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Chroniques d'Irydaë
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 [Terminé] Visage familier et parfaits inconnus

Pedro de Sousa
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Sam 17 Fév - 10:55
Irys : 1683932
Profession : Pirate
Pérégrins -2
Le Géant du Froid possédait vraiment toutes les qualités et le caractère qui plaisaient au Vieux Loup et leur complicité ne faisait que croître à mesure qu'ils passaient du temps ensemble. Les deux compères étaient tranquillement installés et bavardait sous un nuage de fumé, au clair de Lune, moment propice à la confidence.

Eylohr semblait se plaire dans cette nouvelle vie sans obligation. La Liberté c'était ça ! Voguer au gré du vent, prendre ce que bon semblé, ne pas avoir quelques contraintes dans une vie complexe de société. Il n'y avait que le rafio et l'équipage qui était important aux yeux du Capitaine. Souriant à la première déclaration du forgeron, la seconde n'en était que plus amusante car finalement Pedro pensait exactement la même chose !

- On est d'accord l'ami! Un bon coup d'un soir! Héhé !

Les révélations sur le passé commun de Pedro et Ophelia était nécessaire pour renforcer la bon entente de ce duo improbable. Le Géant du Froid avait bien mérité d'être mit au courant et d'ailleurs s'il se montra hilare, l'idée n'était pas inintéressante.

- AHAHAHAHAH ! Amusant ? Pour sûre ! Mais garre à pas foutre ton mat dans l'mauvais trou ou t'aura mon poing sur la gueule ! L'idée m'plaît bien! Mwouhaha !

Bien entendu rien de méchant dans cette petite menace, après tout ça restait bon enfant. Les bavardages allèrent bon train, se poursuivant dans quelques anecdotes plus futiles les une que les autres jusqu'a ce que soudainement la fameuse croupe réapparue.

- Ah bah c'est pas trop t...

Il s'interrompu lorsque trois têtes roulèrent sur le pont du vaisseau, fronçant les sourcils lorsqu'il reconnu l'un de ces bon matelot. Relevant alors le menton, prêt à dégainer l'un de ces pistolet, il se ravisa finalement, devancé par une Anomalie que le tenait déjà en joug avec son joujou dissimulé dans sa manche. Ophélia ou plutôt Aemy souhaitait des réponses ici et tout de suite, menaçant de lui faire rejoindre son création. Un rapide regard vers son ami puis sur la pièce d'armure qu'il convoitait le laissa silencieux un bref instant avant de détourner son attention des deux protagonistes pour s'étirer de tout son long comme le ferait un chat.

- Ahhh mes vieux os! L'Géant on fait rien d'particulier, engin j'veux dire, continu d'tirer sur ta pipe quoi. C'est qu'la donzelle à b'soin d'réponses, c'pas déconnant après tout hein ?


Mieux valait ne pas énervé l'anomalie qui se révélait toutefois etre un élément peu fiable pour l'heure.

- Un intérêt commun? T'as du pâté dans les yeux ma jolie? J't'offre la possibilité d'te balader aux quatre coins d'irydae, d'découvrir d'fabuleux trésors! D'exprimer tes talents ! Biensure tu pourra dégager quand bon t'semble. Alors? Pis pour tout t'avoué dans une aut'vie t'était comment dire... une marchande d'poupées, marrant nan? On c'est juste croisé quoi... t'as juste transformé deux d'mes types en pantins! Voilà t'as tes réponses !? Maint'nant réfléchi bien soit on s'taille tous les trois une bonne bavette, soit ça part en couilles et on s'ra deux à bouffer les plantes par les racines... moi ET toi!

S'il omettait certains détails de l'affaire, Eylohr savait parfaitement pourquoi car les consequences risquaient d'être immédiates, mieux valait comme évoqué tout à l'heure, ne pas contrarier cette folle.

- Bon tu va gentillement baisser ton bras et donner au Géant c'qu'il t'as demandé. J'pense qu'on s'ra d'accord sur l'succès d'ce petit test. Mais j'rais toi... j'balancerais la tête de Gaspard à la flotte si tu veux pas avoir... disons une trentaine d'pirates sur ton dos!



C'est qui l ' Patron, c'est qui !?? AHAH !!

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Ophélia Narcisse
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Sam 17 Fév - 12:45
Irys : 1246981
Profession : Cible mouvante pour Régisseur
Pérégrins -1 (femme)
Aemy avait fixé les deux lurons avec une insistance meurtrière et lourde de représailles s'ils esquissaient le moindre geste, aussi, le mouvement de Eylhor, aussi petit et insignifiant était-il, avait été relevé par l'anomalie. Son bras s'était donc détendu plus encore vers la rive, prêt à balancer le présent dans l'océan. C'était un moyen de dissuasion comme un autre, mais l'arbalète avait plus de cran. Elle baladait donc sa main gauche entre les deux figures, pour voir qui oserait bouger le premier. Mais, la raison l'emporta sur la rancoeur d'avoir perdu un "chic" type. Dans l'esprit de la jeune femme, le macchabée n'en restait pas moins un pourceau qui n'avait pas mérité les secondes de ravissement qu'elle lui avait procuré. L'arc de cercle, transformé en entaille ouverte était complètement légitime, et aucun regret, comme l'habitude l'imposait, n'était émis de la part de la femme aux cheveux teints. Ca lui apprendra à faire balader ses mains sur la chair d'une innocente pupille, qui de surcroit,  ne sait rien aux choses de l'amour et de la cour. 

Aussi fut-elle soulagée lorsque les deux lurons s'étaient décidés d'être raisonnable, malgré son petit tour de bestiole enragée, elle était en désavantage, un deux contre un ne se finissait jamais bien, et, au final, elle aurait été contrainte d'utiliser de pouvoirs bien plus risqués pour elle. Elle n'aurait pas voulu rameuter ce qui la traque dans cet endroit, pas maintenant. A mesure que le pirate relatait ce souvenir en commun, qui était pourtant bien asymétrique, la meurtrière descendait son arme à sa taille, adoucissant son expression. Une marchande de poupées ... pourquoi n'était-elle pas étonnée ? Et apparemment, à  l'époque, elle tuait déjà. Ce devait être pour cela qu'elle avait tant de facilité à commettre ce que la populace appelait "l'irréparable". Ces événements s'étaient clairement déroulés avant juin, sinon, elle s'en souviendrait. Mais pourquoi ne pouvait-elle pas s'en souvenir..? Et surtout, pour quelles raisons s'en était-elle tirée  à si bon compte après avoir tué deux des gars du capitaine ? Les détails importaient peu, elle devait déjà être effrayante  à l'époque, de toute manière. Ophélia alors ... étrange nom. 


Là où le loup de mer touchait la corde de la raison, c'était par rapport à la tête de ..."Gaspard" ? Elle devrait déjà s'estimer heureuse que les têtes n'aient pas été immédiatement reconnues, enfin, plutôt celle du matelot. Elle se remit donc dans sa posture calme, mains jointes devant son ventre, lui donnant des vrais airs de jouvencelles. Son visage était devenu tout aussi apaisé, plus de rancune, ni de colère. La dette avait été amplement payée. Elle saisit donc la tête du défunt par les  cheveux avant de la balancer par-dessus bord. Dessinant quelques mots inaudibles sur ses lèvres, elle injuria une dernière fois, mais en silence, sa dernière victime. Cela donnait quelque chose comme "J'espère que les poissons vont autant apprécier ta chair que j'ai apprécié de la taillader, misérable putois". Elle n'avait vraiment pas apprécié ce que lui avait fait le rat des mers. Elle se retourna alors vers le géant, et lui tendit la prothèse tant désirée. 


T'as besoin de quelqu'un pour te couper le bras ?


Elle avait proposé  cela comme l'on propose un croissant au déjeuner de huit heures. Travailler avec des cadavres ça habitue à tout ce qui est sanguin, et un membre arraché n'était rien lorsque l'on avait coupé trois nuques dans les deux dernières heures. De plus, elle était prête à le faire avec sa miséricorde, elle était aiguisée et tranchait bien. Surtout que la précision de la jeune femme était impeccable, notamment grâce à la pratique des rouages qui demandait une belle finesse au niveau du doigté. Si sa mémoire d'avant s'était effacée, la pratique, elle, restait. Elle ajouta donc.

Si vous avez de quoi arrêter l'afflux de sang, je peux me charger de la partie délicate.


La profession récente de barmaid l'avait rendu plus serviable que nécessaire, et dans ses attraits de psychopathe, elle faisait preuve d'une douceur déplacée,  et surtout, complètement hors sujet. On parlait tout de même d'arracher un membre, pas de servir une tasse de café, mais pour Aemy, la distinction était minime et se réservait aux procédés. Enfin, le géant allait quand même beaucoup souffrir, et même un gaillard comme lui céderait sans doute sous la douleur. Ce n'était pas tant qu'il était certain de mourir, tant que l'hémorragie était stoppée ... par contre, s'il restait conscient au cours du processus, cela tiendrait du miracle. Elle profita également de l'instant pour donner une réponse immédiate à la proposition de voyager avec les deux gaillards.

C'est tentant. Mais j'ai des affaires qui me retiennent à terre. Je n'ai pas exactement fini mes petites affaires à Rathram, il me faut quelqu'un qui peut m'apprendre à faire des toxines, dont vous pouvez vous-même deviner les fins. De plus, il me faudra retourner au Tyorum après. C'est que j'y ai trouvé un foyer, avec une femme qui prend soin de moi. Je me refuse à l'abandonner, c'est pourquoi je ne peux pas vous suivre. Mais si vous espérez un jour me retrouver, cherchez l'Alizé, à Skingrad.


Tout avait été annoncé sur un ton cordial, presque aimable, et cette fois, ce n'était pas une illusion. A chercher le diable, on peut trouver l'ange qui se dissimule derrière. Les deux balourds avaient gagné un peu de la sympathie d'Aemy, et puis, elle avait massacré trois des gars du capitaine, ce n'était que justice. Elle s'était donc approché de l'épaule du géant, le fixant avec un regard interrogateur quant à ce qu'elle devrait faire, et, à y regarder de plus près, elle avait déjà son couteau en main. A croire que plus qu'une dette à payer, c'était comme un charmant petit jeu pour elle. L'anomalie ressemblait vraiment à une étrange gamine, avec son arme qui contrastait de son air concerné. Elle avait aussi remis ses lunettes teintées, destinées à dissimuler ses yeux. Tout ce qu'elle attendait désormais, avant de quitter les deux camarades, c'était la décision de Tête-aux-Cieux.


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Ophélia s'exprime en #cc0066
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Eylohr Lothar
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Sam 17 Fév - 22:37
Irys : 880187
Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
Pérégrins -2

  • L’ordre avait été donné. Aucune action de la part des deux corsaires. Visiblement, l’anomalie était en quête d’informations que le pirate semblait détenir. Mais puisqu’il en avait fait part au géant lors de leurs discussions précédentes, Eylohr ne savait pas vraiment à quoi s’attendre. Allait-il dire la vérité, toute la vérité ? Rien n’était moins sûr. Et comme il le pensait, Pedro s’employa à omettre quelques points.

    Tandis que Pedro s’occupait à discuter avec l’anomalie qui gardait toujours un bras tendu au-dessus de l’océan et un autre pointé en direction du front du géant et du capitaine successivement, Eylohr s’employait à scruter chacun des fais et gestes de l’anomalie tandis qu’il éloignait sa main de ses revolvers conformément aux directives pacifistes de Pedro. Il s’employa durant tout le reste de la tirade du forban à tirer sur sa pipe à herbe et à siroter de temps en temps quelques verres remplis d’un alcool très bien connu chez les pirates. La discussion se termina sans effusion de sang, fait plutôt rare compte tenu de l’instabilité de l’anomalie et sa propension à semer mort de douleur sur son passage. Eylohr remit alors sa main loin de ses armes, pour bourrer à nouveau sa pipe dont l’herbe avait été presque entièrement consumée.

    Comme cela arriva plus tôt dans la journée, le visage et l’attitude d’Aemy chassèrent en une fraction de seconde toute intention belliqueuse, toute attitude provocante, tout regard furieux et malsain. Elle redevenait un bout de femme charmant, calme, presque douce. Tout ce qu’elle fit ensuite, ce fut se saisir de la tête du corsaire assassiné plus tôt pour s’éviter les foudres d’une trentaine de pirate en colère, la jeter dans l’océan et l’offrir ainsi aux poissons et autres espèces marines vivant là, à attendre une proie déjà morte, ce qui facilitait leur quête de nourriture. Des opportunistes somme toute. On ne peut les en blâmer.

    En revanche, l’attitude du géant changea une première fois lorsqu’elle lui proposa, tout en se retournant et en s’approchant de lui, et d’une manière tout à fait innocente, de lui couper le bras. Il n’aurait pas cru que l’idée eut été sincèrement proposée un seul instant s’il n’avait pas vu le visage de l’interlocutrice, encore plus sans la connaître. Mais il avait vu le visage, et il connaissait l’anomalie. Aussi comprit-il en un instant que la proposition était sincère. Machinalement, il écarquilla ses yeux, révélant ainsi ses iris serrées et ses pupilles bleutées, le tout trahissant un soudain sentiment d’incompréhension emprunt de colère. Cette colère commençait à se lire également dans les rictus nerveux qui firent se relever sa lèvre supérieure et plisser ses yeux. Il releva un de ses sourcils qui décrivit un arc cassé, ultime signe d’un questionnement intérieur remuant. Allait-il la tuer ici et maintenant ? Ce n’était pas l’envie qui lui manquait.

