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Chroniques d'Irydaë
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 On se met au vert chez les verts ! [PV: Meylan Lyrétoile]

Oskar Medcalfer
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Lun 8 Jan - 0:04
Irys : 199964
Profession : Voleur
Guilde +1 (homme)
Par tous les héros des légendes, il méritait bien ses vacances, l’Oskar ! Vous vous rendez compte ? Cambrioler la maison du gouverneur de la capitale, Alexandria ! C’était un coup de maître, un coup digne de son génie cambrioleur ! Un génie qui, par contre, sera bien au chaud dans sa petite lampe pendant un moment ! Bah ouais, c’est que tuer des gens à tour de bras, ça l’a un peu ramolli Pattes de Velours. Dès qu’il avait réussi à refiler tout ce qu’il avait récupéré de l’hôtel du gouverneur, il s’était dépêché d’acheter un billet de bateau avec tout le flouse qu’il avait amassé ! Un billet pour où, me direz-vous ? Bah pour My’trä ! Quelle question ! Comment mieux se faire oublier chez les mordus de boulons qu’en allant chez les mages ? Quand j’vous dis que dans sa tête l’Oskar il est logique. Bref, il a vite embarqué pour l’autre continent, moi j’vous le dit !

Le voyage a été… long. Oh, parbleu qu’il a été long ! Deux semaines ! Deux semaines de bateau ! Mais… mais c’est long, deux semaines ! Enfin, c’est pas passé si lentement que ça, vu le « talent » qu’il mettait à jouer aux cartes, Oskar est rapidement devenu la star du club de jeu dans la cale du navire, mais ça reste sacrément, fantastiquement long ! En plus, ils ont fait une escale de plusieurs heures à… comment il s’appelle déjà, ce bled à Zochlom, Ye…ron…khii ! Voilà ! Impossible à prononcer, cette horreur ! Bon, c’était bien pour se dégourdir les jambes, mais passer de l’hiver daënars au désert de ce gros continent, ça faisait pas vraiment bonne magie, si vous voyez ce que je veux dire. Résultat, notre voleur est tombé malade, il restait encore six jours en mer, et ils s’annonçaient bien long comme il faut !

Bon, au final, il est arrivé à l’aube du dix-neuvième jour, certes blanc comme un cul, mais il allait bien mieux ! Et puis, quand il est sorti du bateau, je vous raconte pas la claque intercontinentale qu’il a pris dans le visage ! Bon, on éclipse le petit trou de Aseoru, c’est de la gnognote à côté d’Eoril ! Voilà le topo. Une ville en forme de carré, avec une grosse avenue au milieu, avec des maisons en marbre et le tout avec des tas, mais des tas, de pierres précieuses de partout ! Mais c’est le paradis des voleurs ! Bon, on a dit qu’on se calmait, on est là pour des vacances, mais quand même ! Il repartirait avec un souvenir, c’est sûr !

Bon, quand il s’est mis à parler un peu aux gens, ça se voyait qu’ils étaient pas super chauds pour lui taper la causette. Le pauvre Oskar avait une trop belle gueule de Daënar ! Mais qu’à cela ne tienne ! N’était pas voleur qui pouvait pas changer de couleur ! Du coup, comme une donzelle avec des billets plein les poches, il est allé dans la boutique de vêtements la plus proche et il s’est fait plaisir, sacré nom d’un chien ! Il s’est habillé lo-cal, y’a pas d’autres mots ! Il avait même trouvé une petite cape de voyage histoire de se protéger de ce qui avait l’air de faire loi ici : la pluie ! Bon, ce jour-là il faisait beau, mais faut pas prendre Pattes de Velours pour le dernier des cornichons ! De la boue partout, plein les ruelles, les gouttières qui trempent dans une flaque comme si elles venaient de dégobiller, nan ! On la faisait pas à Oskar, ça s’annonçait comme étant bien trempé cette affaire !

Du coup, le voilà avec les couleurs locales, et on a déjà moins l’air de le prendre pour un chacal. Prochaine étape : trouver une auberge ! Il était pas venu les mains vides, le voleur, et il aurait bien aimé déposer son gros sac avant de visiter l’endroit. Quand il demanda son chemin, on lui conseilla d’aller dans le « Triangle Inférieur ». Ok ça roule ! En fait, à bien entendre, tout le monde ici parlait comme si y’avait que deux quartiers : le quartier inférieur et le quartier supérieur. Bah dis donc, pour se repérer ça doit être la fête ! Il valait donc mieux choisir une auberge pas loin de l’avenue centrale, sinon il allait vraiment passer une heure par jour à la retrouver, et c’était pas le but. Il paya l’aubergiste, monta ses affaires, et déposa tout en prenant bien soin de fermer les volets et la porte à clé. On n’apprenait pas à un voleur qu’il fallait se méfier des voleurs.

Après avoir réglé tout ça… il était l’heure de s’amuser ! Après une petite conversation avec la tenancière, Oskar apprit qu’en gros : Triangle inférieur = repos, triangle supérieur = fiesta. Bon bah, direction la fiesta ! Après, il était quelque chose comme trois heure de l’après-midi, donc c’était plutôt l’heure de la sieste par ici, mais y’avait moyen de trouver une bonne taverne où se poser avec des cartes en attendant le coucher du soleil, nan ? Du coup, il tomba sur « La Pie Voleuse », ironie quand tu nous tiens. Peut-être que ça lui porterait chance ? Il entre. Et là, la vache ! Déjà que le bâtiment, vu de dehors, il était beau, mais à l’intérieur c’était à tomber ! Très exotique, par contre, ça ressemblait pas vraiment à ce qu’il avait l’habitude de voir, mais ça lui plaisait bien ! Y’avait des tas de tapis, même aux murs ,des canapés énormes, aux formes bizarres et proches du sol, c’était tout coloré, y’avait pas grand monde… Par contre y’avait une table pour jouer ! Et ça, on sait ce que ça veut dire. C’est pas parce qu’on est en vacances qu’on peut pas gagner d’argent !

Pattes de Velours s’en alla donc s’asseoir, trouver une place au milieu des soiffards qui s’amusaient à jouer aux dés. Y’avait d’autres gars, pas loin, qui jouaient un espèce de jeu de cartes qu’Oskar connaissait pas du tout, donc autant rester sur des valeurs sûres, et on commença à s’amuser et surtout à gagner ! Franchement, ça s’annonçait comme des belles vacances !

Tenue d'Oskar (sans les bombes et avec une cape neuve et capuche baissée) o/:
 


Félicitations, mollusque ! T'as lu mon post jusqu'au bout !
Pour ta peine, tiens, c'est un rat mort. Je l'ai appelé Henry.
C'est sympa comme nom ça, Henry.


Dernière édition par Oskar Medcalfer le Dim 25 Mar - 17:58, édité 1 fois
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Meylan Lyrétoile
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Lun 8 Jan - 23:02
Irys : 631201
Profession : Ménestrelle
My'trän +1
Apparemment, Mary avait eu raison de tirer Meylan de sa comfortable et familière ville natale (bien que le doute soit permis sur ce dernier adjectif).  Moins d’un mois après son retour, la voilà qui était déjà repartie sur les routes, cette fois en direction de la capitale australe de Zolios.  La réputation de la ville pour les spectacles en tous genres n'était plus à faire, en faisant un incontournable pour la ménestrelle.  Un autre avantage considérable d'Eoril sur, par exemple, Busad, était que la ville était assez proche de Darga, rendant le voyage parfaitement envisageable même en ces froids mois d’hiver.

La première impression que Meylan eut de la capitale zolienne (ou plutôt: de sa milice) tenait en peu de mots: aussi méticuleuse que patiente.  Ce qui voulait dire que ceux qui voulaient entrer dans la ville devaient faire preuve de patience aussi, a fortiori quand, comme Meylan, ils faisaient partie d’une caravane de taille assez respectable.  Elle prit donc son mal en patience et attendit que les suspicieux (paranoïaques?) gardes de la ville soient enfin satisfaits.  Arrivée aux portes de la ville en début d’après-midi, elle voyait le soleil décliner rapidement quand elle put enfin se mettre en quête d’une auberge où déposer le gros de son paquetage.  Restait à espérer que l’établissement que le chef de caravane lui avait recommandé était aussi honnête qu’il le prétendait.

Grâce aux indications claires qu’on lui avait fournies, elle n’eut aucun mal à trouver l’enseigne recommandée.  Heureusement, l’auberge semblait correspondre au cadre promis: correcte, propre et pas hors de prix.  Parfait.  Une fois débarrassée de son sac de voyage, elle se sentit incroyablement légère.  Elle garda par contre en bandoulière le robuste sac en cuir qui contenait son plus grand trésor, sa lyre.  Hors de question qu’elle s’en sépare.  Le second soulagement fut d’enfin se débarrasser de sa tenue de voyage, certes comfortable mais marquée par les jours de voyage.  Après s’être rafraichie, elle la remplaça par une tenue plus appropriée pour la scène: une tunique de laine blanche, un pantalon bleu marine et de hautes bottes brunes.  Sa cape bleue marine brodée de fils argentés et un chapeau à larges bords de la même couleur venaient donner une touche unique à cet ensemble autrement sobre.  Elle finit en attachant sa bourse et son fin poignard à sa ceinture, passa le sac de sa lyre à son épaule et quitta sa chambre.

Le soir tombait tôt en cette saison, et c’est dans la mi-clarté que la ménestrelle commença à vraiment découvrir la ville.  L’avantage à son organisation était que trouver les quartiers dédiés à la vie nocturne était assez simple: il suffisait de traverser l’allée centrale.  Les rues du fameux triangle supérieur étaient assez animées à cette heure, véritable chassé-croisé entre ceux qui quittaient leur lieu de travail et ceux qui entamaient leur soirée.  Après avoir flâné pendant un moment dans les rues du quartier festif d’Eoril, Meylan se décida à entrer dans une taverne où il semblait déjà régner une certaine ambiance.  Elle fut accueillie par une bouffée de chaleur bienvenue après le froid des rues.

Etant donné qu’elle était en terrain inconnu, elle préféra se faire une idée des lieux avant de sortir sa lyre.  Elle commanda donc à boire et s’installa un peu en retrait pour observer ceux qui remplissaient la salle commune de l’établissement.  Quelques évidents piliers du bar et autres habitués, des joueurs adeptes de différents jeux de cartes (dont au moins deux tricheurs invétérés) et une belle brochette de joueurs de dés.  À y regarder de plus près, il y avait d’ailleurs quelque chose d’étrange dans l’un des groupes de ces derniers.  Deux joueurs échangeaient de fréquents coups d’oeil à chaque fois que le troisième avait les yeux fixés sur les dés.  Ils étaient de mèche pour quelque chose, mais quoi?  Des dés pipés?  Non, c’était trop grossier pour le jeu plus complexe auquel ils semblaient jouer.  Ou alors…  Plissant les yeux, Meylan observa les deux complices de plus près.  Le plus trapu des deux semblait se concentrer à chaque fois que le troisième parieur jetait les dés, et un fin voile de lueur couvrait d’ores et déjà son front.  Un illusionniste.  Brillant.  Mais aussi très injuste par rapport au troisième joueur.  Estimant que les deux compères s’étaient assez amusés, Meylan vida son verre et s’avança jusqu’à se placer juste derrière l’épaule de l’illusionniste.

