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Chroniques d'Irydaë
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 [Capitale] ~ Reoni

Bolgokh
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Lun 24 Oct - 17:27
Irys : 100027
Profession : Créateur de monde à temps partiel
Administrateur
Reoni

Devise : Mon corps est un jardin, ma volonté en est le jardinier.


Histoire

Reoni est un nom qui raisonne dans les esprits de tous comme une sinistre épopée du malheur. Dans ses murs sont, de partout, gravées les formules de philosophes, poètes, historiens, qui tous s’entendent sur un unique point : Reoni est une ville vivante, mais peuplée de nombreux fantômes. La faute à une trop longue histoire, qui donna autant d’occasion aux hommes de faire de la Dame des Neiges un véritable mausolée perdu dans des steppes oubliées. Aujourd’hui, certes, elle possède une large renommée, mais elle est relativement récente tant les murs de Reoni terrifiaient l’imaginaire collectif il y a quelques dizaines d’années. Nous allons maintenant plonger dans ce qui restera, sûrement à jamais, le récit de la honte de ce continent si féérique qu’est My’trä.

La fondation de Reoni est très ancienne, plusieurs siècles avant l’ère de Süns, probablement. Néanmoins, c’est lors de l’avènement de cette nouvelle époque qu’elle connut son « heure de gloire ». Un peu de précisions semblent nécessaires. Au départ, cette cité n’est qu’un point de passage au milieu d’un paysage très montagneux, et souvent harcelé par de violentes tempêtes de neige. Si l’on descendait dans un petit vallon, on pouvait trouver ce troupeau de maisons à l’abri du vent, au bord du Pontar, la rivière nichée au creux de cette vallée profonde. Bien que très importante pour « civiliser » un peu la région, et donner un abri sûr à quelques errants et aux fondateurs du hameau, Reoni n’était pas très connue si l’on s’éloignait un peu de Khurmag. A Darga, par exemple, personne n’en avait entendu parler. Ce n’était que des pêcheurs qui, souffrant du froid, avaient décidés de s’établir dans l’endroit le plus doux de la région et de vivre tranquillement. Puis arriva cet épisode célèbre qui fit entrer l’humanité dans une nouvelle ère.

Pendant que, dans tout le continent de My’trä, des gens commençaient à propager une nouvelle vision du monde, où les Architectes ne sont plus des êtres bienveillants, mais d’odieux manipulateurs, Reoni continuait paisiblement son chemin de village de pêcheur. Elle se développait doucement, attirant quelques commerçants ventant la qualité du poisson local, ce qui permettait aux Reoniens d’acquérir quelques commodités qu’ils ne trouvaient pas dans la région. Personne ne s’occupait d’eux et ils n’avaient que faire des autres, d’ailleurs. Puis quelques visites peu communes intervinrent, des gens habillés avec goût et faste, de plus en plus régulièrement, dans un lieu à l’hostilité pourtant affirmée de par le monde. Que venaient-ils faire ici ? Que voulaient-ils ? Ce qu’ils cherchaient, malheureusement on ne le sut que trop tard. Nous sommes à l’aube de l’ère de Süns, et un impressionnant cortège d’hommes aux costumes éclatants, suivis par des dizaines de convois transportant de nombreux prisonniers derrière d’épais barreaux, débarqua dans la vallée de Reoni. La surprise fut totale pour les pêcheurs et leurs familles, qui durent regarder, impuissants, les disciples de Delkhii défigurer la montagne au bord de laquelle ils avaient élus domicile. De grands murs, des fenêtres minuscules, des escaliers innombrables. Une forteresse démentielle sortit de terre en quelques semaines seulement. D’un gris-bleu incroyablement froid, elle tétanisait chaque habitant qui était resté sur place, d’autant plus qu’aucun n’ignorait la macabre fonction assignée à cette forteresse de glace.

