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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: Daënastre :: Rathram
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 [Terminé] Visage familier et parfaits inconnus

Ophélia Narcisse
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Ven 2 Fév - 14:04
Irys : 1246981
Profession : Cible mouvante pour Régisseur
Pérégrins -1 (femme)
C'était une belle journée pour une excursion en territoire hostile. Peu importait les rues de Cerka, pour certaines personnes, même les cités peuvent représenter un danger. Quand on était une anomalie, on se cachait de tout, et l'on n'était la bienvenue nulle part. Aemy était arrivée dans la matinée, après avoir pris un train qui n'avait duré que trop longtemps. Posant un pied tremblant sur les quais de la gare, elle avait bien faillit s'aplatir sur le sol ... saleté de marche. Heureusement qu'elle n'avait pas de talons, de toute façon cela aurait été un décalage avec le reste de sa tenue, qui pouvait se qualifier d'aussi légère que l'attitude d'un marin des hautes mers. Un haut sombre lui collant au buste, un pantacourt gris lui arrivant mi cuisses, le tout surmonté d'un manteau accordé à ses cheveux noirs qui dissimulait son corps jusqu'aux mollets. Ses chaussures plates lui laissaient le loisir de bien s'équilibrer, les petits talons ne dépassaient pas les deux centimètres. 


En sortant d'une ruelle, la jeune femme regarda à droite, puis à gauche, puis en face. Où est-ce qu'elle devait aller, déjà ? Elle avait oublié ce qu'elle était venue faire, même si elle savait que ça avait un rapport avec ses armes fraîchement acquises. Le marchand lui avait donné un conseil "d'ami" comme il avait dit. La force d'Aemy ne suffisait pas pour percer la peau, mais elle avait une arbalète pour cela. Malgré cela, elle avait été redirigée vers l'apprentissage du poison. Elle cherchait donc un apothicaire pour apprendre les rudiments de la chimie. Posant ses pieds l'un devant l'autre, se dirigeant vers le centre par les grandes allées pavées, elle se fit la remarque que chaque trou se ressemblait. De Skingrand à Hinaus, toutes les villes étaient aussi moisies. Ce ne serait pas une catastrophe si elles devaient disparaître de la carte. Mais pas encore, pour l'instant, Rathram avait tant à lui apprendre, elle ne pouvait pas encore se permettre de mourir.


L'anomalie se baladait dans sa démarche habituelle, formelle, droite et mortellement sérieuse. Elle tenait la poignée de son arbalète, attachée à son gant de velours, quant à sa miséricorde, elle la gardait précieusement derrière sa taille. Elle ne comptait pas se laisser gentiment importuner par la populace de la ville. Aemy se refusait catégoriquement d'adresser la parole à des moucherons, sauf pour des raisons exceptionnelles. Comme par exemple s'ils voyaient ses yeux vairons. Heureusement, elle avait ses lunettes teintées pour les cacher. Sinon, les soupçons se seraient bien vite posés sur elle. La rumeur courait toujours ... une évadée de l'asile aux yeux de démons se baladait en Daenastre. Les yeux vairons étaient bien rares, et facilement reconnaissables. Mais la description faisait aussi fi de cheveux blancs, détail qui s'était vite corrigé avec un peu de teinture brune. Elle ressemblait à la femme qu'elle était avant de mourir, bien qu'elle n'avait aucun souvenir de cette vie d'autrefois.

Enfin, après quelques heures, bel euphémisme, elle trouva une boutique qui semblait vendre divers produits ... "d'entretien". "La Fiole Teintée" étrange nom, et assez peu original au final. Mais les faits étaient là, il y avait de la variété dans les vitrines. C'étaient souvent des produits ménagers, trois fois rien, ce n'était pas ce qui importait à Aemy, qui se baladait avec des airs de princesse entre les rayons. Cherchant ... encore et encore ... mais il n'y avait nul part l'inscription qu'elle cherchait tant. Mais il y avait un vendeur derrière le comptoir, un apothicaire, si elle ne s'était pas trompé. Alors il y avait bien plus de variété que l'entretien domicile dans ce magasin. Décidée à trouver ce qu'elle cherchait, s'adressant à l'homme d'une douce voix qui surpris le tenancier.

Excusez-moi ...? Vous auriez de la mort aux rats ?


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Ophélia s'exprime en #cc0066


Dernière édition par Ophélia Narcisse le Dim 25 Mar - 16:24, édité 2 fois
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Eylohr Lothar
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Ven 2 Fév - 22:28
Irys : 880187
Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
Pérégrins -2

  • Juillet. L’été en Daënastre. De grandes journées baignées d’un vigoureux soleil que les douces brises tempéraient agréablement. Pour quiconque sur cette terre, ce serait un temps merveilleux. Ni trop chaud, ni trop frais. Un petit coin d’ombre pour se rafraichir quelques minutes, et un vent léger pour éviter au cœur de suer plus que de raison. C’était décidemment un temps à se poser sur un transat au bord d’une piscine, ou à siroter un café sur une terrasse à l’abri d’un parasol, bercé par le bruit des oiseaux et des fontaines.

    Ce temps était totalement différent de celui que le géant du froid avait connu depuis sa naissance. Les températures hivernales avaient tanné sa peau, endurcit son organisme, le rendant insensible ou presque aux températures négatives. Parfois même il ne ressentait le besoin d’une laine ou d’une fourrure sur ses épaules que lorsque le thermomètre affichait en-dessous de -10°C.

    Aujourd’hui, même la plus agréable des brises ne suffisait pas à rafraichir ce géant qui venait de passer des mois en mer aux côtés de Pedro De Sousa, corsaire intrépide et dont la renommé ne se fait plus. Il ne s’était toujours pas habitué à la chaleur du soleil.

    Vêtu d’une simple chemise blanc cassé jusqu’à mi bras, ouverte d’un col en V déboutonné sur laquelle venait se croiser au-devant de sa poitrine les lanières de cuir qui arrimaient le fourreau de sa hache dans son dos, il portait également un pantalon bleu marine de tissu plus léger et moins chaud que le cuir, renforcé au niveau des genoux par quelques pièces en cuir afin d’amortir les chocs ou le contact avec le sol. Une ceinture usée lui permet de garder le pantalon à sa taille, et ses larges chaussures renforcées de cuir et de plaques d’acier raisonnent à chacun de ses pas sur les pavés de la ville. La discrétion n’était pas forcément son truc, d’autant plus que sa taille et son poids ne l’y aidaient surtout pas.
    Si à Aildor il était courant de voir des individus atteignant voir dépassant les 2 mètres de haut, en Daënastre, la chose était tout à fait différente.

    Habillé de couleur claires afin de refléter un maximum les rayons du soleil, il portait, outre sa hache, un couteau à sa cheville droite, long de 40 cm, cranté vers la garde et très bien aiguisé sur le reste de la lame. Il portait également un fusil à double canon à la cuisse droite dans un étui de cuir, facile à dégainer. Deux pistolets sur la poitrine, comme il est de coutume chez les corsaires, et, en bandoulière et sur sa ceinture, de petites musettes pour les munitions et sécuriser ses bourses d’Irys. De toute façon, le premier qui tenterait de s’approprier ses richesses perdrait bien plus que ses mains.

    Sa longue barbe qui descendait sur une trentaine de centimètre était belle et bien taillé. Il venait d’en prendre soin, et il le fit longtemps lorsqu’il avait du temps à tuer sur le bâtiment de Pedro. Ses cheveux aussi étaient longs. Rassemblés en de nombreuses tresses, elles descendaient jusqu’en bas de son dos. Malgré leur poids, leur rigidité et l’agencement des tresses était pensé de façon à limiter leur entrave sur les mouvements du géant. Le noir profond de ses cheveux, de sa barbe et de ses sourcils tranchait avec le léger bronzage de son visage et des côtés rasés de son crâne, et cela mettait en valeur ses yeux bleu marine, sans compter ses muscles imposants.

    Des bras aussi gros que des cuisses, des épaules en forme de boule de billard et une poitrine si bombée que chaque inspiration étire un peu plus les coutures de sa chemise, le bestiaux était impressionnant. Sans oublier ses jambes plus grosses que celle d’un taureau. Pour sûr, il compensait son manque de vitesse par une force surhumaine.

    Serait-il une anomalie ? Les Daënars eux-mêmes devaient se poser la question.

    Le géant déambulait aux côtés de Pedro qui avait décidé de la destination. Rathram étant la région où il était possible de se former aux technologies des prothèses mécaniques, dynamiques et magithèques, Eylohr était curieux de pouvoir mettre la main sur des plans, ou être formé à leur construction, de grès ou… De force.

    Mais Eylohr voulait aussi profiter de cette excursion pour se trouver une nouvelle arme. Il espérait mettre la main sur une lance rétractable. Une lance qui, lorsqu’elle est en position neutre, ne ferait pas plus qu’une cinquantaine de centimètres mais qui, une fois au combat et avec un ingénieux système, pouvait se déployer en une lance résistante de 2 mètres, si ce n’est plus ! Embrocher ses ennemis serait tellement plaisant !

    En attendant, il suivait De Sousa, capitaine du navire, de l’équipage et de l’expédition à terre, marchant à ses côtés sur les pavés de la ville, tandis que de partout on le dévisageait.


Let the night come, before the fight's won,
Some might run, against the test.
But those that triumph, embraces the fight's cause,
Their fear then proove that courage exist.
Hope.


Spoiler:
 


Voix d'Eylohr (Ronan l'accusateur):
 
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Pedro de Sousa
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Sam 3 Fév - 23:20
Irys : 1683932
Profession : Pirate
Pérégrins -2
Ahahah ! Le Géant du Fort avait effectivement trouvé dépaysement durant les longues semaines en Mer en compagnie de l'équipage du Capitaine de Sousa. A bord, comme il l'avait souhaité, il avait obtenu un traitement un peu particulier d'invité de marque. Et ce qui était amusant à mesure que le forgeron restait sur le vaisseau pirate, c'était la transformation opéré dans sa tenue.

Très rapidement il avait comprit l'importance de porter des tenues clairs, pour éviter les effets du soleil, il avait également adopté le port d'arme typiquement rencontré dans la piraterie, deux pistolets à la poitrine, enfin il ne causerait aucun tord au sein de l'équipage. Bref Pedro avait à son bord un compagnon plaisant, qui s'acclimatait à son nouvel environnement en pleine mer. Mais évidemment on ne pouvait raisonnablement pas rester des mois sans retrouver la terre ferme pour ravitailler le navire, écouler quelques marchandises férocement arrachées à leur propriétaire. Cerka était une cité portuaire idéalement placée en Daenastre, le premier vrai pied à terre dans le Nord du continent.

Quittant le pont du navire pour les rues pavés de la cité,  laissant son équipage vaqué à ces tâches, le réputé Capitaine de Sousa ne laissait pas les riverains indifférent à son passage. La marche légèrement chaloupé et non challante ou moqueuse, il lâchait sans complexe des remarques qui allait du "quoi ma gueule? Ta vu ta tronche de gland" au "Ohhh vise moi ce p'tit cul à 9 heure!" , bref il de la jouait décomplexé et sûre de lui, plus encore en compagnie d'une montagne de muscle.

La journée avançait tranquillement, le pirate se rendant à plusieurs adresse pour un apporter ou récupérer des plies et objets, il savait Eylohr attendre ce moment avec impatience, lui aussi avaient quelques amplettes à faire.

- Bon, j'crois pour moi les affaires pour aujourd'hui sont bouclés. Alors l'ami on va pouvoir s'occuper de ton...

Et là, venu de nul pas, coupant la parole et l'élan du fringant pirate, une donzelle avait eut l'audace de sortir d'une boutique pour le percuter. Aussi vite qu'elle en était sortie, elle y retourna, balancé prestement par le pirate. La jeune femme glissa littéralement sur une bonne dizaine de mètres dans l'allée centrale avant que Pedro tappe l'épaule de son complice, haussant les épaules avant d'entrée.

- Désolé j'aime pas qu'on m'coupe la route et la parole, homme ou femme, y'a pas d'traitement ! J'vais allée lui mettre sa fessée, ça lui apprendra à m'manquer d'respect à cette bougresse !

Mais alors qu'il invitait son ami a lui emboîter le pzs dzns la boutique, il sembla soudainement un peu moins pressé à réaliser son affaire, lorsqu'il reconnu le visage de sa future quelque peu familier, comme s'il venait de voir un mort, tué de ces propore mains revenir à lui. Non? Ophélia !? Ne disait on pas que rien n'était mort tant que ce n'était pas enterré? Héhé



C'est qui l ' Patron, c'est qui !?? AHAH !!

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Ophélia Narcisse
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Dim 4 Fév - 0:07
Irys : 1246981
Profession : Cible mouvante pour Régisseur
Pérégrins -1 (femme)
Le gérant du magasin avait en effet quelque peu du produit qu'Aemy désirait tant, c'est que ça faisait de jolis ravages la mort-aux-rats, et pas seulement sur les rongeurs. Le produit s'infiltre dans les veines, et les vide de leur contenu, provoquant de sévères hémorragies internes. La jeune fille savait très bien ce qu'elle pourrait en faire ... si l'un des clients de dame Kelmina se trouvait être bien trop cordial au goût de l'anomalie. Evidemment, c'était à utiliser avec précaution, si sa maîtresse apprenait qu'elle tuait des gens à la sortie de son pub, elle aurait vite fait de dégager. Mais, pour l'instant, elle n'avait rien à se reprocher, après tout, le visage de l'innocence était encré dans l'expression de la dame aux cheveux de jais. Mais, en soi, elle pestait sur tous ceux qui n'étaient pas la gérante de l'Alizé. Tous des moucherons qui ne valaient même pas la moindre pièce d'or qu'ils auraient pu donner.


Satisfaite de sa brève course, elle traversa le pas de la porte, sans prendre la peine de regarder à l'extérieur. Elle entendit un bruit sourd de l'autre côté, alors que les gonds se bloquèrent. Il y avait un péquenaud de l'autre côté qui avait vraiment cru bon de se tenir devant l'entrée des magasins, à une heure si mondée ? Quel genre d'abruti était-ce ? Ou alors juste un imprudent maladroit ? La réponse n'était que proche des pensées premièrement envisagées, et, avant qu'elle ne le sache, la jeune fille fut renvoyée devant le vendeur, fesses contre terre. Elle sentit son dos taper contre le comptoir, et sa nuque suivit, tapant le bout de son crâne. C'était désagréable, elle sentait comme un écho dans sa tête qui rebondissait contre ses parois osseuses. Elle laissa sa main droite gambader dans ses cheveux, se grattant le haut du visage en couvrant son oeil de sa paume. Plus grave encore, l'un de ses récipients fraichement acheté s'était retrouvé en morceau sur le sol à côté d'elle. Relevant sa main, elle constata qu'elle était déjà pleine de mort-aux-rats. 


