Revenir en hautAller en bas
Chroniques d'Irydaë
Bonjour, et bienvenue sur les Chroniques d'Irydaë. Déjà inscrit ? N'attends plus, et connecte-toi dès maintenant en cliquant sur le bouton "Connexion" ci-dessous !

Vous êtes nouveaux, que ce soit sur ce forum ou dans le monde du RPG ? Le choix d'un forum sur lequel vous pourrez vous épanouir n'est pas anodin, et il vaut mieux pour cela connaître l'univers dans lequel vous vous trouvez ! Nous avons pensé à vous, en vous préparant un guide qui vous permettra de découvrir pas à pas le monde des Chroniques d'Irydaë.

Si malgré cela, des doutes subsistent, n'hésitez pas à adresser vos questions aux Administrateurs.

En vous souhaitant une agréable visite !



 :: Les terres d'Irydaë :: Daënastre :: Le Tyorum
Page 1 sur 2
Aller à la page : 1, 2  Suivant


 Un peu de chair sous beaucoup de fer [PV: Sanae]

Hyperion Radchen
avatar
Mar 26 Déc - 17:13
Irys : 204963
Profession : Chercheur/Mecanicien
Daënar +2 ~ Zuhause (homme)
Le train s'arrêta en sifflant, ses freins produisant un grincement strident qui résonna dans tout les wagons, les gens confortablement assis n'eurent le droit qu'à un petit sifflement tant les wagons étaient bien isolés. Pour Hyperion, bloqué dans un conteneur à marchandise, le son fut bien pire et résonna sur les parois métalliques du wagon. Ce bruit eu cependant l'effet de le réveiller du profond sommeil dans lequel il était tombé. À moitié allongé contre son armure qui dormait elle aussi dans un coin du carré de transport.
Le jeune homme sursauta en se rendant compte que le train c'était arrêté et se leva doucement pour s'étirer. Ses articulations craquèrent à cause de sa position.
De ce qu'on lui avait dit, Alexandria était le terminus, ce n'était pas forcément sa première destination de choix mais les machines volantes de cette ville avaient l'air passionnantes, et il lui démangeait déjà d'en démonter une ou deux.
Dehors, les passagers descendaient au rythme des gens aisés alors que les agents de quai commençaient à préparer le déchargement des marchandises.
Hyperion se glissa à l'arrière de son armure, l'ouvrant en tournant une manette dissimulée sous la cuirasse avant.
L'armure cliqueta alors que tout son dos s'ouvrait invitant un pilote à embarquer.
Ce modèle n'était pas des plus confortables et les modèles civils étaient bien mieux vu, mais cette pièce était unique en son genre, pour la simple et bonne raison qu'elle était la création du jeune homme. Elle souffrait encore de bien des défauts, mais il prévoyait déjà un bon nombre d'améliorations à venir.
À cette simple idée, il regarda la liasse de plans qui étaient rangés dans le sac à dos de la tenue.
Il passa sa main sur l'acier en souriant lui parlant comme à une amie de longue date


-Et bien il est temps de repartir qu'en dit tu ?

Elle ne lui répondit pas bien sur, mais c'était une habitude qu'il avait prise, glissant ses bras et ses jambes dedans, il calla sa tête dans le casque massif sentant encore le poids du métal autour de lui. Puis d'un geste de la main, il actionna les mécanismes de l'engin. Le générateur démarra au quart de tour et un bruit de piston se fit rapidement entendre. Le dos massif de la combinaison s'abaissa et les jambières se fermèrent sur le pilote. L'isolant une fois de plus du monde extérieur.

Les vérins se mirent à bouger, répondant aux mouvements infimes du jeune homme. Il fallait attendre un petit moment pour que tout soit fonctionnel à 100% et Hyperion tenait à laisser à son amie le temps de chauffer. Finalement, il finit par faire bouger la masse du colosse ne se relevant qu'à moitié pour atteindre la porte du wagon qui tremblait sous les pas de l'engin.

Un des ouvriers finit par ouvrir la porte du wagon de marchandises et hurla de terreur en voyant le géant de métal commencé à en sortir. Le colosse posa le pied sur le quai avant de s'extirper de la voiture se dressant de toute sa hauteur sur le quai.

L'employé n'était pas un nain et pouvait même se targuer d'être un géant de plus d'un mètre quatre-vingt-dix et pourtant il n'atteignait même pas le haut de la poitrine de l'armure mécanique. Il manqua de s'uriner dessus quand le géant tourna sa tête vers lui. Il s'imaginait déjà mort quand le géant s'avança vers lui le dominant de toute sa terrifiante taille. Son regard loucha sur le fauchard immense dans une de ses mains, s'imaginant sans doute déjà tranché en deux ou écrasé sous un de ces pieds de métal.
Il ferma les yeux quand une main gigantesque passa au-dessus de lui. Il sentit une pression sous un de ses bras et couina de peur.
Une minute après seulement, il ouvrit les yeux découvrant le visage d'acier du géant légèrement penché sur le côté. Une voix froide et métallique sortis du casque.



-Vous allez bien monsieur ? Désolé de vous avoir fait peur, les gens sont plus habitués à Hinaus vous savez.



L'employée cligna des yeux plusieurs fois ne comprenant pas vraiment ce qu'il lui arrivait, à peine s'il réalisait la taille de l'armure devant lui. La machine repris de plus belle.

-Vous sauriez où se trouve les laboratoires de maghilite ? J'ai fait tout ce chemin pour enfin trouver quelqu'un capable de me procurer ces pierres.


Quelque peu décontenancé, il lui indiqua une sortie n'arrivant pas vraiment à produire le moindre son encore terrifié par la surprise.
Hyperion esquissa un sourire invisible avant de se retourner pour trouver la sortie qui fort heureusement ne menait pas tout de suite à la ville, esquissant quelques lourds pas pour s'éloigner du train. L'armure permettait une vision d'ensemble l'élevant bien au-dessus de la foule qui se retournait en le voyant.

Il prit la sortie indiquée, trouvant une petite route pavée qui menait droit à quelques petites maisons. Pas forcément ce à quoi il s'attendait, mais il se mit à marcher dans cette direction.
Ce n'est que dix minutes plus tard qu'il s'arrêta soudainement, ne sachant plus vraiment par ou aller.
Voir le profil de l'utilisateur

Sanaë Eshfeld
avatar
Mer 27 Déc - 10:30
Irys : 370978
Profession : Horlogère en quête d'aventures
Daënar 0
Assise au comptoir de l’horlogerie Eshfeld, Sanaë terminait les derniers détails de son importante commande. De son écriture soignée et appliquée, l’horlogère achevait de remplir le livret d’entretien et la garantie du modèle n°4312F, dernier bijou de la maison. Il s’agissait montre à gousset, faite entièrement sur-mesure, commandée quelques semaines plus tôt, par un avocat nommé Samuel Jacob. Une fois terminée, l’horlogère glissa ledit livret dans l’écrin contenant la précieuse montre en argent. Comme toutes ses création, il s’agissait d’un modèle unique, mais les exigences du client allient jusqu’à personnaliser la chambre même du mécanisme. La confection avait donc demandé de nombreuses heures de travail, bien plus qu’à l’accoutumée. Néanmoins, aux yeux de l’horlogère, cela en valait la peine et se sentait donc particulièrement fière de dernière sa création.

-Sana... l'interpella son frère derrière elle. Tu sais que j’apprécie ta minutie, mais ton rendez-vous avec le client est dans quinze minutes, tu vas être en retard...

Surprise, la jeune femme leva les yeux vers l’horloge accrochée au mur juste en face du comptoir. Il avait raison, soucieuse de la qualité de son travail, et en s’appliquant au détail près, Sanaë avait perdu beaucoup trop de temps. Elle se leva brusquement, renversant sa lourde chaise, qui emporta dans sa chute, tout un présentoir contenant divers accessoires d’horlogerie.

- Je suis désolée, s’écria-t-elle en lançant un regard horrifié à son frère. Je...

Celui-ci se passa nerveusement la main dans ses cheveux coiffés en arrière tout en soupirant. Les maladresses de sa sœur, qui s’avéraient souvent désastreuses pour la boutique, l’horripilaient. Pourtant, à force d’habitude, il se contenta de soupirer avant de rétorquer :

-Ne touche plus à rien s’il te plaît, vas donc livrer cette montre, je me charge de nettoyer tout ça. Et par pitié, ne la brise pas...

Honteuse et désolée d’offrir encore à son aîné quelques tracas dont il se serait bien évidemment passé, Sanaë baissa la tête en rougissant. Elle adoptait la même position de replis et de soumission depuis l’enfance lorsque sa mère la grondait pour une énième assiette cassée...Ou vêtement brûlé. Voilà pourquoi, et malgré ses trente ans, l’aîné Eshfeld avait bien du mal à y reconnaître une femme. Encore trop naïve, fragile, Sanaë restait vulnérable en ce monde ce qui représentait pour lui une immense source d’inquiétude…

Mesurant ses gestes, cette fois, l’horlogère maladroite, attrapa manteau, bonnet, gants et écharpe, avant de les enfiler dans un coin sécurisé, vierge de tableau et autre décoration fragile. Elle prit l’écrin en main puis quitta prestement la boutique, claquant la porte vitrée en un geste involontairement brusque.

Son frère avait vu juste, Sanaë était déjà grandement en retard. Craignant de perdre ce client, et la somme exorbitante que représentait la montre, elle pressa donc le pas, du moins autant que les talons de ses bottines le lui permettait. Le lieu du rendez-vous n’était pas bien loin, il s’agissait d’un salon de thé situé à proximité de la gare. Le client occupé avait d’ailleurs choisi ce lieu pour des raisons pratiques, puisqu’il devait ensuite prendre le train pour Skingrad. De ce fait, arriver en retard était totalement exclu.

Sanaë avançait aussi vite qu’elle le put, tenant fermement son précieux colis entre les mains, elle prenait soin d’éviter les gens, en particulier les enfants qui avaient tendance à passer totalement inaperçu aux yeux de l’horlogère... Tout comme les chiens de taille minuscules au caractère hargneux dont les bourgeoises raffolaient. Au moins ceux-ci se faisaient entendre en aboyant sur l’horlogère qu’ils m’appréciaient guère… C’était d’ailleurs le cas cette fois-là, en apercevant la jeune femme pressée, une sorte de petite boule de poils blanche que certaine aurait probablement qualifié “d’adorable” échappa aux bras de sa maîtresse tout de fourrure emmitouflée, pour s’élancer à la poursuite de l’horlogère. Cette fois, et malgré la taille ridicule de l’animal, Sanaë se mit à courir sans réellement regarder où elle allait. Elle n’avait pas de temps à perdre à essayer de se dépêtrer d’un animal aux dents accrochées à sa jupe.

Le roquet aboyait, la maîtresse appelait tandis que l’horlogère haletante bifurquait sur la droite pour rejoindre la rue principale. Elle ne vit donc pas l’imposant obstacle qui se dressait devant elle et fonça dedans tête baissée. Plus tard, elle pourrait remercier l’épais bonnet de fourrure qu’elle portait, mais pour l’heure, Sanaë tomba simplement sous la violence du choc, tandis que le précieux écrin atterrit sur la chaussée au moment où passait un fiacre tiré par son cheval aux lourds sabots. L’horlogère ne put alors qu’assister, avec un regard horrifié, l’anéantissement de semaines de travail, alors que le roquet mordait vigoureusement la manche de son manteau.

Abattue, elle attrapa simplement l’animal tout en se relevant, avec des gestes désespérément lents pour le tendre à sa maîtresse sans même la regarder. Ses yeux ne quittaient déja plus l’écrin éventré, gisant misérablement sur la chaussée, d’où s’echappaient divers débris en tous genre. C’était fini, l’argent et le temps perdu ne se retrouveraient pas, à cause de sa maladresse et de son inattention, encore quelques choses que son frère n’oubliera pas de souligner et de lui rappeler pendant plusieurs années…

Sanaë se retourna alors sur l’obstacle, le mur qu’elle avait rencontré et dont l’existence lui avait totalement échappé. Pourtant, elle connaissait ces rues comme sa poche… Néanmoins, il ne s’agissait nullement d’un mur, mais d’une armure de taille imposante. La première que l’horlogère voyait d’ailleurs, puisque dans cette région dépourvue de créatures monstrueuses, personne n’en avait l’utilité. Sa curiosité l’emporta sur sa surprise, tant et si bien qu’elle en avait oublié le désastre qui s’était déroulé quelques seconde auparavant. Elle l'observait, les yeux brillants d’intérêt reflétant autant de questions silencieuses.

Sans réfléchir outre mesure, elle posa sa main gantée sur le bras mécanique de la machine, oubliant totalement l’humain qui se trouvait indéniablement à l’intérieur. Elle le souleva, le retourna, le reposa. Elle tourna autour de la bête mécanique, l’observant sur toutes les coutures, admirant les articulations, les matériaux, tout, jusqu’à la couleur. Puis, Sanaë finit par se rappeler l’être de chair et de sang attendant dans les entrailles de la bête… Et quelle honte… Elle se mit donc à rougir, puis bredouilla quelques timides excuses probablement inintelligibles à l’adresse de la personne à l’intérieur.

