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Chroniques d'Irydaë
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 Chasse aux œufs

Flavien Teleri
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Ven 26 Jan - 23:43
Irys : 793243
Profession : Soigneur itinérant - Guérisseur
My'trän +2 ~ Chimères
Flavien était arrivé à Busad à la levée du jour, portant chargées sur son dos les quelques fourrures des plus précieuses qu'il avait pu collecter ces dernières semaines. Le nomade espérait bien quitter l'imposante Cité de Pierre avant le coucher du soleil, légèrement plus riche et terriblement moins chargé. Les marchants des petits hameaux qu'il traversait fréquemment n'en avaient que faire des fourrures d'hermines, le contraignant à se rendre dans une grande ville pour espérer y trouver un commerçant qu'une telle matière première intéresserait.

Busad, fidèle à elle-même, était immense. Une véritable fourmilière à taille humaine où se pressaient citoyens et visiteurs de passage. Les commerces fleurissaient à chaque coin de rue, mais nul par ailleurs que sur la place du marché, pouvait-on mesurer l'ampleur de la masse humaine qui habitait la Cité. Sans Aquila pour le talonner de près et faire douter les passants pressés qui se seraient risqué à bousculer l'homme au pas lent, Flavien n'aurait certainement pas manqué de finir poussé dans le décor sans sommation. Le monde autour d'eux semblait courir après le temps, porté par les vendeurs à la criée qui imprimaient la cadence à chaque coin de rue.

Flavien carra ses épaules et s'engagea dans l'un des quartiers marchands, se frayant un passage dans les allées encombrées à la recherche d'un vendeur susceptible d'être intéressé par ce qu'il avait en stock. L'homme avait une sainte horreur des cités, d’autant plus celles entourées de remparts qui se coupaient du monde extérieur : plus vite il aura trouvé un acheteur, plus vite il reprendra la route.

Les étales étaient diverses et variées, éphémères pour certaines et bien ancrées dans le paysage pour d'autres. Il y en avait pour tous les goûts et pour toutes les bourses : des primeurs ventant la fraicheur de leurs produits aux artistes espérant être repérés par de généreux mécènes, il y avait vraiment de quoi perdre le Nord.

Flavien faisait distraitement l'inventaire des différentes boutiques itinérantes qui fleurissaient l'allée tout en cherchant un acheteur potentiel, quand il écarquilla légèrement les yeux à la vue de ce que proposait à la vente une petite boutique itinérante. Busad était l'endroit idéal pour tout marchant de passage qui chercherait à réaliser un profit rapide et correct, mais que faisait un éleveur de Dragons aussi loin de Dyen ? Oubliant pour un temps la raison de sa venue, Flavien s'arrêta pour observer les œufs de Dragon qui trônaient fièrement sur l'étale. De tailles et de couleurs diverses et variées, ils étaient au nombre de dix, chacun plus coûteux que le suivant.

L’homme fronça les sourcils, attrapant d'un geste vif l’un des œufs. De ses doigts, il traça la surface rugueuse de l’œuf et son air peu avenant ne fit que s’assombrir davantage. Perché sur son épaule, Selmac miaula doucement, un son inquiet et bref, noyé dans le bruit de fond de la foule.

- Monseigneur, aucune main mise sur la marchandise avant paiement.

Flavien, trop occupé à contempler le précieux bijou entre ses doigts ne prêta pas attention à l'éleveur qui réitéra sa requête une deuxièmement fois, puis une troisième avec plus de force. Le soigneur ne daigna lever les yeux sur l’autre homme que lorsque celui-ci lui attrapa l’avant-bras avec un sourire crispé.

- Vous pourriez l'abîmer. L'averti l'homme, l'air bien trop sévère pour son jeune âge. Le bien-être des dragonneaux est essentiel, vous risquez de leur faire du mal.

Plutôt que de reposer l'œuf parmi ses semblables, Flavien prit la parole.

- Il est en train de mourir.

Surpris, l'éleveur lâcha son bras. Flavien ne prit pas la peine de s'intéresser à son visage, manquant d'y lire le malaise qui s'y inscrit furtivement. Il traça machinalement du doigt l’une des craquelures qu’il avait décelées sur la coquille. L’œuf qu’il tenait entre les doigts était d’apparence aussi robuste que ses camarades, mais à y regarder de plus près, sa surface était couverte de fines zébrures plus sombres que son bleu d’eau originel. Le soigneur soupira et reporta son attention sur le jeune homme en face de lui.

- Les œufs de Dragon ont besoin d’un environnement sain et des soins d’une personne qualifiée pour arriver à maturité. Dit-il posément. Les Dragons Tanzanite nichent près des rives, leurs œufs ont besoin d'humidité pour rester viables.

Une lumière bleue engloba l'œuf un court instant. Les fines craquelures se ressoudèrent légèrement sous l'impulsion de sa magie. Une fois la coquille fortifiée, il déposa délicatement l'œuf au milieu des siens et tourna son regard sévère vers le jeune éleveur.

- La chaleur les fragilise. Expliqua le soigneur tranquillement. Baignez-le une fois par jour minimum et maintenez-le entouré d’un linge humide et il devrait éclore sans aucune complication.

Le jeune homme cligna des yeux et Flavien soupira une nouvelle fois. Personne n'était à l'abri d'une erreur, même un jeune éleveur de Dragons. Du haut de ses vingt ou vingt-cinq ans, il n'avait pas dû réaliser que l'œuf ne supporterait pas la différence de température entre Busad et sa région natale aussi bien que les autres. Son mentor, où qu'il soit, ferait bien de lui inculquer avec un peu plus d'insistance le respect dû aux Dragons, mais Flavien n'avait pas à s'en mêler. Maintenant qu'il savait que le dragonneau survivrait, il n'avait plus rien à faire ici. Il comprenait l'intérêt pour les éleveurs de Dragons de vendre les progénitures de leurs montures, mais cela ne signifiait pas qu'il cautionnait de voir des acheteurs non dragonniers jeter leur dévolu sur ces créatures fières et aussi puissantes que fragiles.

Le soigneur tourna les talons sans plus un mot, certain que le jeune homme, conscient de son erreur, suivrait ses conseils. S'il avait un minimum de connaissance sur les Dragons, il ne pouvait pas se permettre de laisser passer cette erreur.

S'éloignant d'un pas calme, il n'entendit pas la phrase rageuse marmonnée par le vendeur qui l'observait disparaitre dans les allées.

- Comme si un vagabond allait me donner une leçon.

==================================================

Flavien passa sa matinée à chercher l'échoppe qui pourrait le délester de quelques fourrures, trouvant finalement preneur aux alentours de midi. La marchande n'avait pas cherchée à négocier très longtemps, le soigneur sachant pertinemment que le prix qu'il demandait était de loin le plus bas sur le marché. La femme les revendrait certainement au double du prix, mais tant que ces fourrures trouvaient preneur, Flavien s'en fichait pas mal.

Heureux de s'être enfin débarrassé de son fardeau, il s'engagea une nouvelle fois dans l'allée principale pour regagner au plus vite les frontières de la ville. C'est tout naturellement qu'il repéra l'éleveur de Dragons qu'il avait interpellé plus tôt ce matin. Une fois l'étale repérée, ses yeux se posèrent sur l'œuf à la coquille bleutée dont il avait pris soin. La surface rugueuse de l'œuf brillait sous le zénith, sans aucun linge humide en vue.

A cette découverte, le sang de Flavien ne fit qu'un tour et il se dirigea d'un pas rapide vers le jeune homme auquel il avait laissé le bénéfice du doute. Sans réfléchir, il empoigna l'éleveur par le col.

- Écoute-moi bien. Si dans une heure cet œuf n’est pas recouvert d’un linge humide, je ferais en sorte que tu n’aies plus à t’en préoccuper.
- Monseigneur je vous en prie lâchez-moi ! Je ne vous donnerai aucun œuf, ce n’est pas la peine d’insister !

Le soigneur cligna des yeux, pris de cours par la réponse complètement incongrue. L'éleveur avait haussé la voix, attirant l’attention de quelques badauds qui voyaient en somme un nomade agresser sans raison un respectable éleveur de Dragons. Nul doute que la garde en charge d'assurer la sécurité de la Cité n’allait pas voir d'un très bon œil ce voyageur agressif.
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Emrys Salvanis
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Sam 27 Jan - 19:11
Irys : 64988
Profession : Photographe
Pérégrin 0
J'avais encore pas mal de marche à faire avant d'arriver à Busad. Pourquoi j'étais là bas me demanderez-vous ? Je vais vous expliquer...
C'était en Novembre 932, je continuais ma quête aux architectes mais j'avais un problème majeur, l'argent. En effet, j'en dépensais plus que j'en gagnais et à ce moment là je n'avais plus rien. Je devais donc trouver un petit boulot qui me permettrait de reprendre mon aventure. J'avais entendu parler qu'une vieille dame cherchait un photographe pour photographier, logique me direz-vous, sa grande famille et qu'elle serait prête à y mettre le prix pour un travail de qualité.
Bah voilà Emrys suffisait de demander et voilà un p'tit boulot dans ton domaine en plus !
Voilà pourquoi je me retrouve aujourd'hui aux abords de Busad.

Une fois arriver dans le ville j'avais un peu de temps avant de rejoindre la veille dame nommé Catherine. Je décidais donc de faire un tour en prenant quelques photos de la ville. Cependant, cette foule était insupportable. Je me trouvais dans l'allée principale, je ne voulais pas me perdre dans les petites ruelles vous pouvez comprendre non ? Enfin breff, je ne savais plus où donner de la tête. Il y avait des étales partout ! Mais une seule m'avait interpellée, de loin je pouvais distinguer des œufs, des œufs de dragon en plus ! Depuis que je suis tout petit je rêvais de vouloir voir un œuf de dragon et la bête elle-même et en voilà une dizaine devant moi !
Je m'empressais vers l'étale et contemplais ces œufs. Ils étaient magnifiques, le vendeur était jeune lui aussi, la vingtaine comme moi.
- Euh.. excusez moi est ce que je peux prendre une photo ?
Le jeune-homme me regarda et me faisais comprendre que je n'avais rien à faire devant ses œufs. Dépité de ne pas pouvoir prendre la photo je reprenais mon chemin il fallait que j'aille à mon rendez-vous sinon la famille de Catherine allait attendre.

- Écoute-moi bien. Si dans une heure cet œuf n’est pas recouvert d’un linge humide, je ferais en sorte que tu n’aies plus à t’en préoccuper.

Je me retournais pour comprendre ce qui se passait. Un homme m'avait succéder à l'étale mais lui n'était pas la pour prendre une photo. La réponse du jeune-homme plus incongrue qu'autre chose me surpris d'avantage.

- Monseigneur je vous en prie lâchez-moi ! Je ne vous donnerai aucun œuf, ce n’est pas la peine d’insister !

Je ne comprenais pas pourquoi l'éleveur réagissais comme ça vis à vis de ce que venait de lui dire l'homme qui lui faisait face, il fallait que je prenne ce moment en photo. Je sortais le Graflex et pris le cliché de cet homme qui tenait le jeune homme par le col. Cependant je ne pouvais pas rester là à rien faire. Mais vous me connaissez un homme chétif et timide comme moi ! Ce serait honteux que j'intervienne ! En plus j'allais être en retard pour Catherine !

Bon Emrys faut te décider maintenant... Aller...
- Euh Monsieur... Monsieur ! Lâchez-le... Euh... vous allez vous attirez des ennuies ! J'ai tout vu... et entendu nous... euh nous avons de quoi vous défendre, je lui montrais mon appareil, mais lâchez-le !

Bon bah au moins maintenant c'est sûr je suis en retard pour la photo de famille.


                         
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Flavien Teleri
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Dim 28 Jan - 15:17
Irys : 793243
Profession : Soigneur itinérant - Guérisseur
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L’emprise de Flavien sur le col du jeune éleveur se raffermi lorsque le jeune homme profita de son absence de répondant pour en remettre une couche, le priant d’entendre raison et de comprendre que prendre soin d’un œuf de Dragon nécessitait un environnement stable, ce qu’un nomade comme lui ne pouvait offrir. Le soigneur n’était pas né de la dernière pluie : c’était assez facile de comprendre ce que son interlocuteur avait derrière la tête.