"Il me semble que c’est Süns qui a la réputation de forcer la main au destin, pas Khugatsaa."

Elle avait parlé à voix basse, mais tout de même audible à ceux qui étaient les plus proches d’elle.  Sa concentration brisée, l’illusionniste se tourna vers elle avec un regard courroucé.  Elle ne s’était pas fait un ami sur le coup.  Tant pis, les tricheurs devaient assumer de se faire exposer s’ils n’étaient pas assez subtils.

HRP:
 



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Oskar Medcalfer
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Mar 9 Jan - 15:27
Irys : 199964
Profession : Voleur
Guilde +1 (homme)
Les parties s’enchainaient bien, ma foi ! Oskar aimait bien ses compagnons de table, ils étaient pas bavards, mais super concentrés. Ça se voyait qu’ils étaient là pour gagner ! Sauf que, Pattes de Velours, il avait une chance aux dés qui était juste magnifique. Ah, magnifique ! Il gagnait pas tout le temps, mais quand même un sacré paquet de fois ! C’était vraiment pas banal. Après, il perdait des fois, donc il trichait pas. En parlant de tricheurs, d’ailleurs ! Voilà pas deux petits nouveaux qui s’installent à la table ? Ils sont mignons, on dirait des frangins, ou des clochards, des clochards frangins ? Enfin bref, ils avaient pas bonne allure. Ils venaient sûrement pour se refaire une santé financière en laissant le hasard décider. Dans tous les cas, Oskar était content de jouer avec des gens un peu plus souriants. Ils étaient sympas, ils rigolaient bien et tout, sauf qu’ils gagnaient tout le temps. Mais quand je dis tout le temps, c’est tout le temps.

Bon, on apprend pas à un singe à faire la grimace, le gonze savait bien qu’il y avait un truc. Seulement, il savait pas quoi. Et accuser de triche sans preuves, c’était mal barré pour aboutir quelque part. Du coup, il a attendu, regardant son argent s’envoler comme les plumes d’un gibier qu’on vient de tirer. Sauf qu’à un moment, des sous y’en a plus, et toujours pas de preuve ! Et là, c’est un petit miracle ! Une des demoiselles sur une table bien à l’écart se mit à chuchoter des douceurs au tricheur ! Oskar bitait vraiment rien à ce qui se racontait. Khugatsaa ? C’était qui ce gusse déjà ? C’était pas… un Architecte ? Ah mais oui ! On était à côté de Khurmag ! Et à Khurmag, y’a quoi ? Les illusionnistes ! Vu la réaction de l’escroc, elle avait dû taper dans le mille. Parfait ! Oskar fit mine d’être énervé et frappa du poing sur la table.

- Dis donc, toi ! Ce serait pas de la triche, par hasard ? Mais c’est que c’est vilain ça ! Aller ! Rends-moi mon argent !


Il aboyait fort, mais en vrai il était pas vraiment en colère. Ça l’amusait, en fait. Puis en plus, la donzelle qui avait révélé la triche était juste derrière, et il lui jetait quelques coups d’œil pour lui partager son amusement. Très vite, il arrivait pu à cacher son rictus, et répéta en manquant de pouffer de rire.

- Bon… tu me le rends mon fric ou pas !

Le gars se retourna, vu qu’il était toujours en train de faire une moue de colère à l’autre jeune fille, et il se mit à taper sur la table aussi.

- Et si je te le rends pas, tu fais quoi, hein ?! On est deux ! C’est elle qui va te défendre ?


C’est vrai qu’ils étaient deux, des plutôt gros bras en plus, sauf que vous parlez à un gars d’Aildor les enfants. Il a pas eu la moindre réaction, à part un sourire un peu plus large et ses yeux qui passent sur un visage, puis l’autre. Ça les énervait pas mal, ce petit salopard qui se foutait de leur gueule. Une fois qu’il les avait bien énervés, le voleur fit comme s’il se souvenait d’un truc en levant un doigt en l’air.

- Oh, attendez ! Je vais vous montrer.

Puis sa main glissa jusqu’à l’une de ses bottes. En dessous de la partie en cuir repliée, il avait caché ses couteaux de lancer, on sait jamais. Il les détacha, l’un après l’autre, alors que les deux gonzes commençaient à être bien nerveux. Après, il se redressa sur son dossier, et planta les couteaux dans les fissures de la table en bois. Un par un, devant lui. Il souriait encore, le saligaud, sans oublier de garder un œil sur la demoiselle qui admirait le spectacle. Il attendit un peu, puis lâcha un « Oh, j’en ai un autre. » Puis il dégaina la dague qu’il avait à sa ceinture, rangée dans son fourreau, qui était longue d’au moins un pouce de plus que ses petits couteaux d’avant. Et bam ! D’un geste, Oskar la planta dans la table, et pas dans une rainure cette fois. Direct dans le bois ! Maintenant, y’avait quatre couteaux sous les yeux de ses amis, mais c’était pas fini !

- Attendez, il m’en reste un si vous voulez.

Sa main droite passa dans son dos pour dégainer un long couteau caché par sa cape. Et, parbleu, qu’il était mastoc le bestiau ! Une espèce de dague courbe super longue ! Elle allait jusqu’à mon coude pratiquement ! Sans rire ! Et bam ! Elle aussi il la planta dans la table, sans pression ! Maintenant il avait vraiment une sacrée banane sur le visage, et les deux tricheurs faisaient moins les fiers. Cinq belles lames, rangées du plus petit au plus grand !

- Bon, vous me rendez mon fric, ou j’en prends une au hasard pour vous trancher les mains, sales voleurs !

Ouais bon, ok, la bonne foi faisait pas partie de son cursus à l’Oskar, mais ici c’était My’trä ! Un nouveau départ ! C’était pas marqué sur son front qu’il était un Danseur du Crépuscule, et il comptait pas le crier sur tous les toits ! Donc, là, tout de suite, c’était qu’un bon joueur qui s’était fait chouravé sa bourse par des tricheurs. Il avait parfaitement le droit de se défendre ! Mais bon, il faisait pas sérieux, en les menaçant alors qu’il était au bord du fou rire, les bras croisés, la chaise sur deux pattes comme s’il regardait une danseuse en train de l’asticoter ! Puis, d’un coup, il se pencha vachement vers l’avant, faisant claquer sa chaise sur le plancher, histoire de bien être à moins d’un mètre de l’escroc en chef. Sa main, comme par hasard, avait atterri sur le manche de son plus gros couteau.

- Je prends celui alors, les amis ? Aller, mettez vos mains sur la table, et que ça saute !

- Mais il est taré celui-là ! Tiens, reprends ton fric, connard ! Mais on l’oubliera pas !


Il lança la petite bourse de cuir à Oskar, qui l’attrapa en ricanant. Par contre, il était super énervé le zigoto. Il tourna illico presto vers la pauvre fille pour la menacer aussi.

- Et toi non plus on t’oubliera pas !


- Maintenant dégage, tête à claque ! Si je te recroise dans le coin, je te fais une manucure façon jeu du couteau ! Aller, filez d’ici !


Pattes de Velours avait fini par se lever de sa table. D’une, pour rattacher sa bourse à sa ceinture, de deux pour faire comprendre aux petits merdeux qu’il était pas bon pour eux de menacer une innocente demoiselle alors qu’on venait d’être pris en flagrant délit de triche. Même les clients et le patron du bar commençaient à vraiment mal regarder les lascars. Du coup ils se sont tirés, sans oublier de lâcher un bon gros regard menaçant à Oskar, qui se contenta de leur ricaner au nez, la main toujours négligemment posée sur son arme. Ils étaient même pas encore complètement dehors que déjà le voleur en avait plus rien à faire. Il débloqua chacune de ses lames pour les ranger dans leurs fourreaux respectifs. C’est qu’il fallait en prendre soin, de ses amis ! Une fois que c’était fait, il leva les yeux vers la jeune femme qui lui avait permis de bien rire de ces empaffés.

- Je t’en dois une, mam’zelle. Si tu veux boire quelque chose, demande n’importe quoi, c’est moi qui offre. Moi, ça m’a donné soif en tout cas. Patron ! Je t’ai débarrassé de ces petits merdeux, tu peux me servir un truc à boire steuplait ?


Le patron en question lui lâcha un espèce de mi-sourire mi-rire mi-figue mi-raisin, enfin bref un truc qu’Oskar a compris qu’à moitié, mais bon, il commença à sortir de quoi servir une bière et c’était le principal. S’éloignant de la table de jeu, histoire que les vrais joueurs puissent reprendre leurs activités lucratives, Oskar s’accouda au comptoir pour récupérer son dû légitime. Ah ! Ça commençait bien ces vacances, décidemment !


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Meylan Lyrétoile
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Mar 9 Jan - 21:57
Irys : 631201
Profession : Ménestrelle
My'trän +1
Vu le regard que le tricheur dardait sur Meylan, elle se préparait à devoir esquiver une attaque, qu’elle soit verbale ou physique.  Ses attentes furent contredites à peine quelques instants plus tard, quand le troisième joueur détourna efficacement l’attention (et le courroux) vers lui-même.  Si la ménestrelle s’était attendue à ce que l’homme saisisse sa perche, elle n’avait en rien prévu sa verve ou ses dons de mise en scène.  Il faisait preuve d’un excellent sens théâtral et d’une improvisation spontanée qui sonnait très juste, et elle parlait en connaisseuse.  Son regard, d’abord curieux, se fit bientôt rieur.  Elle partageait l’amusement de l’ex-victime des deux larrons et était somme toute ravie du retournement de situation.  Oh, bien sûr la menace de couper des mains était un tantinet sinistre, mais Meylan l’aurait probablement prise plus au sérieux si elle n’avait pas été proférée avec un sérieux grandement menacé par un rire à peine contenu.  Heureusement, être la cible d’une telle menace avait pour conséquence de gommer ce genre de subtilités: les deux principaux intéressés semblaient efficacement terrorisés.

Un échange de bourse et de menaces plus tard, l’affaire était close et les deux arnaqueurs avaient pris la poudre d’escampette.  Bon débarras.  Leur dernière menace se voulait sans doute inquiétante, mais, très honnêtement, elle tombait à plat.  En effet, ils n’oublieraient peut-être pas Meylan.  Et alors?  Les chances qu’ils se recroisent n’étaient pas très élevées, et elle soupçonnait qu’il s’agissait en bonne partie de paroles en l'air.  Elle répondit donc d’un sourire et d’un petit salut de la main alors que son aspirant-menaceur se hâtait de quitter les lieux.  L’interpellation qui suivit leur départ lui fit tourner les yeux à nouveau vers le troisième parieur, qui désormais ne retenait même plus son amusement.  

