Revenir en hautAller en bas
Chroniques d'Irydaë
Bonjour, et bienvenue sur les Chroniques d'Irydaë. Déjà inscrit ? N'attends plus, et connecte-toi dès maintenant en cliquant sur le bouton "Connexion" ci-dessous !

Vous êtes nouveaux, que ce soit sur ce forum ou dans le monde du RPG ? Le choix d'un forum sur lequel vous pourrez vous épanouir n'est pas anodin, et il vaut mieux pour cela connaître l'univers dans lequel vous vous trouvez ! Nous avons pensé à vous, en vous préparant un guide qui vous permettra de découvrir pas à pas le monde des Chroniques d'Irydaë.

Si malgré cela, des doutes subsistent, n'hésitez pas à adresser vos questions aux Administrateurs.

En vous souhaitant une agréable visite !



 :: Les terres d'Irydaë :: My'trä :: Suhury
Page 1 sur 1


 [Terminé] Errare Humanum Est. [RP Solo]

Adramus
avatar
Mer 13 Déc - 18:11
Irys : 609645
Profession : Aventurier, maître d'armes
My'trän +2 ~ Mistral
Le poing serré contre ses lèvres, le guerrier à maintenant trente-trois ans passés attendait dans l’antichambre du terrifiant Conseil de la Convergence que son heure vienne. Sur son visage se lisait une inquiétude inhabituelle, un stress suffisamment puissant pour cerner les yeux de ce guerrier pourtant habitué à des journées moins douces. Ses cheveux avaient été coiffés par son épouse bien-aimée, car ses doigts tremblaient trop pour qu’il puisse les attacher de lui-même. Pourtant, en le voyant les gardes devant la porte n’avaient pas pitié de lui, ne riaient pas sous cape face à son anxiété. Ils savaient à quel point une situation pareille était ordinaire. Soumettre des doléances au Conseil, surtout d’aussi graves, pouvaient faire flancher des guerriers encore plus imposants et encore plus vertueux qu’Adramus. Mais ordre était donné de ne pas dire un mot, sans quoi peut-être un « Courage. » ou autre « Vous vous en sortirez. » aurait traversé la barrière de leurs lèvres scellées lorsque la porte s’ouvrit enfin, laissant passer le tamerlan humblement vêtu.

Il dut tout de suite supporter un page qui s’accrocha à ses pas comme une ombre inamovible. Ils franchirent ensemble de larges couloirs, tandis que son escorte l’abreuvait de recommandations qu’Adramus ne connaissait que trop bien, les ayant déjà révisées auprès de Mary qui avait déjà dû fouler du pied ces imposants pavés de marbre. L’écho de ses pas se répercutait dans sa tête déjà secouée par des doutes de plus en plus bruyants, mais même les voix de son esprit firent silence lorsqu’il était maintenant l’heure d’ouvrir la dernière porte qui le séparait des hommes et femmes les plus puissants de ce monde. Ils n’étaient pas tous présents, et heureusement pour le jeune homme. La déferlante de pouvoir qui s’échappa dans sa direction lorsque les deux battants d’acier s’écartèrent devant lui aurait été par trop insupportable si tout le Conseil s’était trouvé derrière.

Malgré tout, le sang-froid, reptilien, d’Adramus l’avait condamné à ne pas exprimer plus que de raison l’infini respect et humilité qu’il était de bon ton de présenter devant de telles forces de la nature, devant les plus proches serviteurs des créateurs et seigneurs d’Irydaë. Le page salua ses maîtres avant de murmurer, sur un ton beaucoup moins cérémonieux un « Avancez. » à Adramus, qui s’exécuta avec solennité. Son regard s’autorisa de lui-même à balayer les gharyns et les khorogs réunis autour de la table de verre et il reconnut sans peine sa suzeraine ainsi que son bras droit. Il eut une inclination de la tête toute particulière vers ce personnage qu’il estimait tout de même plus que le reste de l’assemblée, religion commune oblige. Malgré tout, une fois qu’il fut à une distance égale de la porte et de la table, le guerrier posa le genou au sol sans hésiter. C’était un géant qui s’inclinait, mais la prestance et la puissance qu’il dégageait n’avait rien de comparable avec celle de ses interlocuteurs.

