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Chroniques d'Irydaë
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 [Contrat] Tout se résume à la peau

Lycinia Aurès
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Lun 11 Déc - 20:40
Irys : 261810
Profession : Forgeronne itinérante
My'trän +2 ~ Kharaal Gazar
Après six jours de route, Lycinia arriva enfin à Variel. Malgré la beauté du dôme de pierre de la ville et de son manteau luxuriant, elle ne prit pas la peine de s'émerveiller devant celui-ci. Son voyage l'avait passablement fatiguée et la seule chose qu'elle souhaitait le plus au monde était l'abri d'une bonne auberge et tout le confort qu'elle pourrait lui apporter : Un repas chaud et complet, un véritable lit et peut-être même de la bonne compagnie.

Évoluant entre les murs de pierre, la jeune femme laissait glisser sur elle les regards interloqués des habitants de la cité. Ses habits devaient certainement être la cause de tant d'étonnement. Simplement vêtue de cuir et d'une cape qui laisserait passée n'importe quel faible vent, cette tenue n'était sans doute pas la plus appropriée pour la région. Même si Variel était loin d'être la ville la plus froide de Khurmag, à cette époque de l'année, tous les habitants étaient entièrement couverts. La jeune femme, elle, commençait tout juste à ressentir le froid, signe que son état de fatigue ne lui permettait plus de réguler efficacement sa température. Elle se félicitait tout de même d'avoir tenu près d'une semaine comme ça.

Les hauts murs en granite d'une taverne-auberge apparurent dans son champ de vision. Son pas la mena jusqu'à la porte qu'elle poussa sans effort. Les bruits conviviales et le doux fumet de repas bien chauds l'accueillirent. Ragaillardie, elle alla s'asseoir au comptoir se déchargeant par la même occasion de son lourd sac de voyage qui émit un bruissement métallique quand elle le posa sur le sol. Les regards se posèrent à nouveau sur elle, mais sans insistance cette fois-ci.  

En attendant que la tenancière finisse avec un autre client, elle jeta un coup d’œil au large panneau qui était placé juste à côté du comptoir et à quelques mètres d'elle. Diverses affiches étaient placardées là. L'une d'entre elles attira particulièrement son attention. Le dessin d'un Khyanalt y était largement visible, ainsi que la somme de vingt-cinq mille Irys (Enfin, pour cette dernière information, c'est surtout l’appât du gain qui lui permit de la discerner).

« Kharaal Gazar ? » fit une voix qui provenait de derrière le comptoir.

Lycinia tourna la tête et fit un large sourire à la tenancière qui devait avoir son âge. Avec un hochement de la tête, elle répondit :

« C'est exact, des Tsaagan Oi pour être plus précis. Qu'est-ce qui me trahit ? »

La forgeronne se doutait que la couleur de sa peau était assez criante de l'endroit d'où elle venait, mais c'était une excuse pour converser. Restez six jours sans parler à personne et vous accepterez n'importe quelle discussion juste dans l'espoir d'entendre votre propre voix. Bon, dans ce cas ci, ça aidait que son interlocutrice était agréable à regarder. Où était-ce son manque relationnel qui parlait ?

La tenancière lui rendit son sourire en lui tendant une choppe fumante, puis répondit :

« Un grog pour vous réchauffer, c'est la maison qui paye. Et.. Ma foi... Votre peau n'est pas des celles que l'on voit dans les régions avoisinantes... »

Elle fit mine de réfléchir tout en examinant Lycinia sous toutes ses coutures, cette dernière ne sourcilla pas et patienta jusqu'à qu'elle eusse finit. Son interlocutrice reprit bientôt :

« Vos habits ne sont pas de saison et vous êtes aussi très grande. Les Kharaaliens qui visitent sont souvent imposants. D'ailleurs, vous ne devez pas beaucoup vous fondre dans la masse.
- Hahaha, j'avouerais que c'est une tâche difficile. Mais une femme telle que vous devrait connaître la difficulté de la chose.
- Oh, qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
- Eh bien, je devine qu'un charme tel que le vôtre doit en faire se retourner plus d'un dans la rue. »

Les lèvres de son interlocutrice s'étirèrent dans un sourire mi-ravi, mi-embarrassé et Lycinia remarqua que le rose lui était montée aux joues. Prenant une mine légèrement confuse, la forgeronne lui dit alors :

« Mais ne me laissez pas plus occuper votre temps ! Avant que vous me quittiez, vous seriez bien aimable de me servir votre spécialité et je souhaiterai également avoir une chambre pour la nuit. Lycinia Aurès est mon nom. »

Elle fit léviter plusieurs Irys de sa bourse à sa main, pour ensuite payer le tenancière.

« Oh, Lycinia Aurès vous avez dit ? Un paquet est arrivé pour vous ce matin. Je vous l'amènerai dans votre chambre dans la soirée. »

Sur ces mots, la tenancière partie préparer sa commande. Lycinia était ravie. Elle aurait très bien pu aller chercher elle-même le paquet au comptoir de l'auberge. Alors, si la tavernière s'était proposée pour lui amener, ça ne voulait dire qu'une chose. Oh joie. Elle envoya ses remerciements au membre de sa famille qui lui avait envoyé le paquet, parce qu'il ne pouvait venir que de l'un d'eux.

Après avoir finit son repas, Lycinia alla récupérer du panneau, l'affiche avec le dessin de Khyanalt et monta dans sa chambre.

***

Le lendemain aux aurores, dans l'intimité de sa chambre, alors que la tavernière se rhabillait pour quitter sa compagnie, la forgeronne la questionna en détails quant au lieu de livraison du contrat de chasse et l'identité du commanditaire. La quête était intéressante, le fait que ce soit un marchand de vêtements lui donnerait peut-être la possibilité de lui vendre quelques-un de ces équipements et additionnellement de récupérer des matériaux sur cette créature. La priorité en tout cas était de rencontrer ce Al'Palmer.

*Et de me décider si je fais une entorse à mon entraînement pour m'habiller un peu plus chaudement. Là où je vais il va faire beaucoup plus froid. La chasse risque d'être plus difficile si ma concentration est divisée.*

« N'oublie pas ton paquet et bonne chance pour ton contrat. » La tenancière avait finit de se rhabiller et était en passe de partir. « Et si tu repasses par ici, fais moi signe. »

Elle passa la porte avant que la jeune femme puisse lui répondre. Cette dernière attrapa le paquet placé à côté du lit et l'ouvrit. Il contenait une lettre et une cape en fourrure. La lettre  allait ainsi :


Lycinia,
Si mes calculs sont exacts et que tu n'as pas encore une fois changé de trajets (tu devrais vraiment une fois te tenir à ton itinéraire), cette lettre et le colis devraient te parvenir le même jour que tu arrives à Variel.

Comment se passe ton voyage ? Niniel et moi avons eu l'autorisation de quitter le clan et pensons bientôt te rejoindre pour une aventure. A condition que tu répondes à cette lettre aussitôt que tu la reçoives pour nous faire parvenir ton prochain itinéraire.

J'ai joint une cape en fourrure à mon message, ce n'était pas mon idée mais celle de Mère. « Une personne gelée ne s'améliore pas » qu'elle a dit. Je suivrai son conseil si j'étais toi, j'y étais récemment en expédition avec d'autres membres du clan et il y fait beaucoup plus froid que dans les Tsaagan Oi. Et ce blizzard constant, je ne t'en parle pas. D'ailleurs, Père te fait savoir qu'aucun blizzard n'est de taille contre ton étincelle.

Niniel quant à elle te fait parvenir quelques noms de marchands et forgerons avec lesquels le clan a pu traiter par le passé (lors d'anciennes expéditions à Khurmag). Ils seront plus avenants envers toi si tu dis que tu viens du clan.

De mon côté, je te fais parvenir des informations plus ou moins complètes sur la faune de la région et les matériaux que tu pourrais récupérer. Cet endroit grouille de minéraux. Ne t'en prive pas, mais laisses-en un peu pour le clan !

Tu l'auras compris, nous te soutenons tous. Prends soin de toi.


Signé : Mekerath Aurès

Post scriptum : Attention aux femmes de Khurmag, la manière qu'elles ont d'utiliser leur don devrait être interdite.


Le post scriptum donna quelques sueurs froides à la forgeronne et elle repensa à sa conquête du soir. Elle en oublia presque tout le reste du message. Quoiqu'il en soit, c'était du passé et elle ne pouvait reprendre la nuit donnée. Elle se fit une note mentale de répondre rapidement à son frère et quitta l'auberge pour aller trouver le commanditaire.

Sur le chemin de la sortie, elle s'aperçut que la tenancière était maintenant une femme beaucoup plus âgée que sa mère et qui était d'ailleurs beaucoup moins charmante que celle d'hier soir. Étrangement, les deux tenancières avaient tout de même un air d'apparenté. Quand leur regard se croisèrent la vieille femme lui fit un large sourire. Il n'y avait pas de doute, les deux femmes étaient la même personne. Lycinia resta digne et elle se conforta dans l'idée que vu l'état avancé de l'âge de la tenancière, l'oubli allait très certainement bientôt intervenir. Elle l'accueillerait à bras ouvert.

*J'éviterai les femmes de Khurmag dorénavant.*


Dernière édition par Lycinia Aurès le Lun 15 Jan - 18:37, édité 1 fois
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Ingrid & Sigurd
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Jeu 14 Déc - 9:20
Irys : 654876
Alors que Lycinia se dirigeait vers la sortie, elle se retrouva soudainement face à un mur de chaire : trois hommes plus imposants les uns que les autres venaient de s’engouffrer dans l’auberge. Ils firent peu de cas de la femme devant, qui si elle était grande, n’était qu’une brindille pour eux et se dirigèrent directement vers le comptoir.

« Eh Sylvia, paraît qu’il y a un contrat de chasse qui traîne dans ta taverne ! Fais nous voir ! »

La tenancière n’avait encore une fois plus exactement la même apparence : elle ne s’était pas agrandie ou musclé mais avait prit l’allure imposante d’une grand-mère acariâtre. Les bonhommes en face d’elle ne l’impressionnait visiblement pas.

« Est-ce des manières de commencer la conversation jeunes hommes ! Sachez que je vous connais et je n’ai aucune raison de vous laisser mettre le nez la dedans, vous ne voulez rien de bon ! »

Même si les trois gaillards étaient prêt à discuter, il était claire qu’ils n’arriveraient pas à leur fin ici. Tout ce qui récolterait, serait une bonne remontrance de la propriétaire. La conversation n’empêcha nullement à celle-ci de glisser un clin d’œil discret à sa compagne d’une nuit.

