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Chroniques d'Irydaë
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 Un peu de chair sous beaucoup de fer [PV: Sanae] [Terminé]

Hyperion Radchen
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Ven 5 Jan - 15:02
Irys : 394869
Profession : Chercheur/Mecanicien
Daënar +2 ~ Zuhause (homme)
Il continua à manger, savourant ce premier vrai repas depuis sa naissance. C’était une tâche ardue que de réussir à ne pas s’empresser de tout manger en vitesse tant cela était bon, mais il y parvint, se rappelant qu’il n’aurait pas été très polis de manger aussi vite. Ainsi, même s’il mourrait d’envie de se dépêcher, il faisait des pauses régulières, observant les alentours et la jeune femme.
L’assiette finie il déposa doucement sa fourchette, ne sachant encore une fois comment remercier sa sauveuse.
Ce qui lui rappela cette période ou personne ne lui avait tendu la main. Il prit une grande respiration, laissant ce passé torturé derrière lui. Aujourd’hui out était différent, Sanaë était si gentille… Il pouvait peut être enfin envisagé d’avancer grâce à elle. Car elle venait de lui prouver que non, tout le monde n’était pas foncièrement mauvais.
Et quand elle lui annonça qu’il resterait ici ce soir, Hypérion s’arrêta net. Il arrive parfois qu’une surcharge émotionnelle saturent l’esprit de quelqu’un, et c’est exactement ce qu’il venait de se passer.
Hypérion avait cessé de fonctionner normalement, respirant à peine il peinait à comprendre ce qu’on lui avait dit, comme si un millionnaire donnait la moitié de sa fortune à quelqu’un n’ayant jamais eu d‘argent de sa vie.
Tout cela continua jusqu’à ce que la jeune femme pose sa main sur son épaule, l’électrochoc le fit retourner à la réalité. Mais ce fut sans compter la suite de la phrase qui réduisit sa résistance mentale à l’état de poussière.
Si il ne supportait pas le contact humain, par habitude, cette fois-ci il ne ressentis aucune gêne. Sans comprendre pourquoi il se mit pleurer toutes les larmes de son corps prenant la jeune femme dans les bras. Cela dura plusieurs minutes durant lesquelles le jeune homme fut secoué de spasme jusqu’à ce qu’enfin tout cela s’arrête. Il se recula affreusement gêné qu’elle est du subir cela s’inclinant profondément.

-Je…merci…je ne sais pas comment te remercier…. Je….a…

Les mots se perdaient un par un, car les remerciements se bousculaient dans sa tête, sans parvenir à atteindre sa bouche. Ses gestes trahissaient la confusion car il n’arrivait pas à la fois à réaliser ce que cela signifiait et adopter des remerciements corrects.

-Je te rembourserais… je ne veux pas…être un boulet pour toi….

Et s’il le fallait il travaillerait jour et nuit pour cela, a vrai dire il était si peu habitué à tant de gentillesse qu’il en devenait totalement perdu.
Ses gestes perplexes déboutonnèrent la fermeture de sa manche en cuir, et cette dernière se souleva légèrement laissant voir pendant un bref instant le poignet du jeune homme.
Une profonde cicatrice circulaire était visible tout le long du poignet, la marque était à la fois rouge et violette et semblait avoir été faite plusieurs fois, mais heureusement Hypérion s’en rendit compte et remis sa tenue en place comme si de rien n’était.

-Je suis sûr que je peux t’aider pour ton travail…je ne suis pas un expert mais… peut être puis-je t’être utile. Je ne suis pas sûr de pouvoir t’apprendre grand-chose mais peut être que la technologie des armures t’intéresse….

Pour lui cela ne valait pas un dixième de ce que la jeune femme avait fait pour lui, elle qui était déjà si talentueuse.
Ses yeux rougis n’arrivaient pas encore à revenir à la normale, mais lui parvenait tout de même à reprendre contenance, se séparant doucement de la jeune femme avant de presque supplier.

-Laisse-moi travailler pour toi alors s’il te plait

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Sanaë Eshfeld
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Sam 6 Jan - 13:23
Irys : 625446
Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
Daënar +2 ~ Skingrad (femme)
Voilà bien une chose à laquelle l’horlogère ne s’était certainement pas attendue. Elle n’avait jamais su faire face aux larmes, pas même les siennes qu’elles s’efforçait généralement de contrôler ou de cacher, ne les comprenant que rarement. Les émotions paraissaient abstraites aux yeux de la jeune femme qui peinait souvent à les interpréter. De ce fait, dans les bras d’Hyperion, Sanaë se sentait perdue, ne sachant pas vraiment comment réagir. Et même si elle eut tout d’abord un mouvement de recul purement instinctif, tant elle fut surprise par l’intensité du geste, elle ne le repoussa pas pour autant. Au début, Sana ne bougea pas, pensant que le geste serait aussi bref que les précédents, puis voyant que ce n’était nullement le cas, elle finie par lui rendre son étreinte. Son cœur se serra au rythme des spasmes qui parcouraient le corps si frêle du jeune homme, allant jusqu’à lui couper la respiration. Elle aurait voulu le rassurer, lui murmurer quelques paroles réconfortantes afin de le voir sourire. Seulement, cette pensée lui sembla si égoïste, Sanaë ne savait rien de lui, ni de son passé, elle ne pouvait donc comprendre ses sentiments, qui était-elle pour espérer le calmer en baragouinant quelques formules bateaux sans aucun fond ni raison. Ces fameuses paroles, que l’on disait réconfortantes, au final sonnaient toutes creuses, vides de logique et pleines de promesses inutiles car incertaines. Ça va aller… Qu’en savait-elle ? Je suis là… Pour le moment, mais qui pouvait assurer que ce serait définitivement le cas. Elle réfuta ainsi chacune de ces formules toutes faites, maintes fois entendues dans diverses bouches jugeant que toutes, sans exception ne servaient au final qu’à apaiser celui qui éprouvait une gêne à ne rien faire, à ne rien dire, comme si se taire était un mal, comme si les mots étaient magiques.

Sornettes, les mots ne sont que des mots, immatériels, inutiles et bien trop souvent trompeurs, leur prêter quelques vertus miraculeuses n’était qu’idioties. Les mots s’envolent sitôt prononcés, s’oublient avec le temps… Pour Sana, seuls les gestes, les actions comptaient. C’est pour cela qu’elle choisit de se taire, se contentant de lui caresser doucement le dos essayant de lui transmettre tout son soutien.

Aussi, lorsqu’il s’écarta finalement, elle ne le retint pas, lui adressant simplement un immense sourire, lui frottant vigoureusement la tête avant de baisser la sienne pour chercher son regard.

- Hypérion, tu n’as pas à me remercier, tu sais? lança-t-elle avec sa voix la plus douce. Et encore moins à me rembourser quoi que ce soit, une personne ou deux, cela ne change pas grand chose, si ce n’est que l’un comme l’autre, nous ne seront plus seul.

“Un boulet”. Quel mot douloureux à entendre, simplement, car c’était ce qu’elle pensait d’elle-même. Une horlogère trentenaire, maladroite, refermée, que l’on traîne comme un boulet à la patte, subissant le poids de sa bêtise et de son inutilité. Ce mot lui semblait si violent alors, en particulier dans la bouche du jeune homme. Le visage de l’horlogère se teinta alors de tristesse, trouvant injuste que ce garçon se dénigre ainsi.

- Je ne sais pas grand chose de toi, mais je sais déjà que tu es une personne intelligente, bien plus que la moyenne. Tu es inventif, généreux, débrouillard. Comment pourrais-tu être un boulet alors que tu as tant de choses à apporter ?

Sanaë lui caressa alors doucement les joues, l’une après l’autre, chassant ainsi les larmes récalcitrante qui entachaient son si joli visage. Sa proposition de travailler pour elle la toucha autant qu’elle la fit souffrir. Le talent indéniable du jeune homme ne laissait aucune place au doute, il serait utile, c’était un fait. Mais cette proposition la rendait malade, car encore une fois, Hyperion se dénigrait, semblant même se considérer comme un esclave… Cela lui était tout simplement intolérable.

- Si tu veux travailler ici, ce serait avec plaisir, car je sais que tu as du talent.

Elle posa délicatement ses mains sur ses joues, le poussant ainsi à maintenir son regard. Sanaë tenait plus que tout à ce qu’il ressente sa sincérité, car elle pensait chacun des mots qu’elle prononçait.



Toutefois, il est hors de question que tu le fasses simplement parce que tu penses avoir une dette envers moi. Que ce soit clair, tu n’en as pas. Si tu veux rester ici, travailler à l’horlogerie, tu ne devras le faire uniquement parce que tu en as envie. Et comme tout travail mérite salaire, tu seras convenablement payé pour cela.


Elle le relâcha alors, s’écartant pour ne pas empiéter plus que nécessaire sur son espace personnelle avant de lui ébouriffer une nouvelle fois les cheveux tout en souriant.

- Je te l’ai dit : tu es ici chez toi, pour autant de temps que tu le désires Hyperion. Je ne suis pas ton geôlier et tu n’es pas mon esclave. Tu es libre de tes choix. Cette décision est la tienne.


Sitôt sa phrase achevée, Sanaë quitta la cuisine, se rendit dans la chambre préparer le couchage de son invité. La journée avait dû être longue pour le jeune homme, qui avait, visiblement, beaucoup de choses à encaisser. Une bonne nuit de repos lui ferait donc le plus grand bien. Et même si l’horlogère se posait des centaines de questions sur lui et sur son passé, jamais elle ne lui en poserait une seule. Ce n’était pas son genre, d’autant qu’Hyperion ne devait pas être brusqué. Il se confirait un jour, ou non, dans tous les cas, elle n’insisterait pas.



Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Hyperion Radchen
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Dim 7 Jan - 18:26
Irys : 394869
Profession : Chercheur/Mecanicien
Daënar +2 ~ Zuhause (homme)
Etre payé pour son travail ? Sans doute la jeune femme voulait parler de la contrepartie de nourriture qu'il avait à la mine. Cela ne le choqua pas tant que cela, surtout si le repas était tout les jours aussi délicieux. Il finit par hocher la tête avec un peu d'hésitation tout de même, car cela lui paraissait trop beau pour être vrai... Logé et nourris ? Dans un endroit comme cela, à l'abris de l'humidité et du froid cela revenait à changer de vie du tout au tout.
La perspective d'habiter avec la jeune femme ne le dérangeait pas le moins du monde, bien au contraire. Dormir seul était un gros soucis pour lui, car même s'il n'avait pas peur du noir savoir la jeune femme à proximité le rassurait. Petit à petit il s'habituait à elle, et même s'il n'osait pas encore trop parler, il fallait se douter que cela irait mieux avec le temps. Car oui tout était question de temps.
Ses compliments le firent rougir à nouveau et il ne put que bredouiller une série de remerciement maladroit qui ne ressemblaient pas à grand chose, couplé à cette mauvaise manie de baisser la voix quand il était gêné.