Un regard aux alentours suffit à lui faire comprendre qu’ils se trouvaient être le centre de l’attention. Les badauds s’étaient arrêtés, rassemblés autour d’eux bredouillant quelques messes basses qui n’échappaient nullement à l’horlogère, soulignant, une nouvelle fois, sa bizarrerie et ses excentricités. Autant dire que Sanaë ne savait plus où se mettre, elle qui n'aspirait qu’à la discrétion, voir à l’invisibilité se voyait une nouvelle fois pointée du doigt. C’est alors qu’elle fut prise de sueurs froides, d’étranges et insupportables bourdonnement raisonnèrent à ses oreilles, son sang battait dans ses tampes. Puis tout devint noir, Sanaë s’écroula aux pieds de l’armure, sous les manifestations de surprises des spectateurs curieux.



×10
#cc99ff
En ligne Voir le profil de l'utilisateur

Hyperion Radchen
avatar
Mer 27 Déc - 11:42
Irys : 204963
Profession : Chercheur/Mecanicien
Daënar +2 ~ Zuhause (homme)
Hyperion était trop occupé pour remarquer quoi que ce soit, plongé dans une sorte de transe méditative, il ne vit strictement rien de ce qui l'entourait, pas de fiacre, pas de passant, pas même la furie qui percuta le flanc de l'armure dans un bruit de chair contre l'acier. Le coup ne fut qu'un bruit qu'il remarqua, car la masse de l'engin ne bougea pas d'un centimètre, et en premier lieu, ce fut le paquet qui attira son attention. Le casque suivit le vol de l'écrin jusque sous les roues d'une carriole qui passa dessus allègrement. À n'en pas douter c'était une montre qui devait se trouver dedans et un sentiment de panique s'empara de lui quand le chariot l'écrasa, générant un bruit imperceptible de rouage discordant.
Le jeune homme manqua presque de foncer le récupérer quand il remarqua enfin la forme à côté de lui qui inspectait le bras de son armure puis se mit à en faire le tour, comme un amateur observerait une bouteille de vin. Ce n'était pas vraiment gênant, cette armure le protégeait lui et était faite pour attirer l'attention sur autre chose que son propre physique.
Et il y avait en plus dans son regard quelque chose comme de l'admiration. Hyperion fit donc de son mieux pour la laisser terminer, avant que la jeune femme ne se retrouve étrangement à rougir.
Étrange il n'y avait pas à rougir d'admirer une création mécanique, bien au contraire...
Puis elle sembla paniquer, regardant autour d'elle avant de rougir de plus belle. Mon regard suivit le sien, observant les passant qui nous regardaient en parlant entre eux, je fis pivoter l'ensemble du colosse vers eux et étrangement leurs messes basses cessèrent un temps avant qu'une expression de stupeur ne les gagne.
L'armure se pencha pour observer la jeune femme étendue au sol. Il fallut un certain temps au pilote pour comprendre la situation et avec des gestes qui trahissaient une certaine panique, il sortit la robe qui recouvrait habituellement l'armure et ramassa la jeune femme, la prenant dans ses bras comme un adulte aurait portée une enfant. Un adulte de taille démesurée et une enfant plutôt grande.

Le jeune homme l'enroula dans l'épais tissu avant de marcher en plein milieu de la rue pour ramasser l'écrin abîmé. Poussant sans ménagement le fiacre fautif, le décalant comme s'il n'avait été qu'un jouet encombrant. Les mains de métal s'enfoncèrent dans la neige récupérant avec délicatesse la boite avant de la poser sur la poitrine couverte de la jeune femme.
Hyperion n'était pas quelqu'un de très débrouillard quand il s'agissait d'être humains, préférant la simplicité d'un mécanisme bien réalisé plutôt que la complexité du corps humain. Le premier réflexe qu'il eut fut le même que pour n'importe quelle machine, l'emmener dans un endroit propre, sec et avec une température adéquate pour faire un diagnostique.
Ce lieu se trouva être une chambre d'auberge qu'il loua sans même penser à quoi que ce soit d'autre.

À peine rentré, il déposa la jeune femme sur la table de la chambre ne se rappelant qu'après que les humains étaient quelque peu indisposé d'être sur une surface aussi dure, et il la reprit pour la déposer sur le lit, déposant après l'écrin sur la table le gardant pour plus tard.

Ce n'est qu'après qu'il ferma la porte la verrouillant solidement avant de laisser l'armure dans un coin de la pièce. Il activa un mécanisme interne, et surtout désengagea le verrou qui bloquait la voie de sortie. Le dos de l'engin se souleva et les jambières s'ouvrirent laissant le pilote s'extirper de cette dernière avec un petit soupir de déception, il n'aimait vraiment pas en sortir et encore moins pour quelqu'un.
Sa tignasse blanche fut la première chose à émerger de l'armure avant qu'il ne pose un pied dehors trouvant de nouveau étrange la sensation de fouler le sol avec ses propres jambes. Les premiers pas se firent un peu hésitant puis l'habitude revint d'elle-même. Difficile néanmoins de se réhabituer à ne fait qu'un mètre soixante-dix et de ressentir le moindre courant d'air.
Sa tenue de cuir bouillie rigide était une tentative maladroite de porter des vêtements sûr, sans pour autant que ceux-ci ne gênent ses mouvements.
Il se dirigea vers la jeune femme, se penchant au-dessus d'elle pour écouter. Il y avait à la place du tic-tac régulier d'une machine un battement humide qui résonnait dans tout son corps, ce qui normalement indiquait que le cœur de la machine fonctionnait bien, et pour couronner le tout, un petit filet d'air s'échappait de son nez ce qui pour un néophyte en science humaine comme lui indiquait un état de fonctionnement satisfaisant.
Il hocha la tête pour lui-même se reportant sur le plus urgent à l'heure actuelle : l'écrin.
Le jeune homme tira une chaise près de la table, ouvrant délicatement la boite abîmée. Il en tira une montre magnifique, qui malheureusement produisait un bruit discordant à ses oreilles.
Il la retourna dans tous les sens, admirant le travail d'un horloger de talent et au-delà de ça d'un amoureux de la mécanique comme lui.
Il pencha la tête pour écouter une fois de plus le mécanisme. Car si l’extérieur était encore en état l’intérieur, lui produisait un son fort peu mélodieux. Il se saisit de ses outils, mais fut interrompu par un bruit en provenance du lit.

D'un petit geste, il remonta dans son armure, se rapprochant doucement de la jeune femme, regardant avec sa tête casqué la jeune femme se demandant comment elle avait pu arriver à tomber en panne au milieu d'une rue.
Voir le profil de l'utilisateur

Sanaë Eshfeld
avatar
Mer 27 Déc - 14:40
Irys : 370978
Profession : Horlogère en quête d'aventures
Daënar 0
Quelques bruits étouffés parvinrent à franchir l’espèce de barrière formée par ces atroces sifflements. Des brassements d’air, à l’évidence, quelqu’un bougeait autour d’elle… L’horlogère était allongée, sur un matelas bien trop mou pour être le sien. Où était-elle ? Sanaë ouvrit les yeux, doucement, car la lumière bien trop forte lui brûlait les rétines. Tout était flou, trop pour discerner la moindre forme. Lumière et ombre s'emmêlaient simplement donnant à la pièce inconnue où elle se trouvait, des allures de peintures étrangement abstraites. Sanaë cligna des yeux plusieurs fois, tentative désespérée de recouvrer la vue, pour quelqu’un aussi soucieux du détail ce genre de vision était tout bonnement insupportable. Au moins, cela fonctionna les formes paraissaient plus claires, puis peu à peu, sa vision redevint enfin normale. C’est d’ailleurs, à ce moment précis que choisit une tête métallique pour se pencher sur elle.

Le cœur de l’horlogère, choquée par cette surprise des plus étrange, manqua un battement. Elle dévisagea la surprenante apparition avec des yeux exorbités d’abord, puis, elle se souvint, de tout, le retard, le chien, le mur qui était en fait une armure, la foule, la honte et le noir… Et enfin le plus important :

- La montre ! s’écria-t-elle en se redressant brusquement, tellement d’ailleurs qu’elle cogna à nouveau sur le métal.

Mais cela n’avait aucune importance, la bosse viendrait plus tard, sans aucun doute, toutefois, seule sa montre importait bien qu’elle se doutait de l’état misérable dans laquelle elle devait se trouver. Sanaë passa sa main sur son front, l’endroit du choc, puis sortit du lit, glissant sur un pan de couverture. Elle se rattrapa de justesse à l’armure, tout en observant les lieux à la recherche du précieux objet.

-C’est pas vrai... soupira-t-elle en l’apercevant finalement la table.

Quelle vue atroce, tout ce travail ainsi éventré… De quoi lui provoquer une forte nausée qu’elle peina à réprimer, tout comme les larmes qui menaçaient de franchir le seuil critique, celui qu’elle se refusait. Au lieu de cela, Sanaë prit une profonde inspiration et entreprit d’analyser le mécanisme, l’écoutant d’abord. Certaines pièces étaient tordues, mais pas cassées, une chance indéniable en particulier après avoir subi un tel traitement. Extérieurement, le boîtier avait bien trop souffert pour être récupéré, la vitre, le cadran, les aiguilles totalement fichus… Elle ouvrit alors les restes du boîtier, étalant, dépliant le mécanisme de la montre. Sanaë inspecta minutieusement chaque pièce avant de se souvenir qu’elle n’était pas arrivée seule dans cette chambre…

Honteuse, à nouveau, elle se tourna vers l’armure. Elle la dévisagea un instant, avant de lui offrir un sourire gêné.

- Pardonnez-moi, je ne vous ai même pas remercié, vous avez même prit la peine de ramasser ma montre… Je me nomme Sanaë, je vous remercie donc, autant que je vous prie de m’excuser, je suis après tout responsable de cette situation, et vous vous m’aidez. C’est tellement gentil de votre part... bredouilla-t-elle nerveusement jusqu’à ce qu’elle ne se rende compte de son débit de paroles.

Rougissant une nouvelle fois, elle baissa la tête pour ne pas exposer son visage à un inconnu. Néanmoins, cette armure incroyable l’intriguait, tout comme la raison qui conduisait le pilote à y rester. Il devait faire atrocement chaud sous cette cuirasse épaisse… Elle avait tant envie d’en savoir plus, sur lui, sur elle. Comment fonctionnait-elle ? À quoi ? Qui l’avait fabriqué ? Comment ? Tant et tant de questions fusaient, Sanaë ne s’était d'ailleurs même pas rendue compte qu’elle se tenait à présent tout près de cette magnifique création mécanique, la dévisageant d’une façon fort peu convenable.

-Pardon! s’esclama-t-elle en reculant. C’est la première fois que je vois une armure, je la trouve si fascinante. L’avez-vous construite vous-même ?



×10
#cc99ff
En ligne Voir le profil de l'utilisateur

Hyperion Radchen
avatar
Mer 27 Déc - 19:15
Irys : 204963
Profession : Chercheur/Mecanicien
Daënar +2 ~ Zuhause (homme)
Elle se réveilla en sursaut et eu un mouvement brusque vers sa montre, sa tête percuta le heaume d'acier, Hyperion serra les dents en imaginant la douleur qu'elle avait pu ressentir pour déjà la deuxième fois dans la journée. Il l'observa chercher son bien qui était délicatement posé sur la table, la voyant se morfondre sur le gâchis de travail que ça avait été. Désireux de voir tout cela de plus près il s'approcha aussi discrètement que possible, c'est-à-dire dans un concert de bruits de métal et de piston ce qui était déjà bien pour une armure mécanique de plusieurs centaines de kilos.
Le jeune homme l'observa déplier toute la mécanique et en examinant bien le système vit que tout le système était réparable. Pas qu'il avait la qualité d'un horloger, mais son instinct des machines parlait et il poussa un petit soupir rassuré, en haussant les épaules, comme en synergie l'armure chuinta doucement comme si elle était heureuse de voir une petite sœur réparable.
La jeune femme finit par se retourner vers lui le dévisageant un instant ce qui provoqua un léger penchement du heaume en signe d'interrogation .
Elle finit finalement par débiter un flot de paroles qui s'arrêta aussi brutalement qu'il avait commencé. En guise de réponse le jeune homme posa sa main sur son épaule, ce qui se traduit par une main de géant enveloppant tout le côté de la jeune femme. Une main mécanique pouvant aisément broyer de l'acier se posant avec la douceur d'une plume sur son épaule.


-Allons pas besoin de toutes ces excuses vous n'avez pas eu de chances voilà tout, quant à moi, j'ai simplement fait ce qui devait être fait, ne vous en voulez donc pas autant


Oui c'était la première fois et ça se voyait quelque peu mais au lieu de l'expression de terreur habituelle la jeune femme était de nouveau fascinée, et comme pour lui répondre l'armure siffla légèrement en égalisant la pression dans un de ses bras provoquant donc un "pshhht" qui avait presque une connotation joyeuse dans les oreilles d'Hyperion. Ce dernier se redressa, levant une main mécanique devant lui en signe d'apaisement.
Il ne voyait vraiment aucun mal à ce qu'elle la regarde cette combinaison mécanique, au contraire si elle posait des questions il se ferait un plaisir de lui répondre. Lui qui n'était pas trop porté aux dialogues ordinaires se voyait parfaitement dans son élément dans le cas présent, il hocha donc sa tête casqué, sa voix rendue toujours aussi profonde par la résonance du heaume


-Il n'y a pas à vous excuser voyons ! C'est l'une des rares fois ou quelqu'un ne panique pas devant elle. Effectivement je l'ai construite moi-même ! Il lui manque encore bien des raffinements, mais avec le temps j'ai bien l'intention de l’améliorer encore un peu je la trouve encore trop peu précise.



