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Chroniques d'Irydaë
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 Des cadavres de Daenastre (finito)

Arianna Torricelli
Arianna Torricelli
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Des cadavres de Daenastre (finito) EmptyDim 4 Fév - 2:49
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-Ça a l'air d'être ici. Vous pouvez commencer à creuser.

Zagash. Une large troupe de nomades - une quarantaine en tout, la moitié constituée de soldats bien armés- venait de s'établir au sein d'un terrain vague dans lequel étaient agencés pêle-mêle une multitude de petites structures faîtes de pierre ou de bois. Une partie des soldats et le reste des My'trans avaient surtout des pelles en quantités suffisantes pour établir des fortifications conséquentes... ce qui n'était heureusement pas l'objet de leur venue ici.

Mais ils n'étaient pas non plus venus pour jardiner, cela dit.

-Et ce truc, c'est une fosse commune?, demanda l'un des ouvriers.

À leurs traits, leurs vêtements et leurs attirails respectifs, on pouvait facilement constater qu'ils provenaient de communautés différentes - des Zagashiens sédentaires, des nomades qui avaient leurs habitudes à Khurmag, d'autres errant plus souvent dans le sud de My'tra. Tous avaient néanmoins en commun la possession d'au moins une babiole témoignant de leur attachement à Dalaï.

-Ça peut, répondit l'un des instigateurs du mouvement. Il paraît qu'ils ont souvent des accidents importants dans leurs mines. Qui font beaucoup de morts. Et les Daenars qui viennent travailler dedans ne sont pas exactement les plus privilégiés, loin de là, expliqua-t-il à un de ses benjamins. Les plus riches d'entre eux pratiquent une forme d'esclavage auxquels se soumettent stupidement tous les autres, parce qu'ils sont incapables de survivre sans argent. Alors personne n'en a rien à foutre d'eux quand ils crèvent, et on les entasse comme des merdes avant de les enterrer. C'est ça, la culture des orientaux. Sont géniaux, hein?

Ils étaient venus dans un cimetière. Un cimetière de Daenars, pour être plus précis. Situé à la périphérie d'une petite communauté elle même installée aux abords d'une mine de magilithe. L'une des rares qui se tenait dans Zagash. Le tempérament proverbial de ses habitants était déjà parfaitement connu et redouté des autres nations de My'tra, alors pour les immigrés de Daenastre... mettons seulement qu'entre ceux qui ont été trop intimidés pour porter leur projet jusqu'au bout et ceux qui ont été suffisamment mal accueillis pour refuser de rester bien longtemps, le business de la magilithe était un milieu difficile dans cette vaste contrée.

En d'autres termes, les Zagashiens étaient les seuls habitants de My'tra à savoir se montrer assez hostiles et malveillants pour constituer des obstacles récurrents et efficaces à la cupidité de l'envahisseur d'outre mer. Un trait dont ils étaient on ne peut plus fiers, et qui, pour tous les grands discours que leurs adressaient les autres Myt'rans, montrait qu'ils étaient bien assez forts et volontaires pour ne pas se laisser marcher dessus comme des chiens, eux.

Et aujourd'hui, ils allaient illustrer à nouveau les méthodes qu'ils pouvaient employer pour être d'aussi mauvais hôtes que possible. Ce qui n'était même pas le but, d'ailleurs. Tout ce qu'ils exigeaient, c'était que tout le monde, y compris les Daenars, se plient aux traditions locales avec la même diligence qu'eux mêmes ne le faisaient. Le tout sous le couvert d'un prisme culturel qu'eux seuls pouvaient saisir, ce qui exacerbait d'autant plus les réactions de leurs victimes du jour.

-EH! OH! QU'EST-CE QUE VOUS FAÎTES CHEZ NOUS?

Sans surprise, ce qui devait arriver arriva. Une quarantaine de personnes venant aux abords d'un petit village abritant trois cent âmes pour décapiter une foule de pierres tombales et exhumer leurs morts attiraient forcément l'attention. Alors, un personnage représentant vraisemblablement l'ordre local s'avanca jusqu'à eux pour les en arrêter. Vingt minutes après qu'ils n'aient commencé, nota Arianna. Ça n'était pas réactif pour un petit village.

