôt en assistant aux époustouflantes prouesses des illusionnistes du Ciné'ranma.  C’était l’aura des illusionnistes de haut niveau.

Curieuse, la ménestrelle balaya la salle du regard pour identifier la source de cette aura.  Bien que l’individu en question soit assis un peu en retrait de la piste de danse, il n’était pas moins visible que s’il s’était tenu sur l’estrade d’honneur de la salle.  Il irradiait littéralement d’une énergie invisible mais ô combien frappante pour la novice qu’était Meylan.  Elle avait entendu dire que les maîtres mages donnaient souvent l’impression d’être baignés dans la grâce de leur Architecte tutélaire, mais elle réalisait seulement à quel point cette description était correcte.  Pendant un moment, elle garda les yeux fixés sur l’individu, ou plutôt sur quelque chose d’invisible qui l’entourait.  À vrai dire, elle était plus fascinée par l’aura qu’il dégageait que par la personne qu’elle dévisageait et, dans un premier temps, elle aurait été bien incapable de dire à quoi ressemblaient ses traits.

Ce n’est qu’en se faisant bousculer par deux danseurs daënars qu’elle réalisa qu’elle devrait peut-être envisager de se déplacer, ne fût-ce que pour ne pas gêner le passage.  Et peut-être aussi parce que dévisager les gens ainsi pouvait paraître un tantinet étrange aux observateurs extérieurs et à la personne dévisagée si elle s’en rendait compte.  Elle recula de deux pas, hésitant tout d’un coup quant à la direction qu’elle voulait prendre.  Elle n’oubliait pas Mary, mais…on ne rencontrait pas tous les jours un maître de l’art de Khugatsaa.  Bien sûr, peut-être qu’un mage d’un tel niveau lui ferait comprendre de manière on ne peut plus claire qu’il n’avait pas de temps à perdre avec la première ménestrelle venue, mais…elle préférait essuyer un refus plutôt que le regret de ne rien avoir tenté.

Bien qu’elle ne soit ni timide ni particulièrement impressionable, Meylan était néanmoins très consciente des battements de son coeur alors qu’elle se rapprochait de cette source d’énergie.  Plus elle avançait, plus cette étrange impression de chuchotement muet s’intensifiait.  Arrivée à deux pas de l’homme, elle s’arrêta, prit une bouffée d’air pour se recomposer un visage présentable et franchit la distance qui la séparait de lui sans se donner le temps de reconsidérer sa décision.

"Pardonnez-moi, mais ce n’est pas tous les jours qu’on croise un maître dans l’art de Khugatsaa.  Seriez-vous l’un des artistes du Ciné'ranma?"

Pas de doute par rapport à son opinion de ce stand: l’admiration était plus que claire dans son ton.  Il faut dire que le spectacle auquel elle avait assisté était le parfait exemple de tout ce à quoi Meylan aspirait en tant qu’artiste tout en en étant encore bien loin.  Il sonnait juste, il transportait les spectateurs, il captivait et il émouvait tour à tour.  S’il s’agissait bien d’un des mages responsables de cette merveille, elle ne manquerait pas de dire cela à haute voix, et tant pis pour ce qu’on en penserait.  Il n’y avait dans son opinion aucune honte à reconnaître l’oeuvre d’un maître.  Par contre, toute à son envie d’aborder le mage, elle avait oublié un certain détail qu’il convenait peut-être de rectifier.

"Mille excuses, j'engage la conversation dans le mauvais ordre.  Meylan Lyrétoile, ménestrelle de Darga, à votre service."

Cette présentation s’accompagna d’un large sourire et du salut typique de l’artiste en fin de spectacle.  Faute de chapeau ou de cape, c’est un pan de sa robe qu’elle avait saisi dans sa main droite alors qu’elle s’inclinait.  Elle avait un pétillement dans les yeux, causé en partie par le souvenir de la représentation à laquelle elle avait assisté, et en partie  tout simplement par sa bonne humeur de ce soir.



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Zaël
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Sam 6 Jan - 14:43
Irys : 912219
Profession : Gharyn de Busad
My'trän +3 ~ Kharaal Gazar (homme)
La conversation allait bon train. Il était étonnamment facile de parler avec sa compagne du soir. Pas autant qu’avec Adela mais il se sentait aussi à l’aise qu’il pouvait l’être. À l’évocation de la danse, il se fit plus qu’indécis. Ce qu’elle disait été juste mais il ne savait pas danser, il manquait totalement de pratique. Il risquait plus d’être encombrant pour sa partenaire qu’autre chose. Il s’apprêtait à la lui proposer de trouver un autre partenaire plus adéquate lorsqu’un homme étrange leur parla, ou plutôt lui parla de prime abord. Zaël n’aurait pas oublié une personne tel que lui et pourtant, malgré ces mots qui semblaient suggérer de multiple rencontres, aucun souvenir ne lui revenait. Un maître de l’oubli qui se serait effacé de sa mémoire ? Ou un observateur effacé ?

