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Chroniques d'Irydaë
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 Embrigadement

Alyvesha
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Dim 14 Jan - 20:47
Irys : 305649
Pérégrin 0
Février 933
Ünellia, Daënastre


Alyvesha jette un coup d’œil  derrière elle. Personne pour le moment. Elle passe de son trot à une marche plus normale, se fondant dans la foule. Sa respiration devient progressivement plus profonde alors que son cœur commence enfin à ne plus battre la chamade. Autour d’elle, comme il se doit, personne ne lui prête la moindre attention : petite, engoncée dans des couches de vêtements informes et à peine relativement propres, avec une masse de cheveux noirs sur un côté du crâne, elle pourrait aussi bien être un genre d’adolescent attardé tant qu’on ne voit pas son visage.

Les seuls à lui adresser plus d’un regard aveugle sont les commerçants qui surveillent autant leurs étals que les clients potentiels ou, bien évidemment, les voleurs.

Plusieurs jours maintenant qu’elle joue à cache-cache et attrape-moi-si-tu-peux avec le gang d’œil-bleu. Et, cette fois, ils vont encore plus avoir envie de lui mettre la main dessus, depuis qu’elle a fait un petit tour dans le bureau du chef de la bande. Rien de bien fôlichon, pas de bourse remplie de pièces d’or ou de coffret dont les pierres précieuses débordent. L’inverse aurait été étonnant, mais il aurait pu faire un petit effort…

Non, à la place, Alyvesha cache sous sa tunique une petite pochette qui contient une quantité surprenante de parchemin. Elle qui était persuadée qu’il était totalement analphabète… Comme quoi il ne faut jamais sous-estimer même un borgne. Et un rapide regard a permis à la jeune femme de voir qu’il s’agissait d’ordres de quelqu’un qui signe que d’une initiale et qui demande fréquemment de buter untel, voler unetelle ou brûler quelque chose.

Tu m’étonnes qu’il soit salement emmerdé, Œil-bleu, parce que dans la liste y’avait aussi des gens dont il était censé être le copain, et qu’il a planté sans trop de scrupules, visiblement. Ou peut-être que si, mais ce ne sont pas les oignons d’Aly. Dans tous les cas, là où il a été un peu malin, c’est qu’il a gardé les papiers comme assurance, ou monnaie d’échange, si jamais quelque chose devait se produire. C’est simplement qu’un double-fond dans un tiroir secret, c’est franchement éculé, surtout quand on a démonté pièce par pièce ou presque l’ensemble du meuble.

Là, ce qu’il faut, c’est trouver une autre planque où stocker tout ça avant de pouvoir l’analyser tranquillement, avant de le faire tomber en beauté et, en se débrouillant pas trop mal, prendre sa place et reprendre ses activités. Elle l’a déjà fait une fois à Aildor, pas de raison que ce soit plus compliqué ici, au milieu de ces bébés qui jouent aux bandits adultes. Inconsciemment, un rictus de satisfaction tord son visage, qui rapidement devient de douleur quand elle essaie machinalement de plier sa main gauche. Saloperie.

Les ruelles glauques et miséreuses s’enchaînent jusqu’à une rue un peu plus large qui ne mérite pas son nom d’avenue. Des boutiques prestigieuses, comprendre plus grandes qu’un placard, sèment des murs en brique qui s’effrite déjà depuis des années. Un regard en l’air, on approche du milieu de matinée et il fait bon. Trop de vêtements, songe Alyvesha. Elle déboucle sa cape-couverture et la plie avant de la mettre sous son bras et manque de siffloter après s’être échappée avec succès.

Mauvaise idée. Vingt mètres derrière, les bruits d’une bousculade lui viennent, et il ne lui faut pas longtemps pour comprendre que les types sont sur sa piste. Pas de ruelle perpendiculaire sur une cinquantaine de mètres depuis que Sigrun a fait murer le coupe-gorge à côté de son échoppe de coutûrière. Trop de gens qui y étaient retrouvés le matin dans une mare de sang. Devant, peut-être à trente mètres et qui vont droit dans sa direction, d’autres gangsters. Son instinct de survie fonctionne à plein régime. Ses regrets aussi : elle aurait dû continuer à courir.

Se cacher dans une échoppe ? Et s’y retrouver coincée comme un rat quand ils regarderont immanquablement à travers la vitre sale ? Aucune chance. Le port n’est pas très loin par contre, et un plongeon devrait suffire à les semer. Reste que les papiers y laisseraient leur encre et, partant, leur utilité. Le cordon se resserre et la jeune femme jette des regards frénétiques autour d’elle, à la recherche de la moindre idée. Et elle est là, l’idée. Elle marche tranquillement, flâneuse, visible comme une pustule au milieu du visage, ou plutôt une absence de pustule dans un visage qui en est plein ?