Le commanditaire du dit contrat, bien ignorant des remous à l’autre bout de la ville, travaillait dans son atelier sur des croquis, imaginant déjà d’autres modèles à base de ses peaux de Khyanalt. Rien à voir avec les guenilles de ses concurrents ! Même les habitants raffinés de Foréal ou même de Réoni se les arracherait dès que ses productions seraient sur le marché ! Enfin, il pouvait bien peaufiner ses croquis sans matière première, il ne vendrait rien. Une fois que son affaire serait fait, les fournisseurs du coin se mordrait les doigts de l’avoir ainsi ignoré !

La petite cloche de sa boutique, vitrine de ses vêtements hautes-coutures, retentit. Il s’y précipita anxieux de voir l’aide tant attendu pour n’y voir que son garçon de course venue prendre une commande à livrer. Sur cette déception, Al Palmer retourna dans l’atelier, une immense pièce accolée à celle toute aussi vaste servant d’entrée. Celle-ci paraissait même encore plus grande que son atelier tant les mannequins et autres présentoirs étaient espacés, signe incontestable qu’on se trouvait dans une boutique de luxe. Il y avait bien déjà un manteau en Khyanalt mais il était en un seul exemplaire.
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Lycinia Aurès
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Ven 15 Déc - 13:18
Irys : 261810
Profession : Forgeronne itinérante
My'trän +2 ~ Kharaal Gazar
Perdue dans ses tourments, Lycinia ne remarqua pas que la route était barrée par trois colosses. Avant même qu'elle ne puisse s'excuser, elle fut repousser sans ménagement par l'un des trois hommes qui continuèrent leur route sans un regard pour elle. Ses sourcils se froncèrent légèrement. D'un naturel calme et pacifique, le meilleur moyen de changer cela était en lui manquant de respect. Et à ça, certains réussissaient mieux que d'autres.

Inspirant profondément et fermant les yeux, elle se répéta ces phrases de son enfance pour se calmer :
    *Delkhii est pacifique... Le feu de Süns est créateur... *

    « Eh Sylvia, paraît qu’il y a un contrat de chasse qui traîne dans ta taverne ! Fais nous voir ! »

Lycinia regarda en direction du comptoir pour s'apercevoir que la dénommée Sylvia, la vieille tenancière de la taverne-auberge avec qui elle avait... La nuit passé... Enfin, cette femme avait encore une fois changé d'apparence pour tenir facilement tête aux loubards :
    « Est-ce des manières de commencer la conversation jeunes hommes ! Sachez que je vous connais et je n’ai aucune raison de vous laisser mettre le nez la dedans, vous ne voulez rien de bon ! »

Au moins, elle n'aurait pas à faire face à la concurrence grâce à elle. Croisant son regard, Sylvia lui glissa un clin d’œil complice. L'horripilation revint sans pour autant apparaître sur le visage de la jeune femme qui eu un sourire reconnaissant envers elle. Les trois hommes repassèrent près de Lycinia manquant de la bousculer à nouveau. C'était la goutte d'eau qui fit déborder le vase.
    *Mes Architectes, pardonnez-moi car je vais pécher.*

Alors qu'ils continuaient leur route, leur pantalons tombèrent au sol, suivis de leurs armes et du reste de leur équipement dans un bruit de fracas. Lycinia n'avait eu aucun mal à manipuler les boucles qui retenaient le tout à l'aide de sa magie. Un classique. Ça leur apprendrait l'humilité pensa-t-elle un sourire aux lèvres. Elle prit le chemin de la sortie tandis que la taverne était secouée par l'hilarité générale.

***

Un moment plus tard, la jeune femme poussait, dans un tintement de cloche, la porte de la boutique de Al Palmer. Elle remarqua tout de suite le manteau en Khyanalt qui trônait dans un coin de la pièce. Lycinia s'en approcha curieuse et l'inspecta de l'oeil de quelqu'un qui s'y connaissait. Des bijoux serties de pierres du Khoral le complémenteraient à merveille.

La forgeronne se retourna quand des bruits de pas se firent entendre derrière elle. En face d'elle était un homme dont le visage était rongé par l'anxiété. Ça ne pouvait être que Al Palmer car son message avait l'air assez urgent. Lui gratifiant alors d'un sourire, Lycinia lui tendit l'annonce :
    « Lycinia du clan Aurès pour vous servir. Si vous êtes Al Palmer, je suis ici non seulement pour votre contrat de chasse, mais également pour faire affaire. »

Avant lui laisser répondre, elle continua :
    « Le khoral n'est pas loin et j'aimerais vous apporter votre commande avant qu'il ne touche Variel. Alors, je vais tout de suite vous demander les informations dont j'ai besoin. La plus importante est combien avez-vous besoin de Khyanalt ? Je ne pense pas pouvoir en transporter plus de trois à la fois. Et auriez-vous des informations utiles les concernant ? »


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Ingrid & Sigurd
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Mar 19 Déc - 10:19
Irys : 654876
Machinalement, il agrippa ce qu’on lui tendait. Pas besoin de regarder le dit papier, c’était lui qui l’avait fait faire. Il se retrouva donc planté devant cette femme qui le dépassait d’une bonne tête, avec un parchemin dont il ne savait que faire, à écouter sa proposition plus qu’inattendue. Mais rien de tout ça n’avait d’importance pour lui : du Khoral bien sûr, qu’elle brillante idée ! Pourquoi n’y avait-il pas pensé lui-même ?! Enfin, il n’en ferait rien sans ses peaux, la matière première de ses chefs d’œuvres…

« Enchanté mademoiselle Lycinia. Comme vous l’avez supposé, je suis bien l’auteur de cette annonce. »

Il parlait vite, son anxiété remplacée par une myriade de pensées à cause des mots de son interlocutrice. Il parvint malgré tout à garder le fil de la conversation et à répondre aux multiples questions de sa future employée. Tout à fait pertinentes, bien qu’il ne se fut pas attendu à y répondre : il pensait que seul un chasseur expérimenté viendrait le voir, ou du moins connaisseur du coin. Cependant, il n’était pas vraiment en position de faire la fine bouche. Il devait croire que si elle se proposait, c’est qu’elle pouvait le faire.

« Il m’en faudrait au moins trois grands avec la fourrure entière sinon quatre. Ce n’est pas des grosses productions que je fais mais j’ai besoin d’épater plusieurs familles pour qu’enfin les fournisseur se tourne vers moi ! »

Son ton laissait transparaître toutes ses émotions, de même que ses mouvements de bras alors qu’il s’exprimait : elle pouvait le voir passer à un état réflexif à un plus ambitieux et enthousiaste. Puis il embraya par la suite sur un ton quelque peu outré.

« Je ne chasse pas ! Ce que je connais de ces bestioles, c’est leur fourrure et leur aspect. Et leur taille, évidemment… Entre 1m et et 1m70 avec des grandes dents et de grandes griffes. Pour le reste, vous devrez trouver des informations auprès des chasseurs, il y en a souvent dans le coin qui viennent vendre... »

Mais pas à lui hein, son sous-entendu était facilement compréhensible. D’autant plus avec sa voix qui transmettait toutes ses émotions. Un vrai livre ouvert, pas d’illusion ici. Il reprit immédiatement d’une voix pressante et cette fois bien anxieuse. L’heure tournait et elle ne faisait rien !

« Le plus tôt vous serait de retour, le plus tôt vous serez revenue ! À moins que vous ayez une question sur votre paye ? »

Alors qu’il lui posait cette question, il tenait déjà la porte d’entrée ouverte pour qu’elle parte. Le froid s’engouffrait dans la pièce à moitié vide et faisait frisonner son propriétaire. Il n’était visiblement pas enclin à poursuivre longuement la conversation.

HRP:
 
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Lycinia Aurès
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Mer 20 Déc - 2:12
Irys : 261810
Profession : Forgeronne itinérante
My'trän +2 ~ Kharaal Gazar
    « Il m’en faudrait au moins trois grands avec la fourrure entière sinon quatre. Ce n’est pas des grosses productions que je fais mais j’ai besoin d’épater plusieurs familles pour qu’enfin les fournisseur se tourne vers moi ! »

Quand Al Palmer parlait ses yeux s'illuminaient et il faisait de grand gestes avec ses bras. Il était comme habité par le feu de Süns. Une flamme de Süns assaillit par le khoral. Lycinia s'en amusa intérieurement mais son visage n'en laissa, cependant, rien paraître. Elle écoutait attentivement l'artisan répondre à ses questions :
    « Je ne chasse pas ! Ce que je connais de ces bestioles, c’est leur fourrure et leur aspect. Et leur taille, évidemment… Entre 1m et et 1m70 avec des grandes dents et de grandes griffes. Pour le reste, vous devrez trouver des informations auprès des chasseurs, il y en a souvent dans le coin qui viennent vendre... »

Lycinia possédait déjà des informations sur la faune de la région grâce aux soins de son frère, mais ça n'avait rien coûter de demander au tailleur. Elle avait espéré découvrir une information déterminante sur la créature. Tant pis, elle ferait sans.
    « Le plus tôt vous serait de retour, le plus tôt vous serez revenue ! À moins que vous ayez une question sur votre paye ? »

Alors qu'il parlait, il l'a raccompagna à la porte. Et bien qu'il ait posé une question, même quelqu'un d'obtus aurait pu comprendre que l'homme n'était plus disposé à discuter. Lycinia était assez sensible pour ne pas insister. Au moins ça voulait dire que ses services étaient acceptés. Elle verrait le détails de la paye et sa proposition quand elle reviendrait avec les Khyanalts.
    « Nous aurons bien le temps d'en discuter à la livraison. Jusque là, gardez vous bien du khoral, il paraît qu'il ne fait pas de cadeaux. » *enfin, mise à part les pierres précieuses*

Elle le salua en s'inclinant légèrement, releva sa capuche en fourrure sur ses cheveux blancs et s'engagea dans les rues enneigées de Variel. Il était temps de s'activer et de rassembler toute l'attirail dont elle aurait besoin pour sa chasse.

Profitant de ce que le soleil soit haut dans le ciel, elle alla faire un tour dans les rues étroites et pleines de charme de Variel pour s'arrêter dans diverses échoppes. Et comme elle se sentait d'humeur aventureuse, elle mettait un point d'honneur à visiter les petites boutiques les plus éloignées de la rue principale.

