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Chroniques d'Irydaë
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 Le savoir est le nerf de la guerre [PV Nergüi]

Odard Coursang
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Dim 21 Jan - 16:31
Irys : 473463
Profession : Barde
My'trän +2 ~ Khurmag
    Il y a des chocs plus violents que d’autres. Aucun My’trän et surtout aucun Khurmi ne peut ignorer la guerre qui a fait rage en ces terres et les horreurs qu’elle a pu engendrer. Mais toujours est-il qu’en se tenant le plus loin possible des usines Daënars et des fous furieux qui les dirigent, on peut vivre sans en subir les conséquences. Jusqu’au jour où.

    Odard n’avait jamais imaginé la puissance des armes impies de cette nation de traîtres, jusqu’à y être confronté directement. Jamais il n’aurait pu concevoir qu’un si petit objet puisse causer une telle destruction, jusqu’à voir la tête d’un homme quasiment exploser sous ses yeux. C’était donc ça l’art Daënar? Des armes aussi petites que le poing et pouvant néanmoins terrasser un homme à quelques pas? Et de surcroit de la pire des manières. D’aucuns disaient que des bâtisses, des villes entières avaient été ainsi rasées, réduites à l’état de gravats et leurs habitants pulvérisés, broyés comme des fruits trop mûrs et trop tendres. Comment le monde pouvait-il continuer sa course alors que ces horreurs allant à l’encontre même de sa nature en foulaient la surface? Comment les Architectes dans toute leur puissance avaient pu ignorer une telle hérésie?

    Il réalisé qu’il en savait finalement bien peu. Juste ce qu’on se disait habituellement. Que les renégats étaient des montres et que leurs machineries repoussaient toutes les limites que la nature imposait à ses sujets. Que leurs cités dantesques étaient entourées d’un halo de fumée noirâtre, un brouillard de mort que ces fous respiraient sciemment. Un frisson parcouru l’échine du barde à l’idée d’un monde peuplé de ces scélérats. Et il sentit naître en lui ce besoin de savoir, de comprendre comment une telle chose pouvait tout simplement exister sans que le monde ne s’effondre sous le poids des horreurs qu’elle suggérait.

    Ses pas l’avaient conduit jusqu’aux archives. Parce que Khurmag était la région qui avait le plus souffert de la guerre ses archives étaient celles qui regorgeaient le plus de faits et de connaissances sur ce peuple d’outre-mer qui fascinait autant qu’il terrifiait.

    Par les Saints Rognons!”

    C’est le seul mot qui lui vint à l’esprit une fois passé le vestibule qui menait au coeur des archives. Là des colonnes aussi haute que des arbres et croulant sous le poids de livres et de parchemins attendaient ceux qui auraient le courage ou la patience de s’y égarer. L’édifice était sobre vu de l’extérieur et étonnamment calme et chaleureux lorsque l’on arpentait ses allées parallèles et sans fin. Il y régnait une odeur d’encre et de vieux papier par dessus laquelle flottait un parfum de poussière millénaire, certains des ouvrages les plus hauts perchés ne devaient pas avoir été consultés depuis des siècles et attendaient, patiemment de dispenser leur savoir à qui en voudrait.

    Ça et là des tables étaient disposées, certaines étaient vides tandis que d’autres étaient jonchées de papiers qui menaçaient de s’écrouler sur ceux qui s’affairaient en dessous. C’était calme et majestueux, sublime en cette manière qu’avait toute bibliothèque de renfermer les connaissances d’un monde entier. Mais il ne pourrait jamais s’y retrouver, pire il ne savait même pas par où commencer. Alors il erra un temps dans les rayonnages, sifflant tantôt à la lecture d’un nom particulièrement évocateur et grimaçant parfois devant les atrocités que devaient renfermer certains volumes.

    On pouvait aisément se sentir chez soi ici, et y passer l’intégralité de son existence à se repaître d’un savoir ancestral. Mais il fallait pouvoir s’y retrouver et Odard, en était incapable.



- Odard s'exprime en #0099ff -
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Nergüi Alhazred
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Dim 21 Jan - 21:32
Irys : 74986
Profession : Archiviste
My'trän +1
Les Archives de Réoni avaient été battis en prenant exemple sur des modèles de discipline et d'organisation dans la nature. Les salles principales, verticales s'élevant sur de nombreux etages étaient inspirés des ruches d'abeilles. Elles étaient liées par une multitude de couloirs et halls plongés dans l'ombre, qui traversaient des salles plus petites, aux fonctions divers et variées. Ce réseau de couloirs formait une fourmilière qui s'avérait être un véritable labyrinthe pour le nouveau venu.

