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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: Als'kholyn :: Marnaka
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 La petite bête ne mangera pas la grosse ?

Eskarina Hellaraxë
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Dim 17 Déc - 18:42
Irys : 250959
Profession : Assassin
Pérégrin 0
Tout commençait toujours par la boîte. On déposait un nom, une bonne liasse de billet; et quelques jours plus tard, le travail était fait. Située en plein milieu du Bassin, cette petite boîte en bois passait inaperçue dans la foule toujours active dans le souterrain. C’était le moyen que le maître assassin d’Eskarina avait trouvé pour préserver son anonymat. Et cela fonctionnait très bien jusque là : tout le monde savait que, mais ne savait pas qui. Dans les deux sens d’ailleurs. Aucun risque.

Un jour donc, un apprenti - c’étaient eux qui étaient chargés d’aller récupérer les missions - ramena l’enveloppe. Eskarina venait justement de finir son dernier contrat, et si ses comptes étaient bons, il ne lui en manquait plus qu’un pour rembourser sa dette et partir. Son maître, qui gérait la « bande » d’assassins, et notamment s’occupait de répartir les contrats, lui tendit le papier plié en deux :

« Tiens. Si tu réussis, tu pourras partir. »

Eskarina sourit et s’empara du papier, sûre d’elle. Son maître ne lui avait donné que des contrats à Aildor, afin de pouvoir la surveiller - manquerait plus qu’elle profite d’une mission pour s’enfuir. Cela lui facilitait clairement la tâche : pas de voyage, pas de repérage des lieux, pas de perte de temps. Personne ne lui avait échappé jusque là. Et ça n’allait pas commencer maintenant. Ainsi ce « Pedro de Sousa » comme l’indiquait l’écriture soignée et élégante sur le papier, devait se trouver dans la capitale. Sans un mot, Esk tourna les talons et s’en alla préparer son meurtre. Car si elle connaissait le Bassin comme sa poche, elle n’avait jamais entendu parler de cet homme - pas d’offense, c’était le cas de la plupart de ses contrats - et ce n’était pas une tâche peu conséquente que d’apprendre à le connaître. En effet, pour réussir sa mission, Esk devait absolument tout connaître de lui : son logement, ses connaissances, ses amis, ses ennemis, la moindre de ses habitudes, rien ne devait être laissé au hasard.

Avant de quitter le repère, Eskarina passa par la cuisine : elle ne commençait pas une mission le ventre vide. En arrivant sur le seuil de la pièce, Esk marqua un temps d’arrêt. Un des assassins confirmé, affalé sur un banc, trempait des morceaux de pain dans la soupe de la cuisinière puis aspirait le liquide à grand bruit. Il s’empara ensuite de la coupe de vin posée devant lui, qu’il vida d’un trait et avec tant de précipitation que le breuvage rouge débordait et coulait sur le côté de sa bouche. La coupe vidée, l’homme la reposa brutalement sur la table, s’essuya la bouche du revers de sa manche - qui, vu sa couleur avait du en voir passer d’autres - puis rota bruyamment. Un spectacle somme toute assez choquant pour un spectateur peu avisé. Si un assassin sait tout à fait se comporter avec classe lorsqu’il y en a besoin, le comportement de la plupart d’entre eux dans le repère, là où tout le monde connait leur condition, aurait fait se hérisser le poil de n’importe quel individu doté d’un tant soit peu de savoir-vivre. Esk échangea un regard désabusé avec la cuisinière puis s’avança vers l’homme.

« Gin’. l’apostropha-t-elle »

Il releva la tête de son écuelle et lui sourit. Il avait beau se comporter comme un porc, il n’était pas méchant. Enfin pour un assassin. Il appréciait Esk, qu’il connaissait depuis toute petite, et lui avait enseigné plusieurs de ses techniques dont la jeune fille avait déjà pu tester l’efficacité.

« Opale ! Je suis rentré ! Mon dernier contrat m’a donné un peu plus de fil à retordre que prévu, l’accueillit-il avec un clin d’oeil »

Il leva la jambe gauche et révéla à Esk un bandage ensanglanté autour de la cheville.

« Je suis de repos pendant quelques jours. Viens t’asseoir. »

Eskarina prit place face à lui et la cuisinière lui apporta une assiette de soupe fumante accompagnée d’une bonne miche de pain. Heureusement, Gin’ avait finit de manger, elle n’aurait pas à supporter le spectacle.

« Ca te dit quelque chose « Pedro de Sousa » ?, l’interrogea-t-elle »

En effet, si Esk manquait d’expérience et ne connaissait pas encore les noms des gens assez importants pour que quelqu’un puisse payer pour vouloir leur mort, Gin’, âgé d’une bonne trentaine d’années, commençait à se faire une réputation dans le métier, et avait déjà peut-être entendu parler de sa cible.

« Pedro ? Un peu que j’le connais ! Enfin j’lui ai jamais parlé personnellement mais il est assez connu par ici. C’est un pirate. Un pirate des Airs. Il passe souvent par ici. Il aime les femmes à c’qu’on dit. C’est ton contrat ?
- Oui.
- Eh ben ! Le maître t’a pas loupée sur ce coup ! C’est pas un petit morceau tu peux me croire. »

Il marqua une pause.

« C’est ton dernier contrat ? Ensuite tu nous quittes ? demanda-t-il en jouant le pathétique. Tu vas me manquer ma petite Opale. »

Il essuya une larme imaginaire au coin de son oeil et Eskarina lui sourit. Elle l’aimait bien elle aussi. Enfin, disons qu’elle le tolérait. Et puis, il l’avait quand même bien aidée, et elle lui en était sincèrement reconnaissante. Elle se dépêcha de finir sa soupe, pendant que Gin’ lui racontait sa mission en My’trä. Ca aussi elle aimait bien chez lui : il lui racontait toujours ses contrats, à elle qui n’avait jamais quitté Als’kholyn, et ça la faisait voyager un peu.




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Dernière édition par Eskarina Hellaraxë le Mar 19 Déc - 22:11, édité 1 fois
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Pedro de Sousa
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Lun 18 Déc - 10:36
Irys : 824727
Profession : Pirate
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De Sousa ne passait pas inaperçu à Aildor, il y élisait régulièrement domicile, n'était-ce point le repaire privilégier des brigands de la pire espèce? Ces sous-terrains étaient un havre de paix, mais le danger guettait à chaque coin de rue. Pour ce faire, s'il laissait quartier libre à la majorité de son équipage, qui gonflait à mesure des semaines, il ne se séparait pourtant pas d'une garde rapprochée d'une demi douzaine de forbans pour assurer sa sécurité. Revenu d'une énième virée qui lui permettait au jour d'aujourd'hui de voir sa fortune s'élever à plus d'un demi million d'Irys, le Vieux Loup des Airs et des Mers se faisait la part belle dans le milieu, attirants à la fois respect et jalousie. Il ne comptait plus d'ailleurs ses ennemis comme ses amis, d'ailleurs la plupart portait les deux "étiquettes" et par expérience, Pedro se méfiait de tout le monde excepté ces plus fidèles compagnons d'aventure qu'il payait bien plus que de raison pour justement garantir une loyauté indéfectible.

Posant ses affaires dans une auberge réputé de la cité sous-terraine, il avait passé le plus clair de son temps, cette première semaine, à écumer les taverne, réaliser quelques rencontre d'affaire, car oui ses buttins n'étaient pas que sonnantes et trébuchantes, il devait écoulé au marché Noir, des objets de collections. D'ailleurs, il venait de vendre à bon prit un vase provenant du continent de My'trä. Certains disaient qu'il avait des spécificités magiques, mais lui n'en avait cure, tout ce qui l'importait était de transformer cela en Irys pour ces projets à venir, et il avait d'ambitieux projets dans la piraterie.

