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Chroniques d'Irydaë
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 Luka Toen

Luka Toen
avatar
Mar 24 Nov - 23:31
Irys : 594730
Profession : Historienne et naturaliste à ses heures perdues, médecin officiellement
Guilde +2 (femme)



Luka Toen



Passeport

Nom : Toen
Prénom : Luka
Surnom : Lulu, ou plus sérieusement « L’encyclopédie vivante ».
Sexe : Féminin
Âge : 24 ans biologiquement parlant, 34 années si l’on compte les années vécues.
Métier : Historienne et naturaliste officiellement, médecin sur son temps de loisirs.
Communauté : Pérégrins – Cercles de l’Aube (2nd Cercle)
Lieu de naissance : Yeronkhii, Zochlom



Aptitudes & possessions
  • Capacités affiliés : Magie du feu, rang novice [Achat - RP d’acquisition].
    Issue de ses origines, magie élémentaire affiliée à la partie maternelle de sa famille, Luka semble avoir enfin renoué avec son héritage. Elle utilise majoritairement son don à des fins utilitaires tel qu’allumer un feu, cuire de la nourriture, faire fondre de la glace en milieu hostile… etc. A l’heure actuelle encore incapable de créer ses propres flammes, il lui arrive régulièrement de faire appel à son dragon, Renkhii, en guise de fournisseur. Il est à noter qu’elle n’est pas ignifugée et qu’elle dépend de sa propre énergie en tant que Pérégrine, Süns ne pouvant lui accorder ses faveurs.

  • Armes : Luka se spécialise dans le combat à mains nues. De fait, elle s'arme au quotidien de deux gantelets en cuir souple renforcé de plaques de métal, dotés d'un graphisme qui imite à merveille la souplesse des écailles de dragon. (Apparence des gantelets)
    Elle possède qui plus est une souplesse accrue par des années de travail sur son corps et emmagasine en elle avec passion un savoir millénaire sur le monde d’Irydaë. Et oui, la connaissance aussi constitue une arme fiable !

  • Familiers/montures : Un dragon mâle du nom de Bürenkhii (Renkhi de son surnom). Jeune adulte de 7 ans débutant dans l'art de cracher du feu, il arbore une parure d’écailles bleues nuit parfaites pour se fondre dans l’obscurité lors de vols nocturnes. Sa particularité réside dans sa double voilure, ses ailes principales se secondant de trois autres membranes plus fines sur ses hanches, constituant ainsi une seconde paire d’ailes annexe. Sa vitesse et sa dextérité en sont améliorées, de même que les possibilités de vol stationnaire. Contrairement à la plupart des dragons, ses écailles s’accompagnent également de franges de plumes duveteuses sur les pourtours de ses ailes : tout comme la chouette effraie, son vol n’en est que d’autant plus silencieux, les frottements de l’air et les turbulences réduites par ce plumage stratégique. Du haut de ses 2 mètres 85 au garrot et son statut de poids moyen, ce n'est pas le plus rapide des reptiles mais il a de l'endurance lors des voyages incessants de sa propriétaire de part et d'autre d'Irydaë. Il peut porter jusqu'à deux cavaliers avant de commencer à être véritablement encombré (Apparence de Renkhi) [RP d’acquisition].
    Son harnachement est d’excellente facture et conçu pour ne pas le blesser ni entraver ses mouvements. La selle possède deux grandes sacoches en cuir imperméable et des poignets sur son envers. Luka se plaît à la décorer de colifichets, de plumes et de fils tressés [Achat].

  • Autres possessions : Kharan Shar ou la Chouette d’Ébène. Cet immense manteau constitué de plumes noires est aussi léger que le matériau dont il est fait. Lorsqu’il revêt entièrement le corps de son possesseur il permet à celui-ci de se transformer en homme-oiseau et ainsi d’échapper à la pesanteur : ses bras se transforment en ailes aussi obscures que la nuit et son corps se couvre de plumes. Luka le porte au quotidien mais ne l’utilise qu’en dernier recours sous sa forme activée. Il lui a été offert par un anonyme dont elle aurait sauvé le plus jeune fils il y a plusieurs années de cela [Event de noël]. (Apparence suggérée de Kharan Shar sans les manches + proposition de transformation féminine.) Elle agrémente le port de ce manteau par une armure en cuir d’excellente qualité adhérant aux courbes de son corps et lui permettant une large amplitude de mouvements. Cette armure peut résister à l’impact d’une première balle [Achat].
    Dû à son statut de médecin au sein des Cercles de l’Aube, Luka porte aussi toujours sur elle plusieurs sacoches médicinales et du matériel de premiers soins. Il est également à noter qu’elle ne se sépare jamais de son minuscule carnet de notes qu’elle recouvre inlassablement de croquis scientifiques.




Profil psychologique Luka peut sembler difficile à cerner de prime abord. Elle ne semble guère appartenir à ce siècle-ci –et pour cause puisqu’elle ne fait pas son âge véritable-, et elle n'a cure de son passé comme de ces « blessures » psychiques dont aiment tant se targuer les autres : tout en elle exulte et respire la vie, une existence passionnelle qu'elle entreprend de dévorer à pleines dents. Son goût pour la connaissance et le savoir l'emmènerait jusqu'au bout du monde. Elle voudrait comprendre, étudier, progresser... Et ne devoir tout cela qu'à ses propres moyens. Étrangement néanmoins, elle ne se drape jamais dans une fierté mal placée -on peut apprendre de tout un chacun, et cela serait hérésie que de refuser l'enseignement de qui le lui offre ! En retour de quoi peut-elle se montrer maladroite, voire fort outrecuidante, n'étant guère du type à prendre des pincettes lorsque le fruit tant désiré de la connaissance s'agite sous son nez. Combien d'incartades à la bienséance a-t-elle dû rattraper... Oui, Luka est semblable à une étincelle. Elle se brûle et se consume à la vitesse d'une bougie, sans aucun égard pour ce qu'elle laisse derrière elle. La gorge sèche, avide d'apprendre dès que le mot mystère daigne s'esquisser devant elle, elle ne reculera devant rien pour en percer l'insondable secret et nourrir sa soif dantesque de savoir, jamais figée, toujours tendue vers cette main offerte.

Son foutu caractère et en revanche une sérieuse impasse à sa socialisation. En effet, si elle ne rechigne jamais à aider les autres, elle prend pourtant très vite mouche ! Mais ne vous y trompez pas... Si Luka chahute, s'agite de gestes courroucés à grand renfort de quelques tirades fleuries, c'est qu'elle se plaît à râler, semblable à ces petites vieilles ennuyées au carrefour des villages. Les véritables colères, elles, ne viennent qu'une fois l'an et sont pareilles à ces séismes de grande envergure, une tempête qui gronde en sous-terrain et n'affleure à la surface que par remous étranglés. Sa rage est froide, terriblement silencieuse et mordante car tout en elle se recroqueville dans une gangue difficilement contenue -et contrôlée... Elle se fait animal venimeux, et l’envie de dévorer l’outrecuidant retrousse ses lèvres sur ses canines, un éclat de silex métallique dans les prunelles. Une seule et unique situation peut toutefois aboutir à une telle réaction : la mise en danger de l’un de ses proches. Attentez à la vie d’une personne chère à son cœur et vous découvrirez une Luka inédite. Beaucoup plus louve qu’humaine.

Plutôt posée et réfléchie dès que la situation devient véritablement sérieuse ou problématique, elle a toutefois une très mauvaise conception de sa propre sécurité. On pourrait la dire téméraire si ce n'était sa soudaine prudence dès que quelqu'un qui lui est cher est mis en cause ! Elle rejette la notion d'impossibilité et cherche continuellement à dépasser ses propres limites, considérant que la liberté est à ce prix. De fait, elle se montre parfaitement lunatique pour ne pas dire versatile, incapable de suivre un raisonnement logique intérieur ou même une ligne directrice au sein de son comportement. L'on peut comprendre du point de vue de ses interlocuteurs que ses propos et ses actions soient parfois durs à suivre, car cette étourdie n'utilise qu'un seul engrais pour ses idées : l'instinct ! Parfois irraisonnée, souvent sûre d'elle, il n'est pas rare qu'elle se lance dans des prises de décision décalées, mais toujours mûrement réfléchies. Son instinct lui dicte ce qui lui semble être le mieux et Luka prend en charge les conséquences de ses actes, avec cette volonté impérieuse de ceux qui n'ont rien à se reprocher... Sa conception du bien et du mal est, quant à elle, toute relative. Elle se fichera de la mort d'un inconnu comme d'une guigne et donnera au contraire jusqu'à sa vie pour quelqu'un d'apprécié. Et qu'importe si celui-ci est un meurtrier de premier ordre ! Comprenez, s'il-vous-plaît, que son désir initial est bien d'apprendre. ...Et quoi de mieux pour cela que ceux qui vivent différemment d'elle ?

Malgré tout Luka ne peut mentir à sa nature indubitablement heureuse. Elle est de ces personnes qui fascinent, à l’image de ces perroquets ara de couleurs dont le plumage ne cesse jamais de vous surprendre, d'accaparer votre regard sans que vous ne sachiez mettre un doigt sur cette sensation d'aliénation. Toujours en-dehors des mœurs, presque détentrice de sa propre gravité et de règles qui échappent à la compréhension humaine, soudain fascinée par un détail inutile que vous n’auriez pas même pris la peine de relever. Elle rit comme l’on respire, dévore à pleine dent cette existence qui n’aurait pas dû être sienne en étalant à la face du monde sa joie incommensurable d’être en vie à l’instant présent. Il est ainsi extrêmement difficile de résister à la poussée d’Archimède qu’elle distille en tout un chacun, cette pente vertigineuse qui vous pousse insidieusement vers une course éperdue à la tombée de la nuit ou dans des danses endiablées sur une place inondée de soleil. L’enthousiasme est hautement contagieux, et Luka en est une véritable réserve humaine... Comme l’on peut s’en douter ce bonheur n’est cependant pas anodin. Les fissures de sa carapace sont visibles à de rares instants, lorsque ses iris se voilent d’une légère mélancolie, parfois, à la tombée de la nuit. Il y a de la souffrance en elle, une angoisse diffuse qu’il lui étreint le cœur et qu’elle ne peut contrer que par un comportement éblouissant. Elle lutte avec toutes les fibres de son corps, toute son énergie contre le souvenir de ce jour funeste où Möchlog a repris ses droits sur son existence d’antan. Sa moitié. Son double ailé, celui qu’elle ne reverra jamais.