Reoni devint une prison. La plus grande, la plus terrible, et la plus mortelle des prisons de My’trä. C’est ici que les hérétiques de tout le continent étaient transportés pour être interrogés, torturés et laissés pour mort au fond d’immenses geôles humides, dans une tour perchée sur la plus haute colline : La Grande Inquisitrice. Selon la légende, c’est là que le prophète daënar, Alexandre Ünen, aurait été emprisonné et tué. Pendant des décennies, des siècles même, l’actuelle capitale de Khurmag n’était qu’un lieu macabre, que n’importe qui redoutait d’approcher. Mais le fait est que ceux qui méritaient de finir leurs jours ici se faisaient de plus en plus rare, et très vite on abandonna l’immense prison, qui n’était plus qu’une curiosité dans le paysage. Les générations se succédèrent, et on oublia l’antique fonction de ce monument, dont l’entrée demeurait scellée par un grand bloc de pierre. Pourtant, lorsque les Daënars envahirent le continent via Khurmag, des mages de terre officiels furent recrutés pour détruire le plus vite possible cette gigantesque tour. Un par un, les étages tombaient en miettes, et les débris s’écrasaient sur la ville évacuée à cause du conflit. Le travail fut si bien fait que, lorsque les envahisseurs arrivèrent jusqu’à la capitale du pays, il ne restait plus une trace de ce qu’ils étaient venus y chercher : le lieu où avait péri leur bien-aimé Augure.

Durant les dures années de l’occupation daënar, c’est là que, paradoxalement, Reoni réussit à commencer sa lente reconversion vers son état et sa fonction actuelle. La prison détruite, la terreur de l’envahisseur permanente, fédérer à nouveau le peuple de Reoni était un enjeu vital pour le futur de cette cité. Si tout le monde s’abimait dans le désespoir profond, il ne pouvait rien en sortir de bon. Un homme prit la responsabilité de remettre tous ces gens debout : Kericus Thanna. Il était le Khorog de la cité. Respecté par tous ses fidèles pour son optimisme pragmatique à toute épreuve. En aucune circonstance, il n’avait cessé de croire que son peuple pouvait être grand, pouvait devenir puissant. Ce jour-ci, plus qu’à n’importe quel autre, il devait prendre le sort des croyants de Khugatsaa en main.

Durant les obscures années où les Daënars occupaient le pays de Khurmag et en faisaient leur base d’opération sur tout le continent, dans cette vallée sans nulle autre histoire que celle racontée dans les récits d’horreur, Kericus marchait dans les rues foisonnant d’affamés ; distribuait chaleur, pain, et réconfort ; et porta ainsi le poids de tous les malheurs de Reoni sur les épaules jusqu’à la fin officielle du conflit. Lorsque Daënastre se retira complètement du continent, il était tant pour lui de faire un discours afin de redonner espoir à ces pauvres hères qui ne voyaient d’avenir que dans la souffrance de la culpabilité.

Citation :
« Mes enfants ! Je vous vois tous, marchant dans les rues comme des cadavres vivants et sur le point de s’écrouler sous le poids de leurs fautes. Ressaisissez-vous, mes enfants ! Vous n’êtes en tort d’aucune manière ! Pourquoi vous blâmerait-on parce que quelques traîtres ont porté nos couleurs il y a mille ans ? Mille ans ! Un millénaire nous sépare de ces gens ! Vous n’êtes pas comme eux, et ne serez jamais des traitres à votre sang ! Alors, levez la tête ! Soyez fiers de ce que vous êtes ! Nous allons reconstruire Reoni, reconstruire Khurmag tout entier, car Khugatsaa nous regarde et béni nos âmes ! Mes enfants, levez-vous ! Montrez au monde que notre terre est une terre de beauté infinie ! Khugatsaa puisse guider vos pas sur le bon chemin. »

Cela prit un certain temps, mais ce discours trouva écho dans le cœur des gens qui l’avaient entendu. Petit à petit, la vie revint s’installer à Reoni. On reconstruisit ce qui avait été détruit par la guerre et la misère, on usa de la magie de chacun pour donner une allure féérique à ces murs autrefois froids et ruisselant de larmes. Mais un dernier drame vint cependant assombrir le ciel de la Dame des Neiges. Le Khorog Kericus, après tant d’années à servir son peuple, à le porter à bout de bras vers ce salue si proche, mourut des suites d’une grave maladie, mais au lieu de s’accabler de ce départ malheureux, les Reoniens prirent ce dernier comme un symbole de tous les sacrifices endurés pour pouvoir enfin être libre. Plus question d’être la ville-prison de My’trä, plus question d’être ceux qui aident un quelconque envahisseur. Les Khurmis ne serviront désormais que leur propre puissance, s’affranchiront de leur ressentiment envers leurs ancêtres, retisseront les puissants liens que les unissaient à Khugatsaa avant que tout ne s’effondre autour d’eux.