Généralement, il passait par un réseau de contact déjà bien établi dans le Bassin et de riche marchand attendait toujours avec impatience son retour au port. Au bout d'une semaine festive et à la perspective de reprendre les Airs d'ici une semaine pour une destination plein Sud, il devait encore trouver acquéreur d'un tableau de Maître, représentant les Architectes dans une scène mémorable. Après avoir authentifier son bien, il avait laisser ses informateurs faire leur boulot et rapidement un contact fut établi. La transaction devait se dérouler ni plus ni moins que dans un Bordel réputé d'Aildor, ô bien entendu à l’abri des regards dans une salle annexe et tout confort et durant une soirée organisé par le gérant. Salle de jeux, putains, banquet, tout avait été préparé avec soin pour accueillir une belle brochette de truands renommé dans les quatre coins du continent et ce serait durant cet événement qu'il allait boucler l'affaire.

Loin de se douter que sa tête était mise à prix pour un contrat qui devait l'emmener six pieds sous terre, Eskarina si ces méthodes étaient bien d'en savoir plus sur les faits et gestes de pirate, put-elle se rendre compte que chaque mouvement de De Sousa hors de l'auberge, était soigneusement encadré, un guetteur prenait toujours des devant et le trajet quadrillé, rien n'était laissé au hasard autant sur les pavés que sur les toits. bref difficile d'approcher l'individu sans se faire repérer. Mais au moins Eskarina pouvait connaitre ses habitudes et sans doute trouverait-elle le moyen d'apprendre le rendez-vous important où allait faire sa figuration sa proie...




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Eskarina Hellaraxë
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Mer 20 Déc - 18:43
Irys : 250959
Profession : Assassin
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Après son repas, Esk commença sa quête d'informations. Si la plupart des assassins formés par son maître préféraient rester à Aildor, c'était en grande partie parce que ce dernier possédait un important réseau qui n'avait - du moins à Aildor - rien à envier à l'Ordre de Pénitence. Quitter la bande, c'était se retrouver seul en concurrence avec l'Ordre, et beaucoup d'assassins préféraient une certaine dépendance et une bourse bien remplie à une liberté totale qui allait souvent de paire avec un ventre gargouillant. Ce n'était à ce moment pas l'avis d'Esk qui n'avait connu que la servitude et comptait bien profiter de sa prochaine émancipation.

Mais ce n'était pas le moment de rêver d'une liberté qui n'était pas encore gagnée. Esk débuta ses recherches en questionnant les jeunes apprentis, qui avaient pour principale mission de passer leurs journées à déambuler dans le Bassin, laissant traîner leurs yeux et leurs oreilles. Cela leur permettait de retenir la géographie de la ville, ainsi que d'apprendre à trier les informations utiles dans le flot continu du Bassin. Elle passa aussi voir les gamins des rues, acquis pour la plupart à la cause de la bande d'assassins, qui leur offrait en échange de leurs services et de leur silence de quoi se remplir l'estomac. Esk apprit ainsi que son homme faisait beaucoup d'aller-retours dans le souterrain, et qu'il disait à qui voulait bien l'entendre détenir une toile de maître. Il cherchait des acheteurs. Une bonne raison de l'approcher. Les gamins lui dirent aussi de faire attention "parce que c'était un  pirate à l'air très méchant, et qu'il était entouré par des hommes qui avaient l'air très très méchant". Bon, il était prudent, normal. Plus on est riche, plus il faut craindre pour sa peau, c'est bien connu.

Eskarina alla ensuite se renseigner dans plusieurs bordels, où elle connaissait quelques filles, puisque Gin' lui avait dit qu'il aimait la compagnie. Et en effet, cela semblait bien être le cas, puisqu'il semblait avoir mis les pieds dans chacune des maisons closes qu'elle visita. Elle obtint ainsi plus de détails que les enfants n'avaient pu lui en fournir. Une description physique déjà. Assez utile quand on veut tuer quelqu'un. La description faite par les filles amusa un peu Esk :  il lui sembla qu'elle n'avait qu'à chercher le stéréotype du pirate pour trouver son homme. Elle comprenait maintenant pourquoi il avait du impressionner les petits. Dans le dernier bordel qu'elle visita travaillait Dalia, une fille à peu près de son âge qu'elle connaissait depuis longtemps. Lorsqu'elle prononça le nom de sa cible, la fille lui expliqua :

" L'autre jour, j'étais en train de finir de nettoyer une chambre - elle apprenait encore le métier - et quand j'suis redescendue, dans les escaliers j'ai entendu la patronne qui discutait avec un homme. Ils parlaient d'un tableau j'crois bien."

Ce dernier détail éveilla l'intérêt d'Esk.

" Et ?
- Bah j'crois qu'il parlait de le vendre. Alors la patronne lui a dit que ça pouvait se faire à sa soirée."

Esk connaissait bien cette soirée. D'ailleurs tous les habitants d'Aildor la connaissaient. Il s'agissait d'une véritable orgie, que la tenancière du bordel organisait une fois par mois et où tous les plus grands criminels d'Aildor - de passage ou installés - se rendaient pour discuter affaires, et pas seulement. Le tout finissait hélas rarement autrement qu'en bagarre générale, la plupart du temps pour des raisons tout à fait puériles - et souvent en dessous de la ceinture. Eskarina sourit : ce serait facile de s'y introduire, elle l'avait déjà fait.

La jeune assassine passa les deux jours qui la séparaient de la fameuse soirée à filer sa cible. Couché tard, souvent dans un état assez pitoyable, après une visite apparemment quotidienne dans une maison close, levé après midi, les trajets du pirate n'avaient rien de bien surprenant. Esk les nota tout de même dans un coin de sa tête, ainsi que les raccourcis qu'elle connaissait pour lui barrer le chemin, si jamais son plan échouait.

Le grand soir arriva. Dalia avait parlé d'Esk à la patronne, qui, manquant de personnel, avait accepté de l'embaucher comme serveuse - et plus si affinités. Esk prit donc son poste dans la salle annexe du bordel - invisible de l'extérieur et à laquelle on accédait par une porte dérobée. Et elle attendit que la pièce se remplisse.




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Pedro de Sousa
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Mer 20 Déc - 22:52
Irys : 824727
Profession : Pirate
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Deux jours passèrent, deux jours pendant lesquels le Vieux Loup ne se privait pas de profiter des plaisirs qu'offrait Aildor, non sans pourtant travailler de temps en temps. Il n'était que de passage et après avoir refourgué sa marchandise, il reprendrait sans nul doute le large en quête de nouvelles proies. En ce sens, ce séjour avait aussi été l'occasion de recruter quelques membres d'équipage, la sélection étant des plus simple et ce passait généralement dans les pires tavernes la où la vermine pululait.

Mais voilà, le grand soir arriva. Fini les écarts, encore que, il devait revendre le precieux tableau tout en y retirant un juteux bénéfice. Non sans s'être assuré par l'intermédiaire de so  Second d'équipage,  du cadre idéal pour cette vente un peu particulière, il s'était donc rendu au plus prestigieux des bordels tenu ni plus ni moins que part une femme, et oui m'sieurs dames! Débarquant dans l'établissement accompagné de deux gorilles vraiment pas recommandable pendant que quatre autres forbans les attendaient dans la ruelle, De Sousa avait revêti pour l'occasion sa parure la plus chic. Oh il avait fier allure dans ce sarouel grenat et cette veste obsidienne qui avait semblait intacte à l'épreuve du temps.

Traversant les allées il observait du coin de l'oeil tous ces couples, ces inconnues qui copulaient chacun dans leur coin, quelques catins, nues ou en tenue affriolente passèrent devant Pedro lui adressant un clin d'oeil pour certaines, un sourire pour d'autre, mais aucune ne pouvait fuir ce regard et ce visage à la barbe, pour l'occasion tressées en multiples pointes. Et puis, il y avait cet imposant couvre chef, ce tricorne ornait de trois plumes blanche qui s'associait à la couleur de sa chemise à col haut.

