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Chroniques d'Irydaë
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 De mal en pis [Pv Sakari]

Odard Coursang
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Lun 1 Jan - 22:18
Irys : 473463
Profession : Barde
My'trän +2 ~ Khurmag
    Il y a de ces endroits où l’on vient parce qu’on est loin de tout, comme dans une bulle au milieu du chaos de la vie quotidienne. Et il y a ceux qui sont à la fois une parenthèse sur un monde en folie et une porte ouverte vers une autre vie, vers l’exotisme et l’aventure. Se trouver à Reoni revient à se tenir dos à My’trä et face à un monde ouvert et libre, supposément indomptable ou qui ne demande qu’à l’être. C’est aussi le lieu de passage des traîtres et des parjures, on y fait étape avant de fuir un quelconque crime que personne ne serait assez fou pour pourchasser au bout du monde. Et on y vit aussi, naturellement. Quoi que les rudesses du climat tendent à rendre les hommes aussi froids et durs que la région elle-même. Et pour qui y chercherait des noises eh bien, des imprudents meurent chaque soir de froid, aussi un accident est vite arrivé…

    Messire! Non! Je peux vous exp…”

    Un craquement sec suivi d’un gémissement vite interrompu par les gargouillis humide d’un nez brisé qui déverse sa substance à même la neige, provoquant de petites volutes de vapeur timides à mesure que la glace fondait et que le sang se figeait aussitôt. Il avait pourtant levé les mains, tenté du mieux qu’il le pouvait d’imposer une garde fragile mais le coup était tout de même passé. Pire, sa tentative de défense avait dévié la main de son assaillant qui visait initialement la machoire. Quelques secondes étaient passées et le barde était à genoux dans la neige, rendu presque aveugle par son visage qui gonflait à une vitesse alarmante. Gardant la tête baissée afin d’éviter d’ingurgiter son propre sang pendant qu’un des hommes lui saisissait les cheveux pour le forcer à regarder.

    Alors? On t’entend plus l’oisillon. T’as perdu ta langue?”

    Comme toutes les rossées qu’il avait pu prendre une vie durant celle-ci était partie de rien, d’une plaisanterie un peu graveleuse et peut-être un peu déplacée. Et puis que serait un barde s’il n’usait et n’abusait pas de son don premier, la parole? Il avait peut-être un peu chahuté ces gens, mais n’était-ce pas son rôle que de divertir les clients des tavernes? Il y a donner de sa personne et donner de sa personne, cette version là ne lui plaisait que peu, mais rendu là il était difficile pour lui de faire demi tour. Qu’aurait pu faire un freluquet comme lui face à trois hommes bien bâtis et rompus à l’art de briser des membres? Pas grand chose. Oh il avait essayé, avec peu de résultats, mais il avait essayé et ce qui en découlait était encore pire.

    Je ne voulais p…”

    Tu ne voulais pas quoi? Insulter ma mère?”

    Il avait vu venir ce coup là, enfin pas littéralement mais c’était la suite logique d’une réplique comme celle-ci, proférée à quelques centimètres du visage les dents serrées par là colère. Il se dit qu’à la place de cet homme il l’aurait mal pris aussi, ou peut-être qu’il aurait tenté de désamorcer un crime en devenir. Non, il aurait réagit exactement de la même manière, quoique moins violemment, mais le résultat aurait été exactement le même. Tout ce qu’il espérait désormais était qu’il se passe quelque chose, qu’au minimum la pluie de coups qu’il essuyait s’arrête où qu’il ait assez de chance pour sombrer dans l’inconscience.

    Et ensuite quoi? Il n’allait pas en rester là, certainement pas. Odard se souvint de l’adage qui disait, vivre aujourd’hui pour combattre demain. Alors il se leva et tenta de courir, à moitié retenu par la neige épaisse et ses membres endoloris, et perturbé par une vision totalement floue. Mais il voulait vivre et savait très bien quel sort l’attendait aux mains de ces loubards.

    Quelqu’un. Quelque chose…

    Perturbé autant par ses propres pensées que par les bruits de pas étouffés par la neige qui le suivaient, le barde ne se rendit pas compte qu’il s’engouffrait dans une impasse. Il s’immobilisa au pied d’un mur tandis que les pas derrière lui ralentissaient. Et se retourna, prêt à défendre du mieux qu’il le pouvait le peu qu’il lui restait.



- Odard s'exprime en #0099ff -
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Sakari Naasoqineq
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Lun 1 Jan - 23:18
Irys : 732966
Profession : Homme de main
Pérégrins -1 (femme)
Les quelques hommes qui en voulaient aux gencives d’Odard l’avaient suivi, après avoir pris quelques secondes pour rire en voyant le barde fuir. Déjà, parce que c’était amusant de voir quelqu’un fuir comme un poulet devant un troupeau de renard, ensuite parce qu’ils connaissaient assez bien les lieux, et le pauvre se dirigeait dans une impasse.
    C’est donc à pieds que les poursuivants retrouvèrent un Odard ensanglanté, tremblant et acculé. Ils étaient quatre. Un gros qui parlait beaucoup et avait un fauchon à la ceinture. Il était visiblement le chef de la bande, composée d’un autre garçon, assez jeune, qui jouait avec son couteau, et de deux femmes. La première, blonde, faisait tourner une grosse matraque, et l’autre, qui de temps en temps jetait à travers son épaisse tignasse noire des regards presque lubriques au jeune, avait une fronde accrochée à la ceinture ; une arme très en vogue chez les Mÿ’trans de petite condition. Les deux jeunots devaient partager plus que la protection du gros.

    Mais ce qu’autant le barde et les quatre gros bras ignoraient, c’est que dans la maison à trois étages à droite d’Odard, un autre combat hautement plus sanglant se déroulait.
    Sakari était de passage à Reoni pour ce qui aurait dû commencer comme une simple mission d’escorte, puis d’élimination d’un fâcheux quelconque. Il s’était avéré que le fâcheux en question était plus défendu qu’il n’y paraissait. Elle avait réussi à trouver sa trace, à pénétrer sa maison et à massacrer tous ses occupants, mais quelques hommes de mains vindicatifs l’avaient débusqués et traqués en pleine rue. Il s’en était suivi une course-poursuite qui s’était achevée dans cette maison à l’abandon, que Sakari avait choisie comme lieu d’affrontement.
    Le combat s’était assez bien passé, mais finissait en un corps-à-corps avec une femme aux muscles épais et une épée à deux mains. Deux arguments qui ensemble formaient un couple redoutable. Foutu pays où on ne pouvait pas utiliser ses armes à feu.