Mais pourquoi était-il ici, le front vers le sol ? Pourquoi avait-il demandé une audience avec des gens qui devaient avoir bien d’autres choses à faire que de rencontrer un simple adepte de la dragonne ? Pourquoi s'autoriser une telle interruption ? Une telle audace ? C’est parce qu’il considérait sa mission avec plus d’importance que le temps alloué aux autres affaires du Conseil. Il avait au moins cette arrogance-là pour lui, mais elle était tellement noyée dans son océan de doutes et de craintes que même un disciple de Khugatsaa ne pourrait la déceler précisément en lisant en lui. Toutefois, le plan qu’il avait échafaudé, et dont il venait aujourd’hui faire part au Conseil, pouvait aisément être deviné par ce biais.

Dyen, voilà la cible de ses doléances. Non, il ne venait pas faire l’affront à tous ces hauts personnages de réclamer son invasion pleine et entière sur-le-champ, bien qu’il aurait préféré. Non, ce qu’Adramus venait demander aujourd’hui c’était la permission de devenir ambassadeur du Conseil de la Convergence à Dyen et ce afin de les convaincre de donner leur appui si jamais une guerre contre Daënastre venait à se déclarer. Bien que le Conseil se doive de maintenir la paix, ils ne pouvaient nier qu’une pente de plus en plus abrupte se dressait entre eux et cette dernière. Il fallait être prêt, pas aveuglé par ses idéaux. L’adepte d’Amisgal avait mis un temps considérable à admettre cette vérité : Il avait besoin de ses frères dragonniers, bien qu’il les renie de tout son être, le jour où la guerre commençerait.

Voilà pourquoi il se tenait devant le Conseil à présent. Il fallait obtenir leur approbation pour effectuer une telle mission. Une approbation que, Adramus le savait, il serait difficile d’obtenir compte tenu le passif entre le guerrier et la cité des dragonniers. C’était un paria, un hors-la-loi entre leurs murs. Mais il faisait ce simple pari dans son esprit : Qui de mieux qu’un homme aussi brave, puissant et téméraire que les chevaliers de Dyen pour aller parler au Roi-Père de cette ville en personne ? Qui de mieux que celui qui est venu, du haut de ses vingt-six ans, provoquer effrontément le  souverain de la cité ? Adramus ne connaissait rien du Roi-Père qu'il avait provoqué, ce Aedrar Nathea, hormis qu’il était brave, hardi et bienveillant. Pour résumer, ils se ressemblaient énormément, quoique pense le jeune homme.

Il faisait donc confiance à cette ressemblance, mais aussi à l’urgence de la situation et enfin particulièrement à la bénédiction d’Amisgal pour mener ce projet d’alliance à bien. Rien n’était de son côté dans cette affaire, ni l’approbation du Conseil ni l’amitié du souverain. Pourtant, il croyait en son Architecte, il savait que par ce geste vers les dragonniers il l'honorerait et il espérait que cela suffise pour qu’elle l’honore à son tour de son appui afin d’unir la cité-état de Dyen au continent de My’trä. Une alliance nécessaire et de circonstance, mais également une union, un arbre planté, qui avait le moyen de donner les plus beaux fruits jamais vu sur Irydaë.

Pour toutes ces raisons, l’imposant Adramus, en cet instant, ployait humblement le genou.