La liberté ? Voilà un concept bien étrange pour le jeune homme qui ne semblait pas vraiment savoir de quoi on lui parlait. Il avait jusque là toujours travaillé pour quelqu'un sans en retirer le moindre bénéfice, et même après qu'il soit partis de la mine, il s'était mit en tête de retomber sous le joug de quelqu'un. Difficile pour quelqu'un n'ayant jamais connu cela de s'imaginer une seconde ce que devais être la liberté.
Il lui fallut d'ailleurs un peu de temps pour réaliser cela, secondes durant lesquelles il resta sur place à ne pas bouger le regard vide. Incapable de tout comprendre.
Une décision à prendre ? De lui même ? C'était la première de sa vie. La mine l'avait chassée, si bien que partir de la bas n'était même pas de son fait. Partir ou rester ? Le choix était simple et évident... et pourtant voilà qu'il hésitait. Non pas qu'il se ne se sentait pas bien ici, ni même qu'il n'avait pas envie de rester. Non le dilemme provenait du fait de choisir en lui même.
et nul doute que la jeune femme du s'en rendre compte tant il afficha une mine perdue.
Il finit finalement par se reprendre haussant doucement la voix.

-Dans ce cas... je pense que... je vais rester ici....

La suite... elle fut plus compliquée qu'il ne le pensait. En effet pendant que la jeune femme préparait la chambre d'Hypérion, ce dernier s’absenta dans la salle de bain, prenant bien soin que personne le vois avant de retirer le haut de sa tenue, révoltant un dos marqué par les coups de fouet de ses précédents propriétaires. La peau était aussi lisse que celle d'un nourrisson car tout avait bien été soigné, mais ces derniers étaient encore récent, et la peau n'était plus blanche mais plutôt un amas de rouge et de bleus qui aurait presque pu être esthétique s'il n'était pas question de mutilations.
Cela allait mettre un certains temps à partir, et le jeune homme soupira en voyant l'était dans lequel il était dans le miroir. Une de ses mèches blanche tomba devant son œil vert cachant cette ambivalence de couleur.
Il pris un petit moment pour se laver avant de se rhabiller précipitamment en entendant la jeune femme revenir.
Il lui fit un sourire timide avant qu'elle ne l'introduise dans la pièce qui devait donc servir à dormir
une pièce pour qu'il dorme ? Une pièce pour lui ? Sa surprise fut surement amusante à voir car comme la dernière fois il cessa de bouger le temps de comprendre. Puis il y eu ce "lit".
C'était un meuble bien étrange recouverte d'un drap épais. Sa main se promena un moment sur ce mobilier étrange avant d'observer le tapis au sol.
Voilà qui allait le changer, il commença donc à s'installer par terre par habitude, passant complètement à côté du principe même de lit. Pour lui dormir, cela se faisait par terre, ce qui expliqua pourquoi la simple vu du tapis suffit à le rendre heureux, c'était après tout beaucoup plus confortable que le sol brut, même celui d'un appartement.
Il murmura simplement un

-Bonne nuit Sanae


Avant d'essayer de trouver une position confortable pour s'endormir
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Sanaë Eshfeld
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Lun 8 Jan - 9:49
Irys : 625446
Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
Daënar +2 ~ Skingrad (femme)
Sanaë écarquilla les yeux de surprise en voyant le jeune homme s’étendre sur le tapis. Elle l’observa un instant, bouche bée, ne comprenant pas pourquoi il préférait dormir sur le sol plutôt que sur un lit confortable. Elle s’interrogea alors, à nouveau, sur les conditions de vie du garçon, après tout, il ne savait peut-être rien du confort et voyait en ce tapis épais une certaine amélioration. Finalement, Sanaë sourit avant de se baisser vers lui, touchant son épaule du bout du doigt.

- Tu te sentiras bien plus à l’aise sur le lit,dit-elle avant d’attraper sa main pour l’inviter à se relever.

Elle ouvrit ensuite les couvertures avant de tapoter le matelas pour l’inciter à s’asseoir.

-Crois-moi, ce sera bien plus confortable ici. Allonge toi.

Elle le laissa s’installer, avant de le couvrir avec les épaisses couvertures douillettes.

- Tu seras beaucoup mieux ici. Bonne nuit Hyperion, lança-t-elle en souriant avant de se diriger vers son armoire pour attraper son linge de nuit, ainsi qu’une tenue pour le lendemain.

Quittant la chambre, Sanaë se dirigea ensuite vers la petite pièce attenant à la cuisine, qui faisait office de salle de bain. La pièce ne contenait qu’une sorte de baignoire basse, ressemblant à une large bassine, ainsi qu’une commode sur laquelle était posé une cuvette pourvue d’un broc rempli d’eau. Après une rapide toilette, elle enfila sa chemise de nuit, se brossa les cheveux puis alla s’étendre sur le canapé.

L’horlogère ne tarda pas à s’endormir, tant elle fut épuisée par sa journée, mais n’ayant guère besoin d’heure de sommeil, c’est bien avant l’aube qu’elle s’éveilla. Sans faire de bruit pour ne pas déranger son invité, elle reprit le chemin de la salle de bain afin de se préparer pour la journée. Ce jour-là, la boutique n’ouvrirait pas ses portes étant le seul jour de repos hebdomadaire de l’horlogère. Enfin, repos… C’était un bien grand mot, Sanaë n’étant pas le genre de femme à jouir d’oisiveté, préférait passer ces temps-là à travailler sur ses projets personnels.

Aussi, une fois prête, elle se dirigea vers la porte de son appartement, mais pas sans avoir jeté un œil sur l’intérieur de la chambre. Hyperion dormait toujours, son visage endormi et apaisé lui rappelait celui d’un enfant, délicat et fragile. Après avoir remonté la couverture sur les épaules du jeune homme, Sanaë descendit.

D’abord, elle s’occupa de nettoyer la boutique qu’elle avait tant délaissé la veille. Épousseta les horloges et étagères, lavant sols et vitrines. Les rayons de l’astre perçaient à travers les rideaux lorsqu’elle acheva enfin sa tâche. Après avoir retiré son tablier, Sanaë quitta l’horlogerie pour se rendre dans la petite boutique située juste en face dont les doux parfums avaient déjà envahis la rue.



Dans la boulangerie, l’horlogère acheta du pain, quelques croissant et autres friandises sucrées, garnies de fruits secs ou de chocolat sous les yeux médusés de la commerçante peu habitué à voir l’horlogère acheter autant de nourriture. Une fois terminé, Sanaë répéta le manège dans la boutique d’à côté, achetant fruits et légumes frais. Chez le boucher, elle acheta quelques morceaux de choix, qui ne demandaient pas grande connaissance en cuisine. Du moins, c’est ce que le marchand lui avait affirmé. Une fois ses emplettes terminées, elle regagna son logement, rangeant ses achats dans le garde-manger avant de mettre de l’eau à bouillir pour le thé.

Ne connaissant pas les goûts du jeune homme, elle garnit la table de ses viennoiseries, fruits. Elle n’avait jamais vu autant de nourriture chez elle. Il y en avait partout, peut-être même trop pour pouvoir y disposer une assiette ou même une simple tasse. Cette vision la fit rire. Toutefois, un bruit provenant, d’en bas l’incita à redescendre.

Au comptoir, Sanaë trouva son frère occupé à compter la caisse tout en grimaçant. L’horlogère ne savait plus où se mettre, autant dire qu’après la “dispute” de la veille, elle n’avait aucune envie de le voir.

- Pas de clients après mon départ ? demanda-t-il, sèchement.

Qu’est-ce que… Jaread ne prenait donc même pas la peine de lui adresser un simple “bonjour”. Il ne la regardait pas non plus, ses yeux se focalisaient sur les pièces et autres billets garnissant la caisse.

- Non, répondit Sanaë sur le même ton.

En réalité, elle n’en savait absolument rien, elle avait été tant absorbée par son travail avec Hyperion que la venue d’un éventuel client aurait tout à fait pus passer inaperçu.

- Je vois, grogna-t-il alors. Si je comprends bien, il suffit que je m’absente pour que tu te relâches.

Sa réflexion totalement injustifiée la laissa sans voix. Qu’arrivait-il à son aîné? Elle ne le reconnaissait plus. Toujours sur la défensive, lui reprochant tous les mots de la terre, lui tombant dessus à chacune de ses erreurs, même minime… Où était passé l’homme gentil et agréable qui prenait plaisir à confectionner ses horloges? Il ne rentrait même plus dans l’atelier, passant ses journées au comptoir qu’il y ait des clients ou non.

- Tu es injuste Jaread, tu sais bien que ce n’est pas mon genre. J’ai passé la journée à travailler sur la montre de l’avocat.

Il releva alors la tête, lui adressant un regard mauvais qui effraya l’horlogère. Jamais il ne l’avait regardé ainsi. Colère, mépris, haine ?

- À quoi bon sombre idiote ? Ta bêtise nous a fait perdre ce client, dois-je te le rappeler ? gronda-t-il en avançant lentement vers elle, poings et mâchoires serrées. Comment peuvent-ils préférer ton travail au mien? Je me le demande… Tu es si stupide, une incapable!

A mesure où il avançait, l’horlogère reculait jusqu’à ce que son dos ne rencontre le mur. Ainsi acculée, Sanaë ne savait plus que faire, ni même que dire tant elle était effrayée par celui qui fut autrefois le plus doux des frères. Seulement, ses paroles ne lui laissaient guère de doutes quant à ses motivations, il était tout simplement jaloux. Les commandes affluaient, de partout, et toutes demandaient que l’objet soit confectionné par Sanaë elle-même.

- Décidément petite sœur, une fois sortit de ton atelier, tu ne vaux plus rien. Quelle femme misérable tu es. Papa serait certainement déçu de te voir ainsi.

Quelles paroles dures à attendre, Sanaë ne savait d’ailleurs plus si elle devait les croire ou non. Elle se contenta donc de pleurer… En cela, il avait au moins raison, elle était bien misérable.


Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Hyperion Radchen
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Mar 9 Jan - 0:25
Irys : 394869
Profession : Chercheur/Mecanicien
Daënar +2 ~ Zuhause (homme)
Un lit ? C'était donc à cela que ça servait ?... Le jeune homme se posa un moment dessus trouvant étrange de s'installer sur un meuble pour dormir. Il trouva même cela bien trop confortable pour dormir les premières minutes, mais une fois qu'il eut la couverture sur lui et l'oreiller sous la tête, il trouva étrangement ce lit aussi confortable que le meilleur des tapis, et pour la première fois de sa vie s'endormit dans le confort absolu.
Inutile de préciser qu'ainsi il dormit plus qu'au court de sa courte vie n'ouvrant un œil timide que tard dans la matinée, reconnaissant à peine l'endroit ou il était


Hypérion descendit doucement, retrouvant avec une joie non dissimulée son armure qui l'attendait sagement. Il ne tenait pas vraiment à faire un pas en arrière en se présentant devant elle comme ça. Après tout elle lui avait prouvé qu'en sa présence il pouvait sortir de sa cage de fer pour se montrer tel qu'il était.
Mais cela lui manquais, et.. cédant à la tentation, il finit par grimper dans la combinaison comme pour replonger dans un plaisir coupable. Il sentit avec délectation les parois de métal se refermer autour de lui, ainsi que la vision teinté remplacer la sienne.
Les membres mécaniques reprirent vie dans un grondement sourd alors que le chevalier se relevait sur ses jambes, frôlant presque le plafond de l'atelier, le jeune homme fit jouer ses mains mécaniques avec satisfaction avant qu'un bruit dans l'autre pièce. Il ne tenait pas à abîmer la jolie boutique de Sanae avec cette armure qui pouvait se montrer maladroite.
Mais le spectacle que le colosse découvrit en passant son heaume dans le pièce le figea un moment. Un homme était devant la jeune femme et ses intentions étaient visiblement toutes sauf amicales.
Ce fut à ce moment précis, qu'Hyperion se remémora tout ce qu'il avait subit... Retrouvant dans le regard de Sansae la même expression de résignation devant la violence de son frère.
Hypérion le gentil petit chat égaré s'effaça soudainement laissant place au colosse de puissance à peine contenue qu'était l'armure mécanique. Il rentra dans la pièce, son lourd pas résonnant comme des coups de canon sur le sol.
Et sans même faire attention à quoi que ce soit il saisit l'homme par la nuque, sa poigne gigantesque enveloppant tout le bas du visage avant de violemment le plaquer contre le mur, les pistons de la machine se mettant à siffler sous la pression.
Le système décida d'évacuer la vapeur en trop et cette dernière s'échappa par les évents de ventilations du heaume donnant un visage démoniaque au chevalier de fer.
Ce dernier se saisit de l'arme qui avait été dissimulée dans sa jambe, dépliant un fauchard qui mesurait bien deux fois la taille d'un être humain.
L'immense lame se posa en face du crane de l'homme, la pointe acérée à quelques centimètre de la peau de l'homme qui se débattait impuissant dans la poigne de fer du colosse qui le soulevait suffisamment du sol pour ce que dernier ai les pieds qui battent mollement en l'air.
Hypérion n'était plus, et il ne subsistait de lui qu'une machine terrible, prête à mettre fin à la vie de ce misérable.
Son seul rappel à la raison était tout simplement sa raison d'être, la jeune femme qui se tenait prêt de lui.
Son heaume laissa échapper une voix qui n'avait plus rien à voir avec celle d'auparavant, car le jeune homme n'était plus, même sa voix paraissait encore plus profonde et elle résonna comme l'explosion d'un aéronef dans cette pièce si petite.

-Je vais t'écraser !

Un semblant de volonté résistait encore à broyer cet amas de chaire qu'il avait entre les doigts, le colosse sifflant et fumant, dont le cœur mécanique rougeoyait autant que le cœur humain tourna son visage impassible vers Sanaë, c'était une demande, implicite que la jeune femme du facilement deviner.
Il n'était pas question de lire dans les yeux d'Hypérion, mais plutôt dans les lentilles vide du heaume.

Un mot de sa part et le frère de la jeune femme cesserait d'exister broyer par des mains géantes, ou empalé contre le mur de sa propre boutique. Pour cette fois il ne fallait pas prendre tout cela comme la violence d'un jeune homme battu mais bien la réaction instinctive d'un animal protégeant son maître.
Sans doute Hypérion ne se rendait même pas compte de ce qu'il se passait non pour lui, piégé dans l'armure il n'y avait strictement rien de personnel, c'était comme si un film se déroulait devant ses yeux.
Et même si son corps entier surchauffait, il était bien incapable de dire les mouvements qu'il faisait.
Tout allait dépendre de la jeune horlogère... la vie ou la mort ? Elle n'avait plus un jeune homme près d'elle mais plutôt un automate qui attendais son ordre, chaque seconde étant rythmées par le bruit de la vapeur qui s'échappait de l'armure
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Sanaë Eshfeld
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Mar 9 Jan - 15:05
Irys : 625446
Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
Daënar +2 ~ Skingrad (femme)
Tout s’était déroulé bien trop rapidement pour que l’horlogère ne réalise réellement la tournure qu’avaient prise les évènements. Sanaë avait vu son frère disparaître brutalement de son champ de vision, tandis que le bruit de plusieurs horloges s’écrasant au sol lui parvint aux oreilles. Tout cela en l’espace d’un coup de vent, vif, brutal...

Sanaë se tourna alors, juste sur sa droite, tout près. Tout se déroulait pourtant à seulement quelques centimètres d’elle, mais c’était impossible à réaliser. Elle se figea, totalement incapable de tout mouvement, de toute parole, se contentant de fixer la scène de ses yeux exorbités. Son frère à son tour acculé et maintenu contre le mur, tenu à la gorge par l’immense armure d’Hyperion. Mais… Pourquoi? Hyperion, ce jeune homme si doux, si timide… Que lui arrivait-il?

Il lui fallut un certain temps pour comprendre qu’il essayait probablement de la protéger, des griffes d’un agresseur. Après tout, tout portait à croire que Jaread lui voulait du mal, elle-même avait eut si peur… Néanmoins, elle le connaissait assez pour savoir que jamais il n’aurait levé la main sur elle, du moins, elle me croyait dur comme fer. Mais Hyperion, quant à lui, ne pouvait pas le savoir, il voulait bien faire… Ou alors… Elle repensa à sa manière de se tenir, de parler, ses regards souvent baissés, cette façon de se dénigrer… Le jeune garçon avait dû vivre des moments difficiles, peut-être avait-il été maltraité, battu et Jaread lui avait involontairement rappelé tout ça. Et s’il avait simplement eut peur…

Alors, malgré la peur qu’elle éprouvait, Sanaë s’efforça de rester calme, même lorsque l’homme de métal sortit son arme gigantesque pour la placer devant le visage de son frère. Elle s’approcha alors, lentement, par crainte d’effrayer Hyperion et de le pousser à commettre un acte qu’il regretterait plus tard, elle le savait. La voix qui s’échappa alors de la machine, était si grave si rauque qu’elle semblait appartenir à quelqu'un d’autre. Et cette menace… Elle était effrayée comme jamais auparavant. Non pas pour elle, mais pour son frère, car malgré son comportement, il ne méritait pas de mourir, et certainement pas de cette façon… Pour Hyperion aussi, car perdu dans sa colère, il ne devait même pas se rendre compte de ce qu’il faisait, ni même des conséquences… Il ne méritait pas de finir ses jours en prison, et certainement pas pour avoir simplement voulu protéger une femme qu’il ne connaissait que depuis quelques heures… Il semblait attendre quelque chose d’elle… Mais quoi ? Qu’elle lui donne son accord ?

Sanaë avança à nouveau, les yeux chargés de larmes qu’elle tentait désespérément de contenir, en vain. Elle se plaça tout près, sa main gauche contre la lame pour le pousser à l’écarter du visage de Jaread. Le sang de l’horlogère perla lentement le long du tranchant.

-S’il te plaît, non, murmura-t-elle en grimaçant. C’est mon frère, c’est aussi un époux et un père. Je sais qu’il n’aurait pas dû agir ainsi, mais il ne mérite pas ça pour autant, Hyperion.

-Bon sang Sana, tu connais ce monstre ?

L’horlogère se tourna vers son frère, lui offrant un regard glacial, ses yeux d’azur prenant une teinte orageuse qu’il n’avait jamais vu… Monstre…

- Tu me traite d'idiote, mais te rends-tu simplement compte de ce qu’il a dû voir ? grogna-t-elle entre ses dents.

Qui est le monstre pour lui d’après toi! Tout ce qu’il a vu, c’est un homme menaçant de me blesser! Et cet homme, c’est toi! Mon propre frère!


Jaread l’observa un instant, surprit d’avoir entendu sa petite sœur, si douce et docile habituellement, gronder ses derniers mots. Il baissa la tête, semblant prendre conscience de ce qu’il avait fait. C’était à son tour d’avoir l’air misérable à présent, bien que l’horlogère n’en tira aucune satisfaction.

- Je ne lui aurait jamais fait de mal, murmura-t-il à Hyperion. Je suis désolé Sana, je...

- Nous en discuterons plus tard, le coupa-t-elle. Rentre chez toi, Jaread. Va retrouver ta femme et tes enfants.

Il se contenta de hocher légèrement la tête, avant de sortir de la boutique, l’air perdu. Sanaë quant à elle, ne quittait pas l’armure des yeux, cherchant à apercevoir Hyperion derrière cet amas de métal. Peine perdue évidemment. Elle lui adressa alors un immense sourire, toute crainte avait disparut et lui murmura doucement :

-Veux-tu bien sortir de là, s’il te plait ? J’ai besoin de te voir.



Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Hyperion Radchen
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Mar 9 Jan - 21:22
Irys : 394869
Profession : Chercheur/Mecanicien
Daënar +2 ~ Zuhause (homme)
Le métal surchauffé commençait à perler d'humidité, alors que la machine menaçait presque de s’emballer, il aurait suffit d'un vérin défectueux, un engrenage mal réglé, ou même d'un tic nerveux du pilote et le frère de Sanae aurait été réduit à l'état de souvenir, sans doute immortalisé sur une photo avant que son nom ne paraisse dans la presse locale.
Et alors que qu'Hypérion attendait son ordre, la jeune s'avança en larme posant sa petite main sur l'énorme arme, s'ouvrant d'elle même la main pour écarter l'imposant fauchard de la tête de son frère.
Le sang sur l'arme coula lentement le long de l'acier avant de goutter au sol.
Comprenant les ordres de la jeune femme, le chevalier retira l'arme de la gorge de l'homme posant la pointe de la hampe au sol prête à servir
Mais l'étreinte ne se relâcha pas pour autant, pas avant que le ce soit disant frère ne le traite de monstre.
Le heaume de métal se braqua sur lui comme l'aurait fait l'aiguille d'une horloge, un supplément de vapeur s'échappant de sa grille. Quand il finit enfin par se montrer soumis à sa sœur, l'étreinte d'acier se relâcha lui permettant de retomber mollement au sol.
Mais jusqu'à ce qu'il parte le regard de la machine ne le quitta pas des yeux. Transperçant son âme tel un colosse gardien.
Peut être que cet excès de colère en lui n'avait été qu'un coup de folie, peut être pas... Dans l’inconscient d'Hypérion il n'avait pas vraiment vu ce fameux Jaread, mais plutôt un contremaître violent. Et de cela tout du moins il ne s'en excuserait pas. Pas d'avoir voulu protéger la jeune femme.
Oubliant momentanément tout ce qu'il c'était passé, il ramassa une à une les horloges tombée, avec des gestes bien mécaniques, chaque Horloge retrouva sa place, et il les inspecta visuellement.