« Vraiment ? »

Sa surprise n’était pas feinte, et si le compliment le touchait, il n’avait pas l’impression d’avoir une telle prestance. La conclusion lui sembla tout aussi surprenante que le reste de ses assertions. Il jeta un regard à ses Protecteurs qui ne bronchaient pas, pas plus Léonie que les autres et se sentit obligé d’accéder la requête de cet inconnu. Alors que ce dernier s’enfonçait de façon aussi aisée dans la foule qu’il en était sorti, Zaël se tourna vers la daënastre.

« Je pense qu’une danse ne pourrait faire que du bien. Veuillez m’excuser par avance pour mes maigres talents de danseur, ils ne feront sûrement pas honneur aux vôtres. »

Ceci dit, il se leva et tendit son verre à peine entamé à Léonie. Il ne pouvait décemment danser avec une main occupé par un verre. La seule chose qu’il accomplirait ainsi serait de le renverser au sol dans le meilleur des cas.

« Si vous-voulez bien me garder ceci le temps d’une danse. »

Ce n’était pas vraiment le rôle des Protecteurs mais il ne savait qu’en faire d’autre. Une fois libéré de ce fardeau, il enjoignit Tashinär à le suivre sur la piste de danse parmi les nombreux danseurs. Ses gardes furent bien obligés de rester sur le bord de la piste.

« Je vous fais confiance pour nous guider dans cette danse. »

Il sourit à sa charmante compagne : elle était forcément plus douée que lui. Sa gaucherie se remarquerait en moins de deux pas à n’en point douter.


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Darim s'exprime en #00cc00
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Althéa Ley Ka'Ori
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Sam 6 Jan - 18:25
Irys : 850225
Profession : Guérisseuse du Troisième Cercle
My'trän +2 ~ Suhury
Althéa avait perdu Zora du regard. Si une sueur froide glissa le long de son échine à cette simple pensée, elle finit bien vite par se détourner de son anxiété. Après tout elle n’était pas sa nourrice, son seul impératif pour l’heure résidait dans sa mission en tant que troisième cercle. Elle la retrouverait bien par hasard au détour d’un cadavre ou d’une autre chute fortuite dans un bassin, rien de ces événements n’impliquaient sa responsabilité. Elle se défit de son inquiétude latente, pour profiter autant que faire se peut de la soirée environnante. Elle comptait bien se préoccuper d’autre chose que de limiter les dégâts de son alliée, au moins le temps d’une nuit !

Une nouvelle fois, elle avait entrevu une chevelure rousse, comme une vision mémoire d’une abeille aperçue quelques jours plus tôt. Finirait-elle par poser le doigt sur son insaisissable propriétaire ? Quelques minutes plus tard, sa prière fut exaucée. Quelle surprise de la trouver à côté d’une seconde merveille flamboyante ! Les deux sœurs réunies émanaient une prestance époustouflante corroborée par un charme fatal au cœur de tout homme hétérosexuel ainsi qu’à la fierté de toute femme un tant soit peu jalouse. Les lèvres entrouvertes dans sa stupeur et l’euphorie naissante dans sa poitrine, elle avait cessé derechef de suivre le cours de la conversation. Helyah la ramena à la réalité, la voix cajoleuse, une main intrusive autour de sa taille, et un sourire entendu sur les lèvres.

    « Althéa, tu as vu un morceau de viande intéressant ?
    - Comment ?
    - Du mâle, pardi ! Tu as repéré du mâle ? reprit-elle avec excitation.
    - Non, bien le contraire… fit la guérisseuse d’un air songeur. Je peux prendre ma pause maintenant ? Je reviendrai d’ici une heure comme convenu. »


Helyah haussa les épaules et replongea dans sa discussion interrompue, qui consistait grossièrement en des commérages et de la connivence. Ravie, Althéa hésita cependant à approcher ces deux créatures féériques comme rarement les architectes n’en avaient créées. Beaucoup de choses avaient changé depuis sa rencontre avec les sœurs Toen, et elle ignorait combien ses ambitions nouvelles les indisposeraient. Elle confia sa cape à Helyah qui avait peu de chance de bouger de là, et s’approcha à pas feutrés des deux frangines qui discutaient. Le sourire qui s’afficha sur ses lèvres avait une toute autre portée que ceux qu’elle employait usuellement. Dénué de tout sarcasme ou de satisfaction sadique, il était au contraire sincère et innocent. Indécise sur quelle rouquine saluer en premier, elle choisit de ne pas choisir, et de poser une main sur le bras de chacune, ne dissimulant nul indice de sa réjouissance dans l’expression qu’elle arborait. Pour une personne aussi peu tactile qu’Althéa, une telle effusion d’amitié relevait de l’inouï miracle !

    « Faye, Luka ! Quelle joie de vous revoir, ensemble qui plus est ! Cela multiplie mon enchantement que de vous voir en même temps. »


La guérisseuse ne s’attendait guère à une telle rencontre si loin des lieux qui avaient initié leur amitié. Peut-être l’exposition n’était pas si futile que ce qu’elle l’avait cru. Néanmoins, une pointe d’amertume gâtait son bonheur, et elle choisit donc de s’en débarrasser comme l’on arrache une écharde au préalable de quelque activité physique. Elle prit une inspiration presque timide, plongeant dans les yeux en amande de sa partenaire de voyage et la seule justicière qui ne l’insupportait pas – et c’est là une litote.

