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Chroniques d'Irydaë
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 Les bons contes font les bons amis

Zora Viz'Herei
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Sam 9 Juin - 10:06
Irys : 2011503
Profession : Nécromancienne (en formation)
My'trän -3

La chevauchée qui précède l'arrivée à la cabane n'a rien de bien glorieuse. La monture, lancée au triple galop, met à rude épreuve les jambes de la rouquine. Elle fait de son mieux pour les ancrer aux flancs de l'animal, s'aidant de sa magie pour amplifier sa force. La fatigue, quant à elle, ne favorise guère l'utilisation des arcanes. Repousser les flammes à l'aide d'un bouclier fut un exercice plus éprouvant qu'elle l'espérait. Mais le duo a néanmoins des raisons de se montrer optimistes. Les minutes qui s'écoulent, après tout, jouent en leur faveur.

Ce n'est que lorsque leur destination est en vue que la rouquine daigne finalement accorder un peu de repos à leur cheval. Et, dans la foulée, à sa passagère. Même si c'est elle qui, la première, étouffe un bâillement. Le soleil étale sa puissance sur la ligne de l'horizon et annonce une journée splendide. Zora finit par s'adosser aux parois délabrées de la cabane et observe Meylan qui, curieusement, semble vérifier l'état de sa lyre. Ha, les bardes... Un léger sourire s'installe sur les lèvres de la fanatique mais elle ne lâche pas la moindre remarque moqueuse, consciente qu'elle a déjà mis à rude épreuve la patience de la noiraude.

Les quelques accords qui ne tardent pas à suivre, agréables, détonnent quelque peu avec l'ambiance - à supposer que ce terme soit adapté - qui règne au sein du duo. La disciple de Möchlog regrette presque le retour au silence et à ce qu'il suppose. Un léger soupir quitte ses lèvres tandis qu'elle entreprend à présent de retirer certains de ses vêtements pour profiter de la légère brise qui précédera inévitablement l'écrasante chaleur de juin.

Ce faisant, elle écoute le raisonnement de sa camarade tout en lui adressant de temps à autre des regards encourageants. Meylan est une personne intelligente. Plus que ce qu'elle imaginait, à vrai dire. La faute à la vision peu reluisante que la rouquine a des artistes. D'une certaine façon, ils contribuent à ancrer le peuple dans un relâchement coupable. Les daënars, eux, ne pensent probablement qu'à revenir conquérir ce continent qui leur échappe. Que font les my'träns, eux? Ils se détendent dans des auberges et se laissent bercer par de douces musiques ou des histoires captivantes...
"Encore une fois, Meylan, je ne me suis pas jouée de vous..." soupire-t-elle lorsque la noiraude a terminé. "Je me suis contentée de délivrer ces gens! Vous vous obstinez à considérer les moyens employés plutôt que le but recherché!"
Cette nuance est cependant la seule que la fanatique juge utile d'apporter puisque le reste du discours de l'artiste lui convient parfaitement. Il semblerait que cette dernière commence à la comprendre. Elle n'est pas aussi enthousiaste qu'elle l'avait espéré mais c'est un bon début, susceptible de faire naître un semblant d'espoir dans les pensées de la disciple de Möchlog. Espoir par ailleurs bien vite balayé lorsque Meylan la confronte à une réalité désagréable.