Elle parvient généralement à enterrer tout là-bas, très loin en elle toutes ces pensées brinquebalées. Mais il arrive la nuit surtout lorsque les draps se font froids, l’absence de bras chaleureux pesante et le silence moqueur, que ses doutes reprennent leur assaut et l’assaillent d’une fièvre terrible. Une peur paralysante s'empare d'elle et dévaste toute sa volonté aussi aisément qu'une brindille. Elle redevient alors une enfant traumatisée et de sombres cauchemars hantent régulièrement ses nuits, des flashs d'images sanglantes et un lointain prénom au bord des lèvres, qu'elle ne parvient jamais tout à fait à saisir... Il lui faut alors exorciser ce mal-être, s’arracher à son confort avec le besoin irrépressible de passer ses nerfs, se défouler sur tout ce qui passe à sa portée : compulser des connaissances, se brûler vive au contact d’autrui jusqu'à l'épuisement, où parcourir les toits du monde comme une funambule ivre... Il n’y a jamais plus belle lumière que celle qu’y irradie d’un sourire brisé, doté de cette volonté absolue et inconditionnelle de vivre. Plus jamais Anomalie !



Physiologie Luka n'est pas particulièrement superbe. Nonobstant ce fait, elle dégage un charme solaire qui lui est tout particulier, un on-ne-sait-quoi qui en fait se retourner plus d'un sur son passage... Son corps est altier et possède la souplesse du chat, doué de cette beauté lascive et sensuelle du geste nonchalant et pourtant d'une précision mordante. Ses lèvres fines se dérobent souvent sur ses crocs aiguisés en de semi-sourires moqueurs et un brin sauvages, jamais apprivoisée, et toujours si imprévisible. Le galbe ferme de sa poitrine et son ventre plat confirment un corps taillé pour la fluidité et la vitesse, correctement proportionnée dans une silhouette qui reste néanmoins indubitablement féminine. Elle se plaît à attacher négligemment ses longs cheveux flammes d'un simple catogan, ruban, ou tout bêtement ce qui lui tombe sous la main, n'ayant jamais eu aucune passion pour ces colifichets qu'aiment habituellement les filles. De fait, elle défraye régulièrement la chronique : elle abhorre ces tenues affriolantes qui vous engoncent le corps dans une nuée de fanfreluches, vous étouffent progressivement dans une forteresse de tissu imprenable.

Le port des robes traditionnelles my’träns ne lui est toutefois pas désagréable au contraire de la mode daënars, à laquelle il fut ardue de s’adapter… Comprenez bien qu’elle leur préfère une tendance plus trépidante dirons-nous, la texture du cuir par exemple, plus malléable, plus intime également, car il sied aux formes comme une seconde langue de peau et permet un large panel de mouvements. Mais n’allons pas offusquer les délicats habitants de ce continent, qui ne sauraient que trop s’insurger de l’impudeur d’une fragile Demoiselle dérobant au sexe masculin sa suprématie virile : plutôt que d’évoluer semi-nue, Luka opte dans la plupart des cas pour une tenue de voyage tout à fait pratique composée d’une chemise, d’un pantalon, et de gants solides. De quoi enjamber un formidable buisson d’orties et escalader une falaise pour approcher de plus près un Mogoï dans son milieu naturel ! Ses hautes chausses et ses jambières sont d’ailleurs une pièce importante de sa panoplie, au vu du temps qu’elle passe à vagabonder dans la poussière des routes. Ses gantelets, quant à eux, sont soigneusement attachés à sa hanche lorsqu’elle ne les utilise pas, aux côtés de ses herbes et ustensiles médicaux.

Cela, sans compter la kyrielle de regards qu’elle attire inexorablement, curieux spécimen de métissage dont les origines restent ambiguës. De sa mère, elle n’a hérité que de cette forme de visage propre aux My’trän et la sveltesse de sa silhouette. Sa chevelure embrasée de soleil est ainsi une insulte même à ses racines bien qu’elle ne les ait pratiquement jamais coupés, ces amples torsades couleur de braise rivalisant à bien des égards avec les mèches sophistiquées des Dames daënars : elle coule et s’étend bien au-delà de la cambrure de ses reins, lui chatouillant parfois les cuisses et ce mince carré de peau sensible à l’arrière des genoux. Mais si sa rousseur fut victorieuse dans ses gênes, sa peau très blanche laisse planer le doute quant à sa probable filiation. Il en va de même pour ces yeux, ces grandes prunelles de chat qui lui mangent une partie du visage, toujours embusqués derrière cette étincelle avide qui ne vous laisse jamais savoir si vous êtes une proie savoureuse ou un allié. Impossible de rater cette pigmentation d’un vert mordoré, véritable reflet de ses passions, presque aussi ombrageux que l’eau chaude d’un lagon sous une tenture de longs cils noirs. Oh non, Luka ne répond certainement pas aux canons de beauté traditionnelle. Mais son style est immanquable, et la vivacité, ce bonheur et cette envie éperdue de vivre qui incendient ses veines illuminent et inondent tout ce qu’elle touche comme un véritable raz-de-marée. Un franc sourire de sa part ou l’infinie nuance d’un éclat de dent blanche sur le rouge fruitée de ses lèvres, la gorge offerte dans un grand rire cristallin, font d’elle un animal tout de charme.



Biographie

Premier fragment

    Longtemps tu as cherché ce que ta mémoire pouvait bien coucher sur le papier, ce qui aurait pu te marquer, t'apprendre à grandir. Mais il te semble avoir déjà tout avoué dans cet air de trop plein qu'exhale le monde... Ton désir de survivre à la haine, tes joies peuplées de couleurs et les larmes qui s'y sont accrochées, les traces de tes pas dans le sable lorsque suivant la mer tu les effaçais, les êtres que tu as connus et qui se sont envolés loin dans la nuit, à présent souvenirs oubliés. Et dans tout cela, tu t’es demandé, où aller ?

    Il n’y avait plus que la nuit ici-bas.

De sa mère, elle ne garda que des bribes oubliées. Un parfum de miel et de grenade, la sensation de la peau sur la sienne, cette peau gorgée de soleil. Elle l’emmenait parfois marcher sur la plage, ces immenses parterres de sable blanc que la lumière inondait de son trop plein d’éclat, en dévidait les ombres pour mieux leur rendre ce sol si cru et si limpide qui roulait sous les pas. Pour elle, elle construisait des châteaux d’un autre temps oublié, bâtissait des empires dont les sujets étaient tout de pelles et de sceaux, tours escarpées que le vent et l’humidité grignotait de persiennes joliment dentelées. Alors l’eau venait langoureusement lécher les rebords de cet infini royaume, lourde et lente montée qui ne rendait au sable qu’une immensité plate : tout avait été dévoré. Elle aimait observer des heures durant ce manège, les mains de sa mère s’agitant comme des papillons allègres, toujours vaincues et perdantes par la puissance de l’océan qui ne lâchait jamais rien à l’être humain. Elle babillait comme une enfant des forêts auquel le rire de Maiza ne pouvait résister, et elles proposaient ensemble aux galets si solitaires une nouvelle cour royale à laquelle raconter leurs secrets de roche poncée. De sa mère, elle n’avait conservé que tout ce soleil qui s’était imprimé sous ses paupières en imprimé noir et blanc, la frange de ses longs cils sombres à demi plissée, et l’odeur persistante de l’iode et de la grenade sur la langue.

Elle lui avait confié son dernier trésor. Un héritage de mère en fille, cet amour à jamais insurgé pour la vie et ce feu avide qui brûlait dans leur corps en un torrent déchaîné. Rien ne pouvait les soumettre et, lui avait-elle dit, il y avait là-bas une tâche à laquelle elle devait encore s’adonner. Elle, Maiza, aucune autre possible. On t’a volé ton père… lui disait-elle souvent au creux de l’oreille, berçant ses pleurs contre sa poitrine maternelle. Il est parti décrocher les étoiles et les verser sur le monde. Pour nous. On ne sut jamais vraiment ce qui avait poussé Franz Toen à disparaître un jour d’hiver derrière l’horizon. Il avait ramassé ses affaires et s’était effacé derrière cette porte de bois, aussi lourde et immuable que le roulis des vagues. Lui aussi s’était fait engloutir, à l’image de leurs petits châteaux de sable sur la plage, et nul ne l’avait plus jamais revu. Maiza seule détenait le secret de leur couple intime et ses nuits s’étaient hantées du désir de le revoir, de traverser monts et rivières s’il le fallait jusqu’au ciel pour le retrouver et goûter avec lui au fruit de leurs derniers jours ensemble. Elle avait attendu d’une patience de louve que Luka fut assez grande, assez petite aussi pour oublier, et elle confia à son père son unique enfant. Il y avait toutefois ici une subtilité à saisir lorsque personne n’était parvenu à la détourner de ses noirs desseins : c’était là une preuve d’amour. Il n’y avait pas de place pour une jeune enfant dans la poussière des routes.