L'homme donnait dans la trentaine engagée, bien bâti, barbe courte soigneusement entretenue, mais vêtu dans le même style que les autres. Pas d'uniforme ou de pièce d'armure, ni d'insigne qui indiquerait quoi que ce soit.

-Votre cimetière porte atteinte aux traités qui encadrent votre présence ici. Nos venons pour remettre les choses à leur place.

Arianna s'était avancée, parée de son armure intégrale aux armoiries de Dalaï, sans prêter la moindre attention au canon qui pendait à la ceinture du protestataire. Un pistolet, qu'ils disaient. Capable de blesser grièvement à distance. Elle n'en avait jamais fait l'expérience, mais avait déjà entendu les détonations explosives de ces gadgets diaboliques. Rien que ça, ça ne donnait pas envie. De se faire tirer dessus, ou d'aimer les Daenars, qui adoraient ces armes. Mais selon ses aînés, une armure comme la sienne la protégeait très bien de ces coups. Elle subirait un choc, mais pas pire qu'un coup de lame. En théorie, du moins. Elle leur faisait confiance.

Derrière elle, ses soldats se rassemblèrent, alertes. Prêts à intervenir si l'autre dégainait par surprise.

Derrière lui, d'autres colons empoignèrent leurs fusils, tandis que l'homme porta la main à sa ceinture, faussement nonchalant. Il n'était pas tout seul. Aussi s'avanca-t-il, lui aussi.

-Eh. Tsss. Ah ouais. Le cimetière? V'déconnez? De toutes les raisons que vous avez de venir nous chercher, vous prenez le cimetière? Qu'est ce que c'est, le problème?

Un ton nonchalant, presque amusé, mais tout aussi désabusé. Il s'attendait à quelque chose comme ça, depuis le temps. Des tentatives d'intimidation de la part des locaux. Mais pas vraiment dans ce genre là.

Arianna poursuivit, impassible.

-Les accords passés entre My'tra et Daenastre ne prévoient pas que vous ayez le droit d'enterrer vos morts sur le sol sacré de My'tra. Et je peux vous assurer que les habitants de Zagash respectent à la lettre les traités passés entre nos nations. Alors, nous faisons le nécessaire.

Le Daenar essayait de comprendre. "Sol sacré". Une question de religion, forcément. Le sujet le plus récurrent qui puisse être pour se prendre le chou avec les autochtones. Il suffisait qu'ils aient une tradition un peu trop tordue pour qu'ils refusent de s'y plier et bam : un conflit potentiel. Tordue ou carrément malsaines, d'ailleurs. Ou tirées de leurs culs, quand c'était trop absurde. Et en l'occurrence, ils parlaient de cimetières, de macabés et de leurs tristes dépouilles. Ça partait pas très bien.

Malgré cela, il faisait de son mieux pour rester irréprochable dans ses actes, et ne comptait pas changer. Ce n'était pas lui qui fournirait aux mages des prétextes pour excuser leurs sautes d'humeur.

-Va falloir qu'on m'explique. Les architectes ont quelque chose contre les engrais humains? Z'enterrez pas vos morts? Si, réalisa-t-il en se remémorant quelque chose qu'il avait déjà vu. Vous enterrez vos morts. Alors c'est quoi, le problème?
-Nous avons pour tradition de ne pas autoriser les dépouilles de quiconque a renié les architectes à reposer sur leurs terres. Ce qui s'applique naturellement à vous, même si ça remonte en effet à un héritage très lointain.

Ce qu'elle aimait beaucoup, c'était l'effet incroyablement déstabilisant qu'elle pouvait avoir quand elle était casquée et rendue complètement anonyme sous le couvert de Dalaï. Un élément qui contribuait à troubler son auditoire, même si, elle n'en doutait pas, ils auraient beaucoup de mal à comprendre et à accepter ce qu'elle venait de leur dire. Ils croiraient à une excuse complètement arbitraire, eux qui n'avaient aucun respect pour le monde dans lequel ils vivaient, et aucun honneur à respecter des codes qui permettaient davantage que de satisfaire aux besoins de la vie en communauté. Ils ne pouvaient pas comprendre. Aussi développa-t-elle:

-C'est habituellement un traitement que nous réservons aux auteurs des crimes les plus graves - meurtres, atteintes à la patrie, parjures religieux particulièrement outrageux... nous ne vous accusons pas d’un crime, mais le cas vous concerne également sur le fond. Contrairement à ce que vous pourriez croire, nous ne venons pas à la demande de chefs locaux qui voudraient apaiser des Myt'rans énervés. Nous agissons sur l'ordre d'un collège de nos représentants spirituels qui...
-Je connais votre système de Gharyn et de Khorog. Je comprends que ce sont les Khorogs qui se sont plaints.
-Aaah. Bien. Ça facilitera les choses. Vous comprenez, dans ce cas.