    Puis l’anomalie reporta à nouveau son attention au vieux loup de mer qui lui proposait de voyager à ses côtés, comme il l’avait fait avec Eylohr lors de leur rencontre à Aildor, dans une taverne, où tous deux se battirent contre ce dénommé « Cortez » dont on n’entendit plus jamais le nom, bizarrement… AHA ! Mais elle déclina la proposition d’une manière si polie que s’en était étonnant. Elle avait donc quelqu’un qui veillait sur elle, et quelqu’un qu’elle aimait, elle qui, jusqu’ici, semblait incapable de sentiments. Décidemment, que de surprises aujourd’hui.

    La surprise s’accentua encore, et l’attitude du géant changea de nouveau lorsqu’il vit l’anomalie se rapprocher de lui, et plus particulièrement de son épaule, la fixant de ce regard interrogateur. Baissant ses yeux sur la frêle jeune femme qui portait ses lunettes teintées, il aperçut la fine lame qu’elle portait jadis dans son dos. C’était là la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Voyant cette lame luisante des rayons du soleil qui se reflétaient sur le métal poli, le sang du géant ne fit qu’un tour.

    Un frisson parcourut alors l’échine du colosse, de la tête jusqu’aux pieds, lui faisant sentir chaque partie de son corps. Une sueur froide s’en suivit presque immédiatement contrastant avec la chaleur alentour et celle de son corps. Ce frisson fit naître dans les yeux du géant cette lueur qu’il avait déjà arboré jadis dans les moments les plus sombres de sa vie ou de ses pensées. L’anomalie, qui avait toujours son regard planté dans les yeux du géant pouvait largement, très largement apercevoir cette lueur inquiétante, même pour elle. Peu à peu son visage se ferma, et seule subsista l’expression de colère dans son regard, le plissement de ses yeux et les dents qui grinçaient.

    Profitant d’être assis sur un tonneau en hauteur, le géant se saisit de son grand couteau cranté et plus affuté qu’une lame de rasoir qu’il gardait à la cheville, le sortant de son fourreau. D’un geste circulaire il attrapa Aemy par le gorge, sa main faisant aisément le tour de sa nuque fine. L’espace d’une seconde il serra avec vigueur et une force qu’il retenait au maximum la gorge de l’anomalie, empêchant l’air de s’insinuer jusque dans ses poumons pendant un court, très court instant. Un sentiment étrange l’empêcha de finir ce qu’il avait commencé et à la seconde où il s’en aperçut il attira la jeune femme vers lui, la faisant vriller sur elle-même afin qu’elle se retrouve dos à lui tandis qu’il était toujours assis sur le tonneau. Ce faisant, il la plaqua contre son torse, plaça son bras gauche sous la mâchoire d’Aemy dégageant ainsi sa nuque, avant de plaquer le tranchant de la lame sur la gorge offerte en offrande. Doucement, il appuya de plus en plus sur la gorge risquant de créer une mince plaie sanguinolente. Rien de grave, compte tenu du fait qu’il pourrait aisément lui trancher profondément la gorge.

    Sa barbe chatouillait alors le cou de l’anomalie maintenant coincée. Si elle tente de lever sa manche armée, elle meurt. Si elle essaie de s’enfuir, elle meurt. Si elle essaie de lui assener un coup dans sa virilité, elle meurt. En plus, étant assis sur un tonneau, elle n’arriverait pas à viser cette partie de son anatomie, tout juste arriverait-elle à lui assener un coup dans les côtes. Mais là aussi, elle mourra si elle tente cela. Sa respiration se fit soudainement plus profonde et plus calme après ce tumulte éclair, et l’air expiré caressait la peau frissonnante de la nuque dénudée d’Aemy. Relevant encore un peu plus la tête de cette victime potentielle, l’obligeant à se mettre sur la pointe des pieds, afin de continuer à respirer, il passa sa tête sur son côté droit, murmurant à ses oreilles d’une voix grave et presque suave :

    -T’avise même pas d’essayer ma p’tite, ou tu partiras rejoindre les poissons, parole de marin !

    Puis, comme éprit d’une lourde fureur, une colère refoulée, un sentiment sombre, le corps du géant se raidit, soulevant encore un peu plus la pauvre donzelle déjà sur la pointe des pieds, étreignant un peu plus encore son corps frêle, resserrant encore plus son étreinte, la gigantesque lame tranchante de presque 40 centimètres s’appuyant encore un peu plus sur la gorge nouée. Du bout de ses doigts, Eylohr pouvait sentir les battements des vaisseaux sanguins oppressés vibrant contre sa lame. Pour la seconde fois en quelques minutes, la vie de l’anomalie dépendait du bon vouloir du géant et de sa capacité de maitriser sa colère, ce qui, et elle ne le connaissait encore pas assez, n’était pas gagné.


Let the night come, before the fight's won,
Some might run, against the test.
But those that triumph, embraces the fight's cause,
Their fear then proove that courage exist.
Hope.


Spoiler:
 


Voix d'Eylohr (Ronan l'accusateur):
 
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Pedro de Sousa
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Lun 19 Fév - 9:38
Irys : 1683932
Profession : Pirate
Pérégrins -2
Si la proposition avait été rejetée, rien de bien surprenant en soit, de Sousa tira pourtant nombre d'enseignements quand aux réactions de l'Anomalie. S'il n'avait pas dit toute la vérité à propos de leur passé commun, elle semblait se satisfaire de cette réponse non sans décliner son offre de voguer aux quatre coins d'Irydae, prétextant un pied à terre au Tyorum et l'aveux d'une intense relation avec une femme. Si cela était dit, le fait le plus marquant de cette réunion à trois était de toute autre nature, car en effet, Aemy qui s'était montré bien moins agressive et menaçante soudainement, semblait avoir porter son dévolu sur le compagnon du pirate.

Cela allait s'en dire, l'Anomalie semblait avoir un gout prononcé pour le sang, preuve en était des trois têtes qu'elle avait rapporté sur le pont du vaisseau. Alors évidemment, lui parler d'un exosquelette lui laissait à penser que l'heureux propriétaire de cette objet devait se séparer de l'un de ces membre afin de pouvoir porter l'ouvrage! Seulement sa déduction n'était que trop simpliste. Non non et NON! Pedro en était la preuve, il s'était fait réalisé par un ingénieur il y a de cela plusieurs mois, le même genre de prothèse, enfin le terme n'était pas vraiment exact, et il n'avait pas eu besoin qu'on lui arrache un membre, que Diable!

Mais le fait est qu'Ophélia se portait naturellement volontaire pour une séance de chirurgie qui n'avait lieu d'être. Observateur, De Sousa observa alors la scène avec amusement, Eylohr n'allait sans doute pas laisser l'insolente réaliser ces folles intentions! Et ce qui devait arriver, arriva. En l'espace de quelques secondes, le Géant du Froid neutralisa l'impudente, jouant de sa hauteur, de son physique et de son armement pour ceinturer l'Anomalie qui s'était approcher pour lui nuire. Cette jeune femme était vraiment déroutant, elle ne semblait doter d'aucun esprit logique!

Une étreinte mortelle pesait sur la tête de la femme aux yeux vairons. Aucun échappatoire possible, en quelques minutes, la jeune femme était passé de "marteau" à "enclume" et libre de toute menace, Pedro qui toisait la scène, sentait que la situation pouvait vite déraper. Il fallait y mettre un terme bien que la tentation de ne plus risquer le moindre danger avec cet être "instable" était présente. Son acolyte était en colère et sa large lame pouvait à tout moment tapisser le pont du navire de rouge. Sautant alors de son tonneau, pipe au bec, il avança vers le couple dans son éternelle démarche chaloupée.

- Hey mon ami, j'comprend ta colère, mais rappel toi qu'la donzelle à un sacré pète au casque! AHAH! J'suis convaincu qu'elle va s'excusé la jolie.

Il porta son regard sur Ophélia non sans garder la distance et éviter soigneusement qu'elle puisse braquer une quelconque arme sur lui.

- Hey ma jolie, j'vais t'apprendre un truc. Y a deux type d'exosquelette, personnellement j'en possède une dans ma cabine et r'garde, j'ai encore mes deux bras! Héhé! Alors détend toi d'la moule et arrêter de penser qu'à l'odeur du sang! J'pense qu'ça a suffisamment coulé pour aujourd'hui, hein?

Avec Ophélia, tout pouvait partir rapidement en vrille, il était préférable qu'elle soit totalement désarmé avant que lui prenne l'envi d'à nouveau nuire au duo.

- Retire tes paroles et menaces auprès du colosse hein? Parc'qu'la j'donne pas chair d'ta peau. Et si t'a vrai'ment b'soin d'te défouler, y a d'autres manières plus pacifique! AHAHAH!!!

La balle était dans le camp d'Ophélia...



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Ophélia Narcisse
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Lun 19 Fév - 12:51
Irys : 1246981
Profession : Cible mouvante pour Régisseur
Pérégrins -1 (femme)
L'anomalie avait attendu la réponse du géant, sans s'attendre à ce qu'elle soit aussi négative. Car peu importait à quel point la proposition était glauque, les intentions n'en étaient pas moins sincères et dénuées de quelconque sadisme. Tout ce qu'elle avait voulu, pour une fois, c'était rendre service, même si elle aimait les taillades, elle se lassait de plus en plus de mutiler. A vrai dire, le goût du sang s'effaçait à mesure qu'elle le faisait couler. Elle sentait déjà que ses trois derniers meurtres avaient été moins satisfaisants que tous les autres. Etait-ce le dégoût de l'obligation qui restreignait ses sens ? Ou peut-être s'était-elle simplement lassée. Dans ses pensées, Aemy avait été prévenante, elle avait prit soin de ne pas être agressive dans ses mots, dans son ton et même dans son expression. De plus, elle n'avait sorti son couteau que pour pouvoir réagir dès que l'ordre serait donné. Elle favorisait simplement l'efficience à l'efficacité.

Aussi, se sentit-elle trahie lorsqu'elle sentit son cou se serrer sous les doigts immenses du colosse. L'anomalie s'imaginait qu'elle s'était faite dupée et qu'elle était désormais captive des deux lurons. Les mots de son agresseur la persuadèrent du contraire. Qu'est-ce qu'il avait cru ? Qu'elle lui couperait le bras dans l'instant sans son avis ? Elle était folle mais pas stupide, elle savait très bien que même avec les meilleures raisons du monde, l'équipage autour prendrait cela pour une offense de front. Non, elle ne souhaitait vraiment que rendre service, le plus innocemment du monde. Alors, pourquoi se retrouvait-elle à se faire plus malmener que lorsqu'elle jouait la bête assoiffée de sang ?


Elle avait donc senti sa nuque se rompre l'espace d'un instant tant la poigne relevait d'une force que Tête-aux-Cieux ne maîtrisait pas. Il n'y avait aucune douceur dans ses mouvements et chaque geste qu'il exécuter sur la peau d'Aemy était semblable aux battements d'un marteau. Il maniait une demoiselle, pas une poupée, pourtant, le traitement était le même. Sans préavis, ni contestation possible, elle s'était retrouvée avec un couteau sous la gorge, qui faisait la longueur de son avant-bras. Plus que la lame, la main qu'avait glissé Eylhor sous son menton inclinait son visage vers les nuages, jusqu'à ce que ses pieds se décollent du sol. Elle était portée, sans pouvoir poser un seul orteil sur le plancher du navire. La pauvre chose battait des jambes, se tenant au bras de son ravisseur pour ne pas étouffer, et aussi pour éviter que sa mâchoire ne se disloque. Elle remuait en l'air, sentant le souffle du géant se poser sur sa nuque.


Guh ... ghh ...gah ...


Elle arrivait à peine à parler, l'oxygène n'arrivait plus à atteindre son crâne au travers de sa bouche maintenue par la paume du colosse. Son visage devint rouge, alors que ses pupilles commençaient à dériver juste en dessous de la paupière supérieure de ses yeux. Sa bouche se tordait en une expression de douleur, alors que ses dents se serraient derrière ses lèvres tremblantes. Ce n'était pas tant qu'elle était encore effrayée, elle avait l'habitude de souffrir et pouvait même parfois apprécier les douleurs. Mais l'asile ne l'avait pas habituée à la suffocation par autrui. La noyade elle y avait eu droit, mais sûrement pas la strangulation. C'était une torture pour laquelle son corps n'avait pas été entraîné. Mais malgré cela, ses pulsions ne traduisaient pas de la peur.

En revanche, lorsqu'elle sentit le tranchant de la lame lui caresser la gorge, elle perçut un blanc dans son coeur alors que ses yeux s'arrondissaient. Elle ne voulait pas mourir, elle n'avait pas peur de la souffrance, mais, la mort, elle, elle la terrifiait. La jeune fille avait encore tant à faire, une famille à revoir et à protéger. Mourir aux mains d'un géant loin de la seule et unique personne qui l'avait aimé. Le fou derrière elle, non content de lui imposer le poids de sa sentence sur l'âme, s'amusait à appuyer le fil sur sa peau fragile. Non seulement il ne connaissait pas sa force, mais il ne connaissait pas non plus la fragilité de la meurtrière qu'il détenait entre ses doigts. Là où il pensait n'avoir fait qu'une petite taillade, ce fut une longue coupure, mais peu profonde. Du sang en perlait néanmoins, et, redoutant que la même ne s'enfonce plus encore, elle laissa tomber ses bras dans le vide. Des larmes commencèrent alors à déferler sur ses joues, elle ne pouvait pas parler, le pirate lui disait de s'excuser mais aucun mot ne pouvait sortir de ses lèvres. 