Tandis que chacun réparait, avec ses maigres possibilités, les murs de Reoni, on érigea un monument, à l’emplacement même d’où s’élevait autrefois la grande prison de Lokag. Un capitole de pierre blanche et de cristal, dans lequel trône le cercueil du vénérable Kericus Thanna, encore aujourd’hui. Les hommes et les femmes de tout Khurmag viennent en pèlerinage se recueillir auprès de celui qui a sauvé leur nation à leurs yeux. Quelques années plus tard, la cité de glaces continue de panser ses plaies nombreuses, mais la prolifique industrie de bijouterie du pays lui permet de renflouer ses caisses assez efficacement. En outre, elle a pris le parti d’investir dans un autre type de service que nous détaillerons plus tard.


Description

Rejoindre Reoni est une tâche pénible. Nichée au creux d’une vallée hostile, regorgeant de prédateurs, de crevasses, ne disposant que d’une unique route praticable, la Dame des Neiges éveille la passion de beaucoup. Il y a bien un fleuve, le Pontar, qui pourrait servir d’accès, mais la moitié de l’année il est recouvert de givre – n’essayez pas de vous aventurer dessus, vous n’en reviendrez pas – et le reste du temps il coule à un tel débit que les embarcations finissent invariablement par se perde sur quelque rocher. Cette configuration a au moins le mérite d’offrir à la ville une sécurité que beaucoup d’autres territoires du continent envieraient. Epargnée –à peu de choses près- par la guerre, Reoni a conservé la même architecture qu’il y a quelques siècles, à l’époque où les hauts dignitaires de My’trä l’avaient transformé en forteresse imprenable. Des murs très hauts en pierre bleu-grise, des ouvertures parfois grandes, mais jamais larges, et souvent obstruées pour faire barrage au vent glacial, et des rues tout aussi étroites, faciles à défendre, mais qui permettent aussi les activités nocturnes les plus diverses en toute tranquillité.

Malgré son allure martiale et sévère, il y a, dans cette ville, un je-ne-sais-quoi de romantique. Ces murs protecteurs dégagent un charme guerrier qui donne envie de s’y nicher pour échapper à ses problèmes, quels qu’ils soient. Etant donné la pénibilité pour rejoindre la capitale de Khurmag, les autorités et les habitants font tout leur possible pour accueillir dignement ceux qui auront eu la bravoure de les atteindre. S’il y a bien une chose pour laquelle Reoni est connue et reconnue c’est son hospitalité. C’est bien simple, on n’y vient principalement que pour une chose : les plaisirs les plus variés et leurs excès.

Taillée comme un triangle naturel, on arrive à Reoni par la grande porte creusée dans le mur ouest. La ville est divisée en quatre quartiers nommés « carrés ». Le premier, le « Carré du routard » est le plus animé. Plein de marchés, d’immeubles en pierres recelant bon nombre de commerces, d’auberges et d’appartements. C’est également là que se trouve la Grand-Place de la cité. L’endroit où l’on se retrouve, où les orateurs s’activent à transmettre quantité de nouvelles. Malheureusement, cette partie de la ville n’est active que durant les mois les plus cléments de l’année. De puissants blizzards frappant souvent Reoni durant l’hiver, a été aménagé, dans la sécurité paternelle de la forteresse même, une immense salle commune juste derrière la Grand-Place. Il suffit d’entrer par une lourde porte, et vous voilà dans le plus complet bazar, car c’est tout le dynamisme d’un centre-ville de capitale, mais sous huit-clos. Malgré le plafond très haut, il règne dans la Salle Commune un bruit, une chaleur, et une promiscuité qui en gêne beaucoup. Car si Reoni est la ville du bon accueil, de celui qui vous réchauffe dès les premiers mots d’un badaud local, c’est également une cité très réputée pour ses activités dans l’ombre.