Elle venait de voir les deux étrangers entrer, un pirate et un géant, quelle belle assemblée, presque le début d'une mauvaise blague. Le premier n'avait pas l'air d'être vraiment heureux, en plus de son air salace et de son attitude aussi légère que son accoutrement. L'anomalie devina que c'était lui qu'elle avait percuté, l'autre gaillard était bien trop solide pour qu'il ne puisse se faire ne serait-ce que renverser par une porte si petite. Toujours était-il que les deux camarades n'étaient pas là pour s'acheter des produits ménagers, il ne fallait pas être expert pour le deviner. Alors, Aemy essuya discrètement sa main emplie de la toxine sur le carreau de son arbalète, dissimulée dans sa manche gauche. Mais elle n'oubliait pas la promesse qu'elle s'était faite, "parler, avant de tuer". 


Aow ... ma tête ...


Voilà qui concluait la partie du "parlé", maintenant, elle pouvait tuer. Elle se releva alors, constatant l'absence de quelque chose. Les lunettes qu'elle gardait si précieusement sur son nez avaient glissé hors de son arête, révélant son regard vairon aux yeux des singuliers visiteurs. L'anomalie prit un instant pour se craquer le cou, et redirigea ses iris vers les visages des deux inconnus ... eh bien, peu importait les points de vue, elle était dans de beaux draps. C'était à peine s'ils déliaient déjà leurs doigts pour enchaîner les mandales. Frapper une femme ... quelle belle preuve d'incivilité. Heureusement que le poison est impartial. 

M-mais ... qu'est-ce que ... qu'est-ce que vous voulez ?


Arrête de balbutier, moucheron. Ils veulent ta caisse ... et mes dents.


Sérieusement, quelle question était-ce là seulement ? Le pauvre vieillard de l'autre côté du comptoir ne s'était pas fait balancé sur plus de dix mètres, pourquoi est-ce qu'il gémissait déjà ? Aemy aurait aimé lui ficher le carreau dans sa poitrine de vieux croûton, mais sa présence serait sûrement nécessaire à sa survie. Cela était si les négociations se déroulaient de travers. Bon, d'abord, il fallait retrouver les lunettes, et c'est à cet instant qu'elle réalisa. Elle avait regardé le tenancier droit dans les yeux, il avait vu ses pupilles émeraude et saphir. Cela n'aurait pu être qu'un détail, s'il n'avait pas recommencé à chouiner ...

Vous ... vous êtes ... vous êtes la fille de l'asile !


Quel dommage ... la jeune fille avait vraiment prévu de le laisser en vie. Mais, hélas, c'était désormais impossible, il allait raconter cet événement à la garde et toute la vie que l'anomalie s'était efforcée à construire se serait effondrée. C'était donc un joli gâchis, mais la vie du vieillard était désormais forfaite. Aemy tendit la main et libéra le mécanisme de son arbalète de poing. Les arcs s'ouvrirent, tendant la corde, et avec un seul geste du pouce, le carreau vola hors de son poignet et se ficha dans le diaphragme du boutiquier. 

Oui ... mais t'aurais mieux fait de garder ce détail pour toi.


Mais il était bien trop tard pour les regrets, la respiration du vieux était saccadée par des spasmes sanguines qui ne faisaient qu'accentuer le flot rouge qui sortait de sa bouche. La jeune fille esquissa une moue mitigée ... elle avait éliminé un témoin, mais elle en avait deux autres à charge. Enfin, ce n'était pas un pirate qui allait faire un rapport à la milice. Ce dernier la regardait d'ailleurs avec une étrange insistance, la dévisageait ... pour peu que le visage ne soit situé sur l'intégralité du corps. Il avait parlé de la fesser, était-ce bien cela ? L'idée ne plaisait vraiment pas à Aemy. Et devant le regard qui, lui, la reconnaissait, elle plissa le sien comme une promesse de mort.


Qu'est-ce que t'as à me reluquer ? Tu as bien déjà vu un meurtre avant ça, pas vrai ?


En un geste médisant, elle essuya la poussière sous son épaule gauche, du bout des doigts. Elle chargea ensuite un second carreau à son arbalète, qu'elle rentra dans sa manche pour le moment. C'était bien beau de faire la maline, mais si elle mourrait, cela serait très contrariant. Elle serait sage pour l'instant, mais cela ne l'empêchait pas d'enduire ce second carreau de sa magnifique toxine à miracles. 


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Ophélia s'exprime en #cc0066
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Eylohr Lothar
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Dim 4 Fév - 17:05
Irys : 880187
Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
Pérégrins -2

  • A ça, c’était un bon vivant le capitaine. Tandis qu’Eylohr se plaisait à voir les passants s’écarter sur son passage, lever la tête d’un air inquiet ou curieux, la lueur de peur même qui investissait leurs regards tandis que le sommet de sa tête tutoyait les nuages, enfin, vu d’en bas.

    Les injures et les interpellations multiples et variées de Pedro envers la populace médusée ressemblaient à une continuité de l’ambiance du navire. Et tandis qu’Eylohr s’habituait petit à petit à fouler le sol pavé de la ville qui tranchait avec le bois du bateau qui se mouvait sous le poids des vagues et de l’océan, et avec la neige et le sol gelé d’Aildor, les deux gaillards marchaient de magasins en magasins et de clients en clients afin d’écouler les marchandises « gagnées » lors des combats sanglants, des pillages et des vols comme il y en a souvent dans le monde de la piraterie.

    Des bourses d’Irys sonnantes et trébuchantes s’échangeaient, bien souvent des mains des clients et des commerçants vers celles de Pedro et, parfois, quand elles étaient trop occupées à compter ou à se balader sur les formes de certaines femmes passant trop à proximité du vieux loup, causant, à ce moment-là, la colère et les foudres de ces dames, le rôle de porteur de fond incombait au géant qui ne rechignait pas à la tâche.

    N’y connaissant absolument rien à cette ville, à ces us et coutumes et à ce qui s’y passe, Eylohr ne s’était occupé qu’à regarder et scruter alentour pour trouver une boutique d’arme Daënars ou de prothèses, l’enseigne d’un fabriquant ou d’un concepteur, ou encore un lieu où il pourrait trouver des plans qu’il se chargerait ensuite de reproduire. Mais tandis qu’il assouvissait sa curiosité il s’occupait également de la sécurité de son capitaine. Oh, se balader dans les rues de Cerka était des milliers de fois plus sure que d’oser pointer le bout de son nez à Aildor, mais sait-on jamais. Les ports et les régions côtières sont connues pour leurs climats tempérés, leurs embruns rafraichissants et leurs paysages paradisiaques, mais il y régnait parfois une bien triste vérité : Les ports étaient infestés d’autant de brigands, de scélérats et de tueurs qu’il y avait de rats dans les égouts. Entrer et sortir d’un port est relativement facile, tout comme se cacher dans les égouts ou dans d’anciens entrepôts ou dockers désaffectés. Bref, il fallait tout de même faire attention, surtout que, si Eylohr se faisait remarquer par sa taille et son imposante musculature, Pedro, lui, brillait de par ses habits de corsaire, son tricorne et son cache-œil. Il faut dire que sa ceinture à base de têtes de mort stylisées ajoutait à la singularité du personnage.

    Le pirate avait fini ses emplètes. Il était temps de passer à celles du géant du Nord. Et Pedro l’avait remarqué. Mais à peine avait-il fait remarquer que l’après-midi ne serait plus dédiée aux affaires du pirates mais à celles d’Eylohr que la porte d’une enseigne voisine de celle dont ils étaient sortis s’ouvrit, tapant sur l’épaule et le bras de Pedro qui, en réponse quasi-instinctive, avait asséné un coup dans celle-ci pour la refermer. Mais derrière cette porte se trouvait une frêle jeune femme aux cheveux de jais. L’ingénue se trouvait aussitôt projetée en arrière, ses lunettes de soleil sautant de l’arête de son nez, l’arrière de sa tête frappant contre le comptoir du tenancier, le reste de son corps tombant lourdement sur ses fesses.

    Pedro, comme à son habitude, avait déjà de la suite dans les idées et il était visiblement prêt à user d’une certaine forme de violence et d’autorité envers ce petit bout de femme. A l’évocation du destin qu’il lui réservait, Eylohr n’eut comme réaction qu’un léger haussement d’épaule, comme s’il acquiesçait d’avance au spectacle qui allait s’offrir à lui. Peut-être même qu’il participerait tiens.

    Il passa sa main droite dans sa longue barbe sombre, peignée et propre mais qui sentait encore le whisky qu’il s’était renversé dessus lors de l’amarrage au port il y a quelques heures maintenant. Après quelques passages de main dans sa barbe, il fit de même sur les côtés rasés de son crâne avant de terminer par ses nombreuses tresses tombantes, comme s’il se préparait à un combat ou à un moment fatidique.

    Pedro entra le premier, suivit de prêt par Eylohr qui s’employa à refermer la porte de l’enseigne et à fermer un éventuel cadenas ou verrou, histoire que rien n’y personne ne puisse gêner ce qui risque de se passer.

    La jeune femme au sol ne semblait que peu troublée par les deux colosses, ni amusée par le fait qu’Eylohr fut obligé de rentrer de biais dans l’enseigne, la porte n’étant pas assez large pour lui. Tandis que les deux bêtes s’avançaient vers elle, et que Pedro affichait de plus en plus une mine surprise et circonspecte, la jeune femme aux yeux impressionnants – de part le côté unique des couleurs de ses iris – ne s’employait qu’à dépoussiérer es épaules et à passer sa main droite sur son avant-bras gauche.

    Le tenancier lui était beaucoup plus inquiet. Tremblotant de tout son être, bégayant lors de la moindre tentative de parole, il agaçait profondément Eylohr qui se voyait déjà trancher la gorge du vieillard de sa lame tranchante. Mais ici, ce n’était pas Aildor. Il y avait des lois, une police et une armée. Et surtout, des peines judiciaires. Non, Eylohr n’avait pas quitté son foyer pour finir dans une prison Daënars, ou pire, décapité, à cause de la mort d’un vieillard déjà condamné de toute façon.

    Mais malgré la difficulté d’élocution du vieillard, il y avait une phrase que tout le monde avait retenue : « Vous êtes la fille de l’asile ». La fille de l’asile ? Qu’est-ce que cela veut dire ? Par quelle chance – ou malchance – le chemin des deux géants les avait menés à une folle évadée ? Qu’est-ce que c’était que ça encore.

    Mais les évènements allaient tourner vinaigre. Visiblement très irritée par cette phrase inopportune du vieillard sur la sellette. Elle brandit alors son bras, écarte sa main et, d’un mouvement subtil du pouce, décoche un carreau qui alla se ficher dans la poitrine du vieillard. Bien que l’impact ne fût pas sanglant, ses conséquences, elles, allaient être beaucoup moins propres. Un mince filet de sang s’échappa de la bouche du condamné, puis ce flot fut épaissit secondes après secondes, mêlé de gargouillements, de râcles sinistres et de bulles sanglantes formées par l’air qui tentait de s’échapper des poumons. Puis l’inévitable arriva. Le vieillard se mit à faiblir sur ses jambes, chancelle puis tombe.

    Le spectacle était doux pour les deux forbans habitués à semer la mort ou à y assister. Combien de fois avaient-ils tuer ? Violer ? Piller ? Combien de fois furent-ils le juge, le jury et le bourreau dans le passé, jetant d’innocentes victimes par-dessus bord ou laissant une personne agonisante au bon vouloir des prédateurs ? Mais Pedro semblait toujours aussi inquiet et surpris, et si aucun mot ne s’échappait de sa bouche, ses yeux, eux, trahissaient une grande interrogation.

    Mais en plus de cacher une âme apparemment aussi sombre que ses cheveux, la belle cachait un mécanisme savamment pensé dans sa manche, et dont le moindre carreau pouvait provoquer une mort lente et douloureuse. Si elle venait de l’asile, elle devait tout de même se douter que dés lors qu’elle pointerait son bras en direction d’un des deux géants, l’autre s’occuperait de lui rompre le cou et de faire de sa chaire l’instrument d’une colère sans émule.

    Arrêtant de réfléchir et voyant que Pedro ne bronchait absolument pas – soit par surprise, ce qui semblait être le cas, soit par une satisfaction sadique et bizarre devant ce spectacle – Eylohr dégaina un de ses revolver favori : un calibre 44mm à 6 coups, armé et prêt à faire un trou si profond et puissant que la balle serait certainement coupée en deux en une balle. Il arma le chien, tendit son bras et ajusta sa mire de telle sorte que la balle, si elle était tirée, transpercerait la poitrine et le cœur de la tueuse en puissance qu’elle est. De son autre main, il caressait le fusil à double canon, armé lui-aussi, hésitant entre utiliser la puissance d’un revolver ou l’horreur d’un fusil capable de déchiqueter un cerf entier.

               - Eh toi là, yeux vairons, j’sais pas c’que ta dans ta manche, mais si j’te vois bouger le p’tit doigt j’éclate ta tête dans cette salle, compris ? Dit Eylohr de sa voix grave.

    Tandis qu’il scrutait les réactions, mimiques et la gestuelle de l’évadée d’asile d’aliéné, Eylohr réfléchissait à comment réagir. Prendrait-il l’initiative de tuer la donzelle, prendre ce qu’il voulait ici et repartir le plus vite possible, ou allait-il laisser Pedro prendre la décision de quoi faire, et comment le faire ?

    Bien que plusieurs mètres séparaient les deux bandits de la tueuse, la scène dépeint une situation cruellement inégale. Elle bouge ? Elle meurt. Elle attaque ? Elle meurt. Elle énerve le géant ou le capitaine de quelque façon que ce soit, elle meurt. Les deux bougres de deux mètres et plus, dépassant le quintal – et de loin pour Eylohr – face à une minette de moins d’1m70, et, certainement, de mois de 50 kilos.

    Mais la belle avait montrée sa réactivité et sa dangerosité, aussi, il fallait éviter de la sous-estimée. Voilà pourquoi Eylohr était prêt à tirer à la moindre incartade. Mais si tout se passait sans effusion de sang, qu’adviendrait-il de la belle ? Espérons que ni le géant ni le capitaine ne sache qui elle est, et où elle vit. Sinon, qui sait ce qui pourrait arriver. Mais la patience d’Eylohr avait ses limites…


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Spoiler:
 


Voix d'Eylohr (Ronan l'accusateur):
 


Dernière édition par Eylohr Lothar le Lun 5 Fév - 16:45, édité 1 fois
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Pedro de Sousa
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Lun 5 Fév - 11:22
Irys : 1683932
Profession : Pirate
Pérégrins -2
Décidé à régler son compte à cette imprudente, le Vieux Loup s'était donc montré légèrement moins enthousiaste en reconnaissant Ophélia, la ténébreuse artisan de poupées articulées dont certains dissimulaient des cadavres en décomposition... Le pirate se rappelait de ce jour où deux de ces hommes avaient goûter la mort et qu'il s'était vengé en violant la jeune femme et la laissant se vider de son sang. Il n'avait pas non plus oublié les derniers mots de cette dernière avant de la laisser pour morte :

Ne ... m'ou ...blie pas ... guh ... moucheron. Parce que ... moi ... je t'oublierais ... ja-mais.

