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Chroniques d'Irydaë
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 [Terminé] "The day when i met a star"

Luciole Aldebarra
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Sam 13 Jan - 20:33
Irys : 438681
Profession : Croc-Mort - Aventurier - Pirate
Pérégrins -2

Je ne savais pas trop ce que je faisais de retour dans ce pays là, mais une chose était sûre, je devais vite m'en dépêtrer... Et pour cause, l'odeur immonde que diffusait mon bras métallisé et ma face peu recommandable allait finir par me porter préjudice dans ces terres où les Daenars ne sont point les bienvenus. C'est alors que de vive allure je continuais à tracer mon chemin à travers les quelques mètres de désert qui me séparait de ma destination finale, Etsiin, petit oasis... Ou que dis-je, deuxième plus grand oasis des terres My'Trans ! Ma destination, mon avenir... Comme j'avais pour habitude de le dire. Mais ce qui m’intéressait par dessus tout, c'était la réputation dont les quais de la ville rayonnaient depuis belles lurettes, et quoi de mieux qu'un moyen de transport sûr pour se rendre sur le plus terrible des continents, je nomme, Aildor. Ainsi, j'avais prit soin d'embarquer avec moi tout ce dont j'avais besoin, tout ce qui était propice à ma survie dans ces terres où le danger vous guette, vous guette, puis... Bamm ! Vous êtes morts... Triste sort des plus naïfs d'entre nous, mais je n'étais pas de cette catégorie là, j'avais déjà beaucoup à faire avec mes propres tares.

Ce paysage était pour le moins exotique, tapissé de miles parts de la flore et de la faune dont les noms si complexes ne pouvaient que me causer un mal de crâne des plus douloureux. Après avoir prit soin de vérifier le départ du prochain bateau, je ne pu m'empêcher d'aller m'asseoir au bar du coin, un lieu pour le moins rustique, originale et bariolé... Trois mots qui définissaient bien ma pensée du moment. Ainsi, je commandais un jus de fruit spécifique à la région, accompagné, entre autres, de délicieux mets parfumés, et pour finir, d'un panorama des plus majestueux, tranchant d'un coup vif les images enfumées et mécaniques de mon continent natal. Arbres démesurés, eau turquoise et verdâtre par endroit, sable fin et d'un beige saisissant, et pleins d'autres choses qui faisaient, depuis bien longtemps, de ce moment un moment de bonheur visuel et spirituel propre à ma personne.

"Ce pays est magique ! Peut-être devrais me faire construire une cabane au bout de cette plage ? Ou bien là-haut, au pic de cette dune ? Malheureusement... Certainement devrais-je me contenter d'une grotte ensablée en Zochlom, là-bas au moins, personne ne viendra me persécuter...", soupirais-je à voix basse, tout prenant plaisir à épier les faits et gestes des passants aux tenues toutes plus incandescentes les unes que les autres, drôles de traditions que nous avions là, mais bon, ça me changeait d'air !

Le soleil éblouissant mon pale visage, c'est alors que je vis un bateau amarrer au quais numéro douze du petit port, débarquant par la même occasion quelques locaux, marchants, et les braves survivants de l'expédition d'Ekhlen zone "B". Attraction du moment qui me détourna de ma paisible activité, pour pouvoir mieux me concentrer sur la vague de gens qui venait se désaltérer près de moi. Était-ce l'afflux de personnalités qui me fît cet effet ? Ou bien le jus qui n'était finalement pas si frais que ce qui m'avait été rapporté ? Quoi qu'il en soit, c'est avec une douteuse expression faciale et un écarquillement oculaire que je faisais face à une terrible sensation d’oppression sur mon être, une sensation malsaine qui en disait long sur le profil des gens qui arrivaient vers moi, seulement cinquante mètres nous séparaient, je me sentais mal, le cœur prêt à l'implosion, la tension montait en moi, mon rythme cardiaque s’accélérait, je me sentais en danger...


Dernière édition par Luciole Aldebarra le Lun 2 Juil - 15:37, édité 1 fois
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Léonie Morret
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Sam 13 Jan - 22:09
Irys : 480814
Profession : Commandante de Busad
My'trän +3 ~ Kharaal Gazar (femme)
- « Léonie !»

Le hurlement venait de quelques mètres en arrière, c’était une voix que la jeune femme était en mesure de reconnaître les yeux fermés, sans que le moindre doute ne puisse s’immiscer dans son esprit. Willie, le jeune protecteur qui n’avait pas eu sa promotion lors de la mission de la fin d’année passée. Depuis, la my’tränne avait semble-t-il pris le jeune homme sous son aile, offrant une véritable relation amicale entre les deux jeunes gens à la différence d’âge néanmoins notable. La protectrice avait néanmoins arrêté sa progression dans les rues, pivotant légèrement pour lui faire face. Large sourire sur les lèvres, dévoilant de belles dents blanches, il était parvenu lentement à son niveau.

- « Eh Léonie, dis tu ne devrais pas te reposer ? »
- « Je rentrais à la tour, je voulais vérifier que tout allait bien là-bas. »
- « Tu plaisantes, après tout ce qui c'est passé... Le bal... Tu devrais pas ? »
- « J'ai besoin de faire quelque chose... Tu comprends... »
- « Bon, ok ! Un marchand du port m'a demandé de l'aider, tu veux pas y aller à ma place ? »

Croisant les bras sous sa poitrine, la remontant légèrement dans cette action, elle détailla du coin de l’œil son interlocuteur, haussant un sourcil, attendant visiblement la suite. Pour Willie c'était une tâche simple, sans risque et il savait parfaitement que Léonie ne pourrait pas rester sans rien faire. L'idée lui semblait intéressante et pouvait arranger les deux jeunes gens.

- «  Allez s’il te plaît. Je te promets que je te revodrais ça, j’ai un rendez-vous avec Lisa tu sais ? Et j’avais oublié que j’avais promis à Edward, tu sais le responsable de l’auberge en bas de la rue ? Je devais récupérer sa marchandise à Etsiin et la rapporter dans la journée. Tu ne veux pas ? »
- « Non. » Devant la mine de chien battu de son collègue, elle avait fini par se résigner «  Ok d’accord....eh... merci »

Tendant la main, elle récupéra le numéro du lot qu’il avait noté sur un morceau de papier. Tout souriant il était parti en la remerciant, laissant Léonie toute seule, au milieu de la rue, pour le moins particulièrement dubitative. La my’tränne n’avait pas pu s’empêcher de couler un regard vers la tour, comme-ci elle était en mesure de s’assurer à cette distance que tout se passait bien là-bas. Léonie avait ensuite pris la direction de la demeure familiale ou elle avait récupéré sa monture pour se rendre jusqu’à la ville portuaire d’Etsin. Elle était heureuse, satisfaite d'avoir quelque chose à faire et de ne pas rester au fond de son lit, comme elle avait pu le faire jusque là. Une fois sur sa monture et à l’extérieur de la ville, elle avait parcouru la distance qui la séparait de celle-ci au grand galop, profitant du vent léger sur son visage, provoqué par la vitesse de sa jument. Après quelques heures de chevauchée, la jeune femme était arrivée à destination, abandonnant sa monture non loin, dans un endroit ou elle pourrait s’abreuver et manger un peu en toute tranquillité. Laissant de quoi payer au tenancier, elle avait ensuite pris le petit chemin menant directement au port, afin d’aviser les bateaux. Un peu fatiguée par la température, elle avait fini par prendre la décision de se reposer un peu. Après tout, Willie n’avait pas tort, elle n’était pas en service. Installée à une table, la my’tränne commanda un grand verre d’eau, étendant doucement ses jambes sous la table.