Elle repousse la pensée inutile et fait trois grandes enjambées jusqu’à être à hauteur de la jeune fille bien trop bien habillée pour être ici. Elle a toutes les caractéristiques de la personne qui s’est perdue, au point d’en être suspecte. Les gens s’écartent poliment sur son chemin et à part quelques enfants, les badauds ou travailleurs évitent les potentiels ennuis. Surtout qu’elle n’a même pas l’air d’avoir un protecteur. Ce qui est suspect est dangereux, dans les bas-quartiers. Et à part quelques commerçants qui la hèlent…

« Bonjour, jeune femme. Je peux vous demander un petit service ? »
Sans même attendre de réponse, elle lui tend la pochette, la lui fourre même entre les mains.
« Vous pouvez me garder ça une dizaine de minutes ? On se retrouve à la fontaine d’Eoletra, d’acc’ ? Super, merci. »
Le plan est totalement hasardeux, mais au pire, quoi ? Aly perd ses papiers et cherche d’autres pistes, d’autres moyens.


Dernière édition par Alyvesha le Mer 24 Jan - 19:36, édité 1 fois
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Sanaë Eshfeld
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Mar 16 Jan - 15:06
Irys : 625446
Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
Daënar +2 ~ Skingrad (femme)
Enfin un moment de paix, de calme ! Un moment à elle, où Sanaë pouvait découvrir cette ville qui l’avait tant fait rêver. L’horlogère s’était laissée aller à flâner dans les rues sans réellement se préoccuper de l’endroit où ses pas la mèneraient. La ville offrait tant de possibilités, tant de merveilles qui lui étaient encore inconnues ou qu’elle n’avait qu’entraperçue avec le capitaine Guile lors de sa dernière visite.

Ainsi, l’horlogère émerveillée découvrit maintes boutiques fort intéressante, lui permettant d’acquérir quelques outils et matériaux totalement indisponibles à Blumar. La plupart lui étaient même inconnue, si bien qu’elle due demander des explications au commerçant avant de se lancer tenter. Aussi, les bras à présent chargés de sac et paquet encombrants, Sanaë reprit la route de son hôtel afin de les déposer avant de reprendre ses explorations.

A nouveau, l’horlogère se laissa aller, réfléchissant de moins en moins à l’endroit où elle allait atterrir. Oh, elle était bien loin de se douter que ses pas la mèneraient dans les bas quartiers, elle ne s’en était d’ailleurs pas rendu compte. Les regards s’attardant sur elle ne l’atteignaient pas, et pour cause, Sanaë y était tout simplement habituée. Là d’où elle venait, chacun la connaissait, la voyant comme l’horlogère un peu bizarre, toujours dans la lune, capable de trébucher sur un obstacle invisible à tout moment. Sauf que ces regards ci, bien que tout autant emplis de curiosité, n’attendaient pas forcément la même chose d’elle. De cela, Sanaë n’avait pas idée et continuait d’avancer, l’air de rien suivant simplement la masse de gens devant elle, calquant, sans même s’en rendre compte, ses pas sur les leurs… Jusqu’à ce que finalement, le poids des regards finirent par se faire cruellement sentir la ramenant sur terre...

C’est donc ainsi qu’elle réalisa, enfin, où elle se trouvait… et seule qui plus est. Ce qui en soi, n’était pas une bonne idée. Après un temps incroyablement long pour toute personne sensée, Sanaë envisagea de faire demi-tour, désireuse de regagner les quartiers … sûres. Mais l’horlogère, toute tête en l’air qu’elle était, ne s’était fixée aucun point de repère, se contentant d’avancer au petit bonheur la chance et de ce fait, se retrouvait incapable de se souvenir d’où elle était venue.

Quelques regards inquiets, à droite, à gauche, afin de chercher un indice, quelque chose de déjà vu dans l’espoir de se remémorer le chemin qu’elle avait emprunté… Mais rien. Tout, absolument tout lui était inconnu. Elle fit donc marche arrière, continuant d’avancer, mais cette fois en veillant à bien enregistrer chaque détail afin de ne plus se perdre… Néanmoins, la concentration n’était décidément pas son fort et ses yeux curieux continuaient de se poser çà et là sans réellement chercher à comprendre ce qu’elle voyait. Chaque détail lui reviendraient, bien évidemment, mais bien plus tard, comme à chaque fois, au moment où elle n’en aurait absolument plus besoin…

Aussi, lorsqu’elle se retrouva les bras chargés d’une pochette qui n’était, à l’évidence, Sanaë fut plus que surprise… Désarçonnée même face à une femme parlant bien trop vite pour lui permettre d’enregistrer l’information… Et qui choisis de disparaître dans la foule avant que l’horlogère n’ait eut le temps de lui demander de répéter. Toutefois, par chance, elle avait entendu le nom de “fontaine d’Eoletra”... Un détail important visiblement qui lui permit d’assembler le reste des pièces… De ce qu’elle avait comprit, c’était là qu’elle retrouverait cette bien étrange femme… Bien… Mais elle ne savait absolument pas où se trouvait cette fameuse fontaine.