"Je croyais que tout l’intérêt de la manoeuvre était d’épargner le contenu de ta bourse?"

Elle avait un sourire en coin et des pétillements dans les yeux qui contredisaient son refus.  Après tout, un verre en échange d’un service rendu était une coutume assez répandue pour que Meylan l’ait déjà rencontrée (et mise en pratique) dans le passé.  Sans compter que la récente scène l’avait mise d’assez bonne humeur pour qu’elle abandonne pour le moment son rôle de simple observatrice et se mêle à une discussion autour d’un verre.

"Enfin, en règle générale je préfère savoir qui m’offre un verre avant d’accepter.  Meylan Lyrétoile, autant mettre en application ce que je demande des autres."

Elle avait accompagné son nom d’un élégant, mais assez humoristique, salut, chapeau en main, révélant ainsi ses cheveux noirs relevés pour ne pas trainer dans son visage.  Elle remit ensuite le couvre-chef à sa place d’origine, dissimulant à nouveau sa chevelure.  Peut-être que le sens des convenances aurait voulu qu’elle se débarrasse de vêtements tels que son chapeau ou sa cape à l’intérieur de l’auberge, mais il ne s’agissait pas de simples vêtements: c’étaient des éléments de costume.  Si elle décidait de sortir sa lyre plus tard dans la soirée, autant qu’elle porte déjà la tenue adéquate.



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Dernière édition par Meylan Lyrétoile le Mer 10 Jan - 12:00, édité 1 fois
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Oskar Medcalfer
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Mar 9 Jan - 23:25
Irys : 199964
Profession : Voleur
Guilde +1 (homme)
Elle était franchement drôle, la demoiselle ! Oskar attendait tranquillement les deux bières accoudé sur le bar, mais quand elle commença à lui lancer de ces petites piques qui vous donnent envie de sourire, il se retourna pour pouvoir lui faire face. Vu son accoutrement, ça devait être une originale, une artiste peut-être. Elle avait un drôle de sac sur elle, peut-être qu’elle voyageait, qui sait ? Enfin, le pauvre voleur avait même pas eu le temps de répondre que déjà elle commençait un petit ménage de comédie. Elle retira son beau chapeau, se pencha en avant comme on le ferait devant un bobo dans une cour de chevaliers. L’Oskar souriait de plus belle. On lui avait jamais dit bonjour comme ça et c’était pas déplaisant ! M’enfin bon, c’était que de la comédie, alors autant se prendre en jeu. Il fit un pas en avant pour se détacher du comptoir et imita, un peu gauche, le geste de la demoiselle.

- Eh bah, content de vous rencontrer, mam’zelle. Moi, c’est Oskar Medcalfer, simple voyageur.

Oui, bon… Puis je vous l’ai déjà dit que la vérité c’était un mot qu’il connaissait pas le lascar ! Mais ça l’empêchait pas d’être super sympa, poli, puis gentil avec cette dame ! Bon, alors vous lui foutez la paix. Il se releva de son manège en échangeant un petit regard complice avec la barde. Les clients devaient se foutre de sa gueule… mais au pire on n’en avait pas grand-chose à faire. D’un geste de la main, le voleur invita la jeune femme à venir à côté de lui près du comptoir en attendant qu’on leur serve de quoi boire. Les deux bras posés dessus, il était peut-être un peu plus grand, mais vraiment pas grand-chose, puis son gros nez devant le rendre marrant. Tout pour plaire, le troufion !

- Puis pour l’argent qu’il y a là-dedans… disons que j’aime pas le donner aux mauvais tricheurs. Ils font pas honneur à la profession.

Pas le temps de vraiment comprendre que le gonze lui glissa un petit clin d’œil avant de poser ses yeux sur le tavernier. Les boissons arrivaient ! Enfin ! Deux bonnes bières dans des bocs de bois qui moussaient et c’était sûrement la meilleure odeur qu’on pouvait sentir dans cet endroit ! Il sortit quelques pièces pour payer le tout, attrapa la hanse de sa chopine, et se tourna vers celle qui avait sauvé ses biens.

- A la tienne, Meylan ! J’espère que la chance te sourira comme elle l’a fait pour moi aujourd’hui ! Encore merci, on a pu bien rigoler avec ces deux abrutis.


Il riait franchement maintenant, avant de se noyer le nez dans la mousse de sa bière. Mais littéralement. C’est-à-dire que le truc était tellement tiède qu’il l’a pas senti, du coup il a baissé sa chope et le voilà avec un espèce de mini nuage à la place du nez. Bon ok, ça fait un peu bizarre, mais pourquoi elle rigole l’autre là ?

- J’peux savoir ce qui te fait rire, mam’zelle ?



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Meylan Lyrétoile
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Mer 10 Jan - 17:33
Irys : 631201
Profession : Ménestrelle
My'trän +1
Originale, Meylan l’était sans aucun doute et elle ne s’en cachait pas.  Marquer les esprits était la clef du succès de tout ménestrel (ou, plus généralement, de tout artiste), et sortir du lot était un bon point de départ.  Il semblait d’ailleurs qu’elle soit bien tombée, car malgré qu’Oskar se qualifie de simple voyageur, il avait l’air d’être un personnage haut en couleurs.  Son commentaire à propos des mauvais tricheurs fit hausser un sourcil à la ménestrelle, bien qu’il ne lui laisse pas l’occasion de le relever.  La triche comme une profession?  C’était sans doute une question de point de vue: après tout, il y en avaient bel et bien dont c’était le gagne-pain.  Dommage que ce gagne-pain fasse automatiquement des victimes.

Elle entrechoqua sa chope avec celle de son compagnon de table, mais dut reporter sa première gorgée à cause du rire qui menaçait de s’échapper.  Difficile de dire si c’était le nez couvert de mousse ou l’air surpris de celui à qui il appartenait, mais le tableau était assez amusant.  Et, apparemment, l’autre l’avait remarqué.

"C’est original comme grimage on va dire.  Tu essayes de te rendre méconnaissable pour échapper à la vengeance qui te pend au dessus de la tête?"

Et une boutade de plus.  Apparemment, c’était sa soirée.  Enfin, elle était assez confiante: vu le comportement d’Oskar jusqu’ici, il avait très certainement plus qu’assez de ressources pour répondre à un peu d’ironie.  Sans compter qu’il n’y avait aucune méchanceté dans ce qu’elle disait et donc aucune raison pour que ses taquineries détériorent l’ambiance.

"Il faut dire qu’ils ont l’avantage d’être en terrain familier, donc on n’est jamais trop prudents… À moins que tu aies déjà effectué une reconnaissance des lieux?"

Elle avait toujours un ton léger, bien qu’il y ait un fond de vérité dans ce qu’elle disait.  La combinaison entre un égo blessé, un manque à gagner et une personnalité peu recommandable pouvait parfois causer des problèmes.  Ce qui avait trahi l’homme en face d'elle en tant qu’étranger malgré ses vêtements se fondant parfaitement dans la masse n’était autre que son accent.  Ayant l’oreille musicale, Meylan n’avait aucun doute quant au fait qu’il ne partageait pas celui qui semblait dominer à Eoril.  Elle aurait d’ailleurs été incapable de dire d’où cet accent venait, ce qui voulait dire que c’était un endroit qu’elle n’avait pas encore visité.  D’accord, ce critère ne réduisait pas énormément le champ des possibles.  

"Enfin, il parait que ce quartier d’Eoril est très animé et que la milice veille au grain, donc je ne me fais pas trop de soucis."

"Paranoïaque" était en fait le terme que la ménestrelle avait entendu.  Mais, prudente, elle préférait ne pas utiliser un terme qui pouvait trop facilement être retenu contre elle.  Elle était venue pour visiter la ville, découvrir ses arts et, tant qu’à faire, présenter les siens.  Pas pour chercher les ennuis.  Si elle ne voyait pas d’inconvénient à s’attirer les foudres d’un tricheur de bas étage, entrer dans le collimateur des forces de l’ordre de la ville faisait partie des choses qu’elle tenait à éviter.



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Oskar Medcalfer
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Ven 12 Jan - 19:30
Irys : 199964
Profession : Voleur
Guilde +1 (homme)
Visiblement, y’avait quelque chose sur sa trogne qui allait pas. L’Oskar passa un petit coup de main sur son visage et, surprise, il comprit de suite pourquoi elle rigolait autant. Bonjour la crédibilité ! Il s’essuya bien vite la face d’un coup de main « discret » avant de partager l’amusement de la demoiselle avec un rire sonore. Mais de suite après, elle évoqua la possibilité d’avoir des représailles de cette bande de merlus. Un risque faible, mais qui existait quand même. La gentille dame semblait bien renseignée sur la région, mieux que Pattes de Velours en tout cas ! Donc autant lui faire confiance.

Le voleur but une gorgée, peut-être deux, de ce grog saupoudré de mousse, tout en réfléchissant un peu plus à ce que disais Meylan. Elle avait pas faux, quelque part, et un tricheur averti sait que c’est pas compliqué de finir avec un couteau dans le jarret si on a arnaqué les mauvaises personnes. Peut-être que le tenancier savait quelque chose sur ces gars, ça valait le coup de demander. Oskar leva le bras en appelant son nouvel ami.

- Eh ! Tavernier ! J’peux te parler deux minutes ?


Le gars se retourna, leva un sourcil vers Oskar, le genre de celui qui comprend pas pourquoi on l’appelle, puis il s’approcha. Le voleur insista avec un geste de la main, la mine un peu moins souriante maintenant qu’on l’avait tenu au courant d’un potentiel risque de finir pendu par les pieds au-dessus d’un fleuve.

- Dis voir, tu connaissais les gars derrière ? Ils sont dans une bande du coin ?

Le tavernier fit mine de réfléchir deux minutes, levant les yeux vers le plafond comme s’il cherchait un truc, puis il lui répondit bel et bien.

- Ouais, par ici y’a un gars qu’on appelle Krof le balafré. C’est une petite frappe, mais la milice l’a pas encore choppé parce que c’est un roublard. Il se cache. Par contre, je pense pas qu’il hésitera à te tomber dessus quand il le pourra. Fais juste gaffe à où tu traines dans la ville, et surtout avec qui. Je voudrais pas que la p’tite demoiselle finisse comme toi.