Naturellement, son regard se perdait sur les différentes personnes présentes, qu’elle détaillait d’un œil complètement neutre, sans préjugé aucun. Depuis les événements récents du bal, une légère tension avait semble-t-il pointer son nez, imposant davantage la notion de doute vis-à-vis des étrangers. Cependant, soucieuse de rester elle-même et malgré cette petite voix murmurant la méfiance, la jeune femme restait particulièrement ouverte et avenante vis-à-vis de la différence. Léonie fut néanmoins sortie de ses pensées par un murmure, murmure prononcé si bas qu’elle avait fini par se demander s’il ne s’agissait pas d’une de ses pensées. Avalant une gorgée de l’eau fraîche, venant à peine d’être servi, c’est deux perles azures c’était déposé sur la silhouette masculine, proche de son emplacement. L’homme n’avait pas réellement l’air en forme, c’était même plutôt évident à déterminer. Le teint était pâle contrairement aux gens de la région, le regard tremblant, l’air absent. Peut-être avait-il besoin d’un petit coup de main ? Attrapant sa boisson, Léonie avait fini par tirer la chaise qui était face à lui, avant de reprendre doucement la parole :


- «  Votre idée de vous installer dans une grotte n’est pas mauvaise, mais si je peux me permettre la ville de Busad est bien plus agréable. Est-ce que vous vous sentez bien, vous avez mauvaise mine. »


Léonie vous parle en #ff9933
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Dernière édition par Léonie Morret le Dim 18 Mar - 11:03, édité 2 fois
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Ingrid & Sigurd
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Mer 17 Jan - 22:31
Irys : 654876
Rudolph, ou du moins c’était le nom qu’on lui donnait en ce moment, était déjà venu dans ces contrées bien des fois et sous bien des formes. Le paysage lui était familier comme tous ceux qu’il avait parcouru lors de cette longue traque. Il n’était pas particulièrement énervé ou impatient ni même content de savoir sa proie à portée. C’était dans l’ordre des choses qu’il lui mit la main dessus et rétablisse l’ordre dans la création des Architectes. La danse y menant pouvait être plus ou moins longue mais finissait toujours de la même façon.

Le changement de décor impliquait un changement de vêtement. Se fondre dans la masse était devenu une coutume, une nécessité chez les humains. La tâche en était facilité, et tout ce qui permettait de l’accomplir devait être fait. Les vêtements plutôt mondains qu’il avait porté lors de son séjour à Daënastre ou à Zochlom, avaient laissé place de nouveau à une djellaba marron assez passe partout malgré les arabesques ocre présentes. Ses cheveux n’avait pas bougé, toujours gris et toujours flottant au vent. Il n’avait cure de la chaleur même s’il la ressentait.

« Excusez-moi pourriez-vous m’indiquer un endroit où me désaltérer ? »

Si sa formulation était tout ce qu’il y a de plus correct, le passant ainsi interrogé senti bien qu’un truc clochait. Le regard était aussi froid que le ton. Aucun sentiment ne semblait venir colorer cette phrase. Comme pour se débarrasser de cet individu dérangeant l’homme entre deux âges indiqua un bar non loin de là avec vu sur le port. En fait, il en donna même plusieurs, une ribambelle se succédait à cet endroit.

Bien entendue, le régisseur n’avait nul besoin de boire et ce n’était pas la première fois qu’il opérait.  Une tentative parmi d’autre qui suivait une logique simple : il commençait son enquête par les lieux évidents, là où l’on pouvait voir les étrangers et entendre les rumeurs. Si le paysage ne bougeait pas, on ne pouvait pas en dire autant des commerces des humains. D’une décade sur l’autre tout ne restait pas à la même place.

Son gardien, Eiliv, s’était avancé pour partir en reconnaissance, invisible par sa forme tellement anodine. Personne n’y jetait plus d’un regard. Il fila entre les jambes de gens récemment débarqués. La cible n’était pas parmi eux. Elle était dans cette ville depuis plus longtemps. Ces badauds n’étaient pas intéressants, rien à apprendre d’eux. Le regard du gardien puis celui de son régisseur ne fit que les survoler. Leurs yeux furent immanquablement attirés plus loin vers le bar si avantageusement placé et où les esprits semblaient s’échauffer. La gestuelle des deux types faces au couple semblait le suggérer. Cependant un simple regard suffit à les éliminer de ses recherches, un problème quelconque qui ne le concernait pas. Sur la terrasse, rien d’intéressant pas plus qu’à l’intérieur. Ils poursuivirent donc la route jusqu’au prochain établissement. Les questions seraient les mêmes à chaque arrêt : est-ce qu’il y avait des troubles dans la région, est-ce qu’un type anormale avait fait parlé lui dernièrement, avait-il entendu parlé d’anomalie dans le coin. Et toujours dans cet ordre. Éventuellement, si des nouvelles méritaient d’être creusées, il en insérait en plus. Pour l’instant rien ne valait son attention.

La tête du régisseur:
 
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Luciole Aldebarra
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Ven 19 Jan - 17:08
Irys : 438681
Profession : Croc-Mort - Aventurier - Pirate
Pérégrins -2

"Votre idée de vous installer dans une grotte n’est pas mauvaise, mais si je peux me permettre la ville de Busad est bien plus agréable. Est-ce que vous vous sentez bien, vous avez mauvaise mine.", disait cette femme dont le culot n'avait visiblement aucune limite. Oser venir s’installer à côté de mon être alors que je suis en pleine crise d'angoisse intérieur, et ce, pour une raison qui m'était encore inconnue, c'était une prise de risque ! Rien ne pouvait prédire la réaction de Luciole dans les quelques minutes à venir...

Des claquements de dents, l'éclatement des faisceaux sanguins de mes yeux couleur nuit, un glacial frisson s’emparant de toutes les extrémités de mon corps... Telles étaient les dernières sensations que je venais de vivre, alors que, dans un moment d’éclaircissement intense, mon esprit me ramena sur terre, adrénaline et instinct de survie oblige. Désormais, tout était clair, net, et précis... Il était là... Pour moi, Luciole Aldebarra, anomalie depuis maintenant un peu plus d'un an, après ce tragique accident qui... Eurk ! Je ne dois plus y penser ! Sort de mon esprit ! Cette vision d'horreur me rend fou et incontrôlable, elle me transforme de jours en jours, me façonne d'une nouvelle pierre hebdomadaire et m'éloigne que plus encore de ma nature première. Celle qui faisait de moi un adolescent comme les autres, un être humain, n'était désormais plus qu'un vulgaire tapis de cendre.

"Ah ? Bonjour ? Eh... Non, je ne suis pas du genre à faire mon bourgeois dans des maisons à arcades ! Ou encore moins de me dorer la pilule aux tropiques ! Quant à mon état de santé, il va très bien ! Merci... C'est seulement l'air, il est à vomir de ruralité et de saleté que les vents nous ramènent en pleine figure.", disais-je tout en enfonçant ma tête entre mes épaules que plus encore, retenant ma respiration une dizaine de secondes lentement, puis, me levant d'un mouvement vif et ordonné. Ma tête servait de radar à mouvement suspect, je cherchais l'origine de ma décadence, l'objet de ma discorde, ils étaient proches, le gardien, lui, pouvait être partout ! Homme ou monstre, je savais pertinemment qu'il n'était qu'une question de temps avant que ce dernier ne mette la main sur moi et me saute au cou, m'égorgeant et me réduisant en simple bouillit. C'est bien ce qui s'était passé à Eoril, avec Alice ! Cette femme maniait le feu mieux que quiconque, elle était terrifiante ! Et son gardien... Terrible brute, faucheuse indomptable, je n'ai fait que lui rendre service en lui affligeant le coup fatal.

Après cela, j'attrapais le poignet de la jeune femme qui n'avait clairement rien à faire dans cette histoire, mais qu'importe, ma vie était en jeu. Si je voulais survivre, il fallait que je me fonde dans la masse, une énorme masse, un peu comme celle qui nous faisait maintenant presque face. Ainsi, je commençai à la tirer vers moi d'un geste vif et autoritaire, tout en lui murmurant ces quelques mots.