En une heure, elle avait rassemblé viandes et légumes séchés, assez pour tenir une semaine, des plantes médicinales qu'elle aurait du mal à trouver dans ce sol enneigé et une carte détaillée de khurmag, cette dernière lui permettrait de déterminer avec plus de précisions l'emplacement possible des Khyanalts. Il faudrait tout de même corroborer cette carte avec des informations plus fraîches venant de Khurmis. Ça ne l'enchantait guère, mais le plus simple serait d'aller demander à Sylvia. En tant que tavernière et Khurmi, il y aurait de grandes chances à ce qu'elle possède ces informations ou connaisse au moins une personne qui accepterait de les lui donner.

C'est ce qu'elle fit donc sur le champ. Autant ne pas remettre cette tâche à demain et qui sait, peut-être apprendrait-elle que la Sylvia qu'elle avait rencontré la veille était la véritable apparence de la tenancière.
    *Haha...Pas une chance que ce soit le cas.*

***

Ses pas la menèrent dans l'auberge noire de monde pour le repas du midi. La jeune femme passa à côté d'un barde qui jouait de la flûte dans son coin de façon presque inaudible, esquiva un serveur qui slalomait rapidement entre les tables jonglant avec deux plats sur un bras et deux choppes dans sa main libre, pour enfin arriver au comptoir. Là, elle rabaissa sa capuche pleine de neige et s'accouda au comptoir, se penchant légèrement par dessus celui-ci pour tenter d'apercevoir la tenancière, tout du moins, si elle était reconnaissable. Bingo. La Sylvia à l'apparence plus juvénile et engageante vint à sa rencontre, un sourire charmeur placardé sur les lèvres.

La forgeronne lui sourit aimablement avec une retenue qui n'existait pas la veille et lui dit :
    « Je ne pensais pas revenir d'aussitôt, mais j'ai une faveur à te demander. Il s'avère que j'ai besoin d'informations essentielles pour mon contrat. Aurais-tu à tout hasard entendu des informations sur la localisation de quelques Khyanalts aux alentours de Variel ? Ou peut-être connaîtrais-tu une personne qui connaîtrait leur localisation ? »

Lycinia avait vérifié les informations que son frère lui avait fait parvenir. Elles étaient assez complètes et donnaient une bonne description du type d'habitat dans lequel vivait la créature qu'elle chassait et son comportement général. Cet animal vivait dans les endroits d'ordinaire froids, mais pas trop intense, ce qui aura pour conséquence un déplacement des Khyanalts de l'ouest vers l'est de Khurmag au moment du Khoral, où les températures tomberont drastiquement. Par contre, il faudrait encore quelques jours avant que celui-ci n'arrive dans cette partie plus orientale du pays, ce qui donnait une chance à Lycinia de trouver des Khyanalts avant qu'ils ne migrent. C'était sans compter, la multitude de bosquets et de petites forêts qu'il y avait dans les alentours. Les créatures ne devaient pas être très rares, mais ce dont elle avait vraiment besoin pour ne pas se fatiguer inutilement étaient quelques localisations plus ou moins précises et de là, elle prendrait ses recherches. Ça serait un gain de temps et ça lui éviterait d'être surprise par la peste blanche.


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Ingrid & Sigurd
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Sam 30 Déc - 9:56
Irys : 654876
La tenancière n’avait pas bougé le temps que Lycenia fasse son aller-retour, seul son apparence avait fluctué : pas aussi jeune que la veille où elles s’étaient rencontrées mais pas une grand-mère non plus. À cette heure de la journée, elle avait bien le temps de discuter. Quoique, elle aurait probablement réussi à en trouver pour la belle des montagnes.

« Bien sûr, ce n’est pas un secret ici. Même les deux frères Baie que t’a vu plutôt en connaissent. Si tu veux un endroits ou tu tomberas pas sur eux ou un groupe de chasseur approche. »

Dans son regard, il y avait de la malice. Cette situation la ravissait clairement. Elle approcha sa tête pour murmurer à l’oreille de la forgeronne deux coins secrets, ou du moins peu connu. Ils ne se situaient pas du tout au même endroit et Lycenia devrait faire un choix. L’un se trouvait au Nord-Ouest du côté de Nalaan et l’autre au Sud-Ouest dans la direction de Tarluru. Minutieuse elle expliqua les petits signes qui l’aideraient à trouver ses repères dans ses plaines. La durée du trajet selon la neige, selon le gabarit du marcheur ou si il était à cheval ou encore des conseils si le Khoral s’était réveillé. Dedans, il y avait bien sûr des informations inutiles. La propriétaire profitait de la requête pour traîner en longueur, la main sur l’épaule de son interlocutrice comme pour se tenir dans cette position d’apparence précaire.

« Voilà ma belle. Je peux te faire une croix sur une carte si tu as peur de ne pas trouver avec tout ce que je t’ai dit. »

Les lueurs dansaient toujours dans ses yeux et un sourire était toujours sur ses lèvres. Elle aurait pu s’inquiéter de la dangerosité de la mission entre les bêtes sauvages et la proximité du Khoral mais ce n’était visiblement pas le cas. Trop de chasseurs dans le coin pour s’affoler à chaque fois. Et puis, il fallait le dire, l’attachement entre les deux n’était pas si fort que ça.

« Et Sylvia ! Une autre rasade par là ! »

Le temps reprenait ses droits, enfin, surtout les habitués. Ils étaient là depuis le début : quatre éparpillés dans la salle et pas tous à l’air bien frais ni consommant juste du lait ou de l’eau ! L’interpellé souffla légérement de devoir abandonné ce beau brin d’herbe pour ces trucs défraîchis. Mais c ‘était le boulot et elle s’était déjà bien amusée !
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Lycinia Aurès
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Lun 15 Jan - 18:31
Irys : 261810
Profession : Forgeronne itinérante
My'trän +2 ~ Kharaal Gazar
La tenancière ne se fit pas prier pour l'aider et lui intima de venir plus près. La forgeronne obtempéra à sa demande et se pencha un peu plus sur le comptoir pour se rapprocher d'elle. Comme si cette distance n'était pas suffisante, Sylvia fit quelques centimètres de plus, sa main allant se poser sur l'épaule de la forgeronne, ses lèvres pratiquement contre son oreille. Si proche, quelques mèches de la Khurmi lui frôlaient la joue et Lycinia pouvait sentir son souffle chaud contre son oreille. Malgré elle, les souvenirs encore frais de la nuit passée avec la femme ressurgirent dans son esprit et elle en oublia presque les recommandations de son frère. Ça n'arrangea pas la situation quand Sylvia se mit à lui susurrer les informations qu'elle avait demandé. Cependant, la jeune femme avait des priorités et elle chassa ses pensées charnelles pour se concentrer sur qu'elle disait.

Elle lui parla de deux endroits peu fréquentés par les autres chasseurs. L'un un peu trop proche de la frontière Zagashienne à son goût, l'autre se rapprochant plus du centre de Khurmag. Cependant, le premier endroit était plus intéressant par sa position, Lycinia arriverait quasiment par l'Est alors que pour le second endroit, elle arriverait par le Nord. Si elle arrivait en pleine migration de Khyanalts, elle les manquerait étant donné qu'ils migraient vers l'Est pendant le Khoral. S'ensuivraient des recherches dangereusement chronophages en cette saison de l'année car le Khoral qui n'avait pas encore commencé pourrait bien la surprendre.

Les informations de la tenancière tiraient en longueur. Lycinia avait fait quelque peu abstraction des explications qu'elle jugeait inutile pour étudier ces deux options plus en profondeur.
    *D'un autre côté, je pourrais leur couper la route si je viens de l'Est. Ce n'est pas dit qu'ils entameront leur migration, mais je préfère ne pas prendre de risque. Mais qui dit frontière Zagashienne dit disciples de Dalai. En voilà un autre de risque. Hmmm... Il est fort à parier qu'à cette époque de l'année, ils préféreront la chaleur de leur habitation, après tout, cette partie est aussi touchée par la Peste blanche. Sinon, j'aviserai.*

Le flot de murmures s'interrompit et la main de Sylvia quitta son épaule tandis qu'elle s'éloignait. C'est d'une voix normal qu'elle lui dit :
    « Voilà ma belle. Je peux te faire une croix sur une carte si tu as peur de ne pas trouver avec tout ce que je t’ai dit.  »

Un sourire au lèvre, une lueur malicieuse dans les yeux, Sylvia semblait la dévorer du regard tandis qu'elle attendait une réponse. Lycinia, elle, ne savait pas trop comment réagir. La tenancière ne cachait pas son jeu et en temps normal, la forgeronne y aurait donné suite. Mais il y avait un argument de taille à ce qu'elle ne le fasse pas.
    *Maudite illusion.*, jura-t-elle dans sa tête.

Elle se reprit et décida de répondre aimablement :
    « Ça ne sera pas nécessaire, tes indications ont été si complètes que ne pas trouver relèverait de l'ordre de la prouesse. Merci Sylvia, je te revaudrai ça. »

Et elle le pensait vraiment. La tenancière prit congé d'elle quand d'autres clients là hélèrent ce qui permit à la jeune femme de se concentrer sur les indications données. Sortant la carte détaille Khurmag qu'elle avait acheté plus tôt, elle fit une croix sur les bosquets en dessous de Nalan et une autre sur le second endroit que Sylvia lui avait indiqué, juste au cas où. Maintenant qu'elle avait une localisation plus ou moins précise, il ne restait plus qu'à préparer son équipement, à savoir ce qui lui permettrait de transporter les Khyanalts.

***

A l'extérieur de la ville, la forgeronne s'était fait une forge de fortune à l'aide de sa magie de terre. Elle s'était d'abord attelée à construire son foyer de pierre et autour, elle avait façonné un dôme en gré, laissant une ouverture pour l'entrée et une autre pour la cheminée du foyer. Après une heure, elle s'assit à l'intérieur de son ouvrage et réfléchit à la meilleure manière de transporter sa future cargaison.

Le feu du foyer crépitait doucement, emplissant la forge d'une chaleur réconfortante. Bercée par les craquements périodiques du feu, la jeune femme ferma les yeux afin de faciliter sa réflexion. A Khurmag, quand il neigeait, les marchands itinérants utilisaient des traîneaux au lieu de l'habituel chariot pour transporter leurs marchandises. Bien que le khoral n'avait pas encore fait son apparition, de la neige était déjà tombée. Bien heureusement d'ailleurs. Lycinia pourrait donc se fabriquer un semblant de traîneau avec les lingots de fer qu'il lui restait de son voyage à Zolios. Elle utiliserait ensuite sa magie au lieu de chevaux pour le déplacer. Ça serait une pierre de coup car ça lui permettrait aussi de se déplacer plus rapidement.

