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Chroniques d'Irydaë
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 Rencontre nocturne près du feu

Evrann Avuushtai
Mar 19 Déc - 6:09
Irys : 144789
Profession : Ex-vivant
My'trän +2 ~ Suhury
Cela faisait plusieurs jours que les cavaliers avaient quitté la capitale, traquant l'assassin de l'un des leurs. À leur tête, le Nyarav Suhurs des Myangan ild, Evrann le sanguin. Il ne savait pas pourquoi, ni ne voulait réellement participer à cette traque, mais lorsque sont Akhmad donnait un ordre, Evrann devait lui obéir, qu'il le veuille ou non.

Il pensait qu'avec l'aide de la description de la jeune femme qu'il avait reçue des hommes témoin de la mort d'un de leur amis, il serait plus aisée de la retrouver. Une jeune femme, rousse, avec un visage bien trop innocent pour l'être réellement, c'était du tout cuit selon lui. C'était hélas sans compter le nombre incalculable de femmes rousses qui habitait ces contrées.

Accompagné de seulement trois de ses plus fidèles compagnons et amis les plus dignes de confiance, ils avaient mené la traque qui les avait conduit aux abords de la frontière de Suhury. Le sol de la région s'était fait de plus en plus irrégulier à mesure qu'ils s'approchaient du terrain montagneux de Kharaal Gazar. Après une halte pour laisser les chevaux reprendre des forces, Evrann et ses compagnons posèrent pied-à-terre pour la première fois depuis plus d'une quinzaine d'heures. Il le sentait au fond de lui, ils étaient proches de leur cible. Ils étaient tous les quatre vêtus de leurs armures respectifs, démontrant qu'il ne prenait pas la demoiselle à la légère.

S'éloignant de ses compagnons, Evrann grimpa sur une petite butte en quête d'un champ de vision plus large. Son regard se posa sur le fameux col, et si elle n'était pas encore passée par là, il s'agissait du seul chemin menant à Busad à des lieux à la ronde. Des bruits de pas lourd firent sortir Evrann de ses pensées. Wald son plus proche camarade s'approcha, une outre tendue vers son ami.

- Alors, tu es certain que ton info est correcte . Elle passera par ici ? Questionna-t-il. - Non pas que j'en doute mais...

Evrann ne détourna pas son regard de l'horizon lorsqu'il coupa la parole de son ami: - Certain ! mon informateur m'a rarement fait faux bond. Et il sait ce qu'il en coûte de me livrer de fausses infos, elle passera par là, c'est sûr. Tout en pointant du doigt le col, il prit l'outre qu'il vida en quelque gorgée. Se positionnant à ses côtés, Wald reprit: - Je te fais confiance, tu le sais bien, mais si ça se trouve ce n'est même pas encore la bonne et on aura parcouru des milles et des milles pour rien.

Grimant un sourire, Evrann prit son compagnon par l'épaule: - Il y a pire, non ? au moins on ne nous envoie pas rechercher pas un gros, chauve et moche. Tous deux se mirent un rire, un rire de fatigue, car le poids de la fatigue se faisait peu à peu ressentir. - Prépare le camp avec les autres et reposez-vous sans baisser votre vigilance... il marqua une pause. Elle est dangereuse. Moi, je vais plus loin en avant, je vous rejoindrais d'ici peu.

Wald répondit par l'affirmation d'un signe de tête avant de s'éloigner. Evrann s'avança entre les rochers. Au loin, Wald cria : - N'en fais pas trop quand même. Et il eut pour seule réponse un signe de main.

Pendant de longue, très longues minutes, Evrann s'était éloigné de ses compagnons. Le terrain était en pente et c'est avec difficulté qu'il avançait. La nuit noire était tombée et la visibilité s'était encore plus restreinte. Au loin, ses yeux furent attirés par les lueurs dansantes des flammes d'un feu de camp. Un campement, ici ? pensa-t-il.

Il hésita pendant un long moment sur le fait s'il devait prévenir ses compagnons ou non, mais instinctivement son corps avançait vers la lueur. Il ne chercha même pas à se faire discret, a quoi bon, pensa-t-il, il n'avait pas l'envie de se fatiguer plus que de raison. Peu à peu qu'il s'en approchait, les crépitements des flammes se firent entendre.

Quelque mètre plus loin, il serait enfin devant le campement. D'un pas lourd comme pour faire remarquer sa présence, il s’avança en s'annonçant: - Bien bonne soirée ! Puis-je me réchauffé près de votre feu ?


Dernière édition par Evrann Avuushtai le Jeu 8 Mar - 1:55, édité 2 fois
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Zora Viz'Herei
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Mer 20 Déc - 16:25
Irys : 2016303
Profession : Nécromancienne (en formation)
My'trän -3

Le temps est venu pour la jeune rousse de quitter sa terre natale - ou du moins celle où elle estime avoir vu le jour - pour des contrées plus sèches et rocailleuses. Son dévolu s'est jeté sur Kharaal Gazar et Busad en particulier. Elle a pu voir une chouette voler dans cette direction la veille au soir. Un signe évident de Möchlog pour l'inciter à accomplir sa Volonté chez les manieurs de roche. Un signe qu'elle ne s'est même pas questionnée avant de suivre. L'impureté est partout, sous bien des formes. Peu importe l'endroit où elle se rend: elle aura fort à faire purger ces pauvres gens des tares physiques qui déshonorent tant sans Architecte. Tant à faire pour leur offrir une prochaine vie meilleure, exemptée des souffrances qu'un être se devrait de ressentir lorsqu'il insulte un dieu par sa simple existence...

Zora glisse entre ses lèvres un morceau de viande cuite et hoche la tête en guise d'approbation: tout simplement délicieux. Elle continue ainsi à dévorer sa pitance issue des vivres de sa victime avec l'acharnement propre à ceux qui n'ont guère l'occasion de savourer un repas dans le calme. Ici, entre de gros rochers l'abritant du vent, elle passera une nuit tranquille. Du moins l'espère-t-elle. Quoi qu'il en soit l'essentiel est acquis: elle relève les yeux vers le cadavre calciné au centre des flammes. De temps à autre Möchlog met sur son chemin un voyageur qu'elle se doit alors de libérer de l'impureté. C'était le cas de cet homme avec un doigt en moins. À présent son âme est libre et son corps, lui, exprime encore la souffrance qu'il a ressentit lorsque le feu l'a enveloppé. Un spectacle tout simplement... ravissant!

La rouquine termine son repas et s'allonge contre la roche avant de glisser un bras en appui derrière son crâne. Elle ne se sent jamais aussi bien que lorsqu'elle a accompli un acte en l'honneur de son Maître. Elle se sent peu à peu glisser dans les limbes du sommeil, un vague sourire sur le visage. Mais des bruits de pas se font entendre et elle se redresse immédiatement, les sens en alerte. Elle n'a guère besoin d'amplifier son ouïe pour comprendre que son imagination ne lui joue pas des tours. La jeune femme observe ainsi les environs jusqu'à ce qu'une silhouette se détache de l'obscurité. Et elle reste silencieuse lorsque l'homme fait preuve d'une politesse à laquelle elle n'est guère habituée.

S'il peut se réchauffer prêt du feu? Elle ne répond pas de suite et scrute l'intrus de son regard ambré, s'attardant un instant sur ses cheveux mi-longs et la barbe qui cache une partie de son visage. Que fait-il ici? Cette rencontre est-elle un hasard ou placée sous le signe du destin? Zora ne remarque pour l'instant pas de traces d'une quelconque impureté chez cet homme. Mais souhaite-t-elle pour autant partager ce feu purificateur avec un inconnu? Peut-elle décemment le laisser partir maintenant qu'il a vu le cadavre au milieu des flammes dansantes?
"Je suppose que oui..." se contente-t-elle tout d'abord de répondre. "Pour peu que vous vous chargiez d'alimenter le feu!"
Elle ne précise cependant pas s'il le fera avec du bois ou avec son corps. Elle préfère l'imagination de cet homme faire le reste et pourra ainsi évaluer à quelle catégorie il appartient. Est-il assez sage pour se préoccuper de sa seule existence? Où est-il de ceux qui prêtent à la morale une quelconque vertu? Ce qui est sûr, dans tous les cas, c'est qu'elle ne pourra désormais plus fermer l'oeil. Seule une sotte trouverait le sommeil en présence d'un inconnu. Et spécialement lorsque l'inconnu en question est armé et porte une armure.

Il n'a pourtant pas l'air d'un soldat. Et s'il lui en voulait spécifiquement, il aurait sans doute préféré une approche plus discrète susceptible de lui offrir l'effet de surprise. Un constat qui retient encore la lame de son petit poignard dans le fourreau qui pend à ses côtés. Et qui attise sa curiosité. Et davantage encore sa méfiance.
"Mais peut-être que vous pourriez commencer par me dire qui vous êtes et ce que vous faites ici?" le questionne-t-elle. "Les présentations ne sont-elles pas la base de toute discussion qui se respecte?"
Elle arque à nouveau l'un de ses sourcils pour souligner la méfiance qui teinte ses propos. Puis elle fait appelle à sa magie pour se revigorer et éloigner la fatigue qui menace. Une dépense d'énergie agaçante mais néanmoins nécessaire au vue des circonstances...




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Evrann Avuushtai
Jeu 21 Déc - 7:15
Irys : 144789
Profession : Ex-vivant
My'trän +2 ~ Suhury
Lorsqu'il s'approcha de la lumière irradiante des flammes, le mercenaire resta quelques instants sur place. Il avait vu juste, il s'agissait bien de sa "proie", mais le spectacle qui s'offrait devant lui aurait pu déstabiliser n'importe qui. Gisant au milieu des flammes, le corps calciné d'un pauvre bougre figé dans une expression d'horreur. Le sanguin avait déjà vu pire atrocité de la part des hommes du Myangan ild, mais ici le contraste était différent, bien différent. La jeune femme aux allures frêle et innocente aux côtés de ce spectacle digne d'Huldrann, lui-même, était une première. Il s'en amusa presque mais c'est non sans méfiance qu'il reprit son approche.

La jeune rousse était debout, immobile et visiblement sur ses gardes. Il ne lui laissa pas le temps de finir sa phrase que le mercenaire, déjà retirait ses armes qu'il posa à même le sol avant de se laisser choir contre l'un des rochers, toujours face à la demoiselle. Dans son for intérieur, il exultait. Après plusieurs jours de recherche, il se trouvait enfin en face de la bonne personne, le cadavre sur le feu ne laissait aucun doute sur l'identité de la demoiselle. Il sourit lorsqu'elle lui demanda de se charger du feu. Elle semblait parfaitement capable de s'en charger elle-même visiblement.

