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Chroniques d'Irydaë
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 Un Coucou dans le Nid

Alyvesha
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Lun 5 Fév - 18:32
Irys : 305649
Pérégrin 0

Alyvesha titube quelques secondes dans la lumière du petit jour. Elle voit bien que l’air est froid à la buée qui sort de sa bouche mais ne sent pas grand-chose. Est-ce dû aux multiples couches de vêtements ? A la chaleur absorbée de l’âtre qui met un peu de temps à se dissiper ? A celle de la boisson qu’elle a consommée ? Elle pondère silencieusement la question pendant deux secondes, immobile.

Puis elle se plie en deux et vomit à ses pieds.

Une fois les haut-le-cœur passés, elle s’essuie le visage sur sa manche et regarde un peu où elle se trouve. Elle est loin des bas-quartiers qui étaient jusqu’à présent aussi bien son refuge qu’une nasse dans laquelle elle risquait sa vie. Non, elle se souvient même distinctement s’être dit que quelques temps à l’écart lui permettraient de se reposer sereinement et de profiter un peu de la vie. Cela se voit même dans les passants, qui se sont simplement décalés de quelques pas pour éviter tout contact sur des vêtements usés mais de bonne facture.

Son regard tombe naturellement sur le bar juste en face. Trois jours passés à faire la chouille, en enchaînant sans répit entre deux enseignes. L’une fermée la nuit, mais ouvrant de bon matin, et l’autre n’ouvrant qu’au cours de l’après-midi, suivant la motivation du tenancier, pour poursuivre les hostilités jusqu’au bout des rêves, suivant la formule qu’il apprécie lui-même.

Aly enjambe précautionneusement sa galette et écarquille les yeux en se rendant compte qu’elle manque encore un petit peu d’équilibre. Heureusement, le mur est là pour l’aider. Elle plisse cependant rapidement ses mirettes pour les protéger de la luminosité ambiante, bien trop forte pour le mal de tête carabiné qui se lève. Elle rabat sa capuche pour cacher au maximum le soleil.

A l’approche d’une boulangerie, une délicieuse odeur de pain en train de cuire lui monte aux narines. Cela lui rappelle qu’elle n’a pas mangé depuis… depuis… Qu’elle n’a pas mangé. La nausée qui suit presqu’immédiatement lui rappelle qu’elle n’en a pas envie. Il n’y a plus que de la bile qui sort. C’est le tambourin, maintenant, là-haut. Sa main se porte à sa taille. Plus un irys, mais plus utile. Son couteau, évidemment. Mais pas que.

Clopin-cloquant, elle arrive à une grande place majoritairement occupée par un parc. La pelouse, les plantes et les arbres donnent un côté paisible, et peu de monde y circule. Exactement ce qu’il lui faut pour se remettre d’aplomb. Sa main lui fait un mal de chien, sûrement le froid. Froid à pas mettre un chien dehors, aussi. Comme à l’époque d’Aildor. Elle serait pas là si… Elle enfouit les mauvais souvenirs sous les coups de boutoir de la migraine. Ne se concentre plus que sur ça et manque de dégobiller encore.

Elle arrive enfin à un banc inoccupé sur lequel elle s’affale immédiatement, quasiment allongée, pour être certaine que personne ne vienne s’asseoir à côté d’elle : veuve en quête de discussion qu’elle n’a pas, pauvre en quête d’irys qu’elle n’a pas non plus, brigand en quête de vie dont elle n’a pas assez. Ainsi installée, elle peut voir à peu près les alentours et les gens qui s’y trouvent.

Etrangement, il y a des enfants qui jouent, malgré l’heure très matinale. Ils n’ont rien d’autre à faire ? C’est jour de fête ? Le calendrier est totalement abstrait pour elle en ce moment, a fortiori à Alexandria. S’ils pouvaient piailler moins fort… Elle pourrait bouger, aller ailleurs mais… Non, elle ne pourrait pas.

S’abandonnant à la paresse, elle porte à nouveau la main à sa ceinture et extrait adroitement de sa bourse une petite boulette qu’elle place rapidement dans sa pipe. Quand elle l’allume, le rach dégage une fumée qui lui signale que le soulagement est proche. Mais l’odeur un peu forte déclenche à nouveau l’envie de vomir, qu’elle ravale en tirant sur sa pipe.

Elle a bien fait d’acheter davantage de rach, de l’économiser au cours des trois ou quatre –ou deux ? jours de fête. Quasi-immédiatement, elle sent le tambour se calmer, l’expression crispée de son visage se relâcher, et ses muscles se détendre. L’impératif de se nourrir disparaît dans une couche ouatée douce et chaude. Son champ de vision se réduit à son environnement proche et les braises qui rougeoient dans le fourneau.

La vie est belle.
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Lauren Hill
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Mar 6 Fév - 14:18
Irys : 869830
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
Ce matin-là, je me levais plus tôt qu’à mon habitude, j’avais à faire. Cela faisait quelque temps maintenant que je n’avais rien écrit, enfin si, mais rien en rapport avec le journalisme. De plus, avoir raté l’exposition et surtout le bal qui avait tant fait couler d’encre me restait encore coincé dans la gorge. De ce fait, je ressentais le besoin viscéral de trouver, rapidement, un nouveau sujet. Seulement ce n’était certainement pas chose facile, ce n’était pas comme s’ils tombaient généreusement entre mes mains. Bien sûr, il arrivait que le journal m’impose quelques articles, histoire de justifier mon salaire dérisoire, mais ce n’était pas ainsi que je fonctionnais. Je préférai et de loin, trouver mes propres sujets et les vendre ensuite, non pas au plus offrant, mais au journal qui tirait le plus d’exemplaire… Qui se révélait souvent être le même, ce n’est toutefois qu’un détail insignifiant. L’information en grande distribution, il n’y a rien de mieux.

Ce matin-là, disais-je, je sortais pour rencontrer l’un de mes vieux indicateur, je savais où il se trouvait, comme à son habitude dans le parc situé au centre-ville. André était un vieux sans abris, un survivant de la pègre, comme j’aimais l’appeler. Passant ses journées et soirées dans les bas quartiers, il fouinait pour moi et me revendait les informations, que j’achetais à prix d’or, évidemment. André m’avait ainsi fourni des dizaines de thème plus ou moins exploitable, parce qu’il est vrai que le vieil homme avait une certaine affection pour la bouteille qui ne l’aidait pas forcément à être toujours à l’écoute de façon efficace. Cela faisait un bon moment que je ne lui avais pas rendu visite, mon escapade à Vereist m’ayant pris bien plus de temps que je ne l’avais cru en premier lieu. J’espérai donc que ce temps fut mis à profit par mon vieil ami.

Avant de me rendre aux jardins de la cité, je fis quelques haltes, achetant quelques pâtisseries dont André raffolait, ainsi qu’une bouteille de whisky, dix-huit ans d’âge que nous apprécions partager. Bon… pas forcément à une heure aussi matinale, certes, mais dans ce cas présent il s’agissait surtout d’un cadeau. Une fois mes achats effectués, je me rendis directement à notre lieu de rendez-vous habituel. Je flânais un moment dans les allées, le cherchant aux endroits où il serait susceptible de se trouver tout en profitant du calme matinal, malgré une température hivernale bien moins clémente. Je parcourus donc les lieux, de long, en large et en travers sans jamais trouver André. Ce qui était particulièrement étrange et inquiétant puisqu’il y passait ses nuits pour ne retourner dans les bas-quartiers qu’à la mi-journée.