Et elle ne mentait pas. Plusieurs shamans s'étaient entretenus pour échanger au sujet des messages très appuyés que leur avaient adressés Dalaï. Leur déesse s'agitait de plus en plus tandis que les Daenars hérétiques entassaient encore davantage des leurs sur le sol de son sanctuaire consacré – elle ne le tolérait pas, et les choses étaient parties pour ne pas s’arrêter. A ce jour, aucune communauté d'étrangers n'avait eu l'idée de se débarrasser systématiquement de ses morts en les jetant à la mer, fort heureusement. Les conséquences auraient été immédiates et terribles.

-Et nos traditions funéraires à nous, alors?, protesta-t-il sans hausser le ton. Nous aussi, nous enterrons nos morts. On ne peut pas faire ça?
-Si je peux me permettre, j'ai plutôt l'impression que vous en disposez de la même manière que vous le faîtes pour chacun de vos déchets. En les éloignant de vous, au moins en apparence, pourvu que vous n'ayez plus à vous soucier de ceux-ci. Nous veillons à prendre un peu plus soin que ça de notre environnement.

Il fallut un moment pour que le Daenar soit bel et bien sûr qu'on venait de l'insulter. Le ton n'y était pas, mais les propos moralisateurs de la Zagashienne devenaient désagréables. Ce que l'autre remarqua, sans chercher à revenir sur sa position :

-Vous n'allez pas me faire croire que le travail que vous faîtes dans ces mines puisse être sain et demandé. Je ne sais pas ce qui vous pousse à faire ça. Ou à accepter de faire ce travail, plutôt.
-Vous n'allez pas me faire croire que le fait de déterrer des cadavres pour les trimballer je ne sais où puisse être sain ou... tout pareil que vous dîtes pour le reste. Eh.
-Mmmh. Touché. En effet, ce n'est pas une partie de plaisir, mais... c’est ce que nous allons faire. A moins que vous ne soyez disposés à récupérer les vôtres pour les rapatrier chez vous. Ou sinon... le néant se trouve là-bas, c'est plus proche, rajouta-t-elle en pointant l'ouest du doigt.
-Le néant?

Un terme qu'il n'aimait pas du tout. Quoi que ça puisse être, ça sonnait mauvais genre.

-Le néant... le grand gouffre infini. Au-delà du territoire construit jusqu'à ce jour. Hors d'Irydae. À l'ouest.

Cette fois, il comprit ce qu'elle disait. Et c’était juste atroce. Et pourtant, ça semblait si absurde qu'il ne...

Oui, se dit-il. Ces Myt'rans étaient vraiment des putains de saloperies sanguinaires.

-Vous voulez balancer des cadavres dans le vide des bordures d'Irydae...?
-C'est bien ça.
-C'est complètement tordu. Vous êtes... vous êtes de gros malades.
-C'est la peine qui châtie les pires criminels de My'tra. Et une alternative pour disposer des dépouilles de ceux qui ne prêtent pas attention aux architectes. S'ils n'y croient pas au cours de leur vie, ils n'ont pas de raison de souhaiter revenir à eux dans leur mort. On pourrait presque dire que nous leur rendons service à eux aussi en les emmenant jusqu'au bout de leur... raisonnement.

Ce qui inquiétait le plus le Daenar, c'est que cette fois, il n'y avait pas d'insulte cachée dans ses propos. Et que pas une fois jusque-là elle n'avait faussé l'ironie pour prêcher un double discours énoncé à demi-mots. En d'autres termes : elle croyait sincèrement à ce qu'elle disait. Ce qui était encore pire, à son sens. Ces autochtones Myt'rans étaient des fanatiques aux pratiques de barbares qui fonctionnaient selon des raisonnements tordus dans le genre de celui-ci - et pouvaient aller loin pour rester cohérents avec leur logique étriquée. Et ces Myt'rans là, ces Zagashiens de malheur... ils étaient encore pires.

