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Chroniques d'Irydaë
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 Khurmag

Bolgokh
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Lun 24 Oct - 17:27
Irys : 170027
Profession : Créateur de monde à temps partiel
Administrateur
Khurmag

Ce pays est souvent désigné comme étant la représentation de tous les échecs de My'trä et des différents fiefs qui composent le continent. A la fois vestige d'une trahison ancienne au sang des mages, puis d'une invasion violente de ceux qu'ils avaient sauvés auparavant. Khurmag est un pays immensément froid. Le sommet de ses montagnes, le cœur de ses habitants, les cendres qui tapissent son sol, tout n'est que glace et mort. Heureusement, les disciple de Khugatsaa sont habiles pour maquiller les restes de leur violente histoire. Préparez-vous à entrer sur une terre enchanteresse, mais ô combien trompeuse.


Topographie

Vous ne trouverez pas plus à l'ouest d'Ekhlen que cette région. Bien que les rayons solaires atteignent encore Khurmag, presque aucune chaleur ne la touche réellement. C'est le pays idéal pour ceux qui privilégient les basses températures et les collines enneigées à plus savoir quoi en faire. Malgré sa relative grande taille -elle est la troisième région la plus grande de My'tra- Khurmag possède une topographie assez uniforme par rapport à ses voisins. En effet, au-delà d'une imposante chaîne de montagne à l'ouest qui barre complètement la route aux limites du monde, le reste du paysage est d'un bucolique appréciable. Des grandes prairies, blanches une grande partie de l'année, mais qui verdoient subitement lorsque la saison s'y prête, accueillent les voyageurs arrivent dans le pays. Veinées de petits cours d'eau, on y trouve tout un tas de communautés plus ou moins développées, et qui vivent comme elles peuvent de ce qu'elles trouvent sur place. La vie n'est pas facile ici, mais au moins les Khurmis sont-ils protégés du vent grâce à leurs chères Montagnes Bleues qui recouvrent bien la moitié du territoire.

Si vous avez un peu de culture historique, ou que vous vivez malheureusement non loin de là, vous savez parfaitement qu'une guerre a fait trembler tout le sud de My'trä quelques dizaines années auparavant. Les Daënars, ces païens depuis longtemps exilés aux confins du monde, sont revenus sur leur ancienne terre natale, les armes à la main. Un feu destructeur ravagea Khurmag en seulement cinq ans. Une technologie terrifiante et mortelle, contre laquelle les paisibles illusionnistes ne pouvaient rien faire. Étant donné que, quelques siècles plus tôt, les habitants de cette froide contrée étaient ceux qui ont permis aux « Parjures » de quitter le continent, et de survivre à la bataille de l'isthme d'Aidas (à la pointe sud de Khurmag). Certains mages quittèrent même leur foyer ancestral avec les futurs Daënars, sachant très bien qu'ils seraient sûrement traqués à leur tour et massacrés. Depuis cette époque troublée, le Peuple des neiges doit traîner en permanence une réputation lourde de traître, de lâche, de menteur. Les Khurmis n'ont pas reçus la moindre aide militaire pour résister au feu des fusils et des canons, et furent jetés, comme de la viande à une famille de dundaj, pour que les envahisseurs ne s'attaquent pas à d'autres pays, en attendant les négociations de paix. Finalement, le fait que les closes de ce traité soient reçus comme une totale humiliation de la part d'une grande majorité des My'trans terminera d'enterrer définitivement les Khurmis dans leur réputation de parias.