Perdant patience, je finis par me diriger vers le gardien. Il le connaissait et pourrait probablement me fournir quelques explications.

- Bonjour Louis, le saluai-je sans le regarder. Vous n’auriez pas vu André par hasard ? Je ne le vois nul part.

L’homme m’observa un instant, puis prenant une mine désolée, il me répondit :

- Ce pauvre homme est mort la semaine dernière madame. Le froid l'a emporté, je suis désolé.

J’en restais bouche bée et mon moral en prit un sacré coup. Il faut dire que je le connaissais depuis des années, et il m’arrivait souvent de lui offrir quelques nuits dans une auberge afin qu’il ne dorme pas dans le froid. Mon absence, trop longue et imprévue, ne nous avait pas porté chance… A lui en particulier. Mais passé la douleur d’avoir perdu un ami, ou tout du moins ce qui s’en rapprochait le plus, j’avais également perdu mes yeux et mes oreilles dans les quartiers peu fréquentables, là où se murmurent les informations intéressantes… Ce qui ne m’arrangerait pas du tout. Profondément déçue, je saluais le gardien d’un simple mouvement de tête avant de m’en retourner, sans réellement savoir où aller et surtout que faire de ces stupides pâtisseries, la bouteille, ça, je savais.

Je me dirigeai donc vers la sortie, empruntant l’allée de gravillon bordée de pelouse où les enfants aimaient jouer. Il y en avait d’ailleurs ce matin-là, mais j’étais bien trop mécontente pour me demander ce qu’ils fichaient là. Pour moi, ma journée était gâchée et je me voyais déjà retourner à La tribune quémander un sujet d’article dont je me ficherai invariablement. Je marchais donc rapidement, je n’avais plus rien à faire ici, lorsque mon regard se posa sur une silhouette noyée dans une fumée malodorante qui me rappelait étrangement André.

Il s’agissait d’une femme, allongée négligemment sur un banc, fixant le ciel d’un regard absent. Je m’approchai lentement, plissant les yeux tant cette vision me déplaisait… Une femme… J’avisais rapidement sa tenue, sa cicatrice, ses cheveux sales et emmêlés. Au moins celle-ci n’avait visiblement pas choisi la facilité dégradante de se prostituer. Et balafre ou non, nous savons tous que ce n’est pas ce qui arrêterait ces messieurs, le visage n’étant certainement pas ce qui les intéressaient.

Je soupirais, bruyamment, cherchant à attirer son attention déjà bien troublée par les vapeurs étranges qui s’échappaient de sa pipe. Un déchet humain… quelle désolation… Le fait qu’il s’agisse d’une femme me perturbait plus que je ne l’aurais voulu, elle semblait avoir vécu plusieurs épreuves marquantes ce qui pourrait expliquer l’état dans lequel elle s’était mise. Je lui donnais mon âge, peut-être plus, peut-être moins, difficile à dire avec cette couche de crasse qui recouvrait son visage… Elle empestait l’alcool et autre chose…

Voyant qu’elle ne réagissait pas, je m’approchais, mon paquet contenant une myriade de pâtisserie hors de prix, pesant de plus en plus lourd dans mes bras. Voyez-vous, j’ai toujours eut horreur des sucreries, me retrouver avec pareil paquet me désolait et malgré la fortune de mes parents, ceux-ci nous avaient enseigné la valeur de l’argent et la nourriture ne se voyait jamais gaspillée. Cette femme maigrelette en ferait donc meilleur usage que moi.

- Hey, toi, lançai-je. Que dirais-tu d’un petit-déjeuner au lieu de cette horreur que tu sembles apprécier.

Un bon bain aussi…



Lauren s'exprime en #99ccff


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Alyvesha
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Mar 6 Fév - 22:15
Irys : 305649
Pérégrin 0

Malgré l’apostrophe directe, Alyvesha met un peu de temps à réagir. Il faut dire qu’elle fait partie de cette frange des drogués en tout genre qui, quand ils sont au fond du trou, développent un instinct de survie surnaturel. Comme si, en lâchant totalement les commandes d’eux-mêmes, leur subconscient prenait le relais, et s’assurait qu’ils tiennent jusqu’à la prochaine gaffe. Peut-être le côté reptilien du crâne. Elle reprend une large bouffée qu’elle garde en bouche avant de la laisser s’échapper en ronds de fumée un peu tordus.

Manque d’entrainement, elle devrait faire dav…

Puis elle regarde, et voit vraiment, la jeune femme qui vient de lui adresser la parole. Les mots lui reviennent en tête. Plus mal aux cheveux, d’ailleurs, note-t-elle avec satisfaction. Ni à la main. Forcément. Même taille, peut-être un peu plus étoffée mais Aly est maigre sous ses multiples couches de hardes. Mieux habillée qu’elle. Plus jolie qu’elle, sans même compter la cicatrice. Rictus moqueur automatique avant même qu’elle puisse se retenir, gâché par l’apathie du rach.

« P’tit-déj’ ? Ouais, je sais pas… »

Son ventre émet un énorme gargouillement qui contredit instantanément sa réponse précédente. Il est des journées qui commencent bien, mais aussi des nuits qui finissent mal. Ou l’inverse. Aly se sent entre les deux. Les boîtes sentent la boulangerie. Un choix cornélien qui pourrait influer sur de nombreux jours à ven…

Grrrrrrrrr…

Trahie une fois de plus, elle accepte le signe du destin et range sa pipe dans sa bourse après avoir recouvert le fourneau. Il reste là-dedans largement de quoi s’occuper quelques heures, et elle ne veut surtout pas le perdre. En plus, ç’a presque le même goût réchauffé. Presque. En plaçant la main sur le dossier du banc puis en tirant, elle parvient à se hisser en position assise. Puis elle se penche en avant, inspire et se lève en poussant sur les genoux.

« J’te suis. »

Traquenard ? Probablement pas. L’autre la regarde, prend sa mesure. Elle doit pas inspirer la confiance, à marcher de travers avec les bras un peu écartés pour garder son équilibre. Elle étouffe un baillement. Trop de fête. Le rach, aussi, doit pas favoriser. Ne favorise pas. Le jour est bien avancé, maintenant. Leur chemin les emmène à travers plusieurs rues bien fréquentées, jusqu’à un hôtel genre propret. Bien au-delà des moyens d’Aly.

Elles n’ont pas échangé un mot de plus, et la jeune femme note rapidement que l’autre possède, en plus des pâtisseries, une bouteille de whisky. Ce n’est pas sans lui donner soif, surtout après avoir fumé. La réception est un endroit avec des meubles en bois fonctionnel, avec des coussins verts. Derrière le comptoir, un homme type père de famille les regarde entrer, reconnaît l’autre et la salue d’un signe de tête.

Elle connaît ? On lui paye pas juste une chambre d’hôtel ? Il paraît qu’il y a des gens qui raffolent du fait d’aider leurs prochains dans le besoin, de les nourrir, laver, tout ça. Elle n’en a jamais rencontré jusqu’à présent, mais c’est peut-être l’occasion… La maison est calme, la plupart des gens doivent être en train de travailler. Pas elle. Trop riche pour… ? Nan, dirait pas.

