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Chroniques d'Irydaë
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 [Terminé] Bienvenue en milieu hostile [Hex & Allys]

Aurore Seraphon
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Dim 28 Jan - 17:10
Irys : 938007
Profession : Agriculture/Chasse
My'trän +2 ~ Khurmag


~ Hex & Allys & Aurore ~

Cela faisait plusieurs jours qu’Allys était partie. La jeune femme avait reçu une missive de son amant, lui demandant visiblement de la rejoindre. Tout du moins, c’était ce que la my’tränna avait compris. Aurore s’était donc retrouvée toute seule, dans la maison de son amie. Oh, avant de partir celle-ci lui avait évidemment donné les recommandations et explications basiques, comment fonctionne la porte, où se trouve la nourriture, ne pas ouvrir aux inconnus, éviter de sortir, éviter de se faire trop repérer, ne pas hésiter à utiliser ses affaires. Allys avait même eu la générosité de ranger et verrouiller dans une pièce tous les éléments de cette technologie qu’elle possédait afin de ne pas rendre malade Aurore. Du moins, tous ceux qui lui avait sauté aux yeux, n’en restaient-ils encore que trop aux yeux de la rouquine qui en passant dans certaine pièce, sentait son cœur se soulever et la bile manquer de s’extirper de ses lèvres.

Peu importe combien de temps, ou comment, Aure ne pouvait se résoudre à rester ainsi, enfermée. Bien qu’elle comprenne entièrement les recommandations de son hôte, la my’tränne semblait avoir ce besoin de voir les choses par elle-même, de découvrir le monde de ce côté-là. Oh évidemment, Allys lui avait proposé des vêtements, mais non, Aurore se sentait bien dans sa peau de bête, dans ses gilets, dans sa tenue vestimentaire qui dévoilait parfaitement ses origines. Pourquoi devrait-elle changer, ne pouvait-elle pas rester comme elle était ? Des vêtements influenceraient-ils réellement la façon de percevoir le monde des étrangers ?

Le premier jour, ne fut pas réellement très long pour la my’tränne, qui s’était décidée à nettoyer entièrement la maison de son hôte. Armée d’un balai, d’une lavette et de son don d’Amisgal elle avait donc nettoyé, astiqué, balayé la demeure et son étage, ouvrant grand les fenêtres et les volets, réparant ce qui était à sa mesure. Le deuxième jour fut tout aussi agité, Aurore ayant décidé de mettre le nez dehors pour remettre en état le pauvre jardin. Main dans la terre, pluie réalisée par ses soins, retirage des mauvaises herbes, replantage convenable des fleurs, taillage des branches des arbres et des arbustes, tout devait être parfait afin de faire plaisir à Allys et de ce fait, la remercier pour son aide. Ceci étant fait, Aurore s’était couchée avec une pile de livres qu’elle avait empruntés à la jeune femme, c’est sur le petit matin que la rouquine avait fini par s’endormir.

Réveillée par les rayons de l’astre, Aurore avait émergé de son sommeil un peu contrarié. En y réfléchissant, la my’tränne trouvait qu’il manquait quelques fleurs ici et là, un beau paquet rendrait la table du salon, parfaite. La rouquine s’était donc décidée à utiliser la clé, étrange mécanisme qui permettait de verrouiller la porte. Après dix minutes d’acharnement, elle avait fini par intervenir et l’avait accroché autour de son cou, afin de s’assurer de ne pas la perdre. Remontant l’avenue calme de la résidence, la jeune femme, comme le petit poucet, laisser derrière elle une multitude de petits cailloux qu’elle avait emprunté au jardin, afin de ne pas se perdre et du coup retrouver facilement son chemin. Ses yeux n’avaient de cesse de s’écarquiller devant la grandeur du lieu, devant la maison, devant tellement de choses étranges que son ventre n’avait de cesse de se tourner dans tous les sens. Une fois en haut de la rue, elle avait simplement tourné sur la droite à la recherche de fleurs qu’elle pourrait utiliser.


- «  Barbe à papa, marron chaud, pomme d’amour, bonbons, venez, venez messieurs dames ! »

S’approchant du stand, Aure était restée un long moment à regarder à travers la vitre les différents éléments visiblement sucrés, se faisant dévisager, sans réellement s’en rendre compte par le vendeur. Les différentes sucreries ne faisaient pas du tout envie à la my’tränne qui voyait plutôt en celles-ci des diableries, des choses à éviter, de la technologie pure qui al rendrait malade à coup sûr. Psychotant légèrement, elle avait fait un pas en arrière, surprise d’entendre le vendeur s’en satisfaire tout en grognant un « dégage sauvage. »

- «  C’est Aurore, mon prénom » avait-elle cru bon de souligner le regard perplexe.

Poursuivant sa découverte et de ce fait, de déposer une petite pierre sur le sol pour ne pas se perdre, elle tomba finalement, beaucoup plus loin, sur une enseigne se nommant « Au plaisir des fleurs » elle comprit immédiatement que c’était sa chance. Passant la porte, une petite sonnette qui la fit sursauter se fut entendre, alors que déjà la responsable des lieux arrivée avant de stopper ses pas juste devant la my’tränne.

- «  Bonjour, madame, en quoi puis-je vous aider ? »
- « Je voudrais des plantes, pour l’extérieur d’une maison… De quoi mettre un peu de couleur dans l’herbe bien verte que j’ai terminé de couper hier soir… »
- « Oh je vois, madame a besoin de changement. Vous venez de quitter votre territoire ? »

Haussant un sourcil, Aurore ne comprit pas immédiatement à quoi la vieille dame faisait référence, elle n’eut de toute manière pas véritablement le temps d’y réfléchir, puisqu’elle se retrouvait déjà les bras chargés de plantes diverses et variées, d’arbustes et d’un énorme bouquet de roses bien rouges.

- « Voilà, je vous l’offre. Quitter ainsi votre contrée pour venir du côté des gens bien… Ce n’est pas donné à tout le monde, je ne peux que vous féliciter ! Bravo ma p’tite dame. »

Tout en la raccompagnant à la porte, elle lui avait souhaité une merveilleuse journée. Une nouvelle fois, la my’tränne n’eut pas réellement eut le temps de comprendre les événements. Elle ne s’en soucia pas vraiment non plus, n’avait-elle pas de quoi terminer le potager, le jardin et agrémenter l’intérieur de la maison, le tout gratuitement ? De quoi être heureux en soi. Remontant doucement la ruelle, elle tomba nez à nez avec un groupe, qui visiblement était à sa recherche. Quatre hommes, armés de batte de baseball, les yeux entourés de rouges. La rouquine reconnut le marchand, qui l’avait dénigré peu de temps auparavant. Sans se démonter, elle tenta tant bien que mal de passer sur le trottoir, se faisant inévitablement bousculer. La violence fut-elle qu’elle se retrouva fesse sur le trottoir. Les cadeaux de la fleuriste, étendue sur le sol autour d’elle, poussé du pied par ses assaillants qui terminaient de l’entourer.

- «  Bah alors la sauvageonne, tu es perdue ? »
- « Tes architectes ne vont pas te venir en aide ici »
- « C’est bête, tu n’es pas née du bon côté, tu aurais pu faire une belle femme si tu étais de chez nous. »

Fronçant doucement les sourcils, Aurore avait tenté vainement de se relever, avant de sentir une vague de coup plus violent les uns que les autres s’abattre sur elle. Coups de pieds, coups de points, coup de batte, fort, toujours plus fort et si rapidement que la rouquine n’eut pas le temps de se défendre, ou même simplement de voir venir la chose. Épuisée, assommée, surprise, Aurore n’arriva qu’à peine à hurler un « à l’aide » qui s’étouffa dans un mélange de salive et de sang qui remplissait maintenant sa bouche.  C’est finalement sa magie de l’illusion qui fit reculer les hommes, puisqu’instinctivement, elle s’était déclenchée, offrant une vague de peur atroce aux jeunes gens, qui reculèrent de quelques pas en hurlement, eux à gorge déployée.



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Aurore s'exprime en #ff9999


Dernière édition par Aurore Seraphon le Sam 10 Mar - 17:10, édité 1 fois
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Allys Terasu
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Dim 28 Jan - 21:01
Irys : 1017994
Profession : Ingénieur mécanique
Daënar +1
Qu'il était bon de rentrer chez soi. Allys n'était pourtant pas partie longtemps. A peine trois jours. Mais l’ascenseur émotionnel qu'elle avait vécut lui avait semblé interminable. Quelques jours plus tôt, alors qu'elle faisait découvrir à Aurore sa maison de ville, elle avait dû partir précipitamment. La lettre d'Hex avait sonné comme une urgence qui lui avait noué l'estomac. Laisser la My'träne ne lui avait pas vraiment fait plaisir, elle qui était devenue protectrice envers la belle rousse. Telle une mère couvant son jeune bébé, l'ingénieure avait crains pour sa vie. Ce n'était pas quelques conseils mais une pluie de recommandations qu'elle avait laissé à sa nouvelle amie. Ne pas sortir étant celle sur laquelle elle avait lourdement insisté. Si jamais il arrivait malheur à Aurore jeune femme ne se le pardonnerait pas. La rouquine avait rassuré Allys mais la blonde n'avait pas eut le temps de savoir si c'était seulement pour que la métisse lui lâche la grappe. De toute manière, elle n'aurait pas pu faire mieux.

De retour à Ratham, Allys était pourtant loin de ses précédentes inquiétudes. Elle revenait enjouée et terriblement excitée à l'idée non seulement de retrouver sa belle amie et lui raconter son escapade, mais aussi parce qu'elle allait faire visiter à son amant sa seconde maison. L'endroit où elle avait passé quelques années à se familiariser avec les Daënars, leur quotidien, leur culture, mais surtout où elle avait put obtenir son diplôme d'ingénieur. Celui qui lui permettait à présent de créer jusqu'aux limites de son imaginaire. A peine l'aéronef posé, Allys sauta de l'engin avec le regard pétillant. Elle laissa le soin à son partenaire de s'occuper des frais pour l'emplacement de leur machine volante. La mécanicienne l’attendit à la sortie, lui tendant les rennes d'un cheval à l'allure robuste.


« On est à l'opposé de chez moi, je me suis dis que ce serait plus agréable de louer des chevaux pour traverser la ville tranquillement. Je te montrerai quelques quartiers sur le chemin. »

Avec un grand sourire, Allys monta sur sa propre monture. Son Alky lui manquait mais elle le savait entre de bonnes mains et surtout bien plus heureux à Zochlom. Pour cette fois, elle utiliserait les montures de la région. C'était bien plus banal mais les cheveux avaient toujours été de fidèles compagnons de traversée. Au petit trop, le cheval de la belle gambadait dans les rues qui se firent de plus en plus dense à mesure qu'ils entraient dans le centre de Cerka. Sur le chemin, elle désignait des enseignes réputées où elle avait put travailler à ses débuts ou celles connues pour leur très bon matériel. Mais elle se permit surtout un détour vers le quartier intellectuel de la ville, passant devant l'université d’ingénierie avec une fierté non dissimulée. Enfin, elle reprit la route principale. Ils s'arrêtèrent devant une auberge dont le but à la fois de déposer les montures au point de rendez-vous donné mais aussi afin de se payer quelques gourmandises pour se remplir le ventre. Le reste du chemin se fit à pied.

Arrivée devant la grande bâtisse qui lui servait de maison, Allys ne put qu'afficher une expression surprise mais ravie. Aurore avait la main verte et il était évident au vu du jardinet impeccable qu'elle y avait mit les mains. Cependant, Allys ne fut pas au bout de ses surprises. Attrapant la seconde clé de la porte d'entrée, elle déverrouilla la serrure. Une fois entrée, elle put constater qu'une bonne odeur de propre régnait entre ces quatre murs.


« Aurore, je suis rentrée ! »

Annonça-t-elle en se défaisant de son long manteau. Hex sur ses pas, elle parcourut la maison de long en large à la recherche de son amie. Hélas sans succès. Aurore n'était ni dans la salle de séjour, ni dans la cuisine, encore moins dans la chambre d'ami... Mais où était-elle ? Soudainement anxieuse, une bouffée d'angoisse étreignit la jeune femme. Suivit d'un élan de panique totale. Elle jura alors comme un charretier avant de s’élancer à vive allure vers la sortie, bousculant au passage sans le vouloir son compagnon.

Elle devait se faire des idées. C'était certain. Il était absolument exclu qu'il soit arrivé malheur à la rouquine. Hors de question. Pourtant elle avait un pressentiment dérangeant. Et elle savait. Elle savait comment étaient les gens. Comme une furie, elle surgit dans les magasins alentours, leur posant la même éternelle question :


« Avez-vous vu une femme rousse, les yeux verts, habillée de fourrures ? »

Dès lors qu'elle obtenait une réponse négative, elle se ruait vers la rue sans un au revoir. Elle n'avait qu'une chose en tête, retrouver son amie saine et sauve. Tout le reste n'avait plus la moindre importance. Le fait qu'elle appuie bien trop lourdement sur sa jambe mécanique, si Hex la suivait ou non, s'il lui parlait ou pas d'ailleurs. Elle n'entendait plus rien d'autre que ce qui lui importait à cet instant, ne ressentait rien d'autre que cette angoisse oppressante. Jusqu'à ce qu'elle tombe sur la marchande de fleurs...

« Oui, je l'ai croisée il y a quelques minutes. Vous êtes son amie ?  »
« Par où est-elle partie ? »
« Vers le nord. C'est une femme courageuse, je suis sûre qu'une fière représentante de notre nation comme vous la remettra bien vite dans le droit chemin. »

Allys avait l'esprit bien trop préoccupé pour remettre à sa place cette femme et ses préjugés. Elle continua sa course effrénée malgré les battements virulents de son corps et le halètement qui s'échappait de ses lèvres. C'est avec horreur qu'elle perçu alors un cri.

« A l’aide ! »
« Aure ! »

Ça ne pouvait-être qu'elle. L'ingénieure redoubla d'effort, ignorant les protestations de son corps. Jusqu'à ce qu'elle tombe sur cette scène déchirante. Aurore était en train de se faire battre par quatre hommes. Et malgré ses tentatives pour les repousser de sa magie, ils revirent vite à eux, plus haineux encore. Allys resta figée d'horreur, étreignit un instant par une peur sans nom. Quelques années plus tôt, elle s'était retrouvée à sa place. Une étrangère battue par un groupe d'hommes ignobles. Ils avaient faillit la tuer. Faillit. Non. Elle en avait fini avec cela. Elle avait gagné. Elle en ferait de même.

L'esprit soudainement sauvage, elle se jeta sur le premier venu, lui fracassant le corps de son poing d'acier. Elle y mettait tant de force qu'elle en abîmait le métal autant que l'ossature fragile de l'agresseur devenu sa victime. Dès lorsqu'il s'écroula au sol, elle ne chercha même pas à vérifier qu'il était inconscient ou non, elle se jeta sur le suivant, le faisant tomber à même le trottoir.


« Vous ne la toucherez pas ! »

Éructa-t-elle avec rage, sa colère envenimée alors qu'elle constatait de près l'état de son amie. Mais elle avait beau être transcendée, sa cible n'était pas en reste non plus.

« Putain, Borren, aide-moi ! »

Alors que le marchand de bonbons s'occupait toujours de frapper Aurore de sa batte, le quatrième homme s'occupa, lui, de la furie argentée, lui décochant un coup qui l'envoya verser quelques mètres plus loin. Satisfait d'avoir libéré son partenaire de la prise, il laissa son arme racler le sol en s'approchant dangereusement.




Ma couleur : #9999cc
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Hex Hekmatyar
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Lun 29 Jan - 0:03
Irys : 126594
Profession : Soldat de fer
Daënar +3 ~ Vereist (homme)
Le voyage fut plutôt tranquille, et le vol ne fut perturbé par rien de notable, la seule action notable que j'eus à faire fut de dévier l'appareil quand un vol d'oiseau passa un peu trop près de l'appareil. J'était sur un petit nuage, aussi bien réellement avec l'appareil que psychologiquement avec Allys, et il n'était pas chose aisée d'en descendre. A plusieurs reprise je dus m'arracher à la contemplation de la jeune femme pour me concentrer sur le vol en cour. En fait c'était même pire que ça, car une bonne partie du voyage je la passais à la regarder amoureusement, jusqu'à ce que la ville soit clairement visible.
L’atterrissage fut une formalité, et les trois roues de l'appareil au sol, il suffit simplement de rouler vers un parking adapté, vu l'apparence de l'appareil, j'eus le droit à un hangar militaire qui ne me coûta pas grand chose sinon un petit bonus à la sentinelle qui me l'ouvrit gentiment avant de contresigner les papiers de parking.
De là il me suffit simplement de retrouver mon amour, plusieurs sacs sur les épaules avant de saisir les rennes du cheval qu'elle me montrait
Je n'aimais pas vraiment ces bestioles un peu trop encline à n'en faire qu'à leur tête, mais pas question de montrer le moindre signe de désaccord à Allys et sans discuter j'enfourchais l'animal, tachant de répartir du mieux possible la masse de l'arsenal que j'avais sur le dos.
La route était plutôt tranquille et je pus passer tout mon temps à admirer la ville et ma compagne mon attention ne se déroutant d'elle que lorsque nous traversions l'université d’ingénierie, m’émerveillant devant certaines réalisations prestigieuses. Mon regard fut particulièrement attiré par une boutique qui proposait à la vente un bien étrange engin monté sur deux roue dont le désigne me plus particulièrement et si le prix semblait prohibitif, je me mis en devoir de revenir voir cet engin qui paraissait si.... beau ?