L'homme se mit à l'aise autant que faire se peut, mais seulement en apparence car aussi étonnant soit-il, il la craignait fortement. Il avait grandi aux côtés de femmes plus fortes que lui, il savait pertinemment le danger que les femmes pouvaient représenter. Du moins, plus que le malheureux cuisant devant lui. Il la laissa terminer ses questions puis sourit de nouveau devant sa remarque. Il n'avait guère l'intention de la duper, après tout il n'en voyait pas l'intérêt.

Sur un ton sérieux, il prit enfin la parole: - J'imagine que lui aussi s'attendait aux bases d'une discussion qui se respecte. Dit-il en désignant le cadavre. Il commençait à comprendre comment le bougre avait pu se laisser prendre. La jeune femme dégageait un charme certain et son aura était, elle aussi, très particulière. Il se le répétait bien assez mais elle était dangereuse et s'en méfiait comme la peste.

Lorsqu'il reprit la parole, il changea de ton, peut-être pour détendre l'atmosphère, ou bien pour balayer toute hostilité entre lui et son interlocutrice. - Evrann. Evrann Avuushtai, enchanté. il mima un signe de respect bien plus pour se moquer de la forme qu'autre chose. - Quant à mes intentions, c'est drôle qu'vous me le demandiez. Vu votre passif, je m'entendais à ce que vous connaissiez la réponse. Il était d'humeur taquine, et ne s'en cachait pas. Après tout, c'était toujours stimulant de discuter avec une tueuse.

Glissant sa main dans sa sacoche, il en ressortit délicatement un morceau de viande séchée. Sa gestuelle lente était là pour ne pas alarmer la rousse plus que de raison. Il Arracha un morceau avec les dents avant de reprendre la bouche pleine: - Ah pardon ! Et votre nom, c'est quoi ? Demanda-t-il a son tour. Je sais qui vous êtes, du moins, ce qui vous faites mais votre nom m'a toujours échappé. Ironisa-t-il.

Continuant à mâcher, il ne détourna pas son regard. Il ressentait une sorte d'intensité hostile entre eux deux. Après tout, n'était-il pas venu après une si longue poursuite pour la tuer ? Même lui ne le savait plus. Mais pour l'instant, il voulait discuter.


Dernière édition par Evrann Avuushtai le Jeu 18 Jan - 2:59, édité 2 fois
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Zora Viz'Herei
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Sam 6 Jan - 18:53
Irys : 2016303
Profession : Nécromancienne (en formation)
My'trän -3

Elle reste un instant silencieuse, se contentant d'observer l'homme à travers les flammes qui les séparent. Son insolence témoigne-t-elle d'une certaine simplicité d'esprit? Ou a-t-il les moyens d'agir avec cette désinvolture que d'autres ont déjà pu regretter? Zora finit par lâcher un léger rire moqueur couvert par le craquement sinistre du bois offert à l'appétit vorace de Süns. Car si la façon d'être de cet étrange invité la pousse à se questionner, elle reste néanmoins convaincue qu'il ne pourra pas prendre l'ascendant sur elle. Möchlog ne laisserait pas une telle chose arriver...

La seule question pertinente, dans le fond, est la suivante: que doit-elle faire de cet homme? La prudence commande à la rouquine de le tuer immédiatement. Mais la curiosité la pousse au contraire à faire preuve d'une certaine forme de retenue. Certains animaux aiment s'amuser avec leurs proies avant de les dévorer. Une idée parfaitement séduisante. Rien ne presse... Un divertissement - fut-il morbide - se doit d'être savouré à sa juste valeur. Et lorsque ce petit jeu ne revêtira plus la moindre forme d'intérêt, elle y mettra un terme. Tout simplement.
"Et bien, Evrann Avuushtai..." s'amuse-t-elle. "Le moins que l'on puisse dire, c'est que vous n'avez pas froid aux yeux!"
Cette constatation n'est pas un compliment, loin de là. Car si le courage est une vertu, la témérité est une faiblesse. Zora l'observe encore quelques instants sans se départir du sourire qui s'est installé au coin de ses lèvres. Puis son regard glisse sur le cadavre qui achève de se consumer au centre du brasier. La plupart des gens - pour ne pas dire tous les gens - sont incapables de voir au-delà des apparences. Ils résument les actes de la jeune femme à de simples meurtres. Ils perçoivent de la haine ou de la violence là où il est pourtant question d'altruisme et de rédemption. Leur jugement est tout simplement obscurci par la dictature de la morale. Une constatation à la fois triste et pathétique...
"Viz'herei... Je m'appelle Zora Viz'herei!" poursuit-elle, contentant au passage la curiosité de son interlocuteur. "Et à vrai dire je doute que vous ayez la moindre idée de ce que je fais. Vous vous contentez de croire ce que vous avez pu entendre à mon sujet, tout simplement. Sans quoi vous vous seriez probablement posé en allié, non en ennemi..."
Elle hausse les épaules pour souligner l'évidence qui teinte ses propos. La rouquine ne juge pourtant pas utile de fournir davantage d'explications. Et encore moins de débattre sur le sujet. Elle sait qu'elle a raison d'agir comme elle le fait. Möchlog lui-même lui a donné pour mission de purifier le monde. Il l'a en revanche exemptée d'inculquer le bon sens à ses autres congénères. Une tâche qui semble par ailleurs impossible...
"C'était qui?" le questionne-t-elle dans la foulée. "La personne que vous souhaitez venger, je veux dire! Votre épouse? Votre enfant? Un ami, peut-être? Vous en souvenez-vous seulement? J'ose espérer que votre suicide n'est tout de même pas motivé par une chose aussi triviale que les irys, mmh?"
Qui est cet homme aux manières étranges? Et, surtout, par quoi est-il animé? Est-ce la douleur liée à la perte d'un être cher mais pourtant voué à l'Oubli? Ou le simple désir de s'enrichir en empochant la prime qu'on a mise sur la tête de la disciple de Möchlog? Zora arque un nouveau sourcil, curieuse de savoir ce qui lui vaut l'honneur d'une telle visite.




Zora s'exprime en: #8FBC8F (darkseagreen)

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Evrann Avuushtai
Mer 24 Jan - 3:31
Irys : 144789
Profession : Ex-vivant
My'trän +2 ~ Suhury
Il se surprit lui-même à ricaner lorsque la rousse se mit à rire, content que la situation l'amuse. Et sa question était pertinente, mais le mercenaire n'avait pas de vraie réponse à lui donner. Sa victime, un homme nommé Brûz était l'un des Nyarav des Mayngan ild de Suhury, tout comme Evrann. Un gars rustre et fort peu apprécier de ses compagnons. Il possédait une réputation tout aussi peu appréciable mais pourtant avait une certaine renommé parmi les siens. Mais le jeune homme se doutait que tout ceci passait au-dessus de la meurtrière.

L'image de ce puissant guerrier tombant devant la frêle demoiselle amusa cependant le mercenaire, laissant échapper un petit rire moqueur. Mais la mort de cet homme était aussi parsemée de mystère car aucune trace de lutte autour de lui ou bien sur son corps n'avait été retrouvée. Tout le monde aurait pu penser à une crise cardiaque si seulement la jeune femme n'avait pas été vue en compagnie de Brûz, peu de temps avant sa mort. La raison pour laquelle Evrann était autant en alerte résidait sur ces derniers points. Elle était bien capable de terrasser un homme sans combattre.
Se redressant légèrement contre son dossier fait de roche. Il ne détourait toujours pas son regard de la rousse pour répondre.

- Un compagnon d'armes. Rien de plus. Ce n'est ni l'honneur, ni les irys qui m'amène à toi. Je peux te tutoyer ? L'homme se fendit d'un petit sourire glacial se moquant de son approbation. Ton... meurtre à "enrager" notre chef. D'où notre présence... Il accentua le "notre" pour faire comprendre qu'il n'était pas venu seul. Il leva cependant son doigt devant lui comme pour empêcher la jeune femme de prendre la parole, il sortit son outre d'eau et en engloutit une grande quantité, puis referma le récipient avant de reprendre.

- J'veux dire dans le fond, tu as amplement mérité ton sort. Être traquée comme un rat, un très joli rat je n'dis pas... Il mima un clin d'oeil enjôleur pour se moquer. Mais un rat quand même.

L'hostilité ambiante, aussi étrange soit-elle, l'excitait grandement. Pour penser avoir le dessus sur lui, la jeune femme devait soit être folle, soit être capable de l'impossible. Et son charme, aussi opérant qu'il pouvait l'être n'avait pas de réelle prise sur lui. Facsinante, c'était la réponse qui lui revenait le plus en tête. Il la détestait pour ses actions passées mais ce sont ces mêmes actions qui le fascinaient aussi.

Il eut été plus simple d'envoyer Wald, songea le mercenaire. Il aurait exécuté la sentence vite fait bien fait. Mais il aimait à penser qu'il n'avait pas une telle froideur en lui. Son passé l'intéressait, il n'arrivait pas à imaginer une personne née comme ça, avec pour seul désire de tuer.

Il allait la questionner sur ce sujet, lorsqu'il remarqua que la demoiselle détourna légèrement son attention. Accentuant ses sens, il entendit au loin du mouvement. Par pur réflexe, il généra un bouclier autour du feu pour l'étouffer sans laisser échapper la fumée. Après quelques instants, les sons indiquaient clairement la présence d'un animal, pas plus gros qu'un chien, sans doute un renard. Plongé dans le noir, il avait gardé une main en direction des flammes, l'autre avait rejoint le manche d'une de ses lames. Non pas pour se défendre d'un Intrus mais bien de la meurtrière. Il rit de façon incontrôlé, lui qui devait la tuer venait d'empêcher ses camarades de la trouver, bien que ce n'était pas eux.

Ce sentiment le tiraillait, il ne comprenait pas pourquoi. Il fit des mouvements lents pour ouvrir son bouclier, laissant un fin filet de fumée s'échapper. Les braises au contact de l'air reprirent leurs teintes rougeoyant avant de s'embraser à nouveau naturellement. Le feu était plus faible, mais bien suffisant pour chauffer et éclairer les alentours. La jeune femme ne semblait pas avoir bougé, pour son plus grand plaisir, mais il n'était pas difficile de constater qu'elle était plus tendue qu'avant.