    Cette ennemie balança un violent coup de pied dans le ventre de Sakari, qui fut propulsée contre la fenêtre.
    « Et maintenant, je te coupe. Tu vas payer pour tous les autres, salope. T’as pu tous te les faire, mais pas moi.
    – Ouais, alors… Kheu kheu, si j’étais toi, hein, je ne me vanterais pas d’avoir achevé quelqu’un qui a passé la journée à courir et a descendu une dizaine de péquenots avec ce couteau seul, quand toi tu arrives en dernière avec ton bout de métal à la con pour finir le travail. Surtout que c’est pas encore fait »
    Elle cracha du sang. Elle s’était ouverte la lèvre. Ça en plus de tous les bleus, bosses et coupures qui parcouraient son corps. L’épéiste fit un moulinet, mit sa pointe en avant et fonça, comme pour embrocher Sakari.
    Et naturellement, au dernier instant, celle qui feignait d’être quasiment morte de fatigue et de tenir à peine sur ses deux jambes esquiva la lame qui se planta dans la vitre et la fit voler en éclat, puis transperça le dos de son assaillante avec son couteau. Hélas, la très courte portée permit à l’épéiste de l’attraper par le col et de faire tomber Sakari avec elle. Celle-ci parvint malgré tout à faire en sorte que ce ne soit pas sa propre colonne vertébrale qui reçoive l’impact.

    Devant les yeux ébahis de ceux qui étaient dans la rue, les deux femmes s’effondrèrent donc au sol, entre les deux parties qui s’opposaient, dans un abominable craquement. L’épéiste avait rendue l’âme ; et la nuque.
    « Fiiouuuu… Je vais me prendre un de ces morceau de jambon tu vas voir… »
    Mais elle eut à peine le temps de penser à contenter son estomac qui hurlait à la mort suite à l’excessive dépense énergétique du jour que ses yeux se portèrent sur les quatre personnages à la mine patibulaire et armés.
    « Oh, sans déconner, encore ? Rohlala…
    – Euh, c’est quoi ce bordel ? »
    Et pour toute réponse, le gros eut le droit à un tir de pistolet de paume en pleine tête. Merde, à la fin. Elle estimait avoir le droit, maintenant. Personne ne l’entendrai dans cette ruelle de toutes façon. Elle se leva, mettant à profit le temps de réaction des ennemis stupéfaits de voir une arme à feu et leur chef mal-aimé s’effondrer comme la barrique de vinasse qu’il était. Après un soupir, Sakari se mit en garde de combat.
    « Allez-y… Venez… J’vous prend tous. »
    Il y avait peu de conviction dans sa voix qui hurlait plutôt la fatigue, mais les deux cadavres qu’elle avait créé en moins de cinq secondes furent suffisants pour faire fuir les trois lascars.
    « C’est ça, barrez-vous… Et que, pfiouuuh, et que je ne vous y reprenne plus, tas de merdeux ! Arf. »
    Elle s’étira, entendit un bruit derrière elle et se retourna. Un homme, sans armes, blessé, et tétanisé.
    « Hé bien… Bonjour. T’aurais pas à bouffer ? Par le plus grand des hasards. J’ai une de ces dalle tu peux pas savoir. »


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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Odard Coursang
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Mar 9 Jan - 21:37
Irys : 473463
Profession : Barde
My'trän +2 ~ Khurmag
    Pour toute providence le barde avait imaginé quelque chose d’un peu moins grandiloquent. Alors certes l’arrivée ne manquait pas de panache et aurait eu fière allure dans l’un de ses contes, mais elle était étrange, presque irréelle. Comme si tout cela sortait plus de l’imaginaire né des coups qu’il avait reçu que d’une réalité concrète. Mais un miracle est toujours bon à prendre, même si lorsque les deux corps s’étaient écrasés au sol il avait cru un instant que le craquement sonore qu’ils avaient tous entendu était celui de sa propre nuque, avant de constater l’état du cou de la femme dont le sang maculait désormais généreusement la bouillasse malodorante qui tapissait le sol de la ruelle.

    Par les Saints Rognons!”

    Le fait que le gros s’effondre était en soi une excellente nouvelle, et une porte de sortie au problème qui l’accaparait pour l’instant. Mais qu’il ait été abattu de cette manière était on ne peut plus choquant! Comment en ces temps troublés où couvaient les prémices d’une guerre pouvait-on se munir d’une telle abomination? Comment?! Odard contempla à travers sa vue troublée l’état de la tête du vieux pourceau, un amas méconnaissable de lambeaux de chairs noyés dans une telle quantité de sang que l’on avait du mal à en discerner les détails. Une boucherie. Et c’était avec ce genre de fléaux que les chiens Daënars étaient venus semer la mort dans cette même région. Comment mais comment? Se penchant en avant le barde vomit tripes et boyaux, autant troublé par la vue de ce carnage et de tout ce que cela impliquait que rendu malade par la proximité d’une invention de ces fous furieux.

    L’entrée avait fait son petit effet aux autres loubards qui détalèrent sans demander leur reste, nul doute qu’ils devaient être aussi choqués et abasourdis que lui. Après tout un My’trän reste un My’trän, avec des valeurs et un coeur qui ne bat que pour son architecte, aucun d’entre eux ne pouvait cautionner une telle ignominie. Fuir était sans doute la meilleure solution, mais la suite risquait de poser problème. On ne pouvait pas imaginer pouvoir vider une arme de ce genre en plein Khurmag et quitter la ville en vie, d’ici peu les rues grouilleraient de mages enragés. Et que penserait-on du barde à qui cette meurtrière venait de sauver la vie? Une nouvelle vague de malaise le traversa qu’il réprima à grand mal, avant de succomber devant le culot et la nonchalance de cette… personne.

    Parce qu’après ça vous parvenez à avoir faim? Vous venez d’insulter un peuple entier et uriner sciemment sur les souvenirs envolés d’un nombre incalculable de victimes de ces… machines diaboliques. Et vous osez affirmer que vous avez faim? Non très chère je n’ai rien à “bouffer” comme vous le dites si bien, mais si vous regardez à vos pieds cette bouillie de visage et d’organes vous semblera peut-être appétissante! Alors soit. Je vous dois la vie et vous avez en cela toute ma gratitude, mais par pitié n’agitez pas ce bidule cliquetant trop près de moi je sens que…”

    Une nouvelle nausée, celle-ci irrépressible et il vomit de nouveau à ses pieds avant de se lever du mieux qu’il le pouvait, pâle et fébrile mais surtout profondément bouleversé par ce qu’il venait de voir. Et maintenant? Il fallait fuir, se cacher et laisser les choses se tasser. Mais était il possible d’imaginer que les autorités de Reoni laisseraient tomber cette histoire aux oubliettes? Certainement pas. Et maintenant qu’il y était associé le barde n’avait plus d’autre choix que de se faire tout petit, quitte à risquer d’être inquiété. Mais s’il tentait de fausser compagnie à cette femme elle le tuerait probablement sans hésiter, le tout était désormais de choisir le moindre mal. Et de ne pas se tromper.

    Qu’avez-vous fait gente dame? Vous avez scellé notre sort à tous les deux avec cette hérésie, j’espère que vous avez conscience du pétrin dans lequel vous nous avez précipité? Nom d’un Mogoï vous avez peut-être même déclenché une guerre!”



