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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: Daënastre :: Le Tyorum
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 [Terminé] L'exsangue des dépravés

Valduis
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Mar 9 Jan - 22:32
Irys : 348699
Profession : Assassin
Guilde +3 (homme)


« A l'intention d'O.N.

Nous prenons en compte toutes vos considérations et respecterons votre demande. L'Ordre prête serment d'effectuer cette rencontre dans la plus grande discrétion afin qu'aucune oreille indiscrète ne se trouve sur le lieu du rendez-vous le jour convenu.

Sachez les risques que nous prenons à vous rencontrer sont encore plus importants en raison de la situation contextuelle qui place l'Ordre en tant qu'ennemi des Daënars. Par conséquent et en échange de notre parole et dans l'intérêt de la conservation du titre de la Capitaine de la marine, il vous sera demandé d'une part d'apporter avec vous les missives grâce auxquelles nous avons pu vous et moi organiser cette rencontre. D'autre part, il sera demandé au Capitaine d'apporter avec elle une preuve unique de la détention de son rang militaire que nous devrons emporter avec nous afin de justifier auprès de nos frères et sœurs de la véritable identité de l'intéressée.

Nous vous attendrons précisément à la septième heure qui suivra le lever du soleil, à l'extrémité Nord de la forêt de Skingrad qui donne sur un tout petit village d'une cinquantaine d'habitants. Ne traversez pas le village et dépasser le par l'Est : vous trouverez une maison en retrait qui sera notre lieu de rencontre.

Sachez que nous organisons cette entrevue et que nous préparerons le terrain pour que personne ne vous repère une fois que la forêt dépassée. Toute tentative de piège ou d'embuscade sera déjouée par nos soins, et toute trahison ou soupçon de trahison mettra un terme définitif à nos relations. »



Au début, l'annonce de cette nouvelle avait soulevé de nombreux soupçons. Oh, ce n'était pas la première fois que l'Ordre était contacté par des identités puissantes, mais il fallait être redoubler d'attention car les Daënars étaient prêts à tout pour capturer des assassins, y compris faire sortir l'un de leurs shudargas en leur faisant croire à une rencontre officielle. Fort heureusement, l'Ordre avait toujours su prendre les précautions nécessaires pour anticiper ce genre de mésaventure, ce qui représentait en vérité un travail colossal.

De la récupération d'information à la préparation de terrain, aucune étape n'était bâclée ou oubliée, et encore moins lorsque la protection de l'un des shudargas était en jeu. Au moment où la première affiche avait été posée et où la dénommée Narcisse avait précisé qu'elle n'était que l'intermédiaire du Capitaine - écrivant alors en son nom -, l'Ordre avait déjà envoyé ses meilleurs hommes cueillir les informations sur place. Rien ne leur aurait échappé si les réelles intentions étaient de les piéger. Mais comme les assassins étaient perfectionnistes, ils préféraient avoir les devants sur tous les terrains.

C'est pourquoi, le jour arrivé, plusieurs d'entre eux étaient dispersés un peu partout sur les plaines du Tyorum qui donnaient sur la forêt. L'arrivée de troupes ou même d'espions n'aurait échappé à aucun regard. Et aussitôt, l'information serait envoyée en une fusée sifflante tirée haut dans le ciel et capable d'alerter sur de grandes distances à la ronde. Au moindre doute, Valduis et ses hommes pourraient s'échapper sans prendre de risques.

Le lieu du rendez-vous n'était rien de plus qu'un grand moulin relié à une ferme, le tout dissimulant en vérité l'une des antennes de l'Ordre creusée sous terre et accessible uniquement par les Shudargas. Exceptionnellement, Valduis avait débloqué l'accès de le temps de l'entrevue pour permettre à ses assassins de pouvoir intervenir en cas de danger.

Le fermier à qui appartenait le moulin ainsi que son bétail était en vérité un assassin dissimulé qui avait pour seule mission de surveiller l'entrée de l'antenne et de la condamner au cas où les autorités Daënars trouveraient son emplacement. Faisant office de guet pour ce jour-ci, il accueillit les nouveaux invités sans même avoir à se plonger dans son rôle de fermier :


« L'Ordre vous attend à l'étage du moulin. »

Et c'est dans une pénombre tout juste éclairée par quelques rayons que les invités trouvèrent le plus élémentaire, et pourtant le plus indispensable de n'importe quelle rencontre diplomatique : trois chaises, un bureau, et de l'alcool pour récompenser le long trajet effectué jusqu'ici. Valduis était assis face aux deux chaises qui attendaient d'être remplies, à peine distinguable derrière son masque et sa capuche; ses yeux seuls trahissaient de leur bleu transperçant une attention particulière sur le Capitaine.