"Si vous m'aidez à me sortir de cette saloperie d'oasis pour aller en direction Aildor, je vous serais entièrement reconnaissant. Alors, soyez naturelle et ne bronchez pas, ils peuvent être partout !", disais-je à voix basse tout en faisant de petits signes distinctifs du bouts de mes doigts. Au plus profond de moi, j'espérais que cette femme comprenne la situation dans laquelle j'étais, une situation de détresse intense et des plus inconfortables. Mais qu’adviendrait-il de moi si jamais ma condition venait à l'effrayer ? Chercherait-elle à me dénoncer ? Hurlerait-elle à l'anomalie dans toute la ville ? Me livrerait-elle à la faucheuse et son bourreau ?
Qu'importe, je n'avais plus d'autre choix, c'était ça, ou la mort...
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Léonie Morret
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Ven 19 Jan - 21:09
Irys : 480814
Profession : Commandante de Busad
My'trän +3 ~ Kharaal Gazar (femme)
Les yeux de la jeune femme s’étaient quelque peu écarquillés sous la surprise de la réponse de l’étranger. Douloureusement, son esprit essayait de comprendre les propos que venaient de tenir l’inconnu. Il parlait d’arcade, de tropiques, de se dorer quelque chose qu’elle n’identifiait pas pleinement. Fronçant les sourcils, la protectrice commençait à regretter quelque peu son intervention. La curiosité n’était jamais une bonne chose et l’élan de spontanéité nouveau qu’elle venait d’avoir, n’était visiblement pas prêt de se reproduire. Ses lèvres s’étaient entrouvertes, laissant un filet d’air chaud s’en exfiltrer alors que son cerveau se triturait encore pour traduire un semblant de logique à tout ça, de cohérence. Un peu naïvement, la my’tränne avait relevé la tête et une main, essayant d’attraper cet air visiblement néfaste pour l’étranger. Avisant sa paume, elle ne constata rien d’étrange ou de dérangeant. Désolée, elle fit mine de laisser tomber une poussière inexistante face à son interlocuteur, comme pour lui permettre de se rendre compte que l’air n’avait rien de particulier. L’idée d’être tombé sur une personne malade de l’esprit effleura la pensée de la protectrice qui tâcha de mettre ses préjugés de côté.

Une seconde fois, ses lèvres s’étaient entrouvertes, afin de faire part de sa non-compréhension, elle n’eut cependant pas la chance de s’exprimer puisque son poignet fut agrippé brusquement. Par ce mouvement, elle s’était fait entraîner proche de son interlocuteur qui lui murmura des mots davantage incohérents que sa première tirade. Il ? Naturelle ? Partout ? De quoi parlait-il ? Ou plutôt de qui ? Est-ce que l’homme était en danger, était-il un trafiquant d’herbe ? Sans geste brusque, Léonie avait rompu le contact, récurant son poignet tout en se relevant lentement de sa chaise. Elle fit tourner délicatement sa main, afin de faire bouger l’élément qui avait été quelque peu violenté. Fronçant doucement les sourcils, la protectrice ne semblait pas être certaine du comportement le plus convenable à adopter.


- « Monsieur, vous devez faire erreur, il n’y pas de ville à proprement parler au-dessus d’Etsiin, si nous parvenons à traverser le sable, c’est la forêt que vous allez trouver en poursuivant en ligne droite… Si vraiment, vous voulez vous rapprocher d’Aildor. Il faut essayer de rejoindre Butsakh, avec un peu de chance vous pourrez peut-être attraper un bateau par là-bas… Mais ce n’est nullement une ville portuaire comme celle-ci… » elle prit une légère inspiration «  Et puis, vous ne pouvez pas traverser ainsi la région sans préparer un minimum votre voyage… Ce serait, risqué, surtout si vous ne supportez pas l’air environnant… » elle était un peu perdue «  Si vous voulez vraiment rejoindre Aildor, il faut attendre un bateau ici, je suppose. Voulez-vous que je vous accompagne pour vous renseigner ? Les marins par là-bas, doivent certainement être au courant des prochains horaires. »

Faisant un geste de la main, elle l’invitait à présent à le suivre, tout en lui offrant le choix. Avisant la teinte toujours plus pâle de son interlocuteur, elle changea néanmoins quelque peu de direction, laissant derrière le duo un peu particulier, les commerces, les échoppes et les tavernes.

- « Je vous propose d’aller voir le guérisseur de la ville pour débuter. Peut-être aura-t-il un remède pour votre étrange problème, cela doit être une maladie de chez vous… Pour nous, l’air n’a rien d’anormal. »

Elle ne parvenait pas à se résoudre à abandonner bêtement l’homme, aussi fou soit-il. Peut-être était-il dangereux pour la population ? Non, un homme dont l’esprit divaguait ne pouvait être laissé seul, c’était impossible. Prenant une légère inspiration, elle reprit la parole :

- «  À droite dans cette ruelle. D’ailleurs, qu’est-ce que vous préférez finalement vous rendre à la prochaine ville ou bien prendre un bateau ici ? »

Elle s’arrêta devant la porte du dit guérisseur, un homme âgé, adepte de Möchlog. Quelqu’un de bien et fiable qui connaissait bon nombre de choses, Léonie était certaine qu’il trouverait un remède à la problématique de cet étranger.


Léonie vous parle en #ff9933
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Ingrid & Sigurd
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Mar 23 Jan - 13:41
Irys : 654876
Les questions rituelles finirent par payer : un jeune homme à l’allure étrange et au teint blême s’était tenu ici moins de dix minutes auparavant. La description correspondait plus ou moins à celle que Rudolph avait pu rassembler d’un des deux braqueurs au Tyorum en juillet dernier. La disparition des deux truands correspondait plus ou moins au moment où il avait ressenti le lien se tendre. Sa cible s’était assez éloignée de Skingrad pour qu’il sache qu’elle en était partie. Si jusqu’à présent il n’avait pu déterminer si c’était un hasard, maintenant il en était sûr : il connaissait l’identité du recherché. Un humain aurait sûrement exulté de joie, mais le régisseur n’en avait que l’apparence. Après avoir obtenu une description des vêtements actuels de sa cible, il passa au plus important.

« Bien, avez-vous vu dans quelle direction ils partaient et vers où ? 

-Non j’étais occupé ailleurs, demandez à Berta voir. Elle était assise non loin d’eux. C’est la dame seule avec son livre. »

Il remercia son informateur, son visage toujours aussi neutre avec cet air hautain involontaire, puisque c’était dans les normes de le faire. Puis il sortit sur la terrasse pour interroger cette fameuse Berta.

« Excusez-moi auriez vous où partez le couple assis non loin de vous : un homme à l’allure étrange mesurant ça – il montra la hauteur de ses mains – accompagné d’une jeune femme brune ? Je devais les retrouver ici mais je les ai manqué. »

Ajouter un mensonge permettait d’avoir une réponse plus rapidement, il l’avait constaté au fil de ses  recherches. À my’thra son statut permettait d’avoir un meilleur accueil la plupart du temps. Mais il ne voulait pas prendre de risque alors qu’il était si proche.

« Vous avez de la chance, oui. Ils se sont levés brusquement c’est ce qui a attiré mon attention. Après une petite pause – peut-être décidaient-ils s’ils devaient vous attendre- ils sont partis vers l’ouest pour ensuite s’enfoncer dans les ruelles vers le centre de la ville.

-Vous ne savez pas où ils se dirigeaient exactement ? »

Elle haussa les épaules avant de répondre, cette situation étrange ne la concernait pas vraiment et son interlocuteur la mettait un peu mal à l’aise. Elle répondit fermement dans l’intention de clore la discussion et reprendre son livre.

« Vous devez le savoir mieux que moi. »

Ainsi elle ne remarqua pas la créature qui suivait ce drôle de bonhomme alors qu’il prenait le chemin indiqué. Ni plus rien d’ailleurs, elle s’était échappée dans un autre monde.

À quelques rues de là, une porte s’ouvrit sur le drôle de couple. Un homme barbu en djellaba et bien de sa personne leur fit alors face, les sourcils légèrement froncés par l’agacement. Il n’avait pas encore mangé et son humeur s’en ressentait.