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Sakari Naasoqineq
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Mer 10 Jan - 17:00
Irys : 732966
Profession : Homme de main
Pérégrins -1 (femme)
    Une guerre ? Sakari n’en aurait absolument rien eu à carrer en temps normal, mais à la pensée que ça aurait pu faire très plaisir à son Ludounet chéri, elle manqua d’esquisser un coupable sourire. Le raisonnement de ce pauvre gars, et son attitude, la fit tout de même ranger son arme dans sa manche. C’était une connerie, certes, mais c’était un tout petit pistolet qui ne faisait pas un grand bruit. Il n’y avait aucun risque. D’un autre côté, en y repensant, vu sa réaction violente à la vue de ce simple pistolet de paume, si quelqu’un avait entendu le coup de feu et avait reconnu le bruit, il hurlerait au loup, et effectivement Sakari allait finir par avoir tout le patelin aux fesses. Autant, vers 15h, après une bonne digestion, elle se serait contenté d’un soupir, mais là, elle était vraiment trop crevée et trop affamée pour devoir se lancer dans un autre affrontement épique en pleine ville contre une foule vindicative.
    Repérage rapide des lieux. À deux ça semblait envisageable de passer par cette fenêtre mal fermée par quelques planches du premier étage, de la même maison d’où Sakari avait fait son entrée. Il faudrait juste faire la courte échelle pour y arriver, et donc, tâcher de convaincre ce jeune homme qu’elle n’était pas son ennemie mortelle et séculaire.
    « Oui bon, alors, euh, bonhomme, je suis pas un des gens de technologie de l’est, hein, je viens d’Als’Kholyn. Et t’en fais pas, chez moi on est pas, enfin, on est mixte quoi. Oui bon d’accord, j’ai un pistolet, mais je vénère comme toi les… Euh, les, attends… »
    Gros trou. Dans son patois natal, on les appelait les Savuviniqut, mais ça n’allait pas lui parler, comme terme. Artisans ? Bâtisseurs ? Sakari aurait dû vérifier son catéchisme Mÿ’tran.
« Enfin, je sais plus comment vous les appelez, mais les neufs, là. On a un autre terme, dans mon pays, enfin, qu’importe. »
    Il était assez ardu et comique de voir une étrangère crevée et affamée tenter d’expliquer à une personne terrorisée et nauséeuse que le monde n’était pas régi par une scission manichéenne.

    Des voix distantes venant du fond de l’impasse arrivèrent aux oreilles de Sakari. Et elles n’avaient pas l’air d’être des plus amicales.
    « Bon, pas le temps de papoter théologie ; on va faire simple. Tu vois La fenêtre du premier, là ? Fais-moi la courte échelle, je vire les planches et te fais monter. On va s’y planquer. J’t’ai foutu dans la merde, je t’en fais sortir. Et ne vois aucune malice au fait que je passe en premier, hein. Je n’ai littéralement pas l’énergie de te mentir. »
    Pour appuyer ça, elle rangea son couteau dans une poche et se présenta, paumes ouvertes, vers cet inconnu ; un geste de confiance.


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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Odard Coursang
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Jeu 11 Jan - 22:59
Irys : 473463
Profession : Barde
My'trän +2 ~ Khurmag
    Bonhomme? Au meurtre et au blasphème voilà que l’étrangère ajoutait l’injure, comme si tout cela n’était pas suffisant. Le barde resta un instant bouche bée devant tant de nonchalance et de familiarité, lui qui mettait un point d’honneur à être courtois et obséquieux n’en revenait pas. Comment pouvait-on tuer sans sourciller puis converser comme si de rien n’était?

    Bonhomme? Non mais pour qui vous prenez-vous? Avons-nous combattu ensemble, parcouru le monde et partagé la chaleur d’une couche? Non très chère, alors gardez votre familiarité pour les gens que vous assassinez froidement, je n’en suis que très peu friand sachez le.”

    Mais sa proposition était peut-être la plus originale, fuir en laissant derrière eux un corps au visage à moitié déchiqueté alors que la moitié du quartier avait entendu la détonation? Non, certainement pas. Odard regarda ses mains paumes tendues vers lui avec consternation. Elle n’espérait pas sérieusement grimper là-haut en utilisant ses mains à lui?

    Gardez vos considérations religieuses pour vous très chère, j’ai suffisamment de respect pour les Architectes pour être tenté de me laver les oreilles à l’acide après avoir entendu autant d’énormités. Quand à votre petite évasion, vous n’espérez pas réellement que mes mains, ces mains qui ont joué jusqu’à la table des seigneurs, puissent vous servir de marche-pied? Que nenni ma mie, oh que non! Il n’en est pas question.”

    Et comme un malheur n’arrive jamais seul, voilà qu’une partie de la populace avait décidé de se faire justice, ou tout du moins d’enquêter sur ce mystérieux coup de feu. La magie n’agissait pas assez vite pour que les sbires du mort aient tout oublié de lui, mais tout de même assez pour qu’elle commence à troubler leur esprit. C’était peut-être le seul espoir qu’ils avaient, un maigre espoir mais qui valait mieux qu’une course poursuite à travers Reoni.

    Voilà ce que nous allons faire très chère, puisque visiblement réflexion et intelligence ne sont pas vos maîtres mots, nous devons faire disparaître le corps. Le temps que tout souvenir de ce pourceau malodorant se soit évaporé dans les brumes de cette magie que vous connaissez si bien. N’imaginez pas pouvoir vous en tirer autrement. Et sachez qu’en cela je vous fait une fleur puisque je vous dois la vie, il me suffirait de courir vers ces gens et tout avouer pour que votre sort en soit jeté. Qu’en dites-vous? Et quoi que vous décidiez je vous suggère de vous hâter très chère, le temps presse!”

    Elle voulait de la familiarité? Il allait lui en donner, à tort et à travers! Après tout il ne connaissait qu’un moyen de répondre à une insulte, c’était d’être encore plus grossier et détestable, tout en faisant preuve d’une politesse absolument irréprochable. Il leur restait quelques minutes pour trouver une solution et disparaître avant que l’étau ne se referme et avec lui les mâchoires d’un piège qu’aucun d’eux n’avait vu venir.

    Eh bien? Je vois que vous êtes bien prompte à dégainer vos armes impies ma mie, mais que lorsqu’il s’agit de réfléchir cette prestesse n’est plus qu’un vague souvenir. Je tiens à vous rappeler que ce qui arrive en hurlant, torches et fourches en main, c’est votre mort précoce. Et probablement la mienne avec, ce qui vous l’imaginez bien ne m’enchante guère.”



- Odard s'exprime en #0099ff -
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Sakari Naasoqineq
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Mar 16 Jan - 16:39
Irys : 732966
Profession : Homme de main
Pérégrins -1 (femme)
Pas les ancêtres, qu’il était chiant. Non, certes, on a pas parcouru les terres mains dans la main, mais il se trouve qu’une des deux personnes ici a un pistolet, et l’autre pas. Même ici où ces armes étaient bannies, elles restaient à la base de rapports de pouvoir. Oui, certes, les mains de Sakari avaient plutôt traîné dans la boue et le sang que sur les lèvres de ces messieurs, mais elles pouvaient tout aussi bien continuer à se repaître de sang et de larmes. Un de plus, un de moins, aucune différence ; il n’était pas un des siens, à peine mieux qu’un Khashan. Non, certes, elle ne connaissait que peu de choses à la magie, mais cet imbécile croyait encore que les armes à feu étaient des choses maléfiques et il tremblait comme un animal en la voyant. La magie, la technologie ; toutes deux des arts qui se valent bien et qui gagneraient plus à se combiner.
    Et le pire c’est qu’il croyait pouvoir la blesser avec des paroles. Le feu brûle. Le métal tranche. Le bois brise. L’eau étouffe. La pierre broie. Le vent chatouille.