« Installez-vous. Personne ne vous a suivis ? »

En s'approchant, peut-être remarqueraient-elles la présence d'un assassin encapuchonné situé debout juste derrière Valduis, ni dissimulé, ni même dans une optique d'attaquer. Silencieux mais sans pour autant être effacé, il restait surtout aux côtés de Valduis pour appuyer sa prestance : car si la diplomatie se devait d'être un simple échange d'arguments dans le but de trouver un accord commun, il s'agissait en vérité d'un jeu mental qui déterminerait qui de l'un ou de l'autre aurait le dessus. Et dans ce combat comme dans n'importe quel combat, Valduis n'envisageait jamais d'être le perdant.


Dernière édition par Valduis le Mar 30 Jan - 16:50, édité 2 fois
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Invité
Mer 24 Jan - 17:37
    Tout ce déballage logistique et cette discrétion n’avait nullement impressionné Yssaé, qui pénétra le moulin avec une assurance qui ne manquerait pas d’agacer ses hôtes. C’était comme être en terrain conquis. Et pourtant, ses capacités somme toute limitées de bretteur ne laissait aucune illusion que si ça devait mal tourner, son honneur ne serait même pas lavé en emportant dans la tombe au moins un adversaire.
    Mais cela n’avait pas la moindre espèce d’importance. La méfiance des assassins les avaient déjà mis dans une position d’infériorité, toute symbolique du moins, mais on s’accroche à ce qu’on peut. Et en l’occurrence, tout ce qu’Yssaé avait, c’était de belles promesses. De très, belles promesses.

    Ce fut donc avec cet indécrottable sourire ornant son visage que les émissaires de l’Ordre virent leur commanditaire approcher de la table des négociations, s’asseoir, puis répondre à leur invitation de parler.
    « Personne, non. Merci de me recevoir. Bon, nous sommes ici entre gens de métier qui nous comprenons, aussi je vais sauter les salamalecs d’usage ; je vous propose un contrat. Je vais en Mÿ’tra, anonymement et accompagné de mercenaires de tout poil, pour agiter suffisamment l’opinion publique de nos ennemis et déclencher une guerre.
    Je n’ai nul besoin de vous expliquer, je pense, que le chaos est une échelle. Si on vous donne une chance d’y grimper, plutôt que de rester les pieds dans la fange, il vaut mieux accepter tout de suite, plutôt que de rester sur le côté. On peut se briser la nuque en tombant, certes, mais avec de bons amis pour vous tenir la main, cette ascension est plus aisée. La guerre viendra, vous le savez ; nous le savons tous. Il est dans notre intérêt mutuel de nous aider. »

    En général, quand on annonce vouloir éviter quelque chose, cela signifie qu’on va y sauter à pieds joints. Le sourire d’Yssaé conclut cette petite diatribe.

    « En clair, plus vous me fournirez de troupes pour m’aider à maximiser les dégâts – qui resterons sous le commandement d’un de vos officiers, naturellement – plus vous serez récompensés. Sachez que, rien ne m’est plus agréable que la fidélité. Je peux vous fournir une très appréciable quantité de faveurs, de pistons et de protections, en échange de quelques cadavres. »

Valduis
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Jeu 25 Jan - 13:15
Irys : 348699
Profession : Assassin
Guilde +3 (homme)
C'était sans conteste la marque de fabrique militaire Daënar que de savoir occuper un territoire étranger par la simple prestance naturelle. Aussi borné cela pouvait-t-il être, c'est ce qui leur avait valu de survivre et de gagner de multiples batailles contre des forces My'träns insuffisamment capables de déloger l'ennemi des terres occupées de l'Est. Le capitaine de la marine ne dérogeait pas à cette règle d'assurance qui lui avait certainement été enseignée d'une part par ses formateurs, mais qui devait surtout provenir d'un caractère forgé sur les connaissances de l'Histoire d'un peuple exilé mais victorieux.