George Toen récupéra donc sa petite-fille un même jour d’hiver, aux portes de Zochlom. Très confusément du haut de ses deux ans, Luka saisit la gravité de cet au revoir et cet héritage qui pesait désormais sur elle. La progéniture d’un couple proscrit, bien qu’ils aient toujours vécu à l’abri des intempéries qui couvaient sur Irydaë. Il n’en alla pas autrement lorsqu’elle fut élevée entre les murs des Cercles de l’Aube, excentrés de toute politique et mélangeant en son sein bien des ethnies différentes. Personne ne s’interrogea sur sa filiation my’trän et daënars, car la souffrance qui se lisait sur le visage de George Toen en disait déjà bien assez : on lui avait arraché une fille et un beau-fils, et les airs de douce candeur qui éclairait par instant les traits de Luka le lui rappelait à chaque instant. On ne lui raconta que des années plus tard l’histoire de ses parents, un couple étonnant que rien n’avait jamais ébranlé, vivant leurs rêves au point de ne vivre que par asphyxie et grandes goulées avalées. Franz avait renoncé à son nom daëars pour épouser Maiza, et on s’était empressé d’enterrer dans les non-dits ce pourcentage honni de famille paternelle. Et puis ils étaient partis. Lui d’abord, elle ensuite, chacun à la poursuite de l’autre. Et cela apparaissait aux yeux de Luka comme l’un de ces contes de fées des contrées lointaines et colorées que lui racontait parfois son grand-père.

Ils ne revinrent jamais. Leur bonheur avait dû être absolu.

George éleva sa petite fille avec tout l’amour d’un père qui n’a jamais su comment atteindre sa progéniture. Tout ce qui avait été retenu là dans les rets de sa personnalité se vidait dorénavant sur Luka à grands bouillons enamourés. Elle devint reine en son royaume, régnant sans partage sur ce vaste complexe hospitalier, coulant sa longue chevelure de flamme partout où on ne l’attendait pas. Son regard fauve électrisait, ses rires raisonnaient en échos dans les couloirs et les allées labyrinthiques des jardins, et déjà elle courrait à grands pas les joues éblouies de fossettes, prête à embrasser la planète entière s’il le fallait. Elle était lutin facétieux, chat lascif l’instant suivant, puis tornade humaine qui galopait aux carrefours des bâtiments sans égard pour ce qu’elle laissait derrière elle : elle avait soif d’apprendre, de voir, de découvrir… ! Combien de fois Adeline et Madrain l’avaient-ils reprise, atterrés qu’elle se saisisse tout à coup du bras d’un éclopé, posant sur lui ses grands yeux de biche pour mieux lui demander quelle était sa vie d’avant ? Alors il fallut l’occuper. L’irriguer sans partage d’un flux de connaissances intarissables dans l’espoir d’apaiser son énergie flamboyante. Pourquoi aurait-elle regretté ses parents ? Elle avait les Cercles entiers à ses côtés !

Elle s’ouvrit donc aux joies du savoir. Comment raconter le monde ? Les murs teints de bleu de Shüren, le sable asséché sur la peau des Kharaal Gazar, l’immense structure de métal des aéronefs qui paraient le ciel d’une multitude de fanions diaprés et bien d’autres encore. George Toen lui raconta les troupeaux d’Erch et les toundras que leurs sabots piétinaient d’un roulement continu, la froidure de l’hiver et les cristaux glacés dans la nuque, le son des instruments dans les mines d’Hinaus repliées en corolles comme la coquille d’un escargot. Il lui parla de l’été, de ces régions sans cesse enfumées d’un air tropical et de la lave bouillonnant dans le sol, ces grandes zébrures qui frappaient la terre et la déchiraient en multiples parties magnifiques. Il y avait des montagnes, des pics acérés insaisissables qu’une magie plus vieille que l’être humain avait éventrés et retournés comme un sac de farine, il y avait l’océan et plus uniquement celui qui s’échouait sur les côtes de Zochlom et prêt duquel Luka aimait tant jouer. Et chaque fois cela allumait dans son regard de petite fille une voûte céleste d’étincelles, soudain figée et attentive, suspendue aux mots de son grand-père comme autant de clés capables de lui ouvrir les portes d’un incroyable univers. Elle apprit l’astrologie, les sciences, les lettres, et toute une série d’autres domaines dont le nom lui importait bien peu tant qu’ils rendaient son existence trépidante. La médecine en fit partie, une large partie que son grand-père insista pour lui inculquer. Il rêvait de la voir lui succéder à la tête des Cercles de l’Aube, sa petite-fille si éclairée et curieuse qu’elle en réveillait la moitié des infirmiers la nuit sitôt qu’une question la saisissait.

Il en fut bien sûr autrement. Lui qui ne rechignait jamais à l’emmener dans ses voyages de représentant, fut victime de son propre piège. Elle avait sept ans lorsqu’elle aperçut son premier dragon. Des ailes si immenses qu’elles en recouvraient sa minuscule silhouette, une ombre si profonde et si intense qu’elle rebondissait contre les barrières de son cœur en un rythme tribal du fond des âges. Luka n’avait pas assez d’yeux pour contempler cette créature qui paressait alors au soleil, savourant la fin d’après-midi. Profitant de l’inattention de son grand-père affairé à négocier, elle avait tendu sa petite menotte incertaine vers cette paroi d’écailles qui pulsait tant dans son âme, chaude et vibrante comme une infinité de rubis. Son aile s’étirait vers le ciel, et s’étirait comme une voile à la mer… Les crocs de l’animal ne se refermèrent qu’à une dizaine de centimètres de ses doigts. Un avertissement, celui du reptile dérangé dans son sommeil. Les adultes s’agitèrent brusquement, et ce ne fut plus qu’un tourbillon de tissus et de voix effrayées autour d’elle tandis qu’on la couvrait d’innombrables attentions… Olàlà, ne me refais plus ce coup-là ! Tu as eu peur ? C’est dangereux ! Elle va bien ? A qui appartient ce dragon ? De tout ce grabuge, elle ne reteint dans son esprit émerveillé que le mot dragon. Voilà en quoi allait consister sa vie, voilà dans quoi tous ses rêves se rassembleraient. Sans compromis possibles.



Second fragment

    Ce n'était rien que de l’obscurité. Du moins était-ce ce que tu ne cessais de te répéter, seule dans ton univers trop grand, engourdie par la chaleur et ce lourd devoir social qui t'oppressait. Et dans cet univers de souffrance morale, les ombres devenaient décharnées, les objets se faisaient menaçantes silhouettes bien plus sombres que le noir lui-même, fluettes et mouvantes. Les heures filaient. Tu étais terrifiée. Mais où donc était l'aube, avec ses doigts pailletés d'étoiles et de ciel bleu ? Où donc était le monde, dans ce huis-clos ténébreux où le simple souffle se faisait affolé ? Et alors, insidieusement, sans que tu n'y prennes garde, une idée toute simple germait dans ton esprit d’orpheline à l’âme tronquée. Cela n'aurait pas de fin. Tu étais prisonnière de l'éternité.

Durant les trois années qui suivirent ce bouleversement profond, George s’adonna à un fort méticuleux autodafé. La nuit le saisissait dans ses moments de faiblesse, les entrailles renversées à l’idée du rapt de son unique héritière, surpris par le plus terrible des doutes : la perte d’un être cher. Il s’éveillait alors recouvert d’une pellicule de songes effrayés qui lui parsemait la peau de sueur, et ses pas incessants venaient tracer un hasardeux sillon dans les allées de la grande bibliothèque. Qu’avait-il fait au monde pour mériter un tel coup de sort ? Ses doigts gourds s’emparaient des ouvrages et encyclopédies qui trônaient-là, ancestraux témoignages d’un temps lointain dont les couleurs étaient d’ores et déjà oubliées. Il fallait tout vérifier, organismes, biologies, histoire de Nislegiin, que rien ne subsiste de ces affreux reptiles ! Tout s’égrenait entre ses doigts, une bien triste pluie de cendre que personne au quartier général ne comprenait tout à fait vraiment. Mais l’on respectait sa volonté, bien mieux qu’un pacte de sang. « Pourquoi n’irais-tu pas réviser ton astrologie ? », « As-tu vu qu’il y avait de la confiture à la cantine ? » répondait-on invariablement aux vaines tentatives de sa petite-fille, les yeux éteints de tout ce vide et la bouche pleine à jamais de ces questions qui ne trouveraient jamais de réponses.

Seule Adeline Hawke demeura inébranlable dans sa tour, main généreusement tendue vers la curiosité insatisfaite de Luka et imperturbable face aux multiples élans tempétueux de George Toen. Elle était le dernier rempart avant le gouffre, droit impérial qui lui était tout entier accordé par la grâce de ses caresses. Qu’aurait-il bien pu faire face à une amante récalcitrante, le visage dur et sérieux de cette droiture qui la caractérisait tant ? Elle était Justice, elle était Amour. Les deux grandes balances de l’existence, un lien indéfectible qu’elle mesurait du juste équilibre, distribuant à chacun sa part de dignité dans un métier médical difficile. Il n’enfermerait pas sa précieuse petite fille dans ce château de verre vaniteux. Désireuse de lui rendre toute la beauté de ses ailes, Adeline égara donc par mégarde l’un de ses ouvrages par une chaleureuse après-midi d’été.

