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Chroniques d'Irydaë
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 "Manoir craquelé, ou poudre d'amnésie..."

Luciole Aldebarra
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Mar 30 Jan - 22:17
Irys : 438681
Profession : Croc-Mort - Aventurier - Pirate
Pérégrins -1 (homme)
"Manoir craquelé, ou poudre d'amnésie..."

Belle journée... Le soleil était à son zénith dans les petites campagnes verdoyantes et éclairées du Tyorum ! Blumar, sacrée Blumar, village de mon enfance qui se veut d'ailleurs de plus en plus vieillissante avec le temps qui passe. Et moi, y vagabondant tel un spectre égaré pour la deuxième fois depuis mon départ en Janvier dernier, me rappelant, non sans peine et douleur, la joyeuseté qu'était ma vie dans ces contrées d'agricultures, au fond de la cave qui me servait de foyer une bonne partie de l'année. Mais l'heure n'était pas à la rêvasserie, déjà bien irrité en ce jours de nostalgie intense, je devais rapidement traverser la commune pour aller à Jorund, une petite affaire des plus banales à régler avant de repartir dans mon vaste désert, un nouveau foyer qui m'avait accueillit bras ouvert, là-bas au moins, personne viendra me juger, me déranger, pensais-je... Et mon régisseur, ce bougre et sa saloperie de chien renifleur, quant à eux, devrons faire avec les aléas du temps tortueux de la région pour espérer me débusquer, au fin fond de ces vallons en constante mobilité, où la visibilité en période de tempête donnerait la nausée à un Architecte. Moi même, j'y avais perdu bon nombre de mes sentiers, mais maintenant, je le connais bien. Cela dit, j'avais énormément de mal à me nourrir, en témoigne mon corps au bord de la rigidité cadavérique, et là était l'une des autre principales raisons de ma venue ici, la chasse ! Du bon gros steak animal comme on n'en connait pas en Zochlom, cette terre aride et séchée par des années d'insalubrité. J'avais atrocement faim...

"Agathe, tu ramèneras les planches à la maison, on a encore toute la façade Sud à faire !", hurlait un ouvrier accompagné de sa petite amie, deux adorables créations de la nature qui devaient tout juste dépasser mon age, de jeunes gens à l'avenir prometteur à n'en point douter ! Ah la jeunesse... J'avais complètement oublié cet état d'apaisement, de liberté y étant rapproché. Perché sur les hauteurs d'une colline, à l'écart de toute pollution atmosphérique, temple de la bienveillance et de l'amour familiale, ces jeunes gens là allaient pouvoir créer sans problème une famille durable, un petit foyer, quelque chose de réconfortant au toucher... Amour familiale ? Chose que je n'ai jamais connu... Mais pourquoi ? Suis-je moins méritant que ces petits gens là ? Pourquoi ne m'a-t-on pas donné cette chance là, à moi aussi ? Après tout, si ces petits premiers ont été récompensés par leurs travaux acharnés, qu'advient-il des miens ? Mais attendons... Qu'ais-je réellement fait de ma vie, à moi, Luciole Aldebarra ? Rien... Il est vrai. Ce monde est terriblement injuste ! J'aurais tellement aimé être aimé, et ce, à ma juste valeur ! Après tout, j'étais un enfant comme les autres, petit, joyeux, cultivé, et possédant une soif incontestée pour la culture et l'histoire. Virtuose du violon et du piano à mes heures perdues. J'avais tout pour réussir et pourtant, me voilà à la place où je suis actuellement... Crasseux, pourrissant de l'intérieur, en attente de la visite de la faucheuse, mon amie, contemplant non sans jalousie, le fruit des efforts de mes anciens voisins, les Danky.

