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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: My'trä :: Zolios
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 Le couronnement d'une Idylle...

Mary E. Burrowes
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Mer 7 Fév - 4:46
Irys : 695059
Profession : Messagère
My'trän +2 ~ Chimères


The peace the evening brings the world,
for once, in perfect harmony with all its living things


Le retour de Zochlom. Tant de choses s'étaient passées que j'en avais presque le tournis quand j'y repensais. Bonnes, mauvaises, surprises, sentiments violents, nous arrachant le cœur ou nous le réchauffant. Comme Möchlog devait rire lui de nous voir nous débattre ainsi. Comme les architectes devaient être déchirés eux aussi. Entre la colère de Süns, le désespoir de Khugatsaa. Cette douleur qui avait plongé un continent entier dans la terreur. Et puis le calme, le tremblement de tout ceux qui s'en étaient sortis. Le chaos qui avait régné sur le lieu de l'exposition, puis la culpabilité, le compte, la consternation de tout le monde. Tout cela suivi par la nouvelle qui m'avait le plus touchée de toute ma vie. Comme si les architectes souhaitaient nous redonner l'espoir. Une façon de nous inciter à continuer tout les deux, après l'horrible cauchemar qui nous avait faire croire être séparés.

J'avais tellement réfléchis à tout ça que j'en avais aussi mal à la tête. Dans les bras de mon fiancé que je quittais le moins possible. La décision de nous marier semblait encore plus à propos qu'avant, plus qu'une suite logique c'était devenue un besoin évident. Je n'aurais jamais remis cela en question. Ce lien était si indispensable que c'en était presque douloureux de ne pas l'avoir fait auparavant. Je sentais parfois le fruit de cet amour au creux de mon ventre, maintenant que je savais qu'il y était. Peut être étai-ce mon imagination, mais chaque fois, je souriais en touchant cette promesse si précieuse. Mais je devais aussi travailler sur moi. Si je ne connaissais pas si bien la magie du griffon blanc, en discuter avec Meylan m'avait permis de comprendre d'où venait la douleur qui m'avait ceinturée la poitrine ce soir là, à m'empêcher simplement de respirer. Cette peur, fantôme qui sommeille en chacun de nous, attendant son heure pour nous asphyxier et nous entrainer avec elle dans des ténèbres où nous n'avions pas été conçu pour survivre...

Il m'avait paru tout à fait impossible de rester dedans. Je n'étais pas une guerrière, c'était un fait. Mais je ne pouvais pas non plus espérer ne rien faire. Je refusais, et refuserai toujours d'être à la merci des évènements. Qu'Adramus doive toujours risquer sa vie pour me protéger. Même si je ne pouvais pas me faire d'illusion sur le fait, qu'il tenterait quand même. Mais je ne pouvais pas me permettre d'être toujours la feuille qui ne bat le roc que parce qu'elle l'enveloppe, cachant sa faiblesse. Je voulais grandir, être capable de prendre soin de moi, pour que lui aussi puisse continuer sur sa voix selon son bon vouloir. Ne pas être le poids qui le retiendrait en arrière. Je restais persuadée qu'Orshin dans sa sagesse m'avait façonnée pour cela. Que Möchlog lui même avait tracé ce destin pour moi, pour nous, et que j'allais le remplir absolument. C'était mon choix, ma volonté d'aller vers cette Mary que j'avais attendu trop longtemps, comme si elle allait venir toute seule.

Depuis des mois, j'avais dans l'idée de développer mon don. Cela avançait pas à pas, maintenant que j'étais capable de communiquer avec beaucoup plus d'animaux, de plus en plus loin. Les choses viendraient, quand Orshin m'en sentirait digne. Mais je devais également être capable de me protéger dans le monde des humains. Alors il y a quelques jours, en faisant les préparatifs indispensables à ce grand jour, je n'avais pas seulement acheter ma robe de cérémonie. J'avais également fait l'acquisition d'un arc, de flèches et d'un javelot dans le marché de la ville du delta du Sud de Zolios. Compte tenue de mon corps, de mes pouvoirs et de ce dont je voulais être capable, c'était le meilleur choix à mon avis. J'en avais parlé quelques mois auparavant avec Aurore, une amie qui l'avait confirmé à mes yeux. Certes, il me faudrait de l'entraînement avant de savoir m'en servir aussi sûrement que les chasseurs qui ont l'habitude, mais ce ne serait pas insurmontable. Et l'exemple de discipline et d'entraînement ne serait pas très dur à trouver autour de moi.

Revoir ces armes, dans un coin de la tente me tira un sourire, peut être plus déterminé encore. Face au miroir qu'on m'avait donné, la jeune femme derrière moi finissait de coiffer mes cheveux en y mettant quelques décorations de plumes de la même couleur que ma tenue. Les femmes du dragon avaient toutes accepté d'aider à me coiffer et me maquiller avec discrétion pour ce grand jour. J'étais presque sûre que ma relation avec Adramus, mais aussi le petit Auke qui ne m'avait pas lâché d'une semelle depuis le bal avait largement aidé à me faire accepter dans cette tribu de Nomade. Mais c'était une confirmation de plus que ma place était à ses côtés. J'aimais en apprendre sur eux. Aussi amoureuse de la culture de ces dresseurs du vent, qu'on pouvait prêter certains sentiments à mon architecte pour sa sœur. J'avais presque soif, dans mon propre esprit. Soif de savoir et de me développer pour laisser tout ce qu'il s'était passé derrière moi. Pour revenir dans la réalité du quotidien. Pour montrer à ceux qui avaient cru pouvoir nous arrêter que ce ne serait pas le cas !

Et voilà... Que les architectes soient fiers, tu es magnifique !
Merci... ce n'est pas à eux que je veux plaire aujourd'hui pourtant... soufflai-je avec émotion et cette gaieté d'enfant qui m'avait toujours habitée.