Une canne épée à sa main droite, le pommeau avait été réalisé sans nul doute par un orfèvre, ainsi tranquillement se dirigea-t-il jusqu'au fond de cette immense salle dédié aux plaisirs des chairs. Là, une femme l'accueilli, cette fameuse Dalia, laissant alors pénétrer le Vieux Loup dans l'arrière boutique richement décoré. Et alors là, vous auriez vu! Il y avait le gratin du gratin des pires salopards que comptait Irydae et dans ce milieu beaucoup se connaissaient d'ailleurs.

La salle était déjà bondée d'invités de marque lorsque le bruit des bottes de De Sousa fit craquer le plancher, son imposante silhouette ne passant inaperçu. Malgré sa quarantaine il était indéniablement bien conservé du haut de son mètre quatre vingt dix huit. Ses doigts décorés de chevaliers, de bague clinquante et d'anneau d'or et d'argent, il leva rapidement les bras aux premières reteouvailles, qui se succédérent.

- Ah ma Ginette, comment s'portent les tombes d'tes vingts trois derniers maris!? Ahah! ... Oh l'Enclume, t'as ram'ner ta gueule? Mais... s'pas vrai!!! Jacky ! Héhé, mon étrangleur préféré! Bordel, Diego, t'avais pas un casse de Prévu à Hinaus !


Les salutations se succédèrent tandis qu'il arpentait la salle, le pirate tournant autour des différentes tables de jeu et des canapés tour confort. Quelques filles de joie, triées sur le volet papillonaient de ci de là, alors que à son aise, le Capitaine demanda à ses deux hommes de se fondre dans la masse pour se faire discret. Le potentiel acquéreur n'avait pas pointer pour le moment le bout de son nez. Alors sans vraiment porter attention à une serveuse qui se tenait tout à côté, le pirate claqua des doigts l'air plein d'arrogance et d'assurance.

- Toi, va m'chercher un bon verre de Scotch, avec trois glaçon. Et me sort pas un 10 ans d'âge tu s'ras gentil hein ! Oh et... préviens ta patronne qu'j'suis arrivé et qu'elle oubli pas les fameuses clés.


De quelles clés parlait-il? Eskarina qui s'était faite passé pour une serveuse n'en aurait pour l'heure pas la moindre idée. Si la tueuse avait scrupuleusement observer des jours durant sa cible, pouvait elle également savoir qu'il lui ferait goutter le brevage alcoolisé et dernière chose importante, si ces deux gorilles se faisaient discrets, ils observaient tout ce qui pouvait graviter autour de leur employeurs.

D'un geste de la main, il réclama à la jeune femme de s'executer pendant qu'il observait une table de jeu dont les mises commençaient à être conséquentes, ainsi qu'un canapé plus loin où trois individus, il reconnus les frères Halton, réputés bandits de grands chemins, qui se détendaient, chacun une fille à genou entre leur cuisses, exécutant en rythme des mouvements de tête à n'en plus finir. Devinez c'qu'ils faisaient, Ahah!

- Allez oust, oust, hors d'ma vue et m'fait pas attendre.


Dit-il sèchement, toujours sans l'ombre d'une once d' intérêt à l'égard Eskarina. La soirée serait longue en tout cas, pour le chasseur comme pour le gibier, nul besoin de se presser.




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Eskarina Hellaraxë
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Jeu 21 Déc - 22:57
Irys : 250959
Profession : Assassin
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Esk ne prit pas spécialement ombrage du ton autoritaire du pirate. Cela collait parfaitement avec l'arrogance qu'il avait affiché ces deux derniers jours. De plus, Esk venait elle-même d'un milieu de forbans, sexistes à souhait, et elle avait l'habitude de ce ton. Et l'habitude de les remettre à leur place. Cependant, elle fit une exception pour le pirate. Il devait avoir l'habitude que les femmes se traînent à ses pieds et lui obéissent au doigt et à l'oeil, le confortant dans son rôle de machiste; et Esk ne tenait pas encore à se faire remarquer. Elle s'exécuta donc. Elle alla d'abord lui chercher sa boisson. Au comptoir, loin des regards, elle s'autorisa tout de même une petite mesquinerie : elle cracha dans le verre avant d'y verser le meilleur scotch qu'elle trouva. Petite vengeance pour quelqu'un qui n'apprécie pas les ordres provenant de personnes qui n'ont pas d'autorité sur elle. D'autres s'en seraient sortis à moins bon compte. Elle rapporta le verre au pirate avec son plus beau sourire, une petite révérence moqueuse, puis repartit chercher la patronne pour lui transmettre le message. Cette histoire de clef l'intriguait beaucoup. Aussi, lorsqu'elle en eut parlé à la patronne, elle fit mine de repartir vers la salle et se cacha au coin tournant du couloir pour observer la femme. Celle-ci emprunta les escaliers qui menaient vers les chambres. Esk la suivit discrètement. Elle vit la patronne rentrer dans une pièce, et la suivit jusqu'à la porte qu'elle avait laissé ouverte. Là, Esk la vit sortir une clef de son décolleté, et l'introduire dans la serrure d'un coffre. Le mécanisme cliqueta, et le couvercle s'ouvrit. La patronne - l'imprudente ! - resta un moment à contempler le contenu du coffre. Esk tordit le cou dans tous les sens pour tenter d'apercevoir l'intérieur, même si elle se doutait bien de ce que le coffre renfermait. Elle aperçu un bout de métal bronze, un peu terni par le temps. Il devait s'agir du cadre. Esk se demanda pourquoi le pirate avait eu la négligence de laisser le coffre renfermant son trésor dans ce bordel. En même temps, ce n'était pas si stupide que ça : il suffisait juste de le faire rentrer dans la maison avant que la nouvelle du trésor ne se répande, et on évitait alors un transport du soir même qui pouvait se réveler dangereux. Et puis, quelle meilleure cachette pour un trésor que sous le nez de tout le monde ? Esk dut admettre que le pirate n'était pas seulement arrogant et brusque, il était également prudent et rusé. Cela en faisait un adversaire un peu plus coriace, et ce n'était pas pour déplaire à Esk, qui s'ennuyait lors des missions trop "faciles".

Son plan d'action était simple : il était surtout basé sur la séduction du pirate. Si tout se déroulait pour le mieux, Esk l'entraînait dans une des chambres du bordel, à l'écart de la cohue, prétextant une vertu un peu prude, et le tuait dans la foulée. Si ses tentatives de séduction échouaient, ce qui était le scénario le plus probable, elle pourrait toujours déclencher une bagarre, et dans la mêlée, donner un coup de dague qui passerait inaperçu - sauf pour son destinataire. Elle venait en plus de se dégoter une assurance vie : la clef du coffre. Lorsqu'elle l'approcherait, elle se débrouillerait pour la subtiliser. Il fallait juste qu'elle trouve un substitut, de façon à ce que le pirate ne se doute de rien. Son plus gros soucis était à présent les hommes de main de Pedro : elle soupçonnait fortement qu'il y en avait plusieurs postés dehors pour faire le guet; et elle en avait vus deux rentrer dans la salle en même temps que le pirate, puis se mélanger dans la foule. Elle savait qu'ils surveillaient tout. D'ailleurs, son crachat n'était peut-être pas tout à fait passé inaperçu. Cette pensée la fit sourire : c'était encore mieux s'il finissait par être au courant de sa vengeance. Et peut-être apprécierait-il une "donzelle" avec un peu de caractère.

La subtilisation de la clef fut encore plus facile que prévu. Alors que la patronne redescendait les escaliers et qu'Eskarina était rapidement retournée au rez-de-chaussée derrière le comptoir, attrapant au passage la clef d'une des chambres, et faisait à présent mine d'astiquer des verres. La patronne fit glisser la clef sur le comptoir et lui dit :

"Tu devrais être dans la salle à divertir nos invités. Retournes-y, et donne cette clef à l'homme qui t'a envoyée me chercher. Et que je ne te reprenne plus à tirer au flanc ! Je te surveille."