Puis un éclair de lucidité revint et le géant repris sa place près de l'horlogère se baissant pour voir la main écorchée par son arme. Il replia le fauchard, se libérant une autre main pour inspecter celle de sa bienfaitrice.
La jeune femme du sentir une goutte d'eau sur son bras, puis une autre, car la vapeur avait finis par se refroidir, et s'accrochant aux parties les plus fraîches de l'armures elle se liquéfiait à nouveau. Le géant pleurait, et de grosses larmes tombaient sur le sol. Bien entendu ce n'était qu'une coïncidence, un simple effet physique qui n'avait rien à voir avec les machines, mais le symbole était là.
Et c'était peut être la seule chose qui blessait réellement le garçon dans sa cage, il avait blessé la jeune femme.
Sortir ? Maintenant ? Pourquoi ne pouvaient ils pas parler simplement ici ? Il n'avait pas vraiment envie de sortir, pas maintenant... Pas après tout ça....
Et cet immense sourire pouvait-il cacher quelque chose d'autre ? Il ne pouvait pas le savoir, mais que pourrait-il faire de pire après tout. Lentement il regagna sa place dans l'arrière boutique, mettant le chevalier à genoux avant de fatalement finir par ouvrir sa cuirasse.
L'armure laissa rentrer de l'air frais, cet air paraissant glacé qui vint refroidir l'eau dont il état recouvert.
L'armure était solide, sure, mais loin d'être terminée. Et la vapeur s'infiltrait encore par endroit lorsque le système était trop sollicité. Dans le meilleur des cas, cela offrait un séjour mouillé dans cet habitacle, dans le pire cela formait des brûlures importante, comme celle qui se dessinait dans son cou.
C'est donc un animal trempé et honteux qui sortis doucement dissimulant sa brûlure derrière une main gênée et ses yeux vairons derrière une mèche de cheveux trempée

-Je ne...voulais pas.... te faire de mal....

Qu'importe ce frère violent, ce dernier aurait pu périr broyé qu'il n'en aurait pas cillé, mais une entaille dans la main de sa protectrice et voilà qu'il se trouvait en ruine.
Effrayé par la réaction de la jeune femme il n'osait même pas lever les yeux vers elle gardant la tête rivée sur le sol, anticipant déjà les coups qu'il allait recevoir. Il ne pleurerait pas... Il n'avait pas le droit c'était lui avait décidé de l'aider après tout.

-Je peux peut être... t'aider à te soigner ?
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Sanaë Eshfeld
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Mer 10 Jan - 11:34
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Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
Daënar +2 ~ Skingrad (femme)
Voilà donc une image des plus perturbante, douloureuse aussi, le géant d’acier semblait pleurer à chaudes larmes sur la blessure de la jeune femme. Bien sûr, Sanaë savait que ce n’était pas le cas, les larmes n’étaient que les vestiges de la vapeur revenue à l’état liquide. Néanmoins, elle savait aussi que le jeune homme, à l'intérieur, ne devait pas en mener large. Elle le suivit jusqu’à l’atelier, le laissant se délester de son armure.

Hyperion en sortit trempé, jusqu’aux os, et visiblement très gêné, si bien qu’il n’osait pas la regarder. Sanaë s’en sentait particulièrement mal, troublée. Il semblait résigné à recevoir une punition de la part de l’horlogère. La voyait-il comme une sorte de monstre sortit tout droit d’un lointain cauchemar ? Cette pensée lui brisa littéralement le cœur, elle qui ne ferait pas de mal à une mouche. Il ne s’excusait pas pour son frère, il ne semblait d’ailleurs éprouver aucun remord sur le sujet. Et puis, dans le fond, Sanaë ne lui en voulait pas. En ne se défendant pas elle-même, l’horlogère était aussi fautive. Si elle avait eu, ne serait-ce qu’une once de courage, jamais Hyperion ne se serait sentit obligé d’intervenir. Sana comprenait parfaitement ’il avait simplement voulu la protéger, de façon certes maladroite et clairement effrayante, mais le fond n’était pas mauvais. Seule la forme clochait, et ils en discuteraient ensemble, plus tard. Pour l’heure, elle cherchait simplement à le rassurer, lui faire comprendre qu’elle ne lui en voulait en aucune façon.

-Mais tu ne m’as fait aucun mal, Hyperion. Je me suis blessée toute seule, et ce n’est vraiment pas grand chose, regarde.

Voyant qu’il ne levait pas les yeux vers elle, Sanaë s’approcha lentement, dosant chacun de ses pas pour ne pas effrayer le garçon. Arrivée à sa hauteur, elle porta une main douce à sa joue pour le forcer à relever la tête. Elle écarta les quelques mèches rebelles qui l'empêchaient de voir ses jolis yeux vairons, plongeant alors son regard d’Azur dans le sien. Néanmoins, dans ce regard, elle n’aperçut que l’image d’un animal blessé, craintif, et résigné. Cette tristesse, profonde et presque palpable, l’affligea profondément. Inspirer ainsi la crainte lui était tout bonnement intolérable. L’horlogère eut donc un mouvement de recul, craignant que cette proximité ne l’effraie d’avantage.

- Je ne te ferais aucun mal, tu n’as pas à courber l’échine devant moi, je ne le mérite pas. Je veux être ton amie, Hyperion, pas ta tortionnaire.

Elle observa alors sa paume meurtrie. La coupure était nette et peu profonde, si le saignement pouvait sembler impressionnant, la blessure était sans gravité et guérirait d’elle-même. Sanaë attrapa un chiffon qui traînait, sans se préoccuper de la poussière, le but étant de simplement l’éloigner de la vue du jeune homme.

Son attention se porta à alors sur la nuque du garçon, avisant une tache rouge, de taille plutôt importante que le jeune homme essayait vainement de cacher sous sa main.

-Tu es blessé ? demanda-t-elle, inquiète. Veux-tu bien me laisser regarder ?

Elle repensa alors à la vapeur importante qui s’était échappée de l’armure. Les vêtements trempés du jeune homme ne laissaient aucune place au doute, il ne pouvait s’agir que d’une brûlure. Sanaë n’attendit donc pas qu’Hyperion réagisse. Elle l’attrapa tout supplément par la main avant de l’entraîner jusqu’à sa cuisine où l’horlogère le força à prendre place sur une chaise. Habituée aux brûlures en tous genre, Sanaë connaissait la douleur et l’urgence du traitement. Elle se rendit alors jusqu’à sa salle de bain, récupéra le broc d’eau avant de s’en retourner à son côté.

-S’il te plais, veux, tu bien retirer ta chemise, il faut soigner ça rapidement.


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Hyperion Radchen
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Jeu 11 Jan - 17:26
Irys : 394869
Profession : Chercheur/Mecanicien
Daënar +2 ~ Zuhause (homme)
Le contact d'une main douce sur sa peau, voilà la première chose qui fit vraiment réagir Hypérion, ce dernier trouvant dans ce court contact un peu de réconfort. Mais le geste de recul l'effraya un peu tout de même. Ne lui en voulait-elle pas un petit peu tout de même ? Avoir vu une facette violente de sa personnalité n'avait-il pas découragée la jeune femme.
Tout semblait l'indiquer en tout cas. Et au début il ne sut comment réagir à cela se contentant de fixer la jeune femme comme il l'avait fait auparavant son regard se remplissant de tristesse.
Cette blessure l’obsédait bien plus qu'il ne voulait bien le dire, blesser Sanaë... Et même s'il disait le contraire, il se sentait responsable. Après n'était-ce pas son arme qui l'avait blessée ? Arme qu'il avait tenue lui même.
Il rejeta cette tentative de réconfort d'un mouvement de la tête, ne pouvant s'empêcher de saisir la main que tendait la jeune femme pour examiner en détail cette blessure. La gravité était certes sans conséquence, mais l'impact émotionnel lui était terrible.
Et voilà que la jeune femme tentait de le rassurer, tentant encore une fois de lui dire qu'elle était son amie. Hypérion n'avait pas eu beaucoup d'amis et Sanaë était sans doute la personne la plus proche de lui. Il avait simplement du mal à reconnaître cette relation d'amitié n'envisageant que difficilement les rapports d'égal à égal et ce même avec l'horlogère. Peut être cela changerait-il au gré du temps mais pour le moment il était encore un peu tôt.

-Mais... et... ta blessure ?...

Elle eut la bonne idée de finir par la dissimuler, ôtant ainsi de la vue du jeune homme la blessure physique qui torturait son âme. Mais elle s’intéressa plutôt aux blessures d’Hypérion, ce qui cette fois déclencha une réaction instinctive chez lui. il fit un grand pas en arrière en détournant les yeux, cachant d'autant mieux cette brûlure qu'il considérait comme mineur. C'était lui qui était responsable de cette blessure, c'était donc à lui de s'inquiéter pour ça. C'était du moins ce qu'on lui avait appris.

-Non... ce n'est rien... vraiment....


Sa voix douce avait du mal à exprimer la moindre négation, mais la jeune femme finit par l'emmener dans la cuisine, loin de la boutique et de la lumière vive. Il se détendit en voyant ce lieu familier, regardant les meubles avec un peu de soulagement.
Il allait même accepter un peu d'aide, et finit par enlever la main de son cou, révélant cette vilaine blessure à la jeune femme.
Puis elle finis par lui demander de retirer sa chemise.
A peine eut-elle finit sa phrase que le jeune homme se bloqua net, la regardant avec des yeux qui exprimaient tout simplement la terreur à l'état brut. Voir son visage immaculé était une chose, le reste était encore bien différent.
Mais avait il le choix ? Le simple fait de se montrer à la jeune femme, ou à quiconque réveillait une sensation de vulnérabilité chez lui, il se revoyait sans armure, sans protections....
Son rythme cardiaque s'accéléra et ses pupilles se dilatèrent soudainement, et il lui fallut beaucoup d'auto-persuasion pour finir par reprendre le contrôle de lui même.

-Tu... es sure ? C'est vraiment nécessaire ?... Vraiment ?


Mais au final bien sur que ça l'était et il sentait en son fort intérieur que cet instant fatidique devait approcher. Il se leva donc, abaissant les volets pour diminuer la luminosité de la pièce au maximum, jusqu'à un niveau assez décent pour voir convenablement sans pour autant l'exposer à la lumière extérieure.
Les mains tremblantes, il défit sa chemise, ses doigts peinant à détacher les boutons. Puis se réfugiant tout de même derrière son haut, il finit par l'enlever doucement pour se rasseoir, ses yeux incapable de plonger dans ceux de Sanaë
La peau n'était pas blanche, mais plutôt bleue, constellé de coups encore en voie de guérison, et un artiste aurait pu trouver ces nuances de bleus et de violet presque artistique si cela n'avait été peint sur un être humain. Ses bras étaient dans un état similaires, de nombreuses coupures en voie de cicatrisations encore visibles.
Chaque parcelle de son torse avait semblait-il fait l'attention d'un être particulièrement pervers qui avait cherché à la brisé, salissant sa peau pourtant immaculée. Dans son dos cicatrisaient encore des marques de fouet bien trop appuyées, qui même si elle ne laisseraient pas de marque à long terme restaient pour le moment comme des réseaux rouge vif partout dans son dos.