Sa décision prise, elle se mit au travail dans la pénombre de son abri. Sa luge ne prit qu'un petit moment à être construite. Les lingots de fer que Lycinia utilisait étaient volontairement très impurs afin qu'elle puisse facilement les façonner avec sa magie de terre. En revanche, les objets qu'elle fabriquait avec ces lingots ne duraient pas et ne brillaient pas non plus par leur solidité. Ils n'étaient pas faits pour de toute façon.

Le traîneau terminé était long de quatre mètres sur un mètre dix. La caisse ne comportait aucune décoration et sa surface était lisse et terne. L'ensemble était relativement fin afin de limiter la charge qu'elle avait à mouvoir avec sa magie. Cependant, sa finesse rendait le traîneau vulnérable aux attaques de bêtes sauvages. Pour autant, c'était sans réelle incidence. La forgeronne ne comptait pas transporter quoique ce soit de vivant avec son véhicule.

Elle fit passer le véhicule de métal par la porte circulaire de la forge, y chargea son barda, puis après avoir complètement scellé son abri, de sorte qu'aucune entrée ne soit possible, Lycinia se mit en route direction Nord-Ouest. Le voyage lui prendrait six bonnes heures.


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Nergüi Alhazred
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Sam 20 Jan - 23:56
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Profession : Archiviste
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Cela faisait presque un mois que Nerguï avait quitté l'enceinte de Réoni, ses confrères des archives étaient opposés à ce départ, et pour de bonnes raisons. l'étude de la magilithe et de ses vertus avait couté cher à de nombreux mages, si l'érudit avait étudié ce minerai unique à travers les rares grimoires qui en faisaient question, il n'en avait recueilli que déception et comptait bien mettre son génie à l’œuvre sur cette gemme si fascinante. Se procurer de la magilithe n'était cependant  pas tache facile, les stocks de magilithe raffinée étaient bien trop faibles pour que le Khorog se permette d'en donner au premier venu. L'érudit devrait s'en procurer lui même et malheureusement il n'était si assez sage, ni assez patient pour attendre que le Khoral passe, chaque jour il se sentait vieillir et ressentait l'appel de l'inconnu, il devait trouver la connaissance ailleurs et rapidement. C'est ainsi qu'il s'engagea dans cette sombre entreprise, dans les quartiers peu recommandables de Réoni, il fit affaire avec un contrebandier du nom de hem darask, il lui procurerait un peu de magilithe en échange de services bien particuliers. Connaitre une personne capable de modifier des dossiers gardés dans des archives judiciaires peut s’avérer bien pratique pour un criminel, dans le cas du contrebandier, c'est sur Zagash qu'il voulait se faire oublier. Il formula sa requête simplement:

<< J'assurais le transport de cargaisons pas très légales des ports chaleureux  de Shüren jusqu'aux contrées glaciales de Khurmäg, le problème c'est que je me suis fait trahir par un de mes clients dans les alentours de Nalan, patelin paumé dans lequel je suis maintenant répertorié. Si un roublard dans votre genre arrivait à effacer mon registre avant qu'il ne soit transmis à la capitale, je pourrais lui procurer un peu de magilithe raffinée pour sûre, par contre si vous me faites de l'esbroufe comme l'autre, je vous assure que vous ne passerez pas l'année. >>

Si Nerguï n'agissait pas vite, alors adieu sa magilithe et adieu sa tête, partie du corps qu'il affectionnait tout particulièrement. Jusqu'a Forëal, la chance fût du coté de Nerguï, une dizaine de jours lui avait suffit à rejoindre ces contrées miniéres et le Khoral lui avait épargné ses caprices meurtriers.




Un épais manteau de neige recouvrait les steppes enneigées du nord de Khurmag, un manteau qui s’épaississait de jours en jours, le Khoral, faucheur de vie était arrivé suivi de sa cohorte de tempêtes glaciales. Seul un fou oserait entreprendre un long trajet dans de telles conditions.
Au sein de cet enfer glacial, une silhouette avançait, péniblement mais surement. La figure encapuchonnée était recouverte d'un collier de fourrure fraichement acquis et se mouvait à l'aide d'un bâton au bout duquel pendait une sorte de lanterne, dernière source de chaleur et de lumière de l'homme. Sa flamme aurait du s'éteindre il y a bien longtemps, tout ce qui la protégeait du torrent glacial était un infime paroi de verre, peut être était ce l'espoir qui la maintenait vive ou peut être était ce une foi inconsciente, qui sait ? Combien de temps s'était s'était il écoulé depuis qu'il avait quitté les contrées minières de Föreal ? des heures ? des jours ? des mois ? Il ne savait pas, il ne savait plus. Chacun de ses pas devenaient plus lent, plus lourd que le précédent, les traces qu'ils laissaient étaient aussitôt effacés par la neige.  La figure courbe devait supporter une immense coquille de pierre, cette carapace contenait un peu de nourriture, un candélabre, de l'encre et des parchemins vierges, le vacarme des chaines reliant la coquille à son corps n'interrompait pas les pensées de l'érudit. Il était maintenu en vie à la fois par sa détermination d'aller de l'avant et le flux continu de pensées qui l'aidait à ignorer la gelure dans ses bottes. Une partie de lui se disait qu'il était encore temps de faire marche arrière et de retourner se réfugier à Föreal, l'autre lui disait qu'il devait arriver à Nalan aussitôt que possible. Il continua des heures ainsi, à l'agonie jusqu’à ce que l'un de ses pieds ne se leva plus, il n'en avait plus la force, il n'en avait plus la volonté. La flamme de sa lanterne finît par s’éteindre Il demeura longuement ainsi, un pied à terre. Lui qui avait tant réfléchit et écrit sur la mort, voila qu'il la regardait dans les yeux, face à face, incarnée par le khoral. Tout ce qui restait c'était le tumulte silencieux du Blizzard. Non il y avait autre chose, un son sourd se faisait entendre au loin, de quoi le sortir de sa réflexion macabre, le son fût suivi d'une lueur, il tourna difficilement la tête et observa une silhouette se rapprocher rapidement dans la brume, Un traineau avec à ses rênes, une figure féminine à la peau ocre et à la chevelure blanche comme la neige. A cette vue, Nerguï ferma les yeux et avant de plonger dans une profonde léthargie, cria:  

<<Ainsi la mort vient et me recouvre de son voile, ni froid, ni chaleureux>>



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Lycinia Aurès
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Lun 22 Jan - 20:02
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Profession : Forgeronne itinérante
My'trän +2 ~ Kharaal Gazar
Quatre heures après être partie de Variel, un bruit sourd se fit entendre au loin. Un peu comme un tremblement de terre et un bruit de tonnerre combinés, de quoi faire frémir le plus robuste des fidèles de Delkhii. Lycinia, circonspecte, arrêta son traîneau et scruta la ligne d'horizon à l'Ouest. Le temps qu'elle s'aperçoive qu'un épais brouillard s'était formé et qu'il semblait aller en s'agrandissant, un vent d'une force inouïe la frappa de plein fouet. Elle fut projetée à l'intérieur du traîneau, sa tête manquant de percuter la paroi métallique. Son véhicule lui-même fut soulevé par la fureur du souffle et sans un pan de roche que Lycinia fit jaillir du sol pour bloquer le traîneau, il aurait pris le chemin des airs avec elle à l'intérieur.

Sonnée, la jeune femme se fit violence pour se relever, replaçant sa capuche de fourrure sur sa tête lorsqu'elle se retrouva à nouveau sur ses deux jambes. Tenant fermement les bords du véhicule, elle balaya les alentours d'un regard attentif. Le vent était reparti aussi rapidement qu'il était venu, la laissant dans un calme trompeur. Or telle une onde de choc qui précède le gros d'une explosion à sa suite vint le Khoral. Un déferlement de violence sous la forme de neige et de glace l'encercla. Un autre pan de roche vint rejoindre le premier, la protégeant frontalement du blizzard. En dépit de cette seconde protection, ses oreilles sifflaient, elle peinait à garder ses yeux ouverts sous la force du vent et l'air qu'elle respirait lui brûlait les poumons tant il était glacé. Acculée, elle n'eut d'autre choix que de se recroqueviller sur elle-même à l'intérieur du traîneau, ramenant les pans de son manteau à fourrure contre elle. C'était la seule véritable protection qu'elle possédait contre la température qui avait drastiquement chuté. Contre toute logique elle avait décidé de garder sa tenue de cuir, pensant qu'elle améliorerait plus rapidement sa magie du feu en cherchant constamment à se réchauffer à l'aide de son don. Cette logique qui avait semblé attrayante au début, ne l'était plus du tout car le froid du Khoral était sans pareil. Elle peinait à maintenir sa température. Ses membres tremblaient frénétiquement et la forgeronne n'aurait pas pu dire si c'était à cause de la température ou de la peur qui s'immisçait petit à petit dans son esprit. Une chose était sûre, demeurer ainsi, en plein milieu de Khoral n'était pas une solution viable. Déterminée à ne pas mourir si jeune, Lycinia utilisa ses bagues en roches siliceuses pour provoquer des étincelles qu'elle peina à aviver. Le résultat fut une flammèche tremblotante, miroir de l'état dans lequel elle était. Elle la protégea du vent de ses mains gelées et ferma les yeux. Il ne lui restait plus qu'une chose à faire : Prier.

Ô Süns la Flamboyante, vers qui va ma foi

Entends à nouveau mon appel
Que de cette épreuve ressorte ta fidèle

Quand l'étincelle de mon âme vacille
Ta divine essence l'attise

Aujourd'hui accorde-moi ton feu créateur,
Qu'il me garde toujours du froid corrupteur

En sa foi, elle puiserait la force pour avancer. La flammèche prit de l'ampleur jusqu'à devenir un mini brasier qui réchauffa le cœur de la jeune femme. Ragaillardie, elle se releva tant bien que mal, la flamme dans sa main droite. Ses muscles peinaient à la maintenir debout. Par contre, ses flammes brillaient ostensiblement. Elles étaient loin d'être calmes. Elles oscillaient intensément entre les deux extrêmes. Tantôt très faibles, tantôt un feu de joie. C'était en vérité signe que l'esprit de la jeune femme n'était pas complètement rasséréné. Mais là, toute brûlure était préférable à la morsure du froid, aussi n'essayait-elle pas de se calmer et remit en marche sa luge à l'aide de son autre don. Sa meilleure chance de survie était de rallier les bosquets qui ne devaient plus être très loin.