Depuis ce matin, je n'avais pas quitté cette tente où les femmes seulement de la tribu se succédaient. J'avais l'impression de ne plus m'appartenir. Mais en me redressant, je me vis enfin en entier, ne pouvant que les louer encore plus. Le maquillage discret, différent de celui que je portais d'habitude faisait ressortir la douceur de ma peau, mes lèvres... Ce rose pastel qui s'accordait avec le reste. Et mes yeux plantés comme deux perles noirs, soulignées d'un trait de la même couleur qui appelaient le regard. Je savais qu'on pouvait y lire le torrent d'émotions qui m'habitait, lumineux, noyés comme il ne l'avaient jamais été. Des larmes de bonheur que je ne laisserais pas m'échapper, mais qui leur donnaient un éclat particulier. Je devais me retenir pour ne pas me mordre la lèvre et mettre à mal tout le travail réalisé. Mes cheveux étaient à la fois libres et coincés dans un chignon tombant sur ma nuque. Une seule plume multicolore finalement accrochée, se laissait deviner par dessus mon épaule.

Une fière allure. Le tissus léger et fluide de la robe tombant autour de moi. Après tout, je me donnais du feu de Süns au vents d'Amisgal, comment choisir quelque chose qui les représentaient mieux ? Cette couleur indéterminée, oscillant suivant l'éclairage entre le bleu, le vert et le blanc. Bordé d'un liserais rose ou violet et de fleurs à mon épaule. Ma féminité mieux cachée que le reste par une ceinture ou un dragon était brodé en respect pour ceux qui acceptait de nous accueillir au sein de leur tribu et de mon -très bientôt- époux. Je soupirais de soulagement et d'appréhension à la fois. En cet instant je ne doutais pas de lui plaire. Certainement pas... mais serait-ce assez ?

Auke réclama que je le prenne dans mes bras. S'abstenant pour une fois de me sauter dessus avec autorité, pour ne pas déchirer le tissus qui devait lui semblait bien fragile en comparaison des tenues de voyages. Je souriais, le pris pour le serrer contre moi avant d'embrasser le dessus de sa tête. Lui aussi avait connu l'angoisse d'être abandonné... Mais plus maintenant. Notre famille allait être réellement unie pour toujours. On ne pouvait penser qu'à ça tous ensemble. Je le reposais en entendant les instruments de la tribu à l'extérieur de la tente qui lançait les quelques notes qui servaient de signal. Avec un soupir qui venait du fond de mon ventre tant j'avais du mal à rester calme, je me retourner vers la sortie. Les deux femmes restaient jusqu'au dernier moment m'encouragèrent d'un sourire avant que je ne sorte sur la place du village où mon fiancé pour encore quelques minutes m'attendaient...

Tenue de Mary:
 

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Adramus
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Jeu 8 Fév - 0:51
Irys : 646190
Profession : Aventurier, maître d'armes
My'trän +2 ~ Mistral
Il est d’autorité commune que, en ce jour si précieux, il faille avoir auprès de soi tous les êtres qui nous sont les plus chers. On essaye d’attirer qui le veut, de ressusciter de vieilles amitiés, d’enterrer de stupides griefs. On pouvait donc être étonnés que, auprès d’Adramus aujourd’hui, il n’y ait personne qu’il connaisse vraiment. Sa famille, celle dans laquelle il naquit il y a de cela trente-trois ans, avait disparu il y a longtemps maintenant. Et pourtant, il n’était pas seul pour autant, loin de là. Les yeux levés vers un ciel moucheté de tâches blanches, sur le sable rafraîchi par la nuit hivernale, ils étaient une dizaine, non, une vingtaine d’hommes à demi-nus, à prier leur bien-aimée déesse Amisgal. Tous en cercle autour d’un signe ésotérique gravé le matin-même dans la roche. Il représentait une créature ailée, aux contours circulaires, et aux ailes déployées. Les nomades d’Amisgal l’appelaient en ce jour de félicité.

Qui étaient donc ces hommes ? Comment Adramus les connaissait-il ? Ils ne les connaissaient pas. Du moins, la plupart d’entre eux. Lorsque l’on voyage à différents endroits à chaque nouvelle lune, il peut arriver que l’on fasse des rencontres fortunées. C’était le cas d’Adramus, il y a plusieurs années. Pendant un long moment il avait erré seul sur les plateaux des Tsagaan Oï, sans trouver la moindre compagnie ni secours. Puis il les rencontra. Une autre tribu de nomades, originaires de Zolios, mais eux aussi de fidèles serviteurs de la déesse dragonne. Ils acceptèrent de recueillir avec eux ce frère solitaire qui les aida du mieux qu’il put. Il voyagea avec sa nouvelle famille un temps, quelques mois tout au plus, avant de les quitter, car sa destinée se trouvait à l’écart de ce monde, de la terre qui l’avait vu naître, dans les montagnes de Nislegiin. Mais cet épisode, vous ne le connaissez que trop bien.

Toujours est-il que, de cette époque, ne reste que le Gharyn et le Khorog de la tribu Welstamir qu'Adramus connaisse vraiment. Des hommes sages, sans âges, mais qui répondirent à l’appel de leur ancien fils adoptif. Ils étaient devenus les chefs d’une tribu immense, très puissante et pourtant ils vinrent sans hésitation. En apprenant leur réponse, Adramus en eut le souffle coupé. Ils viendraient tous, plus de trois-cent femmes, enfants et guerriers. Ce matin, à l’aube, Adramus et le cercle rapproché du Gharyn, les vingt plus puissants guerriers de la tribu, étaient présents pour honorer la grande Amisgal, lui demander de bénir l’union de ces deux êtres. L’émotion se lisait sur le visage du voyageur, qui ne put s’empêcher de ressasser dans son esprit dévot toute la reconnaissance qu’il avait pour ces gens. Au même moment, Mary, qu’ils connaissaient encore moins qu’Adramus, était en train d’être préparée comme n’importe quelle femme du clan au moment de se marier. L’affabilité des nomades n’était pas qu’une chimère, loin de là.

Au bout de plusieurs heures de prière, à laisser le soleil à peine éveillé caresser leur peau, les adeptes d’Amisgal se levèrent tous dans un même mouvement et le Gharyn approcha. Vrolo Welstamir, le visage souriant et le visage creusé de multiples sillons, eut un large sourire face à Adramus, qui lui rendit avec humilité.

- Mon enfant, aujourd’hui tu vas t’unir à une autre âme pour le restant de vos jours. Votre union sera l’embryon de la tribu que vous allez fonder.


Adramus ne cacha pas sa surprise, de quoi donc parlait-il ? Qui avait imaginé fonder un clan ici ? L’homme l’attrapa par les épaules avec un mélange de chaleur et de solennité.