L’horlogère serra donc la pochette contre elle, la maintenant fermement, et parti à la recherche d’une personne qui serait susceptible de pouvoir l’aider. Elle croisa quelques regards, certains biaisés et inquiétant, d’autre curieux, mais néanmoins malsain… Son instinct lui disait d’éviter les propriétaires et de continuer à marcher jusqu’à trouver la bonne personne. Au détour d’une ruelle, Sanaë rencontra une femme, la peau abîmée, les cheveux sales et emmêlés semblant attendre quelque chose ou quelqu’un… Timide et effrayée par ce regard morne que la femme lui portait, Sanaë du prendre son courage à deux mains pour lui demander de lui indiquer le chemin qui la conduirait à cette fameuse fontaine… La femme lui répondit… Après l’avoir délesté de quelques pièces, les dernières qui lui restaient.

Elle suivit donc les instructions, veillant à n’oublier aucun détail, marchant le plus vite possible afin de s’éloigner de l’endroit. Au bout de quelques minutes, elle arriva sur les lieux du rendez-vous, cherchant des yeux la femme qui lui avait fixé.



Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Alyvesha
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Jeu 18 Jan - 21:42
Irys : 305649
Pérégrin 0

Alyvesha saute le plus haut possible et agrippe une gouttière branlante, puis se hisse en grognant. De son point de vue surélevé, elle voit les hommes de main la pointer du doigt en bougeant la bouche, sûrement à crier de l’attraper, qu’elle est là. Mais la jeune femme reste concentrée sur ce qu’elle fait et prend appui du pied sur le rebord d’une fenêtre sale. Un peu plus haut, les tuiles sont inclinées, malheureusement. De son mètre soixante, elle parvient à peine à passer la main droite.

Elle teste d’abord la tuile, celles aux alentours. Elles semblent solidement liées. Prenant son courage à deux mains, et la tuile d’une seule, elle bondit de toutes ses forces. La fille à qui elle a filé les documents est déjà partie plus loin, sans un regard en arrière. Tant mieux. Avec la distraction de la fugitive, elle ne devrait pas être importunée. Au pire, elle meurt ou quoi. Mieux vaut elle qu’Aly.

Les tuiles tiennent effectivement le coup. Une fois sagement accroupie sur le rebord du toit, elle jette un œil plus bas. Une partie grimpe à sa suite tandis que les autres semblent partis pour chercher une échelle ou simplement faire le tour du pâté de maison. Elle ne compte pas redescendre tout de suite, en fait. Devant elle, il y a une simple façade de brique avec une cheminée qui ne tire pas la moindre fumée. Pas de bois à brûler.

Ce n’est pas ça qui va l’arrêter. Avec un peu d’élan, elle saute à nouveau et prend appui du pied sur le mur vertical. L’impulsion suffit à ce qu’elle pose les deux avant-bras sur le toit de ce deuxième et dernier étage. Sous ses yeux surpris apparaît alors une paire de bottes usées dont la semelle est maintenant presqu’aussi fine que du parchemin. Un peu plus haut, une paire de jambes et, avec la perspective, juste le visage d’une femme déjà usée au point de paraître la cinquantaine au lieu de la quarantaine qu’elle a probablement.

« Tu restes en bas avec les gars, ma jolie. »

Ça doit bien faire des années que personne ne l’a appelé ‘’ma jolie’’. Par contre, c’est très récemment que quelqu’un a essayé de lui mettre un coup de pied dans la gueule. Elle évite d’une inclinaison de la nuque et saisit la cheville, avant de tirer d’un coup sec. Cela suffit à l’élever des quelques précieux centimètres nécessaires pour passer le genou et enchaîner d’une balayette qui propulse l’inconnue plus bas. Où elle est rapidement rejointe par la bande d’Œil-Bleu. Pas le temps de traîner. Aly part à toute berzingue en direction du port, en prenant au plus court.

D’abord, elle monte sur le faîte du toit avant de finir son accélération sur la pente descendante. Heureusement, ici, les rues ne sont pas très larges, pas comme dans les coins plus sympas d’Alexandria où elle ne va que quand elle a du temps à perdre. Puis elle franchit le trou et se ramasser d’une roulade mal avisée : son genou tape contre le bord d’une tuile et lui arrache un hoquet de douleur. Mais pas le temps de s’arrêter. Le saut suivant la fait tomber directement dans l’eau sale du canal.

Elle est décalée par rapport à sa première cible, le port, mais cela n’est pas très important.

L’eau froide lui coupe le souffle qui part en grosses bulles. Ses yeux piquent quand elle les rouvre mais lui permettent de voir la lumière et elle bat vigoureusement des jambes jusqu’à la retrouver et prendre une grande inspiration. Ses multiples couches de vêtements l’alourdissent maintenant considérablement, mais elle ne veut pas les perdre. Après tout, elle porte la quasi-totalité de ses possessions sur le dos.

Du haut du toit dont elle a sauté, elle voit Œil-Bleu lui-même, qui a daigné venir pour l’occasion, armé de son gros gourdin et de ses mirettes terrifiantes, une pupille noire et l’autre dont la sclère est d’un blanc laiteux, vestige d’un coup de couteau. Elle lui adresse un signe de la main sans équivoque, et il secoue la tête en signe de dépit. Aucun ne se sent de sauter à sa suite. Tant mieux, parce qu’elle ne se sent plus de courir.