-Mais maintenant... je peux admettre que nous soyons allés un peu vite pour traiter ce problème. Vous pouvez certainement avoir envie d’honorer vos morts différemment maintenant que vous venez d’apprendre que vous ne pouvez pas les enterrer.
-Bien sûr que si, que nous pouvons les enterrer !
-Je vous propose ceci. Vous laisser vous occuper de vos défunts de la manière que vous le souhaitez.
-Parce que vous voudriez qu’on fasse autre chose de nos morts, sûrement ? Vous avez d’autres pratiques bien tordues dans le genre du néant ?
-Un Zagashien pur souche n'envisage que deux façons de faire pour son sort funéraire. D'abord, être enterré sur My'tra, oui. Mais surtout, être ramené à la mer – pour plusieurs d’entre nous, en tout cas, les funérailles habituelles se présentent de la sorte. Ramené à la mer depuis My'tra est un sort préféré par de nombreux adeptes de Dalaï. Ces deux pratiques vous sont formellement interdites, nous ne transigerons pas. Pour autant, ceux qui révèrent d'autres architectes sont libres de recourir aux méthodes de leur choix. Certains pratiquent la crémation… d’autres préfèrent voir leurs cendres dispersées aux quatre vents… vous en avez d’autres qui favorisent de perpétrer le cycle alimentaire en servant à leur tour de nourriture à un animal de leur choix…
-C’est marrant, je l’attendais, celui-là.
-Vous pourriez aussi ramener leurs dépouilles sur Daenastre. Si vous êtes attachés à votre pays, ça serait une très bonne chose.
-Je ne me vois pas exactement expliquer à mes supérieurs qu’ils vont devoir mettre en place des convois destinés à transporter des cadavres à l’autre bout du monde, étrangement. Quelque chose me dit que ça ne sera pas réalisable et extrêmement mal reçu. Mais je peux me tromper, à vous de me dire ce que vous voyez.
-Alors, nous nous chargerons de les faire sortir de My'tra. À l'ouest, compléta-t-elle. Ca ne pose pas de problème, nous sommes venus pour ça. Vous pouvez continuer à creuser, indiqua Torricelli à ses frères.

Un concert de protestations s’éleva dans les rangs des Daenars… qui s’étaient maintenant bien remplis. Une centaine de personnes, quasiment que des civils, qui avaient tous au moins un proche enterré dans ce cimetière et qui n’avaient pas la moindre envie de voir les My’trans profaner leurs dépouilles.

Toujours aucun soldat, cela dit. Les rares personnes armées, et même l’interlocuteur principal d’Arianna, n’étaient probablement que des volontaires qui faisaient office de garde de fortune pour protéger le village des prédateurs ou des personnes moins recommandables qui pourraient tenter leur chance ici. Rien qui ne puisse faire rempart contre une troupe armée, encore moins composée de mages et de soldats entrainés. Les vrais gardes restaient stationnés dans la mine, son usine et ses précieux entrepôts de magilithe, et pour rien au monde ils ne prendraient le risque de laisser ces points clés en sous-effectifs.

Pour autant, les Zagashiens n’étaient pas des monstres, peu importe ce qu’on disait d’eux.

-Bon. Arrêtez de creuser, indiqua-t-elle à ses compagnons. Nous vous laissons deux... trois jours pour trouver une solution. Voyez ça comme une sommation. Je vous suggère de procéder à l’incinération de vos corps, et de les placer dans des urnes funéraires que vous pourrez honorer à votre convenance. Si vous avez besoin d'aide pour de la crémation... encore que vous devez largement avoir les outils nécessaires pour ça vu ce que ce vous avez l'air de faire dans vos mines... nous pourrions vous aider. Envoyez un messager au campement de la tribu Akilae, installée à cinq heures de marche soutenue en plein nord de votre village. Ils se trouvent en contrebas de cette colline, précisa-t-elle en la désignant, vous ne pourrez pas les rater si vous montez dessus. Leur Gharyn s’est déjà proposé de vous aider et vous fournir tout ce qu’il faudra pour ça, mais je vais les faire prévenir de mon côté. Dîtes leur qu’Arianna Torricelli, de la tribu Nerassa, vous a invité à accepter leur offre. Nous reviendrons dans trois jours, en début de matinée. Nous saurons si vous avez obtempéré ou pas. Et dans le cas contraire… nous ferons ce qu’il faut faire.