- Ne sois pas étonné, nos coutumes sont claires. Tu es un miraculé, Adramus, seul survivant de tout un clan et un des plus respectables et vertueux qu’Amisgal n’ait jamais béni. Tu ne dois pas laisser cet héritage s’éteindre avec toi. Tu as ma bénédiction et celle de mon khorog. Toi, Adramus Godmerek, tu deviendras le gharyn de ta propre tribu, car tu as le cœur brûlant d’amour pour tes semblables et suffisamment brave pour te battre contre tout ce qui se dressera en travers de ta route.


L’incompréhension avait envahi le guerrier de la tête jusqu’aux pieds. Tout son corps demeurait immobile, attendant une réponse, une raison à ce discours si… soudain, si puissant, si étrange. Le regard fuyant, cherchant du secours auprès des autres combattants présents autour d’eux et silencieux, il ne trouva que leur assentiment envers la parole de leur Gharyn.

- Tu n’es plus seul, Adramus. Tu as erré toutes ces années, sans jamais cesser de te battre contre ce que tu estimais injuste. Aujourd’hui, tu épouses cette magnifique jeune femme, elle attend ton enfant, Adramus. N’est-ce pas un signe ? N’est-ce pas là un message que t’envoie Amisgal pour te pousser à réunir toujours plus de gens autour de toi ? Moi je crois que si. Nous croyons tous en toi, ici. Tu ne connais pas mes guerriers, mais eux te connaissent. Ils ont entendu le récit de ce géant tatoué qui a stoppé l’exploitation de ses frères par les Daënars sans la moindre effusion de sang inutile. Ton destin est de fonder ton clan et je suis certain que tes exploits le feront rayonner dans tout le continent.

Ils échangèrent une étreinte silencieuse, Adramus n’ayant la force que de chuchoter un « Merci… » au creux de l’oreille de celui qui avait instantanément décidé de l’accueillir en ce jour de l’an 924. Ses paroles étaient si profondes, si belles que le guerrier ne pouvait les contester, mais il n’estimait toujours pas que son mentor faisait là une prophétie, simplement un vœu. Et les vœux ne se réalisent pas toujours. Les combattants du clan Welstamir demeurèrent calmes durant cet échange affectif auquel ils avaient peu l’habitude d’assister. Mais maintenant, il était l’heure de préparer le futur marié.

Toujours sur le lieu de prière, perchés sur un monticule de roche rouge, trois hommes se chargèrent de cette tâche qui ne fut pas des plus simples. La tenue, choisie spécialement par la famille de Vrolo, ne manquait pas de difficultés pour être enfilée. Il s’agissait d’un ensemble blanc et mauve, avec des touches dorées, qui ne manquait pas d’élégance, mais comportait bon nombre d’attaches et de ceintures qui rendait le tout assez serré, mais, miracle, elle permettait de conserver une allure légère et volatile, ce qui semblait essentiel pour garder la déesse dragonne à l’esprit durant cette cérémonie.

Une fois qu’il fut apprêté, on emmena Adramus là où la tribu avait organisé la cérémonie. Bon nombre de volontaires avaient participés avec enthousiasme pour ce grand évènement. Les plus doués en cuisine se chargèrent de dresser un buffet que l’on attaquerait après la cérémonie, ceux à l’âme tisserande se chargèrent de trouver de grands drapés blancs à dresser dans le décor, sur lesquels seraient bien évidemment peints des symboles de bénédiction. Au final, tout fut prêt avant même que les mariés n’eurent à décider du moindre élément, peut-être à leurs risques et périls d’ailleurs.

Mais tous les doutes d’Adramus furent balayés à l’instant où lui et les autres hommes entrèrent dans le campement du clan. D’innombrables tentes dressées dans une petite vallée, à l’ombre de falaises abruptes. Ici, il y avait un peu plus d’ombre, de végétation, d’eau, et au milieu des herbes jaunissantes se dressait le décor du mariage. Un long tapis avait été déroulé, formant un chemin depuis un des « quartiers » du campement jusqu’à son centre exacte, d’habitude fourmillant de vie, mais aujourd’hui déserté pour mettre en place l’autel. Une estrade de bois simple, drapée de blanc et décoré de peintures, encadré des bannières de la tribu. On y montait via quelques marches et on pouvait alors admirer un des chefs d’œuvres des tisserandes du clan Welstamir : une tapisserie de plus de cinq mètres sur deux mètres cinquante représentant des dragons en train de voler à travers les nuages. L’ensemble était tout simplement sublime. La douce lumière du soleil levant, se frayant un chemin à travers le serpent que formait la vallée, et qui se reflétait sur chaque surface blanche -et il y en avait en grand nombre- donnait un côté féérique au tableau.

La grande majorité de la tribu était disposée autour de cet autel provisoire. Formant une foule joyeuse qui commentait déjà la tenue sophistiquée du marié, mais qui ne lui allait pas si mal selon les commentaires plus ou moins chuchotés de l’assistance. Le visage souriant, mais sereins, Adramus passa le regard sur l’homme à ses côtés. Le Gharyn avait tenu à être là lorsque Mary sortirait de la tente juste à côté d’eux, l’un des premiers qui verrait la mariée durant ce jour si spécial. D’un instant à l’autre, des musiciens se mirent à jouer une douce mélodie de flûtes mêlées. Ils se trouvaient près de l’autel, mais le guerrier ne les avaient même pas remarqués tant il avait l’esprit ailleurs.

Et enfin, les pans de l’ouverture furent écartées par deux femmes, laissant sortir la reine de la journée et, dans quelques instants, reine d’Adramus pour le reste de sa vie. Son fiancé l’accueilli les yeux amplis de tendresse. Les cheveux libres, tombant sur ses épaules, et la barbe taillée, il semblait presque de noble naissance dans cette précieuse tenue. Pourtant, c’est avec l’humilité qui lui était coutumière qu’il tendit une main aimante vers la magnifique femme qu’il avait sous les yeux. La beauté de sa tenue, sa simplicité, sa légèreté sublimaient les formes de sa future épouse, mais rien n’attiraient plus son regard que les cheveux sombres de Mary. Ils avaient été lissés et Adramus prit conscience que c’était la première fois qu’il les voyait ainsi, dépourvus de ces ondulations légères, mais si familières maintenant. Habillée ainsi, avec plus de splendeur que jamais, elle dégageait vraiment la beauté des reines de légende.