  2eme étage, Alvéole Khasar, Rayon 5, Nerguï était en service d'inventaire des ouvrages. Il passerait par un couloir adjacent au scriptorium qui menait aux salles de recherches orientales, de la il n'avait qu'a rejoindre le hall faisant la liaison entre l'alvéole Kericus et l'alvéole Jusin, emprunter une des portes se cachant derrière la colonnade du hall et descendre l'escalier en colimaçon jusqu'au troisième  étage, de la, un étroit couloir menait aux salles abritant les registres de recrutement de l'armée régulière et les recensements militaires mais Nerguï devait quand à lui rejoindre le hall septentrional pour rejoindre la tour des registres séculiers. De la, il descendrait au 2eme étage et renouvellerait la cire de son candélabre dans une salle dédiée puis rejoindrait l'auditorium septentrional du deuxième étage pour accéder à une salle de lecture ou il récupérerait des documents généraux sur les travaux publics et quelques liasses sur l'instruction publique et sur les beaux-arts qu'il devra inventorier au scriptorium avant de les ranger.

En fin de matinée, son chariot vide et sa mission accomplie, Nerguï s'en allât rejoindre le réfectoire des Archives comme à son habitude, il passerait d’abord par la chapelle pour prier à Khugatsaa puis s'exercerait aux arcanes de l'illusion. Cependant cette routine qu'il exerçait depuis des dizaines d'années déjà fut interrompue ce jour la. Il était rare de croiser un collègue en matinée tant les archives étaient colossales et labyrinthiques alors quelle ne fût pas la surprise pour l'archiviste de rencontrer au détour d'un des rayons de l'alvéole Khasar, un homme aux allures d'aventurier.

     Il se passa quelques minutes sans que l'homme ne sente sa présence. Son attention était portée ailleurs, cependant il semblait perdu, son regard, épars, il prenait un volume pour le reposer quelques secondes plus tard, lâchant un léger soupir. L'archiviste demeura dans un coin à l'observer, plusieurs questions lui vinrent, comment s'était il rendu ici ? Que cherchait il ? Enfin il prit l'initiative et se contenta de demander d'une voix calme et posée:

Puis-je vous être d'un quelconque service, monsieur ?


"L'histoire est la philosophie enseignée par l'exemple"




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Odard Coursang
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Jeu 25 Jan - 22:18
Irys : 473463
Profession : Barde
My'trän +2 ~ Khurmag
    Il aurait pu tout savoir de la reproduction des libellules, ou encore de la manière dont les premiers hommes extrayaient leurs métaux de sols argileux pour en fabriquer des armes. Il aurait pu se perdre indéfiniment dans cet océan de connaissances, ce puits de culture qui semblait ne pas avoir de fond. Et ne s’en serait peut-être pas porté plus mal. Par moments le poids de tout ce savoir semblait l’appeler à lui, d’une manière attrayante et irrésistible. Peut-être plus tard se dit-il, un peu de savoir et de sagesse ne pouvait jamais nuire mais il avait d’autres affaires en cours et cette aventure avec l’étrangère l’avait suffisamment secoué pour qu’il ressente le besoin de connaître son ennemi.

    Par chance quelqu’un s’était aperçu de son égarement, quelques heures peut-être après qu’il ait pénétré dans les Archives mais tout de même. Reposant le volume sur lequel il venait de souffler pour en dévoiler le titre “Histoire de la Grande Peste et ses répercussions après la Guerre.” Odard se retourna pour faire face à l’homme qui l’avait interpelé. Celui-ci était vêtu d’une robe de bure aux allures monacales qui convenait parfaitement à l’idée que l’on pouvait se faire d’un érudit. Et s’il était bien ce qu’il semblait être, ces gens là ne sont pas connus pour être avares de leur savoir, bien au contraire.

    Ah bien le bonjour noble seigneur! Eh bien pour tout vous dire, je cherche à en savoir plus sur la guerre et ceux qui l’ont portée jusque dans nos contrées. J’aimerais comprendre messire comment tout cela a bien pu arriver et pourquoi. J’imagine qu’il s’agit là de questions auxquelles tous les livres du monde ne sauraient répondre mais je serais amplement satisfait avec ne serait-ce qu’un dixième de la réponse, ce qui j’en conviens reste tout de même colossal.”

    Le barde jeta un regard autour de lui qui se perdit dans les innombrables allées chacune chargée d’innombrables volumes et avoua son impuissance, sans honte car il aurait été impossible de ne pas se perdre sans connaître les lieux. Et même en les connaissant depuis des lustres il était persuadé que certains parvenaient encore à s’y égarer.

    Je crains hélas d’avoir perdu mon chemin au milieu de toute cette connaissance, mais quel endroit fabuleux messire! Je regrette de ne pas être venu plus tôt mais cette péripétie m’aura au moins permis d’apprendre deux ou trois choses fort utiles, aucun savoir n’est jamais superflu n’est-ce pas noble seigneur?”

    Malgré sa mésaventure dans les ruelles de Reoni il était persuadé que tout cela finirait par s’avérer positif, même si les horreurs de ces derniers jours continuaient de résonner dans son esprit. Le point d’orgue de toute cette histoire était finalement la haine toujours plus farouche qu’il éprouvait à l’encontre des renegats technocrates, haine qu’il ne ferait probablement qu'attiser avec le savoir qu’il était venu chercher mais qu’à cela ne tienne, il avait besoin de savoir.