L’homme ne répondit pas. En partie parce qu’elle venait de mettre fin à la discussion, mais aussi parce que tout ça dépassait complètement ce qu’il pouvait faire. La My’tranne lui tournait déjà le dos et était revenue dans les rangs des Zagashiens, qui restèrent un instant à sonder les colons du regard avant de partir à leur tour, le tout formant une compagnie ordonnée et compacte malgré leur apparente nonchalance. Ils s’en retournèrent jusqu’à la lisière d’une forêt qui les engloutit rapidement, le tout sous les regards et murmures des villageois qui appréhendaient maintenant l’échéance fixée par la nomade.

Tout d’un coup, les histoires qu’on leur avait raconté sur les autochtones de ce pays prenait une toute autre forme – et elle était réelle.

-Merde. Qu’est-ce qu’on va faire, Sven ?
-Informer tout de suite le directeur. J’y vais immédiatement. Ces My’trans de merde… ils vont r’v’nir nous faire chier.
-Je peux t’accompagner ?
-… eh. Si tu veux.


Dernière édition par Arianna Torricelli le Dim 15 Juil - 16:12, édité 6 fois
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Arianna Torricelli
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Des cadavres de Daenastre (finito) EmptyDim 4 Fév - 2:49
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-Tu es sûre que c’est une bonne idée, de leur laisser du temps ?
-Je leur donne une chance. Ca me semble correct.
-Ils pourraient essayer de nous jouer un sale tour… rassembler des soldats ou plus d’armes ou…
-Nous avons le soutien de quatre tribus et leurs Gharyns m’ont tous affirmé face à face qu’ils étaient prêts à me donner toutes les ressources nécessaires pour que ça se passe bien. Je ne vois pas le problème.
-Ca pourrait être un piège.
-Ils étaient morts de peurs. Et nous n’avons même pas eu à leur faire la moindre démonstration de force. Vous étiez combien d’adeptes, dans la bande ? Six ?
-Neuf.
-C’est bien ce que je disais. Qu’est-ce qu’ils pourraient faire ? Vous les écraseriez tout de suite. Il y a une rivière, à côté de leur cimetière.
-Ils auront plus d’armes, la prochaine fois.
-Elles ne sont pas si efficaces que ça contre une bonne protection.
-Tu es la seule à avoir une armure de ce genre.
-Les armures de cuir protègent aussi très bien des balles… de ce que m’ont dit mes instructeurs.
-Chuis pas très théorique, comme bonhomme.
-Il faut leur faire confiance. Ce sont des précepteurs comme les autres.
-Je… n’étais pas très doué pour ces trucs.
-… moi non plus.
-Euh… bref. Ce que je veux dire, c’est…
-Je me méfie aussi. Je sais que j’ai pris un risque. Mais je n’ai pas l’impression qu’ils puissent être dangereux pour nous. Je vais demander des renforts pour qu’ils ne puissent même pas envisager de faire quoi que ce soit même s’ils essaieraient. D’autant plus qu’ils ne sont pas stupides, ils savent très bien où ils sont et ce qu’ils vont se prendre dans la gueule s’ils ne se soumettent pas.
-Mmmh… vu comme ça... ouais, c’est clair.
-Ca nous fera moins de travail, aussi. Ceux qui sont encore aimés seront pris en charge par leurs proches. Les autres... je peux t’assurer que les Daenars en charge de cet endroit trouveront juste amusant que nous nous donnions la peine de faire tout le chemin d'ici jusqu'à l'ouest pour disposer de leurs corps. Ils n'en ont rien à faire. Ils nous laisseront faire. Ils ne chercheront pas à se défendre pour ça.
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Arianna Torricelli
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Des cadavres de Daenastre (finito) EmptyDim 4 Fév - 2:50
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Sauf qu’elle s’était trompée, constata-t-elle en revenant au cimetière.

-Alors ?
-Je suis une pauvre conne. Hésite pas, tu peux le dire.

Six soldats en armure, et armés de fusils d’une taille qu’Arianna n’aurait même pas crue possible. Soit la sécurité des mines pouvait se permettre d’envoyer des ressources se charger d’autres tâches, soit les dirigeants de ces Daenars portaient plus d’importance qu’elle ne croyait à ses petits villages. Dans tous les cas, il s’agissait d’une opposition qu’elle n’aurait jamais cru rencontrer aujourd’hui.

