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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: Daënastre :: Le Tyorum
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 L’amour du travail bien fait est la qualité reine de l’officier

Yssaé
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Mar 19 Déc - 1:20
Irys : 169976
Daënar +2 ~ Skingrad (femme)
C’était une matinée tranquille, à Prorig. Le froid avait épargné cette région centrale du monde, tout au plus l’air était-il plus humide et frais. Ce qui suffisait pour les faibles de constitution pour tomber malade. Mais comme de bien entendu, le simple fait de mentionner que le calme était à l’ordre du jour en matinée suffit à provoquer un drame le midi et une catastrophe le soir. Et en effet, sortant de la brume, un vapeur à aube, d’un modèle un peu suranné mais encore très utilisé pour le commerce maritime en Daënastre, ne manqua pas par son aspect de terrifier les passants et les débardeurs qui s’affairaient sur les docks.
    Et pour cause, il avait l’aspect d’un bateau fantôme. Ce n’était plus qu’une ruine. On repérait sur sa coque de des traces noires, indiquant qu’ici le feu avait fait son œuvre, des bouts de bois éclatés surgissaient dans des angles impossibles, des fêlures et trous nombreux avaient été colmatés avec des planches. Le navire penchait dangereusement vers l’arrière et avait un tirant d’eau bien trop faible, ce qui indiquait que sa cale était noyée. L’aube de bâbord était presque pulvérisée ; il n’en restait plus qu’un squelette qui tournait en produisant un grincement à vous glacer le sang. Les crachats de fumée qui sortait de ses cheminées témoignaient aussi du piteux état des moteurs.
    Le bâtiment en perdition fut escorté par les garde-côtes jusqu’à une forme de radoub. L’équipage, diminué de moitié, fut évacué et pour la plupart emmené à l’hôpital. On put tirer d’eux qu’ils avaient été attaqués pendant la nuit par des pirates, sur une petite embarcation a voile, silencieuse. Peut-être même y en avait-il eu plusieurs. La cargaison s’était naturellement envolée.

    L’incident avait fait grand bruit, dans la ville. La piraterie faisait presque partie du quotidien, certes, mais cette tactique discrète et utilisant d’archaïques navires à voile avait choqué tout le monde. Les témoignages des marins même étaient incohérents : certains parlaient de fusils, d’autres d’épées voire d’arcs, et une ambiance oppressante qui s’était installée à bord du navire, quand ils avaient attaqué, sans bruit. Ils avaient pénétré le navire, tué le capitaine et la moitié des marins, raflé la cargaison et foutu le feu. Il semblerait même qu’ils avaient utilisés des explosifs, au vu des dommages infligés. Il était cependant réparable, aucune pièce de menuiserie irremplaçable n’ayant été touchée.
    À vrai dire, l’incident avait fait tellement de bruit qu’il était remonté aux oreilles de l’antenne locale de l’armée. Des mois de négligence de la part des patrouilles, et voilà ce qu’on récoltait. Très soucieux de ne pas perdre leur place de choix dans le commerce continental, les milieux de négoce prorigois avaient fait pression sur les militaires pour qu’ils s’empressent d’afficher des résultats médiatiquement détonants. En clair, il fallait traquer du pirate, et en masse, et bien, et avoir des prises avant la fin du mois pour rassurer les actionnaires. Sinon, ça allait chier au niveau de l’État fédéré, et des têtes allaient tomber.

    Par un heureux hasard, il se trouvait justement que deux commandants de la marine étaient disponibles dans la région. Le premier, Von Richter, disposait de son propre bâtiment, ce qui était pratique car les démarches administratives visant à lui en adresser un devenaient inexistantes. Le second, Yssaé, n’en avait pas mais prenait un malin plaisir à remplacer les officiers mis sur le carreau suite à leur incompétence, pour ainsi redresser leurs équipages ramollis par la médiocrité de leur chef. Et en ces temps de chasse au fautif, il y avait du choix.
    Dans le port de Prorig, un Kriser – en plus de l’Allégeance – et quatre Chnalers, équipés de canons, avaient été affrétés. Les premiers seraient le fer de lance de la riposte, et les seconds les yeux et les oreilles de leurs compagnons plus gros.