Une heure après être repartie, elle crut apercevoir une lueur qui balançait au loin. Pour être honnête, elle ne savait pas du tout où elle était à cause de la brume. Alors, voir cette petite lumière lui donna espoir qu'elle avait rallié une ville. Même Nalan était une meilleure option que de rester prisonnière du Khoral. Tout était une meilleure option. La lumière la guida un moment, puis elle disparut brusquement, au grand désespoir de la forgeronne. Elle aurait pu croire à une hallucination, mais se sachant saine d'esprit, elle accéléra l'allure du traîneau en dirigeant sa main qui tenait les flammes vers l'arrière. Ce geste généra une combustion qui permit au véhicule de doubler sa vitesse, au détriment de sa main qui subit quelques brûlures au premier degré. Un petit sacrifice pour un résultat inespéré car quelques secondes plus tard, elle distinguait une forme sombre immobile au milieu du blizzard endiablé. Ses oreilles perçurent le son étouffé d'une voix d'homme qui lui criait quelque chose, hélas, entendre distinctement dans cette tempête était peine perdue. Et sitôt les paroles prononcées, la forme se déroba à son regard, tombant dans la neige qui commença à le recouvrir. Ce n'était pas une ville, cela ne la sauverait pas, par contre, quelque chose s'activa en elle. Son instinct protecteur.


Encore quelques mètres et la forgeronne pu s'élancer hors du véhicule pour porter secours à la figure encapuchonnée. La première chose qu'elle vit fut une coquille immense en pierre qui écrasait l'homme sous son poids. Des chaînes la parcouraient çà et là, permettant de relier la coquille au malchanceux. L'étrange paquetage interloqua Lycinia, son poids ne devait pas être des plus pratiques lors d'un voyage à pied. Enfin, elle pouvait parler, son propre sac pesait plusieurs dizaines de kilogrammes avec tout ce métal qu'elle transportait. Mais l'heure n'était pas aux interrogations. Là où habituellement, elle s'en serait saisit comme si elle ne pesait rien, grâce à sa force inhabituelle, elle dû s'y mettre à plusieurs fois avant de pouvoir délivrer l'homme en dessous. L'action réalisée, elle retourna l'homme sur son dos et posa sa main droite encore chaude sur sa joue émaciée, dénichant les flocons qui s'y étaient posés. Elle prit un temps pour l'examiner. Il était drapé d'une robe d'érudit qui englobait la totalité de son corps, laissant juste entrevoir une partie de son visage. Celui-ci était très fin, tandis que sa peau d'une pâleur extrême et ses traits creusés, lui donnaient un air maladif. Si la jeune femme ne l'avait pas vu tombé, elle l'aurait bien cru mort.

Elle se mit à tapoter énergiquement la joue de l'homme en lui disant d'une voix ferme :
    « Battez-vous, érudit. Refusez le sommeil. »

Elle le secoua un peu plus dans le but de l'incommoder.
    « La mort vous emportera si vous n'arrivez pas à tenir le sommeil à l'écart. »

Autour d'eux, le blizzard continuait à battre son plein. La neige se prenait dans ses cils, le vent bataillait contre ses cheveux blancs et les poils de son manteaux, les faisant virevolter dans un désordre qui seyait à la météo. La jeune femme devait marcher courber pour ne pas se faire emporter par les bourrasques et le froid lui gelait chaque seconde un peu plus les doigts, signe que sa magie était de moins en moins efficace. Il y avait urgence de son côté, mais sa décision d'atteindre les bosquets tombaient à l'eau maintenant qu'elle était tombée sur cette homme. L'urgence était encore plus visible pour lui, il ne pourrait pas tenir une heure de plus dans cette condition. Alors, tout en continuant de lui parler, lui enjoignant de penser aux siens, à des tâches non-terminées, elle prépara le terrain pour la construction d'un abri.  

Son degré de fatigue était véritablement avancé en raison de toute la magie qu'elle avait utilisée depuis le début de son trajet. Toutes ses actions prenaient le double du temps dont elles avaient besoin normalement. C'était seulement la pensée que sa vie n'était pas la seule dans la balance qui lui donnait la force de puiser dans ses dernières réserves. De sa volonté, le carré de sol en face d'elle vibra petit à petit, jusqu'à ce que la terre fraîche remplace la neige. Tout de suite après, cette terre s'éleva pour prendre la forme de murs courbes possédant une entrée circulaire et une cheminée. L'ouvrage finale ressemblait à un igloo de terre. Cependant, la jeune femme ne prit pas le temps d'admirer son travail. Elle tracta l'homme à l'intérieur à grand renfort de gémissements, se saisissant par la même occasion de sa coquille et de son bâton. Elle alla lester son traîneau avec de la terre afin qu'elle n'ait pas de fâcheuse surprise, puis se saisit de son propre barda avant de rejoindre l'homme à l'intérieur.

Installée sur le sol, elle scella entièrement l'entrée avec de la terre également. Aucun vent ne passerait de la sorte. Ses Architectes et les dons qu'ils lui avaient offerts, l'a sauvaient une fois de plus et cette fois-ci lui permettaient d'aider une autre personne également. Elle les en remercia profusément, puis rapporta son attention sur l'homme inconscient. Il n'avait pas ouvert les yeux depuis, néanmoins une pression sur son cou permit à Lycinia de s'assurer qu'il était encore en vie. Faiblement, mais toujours en vie. Fallait-il encore le réchauffer. Dans un petit foyer en pierre qu'elle construisit rapidement, elle y jeta quatre gros morceaux de charbons et alluma un feu sans plus de cérémonie. Bientôt, le petit abri fut empli d'une chaleur salvatrice.

La jeune femme ne se reposa pas pour autant et se pencha au dessus de l'homme, s'attardant sur ses engelures aux mains et aux pieds. Elle continuait toujours de lui parler, essayant d'atteindre sa conscience :
    « Comment vous appelez-vous ? Vous avez l'air d'être un érudit, vos habits en témoignent... Si c'est le cas dès que vous en aurez la force, j'aimerai bien entendre quelques unes de vos recherches. Enfin, seulement si vous en avez l'âme. Je peux comprendre qu'après une telle expression, on ne sente pas d'humeur bavarde. Et dans le cas où vous ne seriez pas érudit ,je serais tout de même très intéressée d'entendre la raison qui vous a poussé dehors dans une météo pareille. »

Ses mots étaient emprunts de la même bienveillance qu'elle aurait eu envers un membre de sa famille. Elle posa ses deux mains sur les joues encore trop froide de l'homme pour lui partager sa chaleur :
    « De mon côté, j'étais entrain de réaliser un contrat de chasse de Khyanalts dans les alentours de la frontière jouxtant Nalan. Malheureusement, l'arrivée du Khoral a chamboulé tous mes plans. Je ne sais pas s'ils sont toujours à l'endroit indiqué... Mais ça ne sert à rien de s'apitoyer. »

En vérité, pour l'instant, la chasse était mise de côté, seule comptait pour elle la survie de cet homme (et la sienne, à titre accessoire).
    « Süns, il y a de grandes chances pour que cet homme soit un Khurmi, un fidèle de ton frère Khugatsaa. Je sais que je t'ai déjà beaucoup demandé aujourd'hui, mais au nom de l'amour que tu portes pour ton frère, daigne sauver la vie de l'un de ses fidèles. »


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Nergüi Alhazred
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Mar 23 Jan - 23:11
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Les flammes, voila la première chose que Nerguï perçut. Il n'avait pas encore tout à fait repris connaissance. Ses yeux, normalement si flamboyants étaient fermés, pas moyen d'ouvrir l’œil ou de bouger quoi que ce soit, il entendait une voix mais impossible de comprendre ce qu'elle disait, son attention était complétement portée sur les flammes, comme pour éviter d'encore sombrer dans l'inconscience, il pouvait entendre le choc entre chacune des braises qui animait le feu. Il ne pouvait pas les voir mais sentait leur chaleur s'installer dans son corps, dans son âme. Impossible de dire combien de temps il resta dans cet état de demi conscience. Il finit par entrouvrir les yeux, si il ne pouvait pas encore ne serait ce que mouvoir un doigt, ses autres sens en étaient accrus. Au de la des flammes, il pouvait entendre le bruit sourd de la tempête qui s’abattait dehors.

Si la torpeur physique demeurait, son esprit rejaillit et une succession d'interrogations vint lentement s'encrer dans l'esprit de l'érudit, comment était il arrivé la ? Ou était-il ?
Était-il seulement en vie, la sphère de terre dans laquelle il semblait reposer s'apparentait d'abord à un tombeau, pourtant il ne ressentait aucune crainte, aucun stress, seul le réconfort des flammes, une sérénité totale que Nerguï n'en alors jamais senti. L'heure était propice à la réflexion. Son corps encore hors d'usage, seul son esprit demeurait, était ce ce que ressentait les disciples d'Orshin en changeant de corps ?
Alors il médita, quelques secondes ? quelques minutes ? quelques heures ? Impossible de le savoir, son esprit s'était élevé au dessus des barrières de l'espace et du temps, de la vie et de la mort. cette transe était accompagnée d'une osmose, une osmose avec la l'architecte, pas Khugatsaa mais sa soeur, Süns. Il commença alors à réfléchir, à converser sur des sujets  Ontologique, métaphysiques, Éthiques, politiques, Dogmatiques Anthropologiques, Logiques, Esthétiques et Ontologiques

"Que puis-je savoir ?  Que dois-je faire ? Que puis-je espérer ? Qu'est-ce que l'homme ? La vie a-t-elle un sens ? Qu'est ce que l'art ? Qu'est-ce que l'être ?"

Lentement tout cela s'éloigna, il sentît autre chose, une délicate caresse sur sa joue, ses yeux  finirent par s'ouvrir, les yeux dorés de l'érudit reflétaient la lumière des flammes. C'est dans un grand effort qu'il bougea un doigt, il leva ensuite un bras, puis l'autre et les tenda au dessus du feu. Enfin il tourna son regard et remarqua enfin la présence d'une femme. Il ne fît pas encore la connexion avec la silhouette qu'il vît avant de s’effondrer, tout cela était encore flou dans sa tête. Pour l'instant tout ce qu'il voyait c'était cette femme, il y devina une Kharaalienne. Des personnes de tout les coins de My'trä fréquentaient les tavernes et bordels de Réoni, Nerguï avait fini par mémoriser les traits de nombreuses ethnies. Elle lui rappelait quelqu'un mais impossible de mettre le doigt dessus, insupportable pour l'archiviste qui avait tant entrainé sa mémoire, ce souvenir semblait plus venir de son sang que de sa tête.

