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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: My'trä :: Khurmag
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 Si le langage pouvait parer l’acier, ça se saurait

Sakari Naasoqineq
avatar
Mar 19 Déc - 17:56
Irys : 732966
Profession : Homme de main
Pérégrins -1 (femme)
On était en milieu d’après-midi, dans une petite bourgade à flanc de colline, dans le sud du pays. Les locaux profitaient des collines environnantes, et de ses coteaux orientés côté est pour y faire pousser diverses plantes. Ce statut local de région productrice agricole en faisait aussi un petit carrefour, et donc un endroit d’échange et de rencontre. On y rencontrait souvent des marchands, des artisans, et toute sorte de nomades qui parcouraient quotidiennement Mÿ’tra.
    Étant un peu au sud-ouest de Tarluru, ce village – qui s’appelait Ulzvaryn, précision utile – permettait autant aux habitant du phare, de Reoni, des montagnes et à ceux des plaines de se rencontrer. Mais naturellement, son influence était complètement absorbée par celle de la ville non loin, à la fois trop éloignée pour intégrer directement ce village dans ses dépendances et trop proche pour lui permettre d’avoir des activités propres et une réelle croissance indépendante.


    Et c’est dans cette charmante bourgade où on pouvait passer aisément inaperçu du fait du flot permanent de voyageurs que Sakari avait décidé d’aller s’en jeter un dans le gosier, avant de retourner vers Foréal. Elle avait jusqu’ici accompli des missions de petite envergure, visant plus à s’assurer que les biens de son patron étaient en sécurité qu’autre chose. C’était tout aussi rébarbatif que nécessaire, mais ça avait au moins l’avantage de la faire voyager et se familiariser un peu avec ce pays.
    En ce milieu de semaine, il n’y avait rien de particulier de prévu, outre naturellement de casser une croûte au milieu des locaux. Se mêler à eux et simplement tendre l’oreille et l’œil permettait d’en apprendre beaucoup. Il y avait une certaine animation dans les rues. Un vendeur itinérant avait sorti ses étals sur des tréteaux et achalandait le passant. Quelques vieillards sur un banc au visage basané par le soleil parlaient de choses et d’autres et laissaient par moment échapper un rire moqueur, a l’attention de quelque personne susceptible d’attirer les quolibets du troisième âge.
    Sakari avait remarqué une femme costaude et haute – elle devait presque faire une tête de plus qu’elle – qui, malgré son apparence de dure à cuire, était en train de s’entretenir avec des jeunes, tous de moins de douze ans, avec un visage doux et une voix qu’on devinait calme et attentionnée. Elle faisait cela sous un belvédère, légèrement à l’écart du passage. Cela, Sakari ne pouvait que le supposer, car elle était trop loin pour l’entendre. Elle avait entendu parler des précepteurs itinérants, qui avaient en charge l’éducation des jeunes gens. Un coutume assez adaptée à l’immensité et à la diversité du monde dans lequel les Mÿ’trans évoluaient : plutôt que de faire voyager chaque enfant, ce qui n’était pas matériellement possible, on chargeait une catégorie de personne de le faire à leur place pour ensuite raconter ce qu’ils avaient vu et enseigné ce qu’ils avaient appris. Intelligent et de rigueur.


    L’intérêt jusque là très limité qu’elle portait à la petite assemblée, car se bornant à occuper son regard et ses pensées alors qu’elle avalait son jambon-beurre, fut ravivé par un détail qui l’interpella. Quatre personnages remontaient la grande rue, très visiblement vers le belvédère. Ils n’avaient franchement pas l’air commode. Voire presque hostile. Intriguée par la suite des événements, Sakari sortit de la taverne où elle grignotait et s’appuya contre un mur, pour mieux apprécier la scène.
    Et pour cause, ces quatre personnes – trois hommes et une femme – étaient des voyous de bas étage recrutés par une famille très pieuse de la région. Bien qu’on respectât les Architectes à Mÿ’tra, il y en avait qu’on appréciait plus que d’autres selon le lieu. Or le discours excessivement pluraliste de Keelin en avait agacé plus d’un. Il y allait avoir un peu de bagarre.
    Par précaution, et réflexe professionnel, Sakari tâta ses poches. Son couteau était à la bonne place, et son pistolet de paume aussi. Il restait dissimulé, et elle n’avait pas vraiment l’intention de s’en servir, mais on ne sait jamais. Le reste de ses armes était resté sur son lieu de résidence provisoire. Par précaution, elle enleva son gant droit pour le remplacer par un autre, identique en apparence, mais qui masquait un ceste.