Dernière édition par Adramus le Dim 10 Juin - 17:55, édité 1 fois
Voir le profil de l'utilisateur

Ingrid & Sigurd
avatar
Lun 15 Jan - 10:50
Irys : 604886
Si le guerrier pouvait voir le même décor que sa fiancée plus de six mois auparavant, il ne faisait pas face à la même assemblée, pas tout à fait. Ni même à la même ambiance. Bien des événements graves et importants s’étaient produits depuis et cela se ressentait dans l’atmosphère sombre et sérieuse. Même la benjamine, celle qui savait enjouer les autres et voir le côté positif des choses, avait la mine grave aujourd’hui.

À temps désespéré mesure désespéré, c’était sûrement pour cela que Godmerek avait obtenu une entrevue aussi aisément. Outre le fait que la question d’un appel à l’aide de Dyen, après avoir rassemblé un minimum les forces en My’tra, se posait très clairement. Le Conseil était prét à discuter, un bon point pour le solliciteur.

« Vos exploits vous précédent jeune homme. »

La voix de baryton posée et sans aucun sous-entendu provenait d’un homme imposant. Impossible de ne pas le remarquer à côté de la benjamine fluette, digne représentante de l’Architecte de l’air. Imposant mais pas menaçant, il ressemblait plus à un roc solide, inébranlable. Bien plus ressemblant physiquement à ce qu’on attend d’un fils de Delkhii que l’actuel primo-Gharyn de Busad.

« Plus un homme d’action que de mots à ce que l’on nous a rapporté et pourtant vous voilà ici. »

Ce n’était pas une accusation, plus une interrogation sur ses motivations. Et aussi une façon de lui signifier qu’ils étaient au courant de qui il était, de ce qu’il avait fait autant au Kharaal Gazar qu’à Dyen. Si Jaelya aurait pu être ouverte à une personnalité comme la sienne, ce n’était pas le cas et elle ne le cachait pas.

« Ne tournons pas autour du pot.Dîtes nous précisement dans quel but vous avez demandé une audience ?! »

Aucun de ces six collègues ne broncha, ils connaissaient le caractère vindicatif de la quadragénaire. Et si cela créait parfois des clash au sein du Conseil, tous n’avaient pas la patience d’une pierre ou la sagesse de l’araignée, cela avait aussi son utilité des fois.

HRP:
 
En ligne Voir le profil de l'utilisateur

Adramus
avatar
Mer 17 Jan - 14:47
Irys : 609645
Profession : Aventurier, maître d'armes
My'trän +2 ~ Mistral
Le guerrier guetta de l’œil si on lui adressait un léger geste lui intimant de se relever, ce qui fut fait. Il se redressa alors de toute sa hauteur qui n’égalait en rien celle de son premier interlocuteur. Il le reconnut sans peine d’ailleurs, étant né il y a de cela trente-trois ans sur les terres que ce personnage gouvernait alors avec sagesse et fermeté. Il avait pour lui, donc, une tendresse particulière, révérencieuse et surtout un respect qui égalait presque celui qu’il portait aux conseillers de son clan. Ils étaient là, d’ailleurs, tous les deux présents, et Adramus ne put s’empêcher de leur adresser un regard éloquent, qui montrait bien son soulagement de les savoir ici et surtout le bonheur de les revoir. Mais ils se posaient des questions, fatalement. Ils avaient forcément entendus parler de lui. Etaient-ils fiers ? Lui reprochaient-ils son comportement ? Adramus avait une foi inébranlable en Amisgal, mais ça lui était déjà arrivé de tomber sur d’autres croyants qui étaient en complet désaccord avec sa vision des choses et le considéraient comme un mauvais croyant. Etaient-ils de cette espèce ? Il ne voulait pas y penser, mais ne parvenait pas à empêcher son cerveau de se questionner. Et bien sûr, il ne pouvait leur demander au cours de cette entrevue… La gravité de la question l’en empêchait.