Puis Allys s'arrêta devant une magnifique petite maison, rendant au passages les chevaux que nous avions empruntés. Le jardin semblait être flambant neuf tout comme l'intérieur, la jeune femme hurla à son invitée mystère qu'elle était rentrée mais personne ne fit mine de l’accueillir, et Allys se mit à chercher partout dans la maison sans succès.
Pendant sa recherche, je pris le temps de laisser mon armure dans un coin, mon pistolet rangé et dissimulé sous une épaisse veste de cuir.
Pour le reste j'avais encore l'énorme Klaive accroché dans mon dos, arme qui, si elle jurait sur le raffinement local et rappelait les vertes contrées de Mytra était tout de même redoutable.
Mais alors que je faisais mine de m'en débarrasser, une furie aux cheveux d'argent se rua à l’extérieur me bousculant assez violemment pour que l'arme claque contre le mur me laissant un peu hébété sur le coup.
Avais-je fais quelque chose de mal ? Ou était-ce autre chose ? Toujours est-il que sans un mot je me mis à la suivre comme je pouvais, encore à moitié vêtu de la tenue légère de pilotage, les bottes en cuir frappant le pavé au rythme effréné de la jeune femme.
Difficile néanmoins de la suivre tant elle semblait paniquée, ne s'arrêtant que pour demander quelque chose à une vieille femme qui ne m'inspira pas plus que ça.
Evidemment cette dernière me retarda quelques minutes en voyant l'écusson brodé sur ma veste


-Oh ! Un fier soldat de notre chère armée ! J'espère que vous êtes ici pour aider la jeune femme à guider notre nouvelle citoyenne vers le droit chemin


Je m'arrêtais un moment, la fixant avec un regard plein de surprise et une expression cassante sur le bout des lèvres avant qu'un cri ne résonne dans la rue. je me tournais pour en voir la source, remarquant des cheveux roux que j'avais déjà du voir et surtout une chevelure argenté foncer vers quatre hommes armés.
Un profond soupir plus tard je fis signe à la femme de s'éloigner gentiment.


-Madame veuillez reculer, il semble que l'éducation des mages doive se faire au dépend de quelques personnes récalcitrantes à la lois Daenar.


En voyant le combat débuter, je vis ma chérie expédier un coup de poing qui me fit serrer les dents imaginant déjà les côtes abîmées par la violence du coup mais aussi la prothèse de la jeune femme, ce qui en soit m'importait bien plus que le cadavre d'un idiot.
Alors que j’essayais de comprendre, un des hommes frappa violemment Allys, ce qui mis fin à toute tentative de raisonnement logique.
L'animal qui sommeillait ouvris un œil agressif et se mit à ramper doucement, me faisant foncer, une main se portant au hachoir géant que je portais dans le dos.
L'arme du malfrat raclait le sol dans ce qui se voulait un geste agressif. Finalement il trouva bien pire quand mon klaive sortis de derrière mon dos, et que je l'envoyais de toute ma force face plate contre sa cage thoracique. L'inertie de cette arme était telle que l'homme s'envola dans un craquement d'os brisés s'étalant contre le sol. Emporté par l'élan je me pris à me diriger vers la jeune mage, fauchant les jambes à la batte, l’expédiant au sol avant que l'imposant arme Mytrane ne fracasse le pavé à côté de lui projetant de nombreux éclats qui griffèrent son visage en y dessinant des sillons sanglant.
Ça avait été quelque chose inattendu même pour moi car maîtrisant peu cette arme je doutais sincèrement de faire face à quatre adversaires, et j'avais l'esprit bien trop dissipé pour les deux qui restaient même si ces derniers semblaient prêt à se pisser dessus.
Je remis une mèche de cheveux en place, mettant un pied sur le manche avant de l'arme formant une véritable guillotine avec la tête du premier malfrat.

-Alors mes choupinets ? Belle journée ? Vous diriez quoi de dégager avant que je décide de retirer à votre ami quelque chose qui ne lui sert visiblement pas ? Enfin si vous êtes jaloux ça peut s'arranger aussi hein



Bien sur j'aurais eu plus vite fait de sortir mon pistolet mais la milice pouvait se montrer plutôt pointilleuse ici avec les armes à feu, et l'objectif était de sauver l'hôte d'Allys pas de transformer le voisinage en viande froide, bien que cette idée n'était pas forcément révoltante vu ce qu'ils avaient osés faire à la femme que j'aimais.
Alors que les deux hommes restant tentaient de comprendre ce qu'il se passait, tachant de savoir pourquoi un soldat ressemblant à une femme défendait une mage avec une arme d'un autre continent, et pourquoi l'un des leurs crachait du sang et se tordant de douleur, celui qui était sous la lame fit mine de bouger, avant que la lame du Klaive ne descende au ras de sa gorge.

-Tsst on à dit pas bougé le chien, sinon on réinvente la guillotine.



Voilà une situation merdique à souhait comme on en présentait plus mais qui me rappelait étrangement une similaire que j'avais rencontré avec Allys il y avait quelques mois, mais cette fois ce n'était pas une foule mais bien qui quatre idiots qui pensaient que tabasser des gens rendraient la vie plus belle.
Il fallait espérer que cet démonstration de force primaire suffirait à les calmer, et surtout qu'Allys ne partirais pas dans un excès de rage.




Rose x 12
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Allys Terasu
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Mer 31 Jan - 15:33
Irys : 1017994
Profession : Ingénieur mécanique
Daënar +1
Secouée par le choc, Allys tenta de se relever sur sa jambe mécanique mais elle vacilla. Son assaillant s’approchait inexorablement, avec une lenteur presque insolente. Pourtant la chance tourna en faveur de la jeune femme. Hex arrivait en trombe et le coup de pommeau que se prit l’homme fut d’une violence inouïe. Il vola dans les airs avant de retomber dans un craquement sinistre. Il n’était pas mort mais l’impact avait été tel qu’il se retrouva dans l’incapacité de se relever, tel une poupée de chiffon.

Comme si des ailes avaient poussé dans son dos, le soldat vola ensuite au secours d’Aurore. Avec toute la délicatesse du monde, bien sûr. Son arme bien gentiment posée en guillotine. Sa victime tenta bien de se débattre mais cela ne fit que resserrer la prise. Allys quant à elle s’était finalement relevée et le regard posé sur la scène qui aurait dû mettre fin à la folie des habitant se fit surprendre par une lame sous sa gorge. Le dernier du groupe avait profité de passer inaperçu pour prendre en otage la belle.


« Libère-le ou je tue ta copine ! »

Éructa-t-il mais c’était sans compter sur le sang froid de l’ingénieure. Hex avait tort de craindre ses excès de rage. Allys avait passé des mois à s’entraîner, calmer sa colère intérieure et surtout en être la maîtresse. Elle s’était améliorée. Certes, c'était encore possible mais pas aujourd'hui en tout cas. Elle avait d’autres cordes à son arc.

« Il n’en fera rien. »

lâcha-t-elle froidement.

« C’est un soldat. Tu crois être en position de force ? Réfléchi. Au moment-même ou tu décidera de bouger le moindre petit doigt, qu’il y aura la moindre trace de sang sur mon cou, il découpera la tête de ton ami. Et puis ce sera ton tour. Enfin, s'il est clément. Si tu choisi de me tuer, il va te torturer au delà de tes pires cauchemars jusqu'à ce que tu le supplie de t’achever. Mais ça il le le fera pas. Ça serait bien trop doux pour toi, non, t’empoisonner à petit feu, te voir souffrir jusqu’à ton agonie serait une si douce vengeance. Et encore je pense être loin de la vérité. »

« Tu.. Tu… Tu.. Tu mens ! »

« Ah non ? Tu doute de ma sincérité ? Je n’ai pas peur de mourir contrairement à toi, depuis le temps qu’on essaie, ce ne serait que pure logique. Par contre toi… Réfléchis juste deux minutes. En deux coup de poings j’ai mis un de tes amis au tapis, mon ami en un simple du pommeau de son arme et le dernier peut mourir d’un simple mouvement du poignet. Tu es vraiment sûr de vouloir mourir et l’entrainer avec toi seulement parce que la tête de quelqu’un ne te plais pas ? Ne sois pas ridicule. »

L’homme se figea, puis, avec dégoût, lâcha enfin Allys. Il jeta son arme au sol et ravala sa fierté. Il était raciste, pas un héro courageux. Allys se tourna alors vers lui et lui envoya son poing de métal dans le nez. Il hurla, se retrouvant avec du sang en fontaine mais Allys l’attrapa par les cheveux.

« Tu diras à tes petits copains de foutre la paix à mon amie. Sinon je vous retrouve et je viendrais vous égorger dans votre sommeil, c’est clair petite merde ? »

Tremblant de peur, l’homme balbutia son consentement avant de s’enfuir en pleurant. L’ingénieure avisa alors Hex, laissant couler un regard méprisant vers la loque qu’il maintenait.

« Fais ce que tu veux de celui-là parce que personnellement je ne répondrai plus de rien si je l’approche. Je ne lui pardonnerai jamais ce qu’il a fait à mon amie. »

Sans un regard pour ce monstre elle passa les bras autour de la rousse, la redressant sur ses pieds avant de la maintenir fermement contre elle alors qu’elle l’éloignait de ce lieu traumatisant.

« Je suis là Aure, ils ne te feront plus jamais de mal. »




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Dernière édition par Allys Terasu le Mer 31 Jan - 21:23, édité 2 fois
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Aurore Seraphon
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Mer 31 Jan - 19:27
Irys : 938007
Profession : Agriculture/Chasse
My'trän +2 ~ Khurmag
Aurore avait pris la décision de ne pas rendre les coups, d’encaisser sans broncher, de lutter contre elle-même pour ne pas se transformer en le monstre qu’elle refusait d’être. La my’tränne ne comprenait pas, ne comprenait plus comment tout ceci était possible. Était-ce l’événement du bal, était-ce les esprits trop fermés, trop racistes, trop réfractaire au changement ? Qui était responsable, eux, elle, les peuples ? Un gémissement puis un autre, encore un et le sang qui s’écoule doucement de ses lèvres, ses doigts qui serrent ses vêtements, les fleurs qu’elle tenait en main juste avant qu’on vienne l’interrompre. Le dernier sentiment ressenti par la jeune femme fut la colère, intense, compréhensive, violente, soudaine. Une vague d’illusion, une vague de peur atroce, complexe, la mort, la peur de la solitude, la peur de mourir noyé, chacun revivait sa peur ultime. Durement, difficilement, reculant d’un pas en arrière ses agresseurs lui offrirent une minute de répit. L’esprit de la my’tränne se referma, épuisée, lasse de devoir toujours lutter, se battre pour atteindre un semblant de normalité. Essuyant d’un revers de main ses lèvres, laissant derrière ce geste une trace rougeâtre sur sa peau. La douleur ensuite, celle de son bras, celle de sa tête, celle de son poignet et son cœur qui se resserre, cette envie d’abandonner et tant pis pour ce prénom qui la hanté. Tant pis pour lui, tant pis pour elle, tant pis pour eux. N’avait-elle eu que la mauvaise idée de retrouver celui qui était devenu un besoin.

Un cri, c’était tout, un appel à l’aide, simplement. Sa vision s’était ensuite brouillée, son regard s’était fermé et tout son corps tremblant avait fini par s’écrouler sur le sol froid d’un territoire désormais hostile. Lutter, essayer de rester éveillé alors que sa fatigue avait stoppé sa magie, offrant une nouvelle vague de coup, de sang, de violence, de peur, de presque mort. Puis la miracle survient, elle entrevoit un espoir, un nuage gris, une chevelure qu’elle connaît et elle sourit. Au fond, elle est désolée la my’tränne, désolée d’imposer ça a son hôte, elle ne voulait que des fleurs, rien de plus. Juste des fleurs. Je suis là. C’est ce qu’elle aurait voulu lui hurler, elle aurait voulu tendre sa main vers elle, lui demander de l’aide, mais rien ne s’échappait de ses lèvres, rien n’acceptait de lui obéir, ni sa parole, ni ses gestes. Allys était finalement là, réellement et dans un demi-sourire, Aurore s’effondra, perdant toute notion des événements. Le vide, froid, douloureux, sombre et les voix connues qui résonnent dans le lointain. Une bagarre des coups, des cris et puis le silence. Véritable. Salvateur.

Son corps fut soulevé sans que la rouquine ne puisse identifier si le mouvement était positif ou négatif. Mort définitive, sauvetage réussi ? Elle était incapable de le dire. Ses fleurs étaient certainement piétinées à présent, tout comme l’ego de la my’tränne à son réveil.  Se laissant transporter sans aucun mouvement, elle réussit néanmoins à articuler une phrase étouffée dans un gémissement qu’elle ne contrôla pas.

- «  Désolée Allys »

Désolée de ne pas avoir écouté, de t’avoir obligé à intervenir, de t’avoir inquiété, de t’avoir forcé à te battre. Pardon. C’était à la fois simple et complexe de le dire, de le formuler de l’assumer pleinement. Aurore ne s’en souviendrait de toute façon certainement même pas ce qui facilitait grandement les choses. Peu importe dans le fond. Le groupe se déplaça vers un lieu où la jeune femme pourrait obtenir des soins ce qui fut rapidement le cas au vu de l’état physique de la my’tränne. Chanceuse, Aurore ne se réveilla qu’une fois tous les examens terminés et le plâtre mis en place sur son bras gauche. Difficilement, la jeune femme avait fini par ouvrir les yeux, sa vision se stabilisant sur la silhouette masculine qu’elle ne reconnut pas tout de suite. Était-ce un mauvais rêve ? Était-elle encore en train de dormir ? Hex ? Celui-là même qui sortait avec Allys et dont la dernière rencontre entre Aurore et lui restait particulièrement flou dans l’esprit de la my’tränne.

- « Qu’est-ce que tu… » souffla-t-elle avant que son regard se dépose sur le plâtre blanc qui recouvrait son bras «  Qu’est-ce que c’est que ça ? »

Effleurant du bout des doigts la chose, la rouquine ne ressentit aucune envie de vomir, juste la sensation étrange de ne pas être libre de ses mouvements. Rapprochant le tout de son nez, elle renifla l’élément sans en comprendre pleinement l’utilité. La porte de la chambre s’ouvrit, un homme âgé fit son apparition, médecin certainement :

- «  Ah je suis content de voir que la belle au bois dormant est éveillée » dit-elle un sourire aux lèvres, les notes entre les mains « Vos résultats son bon, hormis le bras cassé, le poignet le traumatisme crânien il n’y a rien à signaler. Vous avez eu de la chance que vos amis soient là.»

Trop de mots compliqués pour la my’tränne qui ne comprit qu’uniquement le fait que son bras et son poignet devaient absolument être vus par un adepte de möchlog, pour le reste elle n’était pas certaine de tout suivre. Elle conserva le silence, laissant Allys et Hex communiquer avec l’homme qui donnait une multitude de recommandations aux deux jeunes gens. La liste était bien trop longue que pour que la my’tränne n’en retienne rien que la moitié, de toute façon, elle ne comptait pas se reposer comme le sous-entendait gentiment le brave docteur, mais bien partir à la recherche de Ludwig.

- «  Bien, vos amis vont s’occuper de vous. Le plâtre sera à retirer dans un mois dans la clinique de votre choix. Après une rééducation sera certainement nécessaire, restez prudente et évitez pour la suite les mauvaises rencontres. Bonne visite chez nous, madame. »

Aurore opina légèrement, se relevant avec une maladresse nouvelle. Son regard ne savait pas vraiment où se poser, alors elle se tourna vers le couple, attendant certaines qu’on lui offre les directives à suivre.



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Hex Hekmatyar
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Sam 3 Fév - 16:49
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Aurore avait été sauvée, sauvée d'avantage par la négociation d'Allys que par la violence car j'avais été proche de la limite. Si l'homme avait fait mine de faire du mal à la jeune femme j'aurai probablement fait tout ce qu'elle avait prévu à cet idiot.
La rage était montée soudainement en le voyant s'en prendre à elle et voilà qu'elle venait probablement de briser le nez à son agresseur ce qui me fit pousser un soupir de soulagement. C'était une femme forte qui n'avait nullement besoin qu'on la chaperonne, et c'était précisément ce qui faisait d'elle la femme que j'aimais.
je regardais l'homme étendue au sol sous l'arme Mytrane. Qu'en faire au juste ? Une petite voix hurlait de le tuer mais une partie plus raisonnable me disait que l'épargner causerait moins de problème.
Levant mon arme, je la remis à sa place, non sans expédier un violent coup de pied dans le plexus de l'homme, lui brisant probablement une cause, sans causer plus de dommage que cela.
Ils devaient apprendre que l'on agresse pas quelqu'un comme cela, fut-il un mage. Et si l'armée m'avait appris quelque chose, c'était que les leçons étaient bien mieux retenues dans la douleur. Il en ferait donc les frais.
Il poussa un jurons étouffé avant de s'évanouir, nous laissant le champ libre pour emmener Aurore à l’hôpital.