    « Faye, je pensais recevoir une réponse à mes missives bien avant de te retrouver par hasard à l’autre bout du monde ! »


Sa voix ne se parait d’aucun reproche, plutôt d’une déception triste, d’un désir ardent qu’elle puisse lui fournir une excuse viable, laquelle lui permettrait de tourner la page dans l’instant. Althéa était rancunière de caractère, mais lorsqu’on usait du bon prétexte, elle savait supprimer toute trace de rancœur dans son esprit. Par ailleurs, il ne lui faudrait pas grand-chose pour pardonner à un être de bonté comme Faye !

Désireuse d’inclure Luka malgré la manifeste aigreur de ses propos, elle imprima une expression plus joviale sur son visage que ce qu’elle ressentait réellement, et se tourna vers la grande, et plus jeune aussi, sœur Toen. Avec un sourire mi-ironique, mi-réjoui, elle commenta ses pieds nus par le présent compliment :

    « Quelles ravissantes chaussures, Luka ! »
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Zora Viz'Herei
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Sam 6 Jan - 20:43
Irys : 1845080
Profession : Nécromancienne (en formation)
My'trän -3

Le mépris qui se lit dans le regard d'Adramus arrache un sourire amusé à la rouquine. Un plaisir toutefois gâché quelques instants plus tard par le départ du noiraud. Elle se retrouve ainsi seule avec Mary qui l'entraîne vers l'extrémité de la piste de danse. Là où un hérétique daënar ne risque pas de la percuter, par exemple. La disciple de Möchlog lâche ensuite un léger rire désabusé lorsque son interlocutrice lui avoue qu'elle est surprise par sa présence à cette soirée. Puis l'intéressée ajoute qu'Adramus est son fiancé...

Zora pose son regard sur la brune, délaissant l'observation des différents couples qui animent le centre de la salle. Jusque-là elle s'était contentée de considérer Mary comme une simple distraction pour cet homme qui l'a insultée quelques mois plus tôt. Mais il semblerait qu'elle soit bien plus que cela... Ainsi donc c'est à elle que le noiraud faisait allusion lorsqu'il parlait d'amour? L'étonnement de la rouquine s'estompe au fil des secondes pour laisser place à une certaine satisfaction.
"Je suppose que des félicitations sont de rigueur dans ce cas, mmh?" relève-t-elle. "Alors... et bien... félicitations?"
Elle n'a jamais été très douée lorsqu'il s'agit de se réjouir pour le bonheur des autres. L'empathie n'est qu'un vague mot dont le sens lui semble bien obscure. Le sourire qu'elle adresse à sa voisine n'a rien de chaleureux. Car Mary est vouée à payer l'erreur commise par son fiancé. Et si elle était jusque-là une simple connaissance dont le sort importait peu à la rouquine, elle est désormais un outil qui permettra d'infliger à Adramus une douleur intense. Une douleur qui finira malheureusement par s'estomper lorsque l'Oubli emportera toute trace de celle qu'il aime. Mais n'est-ce pas le pire des châtiments, dans le fond?

Les pensées malsaines qui commencent à envahir Zora et qui maintiennent ce sourire mauvais sur ses lèvres finissent par s'estomper lorsque la brune reprend la parole pour lui demander son avis sur l'exposition. La rouquine arque alors un sourcil sceptique lorsque l'intéressée ajoute qu'il y a des choses intéressantes à y voir. Un avis que la disciple de Möchlog est loin de partager. Très loin, même.
"Tout ce que j'ai vu, ce sont des hérésies animées par des hérétiques!" maugrée-t-elle. "Mais à défaut d'être intéressant, ce fut au moins instructif! Tout ce que nous pouvons apprendre sur ces animaux nous servira bien un jour ou l'autre..."
Et ce jour n'est guère éloigné, d'ailleurs. Mais la jeune femme ne juge pas utile de préciser à Mary qu'elle compte se rendre à Daënastre pour tuer Technologie. Les oreilles indiscrètes ne manquent pas, ici. Et puis elle suppose que son interlocutrice n'aurait que faire d'une telle information. Moins elle en sait sur elle, mieux c'est. C'est plus ou moins à cet instant qu'Adramus choisit de revenir avec trois coupes. L'une d'elle termine entre les mains de la rouquine qui observe alors le liquide d'un air dubitatif. Il ne serait tout de même pas assez stupide pour l'empoisonner, si?