Valduis ôta son regard du sourire narquois de son interlocuteur pour venir le déposer sur ce qui comptait pour lui à cet instant précis : les papiers demandés qui lui avaient été remis en mains propres. Les missives de leurs échanges étaient une première preuve quant à l'identité d'Yssaé puisqu'il n'en existait pas d'autres exemplaires en Irydaë. Mais surtout, il avait apporté avec lui un document justifiant de son grade, signé par des identités militaires que l'Ordre ne connaissait que trop bien, et superposé d'un seul sceau unique qui ne pouvait être tamponné que par le Capitaine de la marine. C'était très largement suffisant pour Valduis, et dès lors, il pouvait enfin s'ouvrir à la conversation, lui qui n'avait pas loupé un seul mot du très métaphorique discours de son invité.


« Nous apprécions votre conseil bienvenu, Capitaine, et rappellerons aux membres de l'Ordre que grimper l'échelle du chaos ne sera pas possible sans votre soutien indispensable. »

Sa remarque était aussi ironique que provocante; une réponse pourtant évidente à un sous-entendu flouté sous les mélodies d'une morale allégorique : Yssaé présentait ce contrat comme une aide à ne pas refuser. Dans le cas contraire où elle refuserait, l'Ordre se verrait être mise de côté; tomber de cette échelle du chaos sans possibilité de se relever seule. Et Yssaé l'ignorait encore en mentionnant ses récompenses, mais lorsque cela touchait à une guerre entre deux puissants états, ces-dites récompenses devaient être considérablement décuplées pour ne pas que l'Ordre choisisse de répondre aux contrats du camp adverse.

Par conséquent, replacer la situation dans son bon contexte était une prérogative nécessaire à laquelle Valduis s'appliquerait personnellement, et qui permettrait de continuer cet échange dans des conditions propices et respectables. C'est pourquoi il s'accouda sur la table tout en se rapprochant de son interlocuteur.


« Sauf votre respect, nous incarnons le chaos dans toute son essence et maîtrisons ses subtilités depuis désormais plusieurs générations, seigneur Yssaé. Nous trouvant actuellement au sommet d'une échelle que vous commencez tout juste à grimper, il serait malheureux que vous n'y tombiez pas par inadvertance en vous faisant des ennemis que vous n'auriez jamais souhaité avoir. Dans les faits actuels, comprenez bien que nous acceptons cette entrevue dans l'intérêt de notre relation avec les Daënars, mais que nous pourrions aisément nous passer de votre aide pour nous permettre de jouer un rôle majeur dans cette guerre à venir. »

Désormais reculé et adossé sur sa chaise, Valduis continua la relation diplomatique dans la plus grande considération à l'égard de son invité.

« Vous avez cependant raison : cette guerre est inévitable et il est dans notre intérêt de nous entraider. C'est pourquoi l'Ordre serait heureux de réaliser ce contrat pour les Daenars et créer des liens avec ses dirigeants. Il y a néanmoins un point que je souhaiterais éclaircir : vous mentionnez la volonté que nous vous fournissions des troupes pour effectuer en My'trä une attaque destinée à agiter l'opinion publique. Sauf erreur de compréhension de ma part, nous ne sommes ni des mercenaires, ni des hommes d'armée. Nous ne fournissons pas de troupes en masse mais exécutons des contrats bien spécifiques qui relèvent de l'assassinat, de la dissimulation, du vol ou encore de pressions à exercer. Nous pourrons vous aider à accéder en My'trä, à faciliter votre assaut, ou à capturer un adversaire, mais nous ne pouvons vous fournir des hommes qui vous accompagneront sur le terrain. »

Valduis s'empara du pichet pour verser du vin dans les deux verres, sa bouche étant légèrement asséchée par ces longues minutes de parole. Puis une fois réhydratée, il termina ce monologue par une toute dernière réclamation qui lui était essentiel de connaître.

