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Chroniques d'Irydaë
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 Le Tyorum

Bolgokh
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Lun 24 Oct - 17:37
Irys : 100027
Profession : Créateur de monde à temps partiel
Administrateur
Le Tyorum

Cette région porte le nom de la baie d'eau salée qui se trouve en son centre et qui divise les terres en deux parties distinctes. D'ailleurs, si ces dernières ont été réunies sous la même entité, c'est uniquement pour ne pas qu'il y ait un écart trop important  au niveau de la prospérité économique entre les deux parties. Car vous allez voir que tout oppose l'est et l'ouest.


Topographie

Carte du Tyorum:
 

Quelles curieuses frontières que celles de cette ravissante région. Peu de gens peuvent admettre ne pas en être surpris la première fois qu’ils foulent des pieds le Tyorum. En même temps, on peut les comprendre. Quel esprit doué de raison a bien pu décider que deux morceaux de terre séparés par une véritable mer intérieure, que l’on appelle depuis l’aube des Daënars la baie de Tyor, seraient unis sous le même nom ? La raison est, en réalité, purement administrative. En effet, si vous vous intéressez de près à l’histoire de Daënastre, vous devez savoir que les deux « parties » de la région au sud du continent n’ont rien en commun. Lorsque les premiers Daënars sont arrivés sur le continent par bateau depuis Zochlom, c’est sur ces terres qu’ils sont arrivés. Malheureusement, la chance n’était pas de leur côté, et ils ont accosté à l’endroit le moins hospitalier de l’est de la région : les montagnes de Brumènes. Ce sont les premières à voir le soleil se lever, dit-on et elles dominent le paysage de leur imposante silhouette blanche. Un ravissement pour les yeux, en règle générale, lorsque la lumière solaire fait scintiller la neige qui recouvre abondamment les sommets de cette chaîne montagneuse.

Certaines populations, souvent traditionalistes, se sont établies en haut de ces cimes gelées, mettant un point d’honneur à vivre là où les premiers Hommes Libres sont arrivés, au milieu des ruines antiques de leurs premières constructions de pierre. D’autres, cependant, sont descendues au fil des siècles pour arriver dans une région au climat plus clément. Plus bas dans la montagne, on trouve de vastes forêts de conifères, couvertes de neige durant l’hiver. Les bûcherons et les chasseurs apprécient ce climat aux vastes parfums forestiers. Mais la prudence est de rigueur, car si cet endroit regorge de gibier, il a aussi attiré quelques-uns des plus dangereux prédateurs du continent, comme les ours ou les loups, qui ont fait de ces forêts leur territoire et qui dévoreront quiconque prétendra le contraire.

Néanmoins, au pied de ces piliers de pierre se trouve l’une des régions les plus fertiles de tout le continent oriental. On appelle ces vastes plaines cultivables l’Océan d’Or, en raison des grands champs de céréales qui envahissent le paysage une fois l’été entamé. Ici, vous ne trouverez aucune des gigantesques créatures qui ont envahi le reste des terres émergées. Ces contrées sont paisibles, l’espèce humaine y a prospéré au-delà de toute espérance. Malheureusement, elle n’en sera jamais la seule maitresse, car, de l’autre côté de la baie de Tyor, sous le regard pragmatique des pêcheurs, s’étend l’indomptable jungle de Carter.

Du nom du premier explorateur à l’avoir traversée vivant, rien au monde ne peut préparer complètement un homme à ce qui se trouve dans cette forêt tropicale. Faunes et flores des plus diverses, et pratiquement toutes sont hostiles à notre espèce. Les insectes vous dévorent la peau pour y pondre leurs œufs, les lianes pendantes des branches vous attrapent et ne vous laissent plus jamais repartir, on raconte qu’une immense espèce de jaguar y fait régner la loi du plus fort et éventre chaque voyageur qui s’enfoncerait trop dans ces forêts insondables. Ne vous aventurez pas là-bas, seuls les aventuriers les plus courageux, et les bûcherons les plus avides sont attirés par autant de périls. Heureusement, si vous voulez rejoindre la côte ouest de la région, après la jungle, des navires peuvent vous y emmener depuis les rivages de la baie Tyorienne.