Les résultats de ce sanglant conflit sont que, bien que les Daënars aient finalement retirés leur imposante armée du sol My'tran, Khurmag est ravagée de part en part, ayant perdu presque la moitié de sa population à la fin du conflit, l'autre moitié s'étant soit retranchée dans les Montagnes Bleues, soit résolue à une conduite qui accepte malheureusement la réputation qu'on prête aux habitants de ce pays. La magie de Khugatsaa, bien que totalement inutile en cas d'invasion armée, fut bien pratique lorsque le Khorog de Reoni donna l'ordre de redonner au pays sa grandeur d'antan... littéralement. Usant de tous les talents à leur disposition, et avec l'aide du puissant Architecte voilà des années maintenant que les Khurmis ont enveloppés toute la partie Est de leur chère patrie d'une illusion gigantesque, que chacun entretient selon ses moyens, et qui masque avec une habilité bluffante les ravages de la guerre. Les villes détruites sont maintenant aussi grandes et prestigieuses qu'elles l'étaient autrefois, la terre est réparée des douloureuses ecchymoses fumantes qui la recouvraient jusqu'alors. Avec, semble-t-il, l'aide de Khugatsaa lui-même Khurmag est redevenu une nation splendide, que tout le monde peut visiter sans ressentir ni pitié, ni colère. Ce pays mystique est avant toute autre chose le rêve d'un peuple uni, mais malheureusement un souhait qui ne peut se réaliser par la magie...


Climat

Si vous voulez arpenter ce pays au charme onirique, préparez néanmoins les polaires en peau de buffle et une ou deux prières à adresser aux Architectes avant votre congélation complète. Parce que Khurmag vous dévorera, tôt ou tard, si vous décidez de vivre sur son sol. La contrée n'est pas spécialement apocalyptique non plus, vous n'allez pas être confronté à des températures tellement basses que votre thermomètre lui-même tombera en déprime, mais l'hiver Khurmis est bien plus terrible que les autres même sans cela, il a même un nom d'ailleurs : le Khoral. Destructeur de vie, faucheur parmi les vivants, véritable calamité tombée sur Irydaë. Ainsi sont les mots qui décrivent ce qui sonne par ici comme une damnation, une victoire totale de la mort sur la vie. Je vais essayer de vous décrire à quel point cette période de l'année, qui semble mythique tellement elle est redoutée, fait trembler les cœurs et les plumes du monde entier par sa terrifiante réalité.

Tout d'abord, le Khoral est long, plus de cinq mois de l'année sur douze. D'ordinaire, la température moyenne de Khurmag avoisine la dizaine de degrés, voir la quinzaine quand le soleil est clément avec les hommes, mais jamais plus. Lorsque l'hiver approche, néanmoins, il faut s'attendre à des nouvelles sinistres. Sous la forme d'un vent puissant, implacable et enveloppé d'un brouillard à couper au couteau, le Khoral déferle depuis les montagnes sur toute la région en seulement une ou deux semaines au début de novembre. Son impressionnante vitesse d'exécution est ce qui lui a valu autant de déférence de la part des locaux. Tout le paysage se retrouve alors recouvert d'une couche de neige de plusieurs dizaines de centimètres parfois. La traînée brumeuse qu'il laisse est également reconnaissable. C'est le début, pour les Khurmis, d'une période difficile, où la nourriture est limitée et le froid meurtrier. Heureusement pour eux, ils ont appris depuis le temps à résister à un tel fléaux, à cette période redoutée où l'on peut être confronté à des températures trente degrés en dessous de zéro.

Personne ne connaît la cause d'une telle vague de froid. Nombreux sont ceux qui l'attribuent aux mauvaises intelligences des Khurmis durant leur histoire, mais certains manuscrits racontent l'arrivée annuelle du Khoral bien avant que ces événements aient eu lieu. Le mystère est donc toujours entier, tapis au plus haut des Montagnes Bleues, et continue à fondre sur Khurmag avec une puissance toujours aussi terrifiante. Evidemment, le fléau ne s'arrête pas aux simples frontières de ce pays, l'ouest de Zolios est aussi légèrement frappé par le Khoral en fin de course. Il n'envahit pas tout Khurmag non plus, si vous vivez dans le nord-est de la région, près de Zagash, vous ne serez pas vraiment affectés par ce que l'on surnomme la Peste Blanche. Néanmoins, si les autochtones continuent de craindre cette menace plus que tout autre chose, ils se sont suffisamment endurcis -ou résignés- pour y résister et s'en prémunir, et refusent de fuir la terre qui est la leur, envers et contre tout.