Très vite il remarqua sa fatigue et son inquiétude qu'elle semblait cacher du mieux qu'elle pouvait. Encore dans la torpeur Nerguï n'engagea pas la conversation et lui rétorqua simplement un sourire.


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Ingrid & Sigurd
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Lun 29 Jan - 23:50
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Dans leur cocon, ils étaient coupés du monde. Le Khoral avait beau se déchaîner à l’extérieur, ils étaient dans une ambiance faussement paisible, la fumée remplissait peu à peu l’abri improvisé. Nul doute qu’à un moment donné ils seraient forcés de se reconnecter, même infiniment, avec l’extérieur.   Au risque de voir le vent s’infiltrer pour tout emporter.

Mais bien avant que cette décision ne fut à prendre, un trou, qui s’élargissait rapidement, envahit l’entrée. Rien de naturel là-dedans, Lycinia de part son don pourrait s’en rendre compte. La magie de Delkhii était à l’œuvre. Bientôt un homme sec et bien armé passa l’ouverture sans qu’un courant d’air ne l’accompagna. Alors qu’il s’approchait, autant vers la source de chaleur que vers la seule lumière de la pièce, les traces de terres dans ses cheveux autant que sur ses habits devinrent visible. Un détail, certes, mais qui expliquait en partie comment il était parvenu jusqu’à eux. Le plus important restant son attitude non hostiles pour les concernés : il avait les mains levées en signe de paix et le regard calme.

« Ne craignez rien, je viens vous offrir un abri plus confortable le temps qu’une accalmie revienne. Nous avons établis un campement sous un amoncellement, notre abris est légèrement plus spacieux,  il y a de la place pour vous deux. Ça lui ferait du bien. »

Il désigna d’un signe de tête l’érudit qui n’était clairement pas dans la meilleure de ses formes. Évidemment, ils étaient en droit de se demander les motivations derrière un tel élan de générosité. Il n’avait pas les habits des protecteurs ni de Khurmag, ni de Zagash, mais l’apparence d’un homme d’arme néanmoins. Un symbole était cousu sur sa poitrine, des épées croisées, le signe distinctif des Myangan Ild présent dans tous leurs emblèmes.

« Je peux vous aider s’il y a besoin, nous ne sommes pas loin, à dix pas. »

Ceci, étant dit, après avoir écouté leur réponse, il s’engouffra par là où il était venu. Un tunnel étroit connecté à l’entrée et qui faisait à peine un mètre trente. Rapidement, ils arrivèrent auprès d’un autre feu. À l’intérieur de ce campement identique en plus grand, il y avait une femme et deux hommes. Un des hommes, un blond plutôt grand dont on ne devinait rien d’autre avec son dos tourné, était allongé face tourné vers la parois. Les deux autres étaient en train de discuter vivement visiblement en désaccord et ostensiblement silencieux à l’arrivée de leur collègue. Tous, sans exception, avaient au moins une arme sur eux ou à côté d’eux.

« Tu as ramené tes brebis ? »

Une pointe de sarcasme s’entendait largement dans la voix de la grande brune. Son visage expressif avec son nez aquilin et ses yeux d'un bleu glacial.

Spoiler:
 
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Lycinia Aurès
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Ven 9 Fév - 0:20
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Profession : Forgeronne itinérante
My'trän +2 ~ Kharaal Gazar
La forgeronne avait ramené ses jambes contre elle à l'aide de ses bras qui les encerclaient et avait reposé son menton sur ses genoux. Calée contre la paroi de leur abri temporaire, ses yeux de jade qui peinaient à rester ouverts, étaient posés sur son compagnon d'infortune. Elle avait été rassérénée quand ses paupières s'étaient ouvertes révélant des yeux dorés. En y repensant, la jeune femme avait été envoûtée par la couleur de ses iris, amplifiée par les flammes dansantes. Mais, le regard de l'homme ne l'avait pas perçu et pendant un moment, il était resté là à observer les flammes du campement. Puis, comme s'il avait ouvert les yeux une seconde fois, il avait remarqué la présence de Lycinia, lui souriant faiblement comme unique réaction.

Son état s'était maintenant un peu amélioré. Il n'avait toujours pas la force de parler, mais la jeune femme se faisait beaucoup moins de soucis pour lui. Surtout que sa température était à nouveau normale. Cependant, leur situation était toujours aussi précaire. La forgeronne sentait que la fumée ne s'échappait pas comme elle le devait. C'était de sa faute. L'abri avait été fait sur l'instant, bâclé, les murs n'avaient même pas été renforcés et pour couronner le tout, elle n'avait pas accordé assez de réflexion au modelage de la cheminée. L'ouverture qu'elle avait créée n'était pas complètement inutile, sinon ça faisait longtemps que tous deux auraient déjà été asphyxiés. Mais tôt ou tard, l'abri se remplirait de ces volutes toxiques. La jeune femme réfléchissait à comment régler ce problème sans toutefois risquer que le blizzard s'infiltre.

Soudainement, elle sentit la magie de Delkhii à l’œuvre, son regard parcouru les murs courbes du petit abri pour se poser sur un trou qui n'était pas là auparavant. Il s'agrandit progressivement jusqu'à ce qu'en sorte un homme noirci par la terre. Les mains levés en guise de signe de paix, il s'avança vers eux. Lycinia se redressa sur ses deux jambes, prête à se défendre. Elle jaugeait le nouvel arrivant du regard, sa main droite se préparant à créer des étincelles, jusqu'à ce que la lueur des flammes éclairent la poitrine de l'homme. Là, elle se relâcha un tant soit peu. Dessus était cousu le symbole des Myangan Ild. Une organisation de mercenaire qui un temps était personna non grata pour le clan Aurès. Ils refusaient de forger quoique ce soit pour leur membre et ce à cause de leur ancienne politique. De nos jours, cette interdiction était levée. Ils avaient faits bien des choses louables, même si Lycinia n'était pas entièrement d'accord avec leur nouvelle politique. En tout cas, elle savait qu'un My'trän n'avait normalement pas de raison de les craindre. Et, c'était très bien, vu que My'träns, il l'étaient tous deux. Aussi le crut-il quand il leur fit connaître ses intentions et accueillit sa proposition avec un brin de soulagement. Un campement plus spacieux était bienvenu car dans celui qu'ils se trouvaient, il était impossible de se tenir complètement debout. L'air qui devenait toxique était aussi un bon argument. Ça réglait le problème qui, il y a encore quelques minutes, lui torturait l'esprit.

Elle prit tout de même un temps pour questionner du regard l'homme qu'elle avait secouru, lui demandant silencieusement s'il était lui aussi d'accord. Son assentiment donné, elle l'aida à se relever allant jusqu'à le soutenir pour la durée du court trajet. En ce qui concernait leur barda, ce fut leur sauveur qui s'en chargea après qu'elle lui eut demandé. La forgeronne ne doutait pas qu'en tant que fidèle de Delkhii, lui aussi, et homme d'arme, il n'aurait pas trop de mal à transporter leur deux sacs en plus du bâton de l'érudit, malgré leur extrême lourdeur.

A leur arrivée dans le nouvel abri, la jeune femme put voir que l'homme d'arme était accompagné. Ce qui n'était finalement pas étonnant. Par contre, leur dissentiment était visible. Elle n'avait pas besoin d'être une fidèle d'Orshin pour comprendre que l'acte de l'homme qui les avait secouru n'avait pas été accepté par tout le monde. En effet, le silence de la petite troupe ne trompait pas, ni la remarque sarcastique qui sortit de la bouche d'une femme brune. Fait assez remarquable pour qu'elle puisse le noter, elle était aussi grande que la forgeronne.

Plusieurs réflexions lui vinrent à l'esprit, notamment, le fait que l'homme qui les avait aidé devait certainement être en charge de cette petite équipe puisqu'il avait agit, visiblement, sans l'assentiment de ses compagnons. Aussi, elle se contenta de les saluer d'un signe de tête sans dire un mot, inutile de mettre de l'huile sur le feu. Elle accompagna l'érudit jusqu'à un pan de mur et choisit de rester à ses côtés, au cas où les choses n'allaient finalement pas dans leur sens, se contentant d'observer les membres de la troupe de mercenaire et leur échanges.

HRP:
 


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Nergüi Alhazred
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Jeu 22 Fév - 21:55
Irys : 84984
Profession : Archiviste
My'trän +1
C'est impuissant que Nerguï assista à la scène et c'est méfiant qu'il se laissa transporter dans ce nouvel abri, l'homme ne lui avait pas l'air digne de confiance. Il nourrissait un certain ressentiment envers les hommes d'armes, surtout pour ceux dont la faculté intellectuelle se limitait à mettre Flamberge au vent. Il avait l'air de ceux la, il constatât l’incompréhension de l'homme à la vue de son paquetage, une réaction normale devant la coquille de l'érudit. La situation n'allait pas s'améliorer, malgré la chaleur des flammes, c'est dans un grand froid que l'érudit allait s'installer dans leur gîte, une simple interrogation enveloppée de sarcasme, voila les seuls mots d'accueils que l'on reçut.


           C'est là que  Nerguïrecouvra totalement ses esprits. Il analysa la situation. Ils étaient six dans ce nouvel abri. Quatre  hommes et deux femmes. Il ne reconnaissait pas l’emblème cousu sur les vêtements de ces nouveaux individus mais une inspection rapide de leur allure et de leur équipement lui fit arriver à la conclusion qu'il avait à faire à des mercenaires. Si il était content que le destin n'ai pas mis sur son chemin  de quelconques bandits ou animaux édaphiques, l’atmosphère demeurait pesante; le Khoral grondait toujours et les mercenaires demeurent des individus peu recommandables et accueillant, le silence accablant l'abri de fortune en était la preuve.

        Nerguï n'allait pas briser la glace, c'est précisément le genre de situation dans lequel il demeure discret. Il lui restait encore à remercier celle qui lui avait sauvé la vie mais les mots ne lui venaient pas et quand bien même ils viendraient, l'heure était au silence. Tout ce qu'il fît pour l'instant c'est timidement bouger ses membres, engourdis par la torpeur. Il pensa un instant à sortir sa pipe de son paquetage mais lui vînt alors le problème de la fumée, si ce nouvel abri était plus grand, il allait lui aussi inéluctablement succomber dans la fumée, qui commençait déjà à former un nuage noir au dessus de nos têtes.