- Mon amour… Tu es magnifique. Ne pu-t-il retenir, la main prête à recevoir celle à qui il serait lié par la bénédiction d’Amisgal très bientôt.

tenue d'Adramus (sans l'éventail et les griffes sur la main gauche):
 
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Meylan Lyrétoile
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Jeu 8 Fév - 14:13
Irys : 865308
Profession : Ménestrelle
My'trän +2 ~ Khurmag
Moins d’un mois s’était écoulé depuis l’exposition universelle, et parfois Meylan avait encore du mal à se convaincre qu’elle avait bel et bien vécu ces fameux événements.  Que tout cela n’avait pas été une colossale et impressionnante illusion, une hallucination collective.  Parfois seulement, car le reste du temps, l’expérience lui collait à la peau, s’infiltrait dans les moindres recoins de son esprit et jouait et rejouait chaque étape de cette soirée fatidique.  La rumeur allait bon train, bien sûr, et chaque fois qu’elle entendait parler du bal, des souvenirs resurgissaient, aussi vivaces que la véritable scène l’avait été.  Chaque fois qu’elle s’assoupissait, son esprit replongeait dans le passé pour tourner et retourner les événements du bal.  La musique, la danse, le discours, l’explosion, les Architectes, la fuite hors de la salle, ce qu’elle avait fait et, surtout, ce qu’elle n’avait pas fait.  Maintenant que l’urgence avait disparu, elle voyait les actions qui auraient été à sa portée, qui auraient aidé…tant de possibilités gâchées!  Mais il était trop tard, maintenant.  Trop tard pour les regrets et trop tard pour aider les victimes du drame.  Elle devait passer outre, laisser le passé où il était et se tourner vers l’avenir.  Toujours l’avenir.

Elle devait tourner la page, rebondir, et Mary lui offrait l’occasion parfaite de le faire.  Une nouvelle fête, et quelle fête!  Son mariage, rien de moins.  Cette perspective réjouissante avait très efficacement chassé une bonne partie des démons qui hantaient la ménestrelle.  C’était officiel: son amie allait fonder une famille avec son fiancé.  Enfin, "allait"…ils avaient déjà commencé, d’après ce que Meylan avait compris.  Pour être honnête, ce mariage coulait de source, était le débouchement logique d’une relation qui s’était développée jusqu’à ce que l’officialiser soit une simple formalité, plutôt qu’une surprise.  Mais une formalité qui aurait lieu en grande pompe et avec de nombreuses réjouissances: cette tribu ne faisait clairement pas les choses à moitié!

Une fête pareille ne s’improvise pas, bien sûr, et les préparatifs avaient pris plusieurs jours.  Préparatifs pour lesquels Meylan mit la main à la pâte là où elle le pouvait, c’est à dire partout où la tradition n’exigeait pas que seuls des membres de la tribu s’en chargent.  Elle aussi revenait de Zochlom, après tout, et faire l’aller-retour à Darga en si peu de temps aurait eu assez peu de valeur ajoutée.  Véritable citadine, c’était la première fois qu’elle passait vraiment du temps au sein d’une telle tribu.  Elle découvrait un mode de vie qui pourtant était celui de la majorité de son peuple, découvrait une structure basée sur des rapports d’entr’aide et de loyauté, le tout sous l’égide des deux meneurs de cette communauté.  Et, jusqu’ici, elle appréciait énormément l’expérience.  Bon, d’accord, l’accueil qu’elle reçut, elle le dut probablement en bonne partie à son amitié avec la reine du grand jour.  En d’autres circonstances, elle aurait pu être un peu vexée ou gênée de devoir ainsi compter sur une de ses relations pour se faire une place quelque part…mais pour le moment, elle s’en moquait.

Les préparatifs s’accélérèrent encore dans les quelques heures qui précédèrent la cérémonie, et Meylan aussi augmenta la cadence.  Les deux fiancés avaient leurs propres préparatifs à faire, la tribu (et quelques volontaires externes) s’occupait du reste.  Grâce à des merveilles d’organisation, absolument chaque détail de la journée fut prêt dans les temps, laissant la ménestrelle admirative.  Elle était d’ailleurs non moins admirative du faste qui entourerait la fête.  D’après ce qu’elle avait entendu, le gharyn et le khorog de la tribu eux-mêmes s’étaient intéressés au mariage de très près.  Pas étonnant que tant de monde soit mobilisé et qu’elle ait eu l’impression de participer à la mise en place du festival de printemps de Darga.  Il y avait aussi de quoi se demander dans quoi Mary mettait les pieds, mais Meylan ne doutait pas que son amie savait ce qu’elle faisait.  Et même si elle en avait douté, tenter de dissuader la jeune femme aurait été voué à l’échec.

À présent, perdue quelque part dans la foule autour de l’autel, elle attendait que la cérémonie proprement dite commence.  À quoi ressemblait un mariage dans une tribu de disciples d'Amisgal?  Elle n’en avait pas la moindre idée, mais elle le découvrirait bientôt.  À propos de découvrir, voilà Mary qui sortait de la tente.  Habituée à la voir vêtue d’une tenue surtout pratique, Meylan battit des cils de surprise quand elle découvrit la robe de la mariée.  Elle avait été resplendissante au bal de l’exposition, et pourtant son apparence aujourd’hui éclipsait de loin cette autre robe.

Robe de Meylan:
 



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Mary E. Burrowes
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Mer 14 Fév - 5:22
Irys : 695059
Profession : Messagère
My'trän +2 ~ Chimères
J'étais sortie de la tente de préparation comme d'un rêve, et pourtant à l'extérieur rien ne me rappelait moins la réalité que l'aspect du campement. La masse de gens venue voir la cérémonie était juste.. impressionnante. Peut être qu'égoïstement j'avais pensé que toute la tribu ne s'intéresserait pas à nous. Que nous pourrions être tout les deux. Comme la vie que nous partagions depuis quelques mois. Comme l'avenir qui s'étendait à nos pieds. Mais ce devait être un signe de plus aux yeux des dirigeants de la tribu. A l'heure actuelle je n'avais aucune idée du vœu que le Khorog avait fait auprès d'Adramus, cette tribu renaissante de notre union après s'être éteinte il y a des années de cela. Cette destinée qu'il nous donnait, sans même hésiter une seconde sur le fait de savoir si nous aurions les épaules pour la supporter. Une preuve de confiance qui était à la fois touchante et me dépasserait certainement complètement le jour où il m'en parlerait s'il décidait de le faire. Pas que j'ai peur qu'Adramus n'est pas le caractère d'un Gharyn. Il l'était certainement. Béni par Möchlog pour le devenir, mais je n'avais pas en moi la même certitude.