Le Vieux Loup s'attendait donc à ce que la jeune femme ait sa revanche et lorsqu'il observa son compagnon dresser ces deux canons son esprit lui criait de lui dire "Butte moi cette fille!!! TIRE TIRE TIRE !!!!!! DECHARGE TES JOUJOUX SUR ELLE". Mais au moment où il allait prononcer ces mots, le tenancier, un vieillard, eut le malheur de prendre la parole, évoquant un élément qui retint l'attention des trois protagonistes... la fille de l'asile! Oh évidemment cela ne choqua pas le pirate, elle aurait effectivement mérité l'internement à vie, mais force est de constaté qu'elle s'en était échappé et que la réaction de cette dernière fut des plus saisissante.

Sortie de sous sa manche une arbalète du dernier cri technologique, le vieillard fut achevé d'un trait de carreau par la fugitive de l'asile avant que cette dernière reporte ces yeux vairons sur le forbans des Mers et des Airs, tout en rechargeant son arme.

Qu'est-ce que t'as à me reluquer ? Tu as bien déjà vu un meurtre avant ça, pas vrai ?

Loin d'être idiot, Pedro de Sousa semblait en conclure qu'elle ne se souvenait pas de leur passé commun, mais pour autant, elle restait une menace sérieuse comme le Géant du Froid en était venu à la même conclusion. Alors Pedro la toisa, plissant les yeux avant de lâcher un rire gras.

- Plus d'un! Haha! J'ai juste cru te reconnaître... Ophélia. Il semblerait que tu ne te souvienne pas, étrange!

Il jeta un bref regard vers Eylohr avant de rajouter à l'attention de l'assassin.

- Un seul pet d'travers et mon cher ami ici présent t'transforme en bouillie! Alors j'vais t'conseiller d'gentillement écouter l'monsieur et d'nous éclairer un peu plus sur cette histoire d'asile, hein?

Il n'avait pas l'intention d'approcher d'Ophélia, trop risqué, il pouvait être prit en otage et là le rapport de force pouvait s'inverser. Attrapant ces deux pistolet accroché à sa ceinture, il pointa les deux canons sur la jeune femme ténébreuse. Quatre armes à feux étaient donc à présent dirigées sur elle avant que le pirate cherche le moyen de procéder à son désarmement, sans doute à distance, c'était préférable.

- Tu va trèèèèèèès lentement écarter les bras et t'allonger sur le ventre, je ne veux pas voir l'une de tes mains braquée dans notre direction, c'est comprit? Sinon... tu s'ra réduit en gruyère. Allez, on coopère. Ensuite tu glissera de ta manche ton arme ou tes armes.

Lui ordonna-t-il sur un ton à la fois autoritaire et calme, il ne fallait surtout pas créer une atmosphère trop oppressante.



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Ophélia Narcisse
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Lun 5 Fév - 12:48
Irys : 1246981
Profession : Cible mouvante pour Régisseur
Pérégrins -1 (femme)
Les tons s'étaient bien vite levés, pour une raison que la jeune femme ignorait bien. Elle s'était pourtant montré bien sage, elle avait même rentré son arbalète, certes armée et prête à tirer, mais n'était-ce pas gage de bonne foie ? Si ce n'avait pas été pour les canons braqués sur elle, la jeune fille se serait faite un plaisir de les dépecer. Mais, l'occasion ne s'y prêtait clairement pas, c'était ça que la patience, savoir attendre le bon moment, n'est-ce pas ? Alors, pour l'instant elle resterait docile. Elle s'y était même engagée en présentant ses mains nues à eux, elle n'avait pas l'intention de tirer. Mais, quelque chose leur faisait prendre un certain recul, était-ce l'asile, le meurtre qu'elle avait commis devant eux, ou simplement son regard de fiel ? 

Le moucheron qu'elle avait percuté avec la porte, celui avec l'habit le plus étrange, s'était mis à jacter. Il riait, mais d'un jacassement empli de sous-entendus, c'était presque comme si tous deux avaient eu un passé commun qui à travers les mots du pirate ressemblaient à une improbable intimité. Mais sa mémoire la trahissait, une chance pour son ancien camarade charnel, ou bien une fortuite opportunité ? Après tout, la rancune hantait encore son esprit, du temps où elle respirait encore, mais la mort efface les vestiges de l'âme sans en laver les péchés. Et le passé qu'Ophélia avait oublié se présentait devant elle, deux pistolets en main, comme un karma qui devait trouver justice. Mais jamais elle ne laverait l'affront qu'il lui avait infligé, car, si son visage avait été reconnu, celui de l'étranger n'était que brume. Ce qu'elle savait en revanche, c'était que les deux compagnons n'avaient pas l'air d'être tendre. Alors, elle leva simplement ses mains vers le ciel, avant d'activer le mécanisme de son arbalète qui sortit une nouvelle fois de sa manche, avec un bruit soudain qui dut se faire contracter les doigts des nouveaux visages qu'elle ne lâchait pas des yeux. 



Bouh.


Elle ne lâcha pas un sourire, ni même un oeil amusé, elle avait gardé son expression neutre et on ne peut plus inexpressive. De son arme elle retira le carreau, pas question qu'il lui prenne son mécanisme si difficile à installer. Elle balança le reste de ses munitions au sol devant elle. Quant à sa miséricorde, elle la dégaina de son fourreau derrière sa taille et la balança en cloche aux deux visiteurs. Elle n'avait rien d'autre sur elle, mais ils étaient insistants avec leurs armes, alors elle retira son manteau pour découvrir ses habits légers. Il n'y avait rien à dissimuler sur de tels vêtements, pas même dans son clivage. L'anomalie joignit ses poings devant ses hanches et pencha la tête, sans relâcher son regard du capitaine, qu'elle mirait d'un air on ne peut plus patient. Ce n'était vraiment pas le même caractère que lors de leur première rencontre, pas une veine battante ne trahissait une quelconque haine ou colère, juste de la déception qu'elle ait du se séparer de ses affaires. Quant à cette proposition de s'allonger sur le ventre ... elle préféra s'adosser au comptoir, pas question de laisser trop de pouvoir à ces insectes. Après tout, ils avaient peur, pas elle. Etrange chose considérant que c'étaient eux qui tenaient les armes.


Tu pues la terreur. Est-ce la vision d'une femme qui t'émeut tant, pirate ? Ou bien n'est-ce que la mienne ? Elle pencha le visage, appuyant sa main sur le sol. Tu veux bien me dire qui c'est que t'appelles "Ophélia", moucheron ? Moi, c'est Aemy. 


Le choix d'expressions, la voix, l'attitude ne laissaient aucune erreur de méprise. C'était bien, ou presque, la même boutiquière que quatre mois auparavant. Mais pour elle, tout ceci n'était qu'une méprise, mais elle gardait en tête le fait que quelqu'un l'ait reconnu. C'est vrai que les yeux vairons étaient très reconnaissables, et il n'y avait pas grand monde avec qui, physiquement, l'anomalie aurait pu être confondue. Elle en était consciente, elle savait bien à quel point elle avait du se déguiser pour se fondre dans la masse. Mais tout ça s'était envolé, avec ses verres teintés. Quelle plaie. 


Vous avez mes armes, rendez-moi la courtoisie et baissez ces choses. De toute façon je ne me risquerais pas à mains nus contre ... ça. Elle regarda le géant. Et quant à l'asile ... eh bien, n'entendez-vous donc jamais les rumeurs ? Une fille aux cheveux d'opale et aux yeux de démons se serait enfuie, laissant derrière elle le corps de son docteur. 


C'était presque comme conter ses exploits, mais elle n'avait aucun mérite à se rapporter. Elle assumait que tant qu'elle parlait, c'était qu'elle était en vie. Dans le moment c'était la seule chose qui importait. Elle n'avait aucune confiance en les deux étrangers, mais elle n'avait pas plus de choix. Et, alors qu'elle évoquait son passé, une expression resurgit, comme si son visage même s'était changé. Son air neutre avait disparue, laissant place à un sourire malsain surmonté d'un regard tordu. Depuis sa lèvre supérieure, elle laissait entrevoir ses canines. Cette innocence qui la dissimulait s'était levée, ce n'était plus à l'enfant qu'ils parlaient, mais à la patiente qui tuait sans remord aucun, rien que pour pouvoir survivre. 

Cette fille, c'est moi ! elle eut un léger ricanement qui la fit hoqueter. Mais shhh, pas un mot, c'est un secret, d'accord ? 


Elle avait posé son index en travers de sa bouche, pour signifier le silence qu'elle imposait par ses termes. Mais, joueuse comme elle était, elle poussa le dialogue plus loin que le simple avertissement, elle se concentra sur le concret. C'est que la situation était amusante, aussi périlleuse fut-elle.

Alors ?! Qu'est-ce que vous allez faire de moi, maintenant ? Me livrer ? Elle tendit ses poignets en avant, comme pour s'y laisser mettre des menottes avec une moue exagérément triste. Ou bien la montagne là-bas va m'écraser les yeux avec ses pouces ? C'est qu'ils font la taille de mes poignets ... tu n'oserais pas toucher à une chose aussi fragile que moi, si ? 


Elle acheva sa question, censée être réthorique en arborant un large sourire digne de la psychopathe qu'elle dissimulait en son for intérieur. C'est qu'elle avait trouvé des jouets plaisants ...et plus encore, ils étaient informés, il y avait du profit à extraire d'un filon pareil. Et même dans sa démence, l'anomalie le voyait aussi parfaitement et aussi lucidement qu'à travers de l'eau.


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Eylohr Lothar
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Mar 6 Fév - 16:56
Irys : 880187
Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
Pérégrins -2

  • De toute évidence ces deux zigotos là se connaissaient. Enfin, pour être précis, Pedro connaissait la belle, mais elle, ne connaissais plus le requin. Cette situation aurait pu être tout à fait pathétique et ironique si le comportement de Pedro n’avait pas été aussi changé par cette rencontre. Oh bien sûr il était resté plus ou moins lui-même lorsqu’il avait adressé son regard typique de lui lorsqu’il avait une idée derrière la tête, avant de demander à l’interlocutrice de s’allongée sur le ventre. C’est qu’il avait de la suite dans les idées malgré sa méfiance. Pourtant, il ne cessait de prendre d’infinies précaution, évitant soigneusement tout contact rapproché avec la belle qui, en tout à fait à l’opposé du requin, affichait une mine résolue et confiante. Pourtant, n’importe qui se serait déjà fait dessus devant deux colosses comme Pedro et Eylohr.

    Toute à sa confiance en elle, elle avait délibérément levée les mains en l’air, révélant et activant le mécanisme meurtrier qui se cachait dans sa manche. Le bruit sec et caractéristique de la menace enclenchée ne manqua pas de crisper les doigts d’Eylohr sur la gâchette de son calibre 44, tant et si bien qu’il dut, l’espace de quelques instants, baisser ses yeux afin de s’assurer que le chien du revolver n’avait pas été déclenché. Ouf, aucun coup de feu ne serait tiré, en tout cas, pas sans qu’Eylohr l’ai intimement décidé.

    L’ingénue avait ensuite déposée ses armes dans des gestes fins et délicats. Curieusement, cela mit Eylohr en confiance. Si la belle avait tuée le vieux tenancier sans remords, elle ne voulait apparemment pas attiser les foudres des deux brutes contre elle. Eylohr leva un de ses sourcils d’un air circonspect lorsqu’il vit une petite lame sortie de derrière le dos de la fugitive. Décidemment, elle en cachait des choses. Aussi fallait-il rester sur ses gardes. De toute façon, le géant n’avait pas pour habitude de baisser sa garde.

    Aemy ? Ophélia ? Qu’est-ce que c’était que cette histoire ? Etait-elle plus folle que ce qu’il croyait ? Ou tentait-elle d’amadouer le requin des mers en lui faisant vriller le cerveau ? Mais sa voix avait changé. Elle semblait plus assurée, plus curieuse également, comme si ses mots transmettaient un message et sa voix, elle, criait à la folie et à au parjure. Rien de très rassurant en sommes. Mais c’était sans compter sur le manque de sentiment du géant du Nord qui n’attendait qu’une seule chose pour pouvoir tirer : Un faux pas. Un seul petit faux pas. Et tandis qu’elle semblait compter ses exploits aussi sombres que sinistres, l’impression qu’avait Eylohr de se trouver face à une folle furieuse se renforçait.

    Un autre visage s’offrait aux deux brutes. Tandis que la belle jactait, la bête réfléchissait. En effet, tandis qu’elle racontait à l’envie son passé pour le moins tordu, de temps à autre filtrait le son des échos de la vie en dehors de la boutique. Bien que fermée à clé, les gens un peu trop curieux pourraient aisément voir au travers des vitrines, pour peu qu’ils s’y penchent en plaçant leurs visages entre leurs mains comme pour contrecarrer la différence de luminosité entre les deux mondes. Car il s’agissait bien de deux mondes différents. Ainsi, Eylohr redoutait de devoir faire face à une tueuse invétérée d’un côté, et à une patrouille armée Daënars. Cela raccourcirait drastiquement le voyage dans cette contrée qui devait être plus productive qu’autre chose.

    Tout à sa réflexion, la bête fut interpellée par la balle. Avait-elle réellement jouée sur le fait qu’Eylohr ne lui ferait pas de mal, tout en lui posant une question qui avait l’air plus satirique qu’autre chose ? Il ne lui en fallait pas plus.

    Rangeant son calibre 44, le géant s’occupa de faire descendre de force ce qui servait de grille pour l’enseigne. De ses mains, il agrippa le bas de la grille. De tout son poids, il joua pour débloquer une partie de la grille. Le grincement caractéristique des gonds en train de céder conforta le géant qui, en une sorte de coup de grâce, mit toute sa force à l’ouvrage. Les gonds et ce qui retenait la grille en haut de la vitrine et d’un coup sec la tira jusqu’en bas. La visibilité n’était pas complètement occultée malheureusement, mais déjà les grilles permettaient d’éloigner l’attention de quiconque envers l’enseigne. On regarderait ailleurs, puisqu’elle était fermée. Mais si la grille était fermée, peut-être y avait-il une sortie derrière l’enseigne ? Et puis maintenant que la grille avait été baissée, cela signifiait que les trois protagonistes étaient enfermés tous ensemble. Pas forcément une bonne nouvelle donc.

    Une fois cette démonstration de force faite, le géant s’avança d’un pas décidé vers la belle adossée contre le comptoir. Ses pas étaient lourds et frappaient le sol comme autant de glas. Il balaya les affaires de la belle vers le côté afin de les éloigner le maximum possible de la tueuse. D’un regard, il se rendit compte de la complexité de l’arme qu’elle portait à la manche. Le système complexe semblait malheureusement fragile, mais l’intérêt qu’Eylohr portait pour se genre de technologie primait sur l’envie de repeindre l’enseigne du sang et de la cervelle de cette demoiselle.