Zora ferme un instant les yeux avant de s'éloigner pour rejoindre un petit ruisseau guère éloigné mais caché par les herbes hautes. Le signe que ce n'est pas la première fois qu'elle vient ici. Sa première visite, d'ailleurs, remonte à son adolescence. C'est ici qu'elle s'est cachée après sa fuite du dispensaire. Et c'est ici que ses certitudes se sont renforcées. L'ombre du passé resurgit un bref instant des tréfonds de sa mémoire tandis qu'elle se passe de l'eau sur le visage.
"Lorsque j'ai commencé à servir Möchlog - à véritablement le servir, j'entends - je me fichais pas mal des autres soigneurs!" finit-elle par répondre. "Je n'approuvais pas leurs actes, c'est sûr! Mais je ne les considérais pas comme des cibles pour autant. Simplement comme une composante nécessaire de ce fameux équilibre que vous évoquez!"
Elle n'était guère capable de se défendre correctement à cette époque. Et son salut résidait avant tout dans sa capacité à rester discrète et à subvenir elle-même à ses besoins, loin des villes ou des villages. Les premières personnes que la rouquine a aidées étaient souvent des fermiers isolés ou des égarés que Möchlog guidaient jusqu'à elle.
"Et puis ils ont commencé à s'intéresser à moi lorsque mon nom a commencé à circuler!" poursuit-elle. "Savez ce qu'ils ont fait, alors? Ils m'ont traquée! Ils ont compliqué jusqu'au plus simples aspects de mon existence. Ils ont même embauchés des mercenaires pour mettre fin à la menace que je suis sensée représenter. J'ai été traînée dans la boue seulement parce que Möchlog m'a confié une mission que leurs esprits étriqués étaient incapables de concevoir!"
Combien de fois a-t-elle failli mourir? Quelques jours plus tôt encore, elle serait morte sans l'aide d'Adramus... Son tort? Servir la Chouette comme cette dernière souhaite qu'elle La serve. La plupart des gens accordent un grand respect à ces hérétiques parce qu'ils symbolisent le rempart entre la vie et la mort. En oubliant que leur véritable but était avant tout de servir de trait-d'union...
"Pourquoi je m'autorise à les juger aujourd'hui?" relève-t-elle enfin. "Parce que j'en ai gagné le droit!"
Ils lui ont jeté la première pierre. Était-elle sensée se laisser blesser sans broncher? Se contenter d'accepter le destin que les Hommes entendaient lui réserver? Les temples sont toujours des lieux sacrés à ses yeux. Mais ses occupants ne lui inspirent plus le moindre respect. En réalité, ils nourrissent en elle une haine viscérale. Et justifiée. La légitime défense n'est pas l'apanage de ceux que l'on présente comme des victimes.

Zora termine sa toilette et retourne sur ses pas, marquant une pause aux côtés du cheval. Elle caresse doucement son encolure avant de reporter son attention sur la noiraude. Elle se saisit alors de son arme et marque un temps d'arrêt, hésitante. Peut-être que les circonstances l'ont fait devenir trop insensible. Une protection dont elle a besoin pour supporter le poids de ses actes mais qui l'éloigne des autres.
"Juste pour que vous le sachiez: je vais égorger ce cheval et nous préparer de quoi manger!" prévient-elle. "Si vous voulez détourner le regard, c'est maintenant!"
La fanatique hausse les épaules puis joint le geste à la parole. L'équidé s'effondre presque immédiatement mais ses convulsions brusques durent de longues secondes avant que finalement la mort daigne le délivrer. Zora entreprend ensuite d'allumer un feu, regrettant au passage le sang qui macule le visage qu'elle vient à peine de nettoyer. La fatigue est passée par là...
"Vous ne voulez pas nous jouer un petit air?" demande-t-elle tandis qu'elle s'attelle à la tâche. "Vous avez peut-être déjà une idée de la chanson que vous composerez à mon sujet? Si tel est le cas, j'aimerais bien en entendre l'ébauche! Je pourrais vous donner mon avis, comme ça!"
Les sujets pénibles ou complexes ont été largement abordés à ses yeux. Tout ce que Zora souhaite, à présent, c'est pouvoir se détendre quelque peu, se remplir l'estomac puis profiter d'un sommeil bien mérité. Une perspective qui, elle l'espère est également partagée par l'artiste...