L'air penaud, Esk tourna le dos à la patronne, échangea rapidement les clefs dans sa poche, puis ouvrit la porte qui donnait sur la salle. Sous le regard attentif de la tenancière, elle se dirigea directement vers Pedro à qui elle donna innocemment la mauvaise clef :

"Voici ce que vous aviez demandé, monsieur, dit-elle en évitant consciencieusement son regard, comme impressionnée par le pirate."




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Pedro de Sousa
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Ven 22 Déc - 14:01
Irys : 824727
Profession : Pirate
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De Sousa n'avait pas bougé de son siège tout le long de la disparition de la serveuse, observant chaque invité, chaque scène, de jeu, d'orgie et j'en passe. Un troisième de ses larron pénétra finalement dans la pièce réservée à ces truands d'exception. D'un seul regard, l'homme savait quoi faire... attendre, attendre le signal du Capitaine. Ce dernier n'eut finalement pas longtemps ensuite à attendre le retour du petit bout de femme qui lui présenta son rafraîchissement ainsi que les fameuses clés demandé. Récupérant les ces deux effets, il releva le menton, observant Eskarina, un petit bout de femme pas trop mal roulé, mais... un peu jeune quand même. Devant ses yeux, il ingéra une gorget de Scotch, à mille lieux de se rendre compte qu'elle avait craché dans l'alcool.

- Merci p'iote! Et pas b'soin d'fuir mon r'gard, j'vais pas t'dévorer tout cru! Mwhahaha!

Sur ces mots, il adressa un geste au troisième de ses larrons, fraîchement arrivé. L'homme se porta rapidement à sa hauteur, un type plutot jeune, la vingtaine, pas vilain, à la tignasse marron.

- Capt'ain.

Pedro lui tendit alors le trousseau de clé, discrètement dissimulé dans sa paume avant de lui donner quelques consignes.

- Va à l'étage et vérifie-moi le coffre fort de la chambre 3...

Lui sussura-t-il avant de se relever, apercevant son acheteur pénétrer dans la pièce, un riche bourgeois mafieux. Durant cette soirée, les différents protagonistes avaient instauré des codes pour le bon déroulement de la transaction. Le Vieux Loup se rendit donc à un table de jeu de poker, simple et efficace, très rapidement rejoint par l'acheteur. Avant les affaires rien de mieux que quelques parties pour se détendre.

Son homme de main, quand à lui, clé en main, disparut dans la foule, remontant un escalier pour se rendre dans la fameuse chambre. Poignard soigneusement dissimulé à sa ceinture, il pénétra dans la pièce, prenant la direction du coffre. Tout devait être minutieusement vérifier avant que la transaction se déroule. Pedro ne laissait rien au hasard et vérifier toujours à deux fois l'environnement où il allait évoluer. Qu'allait faire Eskarina, sachant qu'elle venait de donner la mauvaise clé au forban à la réputation qui n'était plus à faire.




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Eskarina Hellaraxë
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Dim 24 Déc - 10:19
Irys : 250959
Profession : Assassin
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Eskarina resta pétrifiée à côté du pirate, son regard horrifié alternant entre ce dernier et son sous-fifre qui disparaissait peu à peu, se faufilant dans la foule. Elle avait encore été trop gourmande. Une assurance vie ? Tu parles ! Une assurance de se faire choper, oui ! Pourquoi fallait-il qu’elle sous-estime toujours ses adversaires ? Elle avait pourtant bien noté qu’il était rusé ! C’était plutôt probable qu’il allait vérifier, pour la clef !

Mais Esk n’avait pas le temps de s’accabler de reproches. Il fallait qu’elle réfléchisse très vite et prenne une décision. Elle avait deux options : soit suivre l’homme de Pedro, pour tenter de rattraper son erreur, soit rester dans la salle avec le pirate.
Si elle suivait l’homme, le temps de s’extraire de la foule, elle n’aurait probablement pas le temps de le rattraper avant qu’il n’ait le temps de vérifier, ou qu’il ne soit sur le point de le faire. Elle ne pourrait donc rien tenter de discret : rien de plus louche que quelqu’un qui vous renverse quelque chose dessus dans une pièce vide. Aucune tentative de distraction ne fonctionnerait. Si elle le tuait, cela ne lui laissait qu’un court répit, car Pedro s’inquièterait rapidement de ce que son homme ne revienne pas. Et encore fallait-il qu’elle réussisse : l’homme était très probablement armé et entraîné au combat. C’était un pirate après tout. De plus, si elle quittait la pièce, son absence se ferait certainement remarquer, et les soupçons se tourneraient rapidement vers elle.

Il lui fallait donc rester. Cette alternative semblait plus viable : certes, le complice du pirate se rendrait compte de la supercherie et en informerait son capitaine, elle ferait sans nul doute partie des suspects, car elle avait été en contact direct avec le trousseau de clefs. Mais l’âge d’Esk jouait en sa faveur, une jeune fille était difficilement soupçonnable, surtout si celle-ci ne semblait pas vouloir se dérober. Les innocents ne cherchent pas à fuir. De plus, si elle restait dans l’environnement immédiat du pirate, elle pourrait suivre de près l’évolution de la situation.

Sitôt son homme partit, le pirate se leva pour rejoindre une table de poker. Esk le suivit, assez proche de lui pour qu’aucune autre fille ne tente de s’approcher, mais suffisamment loin pour que le pirate ne soit pas gêné par sa présence. Il suffisait juste qu’il ait conscience de sa présence. Il ne devait pas se sentir observé. Un autre homme s’installa à la table, comme de concert avec le pirate. Eskarina le reconnut : il s’agissait de Carlo D’Accebi, un célèbre mafieux d’Aildor. Si Esk ne connaissait pas les grands d’Irydaë, elle connaissait en revanche sur le bout des doigts ceux d’Aildor. D’Accebi était réputé pour être un grand amateur d’art : il s’agissait donc probablement d’un acquéreur pour le tableau. Le jeu commença. Les sommes misées étaient astronomiques. La chance semblait sourire à Pedro, qui, au bout d’à peine quelques parties, accumula une coquette somme d’Irys.

Ce fut ce moment que son acolyte choisit pour revenir auprès du pirate. Il lui glissa :

« Capitaine, on a un soucis. »

Eskarina se tendit de tout son être mais s’appliqua à prendre son air de biche innocente le plus convainquant possible. Les instants qui allaient suivre allaient être cruciaux pour la réussite de sa mission.




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Pedro de Sousa
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Lun 25 Déc - 20:39
Irys : 824727
Profession : Pirate
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Carlo D’Accebi était effectivement un célèbre mafieux d'Aildor et réputé amateur d'art, Pedro le connaissait pour avoir déjà fait affaire à lui et c'est bien pour cela que les deux hommes prenaient beaucoup de précautions lors de leurs transactions. Ce soir, tout semblait sourire au Vieux Loup, la perspective d'une excellente soirée semblait belle et bien se profiler alors qu'il amassait au jeux d'argent une rondelette somme à en faire pâlir les petits petits joueurs du dimanche.

Récupérant une énième pile de jetons, sourire aux lèvres, absolument pas conscient d'être observé, Pedro senti la présence de son sbir lui murmurant alors quelques mots aux oreilles qui allaient probablement gâché la soirée de ce dernier. Avec tout le sang froid qu'on pouvait lui connaître, il digéra la nouvelle sans montrer la moindre émotion. Acquesciant d'un hochement de tête à son homme de main, il lui murmura en retour.

- Va chercher Alfonso... et allez voir la patronne. Qu'elle m'attende au boudoir.

Il le retint par le bras alors qu'il rebroussait chemin, jetant un coup d'oeil vers l'innocente serveuse.