La chambre est comme l’hôtel : propre, bien meublée et rangée, fonctionnelle plutôt que pleine de goût. Ça lui rappelle bizarrement l’histoire d’Andy, un vagabond d’Aildor. La dernière fois qu’on l’a vu, il venait de rencontrer une nana propre sur elle, il l’a suivie. Enfin, c’était l’avant-dernière fois qu’on l’a vu, en fait. La fois d’après, il était en petits morceaux. On n’a jamais retrouvé la femme.

Elle s’asseoit à la table après avoir accroché son manteau au porte-manteau dans l’entrée. Aly est restée près de la porte, subitement méfiante. Elle regarde, inspecte, écoute. Renifle, aussi, des fois qu’une odeur pourrait l’alerter. Rien, somme toute. Ses deux couches les plus extérieurs de vêtements sont posées à côté de celui son hôte et elle entre dans la pièce à vivre, puis tire une chaise.

La nourriture est à portée de bras, presque devant elle, mais sa main droite reste sous la table, près de son couteau le plus gros. Elle pose son menton dans sa main gauche et fixe l’autre.

« A table ? »
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Lauren Hill
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Jeu 8 Fév - 16:29
Irys : 869830
Profession : Journaliste / Reporter
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« J’te suis. »

Tiens donc, j’imaginais plus de résistance, ou d’étonnement que cela. Ne serait-ce que par instinct, après tout nous ne nous connaissions pas et ni mon sexe, ni mon statut ne garantissait sa sécurité. J’ai d’ailleurs eut l’occasion d’écrire ou de participer à la rédaction de nombre d’article traitant du sujet “Sam l’éviscérateur”, vous connaissez ? Passons...

Je la conduisis chez moi, tout du moins, mon “chez-moi” du moment, c’est ce qui me parut le plus simple. Il faisait froid, très froid même et je mourrais d’envie de me mettre à l’abri, au chaud près d’un bon feu avec une tasse de café fumante.

Le trajet se fit dans le plus grand silence, je me contentais de marcher lentement, tout en l’observant du coin de l’œil afin de m’assurer que celle-ci ne trébuche pas sur divers obstacles invisibles. Elle peinait tant à se tenir droite, trainait les pieds, tant et si bien que je craignais de la voir chuter à tout moment. J’eu donc largement le temps de m’amuser du regard des passants croisés tout du long. Il est vrai que nous formions un duo des plus atypique, mais je n’en avais cure. Le regard des autres n’a jamais réussi à influer sur ma façon d’agir, ou d’être, tout simplement et cela ne changerait pas de si tôt.

Autant dire que la route jusqu’à mon hôtel, me parut durer une éternité. Aussi, lorsque j’aperçu enfin la façade du bâtiment de pierres blanches, je ne pus retenir un soupire de soulagement. Je n’en pouvais plus de ce froid et me maudissais intérieurement d’avoir eut la bêtise de faire l’impasse sur les gants en sortant, ce matin-là. Arrivées dans le hall, je saluais brièvement, le réceptionniste quinquagénaire, Boris il me semble… Quoique je n’en sois pas certaine, bref aucune importance, j’étais pressé. J’accélérais donc le pas, me dirigeant vers les escaliers. La chambre, ou plutôt la petite suite que j’occupais, se situait au premier étage de l’hôtel. De ce fait, je gardais un œil sur mon invitée. Nous étions arrivées jusque-là, il ne manquerait plus qu’elle ne chute dans les escaliers… Enfin, fort heureusement, l’ascensions se déroula sans heurt et il ne fallut qu’une dizaine de minutes pour franchir le seuil de la chambre.

Comme à mon habitude, j’avais fait retirer tous les bibelots dés mon arrivée. Je détestais ces nids à poussière futiles et franchement inutiles. J’ai toujours eut besoin d’espace, d’y voir clair et ne voyais donc ces accessoires que comme de vulgaire parasites, uniquement présent pour perturber ma concentration. Une chose que je tenais de ma mère qui détestait les artifices presque autant que moi.

Je me débarrassais de mes affaires, en silence, puis posais la nourriture sur la table. Je gardais volontairement le silence, ne lui lançant que quelques regards par moment comme s’il s’agissait d’un animal sale et blessé. Après tout, elle regardait partout allant jusqu’à reniflait et elle paraissait si méfiante qu’il fut difficile de la voir autrement.

Finalement, elle s’installa, face à moi tout en gardant une main sous la table, tandis que l’autre servait négligemment d’appui pour sa tête encore embrumée. Méfiante donc, probablement armée, le contraire serait étonnant.

« A table ? »

- Mais je t’en prie, c’est là pour ça. Il manque quelque chose toutefois. Thé ou café ?

« Café. »

- Très bon choix, dis-je en me relevant pour tirer sur la cordelette reliée à l’une des nombreuses clochettes accrochées au mur des cuisines.

Je restais debout, près de la porte en attendant quelqu’un ne vienne prendre ma commande. A nouveau, j’avisais mon invitée, dévorant avec avidité les diverses pâtisseries présentes devant elle. Depuis combien de temps n’avait-elle mangé? Elle me semble si maigre maintenant qu’elle s’est débarrassée de sa couche de vêtements. Je la laissais manger, ne voulant pas l’interrompre… Même si je ne pouvais m’empêcher de la dévisager. Oui, je sais, c’est impoli et alors ?

Au bout d’un certain temps, je pus passer ma commande. J’ajoutais également un bain sur la note, mon invitée en ayant grandement besoin. Ce n’était pas tant pour la vue, mais plutôt pour l’odeur et croyez-moi, je ne suis pas des plus sensible. Une fois, cela fait, je retournais m’asseoir en face d’elle, sans jamais la quitter des yeux.

Des questions, j'en avais des milliers, pour l'heure, je me contentais d'une seule.


- Quel est ton nom?




Lauren s'exprime en #99ccff


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Alyvesha
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Ven 9 Fév - 12:58
Irys : 305649
Pérégrin 0

Alyvesha mastique soigneusement son repas en ayant à peine levé les yeux vers l’inconnue pour marquer le fait d’avoir entendu la question. Puis elle laisse courir sa langue le long de ses dents pour déloger les petits morceaux qui pourraient s’y être perdus. La sensation de l’estomac bien rempli lui fait du bien, la réchauffe, et entre le rach et la nourriture, elle sent une douce somnolence la gagner. Elle étouffe un baillement et se pince la cuisse sous la table pour dissiper tout ça.

« Rien n’est jamais gratuit, heh ? Alyvesha Alsdottir, pour le repas, répond-elle légèrement. »

Elle serait envoyée par quelqu’un ? Mais dans ce cas, elle connaîtrait son nom. En plus, comment l’aurait-elle trouvé dans ce parc ? Elle-même n’avait pas prévu d’y être, et c’est bien loin de ces lieux de zonage habituels. Le hasard ? Ou alors on la suit depuis tout ce temps ? Nan, pas possible, elle fait toujours attention. Quelqu’un de meilleur qu’elle… ?

Elle se rend à l’évidence : elle ne vaut pas tant.

Du coup, elle outrepasse son désintérêt total pour les gens normaux et décide de trouver des renseignements.

« Et toi ?
- Lauren Hill. »

Ça se trouve, elle a menti. Rétrospectivement, Aly se dit qu’elle aurait peut-être dû faire pareil. Ça aurait pu la faire réagir si elle savait déjà des trucs. Enfin, pour le moment, elle peut se contenter de continuer à manger. Elle n’a plus vraiment faim, mais quand on ne sait pas quand est le prochain repas, on ne fait pas le malin. Et comme tout mettre dans ses poches ne serait pas pratique…

Tiens, elle pourrait user de son charme de brigand. Elle fait un sourire en coin un peu canaille.