Feignant un sourire, le mercenaire agita une brindille dans les flammes naissantes accélérant le processus de combustion.

- Alors ! Où en étions-nous ?
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Zora Viz'Herei
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Mer 24 Jan - 10:54
Irys : 2016303
Profession : Nécromancienne (en formation)
My'trän -3

Elle lui décoche un regard indifférent lorsqu'il lui demande avec insolence s'il peut la tutoyer. Qu'il fasse ce qui lui chante... Si ses dernières volontés adoptent la forme de la défiance alors qu'il en soit ainsi. Pourquoi s'en offusquer? Et puis elle obtiendra le respect qui lui est dû lorsque la souffrance aura remplacé l'arrogance et que les cris se seront substitués aux propos assurés. Cette certitude l'empêche ainsi de gaspiller sa salive pour un problème qui, dans le fond, semble fort dérisoire...

Elle se sent d'ailleurs flattée lorsqu'elle apprend peu après qu'elle a irrité le chef de son interlocuteur. Et même s'il ne semble pas décidé à lui dire de qui il s'agit ou à lui révéler l'identité de la personne qu'ils sont venus venger, elle s'en satisfera. Peu importe, de toute façon. Elle ne se souviendrait probablement pas de la personne à qui elle a ôté la vie. L'Oubli est l'ennemi naturel de la curiosité. Tout comme la morale semble être l'adversaire du bon sens. Ainsi donc elle doit vraisemblablement la visite d'Evrann au désir de vengeance de son chef, non à une quelconque initiative personnelle visant à venger la mort d'un être proche. Se souvient-il seulement du visage de celui ou de celle au nom duquel il périra?

La jeune femme se redresse en tentant d'afficher une assurance absolue. Pourtant elle puise dans sa magie pour amplifier son ouïe et distinguer d'éventuels bruits suspects qui pourraient témoigner de la présence des camarades de son visiteur. Elle est sceptique: pourquoi donc cette bande aurait-elle envoyé un semblant d'émissaire à sa rencontre alors qu'ils auraient simplement pu lui tomber dessus? Sont-ils tellement sûrs de l'emporter qu'ils ne s'embarrassent pas de la plus élémentaire prudence? C'est... vexant! Mais là encore elle garde le silence. Davantage pour ne pas manquer un indice auditif que pour répondre à la demande exprimée par le doigt levé de son interlocuteur.

La rouquine l'observe sustenter sa soif et une impression étrange, jamais ressentie, l'étreint. Ce visage lui est étrangement familier. Et davantage encore que les traits de l'homme, c'est son regard qui lui évoque quelque chose. Quoi? Elle ne saurait le dire. Et c'est bien là le cœur du problème... L'aurait-elle déjà croisé par le passé? Cette rencontre est-elle vraiment la première? L'adepte de Möchlog ressasse ses souvenirs jusqu'à ce qu'elle soit qualifiée de sans grande délicatesse de rongeuse.
"Peut-être mais malheureusement pour toi il se trouve que même les rats ont une utilité! Ne sont-ils pas destinés à se nourrir des restes de ce monde décadent?" lâche-t-elle, énigmatique, un sourire naissant à la comissure de ses lèvres. "Quant à mon sort... Ai-je l'air de m'en formaliser? Se faire traquer n'est rien de plus qu'une forme de reconnaissance. Peut-être même de récompense..."
Le signe qu'elle accompli correctement la volonté de Möchlog. Changer Irydaë n'a jamais été - et ne sera jamais - de tout repos. Cette mission s'accompagne d'un nombre considérables de désagréments, la route menant à la pureté du monde connu étant pavée de difficultés. Zora l'a accepté le jour où elle s'est rendue compte que ses congénères ne lui rendraient pas la tâche facile. Mais elle ne reculera pas. Plus maintenant.

Un craquement attire son attention. Elle détourne le regard et le pose sur la zone d'où le bruit provient. Ses mains se joignent, prêtes à libérer une magie salvatrice. Evrann, quant à lui, réagit en réprimant les flammes de l'âtre morbide en l'enveloppant d'un... bouclier. La fanatique plisse les yeux, prenant conscience qu'elle à affaire à un hérétique. Pourquoi la considérait-il s'il appliquait véritablement la volonté de Möchlog? S'il servait la divine Chouette comme il le fallait, il se tiendrait à ses côtés et ne se dresserait pas face à elle.

L'homme libère alors le feu de son emprise et ce dernier reprend peu à peu vie, dévoilant le sourire amusé de la rouquine. La réaction du noiraud souligne la différence qui sépare les vrais serviteurs de l'Architecte de ceux qui osent vainement évoquer son nom. En d'autres termes, le grain de l'ivraie. Elle, elle ne craint pas le danger. Car elle sait que son Maître veille sur elle en toute circonstance. Peut-il en dire autant? Vraisemblablement pas...
"Et bien tu ne m'as pas l'air très serein pour une personne qui prétend être venue accompagnée!" se moque-t-elle. "Aurais-tu quelque chose à te reprocher?"
Elle est maintenant certaine qu'il est bien seul. Ce qui la pousse à se détendre quelque peu malgré la tension étrange qui règne autours du feu. Mais certaines choses restent encore bien obscures aux yeux de l'adepte de Möchlog. Aussi lorsque la conversation semble être laissée à son initiative, elle ne se fait pas prier pour tenter d'éclaircir les zones d'ombres qui subsistent encore.
"Je me demandais... Pourquoi es-tu venu à ma rencontre? Qu'espères-tu obtenir de ce semblant de discussion? Est-ce de la simple curiosité?" s'étonne-t-elle. "De nombreuses personnes souhaitent - ou ont souhaité - m'envoyer vers ma prochaine existence. Mais de celles-là, tu es incontestablement la plus étrange. Ou peut-être tout simplement la plus inconsciente..."
Oui, elle a de la peine à comprendre ce qui anime la démarche de ce jeune homme. Et si elle le provoque, c'est tout simplement pour obtenir de quoi satisfaire sa propre curiosité. Maintenant l'arcane qui amplifie son ouïe, Zora rive son regard dans celui de son interlocuteur. Comme si elle cherchait à lire l'âme d'une personne qui ne la laisse pas aussi indifférente qu'elle aimerait le faire croire...




Zora s'exprime en: #8FBC8F (darkseagreen)

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Evrann Avuushtai
Mer 31 Jan - 7:15
Irys : 144789
Profession : Ex-vivant
My'trän +2 ~ Suhury
Le jeune homme commençait à se forcer de sourire pour montrer bonne figure, mais il ressentait dans ses entrailles cette chaleur qu'il redoutait tant. La jeune femme continuait de parler, mais le mercenaire n'y prêtait qu'une oreille. La lutte intérieure lui semblait intense. Zora avait du répondant, il s'en était rendu compte. Elle avait vraiment une réponse pour tout ce que le jeune mercenaire lui disait. Bien que sa justification sur les rats soit juste, c'était une image bien sombre de sa personne. Que voulait-elle dire ? Qu'elle était là pour se débarrasser des immondices, des restes pourrissant de notre monde ? Le mercenaire n'en démordait pas, cette jeune femme était dérangée.

Alors que la rousse commençait à se détendre pour une raison qui lui semblait obscure, lui, sentit ses mains se crisper autour de la lame qu'il n'avait toujours pas lâchée. L'air dédaigneux et assuré de la jeune rousse avait fait naître en l'homme son pire ennemi. Même avec la meilleure volonté du monde, il ne put revenir sur ce qu'il ressentait à son sujet. Cette femme l'agaçait par ses propos obscurs et ses manières. Et puis, comment pouvait-il être serein en sa compagnie. Il ne craignait pas ses compagnons, ce qu'il faisait n'était pas... mal. Étrange, mais pas interdit. Elle était la cause de ses craintes.

Il justifiait son action lorsqu'il avait étouffé les flammes par le simple fait qu'il voulait discuter. Le mercenaire n'était pas dupe, ce n'était qu'un faux prétexte. Il savait qu'il se mentait à lui-même, mais ne se sentait pas de faire autrement. Pourquoi ? Là est la question dont il ignorait la réponse.

Non, ce qu'il craignait était surtout de couper court à cette conversation pour le moins bizarre. C'était une erreur, toute cette conversation était une erreur car son corps désirait lui aussi mettre fin aux jours de la demoiselle. C'était là, sa plus grande malédiction, sa colère qui surgissait dans les pires moments, pour quelques mots qui le contraignait. Zora continuait ses petites menaces à peine dissimulées ce qui n'amusait plus le mercenaire. Il ne désirait pourtant pas lui couper la parole, profitant de cela pour se concentrer sur lui-même, mais il était déjà trop tard.

- Inconscient ? c'est exactement ce que je suis. C'était la réponse la plus simple qu'il pouvait donner sur ses agissements. Ressortant son sourire le plus glacial, le jeune mercenaire ne réussit pas à filtrer ses mots comme il l'entendait. Sa façon de parler des rats l'avait profondément troublé. - J'imagine que ce que tu penses faire est bien. Oh non, ne répond pas, attend que je finisse. Tu rejettes tes actions sur un but soi-disant profond peut-être même sur une déité. Les élus de l'ancienne époque étaient comme toi, il massacrait ceux qui les dérangeaient et faisaient passer cela pour la volonté des architectes. Pour une fois que l'enseignement sur la culture de ses ancêtres que lui avait prodiguée son mentor lui servait enfin. - C'est ce qui a coûté très cher à notre nation.

Ce n'était plus l'homme calme désirant discuter mais bien sa part la plus sombre, les prémices de sa colère qui parlait pour lui. Son point de vue avait changé du tout au tout, comme si un voile lui masquait la vue, lui montrant des images différentes de ce qu'il voyait avant cela. Comme si ce qu'il voyait désormais était la vérité absolue.

- Qu'avait-il fait ? En désignant le cadavre. T'avait-il regardé de travers ? Avais-tu simplement faim et sa nourriture te semblait plus attrayante que la tienne ? À moins que, non, il ne partageait pas la même opinion que toi? Un homme avec une vision différente, quelle horreur !

Il voulait taper là où ça fait mal, il cherchait la cause des agissements de la rousse. Non plus pour lui trouver une raison de l'épargner mais pour alimenter encore plus sa colère. Elle pourrait d'un point de vue extérieur trouver le mercenaire bipolaire tant sa façon de parler, ses mouvements, même son regard déjà trop sérieux d'ordinaire s'assombrissait.