"Bonjour ma petite, Agathe c'est ça ? Je me présente, je m'appelle Luciole ! Je cherche le Manoir funestement connu ! Pourrais-tu, avec précision, me décrire le chemin de son acquisition ?", disais-je d'une voix posée et claire, dans l'optique, très certainement, d'obtenir une réponse du même acabit. Mais la jeune femme n'avait pas vraiment l'air intéressé par ma question, loin de là... Pire, c'est comme si cette petite impolie n'avait même pas soutenu ma présence de par ses mouvements oculaires, fuyants et désordonnées. Puisque qu'à peine eu-je le temps de m'approcher d'elle, qu'un désagréable et tortueux soufflet s'échappa de ses fines lèvres, me filant, par la même occasion, un bon coup d'épaule en guise de révolte. Son petit copain, quant à lui, dix fois plus épais que moi, éleva sa tête du haut de la pile de planches de bois, vérifiant, d'un air menaçant, qui venait à déranger sa dame. Fais-je si peur que cela ? Ah terrible naïveté, juger les personnes sur leurs apparences est certainement la pire des tares dont ce monde est hôte, mais je dois leur pardonner, pour cette fois, au moins... Certainement n'ont-ils pas reçus assez d'éducation dans leurs familles idéalisées ? Si tel est le cas, je ne peux malheureusement rien faire pour eux ! Oui, oui, oui... Et puis, je n'ai pas le temps pour ces balivernes, quelqu'un m'attend à ce fameux Manoir !

Ainsi, un doigt pointé en direction d'un chemin serpenté fît son apparition, de l'ombre de la femme dorénavant déchargée de toutes responsabilités. "Par là-bas l'ami, derrière la grande pente !", me disait-elle. J'exécutais. Dix minutes plus tard, j'étais derrière, ou que dis-je, tout prêt de mon objectif. C'est alors que, comblé de détermination, j'avançais droit vers l'entrée du manoir, tout mon attirail précieusement rangé dans mon sac pour ne pas effrayer la galerie ni me faire remarqué. Il ne faudrait pas non plus créer un mouvement de panique après tels événements, une émeute, ici, il n'y a pourtant pas chat à fouetter ? Et puis, ça serait vraiment trop déplacé venant de ma part ! D'ailleurs, me vient une histoire des plus glauques ! C'était une histoire que me racontait mes parents quand je n'étais encore qu'un enfant, afin, sans doute, de me dissuader de faire des bêtises et de me faire remarquer à l'école. Elle mettait en scène un serial killer de Blumar, un vieux croûton adepte de la torture qui, durant une nuit de chaque nouvelle année, kidnappait un clochard pourrissant dans les environs, et l’amenait dans les montagnes surplombant notre magnifique cité de vergers composée. La nuit, alors que nous, petits enfants fermions nos yeux, des hurlements de douleurs, stridents et terrorisés se faisaient entendre dans toute la vallée, raisonnants de colline en colline, de maison en maison, annonçant, avec horreur et indignation, la disparition d'un homme rejeté de la société. Mais qui devait s'en soucier ? Les parents, courant, virant vers la chambre de leurs enfants, dans l'optique de les rassurer, de canaliser les pleurs dont ils étaient les héritiers. Des pleurs naturels, en l'honneur de ces hommes oubliés. Terrible compte d'Halloween, ou histoire tirée de faits réels, je ne m'y suis jamais vraiment intéressé. Était-ce la vision de cette imposante bâtisse qui me faisait cet effet ? Rien n'en est plus sûr.

"Arrivé devant la porte de gravures et de bois sculpté, je décidais, un sourire amplis de pure curiosité, d'en pousser l'enceinte de mes mains profanées."
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Luciole Aldebarra
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Mer 31 Jan - 21:12
Irys : 438681
Profession : Croc-Mort - Aventurier - Pirate
Pérégrins -1 (homme)
"Manoir craquelé, ou poudre d'amnésie..."