« C’était pour me voir jeunes gens ? Ou vous n’avez rien de mieux à faire que discuter sur le pas de la porte des autres ? »

Ses yeux clairs allaient de l’un à l’autre, la porte encore entre-ouverte derrière lui, en attente d’une quelconque réponse.

HRP:
 
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Luciole Aldebarra
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Ven 26 Jan - 20:53
Irys : 438681
Profession : Croc-Mort - Aventurier - Pirate
Pérégrins -2

"C’était pour me voir jeunes gens ? Ou vous n’avez rien de mieux à faire que discuter sur le pas de la porte des autres ?", disait l'homme recommandé par ma sauveuse d'un jours, ou du moins, la seule personne qui m'était apparut en ce moment de crise, où la tournure tragique de la chose ne risquait pas de se faire attendre... Qui sait ce qui me serait arrivé, à moi, Luciole Aldebarra, scotché contre mon siège figé, attendant patiemment mon bourreau et son gardien ? Nul besoin d'être devin pour en connaître la finalité, une mort certaine dans la plus grande des douleurs. Mais qu'importe le type de douleur que cela m'amènerait à endurer, si la finalité de la chose est la mort, n'est-ce pas ?

"Vite, pouvons-nous rentrer ?! Je le sens... Ah !!! Il est proche, ma tête me démange, pourquoi suis-je ce que je suis... Eurk ! Cette sensation est insoutenable, je n'en peux plus, aidez-moi ! Est-ce qu'il nous observe en ce moment ? C'est tout à fait plausible ! Là-bas ! Derrière le tonneaux ?! Ah, non... C'est un chat... Mais... Cette créature qui l'accompagne ?! Je ne la vois pas, je ne l'ai même pas encore vu ! Elle peut être absolument partout ! Dans mon sac, mes vêtements, ou peut-être sur mes cheveux, et... Deviendrais-je fou ?! Ah, ih...", disais-je tout en forçant, pistolet à aqua-magilithe à la main, l'entrée cadrée de la boutique du vielle homme, entraînant ou non, sans même le savoir, dans un même mouvement de folie, la jeune femme dont je ne connaissais pas encore le nom, espérant une nouvelle fois, au plus profond de mon être, l'apport de son aide après ce que je m'attendais à commettre.

"Il me faut de l'alcool ! Oui... Du bon vieux désinfectant qui brûle et écaille la peau à son contact, vite, aides-moi, ce vieux croûton doit bien en avoir dans ses réserves ! Ici, là-bas... Ou peut-être dans les tiroirs sur ce buffet, ah !", hurlais-je alors tout en renversant les tonnes de flacons initialement présents sur le mobilier, et ce, à coups de grands balancements de bras, vifs et désordonnés. Entre les éclatements de verreries en tous genres, et les projectiles qui fusaient de mes mains jusqu'aux murs blanchâtres de la demeure, l'heure n'était pas à la gambade dans la pièce principale. Loin de là... Et c'est d'ailleurs avec une rapidité des plus déconcertantes que le propriétaire des lieux se réfugia sous la table de la salle à accueillir, me suppliant d'arrêter le carnage chimique, si toutefois j'arrivais à ne pas snober ses futiles paroles. Les évaporations douteuses, les solutions nocives et corrosives, tout y passe, c'est la débandade ! Il me fallait de l'éthanol...

Ne prêtant plus aucune attention à mon accompagnatrice, je décidais, dans un dernier élan d'espoir, de me vider le contenu de ce bidon de bois et de lamelles formé, dont les émanations malodorantes pouvaient me laisser percevoir une once d'espoir, l'espoir de vivre encore un petit peu, quelques jours, ou peut-être quelques mois, qui sait... Terrible liquide limpide, petit cris dû aux irritations à venir, et c'est à peu près tout pour le moment.
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Léonie Morret
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Dim 28 Jan - 10:53
Irys : 480814
Profession : Commandante de Busad
My'trän +3 ~ Kharaal Gazar (femme)
La protectrice offrit un sourire rassurant à l’individu qu’elle venait d’accompagner, décrochant un regard satisfait vers la porte qui venait de s’ouvrir. Léonie était loin, très loin d’imaginer que sa solution miracle allait tourner vers un véritable cauchemar éveillé. Tout était allé très vite. La porte qui s’ouvre, la silhouette masculine, légèrement recourbée par l’âge qui se présente sur le seuil de la porte, une arme qui lui donne la nausée qui se dévoile et puis, et puis ? Elle eut du mal à réaliser, qu’elle avait fini par entrer, sous la pression de cette agression, sous la non-acceptation d’abandonner un citoyen qui n’avait, lui, absolument rien demandé. Encore une merveilleuse idée qu’elle avait eue, très bonne. Se mordillant la lèvre inférieure, la my’tränne avait glissé délicatement une main à sa ceinture, vérifiant la présence de son arme. Une déglutition un peu anxieuse s’était fait entendre, alors que le pauvre hôte des lieux venait de se précipiter sous la table, main sur la tête pour se protéger. L’invité mystère, agité, semblait empreint à une véritable crise de folie, retournant la petite pièce de fond en comble à la recherche d’un alcool qui ne le soulagerait sans doute nullement de ses maux. Malade. Il était malade. Psychologiquement. Cela ne faisait plus aucun doute pour Léonie, qui lançait un regard désespéré au vieux qui n’essayait même pas de le soigner, de le rassurer. N’était-il pas un fervent adepte de Möchlog ? Ne pouvait-il pas soulager tous les maux, même ceux non visibles à l’œil nu ? Fronçant doucement les sourcils, la protectrice avait fini par passer l’étape de la surprise, pour entrer dans celle où elle faisait pleinement son métier.

- «  CA SUFFIT ! » ordonna-t-elle d’une voix forte, imposante, dans une tonalité presque parentale « Regardez-moi tout ce foutoir ! Avec les évaporations, si la fenêtre n’était pas de simple ouverture, nous serions certainement dans les vapes. Asphyxié. » Précisa-t-elle en appuyant son regard sur l’agité.

L’homme ne sembla guère se soucie de son intervention, pour le moins inutile et sous le regard suppliant du responsable des lieux, la protectrice se sentit dans l’obligation de faire davantage, tout du moins, de l’immobiliser de façon à ce qu’il ne puisse plus faire autant de dégât qu’à l’accoutumée. Impossible pour elle de faire l’usage de ses pouvoirs dans une pièce aussi étroite, sans prendre le risque de transformer l’habitation en un bordel sans nom, du moins, si elle résistait à la modélisation du sol, ou encore à l’utilisation de ses murs pour en faire une prison. La priorité pour la my’tränne était semble-t-il de récupérer l’arme, afin que tout accident plus dramatique soit mis en œuvre, viendrait-il par la suite, certainement le temps de rassurer l’individu, à moins qu’elle ne parvienne à le faire tout en récupérant l’arme.

- «  Allons, allons, calmez-vous voyons. » Susurra-t-elle presque une main sur une de ses dagues, l’autre tenant une fiole «  Regardez, j’ai trouvé ce que vous cherchez. Lâchez donc ce que vous tenez, ne buvez pas ça, j’ignore ce que c’est. »

S’approchant dans des pas de côtés léger, en crabe, un regard soucieux sur l’arme qui lui retournait l’estomac. La my’tränne espérait naïvement que dans ce même élan de panique, l’homme se précipite sur la fiole, ce qui lui permettrait évidemment dans un geste d’autodéfense, d’agripper le poignet contenant l’arme, de lui retourner dans le dos et de le faire lâcher la prise. Avançant davantage jusqu’à lui, dans un pas prudent, elle ne tarda pas à réaliser son œuvre, sans pour autant lui laisser le temps d’aviser la fiole, quand elle se jugea suffisamment proche de lui, elle relâcha la fiole qui se brisa sur le sol, attrapa le poignet contenant l’arme, fit une pression légère, mais suffisamment forte pour le faire lâcher, pivota légèrement pour lui faire tourner le poignet qu’elle glissa dans son dos. Un pied dans le pli du genou, l’obligeant à se mettre à genoux sur le sol. De l’autre main, sa dague s’était extirpée de sa ceinture, pour venir se glisser sous la gorge du fou.