« Tu manges pas ?
- Non, je n’aime pas le sucré, répond-elle avec une grimace. »

Raté. Plus pour elle. Gagné ?

« Que fais-tu de tes journées ? A part ce que j’ai pu constater plus tôt, évidemment. »

Alyvesha déglutit. C’est l’interrogatoire, c’est la police, c’est la milice. Pointe de mépris dans le ton, chez elle ?

« Pourquoi toutes ces questions ? La bouffe ? L’hôtel ? »

Question pour question.

« Curiosité peut-être ? Bonté d'âme, vois cela comme ça t'arrange, mais tu ne m'as pas répondu.
- C’est que je vois pas bien pourquoi je répondrai, rétorque-t-elle avec un rictus.
- Certes, personne ne t'y oblige. Je m'intéresse, je pose des questions... Ainsi va la vie... »

Aly fait la moue. Hill veut pas vraiment lui répondre, on dirait. Ça toque à la porte, à ce moment-là. Le vieux père de famille de l’accueil, il jette un coup d’œil, s’assure que tout a l’air de bien aller.
« J’ai apporté le café. »
Il a effectivement un plateau entre les mains, avec deux tasses et une cafetière fumante. Lauren lui prend des mains, le remercie et il referme la porte derrière lui. Il a l’air drôlement curieux, comme type. L’interrogatrice pose le tout sur la table, se rasseoit en face d’Aly. Une tasse ferait bien passer toute la nourriture et lèverait peut-être l’apathie qui continue de la gagner. Elle n’arrive pas à se sentir vraiment en danger, bizarrement.

« Sache simplement que tes réponses peuvent te rapporter...Enfin, si mademoiselle se donne la peine évidemment. »

Ses yeux s’illuminent, se plissent sur un sourire qui ne serait pas menaçant pour un sou s’il n’y avait pas la cicatrice.

« Fallait le dire tout d’suite. On parle de combien ?
- Doucement, doucement. Cela dépendra de ce que tu peux m'apporter. Le temps c'est de l'argent, à ta place j'éviterai de le perdre... »

Le vieux coup de la négociation rapide en faisant miroiter quelque chose. Salement éculé. Elle manque de le dire à voix haute mais Lauren sert la première tasse… Et la prend entre ses mains. Aly hésite à tendre le bras pour se servir, mais c’est à l’autre bout de la table. Sois évasive, qu’elle s’intime. Ou alors sors ton planteur et vole-lui ce qu’elle a ? Attendre de voir, d’abord, vaut ptet pas le coup sinon.

La question précédente…
« Je zone, je traîne, je me promène. Je profite de la vie, même si mes hobbies ne plaisent pas à tout le monde. J’fais des p’tits boulots pour garder la tête hors de l’eau. Triste, hein ?
- Triste ? Pas si tu y trouves ton comptes. Mais voyons voir de quoi tu es capable pour garder la tête hors de l'eau. A vrai dire... C'est justement cela qui m'interesse. »

Comme quoi c’est pas si dur de trouver du boulot, en fait.
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Lauren Hill
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Dim 11 Fév - 20:38
Irys : 869830
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
Tout en dégustant ma tasse de café, je la dévisageais, m’efforçant de cerner le personnage en face de moi. Zoner, traîner… “Profiter de la vie”, c’était une façon de voir les choses, même si bien évidemment, je ne voyais pas en quoi lorgner le ciel en fumant je-ne-sais-quoi pouvait être intéressant. Enfin, cela semblait lui convenir et ce n’était certainement pas à moi de la juger. J’avais tout de même conscience que de naître dans une famille comme la mienne, bourrée de défauts certes, constituait une certaine chance. Sans elle, et surtout sans l’argent, je n’en serais certainement pas là, voir peut-être me trouverai-je à la place de la femme assise en face de moi.

- Concrètement, je ne te demanderai guère plus que ce que tu ne fais déjà, mis à part de tendre l’oreille à ce qui se passe tout autour.

Je déposais doucement ma tasse tout en continuant de l’observer, j’avais besoin de voir ses réactions pour mieux les comprendre et anticiper la suite.

- Les petites magouilles et autres combines habituelles des bas-quartiers ne m'intéressent pas, ou très peu. Ce que je veux réellement savoir, ce sont les gros secrets, ceux que l’on murmure tout bas. Et pour cela, il faut réellement prêter l’oreille.

Restait tout de même un gros problème à régler. Une manie qui, à coup sûr, l’empêcherait d’être réellement efficace. Pouvais-je simplement lui faire confiance ? Après tout, les toxicomanes n’étaient pas forcément les personnes les plus fiables. Néanmoins, allez savoir pourquoi, j’éprouvais l’envie de lui donner une chance. Quant à savoir si j’avais raison ou non, l’avenir nous le dirait… En revanche…

- Je paierai chaque information selon sa valeur. Je ne suis pas de la milice, arrêter les malfrats ne m'intéresse pas. Chacun son métier après tout. Pour ma part, je suis journaliste, si cela peut de donner une indication quant aux nouvelles susceptible de m’intéresser et que tu pourras donc m’apporter. Toutefois, hésitai-je un instant avant de me reprendre. L’un de tes passe-temps risque fort de t’empêcher d’entendre correctement… Ou seulement de voir ou même de te concentrer. Essaie de garder cela pour d’autres moments...

Nul doute qu’elle n’allait pas apprécier ma dernière recommandation. Je pouvais le comprendre… Je tenais donc à la rassurer.

- Je me rendrais dans ce parc chaque matin. Si tu as faim, besoin d’un bain ou simplement d’un endroit chaud où dormir, n’hésites pas à me le dire. Je saurai récompenser tes efforts. Alors, qu’en dis-tu ?




Lauren s'exprime en #99ccff


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Alyvesha
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Dim 18 Fév - 12:11
Irys : 305649
Pérégrin 0

Des informations. Juste des informations, et pas le bas-de-gamme auquel Alyvesha est plutôt habituée. Visiblement, ici, on vise plutôt le magnat du crime. Si elle veut bouffer, la jeune femme va devoir commencer à fréquenter des cercles un peu plus prestigieux que ceux dont elle a l’habitude. Ça tombe bien, c’est exactement ce qu’elle a prévu. Faut juste que les choses continuent à suivre leur cours sans anicroche. Le ventre bien rempli, au chaud dans une chambre, Aly se sent pour une fois de meilleure disposition. Elle n’a presque pas mal à la main, en plus, mais c’est davantage le rach de tout à l’heure, pense-t-elle.

« Hmm, n’articule-t-elle pas. »

Elle jauge à nouveau Lauren. La chambre est impersonnelle. Le type à l’accueil se tient un peu bizarrement avec elle. Pas de familiarité. Pas là depuis longtemps ? Elle essaie de se rappeler comment l’autre circulait autour des meubles, mais ne parvient pas à se souvenir d’une incongruité particulière née de l’habitude.

Agent de la milice ? De mémoire, la milice est plus efficace que ça. Là, ça fleure l’amateurisme. Trop d’écart de milieu. Ils ne procèdent pas comme ça. Soit en mettant la pression, soit en se coulant eux-même dans le moule. Là, c’est ni l’un ni l’autre, juste une relation tarifée comme une autre. Elle cache un sourire sarcastique.