A brasses tranquilles, elle file vers l’autre rive et sort de leur champ de vision.

Quinze minutes plus tard, trempée jusqu’aux os, elle arrive enfin à la fontaine d’Eoletra. L’endroit n’est plus dans le territoire d’Œil-Bleu mais dans celui d’une rivale, Haraa, encore qu’il s’agisse toujours des bas-quartiers. Et à part pour des actions coup-de-poing entre les deux gangs, ils s’évitent comme la peste. Alyvesha regarde frénétiquement autour d’elle à la recherche de sa belle, et comme il se doit, elle est là. Assise sur le rebord de la fontaine, elle laisse couler ses doigts dans l’eau en regardant autour d’elle d’un air absent, laissant ses yeux glisser sur les gens qui circulent.

Elle a vraiment rien à foutre ici, mais ce n’est pas Aly qui va s’en plaindre.

« C’est encore moi. Merci, hein, pour les papiers.
- Tu es mouillée, s’exclame-t-elle. »
Alyvesha simule un claquement de dents sans trop forcée.
« Et frigorifiée ! »
Paye un coup à boire, prie la bandit.
« Mais j’ai bien ta pochette. Par contre, je peux sav…
- Tiens, tiens, Alyvesha Alsdottir. »

Le goujat qui les interrompt sans le moindre scrupule ressemble au croisement d’un ours et… d’une ourse. Il emprunte en réalité totalement à l’ursidé, que ce soit au niveau de la taille, du faciès, de la voix grondante et basse, ou de la pilosité, surabondante.
« Haraa voudrait vraiment beaucoup te parler, depuis les histoires avec Œil-Bleu.
- J’suis occupée, je passerai demain.
- Non, non. Ce n’était pas clair. Ça voulait dire tout de suite. »
Autour d’eux, sept autres gorilles qui les observent d’un air méfiant. Aly était tellement concentrée sur sa proie qu’elle en a oublié ce qui l’entourait. Et même si les bandes ne se mêlent pas au grand jour, des informations coulent toujours.
« Ta copine va venir aussi avec nous. »

C’est bien le cadet de ses soucis, au-delà des parchemins.
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Sanaë Eshfeld
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Dim 21 Jan - 11:22
Irys : 625446
Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
Daënar +2 ~ Skingrad (femme)
L’horlogère avait pleinement conscience que sa place ne se trouvait certainement pas en ces lieux. Les regards étonnés, curieux, parfois même agressifs, qui se posaient régulièrement sur elle de façons plus ou moins insistante, en constituaient les preuves. Sanaë n’était clairement pas à l’aise hors de son environnement habituel. Elle se sentais légèrement effrayée, affreusement gênée et tout aussi inquiète, même si elle faisait tout pour ne rien montrer. Son regard d’azur évitait soigneusement de s’attarder sur les gens, comprenant que ceux-ci n’appréciaient guère d’être ainsi épiés. Elle se concentra donc sur la recherche de la jeune femme l’ayant mise dans cette situation inconfortable. L’ennui, c’est que tout s’était passé si vite, bien trop pour que Sana n’ai eut le temps de voir à quoi celle-ci ressemblait et plus le temps passait, plus l’horlogère s’inquiétait de ne pas la voir arriver. Cette dernière lui avait paru dans une situation compliquée, voir même dangereuse et tout cela semblait lié à cette fameuse pochette. Et s’il lui était arrivé quelque chose ? Combien de temps serait-elle attendre ici, seule face à ces regards hostiles avant de se retrouver réellement en danger ? Sanaë pensait à tout cela, même si ses pensées ne se lisaient pas sur son visage. Leur montrer sa frayeur ne ferait que les attirer d’autant plus, elle le savait. Alors, pour se donner une certaine contenance, un appuie tangible et rassurant, l’horlogère laissait ses doigts caresser la surface de l’eau glaciale de la fontaine.

Puis, finalement, au bout d’un temps que la blonde trouvait particulièrement long, la jeune fille réapparut. Cette dernière se présenta devant l’horlogère trempée jusqu’aux os, presque à bout de souffle. Évidemment, Sanaë s’en inquiéta et aurait voulu le proposer de boire ou de manger quelque chose de chaud. En plein mois de janvier, la température ne se prêtait certainement pas à la baignade, même si l’horlogère se doutait que celle-ci ne fût volontaire.

Toutefois, l’on ne leur laissa guère le temps de discuter puisque les deux femmes se retrouvèrent rapidement encerclées par plusieurs hommes à l’apparence des plus effrayante. Taillés comme des armoires, leurs faciès n’avaient rien de sympathique, bien au contraire.

Sanaë ne comprenait pas leur échange, aucune de ces personnes, face à elle, ne semblait plus sécurisant que l’autre, pas même la femme qui l’accompagnait. Leur rencontre avait tout du bizarre, même pour quelqu'un comme Sana qui ne se préoccupait rarement de ce genre de détails. Mais en pareille situation, comment ne pas être effrayée ? Elle suivait donc cette bien étrange conversation avec un regard horrifié n’osant pas réellement intervenir. En revanche, Sanaë était bien inquiète, autant pour elle que pour la jeune femme inconnue. Cela sentait bien mauvais pour celle-ci, même si les raisons et la logique lui échappaient totalement…

- Je vous demande pardon ? s’horrifia l’horlogère en réalisant qu’ils comptaient bien la mêlée à cette étrange histoire.