Portant son attention sur les mouvements de la jeune femme comme si son corps lui commandait d'y prendre garde, malgré la mise en garde qu'il se lançait de lui-même durant le début de la conversation. Sa magie à l'oeuvre, la chaleur se répandait dans tout son corps, vivifié par les pulsations magiques de son altération des sens. Allait-il assujettir la jeune femme qui prenait bien trop ses aises ? Dans son for intérieur, il se le refusait mais il n'était plus certain de qui commandait. Il maintenait pourtant sa part de violence avec aisance. Ces derniers mots étaient peut-être ce qu'ils voulaient vraiment dire ou... savoir.


Dernière édition par Evrann Avuushtai le Jeu 1 Fév - 0:21, édité 1 fois
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Zora Viz'Herei
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Mer 31 Jan - 14:55
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Elle garde le silence tandis que l'homme s'exprime. Et pourtant l'envie de le reprendre à chacune de ses erreurs est bien présente. Zora se contente pourtant de quelques soupirs et autres froncements de sourcils pour marquer son désaccord. Cette conversation ne manque pas d'intérêt. Elle est forcée de le reconnaître. Et malgré les divergences évidentes qui séparent ces deux âmes, elles semblent toutefois avoir un point en commun: la curiosité. Une curiosité qui retient la rouquine de mettre un terme à cet échange. Et qui motive peut-être Evrann à faire de même.

L'adepte de Möchlog observe longuement le jeune homme. Comme si une observation attentive du regard sombre de son interlocuteur pourrait suffire à expliquer la colère qui s'y lit. Quel est son vécu? Pourquoi la divine Chouette l'a-t-il placé sur sa route? Rien n'arrive par hasard. Pas lorsqu'un dieu du destin anime chacune des marionnettes qui peuplent Irydaë. L'Architecte souhaite-t-il qu'elle le tue? Ou veut-il simplement qu'elle la rallie à sa cause? Le noiraud, s'il semble réfractaire, souhaite visiblement comprendre ce qui anime sa contemporaine. Et c'est suffisamment rare pour qu'elle l'ignore...
"Ce qui a coûté très cher à notre nation, Evrann Avuushtai, ce ne sont pas ceux qui agissaient au nom des dieux. Ce sont ceux qui prétendaient le faire..." nuance-t-elle. "Ceux qui, aujourd'hui encore, placent leurs intérêts personnels avant ceux des Architectes. Ceux qui ont oublié que la foi impose des sacrifices et le don de soi. Ceux qui s'acharnent à me considérer comme une criminelle tout en osant se proclamer défenseurs de la morale. Ceux qui se complaisent dans la vision simpliste d'un monde divisé entre le bien et le mal. Et, enfin, ceux que tu gratifies de ton mépris mais dont tu te fais pourtant le chantre en te dressant face à moi ce soir..."
Elle retire sa couverture et se relève pour s'approcher du feu. Ce faisant, elle décoche un regard à Evrann. Ne serait-ce que pour lui faire comprendre qu'elle n'a pas d'intentions hostiles à son égard pour l'instant. Ses yeux glissent ensuite sur les restes de ce qui fut autrefois un humain insultant Möchlog par sa seule existence. Sa main se porte à la rencontre des joues noircies qu'elle caresse alors avec une tendresse morbide. Mais le bouclier qu'elle a dressé pour se protéger des flammes l'empêchent de savourer pleinement ce contact singulier.
"Ce que cet homme m'a fait? Rien. Absolument rien..." reprend-t-elle. "Je ne tue pas les gens pour taire leurs opinions ou pour m'approprier les richesses qu'ils possèdent. Et je ne le fais pas davantage pour satisfaire les bas instincts que l'on me prête ou pour satisfaire une quelconque folie. Quoi que tu puisses penser - et bien que cela puisse te décevoir - je ne suis pas la dégénérée que les gens adorent dépeindre.
Elle s'approche alors du noiraud avant de mettre un genou à terre face à lui. Elle l'observe alors longuement. Patiemment. Quelle est la nature de l'âme qui se terre derrière ce regard envoûtant? Est-il un véritable ennemi? Un probable allié? Cette incertitude titille sa curiosité mais également le plaisir qu'elle prend peu à peu en échangeant avec lui. C'est finalement un vague sourire qu'elle lui adresse avant de reprendre:
"Si j'ai tué cet homme, c'est parce que Möchlog l'exigeait. C'est sa volonté qui m'anime, non la mienne. Quant à mon intérêt personnel... Je suis recherchée dans plusieurs régions et considérée avec mépris par l'extrême majorité de nos compatriotes. Je suis condamnée à subir les jugements incessants de mes pairs. Et je ne te parle même pas de ceux qui veulent planter ma tête au bout d'une pique ou voir mon corps se balancer au bout d'une corde! Parfois même les deux à la fois..." s'amuse-t-elle. "Alors dis-moi Evrann: quel bienfait puis-je tirer de cette vie de paria si ce n'est le plaisir de contenter mon Architecte?"
Elle hausse légèrement les épaules comme pour souligner l'évidence de ses propos. Tout ce qu'elle fait, c'est servir Möchlog. Et cela n'a rien d'un crime. Elle se contente simplement de suivre la voie que son Architecte à tracée pour elle. Est-ce... bien? Mal? Ce n'est que l'expression d'un destin parmi tant d'autres. Certains s'acharnent à sauver des vies. Elle, elle s'emploie à préserver des âmes...
"Je ne suis qu'un l'humble servante de la Chouette..." conclue-t-elle avant d'approcher sa bouche de l'oreille du noiraud. "Peux-tu en dire autant?"




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Evrann Avuushtai
Jeu 1 Fév - 2:47
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Le jeune homme détourna le regard lorsque la demoiselle caressa le malheureux dans les flammes. Était-ce prémédité ? Savait-elle qu'il allait détourner le regard. Elle profita pourtant de son dégoût pour s'approcher de lui. La main du mercenaire tenait toujours fermement son arme qui décollait doucement du sol à l'approche de la rousse. Un genou au sol, son visage s'approchant de plus en plus du sien, l'homme décala sa tête légèrement par prudence, surprit de ce qu'elle faisait, mais elle s'arrêta avant le contact. Son visage pourtant était bien trop près, au point qu'il sentait le souffle chaud de son interlocutrice à chaque expiration. Une odeur forte, très féminine se dégageait de la rousse, un parfum presque enivrant. Était-ce là son but ? Le charmer... Pendant ce court instant, l'homme aurait pu succomber aux lèvres de la jeune femme, sa colère intérieure s'évanouissant, la chaleur de cette dernière remplacée par une nouvelle, bien plus agréable. Puis elle mentionna Möchlog. Ce simple nom eut l'effet de le faire sortir de cette torpeur.

Ainsi donc, elle servait Möchlog. Le mercenaire n'aurait jamais pu le deviner. Elle caressait bel et bien un cadavre dans les flammes, mais cela ne lui avait pas traversé l'esprit sur le moment. Un bouclier ! songea-t-il. La suite de son discours était plus ou moins comme il l'avait pressenti, elle rejetait ses meurtres sur le dos de la grande Chouette. Mais son cas était bien plus intéressant. Elle n'avait pas tort, que pouvait-elle en tirer comme profit en fin de compte. Sa dévotion était effrayante, elle se vouait corps et âme à une quête fantasque qu'elle s'était imaginée au nom de Möchlog. Une fanatique. Ils étaient plus rares mais tout aussi dangereux que les élus de l'ancienne époque, car il ne craignait pas la mort contrairement à ces derniers.

"L'humble servante de la Chouette et Peux-tu en dire autant?"... Ces mots résonnèrent dans sa tête pendant quelques secondes. Est-ce qu'il pouvait en dire autant ? Elle avait sans doute remarqué que le mercenaire tirait lui aussi ses pouvoirs de Möchlog, mais à aucun moment, il n'avait ressenti l'envie, ni le besoin de le servir comme elle le faisait. Sa question méritait réflexion et elle embrouilla son esprit car il n'y trouvait pas de réponse.

Comme sa réponse ne lui parvenait pas, une voix intérieure lui dictait quoi dire. Cette voix, il la connaissait bien. Il s'agissait de Keira, ou du moins, une phrase qu'elle avait prononcée lorsqu'ils étaient plus jeunes. Evrann glissa sa lame sous la gorge de Zora qui semblait surprise par les mouvements du mercenaire. Une conviction nouvelle se lisait dans ces yeux verts. Il se redressa lentement, élevant sa lame sous le menton de la rousse pour qu'elle fasse de même, en suivant la même lenteur.

Une fois debout, les deux adeptes de la Chouette se faisaient face, leurs visages toujours trop proches l'un de l'autre. De son autre main, il saisit Zora par la taille pour la coller contre lui. Glissant sa main le long du corps svelte et gracile de la jeune femme, à la recherche d'une quelconque arme blanche. Malgré tout, il n'oubliait pas la menace qu'elle représentait, surtout après ce qu'elle venait de lui dire. Leurs yeux ne se quittaient pas durant toute l'opération. Il aurait même juré apercevoir du coin de l’œil, une grimace sur le visage innocent de la rousse. Son inspection ne dura pas longtemps, bien qu'il n'ait pas bronché pour quelques minutes supplémentaires.

Reculant de quelques pas et décollant sa lame peu à peu pour y placer finalement la pointe contre la poitrine de la demoiselle. Aussi étonnant que cela puisse paraître, il redevenait maître de lui. Les explications qu'elle lui avait fournies avait-elle suffit à calmer sa part d'ombre? Son charme était-il bien plus fort qu'il ne se l'était imaginé ? Dans tous les cas, les mots qui sortirent de sa bouche étaient les siens. Ceux qu'il voulait prononcer, avec sa détermination qui lui était propre.

- Je ne sers personne ! Pas comme tu le pense. N'était-ce pas ce qu'il faisait en réalisant les basses besognes de son Akhmad ? Non, il avait besoin d'obéir s'il voulait un jour dominé, de ça, il en était convaincu car c'était le mots que lui avait dit Elb' - Ils nous ont donné un libre arbitre, ce n'est pas pour que j'obéisse aveuglément aux bons vouloirs des architectes. Je n'obéis qu'a ceux que JE souhaite obéir ! Je ne sers que ceux que JE désire servir ! Pendant, une fraction de seconde, il repensait à Elbereth Ursgal. Keira et lui avaient fait la promesse de toujours lui être fidèle à elle, et personne d'autre, voilà où se dirigeait sa dévotion. La seule personne pour qui Evrann commettrait l'affront ultime en défiant les dieux. - Nous avons tous deux nos raisons. Je ne comprends toujours pas les tiennes, comme tu ne comprendras sans doute jamais les miennes.