Encore aujourd’hui, Luka se souvient de l’odeur du papier. Ce délicat craquèlement, et le grain duveteux de cette page de parchemin où siégeait un mot parmi tant d’autres. Dyen. Et l’encre traçait une courbe merveilleuse sur le D, un D qui s’évasait vers les cieux d’une écriture sibylline et langoureuse, s’envolait par le e et le n qui venaient conclure toute la magie enfantine qui résidait dans cette simple gravure. La colère de George fut terrible. Elle ébranla les murs de la cité volante plusieurs jours durant, affectant comme une marée boueuse les quelques âmes qui tentaient vaillamment de se dépêtrer et d’échapper à temps à ce cataclysme naturel. Il se calma pourtant. Embrassa, supplia, menaça, tantôt cajolant, tantôt retors et mordant. Qui était l’homme, qui était l’enfant ? Mais les rêves ont cela d’intouchable qu’ils nous recouvrent les paupières d’un voile aveugle. Luka était pareille à ces artistes fiévreux, funambule sur le fil en lame de rasoir de leur propre existence –tout glissait et coulait sur elle sans éclaboussure, plus blanche et éblouissante dans ses désirs qu’un manteau de neige pure. Elle disait, « J’irai à Dyen », et cela seul faisait luire sous sa peau diaphane l’éclat d’un songe espéré, véritable réverbération qui abolissait tous les obstacles que l’on dressait devant elle. Alors l’autorité patriarcale dut s’incliner. On en vint à un consensus, accepté bon gré mal gré par l’un et l’autre parti en conflits. Luka ferait un double-diplôme et devrait s’orienter vers une escouade volante médicale, n’importe quoi, tant que ses mains étaient encore plongées dans les vertus et l’ordre que son grand-père avait tant désirés pour elle.

A l’aube de ses onze ans, la jeune demoiselle fut donc acceptée sous le rang d’Aspirante au sein de la grande cité des Dragonniers.

Quatre ans passèrent ainsi, quatre ans à bout de souffle et de vie. Sa curiosité originelle se mua en une dévorante soif d’apprendre, absorbant, recrachant tout ce qui passait à sa portée avec la douce folie d’une passionnée. Elle s’éveilla au monde autour d’elle, se découvrit aveugle et étrangère à toutes ces nuances diaprées qui en constituaient la complexe toile… Oh, combien d’heures d’études, combien de temps de travail lui faudrait-il pour combler ses lacunes, rattraper le temps perdu de ses connaissances atrophiées ? Il y avait tant à savoir, et si peu d’opportunités de progresser dans son corps étriqué ! Aspirante parmi les autres aspirants, elle s’éleva d’un unique élan vers l’absolu but de sa vie. On loua ses qualités, son aptitude innée à l’apprentissage et son aisance aquatique à se dépêtrer des notions les plus compliquées. Il n’y avait jamais assez d’espace pour elle, essoufflée dans son propre manque d’oxygène qu’elle consommait jusqu’à tard le soir… Il y avait bien des moments où les choses n’étaient pas faciles. Des moments de doutes, de faiblesses infimes qui distillaient ici et là leur poison sournois. D’autres aussi où son cœur s’ombrageait quelque peu des émotions de ses amis proches, car tous dragonniers en herbe se voulait comme une grande et belle famille. Jalousie, concurrence, dépassement de soi, découverte de l’autre… Il n’y a pas un mot, pas un adjectif que l’adolescence n’effleure pas du doigt. Mais cela faisait partie du jeu. Marie, Théo, Jamilia, Erwan, autant de noms et de caractères que sa route vint à croiser régulièrement, jusqu’à se muer en maintes soirées colorées ponctuées de rires et de pleurs. Il n’y a pas plus grands acteurs que les adultes en devenir, friands de drames et de rancœurs, mais également de ce sentiment si pétillant qu’est la sensation de brûler l’un contre l’autre.

« Tu seras promise à une glorieuse lignée », lui répéta-t-on de plus en plus souvent, puis incessamment jusqu’au jour fameux de son choix destiné. Poids lourds, poids moyens, qu’importait ? La race, pure, avait été filtrée des années durant, paramétrée, améliorée par les bons soins des hauts dirigeants. C’était facile : elle n’avait qu’à choisir, tendre la main vers l’un des deux œufs opalins qui s’offraient à elle sur leur couffin de soie, environnée du regard appréciateur et maternel du professorat. Ce n’était pas faute d’avoir tout planifié, on avait même rejeté le plus loin possible les rejetons ratés de cette vaste mascarade. Pas assez parfaits, pas assez génétiquement avancés pour servir l’œuvre d’une major de promotion. L’un d’entre eux, tout particulièrement, s’était vu échoué sur le rebord d’un tas de paille. On l’avait jugé trop petit et trop chétif pour que cette engeance décimée ne vienne possiblement à maturation –il mourrait c’est sûr, preuve en était de l’abandon flagrant de sa mère dragonne immédiatement après la ponte.

Peut-être était-ce à cause du léger craquement qu’il fit à cet instant donné. Peut-être un dernier sursaut, un ultime effort pour survivre à sa terrible condition et briser les parois de son œuf qui l’étouffait tant… Un balbutiement aussi timide qu’un battement de cœur effleura Luka. Une précipitation affolée qui renversa ses frontières et vint la saisir toute entière, figée là devant l’assemblée comme un pantin ôté de toute volonté primaire. Elle fit volte-face comme un chat que l’on surprend, et les échos d’un perpétuel refrain vinrent écraser la moindre tentative de résistance : « Il mourra si je ne l’aide pas ». Elle ne sut jamais vraiment d’où lui était venue cette absurde connaissance du futur, ce quasi précepte qui s’était gravé dans son âme en « je dois l’aider » hiératiques. Elle avait chaud, elle avait froid, et dans ses mains se brisaient en larges et grands morceaux les derniers pans de cette coquille qu’elle démolissait pas à pas jusqu’au petit être qui y était reclus depuis semblait-il la nuit des temps. Et puis… Les derniers égarements de son histoire parurent retrouver leur juste place. Ce qu’elle était pris un sens, une profondeur, tout revenait dans l’ordre. C’était une vérité universelle. Elle existait pour cet instant, elle existait pour lui. Et dans la salle surchauffée des sélections, agenouillée à même le sol comme une sainte en prière, elle contempla le corps fuselé de Selhan qui prenait vie dans l’étreinte de ses bras.



Troisième fragment

    Tu imagines… Tu te rappelles. Il y avait bel et bien un temps heureux.

Selhan survécut. Contre toute attente, il ne fut ni la victime des maladies, ni celle de la moindre blessure. Un dragon un peu étrange certes, incapable de produire le moindre souffle élémentaire malgré sa caste de poids moyens et l’héritage négligé mais bien présent de ses ancêtres. Il avait cette étonnante couleur, tout à la fois sombre et si blanc qu’il en blessait les sens, rayé, comme foudroyé par un courant électrique qui aurait imprimé sur sa peau les zestes d’un labyrinthe complexe. Luka aimait les parcourir du bout des doigts dans la tiédeur du soleil d’après-midi, lorsqu’éreintés par leur mâtiné d’exercices elle lui prodiguait soins et paisibles caresses. Il s’étendait alors sur ses jambes déliées, venait frotter sa collerette contre ses doigts en un ronronnement semi grondé qui ne manquait jamais de lui arracher un sourire. Ils effectueraient bientôt leur premier vol. Quand cette simple idée lui traversait l’esprit, elle se sentait la férocité et l’assurance d’une vassale de Dalai, emplie d’une joie sauvage, pressée de montrer à tous ces autres Ô combien ils s’étaient leurrés. Selhan était le plus formidable de tous, nul doute en sa demeure. Les hauts gradés, le Conseil, le Professorat et tous ses imbéciles qui l’avaient tant huée et dénigrée pour son choix fatal de ce jour d’éclosion ne sauraient plus quoi faire pour rétablir leurs faveurs !

Une seule personne ne lui avait pas tourné le dos. Il était venu à elle avec cette prestance qu’exigeait son haut rang, la foule soudain subjuguée par ce mouvement contraire qui avait brisé les imprécations odieuses. Un silence lourd et épais comme de l’huile avait englouti tous les sons, chacun suspendu aux mots que pourraient bien prononcer Monsieur Zak'Val devant cette aspirante écervelée qui avait si honteusement fait le mauvais choix de dragon. Et ce fut-là, devant le public ébahi, que l’un des plus grands dragonniers de Dyen lui proposa de devenir son élève personnel. Qu’aurait-elle pu dire ? Si c’était l’unique moyen d’assurer un avenir meilleur à Selhan, alors se faisait-elle une joie de sacrifier son existence à qui voulait bien le lui demander.

Son quotidien se remplit donc de nouveaux visages et de nouvelles obligations. Lorsqu’elle n’était pas affairée à ses études, elle courrait jusqu’à la clairière attenante pour y recevoir un rude mais efficace apprentissage de cet étonnant personnage. Elle ne sut jamais vraiment quelle qualité en elle lui avait autant tapé dans l’œil. Il était probable que de voir cette jeune élève promise à un avenir si glorieux se confondre pour la simple survie d’un dragonnet chétif avait rallumé quelque part dans son âme une légère flamme. Elle en valait le coup, si quelqu’un était là pour la peaufiner. Il la protégea par conséquent des brimades et des mauvais coups que son statut d’ancienne favorite ne manqua pas d’attirer, car on ne rigolait pas au sujet de ce dragonnier vétéran que même le Conseil écoutait d’une sage oreille. Grâce à lui, elle fit également la connaissance de Freyr Eindride, figure incontournable de son adolescence. Dire qu’elle n’avait jamais craqué sur lui aurait été un odieux mensonge, toutefois leur camaraderie fit toujours en sorte de passer première… Après tout, ne cessait-on jamais de savourer ses penchants pour un beau garçon, quand bien même le fruit n’était pas consommé ? Elle n’en parla pas, appréciant bien trop sa compagnie, car il était son exact contraire et le deuxième et dernier élève de Monsieur Zak'Val ; à ce point-là, ils furent presque élevés ensemble.