Il fit l'effort de ne pas bouger pour éviter toute rencontre malvenue avec le plafond qu'il aurait sans fracassé sans ménagement a la place, il tendit la main mécanique de l'engin, ouvrant volontairement la protection pour que la jeune femme ai un aperçus des mécanismes qui composait le gantelet, un ensemble de pistons solides qui étaient soigneusement ordonnées dans les doigts de l'engin, avant de retourner la main pour qu’elle puisse examiner les engrenages des articulations pour enfin refermer la protection.
Esquissant un sourire avant de demander.


-Et cette magnifique montre ? C'est vous qui l'avez conçu ? Elle est magnifique... Dommage qu'elle produise un bruit discordant.... Rassurez-moi, pouvez vous la réparer ?


Voir une création aussi magnifique être dans un aussi triste état le rendait mal à l'aise, de ce qu'il avait pu en voir, l'ensemble était d'une qualité rare et si cette carriole n'avait pas été là il aurait sans doute pu écouter la douce mélodie des mécanismes. Mais voilà que tout cela lui était refusé à cause d'un fiacre.
Il en était à la fois déçu et frustré.
Hypérion hésitait à lui proposer son aide même si au vu de la dextérité de la jeune femme elle n'en aurait pas besoin. Il finit par poser un gantelet sur son torse déclarant doucement.


-Je m'appelle Hyperion, ravis de vous rencontrer.


Dit il avant de tendre la main mécanique vers la jeune femme
Voir le profil de l'utilisateur

Sanaë Eshfeld
avatar
Jeu 28 Déc - 9:24
Irys : 370978
Profession : Horlogère en quête d'aventures
Daënar 0
Étonnamment, la main du géant ne pesait pas plus lourd que celle d’un enfant sur l’épaule de la jeune femme. Elle l’observa un instant sans réellement comprendre. Car plus que la délicatesse du geste en lui-même, c’était la prouesse technologique qui l’interpella, éveillant d’autant plus sa curiosité déjà débordante. Comment une chose si lourde, si froide, si rigide pouvait être simplement si précise, si douce ? Ce n’était pourtant qu’un simple assemblage de pièces métalliques, tout du moins en apparence. Elle s’était elle-même essayé à la fabrication d’automates anthropomorphiques, néanmoins leurs gestes restaient désespérément saccadés, manquant de naturel, et ce, malgré ses multiples tentatives pour corriger le fâcheux problème.

Jamais Sanaë n’avait été aussi enthousiaste face à… quoi que ce soit, en réalité. Elle ne pouvait détacher son regard de “l’objet”, mot qu’elle réfuta sitôt pensé tant il lui semblait barbare pour qualifier pareille merveille. Ce n’était pas lui rendre justice... L’horlogère ne savait d’ailleurs plus vraiment où regarder, ni même ce qu’elle voyait en réalité, les armures étaient si loin de son domaine. Elle n’y connaissait rien pour ainsi dire, plus habituée à travailler pièces et matériaux si petit qu’elle était obligée de porter des loupes pour plus de précision. Se trouvait donc devant elle l’exact opposé de ses créations, immense et robuste.

Lorsque le pilote inconnu évoqua son manque de chance, Sanaë ne put retenir un sourire sincèrement amusé. Malchance, maladresse autant de mots qui faisaient l’apanage de l’horlogère, et ce, depuis toujours. Elle accumulait autant de gaffes que de montre, si ce n’est plus. Pourtant, la jeune femme s’était faite à cette idée, elle avait accepté d’être la fille un peu gauche des Eshfeld. L’empotée capable de trébucher sur des obstacles invisibles, mais qui, étrangement, face à la délicatesse de ces minuscules rouages ne se voyait nullement décontenancée. Face à ses montres ou ses créations plus loufoques, Sanaë n’était plus du tout maladroite, mais dotée d’une dextérité évidente qu’elle ne reconnaissait pas.

Elle aurait juré que la machine répondait à son enthousiasme, chose impossible évidemment, mais elle ne pouvait s’empêcher d’interpréter ainsi ces sifflements étranges. Son sourire, émerveillé cette fois, ne fit que s’élargir en voyant l’armure se mouvoir avec une aisance remarquable. C’était comme si les lois de la nature s’appliquaient également à la machine, lui donnant vie, imitant la perfection de l’humain. L’améliorant même, en la dotant d’une robustesse supplémentaire assurant une protection et une sécurité indéniable pour le pilote dissimulé en son sein. Comment ne pas rester rêveuse face à cela ? En avoir peur ? Quelle idée ? Aucune agressivité ne se dégageait de l’engin, certes imposant, il fallait le reconnaître. Mais les attentions du pilote ne faisaient que prouver un peu plus sa gentillesse. De quoi donc devrait-elle avoir peur ?

- Vous êtes réellement incroyable ! Vous l'avez fabriqué seul? s’écria-t-elle en tournant autour de lui, recommençant ainsi son inspection.

Son admiration ne cessait de croître, tout comme son intérêt autant pour la machine que pour son créateur. Sa voix, déformée par tant d'acier ne lui donnait aucune indication sur son âge, toutefois, ses interrogations furent balayées lorsqu'il ouvrit le bras de la machine. Aussi, Sana s’attarda, bien volontiers, ses yeux bleus brillants de curiosité, devant la vue exceptionnelle qu’il lui offrait en exposant ainsi les différents mécanismes composant le bras mécanique de la machine. Face à cet étalage d’ingéniosité, de technicité, aussi, l’horlogère se sentait en joie, se rappelant du jour, où pour la première fois, ses yeux de petite fille se posèrent sur le mécanisme d’une horloge. L’excitation était la même que lors de ce jour d’enfance, tout comme ce désir ardent de comprendre, d’apprendre. Plus rien n’avait d’importance alors, elle se régalait de la vue, tout comme du son produit par les différents organismes ainsi exposés. Encore une fois, elle en oubliait même l’homme à l’intérieur… C’est sa voix qui l’extirpa, presque violemment, de ses rêveries mécaniques. Lui rappelant aussi, la succession d’événements étranges qui les avaient conduit tous deux dans cette chambre. Sanaë se reprit, rassemblant ses idées tout comme sa dignité qui semblait s’être envolée avant de diriger son attention sur le minuscule objet éventré, reposant toujours sur la table.

- Je l’ai effectivement fabriquée, je suis horlogère de profession.

Elle se dirigea vers sa création bien misérable à présent. Il la trouvait magnifique, et pourtant, la montre n’avait plus rien de l’objet qui l’avait rendu si fière quelque temps plus tôt.

- Le boîtier est fichu, je vais devoir en commander un autre, tout comme le système d’affichage. Les roues de la transmission sont tordues, je devrais pouvoir arranger cela sans trop de difficultés. Le régulateur en revanche… Il manque quelques dents à la roue d’échappement, je vais devoir la changer. Il manque une palette… Et le balancier est tordu… Toutes mes montres sont réparables, en théorie… Mais cette fois...

Sanaë soupira se souvenant du client perdu. Inutile de se voiler la face, il avait dû quitter la ville, probablement furieux d’avoir attendu si longtemps une montre qui n’arriva jamais.

- À quoi bon, cette montre m’a fait perdre beaucoup d’argent pour sa confection, sa réparation m’en coûterait d’avantage et pour rien.

Cette réalité, purement commerciale, la rendait malade. Elle appréhendait déjà la dispute inéluctable qui viendrait plus tard. Cette montre représentait sa plus belle réussite en matière d’horlogerie, mais aussi son plus grand échec commercial. Le client était important, la réputation de la maison Eshfeld allait forcément en pâtir, par sa faute, chose que Jaread n’allait certainement manquer de lui rappeler. Ne tenant pas à s’exposer d’avantage face à l’inconnu tout d'acier et de mécanisme vêtu, Sanaë chassa ses larmes, les réservant pour plus tard. Elle se retourna vers Hyperion, puis ce que c’était son nom, lui offrant son plus beau sourire.

- Enchantée de vous rencontrer, lança-t-elle, souriante en attrapant la main qu'il lui tendait. Même s’il est quelque peu étrange de parler à une machine. Je sais qu’un homme se trouve caché à l’intérieur, mais cela reste perturbant. Je suppose que vous tenez à rester dissimulé, sans quoi vous ne vous tiendriez pas ainsi.



×10
#cc99ff
En ligne Voir le profil de l'utilisateur

Hyperion Radchen
avatar
Ven 29 Déc - 15:33
Irys : 204963
Profession : Chercheur/Mecanicien
Daënar +2 ~ Zuhause (homme)
L'avait-il fabriquer seul ? Oui entièrement, et chaque pièce avait sa propre histoire, parfois trouvée dans les mines, parfois réparées à l'atelier. Certaines avaient même été chapardées de caisses de pièces détachées. Elle n'était pas le résultat d'un travail bref, mais bien de plusieurs années d'effort et de recherches. Réunir toutes les pièces avait été fastidieux, et l'assemblage lui avait pris des mois, et encore il ne considérait tout cela que comme une étape préliminaire estimant cette dernière à peine finis. Il hocha donc la tête en signe d'assentiment.



-Oui, tout seul, le vieil artisan de la mine avait bien proposé de m'aider mais je ne me sentais pas laisser ce travaille à qui que ce soit. Cela m'a paris un certains temps mais comme vous pouvez le voir, elle fonctionne même si beaucoup de choses sont encore à faire.


Il regarda avec un oeil neuf la jeune quand il apprit sa profession, les horlogers étaient un peu des magiciens de la mécanique, capable d'assembler et de fabriquer des composants si petit... Hyperion aurait vraiment aimer pouvoir pratiquer cet art, mais il se garda d'en faire le moindre commentaire seul un large sourire invisible trahit donc sa réaction.

Il l'écouta un moment détailler l'état de l'appareil, ne pouvant que constater ses dires avec un brin d'exaspération. Voir une machine dans cet état était presque douloureux, de si délicats rouages tordus par quelque chose d'aussi grossier qu'un fiacre... ça avait quelque chose de cruel.

Le jeune homme sursauta presque en entendant cela. Ainsi la jeune femme accordait plus d'importance à l'argent qu'à ses créations ? Cela lui paraissait invraisemblable, voir même inacceptable, si bien que spontanément, il tendit la main pour attraper sa réserve d'argent la tendant presque avant d'ajouter.


-Si ce n'est qu'une question d'argent prenez le mien, je refuse de voir une si belle création jetée à cause d'une simple logique commerciale... c'est vraiment trop injuste pour un tel chef d'oeuvre !




Comme à son habitude, il devenait beaucoup plus réactif quand il s'agissait de machine changeant du tout au tout.
Mais avant même de finir son geste, il vit la jeune femme lui serrer la main, lui déclarant l'étrangeté de la situation.
Étrange ? Il ne trouvait pas cela étrange... Parler avec une machine était tout aussi naturel que de parler avec quelqu'un pour lui. Il était vrai qu'elle ne répondaient pas, mais certaines personnes n'étaient pas très loquasses non plus. Si bien qu'il se contenta de baisser les yeux vers la jeune femme.

-Je ne me dissimule pas vraiment, je considère cette armure comme une tenue à part entière, c'est un peu comme la votre, si ce n'est qu'elle est moins conventionnelle.



Ce n'était qu'une partie de la vérité bien sure, mais certaines chose ne se disaient pas à des personnes que l'on venait de rencontrer, encore moins à cause d'un accident, Hyperion trouvait la jeune femme sympathique certes, mais ne se sentais pas suffisamment en confiance pour se montrer devant la jeune femme.
Cette cage de fer était ce qui l'avait souvent protégée des autres et mis en dehors de celle-ci il se sentait affreusement vulnérable.

-Mais rassurez-vous je n'ai strictement rien à cacher la dessous, pas de passé tumultueux ou de grand banditisme, pas non plus de balafre atroce, une simple personne sans rien de particulier, croyez moi si je ne la portais pas, vous ne m'auriez même pas remarqué.

C'était ainsi qu'il se considérait, ignorant que ses yeux vairons le mettait déjà à part sans compter sa chevelure blanche peu commune, mais pour connaitre tout cela il aurait fallut passer moins de temps avec des machines et plus avec des humains, chose qu'il n'était pas forcément prêt à faire pour le moment.
Comme en réponse à ses pensées un sifflement mécontent s'échappa de l'armure mais le jeune homme réajusta sa position pour le faire taire.



-Je trouve de toute façon ce heaume bien plus sympathique qu'un visage humain, au moins n'est il pas influencé par les aléas du comportement. Ainsi que je sois triste ou de bonne humeur, tout le monde ne voit qu'un visage inamovible, celui de la perfection mécanique.



C'était tout du moins sa façon de voir les choses, et pour dire vrai il se fichait pas mal de savoir ce que les gens pensaient de son habitude, il ne voulaient pas en sortir, cette combinaison était une armure aussi bien physique que psychologique pour lui et les rares fois ou il avait été en présence de quelqu'un sans elle pouvaient se compter sur les doigts d'une main.

Il éluda donc le sujet, se rappelant des nombreux chocs qu'avait subit la jeune femme, d'un geste de la main il écarta une mèche de ses cheveux pour inspecter le front de la jeune femme. Si le boitier semblait intact, une petite trace bleu commençait à se faire voir sur l'un des côté et en guise de réprobation il émit un petit bruissement qui passa aisément pour un énième sifflement.

-Peut être devriez vous faire plus attention... Vous abîmez votre corps à force, et de ce que j'en sais à force d'user une partie d'un mécanisme vous risquez d'en faire pâtir l’entièreté...