- « Maintenant on se calme et on laisse le guérisseur vous occultez, je ne vous ferais pas de mal, c’est pour votre bien, ne m’obligez pas à vous attacher. » Souffla-t-elle, la prononciation saccadée par ses gestes «  VOUS ! » dit-elle plus distinctement «  Vous allez sortir de sous la table et faire votre travail. TOUT DE SUITE. Vous le calmez, ce que vous voulez, mais bougez votre petit cul. »

Un regard vers l’homme, elle attendait enfin qu’il se décide à faire quelque chose de plus utile que de se cacher.  

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Ingrid & Sigurd
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Ven 2 Fév - 9:14
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Évidemment que le soigneur alla se cacher. Il n’avait rien d’un héros et si le fou n’était pas bien imposant, il avait une arme. Sa mauvaise humeur s’était bien vite envolée face à la crise de l’inconnu, laissant place autant à de la crainte que du désarroi face à ce que subissait son lieu de travail. Pourquoi par tous les architectes étaient-ils venus chez lui ?! Il soignait les maux du corps non ceux de l’esprit. Et maintenant voilà que la femme le sermonnait, lui.

« Que voulez-vous que je fasse ?? Vous avez tout cassé... »

Sa voix était plaintive plus qu’agressive. Il avait parlé tout en s’extirpant de sous son bureau, un œil toujours fixé sur le drôle de couple. Tout doucement et de façon circonspecte, il s’approcha d’eux. D’un coup de pied, il poussa l’objet daënar dans un coin de la pièce, le plus loin de lui possible. Ce n’était pas le moment d’être malade ou de laisser à cette personne instable l’occasion de la récupérer.

« Vous pouvez l’asseoir sur la banquette, enfin enlevez les débris avant. Je vous préviens tout de suite, je ne suis pas un soigneur de l’esprit. »

Alors qu’il les dirigeait, il reprenait peu à peu consistance et confiance en lui. Même s’il n’était pas tout à fait dans son domaine, il pouvait faire quelque chose. Ne pas être simple spectateur.

« S’il me reste un calmant je pourrais vous le donner. Mais avant ça : pouvez vous me dire votre nom ? Pour ma part, vous pouvez m’appeler Jorah. Pouvez m’expliquer calmement de quoi vous parlez ? Qui est la personne que vous craignez ? Ah, et êtes-vous blesser quelque part ? Je peux vous panser. »

Toutes ses questions s’adressaient évidement à l’homme mais il en avait aussi pour la femme. Un avis d’une personne saine et quelque peu plus impartiale pourrait aider.

« Pouvez-vous également me dire votre nom jeune demoiselle ? Cela fait-il longtemps qu’il agit de la sorte ? Avez-vous vu la personne dont il parle ? »

Peut-être qu’avec ça, il arriverait à y voir plus clair. Instaurer le dialogue était une bonne base pour discerner le faux du vrai, surtout avec un témoin extérieur de l’histoire.

Le régisseur quant à lui n'avait eu d'autre choix que de reprendre son enquête de voisinage. S'arrêtant régulièrement pour questionner les commerçants, les passants, pour voir s'il n'avait vu passer le drôle de couple. Le gardien toujours aux aguets à ces côtés.


Dernière édition par Ingrid & Sigurd le Mer 7 Fév - 0:22, édité 1 fois
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Luciole Aldebarra
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Ven 2 Fév - 17:30
Irys : 438681
Profession : Croc-Mort - Aventurier - Pirate
Pérégrins -2

Deux secondes, ni plus, ni moins... Telle était l'échelle de temps qu'il fallut à mon accompagnatrice d'un jours pour me mettre à terre, et par alliance, me maîtriser de toutes parts. Mais ne vous méprenez pas, il était aisé pour cette femme d'expérience -dont le métier m'était encore inconnu- de mettre hors d'état de nuire un homme dont le poids devait égaler, voir même s'incliner face au siens. Squelette fragile, et coquille vide, telles étaient les descriptions qui pouvaient coller à l'anomalie, à cet instant, sur le continent My'Trans. De plus, Luciole était anormalement maigre en cette période, faute à l'extrême afflue de stresse dont il faisait l'objet depuis quelques temps, et de ses carences alimentaires toujours plus nombreuses, imposantes et inquiétantes, le temps jouait contre lui, mais il ne le savait pas encore. Cruel fardeau qu'est l'ignorance, et plus douloureuse sera la chute... Ainsi, sans même le voir, mes yeux finirent rivés vers le sol, un lame caressant l'épiderme de ma carotide, jouant de ses reflets éblouissants pour me dissuader de tout mouvements suspects.

"Il est là !!! Je le sens !!! Je suis Luciole Aldebarra, fils de Leyla et Hans Aldebarra ! Argh... Ma tête ! Cachez-moi, sa vermine ne doit pas être loin ! Vite, dépêchez-vous, ne me laissez pas au milieu de la pièce comme ça ! Ils me sentent, ils me traquent, ils me vident de ma vitalité à chaque mètre parcouru les approchant de mon être, ils me tuent à petit feu... Alors quoi ! Bougez-vous ! Si vous me laissez ici il y aura plus d'un cadavre qui tapissera votre plancher Mr.Jorah... Ah, ah, ah !", hurlais-je tout en enchaînant des phrases toutes plus rapidement les unes que les autres, mâchant la plupart des mots clés de mon discours d'homme désespéré. Les yeux dégoulinants d'un liquide assimilable à des larmes, des larmes de nervosité, je levais mon regard pigmenté vers la femme qui me tenait en grippe, c'était ma dernière chance de sortie, après cela, je pouvais faire une croix à mes projets d'avenir.

La tension avait atteint son paroxisme, au sein de cette pièce saccagée et remuée de fond en comble. Tandis que le silence était dorénavant de mise après cette tirade des plus révélatrices, et malgré une part d'ombre précieusement entretenue par mon être, sur mon indésirable identité d'anomalie, nul besoin d'avoir en sa possession une intelligence surdimensionnée pour comprendre ce que je tenais vainement à cacher... Je suis une Anomalie, et je lutte pour ma survie !
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Léonie Morret
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Sam 3 Fév - 11:01
Irys : 480814
Profession : Commandante de Busad
My'trän +3 ~ Kharaal Gazar (femme)
Léonie était parvenue à « maîtriser » la situation, tout du moins, avoir la sensation d’avoir récupéré la main et de ne plus simplement être la spectatrice d’un massacre en devenir. Prenant une légère inspiration, la jeune femme ne relâcha pas pour autant sa garde, lame toujours sous la gorge de Luciole pour éviter que l’homme ne s’applique à aggraver sa situation. Coulant un regard vers le responsable de cet endroit, la protectrice ne semblait pas certaine d’avoir adopté le bon comportement. L’agressivité qui avait été perceptible dans sa voix, n’avait eu que pour origine, la montée d’adrénaline que son corps avait subie avec l’effet de surprise. La jeune femme attendit sagement que l’homme se dégage de sous la table, approche lentement, tout en cherchant une solution convenable pour contenter tout le monde. Enfin, surtout pour régler le mal qui semblait ronger l’individu.