Oksar lui lança un sourire bizarre, à moitié moqueur et à moitié inquiet. Plus ça va, plus il s’inquiétait le bougre. Pas pour lui spécialement, ça restait Pattes de Velours ! Le gars qu’était entré dans la piaule d’un gouverneur, qui avait volé tout ce qu’il avait de précieux et s’était barré ! En tout cas, c’était sa version des faits, mais chut. Bref, il pouvait facilement échapper à quelques troufions en manque de grands-mères à racketer. Par contre, la petite Meylan, ça allait pas se passer pareil pour elle. C’était un peu de sa faute si ils étaient là-dedans, ok, mais elle l’avait aidé à garder son pognon, et pour ça il devait pas la laisser. Buvant une nouvelle gorgée, il se tourna vers la donzelle, la gueule plus trop joyeuse.

- T’as entendu, moi je m’inquiète pas pour ma gueule, mais toi c’est différent. Je sais pas ce que tu vaux en bagarre, ni en course à pied, mais j’peux pas juste te laisser vagabonder, sachant qu’ils te feront frire à la première occasion. Du coup, pour rembourser c’que je te dois –et je te dois tout ça- je te propose de devenir ton garde du corps. Je sais pas si tu voyages, mais moi je m’en fiche, je suis là pour ça. Mais ce qui est sûr, c’est que je te laisserai pas sortir de ce rade sans t’accompagner. On va m’envoyer ta langue par courrier, et je vais m’en vouloir pour l’éternité.

Ouais, l’humour d’Oskar était bien spécial, surtout en situation de danger, mais il était super sérieux en vrai. Il voulait passer ses vacances pépères, et ça voulait dire qu’il avait pas envie de culpabiliser trois semaines sur la disparition de cette donzelle ! Donc autant prendre le taureau par les cornes et s’assurer lui-même qu’il lui arrive rien ! En tout cas, le tavernier avait l’air plutôt content de son plan. C’était marrant ça, sur ce continent les gens l’aimaient bien, pour une fois. Donc bon, autant continuer sur cette voie ! Pattes de Velours rangera pas ses gants pour autant, mais il pouvait bien être gentil de temps en temps.


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Meylan Lyrétoile
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Mar 16 Jan - 18:43
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Profession : Ménestrelle
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Tiens donc, sous ses airs de joyeux drille pour qui tout était matière à rire, l’homme avait les réflexes élémentaires d’un habitué des conflits de taverne.  Peut-être n’était-ce pas la première fois qu’il avait à tenir compte de pareilles animosités.  Cela l’identifiait comme un citadin, étant donné que c’était dans les villes qu’on courait le plus grand risque de se mettre une des bandes locales à dos.  Restait à savoir: un citadin d’où, exactement?

La réponse du tavernier, même si elle confirmait la thèse d’une bande plutôt que d’individus solitaires, avait cela de rassurant qu’il ne semblait pas s’agir d’un réseau d’envergure.  Une "petite frappe", même avec quelques sbires sous son contrôle, avait un rayon d’action en général limité à un, voire une poignée de quartiers.  Tant qu’elle restait sur ses gardes, Meylan était assez confiante par rapport à ses chances de quitter la ville en un seul morceau.  Le souci que le tavernier se faisait pour la "p’tite demoiselle" qu’elle était la fit sourire légèrement.  Même si elle était en effet assez frêle, elle n’était pas naïve et elle savait comment éviter de tels écueils en ville.

Avant qu’elle puisse partager son amusement avec son compagnon de table, celui-ci la prit de court.  Ca, c’était une proposition à laquelle elle ne s’était pas attendue.  Elle avait très envie de répondre par une nouvelle pirouette verbale, mais quelque chose dans l’expression et le ton de son interlocuteur l’en dissuada.  Apparemment, il s’inquiétait vraiment pour sa sécurité, allant jusqu’à proposer d’adapter ses plans de voyage à ceux d’une complète étrangère.  Elle ne savait pas si c’était l’étrangeté de la proposition ou l’idée qu’une personne qu’elle venait à peine de rencontrer se fasse un tel souci pour elle, mais elle ne tenta même pas de dissimuler sa surprise: ses deux sourcils se soulevèrent de leur propre chef, et ses yeux s’agrandirent brièvement.  Elle se reprit cependant rapidement, tentant d’abord de balayer les inquiétudes des deux autres par un ton léger où un reste d’humour perçait encore.

"Un garde du corps?  Je suis ménestrelle, pas primo-gharyn."

Tiens, et apparemment il y avait aussi une note d’incrédulité dans sa voix.  Pas si étonnant, vu que c’était probablement une des émotions qui dominait en elle en ce moment.  Pour être honnête, cette petite feinte avait pour principal objectif de gagner un bref sursis avant de donner sa véritable réponse.  Parce que franchement, elle n’avait pas la moindre idée de comment elle devait réagir à ça.

"Je sais prendre soin de moi et, même si je ne suis ni une habituée d'Eoril ni de…sa face cachée, Darga possède assez de spécimens dans leur genre."

D’accord, elle devait probablement paraître un peu sèche sur ce coup… mais elle voulait faire comprendre aux deux autres pleins de bonnes intentions qu’elle n’était ni une demoiselle en détresse, ni une incapable.  Il faut dire que l’idée de dépendre de quelqu’un, même quelqu’un de sympathique comme Oskar, la hérissait.  D’un autre côté, elle prévoyait en effet de voyager…et les routes n’étaient pas toujours sûres.  Tout de même, l’idée d’avoir un garde du corps, même de manière informelle, lui paraissait on ne peut plus ridicule.

"Enfin, en terrain inconnu, autant mettre toutes les chances de notre côté, on a plus de chances en s’alliant qu’en allant chacun de notre côté.  Je reste quelques jours en ville, puis je reprends la route.  Et vu qu’on se lasse vite de voyager seul, je n’ai rien contre un peu de compagnie."

Elle avait toujours un petit sourire aux lèvres, même si son ton s’était fait plus sérieux.  Somme toute, qu’ils voyagent ensemble ainsi ne changerait pas grand-chose par rapport à la suggestion qu’Oskar avait faite.  C’était tout au plus une nuance, un point de départ différent pour la dynamique qui s’installerait entre eux.  Mais une nuance à laquelle elle tenait: quand elle s’associait à quelqu’un, chacun apportait sa pierre à l’édifice.  Elle n’allait certainement pas laisser l’autre faire la plus grande part du travail.

Dans sa réponse, elle avait évité de préciser où elle allait, dans le cas (peu probable) où des oreilles indiscrètes trainaient.  Ce n’était pas top secret, mais autant éviter que le fameux Krof le balafré (qui manquait cruellement d’imagination pour son pseudonyme) l’attende au détour du chemin.  Elle savait perdre des poursuivants en ville, mais le terrain découvert d’une route était autrement problématique.

"En ce qui concerne ton argent, je n’ai fait que vendre la mèche, le reste, c’est toi qui t’en es chargé, et le spectacle valait la peine.  Je considère qu’on est quittes."

Elle n’avait pas élevé la voix ni durcit le ton, et pourtant il y avait une certaine emphase dans ces deux dernières phrases.  Autant qu’elle refusait de dépendre de quiconque, Meylan refusait de laisser quiconque dépendre d’elle.  Oskar avait proposé de la suivre, peut-être forcé par quelque ordre de sa conscience, elle voulait lui donner la possibilité de reprendre son offre s’il le souhaitait.  Et pourtant, une bonne part d’elle espérait qu’il ne le ferait pas.  C’est que ce curieux personnage l’intriguait.



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Oskar Medcalfer
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Mer 17 Jan - 18:24
Irys : 199964
Profession : Voleur
Guilde +1 (homme)
Oulah, elle avait l’air surprise la madame. Trop ? On rappelle que l’Oskar, les seules fois où il parle à des femmes, c’est pour demander une autre bière. Du coup, ça se comprend qu’elle réagisse comme s’il venait de lui demander de se marier et ça le choquait pas. Il avait même envie de rire, tiens ! De ses yeux grands comme des assiettes et sa bouche qui faisait la carpe en train de suffoquer. Mais elle s’est reprise super vite, lâchant une de ses répliques dont le voleur commençait à s’habituer, tiens ! Par contre, un primo-gharyn ? C’est quoi c’t’oiseau ? On dirait un nom de médicament, ou de beurre, genre margarine. Oskar était suffisamment perdu avec ça pour lever un sourcil vers la ménestrel tout au long de sa petite explication. Il espérait qu’elle se vexe pas, mais il boquait encore sur le primo-gharyn là. Enfin bref, il noya sa question dans une rasade de bière et écouta sa proposition. Enfin, sa contre-proposition. Ouep. En gros, elle expliquait qu’elle voulait bien qu’ils voyagent ensemble, mais pas qu’il la protège. En gros elle chipote, m’enfin bon, le principal c’est qu’elle veuille bien.

L’Oskar faisait mine de réfléchir. Elle était musicienne, la demoiselle, donc ça pouvait faire un bon compagnon de voyage ! Ce serait même plus amusant que ce qu’il imaginait ! Après, ça restait une donzelle… ça allait pas s’avérer compliqué à un moment ? Avec cette face de coquille Saint-Jacques qui se met à plus savoir parler correctement dès que quelqu’un lui fait un peu de charme ? (On se souviendra d’Yssaé, qui en plus était un homme, ce qui était d’autant plus gênant pour notre pauv’ voleur) Là c’était la vraie question, et fallait s’assurer de la réponse. Du coup, après qu’elle ait fini de parler, et avec le tact qui lui est coutumiers, donc grosso merdo proche de zéro, il se tourna vers elle, le visage circonspect, et leva un doigt vers elle.

- Bon, ok pour le voyage. Par contre, attention ! Interdiction d’me séduire ! Si je te vois essayer, c’bien simple, je m’en vais !

Mais quel empoté… Bon, on va espérer que ça la fasse pas fuir. Mais elle a l’air rigolarde ! Ça c’est sûr ! Du coup on peut espérer qu’elle lui ricane juste au nez, comme s’il venait de lâcher la réplique la plus débile du monde, ce qui était un peu le cas, mais on va pas trop l’enfoncer non plus. Enfin bref, pour appuyer son propos super sérieux, il s’enfila la fin de sa choppe d’une seule traite. Nan, franchement il semblait y croire à son délire. C’est ça, les traumatisés de la gente féminine. Après, il avait une belle gueule Pattes-de-Velours, on va pas dire le contraire, mais au point d’attirer toutes les poulettes du coin faut pas pousser ! Après s’être bien rincé le gosier, il semblait plus détendu. Il récupéra même son petit rictus au fond du verre, si c’est pas beau !

- Bon… Alors comme ça, t’es une musicienne ! C’est ton instrument dans ta valoche ? Tu veux jouer ce soir ? Moi j’irai bien faire un tour sur les toits, donc j’pourrais pas t’écouter, désolé. J’aime bien faire la fête, mais vu que tu comptes rester un moment, j’ai bien le temps pour me murger la figure !