Retirant la lame oppressant la poitrine de la rousse, le mercenaire la jeta au sol, aux côtés de sa jumelle d'acier. Un pas après l'autre, l'homme s'approcha de la fanatique, reprenant sa position précédente, quelque centimètre en face d'elle. Ses jambes n'avançaient plus, mais son corps continuait d'approcher. Les cheveux flamboyant lui caressant le visage, il murmura à la rousse:

- Je te hais ! Ta vision du monde me répugne, mais... Il marqua une pause, ce qu'il allait dire était honnête, mais il lui fallait du temps pour se sentir capable de le dire. - Tu ne mourras pas de ma main, pas aujourd'hui. Souffla-t-il, comme soulagé de le dire. La jeune femme avait réussi là où tant d'autres avaient échoué. Sa colère, sa haine. Tout ça était toujours présent, mais elle les avait enfouie derrière d'autres sentiments presque inconnus du mercenaire. Il était confus, incapable de dire si elle avait raison ou tort. Incapable de dire ce qu'il ressentait pour la fanatique et tout cela lui importait peu sur le moment. Son choix était désormais fait. Sa traque venait de prendre fin. Il s'agissait d'un choix stupide. Wald le comprendrait peut-être s'il lui en parlait, mais les autres non. Cela restera donc son secret.
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Zora Viz'Herei
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Jeu 1 Fév - 17:35
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Ce n'est pas une réelle surprise lorsque elle sent la lame se poser contre son cou. La fraîcheur relative de l'arme lui arrache un léger frisson. Davantage à cause de la menace qu'elle représente qu'à cause de la nuance thermique. Zora perd son sourire mais continue de darder un regard ampli de défi dans celui du noiraud. Elle pressent qu'il ne la tuera pas. Et pourtant elle n'en est pas absolument certaine. Cette frontière invisible qui sépare le léger doute de la certitude est peut-être aussi dangereuse que grisante. C'est dans ces moments que l'on se rappelle à quel point la vie est agréable...

La rouquine accompagne le mouvement du mercenaire et se relève à sa suite. Elle lâche ensuite un reniflement agacé lorsque la main du jeune homme parcourt son corps à la recherche d'une arme. À moins que ce ne soit qu'un prétexte pour découvrir un territoire qu'il s'autorise à explorer? La disciple de la Chouette se contente pourtant de jouer la carte de la docilité. Il s'agit de ne pas lui donner un prétexte pour faire couler le sang. Son sang. La peur pousse souvent les gens à faire des actes qu'ils seront amenés à regretter.

Puis il met un terme à cette promiscuité à la fois dérangeante et agréable. Mais sa lame, elle, reste fermement campée sur la poitrine de la rouquine qui se contente toujours de faire preuve d'abnégation. Elle écoute alors Evrann lui assurer qu'il s'est affranchi du destin et qu'il est à la barre de sa propre existence. Zora lâche un léger rire cristallin. Davantage moqueur qu'amusé. Pense-t-il sincèrement ce qu'il dit? Le libre arbitre n'est qu'une illusion. Une illusion bien plus pernicieuse que celles maniées par les disciples de Khugatsaa...

Et pourtant elle est surprise lorsque la lame cesse de la menacer pour rejoindre sa jumelle sur le sol, près du feu. Il vient de lui prouver qu'il n'est pas une menace. Ou, plutôt, qu'il n'a pas les moyens d'en être une. Et là encore, elle ne s'en étonne guère. Möchlog n'aurait pas autorisé un autre de serviteur faire du mal à celle qui incarne Sa volonté sur Irydaë. Tout ceci répond à la plus pure logique. Et ne fait que conforter la rouquine dans sa conviction: de tous Ses enfants, elle est Sa favorite!
"Le libre arbitre n'est qu'une illusion..." lâche-t-elle après un certain temps. "Tu peux croire que tu prends tes propres décisions ou que tu choisis le chemin que tu empruntes. Mais chaque mortel, qu'il en ait conscience ou non, n'est rien de plus qu'une marionnette soumise au bon vouloir de Möchlog. Ne fais pas l'erreur de confondre ta volonté avec celle de la Chouette!"
Ne la hait-il pas? Ne le répugne-t-elle pas? À l'entendre, c'est précisément le cas. Et pourtant sa lame est maintenant au sol, inanimée. Et elle, elle est toujours vivante. Comment expliquer autrement le fait qu'il rechigne à la tuer? Pense-t-il toujours qu'il est aux commandes de son existence? Est-ce que son ego l'empêchera longtemps de considérer une vérité difficilement réfutable?

Mais Zora, malgré l'assurance dont elle se drape, est également soumise à un dilemme. Car elle ne souhaite plus tuer cet homme singulier. Il est bien différent de ceux qu'elle a eu l'occasion de rencontrer jusque-là. C'est la première fois que quelqu'un se comporte de la sorte en sa présence. Ou qu'on lui laisse l'opportunité d'exposer ses motivations. Pourtant la façon d'être d'Evrann ne suffit pas entièrement à expliquer pourquoi il est toujours en vie.

Il y a ce petit quelque chose de plus. Cette chose qui vous pousse à considérer une personne d'une manière différente et à lui accorder un semblant de patience et de compréhension. Il ne la laisse pas indifférente. Elle ne peut le nier. Et pourtant elle n'explique pas ce qu'elle peut difficilement considérer autrement qu'une évidence. Des êtres sont destinés à se rencontrer. Leurs chemins, à s'unir. Elle en a l'intime conviction. Est-il de ceux qui sont appelés à la servir? À survivre à la purge dont Möchlog l'a chargée?
"Ainsi donc tu refuses de te dresser contre moi..." savoure-t-elle. "Alors permets-moi de te proposer une alternative: sers-moi! Je te montrerai ce qu'est la vraie foi! Je changerai ta vision du monde et t'apprendrai à servir Möchlog comme il se doit! Et lorsque je régnerai en Son nom sur Irydaë, tu auras une place à mes côtés!"
Les mercenaires ne sont que des animaux enragés. Ils sont guidés par le seul profit, non par le bon sens ou la dévotion. Ce sont des êtres méprisables qui compensent l'absence d'un but en s'appropriant ceux de leurs clients. Qui voudrait d'une vie pareille? Evrann, elle le pressent, n'est qu'une âme égarée à la recherche d'une vraie raison de vivre. Elle peut le lui offrir. Et bien plus encore. Si cette proposition le fera peut-être sourire, elle est faite sur un ton absolument sérieux. Signe que la rouquine ne plaisante pas et qu'elle pense chacun des mots qu'elle vient de prononcer.

Elle s'approche alors de cet homme et retrouve une certaine forme de promiscuité avec lui. Zora sait que les hommes peuvent aisément être distraits par un souffle chaud, l'odeur d'un parfum ou un regard ravageur. Le charme est une arme bien plus mortelle que la plus affûtée des lames. Il n'ôte pas la vie. Il lui offre une saveur toute particulière. Et il est bien plus puissant que le plus ravageur des poisons.
"Agenouille-toi! Accepte le rôle que tu es appelé à jouer!" lui propose-t-elle. "N'est-ce pas que ce que tu souhaites faire, au fond de toi? N'écoute pas ta conscience. Écoute ton cœur. Écoute Möchlog!"
Accepte ta destinée...




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Evrann Avuushtai
Mer 7 Fév - 7:57
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Quiconque connaissant le soudard, ce serait caché après la demande... particulière de la rouquine. Lui-même pendant un court instant, avait une expression figée. Un mélange de stupeur et d'une hilarité intérieur. Le mercenaire n'en revenait pas de ce qu'elle osait lui demander, et pourtant, il pensait ne plus pouvoir être étonné de cette manière par elle. Il avait déjà voulu répliquer à ses remarques sur le libre arbitre mais il se doutait que ce serait un duel de sourd, il n'insista alors pas.

Reprenant ses esprits peu à peu, un rire moqueur sortit naturellement. Il s'éloignait, tournant le dos à la rouquine, sa voix forte et son rire étaient amplifiés par le silence nocturne et cela dura quelques minutes pendant lesquelles il marchait en rond, passant près de Zora et la frôlant à plusieurs reprises. Il s'agissait avant tout d'une manière de se calmer, il était normal avec tant de contradiction avec son mode de vie que le reître sente à nouveau la colère grandir en lui, bien qu'il s'amuse de la situation et de sa demande on ne peut plus sérieuse.

S'approchant de la fanatique, le sourire aux lèvres, il dégagea du revers de la main, les cheveux cachant le cou de Zora. Saisissant ce dernier, il contracta ses muscles dans un élan de soumission. Il sentait ferment une force l'empêchant de resserrer son emprise sur elle, mais le mercenaire n'avait nullement l'envie d'arriver à cette extrémité. À bout de bras et ses doigts serrant le bouclier qu'elle générait autour de son cou, le soudard n'avait pas besoin de déployer de force magique tant la jeune femme était légère. Il l'éleva donc d'une vingtaine de centimètres de sorte qu'elle lui fasse face.

- Écoute-moi bien, tu ferais mieux de ne pas abuser de ma clémence. dit-il entre deux rires. il ajouta sur un ton sérieux en adéquation avec la situation: - Choisis donc tes prochains mots avec soin, il se pourrait que tu n'aimes pas les conséquences de ceux-ci. Dans le fond, il n'en avait pas vraiment l'intention, ni même l'envie. Mais si elle était assez folle pour lui demander cela, il se devait de montrer que lui non plus n'était pas un tendre. Certes, elle l'avait en quelque sorte charmer, mais ce n'était pas la première et probablement pas la dernière fois que cela lui arrivait malgré la bizarrerie du contexte.

Le jeune homme laissa redescendre la rouquine pour qu'elle puisse poser pied-à-terre. Cependant, il ne lâcha pourtant pas sa prise sur elle, déployant même un peu de force magique pour resserrer encore plus son entrave. Il gardait sa grimace moqueuse pendant toute l'opération mais ses yeux disaient clairement qu'il ne plaisantait pas.

- Si je devais écouter mon coeur, là maintenant, tu serais sans doute moins arrogante. Tu peux croire qu'une force supérieure me dicte de t'épargner, mais la raison est bien plus primaire que ça, seuls tes courbes et ton joli minois m'en empêchent. Je ne suis qu'un homme après tout. Il la repoussa tout en lâchant prise. Son geste était sec et il ne modérait plus sa force lorsqu'il la repoussa. Il avait bien assez joué les bons gars comme ça.