- « Je suis désolée pour les dégâts… murmura-t-elle laissez-moi dégager le verre, n’allait pas vous blesser. »

Qu’il était complexe d’un bras et d’une main de maintenir un individu en prenant la peine de s’assurer qu’il ne tente rien et de l’autre, de dégager des doigts non protégés par le moindre tissu de retirer les morceaux de verres d’un fauteuil. Elle se coupa, à plusieurs reprises, sans pour autant de plaindre ou gémir, n’était-elle pas responsable de la situation et du fait que le pauvre homme se retrouve avec son lieu de vie retourner, par un homme visiblement plus que dérangé. Laissant, ensuite, l’anomalie –qu’elle n’identifiait pas encore comme tel- s’allonger sur le canapé, retirant une lame tout en lui offrant un regard noir particulièrement expressif vis-à-vis de la suite des événements s’il recommence à s’agiter de la sorte. Un coup d’œil vers l’arme utilisée sur le sol plus loin, une nausée importante et la protectrice perdit le fil de la conversation. Quand elle s’intéressa de nouveau à la situation, le guérisseur était en train de s’occuper de son étrange interlocuteur. Se baladant dans la pièce, elle ne vit rien d’extraordinaire ou tout du moins, rien de suffisamment intéressant pour la détourner de la conversation et se retourna presque immédiatement quand on lui adresse directement la parole.


- « Léonie, protectrice confirmée de la ville de Busad. dit-elle simplement je ne connais pas cet homme, il me semblait mal en point à une terrasse des auberges et taverne de la ville. Pour être honnête, je ne suis pas certaine de comprendre véritablement comment j’en suis arrivée à me rendre ici avec lui. elle secoua doucement la tête je n’ai vu personne, la ville est animée, comme toujours, un bateau venait d’accoster je crois, mais rien de suspect ou de particulièrement dangereux. Il est peut-être victime d’hallucination ? elle regarda Luciole un instant vous pouvez lui donner de quoi le calmer, sans l’endormir complètement, je voudrais le ramener jusqu’à Busad. De là on pourra prendre un griffon pour le déposer à Butsakh, il pourra prendre un bateau et repartir où il veut, plus que le port le plus proche semble lui faire atrocement peur, autant l’amener à une autre ville ou c’est possible. »

La jeune femme haussa doucement les épaules, sans réellement trop savoir quoi ajouter. Les propos que tenaient celui animé par une quelconque folie ne lui parlait pas et lui semblait complètement incohérente. Elle était cependant prête à l’aider à sa mesure, à la condition qu’il ne mette pas déraisonnablement en danger le peuple de sa région. Il était malade après tout, pas véritablement dangereux, du moins, c’est ce qu’elle pensait sur l’instant. Difficile de savoir si elle avait raison ou non. Elle s’adresse donc à lui, simplement :

- « Vous pensez pouvoir parler plus lentement et nous décrire la personne qui semble vous importuner ? Ou simplement nous expliquer la raison de votre angoisse ? »


Léonie vous parle en #ff9933
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Ingrid & Sigurd
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Mer 7 Fév - 0:33
Irys : 654876
C’était bon signe, il répondait aux questions. Même si ses propos faisaient toujours montre d’une grande paranoïa. Son délire était très réel pour lui, il n’y avait pas à en douter. La peur du traqué transpirait par tout les pores de sa peau. Et il n’avait aucun calmant à lui donner, ses concoctions gisaient toutes au sol. Au moins pouvait-il prendre des informations auprès de la femme.

Il hochait la tête tout en écoutant, une main ne quittant pas l’épaule de Luciole. La proposition de la protectrice n’était pas mauvaise mais pas dénuée de risque. Il aurait pu s’en laver les mains et sauter sur l’occasion pour se débarrasser d’eux. Mais il pouvait au moins s’assurer que sa crise de folie ne détruirait pas d’autres lieux de travail ou blesserait des gens. Qu’est-ce qui assurait après tout qu’à Butsakh il ne refit pas une autre crise ?! Ou même avant…

Enfin, tout n’était pas perdu, si Jorah n’avait plus vraiment de matériel, il avait toujours sa magie. Alors que Léonie parlait au malade, doucement, pour ne pas effrayer le jeune homme déjà à fleur de peau, il convoya des vagues de calme. Mais son contact avec le patient se retourna contre lui, se fut à sont tour de perdre consistance. Il blêmit. Là c’était vraiment hors de sa portée. Hors de ce qu’il voulait faire, de ce qu’il devait faire.

« Allez-vous en maintenant. Je ne veux pas qu’il vienne ici. Je ne vous dénoncerais pas, mais partez ! »

Il alla jusqu’à la porte et l’ouvrit en grand. Advienne que pourra à cette erreur de la nature. Ce n’était pas à lui d’interférer dans le plan des architectes. Tout ce qu’il pouvait faire c’était respecter la vie quelque elle soit, le reste ne dépendait pas de lui. Ni d’elle.

« Partez ! »

Sa voix était cassée, son regard fuyant évitait l’anomalie, par crainte, par honte peut-être. Son regard avait aussi glissé sur l’inconsciente qui se mêlait de ce qui la dépassait. Cette fois, elle pourrait hausser la voix rien ne le ferait changer d’avis et s’ils ne partaient pas, lui le ferait sans hésiter. Combien de temps restait-il avant que le régisseur ne fasse son apparition ? Était-il déjà trop tard pour éviter la spirale de destruction ?
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Luciole Aldebarra
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Sam 21 Avr - 15:12
Irys : 438681
Profession : Croc-Mort - Aventurier - Pirate
Pérégrins -2

Je n'écoutais plus, je le sentais... Plus proche que jamais, il devait se tenir à seulement quelques centaines de mètres tout au plus, c'est mon cœur qui me le disait... Ses battements, toujours plus rébarbatifs et indicatifs quant à sa position géographique, et sa peste qui devait traîner je ne sais où dans la ville, certainement en train de pister les quelques gouttes de sueurs que j'avais laissé tomber au cours de notre brusque marche, dont les pas rapides avaient essoufflé mon cœur assaillit par le stresse, et encore maintenant. C'est alors que, les genoux toujours plaqués contre le sol boisé de la boutique de l'homme curatif, mon corps se mit à s'engourdir, s'effacer... Sensation que je n'avais pour le moment jamais connu, mais qui, au fur et à mesure que le temps passait, et que mes deux compères continuaient à débattre mile et une hypothèse quant à ma pathologie, s'emparait de tout mon corps, jusqu'à... M'effacer ? C'est certainement le mot le plus qualificatif de ce que je venais de devenir... Puisqu'il fallut qu'une fraction de seconde pour que la puissante main posée sur mon épaule lâche sa prise, comme étonnée par la versatilité de mon être, un être qui n'avait plus ni forme ni couleur, un être qui faisait plus qu'un avec son environnement, un caméléon plongé dans la masse de détails du décors dévasté, et de potions, cocktails renversés.

"Vous l'aurez cherché... Ih ! Hum... Oh mon dieu ! Il est si proche ! Aie... Mais vous allez le regretter ! Vous m'avez ralenti, ce bougre va me mettre en pièce par votre faute, vous ! Médecin de pacotille !", hurlais-je alors, mon corps étant en totale harmonie visuelle et textuelle avec l'environnement avoisinant. A présent, je ne pouvais plus me permettre de rester avec cette femme, et c'est d'une impulsion de ma jambe gauche que je pris la fuite, sortant de la battisse, les nombreux bateaux marchants stationnés au port en ligne de mire.