    La rencontre entre les deux officiers se fit sur le pont de l’Allégeance. Yssaé avait tenu à visiter le navire de celui qui allait être son compagnon de route. Salut militaire, formules protocolaires.
    « Commandant von Richter. C’est un honneur. Splendide navire, dont vous disposez. Je n’oserais en dire autant, mais ce sera pour moi l’occasion de réexpliquer le sens du mot « discipline » à ces ruffians. »
    C’était là une mission banale, et pas une complexe intrigue. Pour une fois, donc, Yssaé avait été sincère dans ses compliments.
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Tristan von Richter
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Mer 20 Déc - 18:23
Irys : 39994
Profession : Capitaine de l'Allégeance
Daënar +2 ~ Skingrad (homme)

Une chasse aux pirates! Une mission nécessaire et... agréable. Une mission qui évoque à Tristan nombre de souvenirs. Parfois agréables, souvent douloureux et toujours nécessaires. Le passé semble à nouveau se mêler au présent. Une sensation étrange qui n'est pourtant pas pour lui déplaire: un peu d'action ne fera pas de mal à un équipage compétent mais qui pourrait choisir de se reposer sur ses lauriers. La violence apporte l'expérience. Et l'expérience, l'efficacité. C'est une occasion rêvée de rompre davantage encore ses hommes aux affres du combat. Et, ce faisant, de s'assurer qu'ils méritent bel et bien une place à bord l'Allégeance.

Les pirates, quant à eux, ne sont que de la vermine. Et on ne compose pas avec de la vermine. On l'annihile! Et on recommence encore. Encore et toujours. Jusqu'à ce qu'il n'en reste rien ou qu'elle décide d'aller hanter d'autres côtes. Un travail qui demande une vigilance et des efforts soutenus. Et qu'il est peut-être impossible de mener jusqu'à son terme. Il ne répond qu'à une certaine forme de logique héritée de la chaîne alimentaire. Les pirates s'en prennent aux civils et aux navires marchands. La marine daënar, elle, traque et coule les responsables. Un cercle vicieux que personne ne semble être en mesure de rompre...

Tristan retire la cigarette de ses lèvres et lâche un nuage de fumée qui disparaît peu à peu. Une brûlure dans la poitrine lui rappelle que ce geste n'est pas sans conséquence. Mais il l'ignore et garde le visage impassible qui doit caractériser un bon officier. Ses émotions, il les garde pour lui. Il les cache à ceux qui l'entourent en ce moment-même sur le pont supérieur du Krizer. Son regard, quant à lui, est rivé sur l'embarcation qui s'approche de son bâtiment. Ce n'est que lorsqu'il disparaît dans l'ombre de sa coque imposante que le capitaine quitte son perchoir.

Il arrive sur le pont et commence à le remonter tout en scrutant la tenue des hommes qui y sont alignés. L'accueil se doit d'être irréprochable. Peu importe le rang, le grade ou encore le sexe du visiteur. Toute personne n'appartenant pas à l'équipage de ce navire de guerre doit comprendre immédiatement qu'une discipline digne de la marine est appliquée à bord. Le Krizer, comme tous ses jumeaux affectés à la flotte, est une vitrine qui se doit de briller!