Seul lui avait le pouvoir d'envoyer voler tous mes doutes au moindre regard. Et si, la foule m'avait impressionnée l'espace d'un regard, poser les yeux sur mon promis raviva le sourire qui n'avait pas eu le temps de quitter mes lèvres. C'était la seule chose qui aurait pu gâché cettte journée, qu'il ne soit pas là. Mais non. Je pouvais profiter maintenant. Amis, enfants d'Amisgal, anciennes connaissances, tout ceux assemblés formeraient les témoins de notre union aujourd'hui. C'était plus, bien plus que je n'aurais espéré en demandé un jour à nos créateurs.

La tendresse de la main qui se tend vers moi. Mes yeux remontent lentement sur la tenue, le visage de l'homme que j'aime. A quoi bon le caché ? Il est beau, moins impressionnant que d'habitude mais avec un charisme qui, j'en suis certaine ferait chavirer n'importe quelle femme d'Irydaë. Je savais déjà que je serai conquise, à part pour faire remonter de mauvais souvenir, je ne me souvenais pas l'avoir vu si élégant. Réservant les vrais vêtements aux grandes occasions, je ne pouvais que plus l'apprécier quand il les enfilait. Montrant alors au monde entier la noblesse qui m'apparaissait dans chacun de ses traits ou de ses gestes.

Mon amour… Tu es magnifique.
C'est pour mieux aller avec mon futur époux...

Je le taquine, je ne sais pas comment défier l'émotion qui m'étreins presque la gorge quand nos mains se touchent enfin. Je m'avance assez près de lui pour poser sa main sur mon ventre. Juste comme un rappel que c'est plus que cette journée qui nous unis aujourd'hui. Pour le reste je sais que je dois attendre la fin de la cérémonie, alors je me tourne vers l'autel préparé à notre attention. Le soleil se réverbère sur les teinture blanche et la grande tapisserie de la tribu. Mais sa lumière n'est même pas agressive, entourant la place d'une lueur et une chaleur légère malgré la période de l'année. Je m'accroche quand même à sa main sans savoir si c'est de l'impatience ou un simple tract qui manque de me couper la respiration. Non, j'en suis sure c'est l'excitation. Ce même sentiment qui m'envoyer traverser les maisons et les remparts de Darga sans jamais écouter les explications ou les réticences de Meylan que j'aperçois dans la foule. Cette excitation qui me tenait éveillée parfois avant un voyage vers une nouvelle contrée. Sauf que cette fois, elle me donne envie de tirer Adramus et de courir vers l'autel pour me proclamer son épouse en moins d'une minute.

Il faut pourtant tenir la face. Je me calque sur le calme du guerrier et avec un nouveau sourire vers lui, je commence à traverser l'allée qui mène jusqu'à l'estrade de bois. Le contact du tapis sous mes pieds, légère résistance à notre avancée m'énerve. Pourtant à chaque pas, je découvre un nouveau détail de la mise en place qui m'émeut ou que j'admire. Tout en passant à travers la foule, je pouvais entendre les commentaires nous complimentant, soit commentaires chuchotés sur les tenues, coiffure pointé du doigt, ou léger cri encourageant la démarche. Des marques d'affection qui me transportait comme sur un tapis volant avant de monter les marches de bois avec calme, tenant toujours la main d'Adramus dans la mienne. A côté de moi, le Khorog de la tribu et à côté d'Adramus, son homologue s'était placé pour nous encadrer devant la magnifique tapisserie représentant l'Architecte ailée à laquelle nous faisions face maintenant. Les tambours résonnèrent encore durant quelques battements, nous ayant accompagné depuis le début alors que les murmures de la foule se taisaient petit à petit.

Cette fois la cérémonie de bénédiction allait commencer. C'était à eux de prononcer les premiers mots qui nous unirait. Une prière faite aux Architectes chaque fois qu'un couple souhaiter s'unir par les liens du mariage. Une prière que chaque enfant my'tran apprenait à ses dix ans pour pouvoir la réciter en même temps que les autres en une telle occasion. Par respect, je baissais légèrement la tête toute en récitant le chant à l'unisson de tout ceux qui nous entouraient. Attendant avec impatience le moment, où je pourrais adresser une prière bien plus personnelle à l'homme de ma vie.


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Adramus
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Sam 24 Fév - 3:47
Irys : 646190
Profession : Aventurier, maître d'armes
My'trän +2 ~ Mistral
Lorsque leurs peaux s’effleurèrent, car il n’était pas question de plus de contact à cet instant, Adramus ne put retenir un soupir de soulagement. C’était comme s’il avait attendu ce moment pour réaliser, pour se marteler dans l’esprit que, dans quelques instants à peine, lui et sa promise seraient liés à jamais. C’était comme si, jusqu’à ce moment, le guerrier inflexible avait douté du destin que Möchlog avait tracé pour lui. Avait-il vraiment laissé à cet être violent et solitaire une chance de changer ? De s’adapter à ses os vieillissants et sa volonté qui murissait année après année ? Enfin, Adramus pouvait s’en convaincre. Ce jour marquerait un changement de vie, une illumination d’un chemin qui était autrefois nimbé de brume et qui était maintenant plus ensoleillé que ce vaste pays de désert.

Très vite, les mains des deux fiancés se serrèrent avec force et tendresse, promesse silencieuse de ne plus jamais se désunir. Le bretteur eut du mal à dessouder son regard de la magnifique femme à ses côtés, mais il ne pouvait marcher dans une quelconque direction tout en demeurant la tête ailleurs, malheureusement. Et puis, le spectacle offert par la scène préparée par cette tribu était aussi une douceur pour le regard. On aurait pu s’attendre à être aveuglés avec autant de blanc, mais de fins nuages protégeaient la troupe de la morsure du soleil, sans pour autant rendre le tout plus froid. Il y avait là, à cet instant, un tableau que même le meilleur artiste n’aurait pas été capable de reproduire dans sa pleine beauté.