Il se mit à rire comme une hyène, avant de lever la main vers son meilleur ami du moment –aka aubergiste- pour lui demander la petite sœur. Oulah, sacré bébé la petite sœur. Une nouvelle chope pleine ! Faut faire maigrir un peu tout ça ! L’alcool lui détendait les muscles, calmait son estomac, et après un voyage pas possible ça fait du bien. Et cette fois, pas de mousse sur le nez, il s’en assurait !

- Mais dis-moi, la musicienne, t’as pu voir que c’était de la magie tout à l’heure. Ça veut dire que toi aussi, tu sais faire ce genre de tours ? Nan, parce que tu vois, j’aurai bien aimé faire une partie de cartes ou deux avec toi, mais si tu t’amuses à faire des as avec des valets, je risque pas d’avoir ma chance.  

Il lui lançait un sourire amusé, le genre qui enlevait tout ce qui restait de sérieux dans sa phrase. Mais ouais, il avait une petite curiosité quand même, le voleur, et savoir que sa compagne de voyage pouvait faire du passe-passe de foire ça pouvait être utile ! Si si !


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Meylan Lyrétoile
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Mer 31 Jan - 16:49
Irys : 631201
Profession : Ménestrelle
My'trän +1
Bien sûr que Meylan était surprise, et pour cause: elle était tellement habituée à se débrouiller toute seule, qu’une offre d’aide spontanée venant de quelqu’un qu’elle venait à peine de rencontrer ne pouvait qu’avoir cet effet.  Et il semblait qu’elle n’était pas au bout de ses surprises, parce que le prochain commentaire d’Oskar sortait vraiment de nulle part.  Il y avait probablement une histoire derrière une telle inquiétude, mais maintenant n’était pas le moment de creuser.  La ménestrelle se contenta, comme son interlocuteur s’y attendait, de rire et de répondre par une nouvelle boutade.

"Très bien, je prends note.  Je n’userai de mon charme que sur le public, parole d’honneur."

Une promesse simple à faire qui lui faisait gagner un compagnon de voyage haut en couleurs.  Le ton de Meylan avait repris sa légèreté.  Même avec la menace d’une revanche de malfrats de bas étage qui planait au dessus d’elle, elle était capable de paraitre sereine et détendue.  Elle avait confiance en ses réflexes de citadine, et le meilleur moyen de dissuader de potentiels agresseurs était de paraitre sûr de soi.  Enfin, pas tout à fait: le meilleur moyen était de paraître inattaquable, mais Meylan n’aurait jamais la carrure pour cela.  L’assurance était donc le meilleur moyen à sa portée.

La question suivante fit pétiller les yeux de la ménestrelle, comme toujours quand il s’agissait de sa chère lyre.  Cet instrument n’était pas la prunelle de ses yeux pour rien.  Elle ouvrit sa sacoche et en tira le précieux objet, le manipulant avec des gestes délicats mais sûrs.  Elle connaissait chaque courbure, chaque aspérité, chaque minuscule imperfection de l’objet et serait capable de le reconnaître au toucher uniquement, même sans les trois étoiles gravées dans le bas du cadre.  La valeur qu’elle accordait à sa lyre était on ne peut plus audible dans la chaleur du ton avec lequel elle parlait d’elle.

"Ma lyre est l’instrument que j’utilise le plus souvent.  J’ai aussi une cithare, mais je l’ai laissée à l’auberge.  Je jouerai peut-être ce soir, ou peut-être pas.  Je préfère d’abord repérer les lieux et prendre la température avant de me lancer."

Qui eut cru qu’une artiste serait aussi détaillée dans ses préparatifs?  Mais ces préparatifs étaient essentiels à Meylan pour estimer quel style de musique serait le plus susceptible d’enthousiasmer un certain public.  Sans compter qu’avoir une bonne idée des lieux était également un atout non négligeable si une bagarre se déclenchait et la forçait à faire une sortie précipitée.

"Un tour sur les toits, tiens donc?  Tu préfères prendre de la hauteur pour avoir une meilleure vue d’ensemble?"

Une autre preuve qu’elle avait affaire à un autre citadin, et un citadin qui ne s’était pas contenté de rester sur les sentiers battus.  Meylan elle-même avait développé un certain goût pour la perspective surélevée que les toits offraient, mais seulement après avoir été longtemps et impitoyablement trainée là-haut par son amie d’enfance.

Machinalement, elle s’était mise à tester les cordes de sa lyre, en tirant un air à peine audible dans le brouhaha qui régnait dans une taverne à cette heure.  Quand le sujet de la magie fut relancé, elle sourit à nouveau, amusée.  Elle était loin d’être une spécialiste en la matière, mais même ainsi sa modeste maîtrise de cet art avait tendance à avoir son petit succès.

"Alors, oui: je sais maîtriser l’art de Khugatsaa jusqu’à un certain point, mais piper une partie de cartes, ou de n’importe quoi d’autre n’est pas dans mes cordes, donc tu n’as pas de soucis à te faire de ce côté-là.  La plupart de mes illusions sont liées à une partie de mon répertoire, je m’en sers assez rarement hors de mes représentations."

Sauf en quelques occasions où une illusion bien lancée pour distraire un assaillant lui avait sauvé la vie, mais c’était autre chose.  Etant donné que de nombreux non-disciples de son Architectes avaient tendance à être intrigués par les possibilités que l’illusion offrait, Meylan ne changea pas immédiatement le sujet de la conversation.  Si Oskar avait d’autres questions, autant lui laisser l’occasion de les poser.

HRP:
 



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Oskar Medcalfer
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Jeu 1 Fév - 15:27
Irys : 199964
Profession : Voleur
Guilde +1 (homme)
Les gars, vous avez jamais vu autant d’passion dans un regard. Nan mais je vous le dit ! Vous êtes des voleurs les mecs, votre passion c’est juste le fric, faut arrêter de vous foutre de moi ! Vous avez pas vu les yeux de cette petite donzelle quand Oskar lui a parlé de sa lyre. Ah ça, on voyait que c’était le petit bébé. Puis comment elle en parlait ! Ah ça, y’a pas une femme qui a parlé de vous avec autant de chaleur, sacrés troufions ! Oskar comprenait un peu mieux ce qu’elle baragouinait, parce qu’il aime la musique, vous savez. Bon, il a la grâce d’une huître recrachée, donc faut pas lui demander des belles phrases pour vous accompagner, mais il dit jamais non à quelques notes de piano ou de lyre bien senties. La vie est toujours plus belle avec de la musique, vraiment ! Les bagarres deviennent épiques, les accolades sont plus belles, les étoiles brillent plus là-haut dans le ciel ! Tout il est plus beau avec de la musique ! M’enfin, bien vite Meylan retourna sur un autre sujet de conversation. Ça faisait presque rire le bigorneau, vu que ça se voyait qu’elle se retenait d’en parler plus, de l’instrument. Il s’étira les bras comme le chat qu’il était avant de répondre.

- Ouais, j’aime bien savoir où je mets les pieds. Et rien de mieux que les toits pour ça ! Puis au moins t’es loin du bruit, loin d’la lumière, loin du danger. Tu peux vraiment faire ce qu’il te chante, et ça c’est beau !

Il avait pas raconté ça avec la passion de la donzelle, plutôt avec nonchalance -oulah j’ai dit un gros mot !- vous savez ? Comme si c’était une évidence. Pattes-de-Velours c’était vraiment un minou pour ça ! Il était prêt à grimper jusqu’à Perpète-les-zoives pour avoir de la tranquillité quand il en voulait. On raconte qu’un jour, y’a un ramoneur qui l’a trouvé calé entre deux cheminées dans les quartiers chics de la capitale, en train de dormir. Le gars a appelé les gardes en bas, mais vous voulez qu’ils fassent quoi ? Le temps qu’ils grimpent, qu’ils s’amènent près du ramoneur, en manquant trois fois de se casser la gueule, il était déjà parti depuis belle lurette le garçon ! Ah ! On dit même que du coup c’est le pauvre petit gamin qui s’est fait remonter les bretelles pour avoir emmerder la milice ! Quand on m’a raconté ça, j’ai ris tellement fort que j’en ai encore mal aux côtes quand j’y repense ! Bref.

La donzelle expliqua après comment que sa magie fonctionnait. Là par contre elle avait un peu perdu l’Oskar. Déjà, tu lui parles de Khugatsaa, il a envie de répondre « Kicéça ? », même s’il a pas osé sur le coup, puis après elle a développé l’histoire de la magie de l’illusion là. Bon, c’était pas intéressant, loin de là, mais faudrait pas pousser non plus. C’était un Aildorien le type, il en avait croisé des mages, des fois, et encore on lui disait bien de pas chercher des types aussi dangereux, mais faut pas non plus lui demander de tout avoir assimilé !

- Attends… comment que tu te sers de l’illusion quand t’es en train de chanter ?


A choisir dans la trentaine de questions, autant prendre la moins conne. Il pourrait l’emmerder à nouveau pendant leur voyage, de toute façon. D’ailleurs, il y repensait à cette histoire, mais voyager avec une musicienne, encore une fois, ça allait vraiment de la bombe. Une musicienne, une magicienne, c’est comme dans les contes de fées quoi ! La P’tite Fée qu’il l’appellerait tiens ! Et comme la conversation allait durer un moment, autant reprendre de quoi s’humecter le gosier !

- Whoah, tavernier ! Envoie les p’tites sœurs pour moi et la p’tite fée ! Tu serais bien aimable !


Ouais, quand il commence à parler avec cet accent mal fagoté de la capitale, c’est qu’il est content le lascar !


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Meylan Lyrétoile
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Ven 2 Fév - 17:27
Irys : 631201
Profession : Ménestrelle
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Les toits comme zone d’ultime liberté du citadin…  L’image avait un certain mérite, pas de doute là-dessus.  Elle évoquait un monde à part entière, parallèle au bourdonnement de la ville en contrebas, et pourtant séparé, comme libéré.  C’était un peu absurde bien sûr: ceux qui évoluaient sur les toits n’étaient d’autres que des citadins de la ville en dessous ayant décidé de passer par un chemin moins conventionnel.  Et pourtant…cette vision des choses était bien plus plaisante que la prosaïque réalité.

En parlant de réalité (mais pas forcément de prosaïque), Meylan avait maintenant l’une ou l’autre explication à donner au sujet de son art.  Son art ou, comme elle le considérait plutôt, le don que son Architecte tutélaire lui faisait, jour après jour.  Bien qu’elle soit douée pour manipuler les mots, elle dut néanmoins réfléchir à une bonne manière de formuler ses pensées.  Agir d’instinct était une chose, expliquer cette action en était une autre.  Un brin pensive, elle continua à caresser les cordes de sa lyre pendant un moment, le temps de choisir ses mots.  Ce court laps de temps permit à deux nouvelles chopes d’atteindre leur table, chope à laquelle Meylan ne touchait pas pour le moment.  Elle tenait bien l’alcool, mais elle savait surtout doser sa consommation pour éviter les ennuis.