Pour autant qu’il n’ignorait pas qu’il était en train de se faire remarquer, Flavien ne se démonta pas. Si son visage était complètement impassible, Aquila grognait à ses côtés, consciente de la colère de son ami. Il n’avait qu’à voir le petit sourire narquois que le jeune homme lui adressait pour comprendre qu’il était bien le seul d’entre eux deux à prendre la situation au sérieux, ce qui énervait Flavien au plus haut point. Pour autant que le soigneur avait été prêt à laisser le bénéfice du doute à son interlocuteur, il commençait sérieusement à remettre en question sa parole. Quel éleveur de Dragons digne de ce nom se comportait de cette façon ?

Alors que le murmure de la foule se faisait plus insistant, une voix s’éleva à côté de lui, invitant l’homme à lâcher l’éleveur avant que cela ne lui retombe dessus. À en juger par l’hésitation qui transpirait dans ces paroles, il ne devait pas s’agir d’un garde. Un rapide coup d’œil à sa droite confirma son hypothèse. Le jeune homme qui soutenait nerveusement son regard n’avait rien de l’un des fiers mages apprentis de la garde de Busad. Vu sa tenue et le bijou de technologie qu’il tenait entre ses mains, il devait s’agir tout comme lui d’un voyageur.

Flavien toisa du regardé le nouvel arrivant durant un court instant. Plutôt que de lui répondre, il reporta son attention sur le jeune homme qu’il tenait toujours par le col.

- Une heure. Gronda le soigneur une dernière fois, lâchant le col de l’éleveur dans la foulée. Je ne me contenterai pas de te reporter aux autorités de Dyen.

La cité mère des dragonniers serait sans doute ravie d’apprendre que l’un des leurs traitait le bien-être des enfants de leurs frères et sœurs d’arme avec autant de désinvolture. Et pourtant, loin de sembler inquiété par les répercussions que cela pourrait avoir pour lui, le jeune homme haussa un sourcil, l’incitant à développer davantage.

- Je peux savoir ce qu’il se passe ici ?

Cette fois aucun doute possible, la voix qui venait de s’élever au-dessus des murmures de la foule appartenait bien à l’un des gardes de Busad. Un homme imposant et sérieux, qui ne voyait pas d’un très bon œil les altercations troublant l’ordre publique.

- Rien. J’ai dis ce que j’avais à dire. Répondit Flavien avant de glisser, à l’attention de l’éleveur, Je repasserai.

Le soigneur hocha la tête en direction du garde et tourna les talons, avisant au passage le jeune homme qui était intervenu plus tôt pour lui demander de se calmer. Nul doute que s’il n’était pas intervenu quand il l’avait fait pour l’inciter à lâcher prise, le garde n’aurait pas manqué d’avoir une toute autre vision de leur altercation. Il lui avait sans doute épargné pas mal d’ennuis en intervenant comme il l’avait fait. Flavien était le premier à fuir l’attention publique, la moindre des choses était de lui garantir un échappatoire. Il avait beau ne pas rechercher la compagnie de ses semblables, il n’était pas non plus du genre à jeter quelqu’un sous une charrue pour son propre intérêt.

- Excusez-moi de vous avoir importuné. Il accompagna ses paroles d’un signe de tête en direction du jeune homme, chassant tout doute dans l’esprit collectif qu’ils s’en étaient pris à l’éleveur tout les deux, Bonne journée.

Flavien tourna les talons et se fraya un passage dans la foule, laissant derrière lui un éleveur de Dragons plaintif et un garde méfiant. Le bruit de la Cité l’empêcha d’entendre les prochaines paroles du garde, adressées au jeune technologiste.

- Cet homme vous a-t-il causé des ennuis ?
- Heureusement que monsieur était présent !, S’empressa de dire l’éleveur, coupant l’autre dans sa réponse. Visiblement, il n’avait pas tout entendu de la conversation précédente. Sans son intervention, je pense qu’il aurait pu en venir aux mains ! Je pensais que les rues de Busad étaient sûres pour les marchants ! C’est une honte !

===========================

À mesure qu’il s’éloignait du cœur de la Cité, les échoppes se faisaient plus rare et la foule moins dense. Les habitants de Busad qui avaient la chance de résider dans ces quartiers menaient une vie plus paisible que leurs concitoyens, noyés dans le tumulte des voyageurs de passage.

Le grondement sourd à ses côtés fit prendre conscience au soigneur qu’il n’était pas aussi calme qu’il l’espérait : sa Nokhoi était nerveuse, signe qu’il bouillonnait intérieurement. Flavien expira longuement avant de poser sa main sur la tête de la créature plus reptilienne que canine. La fraîcheur de sa peau écailleuse le calma légèrement et il flatta le cou de la créature pour lui signifier que tout irait bien. Ce qu’il y avait d’admirable avec ses familiers était sans doute qu’il n’avait pas à se forcer à leur sourire lorsqu’il n’en avait pas envie; ils comprenaient sa colère mais lui faisait confiance.

Repérant dans l’ombre d’une sculpture de pierre un banc miraculeusement libre, Flavien s’y installa histoire de ronger son frein. A peine assis, Selmac sauta sur ses genoux pour s’y rouler en boule. L’Aitah n’était pas sanguin de nature (c’était même tout le contraire) mais tout insouciant qu’il était, il avait bien comprit que son ami humain n’était pas dans son état normal.

Peu de choses atteignaient Flavien. Il était né et avait grandit en Suhury, après tout. De manière générale, il ne prenait pas la peine de s’intéresser aux affaires des autres, tant qu’il pouvait vivre sa vie comme il l’entendait. Malgré tout, aussi détaché qu’il soit, il y avait bien un sujet qui prouvait qu’il était plus humain qu’il n’y paraissait. En effet, il avait beau juger d’un œil critique ceux qui sortaient de leurs gonds et étaient prêts à décimer des peuples entiers pour leur patrie, il n’était pas totalement insensible. Rien au monde ne le rendait plus conscient de cela que lorsqu’il se retrouvait face à des gens comme cet éleveur de Dragons.

" Quelqu’un te cause des soucis. Qui c’est ? Je peux le manger si tu veux. J’ai faim. Il est où ? Il ne t’embêtera plus. "

Flavien sourit légèrement à cette pensée qui n’était pas la sienne. Son tourment intérieur avait dû réveiller Hua, la petite Tairakh qui somnolait dans la poche de son manteau. De ses trois familiers, elle était celle qui arrivait toujours à se frayer un chemin dans ses pensées. Selmac et Aquila discutaient évidement régulièrement avec lui, mais il était extrêmement rare qu’ils projettent d’eux-mêmes leurs pensées dans son esprit.

" Tu as tout le temps faim, Hua. "
" Non. J’ai sommeil aussi. "

Flavien rit doucement de la déclaration offusquée de la carnivore. Même si leur échange n’était que télépathique, il pouvait clairement ressentir l’indignation de sa camarade.

" C’est vrai. Excuse-moi. "
" Mmh... Tu vas mieux. " Répondit tranquillement la voix fluette dans son esprit. " Je vais dormir alors. Mais s’il t’embête encore, je le mange. "
" Merci, Hua. "

Flavien, légèrement plus calme, passa une main dans ses cheveux, grimaçant en accrochant une longue mèche qui lui tomba dans les yeux.

Les Dragons étaient les montures les plus nobles qui soient. Le cadeau d’un Architecte à sa bien aimée. Les plus belles œuvres jamais crées par Orshin. Comment pouvait-il accepter qu’un jeune homme trop imbu de sa personne mette en danger ces précieuses créatures ? C’est simple. Il ne le pouvait pas. Malheureusement il s’agissait de sa parole contre celle d’un éleveur de Dragons. Qui croirait qu’un nomade comme lui en sache plus qu’un éleveur qualifié ?

- Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire... Marmonna-t-il en posant sa main sur la tête de Selmac.

L’Aitah ne lui offrit aucune réponse si ce n’est celle de relever le museau pour faire glisser sa main au sommet de son crâne, à l’endroit où les caresses étaient les plus appréciées.
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Emrys Salvanis
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Mar 6 Fév - 12:26
Irys : 64988
Profession : Photographe
Pérégrin 0
- Je peux savoir ce qu’il se passe ici ?

Oh non... cette voix ne sentait rien de bon. Un garde pour sûr, imposant droit et le regard qui portait sur l'inconnu tenant le marchand par le col ne signifiait rien de bon.

L'homme comprit aussi que le garde ne rigolerait pas et reposa le jeune éleveur puis il parti disparaissant dans la foule.
J'ai oubliée Catherine ! Là je suis plus qu'en retard ! Le garde demanda au jeune éleveur :

- Cet homme vous a-t-il causé des ennuis ? Des ennuies ? Bien sûr que non ! C'est justement ce petit qui a provoqué l'inconnu ! Ah... Emrys arrêtes de penser et exprimes toi !

- Heureusement que monsieur était présent ! Sans son intervention, je pense qu’il aurait pu en venir aux mains ! Je pensais que les rues de Busad étaient sûres pour les marchants ! C’est une honte ! Il vient de me couper là ?


-Euh... Excusez moi monsieur.. Je pense que cet homme n'est pas honnête avec vous. Sans vouloir...euh vous offensez bien évidemment.
je me tournais vers l'éleveur J'ai assisté à la scène et l'homme qui à certes bousculé le jeune-homme, avait ses raisons.. Encore hésitant Emrys bravo !

J'expliquais en détails ce que j'avais vu et entendu puis le garde me libéra sans problème j'avais déjà vingts bonnes minutes de retard pour ma photo.
En arrivant sur place, j'expliquais brièvement à Catherine la situation. Elle me regardait et elle lâcha un sourire en me disant qu'il n'y avait pas de problème. Une fois la photo faite je repartais donc de Busad j'avais récupéré suffisamment d'argent pour mon voyage.
Je repassais par dans l'allée conquit par la foule, j'essayais de me dépêcher de sortir de là cet endroit m'oppressait vraiment. Une fois la foule passée je vis l'inconnu, il était assis sur un banc. Emrys tu dois aller le voir, lui dire que le garde laissait passer pour cette fois.

- Rebonjour Monsieur... Euh je suis le jeune-homme de tout à l'heure avec l'éleveur... euh voilà... je voulais vous dire que le garde de Busad ne prendra pas en compte les charges enfin... Vous comprenez... Toujours aussi bon pour parler Emrys...

Je regardais l'homme il m'intriguait énormément. C'est le genre de personne que j'aimerai suivre, il à l'air de connaître ce qu'il y avait dehors. Hmm.. Pourquoi pas.. Je devrais voir avec lui si nous pouvons éventuellement faire route ensemble pendant un moment. Je restais fixer devant lui comme si j'attendais une réponse mais j'avais l'impression qu'il ne m'entendait pas.


                         
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Flavien Teleri
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Mar 6 Fév - 22:36
Irys : 793243
Profession : Soigneur itinérant - Guérisseur
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Le soigneur rongeait son frein depuis une bonne demi-heure, tournant et retournant le problème dans sa tête. Il ne pouvait pas en son âme et conscience laisser ces œufs sous la surveillance de cet éleveur du dimanche. Ils allaient cruellement pâtir de l'ignorance de ce jeune-homme bien trop sûr de lui et c'était parfaitement inacceptable. Des dragonneaux n'avaient pas à souffrir de l'inaptitude d'un commercial arrogant, il en était convaincu. Quant à savoir ce qu'il allait bien pouvoir faire, c'était une toute autre histoire.

Le nomade n'avait aucun point d'ancrage à Busad, aucune notoriété sur ces terres. En temps normal il appréciait cet anonymat, mais dans une pareille situation, il aurait préféré que sa parole ait un minimum d'impact. Il avait beau être adepte d'Orshin, sa parole ne valait pas plus que celle d'un éleveur certifié qui ne manquerait pas de faire passer ses accusations pour les dires d'un fanatique jaloux ou d'un dragonnier raté. Choses qu'il n'était absolument pas, merci bien.