Pendant l'attente je ne fis qu'une seule chose: parler à la jeune femme pour lui dire que tout allait bien. Mais c'était plutôt compliquée, car elle semblait vraiment nerveuse et dans son état actuel, il y avait peu de chance que quiconque arrive à faire quoi que ce soit. Je réussis finalement à dire

-Je suis sur qu'elle va bien tu sais...


Mais bien vite le médecin vint nous chercher nous emmenant devant une Aurore plâtrée qui si elle fut étonnée de me voir, le fut bien plus par le plâtre qu'elle avait au bras.
Le médecin finit vite son discours nous remettant une Aurore qui paraissait bien étonnée.

Je m'approchais de la jeune femme cette fois sans le moindre artifice technologique, seulement la grande lame de son continent dans le dos, lui adressant un sourire bien plus chaleureux que lors de notre première rencontre.
C'était étrange de la revoir ici, alors que nous nous étions quittés en plutôt mauvais termes, mais si elle avait aidée Allys je ne me voyais absolument pas lui en vouloir pour quoi que ce soit c'était même plutôt l'inverse.
Je regardais son plâtre, tapotant l'objet doucement avant de lui dire.

-C'est un plâtre Aurore, c'est censé t'empêcher de bouger le bras pour permettre à tes os cassés de se ressouder correctement, les médecins n'ont pas de magie comme vous, nous comptons sur les capacités naturelles du corps humain pour te réparer.

Il n'y avait cette fois rien de technologique, c'était uniquement ce que les architectes avaient données aux humains qui allait servir pour se soigner. Je tentais cette fois d'être le plus amical possible, considérant ce qu'elle avait subis auparavant comme un choc plutôt important.

-Désolé que ça se soit passé ainsi, j'aurai aimé mieux t’accueillir en Daenastre....


Je dis cela avec un ton vraiment peiné, car je ne souhaitait pas à quiconque ce qu'il lui était arrivé, je l'aidais donc à se lever, regardant Allys avec un regard joyeux, annonçant doucement.

-Tu vois chérie, le médecin nous à dit qu'elle irait bien, un peu de repos chez toi et tout rentrera dans l'ordre.


A vrai dire j'étais d'avantage inquiet pour Allys que pour Aurore, car elle s'était fait énormément de soucis, et je voyais clairement que ses prothèses étaient dans un sale état, mais si elle en souffrait d'une quelconque manière que ce soit, elle n'en montrait rien comme à son habitude.
Pour ce qui est du reste je laissais à la jeune femme le soins de son invitée, n'étant que très peu au courant de la route à prendre pour rentrer. De plus je me doutais qu'elle voudrait la rassurer elle même, je n'étais après tout que très peu proche de la mage l'ayant rencontrée une seule et unique fois.
Avant de laisser la place à Allys je lui tapait doucement sur son épaule intact avant de lui dire

-Enfin je suis tout de même content de te revoir Aurore, mais je crois que quelqu'un à pas mal de chose à te dire


Je laissais planer un petit moment de silence avant de laisser à Allys tout le loisir de retrouver sa protégée




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Allys Terasu
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Dim 4 Fév - 11:53
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« Désolée Allys »

Ces paroles, ce petit souffle à peine audible fut dévastateur pour Allys. C'était comme se faire souffler tel un fétu de paille par une vague de dix mètres. Dans le cœur de l'ingénieure, un nouveau sentiment émergea : Le désarroi. Elle n'était plus seulement en colère envers les monstres qui avaient osé toucher son amie. Sa première véritable amie. Sa rage avait été soufflée par ces tout petits mots et alors que l'esprit de la My'träne s'enfuit vers l’inconscience, le visage de sa sauveuse se figea dans une expression si limpide qu'elle laissait transparaître une fêlure dans son masque imperturbable. Cela dura une poignée de secondes seulement, mais suffisamment pour l'atteindre. L'instant d'après, Allys resserra les dents et se ferma à nouveau. Elle souleva à nouveau le corps frêle de la rousse mais à présent ses deux bras enserraient le corps inanimé de son amie. Ignorant sa propre douleur, elle ouvrit la marche dans un silence glaçant jusqu'à l’hôpital.

Alors que les médecins s'occupaient d'Aurore, la mécanicienne faisait les cents pas dans la salle d'attente. Elle ressassait en boucle la scène et les dernières paroles de la mage. Désolée ? Mais tout était de sa faute à elle. Sa faute ! Aurore était sous sa responsabilité. Elle l'avait emmener dans un continent hostile aux mages, elle l'avait fait parce qu'elle l'avait assuré que sous sa protection il ne lui arriverait rien. Et voilà qu'elle avait fait preuve d'égocentrisme en la quittant, ne serait-ce qu'une poignée de jours. Ses affaires de cœur auraient bien pu attendre non ? La vie d'Aurore est bien plus importante que ses déboires amoureux... Hex et Allys étaient bien deux âmes sœurs, si c'était le cas, ils auraient très bien pu attendre un peu, encore, juste... Mais il était trop tard. L'ingénieure avait prit la mauvaise décision, elle aurait dû savoir que l'on enferme pas un esprit libre ainsi. Elle-même en était incapable alors comment a-t-elle pu avoir la prétention de garder si longtemps enfermer son amie ? L'incident était inévitable... Les daënars, pour la plupart, étaient incapables de comprendre et d'accepter la différence. La haine dans leur regard... Si elle était arrivée ne serait-ce que quelques minutes plus tard est-ce qu'elle serait ?... Auraient-ils eu la folie d'aller jusqu'au bout ?...

La gorge serrée, Allys était en proie à une angoisse fulgurante. Non seulement elle faisait peser le poids énorme de la totale responsabilité sur ses épaules mais elle s'inquiétait de savoir dans quel état se trouvait son amie. Jamais encore elle ne s'était trouvée prisonnière d'autant de sentiments à la fois. Regret, colère, angoisse, nervosité, frustration. Et c'est là que Hex osa prendre la parole, le malheureux.


« Je suis sur qu'elle va bien tu sais...  »
« Bien ? Tu te fou de moi là ?! As-tu la moindre idée du cauchemars qu'elle à vécu ? Elle était sous MA responsabilité, jamais elle n'aurait dû se trouver ici ! Ça n'aurait jamais dû arriver ! »

Hurla-t-elle hors d'elle. Incapable de gérer sa colère, elle envoya son poing de chair s'écraser lourdement contre un mur. Lorsqu'elle retira sa main, de fins filets de sang s'écoulaient entre ses phalanges. La respiration saccadée sous l'émotion, elle ne se rendit même pas compte de la portée de son geste. C'est le regard noir qu'elle porta son attention sur le médecin, sidéré, qui venaient alors à leur rencontre. Il déglutit, se ravisant de faire une remarque. Il se contenta de leur dire qu'ils pouvaient attendre le réveil de leur amie dans sa chambre et les invita à le suivre.

Allys posa immédiatement ses yeux sur le corps allongé. Pour l'instant, Aurore dormait paisiblement. Un plâtre trônait sur l'un de ses bras et le reste de ses blessures était masqué par les draps qui la recouvraient. Sans un mot, la jeune femme s'assit dans un siège, osant à peine dévisager la belle au bois dormant. Lorsqu'elle posait le regard sur elle, son expression se métamorphosait.

Pourtant, Aurore ne mit pas bien longtemps à s'éveiller. Elle battit doucement des cils, la vision encore trouble puis ses yeux se portèrent sur l'étrange objet blanc qui immobilisait son bras. Aurore eut la réaction la plus logique qui soit alors : la surprise. Quant à Allys, elle n'écouta pas les paroles du médecin, le réveil de son amie l'importait bien plus. De toute manière, elle connaissait déjà toute la procédure de rétablissement. Le médecin prit alors congé.

Ce fut Hex qui s'avança le premier vers la jeune femme. Allys étant encore bien trop préoccupée. Elle fixait la mage afin de percevoir la portée des blessures. Le jeune homme expliqua à Aurore l'utilité du plâtre pour le peuple des non mages. Il est vrai que cela pouvait étonner au premier abord. Et puis, à son tour, Hex s'excusa. Pourtant, lui n'avait rien fait de mal. Au contraire, il avait simplement porté main forte alors qu'elle était agressée. Ni plus ni moins. Aidant alors la mage à se redresser, il osa à nouveau tenter de rassurer Allys, malgré la réaction disproportionnée qu'elle avait eue quelques minutes auparavant.


« Tu vois chérie, le médecin nous à dit qu'elle irait bien, un peu de repos chez toi et tout rentrera dans l'ordre. »

Allys soutint le regard d'Hex mais ne répondit pas dans l'immédiat. Elle ne l'envoya pas valser dans les roses cette fois-ci mais il était difficile d'interpréter la moindre expression à son visage. Elle était impassible.  Lorsque Hex prit congé, laissant la place à sa compagne, Allys se releva et s'approcha à son tour de la mage. Ce ne fut qu'à cet instant qu'elle laissa une expression lui échapper. L'air pincé, sourcils froncés, elle prit la parole.

« Tu n'as pas suivi mes instructions. »

Pourquoi se montrait-elle réprobatrice tout à coup ? Probablement parce qu'elle n'avait pas l'habitude de s'inquiéter pour quelqu'un. Elle qui était une solitaire, elle n'avait jamais encore eu le loisir de s'attacher à beaucoup de personnes. Cela avait changé récemment et elle ne savait pas comment faire dans de telles situations. Pourtant, elle sentit que ce n'était pas la bonne méthode. De la confusion apparut alors sur ses trait alors qu'elle laissait tomber son masque d'impassibilité.

« J'étais morte d'inquiétude Aure... C'est ma faute tout ça. Je ne voulais pas que ça t'arrive à toi aussi. » Ignorant la douleur que ce geste lui procura, elle enlaça son amie. « Je te ramène à la maison. Je ne laisserai plus seule je te le promet. »




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Aurore Seraphon
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Dim 4 Fév - 15:56
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- « Un plâtre ? » répéta-t-elle en interrogeant Hex du regard « Vos adeptes de Möchlog ont des drôles de façons faire » conclu-t-elle naïvement.

La douleur était présente, plus qu’elle ne le laissait entrevoir. Même si un léger sourire était présent sur ses lèvres, Aurore ressentait une gêne réelle et surtout dérangeante dans son bras. Tapotant du bout des doigts de son autre main la substance blanche, la rouquine ne semblait pas du tout emballée par cet état de fait. La présence du docteur ne lui avait pas permis de l’exprimer, mais Aure, semblait bien décidée à le retirer ou à trouver une personne comme elle, capable de refermer tout ça convenablement. Écoutant les paroles de l’amant de son amie, Aurore le questionnait davantage du regard. Est-ce qu’il était sincèrement, est-ce qu’il aurait réellement voulu éviter cette situation à la jeune femme, qui encore dans un état second ne prenait pas pleinement conscience de ce qu’elle avait subi.

- « Ce n’est rien… Cela me permet de tester votre plâtre. »

Au fond, la rouquine n’avait visiblement pas complètement compris l’utilité de la chose, ni même le fait qu’elle allait devoir le supporter pour au minimum un bon mois encore. Aucun doute que la jeune femme allait très rapidement comprendre ce que cela allait entraîner pour elle et la faire ronchonner plus d’une fois. Détaillant du coin de l’œil la silhouette masculine, qu’elle trouva quelque peu changée, Aure ressentie une légère gêne, d’autant plus en constatant la présence d’Allys. Même si la my’tränne restait persuadé qu’il ne s’était absolument rien passé entre elle et lui, le doute était tout de même présent et gênant.

- « Je n’ai pas vraiment le temps de me reposer » souffla spontanément la jeune femme « Je dois retrouver Ludwig. »

Ses yeux s’étaient mis à pétiller légèrement, certainement dû à la fièvre, mais pas seulement, la douleur commençait à faire lentement son apparition et Aurore ne semblait guère encline à faire preuve de patience ou à se comporter de manière raisonnable. La rouquine avait offert un sourire un peu désolé à Hex, heureuse malgré la situation de le retrouver également. Allys avait fini par se rapprocher offrant un câlin réconfortant à Aurore, qui se contracta naturellement, peu habitué à recevoir ce genre d’attention. Elle fut néanmoins touchée par le geste, d’autant plus par la teinte d’inquiétude qu’elle pensait entrevoir au fond des yeux de sa camarade.

- « Je voulais juste des fleurs pour le jardin » Souffla la mage « Rien de plus… Je ne pensais pas que… » c’était à ce point-là ? Que les gens ne supportaient juste pas de croiser une étrangère ? « Je vais bien, ce n’est pas de ta faute… »

La rouquine se releva un peu, l’acte fut difficile à cause de la fatigue et des coups qu’elle avait reçus sur la tête, mais une fois bien droite sur ses jambes elle se sentie mieux. Il était l’heure de rentrer, mais aussi de faire comprendre à ses interlocuteurs qu’elle n’avait pas l’intention de se reposer, ou même de rester dans une pièce unique. Elle n’était pas là pour le plaisir, elle devait retrouver quelqu’un et rien n’avait plus d’importance que cet objectif. Sur le chemin du retour, elle brisa donc le silence, un peu maladroitement.

- « Je sais que je ne suis pas à ma place ici… Mais je ne peux pas me permettre de perdre davantage de temps, je dois le retrouver vous comprenez… Je ne sais déjà pas grand-chose…. Alors… » elle se sentit un peu honteuse de ne pas demander de nouvelle du couple, alors elle réajusta « Et vous alors, vos retrouvailles, rien de grave ? »

Elle a afficha par la suite un maigre sourire, plus ou moins perplexe. La rouquine avait cette impression d’être un peu de trop, ou d’être juste un poids pour le couple. Suivant le duo sagement, elle se demandait aussi ce qui allait l’attendre une fois de retour à la maison, mais surtout avait une multitude de questions à poser au couple avant de découvrir réellement le mode de vie du continent.

- « Je vais avoir besoin d’aide…. Je crois…. Pour passer plus inaperçu. »



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Allys Terasu
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Mer 7 Fév - 17:46
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Aurore avait naïvement cru à la bonté des habitants de Cerka et cela Allys ne pouvait pas le lui reprocher. Elle aussi y avait cru. N'étaient-ils pas les gens les plus réputés pour leur gentillesse ? Leur ouverture d'esprit ? Dans leur globalité peut être, mais pas tous. Allys laissa un long soupire lui échapper.

« Tu te souviens, lorsque l'on s'est rencontrées, de ce que je t'ai dis à propos des daënars ? Je l'ai évoqué rapidement mais, ce sont des gens d'ici, de cette ville que j'appelle affectueusement ma seconde maison, qui m'ont agressée. Ce n'était pas des gens recommandables, au même titre que ces brigands qui nous ont agressé sur ton continent, et aujourd'hui ils sont hors d'état de nuire. Si je te dis que c'est pas faute c'est que je pensais que te laisser quelques recommandations suffiraient à ta sécurité mais je suis pourtant bien placée pour savoir que même quand on croit que tout ira bien... » Allys laissa ses épaules s'affaisser. « Avec les événements récents, l'attentat lors de l’exposition... Même les gens bien pètent les plombs. J'aurais dû m'y attendre. »

Au moins, ils avaient pu arriver à temps. L'ingénieure se sentait coupable mais elle ressentait aussi le stress redescendre et ses muscles se relâcher en voyant l’aplomb d'Aurore. Son amie était forte elle aussi et malgré sa douleur, la fatigue et ses muscles endoloris, la jeune mage se redressa sur ses jambes. La tête relevée, la posture droite et le regard déterminé, Aurore ne laissait pas le choix à ses amis que de la guider vers la sortie. Hex lui lancerait probablement un regard désapprobateur, car il était du genre à se soucier de la santé des personnes auxquelles ils tenaient et celles qui étaient chères à Allys. La jeune femme en revanche n’émit aucune objection. Elle était consciente de la douleur physique de son amie mais elle non plus n'aimait pas se montrer faible aux yeux des autres et elle respectait la volonté de la mage. Cependant, Allys marchait tout près de son amie, observant avec attention ses mouvements. A la moindre difficulté, l'ingénieure la soutiendrait.

«  Je sais que je ne suis pas à ma place ici… Mais je ne peux pas me permettre de perdre davantage de temps, je dois le retrouver vous comprenez… Je ne sais déjà pas grand-chose…. Alors… Et vous alors, vos retrouvailles, rien de grave ? »

La question prit de court Allys si bien qu'elle se mit à rire. Au début nerveux, dû à la tension qu'elle avait accumulé dans son corps, il se transforma en véritable éclat, lui arrachant même quelques larmes. Devant le regard ahurit des deux autres, la jeune femme finit par se reprendre, attrapant avec douceur la main de son amie.