Non, décidément, la blonde ne comprenait pas comment une simple balade avait pu tourner ainsi. Ils ne lui offrirent aucune réponse, au lieu de cela l’homme le plus bavard jusqu’ici esquissa un sourire carnassier des plus inquiétants. Effrayée, Sanaë ne savait plus quoi faire, ni même que dire se sentant comme une enfant qui serait grondée pour une bêtise qu’elle n’avait pas commise. Instinctivement, elle se plaça derrière la femme qui l’avait conduite dans cette situation. Son regard parcourut les alentours, à la recherche d’un soutien ou d’une échappatoire, mais ses yeux ne croisèrent que regard fuyant et les hommes se rapprochaient dangereusement… Une seule chose était sûre : elle ne voulait pas les accompagner. Même elle sentait le danger derrière tout cela. Alors Sanaë se mit à fouiller son sac, frénétiquement sans réellement savoir ce qu’elle y cherchait. Ses doigts effleurèrent alors une surface lisse et froide… Sa montre…

Sans réfléchir, puisque dans tous les cas, le temps leur manquait, elle s’en empara, l’attrapant à pleine main pour la lancer de toutes ses forces en hurlant “Attention!!!!!”. Par chance, l’appareil atteignit le front du plus bavard face à eux tandis que Sanaë attrapait la main de la femme profitant de l’effet de surprise pour fuir. Sans savoir où aller, l’horlogère l’entraîna dans une rue faisant face à la place, espérant que celle-ci reprenne rapidement les rênes de peur de se retrouver dans une impasse.



Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Alyvesha
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Dim 21 Jan - 22:41
Irys : 305649
Pérégrin 0
Courir. Encore courir. Toujours courir. Alyvesha a l’impression qu’elle passe une grande partie de ses journées à ça, ce qui explique sa stature fine et élancée, favorisée encore par la disette. Après l’impulsion initiale donnée par la Riche, puisque c’est manifestement ce qu’elle est, ses jambes prennent automatiquement le relai, à foulées longues sur les pavés. Elle n’a pas encore repris son souffle de la course précédente, mais il se cale tout seul. Bien trop habituée, mais ce n’est pas le moment de s’en plaindre.

Non, s’il y a bien quelque chose dont il faut se plaindre, c’est la Riche, qui a lancé un truc précieux à la gueule de l’ours. Déjà, elle a lancé quelque chose qui doit valoir de l’argent au lieu de le donner à Aly. Mais surtout, elle court à deux à l’heure. Des gamins de huit ans les doubleraient. Et c’est maintenant la criminelle qui tire sur la main de sa compagne en regardant frénétiquement derrière elle.

Après un retard initial dû à la surprise, ils se sont rapidement mis en chasse. Et s’il leur faut plus de temps pour atteindre leur pic de vitesse, celui-ci est considérablement supérieur à celui des deux femmes.
« Avance, putain ! »
Mais l’inconnue économie son souffle. Elle a bien raison. Puis Aly tire trop fort et l’autre trébuche, et elles tombent toutes les deux. C’est trop tard, les hommes sont sur elles, à peine fatigués avec l’air de pas vouloir trop rigoler.
« Vous avez de la chance, Haraa a dit de vous attraper en bonne santé et sans vous faire de mal. Quoique, quand j’y pense, elle ne parlait que de toi Alyvesha, et pas de ta copine… Mais je ne vais pas risquer d’attirer sa colère. Je vais même rendre la montre en signe de bonne foi.
- Je peux la gar… Hasarde Aly.
- Merci, fait sèchement l’inconnue, avec nerf et aplomb.
- Et vous, vous allez nous suivre sans faire d’esclandre. Un bon marché, finalement, vous ne pensez pas ? »

Le fait est que les deux femmes n’ont pas le choix. Elles se regardent, confirment, et acquiescent, un peu piteusement pour Alyvesha. Elle revoit la scène dans sa tête : elle aurait dû récupérer la pochette et abandonner la greluche, qui aurait fait une diversion tout à fait souhaitable et valable. Et cela lui aurait laissé le temps de planifier son action suivante. Là, difficile de savoir ce qu’Haraa lui veut. La femme dirige d’une poigne de fer son propre gang et fait régner l’ordre dans son territoire, relativement restreint il est vrai.

Mais les rumeurs disent qu’elle est sévère, mais juste, mais surtout sévère quand même. Elle ne tolère pas les écarts et tous les contrevenants s’exposent à des représailles peu enviables. Aly repense au type qui a été retrouvé sur la place publique avec une pancarte littéralement clouée au cou et ses bijoux de famille posés devant lui. Coupable de viol, ce qu’Haraa ne tolère pas. Les gorilles les ont amenées dans l’intervalle à une taverne qui fait également maison-close, d’après les affiches et les formes qui s’agitent aux fenêtres. Le videur les laisse entrer sans faire de chichis et ils sont rapidement tous introduits dans une petite salle à manger à l’arrière du bâtiment.