« Par conséquent, si ce que j'ai présenté vous convient, nous aimerions en savoir plus sur la nature de votre assaut : comment comptez-vous agiter l'opinion publique? »
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Invité
Ven 26 Jan - 16:27
Voir des gens être parcourus de trémolos en tirant des interprétations qui frôlaient, voire ici sautaient à pieds liés, dans des interprétations du moindre bout de phrase, était une activité qu’Yssaé trouvait à la fois fort divertissante et un meilleur test que tous les entretiens d’embauche possible.
    L’étude des belles lettres et de l’éloquence daënare permettait à Yssaé de tenir plus que pendant quelques phrases sans avoir besoin de boire comme un trou, ce n’était vraisemblablement pas le cas de ces messieurs, et étant donné que, pour l’instant, ces assassins étaient encore des vulgaires bandits et vagabonds en tête de liste noire de l’armée, la personne qui les représentait ici se délecta de chacune de leurs faiblesses, peinant à masquer un large sourire malsain.
    Le plus drôle étant sans doute que ladite ébauche de grincement de visage était apparue alors que le maître-assassin lâchait les mots « opinion publique ». Ce qui donnait une saveur toute particulière à cette expression, sur laquelle Yssaé rebondit aussitôt.
    « Mes gens et moi allons tâcher de tuer des civils. Oh, des paysans, des vagabonds ; des Mÿ’trans. Si vous ne voulez pas participer aux groupes d’assaut, qu’importe. Contentez-vous d’assassiner quiconque aura l’air un peu important et signez « Bons baisers de Daënastre. » Je vous fournirai des listes, si vous voulez. Mais, naturellement, tout excès de zèle sera récompensé. »
    Et justement, on arrivait à un point crucial.
    « En parlant de ça. Je vais payer mes mercenaires au prorata des pillages, et en faveurs et protections. Les seconds vous concernent de base si vous acceptez, cela va de soi, mais pour ce qui est du concret, vous préférez quoi ? La rumeur prétend que vous n’êtes pas des voleurs, mais je ne saurais que trop vous conseiller d’attaquer les plus riches possible et de faire main basse sur leurs possessions. »
    Ce qui aurait pu paraître inquiétant, c’est l’absence totale de gêne qu’éprouvait Yssaé à parler de meurtres aveugles, de massacres d’innocents et de pillages. Cela ne lui faisait pas plus d’effet que de parler des cours boursiers du charbon et du textile.

Valduis
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Sam 27 Jan - 2:06
Irys : 348699
Profession : Assassin
Guilde +3 (homme)
La décisions fut prise aussitôt que Valduis avait entendu ce qu'il voulait. Il sirotait très discrètement son verre de vin, appréciant très peu les échanges d'arguments... et les discussions de manière générale. Il représentait cependant son ordre et avait su développer une certaine éloquence doublée d'une tendance belliciste qui se mariaient très bien. Et tandis Yssaé attendait d'être nourri des réactions d'aversion exprimées par Valduis, ce dernier préférait se concentrer à décrypter entre les lignes de son invité pour y déroger la vérité absolue. Et il l'avait trouvée.

Il déposa dans la plus grande finesse son verre sur le coin de la table, tandis que son regard croisa brièvement celui de son acolyte à l'arrière, ce dernier étant légèrement froissé par ce qu'il venait d'entendre. Mais il savait parler avec ses yeux et se résolut à simplement faire signe de rester dans des conditions de diplomatie convenables. Après un profond soupir, il entama la réponse qui semblait être à ses yeux la plus claire et la plus convenable.


« Vous vous êtes mal renseigné à notre sujet, Capitaine Yssaé. L'Ordre ne participe pas de loin ou de près à des assauts sur des civils, ni ne vous ouvrira la voie, ni ne contribuera à faciliter le pillage envers des innocents, ni même ne s'attaquera à des riches habitants qui n'ont commis aucun crime. Notre crédo se base sur un fondement que nous tâchons de respecter : nous ne nous attaquons qu'à des criminels. »

Au-delà même de l'incompréhension, Valduis avait décelé plus tôt ce qui était désormais devenu une évidence à ses yeux : Cet Yssaé ne s'était pas intéressé à l'Ordre et lui manquait de respect en lui proposant de participer à un assaut sur des civils. C'était une tâche insultante qui ne nécessitait aucune de leurs compétences. Et malgré le fait que leur réputation soit désormais fondée et que les peuples savaient pertinemment que l'Ordre ne s'attaquait qu'aux criminels, il avait quand-même fait la démarche de se déplacer pour venir leur proposer de quoi salir leur honneur.

« Si vous recherchez de la chair à canon pour accomplir ces exactions, sachez que vous insultez ouvertement l'Ordre en pensant pouvoir disposer de ses hommes pour tuer des innocents. En revanche... »

Valduis se rapprocha de la table sur laquelle il y croisa les mains.