La disciple de la Chouette lève son verre à la suite de celui de Mary pour honorer à son tour les Architectes. Si ceux-ci sont en train de les observer à cet instant, nul doute qu'ils doivent se délecter de la situation de ce trio. Mais Zora, grande impatiente devant les Éternels, commence déjà à se lasser. Il est peut-être temps de donner une nouvelle tournure à ce petit jeu.
"Je dois t'avouer quelque chose, Mary! Ton fiancé et moi nous connaissons bien. Intimement, même!" précise-t-elle avec une espièglerie malsaine. "Je l'ai rencontré à Suhury seulement quelques jours après notre amusante soirée à l'auberge. Le monde est petit, pas vrai?"
L'expression semble parfaitement adaptée. La rouquine prend quelques secondes pour dévisager Mary, espérant y lire une quelconque forme d'appréhension. A-t-elle déjà compris? Se doute-t-elle seulement de quelque chose? Cette incertitude rend l'instant présent bien plus intense. Bien plus savoureux.
"Mais je le laisse te raconter tout ça! Il est sûrement plus doué que moi pour raconter de belles histoires!" ajoute-t-elle en levant le regard vers lui. "Sois sans crainte: je me ferai un plaisir d'apporter quelques précisions à ton récit si jamais tu venais à en oublier certains détails!"
Elle décoche alors un sourire au noiraud avant de porter une nouvelle fois le verre à ses lèvres. Ce breuvage ne lui a jamais semblé aussi délicieux qu'en cet instant...




Zora s'exprime en: #8FBC8F (darkseagreen)

Spoiler:
 
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Allys Terasu
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Sam 6 Jan - 22:15
Irys : 1017994
Profession : Ingénieur mécanique
Daënar +1
~ Sur la piste de danse, avec Hex ~

Danser au milieu de la foule représentait à cet instant un mélange de choses diverses. C'était à la fois un moyen d'échapper à ses pensées sombres à propos de la jeune Aamu, de s’enivrer de la sensation agréable de la présence de son amant mais aussi, et elle ne se l'avouait pas encore, d'afficher à tous qu'elle éprouvait plus que de l'intérêt à son égard. C'était une manière de montrer à tous qu'il était à elle et empêcher ainsi de possibles vautours de lui tourner autour. Bien que l'idée de voir sa belle se gonfler de jalousie ne l'aurait pas déplu, lui, sans aucun doute.

Dans les bras de son soldat, Allys virevoltait, un sourire aux lèvres. Il suffisait qu'elle croise son regard pour oublier toutes ses résolutions. Avec lui, elle redevenait une adolescente, une petite midinette, uniquement guidée par les battements effrénés de son cœur. Elle avait beau à chaque fois tenter de s'en détacher, retrouver son habituelle impassibilité mais sans succès. Alors à quoi bon tenter d'y résister ? Elle en était incapable. C'était comme présenter deux aimants, soit ils se repoussent soient ils sont attirés à tel point qu'ils s'entrechoquent pour ne plus se quitter. Et ce soir elle avait bien l'intention de profiter.

Pourtant, il se stoppa.


« Tu me semble préoccupé par quelque chose je me trompe ? »
« Tout va bien. »

Le rassura-t-elle. Et aussi étrange que cela paraisse, pour une personne franche, le mensonge est d'autant plus aisé. La jeune femme était bien, là, avec lui. Ses inquiétudes pouvaient bien attendre demain. De toute manière Aamu avait disparu en lui laissant son adresse.

Avec un sourire, elle se laissa entraînée à nouveau dans une valse. Bien qu'elle ne soit pas une grande danseuse de salon, Allys avait une aisance de mouvement. A Zochlom, la danse se faisait de manière bien plus fluide que celles du continent. La seule chose qui manquait de souplesse était prothèse, mais elle avait suffisamment d'assurance pour que cela ne choque pas. Allys était heureuse à ce moment qu'elle ne remarqua même pas la légère hésitation de son amant. Elle plongeait son regard dans le sien de temps à autres mais jamais elle ne se préoccupa de ce qui les entouraient comme s'ils étaient seuls au monde.


« J'ai tendance à détester le hasard, mais te retrouver ici est sûrement l'une des meilleurs chose qui me soit arrivé. » 
« Qui sait, ce n'est peut être pas le hasard. Nous sommes peut êtres destinés. »

Elle lui répondait d'un ton taquin, lui adressant un clin d’œil mais dans son fort intérieur elle le pensait réellement. Pourtant, bien qu'elle lui témoigne de l'affection, elle n'osait pas en dire trop. De peur que cela prenne trop d'importance à ses yeux. Leur relation était étrange. Dès lors qu'ils étaient ensemble ils se témoignaient un amour sans faille et pourtant ils ne faisaient que se croiser par hasard, sans trop rester en contacte le reste du temps. Bien qu'ils s'envoyaient parfois des lettres, elles étaient rares et ils vivaient leur vie chacun de son côté. Pourtant...

« Moi aussi je suis heureuse que tu soit là. »




Ma couleur : #9999cc
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Ingrid & Sigurd
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Dim 7 Jan - 10:59
Irys : 689869
Les gardes chargés de fouiller les balcons, aussi discrètement que possible dérangèrent quelques couples mais revinrent bredouilles. Rien à signaler de ce côté, au moins n’y avait-il pas eu d’autres meurtres. Deux par deux, ils passèrent aux buissons, remontant la petite rivière des deux côtés de la pièce. Cette fois-ci, leur fouille fut plus heureuse : des bracelets, boucles d’oreilles, serviettes et surtout un poignard ! Sans tarder, un alla le donner à Asaël, enveloppé dans un linge, discrétion oblige, et un autre alla informer le chef de la sécurité. Leur tâche accomplie les gardes furent une nouvelle fois réassignés : tous aux entrées. Il y en avait bien besoin entre l’entrée principale et les nombreuses sorties pour les jardins au sud !