Ce que vous découvrez, à la fin de votre périple, ce sont des côtes rocheuses pourvues d’une tenace réputation d’éventreuses de bateaux. Naviguer par ici, sans savoir où l’on va, conduit souvent à s’échouer en bas des abruptes falaises qui jalonnent le littoral. Quand vous dépassez le Croc du Serpent, la petite excroissance en forme de dent au sud, il n’y a plus grand-chose d’intéressant : Le fort de Felsberg, plus au nord et enfoncé dans les terres, relié à la mer par une bande d’eau à la forme étrange, mais lorsque vous montez encore il n’y a plus rien qui vaille le coup d’être exploré. Un large territoire pratiquement désertique où ne vivent que quelques agriculteurs pauvres voulant s’isoler de la vie ordinaire, et des pêcheurs paisibles au bord de l'océan. Pour résumer, d’un côté de la baie, vous vous trouvez devant l’accomplissement de l’ambition des hommes, et de l’autre, vous faites face à ce qu’elle ne peut dominer : la nature dans sa forme la plus brute.


Climat

La région étant relativement étendue, on y trouve une large variété de climats. Il y en a à peu près autant qu’il y a de biomes différents. Donc nous allons partir d’est en ouest, comme nous l’avons fait plus tôt, afin de peindre le portrait le plus large possible. Pour commencer : les montagnes de Brumènes. Contrairement à ce que l’on pourrait penser en voyant ces monts gigantesques, y circuler n’est pas si difficile que ça. Enfin, cela ne veut pas dire que pourra y arriver qui veut. Un guide sera nécessaire pour suivre les routes sinueuses menant jusque dans les villages montagnards inaccessibles par téléphérique. Néanmoins, il est important de noter que, comme souvent dans cette partie du monde, le climat est assez clément. Les tempêtes de neiges sont, au final, assez rares et se déclenchent surtout en hiver, et seuls les plus hauts sommets affichent une imposante couche de neige tout au long de l’année. Si l’on descend de quelques centaines de mètres, le sol n’est pas toujours d’un blanc immaculé, mais s’habillera d’un élégant vert-prairie durant la fin du printemps jusqu’au début de l’automne. C’est la période favorite de tous les bergers de Brumènes, car ils peuvent laisser paître leur bétail en toute liberté.

Malheureusement, lorsque le froid revient en grand seigneur sur ces pâturages, ils sont obligés de redescendre de leur perchoir pour aller hiverner au pied des montagnes. Ils traverseront d’immenses forêts sombres, ou préféreront tenter de suivre les cours d’eau tortueux qui viennent en masse abreuver les plaines de l’Océan d’Or. Ici, on atteint vraiment l’excellence climatique. Les saisons sont équitablement présentes, aucune ne domine le ciel plus qu'une autre. Ce dernier alterne entre soleil éclatant, pluie rafraîchissante, et neige légère. Les seuls fléaux qui frappent parfois ces immenses terres fertiles sont des tempêtes plus impressionnantes que d’ordinaire, qui inondent le sol et les rues des villages. Certains disent même que, parfois, d’immenses colonnes de vent se lèvent à l’horizon et ne laissent que dévastation sur leur passage. Bienheureusement, aucun village n’affirme avoir déjà été frappé par ces monstruosités, et la plupart des Gouverneurs les considèrent comme des légendes populaires qu’il fait bon de se raconter durant les nuits orageuses.