« ...Il serait désormais dans votre intérêt à vous que vous conserviez de bonnes relations avec nous, et que de ce fait, vous versiez une importante rançon qui puisse nous dissuader peut-être de ne pas nous intéresser aux multiples contrats qui tomberont sur votre tête dès lors que vous aurez commis votre assaut. Et suite à cette altercation, je pense que les assassins de l'Ordre se feront une joie de répondre aux My'träns qui n'auront comme seul désir que de venger leurs familles. »

La réclamation était d'autant plus préventive pour Yssaé qu'il savait qu''à la suite de cet assaut, il serait placé au rang de criminel pour avoir massacré des civils. La prévention était une première étape qui pouvait parfois éviter de commettre des erreurs irréversibles. C'est pourquoi Valduis tenta, dans une dernière volonté, et malgré ce sourire sournois qui reflétait à la fois l'insouciance et la détermination dYssaé, de le dissuader.


« Je vous laisse cependant une chance de vous épargner tous risques à venir en vous tournant vers des solutions profitables pour tous, et ce malgré votre manque de respect que considère pour cette fois comme une erreur d'insousiance. Exécutez votre assaut, mais épargnez les civils, et l'Ordre sera votre plus fidèle allié car les guerres entre états nous sont très profitables. Refusez, et vous devrez assumer que vos jours seront comptés avant qu'un contrat ne tombe sur votre tête, car l'Ordre ne se réduit pas à massacrer des innocents dans une guerre qui ne les concerne pas. »

Quoiqu'il advienne du côté d'Yssaé ou des My'träns, l'Ordre avait à y gagner : si Yssaé se rétractait à l'idée d'impliquer des civils dans son assaut, le soutien de l'Ordre serait un avantage considérable qui lui permettrait de faciliter son assaut dans la cité. Cela renforcerait les liens de l'Ordre avec les Daënars, ce qui était essentiel aux yeux de Valduis. Et dans le cas contraire, le massacre serait une raison suffisante pour se rapprocher des My'träns et pour pouvoir recréer des liens en répondant à leurs demandes d'assassinat d'Yssaé.

Oh, l'Ordre ne manquait pas de contrats sur d'innombrables têtes politiques et militaires, Daënars ou My'träns, qui provenaient de leur conflit incessant et d'une volonté de prendre la domination sur l'autre. Seulement, les questions de guerre entre continents prenaient un tout autre sens aux yeux des assassins car il fallait faire preuve de stratégie très fine pour maximiser les avantages qu'ils avaient à y gagner.  Si la cible à abattre - ayant commis des crimes - ne leur apportait pas assez en retour, ils ne s'y penchaient pas ou attendraient le meilleur moment opportun pour frapper. A l'inverse - et c'était le cas d'Yssaé -, si la situation permettait de renforcer les liens avec l'un ou l'autre camp en plus d'être grassement récompensé, l'Ordre n'hésitait pas une seule seconde à saisir cette opportunité.
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Invité
Dim 28 Jan - 18:54
    Les scrupules. Le plus grand cancer de l’humanité. Qu’une bande d’assassins espère survivre en en ayant relevait de l’insulte faite au bon sens, et de tout son cœur, Yssé espérait que cette tare que représentait l’Ordre ne durerait pas plus d’une génération d’idéalistes armés. Mais bon, pour l’instant, il faudrait faire avec ce qu’on avait sous la main.
    « Amusant, ça. Des innocents, vous dites ? Je ne vais pas vous ouvrir un livre d’histoire, et vous montrer ce que cache le mot d’innocence. La fange. La fange, et le sang, et le feu. Ne venez pas me parler d’innocence. J’agis pour le bien des miens. De tout Daënastre. Combien de prétendus innocents sauvés, là, maintenant, parce que vous auriez d’un coup de dague tués les chefs de leurs troupes, et qu’ils ne nous opposerons aucune résistance ? Combien de prétendus innocents sauvés, quand la guerre se déclenchera, et qu’une menace existentielle se sera enfuie ? Combien de prétendus innocents qui pourront enfin dormir en paix, en contemplant un monde en paix, où cet antagonisme séculaire se sera éteint ? Un bref instant de chaos, ou la chute et l’ascension deviennent plus aisées à mesure que ce chaos est intense. Voilà, précisément, ce que je demande. Toute paix requiert des sacrifices. Votre… idéal… a des apparences de respectabilité, mai, il est à très courte vue. Sachez que, si ce n’est pas moi qui frappe le premier, ce sera eux. Les attentats se multiplient, dans mon pays. Vous m’accusez de vouloir protéger ma nation. Je vous trouve bien… bien, bien, bien hypocrite.
    Mais bref. Je ne suis pas venu ici pour vous parler du bon et du bien. Je suis venu ici vous parler du profitable. De l’efficace. Si ça vous amuse, très bien, nous épargnerons les civils, soit. Votre récompense sera calibrée pour le travail que vous me fournirez, de toutes façon. »