Pa ... Par... GYAAAH !


Et elle ressentit le tranchant du fil qui vient lui effleurer la peau une nouvelle fois. Ce n'était pas que l'entaille s'était approfondie, mais le mélange de peur et de douleur lui avait mis les nerfs à vif. Mais elle savait aussi qu'elle ne pouvait rien faire, et le géant lui tenait trop fermement la mâchoire, la suspendait de trop haut pour qu'elle ne puisse parler. De son front perlait des gouttes de sueur alors que la rougeur de son visage ne faisait que s'accentuer plus encore. Ses bras se raidirent et ses doigts se crispèrent alors que ses jambes se tendaient pour revenir sur le sol. Son attitude était celle d'un poisson qui avait mordu à l'hameçon, et qui avait abandonné tout espoir de retourner à l'eau. Elle se sentait condamnée. 


Son visage était affublée d'une profonde peur de l'inconnu voyage qui se présentait presque à elle, elle se sentait déjà retourner dans le vide alors que sa conscience commençait à défaillir. L'anomalie avait laissé tomber tout espoir de survie, elle se serait excusée, si seulement elle avait pu. Mais même avec cela, elle ne comprenait pas pourquoi elle allait mourir, elle ne voulait qu'aider. Avec ces pensées dans l'âme, elle se laissa complètement balancer dans l'étreinte asphixiante du géante. Balançant dans l'air comme un pantin désarticulé alors que l'air commençait à lui manquer. Elle se souvint alors de Kelmina, qu'elle ne pouvait se résoudre à abandonner, sans même lui dire qu'elle l'aimait une dernière fois. 


Alors, elle tenta de se dégager, mais pas par la force. Elle déposa son doigt sur la lame du couteau, et son corps devint poli et d'acier. Sa peau était désormais plus rigide, plus glissante. De sa main droite, elle vint tenir celle qui lui maintenant la mâchoire élevée, et qui lui ouvrait la plaie au cou à mesure que la pression se maintenait. Avec autant de douceur que l'agonie pouvait offrir, elle secouait les doigts du géant pour espérer lui faire comprendre qu'elle ne pourrait pas parler tant que sa poigne resterait enfermée sur son menton. Elle l'implorait donc de la laisser s'échapper de son emprise, des larmes coulant toujours sur un visage si doux, et celles-ci n'étaient pas celles d'un crocodile. Son expression et ses complaintes étouffées n'étaient pas une illusion, elle souffrait bel et bien, et si cela continuait, elle allait se briser entre les doigts de Eylhor. Elle avait déjà survécu trop longtemps pour espérer vivre une minute de plus, pendue en l'air comme une poupée. 


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Ophélia s'exprime en #cc0066
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Eylohr Lothar
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Mar 20 Fév - 16:58
Irys : 880187
Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
Pérégrins -2

  • Des excuses ? Pour quoi faire ? Passer l’éponge comme si de rien était et reprendre une vie normale ? Oh non, Eylohr n’était pas de ceux-là. S’il avait effectivement l’habitude de venir en aide aux demoiselles plus que de vouloir leur faire du mal, il n’en demeurait pas moins un individu agressif et sanguin. Il suffisait parfois d’une seule phrase, d’un regard, d’une attitude pour faire vriller l’esprit du géant et le faire sombrer dans une violente folie.

    L’anomalie ne s’en doutait visiblement pas. Si ses réelles intentions n’avaient pas été tout à fait décryptées par Eylohr, l’attitude qu’elle avait adoptée, en revanche, avait suffit pour faire s’abattre le voile de la violence dans le regard du géant. Il avait l’intention de lui faire du mal. Il avait l’intention de la faire souffrir. Ses doigts imposants se refermant sur la frêle nuque trahissaient une puissance démesurée face à une faiblesse inavouée. La situation s’était inversée en une fraction de seconde, et si le géant était emprunt à une colère qu’il ne voulait absolument pas contrôler, le capitaine, lui, semblait voir la chose d’une toute autre manière. Et évidemment, il avait – encore et toujours – de la suite dans les idées. Mais bizarrement les paroles du capitaine n’eurent aucun écho auprès du géant, ni dans son cœur – ce qui de toute façon serait difficile – ni dans son esprit. Tout ce qu’il voyait c’était son emprise sur la vie de ce petit bout de femme instable.

    Une étrange sensation l’animait désormais. Tandis qu’il entendait les râles et les gargarisme ineptes d’Aemy, une sombre sensation pesait alors dans son esprit. Cette sensation de puissance, cette sensation de pouvoir décider de vie ou de mort… Toute cette puissance… Cette personne ne contrôlant plus rien sur sa propre vie, se remettant toute entière à la volonté de son bourreau, laissant tomber le mince espoir de survie qu’elle avait vue s’égrener au fur et à mesure des longues secondes qui s’écoulaient entre les bras puissants du géant. Respirant par intervalles irréguliers, dans des crépitements provenant de sa gorge nouée, il pouvait sentir la vie quitter peu à peu le corps pendu de l’anomalie dont le visage était devenu aussi écarlate que le sang qu’elle avait fait couler aujourd’hui.

    Restant derrière elle, il ne pouvait ainsi voir l’état du visage de l’anomalie, ni ses yeux révulsés, ni ses grimaces de suffocations. Il ne sentait que sa lame se gonfler lors du passage difficile de l’air, les mains graciles de la demoiselle se poser sur les avants bras du géant, agrippant sa peau, tapant pour se libérer, avant de se détendre le long du corps comme un abandon certains. Un pantin. Une poupée. Étrange ironie pour celle qui fut Ophélia, la fabricante de poupées. Pour peu qu’elle puisse y penser dans son esprit embrouillé par me manque d’oxygène.

    Mais comme à son habitude, elle avait un atout dans son sac. D’un geste de sa main, elle posa son doigt sur la lame crantée qui avait creusée une légère rigole sanguinolente. Légère, selon le géant seulement. Car au vu de cette pâle et mince nuque offerte en sacrifice, la lame était immensément démesurée. Et à lame démesurée, blessure démesurée. Peut-être avait-il blessé la demoiselle bien plus gravement que ce qu’il avait cru. A vrai dire à ce moment-là il n’en avait rien à faire. Vraiment rien. Tout ce qu’il avait en tête c’était de quelle façon il allait la tuer. Et c’est là que ce doigt posé sur la lame avait provoqué une transformation comme ce fut le cas quelques heures plus tôt dans la boutique du vieux tenancier. Son corps devint plus rigide. A mesure que sa peau prenait la composition de la lame, l’emprise du géant devenait plus difficile pour éviter à la demoiselle de glisser et donc de lui faire perdre son emprise. L’autre main de l’anomalie s’était placée sur celle du géant qui maintenait la mâchoire en arrière. Elle secoua légèrement les gigantesques doigts du colosse dans une tentative de communication qu’il ignora cruellement. En revanche, une autre chose l’interpella. Les larmes.

    Oh, il avait été habitué à semer la mort par le passé. Le nombre de personnes ayant implorées sa pitié, appelant leurs pauvres mères à l’aide, suppliant sa miséricorde. Et il n’en avait jamais. Et Pedro le vieux loup de mer l’avait déjà vu. Il avait déjà vu le géant à l’œuvre lors des abordages, des pillages et des exécutions menées durant les derniers mois en mer. Il avait vu le regard océan du géant disparaître dans le sang de ses victimes qui maculait son visage, les gouttes perlant le long du saillant de sa mâchoire, inondant sa barbe, maculant ses mains qui plongeaient dans les entrailles béantes pour en extirper sa lame coincée. Mais si sa cruauté était sans limite, il y en avait une qu’il avait toutes les peines du monde à franchir. Et cela concernait les femmes. Comme souvent, la femme est la faiblesse de l’homme, et pour le géant, cette phrase était on-ne-peut-plus vraie.

    Tandis que ses dents crissaient les unes contre les autres – seul moyen pour lui de lutter contre sa haine – et que son visage se déformait sous les grimaces causées par les efforts qu’il déployait pour éviter à sa victime de glisser et de réduire son emprise sur elle, elle sentit un tout autre liquide perler sur sa main qui tenait sa lame. Ce n’était pas un liquide gras, poisseux, chaud et ferreux. C’était un liquide cristallin, doux et innocent. Des larmes. Les larmes de celle qui voyait déjà la mort en face. Celle qui, il y a quelques heures, avait su égratigner le peu d’humanité qu’il restait encore enfoui dans le cœur du géant, faisant ressentir pour elle une espèce de pitié, et une sorte d’empathie. Cette larme eut l’effet d’une bombe. En un instant, le géant abandonna l’idée de la tuer. Cette sombre colère qui animait tout son être disparut face à cette larme et ce qu’elle signifiait. Tuer ne le dérangeait en rien. Il avait déjà tué plus que son compte, des hommes, des femmes… Mais depuis qu’il s’était retrouvé face à la seule femme qui avait jamais sut faire chavirer ce qui restait de son cœur, il éprouvait toutes les peines du monde à abattre sa lame face à une femme. Il ne le ferait qu’en cas d’extrême nécessité, comme face à cette magicienne à Aildor qui manqua de peu de le tuer presque un an auparavant.

    Depuis qu’il avait connu cette femme il y a des années et des années, il avait développé une sorte de pitié. Si parfois il pouvait se montrer dominateur avec certaines de ses… Conquêtes d’un soir, il s’employait à rester doux. Au-delà du traumatisme vécu il y a toutes ces années, c’était aussi un moyen pour lui de profiter d’un peu de douceur dans cette vie de violence.

    Alors, tandis qu’il se remémorait ces douces sensations et ce passé douloureux, il laissa doucement s’échapper son étreinte. Lentement, il éloigna sa lame et reposa la demoiselle au sol qui glissa doucement de ses mains, comme le bloc de métal qu’elle était devenue. Toute cette peur, toute cette lutte, le manque d’oxygène, la plaie ouverte sur sa nuque, le sang qui s’en était échappé, la fatigue qu’elle avait développée suite aux efforts qu’elle avait déployée pour ne pas mourir en suffoquant allaient certainement la faire chanceler sur ses jambes. L’instinct de protection du géant fut renforcé par la pitié que la demoiselle suscitait, aussi, après s’être assuré que si la lame de la demoiselle ni son mécanisme ne seraient un danger pour lui ou pour son capitaine, il entreprit de descendre du tonneau, de ranger sa lame dans son étui à sa cheville, et fit basculer la demoiselle dans ses bras, la portant comme on porterait un bébé, au creux de ses gros bras.

    Il resta stoïque quelques secondes, avec celle qu’il avait tenté de tuer, au creux de ses bras devenus protecteurs et non plus menaçants. Tandis qu’il restait là, à réfléchir probablement sur l’issu de tout cela, il continua d’analyser la jeune fille : sa respiration, ses mouvements, son regard, et son comportement. Si elle abusait de sa soudaine pitié et de sa gentillesse aussi fragile qu’éphémère, il saurait terminer ce qu’il avait interrompu.

    Il hésitait. Si elle était exténuée, il ne la laisserait pas dans les rues sombres de Rathram. Il lui offrirait le gîte et le couvert en lui laissant ses propres quartiers et il irait certainement réparer les armes que l’équipage lui avait confié, ou aiguiser les épées pour s’occuper un peu l’esprit. Si, en revanche, elle tentait quoi que ce soit contre lui ou le capitaine, il la tuerait sans hésiter cette fois-ci. En attendant, il restait devant le capitaine, Aemy dans ses bras, attendant de savoir quoi faire.


Let the night come, before the fight's won,
Some might run, against the test.
But those that triumph, embraces the fight's cause,
Their fear then proove that courage exist.
Hope.


Spoiler:
 


Voix d'Eylohr (Ronan l'accusateur):
 
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Pedro de Sousa
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Mer 21 Fév - 10:55
Irys : 1683932
Profession : Pirate
Pérégrins -2
La scène qui défilait ensuite devant les yeux du pirate était des plus saisissante. Si le Géant ne lâchait nullement sa proie qui cherchait finalement à suivre les conseils de Pedro de Sousa, le phénomène qui s'était produit dans l'échoppe en fin de journée se reproduisait sous ses yeux, Aemy, au contact de la lame crantée du forgeron, prit soudainement la couleur et la matière de cette dernière. Sans doute l'Anomalie avait décider d'user de cette méthode pour s'extraire à cette mortelle étreinte. Il semblait que la change-forme avait réussit son pari, seulement au détriment des blessures occasionnées par Eylohr...

Tout portait à croire que le colosse était plonger dans un état second ou dans d'étranges pensées. Touchant la jeune femme à la nuque, c'est sans doute à l'apparition de la couleur carmen qu'il reprit ses esprits pour ensuite venir en aide à Ophélia. Derrière le Roc se cachait bien un être sensible et le Vieux Loup ne pu que constater le changement d'attitude du forgeron qui à présent portait dans le creux de ces puissants bras l'être en détresse. Le Capitaine lui semblait rester insensible, les mains sur ces hanches, toisant son compagnon transformé soudainement en atypique protecteur.