    Pour toute réponse, et parce que son manque d’énergie allait la forcer à ne pas entamer une longue argumentation, et parce qu’il aurait été malvenu de lui péter le nez, Sakari se contenta d’un :
    « Ouais ouais, fais ta magie, ça nous fera gagner assez de temps. »
    Ça ne lui plaisait guère, mais elle allait devoir secourir cet imbécile, sinon il allait se faire choper et allait la balancer. Elle aida donc le mage à dissimuler les traces en recouvrant la neige rougie et en faisant de même avec la tête.
    Ce barde exagérait. La puissance de feu de Sakari était somme toute assez faible, surtout à cette distance. La balle était encore logée dans le front. Le choc de l’os avec le cerveau l’avait tué. D’un geste de couteau, elle fit sauter le projectile.

    Ce qui fut dommage, c’est qu’elle n’alla pas assez vite. Trois femmes et un homme déboulèrent pour assister à Sakari penchée sur un cadavre, couteau à la main. Sans réfléchir, elle planta le couteau plus profond encore. Pour masquer une blessure compromettante, il en fallait une plus grosse. On poussa un petit cri. Une des femmes prit la tête du groupe, un bâton qui traînait et s’avança.
    « Toi, là, oui toi là, vous deux, c’est qui ce foutoir de merde ? Deux cadavres, deux andouilles en vie, crénom de puterie ? »
    Une tavernière.
    « Ces deux là nous ont attaqués. Je vais avec lui. je le suis, je le protège. Vous le voyez à ses fringues qu’il est pas foutu de le faire tout seul, hé. »
    Coup double. Installer un lien de familiarité entre femmes du peuple en raillant un riche, – bien que si on devait transposer la dignité et la naissance dans sa tribu aux échelles de ce monde, elle serait de la haute noblesse – et rappeler qui, ici, était capable de défoncer deux guerriers et qui ne l’était pas. Combiné avec la magie d’Odard qui troublait les esprits, il faut croire que cela fonctionna, car toute agressivité cessa de la part du groupe ; donc de Sakari qui rangea son arme.
    Une femme regarda le visage du tué et s’exclama :
« Oh, mes pauvres ! C’est un des hommes de Awkte Mogaba. Il est puissant. Il va vouloir votre peau. Tirez-vous ! »
    Pas question de se faire prier. Et comme Sakari avait embarqué le gringalet dans cette histoire, et tenait à conserver son rôle improvisé de garde du corps, elle lui attrapa le bras et l’emmena dans les ruelles, non sans avoir remercié le groupe pour sons silence. Son pas était vif, sa poigne solide, et elle lançait de temps à autres des regards qui voulaient dire dans une langue universelle que parfois, le silence est la plus noble des vertus et le plus sage des comportements.

    Elle l’emmena dans une ruelle vide, étroite et sombre toute proche.
    « Bon. On est, pfiouhhh… Wohlala, hé, hein. On est moins dans la merde ici. Bon. Hé, t’sais quoi ? À toi de décider ce qu’on va faire ensuite. J’t’ai tiré de là, on est quitte, du moins pour ça. Je reste pas un jour de plus dans ce patelin. T’es… T’es chiant, mais comme t’es autant dans la merde que moi, parce que je pense pas que ces lascars étaient là dans cette impasse avec toi pour discutailler de la pluie et du beau temps. Si tu veux on peut tailler la route ensemble un peu. Mais d’abord… Oulà, mais d’abord, manger. »
    Et pour couper la faim, le temps qu’elle puisse avaler quelque chose de consistant, elle sortit un bout de tabac à chiquer. La politesse aurait voulu qu’elle en propose, mais ça ne semblait pas dans les habitudes de ce coco.


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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Odard Coursang
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Dim 21 Jan - 15:58
Irys : 473463
Profession : Barde
My'trän +2 ~ Khurmag
    C’est une chose d’user d’armes prohibées et diaboliques pour assassiner froidement un mage, c’en est une autre de s’amuser à mutiler encore un peu avant son cadavre après les faits. Une moue d’horreur traversa le visage du barde lorsque le projectile qui s’était logé dans la tête de ton assaillant sauta comme une pièce que l’on jette, comment pouvait on se soucier si peu d’éthique et de dignité? Il en étouffa un petit cri lorsque le couteau qui venait d’officier vint s’enfoncer profondément dans le crâne de l’homme, fouillant à l’intérieur de celui-ci en produisant des crissements osseux à vous en retourner l’estomac.

    Mais comment est-ce que vous voulez que je m’y prenne pour dissimuler ça?” Il montra du doigt la masse sanguinolente qui gisait à même le sol, un rictus d’effroi à peine masqué par tout le sang qui recouvrait les restes de son visage. “Ce n’est pas comme si vous ne jetiez pas continuellement de l’huile sur le feu ma mie! Je veux bien faire de mon mieux mais si vous continuez de mutiler ce pauvre hère il finira par ressembler à rien d’autre que ce qu’il est en réalité, la victime d’un meurtre!”

    Avec un peu de temps et de calme il aurait pu essayer de faire totalement disparaître le corps, sans toutefois être certain d’y parvenir. Mais l’irruption de quatres personne avait scellé ses espoirs de liberté, dans l’urgence et alors que ceux-ci avaient déjà aperçu les corps, il fit disparaître le sang et tenta de donner aux visages des morts un aspect normal et paisible. L’air qu’un cadavre devait avoir selon l’idée qu’il s’en faisait, mort bien sûr, mais au moins intact et entier. Puis il tenta d’instiller dans l’air un parfum de légèreté, afin que tout le monde se sente bien et qu’aucun tempérament guerrier ne prenne le dessus. Est-ce que cela suffirait? Il fut soulagé de constater que oui. Malgré les insultes de, qu’était-elle déjà? Il n’avait pas bougé d’un pouce ni prononcé le moindre mot, feignant d’être au plus mal alors qu’il se concentrait sur la juste quantité de magie à déployer autour du petit groupe. Si un nom, fort inquiétant au demeurant, avait été prononcé, les quatres gens ne s’étaient pas formalisés outre mesure de la présence de deux cadavres et Odard avait une nouvelle fois usé de son don pour troubler leur mémoire et faire en sorte qu’une fois sortis de la ruelle ils aient du mal à se remémorer ce qu’ils étaient venus y faire.

    Puis elle l’avait tiré par le bras, comme un enfant que l’on traîne sans se soucier un seul instant de ce qu’il pourrait souhaiter, tout en lui jetant des regards entendus sur le fait que pour une fois dans son existence il serait de bon ton de la boucler. Il ne dit rien et lorsque les quatre gens, visiblement confus, eurent quitté la ruelle il fit volte-face et pointa un doigt accusateur vers la jeune femme en tenue de bébé phoque.