    Au moins, Yssaé savait à quoi s’en tenir. Cette mission aurait eu l’avantage de créer un pont avec l’Ordre, et de pouvoir apprécier leur mode opératoire pour mieux s’en défendre. Il y avait des mercenaires parmi ceux qu’il avait recruté qui étaient en sus bien assez fidèles pour faire d’excellents gardes du corps.
    La vraie question était celle de savoir si dès son retour, Yssaé devait mettre en parallèle des préparatifs pour annihiler l’Ordre, ou du moins, aider à fortement l’affaiblir, ou bien les laisser se rendre utile encore un peu. Tout dépendrait de leur réponse.

Valduis
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Lun 29 Jan - 1:11
Irys : 348699
Profession : Assassin
Guilde +3 (homme)
La conflictualité entre les deux mondes restait un sujet tout particulièrement sensible aux yeux de l'Ordre. Sa neutralité avait d'autant plus d'importance que s'il se rangeait d'un côté ou de l'autre, c'était sa réputation qui était la première à être touchée : il perdait toute une clientèle provenant d'un continent ou de l'autre. Et pour faire face à une telle perte, il fallait très bien calculer le coût afin de la compenser par des nouvelles ressources exploitables offertes par le camp allié auprès duquel l'Ordre se serait rangé.

Le fait est que l'Ordre avait fondé depuis plusieurs générations son commerce sur une neutralité prospère, et que désormais, leurs repères étaient bien ancrés dans tout Irydaë. Leur marché noir fluctuait et c'est ce qui était le pilier de toute leur survie. Chaque pas effectué auprès d'un camp ou un autre se savait tôt ou tard, et la balance s'inversait pour l'autre camp, ce qui pouvait faire suite à de lourdes répercussions. Voilà pourquoi Valduis était en train de peser le pour et le contre avec cette alliance qu'il menait aux côtés du Capitaine. Ce n'était pas pour son propre intérêt qu'il tenait tête à Yssaé malgré son offre intéressante, mais c'est que derrière sa décision, toute une économie souterraine pouvait prospérer ou s'effondrer.

Or, la confiance qu'il avait placée dans le Capitaine s'était considérablement amoindrie. Au-delà de l'irrespect qu'il éprouvait auprès de l'Ordre - chose qui pouvait toujours se combler avec des grandes sommes -, c'était surtout son ignorance doublée d'une perfidie trop prévisible qui inquiétaient Valduis. L'expérience permit au Zéphyr d'établir un profil préétabli sur son invité : Valduis était presque sûr qu'Yssaé compterait s'attaquer à des civils, car il n'avait pertinemment que faire des crédos de l'Ordre à partir du moment où ce dernier exécuterait ses plans. Le risque était trop gros à prendre du côté d'Yssaé pour se permettre de se laisser exploiter, et par conséquent, de perdre leur notoriété auprès des My'träns. Valduis attendrait le moment opportun pour soutenir les Daenars... mais auprès d'un autre chef militaire plus raisonné.

C'est ainsi qu'il décida à mettre fin à la discussion en limitant le plus possible l'ouverture à un autre débat. Yssaé était de toute évidence noyé dans ses convictions : Valduis n'avait plus de temps à perdre ici.


« Les conflits entre armées impliquent des hommes volontaires ou préparés qui défendent leur patrie, dans des conditions où les deux camps sont à armes égales. Peut-être les My'träns attaqueront-ils en premier, mais peut-être auront-ils la décence de s'attaquer aux chefs d'état qui représentent la tête du serpent; et non pas les civils qui se content de subir, impuissants, les décisions militaires. Je suis navré, Capitaine Yssaé, mais je n'ai confiance ni en vos projets, ni en votre parole. Je décline par conséquent votre offre et vous souhaite un agréable retour. »

Sans plus tarder, il se leva de sa chaise, salua son invité, et ordonna à ses hommes de le raccompagner jusqu'à l'entrée du moulin en lui fournissant vivres et rations pour le chemin du retour. Pendant ce temps, Valduis se dirigeait dans la salle d'à côté. Une fois à l'intérieur, il profita du silence pour se ressasser cette conversation et se convaincre qu'il avait fait le bon choix. Puis il plongea sa main à l'intérieur de son manteau pour y ressortir les papiers qu'avaient apporté Yssaé; la preuve même de son statut militaire et de son identité.