Tout au contraire ne cessa-t-elle de parcourir la campagne d’aventures en aventures dès qu’un brin de champ libre lui était donné, dévalant les ruelles sous l’ombre rassurante de Selhan, véritable fanion dans le ciel. Ils battirent ensemble tous les records de vitesse imaginables pour un poids moyen, conquérants d’un domaine jusqu’alors inexploité et inattendu de leur part. L’excellence de Luka aux études n’avait pas non plus diminuée, ainsi arracha-t-elle à ses professeurs des félicitations qu’ils ne purent lui refuser. Pour toutes ces raisons, on lui accorda l’autorisation d’accompagner son Maître pour une poignée de missions, quand il ne s’agissait pas chaque matin et chaque soir de préparer et prendre soin de son équipement. A ce titre, elle l’accompagna plusieurs fois à son lieu de résidence pour l’y attendre de longues heures durant. Il s’enfermait dans son cabinet, et la laisser patienter une tasse à la main sur son confortable sofa. Ce fut précisément lors de l’une de ces occasions qu’elle fit la rencontre de Celwin Zak'Val, sa précieuse fille unique, un tout petit bout de femme qui s’enorgueillissait déjà d’un certain caractère. Luka aimait ces moments hors du temps où la musique de Celwin emplissait l’air, gagnait les plus hautes tours de Dyen en entraînantes valses dansantes. Comment tant de magie pouvait-elle sortir de si petits doigts, elle qui n’avait pas même encore l’âge d’être reconnue par ses pairs ? Presque gardienne à mi-temps, Luka passa de longues journées parmi cette famille heureuse, s’occupant de leur jeune fille comme s’il s’agissait de sa propre sœur.

Et puis vint le moment où elle fut assez indépendante et déclarée apte à s’occuper de ses propres missions. Sur le dos de Selhan, insaisissable duo que toute l’étendue du ciel ne pouvait guère arrêter, elle parcourut la si belle immensité des continents proches, délivrant ici et là ses compétences médicales pour le bien commun des populations. Cela ne fut néanmoins pas son seul objectif, puisqu’elle développa rapidement l’idée butée de poursuivre ses propres recherches. Son esprit en expansion permanente ne parvenait pas à imaginer qu’il n’y ait rien après tous ces livres recensés. Il devait bien exister quelque part des données supplémentaires, des connaissances à découvrir sur lesquelles jamais personne ne s’était encore penchées ?! Ces années furent le fruit d’un dur labeur. D’étapes en incursions, elle entreprit de répertorier toutes les espèces animales existantes ainsi que l’histoire d’Irydaë qui ne demandait qu’à être démêlée par ses mains curieuses. Sous l’égide du nom des Toen, ce nom si connu grâce à son grand-père, elle surpassa bientôt celui-ci et s’établit en tant que fine connaisseuse de son domaine scientifique. Elle débuta la publication d’une kyrielle d’ouvrages et d’essais théoriques, jusqu’à l’avènement de son œuvre la plus poussée, La Grande encyclopédie des créatures rares accompagnée de son Herbier aux succès retentissants.

Son grand-père mourut peu de temps avant l’obtention de son diplôme. Elle reçut une lettre refermée d’un sceau de cire, une lettre qui sentait le tabac à priser et une douce odeur de cannelle. Elle rejoignit Adeline Hawke dans leur lointain sud, son Zochlom si familier et empreint de ses souvenirs d’enfance. Elles enterrèrent ensemble ce personnage qui avait marqué toute une génération, père des Cercles de l’Aube et géniteur de la médecine actuelle. Le soir même les habitants s’adonnèrent à un gigantesque festin, et l’on chanta jusque tard dans la nuit le nom de George Toen dont l’âme avait été amoureusement embrassée par Süns dans son sommeil, mort sans souffrance d’une vénérable vieillesse. Le surlendemain, Luka chevauchait Selhan sur le chemin du retour jusqu’à la cérémonie de remise des diplômes.

Certaines pages d’histoire demandent à être tournées dans l’intimité des consciences.



Quatrième fragment

    La nuit, désormais, est tombée.

Il y avait cette mission de routine. Un service rendu à la patrie, glorieuse rémunération de ces nombreuses années d’étude. Nislegiin, l’indomptable mer d’aiguilles, furieuses falaises dentelées de lames aiguisées, vit sa paix sauvage être troublée par la présence de contrebandiers fort peu scrupuleux. Leurs voix graves avaient creusé la roche, l’avait ébranlée de son long sommeil, et la terre entière s’était levée d’un fourmillement de protestations. Les aracnobions étaient apparus par centaine, avaient rongé les lisières du soleil, la faim au ventre à cause de ces outrecuidants. N’y avait-il plus rien à manger sous leurs chitines crissantes… ? Ils auraient pu s’entre-dévorer, Dyen l’espéra un temps donné. Interdisez les voyages, laissez-les s’épuiser. Les contrebandiers suivront ensuite. Cela ergotait là-haut, la hiérarchie non satisfaite par la bassesse de ces arguments. Envoyons une escouade en repérage, cela au moins, ne coûte rien.

Partir, revenir, haleter. Une mission d’un souffle, quelques poignées de secondes prélevées sur leur pitance journalière, un chouïa de renoncement de soi pour la communauté. Quel intérêt aurait-elle eu à refuser ? Voilà plusieurs semaines qu’elle se rêvait indépendante, un peu trop peut-être aux yeux de l’autorité : comme tout un chacun, il était l’heure de verser sa part d’efforts.

Ils partirent. Au nombre de quatre, fringants éclaireurs du nouveau monde, soigneusement harnaché à leurs bêtes somptueuses. Une mission de routine, se répétèrent-ils, trop heureux d’imaginer la couleur et le goût de l’hydromel sur leurs papilles lorsque le soir venu ils se glisseraient à table avec la satisfaction du devoir accompli. Les montagnes s’étendaient sous eux, vaste contrées alanguies, une marée sirupeuse qui n’avait guère de prise sur les battements d’ailes de leurs dragons. Ils virent quelques tentes dans le lointain, points de couleurs sombres agités de soubresauts, l’écho perdu d’ordres aboyés pour unique salutation. Alors, un coup résonna contre les parois rocheuses, se coula dans les ombres, dans les fissures minérales que rien n’avait plus dérangées depuis l’aube des temps… Un coup qui sonna étrangement à leurs oreilles, comme un claquement d’élastique, guère plus qu’une fréquence sèche et vibrante. Il fallut un temps infini à leur chef de section pour comprendre. « On nous tire dessus ! »

L’ordre affolé glissa sur les écailles de leur monture. S’agrippa à leurs entrailles. Proches, trop proches des falaises à leur gauche… Une balle siffla contre son oreille, et elle ne vit pas, alors, le dragon de son voisin faire une embardée hiératique. Et Selhan, déjà, esquiver la tentative d’une manœuvre désespérée.

Peut-être était-ce ce trop plein de confiance qui les avait saisis à l’orée de leurs rêves, peut-être était-ce un simple hasard, tout comme certains arbres sont frappés de foudre et d’autres se parent de leurs plus belles couleurs. Certains naissent beaux, dotés de charmes, d’autres s’embourbent dans une existence de parjures à jamais maudits des dieux. Quel destin Möchlog accorde-t-il aux vivants ? En décide-t-il seulement, condamné à voir le cycle se renouveler sans pouvoir aimer ses propres créations si ce n’est pour les détruire ?
    Et puis…
    Comment raconter le monde, lorsque tu n’es plus là ?

Longtemps, longtemps, le craquement d’os raisonna dans son cœur comme un déchirement des sens. Et toute cette voilure, cette grande voilure de toile qui l’avait portée de par le monde… L’aile dévorée par la pierre, Selhan chuta comme redevenu minéral. Une fée aux ailes coupées, sciées à l’arrête, plombées de nuit et de jours oubliés. Ô hauteur dévalée, un vide subit sous ses pieds, et ce sang qui emplissait ses mains et son palais, désormais hors de ses fonctions d’humaine : le choc la saisit toute entière en un revers de vague qui heurta son plexus. Arrachée à sa selle l’univers n’eut plus grand sens, frappée de foudre et brinquebalée plusieurs mètres plus bas. Cela lui sauva la vie.

La douleur explosa dans son corps en un million d’hurlements.

Qu’était-ce que cette réalité ? Celle où les dragons ne savaient plus voler, où le soleil était sanglant et les falaises mortelles ? Un bras cassé, une épaule démise songea-t-elle, très loin déjà de ce qui constituait sa personne. Un feu vivant rongeait son âme, une trace de désespoir incendiaire, la folie humaine d’un instant suspendu dans les cieux.
    Selhan.

Selhan n’était plus là. Selhan n’était pas cette masse couchée là-bas. Selhan respirait encore, là, sous ses paupières de cendre voilée…

Il n’était plus là nulle part. Disparu, fracassé, effacé de l’existence comme une trace de craie. Elle se releva, tituba, rampa à cœur affolé vers ce Selhan désormais distancé, hors de sa portée. Elle fouilla ses écailles tièdes, un bouillon noirâtre qui lui glissait des mains, affamait les aracnobions qui grouillaient par-delà sa réalité tronquée. Qu’était-ce là ? Qu’était-ce là… ?
    Il n’y avait plus que le silence. Et la nuit était tombée.



Cinquième fragment

    Ils sont venus te chercher. Leurs griffes t’ont emporté loin du seul être que tu n’avais jamais aimé, t’ont ôté à la faim dévorante de la terre et des aracnobions. Pourquoi ne peux-tu point mourir ? Pourquoi ta vie n’a-t-elle pas cessé en même temps que celle de Selhan ? Vous vous pensiez liés. Vous n’étiez rien.