    Prenant le petit système au creux de ses mains, il essayait d’en deviner le mécanisme. Si le temps n’avait pas été à la tension, il aurait passé toute sa journée à décortiquer l’arme. Mais il fallait surveiller cette tueuse en puissance. Finalement, Eylohr décida de se renseigner. D’un pas lent et lourd, le regard irradiant cette jeune femme docile, il présenta l’arme.

                - Où t’as eu ça ? Comment t’la eu ? J’veux tout savoir !

    Bien sûr, il n’oubliait pas que Pedro se tenait prêt à agir et, étant capitaine du navire qui lui avait permis de voyager si loin, Eylohr suivrait le vieux loup de mer quoi qu’il arrive.


Let the night come, before the fight's won,
Some might run, against the test.
But those that triumph, embraces the fight's cause,
Their fear then proove that courage exist.
Hope.


Spoiler:
 


Voix d'Eylohr (Ronan l'accusateur):
 


Dernière édition par Eylohr Lothar le Mer 7 Fév - 22:08, édité 1 fois
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Pedro de Sousa
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Mar 6 Fév - 18:12
Irys : 1683932
Profession : Pirate
Pérégrins -2
Le pirate aurait bien aimer fermer l'insolent clapet de cette femme qui ne lui était inconnue, mais vu les réactions et l'état mental de cette dernière, mieux valait tempérer ces ardeurs. En tout cas, elle n'avait pas changer sur un point, celle d'avoir la langue bien pendu et la pique facile. L'observant pencher ensuite son visage sur le côté, de Sousa répondit à sa curiosité par un mince sourire en coin, comprenant qu'Ophélia ne se rappelait plus de ces malheureux déboir.

- C'personne, oubli. Par contre, appel moi encore une fois "mouch'ron" et... Pouf! Pu d'Aemy, capiche ?


A la manière du "pouf" d'Ophélia, le forban lui rendait finalement l'appareil et les traits de son visage semble des plus sérieux. Si elle était folle, il fallait espéré qu'il lui reste une once de lucidité car piquer un pirate dans sa fierté et son orgeuil était par nature très très risqué. S'il n'avait pour l'heure percer les mystères de cette transformation mentale chez la ténébreuse, il fallait bien avouer que cela l'arrangeait et d'ailleurs, elle sembla bien vite coopérer non sans lâcher une explication ou plutôt une rumeur, faisant hausser les épaules du Capitaine de Sousa.

- T'sais moi les rumeurs, j'm'en bas les couilles ! Alors t'm'apprend qu'tu t es évadé et r'froid ton doc'? Joli tableau. On t'as enfermé pour quoi? Et c'doc t'donnait quel traitement ? T'm'excus'ra d'l'interrogatoire mais j'préfère bien savoir à qui j'cause.


Ne revenant evidemment pas sur leur passé commun, force est de constater que la donzelle avait un réel pète au casque, déjà qu'avant elle semblait un peu fêlé du ciboulot, là elle avait gravi un level supplémentaire.

- Bah franch'ment, on caus'rait d'ton secret à qui? Tu nous a bien vu ou tes yeux vairons t'font défaut ? Haha!

Laissant alors le Geant du Froid exprimer la puissance de son physique en s'attaquant à plier la grille de l'échoppe, il s'osa à mettre la main sur les précieux objets de l'assassin. Gardant l'oeil alerte face à se rapprochement invraissemblable quelques minutes plus tôt, il coutourna les deux protagonistes, l'un de ces canons toujours pointé sur la jeune femme. A pas chaloupé, il sauta alors sur le comptoir, se réceptionnaire cul contre le plan de travail, s'allongeant pour prendre une pose digne d'un touriste sur une plage de sable fin.

Pensif, il utilisa son canon pour se gratter l'orifice nasale, beur, avant de souffler sur le cylindre qui avait récupérer une petite crotte, le projectile virevoltant avant de s'écraser à terre. Glamour me direz vous? Finalement, il avisa Ophélia quelques secondes de plus avant de ranger son arme. De toute manière, ils avaient la force du nombre face à elle. Peut etre etait temps de prendre un nouveau départ avec elle surtout qu'elle etait talentueuse, il le savait mieux que quiconque.

- T'en pense quoi Eylohr? On en fait quoi? On la viol et on la laisse pour morte.


Ricana-t-il avant de reprendre son sérieux toujours sur son perchoir.

- Et si tu répondais déjà à mon ami et qu'ensuite on puisse je sais pas... trouver quelques communs intérêts ? Qui nous permettrait à moi l'Vieux Loup et lui l'Geant du Froid, de... trouver raisonnable d't'accorder encore un peu d vie sur terre avant d'bouffer les vers par les racines? Hein t'en pense quoi ma jolie ténébreuse ?



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Ophélia Narcisse
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Mar 6 Fév - 20:19
Irys : 1246981
Profession : Cible mouvante pour Régisseur
Pérégrins -1 (femme)
Les deux messieurs étaient gourmands, l'un de technologie, l'autre de plaisir, mais il était facile de concevoir que dans leurs esprits, concilier les deux aurait été parfait. Mais aussi joueuse Aemy était-elle, les jeux de la chambre lui étaient parfaitement inconnues, seule la symbolique du baiser subsistait dans son esprit. Elle ne l'affectionnait pas particulièrement, bien qu'elle l'ait mise en pratique une fois auparavant, sur son cher docteur tant évoqué. C'est qu'il avait du charme le bougre, et la jeune fille ne le détestait pas, du temps où il respirait encore. C'était bien plus un malheureux accident qu'un meurtre de sang froid. Mais la tournure des événements avait joué en sa faveur, et aussi ne s'en plaignait-elle pas. Après tout ... elle était libre. 

L'anomalie vit s'approcher le grand gaillard, qui, après avoir fermé les grilles, avait aussi assombri la pièce. Il n'y avait désormais qu'une faible lueur à motifs croisés qui brillait dans la boutique. Les pas du géant étaient lourds, et il s'approchait d'elle. Ce n'était cependant pas son corps qu'il regardait, mais plutôt son arbalète qu'elle avait découvert de son abri. Il avait un regard bien insistant, et s'était penché sur son arme, lui soulevant le poignet dans un geste qui aurait pu être si romantique ... si seulement la situation s'y était prêtée. D'autant plus que la jeune fille tendait encore ses mains en avant lorsqu'il l'avait saisie, sa propre joue déposée contre son épaule gauche dans un geste typiquement féminin. Elle aurait pu lui mordre la gorge et lui arracher son pharynx tant il était proche et imprudent. Mais l'autre moucheron avait encore son arme braquée sur elle, malgré sa position de débauché. Alors ... elle chuchota à l'oreille du nordique.

Tu sais ... mieux que leurs hurlements, les daënars font parfois des merveilles ... j'ai acheté ce bijou à un marchand travaillant pour ... elle jeta un oeil sur le nom gravé dans le bois de son arme ... Strauss.


Mais apparemment son interrogatoire n'était pas encore terminé. Le rat des mers avait aussi sa curiosité il semblerait, deux questions pour une phrase, c'était un rythme rapide. Mais Aemy avait l'habitude de se faire assommer ainsi d'interrogations, l'asile est souvent très demandeur en matière de détails. Et puis, après tout, il fallait faire en sorte que les clients aillent pour le mieux ... enfin, tant qu'ils restaient en vie et un minimum conscients. Mais l'anomalie était un cas particulier, plus que des thérapies, elle subissait des tests et pas des moindres. Saignées abusives, chambres noires permanentes, attaches à des chaises pendant une journée entière et même la planche ... pour un pirate cela aurait été un détail amusant à évoquer. Mais pour une évadée psychiatrique, c'était tout autre. Et vint la question du pourquoi du comment ... 

Pourquoi je me suis faite internée ? Oh, si seulement je le savais. elle pencha la tête, craquant son cou avec un sourire mort. Peut-être parce que je me suis réveillée, nue et amnésique dans les rues d'Hinaus. Ou peut-être était-ce simplement à cause de ça ...


Elle aplatit sa main contre le comptoir de bois derrière elle, faisant résonner le choc sourd dans la boutique. Le bout de ses ongles commença à se couvrir de marron, se fondant avec la couleur du meuble. Cela lui remontait dans la peau, rampant le long de son bras pour se loger dans son épaule. Même ses habits se couvrirent d'une couche ouvragé, copiée sur ce qu'elle touchait. Elle tendit son cou vers le géant, alors que la texture lui remontait sur le visage. Elle ouvrait ses yeux grands, pour qu'il puisse encore en distinguer le blanc dans lequel baignaient ses magnifiques iris brillants. Et au bout de quelques courtes secondes, son corps n'était devenu qu'une pâle copie humanoïde du comptoir. Mais elle était toujours consciente, elle pouvait très bien bouger d'ailleurs. Elle porta doucement sa main à la joue du géant, faisant frotter sa texture rigide contre sa peau. Et de sa gorge assombrie par le bois, elle laissa aller un léger ricanement.

C'est que votre vie vaut bien moins que celle des autres patients ... lorsque vous êtes comme moi. Quant aux détails ... vous en cracheriez vos intestins. 


Elle avait laissé sa folie l'emporter, abandonnant l'idée de cacher sa véritable nature. Après tout, n'avaient-ils pas dit que son secret était en sécurité avec eux ? Alors ... en partager plus était sans aucun doute concevable. Aemy s'était bien mise en scène, sans même le vouloir, sa seconde nature maligne était bien imprévisible, et surtout très capricieuse. Mais, maintenant qu'elle avait fait le voile sur ce qu'elle était devenue, le capitaine avait-il enfin compris la raison de son amnésie ? Ce n'était pas un choc post-traumatique. Rien de plus que la mort. La résurrection par la magilithe n'était qu'une légende urbaine, et, de son haut sans manche, ses épaules transparaissaient, ainsi qu'une brève partie de son dos sur lesquels brillaient ses cristaux. Elle retira finalement sa main du comptoir, et sa chaire revint progressivement au blanc pâle dont elle avait accoutumé ses nouveaux "amis". Elle adorait choquer les foules, les expressions sur les visages étaient toujours si belles à admirer.

C'est marrant, pirate ... tu cherches une raison pour ne pas me tuer, dois-je me sentir privilégiée ? Ou bien est-ce que c'est ton charmant ami qui te modère ? 


Elle revira son regard sur le géant, le mirant avec des yeux si malicieux, accompagnant un sourire si malsain. Comment ne pas tomber sous le charme ? C'est qu'elle pensait l'avoir bien réussi son numéro de petite terreur recherchée par le monde entier. Mais aussi analytique était-elle, elle n'était pas mentaliste, elle se doutait bien que le capitaine la convoitait, que ce soit pour son physique ou pour ses talents. N'y avait-il donc personne pour aimer sa jolie personnalité ? En revanche, ce dont elle avait également l'intuition, c'est qu'il ne plaisantait pas qu'à moitié quand il proposait de la souiller et la tuer. Si la deuxième idée était très précise, la première n'évoquait qu'un semblant de familiarité à Aemy. Elle avait vite fait de rapprocher le terme avec "souiller", et par déduction, cela n'annonçait rien de bon pour elle. 

Ce que j'en dis ... hum ... mais qu'est-ce que j'en dis ? l'anomalie se tenait le menton, faisant mine de réfléchir. C'est que j'ai quand même des choses à faire avant de mourir ... des choses qui s'apparentent à ça en somme. elle balança son visage vers le cadavre du marchand. N'est-ce pas ce que vous aussi vous faites ? Il y a tant de gens à tuer dans les rues de Rathram ... tant de moucherons à écraser ... et puis, pour inspirer la terreur, il faut avoir un nom. 


Elle était bien trop agitée, le contraste avec son sang froid d'il y a quelques minutes était flagrant. Son esprit avait abandonné toute idée de se dissimuler, elle était redevenue la jeune fille de l'asile que tout le monde craignait de voir s'approcher dans une ruelle. Rien ne parle plus à des ordures, qu'une ordure elle-même, alors, elle ne comptait en rien se cacher. 

Regardez tout autour ... c'est qu'il y en a des produits dangereux, ici ... c'est un de mes cadeaux, pour vous ! sa voix avait fait un petit crescendo qui l'avait faite virée dans les aigus. Bon, bien sûr je me réserve ma part. Et puis si vous voulez gambader avec moi ...  je suis certaine que nous pourrions piller bien plus qu'une simple boutique domestique. Et au fond, des forbands comme vous doivent bien avoir un coin tendre dans leur coeur pour les petites démones comme moi. Pas vrai ?


Et son regard revint fixer les yeux des deux convives, accompagné de son usuel sourire maniaque. Elle avait beau être dérangée, sa proposition avait été faite, et elle espérait, mais en silence, que les deux crapules l'apprécieraient à sa juste valeur. 


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Eylohr Lothar
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Mer 7 Fév - 23:39
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Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
Pérégrins -2

  • Quelle ne fut pas sa surprise lorsque du haut de toute sa taille et de toute sa masse, la frêle jeune femme s’était amusée à chuchoter à l’oreille du géant la marque de son arme et de qui elle l’avait eu. Strauss. Mais ce nom était très bien connu du géant. Ludwig étant un ami depuis quelques temps maintenant. Tandis qu’elle se remit contre son bureau, Eylohr éloigna son visage en affichant un sourire satisfait et curieux, tandis que de ses yeux couleur d’océan il plantait son regard dans celui de la belle, comme pour indiquer que, si lui était stable, il n’en demeurait pas moins imprévisible et violent.

    Il fit alors demi-tour, laissant Pedro poser ses questions et obtenir ses réponses. Au fur et à mesure des échanges, il était clair que le petit bout de femme calme et presque doux se changeait en une personne aussi folle qu’imprévisible et aussi mentalement dérangée qu’il était possible de l’imaginer. Mais tandis qu’elle s’adonnait à des explications verbales, elle ressentit le besoin de prouver ses dires, sa réputation. En quelques secondes, touchant de sa main le bois du bureau, la jeune femme devint aussi brune, aussi raiche et aussi dure que le bois qu’elle touchait. Bien qu’il fût possible de distinguer ses formes féminines et le blanc de ses yeux qui étaient occupés à fixer le géant éberlué, Eylohr commençait à douter de l’utilité de continuer de parlementer avec cette donzelle.

    Durant tout son numéro elle s’était appliquée à fixer Eylohr, et Pedro de temps en temps. Avait-elle plus peur d’Eylohr que du capitaine, ou était-ce l’inverse ? Une chose est sure, il ne se laisserait pas surprendre aussi facilement. Malgré son rire bizarre, son sourire désinvolte et malsain et ses yeux malicieux, elle n’impressionnait pas ou peu le géant, qui se demandait de plus en plus s’il n’était pas temps de mettre fin à cette mascarade.

    Pourtant quelque chose s’agitait en son fort intérieur. Comme si cette créature, aussi démesurément folle soit-elle, recherchait simplement – si l’ont pu dire cela – la compagnie d’une personne qui la comprendrait autant qu’il ne la jugerait pas. Peut-être même cherchait-elle quelqu’un à aimer ? Même si ce mot pouvait être une insulte pour certains, une veine quête pour d’autres, en son fort intérieur, Eylohr commençait à percevoir que cette femme devant elle n’était pas une mauvaise personne, mais une personne à qui il était arrivé de mauvaises choses. Ce qui pourrait, pour quiconque réussirait à entrevoir cela sous toute cette folie, être un moyen de creuser sous la carapace de brume de cette femme. Après tout, même si elle était une anomalie, elle n’en demeurait pas moins humaine, avec, apparemment, des sentiments.