Une silhouette se plaça devant lui, lui cachant un peu le soleil. Flavien ne pris pas la peine de relever la tête : il devait sans doute s'agir d'un citoyen qui attendait l'arrivée de quelqu'un, à l'ombre du chemin. Il se serait peut-être même assis à côté de lui, si l'aura qu'il l'entourait n'était pas aussi étouffant.

Selmac s'étira sur ses genoux et sauta à terre, le laissant ruminer seul. L'Aitah, un félin élancé au front surmonté de deux petites cornes, se chargea d'écouter avec intérêt le nouveau venu, un drôle de jeune homme qui parlait à son maître à défaut de réussir à parler avec lui. Il miaula doucement une fois que l'inconnu eut fini de parler et se hissa sur ses pattes arrière pour quémander une caresse en remerciement pour son incroyable attention.

En remarquant les pattes arrières de son Aitah se plier, Flavien qui le regardait sans vraiment le voir comprit vite ce que la petite bête avait en tête. Selmac avait trouvé un nouveau compagnon de jeu et allait tout naturellement grimper sur son épaule, comme tout bon Aitah qui se respectait.

- Selmac ! Non !

La voix du soigneur, intransigeante, coupa net à Selmac l'envie d'aller se percher sur l'épaule de l'inconnu qui s'était arrêté près de lui. Un inconnu pas si inconnu que ça, remarqua finalement Flavien en levant les yeux vers le jeune-homme moustachu. Il s'agissait du voyageur qui était intervenu auprès de l'éleveur, lui évitant bien des ennuis. L'avait-il suivi jusqu'ici ? Le nomade plissa les yeux.

"Le garde ne t'embêtera pas ! C'est chouette !"
"...Quoi ?" Répondit-il par la pensée, après un temps de battement. Il ne comprenait pas toujours ce que Selmac voulait dire.
"Oui ! C'est lui qui l'a dit !"

L'Aitah miaula joyeusement et leva le museau vers le jeune-homme aux pieds duquel il s'était installé. Ah. Il avait donc voulu le prévenir qu'il avait diffusé la situation auprès de la Garde. Flavien se redressa légèrement et hésita un moment, ne sachant trop ce que le voyageur attendait de lui. En désespoir de cause, il se lança au hasard.

- Merci...?

Plutôt satisfait de sa réponse, il repassa une main dans ses cheveux.

- Le garde a repris sa patrouille normalement, alors ?

Il hocha la tête. Enfin quelque-chose qui allait dans son sens aujourd'hui.

- Bien. Il faut que j'y retourne. Décida Flavien en se levant d'un seul mouvement, ignorant royalement le jeune-homme en face de lui. Je vais récupérer ces œufs.

Annoncer son plan à haute voix n'était pas forcément une chose intelligente à faire, mais après tout personne ne lui prêtait la moindre attention. Personne, mis à part le jeune-homme moustachu qui l'avait retrouvé pour lui annoncer qu'il pouvait continuer sa promenade dans Busad sans être inquiété par la Garde.


« De toutes les créatures d'Orshin, seuls les êtres humains me terrifient. »

Flavien Sienna / Aquila DarkOrchid / Selmac LightGreen / Hua Yellow / Khi'del #cc99cc

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Emrys Salvanis
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Dim 11 Fév - 19:14
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Pérégrin 0
L'homme restait impassible devant moi. J'attendais, patiemment, puis je me suis dis que j'étais peut-être de trop. Bon je vais y aller... abandonnant l'idée de continuer la route avec cet inconnu. Attendez... La petite bête ,qui était allongée sur ses genoux, commença à bouger. Je ne m'attendais pas à voir l'animal se préparer à me sauter dessus.

- Selmac ! Non !

j'étais surpris, je ne m'attendais pas à ce que l'homme intervienne de cette façon et le petit animal ne bougea plus. J'attendis un moment sans rien faire. Je ne savais pas pourquoi mais mon instinct me disait de rester ici et d'être patient.

- Merci... ?

Ce n'était pas le plus beau des merci mais venant de cet homme ça m'allait. J'étais content qu'il m'adresse la parole.

- Le garde a repris sa patrouille normalement, alors ?

J'hochais la tête, toujours aussi timide va falloir parler un peu aussi si tu veux réussir Emrys,Je savais qu'une idée était entrain de germer dans la tête de cet homme.
Il se leva en disant qu'il devait y retourner pour récupérer les œufs du jeune éleveur. Je ne savais pas quoi dire et j'étais pris de cours mais dans tout les cas ce n'étais pas du tout une bonne idée.

- Euh.. Monsieur avec tout le respect que je vous dois je ne pense que retourner là bas soit une bonne idée.. Enfin il ne faudrait pas attirer.. euh attirer de nouveau l'attention du garde...

Je savais que mon intervention n'allait pas changer la détermination de l'inconnu. C'est pourquoi je pris une décision que je risquais de regretter. J'allais le suivre, qu'il soit d'accord ou non, Il faudra des preuves de la scènes et je pourrai en donner si je la photographie, c'est pas la meilleure idée de l'année mais je dos le faire .

Je commençais donc à préparer le papier dans mon appareil. J'aurai besoin d'un stock d'urgence pour recharger le Graflex rapidement. Une dizaine de photos suffiraient. Puis après avoir fini je me remit à attendre une éventuelle réponse de cet homme mystérieux.


                         
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Flavien Teleri
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Mar 13 Fév - 21:09
Irys : 793243
Profession : Soigneur itinérant - Guérisseur
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Flavien plissa les yeux pour repérer au loin la rue de laquelle il était venu. Il allait retourner sur la place du marché et dire deux, trois mots à cet éleveur du Dimanche. Qu'un garde lui en soit témoin, cette fois-ci, il ne ferait pas demi-tour avant d'avoir obtenu des explications sur l'attitude plus que suffisante du jeune homme. Certains diront qu'avant de le critiquer, Flavien devrait commencer par balayer devant sa porte et se montrer un peu plus respectueux des autres, mais lui au moins ne mettait aucune vie en danger en faisant la sourde oreille.

Le nomade entendit vaguement le voyageur serviable lui glisser qu'il serait plus prudent d'éviter d'attirer l'attention de la Garde mais ne ralenti pas le pas. Aquila trottinant docilement à ses côtés, il remontait la rue d'un pas déterminé avant de ralentir doucement et de s'arrêter, perturbé. D'habitude Selmac courait devant lui dans les ruelles (et ce malgré le fait que le félin ne savait la plupart du temps absolument pas où il se rendait). Cette fois-ci, aucun signe de lui.

Flavien fit volte-face et ne tarda pas à trouver son compagnon à quatre pattes. Le petit animal grattait énergiquement le pantalon d'un passant, certainement en quête de l'attention que Flavien ne lui accordait pas actuellement. L'homme fronça légèrement les sourcils en revenant sur ses pas.

- Selmac, laisse-le en paix. Excusez-le, il..., En pleine formulation d'une excuse plus automatique que sincère, il s'arrêta net en découvrant le visage dudit passant. Le même jeune homme que toute à l'heure, se dépatouillant cette fois avec une étrange machine, Qu'est-ce que vous faites ? Là, je veux dire ? ...Vous me suivez ?

Comme toujours, Flavien était méfiant. Il n'était pas pris de vertiges, ce qui lui indiquait au moins que, quelle que soit la nature de l'instrument technologique qu'il trafiquait, il ne s'agissait pas d'une arme à feu. Cela n'empêchait pas le soigneur de froncer les sourcils, attendant de pied ferme la réponse de son interlocuteur. S'il pouvait accuser le hasard les deux premières fois, il n'était pas non plus idiot. Que pouvait bien chercher ce jeune-homme qui semblait si mal à l'aise en sa présence ?

Ecoutant, perplexe, le discours de l'étrange personnage, Flavien récupéra Selmac dans ses bras. L'Aitah ronronna de contentement en obtenant finalement l'attention si chère qu'il avait tant espérée. Son plaidoyer le laissa pensif. Il était visiblement à la recherche de réponses, curieux bien malgré lui, visiblement gêné de se trouver là et campant pourtant fermement sur ses positions. Il continuerait de le suivre, et rien que Flavien ne pourrait faire ou dire l'en empêcherait. Il avait beau être timoré, il avait l'air de savoir ce qu'il voulait.

En l'occurrence, ce qu'il voulait, c'était lui emboiter le pas pour retourner voir le vendeur.

- Je ne peux pas vous en empêcher. Concéda Flavien en haussant les épaules.

C'était probablement faux. Un coup d'œil à la constitution du plus jeune laissait penser qu'un grognement d'avertissement de la part d'Aquila lui ferait certainement changer d'avis. Pourtant, le soigneur n'allait pas risquer d'ameuter un autre membre de la garde en manquant de lâcher sa Nokhoi sur un visiteur de la Cité. Tant qu'il ne l'empêchait pas de retourner faire un brin de causette au vendeur, ça lui était bien égal.

- Venez.

Ils se mirent en route en silence.

Malgré tout, la volonté de cet inconnu de l'assister était aussi déroutante qu'incompréhensible. Faisait-il toujours autant confiance à ceux qui croisaient sa route ? L'idée était bien étrange pour le soigneur qui, en plus de fuir les membres de son espèce, ne les tenait pas en haute estime. Fataliste à outrance, il était le genre de personne qu'un coup d'épée dans le dos ne choquerait pas plus que ça. C'est pourquoi l'idée même de faire confiance à un sinistre inconnu le dépassait complètement.

- Vous étiez là quand le Garde est intervenu la première fois... Vous savez que je pourrais très bien avoir dans l'idée de voler ces œufs, pas vrai ?, Demanda tranquillement le soigneur, Qu'est-ce qui vous fait penser que de me suivre est une bonne idée, meilleure que d'aller prévenir un Garde en poste ?

Loin de lui l'idée de pousser le voyageur à suivre son conseil avisé, mais Flavien était bien curieux. Si on occultait Selmac et son minois adorable du tableau, ses deux carnivores et lui n'avaient pas franchement l'air avenant.


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Emrys Salvanis
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Sam 17 Fév - 21:20
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Tandis que je parlais dans le vide, l'inconnu fit volte face et repartis d'un pas déterminé vers la rue de l'éleveur. Je le suivais mais son animal de compagnie restait à mes cotés. Au bout d'un moment l'homme se retourna comprenant que son compagnon n'étais pas à sa place. L'homme commençait à formuler une réponse, ironiquement j'ai connus le prénom de son animal avant le sien, puis me regarda et me demanda :

- Qu'est-ce que vous faites ? Là, je veux dire ? ...Vous me suivez ?

Pris de court pas cette question, Bah oui c'est pas comme si je lui parlais depuis dis bonnes minutes..., je compris enfin que j'avais son attention et que je pouvais tout lui raconter. Je lui expliquais donc que je le suivrais , bien sûr c'était toujours aussi compliqué pour moi de parler. Après que j’eus fini mon histoire, il m'invita à le suivre en me disant qu'il ne pourrait me faire changer d'avis. Si seulement il savait, je suis le premier à partir en courant lorsque je vois le danger, si vraiment il aurait voulu me faire partir il pouvait tout simplement hausser un peu la voix et je prenais peur

Bref, on se dirigeait vers l'étale du jeune éleveur.

- Vous étiez là quand le Garde est intervenu la première fois... Vous savez que je pourrais très bien avoir dans l'idée de voler ces œufs, pas vrai ?
Qu'est-ce qui vous fait penser que de me suivre est une bonne idée, meilleure que d'aller prévenir un Garde en poste ?


Mon idée se confirmait, il allait donc volé ces œufs. Je pris le temps de réfléchir, beaucoup de temps, énormément de temps. J'en suis arrivé à la conclusion que ces œufs n'étaient pas en sécurité et qu'il n'y avait que deux solutions; soit le jeune-homme comprenait qu'il devait bien s'occuper des œufs soit on les volait pour être sûr qu'ils soient en sécurités. Je pris une grande inspiration.