    La souffrance a été terrible, tout d’abord. Longtemps. Elle te prenait par défaut, te coupait le souffle comme une lame chauffée à blanc. Tu te pliais de terreur, tu haletais contre le sol de l’infirmerie, un hurlement coincé une éternité durant au bord des lèvres et la sensation d’un écartèlement. Tu aurais fouillé ta chaire de tes propres dents si l’on ne t’avait pas attachée, animal désormais inapte parqué loin des foules traumatisées. Tu entendais leurs murmures. Leurs chuchotements inquiets. Qu’allait-on donc bien pouvoir faire de toi… ? Tu n’étais plus utile, pire encore, ton existence même leur montrait combien les leurs pouvaient être fugaces. Tu étais un rappel incessant à la mortalité possible des autres dragons, une erreur de Dyen, une Anomalie à soustraire à leur splendide château de cartes bien régulé. Les enfants ne dormiraient plus tranquilles en ta présence, les aspirants étaient mal à l’aise et t’évitaient comme la peste. Les aurais-tu vus derrière ta dimension retranchée, sans doute en aurais-tu souffert.

    Mais tu n’existais plus ici-bas.

    Et puis, la douleur s’est peu à peu étiolée entre tes doigts. Cette eau noire et huileuse qui a emporté avec elle ce qu’il restait de tes sensations. Tu as cessé de t’interroger, cessé de ressentir, cessé de voir. Mais la douleur, au moins, s’en était allée. Alors tu as fait de même, tu as disparu un soir d’hiver, tandis que la rumeur de ton rapatriement enflait dans les rues. Le Conseil était tombé d’accord sur le fait de te ramener à tes proches, loin à Zochlom, hors de leurs regards et de cette atmosphère maudite que tu véhiculais. Oh, tu ne l’as pas fait pour eux. Tu as simplement dérivé, car n’était-ce pas là ce que font les êtres sans vie… ? Le vent t’a guidé à l’extérieur de la cité, et tu t’es effacée du monde, définitivement, durant les dix années qui ont suivi.

    Tu n’en gardes que des souvenirs épars. Des bribes inaudibles, un lointain goût de transparence muette. Parfois, des flashs te reviennent. Tu te réveilles à Lonfaur, Kereeh, Weisse, sans savoir ce que tu as fait jusqu’à présent. Et cette absence d’identité t’est égale, il n’y a rien qui vaille la peine de se souvenir. Ton monde n’a pas de couleur particulière, il semble s’être éteint depuis longtemps déjà, et rien n’arrive à s’y accrocher : les visages et les mots s’y écoulent sans accrocs, s’évasent contre ton corps intangible. Tu manges peut-être, comme un animal se nourrit lorsque ses forces s’amenuisent. C’est une réaction corporelle dont tu n’as cure, qu’elle vive sa vie elle aussi, sans marquer la tienne. Tu as tué, tu as caressé, tu as trompé, tu as mordu, et tu as fait tout cela sans y penser, sans réaction. Tu l’as simplement fait car on te l’a demandé, et que la dernière voix audible est celle que tu écoutes : premier venu, premier exécuté. Quelle importance ?

    Tu ne vieillis plus. Cela, tu l’as remarqué. Le temps s’est figé à tes vingt-trois années, et sous les couches de crasse, peut-être aurais-tu été belle. Une autre que toi se serait enthousiasmée de ce don divin, ce grain de poussière dans les rouages de la vieillesse. Mais tu n’en as cure. Ici, ou là-bas, toi ou lui, quelle différence entre les gens ? Tu te serais autant émue devant un visage émacié qu’en te contemplant devant ce miroir brisé : tu n’es qu’un reste perdu quelque part entre passé et présent. Et que font les restes ? Ils s’abiment dans un décor noir et gris, se font oublier et piétiner par les jours qui défilent. Tu aurais dû te rendre cent fois à cet autre qui te traque et veut ta mort, ton Régisseur personnel tout attitré. Il parait que tu es une Anomalie. Mais mourir comme vivre ne dépend plus guère de toi, tu es de ses plantes errantes dans les remous du courant… Qu’importe si la baleine te saisit et te disperse, tant qu’elle le fait sans ridules sur ta surface.

    Alors survient l’aube. Un visage, soudain, franchit les brumes de ta conscience. Quelle étrangeté que cet homme qui s’intéresse à une épave… Il vient à toi, un matin parmi tant d’autres. Ton regard l’a surpris, te dit-il. Tu es assise, là contre ton mur, du sang sur les crocs et un reste de violence qu’il ne vaut mieux pas identifier. Tes vêtements sont déchirés, tes phalanges ont frappé, frappé… Aucune émotion n’en a découlé. Il te pose des questions auxquelles tu ne sais répondre, car le bruit t’ennuies, l’effort te coûterait trop d’énergie inutile.

    Il sera pourtant ton ancre, ton phare dans la nuit.



Sixième fragment

Il se nommait Geal Caric. Quoiqu’un peu fou, sa famille était issue d’une ancienne lignée daënar à présent désargentée. Cela ne l’empêchait nullement de vivre ses rêves avec le flamboyant élancement de sa prime jeunesse, et la route de Luka lui avait fourni l’ultime prétexte à l’un de ses retours sur scène. Scientifique de renom en mal de fournisseurs généreux, la sainte idée d’obtenir des Irys ailleurs l’avait effleuré : quoi de mieux qu’un mariage arrangé ? Il trouva en la personne de Luka l’éclopée essentielle à son existence, l’exact reflet de sa personnalité. Elle n’avait plus de feu en elle, mais possédait quelque part ailleurs l’héritage d’une immense fortune. Il se targua de pouvoir la protéger en échange, une vie portée sous un masque d’une identité qui n’était pas elle – aucun Régisseur ne pourrait plus la retrouver, digne épouse de la haute société daënar.

Il lui apprit l’humanité. Ils ne s’aimèrent pas, pas à la façon des couples. Leurs échanges étaient brefs et mus par la nécessité, dont ils ne retirèrent qu’une amitié profonde et marquée. Il se fit protecteur à ses yeux, et patient père face à une enfant il se mit à lui enseigner ce qu’elle avait perdu avec tant d’impatience. Cinq années de bestialité durent être reprises en main, écailler cette couche de verre dont elle s’était revêtue avec grand soin. Il l’emmena de par le monde, tâcha de lui faire recouvrer le goût et la vision, bien malgré lui emporté dans les élans sauvages de la jeune femme. N’était-ce pas là une forme d’attachement indivisible, elle qui prit dans son cœur la place de sa création ultime et finale, sa plus belle réussite… ?

Ils n’en parlèrent jamais, mais elle vint à comprendre que son chemin ne lui était pas inconnu. Il avait été Anomalie autrefois, et avait fini par accepter son nouveau tempérament fougueux et inapte aux relations sociales. Mécanisme étrange de l’existence, son statut d’Anomalie avait fondu telle de la neige au soleil : les années avaient recommencé à s’écouler pour lui qui avait réussi l’exploit d’accepter ses divergences comme une nouvelle nature. Il lui expliqua, lentement, avec des mots d’enfants, que quelque part en elle luttait toujours quelque chose. Sa conscience n’avait semble-t-il pas réussi depuis tout ce temps à s’arrêter sur une décision finale, ne pouvait se résoudre à ôter l’épine qui lui rongeait le cœur. Tant que ce conflit régnerait, elle demeurerait Anomalie.

Oui, peut-être avaient-ils vécu heureux ensemble. Bien que cette émotion n’ait rien signifié pour elle à cette époque, elle ne vit pas les minuscules fissures qu’il déposa dans son esprit. Il y eut bien quelques changements subtils… Elle aima un matin une confiture de fraise, juste avant que la sensation ne s’étiole. Un autre, il lui parut presque vouloir sourire. Au bout de quatre années et demi, il lui paraissait possible de se situer à nouveau dans le temps. « Nous sommes lundi », disait-elle, lui rabâchant les oreilles chaque matin des dates qu’elle retenait enfin.

« Nous sommes lundi », lui dit-elle, ce jour d’été où il s’envola loin dans les cieux. Nous sommes lundi, et tu t’apprêtes à partir… Il était venu au terme de son plus beau projet. Fasciné par le monde et les étoiles qui l’entouraient, tout ce vide à saisir qui l’appelait à corps perdu. C’était bien ainsi qu’il voulait mourir, dans ce néant obscur et pourtant si brillant. Où allait la lune lorsqu’elle n’était plus là ? Jusqu’où s’étendait l’univers, loin de leurs perceptions trop humaines ? Il avait bâti avec soin durant ces cinq années de gardiennage le vaisseau de ses rêves, celui qui l’emmènerait savourer de sa propre langue ce trou d’il-ne-savait-quoi au-delà des falaises d’Irydaë.

« Je pars heureux ! » lui répéta-t-il, fou de joie sur le pont de son navire. « Je penserai à toi là-bas ! » Elle ne ressentit rien. Le salua comme de coutume, un jour de travail au plus banal. De quoi aurait-elle souffert ? Il accomplissait le but de son existence, le choix qu’il s’était fait en dépit de tout ce qui l’attachait encore à cette réalité concrète.

Tout comme ses parents, lui non plus ne revint pas. Son vaisseau s’éclaira d’une vive lueur dans le lointain, et les flammes dévorèrent ce qu’il restait de l’armature.

Elle se leva, récupéra ses affaires. Une valise, guère plus, de ses maigres possessions. Le chemin fut court jusqu’à Zochlom, à peine le temps d’un souffle. Combien de temps… ? Depuis combien de temps errait-elle… ? Alors quelque chose bougea en elle. Un long, profond mouvement de siphon, toutes ces fissures égarées qui achevèrent de briser le barrage de ses sens. Adeline n’eut que le temps infime de la rattraper dans ses bras désormais vieillis, ses pleurs tâchant sa chemise blanche.