Si l'on traduisait cela en langage humain, c'était une mise en garde sincère, et le jeune homme se trouvait vraiment inquiet pour l'horlogère. Il finit néanmoins par passer à autre chose regardant de nouveau la création abîmée.



-Faites vous autre chose que des horloges ? Ce sont des mécanismes passionnants mais vos talents et votre minutie doivent être pratique pour bien d'autre cas vous ne pensez pas ?




Il avait déjà vu des jouets magnifiques fonctionnant sur des principes d'horloges et se demandait si de telle merveilles étaient également l'apanage de la jeune femme.
Voir le profil de l'utilisateur

Sanaë Eshfeld
avatar
Sam 30 Déc - 12:15
Irys : 370978
Profession : Horlogère en quête d'aventures
Daënar 0
Si le geste la fit sursauter, l’intention quant à elle, lui donnait la sensation d’une lame frappant violemment en son cœur. Toutes ses créations, de la plus imposante des horloges à la plus minuscule guêpe mécanique renfermait une petite partie de son âme. Elle les aimait, toute, comme s’il s’agissait de ses propres enfants, les façonnant avec attention, minutie et tendresse. La réalité commerciale, imposée par son frère, qui avait tout de l’homme d’affaires, la rendait malade. Il fallait bien vivre, c’était un fait, bien que Sanaë se contentait du minimum, fabriquer ces petites choses suffisait à la combler amplement. Mais ce n’était pas le point de vue de son frère… L’une désirait montrer au monde les innovations possibles en matière l’horlogerie, son frère ne voyait qu’une pile d’Irys s’entassant généreusement dans les ténèbres d’un coffre, placé au milieu d’une centaine d’autre, dans l’une des obscures banques de Blumar, dont elle ignorait même le nom. Voilà pourquoi le geste du géant de métal la fit tant souffrir, car au fond, elle pensait exactement la même chose.

- Je vous en prie, non, gardez votre argent. Ne me faites pas me sentir plus misérable que je ne le suis déjà. Vous avez raison… C’est vraiment trop injuste...

Hyperion avait marqué un point non-négligeable. L’horlogère avait passé trop de temps penchée sur cette montre, y plaçant soigneusement son amour dans chacune des pièces la composant. Il serait tant dommage de la laisser rejoindre le tas de pièces détachées dans le coin de son atelier. Elle la réparerait, Sanaë s’en fit la promesse, et ce, même s’il était certains que le résultat serait bien différent. Mais tant pis, il y avait bien assez de pièces dans son antre pour en fabriquer une nouvelle, toute aussi jolie.

Elle chassa ses idées, se concentrant sur ce qu’il lui disait, son point de vue lui semblait intéressant. Presque séduisant en réalité. Elle-même avait rêvé de porter une sorte de seconde peau, un masque, la dissimulant aux yeux du monde. Cachant sa maladresse, ses regards perdus si souvent jugés par les autres, qui ne lui faisaient ressentir que honte et incertitude finalement. Si elle souriait, son regard d’azur semblait éteint, en berne. Les humains la mettaient généralement mal à l’aise, car aimaient souvent pointer du doigt ses différences. Elle veillait pourtant à la cacher, derrière ses sourires, ou simplement en restant cachée dans son atelier, trouvant la compagnie de ses créations bien plus sympathique et naturelle. Si l’horlogère s’aventurait à l’extérieur, c’était seulement, car le monde, les gens, la fascinaient. Elle voulait voir, comprendre, apprendre toujours plus… Sanaë aimait les humains, pour leur diversité, leur évolution facile et permanente. En soit, Sana réussissait tout de même à vivre parmi eux, même si elle n’était jamais réellement elle-même. Elle ne les jugeait jamais, et encore moins pour leur apparence ou leurs origines…

Finalement, Sanaë lui sourit, oh pas l’un de ses sourires de façade, ou de son propre heaume taillé dans la chair, mais un sourire sincère et lumineux. La personnalité d’Hyperion était si intéressante, ses capacités fascinantes, tout chez lui éveillait sa curiosité. À aucun moment Sanaë pensa qu’il tentait de cacher un physique ingrat ou diforme, cela ne lui était même pas venu à l’esprit. Tout simplement, car elle-même n’y accordait aucune importance. Depuis toujours, l’horlogère comparaît l’humain à ses montres jugeant que la véritable beauté, logée au sein même de l’âme, se cachait sous le boîtier, soigneusement dissimulé aux yeux des autres. Peu importe l’apparence donc, ce que les yeux voient ne donnent qu’une image souvent déformée de la réalité. Elle-même n’accordait aucune importance à la sienne bien qu’inconsciente de l’image qu’elle pouvait renvoyer. Sanaë se fichait de cela. La réflexion d’Hyperion la laissa donc perplexe, ce qui se manifesta par un froncement de sourcils signalant son incompréhension.


- Je ne peux que vous comprendre... Gardez-le, je ne vous poserais plus aucune question à ce sujet.

Lorsqu’il leva la main vers son visage, Sanaë se figea, non pas de peur, mais de surprise. Le geste fut aussi doux que surprenant et toujours plus fascinant. Elle ne pouvait qu’en admirer la prouesse, se demandant quel merveilleux mécanisme pouvait être si précis, si proche du mouvement humain qu’il aurait pu l’égaler sans soucis.

Il s’inquiétait pour elle, Sanaë percevait sa sincérité à travers ses paroles étranges. Machinalement, l’horlogère porta sa main sur la légère bosse logée sur son front, ce n’était pas la première. Et connaissant sa maladresse, ce ne serait certainement pas la dernière. Toutefois, elle se garda de tout commentaire, car si lui semblait inquiet, ce n’était pas son cas. Elle se fichait bien de l’état de son corps, de sa santé même, persuadée que ce n’était que perte de temps. Tout se dégraderait, inéluctablement, et ce, de façon permanente sans que l’on ne puisse y changer quoi que ce soit. L’humain était fait ainsi, naître, grandir, vieillir, mourir… Alors, à quoi bon s’en soucier, elle-même finirait par dépérir, son corps se décomposerait et finirait par disparaître...

- Ne vous en faites pas pour cela, j’en ai vu d’autres, répondit l’horlogère, peu désireuse de l’inquiéter d’avantage.

Sa question suivante la fit sourire, puis elle songea à l’objet qui reposait dans sa poche, attendant la visite qu’elle devait rendre un peu plus tard dans la journée à sa petite nièce Isalyne. Sanaë la sortie donc, petite créature mécanique pas plus grosse qu’une pièce de monnaie. Elle tendit ensuite la coccinelle mécanique à Hypérion avant de tourner le remontoir pour la laisser ouvrir ses ailes délicates mêlant soie et fil de fer.

- Je fabrique bien d’autres objets de ce style. Ce ne sont que des jouets, mais la confection de certains m’apporte plus de joie encore que l’horlogerie, déclara-t-elle en observant le petit insecte se mouvoir tandis qu’un sourire tendre et bienveillant se dessinait sur son visage pour disparaître lorsque le ressort reprit sa place, faisant disparaître toute impression de vie.

- Ils n’ont aucune utilité, mais je les aime. On est loin de votre armure… Si vous le souhaitez, j’en ai quelques-uns à l’atelier, je serais ravie de vous les montrer.



×10
#cc99ff
En ligne Voir le profil de l'utilisateur

Hyperion Radchen
avatar
Sam 30 Déc - 15:01
Irys : 204963
Profession : Chercheur/Mecanicien
Daënar +2 ~ Zuhause (homme)

Elle allait donc le réparer ? Hypérion n'avait pas vraiment compris la logique qu'elle avait eu sur le moment mais sans doute était-elle aussi déchirée que lui à l'idée d'abandonner une si belle création. En signe de joie il y eu un petit claquement répété au niveau du torse, ce qui en soit n'était rien d'autre qu'un réajustement du gyroscope mais qui pouvait presque être pris comme tel.

-Ne vous sentez pas misérable voyons... Je sais que certaines personnes ont une logique marchande implacable... Je suis juste trop sentimental quand il est question de machines, encore plus quand ces dernière sont de cette qualité.



La jeune femme eu la délicatesse de ne pas faire comme beaucoup d'autre, c'est à dire d'insister pour qu'il sorte. Il eu un soupire de soulagement. Lui même ne comprenait pas cette habitude qu'avait les gens de toujours vouloirs voir plus que ce qu'on leur montrait. Cette tenue était certes imposante mais c'était la sienne, il ne demandait pas aux gens de se mettre nu devant lui à ce qu'il sache ainsi cette simple petite phrase fit gagner beaucoup de confiance à la jeune horlogère.


-...Merci... c'est plutôt rare que l'on me dise ça.


Mais la réaction devant ses blessures lui paraissait problématique, à force d'abuser de sa mécanique elle risquait un jour de tomber en panne et même s'il ne la connaissait pas vraiment, il n'avait pas vraiment envie que cela arrive. Qui s'occuperait de ses créations ? Ce serait une véritable tragédie de perdre autant de talent.

Hypérion observa le petit automate dans la paume de sa main, observant fasciné l'engin déployer des ailes faites de sois et de fer. Aussi longtemps que dura le spectacle il ne quitta pas l'engin des yeux, en oubliant même de respirer. Ce n'est qu'après que le mécanisme soit redevenu inerte qu'il se remit à nouveau à respirer. C'était... magnifique... et seul la taille des doigts de son armure l'empêchait de remonter le mécanisme pour observer ce miracle encore une fois.

Délicatement il le déposa dans la main de la jeune femme, la fixant avec une intensité insoupçonné derrière son masque.


-Inutile ? Rien n'est inutile ! Ils sont miraculeux, je n'avais encore jamais vu de machines aussi petites... c'est tout simplement magique !



Et elle disait en avoir bien d'autres ? Le jeune homme était plus qu’intéressé et il se mit à hocher la tête en guise d'assentiment, réalisant soudainement que c'était comme une invitation formelle. Visiter un atelier... voilà qui dépassait beaucoup ses fantasmes. Il eu même un petit rire de joie qui résonna comme un coup de tonnerre dans la petite pièce


-Je serais plus que ravi de pouvoir les voire mademoiselle et ne vous préoccupez donc pas de l'armure ce n'est pas le même type de travaille voilà tout cette pièce est faite pour durer et être résistante, vos créations sont faite pour être esthétique et leurs qualités dépassent largement ce que j'ai pu faire.


Il pris donc le chemin de la sortie prenant soins de ranger ses affaires avant de l'attendre dehors. La il put enfin se redresser déployant l'immense taille de la machine à l'air libre avant de se tourner vers la jeune femme, ignorant totalement les passants qui le regardaient.

-Je vais vous suivre, car je ne connais pas vraiment cette ville.



Il trépignait d'impatience mais ne voulais pas encore une fois se perdre en plein milieu de cette grande ville d'autant que la nuit commençait à tomber
Voir le profil de l'utilisateur

Sanaë Eshfeld
avatar
Dim 31 Déc - 10:45
Irys : 370978
Profession : Horlogère en quête d'aventures
Daënar 0
Sanaë se sentit émue face à la réaction inattendue d’Hyperion, il lui parut alors si jeune le géant de métal. Son comportement la surprit presque autant qu’il attendrit l’horlogère qui l'observait en souriant. Bien sûr, il lui était impossible de voir les expressions de son visage, totalement dissimulé sous le masque de métal, néanmoins, il lui semblait les percevoir, les deviner malgré tout. Évidemment, cela pouvait n’être que le fruit de son imagination, après tout Sanaë n’était pas plus doté d’empathie que les autres, mais le fait est qu’elle le voyait ainsi, un enfant tout de métal vêtu.

Il parlait de miracle, de magie, ce qui n’était pourtant pas le cas, mais ces mots si étranges soient-ils, réchauffèrent le coeur de Sanaë. Oh, ce n’était certes pas le premier à trouver ses créations belles. Les enfants plus particulièrement en raffolaient, les voyant que de minuscules compagnons de jeu. Bien sûr, chacun avait ses préférences. S’ils s’accordaient sur les animaux, les garçons adoraient les véhicules tandis que les filles fondaient devant les petites créatures sorties de l’imagination fertile de l’horlogère. Seulement, comme il l’avait lui-même souligné, il n’y avait là qu’un simple intérêt esthétique, ce qui, même si elle refusait de l’avouer, la décevait profondément. Sanaë aimait le défi que leur confection représentait, jouer avec les tailles des matériaux, les matières, les effets. Essayer de reproduire les mouvements fluides et naturels des créatures vivantes, réfléchir, apprendre, toucher, créer… Jusqu’en tirer une quelconque satisfaction jamais complète toutefois. Bien sûr, combler les désirs de ses neveux et nièces lui faisait plaisir, elle aimait voir l’émerveillement naître dans leurs yeux d’enfant, mais il n’y avait là rien de plus. Et ce manque la frustrait bien plus qu’elle ne l’avouerait, en particulier devant un inconnu…

Malgré tout, les compliments de l’homme en armures la touchèrent profondément, car il ne s’agissait pas là de paroles d’amateur. Son opinion, en tant que mécanicien de génie comme elle le devinait, était bien plus précieuse que toutes celles dont le commun des mortels était capable. Il semblait empressé de découvrir ses petites créations. L’horlogère se sentit alors si reconnaissante, si heureuse aussi…

Elle l’observa attraper rapidement ses affaires avant de se diriger vers la porte. Sanaë s’empressa donc de l’imiter, veillant à ne pas oublier la montre brisée. Elle la plaça délicatement dans un mouchoir, soucieuse de préserver les pièces encore réparables, avant de ranger le tout dans la poche de son manteau.