Parallèlement à cette découverte, Liam, celui qui avait amené la dame évanouie dans une salle à l’écart allait chercher un médecin pour s’en occuper. Ainsi que du mort mis dans la même salle, un simple paravent séparant les deux. Ils n’y avaient pas tant de salles que ça et un individu étrange avait déjà été mis à l’isolement dans l’une d’elle. Les organisateurs avaient été prévoyants, et de nombreux membres des Cercles de l’Aube étaient présents, là pour assurer les cas d’évanouissement – pas dans ces conditions bien évidemment – d’intoxication et blessures diverses inhérentes à ce genre d’événement. Leur groupe était dispersé en différent points de la salle pour intervenir en cas de besoin. N’importe qui pouvait faire l’affaire théoriquement mais une personne avec de la réputation et en qui on pouvait faire confiance c’était mieux. Ce fut donc la raison pour laquelle le garde se faufila jusqu’à Luka Toen, facilement reconnaissable à sa chevelure rousse. Ou du moins en théorie.

« Miss Toen nous aurions besoin de vous à l’entrée, pour… un cas spécial. »

Son hésitation avait été visible. Il ne voulait pas trop en dire. Surtout qu’il était bien en peine de dire laquelle des deux rousses était la bonne ou qui était la brune avec elle. Le doute serait vite dissipé, et, s’il ne se présenta pas, son uniforme de garde le classait visiblement dans la sécurité.

« Si vous voulez bien me suivre, c’est pressé. »

Ironiquement plus pour le mort dont on avait besoin des informations au plus vite que pour la vivante juste inconsciente. Personne ne croyait qu’elle ait vu quoi que ce soit. Mais elle serait interrogée tout de même dès que ses yeux s’ouvriraient. Ça risquait de ne pas plaire aux médecins mais Liam craignait plus ses supérieurs pour l’instant. Arrivé dans la salle il fit un petit topo sur ce qui s’était passé et ce qu’il y avait à faire.

Non loin de là Asaël, la dague en sa possession était entrée dans la salle avec ce soi-disant croque-mort plus que suspect.

« Vous êtes un croque-mort d’après ce que l’on m’a dit. Avez vous aussi pour habitude d’envoyer dans le trépas les gens pour avoir de quoi faire, monsieur... ? Êtes vous venus à ce bal pour causer du désordre ? »

Il n’y avait pas vraiment le temps de tourner autour du pot et ce n’était pas non plus le genre de cette femme à l’allure sèche. Elle n’était clairement pas là pour s’amuser et si ce type n’était venu que pour les distraire dans ce moment critique, elle ne le laisserait pas s’en sortir impunément. D’un signe de tête elle fit signe au garde impassible de l’attendre dehors et de rejoindre le garde déjà présent pour empêcher les importuns d’entrer.

« Et que les choses soient claires : ici, nous ne sommes ni à Daënastre ni à My’tra tu n’auras pas de procès ni le droit à un défenseur ! Tu ferais mieux de répondre à toutes mes questions. »

Elle le surplombait aisément avec sa grande taille et en profitait pour le regarder de haut. Sa carrure était clairement celle d’une combattante aguerrie. Elle saurait maîtriser la crevette face à elle sans souci. Son ton n’appelait pas non plus à la bravade. Enfin, ce n’était pas le cas des gars délimitant la scène de crime non plus...

Du côté des jardins et de ses multiples sorties, le flux d’entrée et sortie était fortement ralenti par les fouilles devenues obligatoires. Si ça en décourageait certains, c’était loin d’être le cas de tout le monde et les gardes se retrouvaient submergés de gens passablement content.

« C’est quoi cette histoire ?! Ou voulez-vous que je cache quelque chose sur cette robe ? Vous m’avez bien vue ?! »

Une dame de la haute évidemment avec sur le dos plusieurs mois de salaire de son interlocutrice, et pourtant ces gages n’étaient pas si mince !

« Madame, c’est la règle pour tout le monde ! Le plus vite vous me laissez vérifier que vous n’avez rien de compromettant sur vous le plus vite vous entrerez. C’est autant pour votre sécurité que pour celle des autres. »

Ce dialogue de sourd, se poursuivit un long moment. Aucun des deux parties ne voulant en démordre. Une collègue de celle qui se coltinait la récalcitrante fit signe à la jeune femme dans une robe tout aussi outrageuse de s’avancer.

« Mademoiselle vous n’avez pas eu de souci dans le jardin ? »

Si la question ressemblait juste à une question anodine de politesse, les gardes s’en servait pour récolter des informations : savoir si oui ou non des choses inhabituelles s’étaient produites si quelqu’un avait marché sur un poignard ou trouvé une tenue abandonnée…

« Je vais me charger de votre fouille, tenez vos bras légèrement levé le temps que je procède. »

Une fouille rapide et efficace qui révèla rapidement qu’il n’y avait rien de plus que ce qui était visible : un fil de fer d’un mètre quarante. Assez intrigant pour attirer l’attention sur la jeune femme.