- N'abîmez pas la patronne, c'est clair?

Lissandro acquiesça avant de prendre congé. Le pirate soutint alors le regard d'Eskarina avant de lui adresser un mouvement avec son index pour réclamer sa présence. Se faisant, il reprit une parti sans trop miser au cours de laquelle il glissa à la serveuse.

- Va dire à D'Accebi qu'y aura un chang'ment d'plan... j'lui présente toutes mes excuses. Il saura quoi faire.


Une serveuse ici avait pour habitude de ne pas chercher à savoir le pourquoi du comment mais simplement d'obéir au client. Son troisième larron, lui n'avait pas bougé de sa position mais il semblait un peu plus sur le qui vive, une main légèrement glissé dans le revers de sa veste.

Lissandro et Alfonso avaient obéis aux ordres du capitaine, conviant la patronne à s'isoler dans le boudoir du bordel sans lui expliquer les raisons de cette future entrevue.




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Eskarina Hellaraxë
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Mer 27 Déc - 11:44
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La patronne était une femme forte, difficilement impressionnable. Cependant, dans son boudoir, encadrée par les deux sbires de Pedro armés jusqu’aux dents, et à la carrure impressionnante, la bonne femme n’en menait pas bien large. Elle ne savait pas pourquoi on l’avait  « conviée » - terme trop courtois pour décrire la brutalité réelle de l’invitation. Ce qu’elle savait c’était que quelque chose clochait, sinon elle ne serait pas là. L’avait-on vue assouvir sa curiosité en ouvrant le coffre ? Certes, elle n’aurait pas du, mais cet écart ne valait tout de même pas une procédure aussi violente, si ? Après tout, le pirate voulait peut-être seulement lui faire la morale… Et puis, il ne pouvait tout de même pas la tuer dans son propre établissement ! Mais personne n’entendrait ses cris… La fête battait son plein. Elle essayait de se rassurer, sans grand succès. Après de longues minutes d’attente insupportable, la terreur était à son comble. N’y tenant plus, la patronne s’écria :

« Je… Je n’ai fait que regarder, j’vous le jure ! Je n’ai pas touché au tableau, vous pouvez vérifier ! »



Eskarina était partiellement rassurée. Comme elle l’avait espéré, les soupçons de Pedro avaient d’abord porté sur la patronne. Cependant, il suffisait d’une entrevue pour qu’ils se tournent vers elle. Mais pour l’instant, le pirate semblait être tombé dans le piège de son air innocent et l’avait envoyée s’excuser auprès de D’Accebi. Il lui fallait absolument profiter de la situation, c’était probablement ses dernières secondes d’avantage. Ainsi, elle apporta un verre au mafieux, et en profita pour lui glisser :

« M. De Sousa ne veut plus traiter avec vous. Il a trouvé un autre acheteur. »

Elle marqua une pause, comme si elle était gênée par ce qu’elle allait ajouter.

« Et il m’a dit de vous dire d’aller bien vous faire foutre. »

L’homme, qui n’avait jusque là pas daigné la regarder, tourna subitement la tête vers elle. La colère et l’outrage qu’elle vit scintiller dans ses yeux firent jubiler la jeune fille. Le but initial de sa manoeuvre était de déclencher une bagarre, pour pouvoir tuer Pedro dans la cohue; mais avec ce qu’elle lisait dans le regard de D’Accebi, elle n’aurait peut-être même pas à lever le petit doigt.

D’Accebi se leva, furieux, et balaya d’un coup tout les jetons empilés devant lui sur la table. Les rires et l’agitation ambiante cessèrent d’un coup. La tension, qui avait toujours été présente mais dissimulée par les plaisirs des sens était plus palpable que jamais. Aussitôt, plusieurs des sbires du mafieux accoururent. Eskarina prit un air horrifié et recula à pas lents pour sortir du périmètre d’action de l’homme. Ce dernier regardait à présent Pedro avec une haine inconditionnée. Un geste, et ses hommes avaient saisi le pirate, le maintenant fermement ancré dans le sol. Les autres malfrats qui pullulaient dans la pièce sautèrent sur l’occasion et commencèrent effectivement à se battre, comme l’avait espéré Esk. Elle sourit discrètement. Elle n’était peut-être pas très douée en psychologie, mais la violence et les pulsions primitives, ça elle connaissait.

Bientôt, la pièce fut le théâtre d’une véritable mêlée : les chaises volaient, les bouteilles se fracassaient, les coups se faisaient toujours plus brutaux. Profitant de sa petite taille, Esk se faufila derrière le bar, d’où elle pouvait observer les hostilités à l’abri. Son regard, bien que profitant du spectacle dans son intégralité, revenait régulièrement sur Pedro.




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Pedro de Sousa
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Mer 27 Déc - 14:27
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Profession : Pirate
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Jetant un bref coup d'oeil vers la serveuse, De Sousa faisait mine de se reconcentrer sur son jeu mais tout à coup, un bruit de cliquetis vint le mettre en alerte. Relevant le menton, il vit la pile de jetons de son acheteur potentiel rouler de long en large sur le tapis de jeu de la table confectionnée à cet effet. Ecarquillant les yeux, Pedro comprit immédiatement que quelque chose clochait, D'Accebi n'aurait jamais réagit ainsi suivant les mots qui auraient dû être rapporté.

Sentant qu'on le saisissait par les bras, dans son dos, le barbu balaya du regard la zone face à lui a la recherche de la serveuse qui avait servi d'intermédiaire. Faussement effrayée, elle semblait habilement sortir d'une zone qui allait être nourri de coup de pieds, de poings, de lames et de balles. Pedro grogna, nul besoin de chercher à raisonner le collectionneur, l'oeuvre serait vaine. Une bagarre générale se forma dans la pièce alors que le Vieux Loup était dans une situation critique, à deux doigt d'être exécuté par les sbirs de son acheteur. Heureusement sa sentinelle avait accourut et avait neutralisé l'un des gars. Libre, l'un de ces main glissa dans le revers de sa veste pour en sortir un pistolet qu'il pointa sous le menton du deuxième geôlier.

L'impacte de la balle et de la poudre pulvérisa la mâchoire du malheureux, éclaboussant de sang la barbe du pirate. Dans la broncas et le chaos général, son homme de main l'exflitra jusqu'au boudoir non sans que de Sousa lui donne un ordre clair.

- Va me rapporter cette petite salope de serveuse ! Je sais pas c'qu'elle me veut mais mon ptit doigt m'dit qu'elle est à l'origine de ce merdier.

Soufflant provisoirement dans le boudoir, le pirate toisa ses deux autres hommes de main puis la patronne du bordel.

- Bon, on va la faire rapide. La clé était pas la bonne et votre arrière boutique est un champ d'bataille! Vous êtes d'mèche avec vot' serveuse !? D'Accebi veut en prime ma peau maint'nant! M'voilà dans d'beau draps!


Il pointa son arme sur son front, prêt à l'abattre.

- On vient d'me faire perdre une juteuse transaction et vous vot'cachet dans l'affaire! Bordel c'est qui cette serveuse!!?? Me faut ces clé ! Vous avez un double?


Le troisième forban  qui avait exfiltré son capitaine retournait dans le chaos ambiant, cherchant la serveuse du regard, de toute la soirée l'homme avait observé et mémoriser chaque individu croisant le chemin du Vieux Loup, il n'allait pas la louper. Ses pas le menaient près du bar, n'ayant pas encore identifier la présence d'Esk.




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Eskarina Hellaraxë
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Ven 29 Déc - 12:48
Irys : 250959
Profession : Assassin
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C’est un pirate hors de lui que la patronne vit pénétrer dans le boudoir. C’était pas bon pour ses affaires ça… Si elle n’arrivait pas à redresser la situation, elle allait y passer. Ce n’était pas le moment de rouler le pirate.