- Je pense que les œufs ne sont pas en sécurités et que nous avons deux choix :
faire comprendre une bonne fois pour toute ce qu'il doit faire ou nous en occuper nous même. Cependant, j'ai pensé aussi à l'option de prévenir la Garde et d'après un résonnement rapide nous avons toutes les raisons de croire qu'ils n'en savent pas plus que moi sur l'élevage des œufs donc cette possibilité est obsolète.


Emrys, est ce que tu es au courant que tu viens de parler sans problème ? J'étais tellement concentré sur ces œufs que j'en avais oublier que je parlais à cet inconnus. Bien sûr ça ne duras pas très longtemps, surtout quand je compris que je venait de dire tout ça à voix haute.

- Euh, enfin c'est mon point de vue bien sûr...

Je gardais en tête l'idée que l'homme pouvait m'aider pour le reste de mon épopée.


                         
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Flavien Teleri
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Dim 18 Fév - 17:27
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Ils marchaient à un rythme soutenu, le soigneur menant le convoi et Emrys le talonnant de près. Flavien ne ralentissait pas sa course pour permettre à son nerveux compagnon d'infortune de rassembler ses pensées avant de lui répondre, aussi fut-il plutôt étonné par sa réponse claire et sans appel, dans laquelle aucune trace de doute n'avait sa place. Il avait considéré faire appel à la garde pour gérer l'affaire mais s'était sagement ravisé, malgré ses réticences. Plus que tout il était conscient du danger mais plaçait tout de même la sécurité des œufs avant la sienne. Il disait vouloir les mettre en sécurité, s'attirant automatiquement les bonnes grâces de l'Adepte d'Orshin qui fit l'effort de moduler son pas pour éviter au jeune-homme de lui courir après.

Sans doute troublé par le silence du nomade, le voyageur bafouilla que tout ceci n'était que son humble avis.

- C'est aussi le mien. Répondit simplement Flavien avec un sourire en coin.

Pour un peu, la ténacité du jeune homme lui rappelait la sienne, l'invitant à faire l'effort de se montrer plus engageant. Il stoppa momentanément sa course pour se tourner vers le jeune homme avant de lui tendre la main.

- Flavien, enchanté.

Comme si par ce simple geste il venait de lui donner son feu vert, Selmac choisi cet instant pour bondir sur l'épaule du jeune homme à qui il faisait les yeux doux, s'attirant une grimace de son maître qui ignorait si le voyageur était à l'aise avec les Aitahs. Sans gêne, le petit félin cornu se cramponna à l'épaule de l'illustre inconnu, entreprenant de soigneusement lui renifler les cheveux. Il roucoulait doucement, saluant son nouveau compagnon de route.

- Et lui c'est Selmac. Soupira le soigneur qui plissait les yeux. D'ailleurs il va descendre de là. N'est-ce pas Selmac ?

Pour toute réponse, l'Aitah se laissa couler sur l'épaule du moustachu, s'aplatissant de tout son long. Il observait les deux hommes avec deux grands yeux qui inspiraient la pitié et miaula doucement. Selmac avait une idée en tête et comme l'expression le disait, quand cela arrivait, il ne l'avait pas ailleurs.

- Hum... Sauf s'il ne vous dérange pas. Je suppose que dans ce cas, peu importe.

Selmac était du genre borné, lui aussi. Au moins, l'Aitah ne pesait pas bien lourd. En fonction de ce que décidait l'autre homme, il récupérerait son familier ou il le laisserait à la charge de son compagnon de route pour un temps. Après tout Flavien ne doutait pas que Selmac finirait par le rejoindre bien assez vite.

- Et vous êtes ? Demanda enfin le soigneur. Le jeune homme se présenta, permettant à Flavien de continuer sa route, Emrys. Très bien. Suivez-moi.

Ils tournèrent dans une ruelle plus large que la précédente. Noire de monde, elle se situait directement dans le prolongement du marché.

- Dites-moi Emrys, avez-vous déjà vu un Dragon ?, Demanda curieusement le soigneur, hochant distraitement la tête à la réponse du jeune homme, Imaginez de telles créatures... Loyales, puissantes. Impitoyables. Pourtant, nombre de ses espèces font preuve de la plus grande attention envers leurs petits. Les Dragons chérissent leurs œufs, autant que nous-même affectionnons nos nourrissons...

Aquila, trottinant toujours à leurs côtés, poussa un grognement ressemblant fortement à un soupire. Elle savait jusqu'où son maître pouvait se perdre dans les explications et les anecdotes liées à la faune d'Irydaë. Il était souvent difficile de l'arrêter une fois que la conversation était lancée.

Quelques minutes et un cours sur les Dragons et leurs mœurs plus tard, ils finirent par s'arrêter devant l'échoppe de l'éleveur, prêts à jouer carte sur table et à récupérer les œufs, par la force si c'était nécessaire. Le seul problème... était que l'étalage était vide. Aucune trace ni des œufs, ni du vendeur qui les malmenaient.

- Non. Non, non, non, non. Marmonna Flavien tout bas. Il fit volte-face pour solliciter l'aide de sa Nokhoi. Pisteuse d'excellence, elle ne pouvait néanmoins pas faire de miracle quand autant d'odeurs se mélangeaient dans une rue aussi bondée. Aquila gémit, un son court et plaintif. Elle ne trouverait rien. Mais c'est pas vrai ! Où est-il passé ?! Il n'a pas pu s'envoler comme ça, si ?

Ses yeux quadrillèrent la zone dans l'espoir d'apercevoir l'homme et sa précieuse cargaison, sans succès. Il croisa le regard d'Emrys. Au point où il en était, il était prêt à entendre toute proposition.


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Emrys Salvanis
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Mer 2 Mai - 15:06
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Profession : Photographe
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J'essayais de suivre le voyageur et ses compagnons aux pas rapides et à vraie dire ce n'était pas si simple. Tout en se frayant un chemin de la foule l'inconnu que je suivais s'arrêta net et se tournis vers moi me tendant la main.

- Flavien, enchanté. Me dit-il, puis son animal qui semblait être un Aitahs me sauta sur l'épaule. Je ne m'y connais pas énormément sur les animaux je n'ai vu que des dessins ou lu des textes mais tout me laissais croire que c'était bien un Aitahs que ce dénommé Flavien avait appelé Selmac.

L'animal paraissait à l'aise sur mon épaule mais son maitre semblait dire que ce dernier devait descendre.

- Non non ne vous inquiétez pas il ne dérange pas ! Tout va bien il n'est pas très lourd en plus. disais-je en souriant.

- Et vous êtes ?

Bien Emrys tu as réussi as oublier les présentations.
- Excusez-moi j'en oublis les bonnes manières. Je m'appelle Emrys Salvanis je suis photographe reporter en quête d'Architecte.

Nous reprîmes la route en entrant dans une ruelle encore plus grande et plus peuplé que la précédente. Puis Flavien me demanda :

- Dites-moi Emrys, avez-vous déjà vu un Dragon ?

Si j'avais déjà vu un Dragon... en voilà une question intéressante.

- À vrai dire que, dans les livres monsieur. Disais-je déçus de ne pas pouvoir donner une réponse positive. Je connais peu de chose sur le mode animal je dois avouer que je ne m'y suis pas beaucoup intéressé.

Par la suite j'ai eu le droit à un cours sur les Dragons fortement intéressant. Mais Emrys tu as beau avoir une bonne tête qui retient beaucoup de choses. Tu ne retiendras pas la moitié de ce que viens de te dire Flavien.

Je commençais à trouver la marche longue quand j'ai reconnu le lieu. Nous étions arrivés mais l'éleveur était parti avec les œufs ! Je vis Flavien s'alarmer. Il fallait trouver une solution et vite car plus le temps passait plus les œufs étaient en danger !

- Je... j'ai encore la photo de vous entrain de discuter gentiment avec le jeune-homme, je vais aller faire le tour des passants dans la ruelle peut-être que quelqu'un l'a croisé.

Je fis le tour des passants et personne ne l'avait vu, puis je demanda à un vieil-homme.

- Mais non ! euh... excusez monsieur mais ce n'est pas celui qui tiens par le col mais l'autre...
Hum, Vous êtes sûr ? Bien, Merci beaucoup monsieur !


Je retourna vers Flavien en lui rapportant ma trouvaille.

- L'homme serait dans une auberge non loin de là. Mais apparemment les œufs n'étaient pas avec lui alors soit il les a stockés soit....
Je ne pu dire la suite car si c'était le cas les œufs pourraient être très loin maintenant.


                         
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Flavien Teleri
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Jeu 3 Mai - 15:56
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Profession : Soigneur itinérant - Guérisseur
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Selmac était perché sur l'épaule de ce parfait inconnu qui n'avait pas l'air de s'inquiéter que son apparat soit bientôt recouvert par une fine pellicule de poils clairs. Son petit nez humide humait l'air avec délice, ravi de se voir offrir une balade aux frais de ce gentilhomme qui avait déjà toute sa confiance. Son maître le connaissait mieux que quiconque et soupirait d'avance en avisant l'amusement qui émanait du petit félin. A moins d'une opposition claire et franche du jeune homme qui servait actuellement de perchoir, Selmac était bien décidé à servir d'écharpe au voyageur.

Celui-ci déclina d'ailleurs son offre avec un sourire, déclarant que Selmac ne le dérangeait pas. Sachant la partie perdue d'avance, Flavien opina son accord, poursuivant la conversation par de brèves présentations. Il était prêt à jurer qu'il entendait Selmac ronronner de contentement après cette victoire complètement déloyale, mais ce détail importait peu pour le moment. Ce qui comptait à présent, c'était de mettre la main sur ce prétendu éleveur qui n'en était visiblement pas un, à en juger par ses dernières actions.

Le jeune homme qui l'accompagnait s'appelait Emrys. Photographe, il devait s'agir d'un Daënar, et pourtant ce dernier disait être à la recherche des Architectes. Une bien étrange occupation pour un jeune technologiste. Quelle motivation pouvait bien se cacher derrière ce désir si particulier d'approcher l'un de ces Êtres ? Flavien ne commenta pas cette drôle d'occupation, ne souhaitant pas franchement tailler un bout de gras alors que l'heure était grave, mais il ne pouvait que s'interroger sur les motivations du jeune photographe. Il avait toujours était clair pour le soigneur que s'il venait un jour à rencontrer l'un de ses Architectes en chair et en os, l'heure serait grave.

Plutôt que de demander à Emrys s'il souhaitait tirer le portrait à ces figures de légende, il ramena la conversation sur ce qui les occupait pour le moment. Les œufs de Dragon.

Emrys avoua ne pas savoir grand-chose de ces merveilleuses créatures. L'air honnêtement déçu du photographe incita Flavien à lui dresser un rapide portrait de ces remarquables reptiles. Les petits hochements de tête bien placés d'Emrys incitèrent le soigneur à rentrer dans plus de détails qu'il ne l'aurait fait habituellement. Ou du moins, qu'on lui aurait laissé le loisir d'aborder. Le voyageur était soit trop poli pour interrompre le flot d'informations que lui donnait un soigneur un peu brouillon dans son exposition, soit il était réellement absorbé par les paroles de l'admirateur d'Orshin qui se faisait une joie de partager son savoir avec la première oreille attentive qu'il rencontrait depuis longtemps.

Quelle que soit la véritable raison de ce cours improvisé sur les mœurs draconiques, cela leur permis d'arriver sur les lieux de la vente plus rapidement que s'ils avaient marché dans un silence pesant.

Flavien cligna des yeux devant l'étale vide qui lui faisait face. Il jeta un coup d'œil aux échoppes voisines, reconnaissant la vendeuse de bijoux et le marchand d'épices qui tenaient en sandwich cette étale déserte. Il en était certain, le vendeur s'était trouvé ici il y a quelques heures. Malheureusement, il s'était envolé, et vu le nombre de personnes qui déambulaient dans les rues, le flaire d'Aquila ne lui serait d'aucune utilité. Il avait perdu la trace de ce mécréant. Seuls les Architectes savaient où il pouvait se trouver à présent : Busad était une cité immense et il pouvait se trouver n'importe où maintenant.