"Quand je chante, ou quand je joue, l’histoire prend vie en moi.  Je vois ce qui arrive, je le ressens autant que si je faisais partie intégrante de mes récits.  Pour mes illusions, je me concentre sur une partie de ça, une image, un son, un sentiment ou encore autre chose que je veux partager.  Le plus dur est de me concentrer sur seulement une fraction de tout ce que je voudrais projeter."

Pour être parfaitement honnête, c’est quand elle n’était pas entièrement immergée dans sa musique que Meylan avait le plus de mal à illusionner.  Elle devait alors partir de rien, créer de toutes pièces des impressions complètes.  La musique était plus qu’un point d’ancrage pour elle: c’était un puit, un portail vers cet univers immatériel d’où elle tirait sa magie.  Il lui suffisait alors de faire un simple pas pour attirer ses pensées hors de ce monde-là et les faire basculer dans la réalité.  Oh oui, si elle n’y prenait garde elle serait capable de parler de la magie à part entière qu’était la musique pendant toute la nuit, et arrivée au matin elle aurait encore de quoi parler.  Etait-ce un signe que le surnom qu’elle venait de se voir attribuer lui allait bien?  Elle n’en jugerait pas, comme elle ne portait jamais de jugements sur les noms que d’autres lui donnaient.  Les seuls noms dont elle se mêlait étaient ses noms de scène.

"C’est la première fois que tu croisais des illusionnistes, ou simplement la première fois que tu as l’occasion de creuser le sujet?"

Il n’y avait pas la moindre ombre de dénigrement dans son ton, mais uniquement la plus pure des curiosités.  Après tout, il n’y avait pas de raison que les questions et réponses soient à sens unique dans cette discussion, pas vrai?



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Oskar Medcalfer
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Lun 5 Fév - 14:05
Irys : 199964
Profession : Voleur
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Quand les choppes arrivèrent devant eux, on voyait bien la différence entre ce soiffard invétéré d’Oskar, qui l’attrapa de suite pour commencer à en savourer la mousse, et la p’tite fée qui ne montrait pas le moindre intérêt pour l’alcool. C’était drôle à voir pour le tenancier, pour sûr ! Après, de l’avis de Pattes-de-Velours, écouter quelqu’un parlait ça donnait toujours soif, donc autant avoir de quoi se désaltérer sous la main. Puis ça le gardait attentif, ce qui était pas gagné avec ce chat de gouttière. Après, ça l’intéressait vraiment ce qu’elle racontait Meylan, mais rester sans bouger pour lui c’était compliqué !

Mais l’histoire de cette magie… la vache. C’était compliqué, c’était précis, c’était concret quoi. Du peu qu’il en avait entendu l’Oskar, il pensait que la magie c’était un truc instinctif, qu’on pouvait pas expliquer avec des mots. Après, elle avait l’air d’avoir un peu de mal à le faire, la demoiselle, mais ça se comprenait ! Difficilement, mais ça se comprenait. Après, ça donnait vraiment envie au voleur de l’entendre chanter, décris comme ça ! Mais là, rester avec les fesses vissées sur une chaise plus longtemps, l’Oskar allait pas être d’accord. Fallait qu’il bouge, qu’il sorte ! Bon aller, par politesse, on va répondre à sa question.

- Bah en fait… de là d’où je viens y’a des mages, ouais, mais ils font un peu peur. On sait pas trop ce qu’ils peuvent faire, puis quand t’es gosse on dit qu’ils vont venir te manger si tu fais le débile. Après, des illusionnistes, j’en ai p’têtre croisé, mais ils faisaient bien leur boulot alors !

Il rit un bon coup avant de prendre une autre gorgée de bière. Ouais ça lui montait à la tête, et alors ? Il était en vacances vindieu, laissez-le tranquille ! Et puis vous allez voir que ça le refroidit pas de rigoler fort et de parler bizarrement. Il sait garder un peu de sa tête, Pattes-de-Velours, surtout quand il a envie de faire quelque chose. Voilà qu’il pose, un peu brutalement, sa choppe en bois sur le comptoir et lance un regard amusé, on pouvait sentir les deux bières dans ses yeux plissés.

- Bon, tu m’accompagnes là-haut, p’tite fée ? Je vais pas te mentir, vu comment tu me vends ça, je serais enchanté d’entendre un concert privé. Imagine ! Nous deux, sur les toits, loin du bruit de ces ivrognes qui vont te reluquer plus qu’aut’ chose. En plus, dans pas longtemps le soleil va commencer à se coucher. Je regrette de pas savoir peindre… hahahaha !

Par contre, restait qu’il fallait payer les verres. Pas de souci ! Pattes-de-Velours avait encore frappé ! Les poches pleines du pognon du gouverneur d’Alexandria, il aurait pu payer quinze fois la tournée générale ! Mais il préférait décuver avec la demoiselle, voir cette ville d’un continent sur lequel il avait jamais mis les pieds. Bref, savourer. Un mot qui prenait tout son sens quand on se renseignait un peu sur la vie d’Oskar. Il dégaina donc son ample bourse, déposa de bons gros irys à côté des choppes vides -ou pleines- et regarda de nouveau la p’tite fée, espérant entendre un oui de cette bouche si jolie !


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Meylan Lyrétoile
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Mar 6 Fév - 16:19
Irys : 631201
Profession : Ménestrelle
My'trän +1
Tiens, donc Oskar était originaire d’une autre partie du monde.  Meylan nota l’information quelque part dans un coin de sa tête: ça pourrait toujours être bon à savoir.  Elle ne savait pas trop si elle devait lever les yeux au ciel ou rire en entendant que les mages faisaient office de monstres imaginaires d’où il venait, et se contenta finalement de secouer la tête avec un sourire un poil désolé.  Elle aussi avait entendu des histoires à dormir debout (ou plutôt: à la garder bien éveillée de terreur) étant petite, mais au moins les monstres les peuplant avaient été imaginaires plutôt que des personnes en chair et en os dont la réputation se retrouvait entachée à tort.

La proposition suivante scella le sort de la seconde bière de Meylan, qui resterait abandonnée sur le comptoir, plus ou moins intacte.  Si l’opinion qu’Oskar s’était formé du public de cette taverne était un peu trop négative pour bien refléter la réalité, la ménestrelle était néanmoins d’accord sur le fait qu’une représentation ici ne remporterait pas un énorme succès.  La plupart des clients étaient plus intéressés par leur jeu ou leur chope que par un éventuel interlude musical.

"Hmm, commencer l’exploration en prenant un peu de hauteur et jouer sur les toits pendant que le soleil se couche?  Comment pourrais-je refuser une telle proposition?"

Et qu’importe si l’image de la lyre saluant le soleil couchant était aussi vieille que l’invention de la lyre: jouer dans de telles conditions gardait tout son charme pour Meylan.  Le crépuscule était un moment envoutant, serein, baigné dans une demi-clarté qui l’émerveillait à chaque fois qu’elle la regardait au lieu de simplement la voir.  Assister à l’éveil de la vie nocturne d’une ville réputée pour son sens de la fête sous le voile du crépuscule était une vision qui promettait.

Elle rangea donc sa lyre dans sa sacoche, attendit que l’aubergiste compte les pièces, puis tourna les talons après un petit salut à ce même aubergiste.  Une fois dehors, elle put constater que la lumière commençait à décliner et que les rues du quartier festif se peuplaient rapidement.  Elle gardait une main protectrice sur sa sacoche et se félicita d’avoir, comme à son habitude, accroché la majeure partie de ses économies sous sa chemise.  Même si un pickpocket emportait la bourse qui pendait à sa ceinture, il ne lui déroberait en fin de compte qu’une assez maigre somme.  Dans les rues, elle garda le silence un moment, le temps de s’orienter, puis le rompit, prenant la parole à voix relativement basse.

"Si on ne veut pas attirer trop l’attention sur nous, je propose qu’on quitte les rues principales avant de grimper.  La milice pourrait avoir des doutes sur le concert privé."

Elle savait depuis quelques années déjà que peu de citadins voyaient d’un bon oeil ceux qui avaient un comportement pouvant éventuellement être interprété comme suspect.  Elle et Mary avaient assez fait l’objet d’un cri intempestif durant leur enfance, raison pour laquelle Meylan était maintenant prudente.  Elle tourna tourna donc dans la première ruelle plus calme qu’elle trouva, et eut l’heureuse surprise de trouver la combinaison idéale d’un tonneau et d’un toit bas.  Monter serait un jeu d’enfant, d’autant plus qu’elle portait un pantalon plutôt qu’une robe.  Un sourire victorieux éclaircit son visage.

"Je prends ce tonneau comme une invitation, qu’est-ce que tu en dis?"



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Oskar Medcalfer
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Dim 11 Fév - 18:23
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Profession : Voleur
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Et c’était un oui, messieurs-dames ! Un oui, un oui tout bien dit, tout joli, un oui ! Oskar en ria de bonheur, celui-là je vous jure. Après, c’est vrai qu’il avait payé une choppe pour rien… mais il était riche ! Sacré nom d’un chien ! Il pourrait payer cinq tournées générales qu’il serait encore tranquille, le saligot ! Franchement, le jour où on a appris qu’il avait choppé tout ce pognon… j’vous raconte pas l’état des gars. T’en avais ils étaient sortis dehors pour hurler tellement ils avaient la haine ! Mais bon, quelque part on était fier de lui, ça fait du bien d’avoir un chat de gouttière pareil dans le QG, muhaha ! Enfin bref, maintenant ils avaient plus qu’à y aller, sur les toits. Il est mignon, le lascar, mais c’était toujours illégal de s’balader sur les tuiles, même sur un autre continent. Après, ça il pouvait pas le savoir, même à Daënastre il savait pas trop ce qu’était légal ou non t’façon…

Les deux compères regardèrent le tavernier compter sa monnaie, l’Oskar roulait des yeux, mais bon il faisait son travail le gonze. M’enfin après, ils pouvaient enfin partir ! La demoiselle rangea sa jolie lyre dans sa sacoche, et Oskar prit les devants sous les yeux un poil absents de l’assistance qui se voyait dérober leur concert de la soirée. Et comme Meylan le pensait, bah ils en avaient un poil rien à carrer, même s’ils imaginaient déjà Oskar roucouler devant la jeune femme. Ah ! S’ils savaient à quel point il avait les chocottes là le p’tit gars ! Il voulait pas la draguer, la p’tite fée, mais il voulait pas qu’elle le pense non plus ! Un vrai parano je vous dis ! 10 contre 1 qu’à un moment il lui lâche un « Eh au fait, j’te séduis pas là hein. » ! Hahaha, je m’en lasserai jamais de le voir sortir des trucs pareils… la première fois ça vous choque, pardi.