Car oui, nombre d’habitants et de voyageurs préfèrent de loin la compagnie discrète et la pénombre d’une alcôve derrière des fenêtres drapées de rideaux pourpres. Quand vous remontez vers le palais du Gharyn et de sa cour, bien nommé « Carré du Fleuve », vous avez la possibilité de redescendre par plusieurs escaliers, dans un quartier à l’est de la cité, le fameux « Carré des voluptés ». Il est possible de trouver ici pas moins d’une trentaine d’établissements tous spécialisés dans un divertissement inédit. Dans ces lieux de perditions, on sert aux clients, prestigieux comme plus humbles, des plaisirs à la hauteur du prix qu’ils y mettent. Les arcanes illusionnistes peuvent être utiles de bien des manières, et l’une d’entre elle est de pouvoir faire apparaître, sous vos yeux, un être d’une beauté incroyable, palpable comme si c’était une véritable femme, et qui sera dévolue au moindre de vos ordres. Les limites légales ne sont pas non plus de mise avec ces choses-là, qui ne sont dotées d’aucun droit pour la simple raison qu’elles n’ont aucune réalité. Les rêves les plus secrets, inavouables et retords peuvent ici être réalisés. Vous ne laissez même pas votre nom en entrant dans ces maisons closes, simplement vos irys.

Au-delà de cette particularité qui fait la popularité de Reoni sur tout le continent et même ailleurs, la cité bénéficie, comme le reste de Khurmag, de ce filtre sensoriel appliqué il y a trente ans de cela par les mages, épaulés par Khugatsaa en personne selon eux. Cette bénédiction qui transforme la misère en bonheur, la saleté en poussière d’or, et la puanteur en parfum enivrant. Si l’on prend en plus en compte le fait que c’est de cette ville, au milieu de la vallée, qui a été le point de départ de ce gigantesque charme, on comprend tout de suite bien mieux l’attrait des uns et des autres pour elle. Pour honorer ce jour où Kericus se sacrifia pour la prospérité de son peuple, on édifia le dernier Carré de Reoni un peu à l’écart, sur une hauteur. Dans le « Carré de l’Honneur », vous ne trouverez qu’un énième bâtiment, à l’ancien usage militaire, ainsi qu’une sorte de temple au toit en forme de dôme. Mais chacun de ces deux éléments est d’une importance significative pour tous les Reoniens. Tout d’abord, la petite forteresse est en réalité l’entrée, conservée, de la Grande Inquisitrice, l’ancienne prison my’trän. Lorsque les envahisseurs réussirent à accéder jusqu’à la Dame des Neiges, le petit groupe d’éclaireurs qu’ils étaient ne s’attarda pas bien longtemps sur la fonction de cet unique vestige. Il n’y avait plus de tour, c’était tout ce qui comptait pour eux. Les habitants de Reoni purent donc garder auprès d’eux ce témoignage d’une époque sombre, qu’ils se gardent bien de montrer aux visiteurs. En effet, même si le Carré de l’Honneur domine la cité de son ombre impérieuse, l’accès est interdit aux étrangers, et farouchement gardé au pied de l’unique escalier qui y mène. En ce qui concerne le temple juste derrière le petit fort, c’est un reliquaire dans lequel repose une statue de Kericus Thanna, dont la vie héroïque est racontée à chaque enfant natif de Reoni. Ils sont les gardiens de sa mémoire, et de son œuvre.


Politique

C’est sans surprise que vous allez apprendre que le pouvoir à Reoni n’est pas spécialement présent ni autoritaire. Conscient, très conscient même, que sa réussite économique réside dans l’attraction de n’importe quel type de touriste, et son contentement total afin que celui-ci revienne, il a dû très vite accepter de faire quelques concessions aux gens pratiquant des activités illégales, et il en a légalisé un bon nombre dans le même temps. Bien sûr, tout ce qui est vol, rapine, bizutage ou assassinat, tout cela est hors de propos. Il reste donc la contrebande, le commerce de drogue, d’alcool, la prostitution –qu’elle soit en chair et en os ou magique- ou bien encore les jeux d’argents, tout cela a librement court entre les murs protecteurs de Reoni. Le Gharyn, son Khorog et les gens qui l’entourent ont établi un système d’impôts très perfectionné lui permettant d’engranger des sommes considérables. Et à quoi sert donc tout cet argent ? A payer le gigantesque système de sécurité de la forteresse, bien sûr. En effet, si des choses aussi controversées que la drogue sont légales dans la cité, l’enrôlement d’une milice privé, par contre, est strictement interdit, et ce afin d’éviter que des clans ne se forment et mette la Dame des Neiges à feu et à sang.