Il fermait les yeux, incapable de se regarder lui même, cet état pitoyable lui rappelant la condition qui avait été la sienne. Si seulement il n'avait pas eu à intervenir... Peut être aurait-il pu éviter tout cela.
Et malgré tout, il réussis à produire un petit sourire embarrassé, sans pour autant trouver les yeux de la jeune femme.


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Sanaë Eshfeld
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Jeu 11 Jan - 18:49
Irys : 625446
Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
Daënar +2 ~ Skingrad (femme)
Sanaë ne posa aucune question quant aux raisons qu’avaient Hyperion de vouloir plonger la pièce dans le noir. Elle le laissa donc agir à sa guise, tout en affichant une expression des plus perplexe. Puis elle se tourna, le temps que le jeune homme ne retire sa chemise. Évidemment, ce geste était aussi stupide qu’inutile, puisqu’elle le verrait à un moment ou à un autre. Mais comme tout autre réflexe, il ne pouvait être contrôlé simplement par force de logique. Ce n’était certainement pas la première fois qu’elle verrait un homme torse nu, en ayant grandi avec six garçons, l’anatomie masculine n’avait guère de secrets pour la jeune horlogère. Elle n’était donc pas plus inquiète que cela, et ce, malgré l’inconvenance évidente de la situation.

Sanaë se concentra donc sur le matériel dont elle allait avoir besoin pour soigner une brûlure aussi importante que celle-ci. Le mieux aurait été de le conduire chez un médecin, évidemment. Néanmoins, elle se doutait que le garçon refuserait, comme l’avait confirmé sa première réaction par ce mouvement de recul sans équivoque. Et cette terreur qui luisait dans ses yeux vairons. A dire vrai, Sanaë en était tout simplement malade, inspirer la peur n’était certainement pas dans ses habitudes et voir ce sentiment se refléter dans les prunelles du jeune homme était insupportable…

Finalement, elle se retourna, cherchant d’abord le regard du jeune homme qui prenait bien soin à le garder baissé. Une tâche sur son épaule attira son attention, loin d’être la fameuse brûlure dont elle devait s’occuper celle-ci n’en était pas moins une blessure… Et ce n’était malheureusement pas la seule. Le torse, le dos, les bras, pas une seule parcelle de sa peau d’albâtre n’était épargnée. De son regard horrifié, Sanaë parcourut chacune de ses plaies encore en pleine cicatrisation ainsi que d’autre, bien plus claires marquant leur ancienneté. Elle les inspecta sans même essayer d’y toucher par peur de l’effrayer d, ou pire, de lui faire mal.

Cette simple vue suffit à la faire affreusement souffrir tant elle imaginait les atrocités que le jeune homme avait dû subir. Mais pourquoi? Depuis quand? Certaines étaient si ancienne qu’elle n’eut aucun mal à l’imaginer enfant, prostré dans un coin subissant chaque coup en pleurant.

- Hyperion, je... murmura-t-elle.

Mais quoi? “Je suis désolée?” Elle l’était, bien évidemment, et bien plus que cela encore. Dévastée… Au même titre que la peau d’Hyperion. Sanaë n’eut alors plus aucun mal à comprendre sa réaction face à Jaread. Il avait eut peur, pour elle, mais aussi pour lui, la scène lui rappelait probablement quelque viles souvenirs, au point même d’effacer sa personnalité si douce au profit de cette… Violence. Comment lui en vouloir après avoir vu cela ? Comment ne pas se sentir misérable, tout simplement.

Une larme perla le long de sa joue, sitôt suivie par une autre… Sanaë pleurait et en était morte de honte. Comment osait-elle ? Même sincèrement touchée, blessée de s’imaginer ce garçon ainsi maltraité, meurtri, brisé, ses larmes ne lui semblaient pas moins hypocrite. L’horlogère ne savait que faire, ni que dire, et puis… A quoi bon ? Cela ne lui apporterait rien, aucun mot n’effacerait ses cicatrices ni ne lui ferait oublier les horribles souvenirs qui allaient de paire.

Sanaë sècha ses larmes, inspira un grand coup et s’en retourna vers la table. Elle vida le contenu du broc dans la bassine, y trempa un linge puis l’essora lentement sur la brûlure. Puis entreprit de fabriquer une sorte de pommade à base de miel, de blanc d’œuf et de citron. Elle l’appliqua ensuite avec des gestes particulièrement doux, priant pour que ce remède soit efficace contre une telle brûlure. Une fois fini, Sanaë banda le cataplasme, veillant à nouveau à ne surtout pas le brusquer.

-Voilà, cela devrait faire l’affaire, lança-t-elle finalement. Du moins, je l’espère. Cela suffit habituellement pour les petites brûlures, mais je ne suis pas sûre que ce soit suffisant dans ce cas.

L’horlogère se retourna ensuite vers la table pour ranger tout son matériel. Une fois le tout entassé dans un coin, elle attrapa deux viennoiseries, et tendit l’une d’elle à Hyperion. Toute tristesse avait disparu du visage de l’horlogère, estimant qu’il n’avait pas besoin de cette pitié mal placée. Au lieu de cela, elle affichait un immense sourire naturel et réellement joyeux.

- Tiens, mange. C’est un croissant et crois moi, c’est bien meilleur que l’horrible omelette que je t’ai servie hier, dit-elle en riant avant de croquer dans la sienne.

Finalement, il n’était pas nécessaire de revenir sur l’épisode de Jaread. Ni lui, ni elle n’en avait besoin. Tout ce qu’elle voulait, c’était de voir cette tristesse et cette crainte disparaître du visage d’Hyperion.


- Mange tout ce qui te feras envie d’ailleurs, comme tu peux le voir, ce n’est pas la nourriture qui manque. Et lorsque tu auras terminé, on pourra se remettre à cette montre. Qu’en dis-tu ?



Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Hyperion Radchen
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Jeu 11 Jan - 22:14
Irys : 394869
Profession : Chercheur/Mecanicien
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Cette scène il l'avait déjà prévu... déjà vu et revu dans son esprit plusieurs fois, se doutant de la réaction qu'elle allait avoir. Et alors qu'elle commençait à parler il l'interrompit doucement posant un doigt sur sa bouche comme pour la dissuader d'en dire plus. Il connaissait son état mais il en guérirait, certains remède permettaient même d’effacer les cicatrices et il en avait gardé un soigneusement dans son armure, préférant attendre que tout se cicatrise avant de l'appliquer. La terreurs était bien là mais a​u lieu de l'assaillir elle diminua au fil des minutes. La présence de la jeune avait finit par commencer à être interprété par son esprit comme quelque chose de positif et sans qu'il ne s'en rende compte il commençait tout juste à la considérer comme autre chose qu'une gentille tortionnaire. Si bien que lentement il réussis à relever les yeux. Elle semblait aussi gêné que lui et tentait de murmurer quelques mots de réconfort.
Il s'approcha d'elle doucement murmurant presque.

-Ce... ce n'est rien ça guérira avec le temps.


Et sans ajouter un mot il remit de nouveaux vêtements secs, à la seule différence que cette fois il opta pour son armure de cuir sans les manches. Elle avait déjà vu le carnage qu'était son corps ses bras n'allait donc plus la choquer. Il resserra les lacet de son corset de cuir avant de se tourner vers la jeune qui l'avait si gentiment soignée. Prenant une grande inspiration, il s'approcha bien plus près que d'habitude, déposant un bisous entre sa joue et ses lèvres; C'était un geste de remerciement qu'il avait vu souvent, mais comme il n'avait jamais su l'endroit exact il fit de son mieux pour viser une zone qui devait être la bonne avant de rougir un petit peu.

-Merci Sanae... c'est déjà bien plus qu'il ne faudrait, je m'en remettrait ne t'en fait pas.


Puis l'horlogère lui tendit une sorte pain, différent des autres, plus doré, et avec une odeur bien différente. Il en prit doucement une petite bouchée, mâchant doucement pour en sentir le gout.
C'était... excellent également et le jeune homme sauta presque de joie. Mangeant sa part joyeusement avant de découvrir que cette diablerie possédait une multitude de miettes qui collaient au lèvres . Il les enleva une par une avant de se tourner vers Sanae, lui infligeant une tape ridiculement faible sur ses cheveux blond, un peu comme l'aurait fait un chat devant un autre chat faisant une bêtise.
Le "coup" n'aurait même pas fait bouger une feuille, et il la regarda avec le plus grand serieux du monde.

-Ton omelette était très bonne ! J'adore tout ce que tu fait...

Voilà que le jeune homme reprenait de la vigueur, sa confiance envers la jeune femme ne cessait d'augmenter et il parvenais presque à lui parler normalement. La simple idée de se remettre au travail sur les superbes machines de Sanae l'enchantait déjà, et à peine eu t-il fini de la rabrouer gentiment qu'il aida à débarrasser la table avant de tirer doucement la jeune femme par le bras pour aller travailler.
C'était un enfant qui venait de découvrir un compagnon de jeu, car pour lui tout cela n'était pas du travail, avec Sanae il se sentait en sécurité et son fameux travail était passionnant.
Ils revinrent donc à la table sur laquelle ils avaient travaillés la veille, s'asseillant aux même place qu'avant.
Hypérion fit l'effort de se mettre un peu plus près cette fois, signe qu'il commençait à ne plus craindre de l'approcher.
Il reprit donc tout le materiel de la veille, les plaçant délicatement sur l'établis. La feuille sur laquelle il avait gribouillé le gênait et il la mit à côté de l'horlogère en attendant de le jeter. Le tournevis déjà en main il inspectait l'appareillage, tachant de se remettre en tête les pièces de la veille. Enfin il se remit au travail s'interrompant parfois pour noter quelque chose sur une feuille à part alors que ses pensées vagabondaient librement.
La bien sur, à la lumière de l'atelier ses bras étaient bien plus visible, mais il n'en avait que faire tant que c'était la jeune femme qui les voyait, plus le temps passait et moins il avait peur de toute manière.
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Sanaë Eshfeld
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Ven 12 Jan - 7:48
Irys : 625446
Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
Daënar +2 ~ Skingrad (femme)
Le contact de ses lèvres sur sa joue la surprit tant qu’elle se figea, avant de rougir comme une pivoine. Sanaë n’était guère habituée aux gestes d’affection, tout du moins de ce genre-là… Quelques câlins à ses neveux et nièces, embrassades de frères et sœur, mais rien de plus. D’autant plus lorsqu’il s’agissait d’un jeune homme aussi timide qu’Hyperion et qui avait lui-même quelques problèmes avec le contact humain. Oh, elle ne trouva pas cela désagréable, ni même malvenu, simplement surprenant. Aussi, malgré sa propre timidité, elle ne releva pas, pensant qu’il s’agissait d’une tentative maladroite de lui montrer qu’il allait bien. Que toute tristesse avait effectivement disparu. L’horlogère se contenta alors se sourire tout en l’observant engloutir le fameux croissant qu’elle lui avait donné, riant même lorsqu’il se retrouva le visage recouvert de miettes collantes. Elle surtout quand il lui tapota le haut du crâne. Un nouveau contact… Hyperion semblait nettement plus à l’aise, comme si un cap venait d’être passé. Ce regain de naturel et de bonne humeur la rendit heureuse, préférant, et de loin, le voir sourire que prostré dans un coin comme un animal blessé, guettant du coin de l’œil le prochain coup de son bourreau.