Epilogue

Le temps se remit à s’écouler la veille de ses trente-deux ans. Ces dix années perdues prirent des allures de rêve sibyllin, à peine vécues, peut-être par une autre qu’elle. Tout ce retard à rattraper… Elle obtint son diplôme officiel de Second Cercle, ré-apprivoisa cette famille qui était la sienne. Il y avait tant à faire ! Elle n’avait pas assez de mains pour tout saisir, tout apprendre, tout savourer pleinement, et sa soif revenue lui donnait des éclats d’une jeunesse saisie à pleines dents.

Que lui réservait donc le futur, elle qui avait tant donné au passé ?

C’est du moins là que commence notre véritable aventure, car les cloches de 932 sonnent la nouvelle année.





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0/30.000
Les Vigilants--------
0/30.000


~ N'hésitez pas à adresser vos questions par MP à Asmigal, Khugatsaa ou Möchlog, ils se feront un plaisir de vous aider ! ~


Dernière édition par Bolgokh le Mer 22 Mar - 22:32, édité 3 fois
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Luka Toen
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Jeu 10 Nov - 20:05
Irys : 594730
Profession : Historienne et naturaliste à ses heures perdues, médecin officiellement
Guilde +2 (femme)



Relations & RPs



RPs en commun



Avril 932
- Une pluie de cendre efface toutes les peines [Terminé]
- Les brides d'une amitié [En cours]
Fin décembre 932
- [Event mondial] La salle du bal [Terminé]



Faye Toen



Elevée en tant que fille unique, Luka ignorait tout de l’existence de sa grande soeur jusqu’en 932. Néanmoins… Il y a bel et bien quelque chose de très naturel et fulgurant dans leur relation, immédiatement complices : Faye lui est devenue précieuse, dernier vestige de leur famille après la mort de leur grand-père. Leur ressemblance aussi proche que deux gouttes d’eau rend toutefois plus difficile encore le fait de savoir que sa sœur est une Anomalie… Et mourra donc un jour prochain. Pour cette raison, Luka s’est jurée de la protéger au-delà du réel, quitte à braver les Architectes en personne s’il le faut.






RPs en commun



15 février 932
- Après l'amour, la sueur des ivrognes a l'odeur du vomi. [Terminé]
27 août 932
- La formation d'une communauté [Terminé]
Début septembre 932
- Expédition n°1 - Ekhlen [Terminé]



Levis Downson



Partenaire d’aventures sordides et loufoques, Luka a très vite pris l’habitude de se référer à cet étrange individu comme compagnon loyal dans les quêtes de dernier espoir. C’est indéniable, il y a quelque chose dans leurs tempéraments respectifs qui fonctionne à plein régime lorsqu’il s’agit de se sortir de situations compliquées. Tous deux médecins, ils se sont donnés le doux nom de « Doc & Marty » en référence à l’une de leurs œuvres littéraires daënars préférées.






RPs en commun



27 août 932
- La formation d'une communauté [Terminé]
Début septembre 932
- Expédition n°1 - Ekhlen [Terminé]
Fin décembre 932
- [Event mondial] La salle du bal [Terminé]



Lizzie Seavey



Femme forte et indépendante, Luka s’est toujours gardée de se pencher de trop près sur ses activités : ells ne seront peut-être pas toutes à son goût. Il est bien plus simple d’entretenir une amitié renforcée par les épreuves vécues lors de leur visite à Ekhlen et la conception d’un groupe d’aventuriers. Voilà des expéditions qui rapprochent ! Leur relation est cependant en passe d’évoluer encore d’un cran… Leur rencontre au bal de Zochlom risque en effet d’avoir une importance capitale pour le futur : leurs intérêts se rejoignent à une période de l’histoire où la guerre est à deux doigts de faire disparaître des montagnes de connaissances.






RPs en commun



27 août 932
- La formation d'une communauté [Terminé]
Début septembre 932
- Expédition n°1 - Ekhlen [Terminé]
Janvier 933
- La liberté de nous battre [Terminé]



Billy Lyons



Comparse indissociable de Lizzie Luka a progressivement appris à compter sur lui et ses airs bourrus grâce à leur précédente expédition à Ekhlen. Un tireur hors pair très souvent prêt à faire les quatre cent coups avec eux, il est celui qu’elle appellerait immédiatement à la rescousse pour résoudre une affaire douteuse et delicate. Un homme qui n’a pas le bavardage facile mais dont les actes ont maintes fois prouvé que Luka pouvait placer sa confiance en lui : ils font semble-t-il partie de la même meute. Entre loups, ne veille-t-on pas les uns sur les autres ?






RPs en commun



17 février 933
- Au bord du monde [En cours]



Dazen Guile



L’on dit que l’amour immédiat n’est voué qu’à se consumer en fumée, qu’il dévore et ne laisse rien derrière lui. Peut-être après tout, Luka s’en fiche, n’a-t-on guère qu’une seule vie ? Il est de ceux à laisser une trace indélébile dans son esprit, un attachement (réciproque ?) instantané et imprévisible. Elle ne sait où les mènera l’avenir : tant qu’il n’a pas connaissance de son ascendance my’trän et de cette sœur qu’elle souhaite protéger, lui qui fait partie intégrante de l’armée et pourtant respire la liberté, il y aura encore un temps pour être heureux.






RPs en commun



Novembre 931
- Le chant du Rossignol [En cours]



Dolores de Rosse



Quelle femme sensuelle et magnétique que ce rossignol aux faux airs de biche égarée… Trompée comme ces innombrables autres, Luka s’est laissée prendre dans le jeu charnel de la belle. N’allons pas jusqu’à dire qu’il s’agit d’amour, lorsque l’acceptation d’une nuit dans ses bras ne s’est faite que dans l’espoir de pouvoir sauver un peu de son âme esseulée. Oui, Luka a été fortement ébranlée par le manque terrible qui lézarde la façade faussement brillante de Dolores. Elle est et restera tout du moins une bonne amie à l’impact saisissant.






RPs en commun



Mai 932
- Le prix de l'humanité [Terminé]



Alises Torouciave



Alises éveille en Luka de forts instincts protecteurs depuis sa visite médicale à Vereist. Passionnée par l’étude du règne animal tout comme elle, elles se sont rapidement trouvés des sujets de conversation similaires. Il n’est pas facile pour une femme de réussir sa carrière dans les milieux intellectuels de Daënastre, aussi Luka est-elle prête à lui apporter toute l’aide nécessaire, même lorsqu’il s’agit de cacher aux yeux de la société une grossesse non prévue et fort dangereuse pour l’avenir d’Alises… Qu’à cela ne tienne, elle assumera jusqu’au bout son rôle de médecin traitant !






RPs en commun



An 930
- La fragrance d'un souvenir... [En cours]



Joël Neara



Un jour du passé, ce lointain passé lorsque Luka était encore une anomalie. Un immense aéronef se crash aux frontières nord de Vereist, juste à côté d’un petit village oublié et rongé par la maladie : Klumpen. Luka et son mari y retrouvent les cadavres de l’équipage, et parmi eux, le corps gravement blessé du capitaine, Joël Neara. Il faut agir vite, et la jeune femme prend sa première décision depuis bien longtemps. Elle le sauvera ! Et ce, malgré son bras contaminé par la magilithe, et l’étrange reflet qu’il lui renvoie… N’est-il pas au final le parfait double d’elle-même… ?






RPs en commun



12 août 932
- Deux cervoises et du petit lait ! [En cours]
Fin décembre 932
- [Event mondial] La salle du bal [Terminé]



Althéa Ley Ka'Ori



Il est délicat de décrire la relation que Luka entretient envers Althéa, elle-même ne saurait mettre précisément des mots sur ce bout de femme. Une recrue tout d’abord, sa protégée en quelques sortes, tombée du ciel droit sur son chemin par les lois du destin. Mais également une âme complexe que Luka sent influençable et encore en peine pour s’affirmer pleinement dans ce monde. Althéa semble être à la recherche de sa juste place, et Luka se méfie de ses égarements tout en l’aimant corps et âme comme sa propre fille confiée par Möchlog en personne.






RPs en commun



Début octobre 932
- Mesure et contrepoint [En cours]



Odard Coursang



Comment définir ce qui nous file sans cesse entre les doigts ? Odard est facétieux, n’en fait qu’à sa tête, mais possède le charme incomparable des âmes libres à jamais : qui sait si sa voix ne chuchote pas dans l’oreille des Architectes en personne ? Luka est fascinée par son jeu d’instrument tout autant que son aptitude à raconter des contes. Cela, sans évoquer ce pouvoir d’illusions qu’il ne sait que trop utiliser à bon escient pour faire luire les prunelles de son public. Il est ardu d’approche, mais elle espère tout du moins pouvoir en faire un ami lointain.






RPs en commun



Fin octobre 932
- La complainte des âmes perdues [En cours]



Ezechiel Thal'Andrïl



Ce jeune homme de très bonne volonté ne peut être sciemment détesté. Sans connaître l’identité de Luka ni la situation présente, il a pourtant accepté de l’aider malgré l’attitude cavalière de notre dragonnière : il n’en fallut guère plus pour qu’elle l’apprécie grandement. Il se rapproche fort d’un adorable disciple à ses yeux lorsqu’il s’agit de Dyen, et n’a pas hésité à se porter garante de sa candidature auprès des institutions. Elle l’admire qui plus est pour sa maîtrise du don d’Orshin.