- Hé bah mon gars! T'as faillit m'faire verser une larme!!! AHAH, nan j'plaisante! Mais f'gaffe qu'ta virilité en prenne pas un coup!

Lui adressant un clin d'oeil complice, il l'invita à le suivre d'un geste de la main.

- Allez vient, on va l'installer dans ma cabine! Mais promis mon gars, j'la trousserais pas! Héhé!

Pedro avait le don de se montrer toujours aussi insolant et moqueur, quelque soit la situation, mais il était conscient que l'Anomalie avait besoin à présent de se reposer en panser ces plaies. Prenant alors la tête du petit cortège, il traversa le pont dans sa longueur pour pénétrer dans sa luxueuse cabine. Il y avait là tout le confort dont un Capitaine de renom avait besoin, une vrai suite digne d'un Roi!




Bon d'accord, je vous l'accorde, c'était un peu beaucoup le bordel! Oui Pedro n'avait pas de femme de ménage ou de femme tout court pour pallier à sa paresse! AHAH! M'enfin passons. Lorsque le Géant du Froid entra, il referma la porte à sa suite avant de lui désigner le lit et de sa manière éternellement chaloupée, se diriger vers les vitraux derrière son imposant bureau, pour s'y tenir dos à la scène.

- Installe là dans mon pieu et va chercher d'quoi la rafistoler mon gars. Qu'tout ça reste entre nous, pas un mot à mon équipage hein! Et soit sans crainte, j'peux comprendre ta réaction. Maint'nant t'a choisi qu'elle vive alors on va faire avec. Ouai elle est très instable c'est sûre, faut s'en méfier mais elle nous à montrer quelqu'gages d'bonne foi. Prend soin d'elle et on f'ra un point quand elle ira mieux. S'tu préfère rester seul avec, j'men montrerais pas grognon, mais restez pas plus d'une nuit dans mes quartiers hein! Pis si elle a b'soin qu'on l'emmène chez sa pouffe, on fr'a faire un détour au rafio, ça roule ma poule?

Son langage ne portait nullement à rabaisser le géant, Eylohr devait le savoir pour cotoyer depuis maintenant plusieurs mois le Capitaine de Sousa, l'énergumène aimait donner des petits surnom de temps en temps des plus loufoques!



C'est qui l ' Patron, c'est qui !?? AHAH !!

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Ophélia Narcisse
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Mer 21 Fév - 20:06
Irys : 1246981
Profession : Cible mouvante pour Régisseur
Pérégrins -1 (femme)
Aemy avait constaté que sa pitoyable tentative d'évasion avait échoué, le sort avait décidé que sa vie devrait s'arrêter au bon vouloir de son agresseur. Elle leva les iris vers le ciel, sans même être capable de faire s'accompagner sa tête dans le mouvement. Sa vision était floue et les nuages là-haut semblaient déjà si proche. C'était étrange, elle aurait juré pouvoir les toucher, alors que tout devenait plus sombre autour d'elle. Sa vision périphérique s'était déjà effacée, il n'y avait désormais plus qu'un simple éclat de vision, si trouble que rien n'était distinct. Il n'y avait plus rien de réel, le néant s'approchait avec une inquiétante hâte, et même sous ses attraits métalliques, la jeune femme n'y réchapperait pas. Elle avait lâché ce qui devait être son ultime soupir étouffé, lorsque les larmes effleurèrent la peau brute du géant. Et, plus efficaces que les lois physiques du glissement, elles agirent à la source du problème de l'anomalie, les envies meurtrières de Tête aux Cieux. 

Alors qu'elle s'était arrêtée même de respirer, son corps glissa de l'étreinte meurtrière de Eylhor. La captive glissa de la surface du tonneau et son pas se déposa doucement sur le plancher du navire. Rescapée d'une fin qui se faisait de plus en plus proche, dont elle avait senti le souffle sur sa gorge, l'anomalie ne put supporter le choc, autant émotionnel, que physiologique. Elle s'écroula, laissant son flanc et son épaule gauche rebondir contre la surface lustrée du pont. Ses deux mains s'étaient jointes devant ses yeux, alors qu'elle toussait difficilement pour pouvoir retrouver l'oxygène qui lui avait fait grand défaut. Le rouge de ses pupilles et de son visage s'affaissait lentement, à mesure qu'elle inspirait la vie à travers ses poumons. Un fin filet de sang se dérobait de sa peau pâle, offrant un contraste spectaculairement accentué entre l'intérieur et l'extérieur de celle que l'on présumait être une folle. Elle se révélait être bien plus humaine lorsque les choses commençaient à devenir assez préoccupantes. Si la vie est un jeu, il n'est amusant que si l'on y gagne. 

Les paupières de la meurtrière commençaient à battre difficilement, se rabaissant sur des yeux qui semblaient fatigués d'effort et de douleur. Elle pleurait encore, bien que le supplice ne se soit arrêté. Avoir  peur était un concept bien rare dans l'esprit de la jeune fille, et chaque fois qu'elle l'avait ressentie, cela s'était avéré être une expérience bien traumatisante. Quant à son état physique ... eh bien, la cicatrice dans son bras gauche laissait un témoignage d'une hémorragie qui s'était révélée être bien plus grave que ce que laissaient les premiers aspects paraître. Dans sa semi-conscience, elle aussi presque effondrée, elle se demandait ce qui allait lui arriver, désormais ? Sa miséricorde était trop loin sur le sol, et son pouce refusait de lui répondre. De toute façon, le géant retira le carreau de son arbalète, et elle put apercevoir, mais de côté seulement, qu'il avait aussi pris son couteau. Il s'approchait, sans doute pour achever son oeuvre. Constatant ce fait, elle commença à essayer de ramper, mais son organisme était tout étourdi, ne résultant qu'en de brèves secousses indistinctes. 

Elle se sentit à nouveau décoller du sol, alors qu'elle réalisait qu'elle ne mourrait sans doute pas aujourd'hui. Son agresseur l'avait prise dans ses bras, l'un sous les omoplates, où ses cristaux étaient d'ailleurs logés, et l'autre dans l'ouverture de ses genoux. La jeune femme, devenue poupée, laissait ses mains remuer dans le vide et son visage tomber en avant. Ses respirations étaient lourdes, comme si elle venait de retrouver l'air après une longue noyade. Sa poitrine bougeait au rythme de ses inhalations et elle tremblait encore, réalisant à peine qu'elle se faisait porter. A bout d'endurance, elle ferma complètement ses paupières et sombra dans l'inconscience complète. Tout était devenu noir, plus un bruit, plus un son, pas même une vision, ni un rêve, rien. Ne restait que quelques pulsations qui se gravaient dans sa mémoire comme un lointain souvenir. Un souvenir ... si seulement elle en avait plus. Ophélia ... c'est un nom qu'elle ne se serait jamais vue donner. 

La notion du temps avait complètement disparue pour l'anomalie, aussi, elle ne sut dire à quel point le soleil était haut lorsqu'elle se tira de son sommeil bien trop profond. Non pas le ciel nuageux, ni même la brise fraîche. Juste un air renfermé qui sentait étrangement la marée. Son regard posé sur la couronne du lit, elle eut du mal à retrouver son orientation. Alors, elle jeta une subtile oeillade sur l'intégralité du compartiment. C'était comme se réveiller dans un château, à vrai dire. La jeune fille ne comprit d'abord rien à où elle avait été emmenée, mais les remous et l'instabilité du sol lui mirent la puce à l'oreille. Elle n'avait pas quitté le bâtiment, c'était une certitude, la deuxième évidence était qu'elle était en vie. La pièce était apparemment une chambre, enfin, une cabine pour être exacte. Beaucoup de chandelles, un bureau et un géant. C'est ce dernier détail qui fit le plus réagir la jeune fille.

Elle étouffa un cri, enchevêtrant ses doigts dans les draps qui lui avaient été offerts. Son dos cogna contre le mur, alors qu'elle appuyait dessus comme pour en passer au travers. La couleur des couvertures vint se greffer à la peau de l'anomalie, alors que des plis de soie apparaissaient sur son corps. Avec la véritable draperie, elle se cachait les visage jusqu'à l'arête du nez, ne laissant pas même apparaître ses yeux qu'elle plissait exagérément. L'empreinte qu'avait laissé Eylhor dans l'esprit de l'anomalie était tout sauf quelque chose d'agréable, et elle lui faisait bien comprendre. Un mélange d'incompréhension et de méfiance, suintant dans une large couche de terreur. Avec crainte, elle ouvrit ses paupières tremblantes pour relever son regard sur Tête aux Cieux, il ne semblait pas bouger, pas encore. Mais même malgré ce fait, Aemy enfouissant sa tête entre ses épaules, comme une enfant qui aurait peur du noir.

N'approche ... pas ...


Ses pupilles étaient à nouveau humides, le moindre geste que ferait le colosse provoquerait sûrement un hurlement tant elle était tétanisée. Sous les draps, l'innocente fille tordait ses lèvres, comme pour s'empêcher de gémir de peur. Toute sa terreur était terriblement visible, malgré toute l'hospitalité qui lui avait été offerte. La meurtrière était complètement sortie de ce corps. Avec le même instinct qu'un animal, son comportement s'était changé d'agressive territorialité à priorité de survie en seulement quelques instants. Son visage était bien trop crispée, bien trop inondé de frayeur pour que le tout ne soit une nouvelle illusion. L'expression calme et froide qu'arborait d'habitude la pauvre fille s'était complètement dissolue, pour laisser place à une honnêteté bien trop révélatrice de ses failles. La manipulation n'est efficace que lorsque l'esprit y est, hors, celui d'Ophélia s'était enfoui derrière son camouflage, faute de déguisement facial à arborer. 


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Ophélia s'exprime en #cc0066
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Eylohr Lothar
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Jeu 22 Fév - 19:03
Irys : 880187
Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
Pérégrins -2

  • Le colosse avait suivi le capitaine comme l’aurait fait tout bon second. Il suivit Pedro jusque dans ses quartiers et prit ses ordres.

    -Aye cap’taine, ça roule. Dit-il d'une voix sombre, grave et résonnante.

    Il se montrait docile pour une fois. Non pas que Pedro n’en avait pas l’habitude, il avait déjà plus d’une fois donné des ordres au molosse sans que celui-ci ne bronche d’un poil. Non pas qu’il n’eut jamais ressenti l’envie de montrer son côté sauvage au capitaine, mais il savait qu’il avait joué gros il y a plusieurs mois en Aildor lorsqu’il négocia un partenariat avantageux avec Pedro, le capitaine des pirates. Certes, il avait aidé le capitaine, mais ce dernier lui avait rendu au centuple en le laissant voguer avec lui. Il avait tellement vu, tellement apprit et tellement changé que s’il devait être un jour redevable à quelqu’un, se serait bien Pedro. Aussi ne bronchait-il pas lorsqu’il recevait des ordres.

    Eylohr déposa alors l’anomalie dans les draps de soie propres et doux du capitaine. Il la déposa doucement, avec une certaine tendresse. D’aucun aurait été choqué par cette douceur, impensable, venant de cette bête sans cœur. Il prit le temps d’enlever une première couche de vêtement qui fut souillée quelque peu par le sang qui avait coulé de la plaie causée par Eylohr, après quoi, il borda l’anomalie avant de s’occuper de la plaie.

    Celle-ci avait été relativement profonde, et le saignement fut important, du moins, compte tenu du physique de la donzelle, mais il s’était déjà presque arrêté. Alors, Eylohr s’employa à soigner la jeune femme. De sa grande main, il appuya doucement sur la plaie afin que celle-ci puisse arrêter de saigner, tandis que de l’autre il triait les affaires dont il allait avoir besoin. Il ne fallut que quelques minutes pour que le flux carmin soit arrêté et que le reste des soins puisse être réalisé. Il appliqua sur la plaie un désinfectant liquide qui, si elle était éveillée, aurait fait grimper Aemy au rideau. Il épongea ensuite le liquide et plaça un bandage propre autour de la plaie et du cou, en veillant à ne pas serrer trop fort. Il ne l’avait pas tué de sa lame tout à l’heure, il n’allait pas la tuer accidentellement maintenant. Ce serait plus qu’ironique. Toujours est-il que le colosse s’assura que la plaie soit nettoyée, désinfectée et que le bandage soit suffisamment bien placé pour pouvoir assurer la survie de l’anomalie.

    Puis, Eylohr se releva, remit la chaise dans un coin de la salle et sorti de la chambre. Face au capitaine De Sousa qui, toujours dos à la salle, fumait toujours sa pipe, il dit de sa voix grave :

    - C’est fait capt’aine. J’vais m’occuper des armes d’l’équipage, ça va… ça va m’changer l’esprit.

    Il laissa quelques secondes de flottement afin d’attendre une éventuelle réponse du capitaine, puis il prit le chemin du pont inférieur afin de rejoindre le petit atelier du navire et faire son devoir.