    Les quatre loubards se divisèrent en deux groupes. Le premier, avec la fille, irait directement voir la préceptrice. Les deux autres feraient le tour par une rue parallèle pour couper sa retraite. Ils avaient bien l’ambition de lui péter quelques côtes et de lui piquer sa bourse, arme blanches et contondantes à l’appui.


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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Keelin Mordha
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Mar 19 Déc - 22:49
Irys : 32198
Profession : Préceptrice nomade
My'trän +2 ~ Khurmag
Depuis le temps qu'elle venait donner des leçons aux enfants de ce village, proche de Tarluru, Keelin avait l'impression d'être un peu comme chez elle. La région de Khurmag était riche en petits villages de ce genre, mais Ulzvaryn avait ce petit quelque chose de particulier. On y trouvait toujours des my'trans venant de chaque coin du continent et c'était un réel plaisir de faire cours à des enfants issus de nombreuses régions.

Lorsqu'elle parvint jusqu'au village, la veille au petit matin, la jeune khurmi avait fait le tour des habitations afin de prévenir de son arrivée pour qu'ils puissent préparer leurs progénitures à la leçon qu'elle comptait donner le lendemain. Sur la place centrale du village, Keelin avait affiché un petit tableau d'une vingtaine de cases vides afin que les familles puissent s'inscrire. Une classe éphémère trop nombreuse ne donnait pas à la préceptrice l'impression de bien transmettre son savoir. Répondre aux questions au cas par cas s'avère bien plus simple en petit comité.

Étonnamment, le lendemain, lorsque Keelin arriva sur la place principale de Ulzvaryn, seulement une petite dizaine d'élèves se tenaient prêts à écouter ses leçons. Surprenant car la jeune khurmi donnait là son septième cours et elle avait plutôt l'habitude de devoir refuser quelques personnes, plutôt que d'en manquer. Conservant, comme à son accoutumance, une apparence plus douce en présence des enfants, la jeune femme n'avait -aux yeux de ces derniers- plus de cicatrices sur le visage et celui-ci n'était plus couvert de son bandeau. Ses traits étaient adoucis et sa voix plus fluette.

« Où est Nimue ? demanda la jeune femme à deux enfants dont elle savait qu'ils connaissaient l'intéressée. Elle vient toujours aux leçons, d'habitude.
- Elle a dit que tu n'étais pas une bonne enseignante, que tu ne savais pas apprendre les bonnes choses. Alors elle ne vient plus. répondit la petite tête blonde devant elle.
- Pas une... se raidit la préceptrice. Bon, ce n'est pas grave. Venez, allons au belvédère. »

D'une démarche légèrement plus lente qu'à l'accoutumée, Keelin était pensive. Certains élèves habitués manquaient à l'appel et il n'y avait qu'un seul nouveau. Quelle mouche avait piquée les habitants de ce village ? Certes, la jeune préceptrice savait pertinemment que son mode d'enseignement ne plaisait pas à tout le monde, certaines familles préférant qu'on apprenne à leurs enfants les préceptes et coutumes de leur propre région, de leur propre dieu. Mais Keelin était très claire à ce sujet : il était hors de question qu'elle bride ses élèves sur la globalité du continent, du monde même. Chacun devait se faire sa propre idée et devait trouver ses propres affinités envers un Architecte, afin d'être capable de le prier convenablement et d'obtenir ses faveurs durablement pour maîtriser ses pouvoirs. D'expérience, la jeune femme savait que c'était primordiale.