    Lentement, le visage d’Eylohr, illuminé par moment par certains sourires inhabituels et déstabilisants se ferma. Sa mine devint grave, ses yeux reprirent leur ronde sombre et ténébreuses. Tandis qu’il prit une chaise qui se trouvait là, qu’il la plaça devant la demoiselle, restant tout de même à deux bons mètres de distance, et qu’il s’asseyait dessus, il continuait à regarder la donzelle sans vouloir jamais la lâcher. Ecartant ses grandes jambes, la chaise grinçant sous son poids et ses pistolets qui se balançaient tandis qu’il se penchait en avant pour appuyer ses avants bras sur ses cuisses, il scrutait inlassablement le regard de l’anomalie révélée. Courbé sur lui-même, ses longues tresses sombres passant devant lui et tombant entre ses bras, il regardait la douce folie dans les yeux vairons de l’interlocutrice qui n’en finissait plus de parler, de sourire et de se mouvoir, dans des postures et des mimiques féminines qui, à n’en pas douter, feraient fondre l’esprit de bien des hommes naïfs et faciles à corrompre.

    Lorsque le vieux loup de mer proposa plus ou moins en rigolo le choix de la sentence, la violée et la laissée pour morte, un léger sourire en coin se dessina sur les lèvres du géant, sans que son regard n’en soit affecté. Laissant échapper un grondement sourd venant du plus profond de sa gorge, le géant était enclin à une grande réflexion intérieure. Oh il n’était pas étranger aux plaisirs de la chaire, consentis ou forcés. Il avait lui aussi son lot de prostituée en Aildor, et il avait également agit comme la pire des brutes pour soutirer ce qu’il voulait de certaines femmes. Il n’avait pas perdu cet appétit, et la donzelle lui plaisait, tant par son physique que par son côté dérangé. Finalement, il opta pour une réponse :

               - J’me suis jamais tapé de nana capable de se transformée en meuble cap’taine. Ce s’rait amusant hein ?

    Mais tandis qu’il semblait répondre, son regard s’illumina soudainement. Comme un éclair jaillissant du ciel, ces yeux océans furent secoués d’une lueur froide et maligne. Les muscles de ses mâchoires se crispèrent, faisant gonfler ces derniers à chaque fois qu’il serrait les dents. Ses yeux se plissèrent légèrement, comme le fit son front et ses sourcils. Comme pour occuper son esprit, Eylohr releva ses deux avant-bras, ses coudes toujours en appui sur ses cuisses tandis qu’il restait assis sur cette frêle chaise, vouté sur lui-même. Il joignit ses mains devant sa bouche, occultant la moitié de son visage, ne laissant dépasser que son nez et ses yeux inquisiteurs. Si sa réflexion était intense, le message extérieur qui s’en dégageait était des plus sinistre. Puis il passa sa main droite dans sa barbe tandis que celle qu’il fixait continuait à parler, évoquant les choses qu’elle devait faire avant de mourir dans une posture aussi attirante que curieuse.

    La belle interpella les deux forbans en leurs parlant de ce qu’il y avait autour d’eux. Un cadeau ? Pourquoi diables iraient-ils s’emmerder avec autant de fioritures ? Ce n’était pas ce qu’ils voulaient. Eylohr voulait des armes, il voulait des technologies, il voulait des plans ! Et il les aurait ! Mais une autre phrase stoppa le géant dans sa réflexion : « Un petit coin tendre dans leur cœur pour les petites démones comme moi. Pas vrai ? ».

    Cette phrase aux allures juvéniles et candides révélait une bien triste vérité. Ces deux brutes habituées aux massacres, aux pillages, aux viols et à la torture tombaient souvent amoureux – si l’on pouvait dire – de l’interdit. Amoureux de la mort, amoureux du pillage, amoureux du mode de vie pirate et hors la loi. Amoureux aussi, des demoiselles dangereuses et instables. Après tout, il n’était pas rare dans les rues malfamées d’Aildor et d’autres viles de bandits de croiser des couples tristement célèbres pour leurs actes passés, présents et sans doute futurs. La belle avait vue juste. En tout cas, pour ce qui était du géant du froid. Même s’il s’était juré par le passé de ne plus laisser la moindre femme entrer dans sa vie, l’idée de s’associer à cette folle lui plaisait assez. Peut-être pourraient-ils devenir de véritables terreurs, riches de par leurs conquêtes, craints de par leurs noms.

    Eylohr ne laissait s’échapper aucun mot ni aucun son de sa bouche. Il se contentait de gratter sa barbe ou son crâne de temps à autre et à se redresser parfois sur sa chaise. Finalement, il délaissa Aemy pour tourner son regard vers Pedro le pirate.

               - Qu’est-ce qu’on fou avec elle boss ?


Let the night come, before the fight's won,
Some might run, against the test.
But those that triumph, embraces the fight's cause,
Their fear then proove that courage exist.
Hope.


Spoiler:
 


Voix d'Eylohr (Ronan l'accusateur):
 
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Pedro de Sousa
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Lun 12 Fév - 10:19
Irys : 1683932
Profession : Pirate
Pérégrins -2
Du haut de son perchoir, le pirate observait attentivement Ophélia, prenant un étrange plaisir à la voir en pleine improvisation. Si l'anomalie ne donnait pourtant que de maigres explications, ces gestes avaient le mérite d'éveiller l'intérêt et la curiosité du Géant du Froid et du Vieux Loup. Prenant soin de ne pas montrer tout sa surprise lorsqu'elle entra en contact avec le bois du comptoir pour ensuite s'assimiler à ce dernier, elle semblait dotée d'étranges facultés à transformer son corps, son apparence à ce qu'elle touchait du bout des doigts.

Plissant légèrement les yeux, de Sousa se frotta la barbe, songeur, notant au passage que la ténébreuse jeune femme semblait plus que de raison s'intéresser à la montagne de muscle, phénomène apparemment réciproque. Les raisons de cette aptitude de "changeforme" restaient obscure, Ophélia ou plutôt Aemy laissant planer la possibilité certaine que cela aillait leur retourner les boyaux. Hoquetant d'un rire amusé plein de défi, il lui répliqua.

- Cracher nos intestins dis-tu? C'reste à voir ahah!

La changeforme n'avait pas froid aux yeux face à ce deux loubards et son insolence lui donnait crédit même si la folie aavait prit le pas sur la raison. Et puis, il y avait ces incessants mouvements de tête narquois, provocateurs qui bien qu'inquiétant de prime abord, lui donnait une dégaine qui plaisait. Si la première réflexion de son acolyte avant de quoi amusé le forban tout portait à croire qu'au file de cet entretien à huit clos, les intentions des deux mâles semblaient tout autre.

Sautant du haut du plan de travail, Ophélia incarnait à présent un objet de convoitise totalement inédit et ce malgré une proposition de cette dernière qui n'intéressait en rien ces deux truands. Tapotant du bout des doigts son menton, il resta un instant perplexe, même si intérieurement sa décision était déjà prise.

- Qu'est c'qu'on en fout... Hmmm... vaste question... J'srais toi l'ami j'éviterais quand même d'la trousser à proximité d'un meuble... j'dis ça pour ta virilité, pas sûre qu'ça lui convienne d'se retrouvé prise dans un étau de bois, une écharde ça doit faire ben mal à c'tendroit là MWHAAHHAHA!!

Reprenant de son sérieux, il glissa derrière l'étrange spécimen, de toute évidence une anomalie à la chute de rein aussi dangereuse que ravageuse. Comment un spectateur devant une oeuvre d'art, il laissa une main flirter sur le dos de cette dernière avant de reprendre la parole.

- Bon... d'jà, tu nous à pas prouvé grand chose... s'attaquer à un vieillard, c'pas une prouesse en soit. S'condo les produits qu'y a ici, franchement, tu peux t'les carrer au cul! Par contre... piller en compagnie d'une p'tite démone qui cherche à s'acoquiner avec deux coeurs tendre... ça peut s'faire, mais garre aux conséquences! C'qu'on pourrait ne pu vouloir t'lâcher ma belle, héhé! hein Eylohr?

Il la contourna finalement pour se porter tout à coté du colosse, le gratifiant d'une tape sur l'épaule, examinant alors Ophélia comme s'il s’agissait d'une marchandise qu'on inspectait sous toute les coutures.

- L'Géant, t'avais pas quelqu'courses à faire? Ca s'rait pas l'occasion idéale d'voir d'quoi elle s'rait capable la donzelle? Pis t'a l'air d'lui plaire et après tout, on peut pas t'reprocher ton pouvoir d'attractivité, Héhé! J'pense qu'on peut accepter sa proposition, mais garre, pas d'entourloupe ou alors... tu pass'ra à la casserole!

Et ça, même si elle ne s'en souvenait plus, lui savait parfaitement ce qu'il ferait d'elle si d'aventure elle les dupait et j'vous prit d'croire que face à deux gaillards comme eux, Aemy n'en ressortirait que... totalement désarticulé! héhéhé!

- Reste à régler sans doute quelques derniers termes à l'accord. Sache qu'on est qu'de passage ici. J'vais laisser l'géant du froid décider d'ton épreuve et après ça si tu nous offre satisfaction, y s'pourrait bien qu'est une place sur mon rafio si l'coeur, enfin c'qui en reste, t'en dis ma belle!



C'est qui l ' Patron, c'est qui !?? AHAH !!

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Ophélia Narcisse
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Lun 12 Fév - 13:22
Irys : 1246981
Profession : Cible mouvante pour Régisseur
Pérégrins -1 (femme)
Si les deux lurons manquaient de courtoisie, ils n'en manquaient pas moins de bon sens. Malgré les quelques indices qui indiquaient que tout mènerait à une issue déplaisante pour la précieuse virginité d'Aemy que lâchaientt les bougres, qui, par ailleurs, la laissaient un peu confuse, mais lui arrachaient tout de même quelques petits sourires. C'est qu'ils étaient marrants, ceux-là, pensait-elle. Ils n'étaient clairement pas comme elle, mais ils avaient l'air de savoir ce que c'était de s'amuser. N'était-ce pas tout ce qui comptait pour l'anomalie ? Elle allait profiter de ce petit voyage au loin de sa maîtresse pour s'accoutumer à nouveau aux petits crimes, autant qu'aux meurtres. Il avait raison le loup de mer, c'était jamais qu'un papy qui gisait derrière le comptoir, mais était-ce vraiment de sa faute à elle que le tenancier était un vieillard ? S'il avait été jeune et musculeux, l'issue aurait été similaire, même si elle aurait du sauter derrière le comptoir pour l'achever avec quelques coups de lames dans la gorge. Cela aurait été bien salissant, mais tant plus spectaculaire.

Elle sentait le pirate jouer dans son dos, passant le doigt sur sa peau redevenue chair. C'était étrange qu'ils croient que la folle qu'elle était s'intéressait à un rustre comme le géant. Ils étaient bien confiants, bien trop même, un être comme Aemy n'était pas le genre à ressentir de l'empathie, encore moins pour ceux qu'elle considèrait comme des moucherons. Et, on évoquait quand même une grande part de la population, soit, tout le monde excepté dame Kelmina. Mais si ces deux là pouvaient faire s'amuser la damoiselle, leurs statuts d'insectes s'élèveraient sans doute aux yeux de la charmante petite démone, qui jouait tant de son rôle de cruelle meurtrière dénuée d'humanité. Mais au final, ça avait marché et c'était tout ce qui comptait. 


Vous n'avez pas vu que je comptais rester sage depuis que vous avez pointé vos joujoux sur moi ? Vous avez quand même bien triché, vous savez ... encore si vous m'aviez menacé avec des lames, ça aurait pu être égalitaire, mais là ... quoi qu'il en soit vous avez gagné une amie ... temporaire.


Elle esquissa pour la dernière fois son sourire mesquin, joueur et tout aussi évoquant que le premier coup de feu qui marque le début des hostilités. Son expression redevint calme, stoïque et innocente, tout paraissait blanc sur son visage, autant que dans ses yeux. Ses lèvres s'affinèrent, retrouvant le plat qu'elles arboraient en premier lieu à l'instant de leur premier contact visuel. Son teint n'était désormais que celui du lait, et le ton s'y apprêtait. Elle reprit calmement ses armes, histoire de ne pas énerver ou exciter les deux balourds, et les réinstalla doucement dans leurs étuis et leurs cachettes. C'est que, si elle voulait faire le travail correctement, il lui fallait bien ses outils. Ils comprendraient sans doute, aussi ne leur demandait-elle pas leur avis, après tout, elle comptait tout de même faire les choses à sa manière. Les gaillards avaient l'habitude de faire du bruit, elle, elle était aussi discrète que la pluie en automne.  
Le glissement de sa lame dans son fourreau, le carreau qui cliquetait dans son encoche et le bruit des rouages qui se faufilaient à nouveau dans sa manche. C'était comme récupérer deux bras amputés, comme si un serpent retrouvait ses crocs et le venin qui allait avec. Oh elle n'avait aucune envie de faire des entourloupes, elle n'avait que des désirs simples, bien simplistes même. Tuer est la seule joie qui ne s'estompe jamais dans le coeur de la jeune fille. Mieux que l'extase, mieux que la drogue, le sang est ce qui fait psalmodier l'être de l'anomalie. 

Aussi, redirigea-t-elle son regard neutre dans les yeux bleus du géant. C'était à lui de décider, si elle avait bien compris. Elle le fixait de son regard inexpressif, vidé d'émotions. Dans la prunelle de ses yeux se reflétaient la confidence de pouvoir surmonter n'importe quelle épreuve tant que du sang était inclut dans le plan. L'anomalie a vu le jour pour amener le crépuscule des autres, tout ce qu'elle demandait, avec une subtile oeillade, c'était un nom, un lieu et une méthode. D'une voix sucrée et d'un ton mielleux, elle posa la question fatidique au géant du froid, répétant le vieux Loup de Mer.


Alors ? Qui doit mourir ?


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Ophélia s'exprime en #cc0066
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Eylohr Lothar
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Mar 13 Fév - 17:12
Irys : 880187
Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
Pérégrins -2

  • C’était au tour du capitaine de jouer de « va-tout ». Tandis qu’il passait derrière l’anomalie qui jouait encore de ses yeux vairons et de son sourire malicieux alors qu’Eylohr était resté assis face à elle, ses avants bras en appuis sur ses cuisses, son regard plongé dans celui de la demoiselle. Visiblement, le capitaine avait de la suite dans les idées, et des idées pour la suite également. Lorsqu’il évoqua le possible avenir de la virilité du géant s’il venait à trousser l’anomalie transformée en meuble, Eylohr ne put contenir un léger sourire accompagné d’un haussement de tête. Cette blague parlait au géant, comme elle parlerait à tous les hommes lorsqu’on leur demande d’imaginer ce qui pourrait arriver à leur virilité dans de tels moments. Il eut la même réaction lorsque le vieux loup de mer évoqua un possible attachement des deux forbans envers l’anomalie révélée. Il serait fort peu intelligent de se lier d’amitié avec une anomalie, ce serait alors signer son arrêt de mort que de développer un quelconque sentiment de possessivité, de désir ou d’amour. Un coup de dague serait plus vite arrivé que la possibilité d’entrevoir l’avenir.