    Il prit régulièrement des nouvelles de sa victime en la visitant, changeant son bandage et en s’assurant de sa guérison. Elle dormait, et son sommeil durait presque deux jours. La nuit du deuxième jour, Eylohr s’était assis dans la chambre dans une position grotesque. Le dos contre le dossier de la chaise, la tête penchée sur la gauche, ses deux bras posés sur lui et ses deux jambes fléchis et écartées – a cause de sa taille – il observait le sommeil de l’anomalie, lorsque celle-ci se mit à tressaillir avant de se réveiller.

    Un cri étouffé indiqua au géant qu’elle avait pleinement reprit ses esprits et qu’elle était suffisamment orientée pour comprendre où elle était. Il faut dire que l’instabilité d’un bateau est caractéristique, et c’est ce qui avait surement mit la puce à l’oreille d’Aemy. De là où il était, Eylohr ne put voir qu’une partie du visage de la demoiselle tandis qu’elle tentait de s’éloigner de lui, et qu’elle cachait son visage sous les draps dont elle avait pris la forme. Cette transformation la fit presque disparaitre aux yeux du géant qui ne voyait plus qu’un drap levé avec une forme arrondie qui dépassait. Il put enfin comprendre où était la draperie et où était l’anomalie lorsqu’elle ouvrit ses petits yeux plissés tandis qu’elle restait immobile, comme apeurée. Dans l’esprit du géant, cette tueuse sanguinaire et instable devenait juste… Une enfant. Une enfant apeurée, effrayée, cherchant à échapper à un cauchemar terrorisant. Elle était terrorisée, et tout cela était si visible que le géant n’eut aucun mal à le voir.

    Il laissa s’échapper un long soupir qui se termina en un grondement sourd tandis qu’il changea de position. Toujours les jambes écartées, il s’appuya de ses avant-bras sur ses cuisses et courba son dos sur lui tout en regardant le sol, comme prit d’une réflexion intense. Il n’avait sur lui que ses pistolets, et la lame crantée qui avait causé les dégâts à la gorge d’Aemy, toujours attachée à sa cheville. Intimement, il espérait qu’elle resterait invisible aux yeux d’Aemy afin d’éviter de la terrifier encore plus.

    - Jt’ai soignée p’tite tête. Ta blessure va guérir t’as pas à t’en faire.

    Bien que sa voix fût grave et impressionnante de par sa résonnance, ses mots étaient calmes et rassurants. Doux, même, en quelque sorte. Enfin, toujours moins menaçants que ce qu’il avait l’habitude de dire ou de faire. Dans le même élan, il se releva de toute sa hauteur, surplombant la frêle ingénue terrorisée. Oh, il profitait de l’influence qu’il avait sur elle, bien entendu. Il ne voulait pas que sa soudaine gentillesse soit retournée contre lui, ni qu’Aemy pense qu’elle avait eut une emprise sur le colosse, aussi infime soit-elle. Non. C’était simplement la lueur d’humanité qui vivait encore en lui, pour le moment.

    Il s’approcha du lit de la jeune demoiselle blessée, doucement, de ses pas lourds et frappant le sol comme un tambour glaçant. Arrivé à sa hauteur, tandis que l’anomalie était toujours cachée sous ses draps, il entreprit de l’en dégager doucement, sans trop la brusquer. Lorsqu’il réussit à voir le bandage qu’il avait réalisé, il l’inspecta en se penchant sur elle, tout en gardant une certaine distance de sécurité entre elle et lui, et entre lui et sa lame à sa cheville. Si elle bougeait, il se saisirait alors de sa lame et la planterait dans sa gorge, sans échappatoire possible. Doucement, il dégagea le bandage afin de vérifier la plaie. Puis, il le remit en place et s’éloigna.

    - T’as parlé d’l’Alizée à Skingrad l’autre fois, que c’était ton pied-à-terre. C’était la vérité ? J’t’y ai jamais vu. Et… J’connais bien la tôlière. On est prêt à appareiller, on peut t’ramener. Qu’est-ce t’en penses ?

    Il veilla toute fois à rester loin d’elle. Elle n’avait plus ses armes, et n’avait rien à cacher au vu de sa position et de sa faiblesse tant physique que psychologique. Mais l’instabilité dont elle avait fait preuve jadis résonnait toujours dans l’esprit du colosse. Acculée comme une bête en cage, qui sait ce qu’elle pourrait tenter de faire…


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Pedro de Sousa
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Jeu 22 Fév - 21:36
Irys : 1683932
Profession : Pirate
Pérégrins -2
Eylohr ne sappait nullement l'autorité du Capitaine de Sousa et il savait que ce dernier n'y voyait aucune forme de domination ou d'une quelconque volonté d'ascendance. Non, le Vieux Loup était maître à bord et si le Géant du Froid bénéficiait d'un traitement de faveur il devait faire comme tout le monde et lui obéir lorsqu'il foulait le pont du vaisseau. Ainsi, toujours dos à la scène, Pedro fixait à travers les vitraux le réflexe de la lune sur les vagues, pensif. Et tandis que le forgeron pansait la profonde plaie qu'il avait causé sur sa victime, le pirate ralluma sa pipe. Bordel le tabac le tuerait sans doute avant quelconque lame ou balle, pour sûre.

Lorsque son compagnon reprit la parole, c'était pour deux raisons. La première, évidente était de tenir au courant le pirate quand aux soins, la seconde plus étonnante était de trouver quelques occupations utiles afin d'occuper ces pensées. Toussant à en cracher ses poumons alors qu'il éteignait son poison qui le tuerait à petit feu, de Sousa se retourna finalement, levant le menton vers son interlocuteur.

- Bonne initiative mon gars ! Mais veille sur la p'tite hein! Et oublie pas qu'on décolle dans trois jours et deux nuits ou deux jours et trois nuits, j'sais pu trop bien. Allez, file! J'me contenterais d'un amac à la proue du bateau Héhé !

Il lui lança un jeu de clé, le double de sa cabine qu'il venait de tirer du tiroir de son bureau, rajoutant avant que le colosse ne quitte la cabine.

- Oh et si la donzelle m'sali ma couche, t'as intérêt d'faire la lessive ! AHAHAHAHAH !!!!

Sur ces mots il resta un instant seul dans la pièce devenue bien silencieuse, le temps de récupérer une bouteille de rhum et de quoi faire son nid à la belle étoile. Passant à côté du lit, Pedro ne pu pourtant s'empêcher d'observer l'anomalie, se remémorant le fils des évènements avant de la découvrir un court instant. Quoi merde ! Elle pince bordel, il peut bien se rincer l'oeil deux secondes !!!!! Vous feriez la même chose à ma place bande de pervers refoulés ! Ahahah ! Hum, revenons en a nos moutons, oui Pedro la trouvait toujours appétissante mais ô combien plus dangereuse encore que dans le passé et il faudrait redoubler de vigilance.

Tapotant finalement son popotin endormi non sans illuminer son visage d'un sourire salace, de Sousa la recouvra avant de prendre congé non sans déclarer quelque mots qui ne trouvèrent pas échos.

- Bonne convalescence Ophé ! T'as tapé dans l'pif du Géant, mais gare à merder d'nouveau ou j'donne pas cher d'ta croupe.

Pedro ne réapparut pas les 2 jours suivants, laissant Eylohr réaliser des vas et viens quotidiens non sans exécuter les tâches qui lui avaient été confié à bord. Si tour semblait calme, bientôt l'équipage serait en ébullition comme avant chaque levée d'ancre.



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Ophélia Narcisse
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Jeu 22 Fév - 22:03
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Profession : Cible mouvante pour Régisseur
Pérégrins -1 (femme)
Aemy était toujours cachée derrière son aspect de soie lorsque le géant avait commencé à esquisser des mouvements. Même les plus légers, les plus sobres, les plus subtils faisaient renvoyer ses jambes frotter contre le matelas, comme pour reculer plus loin que ce que le mur imposait. Mais, tant qu'il ne s'approchait, tout  irait bien. L'anomalie passa brièvement une main sur son cou, notant la présence d'un bandage. Elle réalisa alors qu'elle avait perdu connaissance dès la suite de sa plaie. Pendant un instant, elle se crut captive, mais, elle y donna une seconde pensée, quel genre de geôlier donne pareil cachot à son détenu ? Soit le sens de l'hospitalité chez les pirates était vraiment sous-estimé, soit elle n'était en aucun cas considérée comme une prisonnière. 

La jeune fille releva des yeux confus, qui s'arrondirent plus encore lorsque le géant lui dit qu'il était celui qui lui avait administré les soins. Pourquoi l'avait-il blessée si ce n'était pas pour la tuer, pourquoi était-elle seulement encore en vie ? Et surtout, comment avait-il fait pour ne pas lui briser le cou avec de si grosses mains. Ses doigts faisaient presque la taille de ses paumes à elle, et la totalité de sa mitaine faisait sans mal la taille de sa tête. Il avait du faire preuve d'une extrême précaution lorsqu'il avait du manier le bandage, au cas contraire, elle serait restée endormie bien plus longtemps encore. Mais cela avait du se résulter en une belle réussite, preuve en était de sa respiration devenue, ou presque, intacte. 

Aemy en avait presque oublié le géant devant elle, mais il eut tôt fait de lui rappeler sa présence, après s'être levé devant elle. Elle se rétracta promptement sous la couverture, qui fut arrachée d'entre ses doigts. Se retrouvant alors complètement affalée sur le lit, le regard en contre plongée vis à vis d'Eylhor, elle avait un point de vue qui le rendait plus grand encore. Effrayée, la jeune fille tourna la tête sur le côté, fermant ses yeux et rabattant ses poignets devant son visage. Sa bouche se tordait en une expression qui accompagnait le froncement abusif de ses sourcils, comme si elle s'attendait à recevoir un coup. Lorsque la main du géant vint toucher son bandage, elle étouffa un cri, qui ne résulta qu'en un gémissement terrifié, alors qu'elle levait ses épaules par réflexe. L'anomalie tremblait de bas en haut, sa mâchoire même se secouait alors qu'il passait ses doigts entre les lanières blanches. Elle s'attendait à ce qu'il l'étrangle, comme il l'avait fait deux jours plus tôt. 

Mais rien de tel ne se produisit, il retira simplement sa stature de son imposante position, se remettant sur le côté du lit. La lumière des chandelles revint frapper les yeux d'Aemy cachés derrière leurs paupières. Doucement, elle ouvrit l'oeil droit, voyant le géant s'écarter d'elle. Reprenant une once de dignité, elle se remit sur ses genoux, jetant des oeillades latérales au colosse symbolisant toute la méfiance qu'elle lui attribuait. Tâtant son dos, elle constata que son arme lui avait été prise, et même son arbalète. Il n'y avait vraiment rien à faire pour arranger les choses de la manière habituelle. Pas de sang, cette-fois ci. Elle avait toujours affronté ses peurs par la lame, et les avait toujours éliminées par la mort. Et là, elle n'avait qu'elle même. C'était sans doute la pire situation envisageable, pour peu que le géant ne se montre moins ... conciliant. Car, à travers ses mots, la jeune fille distingua trois syllabes précises.

Vous ... connaissez Kelmina ?


Elle tourna enfin la tête vers lui, lui offrant cette question d'une voix on ne peut plus tremblante. Si son visage n'avait pas été aussi sec, l'on aurait pu confondre son ton avec des larmes. Mais aucune ne courait le long de ses joues, malgré le trouble de ses pupilles. Ses yeux s'écartèrent alors quant à la proposition du géant.

Vous ... me ramèneriez au Tyorum ? 


La pupille était encore emplie de méfiance, mélangée avec de la crainte. Tout ceci aurait très bien pu être un subterfuge, et elle avait bien mal choisi ses mots. Il aurait été facile de vérifier s'il disait la vérité, à travers un simple stratagème de suggestion, mais, sur le coup de la peur, tout esprit manipulatif de l'anomalie s'en était allé. Evidemment qu'elle le voulait, ça se voyait sur son regard, mais quelque chose l'empêchait de dire "oui". C'était peut-être l'instinct, ou bien la raison, pour une fois qu'elle s'exprimerait celle-là. Quoi qu'il en fut, tout ce que fit Aemy, c'est baisser la tête en se mordant la lèvre. 


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Eylohr Lothar
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Ven 23 Fév - 19:20
Irys : 880187
Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
Pérégrins -2

  • La terreur, cette demoiselle transpirait la terreur. La tueuse impitoyable et fourbe qui avait su couper la tête de trois personnes innocentes – ou presque – et tuer un vieillard un peu trop curieux, le tout, sans ressentir le moindre remord, tenait beaucoup plus maintenant d’une jeune fille effrayée, qu’un cauchemar horrible aura tirée de son réveil. Tremblante comme une feuille, cachée par sa maigre protection de draps et de soie, la pauvre prunelle faisait peine à voir. Quiconque se trouvant face à elle, qui serait doté d’empathie et de compassion, ressentirait une profonde tristesse pour cet oiseau apeuré. Mais si la présence du géant lui rappelait un souvenir désagréable, expliquant alors l’attitude transit de peur d’Aemy, elle retrouverait certainement toute velléité face à un individu effrayant, de son point de vu. Eylohr semblait bénéficier ainsi d’une sommaire protection qu’il comptait bien garder le plus longtemps possible.