Le couple, bientôt consacré, marcha alors vers les deux têtes du clan, seuls aptes à assurer la bénédiction d’Amisgal sur les deux époux. Non sans échanger un dernier regard, Adramus et Mary marchèrent avec une grâce mêlée d’un empressement sincère. Ils tentaient de feindre la lenteur, pour satisfaire le regard de ceux réunis autour de la travée, mais ils ne pouvaient tout de même s’empêcher d’accélérer subrepticement l’allure pour parvenir au plus vite en face du khorog. Celui-ci, pour l’occasion, avait revêtu une longue robe noire, complétée de draperies blanches ornementées de nombreuses décorations et symboles. Ses mains comportaient bon nombre d’anneaux, de bracelets en métal, et son visage pourvu d’une longue barbe brune était illuminé de bienveillance.

Les mains jointes devant lui, il attendit patiemment que le roi et la reine de cette journée montent les marches de l’estrade en bois dressé pour l’occasion. Rectangulaire, deux travées opposées menant à ce centre symbolique. Une pour y faire venir le couple à consacrer et l’autre pour que celui-ci quitte la cérémonie par un autre chemin. Autant dire que si la première partie du « public » venait de profiter de la vue du couple, ceux qui attendaient par la suite s’impatientaient déjà de les féliciter et trépignaient avec candeur derrière le khorog. Ce dernier ne prêta pas attention aux bavardages vifs qui bourdonnaient dans son dos et laissa vagabonder son regard lumineux sur Adramus et sa future épouse. Derrière eux, le gharyn avait pris sa place privilégié, assis au bas de l’estrade, du côté d’Adramus, comme une sorte de « témoin », bien que dans la culture My’träne la fonction n’existait pas.

- Mes enfants… Débuta le Khorog, d’une voix rocailleuse. Savez-vous pourquoi je suis aujourd’hui, devant vous ?

Question rhétorique, une évidence telle qu’aucun des deux ne répondit, préférant se regarder avec tendresse. Le khorog sourit et tendit les bras devant lui, à mi-distance du couple.

- Je suis ici pour apporter la parole et la bénédiction d’Amisgal sur votre union. Là-haut, dans son royaume céleste, il est certain qu’elle regarde cette cérémonie d’un œil bienveillant. Toi, Adramus, tu as prouvé maintes fois que tu étais un enfant aimant de notre déesse, et toi, Mary, tu as un tempérament qui lui plait sans le moindre doute et ta beauté peut facilement être qualifiée de céleste.

Il y eut des exclamations d’approbation dans le public. Le khorog des Welstamir était, à ses heures perdues, un poète reconnu, et bon nombre de ses compositions chantaient la beauté féminine dans tout ce qu’elle avait de plus platonique. Mary pouvait donc s’enorgueillir d’un tel compliment, même Adramus eut un sourire amusé.

- Par cette union, reprit-il sur un ton cérémonieux, tu deviens donc à ton tour l’un des enfants d’Amisgal. Quand bien même ton cœur va à celui qui a créé les dragons pour montrer son amour à la déesse des cieux. Orshin et Amisgal sont intensément liés et c’est un heureux évènement que d’unir leurs serviteurs respectifs. Votre mariage sera placé sous les meilleurs auspices, j’en suis persuadé.

Son discours était touchant et raisonnait tout particulièrement dans le cœur du guerrier qui voyait en chacun de ses mots une preuve d’amour direct de sa déesse. Car, c’était indéniable, il demeurerait toujours deux femmes dans son cœur et là où, jusqu’à présent, il n’avait eu à s’occuper que de quérir l’amour de l’une d’entre-elle, il allait devoir redoubler d’efforts pour mériter la tendresse de son idole et de son idylle. Une responsabilité dont il allait s’acquitter avec bonheur, il le savait.[/color]
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Meylan Lyrétoile
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Lun 5 Mar - 11:39
Irys : 865308
Profession : Ménestrelle
My'trän +2 ~ Khurmag
Dans le passé, Meylan avait assisté à l’un ou l’autre mariage, la plupart du temps afin de fournir un accompagnement musical à la cérémonie et aux réjouissances la suivant.  C’était en revanche la première fois qu’elle assistait à celui d’un couple qui lui tenait tant à coeur, et elle ne tenta même pas de réprimer le sourire qui s’était frayé un passage sur ses lèvres.  Elle suivait des yeux la progression des deux futurs époux avec une attention intense, comme pour en graver chaque détail dans sa mémoire.  Ceci était un de ces événements dont on se souvenait une vie entière.

Rapidement, mais probablement pas assez rapidement pour les deux tourtereaux, le couple arriva face à celui qui officialiserait leur union.  Les mots qu’il utilisait étaient bien choisis, pas de doute là-dessus.  Il savait également user de sa voix et de l’aura que sa position lui conférait pour leur conférer une force qu’un orateur moindre n’aurait pas atteint.  Et pourtant…  Pourtant, quels mots étaient réellement adéquats en ce jour?  Même le meilleur des orateurs ne parviendrait qu’à peindre un pâle reflet de la réalité, et pourtant il fallait tenter de marquer le coup malgré tout.

Dans l’ensemble, Meylan avait la curieuse impression d’être à la fois aux premières loges de ce qui se passait et d’avoir perpétuellement un pied en dehors.  Elle pouvait raisonnablement dire qu’elle faisait partie de ceux qui connaissaient le mieux Mary…mais c’était environ le seul point d’ancrage qu’elle avait ici.  Même après quelques semaines, elle ne pouvait pas dire qu’elle connaissait le reste de la foule dans laquelle elle se trouvait, et elle ne connaissait très certainement pas le déroulement de la cérémonie comme c’était le cas de la plupart de ceux y assistant.  Ces pensées en apparence un poil sombres amusaient en fait plus la ménestrelle qu’elles ne la rebutaient.  C’était une expérience nouvelle qu’elle vivait, comme tant d’autres ces derniers mois.