    Décidemment, le capitaine devait croire qu’un semblant de lien commençait à se nouer entre Aemy et Eylohr. Il faut dire que l’entêtement du géant à chercher une once d’âme humaine sous cet amoncèlement de folie devait prêter à confusion. Oh, il y avait déjà longtemps que le géant s’était juré de ne voir en les femmes qu’un symbole de plaisir occasionnel et, de temps en temps, des coéquipières de labeur, mais rien de plus. La première qui avait réussie à faire céder sa carapace lui avait causé bien des souffrances… Il avait bien failli faire de même plusieurs mois auparavant avec une femme du même acabit. Plus jamais il ne serait faillible. Il valait mieux tuer la première femme qu’il verrait, plutôt que d’apprendre à la connaître. Enfin, d’après son avis.

    Effectivement, Eylohr avait maintenant des courses à faire, des emplettes intéressantes qu’il attendait depuis très longtemps. Il voulait trouver des plans, des technologies, des outils ou tout ce qui lui permettrait d’apprendre à créer et fabriquer des armes de qualité supérieures et des prothèses magithèques. Il sentait le filon. S’il réussissait et qu’il retournait à Aildor, il pourrait prétendre à être un des rois du continent. Le marché noir s’approvisionne difficilement en arme et prothèses magithèques. C’est très difficile pour quiconque n’est pas dans les petits papiers des régions Daënars concernées ou de leurs gouverneurs. Ouvrir l’accès à de telles ressources serait une source de revenus astronomiques ! Quelque fois, le géant se voyait déjà à la tête d’une immense forge et d’une immense armurerie, à travailler les plus précieux métaux pour en faire exactement ce que son esprit avait dessiné. Peut-être qu’il créerait une nouvelle sorte de prothèse ? Ou un nouveau pouvoir pour une prothèse magithèque ?

    ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

    Il était tard. Sans doute l’heure s’approchait déjà de minuit tant la lune était haute dans le ciel. Assis sur le rebord de la falaise qui domine Aildor, le géant, emmitouflé sous une couverture et un pagne de fourrure, regarde de ses yeux couleur océan le vaste étendu d’eau qui entoure le continent de Marnaka. Il y avait vécu toute sa vie. Il était né, avait été élevé, et avait développé sa vie et ses affaires ici. Il y avait perdu sa mère, son père, des amis, et la femme qui avait sut briser sa large carapace de violence et de cruauté. Ce jour-là, il s’en souviendrait toute sa vie. Le jour où il avait préféré mourir que de devoir subir cette perte atroce. Pourtant elle était tout ce qu’il détestait. Originaire de My-Trä, amoureuse des livres, dévouée à un architecte qui n’en avait rien à faire d’elle, c’était certain, et qui passait son temps à justifier ses épreuves, sa vie, ses malheurs, comme la volonté divine de celui qu’elle vénérait jusque dans les tréfonds de son lit.

    Mais elle était belle. Elle était gracieuse. Et elle était douce. Le fanatisme est doux pour ceux en qui il se développe, comme se développerait l’enfant à naître dans le ventre d’une mère heureuse de sentir la vie l’envahir. Mais chez elle, ce fanatisme s’était mué en une volonté inépuisable de découvertes de la vie sous toutes ses formes. Et elle ne détestait pas la vie. Elle plaignait les souffrants, soignait les blessés, écoutait les affaiblis. Rassurait les enfants. De ses mains aussi douces que la soie, elle essuyait les larmes sur les joues des enfants apeurés par la nuit. De ses yeux couleur émeraude, elle apaisait les peurs de ceux qui avaient connus tant de misères. De sa voix enchanteresse, elle faisait disparaître les maux des vieillards, des blessés et des faibles. Et ses mots, sa voix, son regard avaient percés à jour le géant. Face à elle, alors qu’il s’apprêtait à exprimer sa colère et sa hargne envers les gens de son groupe, lorsqu’il l’a vu, il s’arrêta. Et il se perdit dans ses yeux verts, et il laissa son cœur ouvert pour la première fois.

    Mais elle ne devait pas survivre. L’expédition qui avait amenée ici la jeune magicienne devait être la signature de son arrêt de mort. Les uns après les autres, les mages du groupe mourraient de froid et de faim. S’enfonçant encore plus dans ce rideau brumeux et enneigé, le groupe s’amenuisait à mesure du temps. Jusqu’à l’attaque d’un Möst Möch qui décima le groupe, blessa la belle magicienne et força Eylohr à l’emmener loin. Mais il était trop tard.

    Du haut de sa falaise, le géant se rappelait alors la main de la magicienne se poser doucement sur la joue endolorie du colosse. Il se rappelait ses yeux écarquillés, apeurés par la mort. Les larmes scintillantes comme les étoiles, perlant sur ses joues avant de tomber jusque dans la neige où elles gelaient presque instantanément. Et la vie qui la quitte. Peu à peu le visage du géant devint lugubre. Ses mains crispées, son corps raidit par la colère qui l’anime, sa respiration grandissante, une sombre fureur animait son corps, transcendait son cœur. Puis, comme une promesse faite au monde, il cracha toute sa rancœur, sa haine, sa colère en de puissants hurlements. Et plus il hurlait, plus son visage se déformait, et plus sa colère se renforçait. Dorénavant, la violence, la mort, la colère seraient ses seuls crédos.

    ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

    Il se rapprochait de son but. Aussi, Eylohr avait délaissé depuis quelques minutes les deux autres protagonistes en s’enfonçant dans ses réflexions et ses souvenirs. Il n’avait pas prêté attention à la menace cachée de l’anomalie lorsqu’elle avait dit qu’ils avaient gagné une amie « temporaire ». Il n’avait pas vu non plus l’anomalie changer de personnalité et devenir aussi froide que les neiges natales du géant.

    " Alors ? Qui doit mourir ? "


    Mourir. Une idée que les deux forbans connaissaient bien, et, apparemment, l’anomie n’y était pas étrangère. Qui devait mourir pour que ces deux âmes sans cœur puissent avoir pitié d’une âme tortueuse et torturée ? Eylohr n’avait aucun nom. Aucune idée. Il ne connaissait personne en cette ville, mais il avait pourtant l’idée d’une mission qui, peut-être, en appellerait une autre.

    Remettant alors sa longue tresse dans son dos, passant à plusieurs reprises sa main dans sa barbe, les yeux plissés, la tête et le visage tournés vers le sol de cette échoppe, il terminait sa réflexion. L’idée lui vint, comme un éclair. Doucement, il releva sa tête et son visage qui arborait un large sourire inquiétant. Ses yeux s’écarquillaient à mesure que l’idée se précisait et qu’il faisait face à cette femme qui, de toute évidence, méritait plus de mourir que d’être accueillie. La mâchoire du géant battait à mesure qu’il serrait les dents. Ses yeux irradiaient du regard le corps pâle de cette chose devenue marionnette l’espace d’un instant. Si les yeux sont les fenêtres de l’âme, ce qu’ils laissaient indiquer sur celle du géant était terrifiant, vraiment, terrifiant.

    Lentement il se releva, s’avança vers la belle aux yeux vairons qui était devenue aussi calme et froide que la neige après une avalanche. De toute sa hauteur, il toisa la demoiselle dont le regard laissait transparaître une confiance à toute épreuve. Avait-elle peur du géant ? Avait-elle remarqué combien son attitude et son regard avaient changés ? Avait-elle seulement décelé à quel point il était dangereux ? le géant releva la demoiselle en plaçant sa main droite contre la joue et la mâchoire de la demoiselle. Et lorsqu’elle fut de nouveau sur ses pieds, et non plus sur ses fesses, le géant courba ses épaules et sa tête afin de se rapprocher d’elle.

               
    -Trouve moi quelqu’un capable de créer et fabriquer des armes et prothèses magithèques. Trouve le, ramène-le. Je veux tout savoir.


    Puis, toujours lentement et avec cette aura sombre et pesante, le géant se tourna vers le capitaine comme pour lui signifier que sa volonté était faite, avant de prendre le chemin de la sortie, de relever la grille de toute ses forces jusqu’à ses épaules afin que tout le monde puisse sortir et les suivre une fois fait.


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Pedro de Sousa
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Mer 14 Fév - 14:30
Irys : 1683932
Profession : Pirate
Pérégrins -2
Hého! matelot! Tu rêvasse ou quoi? Tu t'imagine "tringler" la donzelle?! Ahah! Hum... bref, après une courte absence du géant du Froid, le voilà qui revenait à la réalité et c'était pas pour déplaire au Vieux Loup, non pas que la compagnie de l'anomalie le gênait hein, qu'on soit bien clair, mais le colosse avait à présent la main. Si le duo venait de se faire une alliée de choix, bon attention, se faire dans le sens de "gagner" une alliée hein bande de coquin prêt à pointer du doigt le Award Pervers! Héhé! Bon après, c'est vrai qu'Aemy n'avait pas pour autant gagné leur confiance, une amie temporaire? Bien étrange que de déclarer cela car tout portait à croire par les mots de cette dernière que cette amitié aurait un début ET une fin et qui dit fin dit...

En tout cas, il était temps de pas moisir des lustres dans cette boutique avec un cadavre sur les bras. Il était temps que la donzelle prouve son utilité pour les deux gredins et donc bien naturellement, Pedro emboîta le pas du forgeron non sans garder un oeil sur ces arrières et glisser une subtile remarque à l'attention d'Ophélia.

- J'te garde à l'oeil hein, c'est j'aime pas trop l'terme de temporaire... ça à certaines conséquences hein ma belle. T'as entendu l'Géant du Froid, trouve ce qu'il demande et pas d'entourloupe, sinon adieu ma belle cabine... NIARKNIARKNIAK!!

Ah ce bon vieux Pedro, toujours taquin en toute circonstance, en toute situation. Pour les prochaines heures, il allait se placer dans un rôle bien plus secondaire, mais évidemment, il aurait un regard avisé et jugerait en temps et en heure du crédit à porter à l'anomalie. Le trio se retrouvait donc dans les ruelles en quête d'une nouvelle destination. Eylohr et Pedro allaient-ils se payer une mousse en attendant que la jeune femme rapporte ce qu'on lui avait réclamé? Allaient-ils trouver une planque?

- Hey mon brave Géant, on fait quoi? On l'attend au rafio? Nan, parc'qu'il va falloir la jouer discret après tout hein si elle nous ramener un type qui forcément aura pas accepter l'invitation d'son plein gré! AHAHAH!

A moins que son complice n'ai une autre idée en tête, le mieux serait de rejoindre le navire et patienter jusqu'au retour de l'Anomalie. En tout cas, le Capitaine Pirate reprenait une allure chaloupée dans les ruelles, comme précédemment, sûre de lui,
même si il devait plus que jamais se méfier d'Ophélia.



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Ophélia Narcisse
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Mer 14 Fév - 15:42
Irys : 1246981
Profession : Cible mouvante pour Régisseur
Pérégrins -1 (femme)
Des ... armes. Des ... prothèses ... Il était sérieux ? Ce n'était que cela ? Ce devait être une plaisanterie, mais pour qui il la prenait ? Elle pensait avoir droit de faire couler du sang, elle pensait que sa lame chanterait encore pour elle, elle pensait que les choeurs des larmoyantes complaintes accompagneraient sa mélodie. Mais non ! Ce n'était qu'une tâche de fille de course, rien d'autre qu'une simple besogne, juste une corvée inutile, qui ne prouvait rien. Ils la prenaient pour une truffe, sans doute, oui, ce devait être ça, après tout, elle n'était qu'une "jolie jeune fille" qu'ils pourraient s'amuser à trousser à leur guise lorsque son devoir sera fait. Et eux, fous qu'ils étaient, ils avaient cru bon d'envoyer la jeune fille, sans surveillance aucune à sa tâche ? Mais quel duo de demeurés, c'en était presque affligeant. Ce n'étaient vraiment que la poudre de leurs armes qui les sauvait, sans ces bijoux, qu'est-ce qu'ils étaient ? Rien, des moucherons pitoyables, des bons à rien, des traînes-misère qui ne valaient que son mépris. Leur cracher dessus sera bien plus facile lorsqu'ils seront à terre devant ses pieds, qu'ils voient un peu la vraie Aemy qu'ils avaient pris pour une simple fillette. 


Ils étaient descendus dans la rue, laissant un corps de vieillard derrière eux, avant d'avoir abandonné l'anomalie, seule, sans surveillance ... elle, elle bouillonnait à l'intérieur. Ces deux raclures l'avaient juste mené ici, puis s'en allaient se taper des putains dans les bas quartiers de Cerka. Elle se sentait humiliée, méprisée, prise de haut et ça, elle n'aurait su le supporter. Serrant ses ongles dans ses propres paumes, elle se les enfonçait dans la chair jusqu'à ce qu'en coule son sang écarlate. Ses dents se serrèrent, ses lèvres s'écartèrent et sa langue se rembarrait sur son palais. Ses sourcils décrivaient une pente aigu qui n'était que plus accentuée encore par les plis de son front. Les pupilles qu'elle arborait ne pouvait pas contenir sa rage, même si elle avait fait de nombreux efforts pour maîtriser son faciès, elle ne put retenir ses émotions. Dans le fond de ses iris, ce n'était pas même de la folie, juste une fureur pleinement consciente, qui elle-même menait à une frénétique rancoeur ... qui finirait dans le sang. Seule dans sa ruelle, elle regardait les deux balourds s'éloigner, et, entre ses dents, elle sifflait.

Alors vous voulez jouer, putois ...? On va jouer.


Elle allait le trouver ce marchand de prothèses ... ça oui ... elle allait le trouver, et le ramener. Elle détourna son regard des deux cafards et sortit de sa ruelle. Dès la première allée, elle avait trouvé une boutique du genre. C'était pas compliqué ! Tout était marqué sur la pancarte, cet abruti de géant ne savait-il donc pas lire ? Tout ce qu'il avait à faire c'était venir avec elle, et il aurait pu acheter tranquillement sa prothèse et même demander quelques renseignements après achat. Mais elle était seule, personne ne la surveillait. Elle se redirigea donc dans l'échoppe qui était sur la pointe de la fermeture. Calmant son expression, l'anomalie joua la cliente, ce n'était pas vraiment compliqué, saluer, regarder les articles et faire mine de s'y intéresser. C'est qu'il y en avait des bijoux là-dedans. De jolies prothèses, parfaites pour un géant de deux mètres quinze. Quel dommage qu'il ne soit pas là pour voir toutes ces choses. La jeune femme vint se poster devant une des étales, il y avait un client ici, rien qu'un seul. La vendeuse était également là, derrière le comptoir, lui adressant un sourire poli. Aemy se baladait de vitrine en vitrine, jusqu'à ce que ses épaules côtoient presque celles de l'acheteur potentiel. 