Chaque garde qui protège les créneaux des murs, la Grand-Place, ou même les maisons closes est payé par le Gharyn de Reoni, et est équipé avec le plus grand soin. Les ancestrales défenses de la forteresse ont également été maintenues. Les balistes, les tours de garde pullulent dans toute la vallée du Pontar. L’objectif des dirigeants de Reoni est simplement de faire de la ville un lieu où l’équilibre s’installe entre l’ordre et le libéralisme économique afin de survivre. Une grosse partie de l’argent va donc à la sécurité de la cité, mais une autre sert à importer en masse de quoi nourrir et faire subsister les Reoniens. La route qui relie la Dame des Neiges au reste du monde est farouchement gardée par quantité de patrouilles à cheval, et ce afin de protéger ces convois si vitaux pour tout le monde entre ces murs. Si Reoni est la capitale de Khurmag, ce n’est pas à cause de son histoire, mais bien parce qu’elle est tout bonnement celle qui rayonne au milieu du blizzard par sa richesse et la qualité de vie de ses habitants.

En ce qui concerne, plus spécifiquement, le Gharyn et le Khorog de la cité, ils vivent avec leurs proches dans le palais qui domine tout le paysage, et l’on raconte qu’ils évoluent dans un luxe qui n’est pas exceptionnel, mais que beaucoup envient tout de même. Le Gharyn de Reoni est simplement choisi lors d’une élection à main levée, dès que le précédent chef est mort. Le Khorog, quant à lui, est un poste héréditaire depuis la mort de Kericus. Ce sont ses descendants qui récupèrent cette responsabilité, et de nos jours c’est son jeune petit-fils, Aldin, qui s’occupe des affaires spirituelles de la cité. Les gens peuvent venir le voir à loisir lorsqu’ils ont un problème grave, ou qu’ils souhaitent simplement faire une offrande à l’Architecte Khugatsaa ou au grand-père de notre homme qui continue d’inspirer bien du respect dans les foyers Reoniens. L’actuel Gharyn quant à lui, répond au nom de Yoris. C’est un homme bon, qui aspire simplement à vivre auprès de sa femme et de ses trois enfants, mais qui laisse les affaires politiques à son Khorog en grande majorité.


Economie

Le modèle économique de Reoni est tout ce qu’il y a de plus libéral. Peu de contrôle des activités économiques, tant qu’ils payent des impôts, les caisses de la cité servent surtout à payer les petites dépenses des dirigeants et la protection des intérêts économiques de Reoni. (Donc les marchands, les chemins d’accès, etc.) Car, en effet, l’économie de la Dame des Neiges est d’une incroyable fragilité. Voilà pourquoi elle est surprotégée, et surtout que la ville s’interdit tout conflit avec quelque entité que ce soit au nom d’une valeur quelconque. L’important, c’est les intérêts, le reste n’importe pas.

Il y a trois principales activités qui permettent à cette forteresse perdue au milieu des montagnes : Premièrement, le commerce. Malgré le fait que l’accès soit compliqué, la prospérité de Reoni attire quand même bon nombre de marchands intrépides. En effet, le prix de n’importe quelle marchandise subit là-bas une hausse assez remarquable, étant donné que presque tout est impossible à obtenir pour les Reoniens dans leur environnement immédiat. Il y a bien une poignée de chasseurs, ou des bûcherons à l’extérieur des murailles, mais en règle générale ce n’est pas un style de vie très prisé de ces gens. Ensuite, la richesse de la capitale khurmis provient aussi de son fameux Carré des Voluptés, et de toutes les activités plus ou moins avouables qui s’y pratiquent. Le problème, c’est que c’est une économie qui repose sur une forme primaire de tourisme. On attire des gens à Reoni pour qu’ils consomment ces divertissements, donc il y a grand intérêt à ce que tout se passe bien, qu’il n’y ai pas de criminalité excessive (genre des règlements de compte dans la rue) ni un climat trop autoritaire qui risquerait d’apeurer les futurs clients. Et enfin, Reoni tient surtout sa fortune de sa réputation. L’ensemble de tous les facteurs que nous avons cité jusqu’à maintenant : le romantisme de l’esthétique médiévale, la sécurité impliquée sans être intrusive, l’ambiance chaleureuse, l’amabilité des habitants, la rentabilité du commerce, les activités nocturnes, etc. Tout cela fait de la Dame des Neiges une ville reconnue presque dans le monde entier. Et c’est ce qui rend sa prospérité si fragile.