Cependant, de l’autre côté du détroit de Skingrad, le ciel est bien moins clément envers les hommes. L’épaisse jungle de Carter est, tour à tour, arrosée d’un soleil lourd et assommant et de pluies diluviennes qui mettent à mal la plupart des braves voyageurs. Cela convient, néanmoins, parfaitement aux animaux et aux plantes locales qui foisonnent et se diffusent comme une colonie de cafards. C’est dans ces forêts impénétrables que vous pourrez trouver les plantes les plus rares, les insectes les plus venimeux et j'en passe. Toutes sortes de merveilles attendent les botanistes et les scientifiques de tout poil, si vous n’avez pas peur de mettre votre vie en jeu…  Préparez-vous aussi à entendre toutes les légendes imaginables sur cet endroit mystérieux, car les autochtones peuplant les littoraux à l’est de la jungle ont une manière bien à eux de la décrire. Selon eux, ces bois abritent les plus horribles créatures simiesques, mangeuses de chair humaine, qui enlèvent les enfants et les transforment en d’autres monstres semblables. C’est la manière, pour ces humbles pêcheurs, de convaincre leur progéniture de ne pas s’approcher de cette ligne d'un vert lugubre à l’horizon.

Malheureusement, ces communautés pittoresques ont aussi leur lot de contraintes climatiques. Les eaux bordant la côte ouest du Tyorum ont beau être belles, claires, et attirer quelques grosses fortunes en quête de soleil et de repos, force est de constater que l’océan calme se mue parfois en une entité plus… Colérique. Lorsqu’une tempête se lève, il vaut mieux se mettre à l’abri. Les pêcheurs rentrent au port, les enfants cessent leurs jeux, et tout le monde se réunit dans les maisons basses pour espérer voir la fin de la pluie, et le retour du soleil. Mais ne vous inquiétez pas, brave voyageur, le littoral Tyorien est bien plus souvent arrosé de lumière que de pluie, ce qui a permis le développement de quelques stations balnéaires réservées aux bourses les plus garnies.


Les villes, villages

C’est sans surprise aucune que la région que nous évoquons est l’une des plus peuplées du continent. C’est vrai, il y a beaucoup de ressources, de terres arables, de sécurité, c’est le berceau de la civilisation Daënars… Il était donc évident qu’elle serait un foyer de population incomparable. Et à ce titre, on pourra trouver de nombreuses villes d’une taille respectable dispersées partout dans le Tyorum.

Jorund :  Pour être précis, Jorund n’est pas la première ville fondée sur les terres clémentes du Tyorum par les Exilés de My’trä. Cet honneur, s’il en est, est réservé à Ti’Rey, une ruine bien plus proche des côtes sud du pays, aujourd’hui complètement abandonnée et livrée aux vents puissants de la montagne. Jorund, quant à elle, fut bâtie un brin plus tard en réalité. Lorsque la civilisation Daënars, en plein développement, eut besoin de quantités astronomiques d’acier pour consolider les bases du progrès technologique fondé sur les outils métalliques et la prospection minière. A flanc de montagne, la ville en surface est assez petite en réalité, servant uniquement d’abri pour les nombreux ouvriers qui travaillent sous le sol des Brumènes. En effet, d’immenses galeries serpentent à l’intérieur de la montagne, où des centaines d’hommes frappent presque jour et nuit la roche pour exploiter les immenses filons de fer et d’autres métaux que l’on a découverts quelques siècles auparavant à l’intérieur de cette chaîne de montagnes. Ensuite acheminés à la surface par des chariots sur rails, ils sont alors stockés dans d’immenses entrepôts jusqu’à ce qu’ils puissent être envoyés dans une ville plus à l’ouest, et surtout à moins haute altitude. Baptisée Horimine, elle n’a d’intérêt que les immenses fonderies qui crachent en permanence une obscure fumée dans le ciel. A partir de là, des voies de chemin de fer permettent de distribuer tout le métal nouvellement fondu à travers tout le pays. L’industrie minière de la région est la principale activité économique, et bien peu de gens s’intéressent à tout le potentiel historique des montagnes de Brumènes, en sa qualité de berceau de la civilisation Daënars, la terre qui a accueilli le légendaire Marc Unën et ses dizaines de milliers d’affranchis.