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Meylan Lyrétoile
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Mer 27 Juin - 18:44
Irys : 840313
Profession : Ménestrelle
My'trän +2 ~ Khurmag
L’une considérait que l’autre s’était jouée d’elle, l’autre niait…elles pouvaient continuer longtemps à jouer à ce petit jeu-là sans arriver à un consensus. L’ironie était que ce n’était pas l’illusionniste qui se voyait accuser de duplicité. La voie de la raison était donc de laisser couler ce point de contention pour se focaliser sur le reste du discours de la rousse.

Ce discours, d’ailleurs, révélait enfin le coeur du problème derrière les plaidoyers idéologiques de Zora et la raison de l’incohérence dans ceux-ci. Elle était bel et bien persuadée que les malades et autres affaiblis devaient périr, pas de doute là-dessus. Mais sa haine des soigneurs n’était due à ni plus ni moins qu’un souhait de vengeance doublé d’un certain instinct de survie. Maladroitement, elle tentait de camoufler cela en intégrant cette haine dans sa philosophie, mais c’était une intégration pour le moins maladroite, qui laissait un observateur externe sur sa faim en matière de cohérence interne.

Alors qu’est-ce que cela faisait de Zora Viz’Herei? Criminelle ou héroïne? Folle dangereuse ou élue de Möchlog? Un peu de tout, peut-être? Plus ça allait, plus les sentiments de Meylan à l’égard de la rousse étaient mitigés. Elle ne voulait pas tomber dans la solution de facilité et décréter qu’elle ne pouvait pas avoir un bon fond. L’ennui était que le bon fond, si on partait du principe qu’il existait, était très bien caché.

Elle fut tirée de ses ruminations par une mise en garde qu’elle n’avait pas vu venir. Un cheval entier pour les nourrir toutes les deux? Voilà qui ressemblait fort à un gâchis monumental de viande. Mais avant même que la ménestrelle puisse articuler cette réflection, la monture avait rendu son dernier souffle et terminait de se vider de son sang sur l’herbe couverte de rosée. L’estomac de Meylan, déjà fortement mis à l’épreuve par l’odeur de chair brûlée un peu plus tôt, fit un nouveau soubresaut. Pourtant, elle ne détourna pas les yeux, comme si même ce simple mouvement était trop d’effort pour elle. Une immense lassitude la gagnait, probablement due au contrecoup de la nuit passée. Et dire qu’elle n’avait quitté Darga que pour avoir l’occasion de se présenter dans une auberge d’une certaine renommée!

La suggestion de Zora ressemblait fort à une tentative d’enterrer la hache de guerre, et, pour le moment du moins, Meylan était très tentée d’accepter. Elle n’avait tout simplement plus l’énergie d’entrer en confrontation, pas avant un moment du moins. Alors elle s’assit, remarquant seulement une fois à terre que ses jambes criaient grâce depuis un moment déjà. Sans regarder Zora ou sa dernière victime, elle tira une nouvelle fois sa lyre de sa sacoche et commença à en caresser les cordes, la tête légèrement inclinée et les yeux mi-clos.

Tout d’abord, elle ne joua pas d’air particulier. Elle n’avait pas envie qu’une certaine chanson se retrouve associée à jamais à cette rencontre, de peur que cela ne gâche tout plaisir à jouer cette chanson à l’avenir. D’une musique douce, elle emplissait l’air, comme pour conjurer le sort des dernières heures. Petit à petit, les accords sans lien entre eux commencèrent à se mêler, à se fondre en une unique mélodie. Douce, presque un brin mélancolique, et pourtant sous sa surface perçait un brin de tension. Sans véritablement le chercher, elle venait de trouver le thème de base de la composition que Zora réclamait depuis le début de leur rencontre. Restait à en trouver les paroles, mais c’était tout de même un pas non négligeable qu’elle venait de franchir.