Les mains dans le dos, von Richter observe l'homme qui s'avance vers lui et répond au salut qu'il reçoit de la même manière, selon les us et coutumes en vigueur. Il ne répond pas tout de suite au compliment qu'il reçoit au sujet de l'Allégeance. S'il est fier de son navire? Évidemment! Mais mérite-t-il des félicitations pour autant? On n'a pas à être remercié alors qu'on se contente simplement de faire son travail. Le regard de l'homme se pose longuement sur son interlocuteur. Comme s'il cherchait à détailler pleinement son visage ou à lire à travers le regard qui lui répond.
"Bienvenue à bord de l'Allégeance, commandant Yssaé!" lâche-t-il avec formalisme. "J'apprécie votre enthousiasme, soyez-en assuré! Même si je doute que les pirates puissent un jour comprendre le concept d'un mot tel que discipline..."
La rigueur semble complètement absente du vocabulaire de ce que cette vermine ose appeler un équipage. Ces hommes et femmes ont décidé de s'affranchir des règles et donc de la discipline qu'elles supposent. Mais ils restent capable de comprendre les conséquences de leurs actes. Et les conséquences, justement, seront à la hauteur de leurs fautes. ce n'est pas une mission disciplinaire. L'escadron réuni dans le port de Prorig n'a pas d'autre vocation que celle d'apporter la mort dans les rangs des contrevenants.
"Quoi qu'il en soit, je ne m'attendais pas à recevoir votre visite!" s'étonne-t-il dans la foulée. "Souhaitez-vous m'entretenir d'un sujet qui ne peut être évoqué par radio? Ou pouvons-nous dès à présent prendre la large pour remplir la mission qu'on nous a confiée?"
Une telle perte de temps l'irrite. Et s'il accepte la présence d'Yssaé à bord, c'est avant tout parce qu'il n'a pas trouvé de raison décente pour la refuser. Mais cette rencontre est une perte de temps selon les critères du noiraud. Ce dernier n'a d'ailleurs qu'une seule envie: que le tonnerre mélodieux des canons se substitue au plus vite au bruit des mots.
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Yssaé
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Jeu 21 Déc - 16:13
Irys : 169976
Daënar +2 ~ Skingrad (femme)
Amusant. Yssaé ne faisait pas mention des pirates, mais bel et bien de son propre équipage. Pourtant, son homologue avait compris l’inverse. Les pirates ne sont pas à mettre dans le droit chemin, mais à pendre. Ou à engager, c’est selon.
    Il n’y avait, du reste, nul besoin de se presser outre mesure. Les Chnalers embarquaient encore quelques matériels, et la révision à bord de son Kriser – le Vent d’Orkhig – n’était pas tout à fait finie. Les lieutenants d’Yssaé finissaient de vider les cachettes secrètes des membres de l’équipage de tout alcool, cigarette et revue érotique. À force, on ne lui faisait plus le coup, et connaître par cœur l’anatomie d’un bâtiment de la marine est le pré-requis pour tout bon officier qui se respecte.
    « Ma visite n’obéit simplement qu’à la courtoisie qui est de mise entre pairs… Et le respect mutuel n’est que bien imparfaitement transmis par les ondes. Vous savez, dans l’ancien temps, avant que cette technologue ne vienne au jour, enfin, du temps de nos parents, la coutume était de partager un verre avant chaque mission pour se souhaiter bonne chance. Je vois que vous êtes pressés mais n’espérez pas y couper à notre retour. »
    Chose assez rare pour être signalée, le ton avait été agréable, avenant, mais surtout, honnête. Ce colonel semblait être une personne tout à fait fréquentable, malgré sa particule et le mépris larvé qu’entretenait Yssaé de part son origine sociale envers tous les parvenus. Cette mission serait l’occasion de vérifier s’il méritait ces trois lettres accolées à son nom de famille. Et avec un petit sourire, le commandant s’empressa de le rappeler à son homologue.
    « Vous appartenez à une grande et noble famille. Et vous savez ce qu’on dit : le nom glorieux que l’on porte n’est en rien un marchepied ou une protection mais au contraire une obligation à être exemplaire pour ne pas lui faire honte. J’ai particulièrement hâte de voir ce radotage en action. »
    Et pour conclure ces salamalecs d’usage, Yssaé jeta un coup d’œil sur les quais, où on semblait avoir fini de décharger le poids excédentaire qui encombrait son navire.
    « Ah ! Il est temps que j’y aille. Sur ce, commandant. Je vous laisse commander l’opération. »

    Les dix navires purent enfin partir. La météo était clémente, mais on s’attendait à un peu de pluie et de brume d’ici quelques heures. Tant mieux  ; ça rendrait l’opération d’autant plus intéressante.
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Tristan von Richter
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Dim 7 Jan - 17:05
Irys : 39994
Profession : Capitaine de l'Allégeance
Daënar +2 ~ Skingrad (homme)

Le respect entre pairs est nécessaire. La capacité à travailler en bonne intelligence, également. La réussite d'une mission, peu importe sa nature, repose d'ailleurs sur ce point. La courtoisie, quant à elle, est parfaitement accessoire. Il va de soi que Tristan n'a aucune raison de se montrer désobligeant envers son homologue. Mais il n'estime pas pour autant nécessaire de partager un verre en sa compagnie. Quel est l'intérêt de sociabiliser avec un homme qu'il ne croisera probablement plus lorsque cette mission sera terminée?