Il faut bien comprendre que, comme durant toute l’histoire de Khurmag, la capitale de ce pays est liée corps et âme à sa réputation. Autrefois, elle était très négative. La prison ancestrale de My’trä. Son nom était à peine murmuré dans les chaumières, et emplissait le cœur des hommes d’effroi. L’intérêt des puissants du continent était d’ailleurs de maintenir ce mythe de terreur pour que tout le monde se tienne tranquille et pour prévenir l’apparition d’éventuels nouveaux mécréants. Seulement, aujourd’hui, Reoni s’est relevée, remarquablement relevée de ses cendres, et son prestige est maximal auprès de tous. Elle en a parcouru du chemin, mais on en revient toujours à ce cercle vicieux. L’intérêt est de conserver la réputation bénéfique qu’elle possède, pour pouvoir continuer à prospérer. A la manière de la Grande Inquisitrice il y a quelques siècles, si la Dame des Neiges n’est pas à la hauteur de la légende qu’on a écrite sur elle, elle est tout bonnement perdue. C’est là la plus grande peur de tous ceux qui vivent entre ces hautes murailles, et de celui qui les dirige. Néanmoins, que l’on se rassure, il n’y a pas grand motif pour redouter une éventuelle chute de Reoni. Elle continue d’attirer bien du monde, de tous les horizons, sans faire ni discrimination, ni fouille trop appliquée. C’est ainsi qu’elle demeure la reine de ce pays.


Relation avec les autres nations :

Reoni <=> My’trä = Dépendance [Alliés]
Reoni <=> UNE = Méfiance, mais les intérêts priment [Neutralité fragile]


Forces armées

S’il y a bien un secteur dans lequel Reoni investit énormément, c’est sa protection, sa sécurité. Néanmoins, il n’est pas question ici d’une armée puissante pour préparer une guerre. La cité se sait à l’abri de tous ces problèmes dans la vallée du Pontar. Ce n’est pas une position stratégique particulière, elle est loin de tout –c’est pour cela que les architectes de la Grande Inquisitrice l’avaient choisis d’ailleurs- et elle serait très difficile à prendre pour ce qu’elle offrirait. C’est pour cela que « l’armée » de la Dame des Neiges se compose presque exclusivement de gardes. Ah, mais il faut les voir aussi les gardes ! Vous verrez bien peu de soldats aussi reluisants et bien équipés que ceux-là. Armure et casque en acier de la meilleure facture, plusieurs couches de vêtements en étoffes colorées, souvent précieuses et brodés pour les hauts gradés, et comme armement une épée avec fourreau ornemental sur le côté et une immense hallebarde décorée de hardes.

Ces hommes sont le pilier central de la sécurité de Reoni. Ils ne sont guère la manifestation de l’autorité du Gharyn, loin de là, ce sont simplement des gardiens de la paix dans le sens le plus littéral du terme. Postés à presque tous les coins de rues, patrouillant avec parades et chansons, ils sont à la totale disposition des citoyens pour résoudre des conflits mineurs, voire majeurs, pour s’orienter dans les rues labyrinthiques des trois carrés principaux de la cité, ou bien même pour protéger un convoi commercial ou une personnalité particulière. Grassement rémunérés par les caisses de la ville, il est absolument interdit de leur donner une quelconque forme de paiement, peu importe la forme, pas même un bisou sur la joue ou un verre de vin, ce serait considéré comme de la pure et simple corruption, et Reoni possède encore quelques geôles pour ceux qui ne respectent pas les lois en vigueur.

Les gardes de Reoni sont nombreux, vraiment très nombreux, pour la simple raison que la nature des missions qui peuvent leur être confié est très diverse. La cité possède, bien sûr, des rues à défendre, mais aussi des murailles qu’il faut maintenir en activité, même juste pour l’apparence, car les habitants et les visiteurs ont besoin de ce sentiment de sécurité. Il y a aussi, sur le flanc des montagnes tout autour de la forteresse, bon nombre de tours de guets, qui servent tout de même à surveiller la vallée pour prévenir d’une hypothétique invasion, d’un feu de forêt, ou bien d’une avalanche. Puis il y a la route. L’immense route qui parcours toute la vallée du Pontar jusqu’à en sortir au nord au prix de nombreux kilomètres. Eh bien cet unique accès à la Dame des Neiges est en permanence protégé par les gardes payés par la cité. Ce sont, d’ailleurs, les mieux rémunérés de tous, puisque c’est eux qui mènent les seuls véritables combats auxquels doivent faire face les formes armées reoniennes. Bon nombre de postes relais, le plus souvent des auberges, parsèment cette voie qui doit bien faire une centaine de kilomètres jusqu’à sortir de la vallée. Ces relais servent à la fois aux voyageurs, mais également aux innombrables patrouilles à cheval qui protègent la route des bandits et des voleurs. Ils servent également volontiers à escorter de façon plus impliquée les convois de ceux qui le demandent, toujours sans le moindre paiement, évidemment.