Son cours touchait presque à sa fin lorsque Keelin aperçu un homme et une femme se diriger vers son petit groupe. Vu leur démarche, leur air déterminé et la façon dont ils ordonnèrent aux enfants de détaler en vitesse d'un coup de main fouettant le vent, la jeune femme savait qu'elle avait affaire (merci) à des malfrats. Pas du village, pas de bonnes intentions, pas bon du tout. N’étant pas du genre à chercher les ennuis, Keelin se retrouva pourtant malgré elle dans de beaux draps. Finalement, sa réputation de préceptrice prônant la diversité ne plaisait pas à tout le monde et certaines familles avait l’air prêtes à le lui montrer. Et bien, apparemment.

Avant que les inconnus n’arrivent plus près d’elle, la jeune femme recula de quelques pas et se concentra sur leur esprit. Rapidement, elle mis en place une illusion donnant l’impression qu’elle se multipliait. Plusieurs Keelin faisait face aux agresseurs tenaces et partirent dans différentes directions. Seuls les deux énergumènes verraient cette mascarade, évidemment, mais la jeune femme osait espérer qu’ils n’étaient que deux. Après tout, qui aurait peur d’affronter une simple enseignante ?

«  C’est quoi ce merdier putain ? hurla l’homme en sortant un couteau de son étui. Va à droite, moi je vais à gauche. Zed et Nills sont en bas de toute façon, on va bien la choper. »

D’autres. Il y en avait d'autres. Ok. Keelin sentait que les choses pouvaient tourner vraiment mal si elle ne se dépêtrait pas vite fait bien fait de ce guet à pan. Dévalant le seul chemin qui descendait de l’autre côté du belvédère, la jeune femme se prit un coup de plein fouet dans la tempe. Qui, quoi, comment… Black out total pendant une fraction de seconde, le temps d’une chute. La tête lourde, des milliers de grain de sable dansait dans son crâne, étourdie. Impossible d’illusionner quoi que ce soit dans cet état. Fallait qu’on l’aide, ou elle allait se prendre une sacrée branlée.
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Sakari Naasoqineq
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Mer 20 Déc - 14:44
Irys : 732966
Profession : Homme de main
Pérégrins -1 (femme)
Oui, effectivement, cette jeune personne allait avoir besoin d’aide. Et tabasser quelques andouilles ferait du bien à Sakari. Il ne faut pas se rouiller, s’empâter. C’est important l’exercice quotidien.
    L’air de rien, le jambon-beurre toujours à la main, Sakari traversa la rue. Les badauds semblaient avoir compris que ce n’était pas leurs affaires. Personne n’a envie de se faire planter pour avoir tenté de secourir quelqu’un dont on ne partageait pas vraiment les idées. Ce genre de comportement, elle connaissait bien, pour avoir longtemps fréquenté Aildor. Elle-même ne se serait jamais impliquée dans ce qui ne la regardait pas. Il y a une sorte d’éthique tacite, de respect entre bandits. Je ne m’occupe pas de ton sale boulot et tu fais de même.
    Mais on n’était pas à Aildor.