Fort-Felsberg
: Tout d’abord bâti dans une vallée aujourd’hui entièrement inondée par l’océan, ce fort s’est ensuite déplacé plus en hauteur pour échapper à l’attraction de l’eau. Désormais visible à des lieues à la ronde, ses larges tours abritent de puissants canons forgés pour couler n’importe quel navire ennemi s’approchant à moins d’un mile des côtes. Tout d’abord simple fortin servant plus de poste de guet qu’autre chose, il est aujourd’hui une place stratégique dans l’établissement de la puissance militaire Daënars. En effet, depuis quelques siècles, l’ingénierie navale connaît un essor sans précédent, et le gouvernement a tout de suite vu que la petite baie entourant Fort-Felsberg était idéale pour abriter les puissants navires de guerre « au repos ». Or donc, après leur construction dans la capitale régionale de Skingrad, ils font directement voile vers cette place forte où ils seront ensuite garnis de soldats et dirigés vers les différentes missions que peut leur confier l’État-major de l’UNE.

Blumar : Vous l’avez sûrement compris, le moteur économique de l'Océan d'Or réside surtout dans sa prolifique agriculture. Le Tyorum est l’unique endroit du continent à offrir à ses habitants autant de terres fertiles dépourvues de ces gigantesques créatures qui arpentent en temps normal le sol de Daënastre. Eh bien la plus grande ville de tout l’Océan d’Or, celle qui bénéficie le plus de l’ascension économique de la baie de Tyor, c’est Blumar. Nichée sur une motte de terre parmi de nombreuses autres dans le paysage, la ville ne possède de murailles qu’en son centre-ville. En réalité, ces cinq mètres de pierres enchâssées les unes dans les autres protègent le plus grand bien de la cité. A l’abri des voleurs et des mauvaises convoitises, le Quartier du Blé est ici le centre névralgique de la cité. Paradoxalement, c’est ici qu’il y a le moins de monde. Des gardes protègent sans cesse toutes les denrées agricoles stockées dans les nombreux entrepôts, en attente d’exportation. C’est ainsi que la ville se maintient debout, car il est avéré que tout le reste de Blumar n’est qu’un immense amas de huttes, de manoirs, de granges, d’égouts et de charrettes. Il n’y a que deux carrières qui vous attendent à Blumar : paysan et commerçant. Il n’y a pas de place accordée à la technologie, ni aux commerces qui ne peuvent servir la puissance de l’exportation agricole. Bien sûr, des lignes de chemin de fer traversent cette cité, mais elles ne servent qu’à distribuer très rapidement les produits à travers tout le pays. La ville est dynamique, biscornue, grande et sale. C’est ce qui fait son charme, diront certains.

Prorig : Ce vaste port est la plus grande cité construite au bord de la mer par la civilisation Daënars.  A la fois doté d’une imposante flotte de pêche, d’un chantier naval renommé, elle est également un carrefour commercial important pour les navires venant du nord et souhaitant contourner la péninsule tyorienne pour rejoindre la capitale sans se risquer à fréquenter les routes périlleuses à l’intérieur du pays. Beaucoup de contes et de légendes rythment la vie des pêcheurs de la région, car malgré les relations commerciales entretenues, la ville reste enclavée, emprisonnée par la forêt tropicale derrière elle, et n’est que très peu au fait de ce qui se passe dans le reste de l’UNE. La vie s’y écoule à un rythme beaucoup plus lent, et lancinant. N’importe qui venant d’une autre région pourrait affirmer s’y ennuyer à mourir, mais on peut quand même reconnaître un certain charme bucolique dans ces rues bordées de cabanes en bois où flottent en permanence des parfums iodés. Plus au sud, on peut également trouver des manoirs privés, propriétés des plus grandes fortunes de l'UNE, et qui les accueillent lorsqu'elles estiment avoir besoin de repos et de soleil.


Architecture

Ça ne vous aura pas échappé, les terres de Tyorum connaissent tous les types de climat et d’environnement possibles, ou presque. Or donc, il est évident que les diverses populations qui peuplent la baie de Tyor et ses alentours ont dû innover toujours plus pour faire face aux divers pièges que leur tendait la région où ils s’étaient établis. Donc on va toujours procéder dans le même ordre, d’est en ouest, et voir à quel point les ingénieux habitants du Tyorum ont réussi, au fil des siècles, à dominer la nature pour s’y imposer quel que soit le terrain.