Le coin est coquet. Le bois est de bonne facture et les dorures font un peu style rococo. Pas étonnant, dans l’endroit où elles sont. Il n’y a pas de fenêtre, par contre, ce qui identifie la pièce comme un bon endroit pour les discussions secrètes et calmes. Le parquet grince tandis que les hommes les assoient sur des chaises, sans les ligoter, puis sortent. Seul leur chef ouvre encore la bouche :
« Il y a des hommes à la porte, et une seule sortie. Haraa ne devrait pas tarder à arriver, donc soyez sages. »

Quand la porte se referme, Alyvesha se tourne vers sa partenaire du moment. Et la façade de nerf de tout à l’heure se craquelle instantanément. Les yeux bleus se remplissent de larmes et Aly manque de lui mettre une baffe.
« Qu’est-ce qu’on va faire ? Qu’est-ce qui va nous arriver ? Comment va-t-on s’en sortir ? Qui sont ces gens ?
- Shhhh, shhh ! Chuchotte Aly. Ils ont p’tet quelqu’un qui écoute à la porte. Tu t’appelles comment, déjà ?
- Sanaë Esh…
- Sana, le reste on s’en fout. Moi c’est Alyvesha. On est chez la patronne d’un gang local. Au final, on n’est pas si mal tombées.
- Un gang ? Mais…
- Laisse-moi parler, ho ! Je crois pas qu’ils me détestent, mais dans le doute, ne dis rien, même si on te pose une question, okay ? Tu peux faire ça ?
- Je… Oui, mais si…
- Rend la pochette, aussi, je vais essayer de la cacher quelque part avant qu’on nous fouille… »

Mais les yeux s’étrécissent en la fixant.
« C’est à cause de toi, non ? Je vais la garder. »
Bien sa veine, qu’elle montre un peu de cran pile à ce moment. Enfin tant qu’elle le garde… Ce qu’Alyvesha n’explique pas, c’est que Sanaë ressemble exactement à un contact pour l’espionne qu’elle-même serait : riche, bien vêtue, manifestement éduquée…

Nul doute qu’elle aiguisera la curiosité d’Haraa, qui approche déjà.
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Sanaë Eshfeld
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Mar 23 Jan - 9:05
Irys : 625446
Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
Daënar +2 ~ Skingrad (femme)
Il en fallait beaucoup pour que la patience de l’horlogère vole en éclats, vraiment beaucoup. Pourtant, cette fois, Sanaë se sentait particulièrement agacée. Elle ne se trouvait dans cette situation uniquement à cause de sa compagne à son côté, une femme pas très aimable qui semblait la mépriser pour quelques raisons qui lui échappaient complètement. Pourtant, si elles se trouvaient là, c'était de sa faute, pour avoir voulu l’aider, Sanaë se retrouvait dans une position des plus inconfortable. Et malgré cela, cette femme continuait à la traiter en puceron. Aussi, en réponse à son trouble intérieur, ses yeux d’azur prirent une teinte plus orageuse.

La fameuse Haraa fit son apparition, son apparence ne montrait en rien sa position. Pas de cicatrices sur le visage, comme celles de sa compagne, pas de bandeau sur l’œil. Non, simplement une femme en robe tout à fait banale bien qu’un peu trop échancrée sur la poitrine.



- Alors Alyvesha, ravie de te voir. Merci d’avoir accepté mon invitation nous avons beaucoup de chose à nous dire. Asseyez-vous, vous prendrez bien quelques choses. Pas d’inquiétude jeune fille, c’est la maison qui offre, railla la femme aux allures de maquerelle avant de tirer une chaise et de s'y installer.

Les deux femmes se regardèrent un instant d’un aire hésitant. La femme semblait bien trop accueillante et son ton bien trop mielleux pour ne pas être inquiétant. En particulier pour une personne comme Sanaë qui n’avait certainement pas l’habitude de ce genre de fréquentation. Après quelques secondes, les deux comparses involontaires l’imitèrent, prenant place à la table, face à Haraa qui les observait rictus aux lèvres.

- Voilà une bien étrange association, lança-t-elle en observant tour à tour les deux femmes.

Il faut dire qu’à première vue, les voir côte à côte pouvait paraître originale. Et il est vrai qu’en d’autres circonstance plus normale, les deux ne se serait jamais rencontrer. Mais parler d’association était prématuré, elles ne se connaissaient pas, et visiblement ne s’appréciaient guère non plus.

- Tu n’es pas originaire de cette ville blondinette, et certainement pas de ce genre de quartier… coloré. Qui es-tu ?

Sanaë se tourna vers Aly, celle-ci lui avait fait promettre de se taire quelques minutes auparavant. Néanmoins, la question semblait justifiée sinon innocente et l’horlogère n’avait absolument rien à se reprocher.