    Vous! Ne me refaites plus jamais ça vous m’entendez? Jamais! Si mon tempérament m’aurait tout au plus conduit à devoir me faire repousser quelques dents le votre nous conduira tout droit à la mort très chère! Que vous apprends-t-on dans vos contrées? Un bon problème est un problème qui ne respire plus? J’ignore que faire voilà ma réponse à votre maudite question! Mais par pitié cessez donc de parler de manger, ce carnage ne vous a donc pas coupé l'appétit ou bien vous repaissez-vous de l’âme des gens aussi facilement que vous leur otez la vie?”

    Il n’avait aucune idée de quoi faire, ou bien ou aller. Rien qui puisse mettre une distance entre les brutes qui devaient déjà écumer les rues de la ville à leur recherche. Disparaître, c’est tout ce qu’il souhaitait. Mais comment pourrait-il y parvenir si cette femme continuait de semer des cadavres sur son passage?



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Sakari Naasoqineq
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Dim 21 Jan - 19:32
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Profession : Homme de main
Pérégrins -1 (femme)
Par les Neuf, mais il est insupportable. Sakari s’adossa au mur de la ruelle, passa sa main sur son visage et soupira.
   « Non, en effet, la vie de ces types m’indiffère. Ou du moins, elle compte beaucoup moins que la mienne. J’étais menacée, je me suis défendue. Et d’ailleurs, j’irai jusqu’à dire pour pousser le bouchon, qu’il faudrait trouver le patron de ces lascars et le descendre lui aussi. Il va le savoir tôt ou tard, remonter jusqu’à nous deux, et vouloir notre peau. Libre à toi de me suivre, mais non, ça ne va pas juste être quelques petites caresses qu’ils vont te faire, là. Un truc qui change jamais, c’est l’importance de la vengeance chez les bandits. »
    Elle en avait un peu assez de produire des raisonnements basiques à une boule de nerfs, alors qu’elle aurait et de loin préféré avaler un morceau.

    « T’as jamais connu ça, moi oui, et quand notre vie est menacée, à la guerre, pas le temps pour les pleurnicharderies. De là d’où je viens, on combat des Khashans. Tu vois ce que c’est ? Voilà. Quand t’as vu tes amis se faire dévorer vivant, deux-trois cadavres, bon, hein, hé, c’est du petit lait. »
    Erreur fatale que d’utiliser une collocation alimentaire. Voilà que sa faim revenait.
    « Je vais acheter à manger. Bouge pas si tu veux vivre, tire-toi si tu penses arriver à jouer au plus malin. Mais, hé, sans vouloir te vexer, hein, j’en doute. »

    Et elle quitta la ruelle, direction une boulangerie.
    On pourrait se demander pourquoi Sakari en avait quelque chose à foutre de ce barde à la voix énervante. La réponse évidente mais fausse serait qu’avoir un allié en plus contre une bande entière n’était jamais de trop, surtout si celui-ci connaissait la ville mieux que Sakari, ce que n’était pas bien dur vu qu’elle ne la fréquentait que depuis quelques semaines, et connaissait à peine les capacités magiques de ses habitants.
    La réponse moins évidente étant qu’elle avait vraiment envie de faire en sorte qu’il vive. Massacrer ses ennemis, c’est dans l’ordre naturel des choses, mais laisser un innocent un peu benêt se faire tuer alors qu’on pourrait assez aisément l’en empêcher, ça, non, tout de même.


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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Odard Coursang
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Jeu 25 Jan - 22:26
Irys : 473463
Profession : Barde
My'trän +2 ~ Khurmag
    On passait du coup de sang au meurtre prémédité, rien que le barde ne soit capable d’encaisser. C’était trop, beaucoup trop pour lui qui aurait finalement préféré laisser ces malandrins finir de lui gonfler le visage, il aurait pu s’en aller avec quelques bleus au visage et à l’âme mais avec l’assurance de vivre un jour de plus. Tout était foutu maintenant, ces coupe-jarrets le traquerait où qu’il aille et cette fois-ci pas pour lui chatouiller les narines. Agacé par la désinvolture de cette pouliche qui se permettait de le prendre de haut, Odard se passa la main sur le visage et se pinça les tempes quelques instants dans l’espoir de trouver à défaut d’une idée géniale, quelque chose qui puisse les tirer de ce guêpier. Les idées de cette femme ne pouvaient pas être plus aux antipodes des siennes et il semblait inévitable que ces deux là finissent par se voler dans les plumes à un moment ou à un autre.

    Ah mais naturellement! Pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt?! Et si nous exterminions la totalité de cette ville hein gente dame? De cette manière il ne subsistera personne pour se souvenir de notre passage! Mais est-ce que vous vous rendez compte de la quantité d’énormités qui jaillissent de votre bouche? Ne pouvez-vous donc pas régler vos problèmes autrement qu’en tuant très chère? Je vais vous dire ce que j’en pense, si vous n’aviez pas réduit cet homme à l’état de pulpe un peu plus tôt nous aurions au moins eu la certitude qu’ils ne chercheraient pas à nous faire subir le même sort! Mais c’est plus fort que vous n’est-ce pas?”

    Non loin d’eux dans la ruelle un chat tenta de se hisser sur le rebord d’une fenêtre, mais peu sûr de ses appuis et trahi par un givre discret mais particulièrement glissant le pauvre animal dégringola un mètre plus bas dans un tas de caisses et autres pots aux fonctions obscures, provoquant un vacarme que l’arme maudite de cette femme n’aurait pas renié. Le barde en siffla d’agacement et pointa le pauvre félin d’un doigt accusateur.

    Par les Saints Rognons ma mie! Ce félin félon s’est rendu coupable d’un fort tumulte! Pourquoi ne le tuez-vous pas? Après tout cela resterait parfaitement en accord avec vos principes si… Précieux! N’est-ce pas?”

    Il ignorait dans le fond s’il cherchait véritablement à la pousser à bout ou si c’était son propre épuisement qui parlait. Toujours est-il qu’avant de le fourrer dans un pétrin dont il aurait bien du mal à se sortir la jeune femme lui avait d’abord sauvé la vie. Même si mises bout à bout la première des deux morts aurait été préférable aux longues séances de torture qui s’en suivraient si ces gredins leur mettaient le grappin dessus. Et puis qu’est-ce qu’elle avait à vouloir sans cesse manger? L’odeur des ruelles et du sang n’étaient pas parmi les plus appétissantes. Drôle de dame que cette, d’ailleurs il réalisait ne pas connaître son, ce qui était peut-être une bonne chose s’il décidait de disparaître dans la nature. Ainsi aucun d’eux ne pourrait se lancer à la poursuite de l’autre ou lui causer des ennuis. Mais tout de même.

    L’attendre ici était le choix le plus sûr, pas question de s’aventurer au grand jour aussi tôt, même s’il avait suffisamment brouillé les esprits de leurs poursuivants pour qu’ils aient du mal à le reconnaître. Prudence est mère de sûreté, surtout quand on ne sait ni se battre ni se défendre.