-Ceux-là sont très dangereux, indiqua Rajaion, un spécialiste des Daenars dépêché par Shuren pour leur prêter main-forte. Des armures assistées. Et des exosquelettes sur ces types, sur la gauche. Et des armes de classe Magnum dans leurs mains. Ca doit être une mine d’Hinaus, du coup. Ce qui veut dire qu’ils ont peut-être des lunettes passe-partout qui leur permettrait de nous voir et de nous espionner de là où ils sont.
-A ce point ?
-Ils sont très dangereux.
-…

Vraiment une pauvre conne, se répéta la nomade. Pourquoi avoir fait ça, déjà ? Peut-être le fait que le Daenar ait connu les termes de Gharyn et Khorog, ce qui lui avait fait une bonne impression. Ou le fait qu’il ait accepté de discuter, même si à mieux y réfléchir, il n’avait à aucun moment accepté quoi que ce soit qui allait dans son sens. Après, la vision d’un simple civil prenant sur lui de s’exprimer pour toute sa communauté alors qu’il n’avait aucun poste officiel dans la garde ou l'armée… et l’engagement qu’elle-même avait pris auprès de tous ces Gharyns de mener à bien sa mission en s’assurant qu’il n’y aurait aucune bavure qui leur serait imputable… elle avait cru bien faire, voilà tout.

-Ils vont se faire dessus, continua Rajaion sur un ton rassurant. Nous sommes tellement plus nombreux qu’ils ne pourront rien faire. Heureusement qu’on a bien prévu large.
-Mon armure… ?
-Ne te protégera pas assez bien de ces fusils. Ils pourraient te tuer d’un seul tir s’ils te touchent à la tête ou au tronc. Peut être même de loin.
-Merde…

Ils avaient commencé à bouger. Les Daenars les avaient certainement aperçus depuis aussi longtemps qu’eux pouvaient les voir, et il était hors de question que les troupes de Zagash ralentissent sous le coup de la peur, encore moins dans leur propre pays, encore moins à l’initiative de celle qui les menait aujourd’hui. D’autant plus qu’elle pouvait avoir peur, tant qu’elle ne se laissait pas paralyser par ses appréhensions. Au contraire, elle fit ce que faisaient beaucoup de ses pairs dans ce genre de cas, et que beaucoup d’étrangers considéraient comme une preuve d’arrogance typique des fervents de Dalaï : elle redoubla d’ardeur à chacun de ses pas, préférant se réfugier dans la précipitation plutôt que se laisser gangrener plus longtemps par l’angoisse.

Après tout, ils étaient quatre-vingt militaires rassemblés derrière elle, incluant une cinquantaine de mages, dont plus de quinze adeptes. Ils avaient de quoi faire. De quoi les écraser.

C’est aussi ce que se dirent les Daenars, complètement dépassés par la masse des nomades progressant jusqu’à leur pauvre village. Les civils qui s’étaient équipés de fusils, les gardes de la mine en armures et lourdement armés, leur volonté d’en découdre s’était envolée à la seconde où les autochtones étaient apparus en si grand nombre, toujours menés par cette femme en armure aux traits indiscernables sous son casque de spectre.

Il pleuvait, maintenant. C’en était encore pire. Les colons avaient entendu d’innombrables récits sur ce que pouvaient faire des My’trans exclusivement formés au combat quand ils maniaient leur sinistre magie. Encore pire pour ces Zagashiens et leur déesse malfaisante que même les autres cultures de My’tra abhorraient sans remord, divinité ou pas. Etait-ce eux, qui se préparaient au combat en faisant cracher le ciel ? Ou leur Dalaï furieuse, qui les encourageait ?

Il pleuvait à grosses gouttes, et les tireurs de la mine auraient été bien incapables de faire mouche à plus d’une vingtaine de mètres de distance.

Maintenant, les nomades pouvaient clairement voir ce qu'il était du cimetière. Plusieurs tombes avaient bel et bien été exhumées, mais c’était loin d’être le cas de toutes. Un peu comme si plusieurs colons avaient obéit à leurs ordres dans un premier temps, avant qu’un mouvement de résistance ne se créée et qu’ils ne passent à autre chose – un plan plus défensif. Peut-être que certains avaient préféré sauver les restes de leurs proches en dépit de la chance qu’avaient les autres de mettre les nomades en déroute – juste au cas où. Peut-être que déterrer des cadavres les écœuraient complètement, et qu’ils n’en avaient pas la moindre intention – ou qu’ils s’en étaient montrés incapables.