Finalement, tout comme il vient, le Khoral repart à une vitesse splendide deux ou trois semaines après son arrivée, emporté par les doux courants de l'orient, laissant derrière-lui un hiver fermement installé. Il est cependant beaucoup plus supportable que lorsque le tyran était en place, ne vous en faites pas pour cela. Les mois qui suivent seront froids, mais restent la saison favorite des Khurmis. Savez-vous pourquoi ? Parce que le Khoral est un dictateur généreux. Lorsqu'il se retire après avoir semé mort et peur dans le cœur des gens, ces derniers ont l'opportunité de sortir pour admirer que, partout dans son sillage, la Peste blanche a laissé des minéraux incroyables éparpillés sur le sol, ou enfouis sous la neige. L'artisanat de Khurmag est célèbre dans le monde entier, et les pierres qui ornent les bijoux et les objets de cette région proviennent en quasi-totalité de ce qu'ils appellent le « Miracle Hivernal ». A chaque fois que le Khoral repart dans les lointaines montagnes, un élan de joie submerge les Khurmis qui s'en vont immédiatement récupérer les gemmes à l'extérieur des villes.

Le climat de Khurmag est rempli de mystère et de magie, mais c'est justement ce qui rend l'endroit si féerique, même sans l'illusion de Khugatsaa. Il faudra cependant s'armer de patience si l'on veut découvrir la véritable nature du Khoral, quiconque ayant franchi la barrière des montagnes occidentales n'en étant jamais revenu...


Villes, villages

Khurmag est un endroit bien particulier du continent de My'trä. Le froid qui le recouvre, la mort qui l'a frappé, la haine des autres qui le submerge, sont des ingrédients funestes, qui ont forgés dans le cœur de ce pays un sentiment permanent et enfoui d'insécurité. La peur, du monde, des autres, des montagnes, de ce qui s'y cache... Le pays est littéralement encerclé, étouffé par une force négative qui a poussé, depuis longtemps déjà, les Khurmis à se sédentariser définitivement. Là où la plupart des populations My'trans parcourent les paysages enchanteurs qui les entourent et vivent au gré des saisons et d'activités cycliques, les habitants de cette région ont la nécessité de vivre au même endroit tout au long de l'année, et ce pour des raisons extrêmement compréhensibles. Il est difficile de maintenir une vie de nomade alors qu'un blizzard infernal souffle sur vous un mois mois par an, donnant naissance à un dur hiver de cinq mois, que des guerres meurtrières ont frappés votre terre natale et massacrés vos frères dont vous n'avez plus le souvenir, et que même vos compatriotes jettent sur vous un regard méprisant et empli de colère. Une seule solution : l'isolement, et fortifié si possible.

Les cités à Khurmag sont donc bien plus nombreuses que dans d'autres régions, et ont tout autant des fonctions d'abri et de défense que de lieu saint où révérer Khugatsaa dans les règles de l'art. Ne seront donc énumérées ici que les plus importantes villes khurmis, les petites communautés foisonnent sur ces terres enneigées, leur recensement vous serait fort désagréable, je le crains.

Variel : On commence doucement avec, probablement, la ville la moins froide de tout ce large pays qu'est Khurmag. Située dans la partie Est, en vert sur la carte, elle profite donc de températures plus clémentes que les autres cités Khurmis. Elle est, également, suffisamment proche de la frontière suhurienne pour éviter de peu l'effroyable Khoral qui s'abat chaque année. Même si elle n'a pas besoin de se protéger de blizzard, la guerre avec Daënastre qu'elle a subit de plein fouet -Variel a fini pillée et brûlée dans sa quasi-totalité- sa reconstruction s'est faite dans une optique purement défensive. Véritable fort au milieu des vertes prairies, elle est entourée d'une sorte de dôme en pierre, œuvre d'un adepte de Delkhii du nom de Zalash, ouvert sur le dessus, mais qui donne aux Varielenos un sentiment incomparable de sécurité. On ne peut entrer que par un seul accès gardé, et la principale richesse de la ville réside dans sa prolifique agriculture. Les denrées alimentaires sont la principale ressource commerciale avec le reste du pays qui s'arrache les produits de Variel car ils manquent parfois de nourriture au cœur de l'hiver. L'illusion de Khugatsaa sert ici surtout à habiller le dôme d'une végétation luxuriante et radieuse, qui fait croire aux voyageurs que sur les murs nus de Variel se cache encore la vie, belle et naïve.