Sanaë se voyait donc aussi pressée que lui de lui montrer ses quelques créations, elle aurait presque oublié son frère… Presque… Elle savait bien ce qui allait se passer, l’horlogère allait devoir encaisser, une nouvelle fois, une série de reproches plus ou moins justifiés. Mais tant pis, l’avis d’un mécanicien, capable de fabriquer une armure aussi précise et merveilleuse, lui importait plus que tout le reste. Elle le rejoignit à la porte afin de le précéder. Il ne connaissait donc pas la ville, ça, elle s’en était doutée. Sanaë connaissait tous les inventeurs et mécaniciens de la ville et aucun n’était capable de fabriquer sa propre armure assistée. Blumar, par sa nature, n’attirait guère les technologistes, à son grand regret. Sachant cela, l’horlogère était d’autant plus curieuse concernant Hyperion.

- D’où venez-vous ? Et qu’est-ce qui vous a mené jusqu’ici ?

Dehors, en cette période hivernale, le fond était particulièrement froid. Il avait neigé, et la fine pellicule de poudre blanche et glaciale, rendait le sol glissant. Un enfer pour Sanaë qui trébucha à de nombreuses reprises, manquant de se retrouver sur le séant à chaque fois. Le trajet jusqu’à l’horlogerie fut court, tout le long, le duo étrange ne rencontra que regards étonnés, effrayés, mais rarement réellement curieux. D’ordinaire, Sanaë ne leur prêtait guère attention, trop perdue dans ses pensées, mais cette fois-ci, aucun ne lui échappa. Elle s’interrogeait donc sur la réaction de son aîné, de voir le géant mécanique traverser sa précieuse boutique.

Arrivés devant celle-ci tout habillée de bois blanc et de verre, Sanaë décida de passer par la porte privée de l’atelier, inquiète de la réaction de son frère. Seulement, elle évita de laisser paraître ses émotions, Hyperion n’avait strictement rien à voir avec les histoires de la famille Eshfeld, et semblait particulièrement timide, autant donc le préserver de tout cela.

- Il y a un accès à l’arrière, ce sera sans doute mieux pour vous. Vous y serez certainement plus à l’aise, lança-t-elle en lui offrant un sourire qui se voulait rassurant.

Ils passèrent donc dans la petite ruelle contournant la boutique. Arrivés à hauteur de la vieille porte en bois épais, Sanaë sortit sa clé avant de l’ouvrir.

-Entrez, je vous en prie,dit-elle en accompagnant ses mots d’un geste de main.

Elle le laissa donc pénétrer à l’intérieur, foulant le sol de son antre. L’atelier n’avait visuellement rien de particulier, une pièce plutôt lumineuse, organisé comme le cerveau de l’horlogère. Chaque chose avait sa propre place, bien que cela ne saute pas particulièrement aux yeux. Dans un coin, s’entassaient diverses pièces détachées attendant que Sanaë leur trouve une utilité, leur offrant ainsi une sorte de nouvelle vie. Plusieurs établis se voyaient alignés contre le mur, face à l’entrée privée, tous pourvu de divers étagères et minuscules tiroirs étiquetés. Ceux-ci tous destinés au travail d’horloger, le sien, son établi personnel se trouvait dans le coin le plus reculé. Facilement reconnaissable tant il était rempli de diverses pièces minuscules déjà modifiées par ses soins. Le mur l’entourant était recouvert de croquis, schémas en tous genres allant de l’oiseau mécanique, à l’engin à deux-roues en passant par l’arme qu’elle avait eut à modifier quelques mois plus tôt.

Quelques sons perçaient les murs, signe de la présence de son frère dans la pièce d’à côté. Sanaë avait beau redouter ce moment, elle savait qu’elle ne pourrait y échapper et craignant de le surprendre avec la présence d’un inconnu en armures dans l’arrière-boutique, elle préférait aller le prévenir.

-Faites comme chez vous, n’hésitez pas à fouiller, touchez ce que vous voulez, je sais que vous ferez attention. La plupart de mes créations se trouvent dans l’armoire derrière vous, il en manque beaucoup, je les ai offert à une amie. Ne vous gênez pas donc, je reviens tout de suite.

Elle déposa soigneusement la montre brisée dans le tiroir de son bureau, avant de disparaître dans la pièce d’à côté. Jaread se trouvait au comptoir, réorganisant pour la énième fois le présentoir comprenant diverses chaînes destinées aux montres à gousset. Il leva la tête à son approche, visiblement surprit de la voir emprunter cette entrée particulière.

-Oh Sana, tu étais là? Le client était satisfait ?

Gênée, Sanaë baissa la tête, redoutant sa réaction. Loin d’être violent, Jaread était pourtant capable de faire beaucoup de mal à sœur, simplement avec les mots. Et cette fois-ci n’échappa pas à la règle. Après lui avoir raconté ses mésaventures de la journée, son frère fut prit d’une rage folle. Grondant après sa sœur, lui reprochant sa maladresse, sa bêtise, son manque de respect envers le travail de leur père. Sanaë encaissa tout sans broncher, car après tout, il avait raison. Elle le laissa donc terminer, avant de le voir claquer la porte de la boutique et disparaître à grand pas dans les rues. L’horlogère soupira, se débarrassant de ses vêtements avant de les accrocher au porte-manteau. Elle prit quelques secondes, le temps de retrouver ses esprits et rassembler ses idées, puis rejoignis Hyperion dans l’arrière-boutique.



×10
#cc99ff
En ligne Voir le profil de l'utilisateur

Hyperion Radchen
avatar
Lun 1 Jan - 22:53
Irys : 204963
Profession : Chercheur/Mecanicien
Daënar +2 ~ Zuhause (homme)
D'où venait-il ? C'était son premier voyage et son point de départ n'était semblait-il pas si loin. Le départ se situait à Hinaus, plus précisément la mine dans laquelle il avait travailler jusque là c'est donc avec un peu de gêne qu'il admit l'origine modeste de son point de départ.

-Je viens d'une petite mine dans la région d'Hinaus, je suis venus pour étudier les merveilles technologiques de la région.

Et il insistait bien sur le terme "mine" car contrairement à beaucoup il ne pouvait pas vraiment retracer ses origines à une cité, non son plus lointain souvenir remontait à un boyau obscur d'une mine, dans les profondeurs d'une montagne. Quand au reste c'était difficile à dire, même la lumière du jour était encore relativement nouvelle pour lui. Et son armure le protégeait autant des balles que du soleil actuellement, sa peau rendue blême supportant mal les agression de l'astre.
Ils marchèrent dans les rues de la ville le géant gardant un œil rivé sur la jeune femme qui trébuchait souvent. Le sol était particulièrement traître et lui aussi sentit souvent l'armure lutter pour rester debout. Mais la chute du mastodonte aurait risqué d'avoir un effet bien plus désagréable pour sa voisine, ainsi c'était encore plus concentré que d'habitude qu'il marchait.
La boutique finit par se profiler devant lui: un élégant bâtiment fait de bois blanc et de verre que le jeune homme ne put qu'admirer. Un bâtiment qui alliait l'esthétique à la fonctionnalité était relativement nouveau pour lui d'autant qu'ici l'esthétique semblait primer.

En l'entendant parler il fit un discret signe de tête.

-Aucun soucis, je ne voudrais pas trop trancher avec l'ambiance de votre temple de la mécanique.

Le terme était fort mais il ne l'avait pas dit au hasard, des boutiques ou l'on valorisait la mécaniques de cette façon étaient réellement des temples pour lui. Et de ce qu'il pouvait en voir c'était un lieu de culte particulièrement luxueux. De la vitrine, il se sentait déjà en décalage avec le luxe de l’intérieur, passer ailleurs lui semblait donc un peu plus approprié.
Il entra donc par la porte qui lui était ouverte faisant pencher le colosse d'acier pour pouvoir passer le cadre de la porte sans l'arracher. Exécuter une telle manœuvre était compliquée car elle n'avait pas été conçu pour cela et sa taille jouait clairement contre lui. Mais après quelques secondes d'hésitations il finit par trouver le moyen de rentrer posant un pied dans un atelier qui malgré le désordre apparent lui apparut comme un paradis terrestre.
Des mécanismes, des outils, des schémas... Sa main se serra en réflexe, et en entendant la jeune femme il eu un large sourire invisible

-...merci...

Et il l’observa s'éloigner prenant ensuite le temps de regarder autour de lui. Ses immenses mains bataillèrent à ouvrir la poignée, l'opération était aussi délicate qu'ouvrir la porte d'une maison de poupée sans l'écraser, à la différence que personne n'indiquait au pilote s'il mettait trop de pression ou pas sur le mobilier. C'était donc un jeu subtil auquel Hypérion se prêtait. Il ouvrit donc l'armoire découvrant beaucoup de nouvelles merveilles. Pour mieux les voir, il se mit à genoux observant tout cet ensemble sans même oser y toucher.
Comme un enfant dans un magasin de jouet, à la différence que tout cela était si beau que ses mains n'osaient pas bouger.
Quelques chose claqua dans la boutique et il vit Sanae revenir dans l'atelier avec une expression contrariée sur le visage.

Ce n'était peut être pas ses affaires mais le jeune homme avait comme un mauvais pressentiment, et commençait à apprécier la jeune femme, pencahnt la tête sur le côté il oublia toutes les merveilles de l'atelier pour demander.

-Quelque chose ne vas pas ?
Voir le profil de l'utilisateur

Sanaë Eshfeld
avatar
Mar 2 Jan - 9:53
Irys : 370978
Profession : Horlogère en quête d'aventures
Daënar 0
Encore un peu déboussolée par ses émotions, Sanaë se laissa choir sur sa chaise. La question d’Hyperion l’avait surprise, pensant n’avoir rien laissé paraître de son trouble, ce qui visiblement n’était pas le cas. Son visage, teinte de porcelaine, se chargea de rouge exposant sa gêne aux yeux de l’homme en armure. Toutefois, soucieuse de garder une certaine contenance, l’horlogère sourit, esquissant un geste de mains afin de balayer ses inquiétudes.

- Ce n’est rien, ne vous en faites pas. Simplement un frère mécontent de la bêtise de sa sœur, soupira-t-elle.Il n’était pas comme ça avant, tout était bien plus simple à dire vrai. Avant l’exposition universelle, nous avions certes moins de travail, ou d’argent, mais nous nous entendions...

Elle repensa à sa vie d’avant cette fameuse exposition. Oh, l’on peut dire qu’ils ne croulaient pas sous les commandes, personne ne se bousculait pour acheter l’une de leur pièce. Peu de gens connaissaient la boutique, fonctionnant sur le bouche-à-oreilles. Mais ils s’entendaient, travaillaient dans la joie, et surtout, elle avait bien plus de temps à consacrer à ses créations personnelles. Ce n’était plus le cas aujourd'hui. Sanaë sortaient peut-être plus de son atelier, s’était rendue à Alexandria, par deux fois, pour se renfermer toujours plus dans son antre prenant alors des airs de prisons.

Cette situation, presque cauchemardesque aux yeux de l’horlogère, était de son fait. Sanaë avait insisté, lourdement, pour avoir un stand lors de cet événement afin de montrer au monde ce travail dont elle était si fière. Et en effet, leur carnet de commandes débordait, leur clientèle avait triplé, mais tout plaisir s’était envolé. Excepté pour quelques rares pièces, aux mécanismes original et nettement plus complexes, avaient représenté quelques défis passionnants à relever.

N’étant pas le genre de femme à s’apitoyer sur son sort, en particulier devant un invité, Sanaë balaya ses sombres idées s’attardant sur la posture du géant. Ainsi accroupi, il lui fit penser à un enfant devant un coffre à jouets. Cette pensée la fit sourire de tendresse. Il lui avait dit venir d’une mine, seulement une mine, pas de nom de ville de village… Ce qui ne semblait guère réjouissant, laissant supposer à une enfance passée dans les entrailles de la tête, à travailler sans même pouvoir profiter de la lumière du jour. Sa position lui sembla si ridicule alors, s’en plaindre serait particulièrement mal venu, surtout face à un homme ayant vécu bien pire.

- Ce n’est rien, dit-elle en souriant. Avez-vous vu quelque chose d’intéressant ?

Voyant tous les automates éteints Sanaë se mit à rire. Évidemment, avec des mains de géant, remonter un mécanisme minuscule relevait de l’impossible. Elle alla se placer prêt de lui, s’emparant d’une petite automobile, l’horlogère tourna la clé avant de la poser au sol afin de la laisser rouler à travers la pièce.

Dommage que vos gantelets ne soient pas amovibles, lança-t-elle en attrapant un dragon miniature avant de le remonter. Enfin, peut-être, n’en avez-vous pas l’utilité.

Le dragon ouvrit ses ailes, se pencha en avant, avant de tourner la tête. Elle répéta le manège avec chacune de ses pièces achevée, oiseaux chantants, araignées grouillantes, papillon et tant d’autres. Ses minuscules jouets s’animèrent un à un, sur le sol de l’atelier, emplissant la pièce d’une joueuse cacophonie accueillie par le sourire de l’horlogère. Puis, finalement, chacun leur tour, revinrent à leur état immobile, sans vie, et le sourire de Sanaë s’évanouit un instant avant de réapparaître lorsqu’elle se tourna vers Hypérion. Elle pensa à la montre brisée dans son tiroir… Et à la réaction, la tristesse du géant face à l’état lamentable de l’appareil.