Tout d’abord, nous avons la chaîne des Brumènes. Nous l’avons déjà développée, elle regorge de diverses mines plus ou moins importantes. Et les seuls habitants de ces  montagnes enneigées balayées par toutes sortes de tempêtes sont ceux qui travaillent à extraire les minéraux de ce roc providentiel. Les villes et villages montagnards sont donc assez austères, et peu enclins au confort ou à la mise en place de loisirs. On y naît, on y vit et on y meurt pour travailler. Voilà pourquoi les maisons sont plus adaptées au grand nombre d’habitants et au rigorisme imposé par le terrain que pour le bien-être des divers occupants. Ce sont souvent des cabanes de bois, empilées les unes sur les autres à flanc de montagne. Parfois quelques bâtisses en pierres, ou creusées dans la roche, viennent compléter ce tableau tordu et à l'harmonie douteuse. Depuis quelques dizaines d’années, déjà, les autorités ont mis en place plusieurs téléphériques reliant toutes ces communes disparates au plancher des vaches, ce qui facilite d’autant plus l’approvisionnement des raffineries en matières premières. D’ailleurs, parlons-en, de ces villes-usines au pied des Brumènes. Si l’apparence biscornue des cités minières vous a choqué, alors préparez-vous à voir l’un des pires aspects de ce pays tourné vers l’industrie. Les scieries, les entreprises de métallurgie, les aciéries, toutes ces industries rejettent dans l’air et sur les habitants, et ce toute la journée, une fumée noire, âcre et des cendres pareilles à celles d’un volcan. La suie du charbon que l’on transforme là-bas recouvre les visages, les maisons, les plantes… Tout est gris, tout est sombre, tout est toxique. Mais c’est le prix à payer pour la prospérité du plus grand nombre.

Et quelle prospérité, mes amis ! Si l’on détourne le regard de ce triste spectacle pour regarder plus à l’ouest, c’est là que l’on trouve la véritable richesse de cette région. Les champs cultivables, les plaines et les villages bucoliques s’entremêlent dans un paysage splendide. Les gens vivent ici comme ils vivaient il y a cinq cent ans. Les villages sont bâtis en bois, en briques d’argile. Ils suivent à peu près tous le même modèle, articulés autour d’une place centrale où évoluent marchands et autres services essentiels au fonctionnement de la communauté, comme les médecins ou la milice. Celle qui chapeaute ce vaste réseau disparate, c’est Blumar. Bien plus vaste que les autres cités de la partie est du Tyorum, elle ne possède de murailles que pour se protéger de quelques tentatives de pillage par des bandits audacieux. Autant dire, un évènement d’une extrême rareté.

Voilà pourquoi, ici, l’armée n’a pas grande place. La sérénité des habitants les a, petit à petit, rendus pacifiques, hormis dans le monde des affaires. C’est pourquoi Fort-Felsberg est si éloigné de Skingrad et des autres foyers de population de la baie de Tyor. Néanmoins, ses murs épais en pierre et ses quatre larges tours gavées d’armement et de matériel suffisent à intimider les quelques pirates dont les voiles flottent par ici. En effet, le dynamisme du commerce a incité bon nombre de mécréants à prendre la mer pour se faire de l’argent facilement. De surcroît, il leur était facile de prendre pied dans les villages de la côte ouest du Tyorum, eux qui sont si isolés et vulnérables. Ce ne sont pas des zones malfamées, mais disons qu’une certaine misère y règne. Malheureusement, le gouverneur en charge de cette côte a, depuis longtemps, laissé couler ses responsabilités dans le vin et les divertissements de toutes sortes. Peut-être qu’un jour cela changera-t-il ?


Habitants

La région du Tyorum est, malheureusement, si vaste et hétéroclite qu’il est impossible d’affirmer que tous les habitants ont évolué dans la même direction. On peut facilement supposer que les miniers exploités dans les Brumènes et les bourgeois à Skingrad ne vivent pas et ne pensent pas de la même manière, et avec raison. Voilà pourquoi nous allons néanmoins essayer de trouver les points communs entre un pêcheur des dangereuses côtes ouest, et un autre qui a bâti sa prospérité financière au bord de la baie.