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Dernière édition par Meylan Lyrétoile le Sam 4 Aoû - 12:34, édité 1 fois
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Zora Viz'Herei
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Sam 30 Juin - 10:26
Irys : 2011503
Profession : Nécromancienne (en formation)
My'trän -3

Elle glisse sa main devant la bouche lorsqu'un bâillement trahit une fatigue déjà évidente. Elle continue néanmoins de découper avec acharnement la viande qui contentera l'estomac du duo. Peut-être même avec une certaine forme de respect pour l'animal victime de la cruauté nécessaire de la chaîne alimentaire. Elle extirpe finalement deux bons morceaux de chair qu'elle ne tarde pas à embrocher sur une branche qu'elle s'emploie ensuite à installer au-dessus des braises ardentes. Ce n'est qu'alors qu'elle s'autorise enfin le luxe de se coucher dans l'herbe suintante de fraîcheur.

Elle s'abandonne ensuite sans grande retenue au le doux chant de la harpe de la ménestrelle. La mélancolie qu'elle lui inspire convient plutôt bien à la part de son être qu'elle a dévoilée à Meylan au cours des heures passées ensemble. Elle ne s'est évidemment pas livrée sans retenue, gardant pour elle les facettes les plus sombres ou violentes de sa personnalité. Comme tout le monde, elle a ses défauts. Et la chanson qui doit naître de cette rencontre a pour vocation d'adoucir l'image que le peuple à d'elle et non de la sceller, après tout...
"J'ai bien fait de vous choisir!" la complimente-t-elle, éteinte. "[color:321a=#darkseagreen]Il me tarde de connaître les mots qui insuffleront son âme à cette mélodie, qu'ils soient authentiques ou non...!"
La fatigue l'assaille avec plus d'entrain. Le sommeil, adversaire incapable de la conscience, poursuit son travail de sape. La victoire lui est déjà acquise, c'est évident. Et pourtant Zora puise encore dans sa magie pour stimuler un corps qui ne cesse d'implorer l'étreinte des bras de Morphée. La rouquine se relève avec difficulté, luttant contre elle-même pour quitter le doux confort de l'herbe et stimuler sa chair récalcitrante. Mais ni l'eau qu'elle se passe à nouveau sur le visage ni ses tentatives pour garder un certain dynamisme ne rencontrent un grand succès.

Elle a toutes les peines du monde à manger la viande, quelques longues minutes plus tard. Elle ne la termine pas et se contente de la jeter un peu plus loin. Il n'y a pas de prédateurs dangereux dans les environs, pour ce qu'elle en sait. Une considération dont elle n'a pourtant pas tenu compte, incapable qu'elle est d'ordonner ses pensées avec cohérence.
"Je vais veiller encore un peu histoire de m'assurer que personne ne s'approche des lieux!" lâche-t-elle. "Reposez-vous Meylan! Vous l'avez bien mérité!"
Et elle le pense. Tout comme elle pense pouvoir tromper la fatigue encore quelques instants. Et pourtant la réalité la rattrape bien vite, emportant la rouquine à sa suite dans un sommeil profond tandis que le soleil déploie enfin toute sa magnificence sur les terres suhurs...


Elle se sent jugée. Peut-être même condamnée. Les ténèbres sont hérissées de milliers d'yeux luisants de haine. Des regards focalisés sur elle. Pesants. La seule clarté dans cet endroit étrange provient d'une rangée de flammes qui la séparent d'une silhouette drapée de blanc. La harpe que l'inconnue tient entre ses mains résonne d'une mélodie familière, presque apaisante. Et par conséquent, contrastant avec l'ambiance particulière des lieux.

Des mots sombres se juxtaposent à la musique. Des mots chargés de reproches et d'amertume. Zora sent qu'elle est jugée par ce plaidoyer lyrique. Pourtant les phrases prononcées sont bien loin d'avoir un quelconque sens à ses yeux. Comme si elle assistait à cette scène désagréable à travers les yeux d'une autre. Lorsqu'elle essaie d'ailleurs d'observer le corps qui l'abrite, elle se rend compte qu'elle en est dénuée.