« Pas… Pas la bonne clef ?! Je… Je ne comprends pas… Pourtant, j’ai vérifié moi… Moi même avant de venir vous la donner !, sa voix était chevrotante, suppliante, les larmes coulaient en abondance sur ses joues. Mais de… De quelle serveuse vous parlez ?, elle enchaînait rapidement les phrases, balbutiait ses réponses qui manquaient de cohérence entre elles. »

Elle prit une grande inspiration, tentant de se calmer sous le regard de Pedro qui se faisait clairement impatient. Elle serra les poings pour se donner le courage de prononcer les mots qui allaient suivre, et qui allaient probablement contrarier davantage le pirate.

« Je n’ai pas de double. Vous aviez demandé un coffre sans double des clefs, je vous ai donc choisi un coffre sans double des clefs. »

Elle ferma les yeux, se dérobant à la vision du pirate écumant de rage. Elle tremblait de terreur. C’était fini. Elle était sûre d’y passer.

ıııııııııı

Le plan d’Eskarina avait échoué. Bon, en même temps, ça aurait été trop facile, et pas marrant, si sa cible s’était faite dégommée par un des sbires de D’Accebi. Elle avait regardé Pedro se faire exfiltrer, mais au moment où elle se levait pour le rattraper, une balle siffla juste à côté de ses oreilles et elle s’accroupit à nouveau derrière le bar. Elle savait cependant qu’elle était démasquée, Pedro était loin d’être idiot, et, si elle avait réussi à le mener en bateau jusqu’ici, sa culpabilité dans le déclenchement de la bagarre n’était pas à prouver. Il lui fallait trouver maintenant une bonne planque pour son « assurance vie », si durement gagnée. Une chose était sûre : si on la découvrait derrière le bar, ça serait à cet endroit en premier qu’ils chercheraient. Profitant de l’absence momentanée de sbires du pirate dans la pièce, Esk, rasant les murs, se faufila jusqu’à un coin de la pièce, là où, en faisant son repérage pour la soirée, elle avait observé une latte du plancher bancale, et facilement démontable. Elle enleva la latte, et déposa la clef en dessous du plancher, dans la terre. Elle prit tout de même soin de l’enterrer un peu, au cas où l’on découvrirait sa cachette. Il lui fallait cependant se dépêcher, car un des sbires ou le pirate lui-même peut-être ne tarderaient pas à revenir la chercher. Elle remis la latte en place et revint derrière le comptoir.

A l’instant où elle regagnait sa cachette, elle vit le troisième truand de Pedro rentrer à nouveau dans la pièce. Le regard furieux et tournant la tête de tous côtés comme pour chercher quelqu’un. En fait, c’était sûr qu’il cherchait quelqu’un : elle. L’homme vint se placer juste à côté du comptoir. Un instant, Esk crut qu’il l’avait repérée. Mais l’homme lui tournait le dos, et continuait à chercher dans la salle. Esk ne pouvait pas le tuer, quelqu’un l’apercevrait sans doute, et il était hors de question qu’elle soit repérée comme assassin. Elle saisit une des bouteilles derrière le comptoir et la lui brisa sur le crâne. L’homme s’effondra. Bon, elle l’avait peut-être tué en fin de compte… Mais ça pourrait toujours passer pour un « accident ».

Il lui fallait cependant retrouver Pedro : elle ne pouvait pas lâcher le pirate, sinon elle avait de grandes chances de le perdre définitivement. Elle passa de l’autre côté du comptoir, contourna l’homme qu’elle venait d’assommer. Le sang ruisselait sur sa tête, et des bouts de verre s’étaient plantés dans le cuir chevelu. Esk s’accroupit un instant pour lui prendre le pouls à la gorge. Elle sentit un battement, certes léger, mais l’homme était encore vivant. Bon. Ca lui éviterait d’attiser encore plus la haine du pirate - qui devait certainement être déjà bien réveillée à l’heure qu’il était. Elle se faufila à l’extérieur de la pièce. Lorsqu’elle eut fermé la porte, elle entendit un moment ses oreilles siffler. Elle venait de quitter une pièce où régnait un état qui s’approchait de la définition du chaos. Ici, le calme était plat, rien ne laissait deviner le bordel de l’autre côté de la porte. Esk s’avança sur la pointe des pieds, guidée par les voix, rasant à nouveau les murs. Elle sortit ses dagues, prête à frapper si quelqu’un la surprenait. Soudain, elle les vit : les trois malfrats dans le boudoir, qui lui tournaient le dos, occupés à interroger la patronne. Elle ne pouvait pas s’attaquer aux trois à la fois. Ils étaient bien plus grands qu’elle, et surtout, ils avaient des pistolets. Elle se tenait à une dizaine de mètres d’eux, dans la pénombre, assez loin pour pouvoir s’enfuir, assez prêt pour se faire repérer. Depuis l’obscurité, elle lança :

« C’est moi que vous cherchez ? »




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Pedro de Sousa
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Sam 30 Déc - 18:36
Irys : 824727
Profession : Pirate
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Pedro était effectivement impatient d'entendre les explications de la patronne qui face au trio de malfrats, semblait en peine pour garder pied. Elle sentait son heure arriver et ces quelques explications n'avaient sans foute pas permis de calmer un Vieux Loup hors de ces gonds. D'ailleurs, le pirate frappa du poing sur la table basse, fixant le femme les yeux injectés de sang.

- Bordel de cul d'babouin mal dégrossi ! Vous vous rappl'ez pu avoir confier les clés à une présumée employée d'confiance !? A cause d'votre négligence, j'peux dire adieux à la vente, p'tète adieu au tableau et ça, ça, z'allez l'payer cher ! Alfonso, va-y!


Le forban savait exactement ce qu'attendait son patron en cet instant et dans le dos de la tenancière, il sorti de sa poche une sangle en cuir, l'enroulant autour du cou de la malheureuse. Mais par chance, l'homme de main ne serra sa prise lorsque tout à coup une voix féminine leur parevint à l'entrée du boudoir. Certes était-elle dans la pénombre mais de Sousa reconnu immédiatement la petite garce qui lui avait jouer un très mauvais tour.

Le barbu pointa derechef un index vers la serveuse qu'il avait reconnu et qui sans doute s'était défait de son troisième sbir.

- Lissandro, plombe moi cette sale petite traînée c'enfant d'putain!. C'est elle ! J'la veut morte ou vif ! Y m'faut la clée!


Sans attendre le troisième larron glissa sa main à sa ceinture, dégainant son flingue avant de canarder en direction d'Eskarina. Hélas, il manqua sa cible. Le capitaine l'encourage d'une tape sur l'épaule à la prendre en chasse. Cherchant à garder le contrôle de la situation, Pedro se demandait pourquoi cette femme mettait en échec ces plans du soir, il ne l'à connaissait apparemment pas!

Sans même chercher à éviter tout dommage collatéral, Pedro s'empara de la sangle, cherchant à rapidement étouffer la victime sous les yeux d'Alfonso qui adopta une position de bouclier devant son Capitaine.

- Allez, arrête d'respirer ma jolie, laisse la faucheuse d'prendre ! J'ai pas qu'ça à foutre.


En effet, au vu de la situation, il devait surtout trouver un échappatoire si la serveuse s'avérait être ce qu'elle ne semblait paraître. Un homme hors d'état de nuir, si le second subissait le même sort il était préférable de regagner la ruelle où le reste de son escorte l'attendait pour assurer sa protection.




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Eskarina Hellaraxë
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Jeu 4 Jan - 12:18
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Profession : Assassin
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Au moment où elle avait distingué l’homme dégainer son arme, Eskarina s’était jetée sur le côté, échappant de peu aux balles mortelles.