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Nergüi Alhazred
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Ven 26 Jan - 22:16
Irys : 74986
Profession : Archiviste
My'trän +1
Lever un bras en signe de halte, voila la première chose que fît l'érudit à la suite des dires de l'homme, il poursuivit ainsi :

"Trêve de salamalecs, Sachez que le titre de seigneur ne m’intéresse absolument pas."

Nerguï était partagé. Faisait il face à un esprit ingénu et naïf ou à un énième assoiffé de sang qui ne cherchait qu'un prétexte à guerroyer ? Il en avait vu des jeunes âmes qui étaient parti massacrer et piller au nom de leur architectes ou de leur patrie. Les récentes rumeurs l'orientaient plutôt vers la deuxième option.

       "Vous savez, les archivistes ne sont pas coupés du monde, si vous êtes venus ici pour vous réconforter dans votre idée de vengeance à la suite des récents troubles qui ont eu lieu dans nos rues, je vous dirais simplement de rejoindre la garde de la ville, vous semblez avoir le profil, n'allez pas ennuyer le reste du monde de vos pulsions meurtrières. Croyez moi, une nouvelle guerre ne serait profitable pour personne. "

Si on sentait du mépris et de l'amertume dans ces premières paroles, la dernière phrase avait été prononcée sur un ton bien plus solennel, il s'assit sur une des chaises en bois, gravées de tout part, fît signe à son interlocuteur de faire de même et continua sur le même ton.

        "Si vous êtes de ceux qui veulent guerroyer pour la gloire, sachez que la gloire est le soleil des morts, ce sont les braves gens qui font l'éternité des fléaux criminels dont l'humanité est martyrisée, ils les sanctifient par leur acceptation héroïque. Voyez vous seulement à quoi peut bien ressembler un champ de bataille, imaginez vous donc que vous vous retrouvez au milieu des cohortes, que leur visage et le son de leur voix rendent horribles, d'armées bardées de fer, rangées en bataille, parmi le fracas et l'éclat effrayant des armes, l'agitation odieuse d'un très grand nombre d'hommes, leur regards menaçants, les appels rauques des cors, le son terrifiant de la trompette, les roulements des fusils, aussi impressionnant que ceux du tonnerre mais plus malfaisants, imaginez les clameurs folles, le choc furieux, la monstrueuse boucherie, la mort tour à tour cruellement donnée et reçue, les cadavres entassés, les plaines gorgées et les fleuves teint de sang humain"  


"L'histoire est la philosophie enseignée par l'exemple"




Nerguï s'exprime en:#848484  
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Odard Coursang
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Lun 29 Jan - 22:03
Irys : 473463
Profession : Barde
My'trän +2 ~ Khurmag
    Lui qui faisait grand cas de l’érudition et de la culture se heurtait finalement à un mur alors qu’il aurait souhaité y trouver un puits. De connaissance, de sagesse. Cette étincelle dans le regard de ceux qui comprennent et savent. Au lieu de cela il était rabroué, réduit au statut d’enfant colérique et capricieux par un lyricisme trop empreint d’épique pour qu’il puisse sonner vrai. Bouche bée, Odard était bouche bée, d’autant que la suite de cette tirade était du même acabit. Pédante et réductrice, infantilisante et quelque peu cruelle. Comme c’était dommage…

    Halte là noble seigneur! Que ce titre vous intéresse ou non importe peu, nous avons tous en nous quelque chose de régalien, ceci est une forme de respect et non de moquerie sachez le!”

    Au temps pour les manières, celles-ci semblaient déplaire à un archiviste qui si il clamait ne rien ignorer du monde semblait bien éloigné de ses usages. Qu’à cela ne tienne, un recadrage était nécessaire tant de l’homme que des intentions du barde.

    La gloire messire ne m'intéresse pas, pas plus que les batailles ou encore que sais-je? Le butin? Je ne me soucie pas de m'élever par de grands faits d’armes, ni de patauger jusqu’aux genoux dans des mares de sang humain. Je ne cherche rien de tout cela et j’estime que vous avez été bien prompt à porter un tel jugement, messire. Ce que je désire uniquement et simplement est de savoir, de comprendre. Est-ce là trop demander à un homme dont la vie est supposée toute entière dédiée à de telles notions? Ou bien me serais-je égaré et trompé d’endroit?”

    Il était rouge vif, choqué et vexé que l’on ait pu à ce point se méprendre sur ses intentions. Une telle attitude aurait été logique et normale chez un prêtre ou un prêcheur quelconque, ces gens qui distillent à qui veut une morale qu’eux-mêmes ne possèdent ni ne comprennent. Mais venant d’un supposé sage, c’était surprenant et triste à la fois.