Dans le silence… Tout relatif d’une des ruelles les plus bondées de la ville, la musicienne et le voleur avancèrent quelques mètres au milieu des gens qui étaient à moitié en train de trottiner pour on sait pas trop quelle raison, mais ils se faisaient bien bousculer de temps à autre, ça c’est sûr ! Oskar ça le dérangeait pas de voir de l’activité de partout. En fait, c’est pour ça qu’il adorait monter sur les toits. C’était pas pour éviter la foule, à la base, mais bien pour la regarder évoluer et vivre depuis les hauteurs ! C’est comme quand on regarde des fourmis en train de travailler, vous savez. Aller, on a tous fait ça étant môme ! Non ? Bah sacré nom de nom, vous avez eu une enfance de merde alors. Enfin bref, là il allait voir un tout autre spectacle, pour sûr ! Et au moins 100 fois mieux que celui d’une ruelle remplie de monde ! Par contre, elle avait raison la p’tite dame, fallait attendre un endroit plus discret s’ils voulaient pas se faire chopper par la milice.

Sauf que, miracle ! En tournant dans la première rue y’avait un tonneau, là, juste à côté d’un toit bas. Bon… il était tellement bas que Pattes-de-Velours pourraient y monter tout seul, mais sûr que pour la p’tite fée c’était bien pratique ! Le voleur regarda le visage de la demoiselle, il était rayonnant, sacrebleu ! Oskar lui répondit avec un p’tit sourire de complicité. On dirait vraiment qu’ils s’apprêtaient à faire un cambriolage, c’était marrant. Le monsieur se dirigea vers le tonneau. Et, évidemment, grand frimeur qu’il était celui-là, il a tout simplement décidé de pas s’en servir ! Il a simplement sauté pour attraper le rebord du toit et hop ! Il s’est hissé dessus comme le chat qu’il était. Les tuiles, ça glisse pas mal, mais heureusement, le sommet du toit était plat, déjà, puis il permettait de grimper sur une autre maison, plus haute et au toit intégralement plat, lui ! Ce serait parfait pour leur petit concert, pour sûr ! En équilibre sur le toit, aussi agile que son surnom le laisse à penser, il lance un de ses p’tits regards à la jeune femme. Le genre mi-amusé, mi-taquin.

- Si t’as besoin d’aide, tu me dis hein !


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Meylan Lyrétoile
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Mer 21 Fév - 19:27
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Profession : Ménestrelle
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Evidemment, il fallait que son compagnon décide qu’il préférait la solution la plus spectaculaire à la plus simple.  Bon, après, une créature du spectacle comme Meylan pouvait difficilement lui reprocher cela (du moins si elle tenait à éviter l’hypocrisie, ce qui était le cas.)  Elle se contenta donc de secouer la tête avec un rire silencieux dans les yeux.  Ce rire d’ailleurs ne resta pas silencieux bien longtemps et s’échappa en même temps que sa prochaine expiration.

"Très aimable, mais je m’en sortirai."

Joignant le geste à la parole, elle se hissa rapidement sur le tonneau, et de là sur le toit.  Là où Oskar se déplaçait avec des mouvements félins, Meylan avait toute la souplesse d’une habituée de la danse. Elle ne mit donc pas longtemps à rejoindre son complice (tant qu’à se comporter comme de potentiels cambrioleurs, autant en adopter le vocabulaire)… et à pouvoir admirer la vue.  Le toit avait beau être bas, il n’en offrait pas moins une nouvelle perspective sur les rues qu’ils venaient de quitter et le soleil qui déclinait inexorablement.

"Pas mal comme cadre.  Je sens que je commence à apprécier Eoril."

D’un regard appréciateur, elle balaya le panorama avant de se diriger vers le toit voisin, plus haut que celui sur lequel ils se tenaient en ce moment.  Un bond plus tard c’était à son tour de dominer Oskar, quoique cet état des choses serait très probablement de courte durée.  Non seulement il ne lui donnait pas l’impression d’être très porté sur les sérénades sous un balcon, mais en plus, des deux, c’était elle qui possédait un instrument de musique (et elle comptait bien s’en servir).

"Tu as choisi l’heure idéale pour une balade en hauteur.  Le ciel s’endort et Zolios s’éveille."

Les ombres s’allongeaient en ce moment hybride où jour et nuit se mêlaient, et ici et là on allumait déjà les flambeaux qui devraient éclairer les rues pendant la vie nocturne de la cité.  Bientôt, l’astre du jour aurait entièrement disparu dans les profondeurs d’Irydaë, et pourtant ses rayons embraseraient encore le ciel pendant un bon moment, tandis que les premières étoiles annonceraient l’arrivée imminente de l’obscurité.  Obscurité qui s’installerait petit à petit, discrètement, jusqu’à ce que l’apparition de la lune fasse réaliser à l’observateur distrait que le ciel avait perdu ses couleurs enflammées et gagné des myriades de brillants.  C’était l’heure des opposés, l’heure du mystérieux, l’heure de tous les possibles…et cet éphémère entre-deux était sans surprise le moment préféré de Meylan.



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Oskar Medcalfer
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Dim 11 Mar - 11:48
Irys : 199964
Profession : Voleur
Guilde +1 (homme)
Au bord du toit, c’est sûr qu’Oskar avait l’air bien à l’aise, au moins plus que bien du monde ! Mais bon, la P’tite Fée restait la même, quoiqu’il arrive, et elle répondit par un rire plus léger que la bourse d’un clochard, tout en refusant l’invitation de Pattes-de-Velours. Oh, il lui en voulait pas, parbleu ! Il était bien heureux de pouvoir admirer la demoiselle à l’œuvre ! Elle aussi, elle avait l’air habituée de la grimpette, ce qui fit penser à Oskar qu’elle pouvait même être une Danseuse aussi… M’enfin, c’était peut-être un poil risqué de le demander ! Muhahaha ! Pis le voleur c’était promis un truc avant de débarquer : La casquette de Danseur, elle était rangée pendant au moins une journée ! Après, il se connaissait, en demander plus serait compliqué.

Enfin bref, sachant que Meylan arriverait facilement à le rejoindre, Pattes-de-Velours rejoignit à pas feutrés le sommet du toit avant de le longer vers la maison voisine, qui serait bien plus pratique pour un petit concert nocturne ! Bon d’accord, il était pas bien haut non plus, mais c’était pas Daënastre hein. On fait avec ce qu’on a ! Et puis, ils étaient pas venus là que pour la vue, et l’Oskar était bien impatient de voir ce qu’elle pouvait donner, lyre en main. En plus avec le soleil qui se couche par là-bas… C’était un sacré tableau ! Meylan y était pas insensible en plus, évidemment. Le voleur tourna les yeux vers elle, et v’la t’y pas qu’elle avait fait exprès d’aller sur la maison voisine, juste pour gagner cinquante centimètre au-dessus d’Oskar ! Quel toupet ! Ça le fit bien rire d’ailleurs.

- Mais dis donc, l’artiste, je fais comment pour apprécier ce beau couché de soleil si je dois m’abimer la nuque pour pouvoir apprécier ton spectacle ?


En un bond, il était arrivé à côté d’elle. Lui et son égo, j’vous jure. Il la regarda avec un p’tit sourire mutin, ce gamin ! Muhahaha !

- Voilà ! Comme ça c’est mieux. Dans mon métier, on prône l’égalité, jeune fille.

Bon, d’accord, il était un peu débile de parler de son « métier » alors qu’il est censé être secret. Mais pas dit qu’il allait lui répondre « cambrioleur » ! C’était pas la première fois qu’il s’inventait une vie, l’Oskar, et il avait déjà trois ou quatre idées de fausse occupation à donner pour pouvoir être tranquille. Par contre, un métier où on est à égalité… Valait mieux qu’il y réfléchisse ! Mais bon, pour le moment, il pouvait qu’apprécier le dépaysement. Le pauvre était né dans le froid, dans la grisaille. Là il découvrait quelque chose ! Même à Daënastre, une vue pareille était polluée par leurs grands murs là. Ici, suffisait de grimper sur un toit pas plus grand que trois types l’un sur l’autre et on pouvait admirer un truc pareil. Pas de regrets d’avoir quitté l’autre continent, ça c’est sûr ! Pattes-de-Velours restait debout, à côté de Meylan. Non pas qu’il voulait s’amuser au même jeu qu’elle, mais il voulait en prendre vraiment plein les mirettes avant que le concert commence.

- Même avec des kilos de bijoux en or, on n’arrive pas à retrouver le même éclat que celui du soleil qui se couche…

Et ouais, encore une gaffe… mais qu’est-ce qu’il risquait, de toute façon ? Il n’avait encore rien fait sur ce continent, et peut-être que la p’tite fée le balancerait pas. Un gars comme Oskar qui s’essaye à la poésie, c’était même bien plus étonnant !


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Meylan Lyrétoile
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Lun 12 Mar - 0:03
Irys : 631201
Profession : Ménestrelle
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Et voilà: comme elle s’y attendait, son compagnon ne tarda pas à la rejoindre sur son nouveau perchoir.  Elle détacha les yeux de l’horizon un moment pour lui rendre un sourire un brin narquois en entendant le faux reproche qu’il lui faisait.

"Tiens donc?  Et l’égalité est à ce point compromise quand un artiste grimpe sur une estrade?  Et bien, ton métier m’a l’air bien différent du mien."

C’était la deuxième fois de la soirée qu’il lui venait à l’esprit qu’elle ne savait pas vraiment ce que ce métier était exactement, tout comme elle en savait assez peu en règle général à propos de l’homme avec qui elle venait d’escalader deux toits.  Et, pour le moment du moins, elle s’en souciait assez peu.  Chacun avait droit à son jardin secret, et Meylan elle-même n’était pas du genre à offrir beaucoup d’informations à son sujet à quelqu’un qu’elle venait de rencontrer.  Il y aurait bien un temps pour faire plus ample connaissance plus tard, pendant le courant de leur voyage.  Pour l’heure, elle admirait la vue et profitait de la compagnie.  Il semblait d’ailleurs qu’elle n’était pas la seule à être fascinée par les teintes fantasmagoriques que prenait le ciel.  À nouveau un sourire fleurit sur les lèvres de la ménestrelle, mais celui-ci n’avait rien de moqueur.  Il n’était pas encore venu, le jour où elle briserait un élan poétique.

"L’or est froid, lourd.  Il apporte la sécurité et le comfort, mais ceux qui n’y prennent garde lui sacrifient en retour leur liberté.  Le soleil est chaleureux et insaisissable.  Même s’il se fait happer par la terre chaque soir, c’est pour mieux s’envoler le lendemain matin.  Il offre ses plus belles couleurs lors de son coucher comme une promesse de retour."