De son pied, il remonta habilement ses deux lames qu'il rattrapait au vol avant de les repasser dans leurs fourreaux. Croisant les bras face à la demoiselle, il reprit sur un air enjoué: - Tu peux te voir comme son élue, mais dans ce cas, sache que tu n'en es qu'une parmi tant d'autres. Je connais des gens à qui Möchlog accorde aussi sa confiance et ces gens en retirent des pouvoirs bien plus grands que tu ne l'imagine. Il marqua une pause, observant la fanatique. - Oh oui, bien plus grand. Tu ne tiendrais pas deux secondes face à eux. Il termina sur une phrase visant à blesser l'orgueil de la rousse: - Alors, à mes yeux tu es plus proche de l'hérétique qu'ils ne le sont. Tu es encore trop faible pour que je puisse te croire, malgré ta dévotion effrayante, j'ai l'impression que la Chouette ne t'a pas tant que ça à la bonne. Le reître se mit à rire fortement, fier de sa remarque, sa voix faisant écho contre les parois rocheuse.
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Zora Viz'Herei
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Lun 12 Fév - 18:00
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My'trän -3

Étrange ou non, elle apprécie ce petit jeu qui s'installe lentement entre eux deux. Cette conversation, ponctuée par les crépitements du feu, est de loin la plus amusante qu'elle ait eu l'occasion d'avoir avec un hérétique. Il est détestable, bien sûr. Mais Evrann ne peut pourtant être réduit à ce simple constat. Il est en proie au doute. Ses actes et ses mots le prouvent. Et c'est tout simplement délectable... L'homme est semblable à de l'argile soumis aux mains du potier. Que deviendra-t-il? Quelle forme finale adoptera-t-il? C'est la question qui prédomine désormais dans l'esprit de la rouquine.

Elle le toise avec un mélange de curiosité et de défiance. Et pourtant elle ne se défend pas physiquement contre la poigne du noiraud qui la maintient désormais au-dessus du sol. Elle oppose sa foi à sa force, puis à sa propre magie lorsque l'étau de chair se raffermit sur sa gorge lorsqu'il la repose au sol. Le bouclier vacille mais tient bon. Et si ce contact devient inconfortable, il ne représente toujours pas une menace tangible pour l'instant. Du moins, ne vient-il pas remettre en cause l'intérêt que Zora porte à ce mercenaire bien singulier. Ce qui explique d'ailleurs pourquoi il tient toujours sur ses jambes, lui aussi.

Lorsqu'il la relâche, elle titube et se réceptionne avant de tomber sur les fesses. Et pourtant elle garde son sourire narquois. Sourire qui s'accentue lorsque le guerrier les raisons qui se cachent derrière le semblant de retenue dont il fait preuve. Ainsi donc elle doit la vie à son apparence? Ou, plutôt, au désir qu'elle fait naître en lui? Elle lâche un rire moqueur, étrangement doux par rapport au sentiment qu'il exprime.
"Donc tu n'essaies pas de me tuer tout simplement parce que tu me trouves... jolie?" s'amuse-t-elle. "C'est parfaitement pathétique!"
Elle n'a pas besoin d'accentuer le regard de mépris qu'elle lui adresse. Il est parfaitement authentique, inspiré par des émotions bien réelles. Ainsi donc elle serait morte si Orshin s'était montrée moins clémente? On peut certainement lui reprocher nombre de choses. Mais certainement pas de juger les gens en fonction de leur apparence. Elle tuerait le plus bel homme de My'trä si seulement il était impur. Et elle épargnerait le plus laids des gueux pour peu que son corps soit préservé du pêché. En revanche Evrann semble être l'incarnation d'un cliché qui ne lui évoque, au mieux, qu'une vague forme de pitié.
"Fort heureusement il se trouve que certains hommes arrivent à réfléchir avec autre chose que le fleuron de leur anatomie..."
Sans quoi Irydaë serait depuis longtemps sous le contrôle total des femmes. Néanmoins elle perd son sourire lorsque le noiraud reprend la parole pour mettre en avant un détail sur lequel elle s'est longuement questionnée. Sa puissance! À vrai dire il n'en a rien vu, ou presque. Zora suppose donc qu'il se base sur ses propres observations pour évaluer son niveau. Toujours est-il qu'il n'a pas tort. Il existe nombre de mages plus puissants qu'elle.
"Difficile de nier l'évidence..." répond-t-elle, haussant les épaules. "Le pouvoir a un prix! Il ne suffit pas de croire pour obtenir une puissance illimitée. Ce serait bien trop facile. Et tout le monde pourrait alors prétendre obtenir le rang de Maître! Je ne suis peut-être pas aussi puissante que d'autres mais crois-moi lorsque je te dis que finirai par devenir la plus éminente des mages de Möchlog!"
Ce n'est qu'une question de temps et de dévotion. Elle sera la plus jeune des Maîtresses, capable d'égaler tous ces vieux croûtons du Conseil de la Divergence avant de passer le cap des trente printemps. Elle en est convaincue. Et peut-être qu'Evrann le pressent lui aussi puisque sa dernière phrase semble laisser présager qu'il pourrait bien la suivre un jour.
"Lorsque ce sera le cas, j'accepterai peut-être que tu viennes ramper à mes pieds pour te répandre en excuses." envisage-t-elle. "C'est en gardant cette possibilité à l'esprit que je t'épargne aujourd'hui. Simplement pour que tu puisses mesurer l'étendue de l'erreur que tu es en train de commettre! Et peut-être aussi pour le plaisir de te voir implorer ma clémence!"
Elle l'observe avec un instant avec un semblant d'amusement avant de retourner s'envelopper dans ses couvertures. Elle comprend totalement que sa fierté l'empêche de voir ce qui est pourtant une évidence. Elle accepte ses doutes. Des doutes légitimes et qui l'étreindraient sûrement elle aussi sur leurs rôles étaient échangés. Mais il ne pourra pas se soustraire à la vérité.
"Mais réjouis-toi: ton impératrice aura au moins l'avantage d'avoir un - comment dis-tu, déjà? Ha oui! - un joli minois!" se moque-t-elle. "Voilà qui devrait rendre les choses plus supportables!"
Elle lui décoche un dernier regard moqueur. Puis son sourire s'estompe tandis qu'elle reporte son attention sur le ballet ondoyant des flammes. Evrann peut rester s'il le souhaite. Ou il peut rejoindre les ténèbres pour disparaître. Jusqu'à leur prochaine rencontre, tout du moins...




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Evrann Avuushtai
Jeu 15 Fév - 5:17
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My'trän +2 ~ Suhury
À plusieurs reprises le mercenaire esquissa un sourire. Elle avait le don de comprendre les choses de travers, sans doute biaisé par ses croyances tordues. Le pompon était sa remarque sur les capacités intellectuelles des hommes.

- Si tu rencontres un homme qui ne réagit pas lorsque tu roules du cul, méfies-toi, ses vices sont probablement bien plus crades que les miens. Comme l'homme immature qu'il est, il s'amusa de sa réflexion.

Le reître pensait qu'il était temps de partir, il n'avait plus rien à faire. Que ce soit pour elle comme pour lui. Il avait obtenu un semblant de réponse à ses nombreuses interrogations la concernant. Alors, qu'il se préparait mentalement à la quitter, la rousse reprit sa place initiale, en face des flammes sous les couvertures. Il ne comprenait pas, il avait pourtant été clair sur ce sujet. Du moins, il le croyait fermement. Il la laissa pourtant faire à son aise, écoutant d'une oreille presque attentive ses âneries. Ses mots n'avaient plus la même teneur maintenant qu'il lui semblait avoir touché un point sensible. Elle s'était calmement emmitouflé, cela avait pris un petit moment. Se posant à coté d'elle, et la fixant d'un regard dur avec une pointe d'incompréhension, il asséna un coup de pied dans le cocon qu'elle venait de se fabriquer, le coup était doux sans aucune force, juste suffisamment pour qu'elle réagisse. Il en asséna un second, mais cette fois plus fort et plus ferme. Il ne voulait pas spécialement lui venir en aide, surtout après ses propos, mais il ne voulait pas qu'elle meure bêtement après le combat mental qu'il venait de mener contre lui-même pour l'épargner.

- Décidément, soit ta trop grande confiance te rend stupide, soit tu es une idiote de nature ! Il se voulait accusateur, mais ça l'amusait grandement. Il se demandait comment elle avait fait pour survivre plus longtemps. D'un geste précis, il recréa un dôme autour du feu. Plus intense et résistant. Le feu s'éteignit presque instantanément, pour ne plus à voir à se rallumer. Il tira sèchement la couverture de la rousse pendant un moment, il pensait que la rejoindre dessous ne serait pas un moindre mal, mais il chassa rapidement cette pensée. Enroulant le tissus entre ses mains rapidement avant de la jetée aux pieds de la demoiselle.

- Mais qu'est-ce que crois pouvoir faire, Madame l'impératrice? Gronda-t-il sur un ton moqueur. - Si tu as dans l'idée de charmer mes compagnons aussi, autant te prévenir à l'avance. Jettes-toi dans les flammes. Ta mort n'en sera que plus douce. Garts se laisserait surement tenter, pensa-t-il, pour les deux autres, c'était peine perdue. Stern était bien trop fidèle à la compagnie pour désobéir à un ordre... mais le pire était Vald. - Mon... ami, t'épargnerait si je lui demandais, j'en suis certains. En réalité, il n'en était pas convaincu, Wald avait le don d'être... - ...Instable. Il venait de le dire à voix haute sans s'en rendre compte. - Il est malheureusement instable, même-moi j'ai du mal à le canaliser. Et ce n'était pas peu de le dire. Le reître aimait son ami, mais il gardait en lui une crainte. - Il est hors catégorie de ce que l'on disait tout à l'heure... Il ne pense ni avec son cerveau, ni avec son sexe. Il pourrait bien être, le contre-destinée qu'une personne comme toi devrait redouter.

Tendant la main vers Zora pour qu'elle se redresse, Il lui assura un appui stable. Ses yeux s'habituèrent vite à l'obscurité ambiante et ce, grâce à un coup de pouce magique. Alors en fidèle adepte de la chouette, il ne doutait pas qu'elle puisse elle aussi voir comme lui.