- Dites, que diriez-vous de m’aider à réparer la montre ? proposa-t-elle avant de se reprendre en observant les mains immenses de l’armure. Ou du moins de rester avec moi, j’ai cru comprendre que les petits mécanismes vous intéressez, et j’apprécie votre compagnie. Oh, mais peut-être avez-vous mieux à faire...



×10
#cc99ff
En ligne Voir le profil de l'utilisateur

Hyperion Radchen
avatar
Mar 2 Jan - 21:29
Irys : 204963
Profession : Chercheur/Mecanicien
Daënar +2 ~ Zuhause (homme)
A l'exposition universelle... Il n'avait pas pu y aller à cause de la distance que cela représentait, ça et personnes n'aurait accepté qu'il se balade en armure dans les stand, et au vu de son malaise sans celle-ci il avait préféré abandonné l'idée plutôt que de risquer trop d'attention. Il était tout de même drôle de voir que des êtres provenant d'une même famille s'entende aussi peu et même s'il était désolé pour elle, Hypérion ne comprenait pas vraiment le sens de ces disputes d'autant qu'il ne voyais pas vraiment ce qu'étais des liens familiaux.
Il hocha la tête cependant quand elle lui demanda si quelque chose lui plaisait.


-Tout ! Tout est merveilleux !


Et la jeune femme cit très vite ce qu'il le gênait et elle fit sans doute le geste le plus beau que personne ne lui avait jamais fait en tournant les clé à sa place, il put donc s’émerveiller a regarder les petits automates fonctionner d'eux même ce qui déclencha un rire de tonnerre. Ce qui devait sembler bien étrange.
Quand aux gantelets, il en aurait surement eu l'utilité, mais ces créations n'étaient qu'un ensemble de vérin, et ses mains se trouvaient bien plus loin au niveau des avant bras. Les rendre amovibles auraient été complexe et aurait sans doute trop fragilisé l'armure pour le moment. Mais il ne désespérait pas de réussir un jour


-Disons que ce sont des choses complexe à réaliser mais peut être un jour...


L'aider à réparer sa monte ? Mais il le ferait avec beaucoup de plaisir ! Enjoué le jeune homme se pencha sur l'établi sur lequel était posé l'appareil regardant avec d'autant plus de curiosité le mécanisme maintenant qu'il devait travailler dessus. Sa main se porta sur la machine mais les lourds gantelets de métal se révélèrent incapable de saisir un tournevis de précisions ou du moins de l'utiliser correctement.



-Non non je le ferais avec plaisir bien sur ! Vous savez je n'ai pas vraiment d'endroit ou aller.

Gêné par cet état de fait, il prit un peu de recul fixant tour à tour à tour la jeune femme puis la montre avant de pousser un grand soupire sonore. La clé qui était encore sur la table, il la saisit avant de l'enfoncer dans la serrure, la tournant deux fois pour être sur que personne n'entrerais, il fit pareil avec le verrou de l'atelier. Avant de trouver un coin dans la pièce.
Il y marcha lentement, s'agenouillant avec grave avant d'appuyer sur une commande dissimulée dans l'armure. L'Engrenage maître s'arrêta dans un sinistre claquement et des jets de vapeurs s'échappèrent des joints alors que la force de l'armure était expulsée.
De nouveaux mécanismes se mirent en mouvement, soulevant le dos de la machine pour révéler l'être fragile qu'elle contenait. Tout cela se fit dans un concert de bruit métallique. Puis le jeune homme finis par sentir les dernières plaque se retirer de son dos le libérant soudainement de la contrainte de l'enfermement qu'il acceptais avec joie.
Le colosse s'éteignit doucement alors que sans un bruit son pilote s'en échappait.

Le pilote n'était pas des plus grands et la première chose qui risquait de frapper la jeune femme était sa chevelure d'un blanc immaculé qui ne détonnait pas avec sa peau qui n'avait jamais connu le soleil. C'était le physique d'un enfant ayant grandis dans des mines, taillé pour le travail et pourtant à l'apparence si innocente et fragile. Pour contraster cela il portait une tenue faite de cuir durci d'un marron clair mais l'un des plus grand aspect d'Hypérion était une paire d'yeux vairons, dont l'un des orbes bleu glace contrastait avec un autre vert émeraude.
Il lui fallut beaucoup de courage pour sortir de la protection de son armure, ce dernier patientant quelques minutes avant de réussir à se montrer.
Sa taille n'était désormais plus vraiment dominante, et il fit quelque pas vers la jeune femme, ne pouvant s'empêcher de détourner le regard en rougissant. Sa voix bien plus claire et cristalline que n'aurait pu laisser penser l'armure s'éleva doucement.

-Hum... ce sera... sans doute plus facile comme ça.... Enfin si vous préférez.... je peux... remonter....

En étant très honnête, le jeune homme ne savait plus ou se mettre, faisant même plusieurs fois un pas en arrière pour revenir vers sa machine avant de finalement se raviser pour rester à sa place. Mais il allait falloir le mettre en confiance car il était encore partagé entre s'enfuir et rester.
En fait c'était peut être la deuxième fois depuis qu'il avait enfilé l'armure qu'il sortait en la présence de quelqu'un et comme n'importe qui aurait pu le voir il restait terriblement gêné. Il trouvait toujours aussi étrange de marcher avec ses deux jambes, trouvant bizarre cette sensation de liberté qu'il ressentait.
Quelques pas mal assuré plus tard il se trouvait près de la montre la touchant pour la première fois avec ses mains, avant finalement de les enlever trouvant peut être maladroit de la toucher comme cela.
Voir le profil de l'utilisateur

Sanaë Eshfeld
avatar
Mer 3 Jan - 9:09
Irys : 370978
Profession : Horlogère en quête d'aventures
Daënar 0
Chose bien étrange d’entendre un géant métallique rire aux éclats face à ses quelques jouets. Et pourtant, ce son si particulier prenait des airs de mélodie aux oreilles de l’horlogère. Oh, pas pour sa sonorité, le rire en question ressemblait aux grondements du tonnerre, en plus étouffé. Mais c’est le naturel, la sincérité perçant à travers qui touchèrent profondément Sanaë. Elle était émue, sincèrement, et ce, malgré le masque impassible de l’armure dissimulant le visage du pilote.

Aussi, lorsqu'il accepta de l’aider, la jeune femme ne put retenir un sourire joyeux, elle l’observa se pencher sur l’établi avec une curiosité évidente. Son sourire s’effaça pourtant, tandis qu’Hyperion tenta de se saisir de l’un de ses tournevis, en vain. Sanaë crut le voir abandonner. Il était évident qu’avec de telles mains, il lui serait impossible de travailler sur un mécanisme aussi délicat et de manier des outils qui l’étaient tout autant. Malgré la précision remarquable de l’armure et la douceur évidente dont elle avait fait preuve plus tôt, celle-ci restaient bien trop imposante, malhabiles. La souplesse, la dextérité des mains humaines n’étaient pas chose aisément imitable, en particulier à telle échelle. Elle soupira donc, l’imaginant déçu face à l’évidence. Sanaë s’en voulut aussitôt pour lui avoir causé cette déception maladroite et involontaire. Et pourtant, il la surprit à nouveau...

Au lieu de partir, comme elle l’avait cru, Hyperion les enferma dans l’atelier, les coupant ainsi du reste du monde. Loin d’être effrayée, Sanaë se contenta de l’observer, attendant silencieusement. Elle avait déjà compris ce qu’il comptait faire et ne voulait certainement pas perdre une miette du spectacle qu’il lui offrait involontairement. Au premier claquement, le cœur de l’horlogère sembla s’arrêter, sa respiration se coupa instantanément, comme si son corps répondait à son désir de ne laisser aucun parasite la priver de cette vision. Elle observa ainsi, sans bouger, chaque mouvement de plaque, écoutant chaque bruit émit par l’armure avec attention. S’il trouvait ses créations merveilleuses, Sanaë en pensait autant de la sienne.

Le calme revenu, Hyperion finit par lentement s’extirper du monstre de métal, sous les yeux ébahis de l’horlogère. C’était comme assister à la naissance d’un être magique et mystérieux. Sanaë reprit son souffle l’instant où ses yeux se posèrent sur le visage de chair d’Hyperion… Il était si jeune, ses traits délicats lui donnait des airs angéliques… Si jeune… Et déjà capable de telles prouesses technologiques ? Sanaë ne put que l’en admirer davantage…

Néanmoins, Sana se reprit en évitant de le détailler d’avantage, se rappelant de sa gêne lorsqu’elle l’avait interrogé sur son armure.... Craignant de le mettre mal à l’aise, elle lui sourit simplement, le plus naturellement et sincèrement du monde. En revanche, si elle passa aisément les détails de son visage, ou de ses cheveux exceptionnellement pâles, son regard quant à lui la subjugua totalement, par son intensité, sa rareté… Hyperion lui faisait alors penser à un joyau rare, précieux et ô combien fragile, justifiant ainsi le besoin d’être caché, protégé dans son écrin d’acier.

Néanmoins, la gêne palpable du jeune homme eut tôt fait de la ramener au présent. Sanaë secoua brièvement la tête, chassant cette vision onirique de son esprit pour se concentrer sur les raisons qui eut amené le jeune homme à abandonner son cocon. Il avait peur, chose invraisemblable lorsque l’on connaît l’horlogère qui peinait presque à effrayer les souris. Elle évita donc de le regarder, et même si son premier réflexe fut de tendre la main vers lui afin de le saluer comme il se doit, Sanaë se ravisa aussitôt, pensant que le contact humain ne ferait que d’effrayer d’avantage. À la place, elle s’empara doucement du tournevis de précision et lui tendit en souriant tendrement.

- Et bien, au travail, lança-t-elle avec un enthousiasme contrôlé pour ne pas d’effrayer d’avantage. Que savez-vous du mécanisme des montres ?




×10
#cc99ff
En ligne Voir le profil de l'utilisateur

Hyperion Radchen
avatar
Mer 3 Jan - 12:57
Irys : 204963
Profession : Chercheur/Mecanicien
Daënar +2 ~ Zuhause (homme)
Le jeune homme mit de côté sa gêne, tachant de se concentrer sur le travail qu’il avait à accomplir. Il vit les efforts que faisaient la jeune femme pour éviter de l’incommoder et il ne put que murmurer un remerciement qu’elle n’entendit sans doute pas. Il la vit successivement tendre sa main avant de la retirer, sans doute consciente de la difficulté d’Hypérion avec le contact humain. Il eut un timide sourire et se décida à dépasser son handicap habituel.
Il regarda le tournevis tendue et le pris doucement avant de retenir la main de la jeune femme pour lui la serrer convenablement. La poigne n’était pas sans force, mais sans doute l’horlogère put sentir l’effort qu’il dut faire pour rester calme.
Que savait-il des mécanismes des montres ? À vrai dire pas grand-chose, de ce qu’il avait vu ils étaient composés de quelques engrenages et d’un ressort en spiral qui fournissaient l’énergie à l’engin. Pour le reste il n’avait pas encore touché ce genre de matériel, à peine en avait-il vu un de prêt pour la première il y avait à peine quelques minutes.

-…A vrai dire… pas grand-chose… Je pense que ces différents engrenages servent à distribuer l’énergie du ressort principal après ce n’est que de la théorie… Vous permettez ?

Il prit le tournevis de précisions, plaçant le mécanisme devant lui. Ses doigts caressèrent la montre lentement avant de poser l’outil dessus, devisant les petites fixations avec attention.
Il prit la coque comme s’il avait tenu un objet sacré, la plaçant sur le côté avec ses fixations. C’était un travail minutieux qui révéla les entrailles mécaniques de la montre, le mécanisme était effectivement abimé, certains rouages devant être tordu.
Hypérion ouvrit de grands yeux émerveillés en voyant la complexité de la machine. Son sourire s’élargit quand il se rendit compte de la qualité interne, qui n’avait rien à envier à l’apparence de l’engin.

-C’est… magnifique… tout est si bien agencé.

Oubliant momentanément sa gêne, il se retourna sur sa chaise prenant les deux mains de la jeune femme pour plonger ses yeux dans les siens.

-Vous êtes magicienne c’est ça ? Je n’ai encore jamais vu de réalisation aussi grandiose ! Ces rouages sont si bien réalisés, si bien agencé… C’est comme si… ah il n’y a pas de comparaison.

Doucement il lâcha les deux mains de la jeune femme pour regarder  plus en détail la montre notant pour lui-même chaque pièce qui lui semblait cassée.
Et alors que le temps passait il finit par laisser l’engin dans les mains de Sanae, se penchant à côté d’elle pour voir ce qu’elle faisait.

-Je pense que pour le reste vous serrez bien plus apte que moi à examiner tout cela, j’ai peur de faire une mauvaise manipulation et de l’endommager encore plus.

Intérieurement il mourrait d’envie d’enlever chaque élément pour en découvrir leurs secrets, son esprit enregistrant souvent les sens de démontages. Il avait appris à construire des armures comme cela, en démontant des petits morceaux avant d’en attaquer de plus en plus gros. C’était comme ça que la sienne était née. À partir de la connaissance issue de démontages successifs. Il ne pouvait s’empêcher de regarder le ressort principal avec curiosité, trouvant étrange que cette grosse lamelle de métal permette le fonctionnement d’un mécanisme si complexe.