« Raté !, s’exclama-t-elle, moqueuse. »

Avec ça, l’homme n’allait pas tarder à la prendre en chasse. Eskarina grimpa les escaliers quatre à quatre. Derrière elle, elle entendit effectivement le pas, bien plus lourd que le sien, du sbire de Pedro. Elle courut jusqu’au couloir des chambres, qui était plongé dans l’obscurité. Seule une petite fenêtre, à travers laquelle la douce lumière des lanternes filtrait, permettait que l’obscurité ne soit pas totale. Eskarina se cacha derrière une colonne, qui longeait le montant d’une porte. Les pas derrière elle cessèrent. L’homme était arrivé dans le couloir. Il commença alors à systématiquement fouiller chaque chambre. Ca allait être trop facile. Celui-là, elle allait le zigouiller. Tout seul, il n’avait aucune chance. Elle pouvait arriver par derrière et lui trancher la gorge à tout moment. Il n’y avait aucun témoin.

L’homme finit par arriver dans son champ de vision. Il semblait très nerveux, et pour cause. Il jetait des regards de tous côtés, trop tendu pour être vraiment réactif. Le pirate redouté ressemblait à ce moment-là à un lapin apeuré. Eskarina resta tout à fait immobile, dans l’ombre de la poutre. Le moindre mouvement la trahirait, vue la tension nerveuse de l’homme. Il ouvrit la porte qui se trouvait en face de celle d’Eskarina. Il ne savait pas où regarder : la petite peste se trouvait-elle à l’intérieur de la chambre ? Ou à l’extérieur ? Les volets de la chambre dans laquelle il venait de rentrer étaient fermés. Pour le coup, il faisait noir comme dans un four. Il rentra. La panique et la peur lui avaient fait négliger de fermer la porte derrière lui. Eskarina traversa le couloir sur la pointe des pieds et entra elle aussi dans la chambre. Elle n’y voyait pas plus que lui. Mais elle, elle savait qu’ils étaient deux dans la pièce; lui ne le savait pas encore, et il ne le saurait que quand il serait trop tard. Elle devait se guider à l’ouïe. Elle resta un moment immobile dans un coin de la pièce, attentive au moindre bruit. Finalement, elle entendit ce qu’elle attendait : l’homme marcha sur une latte grinçante du parquet. Eskarina se jeta sur l’homme, qui ne savait pas d’où l’attaque viendrait. Elle ne manqua pas sa cible : elle avait été formée à opérer dans l’obscurité la plus totale. L’homme s’affaissa, et Esk quitta rapidement la pièce avant que le sang qui jaillissait de sa gorge ne se répande trop sur le sol et qu’elle marche dedans, ce qui la trahirait facilement. Eskarina regagna le haut de l’escalier. Elle avait attaqué l’homme par derrière, ses habits n’étaient donc pas tachés, en revanche ses bras et ses mains étaient poisseux de sang. Mais ce n’était clairement pas le moment de faire la coquette et de prendre le temps de se rincer : le pirate n’allait pas tarder à décoller. Son acolyte s’était déjà absenté un bon moment, et s’il ne le voyait revenir rapidement, il n’allait pas s’attarder plus longtemps.

Ce n’était plus dans le bordel que le reste de la soirée allait se passer. Esk passa par une fenêtre à l’étage et se retrouva sur le toit de la maison. Elle vit alors les hommes de Pedro qui l’attendaient à l’extérieur : ils étaient quatre. Décidément, ce pirate avait la peau dure : si elle éliminait chacun de ses sbires un par un, elle n’en finirait jamais. Il fallait qu’elle se retrouve seule avec le pirate. Elle descendit du toit à l’abris des regards des hommes de Pedro et courut jusqu’à l’auberge où le pirate dormait. Elle escalada la façade jusqu’à une fenêtre que le tenancier avait négligemment laissée ouverte, grimpa l’escalier jusqu’à la chambre de Pedro dont elle crocheta la serrure et s’introduisit dans la pièce en refermant bien la porte derrière elle. Elle n’avait plus qu’à attendre que le pirate rentre.




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Pedro de Sousa
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Lun 8 Jan - 13:34
Irys : 824727
Profession : Pirate
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Après tout ce n'était qu'un tableau! De Sousa avait tôt fait de prendre une décision et naturellement sa vie comptait bien plus que quelques milliers d'irys. Ainsi, après avoir étrangler la patronne du bordel et envoyé au trousse de la fausse serveuse l'un de ces sbir, il prit la décision de quitter l'établissement. Il ne savait pas vraiment à qui il avait réellement à faire, et lorsque le menace était jugé trop "incertaine", il valait mieux faire preuve de sagesse et fuir tout problème.

Se faisant, il regagna rapidement l'extérieur du bâtiment, retrouvant ces forbans qui formèrent rapidement un cordon de protection autour de sa personne. L'exfiltration n'avait duré que très peu de temps, tout le monde savait quoi faire et le pirate à la réputation qui n'était plus à faire, s'en retourna dans un environnement plus plus sûre, enfin le pensait-il. En effet, il n'était nullement au courant que son homme de main venait de trouver la mort au bordel et qu'elle avait judicieusement prit de l'avance quand à la retraite de sa cible vers l'auberge où il avait poser ces pénates.

A l'intérieur de l'auberge, le vieux Loup beugla des consignes à l'adresse de ces membre d'équipage qui assuraient sa protection.

- Bordel de merde, j'veux quelqu'un sur les toits, d'vant l'auberge et à l'intérieur! Ct'histoire pu l'poisson pas frai j'vous l'dis! D'main on décampe à l'aube! J'sais pas à qui j'ai a faire et pourquoi elle veut ma tête mais méfiez-vous d'son air innoncent, vous la voyez, vous l'abattez à vu c'est clair!

Ces hommes acquiescèrent avant d'aller chacun se mettre en position pendant que le vieux Loup remonta l'escalier pour se diriger vers sa piaule. Eskarina avait habilement crocheté la porte pour ensuite la refermer et nul indice ne laissait à penser qu'elle se trouvait dans la chambre de sa cible. Déverrouillant la porte, il avança, retirant à la hâte son manteau avant de lâcher un soupir de soulagement. S'étirant, il chercha à tâton la petite table basse pour y allumer une chandelle et mettre un peu de lumière dans sa chambre, se parlant à lui même.

- La bougresse, si j'l'attrape! V'la une affaire qu'à prit l'eau!

Oeuvrant encore dans l'obscurité, ces main rencontrèrent le bois d'une table, cherchant alors de quoi éclairer la pièce où, se tapissait l'assassin qui devait faire trépasser le Capitaine Pirate!




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Eskarina Hellaraxë
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Sam 13 Jan - 15:41
Irys : 250959
Profession : Assassin
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La serrure cliqueta et Eskarina, derrière l'armoire, se tendit de tout son être. Elle vit le pirate rentrer en jetant un coup d'oeil quand la lumière pénétra dans la pièce. Eskarina retint son souffle. C'était très risqué.

Esk savait que le petit jeu était terminé, elle avait bien joué les petites filles naïves au bordel et elle avait eu assez de chance pour que le pirate se laisse jouer la comédie. Il devait maintenant prendre la menace que représentait Eskarina un peu plus au sérieux. Elle n'était plus qu'une petite intrigante qui lui avait fait couler son affaire et lui avait mis son potentiel acheteur à dos, elle était plus dangereuse que cela. Il ne savait pas qu'elle avait survécu à son homme de main, mais il ne tarderait pas à le savoir, et Eskarina espérait au fond d'elle que cela lui donnerait un peu de respect pour elle ou du moins lui inspirerait de la peur. Non pas qu'elle cherche la reconnaissance du pirate - elle s'en fichait éperdument; mais elle aimait bien que ses cibles prennent conscience de la menace qu'elle représentait juste avant de mourir. C'était hélas le seul mérite pour son travail qu'elle pouvait obtenir : les gens de l'ombre ne sont malheureusement reconnus que par peu, et souvent, ils ne sont pas longtemps reconnus. Alors autant laisser une impression… marquante, si l'on peut se permettre l'expression.