Au-delà de ces personnages qui avaient une place particulière dans le cœur du maître d’armes, il y en avait d’autres, qu’il ne put reconnaître, malheureusement. Il leur adressa cependant, à eux aussi, un regard empli de respect muet, alors que, soudainement, une femme haussa le ton à la suite des paroles du Conseiller de Delkhii. Par réflexe, les yeux d’Adramus glissèrent vers elle, mais sans une once d’étonnement, de colère, ou quoique ce soit d’autre. Il écoutait simplement attentivement ses paroles et réfléchissait avec application à la façon dont il allait répondre. L’ancien primo-gharyn avait, en cela, bien raison. Les mots lui manquaient pour expliquer clairement son propos, alors il fallait gagner un peu de temps de réflexion, ce qu’il fit en répondant à ce personnage dans un premier temps.

- Vous avez raison. Ma jeunesse, qui se poursuit encore aujourd’hui, fut celle d’un homme d’action. Mais j’aspire aujourd’hui à plus, devenir cet homme de mots qui me rendrait réellement digne de me présenter devant vous à l’avenir.

Adramus n’était pas crédule. S’ils avaient acceptés une entrevue comme celle-ci, avec un simple adepte au nom vaguement chuchoté à l’oreille des curieux, c’est parce qu’une crise s’annonçait sur le continent. Terrible, inégalée et cela justifiait d’accorder leur temps à ce guerrier vagabond qui pouvait rassembler autant que diviser ceux qu’il approchait. Son attention revint auprès de la Conseillère de Dalai.

- Mes excuses. Il haussa très légèrement la voix. Si je suis ici, vous le savez, c’est parce que je demande votre approbation pour me rendre à Dyen, la cité des Dragonniers, afin de solliciter leur appui si jamais, à l’avenir… les Daënars venaient à revenir ici, et nous envahissent de nouveau.


Il marqua une pause, laissant sa parole retomber sur le sol, envelopper leurs esprits, afin que l’attention de ces grands personnages soit définitivement captée, au moins brièvement.

- Vous devez sûrement le savoir, mais le passé que j’ai en commun avec cette cité est loin d’être joyeux, ni même glorieux. J’ai pénétré ses murs, je me suis rendu jusqu’à son souverain, Aedrar Nathea, pour le provoquer et lui déclarer la guerre. Une guerre que j’ai commencé quelques heures après mon départ, en provoquant en duel un de ses dragonniers, en gagnant et en le tuant. C’était il y a cinq ans, maintenant.

Une autre pause. En y repensant, sa jeunesse était bien plus tournée vers l’action que ce que le Conseiller de Delkhii imaginait probablement. Il aurait pu en rire, si cela ne risquait pas de ruiner ce discours qui était probablement le plus important que ce guerrier taciturne ne prononcerait jamais.

- Et pourtant, je considère avoir mes chances face à Aedrar. C’est un homme qui respecte le courage et je n’en ai jamais manqué, dans toute ma vie, et surtout pas face à lui ou à ses hommes. Son tribunal a prononcé une sentence contre moi, voilà cinq ans. Celle de devoir être abandonné dans les montagnes, à la merci des dragons sauvages. Mais Amisgal m’a sauvé, a intimé à ses enfants adoptifs de m’épargner. Le Roi-Père le sait sûrement et c’est une raison de plus de m’écouter une fois que je serais devant lui. Je lui ai reproché beaucoup de choses, à lui et à son peuple, mais je suis certain qu’il aime Amisgal autant que n’importe quel autre fidèle.

A ce moment, il laissa dériver ses yeux vers son khorog et son gharyn, qui lui rendirent ce regard. Une pression de plus, alors que la dernière partie de sa tirade allait être prononcée. Le sang tiède des dragons qui coulait dans ses veines l’empêchait de transpirer en cet instant, de trembler, mais il n’empêchait pas son esprit de bouillonner d’inquiétudes.