-Vous fabriquez vos pièces vous-même ?

Tant de minutie… Lui qui était habitué aux créations de taille plus imposantes, cela frisait le génie.
Voir le profil de l'utilisateur

Sanaë Eshfeld
avatar
Mer 3 Jan - 18:50
Irys : 370978
Profession : Horlogère en quête d'aventures
Daënar 0
Salut rougit de surprise tandis qu’Hyperion lui prit la main pour la lui serrer, un signe de salut bien anodin pour tout un chacun, mais qui, elle le savait, représentait beaucoup pour le jeune homme. Elle fut profondément touchée par cette nouvelle preuve de confiance tant et si bien que son cœur se gorgea d’une tendresse nouvelle. L’horlogère accueillit donc ce salu avec un immense sourire lumineux avant de le guider jusqu’à sa chaise de travail.

De ce qu’il lui dit, Hyperion connaissait au moins deux des principes du mécanisme de base d’une montre mécanique.

-C’est déjà un bon début, dit-elle en souriant.

Elle le laissa manipuler l’objet à sa guise, car après tout, il n’y avait pas meilleur moyen d’apprendre. Tandis qu’il observa les entrailles de la montre, Sanaë déposa les divers outils et autres ustensiles dont ils auraient besoin. Brucelles, portes pièces, cloche, huilier s’alignèrent sur l’établis prêts à accueillir, tenir, les différentes pièces de l’appareil. Elle s’empara de l’une des pinces minuscules pour attraper chacune des vis qu’il ôtait pour les disposer minutieusement sur l’un des plateaux de la cloche. L’horlogère en était à observer l’une des roues tordue lorsque Hyperion s’empara de ses mains lui faisant lâcher brucelles et pièce. Elle écarquilla les yeux de surprise tandis que le regard du jeune homme s’empara du siens.

-Vous me flattez, mais il n’y a rien de bien exceptionnel. Une fois le principe comprit, il est déclinable à l’infini. J’aime simplement rendre beau ces mécanisme généralement brut, presque rigide malgré les mouvements. Mais vos paroles me touchent, je vous en remercie,

Comparer son travail à de la “magie” la rendait heureuse. On l’avait souvent complimenté sur sa technique, ou sur l’aspect de ses montres, mais jamais en employant de tels mots. L’émerveillement du jeune homme faisait plaisir à voir, elle se revit enfant, aux côtés de son père tandis qu’il travaillait. De doux souvenirs lui revinrent en mémoire tout en se demandant si Hyperion avait eut, lui aussi, une telle chance.  L’horlogère fut alors prise d’un étrange sentiment mélancolique qui surgit de nul part sans en comprendre la raison. Elle se sentait étrangement triste, si bien que quelques larmes semblaient chercher à franchir la barrière de ses yeux. Sanaë, désirant plus tout dissimuler cet état incompréhensible au jeune homme, disparut à la recherche de quelques pièces détachées entassées et trié afin de remplacer celles dont elle avait noté la défaillance. Une fois celles-ci dénichées, elle entreprit de les nettoyer minutieusement avant de les ranger sous la cloche. Ce petit intermède lui permit de se reprendre, et de se présenter de nouveau souriante au jeune homme.

Hyperion lui laissa la place où elle s’installa, terminant de démonter l’appareil en son entier. Au fur et à mesure, l’horlogère nomma chaque pièce, lui expliquant son rôle. Après un long moment, de la montre ne restait que pièces éparses, triées. Celles encore en état se voyaient nettoyées puis placées sous la cloche, tandis que celles brisées disparaissaient dans un tas. Restaient donc les pièces à remanier.

- Je ne les fabrique pas, non, je ne suis pas équipée pour cela. Il m’arrive d’en modifier, mais plus pour mes autres créations que pour les montres. En revanche, comme j’aime les petites pièces et souvent d’apparence originale, comme celle-ci, dit-elle en attrapant l’un des caches représentant un livre ouvert.Je me dois de les dessiner moi-même avant de les envoyer à la confection, car de telles pièces n’existent pas sur le marché. Le reste n’est que calcul et montage finalement. Comme je vous le disais plus tôt, rien de magique.

Du bout de ses brucelles, Sanaë attrapa une petite pièce fine en forme de Y légèrement incurvée.

- Il s’agit de l’ancre, c’est l’une des pièces les plus importante de la montre. Elle controle et transme le rythme donné par le balancier à l’ensemble des roues, l’une des palettes est manquante, je dois remplacer la pièce.

Lentement, elle déposa ladite pièce dans le tas de pièces endommagée. Puis entrepris lentement, avec des gestes doux, de redresser les roues tordues. Tout cela prit de longues heures et il faisait à présent nuit noire. Elle se tourna vers Hyperion soucieuse de son état de fatigue. Sanaë était habituée à passer de longues heures à son établi sans manger ou dormir, néanmoins, elle s’inquiétait pour le jeune homme.

-Il se fait tard, c’est un travail qui demande énormément de temps, désirez-vous manger quelques choses? Je ne suis pas une grande cuisinière, mais je dois avoir de quoi remplir nos estomacs là-haut.



×10
#cc99ff
En ligne Voir le profil de l'utilisateur

Hyperion Radchen
avatar
Jeu 4 Jan - 10:22
Irys : 204963
Profession : Chercheur/Mecanicien
Daënar +2 ~ Zuhause (homme)
Elle était trop modeste envers elle-même, et le jeune homme ne comprenait  pas pourquoi elle tenait tant à diminuer son talent, lui-même n’était pas un maitre reconnu en la matière mais il savait tout de même distinguer les génies des simples pratiquants et clairement la jeune femme n’appartenait pas à la seconde catégorie.

La jeune femme paraissait touchée par ce que lui avait dit Hypérion mais ce dernier ne s’en rendit pas compte car la lecture des émotions humaines était parfois compliqué pour lui, autant il identifiait le malheur aisément, autant  la joie était une notion qu’il n’avait pas vu très souvent, si bien que cela ne lui sauta pas aux yeux.
Au contraire, il eut une attention toute particulière pour les nouvelles pièces qu’elle apportait.  A chaque pièce sale qu’il trouvait il suivait un petit rituel qui consistait en le nettoyage méticuleux de la pièce en question avant de lui appliquer une couche d’huile de protection.
Autre chose qui choqua le jeune homme était la propreté de l’atelier, chaque pièce était mise sous cloche, la préservant ainsi de la poussière et de l’humidité ce qui tranchait avec ses habituelles conditions de travailles. On disait en général que  la mécanique était un travail salissant laissant les travailleurs couvert d’huile. Mais ici c’était totalement différent, et il avait presque l’impression d’être dans une ambiance stérile.
La seule chose qui le décevait, était la production externe des pièces. Il était également passionné par la création de pièces en tout genre trouvant chaque méthode extrêmement intéressantes, mais cela ne voulait pas dire qu’il était déçu par l‘horlogère, loin de là ! Cette déception était comme apercevoir un petit nuage dans un immense ciel bleu, il était là, presque invisible sans gêner quoi que ce soit et n’empêchait nullement de profiter du soleil. Et puis le simple fait qu’elle les dessine la mettait déjà bien au-dessus de beaucoup d’autre

Ce fut un travail plutôt long, mais malgré le temps qu’il prit, Hypérion ne le vit pas passer le temps, trop concentré sur les réparations pour penser à autre chose. Il buvait les paroles de Sanae, comme si ses paroles provenaient d’un architecte.
L’ancre… il la fit longuement tourner entre ses doigts tournant la petite pièce dans ses mains. Si le ressort était le cœur, l’ancre était le régulateur, empêchant le mécanisme d’aller trop vite, c’était comparatif aux butées de l’armure et cette analogie en place il commença lentement à faire de même pour les autres pièces.
Plus le temps passait plus la compréhension venait, et quand la nuit se fit noire il comprit enfin comment l’ensemble fonctionnait, imaginant déjà des variantes pour ces engrenages.
Une idée en particulier lui vint, et il emprunta une petite feuille de papier, dessinant une boite à engrenages reposant sur un principe bien plus compact que la mécanique étendue présente sur les montres.
Un train épicycloïdal qui aurait pu remplacer la roue moyenne, la roue seconde et la roue d’échappement, le tout encastré dans le barillet. À peine eut il finit de griffonner cela qu’il laissa la feuille sur un coin de table continuant à regarder la jeune femme opérer  la machine endommagée.
Ce n’est que la question de l’horlogère qui le sortit de ses pensées, alors qu’il inspectait la roue d’échappement du mécanisme.
Il sursauta presque en réalisant que quelqu’un lui parlait et regarda la jeune femme avec de grands yeux en entendant parler de nourriture.
Ainsi donc les gens normaux pouvaient manger le soir ? Voilà qui était nouveau, lui qui se permettait un seul et unique repas par jour. Ses économies étaient récentes, et il avait encore du mal à joindre sa vie passée et sa vie actuelle.
Et la faim qui le tenaillait depuis quelques heures finit par refaire connaitre sa présence.

-Vous voudriez bien partager votre repas avec moi ?

Il cligna des yeux plusieurs fois, trouvant cela incroyablement généreux, mais aussi incroyablement inabituel. Il passa successivement de la montre à Sanae, ne sachant trop comment réagir.
Il finit par joindre les mains avant de rougir et de s’incliner.

-Ce serait avec plaisir mademoiselle !

Sa voix était chargée d’émotion, et même si cela pouvait paraitre banal pour quelqu’un de normal, pour un enfant des mines c’était comme lui proposer une nuit au chaud, ou simplement quelques minutes de temps libre.
Il sentit son cœur s’accélérer et regretta de ne pas posséder d’ancre pour son propre mécanisme.
Comment allait-il pouvoir la rembourser pour tant de gentillesse ?
Mais avant cela il tenait à demander quelque chose.

-Pourriez-vous me tutoyez s’il vous plait ?... Je… j’aimerai que nous ne soyons pas aussi… impersonnel…

Il y avait bien sur une autre raison lié à son passé, mais il ne voulait pas non plus qu’il y ai trop de distance entre eux deux, car il ne se sentait pas la nécessité d’être distant avec elle étrangement.
Voir le profil de l'utilisateur

Sanaë Eshfeld
avatar
Jeu 4 Jan - 16:12
Irys : 370978
Profession : Horlogère en quête d'aventures
Daënar 0
Sanaë écarquilla les yeux de surprise face à sa question déconcertante. Elle se demandait ce qu’il pouvait y avoir d’étrange dans son invitation pour que cela le surprenne autant. Peut-être se faisait-il des idées quant à ses intentions. Peut-être avait-il peur face à cette invitation un peu trop avenante ? Il semblait si gêné qu’elle s’en voulut aussitôt. Après tout, ils ne se connaissaient que depuis quelques heures à peine, et même s’il avait réussi à quitter son cocon représenté par l’armure, cela ne voulait pas forcément dire qu’il se sentait assez en confiance avec elle pour partager quelque chose d’aussi intime qu’un repas. Sanaë elle-même ne partageait que rarement les siens, n’appréciant guère de se retrouver en face d’une personne qui l'observerait manger, surprise de la voir engloutir son assiette. Se nourrir était certes une nécessité, car cela représentait un besoin vital, néanmoins, l’horlogère y voyait surtout une perte de temps. Étrangement, Sanaë n’avait d’ailleurs jamais développé de préférence culinaire, tout avait le même goût pour elle. De ce fait, elle se fichait bien de ce qui se trouvait dans son assiette.

Pourtant, cette fois, l’idée de partager ce moment avec Hyperion ne la dérangeait pas, au contraire, elle en avait même envie. De plus, à en juger son apparence, le jeune homme ne devait certainement pas se nourrir convenablement, et cela, l’inquiétait.

Finalement, c’est en rassemblant les quelques informations rassemblées sur le jeune homme, en interprétant ses gestes, mimiques et paroles, que Sanaë finit par comprendre qu’Hyperion ne devait avoir qu’une piètre image de lui-même. Se sentait-il intérieur à elle, au point de trouver invraisemblable qu’elle puisse vouloir partager un simple repas avec lui ? Pensait-il simplement ne pas mériter cette invitation ? Cela semblait si absurde, Hyperion était certes timide, nul besoin d’être un génie doté d’empathie pour le voir, mais c’était aussi un jeune homme particulièrement intelligent et généreux aussi. Assez exceptionnel pour que l’horlogère ne développe une certaine tendresse pour lui. Et cela n’arrivait pas si souvent.

Sanaë craignait alors de le voir refuser son invitation. Aussi, lorsqu’il accepta avec enthousiasme, un tendre sourire se dessina alors sur le visage de l’horlogère et doucement, elle posa sa main sur celle du jeune homme.

- Ce serait un immense plaisir de partager ce repas avec vous.

Sanaë retira sa main avec autant de douceur que lorsqu’elle l’eût posé, soucieuse d’éviter les gestes trop brusques capables d’effrayer le jeune homme. Elle se releva, prête à éteindre la lumière de son établi lorsque ses yeux se posèrent sur un bout de papier contenant un étrange dessin. La voix d’Hyperion la ramena à lui avant qu’elle ne puisse saisir la feuille. Elle se tourna alors vers lui, oubliant les motifs dessinés sur la feuille tant la demande du jeune homme la surprit.

Sanaë ne tutoyait personnes, mis à part ses frères évidemment. Mais n’ayant aucun ami, du moins jusqu'à présent, personne n’avait été assez proche d’elle pour que l’occasion ne se présente. Cette simple demande lui fit donc extrêmement plaisir, en particulier venant de lui. A nouveau, il l’avait touché et encore une fois, elle lui sourit.