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Mary E. Burrowes
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Lun 9 Avr - 16:41
Irys : 695059
Profession : Messagère
My'trän +2 ~ Chimères
Honnêtement, maintenant que je suis sur ces planches de bois, j'ai l'impression d'avoir été placée directement entre les mains des architectes et de ne plus pouvoir en sortir. Une main rassurante et douce, qui unie ma vie à celle de l'homme que j'aime. Un destin commun, des ambitions, des voeux qui vont être prononcés avec amour et sincérité. Le Khorog de la tribu dragonne s'avance alors que j'ai du mal à trouver mon souffle. Une envie de simplement me lover dans les bras d'Adramus sans attendre une seconde de plus, d'envoyer voler les jolies mots d'Amisgal, malgré leur beauté, simplement de vivre le moment en oubliant la cérémonie si importante. Impatiente, plus que d'habitude. Pourtant, tout est magnifique, je n'ai pas besoin de me retourner pour me le rappeler. Je sais que chacun des détails de la scène seront concervés dans ma mémoire par Khugaatsa à travers les années et malgré ce qui pourrait disparaître. Ce moment precieux qu'on célèbre avec nous.

L'homme sage commence la cérémonie sur un ton lyrique. Le compliment me touche, mais encore plus, c'est sa bienveillance qui le fait. Un support inconditionnel pour un amour qu'ils auraient pu rejeter. Mais non. Je suis là, prête à entrer au moins par le cœur dans les bras de celle qui partage la vie du guerrier avec moi. Rivale d'une architecte... que pourrais-je y redire ?

Je sais la fierté que doit ressentir le guerrier d'Amisgal, elle m'emplie aussi quand le guide spirituel rappelle le lien de nos architectes en réalité et nous promet le meilleur. Un symbole à la fois purement aléatoire et tellement important dans notre culture. Façon de vivre jumelle, amour et admiration pas toujours réciproque.  Les relations entre les tribus ne sont pas simples, mais elle s'inspire malgré le libre arbitre de chacun de celles de nos créateurs. Dans un sens cette symbiose me rend encore plus confiante en notre décision. Ces derniers mois ont été parfaits, étonnamment, Adramus me comprends et je le comprends, les besoins de solitude, les moments de liberté et de fusion. Tout s'harmonise dans un ensemble plus facile que ce dont certains ont tenté de me mettre en garde. Bien sur il est toujours possible que nos visions s'affrontent sur certains points mais rien ne pourra nous faire revenir en arrière, à l'état d'âme seule.

Le futur dont il parle pour fêter notre union me semble déjà en partie dessiné. Est-ce que Möchlog s'est penché sur nous ou simplement que les choses sont si naturelles ? C'est difficile de le définir en ce moment. Trop de choses se passent dans ma tête. Les nuages des derniers événements sont écartées par les gestes lumineux, les sourires effacent les armes qui ont pu marquer les joues. Je dois parler en première, c'est la règle, alors je me tourne légèrement vers celui qui sera définitivement miens dans quelques minutes maintenant.

Adramus, je te dois cette vie depuis le jour de notre rencontre sur les plaines. Mochlog a entrelacé nos vies depuis lors, et aujourd'hui, je promets d'honorer son oeuvre. Comme Orshin admire la beauté de ton architecte, j'admire ta force, ta sagesse et ta volonté, et je jure de chérir chaque partie de ton être et tout ce que nous créerons ensemble jusqu'à ce que le cycle reprenne possession de mon essence. Je suis à toi, ta compagne, ton amie et ta fidèle. Je le serai comme je le souhaite depuis le tout premier moment dans tes bras.


Je vis le khorog sourire avec douceur, alors que j'avais prononcé mes voeux. C'était bien plus difficile que je ne l'avais imaginé, et heureusement que j'avais bien appris ce que je souhaitais lui dire en ce moment si chargé d'émotion ou je serai surement restée muette. Je sentais mes joues en feu, et mon coeur taper contre a poitrine alors qu'on entourait mon poignet d'un drap blanc dont l'autre extrémité serait le lien avec Adramus. Je relevai mes yeux gris vers lui. Maintenant c'était à lui de parler, de transmettre ce qu'il avait à dire afin d'enfin sceller cette journée. Et surtout de sceller sa promesse sur mes lèvres.


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Adramus
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Jeu 10 Mai - 3:46
Irys : 646190
Profession : Aventurier, maître d'armes
My'trän +2 ~ Mistral
Aux portes de notre dernier souffle, on raconte souvent que l’on voit passer sa vie entière devant ses paupières closes. Mais est-ce le seul moment où tout notre apprentissage, notre œuvre, nos sacrifices, nos angoisses et nos espoirs se rappellent à nous ? Adramus, à ce moment précis, pouvait réfuter cette hypothèse. A ce moment de sa vie, un moment qu’il ne cesserait probablement jamais d’appeler le plus important qu’il ait vécu, les mots de sa future femme semblaient comme prendre vie sous ses yeux. Comme lorsque le froid transforme votre souffle en minuscules particules glacées, une fumée légère et versatile. Ce qu’elle prononçait prenait vie, devant lui, et lui rappelait tout ce qui le liait à cette femme qu’il s’apprêtait à épouser. Pas uniquement les souvenirs partagés, bons ou mauvais, mais également ses propres expériences, ses propres craintes, ses propres rêves. Des choses qu’il avait, très souvent, en commun avec Mary.

Tous deux rêvaient du meilleur pour ce fruit qui poussait au creux de son ventre. Ils souhaitaient tous deux, également, une vie de paix, de pur amour, sans aucune chaîne pour leur barrer la route ou empêcher leurs bras de se serrer l’un contre l’autre. Adramus était ému, certes, mais également contemplatif. D’ordinaire, c’est le genre d’instant où l’on devient subitement le plus égoïste des hommes. Pendant quelques secondes à peine, mais tout de même, on ne pense plus que 100% à soi. La moindre question que l’on se pose concerne notre futur, pas celui à deux, le nôtre. Se marier, c’est s’enchainer à quelqu’un. Est-on prêt à en subir toutes les conséquences ? Sauf que l’adepte d’Amisgal, lui, ne voyait pas les choses de la même manière.

D’abord, il vivait par l’épée. L’adage était univoque, il avait peu de chance de mourir paisiblement dans son lit à un âge avancé, donc le problème de la vieillesse commune ne se posait pas vraiment. Ensuite, lorsqu’il voyait le visage de Mary, ce n’était pas seulement sa future femme, la mère de leur enfant, qu’il avait sous les yeux, mais il prenait le temps de la contempler en tant que simple créature d’Orshin. Et, par tous les Architectes, il avait là une fidèle dont il pouvait être fier. Passer toute l’éternité au côté d’une personne aussi belle ne pouvait pas, le moins du monde, être considéré comme une peine. C’est comme si un printemps éternel s’offrait à ses yeux. Une renaissance permanente du sentiment amoureux qui animait son cœur belliqueux et passionné. Chaque regard porté sur Mary renouvelait avec une ardeur nouvelle le feu qui avait, depuis longtemps maintenant, remplacé le sang dans ses veines.