« Aure, c'est plus fort que toi, tu sais tu as le droit d'être le centre de l'attention. J'ai bien remarqué que tu n'avais pas l'habitude mais faudra te faire à l'idée que tu compte pour moi. Et ne t'inquiète pas pour nous, tout s'est bien passé. »

Elle non plus n'avait pas l'habitude de s'inquiéter pour quelqu'un, ni que sa vie et ses rêves aient de l'importance pour elle. C'était nouveau et vraiment fort comme sentiment. A vrai dire, Allys commençait à peine à se rendre compte de la portée d'un attachement. Elle serait capable de tout pour que ceux qui comptent à ses yeux aillent bien et soient heureux. A tord, elle avait toujours pensé que s'attacher était se montrer fragile et atteignable mais elle ignorait alors la force que celui décuplerait en elle.

Elle décocha alors un sourire à son amie lorsqu'elle évoqua le fait de se rendre plus passe-partout.


« Avec joie Aure, mais avant on va retourner à la maison. »

Le chemin jusqu'à la grande bâtisse n'était pas bien long. En une vingtaine de minutes ils étaient arrivés à bon port. Allys attrapa ses clefs par habitude mais elle n'eut pas à déverrouiller la serrure : Elle était partie tellement en catastrophe qu'elle n'avait pas prit la peine de fermer correctement la porte. Heureusement, le voisinage n'était pas du genre à tester les verrous. Une fois entrée, Allys se déchaussa et invita ses invités à s'asseoir dans le salon. Il y avait un petit pouf et un canapé rudimentaire mais confortable, placés devant une grande cheminée. Niveau décoration, Allys ne faisait pas de merveilles mais elle avait en revanche un certain goût pour entreposer du matériel à foison. Sur la table à manger du salon trônait des croquis et des plans. Le reste était pourtant vide car elle avait entassé de nombreuses maquettes mécaniques dans une pièce fermée, elle, à clef. Il y avait malgré tout quelques tableaux, certains de croquis terminés tels qu'une représentation d'un train du nom de Sergis23 dont elle avait probablement aidé à la conception. Mais ce qui sautait surtout aux yeux était le tableau d'un peintre représentant Allys et ses parents. Celui-ci avait été décroché du mur et posé face cachée sur un meuble.

Si l'un des invité eut la curiosité de le retourner il y verrait une Allys d'environ quinze ou seize ans, les cheveux coupés aux épaules et dont seuls quelques tressent semblent donner une structure à sa crinière sauvage, la peau halée contrastant fortement avec la blancheur de ses cheveux. Elle était habillée à contrario de ses parents d'une tenue légère aux tissus colorés typiquement Zochs. A côté d'elle, sa mère la tenait dans ses bras avec tendresse. Sa longue chevelure de jais et les yeux verts contrastèrent avec la chevelure tout aussi argentée et les yeux gris-bleus du père dont la stature était droite et le regard fortement désapprobateur était dirigés vers Allys et surtout cette tenue pas adaptée pour la région. Ce tableau devait probablement avoir été peint à leur arrivée à Cerka.

Allys profita de laisser ses convives un moment pour leur préparer quelques boissons chaudes, thé et cafés, dans des grands récipients, ainsi que des tasses et des biscuits secs. Elle revint les bras chargés d'un plateau contenant le tout et le posa sur une toute petite table à côté du canapé. La jeune femme avait par ailleurs reprit une attitude calme et sereine.


« Voilà de quoi nous remettre de nos émotions. Servez-vous. » Allys s'assit à son tour sur le pouf. « Au faite, je te remercie d'avoir prit soin de la maison. Je m'y rend peu souvent et je l'ai laissée dans un état lamentable. Tu es une vraie fée du logis. Oh et pour les fleurs, si tu y tiens vraiment, on pourra en acheter tout à l'heure en même temps qu'une tenue. »

Allys se servit à son tour du thé et croqua dans un gâteau. Ils était clair qu'ils n'étaient pas aussi raffinés que ceux proposés au salon de thé du centre-ville mais ils avaient été fait maisons. C'était grossier mais très bon. La jeune femme prit le temps de manger et étancher sa soif, mais elle en profita également pour les questionner sur leur rencontre et les péripéties qu'ils avaient dû surmonter ensemble. Finalement, elle se redressa.

« Je vais devoir te laisser un peu Aure, j'ai bien amoché mon bras mécanique tout à l'heure, va falloir que je le répare maintenant. Je t'ai laissé des onguent médicinaux dans ta chambre, utilise les pour te soulager si tu as mal quelque part, ils sont très efficaces. » Elle glissa un regard vers Hex. « Tu veux bien monter avec moi ? Je vais avoir besoin d'un peu d'aide. »

Une fois le consentement de son compagnon obtenu, Allys se dirigea vers la porte scellée. Elle l'ouvrit en deux tours de clés et s'y engouffra. Tant bien que mal. La pièce ressemblait à un grand placard tant elle était recouverte d'objets mécaniques, entreposés là pour laisser Aurore dans une santé correcte. Allys attrapa ce qu'il lui fallait. Ni plus ni moins que sa caisse de mécano, ses lunettes spéciales et de quoi nettoyer et remettre à neuf sa prothèse. Elle permit alors ensuite à Hex de découvrir son atelier d'architecture, lui aussi étant fermé à clé. Au centre de celle-ci une longue table était recouverte de croquis. Ce n'était pas deux ou trois comme sur la table à manger mais bien une bonne centaines, certains rangés et d'autres dans un désordre total pour un œil novice. Des maquettes grandeur nature trônaient par-ci par-là. Allys se fraya un chemin vers un tabouret sur lequel elle s'assit après avoir déposé son matériel.

« Voilà mon antre secrète. » Annonça-t-elle avec un sourire. « Je te laisserai bien admirer de plus près mais je t'avoue que ma prothèse commence à me faire bien souffrir. »

Elle voyait déjà d'avance les gros yeux de son amant. Oui, elle n'avait rien dit jusque là et oui, elle aurait pu être soulagée bien avant si elle s'était laissée emmenée par les spécialistes en prothèses qui possédaient un service à l’hôpital-même. Mais la jeune femme ne voulaient pas qu'ils saccage son œuvre car elle avait effectué des changements esthétiques depuis bien longtemps. Allys expliqua alors au soldat qu'elle avait besoin de son aide pour changer quelques pièces et nettoyer la structure de sa prothèse, le rassurant quant au fait qu'elle ne guiderait sur la marche à suivre. C'est donc un compagnon au petit soin qui exécuta les réparations.

Bonus:
 




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Hex Hekmatyar
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Jeu 8 Fév - 23:25
Irys : 126594
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Aurore était paniquée, et ses propos ne semblaient à mon oreille ne pas avoir grand sens, mais elle était sous le choc et je débarquais tout juste dans cette histoire, si bien que je ne doutais pas une seconde qu'une bonne partie des éléments me passaient sous le nez. Elle réagit instinctivement à mes paroles et loin de l'en blâmer je me contentais de petit signe de tête pour lui dire par les gestes ce que je ne pouvais pas exprimer par des mots: mon réel regret.
Mais toujours est-il que la rousse réussit à faire rire Allys aux éclats, ce qui me suffit largement à oublier tout autre chose. Elle avait été si stressée avec l’agression que j'avais eu peur qu'elle ne s'en prenne au médecin mais finalement toute sa tension semblaient partir d'elle-même dans ce fou rire, qui m'arracha également un sourire, plus provoqué par l'empathie que par un trait d'esprit que mon cerveau aurait reconnu.

Ainsi pour toute réponse à la jeune femme sur les retrouvailles je me permis d'ajouter un petit laïus.


-Grave ? Mais non rien ne s'est mal passé, nous avions juste besoin de nous retrouver, c'est chose faite, elle est avec moi je suis avec elle c'est tout ce qui compte vraiment


Je pris le temps de regarder le bras en mauvais état, roulant des yeux devant l'état de la prothèse de la jeune femme. C'était.... Moche, et rien qu'à voir l'agencement des pièces j'avais mal pour la jeune femme, empathie pourtant inexistante avec beaucoup de personne. Je montais donc avec elle la suivant dans une chambre verrouillée, trouvant là un tas de trésors technologique qui me firent soupirer, non pas par exaspération mais bien par admiration devant tant de travail. Je n'eus pas le temps de me pencher sur ses œuvres car la jeune femme accapara toute mon attention. Je la réprimandais d'un regard, un regard remplis de plus d'inquiétude que de remontrance, murmurant autant pour elle que pour moi-même.

-On aurait dû commencer par ta prothèse...

Mais je n'arrivais pas vraiment à lui en vouloir, après tout, j'étais pareille, et si elle avait été blessée, il aurait fallu une armée de médecin pour me faire soigner avant elle, même si j'avais eu un bras en moins. Ainsi malgré mes reproches je ne m'aventurais pas plus loin laissant courir mon doigt le long de la prothèse métallique admirant une fois de plus le travail de la jeune femme, chassant le moindre vestige de reproche qui aurait pu rester. En fait je ne pus retenir un sifflement admiratif devant la mécanique même abîmée.
Saisissant un petit tournevis je commençais à enlever les fixations du coffrage de la prothèse découvrant un véritable fourmillement de d'engrenage superbement agencé. La plupart d'entre eux tournaient correctement mais certains d'entre eux bloquaient et déclenchaient des soubresauts dans la prothèse. Suivant à la lettre les instructions d'Allys, j'appuyais sur un bouton pour rendre inerte l'assemblage mécanique. Je vis le bras se mettre à peser dans mes mains, supprimant de fait les mouvements parasites.
Armé d'un nouveau tournevis plus petit je retirais une par une les roues dentées endommagées par le choc trouvant plusieurs éléments mécaniques voilés, ou dont les dents étaient manquantes.
Tout le système semblait avoir tenu sans trop de problèmes et mes doigts se mirent tout de même à palper l'intérieur du bras de la jeune femme recherchant le moindre défaut qui aurait pu ressembler à ce qu'elle me décrivais. Mais fort heureusement rien ne vint alourdir le diagnostique. Le bras était en relativement bon état.
Je fis de même pour les doigts, retournant la paume pour l'avoir face à moi. Le coffrage fut de nouveau retiré révélant un fourmillement de merveilleux mécanismes qui étaient malgré tout bien trop compliqué pour moi. Chaque doigt était composé d'un piston capable de replier chaque doigt indépendamment dans une reproduction parfaite de ce que je pouvais faire;
La jeune femme identifia rapidement les dégâts, simplement des articulations démises qu'un simple léger coup de masse suffit à remettre en place.
Les engrenages défectueux furent remplacés par de nouveaux en meilleur état avant que tout le coffrage soit soigneusement remis en place.
Je finis par dire en étouffant un petit rire

-Pendant combien de temps comptes-tu saccager ton précieux bras ?


Je n'avais pas encore réactivé l'ensemble et anticipant la réponse de la jeune femme, je pris la tête dans ma main la tournant vers moi avant de rajouter d'un air amoureux



-Non tu ne fais pas ce que tu veux, tu es à moi chérie




Dis-je avant de profiter ce moment pour l'embrasser tendrement, finissant par m'écarter d'elle avec un petit rire clair, qui se répercuta dans toute la maison. Puis finalement, je repris le travail, attaquant la jambe de la jeune femme en me mettant à genoux devant elle.
Cela ressemblait très fortement à une demande à mariage, mais cette fois-ci c'était uniquement pour démonter la jambière de la jeune femme craignant le pire pour elle. Mais après un nouveau démontage, le seul dommage était au niveau de l'amortisseur plantaire et de la fixation qui avait bougée.
Il y eu une petite partie de remise en place et de réparation facile, cette dernière étant uniquement composée d'un changement du ressort principal qui permettait à la jeune femme d'avoir une démarche si gracieuse.
Je finis tout cela avant de finalement me relever devant mon amante, lui ébouriffant joyeusement les cheveux



-Et voilà ma chérie tu es de nouveau en parfait état !




Je réactivais sa prothèse de bras, la laissant jouer un moment avec cette dernière avant de me poser contre elle la faisant doucement reculer contre le mur pour l'embrasser tendrement

-J'ai bien le droit à un petit payement hein ?



Prenant donc un peu de temps pour nous deux je finis simplement par l'embrasser lentement rattrapant le temps perdu depuis trop longtemps à mon goût avant de m'éloigner joyeusement vers la porte, redescendant vers le Rez-de-chaussée redécouvrant Aurore avec son plâtre alors qu'Allys descendait pour nous rejoindre.
Quelques pas plus tard et j'étais près de la jeune femme, notant son air perplexe.
Je pris un petit moment pour aller lui chercher une nouvelle tasse me plaçant sur le fauteuil en face d'elle pour la fixer lentement. Cela faisait quelque temps que je ne l'avais pas vu et si elle ne me paraissait pas changée physiquement, quelque chose couvait vraiment en elle car je ne l'avais jamais vu aussi perdue.
Bien sûr, cela aurait pu être imputable au changement de continent mais.... comment avait-elle pu aller sur un continent dont elle détestait tant les habitants.
Ma question fut donc sans surprise.



-Au fait Aurore, tu as sûrement du l'expliquer à Allys mais qu'est ce qui t'amène ici ?



Ce n'était pas un interrogatoire, loin de là, mais sa présence ici, bien que nullement dérangeante m'intriguait, il était plutôt rare de voir un mage en terre Daenastre mais je notais qu'elle avait eu le même mauvais réflexe que moi : c'est-à-dire de porter des signes évidents de son appartenance aux yeux de tous. Manque de chance pour elle, des gens moins bien attentionnés lui étaient tombés dessus. Mais je ne comptais absolument pas lui faire la morale, j'aurai été bien mal placé...
Non il suffirait que nous lui trouvions de nouveaux vêtements plus adaptés avec Allys et si je n'y connaissais pas grand chose en style, je ne doutais pas que mon amante soit bien plus douée que moi.
Je repris donc doucement en réalisant que ce qui l'amenait ici ne me regardait peut-être pas.

-Enfin si tu ne veux pas m'en parler ce n'est pas grave hein... Je comprendrais...

Peut-être que dans le pire des cas Allys m'en dirait plus, mais pour le moment, je ne comptais pas trop la brusquer, surtout vu le choc qu'elle venait de subir, je repris donc d'un ton plus léger, même s'il était loin de mon humour habituel



-En tout cas merci pour la maison, connaissant mon Allys, je doute qu'elle ait été dans un aussi bon état avant ton arrivée, je l'aime de tout mon cœur, mais je dois reconnaître que la patience n'est pas son fort



Dis-je en sentant une petite tape sur le haut du crâne avant de rire doucement. Quand elle était là, j'arrivais sans peine à m'ouvrir un peu plus, même si j'avais eu un début de relation tendue avec la personne avec qui je parlais, à croire qu'Allys maîtrisait une certaine forme de magie que je ne connaissais absolument pas.
Je finis mon thé, posant doucement la tasse sur la table.

-Je sais que notre première rencontre ne s'est pas passée sous les meilleurs hospices mais si je peux faire quelque chose pour toi n'hésite pas.

Et, peut être pour la première fois, je réussis à produire un sourire franc et honnête à la jeune femme, un sourire qui se voulait rassurant et plutôt chaleureux.




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Aurore Seraphon
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Ven 9 Fév - 11:49
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Profession : Agriculture/Chasse
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Aurore avait finalement écouté, ou tout du moins fait en sorte que la conversation ne soit pas désagréable. La jeune femme avait décroché un sourire rassurant à Allys, sincèrement touchée par autant de marques d’attention et surtout par cet attachement nouveau qu’elle pouvait constater pour elle. Une amie. Aure n’était pas connue pour savoir conserver son cercle amical, il y avait bien Odard qui restait, la distance aidant certainement à cette proximité et cette facilité à s’écrire. À travers des mots sur une feuille, c’était toujours plus simple. Avec Allys, c’était différent, elle avait appris à se connaître, à s’accepter, à s’entraider, mais surtout à s’apprécier. Aussi, la rouquine n’avait nullement dans l’idée de la contrariée, bien trop fatiguée pour se lancer dans un débat qui ne mènerait certainement à rien. Avançant lentement, mais sûrement, la my’tränne avisait les environs, essayait de mémoriser le chemin, il allait bien falloir qu’elle apprenne à s’orienter toute seule. Elle n’aurait pas toujours la chance d’être accompagnée. Prenant une légère inspiration, la jeune femme avait simplement opiné en direction d’Allys et de Hex. Signe qu’elle comprenait que visiblement tout allait parfaitement bien pour eux, aucun sentiment de jalousie ne l’avait animé, le couple semblait dans une certaine osmose. La rouquine osa quand même se demander intérieurement, si elle aussi aurait la chance de connaître ça un jour. Faudrait-il déjà survivre aux habitants de ce continent pour espérer avoir potentiellement la réponse, positive ou négative. Haussant les épaules, sur le chemin, la chasseuse s’était autorisé une petite phrase :  

- « Je suis contente pour vous deux. Et je suis ravie d’avoir votre aide… Je crois que je dois vous remercier, sans vous…. Cela ne se serait pas aussi bien terminé. Enfin si j’oublie ce truc-là, c’est lourd quand même. »

Le chemin s’était déroulé cette fois-ci sans la moindre ombre au tableau, même si quelque regard semblait insistant, rien n’avait donné la sensation à Aurore d’être trop. Certainement dû à la présence rassurante des deux jeunes gens. Après une vingtaine de minutes de marche, le petit groupe était arrivé à destination. La mignonne petite maison d’Allys. Instinctivement Aurore grimaça en regardant l’état du jardin, les fleurs n’auraient vraiment pas été de trop. Elle n’osa pas demander si certaine avait survie à son accidente, consciente qu’elle risquait de se faire sermonner sur le fait que les fleurs n’étaient pas le plus important. Mais quand même. Installée sur le fauteuil, la my’tränne joua un peu avec son plâtre, s’offrant ainsi la possibilité de faire abstraction du reste. Elle connaissait déjà bien la maison, pour l’avoir exploré, astiqué, nettoyer tout en profondeur. Il fallait avouer qu’avec le don d’Amisgal, c’était beaucoup plus simple aussi. En avisant le thé, Aurore eut un léger pincement au cœur, un sourire aussi. Ludwig lui avait la promesse de lui en offrir un et elle espérait sincèrement qu’il tiendrait parole quand il la verrait débarquer devant chez lui. Encore fallait-il trouver ce « chez lui ». Prenant une légère inspiration, elle souffla sur sa tasse, tout en restant attentive à ce qui se passait autour d’elle.