Tarluru : Le Bouclier de Khugatsaa, le Phare au cœur du Froid Blanc, la Porte de Lumière... Tant de noms pour une seule chose : le phare de Tarluru. Un phare ? Comment cela ? Nous ne sommes pas dans un quelconque port ? La mer est même bien loin de cette cité. Alors, qu'est-ce qui peut bien porter le nom de phare. Il s'agit de l'immense, immense tour dressée, s'élançant vers les cieux avec toute la détermination d'un pays en ruine. Pour en apprendre plus sur ce bâtiment, un conte célèbre en raconte la construction. Tarluru, située au cœur de Khurmag, est un véritable mur protégeant Reonis des dangers qui peuvent la guetter. Elle prend, chaque année, le Khoral de front et ne s'écroule pourtant pas grâce à ses rues étroites, à ses maisons basses, et ses toits d'ardoise pentus. Les rues sont aspergées de sucre tout l'hiver, afin de faire fondre le gel, sucre produit grâce aux betteraves cultivées dans les caves de la cité. Tarluru est un refuge pour les voyageurs et les commerçants de tous horizons, qui viennent se réapprovisionner avant de reprendre leur voyage. Mais on y vient aussi pour l'artisanat bijoutier très prolifique des Tarluriens, qui peuvent pleinement profiter des cadeaux qu'offre le Khoral après son passage.

Forëal : La dernière, mais pas des moindres. La plus grande cité des Montagnes Bleues est à vous, chers Khurmis. Là où toutes les autres villes du pays se caractérisent par leur protectionnisme frisant la paranoïa, Forëal peut se targuer d'être hors de portée de tous les dangers que peut causer l'humanité aux autres membres de son espèce. Nichée à plusieurs centaines de mètres d'altitude, le Cristal Blanc -comme on aime à l'appeler- est un prodige d'architecture montagnarde puisque complètement creusée dans la montagne qui lui sert de piédestal. Les bâtiments sont d'une hauteur impressionnante, tout en finesse et en grâce, les plus importants étant même surmontés de tours élancées et métalliques qui se dressent vers le ciel comme des lances froides et mortelles. Mais le plus grand secret de Forëal réside dans son sous-sol, presque trois fois plus grand que la ville en surface. Servant à la fois à protéger les habitants en cas de siège, elle abrite surtout l'industrie minière de Forëal si unique sur le continent occidental. En effet, bien peu d'habitants des montagnes ont eu ce désir d'aller chercher en sous-sol les richesses pour pouvoir se maintenir en vie. Forëal l'a fait, et pour son plus grand bonheur. Ainsi donc, ils ressortent quotidiennement de là des minerais plus précieux les uns que les autres, permettant au Cristal Blanc d'être la capitale du raffinement de tout l'ouest de My'tra. La fastueuse cité ne reçoit pas énormément de visiteurs, hormis les marchands, mais sa renommée n'en est pas moins immense, même dans les autres régions de cette partie du monde.


Architecture

Comme vous vous en doutez, à l'intérieur même de Khurmag, vous ne trouverez presque aucune communauté itinérante. Une originalité du pays qui étonne souvent le voyageur ignorant et observateur. Seuls les marchands prennent le risque de braver le climat et l'animosité pour vendre de par le monde les objets qui sortent des ateliers khurmis. Pour ce qui est du reste, les autochtones s'éparpillent dans des villes et des villages bien souvent à l'image de leur nature craintive et méfiante. Hauts murs de pierre, rues étroites et bien gardées, voici à quoi ressemblent la plupart des villes importantes de Khurmag. Bien sûr, elles s'adaptent à l'environnement comme la logique l'ordonne. Une cité construite à flanc de montagne aura tendance à être plus haute qu'étendue, tandis qu'une ville de plaine privilégiera les toits bats et les artifices protégeant du vent souverain. En cela, elles ressemblent assez aux villes Daënars, destinées elles aussi à protéger d'un dangereux fléau, mais la comparaison s'arrête là. La taille de la pierre est une des spécialités du pays à l'extrême ouest. Les montagnes regorgeant d'essences minérales parfaites pour bâtir des villes solides.