Excusez-moi ! Elle s'adressait à la marchande J'aurais besoin d'un avis expert.


Elle lui rendit son expression radieuse, avec une touche d'embarras pour accentuer son aspect d'innocence. La tenancière décroisa les bras et poussa la porte qui la séparait du reste du magasin. S'approchant avec un professionnalisme certain, elle se posta au côté de la "cliente" pour mieux regarder l'article faussement évoqué par celle-ci. A droite, le visiteur, qui semblait un régulier, notamment au vu de sa main artificielle, se grattait le menton de ses doigts mécaniques en lorgnant les derniers modèles. Il était plongé en admiration devant les superbes effigies métalliques de membres humains, un fantasme étrange que la jeune fille ne comprenait pas. En revanche, ce qu'elle comprenait, c'était que tous les deux étaient désormais à portée de ses crocs. 


Aemy planta d'abord sa lame dans la nuque de la boutiquière. Redressant sa manche, elle laissa ses rouages couler le long de son bras et le carreau de son arbalète pointa vers le client. Il eut un sursaut lorsque les gargouillis de la première victime se firent entendre, se retournant promptement vers la jeune dame. Il ne vit, mais qu'un court instant, que l'acier qui vint se ficher dans son pauvre visage d'innocent qui s'était retrouvé au mauvais moment, au mauvais endroit. Essuyant sa miséricorde sur les vêtements de ses victimes, elle reprit son carreau et l'encocha à nouveau. La meurtrière traîna les cadavres de l'autre côté du comptoir et retourna le panonceau qui annonçait désormais "fermé". Elle s'infiltra dans les appartements de la propriétaire, cherchant un sac pour porter le présent du géant, en profitant de l'eau courante pour nettoyer le sang de ses vêtements et de son faciès. Elle trouva un sac de cuir dans une des arrières salles de la boutique, un genre de besace que la défunte vendeuse devait utiliser pour porter de la marchandise sans avoir à se coincer les mains entre les mécanismes. L'anomalie y fourra les présents de son cher ami du nord, et sortit de la boutique, sac sur le dos. Tout ce qu'elle devait faire désormais, c'était retrouver les deux raclures.

Elle arpentait les ruelles, son fardeau sur le dos, cherchant partout pour les deux grands abrutis aux apparats d'étrangers. Un géant et un pirate, ce n'était pas compliqué à repérer. Leur présent était prêt ... il ne restait plus qu'à leur délivrer.


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Eylohr Lothar
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Mer 14 Fév - 22:19
Irys : 880187
Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
Pérégrins -2

  • Les deux forbans avaient laissé l’anomalie s’enquérir de sa tâche sans surveillance aucune. Cette décision aurait été bien malhabile compte tenu de l’instabilité de cette dernière, mais quelque chose avait éveillé la curiosité du géant de froid. Si cette folle était instable et mesquine, elle avait l’air en quête de violence et de sang, du moins c’était l’impression qu’il en avait. Aussi, le géant avait parié sur cette volonté diabolique pour qu’elle revienne ensuite une fois sa besogne terminée. S’il avait raison, il faudrait que les deux forbans tiennent à leur tour parole et apportent à leur tour quelque chose à l’anomalie.

    - Cap’taine, j’pense qu’on peut attendre au rafiot mais elle sait pas comment il est, donc, j’pense qu’il s’rait utile dans quelques heures de donner de puissants coups de cornes de brume, histoire qu’elle r’connaissent l’endroit ? Proposait-il au pirate afin de se mettre d’accord sur la procédure à suivre.

    Les deux loubars reprirent leur route en direction du port, le grand capitaine avançant de sa démarche si particulière faisant s’entrechoquer ses pistolets sur son plastron, et faisant bringuebaler son sabre d’abordage de droite à gauche dans des mouvements parfois grotesques, tandis qu’Eylohr avançait de sa démarche nonchalante et assurée, chaque enjambée dévalant le pavé comme un fauve croquant dans sa proie en de larges et profondes bouchées. Dépassant tous les deux la foule de plusieurs têtes chacun, les deux forbans ne passaient pas inaperçus. Ils éveillèrent la crainte auprès de certaines personnes, mais la plupart des passants voyaient en eux des personnes exotiques, tant par les habits que par leurs tailles et leurs gabarits. Les patrouilles qu’ils rencontraient restaient stoïques devant ce spectacle burlesque, tentant de toiser les deux forbans tout en gardant une distance raisonnable. Même s’ils étaient mieux armés, à 6 contre ses deux loubars, il était largement possible qu’ils se retrouvent en fâcheuse posture et les renforts n’arriveraient pas de sitôt.

    Après plusieurs minutes de marche sous un soleil de plomb et bercés par les embruns rafraichissants venant de la mer toute proche, ils arrivèrent de nouveau sur les quais et prirent la direction du navire de Pedro. Une partie des membres d’équipage était toujours à terre tandis que d’autres jouaient aux cartes, dormaient dans les dortoirs ou pêchaient à la ligne. L’ambiance était à la détente et au calme. C’était presque apaisant et grisant. Les bruits de la mer et des vagues qui s’échouent sur la plage et les rochers, des mouettes et autres oiseaux marins qui entonnaient leurs chants sans discontinuer, les cris des vendeurs sur les quais, et les embruns rafraichissants et revigorants. Le spectacle était presque paradisiaque si on oubliait de quoi étaient faits ces corsaires et les deux gaillards.

    Le capitaine reçu un accueil chaleureux comme à son accoutumé, suivit de près par le géant qui s’était aussi adapté à l’équipage du navire dont beaucoup de corsaires se connaissaient depuis longtemps. Durant l’attente, Eylohr s’employa à profiter d’une bonne bouteille d’alcool fort qu’il videra en temps voulut tandis qu’il jouait avec les membres d’équipage et le capitaine à différents jeux de hasards, argent sur la table. Les rires gras et les tapes viriles sur les épaules allaient bon train et l’ambiance était des plus détendue. Mais Eylohr regardait toujours du coin de l’œil les quais à la recherche de la peau pâle de l’anomalie, ainsi que sur sa montre afin de pouvoir, de temps en temps, demander à ce qu’on actionne la corne de brume.

    Les minutes s’écoulèrent comme le sable dans un sablier et tandis que le soleil se rapprochait du centre de la terre afin de disparaître, le géant commençait à se demander s’il n’était pas temps de se manifester.

    -On l’appelle cap’taine ? Demanda le géant d’une voix grave et graveleuse.

    Le géant espérait que l’anomalie soit suffisamment dégourdie pour entre cet appelle peu discret tandis que plus aucun navire n’allait accoster ou quitter le port, et donc, qu’aucune autre corne de brume n’allait être actionnée.


Let the night come, before the fight's won,
Some might run, against the test.
But those that triumph, embraces the fight's cause,
Their fear then proove that courage exist.
Hope.


Spoiler:
 


Voix d'Eylohr (Ronan l'accusateur):
 
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Pedro de Sousa
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Ven 16 Fév - 12:11
Irys : 1683932
Profession : Pirate
Pérégrins -2
A la proposition du Géant du Froid, le Vieux Loup préféra garder le silence, reportant sa réponse à plus tard. Il était temps de regagner le navire et trouver de quoi tuer le temps et ça c'était pas bien compliqué avec à bord un équipage qui transpirait la joie de vivre. Des heures durant, dans une ambiance de bon vivant, Eylohr et Pedro passait de l'alcool au jeu d'argent sans la moindre modération. On aurait pu croire qu'une fête était organisé à l'improviste sur le vaisseau à quai. Le temps passait à une vitesse impressionnante jusqu'à ce que l'acolyte du Capitaine de Sousa, voyant le soleil décliner à l'horizon pour laissé place à la pénombre, l'interpelle.

Corne en main, le Vieux Loup avisa le colosse, prêt à faire usage de ses cordes vocales, enfin de son puissant souffle pour être plus précis, mais le pirate l'en dissuada finalement d'une main posée avec tact sur l'objet qui permettrait à leur troisième complice de les retrouver.

- Hey l'ami, soit pas si hâtif hein! T'sait quoi, la mignonne est grande nan? Elle va pas s'débrouiller pour nous trouver!? Après tout si elle a pas un grain d'riz à la place du cerveau, elle doit bien s'douter qu'on est au port? Pis ça nous permettra d'juger d'sa crédibilité à nous être utile! Faut voir plus loin qu'cette simple épreuve mon ami! J'ai pas raison, hein? AHAH!!


D'un claquement de paume, il intima l'ordre à ces membres d'équipage d'aller vaquer à leurs occupations, certains ayant des tâches de maintenance à accomplir sur le vaisseau tandis que d'autre pouvaient aller déambuler dans les ruelles de la cité. Le pont du navire se vida rapidement à la satisfaction du Capitaine qui plus que jamais se montrait un bon meneur d'hommes. D'un geste du bras, il invita alors le forgeron à le suivre devant l'accès principal au pont du vaisseau où se trouvait de tonneau de rhum.

- Allez, fou ton derg' sur s'tonneau!

Il s'installa alors sur le second, doigt de pied en éventail contre la rambarde en bois, contemplant la vu des quai qui s'offrait à ses yeux. Fouillant dans sa veste, il en retira une bague a tabac et deux pipes à herbe.

- Tient, prend en une, on va attendre la donzelle, traquillou en mode farniente! Hein! MWOUHAHAH!

Pour le pirate, rien pressait, tout venait à point à qui savait attendre. L'occasion de bavarder un peu et voir si Ophélia avait un minimum d'esprit logique. Ricanant tandis qu'il créait de véritable chef d'oeuvre dans l'air avec la fumée qu'il recrachait d'entre ces lèvres, il ajouta.

- J'te pari qu'elle doit écumer les tavernes! Héhé! J'sent qu'elle te plait la p'tite, hein? Allez j'vais t'avouer quelqu'chose. Elle se souvient pu du passé, et fort heureusement pour moi! Parcqu'a une époque, j'l'ai laissé pour morte après l'avoir troussé! Mais elle l'avait mérité! Enfin bref, c't'un bon coup quand même! MWOUHAHAHAH! S't'a b'soin d'la cabine, t'me fait signe.

Dit-il d'un air taquin.

- Bon, elle bouge sa croupe!? On va pas l'attendre jusqu'à l'aube!



C'est qui l ' Patron, c'est qui !?? AHAH !!

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Ophélia Narcisse
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Ven 16 Fév - 14:11
Irys : 1246981
Profession : Cible mouvante pour Régisseur
Pérégrins -1 (femme)
Elle avait cherché dans les rues en vain, elle avait ouvert les portes des tavernes les plus proches de la boutique sans jamais trouver une trace de ces deux idiots. Ce n'était pas si compliqué, pourtant, un pirate et un géant, c'était aussi reconnaissable qu'une goutte de sang sur la neige. Dans les rues de Rathram de surcroit, là où il n'y a que des moucherons aux bras amputés et remplacés par des membres falsifiés. Et pourtant, pas un seul de ces idiots de citoyen n'avait su lui indiquer la direction de deux brins de maïs dans un champ de tulipes. C'était d'une absurdité. Cependant, il y avait bien un traîne-misère qui s'amusait à bécoter des catins dans une taverne un peu ombrée, vers le port. Le larcin s'amusait beaucoup apparemment, si bien qu'il en avait le pantalon défait. A ses bras, il encerclait deux filles de joie qui passaient des mains baladeuses sur l'ensemble de son corps. 


Assistant à ce spectacle qui était pour le moins particulier, du moins, pour Aemy, elle s'approcha néanmoins sans honte aucune. Cet homme, son style vestimentaire lui rappelait celui du barbu qu'elle cherchait. Il était capitaine, était-ce bien cela ? Cela voudrait dire qu'il avait des sbires, et, avec un peu de chance, ce balourd là était un des siens. Interrompant sa belle affaire, la jeune femme se posta devant lui, bras croisés et regards neutres. Distraits par cette apparition, le client et ses serveuses détournèrent le regard sur la visiteuse. Là où les deux dames à chambres esquissèrent une expression désabusée, le matelos, lui, dessinait un faciès ravi sur son visage. Jetant son regard aux chevilles de l'anomalie, le remontant sur ses cuisses, puis sur sa poitrine et enfin sur ses yeux, il fit se décaler ses deux putains de fortune pour démontrer de son intérêt envers la femme aux cheveux de jais. 


Salut poupée ... tu veux venir jouer avec moi, toi aussi ?


La nouvelle venue voulait hausser un sourcil, un moucheron comme lui, qui la traitait de poupée. Quelle mauvaise blague. Il y avait trop de monde autour pour pouvoir être efficace. Aemy jeta donc un bref regard latéral, remarquant des alcoves drapées au fond de la salle. Là où elle avait cru rentrer dans une taverne, elle s'était en fait retrouvée dans une maison close. Tout autour d'elle les gens s'amusaient d'une manière inconnue à la jeune fille, aussi, elle ne comprenait pas vraiment pourquoi est-ce que toutes les personnes dans cette salle arboraient des sourires aussi ... tordus. S'il y avait moyen de faire parler cet abruti, eh bien, c'était bien ainsi. 


Seulement si vous pouvez me trouve de l'intimité...


Oooh ... t'es joueuse, c'est ça ? Allez viens, on va s'faire plaisir tous les deux.


Il lui prit la main, l'entraînant vers une des alcôves privées, destinées aux faveurs les plus osées. Se posant sur un canapé, incrusté dans le mur, le matelos n'avait pas remballé son engin, et, tapant sur sa cuisse, il invitait la jeune fille à s'y asseoir. Refoulant un crachas dans son esprit, la barmaid improvisée s'y résolu, se posant sur les jambes du rat des mers. Celui-là ne voulait pas perdre de temps, ses doigts se baladaient déjà sur le haut du corps de son "invitée". Sa dignité se sentait s'entacher à mesure qu'elle se faisait tripoter par ce moucheron. Mais elle devait feindre, pour ne rien risquer. Prenant son habituelle voix mielleuse, elle dirigea son regard dans celui de cette misère sur pattes.


Vous êtes un ... pirate ...?


Ouais, ma jolie, j'ai sillonné les mers, volé des trésors et éliminés d'innombrables adversaires pour ma propre gloire, tout ça, sur le pont du capitaine De Sousa !


Un capitaine ...? Eh bien. Est-ce le même qui s'est trouvé un géant de compagnie ?


L'est célèbre à c'point ? C'bien lui oui. 


J'aimerai bien le voir, de mes propres yeux. Elle forçait sur son ton langoureux.


Eh beh ! T'es vraiment gourmande, toi, hein ? S'tu veux t'faire plaisir, j'pourrai t'emmener au bateau. Il est si grand que t'en perdrais tes miches, c'est l'plus géant du port. Enfin, pour l'instant, t'es à moi ! Mwahahaha !