    Si vous craignez que les connaissances que vous risquez de me transmettre puissent me conduire sur le chemin de la guerre messire sachez qu’il n’en sera rien. Mais si toutefois votre doute persiste je ne vous en tiendrai pas rigueur et m’en irai quérir d’autres lumières, ailleurs. Je pense que vous parmi tant d’autres êtes bien placé pour savoir que le savoir est une denrée qui se suffit à elle-même, je n’ai d’autre désir. Mais libre à vous d’en penser ce que vous voudrez.”

    Odard avait croisé les bras, attendant de savoir si son vis à vis le testait tout simplement et cherchait à savoir à qui il avait à faire. Ou bien s’il s’était véritablement heurté à un mur et que l’homme ne céderait rien du savoir qu’il était censé posséder.



- Odard s'exprime en #0099ff -
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Nergüi Alhazred
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Mar 30 Jan - 21:55
Irys : 74986
Profession : Archiviste
My'trän +1
Intéressant, il ne semblait pas de ceux qui voulaient s'en aller en guerre, beaucoup étaient venu avant lui et étaient reparti la queue entre les jambes à la suite de cette tirade, si il était conscient du coté moralisateur de celle ci, la guerre était bien le seul sujet sur lequel Nerguï ne pouvait demeurer froid et impartial, il avait étudié les forces de deux camps, imaginé des centaines de scenarios possibles et était parvenu à la conclusion que cette prochaine guerre qui s'avérait désormais inévitable, tournerais en faveur de l'ennemi mais ça ne s’arrêterait pas la, ce n'était pas deux armées qui s'affronteraient mais deux sociétés, les récents attentats en étaient la preuve flagrante. Les enjeux étaient terrifiants.

Si seulement il avait tracé son chemin au lieu de s'attarder sur lui, il aurait pu aller s'alimenter et continuer ses recherches sur l'astrologie et les sciences occultes dans le plus grand des calmes, ça lui apprendra à se mêler aux affaires des autres, au lieu de ça, le voila obligé de satisfaire la soif de connaissance de ce jeune homme.

Non pas obligé car il se sentait atteint par la colère de l'homme, à vrai dire il n'avait que faire de ses reproches, malgré tout le respect qu'il avait pour ses contemporains, il préférait passer pour fou et pour un être sans valeur que d'être sage et morose. Être sage impliquait d'allier conscience de soi et des autres, tempérance, prudence, sincérité, discernement et justice, connaitre la vérité absolue, un concept stupide pour Nerguï, son pragmatisme et son étude de l'histoire lui avait enseigné qu'aucune vérité ne restait gravé dans le marbre et du tant que les sciences continueront d'évoluer et de nous surprendre, il n'y aura pas de sage. Non, Il se sentait obligé de répondre car l'homme s'attaquait aux archivistes de Réoni en général et ça, c'était pour Nerguï bien plus important que son amour propre, après tout, porter la robe d'archiviste implique de grandes responsabilités.

       De plus la hardeur et la passion de l'homme lui aurait réservé chez les longues barbes un accueil plus froid encore. Une heure, voila le temps qu'il lui consacrerait. Nerguï n'allait pas se laisser aller à des réflexions saugrenues, cela pourrait nuire à la réputation des archives.

" Certes toute connaissance est un butin, mais elle ne se suffit pas à elle même, Toute connaissance est une réponse à une question, sans l'une on n'obtiendra jamais l'autre. Ici, les  écrits de nos contemporains côtoient des manuscrits immémoriaux et de simples comptes agricoles. Croyez le ou non mais à nos yeux, ils ont tous la même valeur, parfois un simple registre de récolte peut nous en apprendre bien plus sur nos sociétés qu'un édit millénaire. Vous me demandez à en savoir plus sur la guerre mais c'est un sujet si large qui peut être abordé de tant de manières qu'une vie entière ne me permettrait pas de vous de répondre.

Vous êtes forcément venus quérir des connaissances sur ce sujet pour une raison. Apparemment ce n'est pas pour aller sur le champs de bataille et je m'excuse de mon jugement trop prompt, sachez que nombre de jeunes hommes se languissent de prendre les armes contre un ennemi qu'ils ne connaissent même pas, j'ai connu dans mes plus jeunes années la fin de l'occupation daënar et je garde plus de souvenirs que je devrais sur cette période, signe de sa profonde violence. Si ces années ont marqué notre renouveau et notre fraternité, je ne souhaite pour rien au monde que ces événements se reproduisent. A vous aussi, un événement vous a fait posé une question sur la guerre dont vous n'avez pas la réponse. Si je ne connais ni cet événement, ni cette question, je ne peux espérer vous répondre. La connaissance parle, mais la sagesse écoute.”    