Son compliment maladroit lui fit plaisir. Personne n’aimait sa cuisine, elle le savait et n’en blâmait personne. Hyperion n’avait simplement pas eut la possibilité de goûter autre chose, mais malgré tout, elle en fut touchée et se mit à rire joyeusement.

Il la traîna ensuite jusqu’à l’atelier, visiblement empressé de reprendre leur tâche où ils l’avaient laissé la veille. Elle le laissa donc s’installer, manipuler pièces et outils à sa guise. Il apprenait vite et semblait savoir ce qu’il faisait, elle en fut toute aussi surprise qu’admirative. Puis tandis qu’elle inspectait quelques vieux boîtiers pour choisir celui qui accueillerait le mécanisme, une feuille fit son apparition à son côté. Sanaë l’observa d’abord du coin de l’œil, n’ayant déviée son attention que par surprise. Mais lorsqu’elle reconnut le croquis qui l’avait tant interpellé la veille, elle lâcha ce qu’elle avait en main pour mieux l’observer.

Une roue centrale, entourée de trois autres gravitant autour d’elle le tout entouré par une cinquième beaucoup plus grosse. Elle n’avait jamais vu de tels rouages. Sanaë les imagina aussitôt en mouvement, cherchant à comprendre leur utilité… En horlogerie, il n’existait rien de tel, de ce fait, ce fut difficile pour elle de visualiser la chose. Pourtant, cette position, les mouvements qu’elle imaginait lui rappelait une sorte de systèmes de régulation… Seulement, elle était bien loin d’en être sûre.

Elle observa alors son compagnon, qui semblait particulièrement absorbée par sa tâche. Il assemblait les pièces entre elles, de mémoire sans se tromper. Ce n’était pas là chose aisée, Sanaë elle-même avait eut du mal à se souvenir de leur place, et elle avait pourtant appris rapidement… Ce garçon était un génie, son armure le prouvait.

- Pardonne moi de d’interrompre, mais peux-tu m’expliquer ceci s’il te plaît ? dit-elle, souriante, montrant la fameuse feuille.


Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Hyperion Radchen
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Ven 12 Jan - 23:19
Irys : 394869
Profession : Chercheur/Mecanicien
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Hypérion releva la tête de son travail, relevant une mèche rebelle avant de se pencher vers la feuille la prenant d'une main avant de sourire. C'était quelque chose à laquelle il avait pensé pendant quelques temps. Posant la feuille à côté de lui il reprit les outils en main pour se remettre à travailler tout en se mettant à parler.
Il était tant absorbé par ce qu'il faisait qu'il arrivait à expliquer le principe du train sans que son travail soit affecté.

-C'est quelque chose auquel j'ai pensé, en fait le concept est très simple, il dispose de plusieurs pignons satellites tournant autour d'un pignon central via des portes satellites rotatif, la cage même des satellites est une roue crantée, si on appelle ça des planétaires, on à donc un système avec globalement trois satellites et deux planétaires, un interne et un externe.
Si la théorie est correcte ça permet d'avoir un rapport de réduction beaucoup plus important qu'un engrenage en ligne comme on en voit tout le temps, il faut aussi mettre en avant que l'arbre de sortie et d'entrée son coaxiaux, et le tout dans un système très compact.

Tout en parlant, il se libéra d'une main pour en faire un schéma détaillé sur la feuille et ce sans quitter une fois la montre sur laquelle il travaillait des yeux. Les schémas explicatifs prenaient rapidement forme, détaillant le système et tout ses composants. Ce n'était encore qu'un prototype qu'il avait imaginé, et nul doute que beaucoup de variation pouvaient être faite avec cette ébauche. Mais il n'y avait pas pensé plus que ça se contentant simplement de développer les principes simple qu'il avait vu.
Et ce dernier lui semblait si logique.

-Bien sur les pièces sont plus difficile à faire, mais le montage lui est plutôt aisé si ces dernières sont bien faites, sans compter que l'ensemble peut fonctionner dans un boitier solidement fermé pour empêcher la poussière de venir salir le mécanisme, je suis sur qu'en mettant un peu d'huile au fond du planétaire, le système pourrait se lubrifier tout seul avec le passage des roues.
Enfin ce n'est que la théorie.

Continuant à travailler il finit par s'arrêter regardant la jeune femme alors qu'il finissait d'installer une nouvelle pièce, penchant la tête avec un air totalement innocent, ne se rendant pas vraiment compte s'il avait dit une bêtise ou non



-Enfin rien de bien compliqué non ?

Cette phrase lui paraissait évidente, un système comme ce dernier devait même être une évidence pour les mécaniciens du continent. A vrai dire il ne se rendait pas vraiment compte de ce qu'il avait crée
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Sanaë Eshfeld
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Sam 13 Jan - 9:02
Irys : 625446
Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
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Sanaë l’écoutait avec attention tout en gardant un œil sur son travail. Son regard d’azur passait, tour à tour, du dessin, à la montre en passant par le doux visage concentré du jeune homme. L’idée était intelligente et le système lui plaisait, beaucoup, bien qu’elle doutait que celui-ci soit adaptable à l’horlogerie, ou du moins pour les montres.

Elle observa la main de Hyperion, tenant un tournevis de précision. Sanaë grimaça légèrement avant de lui attraper délicatement le poignet.

-Doucement ici, murmura-t-elle en prenant le tournevis. Si tu serres trop, tu écraseras les roues en dessous, en particulier la roue d’échappement qui est la plus délicate de toutes. Elle a besoin d’espace. Deux petits tours suffisent.



L’horlogère accompagna sa parole du geste, exerçant deux tours légers avant de rendre l’outil au jeune homme.

- Vraiment Hype, tu m’épates. lança-t-elle joyeusement en attrapant le dessin, sourire aux lèvres. Ton talent et ton intelligence sont indéniables. Je suis sûre que tu pourrais accomplir de grandes choses.

Elle lui ébouriffa gentiment les cheveux avant de se retourner vers le schéma, afin d’écouter le reste des explications avec un élément de visualisation. Décidément, ce système lui plaisait, il paraissait simple et permettrait un gain de place non négligeable, mais nettement plus adapté aux horloges qu’aux montres bien trop délicates.

- Dis, tu permets que je le garde ? J’aimerais le montrer à mon frère. Je pense que l’ensemble serait parfait pour les horloges, mais le spécialiste, c’est lui...

L’horlogère s'interrompit en repensant aux événements de la matinée, elle ne voulait pas qu’il se fasse des idées sur le comportement étrange de son frère.

-Il n’est pas méchant tu sais. Je suis convaincu qu’il ne voulait pas me faire de mal. Jaread est dépassé par tout ça, il ne sait pas faire le tri dans ses émotions… Ce qui mène à sa colère. Il lui faudra du temps, mais sois certain que c’est un homme bien, un peu perdu. S’il paraît dur envers moi, je peux t’affirmer qu’il l’est d’autant plus envers lui-même.

Si Jaread ressemblait beaucoup à son père, ce n’était que physiquement. Ses épaules n’étaient pas taillées pour supporter seul la pression. Cet homme avait besoin de soutien permanent et vivait dans la peur constante et presque viscérale de perdre l’horlogerie. De ne pas être à la hauteur du talent de leur père. De tous les enfants Eshfeld seulement deux s’étaient tourné vers l’horlogerie tandis que tous les autres avaient préféré se plonger dans des études plus ou moins longues que l’horlogerie avait d’ailleurs financé. Sanaë prit donc le temps de raconter tout cela à Hyperion, lui expliquant que cet homme faible s’était vu, du jour au lendemain, contraint de soutenir toute une fratrie avant même de fonder sa propre famille.

-Comprends bien que je ne t’en veux en aucune façon. Tu as voulu me protéger et c’est une attitude tout à fait louable de ta part. Mais je veux simplement que tu comprennes que dans ce monde, rien n’est jamais tout blanc ou tout noir. Il est composé d’une multitude de nuances plus ou moins claires.

Elle tourna la tête vers la blessure soigneusement dissimulée sous les vêtements du jeune homme. Une cicatrice de plus qui entacherait sa peau blanche, une pensée bien désolante pour Sanaë qui s’en sentait responsable. Son visage se ternit un instant, avant qu’elle ne chasse ces sombres pensées pour afficher un sourire joyeux bien plus naturel.

Puis, pour clore définitivement cette parenthèse désagréable, elle se pencha de nouveau sur la montre, reprenant ses explications comme si rien ne s’était passé.


Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Hyperion Radchen
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Lun 15 Jan - 23:26
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Profession : Chercheur/Mecanicien
Daënar +2 ~ Zuhause (homme)
Le jeune homme écoutait chaque conseil de Sanae, les appliquant méthodiquement comme si elle avait été l'émissaire d'une religion, ou plutôt directement. Ses gestes se faisaient de plus en plus précis à mesure qu'il enregistrait les informations, serrant et desserrant les mécanismes selon les commandement de la jeune femme.
Il en était venu à se rapprocher d'elle inconsciemment, lui donnant les outils quand l'opération était devenue trop technique.
Finalement ce n'est que lorsqu'il entendit les compliments qu'Hyperion se mit à rougir relevant la tête d'un air gêné



-Oh tu exagéré Sanaë. Je ne fait qu'appliquer tes conseils c'est toi qui fait l'essentiel du travail je ne te sers que de main pour assembler.


Il reçu cette main dans les cheveux avec un petit sourire et un rire cristallin qui se voulait être le plus honnête et joyeux qu'il n'ai jamais eu. Et ce contact physique inopiné, lui procura une joie immense dont il ne sut vraiment expliquer la provenance, sinon qu'elle était là. Et quand elle lui demanda de garder le plan il commença par hocher la tête avant de s'assombrir à l'annonce de son frère.
Pour être honnête il était inquiet, quelqu'un qui utilisait la violence une fois serait toujours tenté de recommencer. Pour ne plus s'inquiéter il aurait suffit qu'Hypérion ai un minimum de confiance envers les autres, mais c'était évidemment quelque chose qui était en rupture de stock chez lui, pire c'était quelque chose qu'il refusait de récupérer.
Sauf... Son regard se tourna vers la jeune femme, plein d'espoir
Sauf avec elle bien sur. Il finit donc par faire un petit mouvement de tête qui lui coûta.