- Voilà pourquoi, aujourd’hui, je vous demande humblement de me laisser aller à Dyen. Je viendrai en votre nom, mais je ne réclame aucune protection. Si Aedrar veut me tuer sur-le-champ dès que j’entrerai dans Dyen, ce sera son choix, ma destinée, et je l’accepterai. S’il décide de m’accorder une audience, je parlerai pour tout notre peuple, pour son bien uniquement, et ne laisserai aucun de mes sentiments s’exprimer. Mon unique souhait est notre survie, le bonheur des nôtres. Vous avez ma parole, une parole que j’ai toujours tenu, et le Roi-Père le sait, que je ferais tout mon possible pour ne pas vous décevoir et pour convaincre Dyen de nous apporter son aide.

Sa tête s’inclina vers le sol, là où il pouvait se soustraire un bref instant de cette horrible pression, étouffante, qu’imposait le regard d’hommes et de femmes aussi puissants. Amisgal, aidez-le, aidez-le à réaliser son destin qui est de vous servir, à jamais.
Voir le profil de l'utilisateur

Ingrid & Sigurd
avatar
Mer 24 Jan - 14:20
Irys : 604886
Un long discours que leur servi Adramus ! Il eut la chance de ne se faire interrompre par personne, même pas par la tempétueuse Jaelya. Un lourd silence prit place à ses derniers mots. Un signe encourageant : ils n’avaient pas écarté son discours d’office. Le guerrier avait su trouver une oreille attentive ou du moins ouverte. La voix de baryton du Khorog de Sün retentit, suivit peu après par son homologue adepte d’Amisgal.

« Il est louable de vouloir risquer votre vie dans ce but mais si c’est pour récolter vos cendres, ça ne nous mènera à rien.

-Ou autrement dit : quel message pensez-vous que cela enverra si le Roi-Père exécutait notre envoyé ? »

Ce fut à ce moment là que la doyenne du groupe choisit de reprendre la main, simplement, sans toussoter ou laisser le temps à l’interrogé de répondre ou un autre de ces collègues d’enchaîner. Pourtant s’il y avait de la vigueur dans sa réponse, il n’y avait aucune précipitation. Ses yeux opaques se tournèrent vers l’homme sans s’arrêter sur les autres intervenants.

« Inutile de torturer plus avant cet enfant. Vous savez comme moi que  Aedrar Nathea ne reviendrait jamais sur une décision prise par Amisgal. Cela ne veut pas dire que ce sera sans conséquence pour toi mais un cœur vaillant peut arriver au bout de nombreuse chose.

-Ce n’est pas une décision que nous prendrons à la légère dans tous les cas.

-Ça c’est sûr !

Il y avait un sous-entendu sous cette brève remarque, comme toujours quand Jaelya s’exprimait après Damur l’impassible. Rivalités ou façons de pensées différentes, dans tous les cas ça ne concernait pas le solliciteur.

-Nous devons discuter de votre proposition. Attendez dehors on viendra vous chercher. »

La discussion en question fut courte, seulement quelques heures. Si la décision finale ne fit pas l’unanimité, ils étaient près à recevoir de nouveau le guerrier. Rien ne transparaissait sur leur visage lorsqu’il fut de nouveau introduit dans la salle. Pas plus qu’il n’avait pu glaner des mots de l’extérieur.

« Qu’Amisgal guide de nouveau tes pas pour notre bien à tous. »

Une missive cachetée arriva devant le guerrier, il n’avait qu’à tendre la main pour la saisir. Le nom du destinataire était bien visible sur le dessus de l’enveloppe,  Aedrar Nathea.

« Deux protecteurs t’attendent dehors pour t’accompagner jusqu’à Dyen, mais la lourde tâche repose sur tes épaules. »

Adramus avait pu les voir passer plutôt lorsqu’ils avaient été convoqués par le Conseil pour recevoir leurs instructions. Un homme et une femme, clairement des vétérans. Il ne serait en aller autrement pour accompagner un émissaire officielle du Conseil de la Convergence.
En ligne Voir le profil de l'utilisateur