« Ce fil de fer vous sert à quoi ? Vous l’avez depuis le début de la soirée ? »

Quelque soit sa réponse, celle de la garde était prévu d’avance.

« Je vais vous le garder. Nous ne pouvons vous laisser rentrer avec ça. Vous pouvez refuser mais dans ce cas je me verrais dans l’obligation de vous arrêter jusqu’à la fin du bal. » 

Tout cela avait été dit calmement, sur un ton informatif mais qui n’admettait aucune contradiction. Rien de personnel ne filtrait, comme depuis le début : la femme quadragénaire était l’incarnation du professionnalisme.

« D’autre part, je vous demanderais d’aller vous faire photographier par mon collègue derrière moi et de lui décliner votre identité.»

C’était la procédure pour toute personne légèrement suspicieuse. Ils n’avaient pas le temps d’interroger à fond tout le monde mais au cas où ils trouveraient un témoin, ils se serviraient des photos ainsi prises pour identifier le ou la coupable. Le photographe était un journaliste réquisitionné. S’il avait râlé au début, il avait vite changé de ton lorsque l’on lui avait promis l’exclusivité sur l’affaire dès qu’elle serait dévoilée. Si elle l’était...
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Ophélia Narcisse
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Dim 7 Jan - 11:45
Irys : 1356960
Profession : Cible mouvante pour Régisseur
Pérégrins -1 (femme)
C'était d'un ennui ... on lui avait prit son fil qui lui servait de seule distraction. Et surtout ... qu'est-ce que c'étaient que ces questions ? Elle avait déjà bien assez peur de devoir parler à quelqu'un et cette personne-ci était tout sauf rassurante. Maladroitement ... et bien courtement, elle répondait à chacune d'entre elles, sans jamais avoir le temps de finir ses réponses. Cela devait sans doute se voir qu'elle tremblait, quant à l'interprétation donnée à ces tremblements, elle était libre à la vigie. 


A me distraire ... et oui ... je ... l'ai pris au cas où je m'ennuierai ... Et vu que ce bal n'est pas ... hum ... n'est pas ce que j'imaginais ... 


Et elle lui avait remis son attache à contre coeur ... qu'est-ce qu'elle allait bien pouvoir faire maintenant ...? Parler aux gens ...? Erk ... plutôt crever. La jeune dame en noir s'avança vers le photographe indiqué, et se laissa prendre son faciès en image. C'était très gênant ... les interactions n'étaient vraiment pas son fort, c'est à peine si elle connaissait les us et coutumes de sa propre ville. Alors qu'on attende d'elle un comportement exemplaire, mieux valait prier un crapaud pour que tombe la pluie, les chances auraient été plus favorables. Mais pourquoi maintenant ? Rien de tout cela n'avait eu lieu lorsqu'elle était arrivée auparavant. Sans doute une attraction destinée à amuser les gens ... ou autre. Peu importe la vérité, ils étaient vraiment tous étranges.


Elle opta donc pour se poster à un observatoire d'où elle pourrait regarder à travers l'une des vitres, sans avoir besoin de se déplacer pour assister visuellement au bal. Malgré l'ennui, elle devait rester juste un peu plus longtemps, rien que pour voir comment ils dansent. Et sa conclusion fut qu'elle ne manquait rien à l'intérieur de sa boutique. La plupart d'entre eux étaient maladroits, les autres restreignaient leurs mouvements. Décidément ... c'était une perte de temps que de venir ici. Lamelle lui manquait, elle aurait du l'emmener ... seulement alors le spectacle aurait-il été amusant. 


Et pour redoubler l'ennui, les hommes fusaient de nouveau pour tenter une approche plus suicidaire que chasser le sanglier à la plume. Ophélia avait toujours cru que la plus fastidieuse des tâches était de retendre les fils de son magasin ... elle n'a jamais été aussi déplu d'avoir tort. Et le manège recommençait à chaque dizaine de minutes ... si seulement l'un d'entre eux pouvait au moins avoir l'air d'un bon danseur, elle aurait pu s'amuser, mais même leurs révérences, leurs salutations traduisaient toute la malpropreté de leur gestuelle ... à croire que dans cette foule d'étrangers il n'y avait pas un seul prince charmant pour lui plaire, non pas qu'elle en cherchait un en premier lieu.


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Ophélia s'exprime en #9966cc
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Luciole Aldebarra
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Dim 7 Jan - 14:28
Irys : 443680
Profession : Flibustier - Croc-Mort - Aventurier
Pérégrins -2
Je n'avais rien vu venir, et je dois avouer que cette situation était des plus excitantes ! Mon bras tiraillé d'une étreinte incassable et destructrice en provenance du garde, je suivais sans contestation ce dernier qui tendait à me traîner vers les bas fonds de la salle de bal. Leurs réactions ne pouvaient camoufler l'anxiété et la tension dont ils faisaient l'objet, la condition de la personne préalablement présente dans cette salle ne faisait plus de place aux doutes, il était mort... Mais mort de quoi ? Ça, Luciole ne le savait pas encore, et il comptait bien le découvrir à l'avenir, malgré les tons menaçants adoptés par ces gardes bodybuildés, il ne pouvait rester dans le brouillard, c'était contre sa nature.