Et il déposa sa main à un endroit ... qu'il n'aurait vraiment pas dû toucher. Mis à part la sensation électrique qui avait traversé Aemy, elle dressa son dos, et sa tête suivit. Braquée, ses nerfs défaillirent et elle soutira sa miséricorde de son fourreau. Sans même attendre une seconde elle la ficha dans la gorge de l'insolent avant de lui dessiner un bel arc de cercle dans la peau. Les rideaux cachèrent l'atrocité du meurtre, et, prise dans sa colère, l'anomalie n'avait pas pensé qu'elle se ferait autant tacher. S'essuyant avec les vêtements de sa victime, elle nettoya son visage souillé. Elle prit quelques mesures supplémentaires et sortit de la maison des plaisirs. Le port n'était pas loin, évidemment qu'un pirate avait un bateau. Le plus gros, hein ? Il n'y en avait que deux à quais, dont l'un était facilement identifiable comme étant "le plus gros". Elle s'approcha de la planche qui servait à monter sur le vaisseau, et, avec des pas de velours, elle le grimpa jusqu'au pont, où elle vit ses deux "amis" s'amuser à fumer la pipe.


Approchant des deux gugusses, elle arborait un air dérangé, non pas de folie, mais de rancoeur. Son oeil était mauvais, il était fatigué d'avoir du courir après ces deux salopards, en plus de sa course ingrate. Evidemment qu'elle allait revenir, le fait que le géant ne veuille une prothèse lui avait donné un espoir que seul elle comprenait. De son sac de cuir, elle prit d'abord le bras mécanique qu'elle avait soutiré à la commerçante. Puis, elle jeta son fardeau aux pieds des deux compères. De la sacoche glissa trois tètes, l'une d'une femme, l'autre d'un homme, et la dernière était celle d'un homme que le capitaine de Sousa devait sans aucun doute reconnaître. Plissant la peau au-dessus de ses lèvres, faisant grincer ses dents dans sa mâchoire, elle toisait les cous tranchés, avant de relever ses yeux sur le géant. Portant la prothèse à son épaule droite, elle tendit le bras gauche vers le capitaine. Son arbalète sortit de sa manche, équipé du même carreau qu'elle avait trempé dans la mort-aux-rats. 


Je ne suis pas une fille de course. Dis-moi, pirate. Et si tu nous trouvais un quelconque intérêt commun, qui me permettrait de te donner un peu de vie sur cette terre, avant de bouffer les vers par les racines ? Tu pourrais par exemple m'expliquer qui c'est cette Ophélia. Je ne suis pas stupide au point de croire que l'on peut me confondre, ces yeux-là, y a que moi qui les ai. Alors, parle.


Elle dériva son regard vers le géant, reculant sur la bordure du vaisseau, la prothèse à moitié tendue au-dessus du vide. 



Et toi, Tête-aux-cieux, si tu bouges, j'envoie valser ton cadeau dans l'océan. Ce serait dommage de gâcher cela, pas vrai ? 


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Ophélia s'exprime en #cc0066
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Eylohr Lothar
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Ven 16 Fév - 19:05
Irys : 880187
Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
Pérégrins -2

  • Le pirate n’avait pas totalement tors. Ce n’était pas le tout de la mettre à l’épreuve pour trouver une vulgaire prothèse ou des plans dans cette ville pionnière de cette technologie, il fallait aussi s’assurer qu’elle était un minimum impliqué dans cette affaire pour pouvoir lui faire confiance si d’aventure il les deux compères devraient faire équipe avec cette folle furieuse pour un autre objectif. Juger de sa crédibilité, qu’elle soit utile. Une personne instable est un fardeau qui, en général, pourrait se retourner contre n’importe qui à la première occasion. En revanche, une anomalie « dévouée » à une cause pourrait être un atout précieux, du moment que l’on garde un flingue sous la main…

    Le géant s’installa alors sur un tonneau adossé à la rambarde en bois, donnant droit sur une vue imprenable du port et de l’étendue bleutée qui sépare les continents entre eux. Puis il se saisit de la pipe à herbe tendue par le capitaine. Il n’était pas habitué à ce genre de plaisir, lui qui inhalait déjà suffisamment de fumées comme cela à longueur de journées lors de son travail dans les forges pour ne pas s’empoisonner encore plus avec ces futilités. Mais l’esprit marin avait creusé bien des aspects de sa personnalité et de sa curiosité. Aux plaisirs du pillage, de l’abordage et des autres subtilités de la vie de pirates s’étaient mêlés les plaisirs de certaines drogues, des alcools forts consommés sans modérations lors de soirées en mer et des chants marins. Sans craintes, le géant du froid tira une bonne taffe sur l’herbe qui se consumait dans sa pipe, recrachant à chaque fois d’épais panaches de fumées blanches. En compagnie du forban, il s’amusait à réaliser des ronds de fumée, plus ou moins gros, tandis que parfois il se contentait de laisser ressortir ces petits nuages de façon grossière, sans se préoccuper d’un quelconque style esthétique.

    -Y’a pas à dire Cap’taine, la vie d’pirate sanguinaire c’est l’pied ! Dit le géant en esquissant un sourire visible par l’abaissement et l’élargissement de sa barbe tandis tapotait le bras du pirate avec son coude.

    Puis le géant vérifia machinalement l’état de son artillerie. Sa hache tranquillement posée à ses côtés resplendissait de lumière et de chaleur grâce aux rayons du soleil qui pointait vers l’horizon dans une dernière danse avant de céder sa place à la lune, froide et blanche. Eylohr retira les balles une à une, ausculta les canons, les barillets, l’état des mécanismes et des douilles pour être sûr que ses joujoux puissent semer la mort dès lors que le géant appuierait sur la détente. Il était tout à ses occupations lorsque le capitaine sans gène l’interpella. Elle lui plait ? Comment une folle pourrait plaire à un géant comme lui ? Il aurait tôt fait de lui disloquer le dos ou le bassin en tentant de la prendre dans ses bras.

    -T’crois qu’elle me plait la p’tite ? Faut avouer qu’elle est pas mal pour une folle, mais tout juste un coup d’un soir pourquoi pas ! AHAHAHAHA !

    Son rire graveleux raisonnait sur tout le pont du navire et certainement plus loin encore tant sa voix portait au loin. Puis il saisissait l’information au passage. Tout devenait plus clair. Le long silence, le flottement dans l’air, les yeux hagards du capitaine lorsque le regard de posa sur le frêle esquif. Ophélia avait-t-il dit ? Aemy avait-t-elle répondue ? Et tout ce qui s’en était suivit sur l’incompréhension latente dans cette échoppe souillée du sang de son pauvre propriétaire. C’était impressionnant sur le coup, et maintenant, tout était clair.

    -Ah ! Ça explique tout ! T’avais l’air complètement paumé t’t’à l’heure, j’comprends mieux ! Y à intérêt à c’qu’elle sache rien alors, sinon elle te tuera d’son espèce de lame à la con. AHAHAHAHAHA ! Maintenant j’éprouve plus d’intérêt qu’tout à l’heure ! A deux ça pourrait être amusant hein ? HAAAAAAA HAHAHAHA !

    La voix grave et lancinante du géant raisonna de nouveau dans la marina, tandis qu’autour du bateau, on ne se demandait même pas qui riait aux éclats tant les marins étaient habitués à ce genre de chose. La mer a ce pouvoir intéressant d’atténuer les manières pensantes des gens de bonne famille. Rire n’était jamais proscrit. S’exclamer non plus. S’esclaffer encore moins. Le rire du géant fut accompagné par le rire moins grave mais plus graveleux du capitaine tandis qu’ensemble, ils prirent à nouveau une bonne bouffée d’herbe à pipe qu’ils expirèrent ensemble, les nuages se mêlant l’un à l’autre dans un brouillard épais.

    -Bon, elle bouge sa croupe !?

    ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

    L’air était vicié de fumées, de poudres, de sang et de chaires brulées. Malgré les embruns revigorants venant de la mer et les vagues qui se fracassaient contre les rochers et les pontons d’amarrages, ces odeurs abominables semblaient ne jamais vouloir disparaître, comme si elles étaient alimentées en permanence. Et c’était le cas.

    La scène était macabre, digne des plus sombres enfers, des ténèbres les plus profonds. Le ciel était rempli de fumées provenant des nombreux incendies alentour. Des heures durant, les canons avaient fait entendre leur sombre mélodie, semant mort et destruction partout dans la petite marina du continent de Zochlom. L’immense armada du capitaine De Sousa avait lancée l’attaque sur cette marina peu avant l’aube tandis que tout le monde dormait. L’attaque fut brutale. Les navires s’étaient postés sur chaque voie navigable menant à la marina et à la terre ferme et avaient fait feu de tous leurs canons. La marina puis la petite ville portuaire subissait les assauts furieux du feu et de l’acier jusqu’à ce que, une fois suffisamment détruite et mise à genoux, les forbans décidèrent de porter le combat face à face à l’intérieur des terres. Ce petit port commercial recélait de soieries et autres denrées qui pourraient rapporter une fortune au capitaine et à son équipage.

    L’assaut avait été d’une brutalité sans borne. Et quelques heures après que le premier forban eut mit pied à terre – ou plutôt pied dans l’eau dans un premier temps, certains pontons étant totalement détruits, les pirates durent utiliser les barques et les crochets d’abordage, se retrouvant de ce fait avec de l’eau parfois jusqu’à la taille – les survivants, les miliciens en charge de la défense du port et de la plage, s’étaient rendus, remettant leurs vies entre les mains des forbans. Les mains en l’air, ils avançaient à la file indienne jusqu’à une zone où ils étaient regroupés à la merci des canons, le temps que le pillage puisse être mené sans problème. L’air était par endroit irrespirable. L’odeur de la poudre, du sang chauffé, séché ou encore frai, l’odeur des chaires brulées et des corps démembrés, les viscères exposés aux éléments et à la chaleur du soleil dont les corbeaux commençaient à se repaître sans gêne rendaient à ces moments caractéristiques de la vie de pirate une aura funeste, ténébreuse et démoniaque.

    De Sousa était là sur la plage, trônant au-dessus du corps d’un milicien fraichement exécuté, sa main sur le pommeau de son sabre planté dans l’abdomen sanguinolent de sa victime. Il haranguait ses troupes de sa voix graveleuse et sombre, ses yeux rivés sur la ville incendiée. Pointant ladite ville du doigt tandis qu’il hurlait toute sa rage, son visage était transpirant du sang de ses victimes qui perlait de sa mâchoire de façon régulière. Autour de lui s’étaient amassés ses hommes, par dizaines, sabres à la main, pistolets chargés et fusils prêts à semer la mort à nouveau. Ses hurlements sourds indiquaient la prochaine phase de l’attaque : La ville. Oh certes, ils avaient déjà la possibilité de mettre la main sur d’innombrables quantités de marchandises grâce aux quelques navires amarrés et déjà capturés, mais il en fallait plus. Cette petite ville était peu défendue, et une proie facile. L’ordre d’attaque fut donné tandis que Pedro reprenait son sabre, l’enlevant de la plaie béante et sanglante avant de le dresser en l’air, et de le diriger vers la ville.

    Eylohr était légèrement en retrait de quelques mètres, le moment appartenant seulement au capitaine victorieux. Son impressionnante hache d’arme était souillée de la chaire, du sang et des viscères de ses précédentes victimes. D’un revers de tissu, il enleva le gros du mélange poisseux du tranchant de sa lame, celle-ci ayant encore beaucoup à faire ici. Ses mains, ses bras et son visage étaient couverts de sang caillé et de sang frais qui perlait en de fines gouttelettes le long de ses bras et de ses mains, ainsi que le long de ses joues avant de tomber au sol. Ses yeux bleu océan tranchaient avec la couleur écarlate et sombre du sang sur son visage, rendant ainsi un aspect réellement terrifiant. Grossièrement, son visage ressemblait à une tâche de sang sur laquelle trônaient deux diamants bleutés. La fureur et la folie à l’état pur. Sa barbe n’avait été aucunement épargnée et était tout aussi poisseuse que le reste de son corps. Sa chemise blanche et son armure de cuir brun avaient rougis, et sa longue tresse tombante avait à plusieurs reprises trempées dans les plaies béantes, les corps démembrés et les boyaux.

    Il venait de recharger ses armes lorsque Pedro hurla l’ordre d’avancer. Au loin, appuyé sur l’un des innombrables cadavres qui jonchaient la plage de sable fin, sa posture héroïque digne d’un leader charismatique, le capitaine avait l’air d’un de ces héros de guerre meneur d’hommes, haranguant les soldats pour les lancer dans un dernier assaut sanglant. Alors, tandis que le sabre du capitaine des forbans pointait la petite ville à prendre d’assaut et que son autre bras s’écartait de son corps dans un signe de rassemblement, les pirates s’élancèrent dans une marche lugubre, leurs épaules roulants au rythme de leurs démarches, quittant une plage rougie de sang et jonchée de cadavres. Par endroit, le sang avait tellement coulé que le sable gorgé d’eau ne pouvait l’absorber, formant ainsi de véritables flaques écarlates coulant vers la mer elle-même roussie et polluée de cadavres et des débris de la bataille.

    Pedro et Eylohr reprirent leur marche de mort lorsque le géant du froid arriva à hauteur du vieux loup de mer. Les dents serrées et grinçantes, les lèvres retroussées arborant un sourire en coin sur leurs visages, ils se réjouissaient à l’idée de semer à nouveau mort et destruction. Les ténèbres pouvaient se lire dans leurs yeux qu’une fureur sans émule éclairait de milles et une lueurs funestes. Reprenant leurs armes à la main, ils avancent, à l’assaut, vers de nouveaux massacres, le visage marqué par les massacres précédents.

    Ahahaha ! :
     

    ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

    Enfin, l’anomalie pointa le bout de son nez sans que pour autant ni Pedro ni Eylohr ne prit le temps de manifester un quelconque intérêt. L’intérêt en revanche se manifesta très vite malgré eux lorsque la demoiselle en colère laissa rouler au sol trois têtes, dont deux inconnues et celle d’un forban du navire. Un chic type, qui pensait bien plus avec son cinquième membre qu’avec son cerveau. Mais un chic type tout de même. Pour peu qu’un pirate puisse être… Chic.

    L’intérêt se manifesta encore plus lorsqu’elle se mit à tenir une prothèse tant convoitée par-dessus bord, et son mécanisme subtil en direction du capitaine, prêt à tirer. Si elle avait un rictus nerveux qui ferait se relever le pouce de la belle, le capitaine se verrait subir une mort bien triste, aussi, fallait-il éviter de la contrarier.

    Toujours adossé contre le pont et assis sur le tonneau, Eylohr plaça discrètement sa main vers un de ses pistolets, prêt à dégainer le plus rapidement possible, même s’il fallait perdre le fruit des rapines – ou plutôt des meurtres – de l’anomalie furieuse. Puis doucement, sans afficher un quelconque stress, il tourna sa tête vers Pedro.

    -Qu’est-ce qu’on fait cap’taine ?



Let the night come, before the fight's won,
Some might run, against the test.
But those that triumph, embraces the fight's cause,
Their fear then proove that courage exist.
Hope.


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