Le visage fermé, Flavien réfléchissait à une manière de retrouver l'homme incriminé, manquant de peu de rater le discours d'Emrys. Le regard du photographe croisa celui du soigneur qui prit une expression plus neutre, bien que toujours gardée. L'idée d'Emrys tenait debout : s'ils ne pouvaient pas se fier au flair d'Aquila, ils pouvaient toujours espérer que le départ du marchand ne soit pas passé inaperçu. Peut-être que quelqu'un sur cette place avait une idée de l'endroit où il s'était rendu. Emrys était une sorte d'investigateur, si Flavien avait bien compris. Avec un peu de chance le jeune homme savait ce qu'il faisait.

- Allez-y, je vais vous attendre ici. Déclara le nomade en indiquant le stand à présent vaquant, Il vaut mieux que je ne vous accompagne pas pour le moment.

La raison était simple et claire comme de l'eau de roche : si Emrys faisait le tour des témoins tout en étant suivi par Flavien, ces derniers n'auraient certainement pas envie de renseigner un agresseur et son complice sur l'endroit où s'était réfugié un pauvre marchand. L'idée de laisser Emrys s'éloigner avec le seul indice tangible qu'il lui restait n'enchantait pas franchement Flavien, mais il fallait qu'il se rende à l'évidence. Il n'avait pas d'autre choix.

S'appuyant contre l'étale, le soigneur soupira lourdement, observant le photographe disparaitre dans la foule.

" Tu veux que j'le suive ? "

Flavien baissa les yeux pour jeter un coup d'œil à la Nokhoi qui le regardait intensément. Elle comprenait que cette affaire comptait beaucoup pour le mage.

" Selmac est avec lui. "
" J'suis sûre qu'ses yeux doux s'ront très utiles si jamais il décide d'faire cavalier seul. "
" Il ne fera pas cavalier seul. "
" Tu lui fais confiance ! " S'exclama la voix rocailleuse dans son esprit, un mélange de surprise et de contentement.
" Pas vraiment ", Répondit le soigneur avec franchise, " Mais il a vraiment l'air de vouloir s'assurer que les œufs vont bien alors qu'il n'a rien à voir dans cette histoire. Je peux respecter ça. "

Sa conversation télépathique avec son familier fut interrompue par le retour d'Emrys. Le souffle légèrement court, comme s'il s'était pressé pour lui conter la nouvelle, le photographe lui annonça qu'il tenait une piste. L'homme qu'ils cherchaient se trouvait dans une auberge pas très loin d'ici. Qu'il n'ait pas été aperçu avec les œufs était une mauvaise nouvelle, bien qu'elle puisse aussi tourner à leur avantage. Si la conversation venait à tourner au vinaigre, il n'aura pas de moyen de pression contre les deux justiciers en herbe qui se frottaient peut-être à bien plus coriace qu'eux.

" Tu d'vrais lui faire confiance. " Souffla Aquila en notant la préoccupation qui brillait dans les yeux du photographe.

Flavien secoua la tête, autant pour mettre fin à sa conversation mentale que pour rassurer Emrys sur l'endroit où se trouvaient à présent les œufs.

- Il a peut-être réussi à les éloigner de la place du marché, mais ils ne peuvent pas déjà être en route vers une autre région. Le transport d'œufs de Dragon est délicat, s'il tient à sa marchandise, Le soigneur grimaça à ces mots, Il ne peut pas leur faire prendre la route sans y réfléchir attentivement.

L'admirateur d'Orshin passa une main dans ses cheveux comme souvent lorsqu'il réfléchissait, rabattant des mèches rebelles vers l'arrière. Il fronça les sourcils, une moue pensive sur le visage. Sa complexion sévère lui donnait naturellement l'air irrité.

- Si les œufs ne sont plus avec lui, cela veut dire qu'il n'agit pas seul. Il n'aurait jamais eu le temps de déplacer une dizaine d'œufs par lui-même en si peu de temps. Déduit le soigneur, Je serais prêt à parier que les œufs se trouvent avec son collaborateur. Ou ses collaborateurs.

La perspective d'avoir à faire avec plus qu'un braconnier n'était pas vraiment enchanteur, mais c'était bien plus plausible. L'homme n'agissait certainement pas seul.

- Rendons-nous à l'auberge. Nous en apprendrons plus une fois que nous aurons retrouvé cet homme.

Sans perdre de temps, les deux voyageurs se dirigèrent vers l'établissement désigné, Flavien marchant dans les traces d'Emrys. Le vieil homme que le photographe avait interrogé les avait invités à se rendre dans une auberge au coin du quartier marchand. Un établissement modeste et plus en retrait que ses concurrents. L'endroit rêvé pour y mener ses petites affaires à l’écart des oreilles indiscrètes des Protecteurs de Busad.

Emrys et Flavien s'engagèrent dans l'auberge non sans avoir mis au point une stratégie d'action avant de foncer tête baissée. Emrys avait l'air d'hésiter pour pas mal de choses, mais il n'en restait pas moins un reporter accompli qui savait qu'obtenir des informations nécessitaient un peu plus de tact que ce à quoi son camarade nomade était accoutumé. Si le choix des actions à venir avait totalement été laissé à l'admirateur d'Orshin, il aurait simplement cueilli l'homme à la sortie de l'auberge pour lui faire cracher le lieu où se trouvaient à présent les œufs.

En l'état, il en avait été décidé autrement. Emrys et Flavien s'installeraient non loin de l'homme pour pouvoir entendre ce qu'il racontait, commandant un verre chacun et s'essayant à une conversation banale pour éviter d'attirer l'attention sur eux. Flavien avait rabattu sa capuche sur son visage, afin de ne pas attirer l'attention de l'homme qui l'avait vu d'un peu trop près, et Selmac et Aquila attendaient leurs compères humains à l'extérieur de l'établissement. Si l'homme fuyait dans une ruelle déserte, Aquila serait en mesure de le rattraper. En espérant qu'ils n'en viennent pas à prendre de telles mesures.

Avec un peu de chance, tendre l'oreille leur permettrait d'en apprendre suffisamment pour retrouver les œufs et avoir une petite idée du nombre de braconniers auxquels ils se frottaient.


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Emrys Salvanis
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Mar 8 Mai - 22:16
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On se dirigeait maintenant vers cette fameuse auberge. Je menais la marche, pour une fois que tu géres quelque chose vous me direz.. enfin breff reprenons. Flavien restait derrière et me suivait de près. D'après le vieil homme l'auberge était dans un endroit reculé de la ville, un endroit surement fréquenté par de nombreux brigands, malfrats.. Je vais pas stresser, il faut que je reste calme tout va bien ce passer.

Une fois devant l'auberge, je sentis comme un pressentiment qui me chatouillait le nez, ou sinon c'était la pellicule de poils que Selmac avait laissé sur mon épaule j'arrive toujours pas à savoir.

Pardon ? Si nous avions un plan ? Bien sûr que nous n'avions aucun plan, on est rentré comme ça sans savoir quoi faire. Nous nous assîmes près de la table du jeune éleveur une fois ce dernier repéré. Le serveur arriva :

- Pour moi ce sera un thé à la menthe s'il vous plaît.
Je digère mal l'alcool ne me jugez pas.

Flavien pris sa commande et avait rabattu sa capuche afin que l'éleveur ne puisse pas le reconnaître. Nous avions la meilleure place afin d'écouter la conversation qu'il entretenait avec ce qui semblait être l'un de ses complices.

Pour le moment rien ne se passait et pour moi si on devait raconter pourquoi on étais bizarrement au même endroit que ce jeune-homme, notre histoire ne tenais clairement pas la route. Le Graflex était sur mes genoux déjà chargé de papier. Je savais comment prendre la photo sans me faire repérer et on avait besoin de cette photo. Après avoir orienter le viseur vers les deux suspects, je déclenchais le Graflex. Maintenant j'étais sûr que les visages pourront 6etre identifiés si on nous le demandait.

L'éleveur repris sa discussion avec son acolyte.

- Nous devons partir, un fou furieux est surement entrain de me chercher ainsi que les œufs. Préviens les deux autres et retrouve moi à l'entrée de la ville avec les œufs, en aucun cas cet homme doit les attraper.

Je regardais Flavien, nous n'avions pas la localisation exact des oeufs mais nous avions un moyen de remonter à eux, le complice. Maintenant on devait juste être patient et suivre cet homme.

Je continuais à siroter mon thé en espérant en apprendre d'avantage sur la situation. Mais je ne vis que l'éleveur se lever et sortir de l'auberge.

Mon regard était toujours centré sur Flavien. Ce n'était plus mon rôle de gérer la chose  et j'attendais sa réaction. Il restait passif à réfléchir je ne savais même pas si il avait écouté la conversation qui lui semblait tellement importante a ses yeux.

- Eh, tout va bien ?

Encore aucune réponse il devait surement réfléchir afin de trouver la meilleure des solutions pour coincer ces malfrats. Je návais aucun moyen de savoir si tout allait bien ses deux compagnons étaient restés à l’extérieur à guetter.

Je rangeais le Graflex dans sa sacoche espérant que ça le réveillerai mais toujours rien.  Bon la il fallait qu'on agisse, on perdait trop de temps inutile et le complice allait partir. Je me levais et posa une main sur son épaule.

- Il faut y aller Flavien, vos précieux animaux attendent dehors. J'espérais qu'il comprenne que je parlais de ses deux compagnons et des œufs bien évidement.

Notre suspect rassemblait ses affaires puis finissant son verre se leva. Sans le vouloir le stress de le louper serra ma main qui était posé sur l'épaule de Flavien. Son regard se dirigea vers moi.

- Euh.... pardon, excusez-moi...je vais vous attendre dehors.. dis-je en relâchant son épaule.
Je pris la porte de sortie et l'attendais en me lamentant d'être un débile qui ne sait pas gérer ses émotions. Il fallait que je me reprenne et que nous continuions notre enquête, il manquait certainement la personne la plus compétente et  la seule qui pouvait encore défendre ces œufs.

Je m'adossais au mur de l'auberge en attendant Flavien et regardais Selmac.

- Quand j'étais petit, le père de mon voisin avait aussi un aitah. Je sais pas pourquoi je te dis ça comme si tu allais me répondre.. décidément je n'ai pas toute ma tête aujourd'hui... Je sortis le Graflex et repris, tu n'es pas contre une petite photo en attendant ton maître ?

Je regardait l'aitah depuis le viseur de l'appareil et pris la photo.

- Ça me fera un joli souvenir de cette belle aventure ! Dis-je en souriant.

Je rangea le Graflex puis retomba dans mes souvenirs d'enfance en attendant Flavien.


                         
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Flavien Teleri
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Ven 18 Mai - 23:34
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Flavien soufflait doucement sur sa boisson fraichement apportée, plus pour avoir l'air occupé que par peur de se brûler. Emrys et lui formaient un duo assez atypique, autant ne pas rester à se regarder dans le blanc des yeux le temps d'en apprendre plus sur les contrebandiers. Le jeune technologiste avait opté pour un thé à la menthe, sa commande soigneusement copiée par le nomade qui préférait largement une infusion à un alcool de piètre qualité qui n'avait même pas la prétention d'être composé des plus nobles ingrédients. N'y voyez pas une forme d'hautaineté, Flavien avait simplement apprit à se passer d'alcool en faveur de l'exécution de ses Arts. S'il devait risquer de perdre le contrôle de ses familiers, autant que le risque en vaille la chandelle. Ce n'était clairement pas le cas ici.

Emrys pointa l'objectif de son appareil en direction des deux malfrats et Flavien arqua un sourcil sans commenter davantage, laissant le jeune homme à son traficotage. Le cliché développé instantanément laissait clairement apparaitre les visages des deux acolytes qui discutaient pourtant de manière animée. Soit l'appareil était beaucoup plus performant que ce que Flavien avait eu l'occasion de voir pendant ses voyages, soit Emrys était bien plus observateur qu'il ne le montrait. D'ailleurs, caché derrière l'objectif de sa machine, le photographe n'était plus tout à fait le même. Concentré et imperturbable, il était une toute autre personne que le jeune homme nerveux qui lui avait porté secours.