    Le géant s’employait ainsi à rassurer celle qu’il avait tenté de tuer deux jours plus tôt, et dont la larme innocente avait su calmer les ardeurs sombres et funestes du colosse. Le peu d’humanité qui restait en lui avait trouvé écho dans cette larme qui avait perlé le long de la joue d’Aemy tandis que celle-ci s’abandonnait à une mort certaine. Mais s’il tentait de la rassurer, il ne voulait pas pour autant lui faire croire à une faiblesse de sa part. Aussi, s’employait-il à garder une certaine distance et une certaine méfiance, tandis qu’il conservait à proximité de lui ses armes et le couteau qu’elle avait eu l’occasion de voir de prêt.

    - Ouai, plutôt ouai ! J’la connais bien, on est même d’bons amis.

    La donzelle gratifia le géant d’un regard, le premier véritable regard depuis qu’elle s’était réveillée, elle qui, depuis le début de cet entretien, s’efforçait de fuir le regard du colosse.

    - Comme j’te l’ai dit. On appareil aujourd’hui dès que l’soleil pointera l’bout d’son nez, direction Skingrad. S’tu veux voguer avec nous durant les quelq’jours qui arrivent, pointe toi sur l’pont avant qu’le capitaine fasse l’appelle des troupes. Si tu t’pointe pas, on te débarquera. T’as 2 heures pour t’décider.

    A ses mots, le géant s’employa à faire demi-tour et à prendre la direction de la grande porte qui menait au pont supérieur du navire, là où les marins exécutaient la plupart de leurs corvées et de leurs travaux. Là où se trouvent les mats du navire, les canons de bordées, l’entrée vers le pont inférieur et les soultes, et la proue du navire. Alors qu’il remit sa gigantesque hache dans le fourreau de son dos, dans un bruit métallique tout particulier, il se mit légèrement de côté, comme pour laisser passer la grande porte qui allait s’ouvrir. Plaçant sa main sur la clenche, il tourna le mécanisme puis, se tournant encore un peu plus en direction d’Aemy, lui dit de sa voix grave :

    - T’as des affaires propres sur la p’tite commode d’vant le lit. J’sais pas si c’est à ta taille, c’tait à une des catins du cap’taine. J’crois qu’elle avait la même taille qu’toi.

    Puis il ouvrit la porte, s’y engouffra et la referma dans un bruit sourd de gonds métalliques, de bois et de lourdes plaques d’aciers. S’avançant sur le pont, il prit place sur un tonneau placé là qui n’avait encore pas été descendu dans les soultes, en attendant l’arrivée des derniers hommes d’équipage et les ordres du capitaine. Il se perdait à l’envie dans les flots qui berçaient le navire, prémisse des voyages futurs que tous les hommes attendaient avec impatience. L’euphorie latente animait le cœur des pirates présents, et à chaque fois qu’un nouveau corsaire arrivait pour reprendre son poste, il était accueilli par les chants et les cris de ses camarades. Eylohr lui-même souriait lorsque ceux qui venaient de passer plusieurs jours à terre revenaient au bateau et sa voix rauque et grave participait à l’écho des chants de bienvenu qui raisonnaient dans tout le port. Intimement, il attendait de voir le choix de l’anomalie. Allait-elle rester cachée et, à l’issu de l’ultimatum, être débarquée de force ? Ou allait-elle faire parti de l’équipage durant quelques jours ? Qui sait, peut-être y prendrait-elle goût ?


Let the night come, before the fight's won,
Some might run, against the test.
But those that triumph, embraces the fight's cause,
Their fear then proove that courage exist.
Hope.


Spoiler:
 


Voix d'Eylohr (Ronan l'accusateur):
 
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Ophélia Narcisse
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Ven 23 Fév - 23:27
Irys : 1246981
Profession : Cible mouvante pour Régisseur
Pérégrins -1 (femme)
Aemy s'était assise sur la bordure du lit, et, avec le peu de raison qu'elle avait, elle réfléchissait. Combien de fois s'était elle retrouvée en danger de mort accompagnée de ces deux loubards ? Si ses doigts étaient aussi infaillibles que sa mémoire, cela faisait environ trois, pour peu que l'excursion à la boutique soit comptée comme un risque. La jeune fille avait mué son expression, réalisant à quel point sa terreur était stupidement commune à ce que tout le monde devait ressentir face au géant. Elle n'était simplement pas habituée, chaque peur était source de trauma pour elle, et, malgré son visage redevenu froidement calme, elle cachait toujours sa frayer au sein de son coeur. Sa main passa sur son visage, s'aplatissant pour offrir un support tactile à son crâne qui commençait à lui nuire. Une petite migraine s'installa dans sa tête, la faisant brièvement grimacer, alors que le colosse l'avait laissé à sa décision. 

Une partie d'elle voulait partir, une autre voulait rester, comme à chaque ultimatum. Elle avait sans doute passé assez de temps à Cerka, et sa maîtresse devait sans doute attendre son retour avec impatience. La conviée prit donc les habits qui lui avaient été si "poliment" offert. Offrir les vêtements d'une catin était bien peu délicat, mais avant d'être la propriété d'une prostituée, ils étaient ce qu'ils étaient, de la soie à porter, et, mieux encore, ils étaient propres. Elle fit donc venir à elle les parures de velours, les dépliant devant elle. L'anomalie se rendit alors seulement compte qu'une couche de vêtement lui avait été enlevé, ne laissant que son haut qui lui serrait le buste, en un décolleté qui avait du subir de nombreux regards pendant que sa propriétaire s'était endormie. Elle n'osait pas penser à ce qu'il en était du reste, elle avait bien gardé son bas, mais il embrassait très correctement ses formes. 

Serrant un court instant les dents, elle se dévêtit des deux, espérant que personne ne passe la porte à ce moment-ci, sinon, elle ne serait en aucun responsable de quelconque effusion de sang. Une fois correctement installé, la jeune fille alla se poster devant le miroir le plus proche, s'offrant différents angles sur cette nouvelle tenue qui lui seyait à ravir, du moins, lorsqu'elle arborait sa douce expression d'agneau. C'était une robe d'un rouge nacré, peint de quelques nuances sombres qui remontait en un col arrondi et offrant, une fois encore, un large point de vue sur le buste. Cela ne l'étonnait vraiment pas, connaissant quelque peu le pirate et les dames de luxure. Elle s'employa à corriger le tir en enroulant le reste de bandage autour de son torse pour aplatir et maintenir sa poitrine. Mais la pièce de couture n'en était pas moins belle, ses lanières rougées montant jusqu'aux clavicules et se collant à ses épaules, laissant la totalité de ses fins bras exposés à la lumière de la chambre. Le bas, quant à lui, avait été taillé pour accompagner le haut de toute évidence. Une draperie ronde, coupée en arc pour laisser passer les jambes, sans oublier de faire remonter le trait jusqu'à la mi cuisse. Cet habit avait les propriétés de son ancienne maîtresse, mais les autres commençaient à suinter de sang. A croire que les deux idiots avaient tout manigancé.

La jeune fille se redirigea alors vers la baie de verre qui lui offrit un panorama tout droit sortit d'un rêve. Le port était presque vide, seule subsistait le ton cristallin de l'eau qui, sujet aux reflets du soleil, dansait en une parfaite harmonie, sous des projecteurs orangés. C'était comme éclairer une abysse à la lanterne, une si faible lueur mais qui pourtant ne cesser de briller. Il fallait bien faire un choix désormais, mais Aemy fit preuve d'une exceptionnelle efficience quant à sa décision. Son esprit s'était déjà décidé, elle voulait juste attendre que sa migraine ne s'en aille. Ce qui ne fut le cas qu'après une heure de sieste supplémentaire. L'anomalie se dirigea donc vers la sortie, effleurant au passage le verre d'une lampe qui traînait sur un coin de la porte. Sa peau devint aussi cristalline et transparente qu'une surface vitrée, et, toutes les quinze secondes, elle s'employait à trouver un nouvel endroit où conserver son apparence. Elle ne voulait pas être dérangée, pas maintenant. 

Elle trouva alors un point qui l'intriguait beaucoup, qui offrait une vue plus belle encore que la cabine du capitaine. Le beaupré à l'avant du bateau était bien long, et il s'étendait par delà la coque, offrant un point de vue plus exposé au vent que n'importe quel autre. C'est qu'il était bien doux ce soir, et la jeune fille comptait en profiter pour enfin respirer. Derrière elle, les chants n'avaient pas stoppé, tout laissait pensait que soit elle n'avait pas été remarqué, soit elle s'était déjà intégrée à l'équipage. Cette dernière option fut effacée, l'absence de sifflement ou de remarque lourdasse ayant été noté par Aemy. Elle s'assit simplement à l'extrémité du mat d'avant, jambe pendant dans le vide qui la séparait de la mer, dont la surface paraissait si bas. Elle ne semblait pas disposée à quitter son maigre pavillon, pas même quand l'ordre de rassemblement serait donné. Les deux lourons l'avaient habitué au confort, ils en paieraient les frais. Si sa présence n'avait pas encore été remarqué, ils devraient penser qu'elle serait partie. Mais, en secret, elle espérait que ce soit une bonne surprise qu'elle leur rassure du contraire.


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Pedro de Sousa
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Sam 24 Fév - 7:56
Irys : 1683932
Profession : Pirate
Pérégrins -2
La Baie de Tyor, un havre de paix pour le Capitaine de Sousa, voilà la destination qui attendait le Vieux Loup et son équipage. Fort de son climat et de ces nombreuses criques dont l'une donnait sur une forêt tropicale où de Sousa y avait installé l'un de ces repaire provisoire,  le vaisseau avait bien l'intention d'y mouiller quelques temps, permettant aux marins de gagner rapidement Skingrad pour certains où élisait domicile quelques connaissances ou famille. Les derniers mois avait été plutôt prolifique en mer et si Pedro avait écoulé sa marchandise, il lui fallait mettre à l'abri ces richesses qui ne cessaient de croître et qui devait lui servir à s'offrir ni plus ni moins qu'un caraque qui représenterait le fleuron de sa flotte!

Il était donc temps de quitter Cerka  à l'aube pour gagner dans un premier temps Skingrad non sans réaliser quelques éphémères étapes le long des cités côtières afin de procéder au renouvellement de son équipage, presque une routine en soit. Sur le pont, après avoir délaissé son hamac de fortune,  le Vieux Loup, tel un félin, sauta sur un monticule de caisse jouxtant le grand mât. Bordel c'est qu'il avait pu 20 ans! Se tenant un instant le dos, il se redressa finalement, heureux qu'aucun marin n'ai assisté à la scène.

Gonflant alors ces poumons d'air, il beugla à gorge déployée, faisant taire les mouettes alentours qui venait de se réveiller pour s'offrir leur première pêche dans le port poissonneux. A son épaule droite Toddo son perroquet et sur sa gauche Baggo son capucin tenant une maracasse.

- BANDE DE FEGNASSES, ON R'TIRE SON POUCE DU BEC OU DU FION ET AU RAPPORT!!!!!!!! LES R'TARDATAIRES S'RONT CORVÉE DANS LES SOUTES ET D'POTS D'CHAMBRE !!! MWOUHAHAH !

Tandis que Toddo faisait claquer son bec, répétant en boucle les mots de son maître, Baggo jouait de son instrument, se faufilant dans chaque recoin du navire pour harceler l'ouïe de l'équipage. Bref un réveil qui secouait ! Les gars ne semblaient pas surprit même secouait le réveil pour beaucoup était accompagné de migraine ou d'une bonne bouche bien pâteuse, reste de la soirée de la veille pour sûre!

Il ne fallut pas longtemps au capitaine pour voir surgir ces premiers forbans, certains encore en train de remonter leur froque, tandis que  certaines donzelles rangeaient leur canons de chaire dans leur corset pour reboutonner ensuite leur chemise.

D'ailleurs non loin de la position où avait élu domicile l'invisible Ophélia, une pirate remontait son sarouel, avant d'enfiler un bandana, elle semblait bien hâtive de rejoindre le pont et faillit trébucher sur la roublarde anomalie.

Pendant ce temps, Pedro, de sa hauteur, cherchait signe de vie du Géant du Froid, se demandant bien ce qu'il était advenue de la convalescente et dangereuse anomalie, il prendrait sans nul doute des nouvelles et ce n'était sûrement pas cette dernière qui allait retarder le départ !



C'est qui l ' Patron, c'est qui !?? AHAH !!

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Eylohr Lothar
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Dim 25 Fév - 15:05
Irys : 880187
Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
Pérégrins -2

  • Une heure s’était écoulée. Durant ce temps, Eylohr s’était attelé à ne rien faire. Littéralement. Assis sur un tonneau, une bouteille à la main, il contemplait les remous de l’océan qui venaient terminer leurs courses dans la marina. Le calme de cet instant précédait l’exaltation à venir. Le capitaine allait rappeler ses troupes, indiquant la venue de nouveaux temps de combats, de pillages et d’aventures, ce dont tous les pirates étaient férus, pour sûr ! Peut-être même gratifierait-il ses hommes d’un discours galvanisant ? Pedro De Sousa, un des plus grands pirates de ce monde, n’était pas connu pour son verbe élégant. En revanche, il était de notoriété commune que la capitaine des pirates savait faire preuve d’un charisme atypique et d’une autorité indiscutable. Que son équipage soit fait d’hommes ou de femme, toutes et tous avaient un profond respect pour lui, et une certaine crainte, parfois.

    Mais aucune trace de l’anomalie. Se risquant à quelques coups d’œil vers la porte des quartiers du capitaine, le géant du froid n’avait pas vu la jeune convalescente pointer le bout de son nez. Et une heure s’était déjà écoulée. L’ultimatum arrivait bientôt à son terme.