         Il était surtout curieux de savoir quelles étaient les raisons qui avaient poussés tant de gens à s'aventurer si loin de toute civilisation, en plein Khoral, surtout celles de la Khurmagienne salvatrice dont il ne connaissait ni le nom, ni l'histoire.


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Ingrid & Sigurd
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Ven 2 Mar - 10:21
Irys : 654876
La même personne qui les avait ramenés jusqu’à cet abri entama la conversation avec eux. Il n’avait pas répondu à la brune, il la connaissait trop bien pour entrer dans son jeu. C’était loin d’être la première fois qu’ils partaient tous en expédition ensemble. Cette fois c’était lui qui menait la petite troupe parce qu’il avait une meilleure connaissance du terrain, en théorie. Cela ne les avait pas empêchés de se faire prendre de court par le Khoral et Orah n’avait pas manqué de lui reprocher. Pourtant, il aurait été difficile de prévoir que la tempête allait se lever plus tôt ou que même serait encore là à ce moment à cause de quelques déboires.

« Qu’est-ce qui vous amène ici, si proche de la frontière de Zagash et par des temps si hasardeux ? Vous alliez à Nalan ? »

Sa question était intéressée, il avait une idée derrière la tête qui pourrait être bénéfique au drôle de duo tant qu’à leur troupe. Il n’était pas allé les chercher contre l’avis de plusieurs de ses membres dans le simple but de les sauver. Avoir plus de monde dans cet espace réduit donné du travail en plus à Loen, le seul disciple d’amisgal là pour évacuer la fumée qui les envahissait à intervalle régulier. Ce n’était pas très difficile mais exigeait qu’il resta éveillé et qu’il se concentra. Il ne participait donc plus à la conversation pour l’instant, l’esprit ailleurs. Visiblement Orah, si elle n’intervint pas, l’idée ne lui plaisait pas. Une légère grimace de dédain ornait ses traits alors qu’elle détaillait des yeux l’homme bien trop échevelé et la femme… c’était moins pire on dira.

« Nous faisons partie des Myangan Ild, une groupe de mercenaire, vous connaissez sûrement. Nous avions à faire à Nalan mais nous avons eu… quelques mailles à partir avec les protecteurs de la ville. Je ne vais pas vous embêter avec les détails. »

Il voulait bien être franc jeu, c’était plus simple pour faire affaire mais les étrangers n’avaient pas besoin de connaître leurs problèmes. Et puis, il n’était pas très fier de cet échec qui lui incombait. C’est lui qui avait voulu se servir du nom de leur groupe pour faciliter les recherches, ça c’était retourné contre eux. Bien sûr, ils pourraient y retourner en usant d’illusion , mais c’était plus sûr que d’autre s’en chargea à leur place avec juste l’un des leurs. Quoique Orah en pensa ! Loen avait bien essayé de lui expliquer la subtilité de la chose en vain. Lui-même et Fred, le chef du groupe, était loin de pouvoir maintenir une illusion convaincante, ils s’étaient spécialisés ailleurs.

« Mais si vous voulez bien vous rendre dans la ville avec Simon
-il fit un signe de main vers le colosse endormi- juste pour pister une trace, rien de compliqué, ça nous rendrez énormément service ! Bien sûr ce ne serait pas sans contrepartie. »

Il regarda à tour de rôle ses deux interlocuteurs cherchant à les sonder. Il devait bien y avoir quelque chose qui les intéressait et qu’eux pouvaient leur offrir, des irys, de l’argent, une escorte ?
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Lycinia Aurès
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Lun 5 Mar - 10:51
Irys : 261810
Profession : Forgeronne itinérante
My'trän +2 ~ Kharaal Gazar
La femme au regard cristallin observa tour à tour les mercenaires, tentant de déceler un quelconque signe qui attesterait de leurs mauvaises intentions envers les compagnons d'infortune. Ce qui transpirait était tout autre. L'atmosphère de l'abri était lourd, et pas seulement à cause des volutes qui s'accumulaient entre les murs. Non, la lourdeur de l'air provenait des membres des Myangan Ild. Avec ses maigres connaissances sur la guilde, elle déduisit qu'ils étaient en pleine mission et que tout n'allait pas comme prévu. Mais, être piégé par le Khoral était un imprévu assez important qui aurait pu être à l'origine de cette tension. Si ce n'était pas pour la présence du disciple d'Amisgal qui évacuait la fumée ambiante de temps en temps. Avec lui, le blizzard devait être surmontable pour les mercenaires. Et c'était justement ce qu'il fallait à Lycinia pour pouvoir reprendre la chasse. Mais que faire de l'homme qu'elle avait sauvé du Khoral ?

Son attention glissa du disciple de l'air jusqu'à l'érudit assit non loin d'elle. Il semblait aller de mieux en mieux et tout comme elle l'avait fait, il analysait les personnes présentes entre les murs. Son silence était notable et la forgeronne avait décidé de le respecter, gardant ses questions pour plus tard car elle ne pensait pas qu'il s'agissait là d'une quelconque timidité.

Leur sauveur leur adressa la parole, se demandant la raison de leurs présences près des frontières Zagashienne et si Nalan était leur destination. La question avait des allures cordiales, comme on parlait de la pluie et du beau temps, mais l'esprit critique de la forgeronne la poussait à penser qu'il y avait plus derrière ses paroles. Elle nota également qu'il pensait que l'érudit et elle voyageaient ensemble. Etait-ce bon de le corriger ? Son compagnon allait-il à Nalan ? Devant tant d'incertitude, Lycinia choisit de répondre à côté.
    « A dire vrai, si j'avais su que le temps serait aussi hasardeux, je n'aurais pas mis un pied dehors. »

Un sourire aimable était présent sur ses lèvres. Elle n'avait ni répondu à la première question, ni à la deuxième.

Sa vision périphérique capta le regard de la grande brune au regard de glace. Son dédain pour eux était ostensible tandis qu'elle les toisait. Lycinia, sans être déphasée, lui rendit un sourire en bonne et due forme, c'est-à-dire légèrement moqueur avec une lumière de défi qui éclairait ses iris de jade. L'homme reprit expliquant sans surprise qu'ils étaient des Myangan Ild et qu'ils avaient des problèmes lors d'une mission. Il ne crut pas bon de les informer sur ces problèmes. La femme n'en fut que plus méfiante. Il continua :
    « Mais si vous voulez bien vous rendre dans la ville avec Simon juste pour pister une trace, rien de compliqué, ça nous rendrez énormément service ! Bien sûr ce ne serait pas sans contrepartie. »

*Juste pour pister une trace ?* Il lui faudrait bien plus pour la convaincre de la facilité de la tâche. La trace de qui ? Pourquoi ? Qu'allaient-ils faire après avoir trouver la personne ou la chose qu'ils cherchaient ? Même avec une contre-partie, Lycinia se sentait peu encline à se jeter dans une entreprise sans avoir la moindre informations quant à celle-ci. Elle était bien trop prudente pour ça. Ses valeurs étaient aussi un obstacle à ça. Elle ne voudrait pas les aider à commettre quelconque méfait. D'un autre côté, leur aide actuelle leur était précieuse et la magie du disciple de l'air serait la bienvenue, ainsi elle n'était pas complètement hermétique face à la demande de l'autre disciple de Delkhii.
    « Vous nous avez sortie d'une situation bien délicate, aussi vous aider à notre tour ne serait que juste, bien qu'une contrepartie ne serait pas de refus puisqu'il s'agirait de prendre part à l'une de vos missions. Cependant, vous comprendrez notre prudence face à votre demande. Que voulez-vous pister et quelles seraient les conséquences pour nous si nous décidions de vous aider et qu'un imprévu nous révélait aux yeux des protecteurs de Nalan ? »


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Ingrid & Sigurd
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Ven 9 Mar - 20:00
Irys : 654876
Ce fut la femme qui répondit à toutes ses questions. Enfin, de façon plutôt évasif de prime abord, mais ce n’était pas pour lui déplaire. Et au final peu lui importait vraiment, ses affaires ne le concernaient pas puisque que son contrat avait une cible tout autre. En plus, faire preuve de prudence ne serait pas inutile dans la tâche qu’il voulait lui confier. Quant à l’homme, il réservait son jugement, difficile à dire sans qu’il eut prononcé un mot ou agit. Il avait décidé avant de les récupérer de leur proposer cet « échange » de service. Mais là, il était un peu plus confiant qu’avant pour le résultat.

La réponse pleine de bon sens de son interlocutrice à sa proposition lui plut. Ils allaient pouvoir faire affaire n’en déplaise à Orah ! Il regarda son interlocutrice en jetant également un regard au muet, même si pour l’instant qu’un seul des deux avaient parlé, le marché s’adressait aux deux. Encore une fois, il ne donna pas tous les détails, inutile des les encombrées de données superflues.

« Bonne question ! Rien, ce que je vous demande n’est pas illégal. Un type qu’on suit depuis Reoni, Aldgrim Bryt, a traversé la frontière avec Zagsah pour nous semer. Il a dû remarquer notre présence malgré notre prudence. Notre compagnie n’a pas une très bonne réputation dans cette région et il en profite. Et comme nous ne sommes pas ici sous le nom de notre compagne on ne peut pas demander de l’aide à la branche Zagashienne, de toute façon elle se concentre surtout sur les côtes. Bref, nous sommes sûrs qu’il ne va pas y rester pour des raisons qui vous importe peu. On a besoin de savoir quand il quitte Nalan, quelle route il va prendre pour pouvoir reprendre notre piste. Il n’y a pas de confrontation en jeu, juste une petite enquête. Bien sûr, nous sommes prêts à vous dédommager de la façon qui vous conviendrez le mieux. »

Loen avait fini sa manipulation, il pouvait de nouveau suivre la conversation, pas qu’il ait quelque chose à rajouter. Pas plus qu’Orah qui ne décolérait pas. Cette manière de faire ne lui convenait pas et elle ne comptait pas prétendre le contraire. Si la compensation exigée par le duo ne lui plaisait pas, elle n’hésiterait pas à le faire savoir !

« Simon se chargera de nous faire parvenir ce que vous découvrirez et il vous montrera à quoi ressemble la cible. C’est le meilleur pour ça. »

L’homme endormi était très doué pour les illusions, particulièrement pour transformer sa morphologie. Quand il serait réveillé, il pourrait se transformer en la cible dont il connaissait très bien la physionomie. Ce serait bien plus parlant qu’un dessin et ça ne laissait pas de trace. De toute façon, personne n’allait bouger avant une accalmie, eux ou leur cible. Ça pouvait donc attendre.