"L'histoire est la philosophie enseignée par l'exemple"




Nerguï s'exprime en:#848484  
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Odard Coursang
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Mar 13 Fév - 7:11
Irys : 473463
Profession : Barde
My'trän +2 ~ Khurmag
    Finalement peut-être n’était-ce qu’un simple test, destiné à rebuter les jeunes coqs belliqueux désireux de partir en guerre contre le premier moulin venu. Il est vrai que plus jeune et moins hargneux il se serait laissé impressionner, se serait repu de cette morale de pacotille avant de tourner les talons, tête basse. Mais le temps des jeunes années était bel et bien révolu, il avait laissé place à un être qui ne se laissait plus ni faire ni impressionner. Et s’il fallait pour ça aboyer de temps à autre eh bien soit, il était douceur pour ses amis et si les autres ne savaient pas se montrer conciliants pourquoi le serait-il?

    Il voyait en cet homme en robe de bure un sage à la vision claire et limpide, lui prêtait des connaissances qu’il ne possédait peut-être pas, une clairvoyance qui n’existait peut-être tout simplement pas. Mais il s’en remettait à lui car tout revêche et abrupt qu’il était, il savait. Et face à cela le barde était comme un nouveau-né, vide d’un savoir qu’il ne demandait qu’à boire jusqu’à plus soif. Mais en même temps, quelle paix pourraient lui apporter les réponses qu’il était venu chercher? Probablement aucune. Et c’était peut-être le pire dans tout ça, de savoir qu’il serait aussi désespéré, peut-être même davantage, en sortant des archives qu’en y entrant.

    Trève de rhétorique messire. J’ai vu il y a peu la tête d’un homme, fort peu sympathique au demeurant, éclater sous l’impulsion d’une arme Daënar. Un objet ridicule au fracas démentiel qui a envoyé un être à l’oubli sans même le toucher.”

    Il était toujours aussi remué par sa mésaventure avec cette étrangère qui si elle n’était pas Daënar ne partageait pas moins leur goût pour ces inventions impies. Cette vision d’horreur peinait à disparaître de son esprit, le don de Khugatsaa lui refusant d’oublier cet homme et le triste sort qu’il avait connu.

    Je veux juste savoir. Comment est-ce possible? Et pourquoi créer de telles choses? J’aimerais juste comprendre messire. Et en même temps j’ignore ce que je souhaite savoir. Comprenez mon désarroi je vous en conjure! Se sont-ils tant éloignés de la vérité pour ainsi donner naissance au chaos?”

    Ses pensées tournaient en boucle sans véritable cohérence, simplement un tourbillon de peurs et d’incompréhensions. Finalement au-delà du savoir n’était-ce pas le réconfort qu’il était venu chercher? Un moyen d’apaiser ses craintes quand le bruit de cette arme maudite parvenait encore à le réveiller au beau milieu de la nuit. À l’aube d’une guerre l’idée que d’autres créations plus puissantes encore puissent exister lui glaçait les sangs. Et pourtant c’était loin d’être impossible, loin d’être farfelu.



- Odard s'exprime en #0099ff -
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Nergüi Alhazred
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Lun 19 Fév - 18:08
Irys : 74986
Profession : Archiviste
My'trän +1
"Comme je le pensais, vous étiez dans cette fameuse taverne quand l'homme a été violemment abattu. Pas étonnant, vous avez la tête à traîner dans ce genre d'endroit. Je doute que vous ayez été concerné dans cette affaire et dans le cas inverse, ce n'est pas mon problème."

    Il se leva et invita le barde à le suivre dans les couloirs des archives, il alluma une à une les différentes branches de son chandelier avant d'entrer dans ces sombres cavités et reprit en chemin:

"Aux Vues de votre description de la scène, vous avez du avoir à faire à une arme à feu de petite taille, ce que les daënars appellent un pistolet ou un revolver. Peut être était-ce un Magnum de la région d'Hinaus. J'imagine sans peine ce genre d'engin déchiqueter la tête d'un homme. Mmmh, non, trop grand, ce serait dure de cacher un pareil objet, peut être un pistolet de paume? A bout portant le résultat est pratiquement le même. Si c'est le cas, son utilisateur était probablement un pérégrin, ils sont plus friands de ce genre d'armement, plus discret et je pense qu'un espion daënar aurait autre chose à faire que de traîner dans nos tavernes."

Il se retourna vers son interlocuteur, à bout de souffle, il ne devait pas s'attendre à ce que la circulation dans les archives soit aussi éprouvante, ils n'avaient pourtant gravi que quelques centaines de marches ... Il constata aussi un certain dégoût sur son visage, surement du à la froideur et le recul avec lequel il parlait de cette boucherie. Nerguï s'égarait.

"Comment espérez vous comprendre ces gens si vous les qualifiez de "Chaos" et que vous vous qualifiez de "vérité" ? Pour savoir et comprendre pourquoi ils ont créé ces armes, il faudrait retracer toute l'histoire des Daënars, des relations qu'ils ont entretenu avec nous et nos architectes, une tâche longue et ardue, j'en suis capable mais je doute que vous ayez la patience d'écouter jusqu'au bout. Pour l'instant je répondrais à votre première question, comment est ce possible ?"