†††††

"Vous êtes un croque-mort d’après ce que l’on m’a dit. Avez vous aussi pour habitude d’envoyer dans le trépas les gens pour avoir de quoi faire, monsieur... ? Êtes vous venus à ce bal pour causer du désordre ?", disait-elle d'un ton plus que pesant.

C'est alors que, bien installé dans une salle privatisée pour sa seule personne, une femme de caractère fît irruption, imposante et froide comme un glaçon, dague à la main, Asaël qu'elle s'appelait la dame ! Ils doutaient de mes intentions, et je dois avouer que ces accusations avaient de quoi me faire rire, c'était bien l'une des seules fois où je ne comptais tuer personne ! Et c'est alors que... Ma langue fourcha ! Ma fourberie reprenant le dessus.

"Bonjour les amis ! Drôle de dame, et hommes de mains ! Il est vrai que je suis croc-mort, et que l'idée que vous venez de m'énoncer me nourrit de mille et un rêve et désir, le sang, les tripes, les artères dégoulinantes et toutes ces choses me fascine ! Ah, ah, ah... Mais ne vous m'éprenez pas, si j'avais réellement tuer cette personne, je ne serai pas venu me faire remarquer seulement quelques minutes après sont meurtre, et par ailleurs, j'en aurai profité pour tapisser ces murs dont le revêtement actuel reflète là l'incarnation du mauvais goût ! Voyons, réfléchissez un peu ! Me croyez-vous capable de faire telle atrocité à une personne dont je ne connais le nom ?", disais-je d'un ton je-m’en-foutiste et enfantin, tout en balançant mes frêles jambes d'avant en arrière rapidement, un illustre sourire sadique tapissant mon visage, mon regard plongé dans celui de cette femme à l'attitude plus que déplaisante. Elle avait beau mener l'action sur le moment, si un jours venait où je devais recroiser sa personne, elle pouvait être certaine que je lui ferais payer son arrogance.

D’un signe de tête elle fit signe au garde impassible de l’attendre dehors et de rejoindre le garde déjà présent pour empêcher les importuns d’entrer. Je savais que quelque chose allait se passer, mais quoi ? Allait-elle me torturer ? Ou tout simplement essayer de me faire avouer un crime dont je n'étais pas le commanditaire ? Quoi qu'il en soit, j'avais enfin trouvé un intérêt à cette fête où l'hypocrisie est maître, quelque chose qui devrait, si mes calculs sont bons, me prendre tout mon après midi, et plus, si affinité.

"Et que les choses soient claires : ici, nous ne sommes ni à Daënastre ni à My’tra tu n’auras pas de procès ni le droit à un défenseur ! Tu ferais mieux de répondre à toutes mes questions.", rétorquait-elle alors, certainement dans l'optique d'imposer son autorité sur ma personne. L'autorité... Ah, ah, ah ! Un principe que je ne connaissais plus.

"Oh, oui, oui, oui ! Interrogez-moi, j'ai tellement de chose à vous raconter...", disais-je cette fois-ci d'un ton plus calme, rabaissant le menton contre mon torse, les dents étincelantes et témoins d'un esprit meurtrier.
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Ludwig Strauss
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Dim 7 Jan - 15:42
Irys : 1018791
Profession : [Officielle] Propriétaire d'industries de l'armement [Officieusement] Baron du crime
Daënar -2
« Paix, mademoiselle, paix ! »

Le galant personnage, loin de s’offusquer des remarques quelques peu acerbes de la jeune femme à la chevelure couleur de braises incandescentes, préféra l’approche pacifique, curieux cela-dit de connaître l’étrange animosité dont avait fait part son interlocutrice à son égard. Quoi qu’il en soit, il n’allait guère se sentir blessé pour si peu, d’autant que la présence de Lizzie jouait un subtil rôle de médiatrice interculturelle qui pourrait préalablement apaiser un peu cette fine tension qui s’était installée.

Croisant les mains derrière son dos dans une posture qui se voulait détendue à la manière d’un chêne solide et pourtant dont le tronc se baignait paresseusement sous les rayons d’un agréable zénith, il garda ce masque de totale impassibilité au fin sourire de politesse qu’il parvenait à dessiner sur ses traits sans avoir à faire souffrir les muscles de sa mâchoire déjà bien malmenés par les interminables négociations faîtes avec quelques chefs de clans nomades de Zochlom, durs en affaires mais Ô combien passionnés et enthousiastes. La rencontre fut des plus instructives pour l’homme assoiffé de cultures et de savoirs qu’était ce cher Ludwig. Le gentleman avait ainsi découvert des personnes très particulières dans le point de vue caractériel, à la fois belliqueux et doux, un peu comme ces lions paresseux et joueurs qui, dans les temps de guerre, sortaient griffes et crocs pour rugir leur fureur et la flamme de leur fougue. Ces nomades menaient une lutte de tous les jours contre les éléments du décor sévère et hostile du désert. Bêtes cachées dans les sables chauds, dunes abritant quelques hordes de pillards organisant des razzias meurtrières, tempêtes emportant une kyrielle de particules coupantes et piquantes dont on racontait que les plus puissantes et furieuses étaient à même de nettoyer un cadavre de chameau pour n’en laisser à son passage qu’un squelette d’une parfaite blancheur, description qui avait une certaine beauté dans sa sordide morbidité.