-Tant que tu fait attention avec lui... garde le plan...

Oh des plans il pouvait en refaire des centaines, des milliers, cette Horlogère il était persuadé à juste titre qu'elle était unique et que la perdre serait surement la pire chose qu'il puisse lui arriver. En fait il ne ferait surement jamais confiance à ce Jaread, mais voilà l'horlogère avait toute sa confiance ce qui ferait donc office de garanti pour lui.

-C'est peut être quelqu'un de bien.... mais... je n'aime pas voir quelqu'un te faire du mal.... il peut bien être dur avec lui même... mais surement pas avec toi...


Il avait vu bien trop de personne maltraitées pour accepter cela, surtout quand il s'agissait de quelqu'un qu'il appréciait. Cependant il ne s'expliquait toujours pas cette rage froide qui c'était emparé de lui. C'était comme si un filtre avait été dressé devant ses yeux l'empêchant de différencier le bien du mal. Si elle lui avait ordonné, il aurait écrasé ce pauvre homme sans ressentir la moindre appréhension. Ça n'avait pas été une colère sourde le faisant hurler et gesticuler. Non ça avait été bien plus pervers. Brièvement il était devenu une machine sans la moindre retenue capable des pires atrocité sans même avoir la retenue d'un être humain.
A cette simple pensée, il prit peur et se réfugia près de la jeune femme tachant de rester aussi calme que possible.
Il résista à l'envie de s'enfermer à nouveau, se contentant de hocher la tête.
Oui c'était quelque chose qu'il n'avait pas vu, dans sa propre vie il n'y avait eu que ceux qui tenaient le fouet et maintenant une seule qui au contraire le soignait. C'est donc pour cela que sa vie était faite de noirs et de blancs. La nuance était encore une facette de l’existence qu'il devrait apprendre
Mais autre chose lui sauta au visage... Et si il s'en était pris à elle ?
Qu'est ce qui l'avait empêcher de lui faire du mal lui même ? Cette simple constations logique lui fit froid dans le dos et il s'éloigna lentement de la jeune femme n'osant plus la toucher.

-Et si.... c'était moi qui t'avait fait du mal ? Si ça arrive à ton frère... pourquoi pas à moi ?


Il se reculait doucement sentant cette folle envie de se verrouiller à nouveau dans son armure, mais cette fois en la bloquant. Qui pouvait savoir si une nouvelle crise pouvait se déclencher à nouveau.
Bien entendu il ne se doutait pas que c'était justement son désir de la protéger qui l'avait rendu ainsi, pour lui il avait juste dépasser les bornes.

-Après tout je ne suis pas forcément le plus digne de confiance ici.... Je ne suis pas là depuis très longtemps...


Et voilà que son éternelle hésitation revenait et qu'il s'éloignait lui même de sa propre source de confiance. Oh il ne voulait que faire le contraire, s'approcher d'elle et s'enfouir dans ses bras, mais la peur... la peur le rendait hésitant, lui montrant que le danger n'était peut être pas les autres mais lui même.

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Sanaë Eshfeld
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Mar 16 Jan - 16:16
Irys : 625446
Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
Daënar +2 ~ Skingrad (femme)
S’approcher, s’éloigner… Le garçon semblait indécis, en proie à maintes questions qui la désarçonnèrent quelque peu. Toutefois, Sanaë comprenait ses inquiétudes et lorsqu'il se recula, mettant une réelle distance entre eux, elle ne le retint pas, se contentant de lui adresser un léger sourire quelque peu voilé par une certaine mélancolie. Elle se retourna alors vers son travail, jetant un bref regard à la plaie barrant la paume de sa main gauche.

- Mon père disait que les humains avaient tous une part sombre au fond d’eux tout en en ayant plus ou moins consciences. Certains l’exploitent à outrance, sans même s’en rendre compte, tandis que d’autre la ressente et veillent à la garder cachée. Elle est présente en chacun de nous, et ressort parfois sans que l’on ne puisse la contrôler, pour quelques raisons que ce soit.

Tout en parlant, l’horlogère continuait d’assembler les petites pièces entre elles, avec des gestes doux, mais néanmoins sures. La technique était rodée depuis bien des années à présent, si bien qu’elle aurait pu le faire les yeux fermés, ce qui lui permettait aussi de contenir ses mots et de s’exprimer avec un calme tout à fait contrôlé.

- Le simple fait que te poses la question prouve que tu as parfaitement conscience de cette part de toi. C’est une bonne chose, car tu peux donc la contrôler. Je ne peux pas t’affirmer que tu ne me blesseras jamais, comme je ne peux rien de promettre me concernant. J’ai moi aussi ma propre tâche sombre, parce que je suis toute aussi humaine que toi. Et même si elle ne s’est jamais manifestée, rien ne garantis que ce sera toujours le cas.

Sanaë prit une profonde inspiration, posant son tournevis, avant de se retourner vers le jeune homme. Elle chercha son regard, toujours baissé, semblable à un animal trop longtemps maltraité, une vision qui peina profondément la jeune horlogère, mais qui pourtant, tâcha de ne rien montrer, lui offrant son habituel sourire.

- Tout est une question de choix, ni plus, ni moins. Que tu fasses les bons ou les mauvais, ils n’appartiennent qu’à toi. À toi donc de faire attention, de prendre le temps de réfléchir, de peser le pour et le contre. La confiance n’est jamais acquise d’office, elle se gagne. Et si je dois rebondir sur ce que tu viens de me dire, je n’en suis pas plus digne que toi.

Elle attrapa le tournevis par la pointe, l’observa un instant avant de le tendre au jeune homme. On la disait naïve, ce qui était peut-être le cas. Sanaë savait que son père lui avait raconté ceci pour qu’elle se méfie de tous, même du plus doux des agneaux. Seulement, l’horlogère voyait les choses différemment, car si une part de ténèbres se cache chez un sain, une part lumineuse peut tout aussi bien exister au fond du plus vil des meurtriers. Ni blanc, ni noir, les nuances étaient bien là. Et même si elle n’accordait pas forcément sa confiance à toutes les personnes qu’elle pouvait rencontrer, Sanaë croyait bien à cette touche de lumière ce qui lui permettait de s’ouvrir au monde et d’accepter les différences de chacun.

- À toi de voir donc. Me crois-tu digne de confiance ? Penses-tu réellement que je mérite que tu t’inquiètes pour moi au point de t’en rendre malade par la suite?  

Sa tirade achevée,Sanaë se leva pour se placer à la hauteur de ses yeux. Elle plongea un instant son regard dans le sien avant de lui adresser un franc sourire et de lui ébouriffer à nouveau ses cheveux blonds.

-On se remet au travail ? lança-t-elle joyeusement tout en regagnant sa place à l’établi.


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Hyperion Radchen
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Mar 16 Jan - 18:12
Irys : 394869
Profession : Chercheur/Mecanicien
Daënar +2 ~ Zuhause (homme)
Sanae était une personne raisonnable et elle réussis bien rapidement à ôter toutes les craintes d'Hypérion il l'écouta lentement, hochant la tête à mesure qu'elle parlait. Et bien le moins que l'on puisse dire c'est qu'elle avait le don pour le tranquilliser et à peine le toucha t-elle qu'il avait déjà oublie tout cela se remettant joyeusement au travail après l'avoir embrassé de joie.
La suite fut plutôt tranquille et la montre fut rapidement réparée alors que le duo avançait à bon rythme, plus le temps passait et plus Hypérion prenait confiance dans son travail et dans Sanae, il en venait même parfois à se rapproche d'elle, s'endormant parfois à côté d'elle alors que le travail se poursuivait tard dans la nuit.
C'était une vie calme, troublée parfois par l'apparition d'un client. Pour ce qui concernait le frère il revint à la boutique peu de temps après bredouillant des excuses qui ne réussirent pas à convaincre totalement le jeune homme. Mais la semaine s'écoula et la situation se stabilisa. Les plans lui furent présentés et l'homme resta bouche bée devant l'ingéniosité de cette innovation.
Il eu tout d'abord du mal à le croire s'enfermant pour vérifier le moindre calcul avant de ressortir joyeusement.
Tout fut alors organisé pour crée cette nouvelle pièce : les plans, les calculs, tout fut fait de nouveau au propre et soigneusement posé sur des plans annotés. L'ensemble devait être grandiose, et le mécanisme de taille bien plus réduit laissait imaginer un tas de décorations pour cette dernière.
Hypérion finit même par proposer l'ajout des biomécaniques de Sanae, trouvant qu'ils se marieraient bien avec la style de l'engin. Moins de bois, plus de métal c'était le style qu'ils avaient décidés tout les trois, prenant pour modèle l'armure mécanique géante du jeune homme.
De forme nouvelle Jaread espérait pouvoir la présenter à des clients bien plus influent que d'habitude, pour marquer en quelque sorte le renouveau de l'Horlogerie Eshfeld. C'est donc après une semaine complète que le frère finit par partir déposer les plans à l’usineur, chantonnant en fermant délicatement la porte de la boutique.
Il était étonnant de voir à quel point la boutique avait changée en si peu de temps. Peut être cette remise à l'heure de la mécanique de Jaread avait fait un bon effet, et la machine de toutes les personnes présentes ici semblaient tourner mieux

La montre finit par être réparée intégralement et ce fut avec une immense joie que le jeune homme mit le dernier tour de tournevis pour en remonter le capot.
L'oeuvre, car on pouvait l'appeler ainsi était sublime, un assemblage minutieux qui dépassait de bien loin la qualité de l'originale. Du moins c'était ce qu'en pensait Hypérion, il y avait surement plus de valeur sentimentale dans cette dernière que de valeur réelle mais pour lui ce petit bijoux était avant tout le symbole qu'il avait crée avec Sanaë
C'est donc tout naturellement qu'il tendit l'appareil à l'horlogère, tendant un bras en bonne voie de guérison et souriant, heureux

-Voilà qui est fait, il est temps que ta création retrouve son propriétaire légitime ! J'espère qu'il sera heureux de la voir.

Lui même espérait que le propriétaire en prendrait soin, car même s'il ne s'en doutait pas, derrière cet objet, il y avait beaucoup plus que du travail. Il y avait une sorte de résolution que le jeune homme avait gravé dans les mécanismes.
Il regarda la jeune femme, ses yeux vairons exprimant non plus la peur, mais la joie sincère d'être avec elle.

-Je suis heureux de l'avoir réparé, la première fois que nous nous somme vu, mon cœur c'était arrêté en la voyant se faire briser.