En effet,Nerguï était bien renseigné sur le sujet, Réoni fût sous l'occupation daënar et de nombreuses traces écrites et matérielles daënar demeuraient. Les rapports et études actuelles lui permettaient de rester au courant sur les nouveaux armements Daënars, sans cesse plus puissants. Il savait tout ce qu'il fallait sur les différentes armes à poudre et à percussion ainsi que sur les fameuses magithèques daënars. La récente poursuite de ses études sur la magilithe tombait à pic, il avait du braver le Khoräl, falsifier des rapports dans une autre région, tout ça pour obtenir une quantité de magilithe brûte, donc nocive, moins grande que la somme escomptée. Il serait mort dans cette entreprise si cette Khurmagienne n'était pas apparue. Il esquissa un bête sourire à cette pensée.

L'érudit tacherait d'être bref pour ce néophyte:

"Cette arme utilisait surement de la poudre noire, l'explosif le plus puissant de notre ère, découvert par les Daënars. Composée de charbon et d'autres materiaux, cette poudre leur permet de projeter des petits projectiles. L'idée reçue qu'un pistolet ne peut transpercer une bonne cuirasse n'est que billevesée... J'ai dit que la poudre noire était l'explosif le plus puissant de notre ère ? Ce n'est pas tout à fait vrai, si la poudre est l'explosif chimique le plus puissant, rien ne vaut la magilithe, avec elle, ils font ce qu'ils appellent des armes magithéques. Je doute que votre voyou dispose d'une telle arme. Je ne m'attarderait pas sur le fonctionnement de ces types d'armes, autant que cela ne vous serait d'aucune réelle utilité. Sachez juste qu'ils disposent d'armes bien plus terrifiantes comme le "Béhemoth". Cet engin porte bien son nom, selon le peu d'informations dont nous disposons, il ferait la taille d'une maison et serait capable de raser une ville telle que la notre en quelques jours seulement. Oh savez vous seulement ce qu'est la magilithe ?"


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"L'histoire est la philosophie enseignée par l'exemple"




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Odard Coursang
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Mer 7 Mar - 21:33
Irys : 473463
Profession : Barde
My'trän +2 ~ Khurmag
    Mis à part les évidentes connaissances de l’archiviste concernant les armes et leurs inventeurs, c’était surtout sa petite phrase placée l’air de rien qui frappait Odard. Qu’il ait une tête à fréquenter les tavernes était évident, mais de là à s’y attirer des ennuis? N’était-il finalement qu’un appât qui attirait les problèmes aussi facilement qu’il dégainait son Luth? Il eut une moue déçue à l’idée d’être finalement plus dans le camp des trouble-fête que de ceux qui la font, qui la vivent.

    Que voulez-vous dire par là messire? J’écume les tavernes pour y jouer de la musique et non des poings, mais j’imagine que pour certains l’un ne va pas sans l’autre. C’est bien triste messire, bien triste…”

    Les descriptions d’armes étaient plus éprouvantes encore que leur périple dans le dédale de couloirs qu’étaient les Archives de Reoni. Odard aurait volontiers parcouru trois lieues de plus si cela pouvait lui éviter d’imaginer la tête d’un homme exploser sous l’impulsion d’une de ces… choses. Mais en existait-il d’autres? Le fléau qu’il avait vu en action était-il réellement un “petit modèle” ? Un frisson lui parcouru l’échine à l’idée de ce que de plus grosses armes pourraient faire. Mais à en croire l’archiviste tout n’était pas noir ou blanc et qualifier Daënastre de chaos n’était ni juste ni sain. Comment considérer les choses autrement lorsqu’une nation renégate invente soudainement des armes ayant pour seul but de détruire? Certes la magie était capable d’horribles choses, comme de merveilles absolues. Tout résidait dans l’équilibre et la justesse avec laquelle on s’en servait. Ces armes n’étaient que des engins de mort portatifs dont l’existence même était une insulte aux Architectes.

    Il n’y a pas de demi-mesure messire. Ces être dégénérés ont tourné le dos à leurs créateurs et développé des moyens de détruire le monde qui leur a été offert. N’est-ce pas là la plus pure manifestation du chaos? La vérité est que nous savons d’où nous venons et que ces rats ont renié leur héritage pour mieux l’oublier. Là est notre vérité face à leur insupportable chaos. Point de manichéisme en cela messire, je ne doute pas qu’un ou deux de ces corniauds puisse être d’une quelconque valeur, mais le fait est que ce sont des abominations. Rien de plus.”

    Si les usines Daënars et le minerai qu’elles extrayaient du sol n’étaient pas inconnus du barde, il n’en savait finalement que ce que l’on en disait. Que ces étrangers minaient des pierres pour le fonctionnement de leurs machines, voilà tout. Tout ce qu’il savait de la Magilithe était qu’il s’agissait là d’un danger mortel et que personne de sensé ne devait s’en approcher. Et voilà que les Daënars s’en servaient comme d’armes, jusqu’où la cruauté et la soif de destruction de ces gens pouvait-elle aller?