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Sakari Naasoqineq
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Ven 26 Jan - 16:30
Irys : 732966
Profession : Homme de main
Pérégrins -1 (femme)
    Exterminer la totalité de la ville. C’était une bonne idée, ça ! En plus, Sakari savait ou elle pourrait trouver de la dynamite. C’est en levant les yeux au ciel et en soupirant que Sakari partit chercher à manger. Elle prit une baguette de pain, du fromage, un peu de charcuterie, et se fit un sérieux sandwich avec tout ça, qu’elle avait entamée alors qu’elle revenait dans la ruelle.
    « Bonch… On vach echayer de chrouver che Mogaba ech le machachrer, puich on che barre, heinch. Glups. Ah, ça fait du bien. Ouais donc, voilà le plan. Je vais chercher mes armes, t’en fais pas ; rien à poudre, et toi, tu vas chercher des renseignements dans des tavernes, ou tout ça. Tu sais parler et tu connaîs la ville, c’est ce qui a de plus sensé. Il faudrait, mm, que tu te déguises, idéalement. Ta tête de petit malin va pas te rendre de services. J’dois avoir quelques fripes dans ma chambre d’auberge qui iront bien sur toi. »

    Alors que la nourriture commençait à descendre, le jugement de Sakari s’éclaircit, elle recouvraient ses sens et se remettait à penser de façon plus claire. Qu’est-ce que ça soulage, de remplir son ventre. Vraiment, elle ne comprenait pas ce Mÿ’tran. N’y avait-il pas eu lieu une guerre, sur tes terres même, il y a à peine une trentaine d’années ? Ils devaient savoir ce que c’est, que la nécessité de se défendre, le pragmatisme guerrier ou encore ce que la survie exige comme actes.
    À croire que toute la génération qui était née un peu après la guerre avait été complètement neutralisée intellectuellement, paralysée à l’idée pourtant simplissime qu,on conserve ce qu’on a en se battant pour. Mais ce qui était assez terrifiant, c’était que ça, les gens de ville ne l’avaient absolument pas oublié. À supposer que la technologie et la magie étaient de puissance équivalente, cette différence de volonté seule faisait que, en cas de guerre, le résultat était prévisible.
    Mais comme Sakari se souciait comme d’une guigne du continent de l’ouest, ça ne la dérangeait pas outre-mesure, et elle n’allait pas perdre une once de son énergie à enseigner au tout-venant l’importance de ne pas oublier que l’angélisme n’est ni coercitif ni viral ; s’interdire de faire les saloperies n’interdira jamais ses ennemis d’en faire, bien au contraire.


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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Odard Coursang
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Mar 30 Jan - 21:34
Irys : 473463
Profession : Barde
My'trän +2 ~ Khurmag
    Un bref instant l’idée que cette étrangère puisse plaisanter au sujet de tous ces nouveaux meurtres lui avait traversé l’esprit. Après tout comment aurait-elle sérieusement pu considérer d'aggraver à ce point leur situation? Mais il semblait qu’elle était bel et bien sérieuse, déterminée dans toute sa froideur et prête à faire couler le sang cette fois-ci de manière tout à fait réfléchie et préméditée. Tandis qu’elle exposait ses idées le barde avait roulé des yeux, à la fois de consternation et d’incompréhension face à un tel comportement.

    Au risque de vous décevoir ma mie, j’ai travaillé d’arrache-pied toute ma vie durant pour ne pas me vêtir de ces “friches” dont vous parlez si bien. Et si vous pensez que je vais encore un peu plus me compromettre et vous aider à assassiner cet homme, tout brigand soit-il, vous faites une grave erreur. Que vos armes soient faites d’acier ou de je ne sais quel maléfice Daënar ne m’importe guère, elles sont ce qu’elles sont. Avec toutes les horreurs que cela implique.”

    Que pouvait-il dire de plus? Bien conscient que ces gens allaient par tous les moyens chercher à obtenir vengeance il ne pouvait néanmoins pas se résoudre à jouer leur jeu. Et qu’importe ce que cela lui coûterait. Mais à mesure qu’il réalisait l’ampleur de la panade dans laquelle il s’était fourré une idée lui vint, tout aussi folle et dangereuse mais qui au moins aurait le mérite de ne pas les impliquer dans une caballe préventive finalement inutile.

    Et si nous effacions sa mémoire? Ainsi nul besoin d’occire toute une bande de malfrats très chère, il suffirait de leur ravager l’esprit, qu’en dites-vous? Cela reviendrait à concilier vos sordides désirs avec mon envie de rester innocent.”

    C’était tout ce qu’il avait en tête, le reste n’était de toutes façons pas envisageable pour lui. Pas de meurtre ni de sang, rien qu’un peu de magie fort mal employée mais qui laisserait tout le monde vivant et entier. Du moins tant que cette femme parvenait à garder son sang-froid et ses pulsions sous contrôle.



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Sakari Naasoqineq
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Mer 31 Jan - 21:47
Irys : 732966
Profession : Homme de main
Pérégrins -1 (femme)
On pouvait faire ça ? Mais… Mais… Le visage de Sakari s’illumina. Le nombre de gens qu’elle n’aurait pas eu besoin de tuer si elle avait appris cette magie ! Au moins… au moins beaucoup ! Car oui, bien que, intrinsèquement, la vie de Mÿ’trans, ou de Daënars, n’avaient pas la moindre importance à ses yeux, un meurtre restait un meurtre. Si possible à éviter quand on le pouvait. Et là, cette magie lui donnait le moyen d’éviter beaucoup de meurtres ! Formidable, vu le prix des balles !
   L’attitude de Sakari changea du tout au tout. De la mercenaire bourlingueuse, elle passa de la gamine avec des étoiles dans les yeux. Il fallait absolument qu’elle trouve un moyen d’apprendre ça.
   « Mais c’est la meilleure idée du monde ! Il faut que tu m’apprennes comment faire. C’est trop bien. Le nombre de gens que je n’aurai pas besoin de tuer, grâce à ça ! Trop bien ! En fait, en fait, quand j’y pense, tu rendras un fier service aux tiens, hein, héhé ! Puis en plus, comment… comment vous l’appelez chez vous, déjà… Je le connais sous le nom de Marluliaqertoq le jumeau noir, mais ça va pas t’aider. Ah ! si ! Khugatsgaa ! Voilà c’est ça. J’ai un cousin, son clan le vénérait. »
    Sans s’en rendre compte, Sakari venait de faire du chantage moral très explicite. Certes, Odard se devrait d’apprendre des arts à une personne qui n’était pas de son peuple et pas vraiment de sa foi, mais c’était ça ou il aurait la mort le plein d’autres gens sur la conscience en la laissant dans la nature avec comme seul outil dans son répertoire un couteau et un pistolet.

    Pour la pensée pratique, on allait repasser. La seule chose que Sakari avait en tête, c’est la capacité d’utiliser de la magie. C’était un peu comme si toute l’absence de respect qu,elle éprouvait devant set étranger dont elle ne connaissait au demeurant pas le nom venait de s’évanouir comme par enchantement.
    Il allait de soi qu’elle n’imaginait pas que recevoir un tel entraînement était possible là, sur le pouce, dans une ruelle crasseuse. Mais elle n’allait certainement pas se lasser de le tancer jusqu’à ce qu’il lui promette de le faire.