Valduis observa par la fenêtre et soupira. Il était tout de même fâcheux de devoir abandonner ce moulin et condamner l’antenne qui se trouvait dessous. Mais l'Ordre trouverait un autre accès non loin d'ici pour leur permettre de conserver leur influence dans la région. Yssaé tenait un discours intéressant et pouvait, en effet, enrichir considérablement l'Ordre... seulement, pas comme il lui avait précédemment proposé. Valduis venait d'avoir une toute autre idée derrière la tête pour rendre profitable cet échange qu'il venait d'avoir avec le Capitaine.
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Invité
Mar 30 Jan - 15:12
Dommage. Quel dommage. Mais qu’à cela ne tienne. Yssaé se leva, avec un petit ricanement de hyène.
    « Soit. Je comprends votre décision. Maintenant… Maintenant, rendez-moi ces papiers. Bien que nous n’ayons aucune confiance mutuelle, tâchons au moins de ne pas nous comporter en vauriens. Je ne vous ferai rien, et vous non plus, voilà une bonne manière de conclure. »
    Il ne fallait pas voir là une manière de tenter un ultime coup de boutoir. Jamais l’Ordre n’avait été primordial dans ses plans. Mais il ne fallait pas que leur refus se change en un avantage pour eux, là ou Yssaé ne tirerait rien de positif. Après tout, ne pas faire de cette entrevue un bain de sang, en venant avec des troupes, relevait déjà de la mansuétude de sa part. Le légalisme et la fidélité totale aux principes – soit exactement ce qu’Yssaé reprochait à l’Ordre – auraient-ils prévalus que cette discussion n’aurait eu lieu que l’épée à la main.

    « Avant que nous nous quittions, un dernier mot. Nous avons une vision du monde, assez, disons, différente, mais vous restez un homme assez intelligent pour comprendre que je ne suis pas venu ici sans la garantie que si je n’en revenait pas, alors personne ici ne reviendrait. Que j’étais réellement seul. Et comble de tout, que j’agissais seul. Certainement pas. Vous n’êtes pas venu seul vous non plus, et nous avons conclu cela dans un lieu de votre choix. je me suis plié à toutes vos procédures. Mais la politesse n’est pas la stupidité. »
    C’était évidemment faux, mais l’inverse eut été encore plus improbable. Croire qu’un officier de l’armée daënare se souciait si peu de sa propre vie et avait tellement confiance en lui qu’il ne prendrait pas la peine de déployer au moins un petit effectif pour nettoyer la zone en cas de besoin relevait de la folie.
    Et Yssaé avait une grande compétence, pour le mensonge ; pratiqué tous les jours, tout le temps, à toutes les sauces et devant n’importe qui. Son assurance, mais surtout, son regard de résolution meurtrière laissait bien apparaître que le moment n’était pas celui de la plaisanterie.
    « Ne croyez pas que je vous menace. Je n’aurai pas cette impolitesse. Je vous préviens. Je ressortirai d’ici, sans heurts, avec tous mes biens, et il ne vous arrivera rien. Après tout, bien que j’aie du mal à saisir votre idéalisme, je respecte profondément votre ordre et ses facultés. Il serait malvenu pour moi de causer le moindre tort à une puissance qui peut faire autant de mal à mes ennemis qu’elle n’en fait déjà à mes alliés. Tant que vous n’acceptez pas l’opposé de ce que je vous ai proposé, à savoir vous allier aux Mÿ’trans, vous n’aurez aucune inquiétude à avoir de moi… Et la réciproque, j’espère, restera vraie. »
    Pour le coup, c’était vrai. Yssaé n’avait pas vraiment dans ses projets de faire du tort d’une quelconque façon à cette tripotée de criminels et de fous dangereux. Entre semblables, on se comprend.