Détective privée ? Non. Ou débutante. Débutante ? Autre chose. Elle se creuse la tête pour trouver. Elle a l’impression que ce n’est pas si compliqué, en plus, mais la fatigue des derniers jours de chouille commence à la rattraper. Puis finalement, est-ce si important ? Alyvesha n’est liée à personne donc ne peut pas trahir qui que ce soit. Ou, plutôt, elle peut trahir tout le monde, mais à bon escient, histoire d’avancer ses propres pions.

C’est toujours bien d’avoir des outils, il faut simplement savoir s’en servir correctement. Donc Aly doit savoir comment Lauren va utiliser les informations avant de l’avoir comme arme. Pas de dissuasion. De plantage.

« Hmm, articule-t-elle. »

Puis la promesse d’être payée… Avec en plus les repas, le logement, ça peut faire une bonne planque dans les jours difficiles. Ou en hiver. Surtout en hiver. Reste l’interdiction sur le rachacha, que Lauren ne pourra jamais véritablement vérifier. Autant lui dire ce qu’elle a envie d’entendre, en mâtinant tout ça d’un peu de vérité.

« Ouais, j’peux fumer moins, mais ça me rend mauvaise. Agressive. Désagréable. »

Silence. Ah, oui.

« C’est pour raisons médicales, une vieille blessure. »

Avant que Lauren puisse réagir, ça toque à la porte. Elle ouvre, et c’est à nouveau le type de l’accueil. Il a entre les mains une imposance baignoire en faïence, et le poids fait ressortir les veines de ses avant-bras. Il est un peu rouge mais tente de ne rien montrer en gardant son souffle sous contrôle. Aly lui adresse un sourire sardonique qu’il ne remarque même pas, les yeux fixés sur sa cliente. Le sourire s’élargit.

Il entre et pose la baignoire sur un espace carrelé, puis retourne dehors. Il y a des seaux d’eau bouillante sur le pallier, et il les rentre deux par deux avant de les verser.

« Il y a également des seaux d’eau froide pour que vous puissiez changer la température à votre convenance. Et voilà le savon. »

Le pain de savon est assez petit, du genre la fin. Il jette un regard à Alyvesha.

« Il en faudrait peut-être plus ? Oui, cela ne suffira pas pour deux. »

Le sourire de la criminelle se fige. C’est vrai que ç’avait parlé de bain, tout à l’heure… Il pose un second pain, énorme celui-là, puis tire sa révérence sur un dernier regard à Lauren. Ha.

« Euh… »
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Lauren Hill
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Dim 18 Fév - 14:26
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Décidément, cette Alyvesha se montrait fort peu bavarde. Je mis cela sur le compte de la méfiance, clairement justifiable, que cette dernière devait éprouver à mon égard. J’avais conscience que ce genre de demande, de par sa nature originale et peu commune, pouvait paraître suspecte. Chacun ses méthodes après tout, l’on m’avait enseigné que pour être réellement efficace, mieux valait avoir des yeux partout, et comme l’anatomie humaine ne permettait en aucun cas ce genre d’exploit, mieux valait agir autrement. Toutefois, loin de moi l’idée de la mettre mal à l’aise, ce n’était pas mon but, bien au contraire.

Je lui en demandais beaucoup, je m’en rendais bien compte. Toutefois, selon sa façon d’agir, cela pouvait aussi s’avérer être une chance pour elle, encore fallait-il qu’elle la saisisse. Je n’allais pas non plus lui forcer la main, ce n’était pas dans mes habitudes, je me contentais généralement de donner quelques possibilités de choix. Choix qui appartenait bien évidemment à mes interlocuteurs.

J’observais son regard surpris tandis que l’homme installait la baignoire. Encore un autre choix, une possibilité que je lui offrais. Lorsque je la vis se figer dans une mine étonnée, je ne me pus m’empêcher de rire.

-Je te rassure, je n’ai pas d’idée derrière la tête, je ne compte même pas regarder, raillai-je en donnant une pièce à l’homme avant qu’il ne disparaisse dans le couloir. Tu n’as absolument rien à craindre de moi. Je ne suis même pas armée. Tu peux vérifier, si cela peut te rassurer. Fouille donc la pièce, de fond en comble, ça ne me gêne pas.

Je repris ma place à la table, remplissant à nouveau ma tasse de café, tout en observant les réactions de la jeune femme face à moi.

- Si tu te méfie tant de moi, rien ne t’empêche de me poser des questions. Je n’ai rien à cacher, je te répondrais en toute honnêteté.

Je portais la tasse à mes lèvres tout en continuant de l’observer, guettant ses réactions. Après tout, si je me trouvais effectivement désarmée, ce n’était nullement son cas, je le savais. Il serait même stupide de sa part de mener le genre de vie qu’elle semblait affectionner sans posséder une arme ou deux. Elle ne ferait certainement pas long feu dans les bas quartiers, en particulier dans l’état où elle se trouvait. Je voyais mal sa cicatrice la protéger des hommes, par exemple. Je décidais finalement de me présenter.

-Très bien, dis-je en reposant ma tasse.Je suppose que mon nom ne t’évoque rien, ce n’est pas bien grave. Je suis journaliste à “La Tribune”, c’est le nom du journal qui achète généralement mes articles. Et même si je ne me spécialise pas dans les faits divers, j’aime me tenir au courant de ce qui se passe, histoire de garder un tour d’avance sur les autres. Et je sais que pour cela, il n’y a rien de mieux que des petits yeux curieux.

Alors, rassurée ?



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Alyvesha
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Mar 20 Fév - 19:34
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Elle ne va pas se gêner. Elle fouille méthodiquement les moindres tiroirs, vérifie l’existence de double-fonds, soulève le matelas et le palpe des fois que quelque chose soit caché dedans. Elle se dirige ensuite vers l’armoire, fait les poches des vêtements qui s’y trouvent, sans rien trouver qui ne mérite son intérêt. Tout ce temps, Lauren la regarde, l’expression patiente. L’eau du bain refroidit un peu, aussi. Pas grave, elle a l’habitude de pire.

« Il reste que toi, fait Alyvesha. »

La jeune femme se lève, et la criminelle la palpe sans ménagement, vérifie à nouveau les poches et tout ce qui pourrait contenir une arme : les manches, sous la nuque accroché à une lanière, les chevilles, le haut des cuisses. Quand elle est satisfaite, elle s’éloigne d’un pas, et se ressert du café maintenant tiède qu’elle avale d’un lever de coude précis et maîtrisé. Puis elle se place de l’autre côté de la baignoire, verse tous les seaux d’eau chaude et passe la main dedans.

Plutôt bon, songe-t-elle.

Le couteau qu’elle porte à la ceinture atterrit sur le rebord en faïence, la poignée vers elle. Sa lame épaisse jette des reflets lumineux en fonction de la lumière qui tombe dessus. Lui est très propre, pas une trace de rouille ou de sang, l’opposé complet de sa propriétaire. C’est qu’être soi-même crasseux n’empêche pas de se battre. Par contre, une arme qui se délite sous l’effet de la saleté, c’est rudement peu pratique dans un combat…

Sa veste tombe au sol quand elle s’en défait, et elle en profite pour pêcher le deuxième couteau qui se trouve, justement, dans les manches. Sa lame est bien plus fine, mais largement assez longue pour occasionner des dégâts considérables. Elle est toute aussi propre que sa grande sœur. Alyvesha la pose de l’autre côté, à portée de sa main gauche. Puis elle enlève le haut de sa tunique et se retrouve torse nu.