- Je me nomme Sanaë, je suis horlogère au Tyorum en visite ici. Je me suis perdue... avoua-t-elle honteuse.

-Oh, et bien, ce n’est sacrément pas de chance pour toi. Ces rues ne sont pas sûres pour une jeune bourgeoise seule, dit-elle avec une voix faussement contrite. Et comment en êtes-vous venue à vous rencontrer? Connaissant ta compagne ici présente, je doute fort qu’elle te soit venu en aide ?

Cette fois, l’horlogère ne sut que répondre, leur “rencontre” semblait effectivement étrange. Elle-même ne comprenait toujours pas, les évènements s’étaient tous enchainés rapidement, bien trop pour qu’elle n’ait eut le temps de le réaliser. Sanaë se tourna vers la femme qui l’accompagnait, après tout c’était à elle ne répondre puisque la blonde n’avait rien demandé.


Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Alyvesha
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Mer 24 Jan - 22:02
Irys : 305649
Pérégrin 0

De voir Sana répondre brusquement à la question d’Haraa, puis devenir elle-même la cible, Alyvesha resta bouche cousue quelques secondes, les yeux écarquillés. Puis elle avala sa salive et se mit à chercher quoi répondre. Le sourcil d’Haraa se leva en signe de curiosité sympathique, et si la bouche exprimait un léger sourire amusé, les pupilles gardaient une expression d’acier. Pas là pour rigoler, comme on pourrait s’y attendre, ni boire le thé.

« … Euh…
- Oui ?
- On s’est juste croisé par hasard et j’ai indiqué le chemin de la fontaine d’Eoletra.
- Ah bon ?
- … Oui…
- Vraiment ? »

Alyvesha soutient presque sans ciller le regard de la cheffe de gang. Puis cette dernière reprend :
« C’est fou, quand même. Mes indicateurs m’informent qu’Œil-Bleu a subi un cambriolage, qu’il a couru à travers la moitié de ses quartiers, et que ses hommes recherchaient une femme d’environ vos tailles et gabarits. Une idée ?
- Ah ? C’est… vraiment fou, répond Aly.
- N’est-ce pas ? Surtout sachant que vous avez déjà eu maille à partir, non ?
- Je n’irais pas jusque-là…
- De simples différents d’ordre personnel qui n’ont rien à voir avec les groupes des autres quartiers, c’est ça ?
- Voilà ! »

Haraa soupire et englobe les deux autres femmes dans un regard désapprobateur.
« C’est cocasse. Je pensais qu’une espionne trouverait une meilleure couverture, aurait une meilleure histoire de prête.
- Quoi ? »
Il faut un moment à l’originaire d’Aildor pour retrouver le fil de ses pensées. Sana qui se perd et tombe comme par hasard sur Alyvesha juste après une histoire avec Œil-Bleu ? C’est gros. Trop gros, même. Mais plus c’est gros, mieux ça pa…
« Allons, cessez de me prendre pour une imbécile.
- Mais non…
- Alyvesha qui débarque un beau jour de nulle part, commence directement à avoir des conflits avec Œil-Bleu et ses hommes, tue son fils…
- Hum, non, ce n’était pas…
- Tu as tué le fils ? Demande Sana.
- Peu importe, coupe-t-elle. »

Alyvesha prend une large inspiration. Il est temps de bluffer vers la sortie.
« Tu as raison, Haraa.
- Quoi ?! Fait Sana.
- Ah-ha !
- Je suis évidemment une espionne, et Sana est mon contact. Nous devions faire le point mais les hommes d’Œil-Bleu m’ont traqué donc nous avons dû nous enfuir un peu difficilement et…
- Mais pas du tout ! S’insurge l’horlogère.
- Si, si, c’est la vérité, assure Aly. »
Haraa prend maintenant un air un peu méfiant. Est-ce qu’elle n’y croirait plus ? La volte-face n’est pas très artistique, et l’écart entre les deux versions ne facilite pas à donner un front uni pour les deux captives.
« Et vous travaillez pour qui ? »
Aly se tourne vers Sana, la regarde bien en face. Puis cligne de l’œil qu’Haraa ne peut pas voir de sa position. Possiblement. Si son visage ne s’est pas brusquement crispé au moment de l’action.
« C’est trop important et sensible pour pouvoir te donner cette information, désolée. »
C’est là que le bluff passe ou casse, songe la criminelle. Si Haraa pense vraiment taper trop haut pour elle, elle les laissera peut-être juste partir en disant de lui revaloir ça un de ces quatres. Ça serait vraiment top.

« Bien essayé. »
Raté.
« Maintenant je veux ce que vous avez volé. Cela me sera sûrement plus utile qu’à vous. »

Alyvesha est occupée à maudire cette journée, Œil-Bleu, et Haraa, et Sana et Aildor, sa mère et son père quand Sana prend la parole.
« Et en échange ?
- Comment cela, jeune femme ?
- En échange de ce que nous avons volé, que recevons-nous ?
- La vie sauve, c’est déjà pas mal.
- D’accord. »

Quoi ?!