    Elle s’approcha discrètement du groupe de deux qui avaient attaqué de face le belvédère. En chemin, elle avait pris le temps de planquer son couteau dans sa manche gauche. Elle n’aurait qu’à lâcher son casse-dalle pour le sortir si besoin était.
     Des amateurs. De vrais professionnels se seraient attendus à se faire attaquer dans le dos, ou du moins auraient eu le réflexe de surveiller leurs angles morts. Règle de base en combat. Mais à l’instar de Keelan, Sakari avait l’amour de la pédagogie. Elle tapota l’épaule du grand noir baraqué qui avait hurlé toute à l’heure. Il faisait le fier-à-bras, mais devait avoir cinq ans de moins qu’elle. Et vingt centimètres de plus.
     « Excusez-moi ? Vous savez, quand on veut tendre un guet-append, la première chose dont on doit s’assurer, c’est de ne pas être soi-même tombé dans une embuscade. M’voyez. »
    Elle prit une bouchée. Les deux compères se regardèrent, l’air amusé. Ils avaient sorti leur couteau.
    « Et ça veut dire quoi, ça, ma petite ?
    – Ceci. »
    Elle profita du fait que le grand noir était en train de ricaner pour lui envoyer un coup de ceste dans la mâchoire. On put entendre le craquement de sa maxillaire inférieure et de nombre de ses dents qui se brisaient. Il tomba au sol comme un sac. Son ami, un peu plus malingre mais plus vif, après un instant de stupeur, tenta de poignarder Sakari. Elle avait évidemment prévu le coup, esquiva le coup d’estoc et renvoya un coup de son bras faible. Il l’esquiva d’un cheveu. Elle prit une nouvelle bouchée. Lui semblait paniqué.
    « Ou biench tu fouch le champ chenre làch maintenanch ou biench je te déchruit le vichage. »
    – Quoi ? »
    Elle avala.
    « Pardon. Décanille ou je te broie. »
    Il hésita. Et comme Safari aimait le travail bien fait, elle en profita pour lui envoyer son poing dans le visage, le faire esquiver, feinter et rediriger l’impact dans le plexus. Le coup n’était pas très fort, mais assez pour choquer son adversaire et lui faire perdre un dixième de seconde de temps de réaction, largement suffisant pour lui en envoyer un autre dans le tarin. Son visage, maintenant gisant dans la neige fondue, n’était plus qu’une purée rouge. Elle conclut en arrachant un autre morceau de pain avec ses dents.


    Dans le groupe de contournement, il y avait un mage de petite qualité. Il pouvait limiter tours de Keelan, mais sa magie était trop puissante pour qu’il puisse à son tour lancer un sort d’une quelconque efficacité. Ils venaient de tourner à l’angle et se retrouvaient maintenant en vue de la préceptrice et de Sakari. La fille sortit une fronde, en voyant ses acolytes terrassés et gémissant en se tenant le visage, au pied d’une inconnue qui mangeait, l’air insouciant.
    « Chef, ça pue un peu là non ?
    – Il se sont fait avoir dans le dos. J’savais pas qu’elle avait des copains. Tant pis, tu te sens de te les faire tous les deux avec moi ?
    – Ça devrait passer. »
    Sakari pouvait les entendre. Elle s’approcha de Keelan.
    « J’chrois pach non. Oupch, parchon. Glups. Oui, donc. Vous voulez de la baston, mm ? Après tout, ce sont vos côtes et votre facture pour les remettre en place.
    – T’es une petite mariolle toi.
    – On me le dit souvent, oui. T’as fini de faire ta maligne avec ton jouet là ? Hé, tu sais quoi, je te laisse le choix. Vise-moi, et si j’esquive ou si tu me fumes pas sur le coup je te concasse tellement qu’on pourra te rentrer dans un dé à coudre. Vise elle, je crois que c’est votre cible de base, mais elle va à tous les coups te jouer un tour de magie et tu vas la louper. Et donc je vais te concasser tellement qu’on pourra te rentrer dans un dé à coudre. Ou bien tu ranges ça et tu te bats loyalement. Et je vais un peu moins te pulvériser. »
    – Euh…
    – Juste un peu. Comme ça. »
    Sakari montra un écart de deux centimètres avec ses doigts. La tireuse, Nills car tel était son nom, semblait assez décontenancée. Son chef lui envoya une tape amicale dans l’épaule, et lui désigna Sakari, qui se mit en garde d’esquive. Elle s’apprêta à tirer.
    « C’est une connerie et tu le sais… »
    Et naturellement, elle échoua à la toucher. Sakari avait prévu à son regard où le projectile allait être envoyé et n’eut qu’à faire un bond de côté.
    « Bon, je vais me charger de toi ma petite. Nills, va chopper la préceptrice. »
    Le chef s’interposa entre Sakari et sa sbire, puis il sortit un second couteau. Il en avait un à chaque main. Sakari en réponse fourra son casse-croûte dans une poche te de sortir sa lame. Puis elle se mit en garde à son tour. Les adversaires avaient été désignés.


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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