De grandes taches jaunes-vertes couvrent tout le côté droit de ses côtes, des restes d’ecchymoses qui ne lui font plus vraiment mal et qui ne vont pas tarder à disparaître et n’être qu’un mauvais souvenir de plus. Quand elle bouge, la peau se tend sur son ventre à peine rebondi malgré tout ce qu’elle vient de manger, et les côtes apparaissent comme largement saillantes : les récompenses d’un régime à base de famine, d’alcool et de drogue, à n’en pas douter.

Puis elle enlève ses bottes, non sans oublier le petit couteau qui s’y trouve, le plus petit de sa panoplie. Celui-là reste de l’autre côté de la bagnoire, censément à l’abri de la journaliste. C’est vrai, ça, la fouille l’a distraite. Journaliste, ça semble coller au profil : pas forcément à l’aise, mais avec un bon contact, besoin de se faire des amis dans certaines tranches douteuses de la société, l’envie de flairer les gros coups… Reste à Aly à trouver comment s’en servir. Elle a juste à vérifier cette information puis y réfléchir à tête reposée, plus tard.

Sans pudeur ni gêne, elle se débarrasse de ses derniers vêtements et les laisse en tas au pied du bain avant de se glisser dedans. Ses mains ne restent jamais bien loin de ses deux couteaux et elle baisse la tête jusqu’à ce que seuls ses yeux dépassent de l’eau. Ses cheveux emmêlés s’alourdissent rapidement en prenant l’humidité.

Reste à en profiter pour se laver. Faire parler l’autre. C’est toujours distrayant.

« Pourquoi cet… intérêt pour les grandes affaires des p’tites gens, Lauren ? »
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Lauren Hill
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Mar 20 Fév - 21:00
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S’il n’y avait que cela pour la mettre à l’aise, je la laissais fouiller la pièce à sa guise. Je n’avais après tout rien à cacher, ni même aucun objet de valeur dont la disparition aurait pu m'inquiéter. Je n’avais que faire de ces babioles encombrantes. Constamment, sur les routes, je me voyais mal accumuler une certaine masse d’objets inutiles. De ce fait, je me contentais du strict nécessaire. Je ne possédais d’ailleurs que peu de vêtements, les choisissant pratique et légers, laissant les fioritures à ma sœur, qui elle en raffolait. Il est vrai que deviner ma position sociale, héritée de naissance et à laquelle je ne prétendais en aucune façon, n’était pas forcément une mince affaire. Je le concevais parfaitement et m’en amusais également, je dois bien l’avouer. Aussi, voyant ses regards perplexes, je ne pus m’empêcher de me demander ce à quoi elle pouvait bien penser. Que pouvait lui offrir celle qui ne possédait rien ? Là était toute la question et pourtant, Alyvesha ne dit rien, se contentant de chercher ce qu’elle ne trouverait jamais.

Puis vint mon tour. Je la laissais me fouiller, tâtant allègrement chaque partie de ma tenue sans broncher, bien que je détestais cela. Le tripotage à l’aveugle, par une femme de surcroît… Très peu pour moi. Mais bon, s’il fallait passer par là, et bien, qu’à cela ne tienne, je pris simplement sur moi en affichant mon éternel masque impassible jusqu’à ce qu’elle achève sa tâche avec une mine presque déçue.

Je lui souris, tandis qu’elle ingurgita une tasse de café à présent à peine buvable, tout du moins selon mes goûts. Finalement, elle se dirigea vers la baignoire ce qui me mena à me retourner. Lui tourner le dos n’était probablement pas une bonne idée, Alyvesha était armée, pas moi, néanmoins, je ne comptais pas non plus l’observer durant sa toilette, préférant me plonger dans la lecture d’un des quotidiens posé sur ma commode. Des nouvelles semblables à toutes les autres, rien de bien nouveau sous le soleil, My’trä et Daënastre se détestaient toujours, s’accusant mutuellement de tous les mots d’Irydaë… Surtout Daënastre d’ailleurs… Quelques faits-divers sans grandes importances non plus, rien de bien passionnant, en somme, cela me tint juste occupé le temps du bain de la demoiselle.

-Pourquoi cet...intérêt pour les affaires des p’tites gens, Lauren?

Bonne question…

- Et pourquoi pas ?répondis-je d’un ton amusé avant de poursuivre. Je m’intéresse à peu près à tout. C’est dans ma nature, un besoin viscéral d’en savoir le plus possible. Je me contente de peu généralement, un infime détail ignoré par tous, bien que bien présent. C’est mon point de départ, il suffit de remonter la piste, creuser un peu pour découvrir la chose réellement importante. Celle-ci peut mener à autre chose de plus important, peut-être pas. Je m’en servirai ou non, je ne le sais jamais à l’avance...

Je me redressais pour déposer mon journal plié sur la table avant de reprendre ma place.

-Les petites gens, comme tu dis, ne sont pas différentes des autres finalement. Mis à part quelques détails qui influencent le reste. Mon père a l’habitude de dire que tout se trouve dans le détail, les différentes nuances. Ce qui fait que quelque chose peut paraître important sans l’être réellement ou inversement, une chose peut passer pour banale, anodine, minuscule, mais provoquer d’énormes conséquences. N’es-tu pas curieuse Aly?



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Alyvesha
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Mer 21 Fév - 19:42
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Elle réfléchit quelques instants à la question, pendant que sa main gauche attrape le gros savon et l’immerge, puis commence à frotter la peau déjà sous l’eau.

« Nan, pas vraiment. Enfin, oui, j’suis curieuse, mais pas en général. »

Un sourcil interrogateur appelle à développer. Alyvesha fait tourner son index droit en l’air.

« J’m’intéresse pas au boulanger, l’artisan, à la vie du menuisier. J’m’intéresse à sa caisse. J’m’intéresse pas aux soucis familiaux du quidam moyen, juste comment ça m’sert. J’m’intéresse pas aux événements culturels ou les trucs sociaux, sauf quand ça déclenche des opportunités. »

Elle lave vigoureusement ses jambes et la couleur de l’eau a déjà un peu changé.

« En fait, déjà, ça m’intéresse pas, faut dire les choses. J’ai assez de choses à faire. Et surtout, j’ai pas le loisir de m’occuper des autres, et suffisamment à faire avec moi-même. »

Aly ne s’en rend même pas compte, mais si le besoin de survie joue considérablement, elle a surtout toujours eu une fibre égocentrique assez développée.

« Après, pour les conséquences des p’tits détails, ça tombe un peu sous le sens, non ? »

Marrant comme elle est devenue plus bavarde depuis qu’elles parlent de sa vocation, de son métier. P’tet un truc à exploiter, songe confusément Aly. Elle ne sait pas encore quoi, mais ça s’éclaircira le moment venu. Probablement.

« Et du coup, tu préfères poser des questions sur ce que font les gens des coins mal famés, c’est ça ? Tu pourrais t’contenter justement des vraies petites gens, le type à l’accueil en bas par exemple, le temps qu’il va faire la semaine prochaine, ou le nouveau produit ménager à la mode. »

Tout ça, ce sont des exemples tirés d’un journal qu’elle a dû voir passer il y a peu. Ou était-ce la semaine dernière ? Cela n’a finalement pas d’importance. Elles font connaissance, ce qui n’est pas plus mal. Aly en profite pour se récurer de fond en comble pour la première fois depuis un bail. Elle repose le savon sur le bord de la baignoire, entre les deux couteaux. L’eau est recouverte d’une fine pellicule de gras et de mousse. Marrant, qu’il mousse, elle n’en a pas l’habitude.