- «  Nous nous sommes rencontrés lorsque Hex était en mission.. Je dois bien admettre que l’entente n’était pas forcement au rendez-vous… » elle s’était mise à rire un peu amusé par la situation «  Je crois que nous sommes deux caractères un peu trop têtus pour que le courant passe parfaitement bien au premier abord. »

Elle avait choisi d’être honnête, sans trop en dire, elle était gênée de s’imaginer avoir pu avoir une relation avec cet homme. Tout en sachant au plus profond de son être qu’il ne s’était absolument rien passé. Aurore avait fini par secouer doucement sa chevelure rousse, portant de sa main valide la tasse à ses lèvres pour en avaler une gorgée. Le liquide chaud sembla lui faire du bien  et malgré sa mine fatiguée son sourire était bien présent sur son visage.

- « Je suis désolée pour ton bras » souffla-t-elle sincère

La jeune femme de chercha pas à retenir le couple, consciente qu’il devait certainement eux aussi avoir un peu d’intimité. Elle attendit sagement, tout en se demandant comment elle allait bien pouvoir annoncer à Allys qu’elle n’avait pas dans l’idée de la déranger encore longtemps. Le duo venait de se retrouver et il était hors de question pour Aurore d’être un poids pour ses retrouvailles. Il suffisait simplement de mettre la main sur une adresse, un indice et Aurore pourraient poursuivre sa route en étant cette fois-ci, beaucoup plus prudente. Dans ses pensées, elle ne vit pas le temps passer, ses doigts continuant de jouer sur la chose blanche qui était censée la soulager. Elle le trouvait lourd, gênant, irritant, le garder s’annonçait déjà être une chose complexe. Pas le temps d’imaginer comment le retirer, que le couple semblait déjà de retour. Un petit regard taquin avait pris naissance dans les prunelles de la jeune femme, qui n’osa pas pousser la taquinerie jusqu’au bout en prononçant une phrase qui pourrait être mal perçue. La question de Hex la dérouta et son regard sembla se figer un instant, elle n’avait pas encore trouvé la réponse à cette question et celle tapie au fond de son cœur ne semblait pas encore être prête à être révélé au grand jour. Cependant, le mensonge n’étant pas quelque chose que la rouquine tolérait, elle décida de révéler plus ou moins la vérité sans trop en dire.

- «  Non… Je comprends…. Je vais certainement avoir besoin de votre aide de toute façon. » Murmura-t-elle «  Je suis venue ici pour retrouver quelqu’un… Je lui avais fait la promesse de venir un jour, alors… Me voilà. » Conclut-elle maladroite « Il se nomme Ludwig et je ne sais que très peu de chose à son sujet… Il est peut-être dans l’armée, ou il l’était… Il a une fille… Cela doit être quelqu’un d’important, je crois…Un commerçant certainement, quelqu’un d’influent… C’est un ami.»

C’était les seules choses qu’elle savait à son sujet, les seuls indices. Il fallait avouer que le mois de janvier, malgré la proximité que la survie avait entraînée,  n’avait pas réellement eu pour effet d’offrir des présentations plus complètes. Elle se souvenait de quelques paroles, de quelques sous-entendus, sans pour autant avoir de réelle certitude. Pour elle, c’était comme chercher une goutte d’eau particulière dans une pluie torrentielle. Impossible. Cependant, elle ne voulait pas abandonner, elle voulait y croire. La rouquine avait fait tout son possible pour cacher son trouble ou les sentiments l’animant, essayant d’énumérer des faits, rien que des faits sans rentrer trop dans les détails. Elle pourrait faire une description physique très détaillée, même le dessiner.

- « Je pourrais vous le décrire avec précision aussi, si ça peut aider… mais avec ce truc, je suis incapable de réaliser un portrait. Mais je ne veux pas vous embêter avec tout ça et je peux tout aussi bien chercher sans vous importuner trop longtemps. » Affirma-t-elle avec plus de force. « Et puis, je ne pensais pas votre territoire si grand et si…. Hostile…. Avez-vous des Gharyn que je pourrais rencontrer pour obtenir des informations ? »

Offrant un nouveau sourire, Aurore ne réalisait absolument pas qu’ici tout était différent. Faudrait-il prendre le temps de lui expliquer les normes et les coutumes afin de ne pas entraîner de nouveaux accidents.

- « Comment vous êtes vous rencontrés, vous deux ? »



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Allys Terasu
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Sam 10 Fév - 22:01
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Profession : Ingénieur mécanique
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Hex roula des yeux mais même s'il désapprouvait Allys, il n'insista pas. Oui, elle avait tenu secret longtemps sa douleur mais il avait été hors de question qu'elle soit la priorité dans cette histoire. Et puis, elle préférait que ce soit les mains de son compagnon sur ses prothèses que celles d'inconnus. Après tout, elles faisaient partie de son corps maintenant. L'armature extérieure était une œuvre d'art, elle représentait à elle-seule l'histoire de la jeune femme par des symboles zochs, courbes harmonieuses my'tränes et rouages autant fonctionnels que décoratifs daënars. C'était comme si elle possédait un tatouage à ceci près qu'il était entièrement de métal et de rouages.

Bien que la mécanique ne fasse pas parti de ses points forts, Hex se révéla avoir des doigts de fées sous les instructions de la jeune femme. D'ailleurs, elle plaçait en lui une confiance infinie. Rien à voir avec son réparateur habituel, qui lui faisait grincer des dents lorsqu'il se montrait trop brutal avec ses rouages. La force de l'habitude n'aide pas toujours pour les clients... Le soldat avait bien un avantage de ce côté là : Il exécutait exactement les instructions. Ce fut donc sans difficulté qu'il retira les éléments endommagés et les remplaça par des pièces de rechange fonctionnelles.

Finalement, Hex ne put s'empêcher d'une remarque sur sa fâcheuse tendance à cogner à tout va avec son bras articulé et donc à l'endommager. Elle ouvrit alors la bouche pour répliquer mais il l'a devança, tournant sa tête avec douceur, lui déclarant que non elle ne pouvait pas faire ce qu'elle voulait puisqu'elle lui appartenait. Allys gonfla légèrement les joues dans une moue boudeuse mais elle perdit immédiatement son air faussement outré lorsqu'il déposa un tendre baiser sur ses lèvres.

Une fois la jambe réparée également, Hex réactiva la prothèse, redonnant ainsi à Allys sa perception de son bras mécanique. Elle le remua de manière à vérifier que tout fonctionnait à nouveau correctement. Elle replia ses doigts, son coude et fit quelques mouvements dans les airs avec une grande facilité.


« C'est parfait. Merci. »

Elle n'eut pas le temps d'en dire plus qu'il réclamait déjà son dû. C'est avec espièglerie qu'il vint chercher une étreinte, l'embrassant finalement avec douceur. Profitant de l'instant, elle l'enserra de ses bras avant de le laisser filer au rez-de-chaussée presque sautillant de joie. L'image tira alors un sourire amusée à la jeune femme. Décidément, Hex était un grand enfant, capable de passer de sérieux à totalement insouciant en une fraction de secondes. Elle l'enviait un peu de ce côté là.

Avant de les rejoindre à son tour, elle rangea son matériel dans la pièce scellée. Lorsqu'elle descendit, les deux jeunes gens étaient déjà en conversation. Si elle se contenta d'une petite tape sur le haut du crâne de son amoureux lorsqu'il évoqua sa patience légendaire, elle reprit vite son sérieux pour autant en les écoutant parler. Aurore avait vaguement parlé de la personne qu'elle recherchait pendant leur périple en my'trä. Allys n'avait pas insisté non plus. Elle avait comprit qu'elle était amoureuse du daënar et cette seule information avait suffit pour qu'elle invite Aurore à la suivre jusqu'ici. A présent, l'ingénieure écoutait avec plus d'attention. Le nom de Ludwig l'interpellait sans qu'elle ne mette le doigt sur la raison pour laquelle ce nom lui paraissait familier.


« ...Mais je ne veux pas vous embêter avec tout ça et je peux tout aussi bien chercher sans vous importuner trop longtemps. Et puis, je ne pensais pas votre territoire si grand et si…. Hostile…. Avez-vous des Gharyn que je pourrais rencontrer pour obtenir des informations ? »
« Ne dis pas de bêtises voyons Aure, tu ne nous embête pas. Et je t'ai promis que je t'aiderai, inutile d'essayer de te débarrasser de moi. » Lança-t-elle avec une moue amusée. « Non, la hiérarchie ne fonctionne pas de la même manière ici. On se débrouille autrement en cas de problème.. »

Elle n'eut pas vraiment le temps d'en dire plus que la my'träne posait déjà une nouvelle question, trop curieuse. Décidément, ça n'allait pas être simple pour Allys de se retrouver avec deux interlocuteurs aussi bavards l'un que l'autre dans la même pièce.

« Comment vous êtes vous rencontrés, vous deux ? »
« Disons que je me suis fait remarquée sur un marché avec mon air aimable... J'allais pour repartir quand Hex m'a abordée. » Elle eut un léger rire. « Enfin abordée... Pas du tout comme tu le pense. Il m'a gratuitement offensée et bien sûre j'ai sorti les crocs. Je crois-même qu'on allait se défier en combat quand on a entendu une alarme retentir dans toute la ville. C'était des pirates du ciel. Alors du coup au lieu de régler notre conflit, on a du combattre ensemble et bizarrement, de sauver à nous seul ce village nous a réconciliés. Après ça, on est partis fêter notre victoire dans une taverne du coin et... AH ! Je sais ! »

La suite au prochain épisode ? Très probable, à moins que le soldat ne prenne la relève. Allys avait bondit sur ses pieds et se dirigeait déjà vers la pile de croquis qui envahissaient la table du salon. Elle fini par en sortir un et l'étaler sur la table basse devant le canapé où se trouvait ses amis. Il s'agissait d'un ensemble de croquis, certains d'armements et l'un d'entre eux sur un véhicule terrestre. Sur tous était griffonné le nom Strauss.

« Voilà pourquoi j'avais du mal à m'en souvenir. Ludwig. C'est Ludwig Strauss. J'ai déjà travaillé pour lui et je n'avais entendu son prénom que peu de fois mais ça me reviens. Je sais où on peut le trouver. Enfin, je peux nous emmener dans la bonne ville. Pour trouver son adresse on devra chercher là-bas. » Elle posa un doigt sur les lèvres d'Aurore. « Je te vois déjà venir et la réponse est non on ne pars pas tout de suite. Je nous prendrait des billets de train dans deux jours. Le temps de te trouver une tenue adaptée, préparer nos affaires et aussi parce que le train risque d'être un problème aussi. Va falloir qu'on trouve quelque chose pour au moins te soulager. »




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Aurore Seraphon
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Mar 13 Fév - 15:44
Irys : 938007
Profession : Agriculture/Chasse
My'trän +2 ~ Khurmag
- « Autrement ? » questionna la rousse en appuyant son regard sur Hex.

Aurore était soucieuse de la joindre à la conversation, mais aussi réellement intriguée par le mode de fonction de cet étrange continent. Ici, tout semblait si différent, si étrange, si… prenant une légère inspiration, la my’tränne se contenta de secouer doucement sa chevelure, un brin perdu, un brin fatigué par tout ça. L’idée même d’abandonner ne lui avait jamais effleuré l’esprit, mais maintenant, avec cette chose blanche sur le bras, avec la multitude de mots employés qui lui donnait l’impression de ne pas parler la même langue, elle doutait. Sincèrement. Laissant courir ses doigts sur le plâtre, fuyant du regard les personnes présentes, tout en étant attentive à la conversation, la mage semblait ailleurs, perdue dans un milieu hostile, bien plus hostile que la faune et la flore la plus profonde de my’trä. À côté, même son enlèvement avec Ludwig lui semblait être du pipi de chat.

Relevant le menton et par conséquent son visage, Aurore écouta soudainement avec un petit œil plus brillant Allys qui évoquait sa rencontre avec le peu avenant militaire. Les opposés s’attirent, c’est bien une phrase qu’elle avait entendue plus d’une fois, sans jamais vouloir y croire. Il y avait eu ensuite sa rencontre avec Ludwig, puis maintenant celle du couple presque improbable qui se trouvait face à elle. Au fond, il y avait bien des similitudes dans leur rencontre et celle du couple, l’action, le risque, la collaboration commune. Était-ce un élément important pour former un lien, pour offrir l’espoir de former un nous ? L’idée tourmenta quelque peu la rouquine qui se renfrogna, laissant couler son regard sur le tapis sous la petite table basse. Et maintenant ? Allys avait stoppé son récit s’exprimant dans une rapidité déconcertante sur l’idée de Ludwig, offrant un nom. Instinctivement, la jeune femme avait relevé la tête, les yeux d’autant plus brillants. Strauss. Ludwig Strauss. Elle avait travaillé pour lui ? L’homme lui avait bien dit être une personne influente, dans les affaires… Instinctivement, elle n’avait pas pu s’empêcher de questionner la jeune femme sur l’emploi, faisant une légère grimace vis-à-vis de son refus presque direct pour le départ.

- « Quel genre de travail ? » souffla-t-elle « Et qu’est-ce que c’est un train ? » le mot avait été prononcé avec difficulté « Est-ce que c’est dangereux ? Pourquoi faudrait-il me soulager ? » elle laissa un silence léger, ne semblant absolument pas se rendre compte à quel point cela allait être une épreuve « Je n’ai pas d’autres vêtements que les miens… Et je ne veux rien qui s’en éloigne trop » poursuivit-elle consciente de ne pas supporter de s’habiller de la même façon « Je fais si étrangère que ça, habillée comme ça ? »

Une vague de fatigue commençait lentement à animer la jeune femme, dont le visage était devenu d’un pâle presque cadavérique. L’accident, le choc à la tête, la nouvelle de l’identité de Ludwig et d’une zone moins vaste à explorer –ou retourner-, une épreuve avec ce train dont elle n’avait pas la moindre idée de ce dont il pouvait s’agir. Tout ça formait un merveilleux mélange qui avait fini par terminer de la retourner. Son ventre commençait à être douloureux, alors qu’elle angoissait déjà par avance sur la manière dont allait pouvoir expliquer à l’industriel sa présence dans le coin. N’allait-elle certainement pas lui dire qu’elle venait spécifiquement pour lui.

- « Je suis fatiguée… Je… Je crois que je vais monter dormir un peu… Ça ne vous gêne pas ? On verra tout ça… demain… Vous n’avez cas préparer ce que vous voulez… Je n’ai pas besoin de grand-chose, je veux juste… retrouver Ludwig. Pour le reste, rien ne me semble bien grave… Vous pensez que ce sera compliqué ? C’est… C’est… grand là on doit aller ? »

Termina-t-elle de questionner sans réellement avoir vraiment envie d’obtenir cette réponse. Après plusieurs minutes et une fois avoir obtenue la réponse à ses questions ou à la suite de la conversation, la my’tränne délaissa le couple pour monter à l’étage rejoindre ‘sa chambre’. Une fois allongée sur le lit, elle tira un peu sur la substance blanche emprisonnant son bras, soupira avec plus de force. Difficile de gérer autant de nouveauté et malgré un entrain et une joie de vivre importante, celle-ci semblait avoir quelques limites. Fermant les yeux, Aurore tâcha de se remémorer la raison de sa présence ici et surtout ce qui avait fini par la faire se décider définitivement. Savoir. Comprendre. Découvrir ou confirmer une nouvelle façon de fréquenter une personne, s’attacher sincèrement à quelqu’un ou tout du moins avoir l’impression de compter pour une autre personne que soi-même. Prenant une nouvelle inspiration, Aurore avait fini par s’endormir, sans pour autant obtenir une nuit reposante et sans mauvais rêve. La douleur de son bras commençait lentement à se réveiller, allait-elle comprendre enfin à quel point porter un plâtre était contraignant.