Pour résumer, la garde de Reoni est très caractéristique de cette cité, comme beaucoup de choses entre ces murs d’ailleurs. Elle obéit à une logique que vous retrouverez dans peu d’endroits du monde, à savoir qu’elle n’existe que pour maintenir la paix et surveiller la bonne entente entre tous les partis qui participent au dynamisme de la ville qu’ils gardent. Ils protègent, au final, bien plus que leur Gharyn, ou même la vie des Reoniens.


Peuple et densité

Ils sont spéciaux, ces gens-là. Peu importe d’où vous venez, une fois à Reoni, quelque chose vous sautera aux yeux chez eux, mais dans la très grande majorité des cas, la féérie ambiante fera qu’ils vous plairont. Ils peuvent vous charmer par la chaleur qu’ils transmettent, qui est sincère au demeurant, et ce même si vous êtes un parfait inconnu. Peuple évoluant depuis sa naissance dans un froid implacable, les Reoniens ont pris l’habitude de réchauffer de toutes les manières possibles les personnes qu’ils rencontrent au quotidien. Que ce soit par un verre de vin chaud, grande spécialité de la cité, par quelques mots aimables, ou bien même encore par une accolade bien sentie, ils auront toujours l’art de trouver comment vous adoucir, même si vous êtes une peau de chèvre impossible le reste du temps. Leur hospitalité est ainsi la caractéristique la plus remarquable des Reoniens, qui n’hésitent pas à en user et même en abuser si cela peut servir la prospérité de leur ville. Car voilà le second trait de caractère qui leur est tous commun : leur dévotion.

Il y a bien des entités à qui les habitants de la capitale khurmis vouent un culte reconnaissant au quotidien. En premier lieu, leur Architecte, Khugatsaa. Il est celui qui, par la main de Kericus Thanna (lui aussi révéré avec grand respect) a transformé leur foyer ainsi que tout le pays en paradis sur Irydaë. Jour après jour, il aide les Khurmis à trouver la force de vivre, et c’est ce qui lui vaut une vénération sans faille par toutes ces familles absorbées dans leur contemplation de son oeuvre. Seulement, s’il n’y avait que lui pour être un objet de culte… Mais comme dit plus tôt, le regretté Khorog Kericus est devenu le Saint Patron de la cité, celui qui la protège même dans la mort. Un mémorial a été bâti en son honneur et son histoire est connue d’absolument chaque habitant. Ce passé commun, effroyable, est une sorte de ciment qui uni les Reoniens dans l’adversité, mais c’est aussi ce qui les rend méfiants. On ne dirait pas comme ça, lorsqu’ils boivent avec vous, mais les citoyens de la Dame des Neiges possèdent tous une sorte de for intérieur, une intimité sacrée qu’il ne compte partager avec personne d’autre que ceux qui sont l’héritage-même de la période sombre de Reoni. Ceux qui ont vu la Grande Inquisitrice de leurs yeux, ceux qui ont redoutés l’envahisseur Daënar juste à leur porte. Cette mémoire commune est à la fois ce qui permet aux Reoniens d’être un peuple soudé en toute situation, mais c’est surtout ce qui exclut invariablement un éventuel étranger qui souhaiterait s’intégrer à ce cercle fermé. Si vous souhaitez vous installer à la capitale khurmis, c’est tout à fait possible, gardez simplement en tête que leur amitié profonde et invariable sera très difficile à acquérir. Même si cela peut être un défi intéressant.