    Durant cette attente, l’équipage continuait d’affluer. Après plusieurs jours à terre, certains comateux portaient les stigmates de beuveries mémorables qui avaient achevées de détruire leur honneur et leur dignité. Tel des zombis, ces êtres grotesques que la gueule de bois empêchait de garder les deux yeux ouverts et que la fatigue maintenait fourbus. Toutes et tous, ils arrivaient chacun leurs tours sur le pont du navire.

    De grandes clameurs résonnaient alors, grandissants petit à petit lorsque de nouveaux forbans vinrent grossir les rangs, terminant d’achever les maux de têtes des uns, et de réveiller les autres. Devant ce spectacle étonnant qui ravissait le colosse, le capitaine s’était dirigé vers le mat principal, manquant de tomber à la renverse. Mais cela bien sûr était à garder pour soi. De toute sa hauteur, toute gorge déployée, il s’adressa à ses troupes tandis que, toujours du coin de l’œil, le géant du froid cherchait à voir une éventuelle trace de présence de l’anomalie. Elle devait vouloir être débarquée. Tant pis pour elle. Elle retournerait à Skingrad par ses propres moyens.

    Conformément aux ordres du capitaine des pirates, Eylohr entreprit alors de montrer sa présence afin de faire toujours parti de ses rangs. Si les effectifs des pirates changeaient souvent, les responsables du navire changeaient avec la même rapidité. De toute sa hauteur, il était inutile pour lui d’afficher sa présence par la parole. Se tenir droit suffisait amplement, tant il dépassait de l’assemblée et de loin. Bien que quelques pirates eussent une hauteur tutoyant les deux mètres, il restait tout de même le plus grand et le plus imposant. Cela amusait beaucoup les pirates qui le défiaient de temps en temps dans des combats de bras de fer.

    D’un mouvement du menton, Eylohr toisa le capitaine en lui indiquant sa présence ainsi que son soutiens, renouvelant ainsi sa fidélité, après quoi, il donna à certains camarades d’infortune une tape virile, échangea quelques paroles graveleuses et préta toute son attention aux propos du capitaine du navire. En tant que son second, c’était à lui de faire en sorte que s’applique la discipline sur tout le navire et à tous les membres de l’équipage. Beaucoup le craignaient, tant il avait pu démontrer à plusieurs reprises sa propension à la cruauté. Si le capitaine décidait qu’un pauvre bougre devait être fouetter, Eylohr ferait de la peau du malheureux une peau tannée comme le cuir. Si le capitaine décidait qu’un individu devait mourir, Eylohr passerait le condamner par les armes. Si le capitaine voulait des informations d’un récalcitrant malchanceux, Eylohr s’occuperait de l’interrogatoire.

    Les créatures marines purent se repaître à plusieurs reprises des cadavres balancés par-dessus bord. Sans doute auraient-elles voulu remercier le géant, si la possibilité leur avait été donnée.

    Pour le moment, l’heure était à l’écoute du capitaine du navire qui se préparait à parler aux hommes. Quiconque ouvrirait alors sa bouche sans y être autorisé serait sévèrement punit. Si les pirates sont des hors la loi, il est des préceptes et des règles qu’il est impossible de transgresser et ce moment en fait partit. Quiconque couperait la parole au capitaine des pirates serait passé au fil de l’épée, avec un peu de chance.


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Ophélia Narcisse
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Dim 25 Fév - 16:14
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Profession : Cible mouvante pour Régisseur
Pérégrins -1 (femme)
L'ambiance s'était réchauffée sur le bâtiment, les clameurs des joyeux rats des mers qui rentraient au bercail dans l'inextinguible excitation de repartir en voyage. Ceux qui trouvent leur foyer dans l'étranger, voilà les personnes qui sont vraiment heureuses. Aemy, elle, elle les observait depuis le bout de son beaupré, toisant leurs sourires ignorants d'une oeillade hautaine. Tous des cafards, rien que des abrutis prêts à mourir pour que le fond de leur bourse subsiste. A quoi est-ce qu'ils se raccrochaient pour se persuader que leurs vies avaient un sens ? Au capitaine ? Ce marin qui n'a pas bougé le petit doigt lorsqu'elle lui a ramené son soldat en pièce détachée, valait-il seulement le respect de tous ces gens ? De par-dessus son épaule, l'anomalie observait, son aspect charnel retrouvé, elle n'était plus invisible à qui que ce soit, mais, étrangement, elle ne se faisait pas remarquer dans le tumulte des corvées marines tant attendues de l'équipage.

Tous, tous vouaient un amour étrange à la structure navale. Ils attachaient les cordes avec soin, comme s'ils effleuraient un reliquat. Bien sûr, ce n'était pas l'habileté d'une servante, ou bien même la subtilité d'un majordome, mais dans la manière qu'ils avaient à tout faire parfaitement, il se retrouvait une gratitude incertaine, une redevance. Ce n'était pas l'amour que cherchaient ces gens, et la visiteuse comprit que le respect ne se trouvait pas dans l'amabilité. Ce navire reconnaissait De Sousa comme capitaine pour son caractère qui témoigne de tout, sauf de la courtoisie. Pour diriger, il faut un homme, mais il faut surtout une bête. C'est cette aura de charisme qui faisait se lever le silence lorsque l'ordre se donnait, c'est cette certitude infaillible qui servait de promontoire à la servitude volontaire, et mieux encore, appréciée. Les femmes et les hommes de ce vaisseau n'en sont pas les esclaves, ils en sont les planches, les canons et les mâts. 

Un cri avait retenti, c'était la voix autoritaire du loup de mer tant évoqué. Le vocabulaire était fleuri, mais les ordres étaient claires et les représailles plus encore. Il y avait donc de la discipline, ici, cela plaisait à Aemy de voir des moucherons connaître leur place, et ce simple fait avait sorti le capitaine de cette même catégorie. Quant au géant, eh bien il aurait été injuste de le laisser dans un tel classement ... pas après ce qu'il a fait. Sentant que l'heure était plus qu'amorcée, la jeune fille se leva de son charmant perchoir pour s'en retourner vers le pont. La section sur laquelle elle se trouvait semblait désormais déserte, l'équipage devait s'être rassemblé au centre du vaisseau. De là où elle était, la scène était cachée, mais elle entendait bien les paroles du capitaine qui montaient dans l'air. Son choix avait été fait après tout, les règles imposaient désormais qu'elle s'y conforme.

Alors, de son nouvel habit, elle se dirigea vers les marches qui menaient au pont. Elle posa le pas sur la première, et seulement vit-elle l'imposante armada qu'était l'équipage du vaisseau. Les compter était trop de travail, mais ils étaient n'étaient sûrement pas qu'une dizaine. La main posée sur la rambarde, elle dévalait silencieusement les escaliers. Dans cette même démarche, elle sentait quelques regards qui se posaient sur elle, certains accompagnés de sourires ... qu'elle ne voulait pas interpréter. Rendue à mi-hauteur de la cage, elle s'arrêta brièvement, offrant aux rats un regard qui témoignait de tout son mépris pour les vies inférieures qu'elle avait devant les yeux. Tout était si hautain chez elle, tout puait l'arrogance, le mépris. Ses pupilles vinrent alors faire le tour du pont, se déposant sur Pedro, puis sur Eylhor.

Humf.


Et elle continua sa descente le plus sobrement du monde, comme si cette foule n'était rien d'autre qu'un essaim. Arrivée à son tour sur le pont, elle déposa son talon sur les planches solides et s'adossa à la bordure du bâtiment. S'il fallait écouter, la jeune femme s'y plierait. La courtoisie se voyait récompensée dans les actes d'obédience de l'anomalie. Elle n'avait bien sûr pas oublié ce qui pourrait lui arriver si elle devenait dissidente, mais elle se réservait quelques écarts caractériels qui lui étaient propres. Oui, elle avait des airs d'enfant gâtée, mais elle avait aussi sa petite aura intimidante à elle, la même sensation que lorsque l'on regarde trop longtemps au travers des ténèbres. Qui sait quelle bestiole peut mugir hors du néant ? Et qui sait si sa morsure est mortelle ...? Là était tout le charme de la petite démone, qu'elle s'était-elle même qualifiée. Mais l'heure était au silence, car le capitaine parlait.


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Pedro de Sousa
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Dim 25 Fév - 18:05
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Profession : Pirate
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Que faut il à un capitaine pirate pour commander un vaisseau et discipliner des êtres fougueux et souvent t incontrôlables ? Courage, savoir, cruauté, chance et des compétences évidentes de navigateur et de meneur d'hommes. Pedro s'employait à cette dure tâche tout en maintenant son équipage satisfait. Il le savait, d'un jour à l'autre, il pouvait récolter d'innombrables richesses ou finir ses jours sur une île déserte. Les pirates ont une haute estime de la justice et une haine féroce de la tyrannie et de l'oppression. Pour nombreux membres d'équipage, la piraterie était un échappatoire à bien des privations de liberté.

Toisant ces hommes, satisfait de voir que le rassemblement s'était rapidement formé, de Sousa avisa Eylohr, à la fois garde du corps et Second par intérim, ainsi que son Quartier Maître qui l'avait suivi contre vents et marées depuis maintenant vingt ans. Le revu des troupes allaient commencé, seulement voilà qu'apparut Aemy dans une tenue qui n'avait rien de conventionnel sur le rafio, une robe de demoiselle ! Elle rejoignait l'assemblée non sans être la cible de regards aux intentions divergentes, s'adossant finalement à la bordure du bâtiment.

Jetant un regard pas vraiment content envers le Geant du Froid, pas que la présence de l'anomalie le gène mais plutôt le manque de goût du colosse pour habiller la donzelle ! Si au moins il avait eut la présence d'esprit de lui donner l'illusion d'un forban! Bref, il allait devoir garder son charisme auprès de ces troupes. La désignant alors du doigts alors qu'il s'accrochait à un cordage du haut de son tonneau en guise d'estrade, il déclara.

- Hey toi! Tu t'es cru sur un bateau d'croisière ou sur un vaisseau marchand?!

Il reporta son attention sur son quartier maître.

- Sablier, José !

L'homme accourut, glissant l'objet dans la paume de son capitaine qui le brandit devant la foule avant de le retourner, inclinant la tête en direction d'Ophélia.

- T'as trois minutes pour t'changer ! Au dernier grain d'sable, j'te fou mà botte au cul ou j'te balance au requin!! VAMOS, VAMOOOOSSSS !!!!


Son ordre fut suivi d'éclats de rire de la totalité des forbans présent, une bonne quarantaine au bas mot. Pedro n'avait pas l'intention d'humilier Ophelia mais de la faire se plier aux règles ! Sur un vaisseau pirate, les femmes étaient légions mais les robes étaient proscrites sur le pont!

Se désinteressant alors de l'anomalie, sans même attendre la moindre réaction de sa part, il balaya l'équipage de son regard autoritaire et conquérant.

- Est ce que vous êtes prêt à r'prendre la Mer mes bigorneaux !?


A l'unisson, faisant vibrer le parquet, on entendit une reponse commune et pleinement instructive quand à la commanderie du Vieux Loup.

- OUI CAPITAIINNNEE!

Le visage du célèbre pirate s'illumina, offrant un sourire en coin satisfait.

- Bon, Parfait ! Chacun sait c'qu'il doit faire! On va l'ver l'ancre direction l'Sud! Eylohr, tout est en ordre pour l'approvisionnement !? Y a pas un loustique qui aurait oublié un tonneau d'rhum, un sac d'riz, la poudre à canon ou qu'sais-je encore!?


Manière de détourner l'attention de la forme féminine qui avait un peu interloqué une bonne partie de l'équipage. Pedro espérait qu'elle ne cherche pas à saper son autorité, sinon il aviserait, avec ou sans l'approbation du colosse d'Aildor.



C'est qui l ' Patron, c'est qui !?? AHAH !!

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Eylohr Lothar
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Dim 25 Fév - 19:46
Irys : 880187
Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
Pérégrins -2

  • Eylohr ne daigna pas regarder l’anomalie s’avancer sur pont alors que tout le reste de l’équipage, en revanche, s’occupait de dévisager la donzelle de bien des manières possibles. Les expressions et les gestuelles des hommes, ainsi que de certaines femmes, laissaient entrevoir la suite des idées qui commençaient à naître dans les esprits fertiles et inventifs de ces forbans dont l’appétit pour les plaisirs de la table, comme de la chaire, étaient insatiables. Aussi, bien que certains venaient à peine de terminer des jours et des jours de débauche et de luxure, ils remettraient volontiers le couvert ici et maintenant, si l’imposant capitaine ne les tenait pas en haleine.

    En revanche, il pu très distinctement déceler le regard de Pedro quand il vit la tenue inappropriée de l’anomalie. L’erreur du géant était flagrante, et, bien qu’il tînt tête au capitaine en gardant son regard plongé dans le sien, il lui indiqua d’un léger balancement de tête sa compréhension et, par ce fait, son placement sous ses ordres. Il assumait les éventuelles conséquences de cet échec, comme le ferait tout bon pirate.