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Aurore s'exprime en #ff9999
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Hex Hekmatyar
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Ven 16 Fév - 17:06
Irys : 126594
Profession : Soldat de fer
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En entendant le récit d’Allys je me mis à avoir un petit sourire nostalgique en y repensant. Ça avait été une autre époque, presque un autre temps en fait. Les souvenirs étaient encore clairs et je revoyais la jeune femme et sa monture dans la ruelle, me remémorant son air revêche lorsque je l’avais… abordée.
Et alors qu’elle partait chercher son plan je rajoutais quelques détails à la volée.

-Tu sais très bien ce que je peux donner dans ce genre de situation, mais j’ai trouvé quelqu’un en face de moi avec suffisamment de répondant pour me tenir tête, et si tien ne présageait vraiment notre entente… et bien ça a marcher. À croire que les architectes se sont penchés sur notre cas.

J’eus un petit soupir amoureux à la simple pensée de la jeune femme, revoyant cette première nuit avec elle, puis les autres rencontres successives. Trois rencontres, trois coups de foudre et finalement une peut être conclusion heureuse. Pourquoi cette incertitude alors que nous étions ensemble ? Car la jeune femme avait annoncé avoir des affaires à régler et je n’étais pas sans savoir que les « affaires » pouvaient parfois tourner bien différemment de ce que l’on pensait.
Là encore il allait falloir croiser les doigts et faire confiance à ma chérie.
Je secouais la tête en quittant cette réflexion sur moi-même. Il était facile de se perdre dans ce schéma amoureux, et j’eus une pensée attristée pour la jeune femme en face de moi qui était justement privée de son amour.
Allys revint, déclarant connaitre le Ludwig en question, quant à moi ce n’était pas vraiment le prénom qui me revenait mais bien le nom… Straus…
Je sortis mon pistolet déchargé, m’excusant par avance envers Aurore avant de le retourner pour afficher le poinçon qui trônait sur la carcasse. Il y en avait deux, le premier était celui de l’horlogerie Eshfeld et le second était la signature même de Strauss.
Je rangeais rapidement mon arme, répondant partiellement à la jeune femme.

-C’est un fabricant d’armes Daenastre, c’est même lui qui a produit mon pistolet. Je l’ai rencontré une seule fois brièvement mais je serais bien incapable de t’en dire plus pour ma part.


C’était un fournisseur de l’armée, un parmi tant d’autre et il ne m’avait pas paru plus ou moins méchant qu’un autre, j’étais juste surpris qu’une Mytranne se soit amourachée d’un homme représentant en tout point la nation qu’elle détestait. Mais on disait assez souvent que l’amour était aveugle.
Ses questions s’enchainaient mais je ne pouvais répondre qu’à une seule pour ma part. Un train…. Voilà qui était plus difficile que prévu, car même si cela paraissait évident décrire un objet du quotidiens à quelqu’un sans notions de technologie était plutôt compliqué.

-Un train ? C’est un de nos moyens de transport. C’est un peu comme un chariot tiré par des chevaux sauf que le chariot en question suit une route prédéfinie le long de deux guides métalliques, et les chevaux en questions sont remplacés par un moteur à vapeur. Ça permet de voyager beaucoup plus vite qu’à cheval et c’est relativement confortable, et ne t’en fait pas c’est plutôt sûr.

Quant à son interrogation, je comprenais ce qu’elle voulait dire, j’avais eu les mêmes réflexion et de la part même de la jeune femme il y avait à peine quelque mois, je repris donc doucement avec un air compréhensif.

-Tu te rappelle de notre voyage commun Aurore ? Tu m’avais dissimulé sous une illusion pour que je n’attire pas l’attention, ici c’est le même principe, tes vêtements annoncent ta provenance comme mon armure et mon arme le faisait en Mytra, nos deux continents se ressemble plus que tu ne le crois.

Cette volonté de ne pas changer me rappelait quelqu’un mais peut être sa magie suffirait à lui éviter de changer de vêtements même si lorsque qu’Allys avait une idée en tête, elle n’en démordait pas.

-Peut être qu’un peu de magie pourrait te faire apparaître différemment, même si Lys semble décidée à t’emmener faire les magasins

Je conclus cela avec un sourire avant de laisser Allys le soin de répondre à ses questions, finissant par souhaiter une bonne nuit à la jeune femme.
Elle avait soudainement pali et je ne voulais pas la retarder plus que nécessaire, sans compter qu’un peu d’intimité avec la jeune femme ne serait pas de refus.
Alors que je la laissais souhaiter une bonne nuit à l’invitée mage, je marchai vers la fenêtre l’ouvrant en grand dans l’air du soir pour fumer, sortant une cigarette de mon étui avant de l’allumer nonchalamment.

-Tu es décidée à tout faire pour l’aider hein ?


Ce n’était pas un reproche, mais la jeune femme avait l’air préoccupée par toute cette histoire. Et je devais avouer que la voir tant concernée par quelqu’un d’autre me rendait un peu jaloux. Mais même si cela se voyait sans doute, j’étais prêt à l’aider dans la mesure du possible, sachant que j’allais fatalement devoir repartir à un moment ou à un autre.
Cela allait être un déchirement, mais il ne pouvait pas se permettre de partir trop longtemps, le jour où nous partirions je ferais les arrangements nécessaires ce serait arrangé, si soudainement c’était plus compliqué.
Finalement je finis par écraser le mégot de cigarette avant de le jeter dans la poubelle, m’approchant de la belle jeune femme pour lui poser une main sur la joue.

-Tu as l’air préoccupée… et passablement épuisée par cette histoire. .. Je peux faire quelque chose pour que ça aille mieux chérie ?


Jaloux, oui. Inquiet, très. Car même si Aurore était un point d’inquiétude pour la jeune femme, le miens était principalement la jeune femme et si je n’étais pas du genre à couver les gens, m’inquiéter pour celle que j’aimais était un réflexe incontrôlable. Surtout vu ce qu’elle c’était infligée récemment.
Ma main s’attarda un moment sur sa joue avant de descendre le long de son corps jusqu’à sa taille pour la rapprocher de moi et l’embrasser à nouveau.

-Il faudra que tu me raconte comment tu as réussi à te lier d’amitié avec la personne qui m’a chassé de Mytra


Je conclus cela avec un petit rire, l’embrassant à nouveau maintenant que nous étions seuls. Et alors que je m’éloignais d’elle, résistant à l’envie de l’emmener de suite dans la chambre, je m’aperçus que cela faisait bien plus de douze heures que nous n’avions rien avalés. Je pris alors doucement sa main l’attirant dans sa cuisine avant de regarder les nombreux placards remplis de nourriture.
Je n’étais pas un fin cuisinier et mes compétences culinaires se bornaient à poser le contenu d’une ration sur un réchaud de campagne. Préparer un plat était donc une nouvelle épreuve que je comptais bien réussir avec Allys.
Je lui offris un regard joueur, demandant doucement.

-Tu m’as appris à aimer, tu penses pouvoir m’apprendre la cuisine ?










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Allys Terasu
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Dim 18 Fév - 12:06
Irys : 1017994
Profession : Ingénieur mécanique
Daënar +1
Aurore avait relevé la tête, les yeux brillants à nouveau. De l'espoir se lisait clairement dans son regard alors qu'elle lançait une pluie de questions. La rousse ignorait réellement tout de son Ludwig et du mode de vie que l'on suivait ici. Elle s'inquiétait de ce que tout cela impliquait et avait une réaction réfractaire qui n'étonna pas Allys. Après tout, il y a quelques années... La mécanicienne repensait avait joie et mélancolie à ce portrait de famille qu'elle avait tant chéri. Elle aussi lorsqu'elle avait du mettre les pieds ici avait eut ce genre de réaction. Telle une enfant de trois ans, elle avait dit non à tout. Non aux nouveaux vêtements, non aux transports étranges mais pourtant fascinants, non à cette étrange vie de bourgeois. Elle se revoyait un peu en Aurore.

Hex sortit alors un pistolet afin de montrer qu'il avait également une marque signée de Strauss. Sur le moment, l'ingénieure lui lança un regard désapprobateur. C'était comme si on pointait vers un daënar une main brûlante d'un feu magique. Ce n'était pas forcément nécessaire. Pourtant, c'était la triste vérité sur cet énigmatique Ludwig Strauss. Un fabriquant d'armes. Quand au travail qu'elle avait fournit pour lui... Allys soupira.


« J'ai travaillé sur un gros projet pour lui. Le véhicule sur ce schéma, c'est moi qui l'ai imaginé. Il désirait un moyen de transport plus rapide mais aussi plus solide capable de transporter au moins une dizaine de personnes. »

Elle n'osa cependant pas en dire trop. Il était clair que ce n'était pas pour le confort des habitants mais bien pour un usage dans l'armée. Ce n'était peut être pas nécessaire d'appuyer plus. Aurore était venue pour donner une chance à son histoire et bien qu'elle soit absolument incongrue, cela faisait penser à la Belle et la Bête. Histoire qui a fonctionné non ? Alors, l'effrayer n'était peut être pas la bonne solution.

Hex expliqua ensuite à quoi correspondait un train. C'était très imagé et à la fois bien décrit. Mais il oubliait un détail important tout de même. Un gros élément. C'était un transport purement technologique. Du métal, un moteur, des engrenages... Rien de naturel. Et Aurore risquait d'être malade du départ à l'arrivé. D'où la pensée d'Allys de trouver quelques remèdes médicinaux chez l'herboriste du quartier. Ça et un bon paquet de sacs au cas où.

Quant à ses questionnements sur sa tenue vestimentaire, le soldat avait aussi réponse. Il évoqua alors le voyage qu'ils avaient parcouru ensemble et les solutions qu'ils avaient alors trouvé au problème d'armure du jeune homme. Il lui proposait d'ailleurs d'en faire de même. Allys adressa alors une moue au sourire de son compagnon avant qu'elle ne pose son regard à nouveau sur la mage.


« Tu as dû le voir pendant que tu nettoyais la maison mais... »

Elle se releva pour aller chercher le portrait qui trônait face caché sur l'un des meubles. Vous savez, celui dont la narratrice à parlé dans un poste au dessus et dont personne n'a fait la moindre réflexion alors qu'il était super détaillé, donc je ne le détaillerais pas maintenant. Elle le montra à Aurore.

« Tu vois la gamine au milieu ? C'était moi ça quand j'ai mis les pieds en daënastre. Je sais ce que c'est de rester accrochée à ses racines et rassures-toi ce n'est pas parce que tu vas changer un ou deux habits que ça t'enlèverait ce que tu es. Il s'agit juste de s'adapter aux coutumes de chacun. Moi quand je suis venue à My'trä, j'ai préféré emmener mes affaires Zochs pour passer un peu plus inaperçue, ou du moins, moins hostile, je n'ai juste plus la chance d'avoir tout les membres en chair... Tu vois ? Je ne vais pas te changer toi mais juste rendre le regard des autres plus bienveillant à ton égard. On ne peut pas se faire accepter si on ne fais pas soi-même un effort. »

Devant la mine fatiguée de son amie, devenue pâle à mesure que ses angoisses prenaient forme dans son esprit, Allys lui adressa un sourire rassurant. Cela faisait beaucoup en une seule journée, la mécanicienne en était consciente. Elle devait encore être en état de choc après son agression et le couple lui en demandait beaucoup d'un coup. Aussi, Allys compris parfaitement son besoin d'aller se reposer. Elle s'avança vers elle et lui attrapa une main qu'elle serra affectueusement entre ses paumes.

« Ne t'inquiète pas, je comprend. Reposes-toi, nous verrons tout ça demain. »

Relâchant sa main, elle laissa son amie monter les escaliers, la suivant du regard jusqu'à ce qu'elle soit sûre qu'elle soit arrivée à l'étage. Elle remarqua soudain l'air frais lorsque son amant s'adressa à elle. Tournant la tête dans sa direction elle marcha jusqu'à lui et s’accouda à la fenêtre. Hex avait posé une question anodine mais une trace de jalousie traînait pourtant dans sa voix.

« Évidemment. »

C'est mon amie.

Allys n'avait pas d'autre mot à lui donner. Le ton de sa voix trahissait à lui-seul toute la volonté qui lui était caractéristique. Il le savait, elle était têtue, obstinée et lorsqu'elle donnait sa parole elle ne la rompait sous aucun prétexte. Bien sûre, s'ajoutait l'affection pour la mage, sentiment qui était encore nouveau pour elle. Hex la connaissait. Peut être même trop d'ailleurs. Posant la main sur sa joue, il lisait en elle comme un livre ouvert. Préoccupée ? Épuisée ? Que pouvait-il faire pour elle ?... Pas grand chose si ce n'est lui faire confiance. Allys ne savait pas dans quoi elle mettait les pieds. Se mêler des affaires amoureuses du géant Strauss, c'était probablement à double tranchant.

Et puis ce n'était pas tout. L'ingénieure expérimentait des émotions nouvelles, donc cette colère angoissée qui lui avait ouvert au niveau des phalanges un peu plus tôt. Elle ne l'avait remarqué que tardivement, la douleur ayant été bien inférieure face au sentiment de culpabilité qui l'avait étreint quelques heures plus tôt. A présent que ressentait-elle ? De l'apaisement pour l'instant. Aidée par la proximité de son amant et son contact rassurant.


« Il faudra que tu me raconte comment tu as réussi à te lier d’amitié avec la personne qui m’a chassé de Mytra. »
« Elle n'est pas mauvaise tu sais. Et puis, on se ressemble. »

Elle lui raconterait tout, mais pour l'instant c'était suffisant. De toute manière il était déjà passé à autre chose, l'embrassant avec tendresse avant de l'emmener vers la cuisine. Leurs estomacs commençaient à se réveiller. Il est vrai qu'ils n'avaient même pas soupé. Allys eut un rire cristallin lorsque le soldat lui avoua être un novice complet en matière de cuisine.

« Le grand soldat mit au tapis par un placard rempli de nourriture ? Il est grand temps de d'apprendre à vivre dis-moi ! »

Elle sortit un grand sac de grain, du riz visiblement, et avisa le briquet du jeune homme. Elle l'interpella alors pour lui indiquer d'allumer le feu. Pendant de temps-là, elle sorti une grande casserole, la remplissant d'eau avant de la déposer au dessus. Elle sortit également un autre sac contenant ce qu'elle appelait des lentilles corails. Elle fit plonger dans l'eau bouillante les ingrédients et les laissa bouillir. Afin de relever le goût elle sortit quelques assaisonnements qu'elle saupoudra dans le mélange et lorsque le tout fut prêt elle tendit une passoire au jeune homme, vidant le contenu. Ne resta plus qu'à remplir deux assiettes et se diriger à nouveau au salon afin de déguster le repas.

« Je te préviens, quand on prend goût aux vrais aliments, on ne peut plus s'en passer. » Rit-elle. « Par contre va falloir que tu t’entraîne aussi, je ne cuisinerais pas toujours pour tes beaux yeux. »

Elle lui adressa une moue taquine bien qu'elle soit sérieuse. Elle n'était pas femme à entretenir les besoin de son compagnon. Bien loin de la femme au foyer bien vue par la société, Allys était débrouillarde mais avant tout une femme d'action, indépendante. Ils discutèrent ainsi tout le long du repas, s'adressant regards complices et taquineries avant que l'esprit de la jeune femme ne revienne à une réalité bien moins plaisante. Avant de partir, elle devait faire quelque chose et l'idée l'effrayait. Le visage devenu plus sombre, elle dévisagea avec intensité son amoureux avant de se lancer.

« Je sais que je vais t'en demander beaucoup mais... Il y a autre chose qui me traquasse et j'ai peur de me défiler. »

Comment lui dire ? Elle avait essayé en le retrouvant mais les mots qui s'étaient échappés de ses lèvres avaient été bien trop vagues. Allys fuyait cette vérité et il était difficile pour elle de mettre les mots sur cet état de fait. Le dire réduirait à néant l'espoir pourtant inutile qui l’animait. Est-ce qu'elle sombrerait si elle osait aller au delà de son déni ? C'était pourtant la seule chose à faire. Il n'y avait pas d'autre solution.

« Je dois aller au cimetière. Je dois en être sûre... »

Ses yeux se mirent à briller alors qu'ils s'humidifiaient soudain. Sa voix pourtant sûre se mettait brusquement à se fissurer, trembler à mesure que son cœur se mettait à nu. Elle n'avait fait que grossièrement bander sa douleur dans le confortable déni. Elle était pourtant tout aussi blessée que lorsqu'elle s'était rendue auprès de sa mère. C'était une plaie béante. Il avait beau s'être montré dur avec elle toute sa vie, elle l'avait malgré tout aimé de cet amour inconditionnel qu'un enfant peut porter à ceux qui lui ont donné la vie.