Il acquiesce toutefois vaguement comme pour entretenir le doute sur ses intentions à ce sujet. Et, surtout, pour ne pas s'éterniser sur un sujet qui n'a pas le moindre intérêt pour la bonne marche des opérations. Il exprime ensuite une forme de surprise contenue lorsque son invité évoque la famille dont il est issu. Et l'officier ne peut qu'approuver les dires de ce dernier. Il est vrai que le nom connu est davantage un poids qu'un véritable tremplin. Mais le noiraud estime depuis de longues années maintenant qu'il n'a plus à s'embarrasser de ces considérations. Il est Tristan avant d'être un von Richter. Avec tout ce que cela implique, évidemment...
"Du radotage?" relève-t-il, un sourire amusé au coin des lèvres. "Croyez-moi, commandant: si nous parvenons à repérer ces pirates alors vous aurez tout le loisir d'apprécier la petite leçon tactique que je m'apprête à leur infliger! Le spectacle sera à la hauteur de vos attentes, j'en suis certain!"
Et ce d'autant plus que son homologue lui laisse l'honneur de mener la danse. De quoi satisfaire pleinement le borgne qui ne manque pas de gratifier son hôte d'un sourire suffisant. Une certaine forme d'excitation remonte le long de son échine: le moment est venu. Il ne se sent jamais aussi vivant que lors d'un départ en mission. Sauf, peut-être, lors d'un affrontement entre deux navires en plein milieu de l'océan. Là où l'erreur n'est pas permise. Là où elle est synonyme de mort...
"Je vous souhaite un bon retour à bord du Vent d’Orkhig, commandant!"
Tristan reste encore un instant sur le pont comme pour s'assurer que l'homme quitte bel et bien son navire. Après quoi il se dirige d'une démarche parfaitement martiale jusqu'à l'arrière du navire. Quelques échelles plus tard, le voici assis dans son fauteuil de commandement. Il fait alors craquer ses phalanges puis sa nuque et tourne le regard vers le sous-officier en charge des communications.
"Ouvrez-moi un canal à destination de tous les navires de l'escadre!" ordonne-t-il. "Je souhaite leur adresser quelques mots avant que nous prenions le large!"
"À vos ordres!"
Évidemment... Le noiraud saisit une pomme à laquelle il arrache son intégrité d'un mouvement sec de la mâchoire. Ce faisant, le bruit ondulatoire d'une fréquence qui se règle annonce que son homme s'applique à contenter se demande. Un hochement de tête lui annonce qu'il y est parvenu - comment pourrait-il en être autrement? - et que la communication est établie. Tristan s'éclaircit alors la gorge avant de porter le micro à ses lèvres.
"Ici le commandant von Richter!" commence-t-il d'une voix assurée. "D'un commun accord, le commandant Yssaé et moi-même avant décidé que je mènerais les opérations lors de cette chasse aux pirates. Je sais que je n'ai pas besoin de vous motiver ou de vous rappeler les règles en usage lors d'une telle opération. Je vous dispenserai donc d'un long discours à ce sujet..."
Nul n'est sensé ignorer la discipline qui doit régner à bord d'un navire militaire. Ici, ce n'est pas l'académie navale. Ici, c'est l'active! Et à ce titre toutes les personnes à bord des différents bâtiments détachés pour cette opération n'ont pas besoin d'un quelconque rappel. Ceux qui contreviennent aux règles seront purement et simplement sanctionnés.
"Néanmoins j'attends que chacun et chacune d'entre vous agisse avec un professionnalisme exemplaire. Bien plus que vos navires respectifs, c'est Le Tyorum et Daënastre que vous représentez. Vous êtes tous dépositaires de riche héritage de la marine de guerre des Nations Évoluées! À ce titre, vous ferez honneur à ceux qui nous ont précédés! Nous allons débarrasser nos côtes de la présence de ceux qui, misant sur notre faiblesse, se sont mis en tête de s'élever contre l'ordre établi! Et nous allons le faire avec une telle violence qu'elle résonnera à travers les âges! Soyez fiers, camarades: aujourd'hui, nous réaffirmons nos prétentions sur cet océan de toute la force de nos coeurs et de nos canons! Une prétention juste, légitime et parfaitement incontestable!"
Un mouvement de la main à hauteur de son cou indique au responsable des communications qu'il peut couper la communication. Si Tristan pense ce qu'il vient de dire? À moitié! Et encore... Ces gens ne sont pas ses camarades mais ses subordonnés. Des ressources sacrifiables dans l'intérêt du plus grand nombre. Mais leur rappeler qu'ils forment pourtant un tout, un assemblage de rouages destinés à travailler ensemble, n'est pas superflu. De la motivation des équipages peuvent naître bien des prouesses. Les machines ont besoin d'huile ou de magilithe pour fonctionner. Les humains, eux, ont besoin de croire qu'ils font partie d'une grande famille. Risible. Mais néanmoins nécessaire...
"J'attends vos rapports, messieurs!" reprend l'officier à destination du personnel de pont. "Comment se porte mon bébé?"
Bien, semblerait-il. Du moins si il se fie aux différentes indications qui lui répondent sur l'état global de l'Allégeance. Le contraire l'aurait étonné, d'ailleurs. Et aurait été sanctionné avec la plus extrême sévérité. L'officier est néanmoins rassurer d'entendre que les différents départements sont au vert et suspendus à ses ordres. Tristan prélève un nouveau morceau de sa pomme avant de se relever pour rejoindre l'extérieur du pont. Il la jette alors à l'eau d'un mouvement nonchalant avant de s'allumer une cigarette qui attise le mal qui le ronge. Ignorant l'irritation qui lui arrache bien vite une quinte de toux, il observe les différents bâtiments de la flotte. Suite à quoi il revient s'installer sur son siège de cuir.
"Bien! Ordonnez au Vigilant, au Bouclier de Rathram, au Dominance et au Poing d'Acier de se déployer! Qu'ils restent en contact radio et nous signalent le moindre bâtiment bizarre qui croisera leur route! Transmettez au commandant Yssaé que je souhaite la présence de son Krizner sur mon tribord!" impose-t-il. "Navigation? En avant trois-quart! Faites-nous prendre le large puis dirigez-nous vers les coordonnées que l'amirauté nous a transmises!"
La puissante machinerie du Krizner s'anime alors et fait vibrer l'imposante masse flottante de métal. Elle ne tarde pas à fendre des eaux de plus en plus agitée tandis que le bon air marin se substitue aux effluves nauséabondes du port de Prorig.
"Il est temps de se mettre en chasse, Messieurs!"
Un sourire carnassier s'installe sur ses lèvres tandis que se regard commence à vagabonder sur l'océan qui se dessine à travers la baie vitrée de l'Allégeance. À en juger par les nuages menaçants qui s'amoncellent depuis le début de matinée au large de Daënastre, une tempête n'est pas à exclure. Tant mieux! À vaincre sans périls, on triomphe sans gloire...
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Yssaé
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Mer 10 Jan - 16:17
Irys : 169976
Daënar +2 ~ Skingrad (femme)
Un discours des plus classique, mais qui remplissait bien son rôle d’introduire avec la pompe requise une mission aussi peu glorieuse que de faire du nettoyage en haute mer. Ce n’était pas vraiment affronter des Mÿ’Trans, on peut le dire. Yssaé. à bord de son Vent d’Orkhig, s’assura une ultime fois que tout était prêt à la manœuvre, et donna les ordres adaptés. Son bâtiment suivrait diligemment l’Allégeance. Un nom amusant, soit dit en passant. si le nom de son vaisseau devait refléter les ambitions politiques de son capitaine, Yssaé aurait nommé le sien le Chasse à la corruption, ce qui n’aurait pas manqué d’être des plus amusant en paradant devant l’amirauté ou ces gens du parlement.