Sans attendre de réponse, elle plonge la tête sous l’eau mais garde les yeux ouverts, malgré le fait que cela la pique. Fixés vers le haut, avec le bout des doigts qui touche le manche de ses armes, si Lauren bouge, elle sera rudement déçue. Après quelques secondes, elle ressort en rabattant ses cheveux en arrière d’une main. Hill n’a pas bougé, se contentant d’attendre.

Alyvesha reprend le savon d’une main et le passe sur son cuir chevelu. Avec ce qui lui reste sur les doigts, elle passe dans ses longs cheveux. Beaucoup trop longs. Il faudra qu’elle pense à couper tout ça un jour, histoire de ne pas attraper de saloperies. Mais il fait froid d’un autre côté, et ça lui permet de cacher un tant soit peu sa cicatrice…

Elle lève un regard interrogateur vers la journaleuse et réfléchit déjà aux prochaines questions qu’elle pourrait poser.
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Lauren Hill
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Dim 25 Fév - 15:27
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Profession : Journaliste / Reporter
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Évidemment, de là où je me trouvais, toujours assise dos à elle, Alyvesha ne pouvait voir un sourire satisfait se dessiner peu à peu sur mon visage. Sa réponse me plut par sa franchise. Je n’aimais pas les gens qui se sentaient obligés de mentir pour paraître intéressant, ou qui éprouvaient le besoin étrange de tourner autour du pot.

Soit. Sa façon de penser me convenait parfaitement et pour cause, elle résonnait avec la mienne. Vous ne croyez tout de même pas que j’agis de la sorte par simple bonté d’âme, rassurez-moi… Il ne s’agissait là que d’un échange de bon procédé, rien de plus, rien de moins. Je ne cherchais pas à m’en faire une amie et nul doute qu’elle non plus. Non, j’avais besoin d'alliés, de petits yeux curieux attirés par l'appât du gain comme un papillon de nuit par la lumière des réverbères. Voilà pourquoi mes tarifs changeaient selon l’information, simplement pour les motiver à m’apporter toujours plus intéressant. En échange, je savais me montrer généreuse, une façon de leur prouver qu’ils avaient tout à gagner à bien vouloir m’aider. Cela marchait, la plupart du temps, même si certains avaient évidemment essayé de “tricher” en me fournissant de fausses informations… Vérifiant systématiquement mes sources, ma réputation professionnelle n’en avait eut à en pâtir… Heureusement pour moi. Quant à ces faux jetons, ils avaient simplement repris leur place dans les rues, à devoir mendier leur pitance.

Je la laissais donc parler, m’exposer ainsi son point de vue qui me plaisait décidément de plus en plus. Je ne pus toutefois m'empêcher de penser qu’il était bien dommage qu’une fille, visiblement aussi maline, puisse se trouver dans sa position à perdre son temps en consommant ses atrocités… Enfin, un choix de vie comme il en existe des tas, loin de moi l’idée de la juger ou même de la plaindre, puisque comme elle l’avait elle-même affirmé, elle y trouvait parfaitement son compte.

-Voilà un choix de réponses intéressant... dis-je finalement en me relevant pour me diriger vers la commode où attendait un linge propre.

Je m’en saisis délicatement avant de le déplier, trouvant son état et sa teinte blanche éclatante étrangement intéressants… Tiens donc, une autre question amusante…

-Je ne pratique pas ce “genre” de journalisme figure toi. Ce n’en est même pas à mon sens... Écrire de quoi distraire la ménagère et travailleur… Très peu pour moi… En réalité, je me fiche bien de ce que les gens pensent de mes articles. J’écris pour moi, avant tout. Qu’ils plaisent ou non, ce n’est pas mon problème. J’ai la chance de ne pas avoir à courir après l’argent.

Ca, je ne pouvais que le reconnaître. Avoir des parents riches et de percevoir quelques royalties venant de la vente de mes livres m’assuraient un certain confort qui me permettait de me montrer sélectives quant aux sujets que je traitais… Même s’il m’est arrivé de devoir composer avec le journal et ses exigences... Évidemment.

Je la laissais terminer sa toilette, elle avait bien le droit d’en profiter… J’hésitais à lui proposer l’une de mes tenues, mais je doutais que celle-ci n’accepte… Bien que je possédais quelques paires de pantalons confortables… Enfin… Finalement, je m’approchais de la baignoire, sans la regarder, respectant un tant soit peu son intimité, quoique ce choix semblait tout à fait personnel puisqu’elle se baignait en “public”.

-Alors Aly, qu’en dis-tu? Acceptes-tu mon offre ? Ou tiens-tu à savoir autre chose de moi?



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Alyvesha
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Sam 3 Mar - 10:49
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Ne pas courir après l’argent. Les mots s’illuminent presque quand ils apparaissent dans l’esprit d’Alyvesha. Ça, ça veut dire qu’il y a de l’argent disponible en permanence. Un conjoint fortuné ? Vu la piaule, elle élimine immédiatement l’option. Elle habiterait dans un manoir de la haute. Amante peut-être, avec déplacements fréquents pour limiter les fuites ? Un mari infidèle haut-placé ? La question mérite d’être posée, mais pas à Lauren. Elle essaiera de se renseigner un de ces quatres.

Nan, le plus marrant, songe Aly, c’est le côté ouvertement voyeur assumé par Lauren. La curiosité un peu malsaine, peut-être même perverse. Pour vouloir l’écrire ensuite aux yeux de tout le monde, et dévoiler les zones d’ombres des vies et des cœurs des gens… C’est pas de la philanthropie, ça. C’est du bon gros voyeurisme, comme ces types qui espionnent les prostituées et leurs clients sans jamais y aller eux-mêmes. Il y a sûrement beaucoup à en dire à propos de Lauren, juste en sachant ça.

Mais ça n’intéresse pas la criminelle, en fait, les penchants de la journaliste.

Aussi, quand l’autre lui propose de déterminer si elle accepte l’offre ou pas, elle n’hésite pas vraiment. Après tout, ça n’engage pas à grand-chose pour le moment, et ça pourra toujours être utile plus tard, ne serait-ce que pour manger et dormir au chaud. Un coup d’œil à l’eau maintenant grise suffit à achever de la convaincre. Elle ne doit simplement pas sentir trop bon, mais ne rien sentir passe aussi. Question de discrétion. Une odeur de parfum ou quoi revient à dessiner une grosse cible au milieu de son dos.

Elle se lève, à nouveau sans pudeur, et alors que l’eau dégouline le long de son corps famélique, elle pose sa main mouillée sur l’épaule de Lauren. Drôle, qu’elle ne la regarde pas. Prude, la jeune fille de bonne famille ? Là d’où Aly vient, en tout cas, personne ne s’effarouche de ça. Cela lui rappelle qu’elle est loin de chez elle, mais que la situation n’est pas si différente de ses quinze ans. Comme si elle bougeait en cercle. Elle se retient de cracher dans le bain.

L’humidité imbibe immédiatement les vêtements de Hill.

« Nan, c’bon, j’ai pas besoin d’en savoir plus. P’tet plus tard. J’vais tendre l’oreille, essayer de chopper des informations qui pourraient t’intéresser, et on s’retrouvera dans le parc. Faut aussi prévoir une solution de repli pour si j’peux pas rester à t’y attendre, au cas où. C’est que j’suis assez occupée, tout ça. »

Elle pose quelques instants, se gratte la joue d’un ongle maintenant propre.