« Il faut que je sache si... Il n'y a pas d'autre explication mais ça... ça me fait peur... Je voudrais tellement avoir tord et que tout cela ne soit qu'un cauchemar... Ça me hante. »

Fragilité. Tremblement. Regard perdu. Elle le sait dans son cœur mais il faut qu'elle le voit. Mais en aurait-elle seulement la force ? Seule, non. Est-ce trop lui demander ?

« S'il te plais, demain matin... Emmène-moi là-bas. Si mon père est... Parti... Je ne veux pas être seule... Ça me... »

Briserait ? Anéantirait ?

Et que découvrirait-elle si c'était le cas ? S'il était vraiment mort, pourrait-elle en connaître la raison ? Que lui aurait-il laissé à elle qui s'était enfuie ? Lui laisserait-il un souvenir, une trace de son amour ou n'aurait-elle été qu'une déception ? Comme dans ce mirage pendant l'explosion... Était-ce une hallucination de son esprit ou son fantôme était-il venu la hanter ? Lui montrer que c'était de sa faute si sa famille avait éclaté ?




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Hex Hekmatyar
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Sam 24 Fév - 18:05
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Profession : Soldat de fer
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A peine arrivée dans la cuisine qu'Allys se moquait déjà de moi, ce qui me fis doucement rire, dire qu'à la base nous nous étions rencontrés sur une prise de tête au sujet d'un marchand d'arme peut scrupuleux, ce petit souvenir ne manqua pas de m'arracher un petit sourire avant de poser un doigt sur le torse de la jeune femme, un doigt a la fois accusateur et amusé par la situation.

-Grand soldat peut être, être humain avec une bonne dizaine d'années de retard sur le commun des mortels, il se peut donc que le grand soldat ne sache pas cuisiner, ni même faire la vaisselle... Tu as choisis un sacré phénomène ma chérie décidément, peut être aurait tu du te contenter de quelqu'un de plus normal.

Je lui fis un petit sourire avant de la regarder faire avec attention, avec bien trop d'attention d'ailleurs, comme si on m'avait expliqué comment utiliser un explosif dangereux ou une arme particulièrement instable, considérant le riz comme de la poudre, et les lentilles comme des sortes d'éléments dangereux. Alors que j'allumais avec attention la cuisinière avec mon briquet.
Cela pouvait paraître étrange aux gens normaux mais la cuisine se résumait souvent pour moi à chauffer une boite de conserve et cela s'arrêtait là.... Étrange hein ?
A entendre sa dernière phrase j’éclatais de rire caressant son joli minois avant de répondre.

-Si tu cuisine aussi bien que tu te bat, je ne pense pas pouvoir m'en passer effectivement.


Quand à apprendre, je ne disais pas non, considérant Allys comme tout sauf une femme au foyer, je ne pus cependant empêcher une note d'humour, m'asseyant a table devant elle.

-Mes yeux ne valent donc si peu de choses à tes yeux chérie ?.... Je plaisante ! Si tu me forme aussi bien que pour tout le reste je ne vois pas comment je pourrais être mauvais la dedans.

Je laissais le sous entendu planer avant de commencer à manger, dégustant le repas préparé avec une kyrielle d'émotion sur le visage... cela changeait vraiment des rations militaires, plus de gout, et bien meilleur, on avait presque l'impression de manger autre chose qu'une pâte infecte.
Et le reste du repas continua ainsi il était de toute façon difficile de passer un mauvais moment avec Allys, chaque instant avec elle étant un moment plaisant.
A entendre sa phrase je m'arrêtais un moment, considérant sa déclaration avec un regard circonspect... Quand elle disait cela j'avais toujours une hésitation était-ce une véritable épreuve ? Ou bien un simple signe de politesse. Par réflexe, je relevais la tête, posant ma main sur la sienne avant de plonge mon regard dans le siens, parlant doucement.

-Voyons Allys, même si tu me demandais ma vie, ça ne serait pas beaucoup, que se passe t-il ?


La mention du cimetière me fis crisper mon autre main... Ainsi la jeune femme tenait à savoir ce qu'il en était de son père. Elle avait parlé auparavant  de l'oubli de sa mère, et je réalisais que je m'étais peut être trompé sur un point.... Ce n'était pas Allys quel la mère avait oublié, mais peut être bien son père. Je repensais alors au tableau qu'elle nous avais présenté plus tôt revoyant le tableau ou la petite Allys était représentée auprès de ses parents.
A vrai dire je ne comprenais pas encore à quel point elle était triste, le concept de parent m'étant relativement inconnu. Mais le simple fait de l'imaginer triste suffisait à activer mon empathie.

-Je comprend....

Un simple mot suivis d'un bruit de chaise écartée, rapidement suivis d'un bruit de pas alors que je prenais la jeune femme dans mes bras dans un geste protecteur, collant son visage contre mon torse avant de doucement lui caresser les cheveux. Elle avait dit avoir des choses à régler, mais je ne pensais pas qu'elles étaient de cet ordre... Mais si elle avait besoin de moi, je me devais d'être présent à chaque instant, car c'était là aussi mon rôle.

-Peut importe ce que tu apprendra Allys, je serais avec toi la bas, tu peux compter sur moi.

Le malaise était palpable et je me dis pendant un temps qu'elle avait dut avoir un terrible vide en elle pour ainsi s’effondrer devant moi, elle qui était une femme si fière et forte. Mais cela ne la désacralisait pas pour autant à mes yeux, elle était forte mais comme tout le monde avait ses faiblesse, et mon rôle était de l'aider dans ces moments sans la juger. J'étais de toute façon incapable d’émettre le moindre jugement négatif sur elle

-Soit, demain matin nous irons au cimetière, je serais là le temps qu'il faudra....


La fin de sa phrase me brisa presque le cœur, car la jeune femme que j'aimais se montrait maintenant très vulnérable, je la fis monter dans sa chambre, la mettant moi même en tenue de nuit avant de m'allonger et la prendre à nouveau dans mes bras sans arrêter de la caresser. il n'y avait pas grand chose à faire sinon être présent, et c'était bien là la mission la plus importante de ma courte vie, aider la femme que j'aimais.
Je posais doucement mes lèvres sur les siennes chassant ses larmes avant de lui murmurer une fois de plus.

-Tu ne sera pas seule ma chérie aussi bien demain que pour le reste de ta vie, car je serais avec toi peu importe les épreuves...

La mort de proche je la connaissais bien, même très bien car cette dernière était venu souvent emporter les miens, parfois un par un parfois par groupe entiers, et si les larmes c'étaient taris pour eux, voilà que la douleur emphatique pour la femme que j'aimais finissait par en faire germer une ou deux au bord de mes yeux.
Voir Allys dans cet état me fendait le cœur, car incapable de l'imaginer triste ne serait-ce que pour une seule seconde.
Mes bras se refermèrent autour d'elle, formant un carcan chaud et rassurant pour envelopper la jeune femme pour cette nuit. J'étais à elle et elle pouvait bien m'utiliser pour étancher sa peine car je considérait cela autant comme un devoir que comme un plaisir.

-Aujourd'hui, demain, dans cent ans, je serais toujours avec toi...


Avant de laisser un dernier baiser sur ses lèvres




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Allys Terasu
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Lun 26 Fév - 15:07
Irys : 1017994
Profession : Ingénieur mécanique
Daënar +1
Allys levait vers son amant des yeux brillants alors qu'il prononçait les mots qu'elle avait espérés. Brusquement, elle les ferma, sentant monter en elle une tristesse qu'elle se savait ne pas maîtriser. Elle se lova contre lui, enfouissant son visage contre les vêtements de son soldat. Oui, il n'était pas parfait, ne représentait en rien l'image que l'on se faisait de l'amant parfait et comme il l'avait dit il n'était peut être pas normal, mais il était pourtant tout pour Allys, peut être n'était-elle pas une femme normale elle non plus. Et puis alors ? Elle n'était rien sans lui sinon qu'une âme égarée, une dure au coeur aussi fragile que de la porcelaine, non... Juste une petite fille apeurée par un monde trop cruel.

Blottie dans ses bras, elle réalisa à peine que ses pieds quittèrent le sol et pourtant il la montait déjà jusqu'à sa chambre, la gardant précieusement contre son coeur. Il prit soin de sa petite poupée brisée et s'allongea tout contre elle à nouveau. Déposant ses lèvres contre celles de sa bien-aimée, il lui fit une promesse.


« Promet-moi que tu ne disparaitras jamais... »

Souffla-t-elle, l'effleurant du bout des doigts comme si son existence pouvait elle aussi disparaitre. C'était bien le cas d'ailleurs. Il pouvait la quitter corps et âme à tout moment. Au combat contre ces mages qui leur ressemblaient pourtant eux aussi, dans ce chaos de flammes qui avait tué tant de monde, par la folie humaine ou tout simplement d'un accident. La vie est fragile. La mort si impartiale et pourtant injuste.

« Je ne le supporterais pas... Ca me tuerais... »
« Je serais toujours avec toi... »

Allys ferma à nouveau les yeux, s'agrippant à lui alors que le lourd sommeil s'acharnait à vouloir l'emporter. Elle le laissa faire, se glissant auprès de Morphé, bien en sécurité dans les bras de son âme sœur.

***

Au petit matin, Allys se réveilla auprès de son amant. Endormit, il ressemblait à un enfant. Le corps étiré comme une étoile de mer, la jeune femme l'observa avec un sourire amusé se transformant en un petit rire lorsqu'elle l'entendit marmonner dans son sommeil quelque chose à propos d'un écureuil voleur de ruban. Sursautant, il ouvrit un œil vitreux.


« Pardon, je ne voulais pas te réveiller. Tu étais mignon, comme ça. »

Elle se pencha vers Hex, déposant un baiser sur ses lèvres.

« Prends ton temps, ne t'inquiète pas. »

Allys se leva alors pour se diriger vers l'imense armoire qui trônait dans la pièce. Elle l'ouvrit et en sorti une tenue sobre qu'elle posa sur son bras avant de s'éloigner vers la salle d'eau. Elle se lava rapidement avant de se changer et de coiffer sa longue chevelure. Une fois son allure revenue à la normale, elle descendit préparer le petit déjeuné, assez vite rejointe par son amant. Ils prirent le repas ensemble mais avec un relatif silence. Ils savaient tout deux la suite et la jeune femme ne préférait pas en parler. Elle eut cependant l'idée d'écrire un mot pour Aurore.

Nous sommes partis en ville, nous revenons en début d'après midi au plus tard.
Je t'ai fait à manger.

Lys.

Prenant son courage à deux mains, et surtout celle de son compagnon, l'ingénieure prit la route du cimetière. Elle choisi de s'y rendre à pied. Pas parce qu'il n'était pas loin, non, mais parce que marcher lui donnait le temps de rassembler du courage. Ce n'est qu'arrivé devant l'imposant portail qu'elle hésita. La jeune femme se tourna alors vers Hex, quêtant du soutient. Qu'elle trouva, évidemment. Alors elle franchi le seuil.

Le cœur battant, elle avança dans les allées, le regard dérivant de gauche à droite avec nervosité. Jusqu'à tomber sur un nom. Anar Terasu. Elle marcha mécaniquement vers la stèle. La toucha. Des deux mains. S'y agrippa. Et puis elle se laissa tomber à genoux. Alors tout ça était vrai. Il était vraiment mort.


« Pardon papa. »  

Pardon de t'avoir abandonné. Pardon de ne pas avoir été auprès de toi. Pardon de ne pas avoir été là pour maman. Pardon de l'avoir laissé te pleurer seule, de t'enterrer. Pardon d'avoir laissé maman t'oublier.

« Pardonne-moi je t'en prie... »

Pardonne-moi pour tout ce soucis que je t'ai causé. Pour la vie recluse que tu as du vivre pour me protéger, des sacrifices que tu as du faire et dont je ne t'ai jamais remerciée. Tu m'as toujours poussée vers l'avant. Je t'ai tant de fois déçue, et pourtant maintenant que je suis près de toi tu ne peux pas voir comme j'ai grandi, tout le chemin que j'ai parcouru.

« Je suis forte maintenant. Je sais me défendre toute seule. Je suis devenue l'une des plus grande ingénieure de tout le continent. Je t'aurais enfin rendu si fier. Je le sais. Même plus encore. Et pourtant cette fois c'est toi qui n'es pas à la hauteur. Tu n'es même plus là pour voir que je suis quelqu'un. Que je l'ai toujours été. T'as toujours été trop fier pour l'admettre, hein papa ? Alors voilà, tu ne voulais pas avoir tord alors tu as fichu le camp ? C'est trop facile ça. T'avais pas le droit. Et maman ? T'as pensé à elle hein ? Qui va prendre soin d'elle maintenant ? Elle s'est perdue, seule.... »

Elle se tut, un instant, serrant les poings. Elle repensa à ce bal maudit et du fantôme paternel venu la hanter alors que le mondre s'effondrait autour d'elle.

« Tu avais tord. Que tu sois réel ou une illusion de mon esprit. Je t'ai vu. Et tu avais tord. Sur tout. Ce n'est pas ma faute c'est l'inverse... C'est à moi de tout réparer, au contraire. »  

Cela prendra le temps qu'il faudra mais elle arrivera à renouer avec sa mère, retrouver ce lien si profond qui les unissait. Elle n'était pas prête encore mais un jour, oui, elle reviendrait. En attendant, Allys avait encore des choses à faire ici.

Se relevant souplement, elle adressa un dernier regard à la sombre pierre tombale. Elle ferma les yeux portant deux doigts à ses lèvres puis les déposa sur la pierre froide avant de se tourner vers Hex et se glisser à nouveau dans ses bras. La prochaine étape se révèlerait bien plus longue pénible mais bien moins douloureuse. L'administratif.

D'un pas lourd, elle se rendit chez le notaire. Il lui fallut bien quelques longues minutes pour retrouver le dossier. Heureusement pour eux, il n'avait pas été placé parmi les archives. L'homme les invita alors à prendre place assise avant de démarrer.


« Bien, vous avez de a chance que le dossier ait été mit de côté. Le décès de monsieur Anar Terasu remonte au 5 janvier 932, cela fait déjà plus d'un an. Cependant la femme avec qui je m'étais entretenu à tenu à ce que je le laisse de côté le temps que sa fille vienne à son tour. Mh. Bien, passons alors au vif du sujet que j'en finisse avec celui-ci. »  

Allys fronça les sourcils, détaillant son interlocuteur. L'homme, d'une quarantaine d'années à l'épaisse moustache poivre et sel, n'avait rien de spécialement sympathique. Cependant, il fallait bien passer par là pour en savoir plus. Elle l'écouta donc lui relater ce dont elle avait hérité. Une coquette somme d'Irys, la propriété des deux maisons de son enfance ainsi que la clé d'un coffre personnel. L'élément avait été rajouté en plus semblait-il et c'est avec une surprise non dissimulée qu'elle accuuillit le contact glacial dans sa paume. Etait-ce sa mère qui avait rajouté ce détail ? Quant à son héritage... Son paternel lui avait tout transmis, seul une somme rondelette avait été laissée à sa femme. Mais pas un titre de propriété. Avait-il voulu chasser son épouse ? Allys chassa cette idée saugrenue et remercia sobrement le notaire avant de quitter le batiment.

Sur le chemin du retour, Allys tourna et retourna l'objet dans sa main. Il y avait bien une étiquette attachée à la clé mais sa signification ne faisait pas sens. "T.2 ; 926" de quoi pouvait-il bien s'agir ? Elle cogita jusqu'à arriver au domicile. Elle salua Aure avant de se laisser tomber sur son pouf fétiche au salon, le regard vissé sur la clé.


« Mmmh... 926. Comme l'année de notre arrivée ? Et ce T.2 ? Ça n'a aucun sens... Ca doit pourtant être facile à comprendre sinon pourquoi ?...  Raaah je comprend pas. Qu'est-ce qu'on à fait cette année de particulier à part... Non. Ça serait trop bête. Ca ne peut pas être tableau ? Pourtant on en a fait deux cette année là et ensuite plus rien. Oh et puis zut ! »  

Allys sauta sur ses pieds et ouvrit la porte de son atelier. Sur l'un des mur se trouvait un tableau représentant la jeune Allys d'une quinzaine d'années, un sourire immense aux lèvres alors qu'elle tenait un jouet articulé en forme de chien dans ses bras. La création qui lui avait ouvert les portes de l'université dans la branche d'ingéniérie mécanique. Tout un symbole. Symbole qu'elle décrocha sans hésitation du mur avant de pousser un cri de surprise. Hahurie, elle constata que derrière ce tableau se trouvait un coffre incrusté dans le mur.