Son instinct lui souffle alors de courir et de s'en aller le plus vite possible. Ce qu'elle fait avec une ardeur animée par une peur qu'elle ne connait pas. Et pourtant elle n'avance pas. Ou plutôt, elle ne parvient pas à fuir les personnes - choses? - présentes. Ils forment toujours un cercle menaçant autours d'elle. La rouquine comprend alors qu'il est illusoire d'espérer fuir cette étrange prison.

La musique cesse. Elle se retourne alors lentement, redoutant déjà ce qu'elle découvrira. Le destin s'assure qu'elle n'ait pas à le faire. Elle se retrouve projetée avec violence au sol. La silhouette drapée de blanc, à califourchon sur elle, retire la capuche qui masquait son visage.
"Meylan?"
Sa question trahit une surprise alliée à une crainte étrange. La ménestrelle ne lui répond pas. Elle se contente plutôt de lever une dague rouillée prenant place dans ses mains jointes. Un cri à glacer le sang quitte alors la bouche béante de la noiraude. Puis cette dernière abat sa lame. La douleur est atroce. Mais éphémère...


La fanatique se réveille en sursaut et porte par réflexe ses mains à sa poitrine, s'attendant à y découvrir une blessure mortelle et le sang révélant sa présence. Il lui faut quelques instants pour s'assurer qu'elle est entière, vivante et de retour à la réalité. Un profond soupir de soulagement franchit le seuil de ses lèvres. Elle s'autorise ensuite à observer les environs.

Le soir est tombé et les dernières clartés du jour subliment le décor ambiant. Combien de temps a-t-elle dormi? Suffisamment pour avoir l'esprit bien embrumé. Les souvenirs lui reviennent lentement en mémoire et donnent une cohérence à la situation. Zora se redresse alors vivement en tentant d'ignorer les protestations de sa gorge sèche. Elle balade alors son regard sur les environs immédiates à la recherche de la ménestrelle.
"Meylan?"
Ce prénom ranime les vestiges du cauchemar et un frisson remonte le long de l'échine de la disciple de Möchlog. Elle attarde un bref instant son regard sur le cadavre du cheval et sur la colonie de mouches qui l'assaillent comme si la réponse à sa question pouvait se trouver terrée au fond de sa chair ensanglantée. Meylan s'est-elle enfuie?




Zora s'exprime en: #8FBC8F (darkseagreen)

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Meylan Lyrétoile
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Sam 4 Aoû - 21:25
Irys : 840313
Profession : Ménestrelle
My'trän +2 ~ Khurmag
Paradoxalement, jouer sembla rendre quelques forces à Meylan, la maintenant plus alerte que sa compagne qui glissait très clairement vers un sommeil réparateur. L’autre voulait connaître les mots qui orneraient sa mélodie? La musicienne aussi. Elle devrait les choisir avec soin si elle voulait être fidèle au casse-tête que présentait Zora Viz’Herei, à la fois instrument de la justice divine et prédatrice dangereuse, trop rationnelle pour être une folle, trop dogmatique pour s’insérer dans la société. Comment la décrire? La tâche était pour le moins ardue.

L’estomac encore assez peu vaillant à cause des récents événements, c’est à peine si Meylan prit une bouchée du morceau de viande qui lui était destiné. Au lieu de ça, elle fouilla les besaces qu’avait portées l’animal à la recherche d’un linge propre. Elle en trouva un qui pouvait convenir et emballa son…déjeuner? enfin, son repas, dedans. La viande ne conserverait pas pendant des siècles, mais assez longtemps pour lui être utile quand elle retournerait vers Darga. L’autre femme ne semblait pas avoir la même appréciation pour sa nourriture, qu’elle se contenta de balancer nonchalamment à terre. Encore du gâchis. De quoi faire une nouvelle fois serrer les dents à la ménestrelle, mais elle ne commenta pas. Elle ne commenta pas non plus quand l’autre lâcha d’une voix ensommeillée qu’elle comptait veiller, pas plus qu’elle ne fit le moindre mouvement pour la réveiller quand le sommeil eut enfin raison d’elle. Ca l’arrangeait bien que Zora soit partie pour le pays des songes, puisque ça la laissait seule face à son esprit, qui avait bien besoin qu’elle y mette un peu d’ordre.