La montre avait donc été réparée, comme Hypérion bien que celui-ci soit encore dans les balbutiement de son amélioration.
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Sanaë Eshfeld
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Mar 16 Jan - 19:45
Irys : 625446
Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
Daënar +2 ~ Skingrad (femme)
Il était presque étrange de voir à quel point les choses pouvaient changer en quelques jours. Après quelques excuses sincères, Jaread avait repris sa place à la boutique. Et même s’il faillit s’étouffer en apprenant que Hyperion vivait avec sa sœur, il ne tarda pas à l’accepter, si bien qu’il le reconnaissait presque comme le neuvième enfant Eshfeld. L’aîné ne tarissait d’ailleurs pas d’éloges sur le jeune homme reconnaissant volontiers son talent et son ingéniosité.

Une petite routine s’était ainsi installée entre eux, si bien qu’il semblait à l’horlogère que Hyperion avait toujours fait parti de sa vie. Il paraissait à présent tellement plus à l’aise, souriait facilement ce qui ne pouvait que rendre l’horlogère heureuse. La bonne humeur s’était installée dans l’atelier, si bien que même Jaread prenait plaisir à y passer plus de temps, travaillant sur les plans de cette fameuse horloge si originale ou simplement pour taquiner sa sœur, comme il l’avait toujours fait. Le cœur de Sanaë débordait donc de reconnaissance pour le jeune homme, qui malgré sa maladresse, avait réussit à remettre le quotidien en ordre, voir même à l’améliorer.

Ainsi, au bout d’une seule semaine, tandis qu’ils attendaient l’arrivée des pièces de la future horloge encore en usinage, Sanaë observait son jeune apprenti achever la montre qui les avaient amené à se rencontrer. C’est en souriant qu’il lui tendit l’appareil, visiblement fier de ce qu’ils avaient accomplis, ensemble. Sanaë attrapa la montre, lui offrant un sourire amusée en écoutant le jeune homme évoquer le propriétaire légitime. À dire vrai, la montre n’en possédait plus, puisque l’avocat avait clairement annulé sa commande, ce que Sana s’était bien gardée de lui dire. Elle observa l’appareil avec minutie ouvrant, fermant le boîtier, vérifiant les aiguilles en silence sans se dépêtrer de son sourire.

- Elle est parfaite, c’est du travail d’exception Hype, j’espère qu'elle plaira à son propriétaire.

Doucement, elle attrapa la clé avant de tourner le remontoir, ajustant les aiguilles afin de les mettre dans la bonne position. Une fois fait, elle referma délicatement la lunette avant de porter l’appareil à l’oreille pour écouter la douce mélodie du mécanisme se mettre en route pour la première fois. Finalement, elle attrapa la main de Hyperion et y plaça doucement la montre.

-Et bien, je compte sur toi pour veiller à ce qu’elle ne se brise plus jamais. Elle est à toi, garde la en souvenir de notre première collaboration et de tes premiers pas dans l’horlogerie, lança-t-elle en joyeusement tout en refermant la main sur l’appareil.

Pour elle, il ne pouvait en être autrement et cette décision fut prise à l’instant où il avait attrapé le tournevis de précision pour la première fois. Le jeune homme s’y était tant appliqué, mettant autant d’amour et d’ardeur dans cette réfection, que Sanaë ne pouvait imaginer meilleur propriétaire pour cette montre.

-Elle serait même mieux avec une gravure personnalisée. Dis-moi ce que tu aimerais comme motif, et je m’en occuperais.



Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Hyperion Radchen
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Mar 16 Jan - 20:10
Irys : 394869
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La montre était un véritable petit joyaux qui se mit à fonctionner alors que l'horlogère la manipulait doucement. Il écoutait ce "tic-tac" de loin savourant cette douce mélodie qui lui tenait à temps à cœur. C'était comme si la machine avait eu un cœur fait de fer. Il ferma les yeux en écoutant cette mélodie se confondre avec les battements de son propre cœur.
Il ne compris pas vraiment pourquoi elle lui prit la main ni même pourquoi il sentit un poids métallique familier dans cette dernière.
Il rouvrit les yeux découvrant la même montre posée dans sa paume et eu un moment d'arrêt en entendant les mots de l'horlogère. Le rythme de la musique mécanique se coupa dans ses oreilles alors qu'il observait l'appareil avec stupéfaction.
Venait-elle de lui faire un cadeau ? Il resta quelques secondes bouche bée avant de presque sauter sur sa chaise. C'était le premier qu'il recevait et quel présent !
Cette montre avait surement plus de valeur qu'une maghilite exquise à ses yeux et peut être sans s'en rendre compte Sanaë avait touchée un corde sensible en lui.

Il balbutia une suite de remerciement confus, son excitation l'empêchant de dire quoi que ce soit de clair

-Merci.... je... merci... Sanaë.... je....


et ce fut à peu près tout car sa gratitude ne pouvait pas vraiment s'exprimer par des mots. Lentement il porta l'appareil à son oreille écoutant le bruit de cette dernière, devinant derrière les mouvements régulier la douche et fluide rotation des engrenages, le choc de l'ancre. et tout cela était tout simplement une musique divine pour lui.
Il ouvrit le boitier réalisant soudainement que la jeune femme voulait personnaliser cette montre. Et voilà qu'il ne savait tout simplement pas quoi mettre dessus. Rien ne lui vint, pas de phrase héroïque ou philosophique, pas de grande images. Non tout cela aurait été déplacé.
Comme toute les machines, celle là avait son âme propre, quelque chose de profondément ancré en elle. Un esprit de la machine qui ne demandais qu'à s'exprimer en un nom, ou une phrase.
Mais avant tout cela il voulu prendre Sanaë dans ses bras pour l'embrasser comme la dernière fois.
Mais ce fut sans compter sans un carton qui bloqua son pied et le fit dériver et au lieu d'un baiser polis, ce furent ses lèvres qui se déposèrent sur les siennes pendant un court moment.
Le contact fut aussi soudains qu’inattendu. Et il ne réagis pas tout de suite avant de se mettre à rougir pour s'éloigner lentement. Pas de façon craintive comme avant simplement par conscience d'avoir fait quelque chose d'étrange.
Et pourtant son cœur c'était accéléré rompant la musique de la montre en générant un rythme discordant et une douleur légère à la poitrine, comme si sa pompe principale se mettait à monter en sur-régime.
Il se mit donc à rougir, passant du blanc au rouge, détournant brièvement les yeux avant de se reporter sur la montre. Tout cela avait eu un petit impact... Et voilà que l'esprit de la machine c'était révélé de lui même.

-...hum... désolé... j... enfin....

Il tendit la montre la capot ouvert

-Pourrais tu simplement marquer ton prénom à l'intérieur de celle-ci ?.... Je ne crois pas avoir besoin de quoi que ce soit d'autre que ton prénom
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Sanaë Eshfeld
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Mer 17 Jan - 17:18
Irys : 625446
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Sanaë riait joyeusement en observant le jeune homme sautiller sur sa chaise. Elle savait que ce cadeau lui ferait plaisir, mais peut-être pas à quel point cela dit. En dehors de la valeur marchande de l’appareil, celui-ci représentait énormément de chose, leur rencontre, leur premier travail ensemble, sa première montre et bien d’autre. Sa valeur sentimentale en était donc tout simplement inestimable, pour l’un comme pour l’autre. Hyperion n’avait du recevoir que peu de cadeau dans sa vie, voir même pas du tout, sa réaction le prouvait. Il ne possédait pas grand et ne demandait rien de particulier, si ce n’est le strict nécessaire à sa survie. Pour l’horlogère, il méritait ce cadeau, plus que quiconque.

- Ne me remercie pas voyons, cette montre est la tienne depuis le moment où tu en ouvert le boîtier. Tu ne le savais pas, c’est tout, répondit-elle à ses remerciements aussi touchant que maladroits.

Peu de gens savent réellement apprécier le son des mécanismes classiques à l’horlogerie. Généralement, ils se focalisent sur le tic-tac caractéristique de la trotteuse, passant totalement à côté de la mélodie entonnée par les différentes roues, ou celle du balancier allant choquer l’ancre et ses palettes. Pour Sanaë, il s’agissait là d’un petit organisme, semblable à celui de tout être vivant ayant un cœur, un cerveau capable de transmettre une information, etc. Chaque mise en fonction s’apparentait donc à une sorte de naissance et c’était la première fois, depuis le décès de son père, bien des années auparavant, que Sana partageait ce moment avec quelqu’un. Hyperion n’avait aucune idée de cela, portant simplement cette montre à son oreille, l’observant avec joie et innocence sous le regard attendrit de l’horlogère.

Puis, il se leva avec empressement, beaucoup trop. Sanaë le vit alors trébucher sur un carton… Et leurs lèvres s’entrechoquèrent brusquement…

La jeune femme resta interdite, les yeux grands ouvert, presque ahurie, sans réellement comprendre ce qu’il venait de se produire. Le contact fut bref, maladroit et surprenant… Mais pas désagréable pour autant, au contraire. Toutefois, Sanaë ne bougea pas, se contentant de fixer Hyperion en clignant des yeux de façon bien trop rapide pour être naturelle. Elle ne comprenait pas… Son cerveau avait besoin d’analyser la situation, mais c’était sans compter sur les battements de son cœur anormalement emballés… Ce ne devait être qu’une conséquence probable de la surprise, il lui était tombé dessus après tout… Tout s’était passé si vite, bien trop pour permettre à son organisme de fonctionner à son rythme normal. Il suffisait d’attendre que cela passe.

Néanmoins, le jeune homme semblait affreusement gêné, comme le prouvaient son regard fuyant et ses joues rosies. Sanaë se sentait désolée pour lui, simplement, car ce n’était pas le genre d’acte qui devait se produire ainsi, dans pareille situation avec une femme bien plus âgée que lui. Aucun d’eux n’avait voulu cela... Ce n’était que le résultat de la maladresse et la présence d’un panier qu’elle avait oublié de ranger, rien de plus. Elle se contenta donc de prendre la situation pour ce qu’elle était : un accident et fit en sorte de le rassurer au mieux.

- Ne t’en fais pas pour ça, ce n’était qu’un accident, lança-t-elle en lui ébouriffant les cheveux, souriante. Ne sois pas si gêné, on va simplement faire comme si cela n’était pas arrivé, ne te rends pas malade pour cela.

Sanaë attrapa la montre qu’il lui tendit, les yeux toujours fuyant. Elle écouta sa demande, visiblement toujours sous le coup de la surprise, puisque son cœur ne se calmait. Sa demande l’étonna…

- Simplement mon prénom ? Mais je peux graver tout ce que tu veux, tu sais ? Je peux même reproduire ton armure… Prends le temps d’y réfléchir, c’est quelque chose qui y restera à vie, ça te semble peut-être ridicule, mais c’est une chose importante.

Elle replaça délicatement la montre au cœur de sa main avant de la refermer. À nouveau, Sanaë lui ébouriffa les cheveux avant de monter à l’étage. L’horlogère éprouva le besoin de s’isoler, afin de se reprendre, et de regagner surtout un peu de son calme quelque peu perturbé pour une raison inconnue... La fatigue sans doute...


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