Les hommes qu'ils avaient maladroitement pris en filature parlaient de s'enfuir, ce qui ne manqua pas de faire grincer les dents au soigneur. Il était hors de question de laisser repartir ces quatre imbéciles avec une cargaison entière d'œufs de Dragons. Il n'était pas entièrement sûr qu'ils fussent réellement ce qu'ils prétendaient être, mais à chaque minute qui passait, les doutes du soigneur ne faisaient que grandir. Pour des marchands honnêtes, ils avaient quand même l'air très pressés de quitter la ville.

Comme s'ils pouvaient lire dans ses pensées, les marchands se levèrent, prêts à leur filer à nouveau sous les doigts. Pour le moment, ils se dirigeaient vers l'aubergiste pour régler leur note. Apparemment, ils savaient être honnêtes quand cela les arrangeait. Flavien ne pouvait pas se permettre de les perdre de vue maintenant, mais les suivre serait bien trop risqué. Le soigneur fronça les sourcils et joignit les mains devant lui, posant son menton sur ce support improvisé et plutôt stable. S'il ne pouvait pas leur emboiter le pas, quelqu'un d'autre s'en chargerait pour lui. Fermant les yeux, donnant l'impression d'être plongé dans ses pensées, Flavien s'attela à l'invoqua d'une Makhadée.

Ces petits insectes rappelant étrangement la fourmi et l'araignée à la fois grouillaient sur Irydaë. Elles évitaient le contact avec les humains en général, peu importe leur affinité, mais avaient un profond respect pour les créatures dotées de compassion. Une Makhadée ne manquera pas de l'aider à mettre la main sur des œufs de Dragons potentiellement en danger s'il lui expliquait rapidement la situation. Effectivement, un spécimen originaire de la plaine de Kharaal Gazar ne tarda pas à répondre à son appel. Le petit insecte était jeune pour son espèce, et ne devait pas faire plus que trois centimètres. D'une couleur chaude rappelant le sable du désert, elle apparut dans la paume de la main de Flavien, mais elle n'y resta pas bien longtemps, tout juste le temps de repérer les deux hommes dont lui avait parlé le nomade. La Makhadée se faufila le long du bras de son invocateur, courant sur le plancher et se glissant jusqu'au marchand qui quittait à présent l'auberge. L'insecte s'accrocha au pan du pantalon de l'homme, sa couleur le camouflant parfaitement sur le tissu clair.

Flavien observa son invocation s'éloigner en compagnie des deux hommes. Ils allaient pouvoir les repérer plus facilement comme ceci. Quant à savoir ce qu'ils feraient une fois la cargaison d'oeufs retrouvée, le soigneur n'en avait pas encore la moindre idée. D'ailleurs, une main se posant sur son épaule l'invita à tourner les yeux vers Emrys, reportant ses planifications à plus tard. Le photographe lui intimait de se hâter, se ravisant en croisant son regard. Il était à nouveau nerveux, bafouillant quelques mots avant de s'excuser en direction de la porte.

Le soigneur arqua un sourcil en observant le jeune homme partir, mais ne fit pas mine de se lever pour l'accompagner. Il était préférable qu'il laisse un peu d'avance aux deux hommes. Attrapant son infusion, il souffla longuement sur le liquide brûlant avant de boire par petites gorgées jusqu'à vider sa tasse. Les deux malfrats devaient sans doute avoir disparu dans la foule à présent : il leur avait laissé une bonne dizaine de minutes d'avance, ce qui n'était pas un problème. Il allait pouvoir les suivre à la trace grâce à sa petite Makhadée.

Il était temps de remonter la piste jusqu'aux œufs. Flavien passa la porte, retrouvant Aquila qui l'attendait bien sagement là où il le lui avait demandé, et Selmac perché sur l'épaule d'Emrys. Le photographe n'avait donc pas cherché à retenir les deux hommes, ce qui leur faciliterait la tâche. Il était plus prudent que ces deux-là ne soient au courant de rien pour qu'ils les conduisent directement aux œufs.

- Ils rejoignent certainement le groupe, Dit Flavien de but en blanc sans avoir besoin de préciser de qui il parlait, Je vais les suivre.

L'air interrogateur d'Emrys le fit soupirer intérieurement et il s'expliqua brièvement. Il devait au moins ça au voyageur qui l'avait aidé à retrouver l'homme qu'il cherchait.

- J'ai conjuré un insecte qui les accompagne à présent. Ma Nokhoi n'est pas capable de retrouver leur odeur dans ces rues bondées, mais je peux sentir la présence de mon invocation si je ne me concentre que sur celle-ci. Ma portée est limitée, mais la distance est suffisante pour qu'ils ne me remarquent pas. Exposa Flavien avant de complètement changer de sujet, Vous nous accompagnez ?

Le nomade n'était pas du genre à faire équipe. Il préférait voyager avec ses familiers plutôt qu'avec des compagnons humains et les rares fois où il se forçait à s'encombrer de compagnie humaine, il s'entourait en général de mercenaires ou d'aventuriers qui voyageait dans la même direction que lui. Autant dire qu'Emrys n'était pas exactement le genre de personnage qu'il avait l'habitude de fréquenter. Pourtant, il s'était presque fait à l'idée de devoir superviser le jeune homme lors de sa descente en territoire ennemi. La curiosité du photographe et son intérêt honnête pour les créatures en danger, faisait de lui un compagnon de route bien plus agréable que la norme, quoiqu'un peu timide.

La réponse d'Emrys ne tarda pas à arriver et Flavien secoua légèrement la tête lorsque Selmac décida de gratifier le photographe d'une léchouille, certainement pour le féliciter de son choix ô combien judicieux. Une chose était sûre : Emrys souffrait peut-être d'un certain manque d'assurance, il était loin d'être timoré. Flavien ne savait pas encore dans quoi il se lançait, et il doutait fortement que le photographe soit plus informé que lui.

- Allons-y dans ce cas. Dit-il, ajoutant mentalement en direction de sa Nokhoi " Aquila, tu ouvres la marche. "

La grande carnivore se leva d'un bond pour se poster devant le soigneur et son acolyte qui allait finir par s'en retourner chez lui avec Selmac dans les bras, l'Aitah bien décidé à ne pas descendre de son perchoir. La stature massive du reptile et son air peu avenant pour quiconque ne connaissait pas l'espèce permettait à Aquila de se frayer un passage dans la foule assez facilement. Les passants s'écartaient de son passage et Flavien lui emboitait résolument le pas, suivant la position de la petite Makhadée avec une concentration intense. Il dirigeait les déplacements d'Aquila par voie mentale, ne pipant pas un seul mot sur tout le trajet.

Là où d'autres compagnons de route se seraient confondus en questions rédhibitoires susceptibles de déconcentrer le soigneur, Emrys fit silence tout au long du trajet. Peut-être était-il en train d'essayer de concocter un plan d'action... ou peut-être commençait-il à regretter sa décision de suivre le soigneur peu loquace.

Quoi qu'il en soit, les deux hommes et leur petite ménagerie arrivèrent finalement à la frontière de la ville en fin d'après-midi. De multiples caravanes de voyageurs reposaient à l'entrée de Busad, attendant bien sagement l'arrivée de leur propriétaire. L'une de ces carrioles devait appartenir au groupe de contrebandiers et vu leur nombre impressionnant, il aurait été impossible de toutes les inspecter. Heureusement, ils n'en eurent pas besoin, Flavien s'engageant entre les différents véhicules sans leur accorder la moindre attention. Il ne s'arrêta qu'après une bonne vingtaine de minutes à slalomer entre les caravanes. S'appuyant contre un renfort de la cité, il pointa du doigt une caravane à laquelle était attelés deux chevaux, stoppée à l'ombre d'un grand arbre. Elle était distante des autres caravelles, signe que ses propriétaires appréciaient la paix... ou qu'ils avaient quelque-chose à se cacher. Elle se trouvait donc à une dizaine de mètres d'eux, à peine visible vu l'angle sous lequel ils l'avaient approchée. S'ils ne pouvaient pas entièrement voir la caravane, il y avait bien moins de chance pour qu'ils soient vus par ses occupants.

- Ils sont là. J'en suis sûr, Flavien croisa résolument les bras devant lui, Il faut intervenir avant qu'ils ne mettent les voiles, mais...

Flavien secoua la tête. Même lui savait que simplement toquer à la porte et assommer le malfrat était hors de question. Oh, ce n'était pas que l'idée le dérangeait. Il l'aurait certainement fait si l'homme n'était pas accompagné de trois autres brutes de son espèce. Le regard du soigneur se posa sur Emrys. Peut-être que l'homme silencieux leur avait concocté un plan d'action viable. Ou peut-être qu'il allait enfin s'autoriser à poser quelques questions brûlantes.


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Möchlog
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Sam 15 Sep - 19:01
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Au bout de plusieurs minutes, la porte s’ouvrit enfin, dévoilant un Flavien déterminé à poursuivre ces ravisseurs. De mon côté, son arrivée m’avait brusquement sortie de mon introspection, mais je m’étais forcé à ne pas sursauter pour ne pas effrayer la petite bestiole perchée sur mon épaule. Celle-là même qui, en voyant son maître, se leva d’un coup sur ses pattes, comme soulagée. J’étais étonné de l’équilibre de cette créature, mais je n’avais guère le temps de me poser plus de questions. Mon camarade avait un plan pour retrouver ces œufs, et même si j’eu beaucoup de mal à le comprendre -il était même fort probable que je ne l’avais pas vraiment compris- j’accepta de le suivre d’un signe de tête.

Le suivre, le suivre, c’était un bien grand mot. Au final, affublés de notre ménagerie –et la petite bestiole toujours sur mon épaule- je n’avais pas grande idée de qui je suivais réellement. Mais le principal était qu’on arrive, un jour ou l’autre, à destination, n’est-ce pas ? Bien sûr, Emhrys, mais si une fois là-bas on n’a aucun plan d’action, ça n’aura pas servi à grand-chose… J’activa donc mes méninges pour tenter de dessiner des ébauches d’idées sur comment récupérer ces pauvres créatures encore au stade embryonnaire. Une activité qui m’empêcha de faire la conversation, ce qui ne semblait pas déranger mon compagnon, bien au contraire.

Il fallut un moment avant que nous arrivâmes enfin aux abords de la ville, là où les portes de la muraille s’ouvraient majestueusement sur le reste de ce pays si mystérieux. Quoiqu’il en soit, pas le temps de s’émerveiller. Un parterre de caravanes et de roulottes s’étendait sous nos yeux. Des dizaines de petites cellules, composantes d’un même organisme gigantesque, mais une seule d’entre elles nous intéressait.

- J’ai peur qu’on ne mette bien du temps à trouver ce que l’on cherche…

J’avais dit ça d’une voix presque dépitée. L’ampleur de la tâche s’avérait colossale. Bienheureusement, dans ce pays la positivité semblait de mise, et tandis que Flavien ne semblait pas vouloir ménager sa peine et s’engageait à pas assurés dans la foule, le petit Selmac me gratifia d’une léchouille affectueuse. Il ne m’en fallait pas plus pour retrouver le sourire. Aller, mon gars, ce n’est plus le moment de réfléchir !

Je m’engageai donc à la suite du jeune homme, tentant de le suivre avec plus de mal que de bien. Contrairement à moi, il semblait savoir exactement où il allait. Oh, mais suis-je bête ! L’insecte, Emhrys ! L’insecte ! Flavien ne fait pas semblant de savoir où sont les ravisseurs, il sait où ils se trouvent ! C’est donc pris d’une vigueur nouvelle que j’essayai de rattraper ce personnage si fascinant par l’éventail de compétence qu’il était capable de déployer. En à peine plus d’un quart d’heure, nous étions arrivés dans les interstices de cette imposante muraille, dans son ombre, devant la caravane de nos chers charlatans. Mais alors que l’enthousiasme me consumait, Flavien tourna son regard vers moi. Il attendait quelque chose, un plan d’action. Un plan ? Encore un plan ? Oh la la…

- Nous… on doit s’emparer de ces œufs. J’ai peut-être une idée. L’un de ces hommes m’a vu prendre une photo, tout à l’heure, donc ils me connaissent.