Elle ne dormit pas de la journée, tantôt occupée à caresser sa lyre, tantôt perdue dans ses pensées. Elle dut somnoler vaguement aux heures les plus chaudes de la journée, puis émergea assez reposée pour savoir qu’elle n’avait pas besoin de plus de sommeil. Elle résistait assez bien à la fatigue, conséquence presque automatique de sa profession rythmée par les nuits courtes. La bonne nouvelle était qu’elle avait maintenant l’esprit plus serein…et l’appétit bien réveillé. Après tout, le déclin du soleil annonçait la fin d’après-midi et son dernier repas datait de la veille au soir. Repas d’ailleurs interrompu par une escapade inattendue. Elle ressortit le bout de viande et lui fit un sort en observant le lent déclin de l’astre du jour. L’endroit, isolé en pleine campagne, aurait presque eu un certain charme s’il n’y avait eu une carcasse bourdonnante et au fumet franchement peu agréable pour gâcher le tableau, rappel morbide de la personne qu’elle avait accompagnée en escapade…

Cette personne, d’ailleurs, se rappela bientôt au bon souvenir de Meylan. Après une journée entière de sommeil paisible, la voilà qui se débattait vaguement, marmonnant quelques paroles indistinctes. La ménestrelle crut entendre son prénom, mais peut-être se trompait-elle, puisque Zora n’articulait pas assez pour permettre une bonne compréhension de ce qu’elle racontait. Le temps que la musicienne se demande s’il ne valait pas mieux réveiller la rousse pour la tirer du cauchemar dans lequel elle était très clairement plongée, un nouveau sursaut plus violent que les autres éveilla cette dernière. Meylan lui laissa un moment pour émerger pour de bon, observant alors que Zora regardait autour d’elle un peu hébétée. Ce n’est que quand elle entendit son nom, énoncé avec la voix un tantinet croassante que produit une gorge trop sèche, qu’elle se manifesta.

"Je suis là."

Pas étonnant que l’autre femme ne l’ait pas aperçue tout de suite: elle s’était adossée à la cabane et se trouvait donc derrière la rouquine, qui devrait soit tourner la tête à un angle inconfortable, soit bouger plus que juste la tête pour l’apercevoir.

"Rude réveil?"

Toute trace d’animosité ou de tension avait disparu de sa voix, clairement le peu de repos qu’elle avait eu lui avait bien profité. Plus d’accusations ou de méfiance clairement affichée, simplement une voix teintée d’une certaine empathie pour le désagrément que Zora venait de vivre. Meylan n’en pensait pas moins, mais elle avait compris qu’à moins d’avoir du nouveau à ajouter au débat, elles étaient arrivées dans une impasse.

"Je vais chercher de l’eau, je reviens."

Elle s’était permis de fouiller une nouvelle fois les sacoches de feu leur monture pendant une de ses nombreuses périodes de veille et y avait trouvé une outre presque vide qui ferait parfaitement l’affaire. Sans attendre de réponse, elle fit un rapide aller-retour au ruisseau et revint bientôt avec l’outre remplie d’eau fraiche et encore légèrement dégoulinante.

"Buvez, j’ai comme l’impression que vous en avez besoin."

Et après? Retour à la case départ? Un au revoir? Une coopération plus prolongée? Très honnêtement, Meylan ne savait pas à quoi s’attendre ni par quel bout prendre la suite des événements.