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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Odard Coursang
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Sam 10 Fév - 23:11
Irys : 473463
Profession : Barde
My'trän +2 ~ Khurmag
    L’idée était-elle uniquement de faire du mal à des gens qui à priori n’avaient rien demandé à personne? Le barde leva les yeux en l’air, lui qui pensait avoir trouvé une issue à leurs déboires faisait une nouvelle fois face aux idées malsaines de cette étrangère belliqueuse. Et que croyait-elle? Qu’il allait bien gentiment la suivre et effacer uns à uns les esprits de ses victimes? Une seule suffirait, et si cela ne faisait pas de lui une anomalie il pourrait s’estimer heureux.

    Hola hola gente dame. Je ne suis pas sûr d’avoir bien compris. Vous apprendre? Parce que vous croyez qu’on s’initie à ces choses là aussi facilement qu’aux objets Daënars? C’est une vie d’efforts et de dévotion qui vous attend ma mie, pas un simple mode d’emploi qui vous permettra de semer le chaos à votre guise. Ne comptez pas sur moi pour trahir encore un peu plus mes valeurs, vous n’obtiendrez rien d’une culture que vous ne respectez déjà que trop peu.”

    Et ensuite? Puisque la question de son… apprentissage était réglée. Il ne restait plus qu’à trouver ceux qui devaient activement les chercher de leur côté, chose qui à priori ne devrait pas prendre trop de temps. Quelques heures tout au plus et toute cette histoire serait réglée, peut-être effacerait-il la mémoire de cette jeune femme au passage afin d’être vraiment certain que personne n’ait l’idée de le pourchasser. Deux précautions valent mieux qu’une disait-on.

    Des bruits de pas dans la ruelle proche d’eux indiquaient que si leurs bourreaux n’étaient pas encore là, quelqu’un s’intéressait aux marques de luttes sur le sol ou était parvenu à voir au-delà de l’illusion qu’il avait tissé autour des cadavres. Des problèmes en perspective. Le barde croisa les bras et toisa sa comparse dont les yeux brillaient désormais d’une lueur curieuse et presque dérangeante.

    Puisqu’il s’agit là de votre domaine d’expertise très chère je m’en remets à votre sagesse. Devrions-nous déguerpir ou bien faire face à ces malfrats? J’ai comme l’impression que votre soif de violence n’est toujours pas étanchée, n’est-ce pas très chère?”



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Sakari Naasoqineq
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Lun 12 Fév - 22:23
Irys : 732966
Profession : Homme de main
Pérégrins -1 (femme)
Quel dommage. Le sourire de Sakari fondit. Dommage pour lui, ceci dit, car en général, c’est celui qui a la peau contre la détente, et pas contre le canon, qui décide. Pour en donner une application pratique, elle sortit son pistolet de paume de sa manche et le glissa d’un geste vif sous le menton du barde. Pour ne pas être entendue des passants, elle approcha ses lèvres de son oreille, et lui chuchota des mots d’amour.
    « Note bien, pécore. Note bien. Je t’ai sauvé les miches. J’aurais pu m’en sortir sans toi. Et quand bien-même ce serait faux et que tu n’aurais pas une dette envers moi, ce que ta fierté ne doit pas concevoir, ici, c’est moi qui décide. À la moindre entourloupe magique, je te troue. Tu vas m’apprendre la magie. Sinon je te tue. Maintenant, le moulin à vacuités, tu la fermes et tu me suis. »
    À force d’abuser d’un langage précieux, il fallait s’attendre à ce qu’elle s’énerve et décide de le traiter comme un sac à patates. Et c’est précisément ce qu’elle fit ; le saisissant par le torse, maintenant son canon pressé contre sa chair et le guidant dans les ruelles.

    Elle avait tout de même fait un peu de repérage. Les entrées et sorties de la ville devaient désormais être surveillées, mais en passant par certaines rues, on pouvait se trouver des coins tranquilles. Dans les bas quartiers, les maisons à demi en ruine n’étaient pas rares, comme autant de vestiges de la guerre. Ce fut donc dans l’une d’elle que Sakari entraîna le barde. Le lieu était désert, à l’exception de quelques mendiants chassés à coup de pied au cul.
    On allait pouvoir être tranquille. Sakari desserra sa prise, mais gardait son pistolet en main. Nul doute qu’au moindre geste suspect, il s’en prendrait une.
    « Apprends-moi. Pas besoin de t’étendre ni de donner des exercices pratiques, hein. Juste la théorie. Comment ça marche. Ah, et détends-toi, je vais pas te faire de mal si tu fais ce que je te dis. »
    Son sérieux était implacable. Toute sa concentration était tournée vers le barde. Et d’ailleurs, elle ne lui avait pas demandé son nom, ni donné le sien. quelle manque de politesse.
    « Ah, oui, et moi c’est Sakari Naasoqineq, de Marnaka. »


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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Odard Coursang
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Dim 18 Fév - 21:07
Irys : 473463
Profession : Barde
My'trän +2 ~ Khurmag
    Voilà que cette fuite éperdue se changeait en un enlèvement. Si cette dinde polaire attendait une quelconque gratitude de la part du barde il faudrait repasser. Il ouvrit de grands yeux lorsque le métal froid vint brûler son menton, et pria intérieurement pour vomir au nez de cette garce. Mais les Architectes ne semblaient pas enclin à punir cette anomalie en devenir de la manière qui convenait le mieux. Odard se laissa faire sans dire un mot, luttant autant qu’il le pouvait contre ce malaise insupportable qui saisissait chaque parcelle de son être. Et observa impuissant les ruelles qui défilaient sous ses yeux à mesure que sa ravisseuse le traînait dans une bicoque abandonnée.

    Il s’écroula au sol lorsque l’arme maudite s’éloigna enfin de son visage et vomit cette fois-ci pour de bon, produisant des râles mêlés de pleurs totalement pathétiques. Mais qu’aurait-il pu faire face à cette abomination? À genoux sur le sol poussiéreux le barde essuya du coin de sa bouche les restes de sa régurgitation et darda la folle d’un regard noir.

    Vile catin. Je ne trahirai pas mes créateurs au point de vous enseigner leurs arcanes, d’autant qu’elles requièrent un amour et une dévotion dont vous n’êtes capable qu’envers vous-même. Tuez moi sale garce, je ne vous dirai rien.”

    Et se raclant la gorge Odard cracha une glaire épaisse mêlée de vomi aux pieds de Sakari. Depuis quand annoncer son nom était une quelconque preuve de connivence?

    Je suis Messire le banneret Sybelle de Mortencouche, pour vous maudire.”

    Toujours à genoux il exécuta une courbette volontairement exagérée avant de vomir à nouveau, le regard toujours fixé sur cette arme impie qui le mettait plus bas que terre. La bonne samaritaine avait vite retourné sa veste devant la promesse d’un quelconque pouvoir. Ce que les hommes pouvaient être vils et retors. Il se consola en se disant que s’il mourait maintenant il aurait au moins la fierté de n’avoir rien dévoilé de son art à des âmes impies.