« Mettons que j’grave un L dans un cercle sur le banc où tu m’as accostée, okay ? Et on se retrouvera dans l’autre parc, là, celui qu’est trois rues plus haut quand on va vers le centre-ville. J’sais plus comment il s’appelle. Mais à midi. Ça colle ? »

Elle sort de la baignoire, et commence à se sécher avec une serviette. Puis elle remet ses sous-vêtements, ses vêtements, cache deux de ses couteaux à leurs emplacements habituels. En fait, songe-t-elle en regardant la table…

« Finalement, j’ai une autre question. La bouteille de whisky, y’a moyen ? Pour fêter, tout ça. »

Qui ne tente rien n’a rien.
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Lauren Hill
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Mer 7 Mar - 17:41
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Profession : Journaliste / Reporter
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Et me voilà donc avec une nouvelle informatrice.

Je la laissais donc se rhabiller tranquillement, m’en retournant à mon café fumant tout en l’écoutant. Soyons clair, je me fichais bien de l’image qu’elle pouvait avoir de moi, je ne m’étais jamais soucié réellement de ce genre de chose, pas pour un tel partenariat. Et je savais aussi qu’Alyvesha devait penser exactement la même chose. Il ne s’agissait là que d’un échange, information contre argent ou avantage en nature, un endroit chaud où dormir, un repas, un bain. Rien de plus, rien de moins. Cela ne faisait pas d’elle mon employée, simplement une connaissance dont l’assistance serait récompensée.

-Très bien, j’en prends bonne note. Évite tout de même de te mettre en mauvaise position, l’on pourrait aisément te croire informatrice pour la milice, si tu n’y prends pas garde. Et crois moi, cela engendrerait des soucis dont nous nous passerons volontiers, toi comme moi.

Un petit avertissement qui n’était pas lancé au hasard, loin de là. L’un de mes premiers informateurs avait voulu faire bien plus que ce que lui avait demandé… Il n’était jamais réapparu à notre lieu de rendez-vous. C’était il y a longtemps, j’étais encore jeune journaliste, certes, mais son souvenir servait depuis d’exemple aux suivants.

-Évite de traîner dans les affaires louches et ne parles jamais de cette collaboration, à personne. Certains essaieront d’en profiter et je ne suis pas une banque, même si je ne manque clairement pas d’argent. Les fausses informations, je les laisse aux autres, épargne m’en. Comme je te l’ai dit plus tôt, je vérifie toujours mes sources, ne l’oublie pas.

Encore un autre souvenir d’ancien bavard. Bon sang, j’avais été obligé de changer de lieu de rendez-vous plusieurs fois pour me débarrasser de ces maudits parasites. Tout cela à cause d’un idiot bien trop bavard… Retrouvé quelques semaines plus tard, mort au coin d’une rue passante. Comble de l’ironie ? Non, simplement la preuve de la bêtise humaine et qu’une langue trop bien pendue avait tendance à se voir coupée par les plus discrets.

-Si tu te fais arrêter par la milice, tu ne me connais pas. Dans tous les cas, je ne pourrais pas t’aider dans ce cas-là, je n’ai aucune connaissance chez eux, et ne bénéficie d’aucun privilège face à la loi.

Encore une expérience passée ? Évidemment. Comme vous pouvez le constater, j’ai eut mon lot d’idiots au fil des années. Néanmoins, cela m’avait au moins permis de rôder le système, petit à petit, l’améliorant sans cesse jusqu’à ce qu’il fonctionne à merveille. Comprendre la nature humaine, leurs besoins, leurs envies, aidait grandement à perfectionner ce type de collaboration. Ainsi, ils se rendaient vite compte qu’ils y avaient tout à gagner et rien à perdre, car je ne leur imposais absolument rien.

Lorsqu’elle évoqua la bouteille de whisky que je n’avais nullement caché, je ne pus m’empêcher d’en rire. Bon sang, elle ne perd pas le nord.

-Pour ma part, je ne bois jamais à une heure aussi matinale. Mais je t’en prie, sers toi, emporte là même. Elle ne m’était réservée dans tous les cas, il s’agissait d’un cadeau pour celui que tu remplaces.



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Alyvesha
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Sam 10 Mar - 12:05
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Alyvesha n’hésite pas plus d’une seconde avant de s’approcher de la bouteille, de la saisir, de l’ouvrir, et d’en boire une gorgée. La brûlure si familière maintenant coule dans sa bouche, sa cage thoracique avant de se poser dans son estomac maintenant bien rempli. Brûlure différente de celle du café, cela dit, mais tout aussi agréable, tout aussi réchauffante. Mais elle ferait mieux de se garder le reste pour plus tard.

Elle va pour reboucher le flacon, puis se ravise. Elle lève la bouteille en direction de Lauren.

« A une collaboration enrichissante, alors ! »

Enrichissante. Exactement ce qu’elle veut. Elle prend une autre lampée tandis que Lauren lève sa tasse de café et boit également. Un pacte scellé, un plan précis, des opportunités qui se présentent… Les débuts à Alexandria ont été chaotiques, mais il y a du mieux, à n’en point douter. Ou, en tout cas, la perspective d’un mieux si elle arrive à se procurer ce que Lauren cherche. Ça ne devrait pas être trop dur, elle a toujours été douée pour laisser traîner ses oreilles.

Puis la jeune femme hésite. Continuer à rester ici encore un peu, ou partir tranquillement avec sa bouteille ? C’est vrai que cela fait bien longtemps qu’elle n’a pas dormi au chaud, dans un vrai lit, au point qu’elle n’est même pas sûre de pouvoir s’assoupir sur le matelas de plume. Elle a davantage l’habitude des paillasses dures, ou même d’être recroquevillée dans un renfoncement en pleine ruelle. A ne dormir que d’un œil, à l’affût de tout ce qui pourrait vouloir profiter d’une femme seule.

Nan, pas le lit.

« Je peux rester quelques heures dans le fauteuil ? J’devrais partir en début d’après-midi. »

La demande rentre tout pile dans ce que Lauren lui a proposé et donc ne devrait pas poser de souci. Mais entre ce qui est dit et ce qui est fait, il suffit d’avoir plus de dix ans pour se rendre compte qu’il peut y avoir des écarts : ça tombe mal, c’est pas le moment, j’ai quelque chose à faire… Juste un peu de vrai sommeil et elle repart. Sur un acquiescement de Lauren, elle rassemble ses frippes autour d’elle, se dirige vers le siège bien matelassé et se blottit dedans. Avec sa taille et sa morphologie, et toutes les couches de vêtements, elle se cale confortablement et semble fermer les yeux.

Il reste un filet de lumière qui passe, juste pour observer Hill, et sa main ne s’éloigne jamais très loin de ses couteaux. Puis l’autre femme fait monter l’aubergiste, vider l’eau, descendre la baignoire. Le bruit parvient à Alyvesha comme à travers une couche ouatée, le fruit d’un bon repas et de trois jours de fête. Puis la journaliste s’en va, vaquer à ses propres occupations, et lui laisse la chambre. Là, Aly sombre totalement dans un sommeil né de la fatigue davantage nerveuse que physique.

Et, comme promis, dans l’après-midi, elle a disparu avec sa bouteille, sans rien toucher d’autre.

Il ne reste qu’un léger parfum âcre, presque masqué par celui du savon et du café.
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