Evrann réfléchissait en s'approchant d'un rocher avant de s'y appuyer., il faisait presque dos à la rouquine, s'imaginant la carte de la région dans les moindres détails. Après quelques minutes de réflexions, il convenait avec lui-même que c'était la meilleure route à prendre. Ses yeux se perdirent à l'horizon, un renard, sans doute le même que tout à l'heure restait hors de portée des deux adeptes de Möchlog. La pupille brillante de l'animal entra en contact avec ceux du soudard qui sourit - Tu l'ignores peut-être, mais nous ne sommes pas de simple mercenaire... Je me présente à nouveau. Evrann Avuushtai, Nyarav des Myangan ild de Darga. Il insista sur le lieu de sa horde, comme pour confirmer une menace. Il était impossible pour tout bon My'trä qui se respecte de ne pas avoir entendu parler des Myangan ild, en bien comme en mal. Il se dit qu'il aurait tout aussi bien dû commencer par là pendant les présentations. Peut-être qu'elle aurait été moins sûre d'elle, bien qu'il en doutait.

Pourquoi voulait-il qu'elle s'échappe. Par fierté serait la réponse la plus cohérente, mais il y avait toujours ce petit quelque chose qu'il ressentait pour elle. Cette chose qu'il ne dont il n'arrivait pas à poser un nom dessus.
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Zora Viz'Herei
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Jeu 15 Fév - 7:26
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Celui-là, il semble véritablement pressé de mourir. À tel point que son acharnement mériterait d'être récompensé. Zora tourne un regard las vers celui qui est venu égayer et assombrir une nuit qui semblait destinée à la confiner dans cette solitude qu'elle apprécie tant. Et pourtant l'homme s'obstine et prends place à côté d'elle. N'a-t-elle pas été assez claire? Qu'espère-t-il de plus d'elle? Elle lui laisse la vie sauve et lui offre l'opportunité de se rendre compte de l'erreur qu'il a commise ce soir en refusant de la servir. Et pourtant il ne semble pas satisfait par ce privilège qu'elle n'a que rarement accordé jusque-là...

Les yeux de la rouquine se plissent lorsqu'il ose lui décocher un léger coup de pied, davantage taquin que violent. Qu'il se permette une telle chose semble... irréel. Elle vérifie d'ailleurs qu'elle n'est pas en train de glisser dans un quelconque songe déplaisant en ranimant son corps en proie à la fatigue. Un second coup, plus insistant cette fois-ci, lui confirme également qu'il s'agit bien de la réalité. C'est alors un regard mêlant irritation et incompréhension qu'elle lui décoche. Et également une touche d'amusement lorsqu'il la gratifie d'une remarque désobligeante et bien loin de la réalité. Stupide? Idiote? N'a-t-il donc rien compris? Est-il plus doué pour entendre que pour écouter?
"Il se peut que je sois un peu stupide, en effet..." admet-elle finalement. "Sans quoi tu serais déjà en train d'orner ces flammes!"
Comment expliquer autrement le fait qu'il puisse encore se servir de sa bouche à mauvais escient? Résumer sa survie au seul plaisir qu'elle aura à le voir ramper à ses pieds est un brin illusoire. En réalité elle n'explique pas la patience dont elle arrive tant bien que mal à faire preuve envers lui. Evrann brille toujours par son étrange faculté à allier des sentiments contraires. Il l'énerve autant qu'il lui plaît. Et l'explication réside peut-être dans cet antagonisme. Elle ne souhaite pourtant pas pousser la réflexion à son sujet. Aurait-elle peur de découvrir quelque chose qui lui déplaît?

La rouquine pousse un soupire agacé lorsqu'il s'amuse à étouffer les flammes puis la prive de sa couverture. Elle se redresse alors en ignorant la main qu'il lui tend. Une manière de lui rappeler qu'elle n'a pas besoin de lui. L'obscurité ne lui a jamais déplu. Elle s'est toujours sentie à sa place dans les ombres, drapée dans les ténèbres. Le monde est merveilleux lorsque vos yeux se sont habitués à l'absence de clarté. Pas plus beau. Juste... différent. Elle observe d'ailleurs un instant les environs baignées par la douce clarté du ciel. Ciel vers lequel elle lève les yeux lorsque le noiraud la gratifie d'une remarque sur ses compagnons. Les charmer? Aussi? Est-il déjà tombé sous la coupe de cette beauté qu'il semble glorifier?
"Ce que je ferai face à tes compagnons?" répète-t-elle. "Et bien... je les tuerai! Tous! Du moins ceux qui m'y obligent ou qui sont marqués par Möchlog! Quant à ton ami..."
Elle hausse les épaules, ne sachant que dire. Ou, plutôt, que faire. Elle apportera peut-être une attention toute particulière à celui-là. Ou peut-être qu'elle l'achèvera comme le reste de ses compagnons. Peu lui importe, en fait. Confiante en sa foi, entièrement dévouée à son Architecte, elle ne risque rien. Et si elle doit mourir alors... elle mourra. Elle ne peut lutter contre les décisions de Möchlog, même lorsqu'elles lui sont défavorables. Et elle ne le souhaite d'ailleurs pas. Quoi qu'il arrive, la Chouette l'aura décidé. Zora, elle, se contentera de l'accepter. L'avenir ne lui fait pas peur. Seul le passé est en mesure de l'ébranler...

Elle observe Evrann s'adosser à la roche et s'en éloigne quelque peu pour venir tourner le dos à ce qui était encore un brasier plein de vie quelques instants plus tôt. Le noiraud lui révèle alors le nom de sa compagnie et le poste qu'il occupe dans cette dernière. Elle a déjà entendu ce nom. Qui ne le connaît pas? La violence et la cruauté, indissociable des récits qu'elle a entendu à leur sujet, hante bien des esprits. Et pourtant Zora trouve matière à s'en réjouir. Si ces mercenaires sont bel et bien à sa recherche, c'est qu'elle a réussi à se faire remarquer. Elle tourne alors la tête de manière à pouvoir observer le Nyarav par dessus son épaule. Et à pouvoir lui décocher un sourire aussi amusé que sincère.
"Dis-moi Evrann Avuushtai, Nyarav des Myangan ild de Darga... Suis-je sensée trembler de peur en cet instant?" se moque-t-elle. "Tu évoques le nom des tiens comme s'il était de nature à me faire dévier de la voie que Möchlog veut me voir emprunter. Je connais la réputation de ta bande de mercenaires. Comme beaucoup, j'ai entendu des récits à leur sujet. Je sais que ce ne sont pas des tendres. Mais s'ils tiennent vraiment à se dresser contre moi alors je peux te faire une promesse: ils appartiendront bientôt au passé! Ceux qui se battent pour de l'argent ne peuvent rivaliser avec ceux qui luttent pour leurs convictions..."
De cela, elle en est certaine. Toujours est-il qu'elle ne craint personne sinon les dieux. Même le plus puissant des mages n'ébranlerait pas les fondations de sa détermination. Evrann pourrait lui annoncer que le monde entier s'est ligué contre elle qu'elle accepterait sans sourciller cette hypothèse. Sa vie n'a aucune importance. Seule compte la volonté de la divine Chouette. Elle mourra s'il le faut. Mais elle le fera avec fierté, sans la moindre once de peur. Le noiraud peut-il seulement comprendre tout ceci?
"Mais j'aimerais comprendre..." souffle-t-elle alors, se retournant pour lui faire face. "Nous ne nous connaissons pas! Tu ne me dois rien. Pas encore, du moins. Et en m'avertissant tu causes un certain tort à tes compagnons... Pourquoi?"
Fait-il cela simplement pour ce joli minois qu'il évoquait tout à l'heure? Elle en doute fortement... Quelles pensées peuvent bien se cacher derrière ce regard captivant?




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Evrann Avuushtai
Jeu 8 Mar - 1:09
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De son rire de plus en plus provocateur, le reître mit un long moment avant de constater qu'elle était sérieuse. Pourquoi en avait-il douté ? Simplement par l'énormité de sa bêtise. Sa confiance aveugle envers la grande chouette, son illusion presque charmante de croire qu'il la garderait en vie parce qu'elle était son "élue" était des plus risibles. Il avait appris auprès de l'une des plus puissantes disciples de la grande chouette ou du moins l'une des plus reconnues de ce siècles et pourtant même Elbereth ne fanfaronnait pas de la sorte. Il le savait, il le ressentait. Cette fanatique n'égalait en rien le plus puissant adepte de Möchlog, alors l'entendre dire qu'elle mettrait à mal ses compagnons d'armes, pour le mercenaire, il y avait de quoi rire. Ceux qu'elle appelait les siens ne l'étaient pas vraiment. Il donnerait sa vie pour ses compagnons d'armes, comme eux le ferait pour lui, il en était convaincu, mais il était juste fidèle à la vieille et peut-être un peu à Keira malgré le froid qui règne entre elle et lui, rien de plus, rien de moins. D'une certaine façon elle pouvait ne pas avoir tort, mais sa remarque le fit ricaner comme s'il avait voulu qu'elle lui parle de cela.

- Eh bien, eh bien. Soit tu n'écoute pas, soit tu n'entends que ce que tu désir. Cela ne m'étonne pas venant d'une fanatique. Il se sentait plus confiant de discuter avec elle, aller jusqu'à se moquer d'elle. Il avait eu du mal à la jauger depuis le début de leurs conversations, mais il commençait à la cerner, à connaitre un semblant de ses limites. - Le libre arbitre, ça te revient . Je ne fais que ce que j'ai envie de faire. Mes compagnons me connaissent, ils savent que je suis imprévisible. Je suis certains que cela ne les étonnerait guère d'apprendre ce que je fais à l'instant. Mais ce n'est pas parce que J'AI décidé de t'épargner qu'ils le feront et il est même très probable que je me joigne à eux si, et seulement si, je t'aurais sous-estimé. Mais n'oublie jamais ce que je vais te dire. L'argent surpasse la plus forte des convictions, tu ne peux vivre de ta conviction sans argent alors que l'inverse est bien plus courant, alors à ton tour, ne nous sous-estime pas, nous les Myangan ild.