Enfin, les Reoniens n’ont jamais été de grands combattants. Les fameux gardes décrits dans la section précédente sont, certes, très efficaces et dévoués, mais il n’y a pas de secret. Ce sont des fils et des filles de gardes, des petits-fils et des petites-filles de gardes, et on peut ainsi remonter très loin. La classe martiale de la cité est loin d’être la plus vaste, et le reste de la population ne sait, pour la plupart, pas manier la moindre arme ni magie offensive. Cependant, n’imaginez pas qu’ils manquent de combativité dans d’autres domaines. S’il y a bien une chose qu’ils défendront jusqu’au bout, ce sont les intérêts économiques de Reoni. Ils sont tellement dépendants, en même temps, du commerce extérieur, de la prospérité du carré commercial et de celui, non moins commercial, mais un peu plus discret à l’est de la cité, qu’ils sont presque contraints de serrer les dents si une situation dégénère pour ne pas risquer de compromettre l’équilibre si fragile sur lequel repose leur avenir. C’est aussi ce qui motive la méfiance très, mais alors très masquée des Reoniens à l’égard des étrangers. Ces gens-là les font vivre, voilà pourquoi ils sont d’une amabilité à toute épreuve, mais la dépendance qu’ils entretiennent par rapport à eux ne peut pas plaire à tout le monde, mais jamais un Reonien n’avouera ce que je suis en train de révéler, gardez bien cela à l’esprit.

Mais surtout, soyez indulgents avec les habitants de cette cité. Ils vont vous cajoler du mieux qu’ils le peuvent, et ne demanderont pas de service en retour, juste quelques irys. Ils veulent du fond du cœur être vos amis, le temps d’une soirée, d’une semaine, ou d’une année si vous voulez. Que pouvez-vous réclamer de plus ?


Traditions

La Dame des Neiges est une vieille cité. Très vieille, même. On pourrait donc croire que les traditions pullulent, vestiges d’époques lointaines, où tout devait être célébré et félicité. Le problème c’est que, en plus de mille ans et quelques, Reoni a très souvent changé totalement de visage. D’abord petit comptoir de pêcheurs, rendez-vous compte, puis ensuite sordide ville-prison pour d’hypothétiques hérétiques, et enfin, depuis trente ans à peine, elle est la capitale mondiale des plaisirs les plus divers. Ce n’est pas un terreau très fertile pour y implanter des traditions durables et qui, avec le temps, ne finissent pas par paraitre absurde.

Mais aller, si on cherche un peu, il y a effectivement quelques rituels qui ont été établis durant ces quelques décennies, et qui rythment la vie et la pensée reonienne. Sans surprise, ils sont tous centrés soit sur Khugatsaa, soit sur leur bien-aimé sauveur, j’ai nommé Kericus. Ce dernier, pour la plus grande joie de son descendant direct, possède sa propre fête, le 12 mai. En ce jour particulier, les familles, dans la plus grande intimité de leur foyer, se recueillent et font des offrandes, sous la forme de mets divers qu’ils laissent reposer sur la table pendant une nuit, à leur sauveur attitré. Aucun évènement spécifique dans les rues de la ville cependant. Qu’est-ce que les commerçants et les voyageurs ont à faire de ce Khorog d’un autre temps ? Ce sont des célébrations personnelles, presque secrètes, et qui visent à resserrer ce lien invisible et d’étrange nature entre chaque habitant de Reoni.

Dans cette même optique, vous avez les rares visites au temple dédié à Khugatsaa et son « avatar » sur la colline la plus haute de Reoni. L’accès est certes interdit aux étrangers un peu curieux, mais n’importe quel badaud local, pouvant prouver sa naissance au moyen d’un tout petit tatouage sur le poignet en forme de triangle, verra les gardes lui ouvrir le portail de fer au pied du grand escalier. Dans ce lieu à l’atmosphère si particulière, même pour la capitale des mages de l’illusion, on vient surtout prier pour la prospérité de Reoni, et éduquer les jeunes générations aux faits d’arme de cette impressionnante personnalité.

Sinon, il y a bien quelques manifestations festives dans les rues et à l’intérieur de la salle commune de la cité, mais ce sont plus des banquets pour fêter des moments clés de l’année que de véritable traditions endémiques à la Dame des Neiges. Il y a ce genre de célébration, par exemple, lors de la fin du très long hiver khurmis, ou bien lors du passage entre deux années. Durant ces moments de réjouissances, n’importe qui peut participer cette fois-ci. Les voyageurs de passage, les commerçants, les prostitués et j’en passe. Cela ne concerne pas l’intimité du cœur des Reoniens, et ils aiment plutôt faire la fête, alors autant partager ce sentiment.
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