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Sakari Naasoqineq
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Mer 21 Fév - 15:30
Irys : 732966
Profession : Homme de main
Pérégrins -1 (femme)
Il ne faut tout de même pas pousser le bouchon trop loin. Sakari avait longuement vécu à Aildor, on ne le rappelle jamais assez, et elle connaissait donc parfaitement la signification du mot « catin ». Si on devait transférer les critères de son peuple dans ce monde, elle était de la haute et ancienne noblesse d’épée. Il va donc sans dire que sa remarque passa assez mal.
    La capacité à apprécier un rapport de force était, semble-t-il, totalement inconnu à ce type, qui alors que ses capacités de défense étaient nulles et que voir un fusil suffisait à provoquer une nausée, continuait à fanfaronner. Mais Sakari était aussi un professeur qui aimait dispenser sa science en de cuisantes leçons.
    Les gens de ce pays n’étaient absolument pas différents de ceux des villes à l’est. On ne pouvait que regretter son pays, quand on était confronté à partout la même proportion d’imbéciles et de vaniteux, sans que les éléments ou les autres humains ne les trient de la surface du monde, comme c’était le cas à Als’Kholyn.
Elle remplaça donc une balle par une autre, emballa donc son pistolet dans sa manche, ne laissant apparaître que le canon, et tira dans les côtes de Odard.

    Le bruit fut bien heureusement étouffé, et pour ne pas qu’il hurle, elle se précipita sur lui pour lui fermer la bouche de son gant, avec sa forte poigne, puis se mit à lui chuchoter à l’oreille.
    « Je savais bien que ces balles en bois me seraient utiles. Je les utilise sur les chieurs. T’auras pas de trou dans la peau, mais tu dois avoir mal, là, sacrément mal. Hein ? Hein ? »
    Et effectivement, à cette courte distance, il allait avoir un bleu mémorable, si ce n’était une côte cassée.
    « Tu sais quoi ? Démerde-toi. Je peux disparaître assez vite, c’est clairement pas les opportunités qui manquent. »
    En vérité, ça allait être bien plu compliqué que ce qu’elle disait, mais qu’importe ; elle avait connu pire, bien pire.


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Odard Coursang
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Dim 25 Fév - 21:08
Irys : 473463
Profession : Barde
My'trän +2 ~ Khurmag
    Les yeux de la jeune femme s’étaient écarquillés un instant sous le poids d’une injure que son égo ne semblait pas pouvoir tolérer. Ainsi donc elle se considérait au dessus du lot? Pensait-elle être noble ou bien encore de sang Royal? Rien dans sa tenue ni dans ses manières ne suggérait une quelconque ascendance ni une valeur, même minime. Sa réaction était la souffrance de réaliser qu’on n’est aux yeux du monde qu’une mégère inutile et imbue d’elle-même. Et de réaliser que c’était réel et immuable.

    À la désagréable sensation d’avoir les boyaux qui se retournent comme une chaussette que l’on étend le barde eut vite une réponse à sa bravade. Sous la forme d’un coup de feu dans les côtes. Il n’eut pas le temps d’hurler que déjà une main gantée venait lui écraser la bouche, lui froisser sans vergogne les lèvres et le nez. Comme si lui non plus n’était rien, ce qui était faux, il était éminemment plus digne et humain qu’elle ne le serait jamais. Mais le choc céda vite la place à une douleur que chaque respiration saccadée ne faisait qu’accentuer, comme si ses poumons étaient faits d’épines acérées.

    Cette garce n’avait pas eu le courage de le tuer, préférant le tourmenter de la pire des manières. Savait-elle ce que ces armes représentaient pour son peuple? Le chaos et la désolation que ces inventions impures avaient apporté à son pays? C’était d’une cruauté inouïe, quelque chose d’aussi vil et malsain que d’étrangler un enfant avec sa propre corde à sauter ou bien de noyer un alcoolique dans un fût de bière. C’était remuer le couteau dans la plaie de la plus monstrueuse des manières.

    Et puisqu’elle lui maintenant toujours la bouche fermée il décida d’hurler directement dans son esprit, à un volume qui dans le monde réel aurait presque pu la tuer. Il hurla à lui en faire vibrer le crâne, avec toute la force de cette magie qu’il ne lui apprendrait jamais. Si la douleur n’avait pas été aussi forte il se serait introduit dans le coeur même de son essence et l’aurait irrémédiablement ravagée pour ne laisser qu’une coquille vide qui aurait bavé le regard vide en se pissant dessus. Mais ses petits tours psychiques étaient coûteux et il ne pourrait maintenant longtemps la torture qu’il lui infligeait.

    Il se dégagea de son emprise et se rendit invisible tout en relâchant la pression qu’il exerçait sur son esprit et alla s’asseoir dans un coin de la pièce, trop faible et douloureux pour courir ou s’enfuir. Incapable de parler et pour dissimuler sa position il s’exprima de nouveau dans ses pensées, à un niveau cette fois-ci normal.

    * Vous n’avez pas besoin de moi vile scélérate? Sachez que vous me paierez ce coup-bas d’une manière qui sera je l’espère, extrèmement désagréable. Disparaissez donc renégate corrompue, vous ne valez pas mieux que les armes que vous brandissez si promptement. *



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Sakari Naasoqineq
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Jeu 1 Mar - 13:53
Irys : 732966
Profession : Homme de main
Pérégrins -1 (femme)
     Les derniers mots d’Odard ne furent pas compris, et même à peine entendus par Sakari, dont la tête vrillait encore sous le coup de l’attaque magique. Ils pouvaient faire ça, ces magiciens ? C’était impressionnant. Et d’autant plus désirable.
     Mais pour le moment, les pensées de la victime de cet assaut n’allaient pas à l’appréciation de cette technique, ni à aucune autre pensée d’ailleurs. Toute attaque mérite une riposte. À cette distance, il était vraiment impossible de le louper, surtout que Sakari vida son pistolet, crachant sept balles de bois au bruit étouffé dans le torse de son ennemi. Toutes n’atteignirent pas leur cible, mais largement assez pour lui péter quelques côtes, ou à tout le moins lui causer des bleus dont il se souviendrait longtemps. Du moins, c’est ce qu’elle espérait, n’ayant pas vu que son adversaire avait filé à l’aildoraine.


     Insupportable personnage. Déjà que Sakari n’appréciait pas beaucoup les gens de son acabit, toujours plus prompts à s’épandre en paroles qu’en actes, mais quand en plus ils faisaient étalage de leur suffisance tout en ayant pas les moyens physiques de les soutenir, c’était franchement insupportable. Peut-être que ces quelques blessures contondantes allaient apporter un peu de plomb dans la tête à ce bardillon, c’était le mieux qu’elle pouvait espérer pour lui.
     Sakari, elle, n’avait plus rien à faire ici. Elle était épuisée, en terrain ennemi, avait encore faim et envie d’un bain. Le hurleur qu’elle avait terrassé dans cette ruelle était à ce titre un obstacle.
     Ne souhaitant pas s’éterniser, elle partit donc en vitesse, sans un mot, s’évanouissant dans les obscures ruelles. Quitter la ville allait être difficile, mais quand on a dû s’extirper des tunnels des montagnes de Marnaka, remplis de prédateurs, sans y laisser un doigt, s’exfiltrer d’une grande ville paraît en comparaison être un jeu d’enfant.


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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