Enfin, ce n’était peut-être pas le moment de penser aux accords d’une petite centaine de fusils promis à ces chers fils de Zochlom moyennant non pas une coquette somme d’Irys mais des investissements plus poussés. L’industriel classa soigneusement ce petit dossier dans les interminables étagères de sa mémoire d’acier et reporta sa totale et condescendante attention à ses interlocutrices qui, il le remarquait à présent, rayonnaient de beauté. Peut-être qu’en ce moment même certains hauts dignitaires ou hommes d’affaires murmuraient dans le ton de la sournoise confidence quelques propos blessants et diffamatoires derrière le dos du maître des armes, mais ce dernier n’en avait cure. Autant profiter de cette soirée en belle compagnie, étant lui-même un homme dont la civilité et la galanterie ne l’empêchaient nullement de savourer ces petits plaisirs dispersés dans la trame de vie comme les savoureuses miettes de pain qu’un pigeon dévorerait allègrement de la part d’une divine main.

Diantre, les pensées philosophiques inondaient son esprit. Ludwig n’osait imaginer ce qui arriverait si ce dernier était altéré par quelques gouttes de cet odieux liquide qu’était l’alcool. Son ancienne et secrète profession de médecin lui avait fait voir assez de foies en piteux états suite aux ravages d’une consommation excessive pour le dissuader de s’adonner à ce plaisir qu’il jugeait malsain et destructeur.

Clignant lentement des yeux, il sourit d’avantage à la remarque de Lizzie, portant à son tour le regard vers les nombreux couples souvent hétéroclites qui se pavanaient allègrement sur la piste de danse, emportés par leurs élans parfumés de roses et d’étoiles scintillantes. Spectacle qui ne parvint pas à chasser la sombre pellicule d’indifférence qui recouvrait tel un manteau royal le cœur du conspirateur en puissance. Pas une once de regret n’ébranla sa volonté de mettre en place ses orchestrations les plus complexes. Dans le jeu qu’était Irydaë, les gens avaient tendance à se satisfaire du rôle du héros ou du méchant et laisser les dès du destin décider de leurs sorts sans se poser trop de questions. Puis il y’avait des êtres comme Ludwig qui, loin de se satisfaire du rôle de pion dans l’échiquier mondial, se complaisaient à emprunter le prestigieux titre de Maître de Jeu.  Quitte à truquer les dès à son avantage.

« Il est vrai que le spectacle n’est pas dénué de charme, miss De La Ronce. Je serais presque tenté de me joindre à cette allégresse palpable, mais j’hésite encore. »

Portant son regard de saphir vers celle qui avait eu la bonté de séparer sa fille avec le jeune Don Juan en herbe, il se demanda si cette dernière, derrière l’écran d’animosité qu’elle semblait dresser, se laisserait tenter par quelques rondes enjouées avec le daënar qu’il était. Quel meilleur moyen de symboliser la paix entre les deux peuples qu’un mage dansant avec un industriel ? La comparaison lui aurait arraché un rire amusé s’il ne s’était pas retenu dans sa naturelle prestance.

Refusant poliment l’offre d’un serveur élégamment vêtu qui passait à proximité avec ses liqueurs exquises, il laissa ses prunelles de givre se porter un court instant vers l’ensemble des convives, peignant sur la toile de sa mémoire les plus infimes détails pour les immortaliser soigneusement comme une peinture baroque dans un musé dont lui seul en avait l’accès privilégié. Quel dommage que toutes ces effusions de joie, de rires et d’amitié ne soient condamnés à se terminer à un moment ou un autre. Qu’ils savourent encore ce petit Eden que les Architectes ont accordé. L’épée de Damoclès pendait silencieusement au-dessus de leurs têtes et son fil se faisait à chaque minute plus fin, plus fragile, plus instable, menaçant de céder à tout instant.

« Si je puis me permettre, je pencherais pour Zolios ou Suhury. Si je me trompe, je devrais une faveur à notre agréable amie. Miss De La Ronce m’en soit témoin ! »

Quant aux indices qui l’avaient poussé à faire sa petite conclusion et bien, il n’en fera part que si on le lui demandait, plutôt que jouer l’arrogant détective qui ne pourrait s’empêcher de déclarer dans les plus infimes détails son raisonnement logique implacable. N’était-il pas un symbole de la modestie parmi la haute société ?

Hm … la musique était particulièrement délicieuse. Tout compte fait, il avait bien choisit le moment de son coup d’éclat. Interrompre un chef d’œuvre auditive pareil aurait-été un outrage que même lui ne se serait risqué à interrompre dans un total blasphème dont seul les peuplades sauvages et barbares du nord de Niislegin seraient à même de faire.


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