Adramus
avatar
Dim 10 Juin - 17:50
Irys : 609645
Profession : Aventurier, maître d'armes
My'trän +2 ~ Mistral
Le Conseil, à juste titre, avait un regard plus pragmatique sur la proposition du guerrier. La remarque du khorog de Zolios était cinglante, mais effrayante de vérité. Celle du khorog d’Amisgal également, sans compter le fait que les mots de celui-ci, tout particulièrement, avaient un poids non négligeable dans l’esprit d’Adramus. Mais sa volonté ne flancherait pas pour autant. Il était déterminé à mener à bien cette mission qui, pour lui, demeurait essentielle à la protection de sa patrie. Toutefois, ce n’était pas à lui de juger si elle était, ou non, réellement réalisable. Ces hommes et ces femmes savaient bien mieux que lui où il mettrait les pieds et face à qui.

Toutefois, ce qui l’étonna tout de même, c’est que là où il s’attendait à devoir défendre, seul, sa proposition, un des membres du Conseil esquissa la possibilité qu’elle puisse être acceptée. Tout ceci, bien sûr, juste avant de congédier l’adepte Amisgal afin que ces éminents personnages puissent débattre, en privé, des tenants et aboutissants de ce plan. Condamnant Adramus à devoir douter tout son saoul de la décision finale, dans ce couloir qui lui parut démesurément froid, et le tout pendant de nombreuses heures. Les gardes demeuraient parfaitement silencieux, statues de chair dont Adramus comprenait parfaitement la fonction et le zèle qu’ils mettaient à l’accomplir. De son côté, il mettait tout autant de cœur à ne pas laisser transparaître son appréhension. S’il avait bien une faiblesse, ce guerrier, c’était l’effroi face à ceux qui lui étaient supérieurs.

Au bout de ce temps, qu’il ne pourrait jamais parvenir à déterminer par estimation, on lui demanda prestement de retourner dans la salle du conseil pour, enfin, prononcer le verdict. A sa grande surprise, il ne fut pas accueilli par plus d’attente que cela, et on lui adressa directement une prière d’encouragement qui le toucha bien plus qu’il ne l’aurait imaginé. Ils n’eurent aucun besoin d’affirmer clairement que sa proposition était acceptée pour qu’il le comprenne avec aisance. Même s’il dû prendre quelques instants pour bien réaliser que le Conseil de la Convergence, la plus haute autorité de ce monde, venait de l’écouter et de l’approuver. Cette journée était probablement la plus importante de toute son existence, et pourtant il sentait que ce n’était que le début, qu’il allait continuer de caresser de la paume les plus hautes instances d’Irydaë pendant un moment. Et surtout, il se rendit compte que, cette mission, bien que de son initiative et défendue par ses soins avec détermination, n’allait pas lui plaire.

- Je vous remercie profondément…
Dit-il solennellement en s’inclinant. Je ferais tout mon possible pour mener cette mission à bien. Les enfants d’Amisgal seront bientôt tous réunis pour protéger ce monde. Je vous en fait la promesse.

Bien sûr, c’était probablement maladroit de faire une promesse à des gens qui en avaient sûrement entendus plus d’une, et vu la réalisation de bien peu d’entre elles. Mais, s’il y avait bien un domaine où Adramus pouvait se sentir fier, où il pouvait prouver sa valeur avant même d’avoir achevé son œuvre, et ce devant n’importe lequel des Conseillers, c’était qu’il prononçait de lourdes promesses et que jamais, pas une seule fois, il n’en avait brisé une. Ce qu’il venait de prononcer avait la puissance d’une armée, la même volonté implacable, et la même détermination. Le Conseil de la Convergence comprendrait bientôt tout ce qu’était capable d’accomplir cet homme, qu’il ne connaissait pas encore très bien, mais dont ils retiendraient rapidement le nom. Ça aussi, c’était une promesse. Mais désormais, c’était l’heure de rejoindre ces fameux protecteurs et de faire route, avec sa jeune famille, vers cette cité où il n’était qu’un paria. Puisse Amisgal guider sa route.
Voir le profil de l'utilisateur