Cela sonnait comme une menace, c'était dit sur le ton de la menace et pour cause, c'était une menace. Elle pouvait en faire ce qu'elle voulait, mais le reître ne plaisantait pas. - Mais tu n'as pas tort. Soupira-t-il. - Joue avec ta vie si tu le désir, je retourne auprès de mes compagnons. Si tu es encore là à l'aube sache que je ne ferais pas de quartier et mes compagnons de même. Tu as réussi à mettre ma patience à rude épreuve, prends-en qu'à toi-même. Toujours plongé dans l'obscurité, Evrann s'éloigna lentement du campement de la rousse. Il gardait le secret espoir qu'elle ne ferait pas l'idiote, et qu'elle ne serait plus là dans les heures qui suivent. Il s'arrêta un instant avant de reprendre sa route, tournant légèrement la tête pour observer la rousse du coin de l’œil. - Si jamais tu comptes rester, tu ferais mieux de prier la chouette pour qu'elle t'accorde sa clémence, nous n'en auront pas.

Remonter la légère pente épuisa quelque peu le soudard qui ressentait de plus en plus la fatigue du voyage. La nuit était calme, il se concentra pour entendre derrière lui, mais aucun son ne lui parvenait. Il souffla profondément avant de rejoindre le campement que ses compagnons avaient dressé en son absence. Comme avec la rousse, Evrann ne cacha pas son arrivée, marchant d'un pas lourd. Les regards qu'il attira étaient tous noirs, à l'exception de Wald qui souriait à pleine dent. Le campement était basique, même le feu était minuscule. D'ailleurs, le reître n'en avait même pas perçu l'odeur avant les quelques mètres qui le séparaient du campement.

- Où étais-tu ?! Le fulmina Derek. - Nous sommes en mission. Tu penses que c'est le moment d'aller se balader. Derek lançait toujours ses regards noirs tandis que Stern reprenait son activité, brossant son cheval avec douceur.

- J'suis partis chier. Sortit sèchement Evrann. - La prochaine fois, je te demanderais la permission puisque tu t'autoproclame chef de l'expédition. Le mercenaire n'appréciait pas Derek plus que ça, c'était un bon combattant mais un trou du cul fini. Il était aussi ambitieux qu'Evrann si ce n'est plus. Mais Evrann n'y prêtait pas vraiment attention. - J'ai croisé un campement, vieux de deux jours tout au plus. Wald ne s'étonna pas de la nouvelle tandis que ses deux autres compagnons arrêtèrent ce qu'ils faisaient.

- C'était elle ? demanda calmement Stern. Sans regarder Derek, Evrann lui répondit sur le même ton. - Il y a des chances, un corps gisait, calciné par les flammes du campement. Ce n'est pas courant comme trouvaille mais quant on sait qui nous recherchons... ça ne m'étonne pas. Mentit le mercenaire.

Derek se redressa, s'agitant à droite à gauche. - Il faut aller voir, nous sommes...
- Nous ne sommes rien du tout. coupa Wald. - Á l'heure qu'il est, elle a déjà passé Zolios pour rejoindre Busad. C'est hors de notre juridiction. Il assigna un discret clin d'oeil à Evrann avant de reprendre. - Libre à toi de continuer mais moi, je repars à l'aube. J'imagine que tu vas faire pareil, Ev'. Dit-il en se tournant vers son ami. Le reître, joua le jeu. - Ouais, je vois pas l'utilité de continuer. Je ne rêve que d'un bon plumard et d'une femme aux courbes voluptueuses dedans. Je rentre à Darga à l'aube aussi. Et toi, Stern ?

Le plus âgé du groupe réfléchit un instant, toujours mou dans sa façon de faire. Il prit une profonde inspiration puis répondit avec son calme légendaire. - Je rentrerais aussi, ils ont raison. Á trois contre un, Evrann se sentit soulagé, il remarqua qu'inconsciemment il était stressé. Le soulagement lui fit l'effet d'un massage tant ses muscles se détendirent. Tandis que Derek fulminait de plus bel, avant de se résigner. Il se jeta au sol, près des flammes et reposa ses yeux, grommelant toujours dans sa barbe.

Evrann s'éloigna pour décrotter les sabots de son étalon, mais constata que c'était déjà fait. Dans son dos, il entendit les bruits de pas léger de Wald. - Je m'emmerdais au début, mais me remercie pas. Ricana le jeune homme en s'approchant de son ami. D'un geste rapide, Evrann saisit Wald par le cou, serrant son compagnon qui criait à mi-voix des petites plaintes de douleurs. Il traîna son ami loin des oreilles indiscrètes, le poussant contre un mur de roche naturelle. - Prochaine fois que tu m'espionnes, je t'arrache les yeux et ceux de cette saloperie de renard ! gronda faussement Evrann. Tandis que son ami se mit à rire à gorge déployée.

- Alors tu l'as vu, je pensais qu'un renard passerait inaperçu, mais bref, ce n'est pas le sujet. Dit-il entre deux rires. - Je ne te savais pas si diplomate avec nos proies. De quoi parliez-vous. Du beau temps ? ou bien du gars qui cramait sur le feu. Ah non, de ce que j'ai vu, c'était bien plus corporelle que ça comme conversation. Wald mima la gestuelle que son ami avait réalisé plutôt dans la soirée lorsqu'il fouilla la demoiselle, un rire presque enfantin sur lèvre. Et Evrann se mit à rire à son tour.

- C'était bien plus compliqué que ça, je t'en parlerais plus tard. Mais alors, tu as vu... quand j'ai...

- Quand tu la tripoté? Serré l'un contre l'autre à la chaleur des flammes. Oui oui, très romantique comme scène. Digne d'Evrann le sanguin. J'en ai pas manqué une miette. Faut dire, cette fille est un... C-A-N-...
- Une vraie plaie tu veux dire. Crois-moi, tu n'as pas besoin d'en savoir plus.

Les deux compères retournèrent auprès des deux autres bras dessus, bras dessous. Il étendit sa couche sur le sol avant de s'y allonger, songeur. A son tour, il reposa ses yeux et son corps, se reposant que d'un œil comme il avait l'habitude lorsqu'il était en extérieur, tout en repensant à sa soirée mouvementée.
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Zora Viz'Herei
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Ven 9 Mar - 7:50
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L'énigme que représente cet homme reste entière. Il affiche sa faiblesse malgré la fierté qu'il tente de hurler. Cherche-t-il simplement à la provoquer? Peut-être même à la faire réagir? La rouquine en vient peu à peu se demander s'il n'espère pas simplement la ramener dans ce qu'il considère être une voie juste. Car aux reproches se joint la magnanimité. Ou, du moins, ce qu'il considère vraisemblablement comme telle. Comment expliquer autrement le fait qu'il lui offre la possibilité d'échapper à une altercation avec ses camarades?

Elle imagine que la peur doit guider quelque peu cette décision. C'est du moins ce qu'elle se plairait à croire si elle parvenait à ignorer un détail fondamental: c'est lui qui est venu à sa rencontre. Et la rouquine sait à présent que c'était en toute connaissance de cause. Il sait qui elle est. Elle, elle n'a qu'une vague identité de la personne qui lui face. Ses motivations restent aussi obscures que la nuit. Et d'une certaine manière, c'est ce qui arrive à éveiller un semblant de sympathie dans le coeur atrophié de la fanatique.

Toutefois elle n'est pas dupe: quelles que soient les raisons qui animent le noiraud, elles sont basées sur son intérêt personnel. Et si Zora ne peut qu'imaginer la facette de la personnalité que ses actions contentent, elle est en revanche certaine d'une chose: elles sont basées sur le profit. Les gens qui vouent leurs existences aux irys sont animées par des intentions simples, basiques. Le détail lui échappe mais l'ensemble, lui, semble ainsi parfaitement clair. La fanatique laisse le soin à celui qui l'aura finalement averti d'une menace réelle le soin de terminer ses insultes.
"Un jour ou l'autre nous serons tous deux amenés à vérifier qui de l'argent ou des convictions est le plus fort!" pressent-elle. "Mais sois sûr d'une chose: les irys ne donneront pas le moindre sens à ton existence. Tout au plus l’allégeront-ils..."
Les illusions peuvent sûrement être douces. Mais elles ne restent que des pâles copies de la réalité. Dénuées du moindre sens. Elle souhaite sincèrement qu'Evrann puisse trouver la véritable voie que Möchlog souhaite lui faire prendre, peu importe la nature qu'elle sera appelée à endosser. Elle doute cependant que cet esprit singulier - quoique agaçant - puisse être condamné aux basses besognes du mercenariat.

Toujours est-il qu'il lui reste à présent une décision à prendre. Les cieux annonceront bientôt l'arrivée bienveillante de l'aube. Doit-elle fuir? Ce choix semble indiqué au vue des circonstances. Néanmoins il confirmerait une certaine forme de faiblesse. Et marquerait un semblant de défaite. Elle ne souhaite pas donner cette satisfaction à cet homme. Que doit-elle craindre, au final? La mort? Elle l'accepterait avec joie si Möchlog en décidait ainsi. Son passé, son présent et son futur sont entièrement offerts au jugement de l'Architecte.

~~~~~~~~~~

Le soleil est à son zénith. Et elle est toujours seule. Il faut croire qu'Evrann n'a pas rapporté sa présence à ses accolytes. La preuve qu'il lui accorde le bénéfice du doute? Est-ce que les paroles de la rouquine ont finalement trouvé écho dans un esprit qu'elle trouvait bien dénudé? Il peut sans doute y avoir nombre de raison. Mais les faits sont là: le noiraud a décidé de l'épargner. Du moins est-ce sûrement ce qu'il imagine...

Zora lâche un soupire résigné et retourne vers le feu et le cadavre calciné qui le domine, quittant ainsi le couvert des arbustes dans lesquelles elle se cachait. L'assurance de pouvoir frapper la première en cas de nécessité. Ou d'éviter un combat trop audacieux. Elle observe alors les orbites noircies qui l'interrogent silencieusement. Ce corps aura encore son utilité.
"J'ai besoin que tu délivres un dernier message pour moi!" souffle-t-elle.
Message qu'elle s'emploie ainsi à mettre en forme à l'aide d'un renfort de bois. Elle pointe ainsi le bras droit du corps afin qu'il désigne la direction qu'elle s'apprête à prendre. Un message on ne peut plus clair pour un esprit capable d'un minimum de jugeote. D'autant plus que la rouquine inscrit le prénom d'Evrann sur le sol à coté du feu, s'aidant du charbon pour lui donner du relief.

S'il souhaite la suivre, il saura au moins par où débuter ses recherches. Jeu fort improbable que celui-ci. Au jeu du chat et de la souris, il est peut courant que le félin indique à sa proie où il se trouve...




Zora s'exprime en: #8FBC8F (darkseagreen)

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