Peut-être qu’ils n’en avaient juste rien à faire et qu’ils ne résistaient que par question de principe – maintenant, les My’trans s’en fichaient. Les Daenars voulaient jouer aux gros bras, ce qui était précisément le terrain sur lequel les Zagashiens aimaient être amenés.

Arianna s'avanca, complètement revêtue de son armure à l'effigie de Dalaï, en avant de sa compagnie qui se tenait prête à tout. Et elle leur adressa:

«HABITANTS DE DAENASTRE! JE PENSE QU’UNE MISE AU POINT S’IMPOSE, AUSSI JE VOUS PROPOSE DE REPRENDRE LES CHOSES DEPUIS LE DEBUT. JE VOUS SOUHAITE LA BIENVENUE À ZAGASH, PATRIE DES VRAIS MY'TRANS. CEUX QUI RESPECTENT LES TRADITIONS ANCESTRALES DE LEUR PEUPLE ET QUI LES FONT RESPECTER À QUICONQUE TRAVERSE LEURS TERRES. VOUS FOULEZ NOTRE SOL ET EXPLOITEZ NOS RESSOURCES DANS LES LIMITES DE L'ACCORD DE PAIX PASSÉ ENTRE NOS DEUX PAYS. SOIT. MAIS N'OUBLIEZ PAS CES LIMITES, NOUS LES FERONS RESPECTER. J'AI PU VOIR LES LARGEURS QUE LES AUTRES MY'TRANS VOUS ACCORDENT QUAND VOUS INSTALLEZ VOS MINES SR LEURS TERRES : ILS ONT PEUR ET SE LAISSENT FAIRE, ET VOUS LAISSENT VOUS CONDUIRE À VOTRE GUISE. NOUS NE FERONS PAS ÇA.

NOUS HONORONS NOS DIEUX, NOUS FAISONS PREUVE DE DISCIPLINE DANS NOTRE MANIÈRE DE RESPECTER NOS LOIS ET NOS TRADITIONS. NOUS LE FAISONS BIEN MIEUX QUE CE À QUOI VOUS ONT VISIBLEMENT HABITUÉ NOS PAIRS. JE VOUS RECOMMANDE DE GARDER ÇA À L'ESPRIT TANT QUE VOUS SEREZ CHEZ NOUS.

CONCERNANT LES DEPOUILLES DE VOS FRERES. JE VOUS LAISSE UNE HEURE POUR FINIR DE DÉTERRER LES MORTS AUXQUELS VOUS TENEZ ENCORE, ET QUE VOUS VOUDRIEZ HONORER D'UNE MANIÈRE OU D'UNE AUTRE. NOUS NE PARTIRONS PAS. VOUS N'AUREZ PAS D'AUTRE CHANCE. SI VOUS NE FINISSEZ PAS, NOUS NOUS EN CHARGERONS. ILS REJOINDRONT LE NEANT.

ET NOUS N'OUBLIERONS PAS CE QUE VOUS VENEZ D'ESSAYER DE FAIRE LORSQUE NOUS REVIENDRONS VOUS VOIR, SI ÇA DOIT ARRIVER. ET À CE JEU, VOUS NE GAGNEREZ PAS. VOUS N'ÊTES PAS LES PLUS FORTS. ALORS N'ESSAYEZ PAS.»

Elle resta un instant immobile, interdite, la poitrine palpitante d’adrénaline, emportée par sa hargne et par une ferveur qu'elle n’avait jamais eu l’occasion d’exprimer de la sorte. Et pourtant… elle se sentait très bien.

La nomade resta un long moment à défier les gardes de la mine en armure mécaniques, leurs fusils gigantesques tous pointés vers le sol, la grande foule de colons dans laquelle elle cherchait sans succès son interlocuteur d’il y a trois jours, la culture des Daenars qui devait s’écraser sur ce sol qu’ils n’avaient pas conquis, peu importe ce qu’ils en pensent.