Puis l’ours apprivoisé d’Haraa passe la tête par la porte sans frapper.
« Œil-Bleu nous attaque, boss !
- Putain de puteborgne vérolée ! Crache Haraa, loin de son langage précédemment fleuri. »
Elle se précipite dehors non sans avoir verrouillé la porte et laisse à nouveau Sana et Aly toutes seules.
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Alyvesha
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Mar 30 Jan - 22:22
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Les deux jeunes femmes se regardent. Elles ne s’attendaient certainement pas à cela. En tout cas, cela peut aussi bien faire leurs affaires que les briser. La situation pouvait difficilement être pire, mais si elles tombent entre les mains des hommes d’Œil-Bleu maintenant, nul doute qu’ils ne se contenteront pas de prendre les documents. Il faut dire que cela fait un peu trop longtemps qu’Alyvesha les met à l’amende. Le fils, les documents, les petites actions du quotidien histoire de saper leur autorité et leur amour-propre…

« On s’arrache. »

Aly pose son oreille contre la porte, et n’entend plus que le bruit des cris, et des chocs sourds. Tant qu’à faire… Elle recule de quelques pas puis charge la porte pour forcer l’ouverture. Elle rebondit lamentablement contre le vantail et tombe au sol. L’autre la regarde sans dire un mot. Bon… Un peu moins impressionnant, mais la criminelle fourre son couteau le plus fin dans la serrure et triture le mécanisme pendant des secondes qui semblent des heures. Au bout d’un moment, en soulevant la poignée, elle parvient à toucher ce qu’elle cherchait à l’intérieur et la porte s’ouvre.

« Je commençais à peine à être sèche, regrette-t-elle. »

Dans la salle commune, c’est le chaos. Des flammres lèchent un peu le mobilier, qui ne prend pas trop. Par contre, cela dégage un peu de fumée grasse et noire, donc les jeunes femmes se voûtent en deux. En plus, c’est vachement mieux pour se faire moins repérer. Juste sous leurs yeux, un type bondit par la fenêtre en cassant les carreaux et se rétablit d’une roulade. Des morceaux de verre sont encore fichés dans ses bras, ses jambes, et les vêtements s’assombrissent déjà à cause du sang. Mais il n’y prête pas la moindre attention alors qu’il charge l’adversaire le plus proche, l’ours d’Haraa.

Alyvesha cherche partout une porte de sortie quand Sana la tire par la manche et pointe vers l’escalier. Une escapade comme une autre, surtout qu’elle a déjà sauté aujourd’hui, alors elle n’est plus à ça près. Le feu prend maintenant de plus en plus, et les clients du bordel font eux le trajet en sens inverse. Elles se font bousculer par les fuyards paniqués et Aly hésite à aller avec eux pour se fondre dans la masse. Mais Sana est déjà devant et les membres des gangs ont déjà quasiment arrêté de se battre.

Un coup de genou, l’homme est en hauteur par rapport à elle, la projette contre la rampe, à laquelle elle s’accroche désespérément. Sana manque de disparaître de sa vue quand elle se reprend et se met à avaler les marches quatre à quatre. Sur le pallier, elles peuvent voir un petit couloir qui doit mener vers un grand salon ou un boudoir avec des chambres sur les côtés. Loin de la maison-close crasseuse, en fait, le coin est plutôt propre.

Mais elles ne sont pas là pour faire la visite des locaux.

D’un commun accord, sans dire un mot, elles s’engouffrent dans le couloir, et le suivent jusqu’au bout. Effectivement, la pièce suivante est un genre de salon, pas si grand, avec une estrade pour une chanteuse-danseuse-effeuilleuse-pute. Quelques fenêtres sont cachées par de lourds rideaux bordeaux, et ici aussi tout fait dans le style rococo, pesant. Les quelques finitions à la feuille d’or écaillées achèvent de donner un côté médiocre et vulgaire à l’ensemble.

Sana tire brusquement sur une des ficelles et le tissu s’écarte pour laisser voir la rue en contrebas, trois mètres à peine. Du bon peuple s’est déjà approché pour aider à éteindre le début d’incendie, ou juste assister au spectacle. Difficile à dire dans les quartiers compliqués. Mais non, quelques-uns ont des seaux d’eau, même si cela servira peu. Il faudrait plutôt des chirurgiens pour réparer des gens. Probablement.

Elles sautent sans hésiter et se rattrapent comme elles peuvent. Elles doivent avoir l’air de prostituées qui s’échappent, en fait. Elles repoussent les propositions d’aide mâtinées d’intentions troubles en montrant les dents. Au-delà de ça, elles enfilent quelques ruelles pour s’éloigner dans l’indifférence générale.
« Pfiou, soupire Aly.
- Je veux retourner jusqu’à mon hôtel.
- ‘Sûr. Vas-y.
- Je ne connais pas le chemin.
- Ah. Et il me faudrait la pochette, du coup, évidemment.
- On échange ?
- Hein ?
- Tu me ramènes, je te rends tes papiers, et on se quitte à tout jamais. »

Heh. Pas un mauvais marché, pour s’être sortie de là, pour Alyvesha.
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