    La tenue interdite devait être changée, sur le champ. Le sablier dans la main, le capitaine ordonna de sa voix grave et puissante le changement immédiat de cette tenue inappropriée. Ophélia voulait naviguer ? Elle devra être comme toutes les autres femmes : habillée comme il se doit. Visiblement, les vêtements des catins étaient encore trop classieux pour le monde des pirates. La faute à Eylohr qui n’avait pas suffisamment réfléchi. Et qui n’avait jamais eu à habiller une femme sur le navire de Pedro également. Manque de discernement, et d’expérience, sans doute.

    Les éclats de rires passés, la phrase du capitaine trouva écho dans les cœurs de tous les membres de l’équipage, tout comme dans le cœur glacé du géant du nord. Aux hommes d’équipage, il se joignit avec entrain lorsqu’il répondit un « OUI CAPITAINE ! » grave et puissant. Mais il n’était toujours pas temps d’appareiller, ni de baisser sa garde. Encore moins de s’intéresser à l’anomalie qui, espérons pour elle, avait commencé à suivre l’ordre donné.

    Quand le capitaine demanda à Eylohr si l’approvisionnement avait été mené jusqu’au bout et que rien ne manquait, le géant s’employa à toiser l’assemblée du regard, s’occupant de dévisager en priorité ceux qui étaient sensés s’occuper de cette tâche qui fut déléguée. S’arrêtant quelques secondes sur chacun d’eux, il entreprit ensuite de se rendre jusqu’à la rambarde du bâtiment, côté quais, pour vérifier qu’il ne restait plus rien à monter. Baladant son regard sur toute la partie du quai qui était réservée au navire, il scruta la moindre caisse, le moindre tonneau, la moindre peau ou tout ce qui aurait dû être monté à bord du navire et qui ne le serait pas à ce moment précis. Pour lui, rien ne manquait. Ainsi il se retourna, reprit la direction de la place qui était la sienne et croisa les bras tout en toisant l’équipage de toute sa hauteur.

    Si les pirates étaient des aventuriers en quête d’une liberté intégrale, tout le monde se pliait à une seule forme d’autorité : l’autorité elle-même. Seul un individu courageux, doté d’une intelligence suffisamment clairvoyante pour apprendre à diriger avec toutes les personnalités différentes qui composent un équipage de forbans, d’une cruauté sans limite, d’une force aussi bien physique que psychologique à toute épreuve, et d’un charisme indiscutable. Quant à la chance… Eh bien, on peut dire que tout se fait avec un minimum de chance.

    Rien que le fait que le boulet de canon ennemi emporte la jambe du forban d’à côté plutôt que celle qui nous appartient est une chance en soit. Tout comme lorsque la balle du fusil à verrou d’en face termine sa course dans le bois à quelques centimètres de vous, grâce à une forte brise passagère et imprévisible.

    Eylohr était à disposition du capitaine, prêt à exécuter les ordres, et à faire ce que Pedro attendait de lui. L’attention de l’assemblée était toujours attirée par le rassemblement, mais l’anomalie était toujours attendue.


Let the night come, before the fight's won,
Some might run, against the test.
But those that triumph, embraces the fight's cause,
Their fear then proove that courage exist.
Hope.


Spoiler:
 


Voix d'Eylohr (Ronan l'accusateur):
 
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Ophélia Narcisse
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Dim 25 Fév - 21:26
Irys : 1246981
Profession : Cible mouvante pour Régisseur
Pérégrins -1 (femme)
Le capitaine avait donc daigné interrompre son appel, simplement pour remettre une question un bout de tissu. Choix intéressant quant à l'ordre des priorités, mais qu'est-ce qu'elle en savait de toute façon ? C'était lui le chef à bord, et s'il devait imposer cette règle, il avait sûrement de bonnes raisons. L'anomalie s'était jurée de faire preuve de bonne foi, et son instinct de survie lui suppliait d'ailleurs de poursuivre dans cette voie. Elle tira de son esprit le peu de tempérance qu'elle possédait, refoula un crachat et protesta silencieusement entre ses dents. Le crissement glissa entre ses gencives pour rebondir contre sa joue droite. S'il n'y avait pas le choix ... qu'y avait-il à redire. Elle se redirigea donc dans la cabine du capitaine, en prenant bien évidemment tout son temps, la marche suffisait amplement. 

Dans les appartements de De Sousa, elle se dévêtit en vitesse et déposa les affaires données sur la commode. Elle arracha également les tissus qui recouvraient son buste, ils étaient inutiles de toute façon. La jeune fille ne fit que reprendre son pantalon qui lui arrivait au milieu des cuisses et son haut léger sans manche aucune. Bon, ils étaient encore tâchés d'innombrables tâches de sang, et le bas en avait un peu qui coulait le long de la taille, mais c'était déjà plus adapté à des forbans. Tout ce qu'elle espérait c'est que personne ne se rende compte que la majorité du sang qui inondait le haut, c'était celui d'un ancien membre de l'équipage, qui manquait désormais à l'appel. Pour tout ce que ça importait à la demoiselle aux cheveux de jais, de toute manière elle l'avait remplacé, et elle ne doutait pas une seconde que cela représentait une perte pour l'équipage. Quoi qu'il en fut, elle était désormais changée, et dans la thématique du lieu. Mais ... ses armes ? Où est-ce qu'ils les avaient emmené ces idiots ?

Elle s'en vint donc sur le pont où l'équipage était encore rassemblée. Aemy n'avait pas mis longtemps, et elle se fichait bien de savoir si le sablier était épuisé ou non, bien qu'il était préférable qu'il ne le soit pas. Mais au vu de sa rapidité, il était probable que les trois minutes ne soient pas, ou bien que très légèrement dépassées. La jeune fille s'en vint alors chercher le capitaine du regard, c'est qu'elle avait des propriétés à récupérer, elle. Il ne semblait pas avoir bougé de son promontoire dévoué à sa pleine grandeur. Le géant l'avait rejoint, aux aguets. C'est qu'il devait en avoir de l'autorité le loup de mer, et pas des moindres. L'anomalie l'avait bien vu avant, le géant était comme le laquais du capitaine, rien ne se faisait sans l'approbation du vieux loup de mer. Ce qui était vraiment amusant, en revanche, c'étaient les deux bestioles qu'il tenait sur ses épaules. Elle ne se souvenait pas avoir déjà vu ce genre de choses, ou bien ces espèces dans quelconque livre. Mais tout cela tenait du détail. 

Mieux ?


Un sourire suffisant s'afficha sur son visage. Oui, c'était absolument ignoble de remettre de tels habits souillés, mais qu'est-ce qu'elle en avait à faire ? Si elle le pouvait elle se baignerait dans du sang pour tout l'effet que ça lui fait. Mais il lui manquait deux choses capitales, sa miséricorde, et son arbalète. Elle avait trouvé ses gants, juste en dessous de son haut, mais ses armes, elles, elle ne  les avait pas trouvés. L'expression de la pirate par intérim était devenue ... eh bien, habituellement froide et inexpressive, cela ne devait plus étonner guère les deux lurons. Il semblait que l'on pouvait s'habituer à la jeune fille lorsqu'elle adoptait cette attitude des plus simples. Mais peu importait la démarche, l'équipage s'amusait toujours à la lorgner du coin de l'oeil. 

Elle ressentait un profond malaise, les regards étaient toujours lourds, peu importait la provenance, mais la quantité, elle, était un facteur absolument capital. La masse commençait à devenir trop lourde à supporter, et, du peu qu'elle se connaissait elle-même, l'anomalie risquait de vêtir une nouvelle fois son aspect instable. Et ça, c'était préférable de l'éviter, autant pour elle que pour le pauvre gars qu'elle aurait le temps de tuer avant de se faire abattre. Alors, elle passa devant le capitaine, lui jetant son regard glacial qui ne devait plus l'impressionner, s'il l'avait jamais fait. 

Mes armes, j'en aurais besoin.


Lui glissa-t-elle en un murmura presque inaudible des troupes derrière. Elle ne l'interrompit pas plus, continuant sa marche vers les rangs parmi les autres abrutis, dont la moitié s'esclaffait encore en reluquant la "croupe", de la jeune femme. Le reste eux, lorgnaient les vêtements ensanglantés. Quant à l'effet que ces derniers avaient sur les pirates ... eh bien, il dissuadait les moins braves et excitaient les plus tordus. Elle pouvait facilement reconnaître les uns des autres, puisque ceux qui s'en étaient lassés avaient simplement tourné la tête vers Pedro. Plus ou moins intégrée dans les rangs, c'est à dire à deux mètres du plus proche moussaillon, elle avait croisé les bras sous sa poitrine, la faisant très légèrement se soulever. Le geste était bien évidemment involontaire, et ne devait que témoigner de son impatience. Mais une truie qui se croyait maline, y comprit tout autre chose.

Hey, ma belle, si tu as besoin d'aide pour la tenir je peux t'offrir mes doigts.


Approche et je t'arrache la glotte avec mes dents.


Les mots étaient si contrastés avec son apparence de jouvencelle, c'en était un régal pour quiconque avait assez d'humour pour déceler le décalage. L'anomalie nota même quelques rires étouffés dans la foule. Mais elle, elle avait un regard qui laissait sous entendre qu'aucune de ses paroles n'avait pour objet la plaisanterie. Oh elle le ferait, avec grand plaisir même. Et, lorsque l'insolente s'en vint à se rapprocher, Aemy se dressa sur ses jambes, comme une vipère redresse son échine avant de mordre. La pauvre moussaillonne, l'esprit de sa cible de c ... oeur était bien plus tordu que ce qu'elle imaginait. Un pas de trop, et elle crèverait.


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Ophélia s'exprime en #cc0066
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Pedro de Sousa
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Lun 26 Fév - 13:25
Irys : 1683932
Profession : Pirate
Pérégrins -2
Bon bon bon, Pedro était pas peu fier de tenir ces hommes en respect et que son nouvel acolyte laisse sa fierté de coté pour se montrer Loyal, ça c'était une preuve qui allait sans doute cimenter leur couple! Oups pardon, leur complicité, amitié et plus si affinité! Rohhhh non arrête de croire qu'il veut lui faire le cul BORDEL! J'parle d'affinité d'affaire non di diou! Vous être vraiment de gros pervers ma parole! Bref, autre élément rassurant, l'Anomalie n'avait pas daigner jouer la rebelle et c'était une très bonne chose si elle souhaitait être admise par l'ensemble de l'équipage. Mais il fallait bien l'avouer, elle avait incarné un objet de curiosité et il allait falloir qu'elle cravache... HEY ATTENTION J'VOUS SURVEILLE... dur pour se faire son trou... NON MAIS ARRETER AVEC VOS ILLUSIONS, JE LIS DANS VOS PENSEES!!!!

Bon, est ce que l'on va s'éterniser sur le dérouler du schmilblique? Non hein! Eylhor à bien résumé les choses et finalement, Ophélia c'était pointé in extremis alors que les derniers grains de sable quittait la partie supérieur du sablier. Bon ok sa nouvelle tenue allait pas forcément détourner l'attention des marins, loin de là, les membres d'équipages étaient pas des vampire suceur de sang, mais bon quand on se trimbale dans un accoutrement imbibé de sang!!! BORDEL EYLOHR!!! T'AURAIS PAS VU FAIRE LA LESSIVE QUOI!!!! JVOUS JURE! Hum bon, heureusement de Sousa exprima pas ses réflexions en publique, faut dire qu'une large main qui balançait une impulsion de pas loin d'une tonne, ça aurait fait décollé le forban même s'il était pas mal bien constitué lui aussi, mais mieux valait ne pas trop taquiner le géant du froid.

Alors qu'il laissa Ophélia réclamer ses armes, le Vieux Loup lui gratifia d'une réplique sèche.

- J'suis pas ton groume, va voir ton sauveur, il a du veiller sur tes p'tits bijoux!

Donnant alors quelques directives pour que le vaisseau puisse amorcer les premières manoeuvre pour quitter leur port d'attache, le bruit du fer se faisant entendre, on remontait l'ancre, voilà que l'Anomalie se faisait prendre à partie et ça serait sans doute la première d'une longue liste. L'instigatrice? Une pirate qui avait d'la gueule et une certaine largesse d'esprit, s'acoquinant aussi bien avec des mâles que des femelles. Booaahhh c'était pas vraiment une truit! Ok elle était un peu balafré mais j'vous jure c'est un bon coup au pieu et elle possédait tout ce qu'il fallait là où il fallait!! AHAH.

Est ce que vous connaissez les duels oratoire? Monkey Island ça vous parle? Ils étaient légion dans le monde de la piraterie! Soit ça se terminait bien soit ça se terminait mal ou alors le problème était reporté à plus tard! Une majorité de forbans étaient resté assisté à la scène et le Capitaine les laissa volontiers se repaître de ce spectacle inattendu. Provoqué, Ophélia répondit par la menace, mais c'était loin de faire peur à la donzelle en face qui esquissa un large sourire à la commissure de ces lèvres. Gardant la distance, elle lui envoya un cracha sur sa botte avant de relever le menton, pleine de défi.

- Tient donc tes crocs mon minou! J'aurais b'soin d'ta langue pour racler l'fond d'mon fourreau! Mwéhé!

Un point partout! En tout cas c'était le publique qui en exprimait le ressenti. Les rires étaient un peu moins étouffés, mais pas non plus transcendants. Un second round s'annonçait!



C'est qui l ' Patron, c'est qui !?? AHAH !!

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