Je ne sais pas ce qui me faisait le plus peur... Rencontrer cet être défait de sensibilité ? Ou mourir sous un coups bref et précis venant de sa personne, envoyant aux feux des Enfers, mes rêves et mes songes passés, actuels, et à venir. Ainsi, je continuais de fronder les ruelles, descendant que plus encore vers ce qui me semblait être un océan, une mer, appelez-ça comme vous le voulez. Je ne sais pas si elle m'avait suivi, cette jeune femme, ou du moins, les traces de fluide éthanoïque qui avaient détrempé ma tenue au demeurant pas si mal, pour une anomalie en cavale. Quoi qu'il en soit, j'étais en route, mes pieds tremblotant, claquant contre le sol poussiéreux et soutenu de quelques roches de silice, mon bourreau et son gardien également, et le résultat de cette course, qu'importe soit-il, allait couronner le meilleur des athlètes, dans la catégorie "course de durée".
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Léonie Morret
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Mar 1 Mai - 14:35
Irys : 480814
Profession : Commandante de Busad
My'trän +3 ~ Kharaal Gazar (femme)


Incompréhension. Mot régnant en maître dans l’esprit de la protectrice qui reprenait depuis peu son service, n’avait-elle d’ailleurs pas réellement repris, n’était-ce qu’un début de quelque chose, une manière de s’occupait l’esprit qui l’avait amené dans cette ville. N’avait-elle aucunement prévu de se retrouver face à un charlatan qui était visiblement incapable de répondre simplement à des questions. Et lui ? Celui que ses yeux détaillaient, celui qui semblait proie à des troubles d’une illusion digne de Khugatsaa, le visage perlant de sueur, les yeux vibrants de peur, il était prêt à s’uriner dessus, à tremper son pantalon, tout ça pour quoi ? Pour qui ? Qu’est-ce qui pouvait à ce point terroriser un homme ? Étrangère au contact d’anomalie, étrangère à cette réflexion qui aurait dû pourtant l’amener à comprendre l’ensemble, les événements récents embrouillant encore son esprit, Léonie ne comprenait pas, ne mettait d’autre mot que celui du danger lorsqu’elle avisait l’inconnu toujours inconnu. Un soupir chaud avait fui ses lèvres, alors qu’elle survolait d’un œil dur, la silhouette de ce médecin, de cet être qui aurait dû l’aider à comprendre, mais qui au lieu de ça, cherchait une façon de faire partir l’étrange duo.

Léonie ne comprenait pas, perdait son calme et se sentait même passablement agacée par les événements qui s’enchaînaient sans qu’elle ne parvienne à avoir un semblant de maîtrise de la situation. Cette fois-ci, ce fut, le moins fou des deux qui évoquait un « il » la folie était-elle contagieuse, un monstre régnait-il en maître dans cette ville portuaire, faisait-il pression sur les habitants ? Son absence à cause de sa convalescence avait-elle été si longue que ça pour qu’elle ne soit pas en mesure de saisir tous les tenants et aboutissements actuels ?


- « Est-ce que quelqu’un va bien finir par me dire qui est ce « il » ? » grogna-t-elle mâchoire contractée. « Parce que très honnêtement, à me faire tourner en bourrique, je ne commence à avoir qu’une envie, vous embarquez l’un comme l’autre et vous laissez réfléchir dans une de nos geôles. » souffla-t-elle décontenancé par la situation.

Par tous les architectes, elle se promettait de ne plus rendre service à personne, les soigneurs et sa mère avaient raison, elle n’était pas prête à reprendre le service, elle avait encore besoin de repos, d’être prête à faire éprouver sa patience sans qu’elle ne cède jamais. Ce qui n’était visiblement pas le cas. L’homme ne semblait aucunement prêt à lui venir en aide, à lui expliquer, ordonnait presque à la protectrice et au fugitif de fuir. L’individu en profita d’ailleurs pour prendre la fuite, la repoussant alors que son attention était ailleurs, ouvrant la porte, il avait fini par décamper provoquant un nouveau soupir chez la protectrice, qui n’avait pas immédiatement décidé de le suivre.

- « Vous ne bougez pas d’ici, compris ?! » fit-elle en direction de l’hôte de maison « Je reviendrai vous poser des questions sur ce ‘il’ »

Ne lâcherait-elle pas l’affaire, mais ne pouvait-elle accepter l’idée de savoir un homme visiblement instable parcourir les rues, qui sait ce qu’il pourrait faire. Difficile de partir à la poursuite de l’inconnu avec les quelques minutes de retard, difficile de le retrouver immédiatement, quoi qu’il en soit, elle reprit son habitude, se surprenant à courir, à écouter, à observer. Il s’agissait bien d’une proie et de deux chasseurs à présent, un voulait sa mort, l’autre voulait l’expulser au plus loin du territoire, l’aiderait-elle certainement involontairement pour protéger ses terres. Rapidement, elle avait fini par retrouver sa piste via les regards, les cris offusqués de la population. Une chose lui semblait évidente, si quelqu’un le poursuivait, rien qu’à l’odeur de la sueur de sa peur, il pourrait le retrouver. Alors qui lui sembla entr’apercevoir sa silhouette elle lui hurla :

- « STOP arrête toi ! Bouge plus ! » força-t-elle sur sa voix, tirant sur les restants de brûlures de son visage.



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Ingrid & Sigurd
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Ven 4 Mai - 11:39
Irys : 654876
Un poids énorme s’enleva de ses épaules lorsque l’anomalie s’en alla. L’autre était peut-être encore là, voulait même le questionner mais ce n’était pas grave. Où voulait-elle qu’il aille ? Sa vie était ici ! Et maintenant, à cause d’eux en grand chantier. Il existait vraiment des jours où il ne valait mieux pas sortir de chez soi ! Ce n’était pas qu’une façon de parler. Il ferma les pieds sur ses talons, sans regarder vers où elle s'en allait, juste avec un poil de culpabilité pour n’avoir pas dit à la femme après quoi elle courait. Ça n’aurait tenu qu’en un mot mais d’autres auraient pu l’entendre, diriger un régisseur vers lui. Il ne voulait pas, vraiment pas. Il n’avait rien fait de mal, rien du tout. Il ne savait pas, il ignorait qui était ce fou qui s’était imposé ici, ce n’était pas de sa faute mais…

Quinze minutes, c’était le retard que Rudolph avait sur le duo. Au grand malheur de Jorah. Les passants, même si rare, n’avaient pu que remarquer les grands bruits de fracas, les hurlements puis les deux personnes s’enfuyant de chez le soigneur. Une bonne âme, après avoir attendu que ça se calme, avait même demandé à la « victime » si elle avait besoin d’aide ou des protecteurs. Mais le propriétaire avait refusé, n’avait même pas voulu ouvrir la porte. Il ne voulait pas attirer encore plus l’attention sur lui. Bien en vain puisque lorsque la personne suivante toqua à la porte, puis l’ouvrit devant son refus de le faire, il fut bien obligé de constater que l’objet de ses craintes se trouvait face à lui. Il n'avait aucune échappatoire et il était seul.

« Je, oui, enfin… Ils s’appellent Luciole et Léonie. Je ne sais pas où ils sont maintenant ils sont partis en courant.. C’est tout ce que je sais ! Ils ont parlé de Busad et c’est tout ! »

Il n’avait pas supporté le regard fixe, sans aucun battement d’œil de son interlocuteur pour l’aider à supporter ce poids. Pas plus qu’il n’avait aimé voir son gardien fouiner dans sa boutique. Tremblant, inquiet, serrant plus que nécessaire une fiole juste ramassée entre ses mains, il avait dit tout ce qu’il pouvait. Répondant même à des questions non posées dans l’espoir d’échapper à son courroux, de les voir s’en aller au plus vite. Et ça avait marché ! Il était de nouveau seul, pantelant. Plusieurs minutes avaient été nécessaire avant qu’il ne trouva le courage de bouger, d’aller fermer la porte laissée grande ouverte. S’était fini et il était toujours vivant ! Il s’écroula dos à la porte des larmes de soulagement coulant sur ses joues. Il avait bien cru son heure venu quand il avait dit non au régisseur au visage si froid. S'il avait pu ce mot ne serait jamais sorti de sa bouche mais il n'avait aucun vêtement ou possession de l'anomalie à lui donner. Rien. Heureusement pour cette dernière. Il n'avait même pas pensé à dire qu'elle s'était allongée sur le canapé. Et le gardien ne l'avait pas senti trop embrouillé par le mélange prégnant d'odeur dans la pièce. Son odorat hypersensible en avait même souffert.
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Luciole Aldebarra
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Jeu 28 Juin - 17:02
Irys : 438681
Profession : Croc-Mort - Aventurier - Pirate
Pérégrins -2

J'étais déjà bien loin quand la jeune femme essaya de m'arçonner de ses mots dit à hautes voix, à la limite du criés, alors que mes jambes commençaient à se scier littéralement sur place, signe d'une fatigue monstrueuse envahissant tout mon corps, mes membres, et de cette peur transformée en adrénaline puissante, qui parcourait non sans peine, toutes les veines, les artères de mon frêle corps. A présent, mon corps ne faisait qu'un, ou presque, avec l'environnement ambiant, cette faculté primaire que je venais de développer me redonnait un espoir, aussi mince qu'une aiguille, serte, mais assez pour me permettre de puiser en moi les dernières molécules nutritives nécessaires au bon fonctionnement de mon métabolisme. Les pavés, les maisons de chaux et de poutres formées, tout ne semblait que... moi ! Je ne faisais qu'un avec ce décors primitif du continent de My'Tra, plus qu'un avec ces personnes drôlement vêtues et leurs créatures.