Pour toutes ces raisons, il ne pensait pas une seconde à lui, à ce moment-là. Cela devait se voir dans son regard, d’ailleurs. Et puis, n’était-ce pas la logique continuité de cette relation forgée depuis un an ? Le premier jour de leur rencontre s’était achevé sur cette promesse qu’il vivrait pour elle, sans réserve aucune. Que, aujourd’hui, astre culminant de leur relation, il ait complètement éclipsé ses propres questions de son esprit n’était pas vraiment étonnant. Leur mariage, il le concevait simplement comme une nouvelle pierre sur l’édifice qu’il bâtissait jour après jour pour cette étoile luminescente qui l’avait choisi comme époux, et qu’il s’évertuait à honorer, chaque jour que Bolgokh faisait. Mais maintenant, c’était à lui de prononcer ses vœux. Des vœux qui, on s’en doute, ne seront parasités par aucun « je ». Maintenant, seul le « nous » devait demeurer.

- Mary… Il y a maintenant un an que nous nous sommes rencontrés. Le premier jour de notre rencontre fut celui de la promesse que ce moment arriverait bel et bien. Sous les yeux d’Amisgal, d’Orshin, et même de ceux que nous n’avons pas choisi d’honorer plus que de raison, nous allons être unis à jamais. Ma vie sera, à jamais, dévolue à ton bonheur, mon amour. Jusqu’à ce que Môchlog décide de me rappeler à lui, c’est vers toi qu’iront mes pensées, ma force, ma voix. Le centre de mon monde, depuis le premier jour et à jamais désormais, c’est toi.

Et ainsi, par le symbole d’un ruban blanc que le prêtre enroula silencieusement autour des poignets du jeune couple, leur union était à présent scellée. Non, vraiment, Adramus ne voyait pas cette journée avec plus d’importance qu’elle n’en avait. Qu’importe de dire aux Architectes que l’on ne devenait plus qu’une entité ? Ne l’avaient-ils pas déjà deviné ? Ne l’avaient-ils pas déjà décidé ? Cela semblait si futile, en y repensant. Mais, pour rien au monde, le guerrier n’aurait voulu empêcher Mary de vivre ce moment. Ce moment où, devant toute cette tribu qui s’empresserait de répandre le bruit, le serviteur d’Amisgal s’est penché vers ce visage, qu’il avait déjà mainte fois caressé de ses lèvres, pour le faire, une fois de plus, mais avec toute la puissance symbolique dont son Architecte pouvait lui faire don.

Les acclamations retentirent. De lointains échos tandis que l’esprit d’Adramus se fermait à tout ce qui pouvait bien provenir de l’extérieur, se recroquevillant sur lui-même pour profiter de cet instant de communion avec la seconde partie de son âme qu’il avait mis trente-trois années à trouver. Trente-trois années qui lui parurent si longues sans elle, en y repensant.
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Mary E. Burrowes
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Dim 13 Mai - 6:08
Irys : 695059
Profession : Messagère
My'trän +2 ~ Chimères
Tout était parfait. A la fois dans ses mots, dans ses yeux et dans chacun de ses gestes.
Je savais que j'étais à lui une fois qu'il aurait fini sa déclaration. Quand ce drap blanc s'enroulait autour de son poignet; alors que j'étais encore en train de savourer ses mots pour moi. Il avait raison; ce moment nous l'avions anticiper dès les premiers instants. Une vie ensemble, une famille, un clan peut être un jour. Je ne voyais pas Adramus autrement que comme un phare qui finirait inlassablement par mener une ribambelle d'esprit vers sa déesse.

Chaque sonorité qui sortait des lèvres du guerrier se gravait en moi comme si c'était une lame de vent qui mordait a peau, laissant dans mon esprit une emprunte, un gout, une sensation que seul l'oublie des Architectes pourrait effacer. Je n'ai même pas cillé durant ses vœux, je ne veux rien en rater je le sens. Quand enfin il se penche vers moi, j'ai une seconde où je me demandais ce que je devais faire. Je sentis une larme de bonheur couler sur ma joue, un sourire étirer mes lèvres, et la douceur de leurs homologues sur mon visage. Un tourbillon de cri, de couleur, de senteur de fleur lancés par les invités que nous ne reconnaissions même plus.

Rien n'avait réellement changé; et tout avait changé à la fois. En rompant ce baiser; j'avais toujours Adramus devant moi et en même temps; j'avais une autre personne, plus proche qu'aucune autre. Je prie sa main dans la mienne pour nous retourner vers la foule. Histoire de donner le feu vert pour les festivités. On n'allait pas passer des heures à nous regarder après tout. Le temps de la solennité était passé. Maintenant, fiers nous pouvions profiter de la fête; jusqu'à ce que les lunes d'Irydaë nous éclairent et plus longtemps encore.

Dans ses bras, à ses côtés, de l'autre côté du camps. Je découvrais à quel point où je me trouve n'a plus aucune importance; car je sais qu'il est là. Que le fruit de notre amour est là; entre mes reins. Au bout d'un long moment, à manger, rire, discuter, danser, boire, courir, virevolter, je retombais presque avec violence sur le dos du guerrier pour venir embrasser sa nuque.

Pourrais-je enlever MON guerrier d'Asmigal quelques minutes; je crois que votre femme a besoin de votre attention. susurra t elle possessive en riant.

Pas que je ne crois pas qu'il ait de chose très importante à voire toujours avec les notables de la tribu; mais après tout n'était je pas la reine de la fête. Et maintenant, j'avais le droit de réclamer son temps et son attention devant ces messieurs sans qu'on puisse rien me dire et c'était le moment d'en profiter un maximum. Je prenais donc sa main avec uns autorité nouvelle pour l’entraîner avec moi vers les tentes. Je ne comptais pas le retenir; ou peut être que si... entre l'alcool et le tourbillon d'émotions c'était difficile de se décider.

Tu ne peux pas me délaisser comme ça et t'en sortir le jour de ton union tu sais ! Je suis fatiguée avec tout ce que tu me fais subir ! boudai-je pour l'embrasser contre moi.


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