Pendant les quelques minutes d'avance qu'elle avait pu prendre, elle avait envisagé plusieurs manières de procéder. Son plus gros avantage était clairement l'effet de surprise. Elle ne savait pas où se situait exactement le pirate, mais lui ne savait carrément pas qu'elle était là. De plus, il avait des pistolets, elle n'avait que des dagues. S'il la voyait, elle était morte. Elle devait donc agir avant qu'il n'allume la lumière, sinon elle avait perdu. Le seul inconvénient, c'est qu'elle ne pouvait pas le tuer à distance, ne sachant pas où il se trouvait exactement. Si elle ratait sa cible, la dague jetée irait se ficher dans un des murs de la pièce et le bruit alerterait le pirate de sa présence. Même si elle parvenait à le toucher, si elle ne faisait que le blesser, il dégénérait son arme et n'aurait plus qu'à canarder la pièce autour de lui. Elle ne pouvait pas non plus s'approcher de lui pour le localiser précisément, car elle était trop petite pour lui trancher la gorge, seul moyen efficace de le tuer sans qu'il n'ait le temps de riposter. Elle ne pouvait donc pas l'atteindre, ni en l'approchant, ni en restant à distance.

C'était fort problématique, s'était-elle dit, contrariée, avant de se rendre compte que l'obscurité ne jouait pas qu'en sa défaveur : il ne pouvait pas non plus l'atteindre, et elle avait tout le loisir de bluffer. Elle s'avança donc d'un pas par rapport à l'armoire pour avoir une plus grande marge de manoeuvre et parla rapidement, avant que le pirate n'ait le temps d'allumer la lumière :

"Si tu allumes une bougie ou quoi que ce soit, tu es un homme mort."

Elle se décala ensuite silencieusement vers la droite, pour échapper à une éventuelle balle que le pirate pourrait tirer. Elle tendit ensuite l'oreille, remerciant sa chance pour ne pas être tombée sur une latte grinçante du plancher. Elle était à l'affût du moindre son qui pourrait lui permettre de repérer précisément le pirate, et lui sauter à la gorge, profitant de l'élan qu'elle aurait pour atteindre la bonne hauteur. Elle tenait une dague dans chaque main, prête à bondir, et continuait à se déplacer légèrement pour amoindrir les chances du pirate de la localiser.




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Pedro de Sousa
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Sam 13 Jan - 16:19
Irys : 824727
Profession : Pirate
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En quête d'une source de lumière, le Vieux Loup palpait l'air de ces énormes mains, touchant finalement le bois d'une table basse où il se rappelait se trouver une bougie sur son socle. La paume fouilla la table à la recherche d'allumettes. Un sourire naquit lorsque cette dernière se referma sur une boîte, en retirant alors soigneusement un fin bout de bois à l'extrémité lui permettant par mouvement de frottement avec la boîte de faire apparaître une flamèche.

Seulement, au moment de l'exécution de son oeuvre, le pirate se figea, yeux écarquillés dans le noir le plus complet au son de la voix féminine qui ne lui était pas inconnue. Ouïe en alerte, il ne pouvait que prendre la mesure de la menace. La bougresse l'avait retrouvé et c'était joué de ces hommes de main. Le barbu resta figé... conscient que cette visite inopiné n'était nullement des plus amicale.

Deux choix s'offrait à lui, sortir ces deux pistolets et canarder la pièce à l'aveugle, priant pour avoir la chance de toucher sa cible mouvante, ou alors jouer à cache cache et surprendre la jeune femme à son propre jeu. Retenant son souffle, le pirate s'essaya à marcher à pas de loup dans sa chambre, contrairement à son invité il connaissant l'environnement : meuble, lit, table. Ainsi resta t il en perpétuel mouvement tout en interrogeant son agresseur.

- Ne... suis-je... pas... de toute... façon... un... homme... mort? Que... me veux-tu... bougresse?


Acheva-t-Il en jetant le paquet d'allumette a l'autre bout de la pièce pour toute diversion et ainsi tromper les sens de l'assassin. En premier lieux, il fallait la désarmer, mais aussi chercher à la déstabiliser, continu t il alors.

- J'ai... une douzaine... de type... prêt à te... fondre dessus, si j'beugler... tu sais ça?


Menti-il.

- J'espère... que tu as prévu de me... tuer... en silence...

Il se laissa alors glisser dans un coin de la pièce, contre l arrête d'un mur. Ainsi à moitié allongé, il dérouterait une éventuelle attaque pour riposter ou désarmer l'agresseur qui devait avoir repérer à présent sa position.




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Eskarina Hellaraxë
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Hier à 21:38
Irys : 250959
Profession : Assassin
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Eskarina sourit. Si, comme il le prétendait, ses sbires attendaient à l’extérieur de la pièce, il les aurait déjà appelés. Il bluffait. Il n’en menait donc pas plus large qu’elle, et n’était pas plus avancé qu’elle. Bien, sa manoeuvre avait donc partiellement marché, même si elle avait espéré qu’elle immobilise également le pirate, en faisant ainsi une cible facile, et pas une cible mobile dans l’obscurité la plus totale. Enfin… Elle ferait avec.

Attentive à ne pas émettre le moindre son, elle continuait à se déplacer dans la pièce en essayant de repérer le pirate. Elle rangea une des dagues dans sa botte de droite, car le couteau la gênait pour avancer. Elle entendit soudainement un bruit sur sa droite, et tourna la tête dans la direction du son, même si ce dernier était un peu trop fort pour qu’il s’agisse du pirate, qui voulait certainement faire diversion. Et effectivement, lorsqu’il reprit la parole, la voix venait de l’opposé de la pièce. Juste en face d’elle. Elle touchait le mur à sa gauche, pour se repérer dans le noir. Il était donc dans un coin. Il était coincé. A tâtons, les bras tendus devant elle pour anticiper tout objet, Eskarina progressait lentement, dague au poing. Heureusement, il n’y avait pas de meubles trop bas qui auraient pu entraver son avancée. Elle finit par arriver à l’extrémité de la pièce - ce qu’elle ne savait bien entendu pas, n’ayant jamais vu la pièce à la lumière, elle ignorait ses dimensions. C’est alors qu’elle buta sur le corps de Pedro, et, surprise car elle ne vérifiait pas les obstacles en dessous de ses genoux, s’écrasa sur le pirate.

« Ouch ! »

Elle mit quelques dixième de secondes à comprendre ce qui lui arrivait mais c’était trop tard. Elle était étalée de tout son long sur le pirate, la dague étant allée se ficher dans son épaule. Rien de grave hélas, put-elle constater en touchant rapidement la blessure. La lame était certes bel et bien plantée dans le corps de l’homme - et Esk ne doutait pas que ce fut extrêmement douloureux - mais elle n’avait touché aucun organe vital, et ce serait loin d’être suffisant si elle voulait le tuer pour de bon. Profitant de ce que la douleur immobilise - du moins un instant, le pirate, Esk roula sur le côté et se redressa rapidement, sauta sur le lit pour se mettre hors de portée du pirate. Elle sortit son autre dague de sa botte : elle avait laissé l’autre plantée dans l’épaule du pirate.

C’était parti pour le combat au corps à corps. En plus de sa dague, Esk détacha sa ceinture, dont elle comptait se servir pour l’étrangler, et, de la hauteur du lit, sauta à nouveau en direction du pirate, profitant de l’élan pour atterrir à califourchon sur l’homme, qui s’affaissa sous son poids. Elle avait agit rapidement, il ne fallait pas laisser au pirate le temps de sortir ses pistolets et de viser. Elle s’appliqua alors, appuyant de tout son poids sur le torse de l’homme à enrouler la lanière autour de la gorge du pirate. Elle resserrait de plus en plus sa prise et sentait l’homme suffoquait. Bien. Cette galère arrivait bientôt à son terme. Il s’était montré coriace. Un peu trop d’ailleurs.




Esk parle en 33cc00
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