    Une… Une ville? Vous voulez dire messire que ces chiens puisent dans notre sol le moyen même de nous détruire? En toute impunité? Mais c’est… C’est encore pire! Nous devons faire quelque chose je… “

    S’il avait roulé de grands yeux tout au long des explications de son hôte sa mâchoire avait bien failli tomber à l’énoncé des capacités des dites armes. Des villes, vraiment? Et combien de temps avant qu’ils ne rasent des régions entières et qu’ils se mettent en tête d’anéantir jusqu’aux Architectes eux-mêmes. Il fallait faire quelque chose, mais que pouvait-il, lui simple barde face à un empire de fous furieux hérétiques? Il laissa tomber sa tête et repensa au massacre que la plus petite de ces choses avait provoqué, sans être capable d’imaginer de quoi étaient capable les plus puissantes.



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Nergüi Alhazred
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Dim 11 Mar - 22:11
Irys : 74986
Profession : Archiviste
My'trän +1
L'érudit était exaspéré par la violence de ces propos, lui qui était sensible au sujet de la folie, il ne pouvait tolérer de telles paroles. Ils venaient d'entrer dans une salle poussiéreuse, tout en inspectant les rayons, à la recherche d'un ouvrage précis, il s'adressa au barde.

"Dites moi barde, Le daënar n'a-t-il pas  des yeux ? N’a-t-il pas des mains, des organes, des sens, des dimensions, des affections, des passions ? Ne sont-ils pas nourris de la même nourriture, blessés par les mêmes armes, sujets aux mêmes maladies ? Si vous les piquez, ne saignent-ils pas ? Si vous les chatouillez, ne rient-ils pas ? Si vous les empoisonnez, ne meurent-ils pas ?

Qui êtes vous pour les juger ? Traitez vous avec tant d'hostilité les nombreux pérégrins parcourant notre cité ? Ces gens la ne sont point des anomalies. Pensez vous que nos architectes souhaitent que leur enfant s’entre tuent pour la simple raison que certains leur aient tourné le dos ? Moi,Je crois en des êtres bienveillants et non vengeurs.

Si c'est leur technologie qui vous dérange, c'est tout à fait normal mais sachez que notre chère magie peut être aussi dévastatrice et néfaste, non pas entre de mauvaises mains, mais plutôt dans de mauvaises circonstances. Vous voulez faire quelque chose ? Parlez-leur."  


Il venait enfin de mettre la main sur ce qu'il cherchait, il sentait que le barde resterait indécis devant ses paroles alors autant prendre une autre approche plus familière, il avait sorti des dossiers des sortes de croquis. Il invita son interlocuteur à y jeter un œil. Sur ces vieux parchemins étaient illustrés des sortes d'instrument.

"Moi ? Associer la musique aux poings ? Sachez que je m’intéresse à tout les arts, Barde, mes connaissances en ce domaine pourraient vous surprendre. Ceci est ce que les daënars appellent une trompette, un instrument à vent fait de cuivre, jusque la rien de spécial, toutes sortes de carnyx et autres salpinx recouvrent notre continent.
Cependant ces trompettes sont plus sophistiquées que tout ce que vous pourrez trouver ici, elles utilisent un mécanisme de piston pour produire des sonorités plus variées et subtiles, la ou notre art du Klarino représente des situations héroïques et guerrières, leur trompette est utilisée pour un art qu'ils nomment le jazz, qui présente un air chaud et dansant, n'incitant pas à la guerre mais à la luxure. Je ne suis malheureusement pas en possession de cet d'instrument mais je l'ai entendu et si vous êtes un véritable artiste, le son qui sortira de cette machine ne résonnera pas comme un vacarme destructeur mais comme une création exquise du genre humain, qui aurait tout à fait sa place dans certains établissements de notre ville.

Alors je vous poser cette seule question, est ce que cet instrument vous emplit il de crainte ou de curiosité ? "


"L'histoire est la philosophie enseignée par l'exemple"




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Odard Coursang
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Mar 13 Mar - 22:22
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Profession : Barde
My'trän +2 ~ Khurmag
    Il n’était pas venu là pour une leçon de morale, ni pour un discours sur les valeurs qu’il était supposé avoir. Ses convictions ne lui appartenaient qu’à lui et il tenait à tout un chacun de les respecter, fussent-elles dérangeantes, elles n’en étaient pas moins le résultat d’une expérience, d’un vécu qui lui était cher. Leur parler était la dernière chose qu’il souhaitait et se complaire dans une tolérance mièvre était au-delà de ses forces.

    Oh je ne doute pas messire qu’ils soient aussi humains que vous et moi mais là n’est pas la question. Quand certains tâchent de vivre en paix avec leur monde d’autres entreprennent de l’exploiter et d’asservir des arcanes qui auraient dû leur rester à tout jamais inaccessibles. Que les Architectes soient bienveillants ne fait pas le moindre doute, et c’est bien pour cela que ces renégats vivent toujours. Par mansuétude. Mais devons-nous pour autant nous laisser envahir et décimer par ces mêmes abominations qui nous rendent malades rien qu’en les voyant?”