Valduis
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Mar 30 Jan - 16:29
Irys : 348699
Profession : Assassin
Guilde +3 (homme)
Alors qu'il s'apprêtait tout juste à franchir le seuil de la porte, c'est le toupet exaspérant d'Yssaé qui, malgré la position inférieure dans laquelle Valduis l'avait profondément placé en le faisant venir ici, força l'assassin à tourner la tête. Et ce n'était pas cette fois sur un ton calme et diplomate qu'il continua l'échange; un sifflement simple et aigu eut simplement raison de ce dépassement de limites.

Aussitôt s'extirpèrent de l'ombre des dizaines d'assassins, sortis des trappes, du plafond, ou d'autres recoins inattendus, et qui ne tardèrent pas à remplir la pièce en surnombre. Valduis déambulait lentement en direction de son invité - désormais devenu sa victime -, trois assassins avaient immobilisé Yssaé sans oublier de lui placer un couteau sous la gorge. Et s'il tentait de se débattre, le surnombre aurait raison de leur tentative désespérée.

Il s'arrêta face à Yssaé. Toute notion de respect, de diplomatie ou de pitié s'étaient effacés de son visage agacé. Il n'en restait qu'un regard glacial et meurtrier d'un bleu transperçant qui observaient avec mépris la cible qu'il souhaitait tant abattre. Mais Valduis, bien que décidé à faire comprendre à Yssaé qu'il était celui qui devait être craint, ne se résolut pas à profiter plus que cela de sa position de force.


« Je pourrais vous tuer, maintenant et tout de suite, faire passer votre meurtre pour un accident et laisser se diffuser de fausses informations dans votre cité. Personne ne savait où vous vous rendiez car sinon, cette rencontre aurait été le point de départ de votre exil pour trahison. Lorsque je décide que le débat doit être terminé, Capitaine Yssaé, c'est qu'il doit être terminé sans aucune discussion qui s'en suive. »

Il dégaina son couteau tout en faisant signe à ses hommes de resserrer leur emprise sur Yssaé. La tentation était trop grande de lui arracher un morceau de chair. Mais il se contenta de faire passer la lame près des yeux de sa victime pour, à son tour, s'amuser à se délecter de ses réactions. Et si Yssaé tentait de se débattre, il recevrait un bon coup de masse derrière le crâne pour calmer ses ardeurs de jeune imprudent.

« Vos menaces, conseils ou considérations sont bannies ici présent, Capitaine. Vous n'avez aucun pouvoir ni aucun ordre à me donner. Vous en avez déjà fait bien assez, et si vous ne voulez pas que votre situation s'aggrave aussitôt, vous feriez mieux de descendre rejoindre vos hommes dans le silence et de repartir dans votre caserne. »

D'un geste simple en direction de la fenêtre, Valduis ordnna à ses hommes de préparer le cheval d'Yssaé.

« Vous n'avez aucun respect pour l'Ordre ni pour notre crédo. J'aurais gardé des relations profitables avec vous, mais vous avez écoulé toutes vos chances que je vous avais pourtant généreusement tendues de racheter vos erreurs; même celle de quitter les lieux dans le silence. Nous garderons vos documents en récompense du temps que vous nous avez fait perdre, Capitaine, et je ne vous recommande pas d'essayer de nous pourchasser au risque de voir tous vos projets s'écrouler devant vos yeux à la moindre tentative contre nous. »

Les assassins de dirigèrent Yssaé vers l'extérieur. Dans cette impasse, il ne pourrait aucunement justifier d'une attaque de l'Ordre qui se serait effectuée loin de la cité, sans risquer qu'on ne lui pose de questions sur ce qu'il faisait ici. Ou pire encore, que ses supérieurs le punissent pour s'être dirigé seul et sans protection dans les contrées Daënastres. Et alors qu'il s'apprêtait à être amené de force aux escaliers, Valduis termina d'un ton très sec.

« Une dernière chose, Capitaine Yssaé : Ne faites jamais confiance à un assassin, ne les insultez jamais devant leur nez, et pire encore, ne les laissez jamais choisir le terrain de rencontre car vous n'aurez jamais aucune chance d'en sortir victorieux. »

Les paroles aussitôt prononcées, Yssaé fut conduit jusqu'à la sortie du moulin, là où les arbalètes empoisonnées furent pointées sur lui en attendant qu'il reparte en direction des cités Daënastres. Et lorsque suffisamment de distance serait effectuée pour s'assurer qu'ils ne tenteraient pas un retour de force, le moulin serait alors vidé et abandonné, tandis que l'antenne sous terre serait condamnée à jamais pour que personne ne retrouve aucune trace de l'Ordre.
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