Tout d’abord, il est important de rappeler que la région du Tyorum est, depuis son apparition, épargnée par les immenses créatures qui foulent le sol de Daënastre si l’on s’aventure plus au nord. Elle est la terre qui vit naître et se développer la civilisation car sa clémence climatique, l’abondance de ressources et la sécurité qu’offre la baie ont permis aux Exilés de bâtir leur empire et de se préparer convenablement à coloniser tout le reste du continent. Sans les conditions que seul le Tyorum réunit, le rêve d’Alexandre Ünen de bâtir une nouvelle société d’hommes libres aurait été tué dans l’œuf, car les peuples qui seraient arrivés sur Daënastre n’auraient pas survécu bien longtemps.

En plus de cela, la région ainsi imprégnée de paix a permis à ses occupants de se départir de toute forme de bellicisme. Dans d’autres provinces, on entraine des soldats assidument pour maintenir l’ordre et la sécurité des Daënars. Ici, l’armée professionnelle est considérablement moins importante, et surtout allouée à la flotte de guerre. La milice est bien entrainée, mais leur tâche est surtout de venir en aide aux voyageurs, ou de surveiller des lieux importants. Les délits sont peu nombreux, hormis à Skingrad où la présence des plus riches commerçants attire forcément les convoitises.

C’est pour cela que les Tyoriens sont avant tout des pacifistes, tournés vers la paix et la diplomatie. Leur doctrine est de régler les conflits par l’éloquence, et la subtilité, ce qui fait également des commerçants de la baie les plus grands marchandeurs jamais vus en ce monde. Toute la région est tournée vers le commerce, c’est leur plus grand trésor, et la chose qu’ils protègent le plus. C’est un mode de vie propre au Tyorum, et une fierté pour tous ceux qui participent à cette prospérité pluri-centenaire.

On irait un peu vite en besogne à dire que les Tyoriens sont égoïstes, mais il est vrai que la possession personnelle est ce qui motive presque tout le monde : du paysan au gouverneur. Bien que ces derniers bâtissent depuis longtemps les meilleurs modèles économiques (Pratiquement tous les Conseillers Économiques de l’histoire de l’UNE ont été des gouverneurs du Tyorum), ils sont aussi souvent associés à une certaine forme de cupidité, et sont réputés pour toujours guider les éventuelles négociations de toutes sortes vers leurs intérêts personnels. C’est ce qui fait qu’on les admire parfois, mais qu’on les craint souvent, lorsque l’on siège au gouvernement.


Commerce

Impossible de mentionner le Tyorum sans évoquer l’immense empire commercial qui s’est établi en son sein et qui articule, dans un immense réseau filiforme, toute la région autour d’une même volonté de croissance économique fondée sur les échanges. Chaque grande cité de la baie et de ses alentours a construit sa puissance sur une ressource exploitable et exportable. Les montagnes de Brumènes crachent jour et nuit des tonnes et des tonnes de fer et d’autres minéraux ; l’Océan d’Or est aussi surnommé le « Grenier de Daënastre », car ses produits agricoles sont envoyés aux quatre coins du continent ; les poissons provenant soit de la baie soit des côtes océaniques figurent parmi les plus savoureux et les plus chers jamais pêchés. Et toutes ces ramifications sont dirigées depuis Skingrad.

En effet, c’est là-bas que s’est établie la surpuissante Compagnie des Échanges Libres. Cette organisation est un moteur gigantesque qui fait du Tyorum ce qu’il est. Sans elle, il serait impossible pour les villes de la région de survivre, car c’est elle qui a, par exemple, financé la construction des téléphériques reliant les sommets montagneux aux villes plus basses. C’est également elle qui a payé l’armement d’une flotte pour chasser les pirates hors de la baie de Tyor. Autant dire qu’ici, la compagnie marchande est presque vénérée tant elle s’impose partout et dans tous les corps de métier exercés par ici. Et il est, bien entendu, impossible de lui faire le moindre tort. C’est là ce qui gouverne véritablement le Tyorum : la puissance économique.
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