« Pas possible. C'est quoi de bordel ?! »  

Inspirant à fond, elle glissa la clé dans la serrure mais elle réalisa que sa main tremblait. Elle était incapable de l'ouvrir, figée d'appréhension. Que pouvait bien contenir ce coffre ? Pourquoi l'avoir ainsi caché sous son nez depuis tant d'années ? Quel lourd secret s'y trouvait ? Sa mère était-elle au courant ? Etait-ce ce qui l'avait fait partir ? Et pourquoi laisser à Allys cette clé maudite ? Non. Il faut qu'elle le sache. Elle n'a pas fait tout cela pour rien, si ? Les doigts tremblant comme jamais, elle tourna la clé une fois. Deux fois. Clac. La porte s'ouvrit alors laissant alors apparaître une pile de lettres. Allys s'en saisit, une a une, jusqu'à ce que toutes se retrouvent au sol. Elles portaient toutes le nom de Feien.

Fébrilement, elle en attrapa une pour la lire. C'était une femme. Une amante. Mais pas n'importe quelle greluche de passage. Au fil des lettres l'évidence était claire comme de l'eau de roche. Anar avait bien aimé deux femmes. Et celle-ci n'avait rien à voir avec sa mère. C'était une femme indépendante au fort caractère qui ne voulait rendre de comptes à personnes et pas non plus de l'homme qui l'avait mise enceinte. Elle déclarait très clairement désirer l'élever seule, n'ayant pas l'envie de se coltiner un homme déjà marié et refusait également son argent. Elle ne l'autorisa pas non plus à rendre visite à son enfant, seulement de lui donner des nouvelles si l'envie lui prenait. Le seul point d'ancrage était l'adresse. Cette femme vivait au Tyorum. Allys avait un frère ou une soeur là bas...


« Bon sang... »  

Souffla-t-elle, choquée.




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Hex Hekmatyar
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Mar 27 Fév - 16:45
Irys : 126594
Profession : Soldat de fer
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C’était un sommeil profond, le genre de sommeil que l’on a uniquement lorsque l’on dort à côté de quelqu’un que l’on aime. Un sommeil plein de rêve étrange.
J’étais bloqué dans une forêt, équipé comme d’habitude jusqu’à ce qu’un écureuil, me vole le ruban d’Allys accroché à mon bras. Et alors que lui courrait après en l’insultant copieusement, je me réveillai en sursaut, découvrant l’élue de mon cœur devant moi.
Je balayais ses excuses d’un revers de main, se réveiller pour la découvrir était loin d’être déplaisant  c’était même plutôt le contraire, et quand elle se pencha pour m’embrasser, j’eus presque l’impression d’être retombé dans un rêve, mes bras se levèrent d’eux même pour la garder près de moi… mais le brusque rappel à la réalité m’empêcha de la garder pour moi.

Et alors qu’elle partait, je me levais pour trouver une tenue adaptée. Il n’y en avait qu’une pour ce genre d’occasion, une que même Alises n’avait pas vu : la tenue de parade du régiment. Parade était un grand mot car nous ne paradions jamais et ces tenues n’étaient sorties que lors des évènements marquants, que ce soit des cérémonies privées ou des enterrements.
Elle était intégralement noire, bordée de liseré d’argenté qui offrait un contraste agréable, accompagnée de botte de cavalerie haute et lustrée aux fermoirs en argent. En plus de cet ensemble, un képi sobre, ou l’insigne du crane régimentaire était fixé sous la forme d’une broche en titane.
Le grade était représenté sous forme de galons discrets portés sur les épaules et si j’avias plusieurs médailles à accrochés, j’avais opté pour leurs formes discrètes, soit un bande de tissus colorée de diverse façon discrètement appliquée sur le torse.
Je descendis ensuite lentement, conscient que l’ambiance n’était pas à la fête je mangeais en silence fixant la jeune femme sans un mot.
Finalement elle m’entraine sur la route du cimetière, marchant d’un bon rythme jusqu’à ce qu’elle s’arrête pour se tourner vers moi.
Si je ne savais pas ce qu’étais perdre un père, je savais en revanche parfaitement ce qu’elle traversait, sans un mot je posais une main compatissante sur son épaule, transmettant tout mon soutiens par ce simple regard et ce contact physique.
Alors qu’elle reprenait contenance, elle retrouva son chemin jusqu’au cimetière. Les rangées de tombe étaient impressionnantes, autant par leurs nombres que par leurs silence et cela me fit un frisson dans le dos.
Elles étaient différentes du hall de la mémoire, plus froides… moins grandes…. Et il n’y avait aucune photo, aucune manière de se rappeler de l’enveloppe physique des êtres qui étaient enterrés ici.
Mais si cette simple chose me frappa, je n’en dit pas un mot. Les rites étaient importants et ne  supportaient aucun écart.
Et alors que  la jeune femme se penchait vers la stèle de son père je ne pus qu’écouter ses mots, détournant le regard avant d’enfoncer le képi un peu plus fort sur ma tête.
Comme toute chose, cette scène s’arrêta, et ce lorsqu’Allys se releva, adressant un dernier regard à la tombe de son géniteur et se glissa dans mes bras.
Je l’entourais doucement répondant à cette demande que je n’aurais jamais su refuser.
Cette étreinte dura plusieurs minutes suites auxquelles la jeune femme partis régler un autre souci… l’administratif.
C’était quelque chose que l’on m’avait toujours évité, et je compris rapidement pourquoi en  voyant le bureau du notaire… Une foule de papier, de dossier, de classeurs empilés sans ordre apparent, et un temps démentiel pour récupérer trois papiers qui trainaient dans un recoin obscur d’une armoire.
Je ne compris pas tout ce qui se passait et l’homme en face de moi ne m’aidait pas à comprendre quoi que ce soit… il était question d’héritage, de biens, d’argent…
Le final fut bien plus simple, la jeune femme avait maintenant en sa possession une nouvelle grosse somme d’argent, ainsi que plusieurs maisons. Mais visiblement ce n’étais pas ce qui l’intriguait le plus, loin de là.
Sur le chemin du retour, la jeune femme examinait sans cesse une clé de fer qui semblait dater d’un autre âge, exprimant tout haut beaucoup de possibilités qui ne me disaient strictement rien. Le retour fut donc aussi silencieux que l’allée pour ma part car je n’avais strictement rien à dire.

À l’arrivée à la maison, je ne pus m’empêcher de suivre Allys alors qu’elle semblait redécouvrir sa propre maison, fouillant un peu partout jusqu’à trouver un coffre derrière un tableau de sa jeunesse.
Une fois ouvert, elle y trouva une pile de lettre, une pile qu’elle examina avec attention, avant de pousser un soupir choqué.
Je n’osais pas vraiment lire les lettres moi-même, et je me contentais simplement de suivre ses réactions finissant simplement par lui demander, en posant une main contre son ventre.

-Que se passe-t-il ? On croirait que tu as découvert un fantôme ?

Un fantôme ou pire car son visage affichait autant de surprise qu’un autre sentiment que je ne reconnaissais pas.




Rose x 12
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Aurore Seraphon
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Jeu 1 Mar - 12:08
Irys : 938007
Profession : Agriculture/Chasse
My'trän +2 ~ Khurmag


Journée intense, pas complètement surprenante. Aurore avait vécu ses premiers jours en Daënar d’une manière bien particulière. La jeune femme semblait incapable d’en tirer du positif ou du négatif, elle était là, c’était tout. Comme-ci elle n’était pas un acteur de cette histoire, juste une observatrice lointaine, une femme avisant les déroulements avec un recul qui lui permettait de ne pas être touché par la situation. Installée dans sa ‘chambre’, celle prêtée par Allys le temps de son séjour chez elle, la rouquine semblait un peu perdue, un peu ailleurs. Son regard d’émeraude fixait ce plâtre, cette substance blanchâtre qui recouvrait son bras. Difficile de savoir si c’était vraiment utile, difficile de comprendre comment la chair allait pouvoir se refermer, comment l’os allait pouvoir se réparer en restant ainsi bloqué. Roulant des épaules, la mage se laissa tomber en arrière, sa tête reposant sur un oreiller moutonneux et son dos sur un lit confortable. Elle roula d’abord d’un côté, puis un autre, une inquiétude émergeant dans son bas ventre la perturba : « Si elle avait fait tout ça pour rien ? Si elle s’était fait des idées ? »

L’idée fut douloureuse, un peu trop, si bien qu’elle préféra la ranger dans un coin de son esprit en se promettant de ne plus jamais y penser. Après plusieurs heures à contempler le plafond, après plusieurs heures à tourner en rond, le sommeil réparateur avait fini par l’emporter, glissant la my’tränne dans des songes presque réconfortants. La nuit fut plutôt paisible, bien que teintée par bon nombre de réveil furtif. Aurore se demandait régulièrement où elle se trouvait, si elle n’avait pas fait une erreur, si elle était bien à sa place. Jamais elle n’imaginait ne pas retrouver Ludwig, la jeune femme étant prête à passer le temps qu’il fallait sur le continent. Sans l’expliquer, sans le comprendre, le voir était une nécessité, qui, elle en était certaine, lui permettrait de comprendre bien des mystères. Les premières lueurs du jour avaient fini par avoir raison de son sommeil. Les cheveux roux en vrac, une douleur dans le bras, elle avait fini par ouvrir les yeux, contemplant le plafond et écoutant les bruits provenant de l’étage inférieur. Le couple était actif, bien trop à son goût. Si Allys lui avait dit qu’elle ne dérangeait pas, vivre dans le quotidien de deux êtres s’aimant et qui venait tout juste de se retrouver n’était clairement pas évident.

Après plusieurs heures, le calme avait fini par revenir, ce fut un silence réconfortant qui prit possession de l’habitation. Aurore resta encore quelques instants immobile, à réfléchir, avant de décider à se lever, de s’habiller –d’ailleurs il faut noter que fermer un pantalon avec le bras plâtré n’est pas simple-, à se coiffer puis à descendre les escaliers. Plus un bruit, plus une silhouette dans le décor, elle était visiblement seule, pour sa plus grande satisfaction. La rouquine ne s’imaginait pas supporter longtemps la surprotection attendrissante d’Allys. Aurore n’aimait pas être faible, c’était quelque chose d’encore trop… complexe à accepter. Avisant le mot, un sourire s’était dessiné sur ses lèvres, elle avait mangé, avant de ranger un peu d’une main le lieu. Rapidement la solitude lui parut cependant bien trop présente. L’ennui la gagna et elle eut même dans l’idée de sortir, avant de se raviser. Allongée sur le canapé, elle attendit sagement que le temps passe, sombrant de temps à autre dans un sommeil plus ou moins profond.

La porte de la demeure avait fini par s’ouvrir, laissant entrer une véritable boule d’énergie, la my’tränne se redressa, avisant de ses grands yeux verts son amie. Assise sur son pouf, elle semblait préoccupée, perdue, cette fois-ci Aure n’était pas responsable, elle pouvait plaider son innocence sans le moindre scrupule. Allys tenait quelque chose qui ressemblait à une clé entre ses doigts, difficile de savoir à quoi elle correspondait et surtout ce qu’elle ouvrait. D’ailleurs, la maîtresse de maison semblait se poser exactement la même question. Coulant un regard vers Hex, la rouquine semblait le questionner du regard et s’attendait à avoir une meilleure réponse qu’un haussement d’épaules un peu perplexe. Les événements prirent ensuite une tournure bien plus déconcertante, plus que la jeune femme s’était brusquement relevée pour ouvrir la porte de son atelier, descendre et décrocher un tableau qu’Aurore n’eut même pas le temps d’observer. La représentation retirée du mur, la rouquine cligna plusieurs fois des yeux en détaillant le coffre, inévitablement, elle eut quelques mots de ventre, très léger, ce n’était pas une technologique très prononcé et fort heureusement, elle n’eut pas dans l’idée de surveiller le reste du lieu qu’elle ne connaissait pas.

- « C’est quoi ? » questionna-t-elle presque naturellement

Aurore n’insista cependant pas sur ses interrogations, percevant le désarroi dans le regard et la voix de son amie. Elle avisa une nouvelle Hex, espérant que par miracle, il aurait plus d’information que sa petite personne. Visiblement le petit ami était aussi largué que la rouquine, chose peu satisfaisante dans l’esprit de la jeune femme. Roulant doucement des épaules, elle s’approcha lentement avait d’aviser la multitude de lettres, évidemment elle n’était pas en mesure de comprendre la gravité de la situation ou le choc émotionnel que cela pouvait représenter. La my’tränne n’en resta pas moins attentive et prudente et préféra jouer la carte de la sécurité plutôt que de l’assaillir de questions.

- « Viens… on va s’asseoir, tu nous expliqueras ce que tu viens visiblement d’apprendre de… déstabilisant… »

D’un signe de tête, elle fit comprendre à Hex de revenir vers l’étage pour l’installer sur le canapé. Une fois en haut, elle s’installa en tailleur sur un canapé individuel avant de la détailler du regard. Le silence était maître, sans qu’il ne soit pesant ou désagréable, les deux jeunes gens qui n’étaient pas dans la tête de la blonde attendaient simplement avec une certaine impatience de comprendre, d’obtenir des réponses.




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Aurore s'exprime en #ff9999
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Allys Terasu
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Jeu 1 Mar - 16:10
Irys : 1017994
Profession : Ingénieur mécanique
Daënar +1
Ils lui parlaient mais elle était dans l'incapacité de leur répondre. L'air hagard, elle fixait une feuille entre ses mains, les doigts si crispés qu'ils froissèrent le papier. Un fantôme ? Si seulement ce n'était que cela. Allys était clairement en état de choc, incapable de savoir comment réagir. Figée. Elle était juste figée sur place telle une statue de cire. Plus un mot ne parvint jusqu'à ses lèvres devenues scellées dans une incompréhension totale.

Elle sentit des mains la saisir et alors qu'elle se faisait entraînée dans une autre pièce, elle sentait à peine ses jambes. Pourtant elle marchait, tel un automate. Son corps répondait à l'appel mais son esprit était bloqué. Calée dans le grand canapé à l'étage, elle sentit son corps se relâcher totalement comme si le simple fait de se tenir droit relevait du miracle. L'esprit de la jeune femme tournait en boucle. Elle revoyait les lignes d'écriture féminines mais surtout des images s'y glissèrent petit à petit. Elle imaginait cette femme, un nourrisson dans les bras. Elle revoyait les absences de son paternel et son cœur lui envoya une vague de douleur. Le visage crispé, elle serra le poing, le plaquant contre elle comme si elle cherchait à se protéger de la souffrance.

Qu'est-ce qui lui faisait le plus de mal ? Le mensonge ? Le fait qu'il l'ai caché sous son nez ? Le simple fait de sa double vie ? L'absence de ce frère ou cette sœur qu'on lui a empêché de connaitre ? Les sacrifices qu'elle et sa mère avaient fait pour lui ? Pour vivre à daënastre alors qu'il ne rêvait que de revoir cette femme et espérer s'occuper de cet enfant illégitime ? Ou bien le contrat sombre que sa mère avait fini par le découvrir et laissé une chance à sa fille de choisir ce qu'elle voulait faire de cette information. Quand l'avait-elle apprit ? Était-ce ce qui l'avait poussée à partir ? Mais alors... Comment en vouloir à sa tendre mère de s'être isolée après une telle trahison, comment lui en vouloir d'avoir renié ses souvenirs avec cet imposteur ?

Trop d'émotions se chamboulaient en elle à mesure qu'elle prenait la pleine connaissance. Colère. Désespoir. Frustration. Doute. Tristesse. Indécision. Douleur. Effroi. Désolation. Tourment. Aigreur. Rage. Accablement. Et encore tant d'autre qui se mélangeaient, s'entrechoquaient et suivaient sans ordre logique.

Combien de temps resta-t-elle ainsi ? Prostrée, les épaules affaissées par le lourd poids du secret révélé. Finalement, elle se redressa à grande peine. Elle releva le regard mais celui-ci était douloureux. Elle avait les traits tirés, sourcils légèrement froncés et la mâchoire crispée. Ce fut la colère qui s'échappa en premier.


« Cet homme peut rôtir en enfer je n'en ai plus rien à faire. »

Elle avait prononcé ses mots les dents serrées, son regard s'était rallumé et des flammes semblaient avoir prit place au creux de ses prunelles alors que la souffrance était elle aussi palpable.

« Ces lettres. Ce sont celles de son amante. Cela durait depuis des années. La première lettre à vingt ans. Et les suivantes... »

Elle dévia le regard, blessée. Elle pensait à ce frère ou cette sœur ayant grandit ailleurs mais surtout, elle imaginait son père profiter de ses absences pour venir cacher ses lettres de malheur ici, dans son atelier. Elle serra les poings, se retenant d'envoyer à nouveau l'une de ses mains frapper un mur environnant. Ce n'était pourtant pas l'envie qui lui manquait.

« Il les a cachés sous mes yeux. Sous mes yeux putain ! Derrière le portrait de sa propre fille ! Il les a cachés tout les deux... Cette femme. Ce bébé. » Elle ferma les yeux, son coeur se serrant à nouveau. « Comment a-t-il pu ? Comment peut-on être aussi tordu pour penser à faire une chose pareille ? Il a trahi sa femme, privé à ce bébé d'un père et de moi, sa propre sœur. Et en cachant tout cela derrière ce tableau.... Dans mon atelier.... Et c'est moi qui lui demandais pardon ?! »




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