Il faisait froid, très froid... Puis-qu’à peine eu-je le temps de pousser les imposantes portes qu'un vent glaciale et dissuasif recouvra tout mon visage, tel un filet de pêche au large des côtes du Tyorum, ramassant poissons et crustacés sans aucune distinction, tiens ! Balayant d'une seule traite tous les cheveux dont j'étais pourvu, les hérissant de la racine jusqu'aux pointes, j'étais devenu un nouvel homme. Mais il n'y avait pas que ça, car non seulement mes cheveux, mais aussi ma peau, elle même ! Commençait à signaler le mal qu'apportait cet affluent d'Amisgal. Laissant paraître sans honte ni gêne tous les pores dont mon épiderme était composé, ouvrant la porte à de nombreux frissons trompeurs, sensations vicieuses, et toutes ces bactéries issues de la mauvaise aération des espaces. Peut-être était-ce un signe ? Mais de qui ? Certainement les anciens habitants de la maison, pensais-je ironiquement. Qui aimerait être dérangé alors même que la phrase "Repose en paix" vient d'être prononcée, personne, ni même moi d'ailleurs. Ainsi, je profitai de ce moment de faiblesse pour m'engouffrer dans ce néant fait de noir, de noir, et de... Noir ! Tout était absolument noir, berceau de l'architecture gothique et de vieux vitraux brisés par les vandales, cette bâtisse avait tout de la demeure d'une famille fantomatique ! De la décoration travaillée, distinguée, en passant par l'état de délabrement général, tout était sujet à discussion. Ils avaient des goûts bizarres fût une époque... Mais je devais me ressaisir, car c'est bien ici, en ce sol recouvert d'un parquet vermoulu lui même tapissé d'une épaisse couche de poussière, qu'une mystérieuse femme m'avait donné rendez-vous. Pourquoi me direz-vous ? Et bien, nous allons bientôt le savoir ! Car moi même, je n'en ai aucune idée. Alignant alors pas après pas, ma lanterne biologique et écologique en guise d'éclairage, traçant mon chemin entre ces couloirs sinueux, j'avançais.

Alors que quelques minutes de marche lugubre venaient de s'écouler, je tombais nez à nez avec un piano, Pleyel qui plus est, une antiquité rare et onéreuse qui me rappelait la symphonie de mon enfance, la "6ème Station" qu'elle s'appelait même ! Au milieu de cette salle désaffectée, prônant son authenticité, au beau milieu de cet espace abandonné, de ses éblouissants reflets, face à ma lanterne. Je continuais... Avançant que plus encore face à cet objet si familier, une goutte de nostalgie perdue dans un océan de souvenirs, tous plus agréables les uns que les autres. Quelque chose de réconfortant au milieu de toute cette peine dont je suis l'hôte depuis quelques mois, le détenteur absolu. Et si je jouais ? Cela fait bien longtemps que je n'y ai pas touché... Serais-je à la hauteur, digne de toucher ces pièces de bois bicolores aux sons divers et variés ? Rien n'en est moins sûr, mais, il n'y a personne en ces lieux, alors... Qui dérangerais-je ? J'ai bien cinq minutes à compenser devant moi, je dois m'élancer, ne serait-ce que pour le moral, le remonter ! Et pour me faire voyager, dans ce magnifique paysage qu'est... De quoi parle-t-elle déjà ? Je ne m'en souviens plus vraiment... Des mois et des mois ont passé, mais, je pense que je serais capable de le retrouver ! Ce fil conducteur qui dicte les pas rythmés des pianistes du monde entier. C'est alors dans un dernier élan de détermination, que la Luciole posa son fessier sur le tabouret gris de crasse et de cendre calcinée, de rose habituellement tapissé. Déposant délicatement ses doigts sur les premières touches du clavier, la mélodie commençait...


Des minutes passaient, ou peut-être bien même des heures, qui sait... Luciole était dans son élément, balançant sa tête de gauche à droite, de l'avant vers l'arrière, les sourcils froncés jusqu'à ce que la ride du lion face son entrée, concentré comme jamais il ne l'avait été. Il était comme aspiré par ce qu'il racontait, une histoire encrée dans sa culture, son histoire, voir même plus, elle faisait partie entière de sa personnalité, l'histoire d'une vie... Une personne livrée à elle même, et dont la seule protection est... L'agressivité ? Un enfant trop vite poussé du nid, une maturité trop vite domptée ? Une notion de la mort plus ou moins comprise accompagnée par une peur irrationnelle pour cette dernière ? Et que dire de la sixième station ? Lieu de tout le commencement, là où l'histoire prend tout son sens, là où tout devient possible... Là où tous les problèmes viennent à s'envoler, pour laisser, à sa finalité, qu'une sincère et unique marque de pureté. Alors que je continuais de jouer ce morceau, complètement possédé, des larmes se mit à couler, de mes joues couleurs neige d'été, creusées par des années de solitude et de... Je ne sais plus ce que je dis, je me perds, dans cet océan que forme mes pensées, songeur à temps plein, tel est mon métier, ma destinée...

"Tapotant les dernières notes d'une mélodie effrénée, je me fis couper par une voix, envoler, balayer..."
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