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Zora Viz'Herei
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Ven 21 Sep - 18:12
Irys : 2011503
Profession : Nécromancienne (en formation)
My'trän -3

La voix qui répond ne laisse que peu de place au doute: Meylan est restée. Zora esquisse un sourire avant de s'accorder quelques secondes supplémentaires pour s'extirper des griffes brumeuses de Khugatsaa. Elle apprécie ces instants fugaces qui séparent le monde réel de celui des rêves. Le doute qui assaille l'esprit alors que ce dernier tente encore de démêler le vrai du faux. La fanatique lâche ensuite un vague rire qui fait tout d'abord écho à la remarque de la noiraude. Les mots, eux, suivent quelques instants plus tard:
"Le réveil est le prix à payer pour accéder au royaume des rêves!" souffle-t-elle. "Il me semble plutôt correct, d'ailleurs. Pas vous?"
Elle attarde un instant son regard cuivré sur l'artiste et suppose que cela suffira à contenir sa curiosité. La soirée s'annonce agréable et ne saurait être gâchée par l'évocation d'un repos agité. Et puis la disciple de Möchlog se doute bien que la réponse n'intéresse probablement pas la barde. Inutile de perdre du temps en vaines activités sociales. Activités qui, par ailleurs, ne séduisent guère la gorge desséchée de la rouquine.

Mais ce besoin est bien vite anticipé par la noiraude. Zora darde un regard suspicieux sur Meylan tout en se demandant ce que peut bien cacher une attitude si serviable. La simple volonté de repartir sur de nouvelles bases? La fanatique n'a rien contre cette idée mais doute que cela soit aussi simple. Meylan n'aura pas oublié ses valeurs en l'espace de quelques heures. Se pourrait-il que la fatigue explique une telle... docilité?
"Qu'est-ce que vous avez fait pendant que je dormais?" finit-elle par lui demander, yeux plissés. "Une bêtise, c'est ça?"
Elle se redresse et observe prudemment les alentours, cherchant du regard des mouvements inquiétants ou la présence d'éventuels soldats alertés par la ménestrelle. Avant de se rappeler que l'intéressée manipule les esprits comme les hommes manipulent les femmes. S'il y avait quelque chose à voir, le verrait-elle seulement? Et puis... Pourquoi la noiraude ne l'a-t'elle pas simplement supprimée pendant son sommeil au lieu de s'embêter à alerter les autorités? Pour ne pas avoir du sang sur les mains, peut-être?
"Les gens qui se montrent aimables ont bien souvent quelque chose à cacher!" finit-elle par ajouter. "Et vous êtes particulièrement aimable ce soir..."
Mais pas assez stupide pour la trahir, visiblement... Lui accordant le bénéfice du doute, Zora  fait un vague signe d'apaisement avant de prélever quelques gorgées d'eau sur la gourde de sa partenaire. Ou du moins, celle qui le fut d'espace de quelques heures. Il est probablement temps de se séparer. Avant que des liens se créent ou que d'autres dissensions émergent, par exemple.
"Je vais à Busad!" indique-t-elle à l'artiste au bout de quelques instants. "Le Primo-Gharyn Zaël fera un discours devant son peuple dans quelques jours au sujet des daënars. Et puis il y a probablement des gens qui ont besoin de mon aide là-bas aussi..."
Ce qui fait donc deux bonnes raisons de rejoindre la partie aride du continent. La fanatique énonce des faits auxquels elle joint presque immédiatement la parole puisque elle commence à s'éloigner en direction de l'est. La fanatique marque toutefois une pause quelques mètres plus loin. D'une certaine façon elle a envie de prononcer des mots sincères en cet instant tandis qu'elle dévisage l'artiste. La remercier pour sa patience et l'ersatz de confiance qu'elle lui a témoignée. Mais ces paroles-là sont trop difficiles à prononcer tandis que les menaces coulent de source.
"Laisse ton art s'exprimer! Fais une chanson qui rende justice à mon combat! Elle parviendra tôt ou tard à mes oreilles!" commande-t-elle. "Et la prochaine fois que nous nous verrons, je te récompenserai comme il se doit!"
Reste à savoir si cela sera en or ou en acier. Zora décoche alors un vague signe de la main à la ménestrelle tandis qu'elle continue de s'éloigner. Möchlog n'attend pas!




Zora s'exprime en: #8FBC8F (darkseagreen)

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