Qu’on ne s’y trompe pas: Meylan était la première à reconnaître qu’une bourse bien remplie était un avantage non négligeable.  Tout était plus simple quand la simple tâche de se nourrir n’était pas un exercice d’ingéniosité continu.  Mais ce n’était qu’un début.  Quiconque voulait vivre, vraiment vivre, avait besoin de plus que cela.  Au bout du compte, personne ne vivait de quelque chose, que ce soit l’or ou une autre considération impersonnelle.  Tous vivaient pour quelque chose.  Un idéal, un concept, une valeur…  Ou même une personne, dans le cas de certains.  Et ceux à qui une telle motivation manquait, aux yeux de Meylan, ne vivaient pas plus qu’une demi-vie, dénuée de saveur et de chaleur, reflet aussi pâle d’une vraie vie que l’or l’était du soleil.

Plongée dans ses pensées, les yeux à nouveau perdus vers l’horizon, elle sortit sa lyre de la sacoche où elle se trouvait.  Presque inconsciemment, elle commença à en pincer les cordes, tout d’abord doucement.  Elle ne jouait pas un morceau en particulier, mais laissait ses doigts créer la trame musicale de ses pensées, une mélodie calme bien qu’un brin distante.  Puis, petit à petit, elle retomba dans les notes familières d’un morceau qu’elle aimait depuis des années, une ode au crépuscule tirée d’une oeuvre bien plus longue.  La mélodie gagna quelque peu en volume, mais restait pour le moment un simple accompagnement pour le spectacle qui se déroulait devant eux plutôt que la pièce principale de la scène.  Sa voix se joignit bientôt à celle de son instrument, douce et éthérée comme le morceau l’exigeait.

"L’astre du jour rejoint la terre,
les ombres s’élancent sur la plaine.
Et l’air se charge de mystère,
pour tenir le monde en haleine..."


Arrivée à la fin des quatre premiers vers, elle porta la dernière note pendant encore quelques instants puis la laissa mourir naturellement.  Entamer le "concert" qu’elle avait promis à Oskar n’avait pas vraiment été un choix conscient, mais bien la réaction instinctive de celle qui juge que seule la musique rend justice à ce qu’elle admire.  Pour être honnête, il aurait été aussi futile de demander à la musicienne de renoncer à son art qu’il aurait été difficile au voleur de ne pas recourir à ses magouilles.



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Oskar Medcalfer
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Mar 13 Mar - 11:18
Irys : 199964
Profession : Voleur
Guilde +1 (homme)
Oskar, il savait bien qu’il était pas un poète. Il s’en foutait d’ailleurs. La poésie permettait pas à tout le monde de gagner son pain. Par contre, il adorait en écouter et, comme à ce moment, là, en improviser. C’était maladroit, pas super harmonieux, mais fallait saluer l’effort ! Est-ce que vous, vous auriez oser faire ça devant une professionnelle en la matière ? Vous avez toujours peur du ridicule de toute façon. Bah Oskar, non ! Et c’était ça sa force. Parce que des fois il faut oser avant d’abandonner d’office ! Et lui, bah il essaye tout le temps, sans arrêt. Bon, ok, des fois il se viande, mais croyez-moi qu’il préfère mille fois ça que d’être un de ces pétochards qui veulent jamais sortir des sentiers battus. En plus, la P’tite Fée semblait apprécier son « élan poétique ». Je dirai même qu’elle prit la suite pour improviser de vrais vers ! Oskar la regarda avec de sacrés yeux. C’est qu’elle savait parler, la demoiselle !

Visiblement, c’était l’heure du concert. Meylan prit sa lyre dans ses mains et commença à en trifouiller les cordes. En entendant le doux son de l’instrument, Oskar était déjà impatient de découvrir la suite. Se laissant complètement aller, il se posa sur le toit et s’allongea comme s’il allait entamer une sieste. Les bras sous la tête, à côté de Meylan. Pourtant, il était vraiment attentif, les yeux vers le ciel, le sourire aux lèvres. Parbleu, qu’elle chantait bien la P’tite Fée ! Oskar avait plus l’œil sur le soleil qui se couche, mais il arrivait parfaitement à l’imaginer, avec une chanson. Comme elle l’avait si bien dit, l’or servait pas à grand-chose quand on voulait vraiment apprécier le monde.

Mais quand vous grandissez à Aildor, y’a un truc que vous comprenez. Sur un continent aussi froid, aussi gris, dans une ville aux trois quarts faite sous terre, bah un tas de pièces sonnantes et trébuchantes c’est la chose que vous pouvez trouver qui a le plus la tronche de la lumière du soleil. M’enfin ça, elle pouvait pas trop le savoir, et le voleur s’en fichait. Maintenant, il était là, sur My’trä. Un endroit tellement ouvert et grand que le soleil peut être admiré tout le temps. C’est pas comme à Aildor ou sur l’autre continent, où y’a toujours quelque chose pour gâcher le spectacle. Ici, n’importe quel toit était suffisamment haut pour pouvoir poser l’œil sur tout ce qu’il y a en bas et en haut. Ce soir, ils étaient tous les deux au-dessus de cette ville qu’il ne connaissait pas, et ça c’est beau !

Après seulement quatre vers, la P’tite Fée laissa s’envoler une dernière note et marqua une pause. Logiquement, ça sortit Oskar de son petit rêve éveillé. Oh, il lui en voulait pas, mais on pouvait pas éviter un petit regard dans sa direction, curieux. Mais il avait quand même le sourire, ce qui pouvait la rassurer. Ça avait été qu’un avant-goût, on l’espère, mais il était déjà bien entrainé l’Oskar !

- Mais… c’est que tu chantes bien, P’tite Fée ! J’ai l’impression de m’envoler vers le soleil que t’es en train de décrire… J’vais finir par me brûler les ailes, héhé.

Ça vient d’où ça ? Oh, rien de spécial, une histoire qu’on lui racontait quand il était gosse. Dans les faubourgs d’Aildor, même si y’a pas de soleil, il manque pas. Vous savez pourquoi ? Bah déjà un truc que vous avez pratiquement jamais vu, il vous manque pas, logique. Et de deux, cette petite histoire elle apprend aux marmots que, le jour où ils verront enfin le soleil, faut pas qu’ils essayent de l’atteindre. Faut pas essayer de voler quand on a pas d’ailes, à vouloir aller trop haut quand on a pas les capacités. Sinon, la seule chose qu’on arrive à faire, c’est de se cramer sur un truc trop chaud et de retomber tout en bas. A Aildor c’est comme ça qu’on pense, c’est comme ça que Pattes-de-Velours a été éduqué, donc vraiment pas de la même manière que la P’tite Fée. Mais ça voulait pas dire qu’ils se comprenaient pas, ou qu’ils allaient pas s’apprécier, pour sûr ! Après, ils venaient à peine de se rencontrer… on pouvait pas déjà prévoir comment ça allait devenir plus tard.


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Meylan Lyrétoile
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Mar 13 Mar - 22:36
Irys : 631201
Profession : Ménestrelle
My'trän +1
Un compliment était toujours une manière sûre de décrocher un sourire à Meylan, et un compliment à propos de son art une manière plus sûre encore.  Cela ne rata donc pas cette fois-ci non plus, et ses lèvres s’étirèrent en réponse à celui qu’elle venait de recevoir.  Mention spéciale pour l’originalité.  Et ce n’était d’ailleurs pas la première fois qu’Oskar montrait qu’il avait un solide sens de la répartie.

"Espérons que Süns te protégera contre les brûlures."


Même si elle savait maintenant qu’il n’avait jamais eu énormément de contacts avec des mages, il ne vint pas à l’esprit de la My’tränne d’expliquer qui était Süns.  Après tout, même ceux qui avaient rejeté les Architectes devaient bien savoir qui ils étaient…non?  Une preuve de plus que sa connaissance des autres peuples qui habitaient ce monde était fragmentaire au mieux.

Maintenant qu’ils s’étaient trouvé un poste d’observation idéal, Meylan pouvait suivre l’exemple de son compagnon et se trouver une position plus comfortable pour passer le reste de la soirée.  Leur position surélevée avait l’avantage qu’elle n’avait pas besoin de rester debout pour profiter de la vue. Elle s’assit donc en tailleur à quelques pas d’Oskar, sa lyre appuyée sur son bras gauche.  Son sourire toujours accroché à sa bouche, elle se remit à caresser les cordes de son instrument, reprenant le chant là où elle l’avait arrêté.

Dans la pénombre un scintillement,
un éclat capte le regard.
L’ombre révèle les pétillements,
sinon cachés à l’œil hagard.

Sous les accords envoûtants qui avaient accompagné le premier couplet, quelques notes plus claires, cristallines vinrent s’ajouter à la mention des pétillements.  Et si pour le moment Meylan se gardait bien d’user de quelque magie que ce soit pour renforcer son message, elle n’en peignait pas moins un tableau dont elle voyait les moindres détails dans son esprit.

Bientôt le firmament s’embrase,
c’est l’heure de gloire des rouges et or.
Splendide et si brève est cette phase,
ensuite le paysage s’endort.

À l’embrasement du firmament, sa musique et son chant gagnèrent en volume et des notes chaleureuses accompagnèrent les derniers rayons de l’astre du jour.  Ensuite, le rythme et le ton baissèrent à nouveau, tel le voile de la nuit descendant sur le monde.

Nulle étoile n’est encore en vue,
mais déjà le sol s’illumine.
Et la neige en écrin se mue,
pour diamants sur lit d’opaline.

Les pétillements musicaux firent leur retour, plus présents cette fois, et gagnèrent en présence jusqu’à se répandre en une effervescente cascade acoustique lors du dernier vers.  Et quelque part dans les yeux de la ménestrelle, d’autres pétillements s’étaient installés, reflet du plaisir qu’elle prenait à jouer cet air et à être là, tout simplement.

Le trésor des terres du Griffon
le vent de l’ouest l’a déposé.
Et même une fois que la neige fond,
la plaine reste métamorphosée.

Après l’accélération du couplet précédent, la mélodie reprit un rythme plus calme, apaisé, teinté même d’une certaine finalité dans ses derniers accords.  Cette fois, Meylan avait été jusqu’au bout de son morceau plutôt que de le laisser planer inachevé dans l’air du soir.  Oh, il y avait bien une suite à ce chant qui était tiré d’une longue épopée musicale…mais assez peu de passages de cette oeuvre se prêtaient à une interprétation en solitaire.

À nouveau la musicienne laissa le silence retomber plutôt que d’enchainer directement avec une autre pièce de son répertoire.  L’avantage à avoir un public aussi restreint était que la musique elle-même devenait partie intégrante du dialogue, chaque morceau faisant ainsi office de réponse à un commentaire, une question, ou même simplement un sourire ou haussement de sourcil.  Elle planta donc à nouveau ses yeux dans ceux d’Oskar, un sourire au coin des lèvres.  Entre la taverne qu'ils avaient quittée récemment et la cadre où ils se trouvaient maintenant, sa préférence était on ne peut plus claire.  Et la compagnie aussi était plus sympathique.



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