« Enfin, si vous acceptez. »

Il fit un signe de main pour dire que ça ne dépendait que d’eux maintenant. Il ne pouvait les forcer à coopérer. Être mercenaire ne signifiait pas forcément employer la force à tord et à travers. Spécialement pour des Khurmis adepte des méthodes détournées. Bien que si la situation l’exigeait, ils étaient tous prêts à se battre.
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Lycinia Aurès
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Lun 12 Mar - 12:39
Irys : 261810
Profession : Forgeronne itinérante
My'trän +2 ~ Kharaal Gazar
Lycinia écouta patiemment le mercenaire. Finalement, il semblait avoir plutôt bien pris sa marque de prudence et n'avait pas été refroidi par ses questions. Au contraire, il s'attela à les éclairer un peu plus sur la situation à laquelle ils devraient faire face si d'aventure ils acceptaient de leur prêter main forte. La forgeronne, pensive, triturait ses bagues-briquets qui créaient des explosions d'étincelles par à coups. Ainsi donc, la petite bande de mains armées traquait un certain Aldgrim Bryt qui se terrait maintenant sous la couverture de Nalan pour les tenir à l'écart. Leur mission, s'ils l'acceptaient : obtenir l'information quant à son départ de la ville, couplé de la route qu'il comptait prendre. L'armoire à glace couché paisiblement contre un pan de mur, un certain Simon, les accompagnerait pour faire parvenir les informations au reste de la bande et pour les assurer de l'identité de l'homme recherché.

Il leur affirma qu'ils ne feraient rien d'illégal en soit. Cependant, pister quelqu'un n'avait rien de complètement légal et elle ne savait toujours pas qu'est-ce qu'ils feraient à ce Aldgrim à la destination finale, après l'avoir pisté, ni même ce que l'homme avait fait pour avoir les Myangan Ild à ses trousses.

Acceptait-elle de les aider aux risques de causer du tort à une partie innocente ? La jeune femme était clairement tiraillée. L'aide qu'elle recevrait en retour n'était pas quelque chose qu'elle pouvait refusé. Elle avait déjà pris du retard. Clairement, elle voulait accepté mais sa morale était un gros frein.
    « Laissez-moi réfléchir à votre proposition, je vous donnerai ma réponse sous peu. »

Elle faisait encore preuve de prudence, mais c'était son caractère. La femme en fourrure s'était levée pour converser avec l'homme, la discussion terminée, elle se rassit contre le mur, se tournant légèrement vers l'érudit. Son regard était inquisiteur. Elle ne savait toujours pas si l'érudit comptait accepter, ni même ce qu'il pensait de cette situation dans son entier. Ça ne lui ferait pas de mal d'entendre ce qu'il avait à dire, même s'ils ne se connaissaient que depuis peu, un deuxième avis était toujours meilleur. Elle attendit que les mercenaires se soient un peu éloignés pour s'adresser à son compagnon à voix basse :
    « Je ne connais pas grand chose des Myangan Ild si ce n'est que leur réputation a grandement changé, dans le bon sens. Ils n'acceptent plus les Irys pour chasser des têtes, ni ne violent-ils plus à tour de bras. -elle eut un rictus en disant cela- Leur mission pourrait très bien être louable, mais la zone d'ombre sur la question m'empêche de prendre position. Et toi, que penses-tu de cette situation et de ce marché ? »

Le vouvoiement ne lui sembla pas approprié, ils avaient après tout défié la mort ensemble et peut-être traverseraient-ils encore plus dans un avenir proche.


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Nergüi Alhazred
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Ven 16 Mar - 11:01
Irys : 84984
Profession : Archiviste
My'trän +1
L'intervention de la disciple de Delkhii débloqua la situation, il n'était plus question de refuser l'offre des mercenaires. Avions nous vraiment le choix ? Au moins, nous voila débarrassé de cette question. Voila ce que pensa d'abord l'érudit, cependant de nombreux problèmes demeuraient. L'érudit pouvait abandonner l'idée d'arriver à temps à Nalan pour effacer le dossier judiciaire du contrebandier. Il avait bien un plan peu risqué, mais ayant peu de chances d'aboutir, il n'en avait malheureusement pas d'autres. Sa décision était vite prise, c'était le moment parfait pour tourner la situation à son avantage,Nerguï tenait à sa magilithe, et à sa tête accessoirement. Si il n'a jamais excellé dans ce domaine, la chasse a toujours été passionnante pour l'érudit, adepte de l'imitation, la perspective d'une traque humaine s'avérait tout à fait intéressante.

Vous êtes tombé sur les bonnes personnes. Si ma compagnonne est indécise, sachez que je suis prêt à accepter votre offre, pour ce qui est de la récompense, les iris ne m’intéressent pas, un contrebandier du nom d'Hem Darask veut ma tête depuis peu, il se trouve actuellement à Réoni, si vous êtes prêt à m'en débarrasser, je vous assure que nous trouverons votre homme, nous pourrons aussi nous occuper de lui si vous le désirez.

Les dés étaient jetés. Il y avait peu de chances qu'ils acceptent mais sa vie en dépendait. Aucune autre idée lui venait à l'esprit. Il se retourna vers sa sauveuse, surprise qu'il ose prendre parole pour elle , et lui chuchota :

Je vous en supplie, jouez le jeu, sinon votre sauvetage aura été vain, je vous l'assure, je ne sais pas ce qui vous a poussé à vous aventurer dans ces contrées en plein Khoral mais sachez que je vous aiderais dans cette entreprise, c'est la moindre des choses.




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Ingrid & Sigurd
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Dim 18 Mar - 14:15
Irys : 654876
Bien, sa requête était légitime et prévisible, il ne la quitta pas pour autant des yeux lorsqu’elle se retrancha dans le coin où son partenaire se tenait. L’espace confinait où ils se tenaient ne permettait pas aux mercenaires de vraiment laisser de la place, ils pouvaient juste se déplacer autour du feu de camp pour se trouver un peu plus loin de là où se tenait le duo. Évidemment, Simon toujours en train de se reposer, comme ses légers ronflements intermittents l’attestaient, ne bougea pas. Ils échangèrent eux-mêmes des mots, très brefs avant que la voix de l’érudit se fit entendre. Sa proposition était étonnante pour un homme resté muet jusqu’à présent. Il y avait autant de zone d’ombre dans sa part de marché que dans la leur. Si Fred pouvait l’accepter, il y avait des éléments qu’il avait besoin de connaître avant d’engager le groupe à quoique ce soit. Il commença par secouer la tête pour mettre les choses au clair.

« Nous ne souhaitons pas tuer notre cible, ce n’est qu’un intermédiaire. Nous avons besoin de connaître sa route pour reprendre notre traque. Quant à votre bonhomme, on ne vous demandera pas comment c’est arrivé. Par contre on aura besoin de détails, si vous en possédez, un contrebandier travail rarement seul. »

Bien sûr, il ne s’en chargerait pas personnellement, Reoni était loin et pas sur le chemin de cette mission. Mais quand on travaille dans un groupe comme les Myangan Ild on se fait des connaissances un peu partout et les échanges de bons procédés n’étaient pas rares. Tous ne faisaient pas chasseur de primes à leurs heures perdues, il fallait connaître la bonne personne. Fred connaissait juste qui il fallait, un petit message et les ennuis de cet homme serait fini. Pas nécessairement en tuant... La question maintenant était : est-ce que le marché incluait bien la femme ?

« Ça vous convient aussi ? »

Leur conciliabule avait été bien court. Peut-être que l’homme se la jouait solo. Et au fond peu importait au groupe de mercenaire, si le comportement de la femme lui avait plu cela ne l’empêcherait pas d’être pragmatique en cas de refus. Il souhaitait juste savoir où en était les choses. Même si deux personnes en plus étaient mieux qu’une.
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Lycinia Aurès
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Lun 26 Mar - 16:28
Irys : 261810
Profession : Forgeronne itinérante
My'trän +2 ~ Kharaal Gazar
Au lieu de lui répondre, son compagnon s'adressa directement à l'homme pour accepter sa proposition. Autant dire que cette tournure prit de court la forgeronne. Il semblerait que ce marché tombait à point nommé pour celui qu'elle avait sauvé car il proposa même de les débarrasser de leur homme. Lycinia tiqua. L'érudit l'avait mêlée à cette offre indécente d'assassinat, or elle n'était pas guerrière et encore moins tueuse. L'homme dû s'apercevoir du manque d'engouement de la fidèle de Delkhii, ou peut-être se rendait-il compte que son accord à ce nouveau marché n'était pas du tout gagné, car il l'implora à voix basse d'aller dans son sens. Il n'était pas très clair, mais elle cru comprendre que la vie de l'érudit était en jeu. Pour la motiver un peu plus, il offrit sa propre aide pour ce qu'elle avait à faire. C'était hardi de proposer aveuglément ses services. L'homme était visiblement prêt à tout. Mais, qu'il l'aide plus tard dans sa propre entreprise n'allait pas la faire lui faire aller contre sa morale.
    « Je suis forgeronne, pas tueuse à gage. », objecta-t-elle aussi bas que l'homme.

Cependant, le mercenaire dans son offre n'avait aucunement parlé de tuer celui qu'ils traquaient. Aussi, ne précisa-t-elle cela que pour que les choses soient clairs entre eux. En définitive, si c'était dans les termes premiers du marché, elle était d'accord. L'urgence dans la voix de l'homme aux yeux dorés quand il l'avait imploré, lui donnait assez de raisons de mettre de côté ses doutes.

Son regard, toujours aussi fatigué, se posa sur l'autre fidèle de Delkhii, positionné au delà du feu. Sans surprise, leur sauveur corrigea l'érudit en affirmant qu'il n'y aurait nullement besoin de prendre la vie de leur cible. La Kharaalienne avait donc vu juste. Il accepta tout de même les conditions de l'offre qui lui avait été faite et s'enquit de la position de Lycinia qui n'avait pas encore accepté. A cette question, la jeune femme se releva pour lui faire face et hocha de la tête.
    « Ajoutez à cela une aide pour chasser et transporter des Khyanalts à Variel et vous aurez mon concours. »

Quitte à faire partie de ce marché, autant en tirer quelque chose aussi. Après tout, pendant qu'elle  serait entrain de pister un étranger, elle perdrait un précieux temps qui aurait pu être utilisé à pister ses propres cibles. A l'heure qu'il était, les Khyanalts devaient avoir fui le Khoral vers l'Est. A moins qu'ils aient été surpris par la Peste Blanche, tout comme eux.


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