    La magie était tout autant une source de merveilles que d'horreurs, l’archiviste avait raison en cela, mais jamais un mage n’avait rendu malade des villes entières simplement en s’y promenant. La vérité de la nature et du chaos était réunie dans ce simple fait. On peut vivre par et pour la magie et ne gêner personne tandis que le moindre gadget impie pouvait rendre malade à crever le plus faible des magiciens.

    Mais la magie n’est-elle pas à l’origine même de notre monde? C’est bien pour cela qu’elle ne les affecte pas comme leurs horreurs peuvent le faire. Simplement parce qu’elle est la vie et qu’ils en sont la négation. Mais voyons voir ce que vous avez là.”

    Et s’il y avait bien un point qui pouvait faire flancher son coeur de barde c’était bien la musique. L'instrument dépeint sur ces croquis était à la fois simple et raffiné, à mi-chemin entre le cor et la flûte s’il en saisissait bien le fonctionnement. C’était beau tout en invitant les doigts à s’y promener et le talent à s’y perdre. Le barde poussa un soupir désabusé, ce peuple était donc à double facette, doté d’artistes talentueux et d’inventeurs fous à lier.

    Eh bien je… Je ne sais que vous dire messire, je suis à la fois bouche-bée et attristé qu’un tel talent puisse être utilisé à des fins aussi destructrices. Mais je doute qu’un tel objet suscite autant de malaise chez l’un d’entre nous qu’une de leurs armes, qu’en pensez-vous?”



- Odard s'exprime en #0099ff -
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Nergüi Alhazred
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Lun 19 Mar - 20:44
Irys : 74986
Profession : Archiviste
My'trän +1
Il aurait aimé répondre positivement au barde, lui qui était venu chercher réponses et réconfort dans la connaissance, il ne récoltait que des craintes, les unes après les autres.

"Malheureusement même si le son sorti de l'instrument sonne doux aux oreilles , l'engin en lui même provoque ce malaise dont vous parlez, ce mal dont nous souffrons à l'approche de ce qu'ils appellent la technologie. A ce jour, nous n'avons pas trouvé de réelles explications à cette malédiction, tout comme notre perte de mémoire à la mort d'un proche, elle demeure inexplicable. Ces objets n'ont rien de spécial à l’œil nu si ce n'est la complexité de leur ouvrage mais c'est comme si ils dégageaient une sorte d'aura à nous tourner le cœur. D’où vient cette malédiction ? Seuls nos architectes connaissent la réponse à cette question"

Au fur et à mesure que cette conversation avançait, l'érudit se dévoilait au barde alors qu'il ne savait même pas son nom. Il était bien conscient qu'une cohabitation avec les Daënars mais il espérait encore. Si il acceptait que le futur d'Irydae soit dicté par les actions d'obscurantistes ancestraux. Il allait à l'encontre de son idéologie et de son statut d'historien. De l'autre côté, essayer de comprendre leur technologie qu'il trouvait passionnante faisait de lui un ennemi de sa patrie qu'il chérissait tant, il pouvait le lire dans les yeux de ces collègues . Il haïssait ce regard distant et craintif. Il haïssait le fait qu'il ait à cacher son intérêt et surtout il haïssait que malgré toute cette passion, lui aussi devenait maladif au contact de ces objets.

Le barde lui, avait l'air différent, si il nourrissait cet assentiment habituel envers les daënars, il avait au moins la volonté de les comprendre.

"Pourquoi créer de telles choses?, c'est ce que vous m'avez demandé en arrivant ici. Rare sont les sources qui remontent aussi loin, la plupart de mes connaissances sur cette période proviennent de traditions orales et non de documents écrits, elles sont donc loin d'être sures. Sachez qu'avant de découvrir le continent qu'ils habitent aujourd'hui, les daënars vivaient parmi nous, c'est durant l'ère de Süns qu'une partie des My'trans ont perdu la foi envers nos architectes, ils perdirent le don de la magie par la même occasion. Ils ont perdu la foi parce qu'ils se posaient des questions, des questions dont seuls les architectes ont les réponses, des réponses qu'ils ne voulaient pas donner. La seule différence entre les daënars et nous, c'est que nous respectons cette volonté des architectes de ne pas nous révéler ces réponses. Le savoir est un feu, il peut nous éclairer tout comme il peut nous consumer.

Cependant je respecte aussi cette volonté des daënars trouver des réponses à leur existence, n'est ce pas ce que nous faisons, nous historiens, dans ces archives ?

Malheureusement ces non-croyants furent très vite vus comme des impies, des hérétiques et furent chassés de ces terres par nos ancêtres avec une violence rare, c'est cette traque qui a marqué le début d'une longue histoire de haine et de vengeance qui, malheureusement, nous affecte encore aujourd'hui. C'est ces circonstances qui ont détourné leur savoir pour engendrer de telles armes "



"L'histoire est la philosophie enseignée par l'exemple"




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