Puis enfin, assurée que personne ne lui objecterait quoi que ce soit, Arianna se retourna pour rejoindre sa troupe, troupe déjà animée par une résolution qui venait de redoubler d’intensité devant un tel triomphe. Ils restèrent silencieux, mais tout dans leurs visages, leurs regards, leurs postures en disaient bien assez sur ce qu’ils en pensaient.

Ils étaient fier d'elle, et elle même était on ne peut plus ravie de la prestation qu'elle venait d'accomplir. Elle n’aurait pu faire mieux, et personne n’aurait pu.

C'était ça, que Zagash devait faire. Frapper fort quand il faut. Être droits et ne jamais rien céder. Montrer l'exemple aux autres, qu'ils soient faibles, effrayés, paresseux. Prendre les armes pour eux s'ils venaient à faillir, physiquement, mentalement, moralement.

Encore maintenant, Arianna ne savait pas du tout pourquoi c’était elle qui s’était retrouvée à la tête de cette troupe. Son Gharyn avait milité pour avoir l’honneur de superviser cette affaire, ce que les trois autres avaient accepté avec une précipitation qui trahissait leur gêne : ils n’avaient pas voulu se mouiller là-dedans, au contraire du garant de la tribu Nerassa, toujours très volontaire sur le sujet des Daenars existant sur My’tra. En ce qui la concernant, elle était sans aucun doute une très bonne meneuse d’équipe de chasse doublée d’une guerrière récemment formée dans une académie de la capitale du pays, mais de là être désignée pour faire ça…

Eh bien, elle espérait sincèrement que ce ne serait pas la dernière.
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Arianna Torricelli
Arianna Torricelli
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Des cadavres de Daenastre (finito) EmptyMar 6 Fév - 12:11
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-Eh beh ça s’est très bien passé, finalement. On a flippé pour rien.
-Ca ne pouvait pas vraiment mal se passer, vu ce qu’on a mis en place.
-C’est vrai. On a des nouvelles du convoi, là ?
-Ils font normalement route vers l’ouest. Et n’ont pas repéré de suspects qui les suivraient pour s’essayer à des représailles. Ils ont une bonne escorte.
-Ouais… tu dis ça, mais… j’espèce vraiment qu’ils ne vont pas essayer de nous faire une connerie.
-Je crois que nous leur avons fait bien assez peur pour qu’ils n’essaient pas quoi que ce soit. Et s’ils essaient… ce serait vraiment stupide.

Une situation classique. Souvent, la meilleure chose à faire pour trancher un conflit consistait à ne pas du tout se battre, simplement à montrer les dents au point de de décourager toute résistance. Les conséquences étaient tout aussi avantageuses, si ce n’est plus, et eux ne perdaient rien. Les My’trans en étaient ressortis avec un moral gonflé à bloc dont ils se souviendraient lorsque le besoin se fera sentir. Leur confiance et leur dévotion envers les leurs n’en serait que renforcée ; rien que Torricelli se sentait encore pousser des ailes en repensant aux Daenars.

Qui pour leur part avaient pris un tel coup au moral qu’ils n’avaient même pas assisté au retour des soldats, lorsqu’ils vinrent accomplir leur sinistre besogne. Les ossements empreints de terre humide furent balancés pêle-mêle dans des chariots apprêtés pour l’occasion, puis ramenés au plus proche des campements de nomades. Quelques heures plus tard, un convoi se mit en route, destination le grand ouest, sous la supervision d’un officier malchanceux de la capitale.

Et dans les jours qui suivirent, ce furent les autres communautés Daenars entourant cette mine qui subirent les mêmes consignes de la part des adeptes de Dalaï. Les Zagashiens avaient commencé par la principale fosse à cadavres des miniers malchanceux, mais d’autres cimetières avaient naturellement vu le jour depuis les décennies que l’exploitation existait.

Cette fois, l’option de l’urne funéraire fut largement retenue par les orientaux. Ils se débrouillèrent seuls. Tant et si bien qu’il n’y eu qu’un seul autre convoi centralisé par les autochtones pour faire route vers le néant.

Leur besogne accomplie, leurs Khorogs satisfaits, leur déesse apaisée, les tribus se séparèrent. Au terme d’une grande fête d’au-revoir conviviale à un point qu’un Daenar de passage –il n’y en eut pas, heureusement- n’aurait pu les reconnaître.
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