Néanmoins, malgré une allure assez sévère de prime abord, ne vous enfuyez pas trop vite, car le charme de Khugatsaa opère aussi sur ces murs de granit, qui semble habillés d'une aura chaleureuse et amicale, invitant le voyageur à explorer plus avant ces murs épais. Et celui qui succombe et entre plus avant dans l'une ou l'autre des villes et des villages khurmis pourra alors savourer la festivité de l'endroit, qui regorge souvent de lieux de divertissement comme des tavernes, des petits théâtres à huit-clos, des musiciens etc... la culture a une place prépondérante à Khurmag, car c'est le meilleur moyen d'oublier le froid et les difficultés de vivre dans une région aussi reculée.


Habitants

Funeste réputation que celle des Khurmis. On pourrait croire que leur histoire a été écrite dans le sang, tant les seuls événements de ce pays qui ont marqués tout le continent ont des allures d'épitaphe. Le peuple qui vit sur ces terres glacées n'a eut de cesse de montrer la chaleur de son cœur et de sa voix. Un millénaire auparavant, leur hospitalité fut maudite par tous les autres My'träns de leur époque. Cette dernière les avait poussé à accueillir, protéger, et soutenir les parjures qui avaient reniés leur foi envers les Architectes. La guerre fondit sur la région, comme une vague pestilentielle à la recherche de vie à détruire. Les Khurmis furent traités comme le « Peuple Libre », voir pire encore. Traîtres à leur sang, Impies, ils furent affublés de toutes les étiquettes imaginables, tandis qu'on les forçait à voir leurs compatriotes pendus ou brûlés sur la place des villes et le bord des routes. Khurmag devint un charnier brûlant où masse de cœurs refroidis par la cruauté des hommes se renfermèrent sur eux-mêmes, et vécurent dans le seul but de racheter leurs fautes.

S'en suivit alors une ère de relative paix. Plus personne ne considérait les Khurmis comme de véritables mages, pour le grand bonheur de ces derniers, car ils en profitèrent pour relancer l'économie de leur pays, à l'abri des convoitises de ceux qui les méprisaient. C'est ainsi qu'un savant esprit de commerce se développa chez eux, et ils tissèrent -tant bien que mal- des relations avec, notamment, Zolios ou le Kharaal Gazar. Leurs pierres précieuses, à la provenance miraculeuse, étaient recherchées dans toutes les contrées, mais certaines d'entre elles ne souhaitaient pas se salir en traitant avec les Khurmis. Cela n'empêchait pas certains marchands audacieux de leur rendre quand même une petite visite discrète de temps à autre. Le Peuples des Neiges devint aussi celui des Grands Marchands.

Malheureusement, il y a un demi-siècle de cela, un événement marqua à tout jamais, au fer rouge, la peau des Khurmis, et ce bien plus intensément que l'aurait fait une seconde trahison : le Tulaan Khonzo. Cette célèbre, et macabre, invasion des Daënars sur le sol My'tran, qui révéla au monde la puissance destructrice de ce peuple autrefois exilé boiteux du continent des mages. Après 1000 ans de préparation intense, ils venaient prendre leur revanche. Toute allusion aux Khurmis, qui avaient orchestrés leur fuite, avait été effacée des textes épiques depuis longtemps déjà. Rien d'autre que la haine ne perdurait depuis tout ce temps. Lenora Boëlyn à leur tête, les « hommes de fer » déferlèrent sur toute les plaines de Khurmag, remontant vers le nord, puis bifurquant à l'Est en direction de Suhury, et Durga, la capitale, laissant une longue et épaisse traînée de sang à leur suite. Des villes comme Variel et Tarluru ont finies complètement rasées, et leur population a fuit pendant des années les ténèbres de la guerre en se réfugiant dans les Montagnes Bleues.