    Loin de ces considérations, dans le golfe de Laurgal, un gros transporteur à vapeur et voile, d’un modèle qui avait ses marques d’archaïsme mais disposait néanmoins d’un puissant moteur qui assurait sa rapidité, fuyait aussi vite qui les vents et le combustible le lui permettait. Il sortait d’un accrochage violent avec des pirates, mais c’était une victoire à la Phyrrus car ses deux escorteurs avaient été vaincus et capturés, et étaient en ce moment en route vers un petit port franc de la campagne du sud d’Ünellia, ou il seraient sans aucun doute revendus au prix fort.
    Le cargo avait cru bon de continuer le voyage, car après tout, Lorgal n’était pas loin, mais un autre équipage pirate allié au précédent l’avait pris en chasse et forcé à détourner son cap. Il se dirigeait vers le sud, espérant perdre son adversaire en utilisant les brumes qui sévissaient en mer entre Prorig et la péninsule qui marquait l’extrémité sud du golfe de Lorgal.
    Ce cargo était trop faiblement armé, mais rapide. Ses adversaires, au contraire, une petite dizaine de navires égalant ou dépassant à peine le Chnaler, modéraient leur vitesse pour ne pas faire exploser leur moteur mais étaient parfaitement capable de tenir tête à des bâtiments militaires de même gabarit. Ils comptaient à la fois prendre leur cible par l’usure, et car ce n,est jamais une tactique très intéressante, sur la présence d’une autre flotte encore, qui elle se dirigeait droit sur le cargo.
    Cette manœuvre surprenamment élaborée avait été rendue possible par l’adoption par ces pirates de deux technologies aussi éloignées l’une qui l’autre : l’oiseau voyageur, communément utilisé en Mÿ’tra, et le télégraphe. Le premier permettait aux navires de communiquer avec la terre et le second à des pirates restés sur terre d’informer d’autres équipages prêts à partir de la situation et de la localisation des proies. On était à un tout autre niveau de génie militaire. Restait à voir comment la ruse pourrait battre la force pure en combat singulier.
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