"Adieu... Régisseur ! Je m'en vais vers d'autres horizons !", criais-je tout en laissant paraître des larmes de nervosité, des larmes qui venaient, je l'espère, mettre un point final à cet épisode cauchemardesque diffusé sur ce continent aux souvenirs tous plus douloureux les uns que les autres.

Il ne me fallut que quelques minutes pour rejoindre le port et ses bars de plaisance. Il y avait une dizaine de bateaux, comme tout à l'heure, et je ne savais pas où donner de la tête. Droite, gauche... Maintenant, après... En embuscade pour ne pas prendre le même que mon régisseur et son fourbe de compagnon renifleur ? J'étais perdu, mais il me fallait trouver une idée au plus vite, histoire de déguerpir de ce taudis aux allures de cimetière à anomalies. De plus, mon abondante sueur, mélangée à cette décoction de produits issus de la nature bien aimée commençait à se dissiper, tout comme l'humidité qui en résultait, et mon coup de Trafalgar avec elles.

Ni plus, ni mois, j'avançais en direction du premier bateau qui se présentait à moi, des marchandises, entassées les unes sur les autres grâces à de gros tonneaux en bois flotté, et une bonne demie-tonne de sel sur son dessus. Approchant ma main sur la structure de bois, et de cordes, j'appréciais un silence dicté par les vagues et le chant des oiseaux marins, afin, entre autre, de réitérer l'exploit que j'avais réalisé il y a de cela quelques mois... Ce statut d'anomalie me confère des pouvoirs que les simples humains Daenars ne peuvent obtenir, et je l'avais bien compris. Cette faculté à ce camoufler qu'importe le lieu, mon apparence et mes humeurs, la faculté de façonner ce cristal aux reflets bleus dont l'attraction si intense, le condensé si puissant de ma personne en un seul bloc de minéral, pouvait non sans peine, du moins, je l'espère, tromper ma présence pendant une bonne dizaine de minutes encore, et plus... Si... Mais oui !

A ce moment là, une idée des plus saugrenues me traversa l'esprit, à croire que le stresse était devenu un facteur moteur chez moi, depuis cette transition psychologique. C'est alors que je plongea rapidement ma main droite dans l'une des barquettes remplies de légumes locaux, me concentrant que très difficilement afin de laisser sortir de ma main ce qui semblait être ma dernière porte de sortie, avant que mon bourreau se pointe, et ne mette une fin à mon exil. Inutile de préciser que je ne comptais pas monter dans ce même cargo en direction du sud de My'tra, mais bien dans le plus vétuste qui prônait fièrement l'étiquette de bois "Direction Marnaka", un lieu qui, je l'espère, ne me causerait pas plus de frayeur, que la présence même de ce régisseur.

Malgré la satisfaction d'un plan finement élaboré, je ne pus retenir une émouvante pensée pour cette jeune femme qui, malgré une curiosité beaucoup trop handicapante, et une force étonnante, avait considéré mon cas, comme un patient habituel, et pour cause... Ainsi, je décidai de laisser mon haut détrempé par les produits malodorants sur le quai poussiéreux et encombrés, accompagnés d'une rose que j'avais finement volé durant ma course effrénée entre deux étaux, le tout couronné d'une bourse généreusement garnie issue d'un travail pas tout à fait régulier. Pensant, avec espoir, qu'elle finirait par le trouver.

Après avoir passé un pied vers mon embarcation d'un jour, bousculé par les inquiétantes personnes voulant se rendre sur Marnaka, ma destination par défaut, je me mis à penser à haute voix...

"Et si c'est ce bougre qui tombe dessus ?"
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Ingrid & Sigurd
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Sam 30 Juin - 16:06
Irys : 654876
Pour aller à Busad, normalement il n’y avait pas à passé par le port. Sauf si on voulait attraper une caravane acheminant des biens depuis les quais. Si le Régisseur avait pensé que l’information de ce médecin valait quelque chose, il n’aurait fait que s’éloigner de l’Océan. Mais l’humain avait semblé peu fiable ou bien trop secoué pour l’être. Il avait aussi bien pu dire la première chose qui lui passait par la tête pour se débarrasser de lui. Ce n’était pas la première que l’un d’eux le faisait. Il sévissait des fois, quand c’était utile à la cause ou pour mettre la pression sur l’anomalie, sur la proie. Là, il ne le fit pas. Il n’y avait pas d’intérêt et son gardien avait besoin d’évacuer de ce lieu nauséabond. Dans l’immédiat, son compagnon lui était aussi utile que ce pleutre d’humain pour trouver la trace de sa cible. Et dans les rues rien, des bruits lointains.

Lorsque l’appel de la pierre retentit, il était à mi-chemin vers la « case départ » le premier lieu connu de l’anomalie. Sans ménagement, mais sans courir non plus : ce pouvait être un piège, une diversion, il se dirigea vers le quai. Ignorant les grommellements des personnes bousculées, ne faisant aucune différence, entre femme, homme, enfant. Face à lui un navire de taille moyenne qui devait partir vers Aesoru.

« Votre billet monsieur. Eh, vous ne pouvez pas monter si vous n’avez pas de billet !

-Vous ne voulez pas vous mettre en travers de mon chemin, croyant. Je ne serais pas long. »

Le marin ne put soutenir le regard du régisseur ni ne sut quoi dire. Honteux, il empêcha juste les autres passagers de monter. Si les choses devaient mal tourner au moins ne seraient-ils pas à bord du navire. Au contraire de ses collègues et des autres personnes déjà à bord. Le pauvre homme ne pouvait que prier les architectes que leur œuvre n’entre pas en conflit avec le paria qu’il cherchait.

Inutile de dire que le marin se sentit grandement soulagé lorsque Rudolph sortit du navire moins de cinq minutes après, sans que rien de notable ne se soit produit. Il put ainsi reprendre son job et laisser la routine avaler cette rencontre qui aurait pu tourner bien plus mal. Il rigola même sans raison s’attirant des regards curieux. Personne ne remarqua l’autre personne très heureuse sur le quai, celle-ci ne rigola pas ni n’attira l’attention d’aucune manière. Elle préférait éviter d’attirer l’attention d’autrui sur sa belle découverte : une bourse bien rebondit sans propriétaire pour la clamer.  Des irys bienvenue tout droit tombé du ciel, la rose fut ignorée et laissée à l’abandon. Peu probable que la personne a qui elle était destinée ne la vit.

Quant au duo, il était reparti chargé de la pierre bien en peine de trouver ce qu’il voulait vraiment : Luciole. Ce dernier pouvait tout aussi bien se trouver sur un des navires qui prenaient le large, pas assez loin pour être hors de porté, mais trop nombreux pour qu’il puisse tous les visiter avant que certains ne disparaissent. Sans oublier, que peut-être Busad n’était pas une destination si farfelue que ça au final…

Comme ne rien faire n’était pas une solution, ou envisageable, il retourna au bar comme prévu avant l’appel. Peut-être qu’il ne l’attraperait pas dans cette ville mais il avait déjà fait une belle découverte : son nom. Ça faciliterait la traque.

Terminé jusqu'à la prochaine traque !
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