RPs en commun



Novembre 932
- Le remède de la tablette [En cours]



Staèl



Le contact relationnel fut de prime abord… Difficile. Partie sur un malentendu, ses manières de charmeur invétéré qui ne doute de rien n’aidèrent pas cette rencontre à se dérouler sous les meilleurs auspices. Néanmoins, son côté respectueux du savoir et de l’histoire ne déplait pas à Luka qui a su reconnaitre en lui un bon partenaire d’enquête.






RPs en commun



3 février 933
- Surveillance nocturne [En cours]



Leika Heisman



Omitto iuris dictionem in libera civitate contra leges senatusque consulta; caedes relinquo; libidines praetereo, quarum acerbissimum extat indicium et ad insignem memoriam turpitudinis et paene ad iustum odium imperii nostri, quod constat nobilissimas virgines se in puteos abiecisse et morte voluntaria necessariam turpitudinem depulisse. Nec haec idcirco omitto, quod non gravissima sint, sed quia nunc sine teste dico.






Chronologie

Carte des déplacements durant l'année 932 :
 

Carte des déplacements durant l'année 933 :
 

An 930

An 931

An 932

An 933


RPs abandonnés (non réponse des partenaires)


Apparence complète de Renkhii
CODE COULEUR = #FFA500



Dernière édition par Luka Toen le Dim 1 Avr - 17:14, édité 56 fois
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Luka Toen
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Jeu 16 Mar - 0:45
Irys : 594730
Profession : Historienne et naturaliste à ses heures perdues, médecin officiellement
Guilde +2 (femme)



Pour aller plus loin

Mon personnage vous intéresse ? Vous désirez en savoir plus, ou n’avez pas la foi de lire l’énorme pavé que constitue mon histoire ? Voici pour vous un résumé synthétique du passé de Luka :

Spoiler:
 


Vous pouvez également lire l’histoire de la guilde des Cercles de l’Aube puisqu’il y est fait mention de la vie de George Toen, son grand-père, ainsi que d’Adeline Hawke et Madrain Hilmar, ses deux autres « tuteurs » par procuration :


Cliquez sur l’emblème !

~ N'hésitez pas à m'envoyer un mp si vous cherchez un RP, ce sera toujours avec grand plaisir ! ~




Galerie des succès




Succès n°1 VerrouilléSuccès n°2 VerrouilléSuccès n°3 VerrouilléSuccès n°4 VerrouilléSuccès n°5 VerrouilléJamais sans mon thé
Vous avez accepté de boire un thé alors que le temps jouait contre vous.
Succès n°7 VerrouilléFunambule
Vous vous êtes baladé sur les rails des aqueducs d'Ünellia, à des mètres et des mètres de hauteur.

Succès n°9 VerrouilléSuccès n°10 VerrouilléSuccès n°11 VerrouilléSuccès n°12 VerrouilléForce blanche !
Vous avez contribué à mener un alignement loyal/bon jusqu’à son terme.
Succès n°14 VerrouilléSuccès n°15 VerrouilléSuccès n°16 Verrouillé
Succès n°17 VerrouilléRenaissance
Vous vous êtes retrouvé nu comme un ver sans le moindre équipement en situation périlleuse.
Succès n°19 VerrouilléSuccès n°20 VerrouilléSuccès n°21 VerrouilléSuccès n°22 VerrouilléSuccès n°23 VerrouilléSuccès n°24 Verrouillé
Succès n°25 VerrouilléSuccès n°26 VerrouilléSuccès n°27 VerrouilléSuccès n°28 VerrouilléSuccès n°29 VerrouilléSuccès n°30 VerrouilléSuccès n°31 VerrouilléSuccès n°32 Verrouillé




Succès n°1 VerrouilléSuccès n°2 VerrouilléDeus Lovult
Vous êtes un Élu
Succès n°4 VerrouilléSuccès n°5 VerrouilléSuccès n°6 VerrouilléSuccès n°7 VerrouilléSuccès n°8 Verrouillé
Succès n°9 VerrouilléSuccès n°10 VerrouilléSuccès n°11 VerrouilléDieu est un pote à moi
Vous avez rencontré un Architecte sur votre route.
Succès n°13 VerrouilléSuccès n°14 VerrouilléSuccès n°15 VerrouilléSuccès n°16 Verrouillé
Aux fraises
Vous vous êtes fait avoir comme un débutant par les talents d’un adepte de Khugatsaa.
Succès n°18 VerrouilléSuccès n°19 VerrouilléPas crédule
Vous avez su voir au-delà d’une illusion de Khurmag.
Succès n°21 VerrouilléSuccès n°22 VerrouilléMénage à trois
Vous croyez en deux Architectes en même temps.
Succès n°24 Verrouillé
Succès n°25 VerrouilléSuccès n°26 VerrouilléSuccès n°27 VerrouilléSuccès n°28 VerrouilléSuccès n°29 VerrouilléSuccès n°30 VerrouilléJ’aurais dû mettre un pull
Vous vous êtes retrouvés coincé au beau milieu du célèbre Khoral de Khurmag (et en êtes sorti vivant)
Succès n°32 Verrouillé




Mouton déluré
Vous avez intégré les rangs d’une guilde.
Opportuniste
Vous avez consenti à rejoindre une guilde pour débloquer le 3ème palier de votre réputation.
Succès n°3 VerrouilléIt was at this moment, Jackson knew he fucked up
Vous êtes tombé sur un adversaire plus coriace que vous.
Succès n°5 VerrouilléSuccès n°6 VerrouilléSuccès n°7 VerrouilléLa troisième roue du carrosse
Vous avez terminé un RP en compagnie d’un Daënar et d’un My’trän en même temps.

Succès n°9 VerrouilléDans quel État j’ère ?
Vous vous êtes rendu en Zochlom pour dieu sait quelle raison !
Succès n°11 VerrouilléSuccès n°12 VerrouilléSuccès n°13 VerrouilléSuccès n°14 VerrouilléSuccès n°15 VerrouilléSuccès n°16 Verrouillé
Les Bronzés
Vous êtes allé à Ekhlen… Et vous n’étiez pas prêt.
Succès n°18 VerrouilléSuccès n°19 VerrouilléSuccès n°20 VerrouilléSuccès n°21 VerrouilléSuccès n°22 VerrouilléSuccès n°23 VerrouilléSuccès n°24 Verrouillé
Succès n°25 VerrouilléSuccès n°26 VerrouilléSuccès n°27 VerrouilléSuccès n°28 VerrouilléSuccès n°29 VerrouilléSuccès n°30 VerrouilléSuccès n°31 VerrouilléSuccès n°32 Verrouillé




Magnat du clic
Vous avez été sur le podium des meilleurs voteurs topsites du mois.
Représentant en or
Vous avez fait une analyse ou un interview des Administrateurs sur Frôle.
Égérie d’Irydaë
Félicitations ! Vous avez accompli l'ensemble des succès "Bienfaiteur", "Magnat du clic", "Diplomate officiel" et "Représentant en or" sans en oublier une seule !
Moule de mer
Vous avez mis plus d’un mois pour répondre à un RP : question procrastination, entre la moule de mer et vous la différence c’est la coquille.
Grand mécène
Vous avez accompli au moins deux des succès suivant pour faire connaître le forum : "Magnat du clic", "Diplomate officiel" et "Représentant en or"
Expert animalier
Vous avez proposé plusieurs ajouts au bestiaire, et ils ont été validés.
Aventurier sensationnel
Vous avez participé à au moins cinq events ou concours du forum, hors expéditions à Ekhlen.
Succès n°8 Verrouillé
Bienfaiteur
Vous avez voté sur un ou plusieurs Topsites.
Cabinet des curiosités
Vous avez proposé plusieurs ajouts au background du forum (villes, mœurs et coutumes, concepts, guildes... etc.).
Éternel incompris
Vous avez posté au moins six questions au sujet d'Irydaë.
Diplomate officiel
Vous avez laissé un commentaire sur Frôle ou Sawen.
Succès n°13 VerrouilléSuccès n°14 VerrouilléAventurier ascensionnel
Vous avez participé à un event ou un concours du forum, hors expéditions à Ekhlen.
Chercheur en mousse
Vous avez proposé un ajout au bestiaire, et il a été validé.

Succès n°17 VerrouilléSpécialiste du rendement
Vous avez posté une suggestion pour améliorer Irydaë.
Floodeur de l'extrême
L'inondation, c'est votre truc. Vous avez participé à tous les jeux de la Terrasse de Papy Bolgokh.
Quand est-ce que ça s'arrête ?
Vous avez plus de cinq Rps en cours en même temps.
F.I.I.
Vous êtes le légendaire Floodeur Intergalactique Innovant. Vous avez inventé un nouveau jeu dans la Terrasse de Papy Bolgokh.
Journaliste autobiographique
Vous avez créé et posté votre journal de bord à la suite de votre fiche.
Succès n°23 VerrouilléSuccès n°24 Verrouillé
Spammeur privé
Vous avez rempli votre boîte de messages privés à plus de 50%, screen à l'appui.
Messager obscurantiste
Vous avez rempli votre boîte de messages privés à plus de 80%, screen à l'appui.
Amoureux(se) du shopping
Vous avez acheté au moins trois fois de l'équipement supplémentaire.
Succès n°28 VerrouilléÉcrivain en herbe
Vous avez au moins cinq RPs terminés.
Succès n°30 VerrouilléSuccès n°31 VerrouilléSuccès n°32 Verrouillé




Élue plus ancienne membre d’Irydaë !



Galerie des images

Apparence de Luka à 5 ans :
 

Apparence de Luka à 9 ans :
 

Apparence de Luka à 15 ans :
 

Chibi Luka by Levis :
 

Chibi Luka by Faye :
 

Soirée pyjama entre filles, by Faye :
 

Un grand merci à Levis, Althéa et Faye pour ces trouvailles ! ♥️


Apparence complète de Renkhii
CODE COULEUR = #FFA500

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