Courage, Emhrys, courage. C’est une très bonne action que tu vas faire pour ces pauvres animaux.

- Je vais faire le tour, caché derrière ces caravanes, et essayer de prendre une photo bien en face de la roulotte pour attirer leur attention. Si j’ai de la chance, ils vont me courir après. Toi, profites-en pour récupérer ces œufs !

J’avais l’air au moins aussi déterminé que lui, mais seulement en apparence. La vérité, c’est que la frousse me serrait l’estomac. Qui sait combien ils étaient, de l’autre côté de cette caravane ? On ne pouvait pratiquement rien en voir. Mais le temps pressait, de toute façon. C’est le moment de se sacrifier, Emhrys ! Mais tu cours vite, ne t’inquiète pas ! Il est vrai que je n’avais pas pour objectif de me faire avoir non plus. J’espérai pouvoir les semer facilement dans ce dédale infernal. Je lançai un dernier regard à mon compagnon.

- Est-ce que ça te convient comme ça ?

Selmac, qui ne pouvait décidément plus me quitter, allait pourtant devoir s’y résoudre, et j’avais alors l’impression de percevoir comme de l’inquiétude sur ce visage si adorable. Cela ne me permettait pas de relativiser ma propre trouille. Quand même les animaux ont peur pour toi c’est que il y a une bonne raison…


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Flavien Teleri
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Sam 6 Oct - 18:32
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L'air de finalité qui teintait les paroles d'Emrys faisait plaisir à voir. Le photographe qui s'était enfermé dans son mutisme tout au long de la route semblait avoir résolu quelques conflits internes, bel et bien décidé à ce que la justice soit rendue à ces créatures majestueuses si injustement bafouées.

Flavien hocha la tête, approuvant les dires du photographe. Ils devaient récupérer ces œufs, peu importe la dangerosité de l'opération. Ni le pérégrin ni lui ne se le pardonnerait s'il venait à arriver malheur à ces précieux êtres. Emrys semblait d'ailleurs investi d'une énergie nouvelle alors qu'il partageait avec lui son plan, aussi simple qu'efficace. Ses mains étaient cramponnées à son précieux appareil tandis qu'il expliquait son raisonnement au soigneur. Il était clair que la présence de l'étrange artéfact lui accordait la même réassurance que celle qu'éprouvait Flavien au contact de ses familiers.

Le plan du jeune moustachu était relativement sain. Réaliste et assez fou pour fonctionner, il était leur meilleur option, néanmoins...

- Et lorsqu'ils te courseront ?, Questionna Flavien en optant pour un langage plus familier, toujours préférable pour s'adresser à ceux qui étaient prêt à risquer leur vie pour une entreprise aussi périlleuse, Que feras-tu ?

Récupérer les œufs de Dragon était une priorité pour le soigneur, mais pas au point de jeter en pâture la seule personne qui proposait de lui venir en aide et qui lui faisait assez confiance pour attirer sur elle les foudres de braconniers assez dangereux pour s'en prendre à la progéniture de l'une des plus fières espèces de ce monde.

- Aquila restera près de vous. Décida Flavien, contraint d'accepter que le plan proposé par Emrys était leur seule option s'ils voulaient réagir vite, N'ayez crainte, elle saura vous protéger.

Et surtout mettre hors d'état de nuire les hommes qui se risqueraient à prendre en chasse le photographe. Récupérer les œufs était une chose, leur rendre justice en était une autre. En plus de mettre leur cargaison en sécurité, Flavien se devait aussi de mettre la main sur ces malfrats. Ils devaient répondre à la justice, sans quoi ils s'en prendraient seulement à de nouveaux couples de Dragons. Le soigneur informa Emrys de ce point, précisant qu'Aquila risquait fort de blesser les hommes s'ils ne se tenaient pas tranquille le temps qu'il les rejoigne. Le photographe n'aurait pas à craindre pour leur vie, mais la Nokhoi n'allait pas non plus se montrer douce avec eux.

Leur décision prise et les rôles de chacun distribués, Emrys s'éclipsa pour mettre en œuvre la première phase de leur plan. Aquila lui emboita le pas, restant assez à l'écart pour ne pas être repérée de suite par les malfrats qui prendraient Emrys en chasse. Le photographe n'avait qu'un objectif, utiliser à bon escient son flash et attirer le regard des braconniers. Il allait ensuite passer à la phase numéro deux de leur plan, à savoir se diriger le plus vite possible vers une ruelle désertée pour qu'Aquila puisse intercepter le lot de mécréants.

Tout devrait bien se passer. Flavien n'avait plus qu'à attendre, dissimulé dans l'ombre.

Les minutes passèrent sans que le soigneur ne se risque à jeter un coup d'œil en direction d'Emrys. S'il se faisait repérer en même temps que le photographe, tout était fini. Il fallait que leur plan fonctionne, ou une confrontation plus directe serait nécessaire, ce qui n'était pas une bonne idée dans un lieu aussi peuplé qu'ici. Les propriétaires des autres caravanes n'hésiteraient pas à voler au secours des véritables méchants de l'histoire.

- Hé, sale rat ! Reviens par ici !

Un cri indigné s'éleva enfin de la caravane et bientôt les sonorités d'une course poursuite se fit entendre. Deux des trois braconniers s'étaient lancés à la poursuite du photographe qui courait remarquablement vite malgré sa constitution frêle et la charge supplémentaire de son appareil. Flavien ne perdit pas de temps pour s'engouffrer dans la caravane, cueilli à son arrivée par le troisième homme, resté sur place pour garder la cargaison.

- Qu'est-ce que-!

L'homme ne fut pas assez réactif. Selmac et Hua profitèrent de sa surprise pour lui sauter au visage, le distrayant assez pour laisser à Flavien le temps de loger une fléchette paralysante dans le bras de l'homme qui ne tarda pas à s'effondrer au sol. Les deux familiers rejoignirent leur maître qui se hâta d'attacher l'homme terrifié - oh, une part obscure de sa personnalité était particulièrement satisfaite de voir la terreur se lire sur le visage du braconnier -.

- Où sont les œufs ?

Un regard paniqué en direction de l'arrière de la caravane suffit à lui répondre. Laissant l'homme aux bons soins d'Hua, Flavien s'approcha des multiples caissettes qui tapissaient le fond de la caravane. Entre de nombreuses peaux d'animaux aux origines diverses et variées se dressaient les caisses contenant la précieuse marchandise qu'il espérait plus que tout mettre en sureté. Les œufs n'avaient pas l'air d'avoir plus souffert durant les quelques heures qui s'étaient écoulées, mais il ne pourrait pas en être entièrement sûr avant de les examiner attentivement.

Cela devrait pourtant attendre. Les deux autres braconniers étaient toujours à la poursuite d'Emrys et même s'il avait confiance en Aquila, il ne pouvait pas les laisser patienter trop longtemps.

Invitant les chevaux qui dirigeaient la caravane à se mettre en route, leur promettant une vie bien moins misérable une fois leurs maîtres mis derrière les barreaux, Flavien ne mit pas longtemps à retrouver Aquila et par association Emrys. La Nokhoi l'appelait à se hâter, aussi le soigneur lança les chevaux au galop jusqu'à rejoindre une ruelle à l'écart du cœur marchand de Busad. Il stoppa la caravane à quelques mètres de l'entrée étroite, s'élançant à la rencontre du photographe à bout de souffle qui avait terminé sa course dans un cul-de-sac.

- Emrys, tout va bien ?

Les deux hommes lancés à la poursuite du pérégrin étaient acculés contre un mur par une Nokhoi qui montrait les dents. Aquila grognait férocement, mettant au défi les deux braconniers de bouger. Ces derniers regrettaient amèrement de n'avoir pas eu l'intelligence d'attraper une arme ou l'autre avant de se lancer à la poursuite du jeune homme.

- Toi ! Cracha l'un des braconniers que Flavien reconnu immédiatement.
- Moi. Répondit-il simplement à l'homme qui l'avait envoyé sur les roses quelques heures plus tôt.

Sans engager la discussion, sans chercher à comprendre un comportement qui n'était pas justifiable à ses yeux, le soigneur arma sa sarbacane et visa les deux braconniers qui ne tardèrent pas à sentir les effets du venin de Tairakh se rependre dans les veines. Si ces hommes paralysant les créatures qu'ils dépouillaient de leurs œufs se retrouvaient à présent à subir le même sort que ces dernières, il y avait tout de même une justice dans ce monde.

- Tenez, attrapez-le. Ordonna le My'trän à son camarade d'un jour, La caravane n'est pas très loin. Nous allons les charger à l'arrière et les livrer aux Protecteurs. Ils seront bien obligés de nous croire. Il y a forcément des preuves.

Devant l'air interdit du photographe qui attrapa tout de même l'homme le plus léger, Flavien gesticula en direction de leurs otages.

- C'est du venin de Tairakh dilué, Expliqua-t-il, Ils devraient se tenir tranquille assez longtemps pour qu'on puisse les livrer à la justice. On ne peut pas les laisser s'en tirer, ils recommenceraient.

Tombés sur un commun accord, les deux aventuriers entamèrent leur chemin de croix jusqu'à la caravane. Mine de rien, un corps complètement paralysé pesait son poids.

Une fois que les deux braconniers eurent rejoint leur collègue, ligotés eux aussi, juste par mesure de sécurité, Flavien lança les chevaux en direction du centre de Busad. Tout en conduisant, il invita Emrys à mettre de côté son appareil pour fouiller la caravane à la recherche de preuves pouvant appuyer la justesse de leurs actions criminelles (Flavien ne comptait pas figurer dans les registres de la ville en tant que voleur et agresseur d'honnêtes commerçants). Il espérait que le pérégrin trouve quelque-chose de fiable, ou bien il risquait fort d'avoir du mal à être pris au sérieux en avançant aux Protecteurs qu'il avait senti la détresse de ces créatures en devenir.

Le convoi n'alla pas bien loin. A peine quelques rues plus loin, Flavien fut contraint d'arrêter la caravane. Un mur de pierre était sorti du sol devant ses yeux, effrayant les chevaux et manquant de les faire se cabrer. Nul doute que le passage en trombe d'une caravane dans le secteur il y a une petite demi-heure avait incité les habitants à trouver des Protecteurs de la cité pour les informer que quelque-chose ne tournait pas rond.

Flavien serra les dents en croisant le regard des Protecteurs qui avaient érigé le mur de pierre. Lentement, il descendit du cheval pour faire face aux fiers membres de la garde. Ces derniers n'avaient pas l'air très impressionnés par son salut courtois.

- Vous savez qu'il est strictement interdit de lancer des chevaux au galop dans cette partie de la ville.

Une affirmation. Tous les marchands étaient informés de ce détail en entrant à Busad.

- Veuillez ouvrir les portes s'il-vous-plait.

Il ne fallait pas être savant pour comprendre que les gardes souhaitaient contrôler le contenu de la caravane. Si son conducteur la lançait à pleine vitesse dans les rues de la ville, il devait bien avoir une raison, et pas forcément la bonne.

Eh bien. Lui qui comptait livrer les malfrats à la justice, il semblait que la justice était venue à lui. Flavien ouvrit les portes de la caravane et son regard croisa celui d'Emrys, penché au-dessus d'une pile de papiers. Non loin se trouvaient les trois braconniers, surveillés de près par Aquila qui gronda en voyant l'un des Protecteur attraper le bras de son maître. Flavien ne fit aucun geste pour se dégager, sachant pertinemment que le tableau qu'ils présentaient n'était pas des plus engageants.

- Nous pouvons tout vous expliquer.
- Vous avez plutôt intérêt. Répliqua sèchement l'un des Protecteur.

Flavien releva les yeux vers Emrys. Il espérait que le jeune homme ait eu assez de temps pour fouiller les affaires des trois braconniers et trouver de quoi les incriminer... et par la même occasion discriminer le soigneur et le photographe.

