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Chroniques d'Irydaë
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 Un petit texte créé à l'occasion d'une belle partie!

Nätchakar la Gâchette
avatar
Dim 17 Déc - 0:46
Irys : 294951
Profession : Bandit
Daënar -1
Spoiler:
 

Il est un peu plus de midi. Je regarde la troupe autour de moi. Nous sommes quatre vingt. Une force d'escarmouche envoyée depuis la Grande Armée Française pour reconnaître et sécuriser un terrain. Un petit village, sans grande importance, près d'une rivière dont le nom m'échappe. Sauf que ce hameau contenait en son sein de grosses quantités de munitions, de poudre et de bois de chauffage, entre autres denrées laissées là lors d'une retraite précipitée d'une armée autrichienne.

La neige vient de cesser de tomber mais tout le terrain est recouvert d'un beau manteau blanc. On aperçoit que le petit fleuve est aussi parsemé de grandes plaques de glaces, le traverser sera difficile, heureusement un pont est juste à côté du hameau.
Un éclaireur revient vers nous: une force anglaise de puissante équivalente à la nôtre se rapproche depuis l'autre rive, ils ont visiblement le même objectif: s'emparer des provisions.

Nous nous concertons avec les sergents présents sous l'égide du commandant, lequel dirige la cavalerie, à propos de la stratégie à adopter. La première phase est simple: s'emparer du village puis du pont, ils sont plus proches de nous que d'eux, ce sera facile. Ensuite il faudra remonter le long de la rivière pour les frapper de flanc ou de face. C'est risqué, mais nous n'avons pas tellement le choix.

Nous nous mettons tous en route, la cavalerie va rester à l'arrière et observer la situation avant de se lancer. Plus d'une soixantaine de soldats dont les miens atteignent le village. Je regarde une dernière fois ma petite dizaine de grenadiers de la Garde de l'Empereur. Ils ont chacun leurs explosifs à la ceinture, j'ai les miens, ils seront pratiques.
Nous investissons le hameau et fouillons les maisons. Nous trouvons les vivres mais pas les anglais. Un clairon retentit au dehors et une foule de cavaliers britanniques surgit et charge en plein centre du village. C'est le chaos: les mousquets crachent la mort et d'immenses volutes de fumée, la poussière des chevaux envahit tout, on ne voit plus rien. Je perds mon pistolet dans la pagaille, je prends mon épée et je frappe, dans le vide. Notre propre cavalerie organise la contre-attaque juste après, il n'y a plus que du brouillard brun-gris autour de moi, je reconnais notre tambour dans la cohue, je l'attrape et l'emmène, le forçant à jouer dans le même temps. Le son doit guider les soldats dans cette purée de pois.

Je parviens à m'extirper et à atteindre un muret à l'extérieur du village, face à la rivière. Quatre de mes hommes me rejoignent ensuite suivi d'un autre qui ne fait pas partie de ma troupe mais à dû se perdre. Quand la brume se lève je constate que la cavalerie des puddings a été écrasée et que notre armée a déjà traversé mais que l'armée anglaise est introuvable. Je réfléchis et décide de prendre le rôle d'éclaireur. J'emmène mes six subalternes longer la rivière et nous les apercevons: les rosbifs! Ils étaient retranchés dans un manoir lourdement fortifié par leurs sapeurs. Qu'ils soient maudits!

Nous sommes rapidement repérés et des dizaines de mousquets nous tirent dessus sans merci. Deux hommes tombent, j'ordonne le repli. Heureusement à une distance de cent mètres la précision n'est plus suffisante pour toucher des cibles mobiles et protégés par le décor. En passant je constate la présence d'un gué couvert, sans doute l'endroit où la cavalerie ennemie a traversé, il donne pile sur la demeure.
Revenu derrière le muret avec les survivants, je saisi ma longue-vue et observe leur bord. Ils sont une quarantaine, bien couverts, bien préparés. Nos hommes n'ont aucune chance! Grave, je me retourne vers mes soldats, me demandant que faire. Je vois leurs grenades, la solution me vient. Je lève haut mon épée pour leur donner du courage:


-"Nous allons charger leur position, une fois à portée, jetez vos grenades. Vivons avec honneur et mourrons avec gloire!"

Je mène la charge, grenade à la main. Quelques tirs de mousquets viennent nous chercher mais ils se tarissent rapidement: notre armée donne l'assaut, nous ne sommes plus une menace, pensent-ils; trop loin, de l'autre côté de l'eau.
Nous profitons du chaos qui s'installe pour traverser le gué à toute vitesse. Quelques tuniques rouges nous ont remarqués et de l'acier tombe à nos pieds. Je hurle une dernière fois, prenant pied sur le bord:


-"Vivons avec honneur et mourrons avec gloire!"

Je lance mes grenades sur leurs fortifications, mes hommes m'imitent. Des corps volent dans tous les sens, des britanniques tombent à terre, les défenses affaiblies s'effondre et leur troupe se désorganise. Notre cavalerie, auparavant matée, prend un second souffle et frappe leur flanc désorganisé. Nous continuons la charge, je saisis un mousquet et sa baïonnette sur un cadavre anglais, mes hommes meurent autour de moi, fauchés par les derniers conscients des britanniques, furieux et vengeurs. Une balle m'atteint au ventre, j'ai juste le temps de planter mon arme dans le cœur du tireur avant de m'effondrer.

Je me traîne contre le mur du manoir, qui se couvre de sang. Notre infanterie fait le sale boulot et achève les survivants désorganisés par la fumée des grenades et la mort de leurs premières lignes. Nos pertes sont élevées, mais la Bannière Impériale flotte fièrement au-dessus des corps de l'adversaire.
Alors que je mes yeux se ferment, j'entends les félicitations, les applaudissements l'héroïsme de ma troupe, de ma personne.

Je suis mort avec gloire.


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