Cette guerre causa de lourds dommages sur le pays de Khurmag, et surtout sur ses habitants. Ces derniers entretenaient déjà une certaine culpabilité à l'égare de leur comportement il y a mille ans, alors lorsqu'on les pointa du doigt, une nouvelle fois, pour le désastre causé à My'trä, ils achevèrent de se voir comme les bourreaux de leur peuple. Heureusement, pour leur bien-être, le Khorog de Reoni décida de demander la bénédiction de Khugatsaa pour éviter que les Khurmis ne tombent définitivement dans un abîme de souffrance et de solitude. On raconte que ce dernier accepta d'apporter son aide à ceux qui le révéraient depuis tout ce temps. Un voile de puissante magie sembla tomber en quelques heures sur le pays enneigé, et changea profondément ses paysages et ses habitants. Toute trace de la précédente guerre avait disparu du paysage. Fini les terres brûlées, les forêts décimées, et les vestiges ravagés. Tout avait retrouvé sa plénitude d'antan. Le cœur des Khurmis brûlait à nouveau d'un optimisme à toute épreuve, tandis qu'ils semblaient avoir complètement oublié leur impact sur la géopolitique de ce monde. Mais vous, ne tombez pas dans l'illusion de l'Architecte, au fond d'eux-mêmes le Peuple des Neiges se souvient très bien de ce qu'il a fait et des noms qu'on lui donne, mais ils préfèrent tout bonnement se donner bonne conscience et oublier. C'est un choix moral discutable, mais au moins lorsque vous vous rendez à Khurmag, vous ne tomberez pas sur une forêt de potences où les plus faibles esprits auraient succombés à la dépression générale qui aurait succédé à la guerre.


Commerce

L'histoire de Khurmag est marquée, à la suite de l'exil des Peuples Libres, par un élan de tout le peuple Khurmis vers le secteur du commerce entre les régions qui n'était pas vraiment des plus développés à l'époque. Les guerres intestines du continent refroidissait les plus braves marchands qui préféraient se cantonner en commerce au sein même de leur pays, histoire de ne pas tomber sur des mauvaises surprises en cours de route. Seulement, avec le développement des réseaux Khurmis, il y a beaucoup plus de marchands qu'avant sur les routes de My'trä, et même si peu de gens l'admettent, ces derniers sont quand même bien utiles à l'économie de chaque peuple qui y vit.

Hors donc, si vous croisez un commerçant Khurmis au cours de vos voyages, retenez qu'ils ne vend pas, dans la majorité des cas, de produits de son pays. Certains se spécialisent en fonction d'un certain type de marchandise, mais les frontières commerciales ont définitivement disparues et tout se mélange sans qu'ils fassent une quelconque hiérarchie dans la provenance de leurs marchandises. Néanmoins, il est nécessaire de tout de même s'attarder sur les produits exportés par Khurmag lui-même, si on veut comprendre la source de sa richesse.

Dans la partie climatologie, nous avons évoqué le Khoral, ce vent infernal qui déferle sur la région tous les ans, et nous avons précisé que, dans son sillage, des pierres précieuses parsemaient le sol par dizaines. Eh bien voilà la spécialité de cette chaleureuse région : la bijouterie. Exploitant les minerais enfouis dans le sous-sol des Montagnes Bleues, Khurmag regorge d'ateliers de bijoutiers, les seuls de My'trä, qui couplent leur maîtrise des métaux avec les pierres qu'ils récupèrent pour créer des parures incomparables, que cette fois-ci tous les mages s'arrachent sans aucune discrimination. L'artisanat Khurmis possède un tel monopole et un tel raffinement que les convoitises sont forcément nombreuses. Mais aucune crainte, le gouvernement du pays lui-même protège jalousement cette source de revenus si précieuse, et leur dérober la moindre pierre est d'une difficulté inouïe. En cela, les Khurmis sont incroyablement avares...
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