HRP:
 


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Möchlog
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Ven 19 Oct - 0:40
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On peut dire que Flavien ne m'aidait pas à passer à l'action... Je donnerai n'importe quoi, à ce moment-là, pour annuler ce plan si insensé et simplement le laisser faire, en croisant les doigts. Et voilà qu'il commence à me poser des questions bien embarrassantes... J'avais confiance dans mes capacités de coureur, mais aucune connaissance des leurs, et c'est bien ce qui m'inquiétait. Aller, Emhrys ! Personne ne te battait à ce petit jeu à l'école ! Fais comme si t'y étais retourné ! Après, je ne vais pas cacher que j'étais fier de moi. Ma bravoure, en tout cas ma promesse de bravoure, avait arraché à ce jeune homme un tutoiement bienvenue dans un moment aussi délicat. Mais il repassa rapidement au vouvoiement quand il fut temps de me présenter mon protecteur attitré. J'aurai du mal à retenir les noms de tous ses charmants compagnons, mais je suis sûr de pouvoir crier le bon si jamais je venais à me mettre dans le pétrin.

- Merci, Flavien. Acquiesçai-je, mon appareil sous le bras. Et bonne chance.

Et c'est parti pour la course ! Enfin, au début j'avais juste à me faufiler. La partie la plus facile, finalement. Ils n'avaient pas l'air de prêter beaucoup attention à autre chose qu'aux œufs, ces malfrats. Toutefois, je ne vais pas cacher que je n'en menais pas large non plus. Je tremblais comme une feuille à l'idée d'entendre le premier cri dans ma direction. Même si, heureusement, il n'arriva jamais, en tout cas pas au moment gênant. Je me considérais suffisamment éloigné d'eux au bout d'un long temps de marche hasardeuse, la tête baissée ou caché derrière des tentures ou des étales fermés. Finalement, après avoir jeté quelques regards en arrière, dans l'espoir d'apercevoir un Flavien qui demeurait fatalement invisible, je pris mon courage à deux mains. Tu peux le faire, tu peux le faire, tu peux le faire. Je me répétai cette phrase en boucle dans ma tête, car c'était bien la première fois que je prenais autant de risques. En avais-je seulement les épaules ? Non, ce n'était pas le moment de penser à faire machine arrière. Je le faisais pour ces œufs, pour cet homme si valeureux.

- Aller, mon petit Emhrys, c'est le moment d'être un homme...

D'abord, on enlève le verrou, voilà. Ensuite, on ouvre la boîte, on déplie le Graflex, voilà. Tu sais comment on fait, Emhrys. Péniblement, je dressais finalement l'appareil vers la tente des braconniers. Il ne m'avait jamais paru aussi lourd. Puis, j'activais le flash, et l'appareil. Autant profiter de ce moment pour prendre un joli souvenir de mon plus grand coup de folie. Et maintenant, il était temps de courir ! J'aperçus à peine les visages éberlués de ces malheureux en train de regarder dans ma direction que j'étais déjà reparti dans l'autre sens, et à toute vitesse.

- Hé, sale rat ! Reviens par ici !

Comme prévu, un duo déchaîné se rua à mes trousses, et j'entendais leurs cris délurés alors que j'avais plus d'une dizaine de mètres d'avance. Mais l'écart se creusait irrémédiablement, je le savais. Je n'avais plus la vigueur de mes jeunes années, et le Graflex, fidèle ami depuis tant d'années, était ici un fardeau bien lourd dans cette entreprise de fuite. Ma main droite faisait de fréquents aller-retours entre l'appareil et mon chapeau, simplement pour éviter que l'un ou l'autre ne tombe malencontreusement. Les deux hommes me collaient au train ! Oh la la... plus vite, sacrebleu ! J'usais de mes dernières forces pour accélérer. La rue désignée par Flavien était en vue, et son fidèle compagnon m'y attendait pour s'occuper de ces gredins. Encore quelques mètres et j'amorçais finalement un violent virage pour m'engouffrer dans le cul-de-sac salvateur.

Victoire ! Le noble animal s'y trouvait, fidèle au poste et à son maître, et mon arrivée réveilla sa fureur bestiale qu'il entreprit de déchaîner sur mes poursuivants à grands renforts de grognements et de positions menaçantes. Je n'avais jamais autant aimé être derrière pareille créature ! Haha ! Je t'avais bien dit, mon petit Emhrys ! Tu l'as fait !  Mais je ne manifestais pas aussi promptement ma joie en dehors de mon esprit. J'étais bien trop occupé à cracher mes poumons en m'appuyant contre le mur le plus proche, tout en reprenant mon souffle. Je n'eus même pas la force de tourner la tête vers Flavien alors qu'il entrait à son tour dans cette ruelle décidément bien trop étroite pour contenir autant de monde.

Une brève discussion, c'est un euphémisme, s'engagea alors entre ce cher ami et l'un des deux brigands. Un dialogue qui se termina, sans surprise, par leur neutralisation grâce à la sarbacane de Flavien. Un homme, décidément, dont il ne valait mieux pas se faire l'ennemi. De mon côté, je peinais à me calmer les poumons, me décidant enfin à jeter un regard vers le spectacle qui se déroulait à côté de moi. J'eus à peine le temps de détailler la scène que mon compagnon me demandait déjà d'en porter un jusqu'à la la charrue qu'il avait emprunté. Je mis de longs instants avant de saisir, non sans réserve, le plus menu des deux braconniers. Menu, certes, mais j'avais déjà du mal à en faire quelque chose, d'autant plus que j'avais toujours mon inestimable Graflex sous le bras. Je pris tout de même le temps de répondre à Flavien qui avait eu l'air de se préoccuper de mon relatif désarroi.

- Oh, mais ne vous en faites pas, je me doutais bien qu'il n'y avait là... Rien de mortel. Et vous avez raison, la justice doit les enfermer, afin de protéger d'autres œufs qui pourraient finir sur leurs étales.

Après ces bonnes paroles, il était temps de le traîner, celui-là. Je confesse avoir eu tout le mal du monde à m'acquitter de ma tâche, mais l'anesthésiant avait l'air efficace, et c'était tant mieux. Nous chargeâmes donc tout ce petit monde à l'arrière de la caravane avant de les ligoter soigneusement, pour éviter toute escapade malvenue. Ceci fait je m'assis, non sans un soupir de soulagement, aux côtés de mon ami aux commandes de la carriole, et de sa petite ménagerie dispersée autour de nous. Les chevaux s'élancèrent alors au galop dans les rues de la splendide cité My'träne, mais notre chevauchée fut de courte durée. Un immense mur de pierres et de roche sorti tout d'un coup de la rue comme s'il s'agissait d'une vague frappant la falaise. Tout comme notre attelage, je ne pus réprimer un mouvement de recul bien inutile, mais tout de même assez éloquent sur la surprise qui m'avait gagné.

Je crus bon d'imiter Flavien et de descendre de ma haute assise pour afficher un visage docile à ces hommes qui n'étaient, visiblement, pas venus pour un simple contrôle d'identité dans le calme et la quiétude. Le contenu de la caravane intéressa très vite ces messieurs qui, malgré les grognements de  notre compagnon à quatre pattes, découvrirent rapidement le pot-au-rose. Un constat qui ne devait pas jouer en notre faveur, mais tandis que l'on nous attrapa vigoureusement le bras pour, très probablement, nous arrêter en bonne et due forme, j'implorais ces messieurs avec au moins autant d'énergie.

- Attendez ! Ce n'est pas nous qu'il faut arrêter ! J'ai des photos ! Ces gens braconnent des œufs de dragons ! J'ai des preuves !

Je désignais vivement du doigt mon Graflex, toujours à bord du convoi, là où j'étais assis. Mais l'homme s'obstinait à me tirer le bras pour m'éloigner de lui.

- Des photos, vous savez ce que c'est ? Il me faut simplement... Oh flûte... Il me faudrait de quoi les développer... Oh, mais je sais ! S'il vous plaît messieurs, fouillez donc ces malfrats ! Sur eux il doit forcément y avoir un document qui prouve ce que nous avançons !

Aller... ! Aller ! Croyez-moi, je vous en prie !  Ces membres des forces de l'ordre affichaient un regard dubitatif, mais l'un d'entre eux, celui qui n'était pas affairé à nous neutraliser avec force, soupira avant de se diriger vers l'arrière de la caravane.

- Bon, je vais voir, au moins je pourrais peut-être trouver qui ils sont. Mais surveillez-les bien, surtout.

Une mise en garde adressée, bien évidemment, à ses collègues, et qui eut le mérite de fonctionner puisque, à l'instant d'après, la forte poigne sur mon bras se resserra un peu plus, m'arrachant un pathétique gémissement de douleur. Pendant de longues minutes, je demeurais interdit, fixant la scène malheureusement soustraite à nos yeux par la large toile de la caravane. J'espérais entendre quelque chose, mais rien. L'homme inspecta silencieusement, mais méticuleusement, chaque membre de cette bande bâillonnée avant de sortir finalement en pestant contre on-ne-sait-qui. Pitié, faites que ce soit une bonne nouvelle, pitié, faites que ce soit une bonne nouvelle...

- Messieurs, lâchez ces hommes. Ils vont nous suivre, mais c'est plutôt ces types là-dedans qui vont vous échauffer les bras.

Je n'osais pas vraiment y croire. Puis j'aperçus le papier usé que le lieutenant tenait dans la main. Il avait été maintes fois plié, il devait se trouver dans une poche, ou un portefeuille, ou une chaussure.. . Je me demandais, pendant quelques instants, si j'avais le droit de parler, puis la brute dans mon dos lâcha finalement mon bras que je m'empressais alors de masser en grimaçant. Puis mon regard se tourna vers Flavien, et ma grimace se changea en sourire éloquent.

- Euh, excusez-moi... qu'avez-vous trouvé alors ?

Le militaire se tourna vers moi, l'air suffisamment froid pour comprendre que je n'avais tout de même pas gagné son amitié, malgré le fait que j'avais dit la vérité...

- Ce que j'ai trouvé ? Ce que je n'ai pas trouvé plutôt. Les œufs de dragon c'est tellement rare qu'ils doivent être systématiquement accompagnés d'une fiche d'identité donnée par l'éleveur qui les a vendus. Et s'ils ont été trouvés dans la nature, ils doivent être enregistrés dans une grande ville de My'trä dans les plus brefs délais, ce qui coûte cher. Et ces types n'avaient aucun de ces papiers avec eux, donc y'a un gros soupçon de braconnage... Mais vous êtes pas totalement sortis d'affaire non plus, alors vous allez nous suivre. Et calmement, s'il vous plait.

Bien, on va dire que j'ai tout compris. Il fallait tout de même avouer que c'était là une législation bien stricte, mais comme ce brave garde le disait lui-même : les œufs de dragon sont des choses rares. Je voulais donc bien croire qu'en posséder n'était pas quelque chose d'anodin, et en vendre encore moins. Mais... ma curiosité me poussa à aller plus loin dans mes questions, quitte à paraître vraiment trop bavard.

- Et... Ce papier, alors ? Que dit-il ?

La réponse fut aussi sèche que ma gorge depuis quelques heures maintenant.

- Mais roh, taisez-vous donc un peu ! Estimez-vous déjà heureux de ne pas être à leur place ! Maintenant, je ne le répéterai pas, suivez-nous, et dans le calme.

Cette fois-ci, ses yeux fixaient intensément le jeune Flavien, qui n'avait pas pipé mot depuis tout à l'heure. Eh bien, comme disait ce soldat, on était pas sorti d'affaire. Mais je me permis tout de même, quand notre homme s'éloigna pour s'enquérir de la situation de ses camarades, de glisser une petite remarque optimiste à mon cher compagnon.

- Je pense quand même que l'on est moins près de la prison que ces garçons, cher ami...

Le tout était accompagné d'un sourire complice que j'estimais de circonstance alors que je sentais notre victoire finale approchée dans cette affaire. La justice innocenterai mon ami, ainsi que moi-même, et emprisonnerait ces voleurs pour qu'ils ne puissent plus faire le moindre méfait !


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