- C’est d’accord, du moins si vous… tu fais de même avec moi. J’habite juste au-dessus, j’espère que vous...tu aimes les œufs et le pain. Je crains de ne pas avoir grand chose d’autre à vo...te proposer.

D’un geste de main, elle lui indiqua l’escalier menant à son appartement, l’invitant par la même à la précéder. Elle devait encore fermer la boutique, l’ayant totalement oublié, puis éteindre des quelques lampes et bougies allumées çà et là. Jaread n’était donc pas revenu… Sanaë aurait pu s’en inquiéter, mais ce genre de réaction devenait bien trop habituel pour cela. Elle se contenta donc de fermer les verrous, tirer les rideaux avant de rejoindre Hyperion.

Le logement de l’horlogère n’était pas bien grand. Tout en longueur, l’appartement ne comprenait que trois petites pièces reliées entre elles par des portes dont elle avait otés les battants à son emménagement. D’autant que la pièce du milieu, faisant office de salon, ne possédait aucune fenêtre. Les lieux sombres avaient le don de mettre Sanaë mal à l’aise, c’est pour cela qu’elle avait retiré les portes, afin de laisser la lumière passer. L’endroit était neutre, plutôt fonctionnel, l’horlogère ne s’étant jamais réellement approprié l’endroit. Elle avait bien accroché quelques croquis, mais en quantité moindre par rapport à son atelier.

Elle invita alors Hyperion à la suivre dans la cuisine ou elle alluma le feu de la cuisinière avant de déposer une poêle sur le dessus. En attrapant son saladier d’oeufs, rangé dans le garde-manger Sanaë s’interrogea sur la façon de les cuisiner. N’ayant aucun attrait pour la nourriture, cela n’avait guère d’importance pour elle, se contentant généralement de les manger sur le plat… Mais cette fois, elle devait cuisiner pour quelqu’un et en un sens, cela l’angoissait. Finalement, elle en fit une omelette, y glissant quelques morceaux de lard et de fromage, espérant que le tout se marie aisément. Même en étant la seule fille de la maison, Sanaë ayant grandement manifesté son désintérêt pour la chose, sa mère n’avait jamais insisté pour lui apprendre les rudiments de la cuisine… De ce fait : elle n’y connaissait absolument rien et se contentait généralement de fruits ou de mets achetés en ville.

Une fois son “omelette” prête, elle la coupa avant de remplir deux assiettes et de servir Hyperion avec une mine désolée.

- J’espère que ça a meilleur goût que ce que son apparence prête à croire. Je ne sais absolument pas cuisiner…

Elle prit donc place à table, face à Hyperion, et commença à manger le contenu de son assiette. Bien que curieuse de connaître les impressions du jeune homme, avec une grande appréhension évidemment, elle évita de le regarder, par crainte de lui causer une gêne. Sanaë repensa alors à ce qu’il lui avait dit plus tôt, il n’était attendu nulle part en ville… Avait-il seulement un endroit où dormir ? Il y avait bien cette chambre dans laquelle elle s’était réveillée plus tôt, mais n’y avait vu aucune affaire, aucun sac… Et à cette heure, aucun hôtel ne lui louerait de chambre…

- Où comptes-tu dormir, lui demanda-t-elle en posant bruquement sa fourchette.



×10
#cc99ff
En ligne Voir le profil de l'utilisateur

Hyperion Radchen
avatar
Jeu 4 Jan - 20:41
Irys : 204963
Profession : Chercheur/Mecanicien
Daënar +2 ~ Zuhause (homme)
Lorsqu'il sentit le contact de la main de la jeune femme contre la sienne Hypérion pensa en premier lieu à la retirer par réflexe, mais finalement, cela n'était pas si désagréable. Sa main était plutôt douce, et comparé à avant elle ne cherchait pas à lui faire de mal. Il finit finalement par laisser sa main sous la sienne le temps qu'elle la retire, trouvant cela plutôt sympathique tout compte fait même s'il ne put s’empêcher de virer au rouge pendants quelques instants.
Le jeune homme remarqua soudainement que Sanaë portait un certains intérêt à la feuille qu'il avait griffoné auparavant, mais comme elle ne posa pas plus de question il se dit que cela n'avait vraiment aucuns intérêt comme il le pensait, il ne fit donc aucuns commentaire, la laissant continuer ce qu'elle faisait.
Avec un grand soulagement, il constata qu'elle acceptais sa proposition ce qui lui fit bien plus plaisir qu'elle ne le pensais. A la base seuls les propriétaires et les contremaîtres étaient vouvoyés à la mine, ce qui voulaient dire implicitement que les propriétaires étaient tous vouvoyé, propriétaires qui abusaient largement des ouvriers.

Il sauta presque de joie en l'entendant, hochant la tête avec affirmation.

-Oh...tu sais... je ne suis pas très difficile... tout me conviens...


En fait il n'avait compris que la partie qui concernait le pain, les œufs... Il ne savait pas trop ce que c'était. L'aliment de base pour lui était le pain, la viande étant un ajout clair à la soupe des mineurs. Quand aux légumes, ils composaient également la soupe mais c'était plutôt rare. Ainsi c'était presque un miracle qu'il soit en aussi bonne santé au vu de son alimentation.
il la suivis donc sans rien dire dans son appartement trouvant cela très luxueux. Plusieurs pièce pour une seule personne ? Cela lui semblait irréel, et si grand...
Piqué de curiosité, il passait la tête dans chaque pièce, comme un petit chat découvrant son nouveau chez lui.
Il fit le tour, observant sans rien toucher avant de dire.



-C'est très grand ! Tu vis.. ici seule ?

Le concept de lieu de vie privé lui était largement inconnu, et il avait le sentiment de pénétrer dans un endroit secret, quelque chose de très précieux même si la jeune femme ne le considérait pas comme tel. Il finit donc par retourner à son point de départ prenant place à côté de la jeune femme pour la regarder cuisiner.
Il regarda bizarrement les œufs que Sanaë sortis de son placard, tentant de cacher au mieux sa surprise.
Il s'approcha même d'une coquille vide la soulevant doucement. Un de ses doigt rentra en contact avec une substance visqueuse qui se déposa sur ses doigts.
Déposant la coquille d’œuf il bougea plusieurs fois les doigts pour la regarder s'étirer et se raccourcir, et avec des grands clignement d'yeux interrogatif, il finit par goûter la substance. Ce n'était pas terrible... Enfin ça n'avait pas vraiment de gout, peut être était-ce bien plus nourrissant que le pain.
Sans un mot il prit place à la table, observant les couverts avec intérêt. Ils étaient eux aussi remarquablement bien fait, loin des ustensiles rustiques dont il se servait d'habitude.
Il regarda la fameuse "omelette" atérrire dans son assiette, trouvant des morceaux de lard dans cette pâte jaune qui sentait plutôt bon.

-Ne t'en fait donc pas... Je suis sur que ça doit être délicieux.

Il le pensais réellement mais ne pu s'empêcher de toucher la nourriture avec le bout de sa fourchette plusieurs fois, comme un chat aurai vérifié que sa proie soit bien morte. C'était totalement nouveau pour lui... Il prit sa fourchette séparant un morceau d'omelette avant de le porter à sa bouche.
Mais il ne prit pas conscience de la viscosité de l'ensemble car l'entité s'échappa, retombant mollement dans son assiette. Il finit enfin par réussir à la reprendre, la mettant cette fois dans sa bouche.
Le gout était... exquis ? Car jamais il n'avait eu quelque chose pareille dans la bouche autre que du pain rassis et de la viande avariée.
Sans qu'il ne comprenne pourquoi son palais lui envoyait une foule de signaux...
il continua à manger silencieusement, savourant chaque bouchée comme si c'était la première fois qu'il mangeait quelque chose d'aussi bon. Ce qui était justement le cas.
Sans qu'il ne sache pourquoi une larme s'écrasa dans son assiette, puis une seconde avant qu'il ne se rende compte que quelque chose n'allait pas... Voilà qu'il se mettait à pleurer sans raison maintenant !
Il prit rapidement la serviette qui se tenait à côté de lui, essuyant ses yeux avant d'entendre la question de la jeune femme.
Ou dormir ? Voilà qu'il n'y avait pas vraiment pensé. Peut être que dehors conviendrais. Car pour dire vrai la chambre qu'il avait loué l'avait été pour quelques heures tout au plus, car paniqué par la situation, le jeune homme avait demandé quelque chose en urgence et pour une petite période de temps .
Le temps au dehors était plutôt doux et il pensait surement passer la nuit dehors, pour peu qu'il trouve un endroit assez éloigné de l'activité.
La gorge encore serrée il répondit doucement.



-Je... je ne sais pas trop... je crois avoir vu un hangar non occupé en marchant, je suis sur que le propriétaire ne sera pas contre que j'y passe la nuit !... Il fait un peu froid mais... j'ai fait avec pire !



Dormir dans de grand espaces vide le paniquaient et s'il n'avait eu son armure avec lui aurai sans doute sombré dans la folie. Tout était si grand dehors, et me jeune homme qui avait grandit dans des espaces clos avait encore du mal avec l’extérieur.
Un hangar serait donc mieux que rien

Voir le profil de l'utilisateur

Sanaë Eshfeld
avatar
Ven 5 Jan - 9:54
Irys : 370978
Profession : Horlogère en quête d'aventures
Daënar 0
Il mangeait, avec entrain, sa cuisine à elle ! Sanaë écarquilla les yeux d’étonnement, cela lui faisait certes plaisir de voir une personne apprécier un plat qu’elle avait elle-même préparé… Ce qui n’arrivait pour ainsi dire jamais... Trop salé, trop fade, trop cuit ou pas assez, réussir un plat n’était pas dans ses capacités, ce que l’horlogère reconnaissait volontiers. Aussi, voir Hyperion se régaler de cette omelette, à l’apparence aussi douteuse que son goût, la laissait perplexe. C’était mauvais, elle le savait même si cela n’avait guère d’importance pour elle et ses papilles peu concernées par leur emploi.

Puis une larme s’écrasa dans l’assiette d’Hyperion, sitôt suivit d’une compagne, puis d’une autre. Seulement, il ne s’agissait pas là de larmes de tristesses, malgré Tout, le visage d’Hypérion restait doux... Si bien que l’horlogère ne sût pas comment réagir à cela. Une douleur sourde se fit sentir, en son cœur, au sein même de ses entrailles. Le voir ainsi, ce doux visage couvert de larmes grossières, intruses en ce moment pourtant si simple, lui était tout bonnement insupportable. Son instinct lui disait de le prendre dans ses bras, de lui assurer que la vie serait plus clémente envers lui, que son prochain repas serait meilleur que cette omelette immonde dont il semblait pourtant se régaler. Toutefois, Sanaë se souvint de cette appréhension à être touché, il n’était probablement pas prêt à subir l’affection de l’horlogère. Elle se contenta donc de serrer les pans de sa jupe afin de se contenir tout en lui offrant un immense sourire.

Elle avait compris que jamais Hyperion n’avait eut l’occasion de manger quelque chose de meilleur. Et dans ce monde de possibilités gastronomiques, c’était chose presque impossible… À moins d’avoir vécu une vie atrocement triste… Rude… Ce que tout chez lui laisser supposer, de sa façon de se cacher des autres, à sa façon de manger en passant par ce teint si pâle qu’était le siens. Oh, bien sûr, Sanaë ne savait rien de lui, ne connaissait nullement sa vie passée, mais elle n’avait pas besoin de savoir pour voir l’évidence.

Néanmoins, ne croyez pas qu’elle l’eût pris en pitié, ce n’était pas le cas. Elle trouvait certes injuste de savoir que ce jeune homme, si gentil, si intelligent, à peine sorti de l'âge de l’insouciance n’avait pas eut la possibilité d’en profiter. Toutefois, il était là, devant elle, ce qui voulait aussi dire que la vie lui laissait une nouvelle chance… C’était là l’important. Alors, au lieu de le plaindre pour ce qu’il avait vécu et qu’elle ne pourrait jamais imaginer, elle lui sourit, heureuse de savoir que cette période appartenait au passé. Qu’il apprécie ce repas pour le moment, elle se promit de lui en servir un bien meilleur la prochaine fois.

Aussi, lorsqu’il lui répondit qu’il comptait dormir dehors, dans le froid, Sanaë ne fut guère étonnée. Toutefois, elle balaya aussitôt cette réponse d’un sourire.

- Et bien non, ce soir, tu dormiras au chaud, ici. Il est hors de question que je te laisse dehors et peu importe que tu en ai l’habitude. Tu prendras ma chambre, je ne dors que très peu, et le canapé me suffira amplement.

A peine eut-elle terminé sa phrase, qu’elle se leva, débarrassa les assiettes vides pour les poser délicatement dans la bassine. Une fois fait, elle se tourna vers lui, posant délicatement sa main sur l’épaule du jeune homme, sans se dépêtrer de son sourire.

- Et tu pourras y rester autant de temps que tu le souhaites. Tu l’as dit toi-même, c’est grand ici pour moi toute seule, et ce sera tout de même plus pratique pour terminer cette montre. Tu es le bienvenu ici Hyperion, considère cet endroit comme ton foyer, pour autant de temps que tu le désires. Qu’en dis-tu ?



×10
#cc99ff
En ligne Voir le profil de l'utilisateur

Aller à la page : 1, 2  Suivant
Page 1 sur 2