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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: Daënastre :: Rathram
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 Le chacal et la souris.[Terminé]

Ophélia Narcisse
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Dim 11 Fév - 22:18
Irys : 1246981
Profession : Cible mouvante pour Régisseur
Pérégrins -1 (femme)
Cerka n'était plus une une étrangère pour la dame aux yeux vairons. Pour les cinq jours de visite qu'elle s'était offerte dans les rues de la capitale régionale, elle en avait beaucoup appris. Bien que la connaissance acquise s'enroulait surtout autour de "bons" contacts. C'est que traîner avec des forbans aide à se forger une petite réputation, surtout lorsque l'on est une personne comme Aemy. Ses petits traits de caractère qu'elle dissimulait et qui faisait trembler tous ces gentils petits bandits, c'était à ravir. Un monstre hideux sous les traits d'une ravissante jeune femme aux airs d'impératrice, enfin, seulement dans la démarche et le rapport aux autres. Elle n'avait rien de royal, cela aurait été malheureux, autant pour elle que pour la nation. Vraiment, l'anomalie n'était qu'une poussière dans le vent, mais elle se faufilait dans bien des paupières et irritait bien des regards. C'est ce qu'était la vie d'une fugitive, doublée d'une meurtrière et d'une parjure. Sa vie est condamnée de par les cristaux qui hantent son dos, elle le sait, elle n'en a cure. Ce dont elle a tout autant conscience, c'est que ce statut de réprouvée doublé de celui de criminelle lui valait d'être poursuivie tout à travers le monde. 

Elle avait donc passé le plus clair de sa journée à l'extérieur de la ville, à s'amuser au bord des murailles avec des locaux qui auraient un peu trop dérivés de leur chemins. Mais les hobbys les plus plaisants sont ceux qui ne durent qu'un temps, la lassitude avait pris la jeune dame. Elle s'était laissée allée aux plaisirs de la promenade dans les forêts du nord, mais sans s'éloigner de trop des murs, c'est qu'il y avait des bestioles meurtrières cachées dans les fourrés. Mais même cette bouffée d'air, elle s'en était détournée. Il n'y avait vraiment qu'un seul loisir dont elle n'aurait su se passer. Pourquoi devait-ce être celui que la loi condamnait ? Peu importaient les règles, de toute manière, elle exerçait ses activités dans l'ombre. C'est qu'elle avait l'air si innocente avec sa peau de neige et ses airs de jeune fille bercée par le sud. Mais sous ses attraits se dissimulaient bien des vices. Sadisme, sang-froid, insanité et capacité de tuer sans même battre du cil. C'est que la vie humaine n'a de valeur que si elle sert un objectif, et parfois, la balance  ne tombe pas en la faveur de ses cibles. Comment en finir autrement que dans le sang si même les moucherons ne se battent pas pour leur propre survie ? 

Le soir commençait à tomber et le soleil commençait à fermer ses yeux ardents. Aemy longeait les murailles pour s'infiltrer de nouveau dans la ville, laissant sa peau prendre les traits de la pierre qui entourait la capitale. Et par la grâce du crépuscule, elle passait outre les surveillances. Les ruelles s'offraient à nouveau à elle, et à ses crocs carnassiers, affamés par la chair. Ce n'était pas un comportement qu'elle aurait pensé retrouver, après tout, sa maîtresse prenait grand soin de les confiner. Mais cela était si bon de pouvoir se laisser aller. Elle se fondait dans le milieu urbain de par sa démarche mondaine et ses habits courants, si bien que seuls les yeux les plus fins pouvaient déceler à quel point sa présence était déplacée. Si elle était recherchée, elle n'avait aucunement les traits du portrait décrit. Là où les autorités avaient décrites une femme aux cheveux blancs, elle s'en était teinte en brune. Quant à ses propres iris vaironnes, elle les dissimulait par des lunettes teintées données par sa protectrice. 

L'air neutre au visage, elle ne faisait que papillonner, se mêlant aux familles qui avaient terminé leurs occupations journalières et qui commençaient à rentrer chez elles. Aemy les voyait prendre les portes, et allumer leurs lumières. Elle, qui n'avait pas de foyer ici, envisageait déjà de retourner dans le parc qui hébergeait ses nuits. Mais elle avait encore de l'énergie à revendre avant de ne se laisser bercer par les bras envoûtants du sommeil. Et, avant même que le soleil ne se couche, les rues étaient devenues désertes. Bien évidemment, il y avait encore quelques coquins qui traînassaient, pourvu que l'on cherche bien. C'étaient ceux-là les cibles de l'anomalie, ceux qui n'avaient personne pour témoigner trop vite de leur disparition. Ils étaient de parfaits boucs à sacrifier sur l'autel du plaisir malsain qu'éprouvait la jeune fille lorsqu'il était question de sang.

Après quelques dizaines de minutes de recherche, la dame d'innocence trouva un duo de fieffés gredins dans une ruelle, entourée par deux bâtiments académiques. A cette heure-ci, ils étaient vides, et ce n'était pas dans les habitudes de l'anomalie de faire hurler ses victimes. Et puis, mieux valait rester propre, dans la mesure du possible. Quoi qu'il en fut, elle s'approcha des deux hommes qui ne devaient pas avoir plus de la trentaine, leur adressant son sourire le plus pur.

Bonsoir. Puis-je vous emprunter un peu de votre temps ? 


Ma jolie, pour toi, on a tout le temps qu'il faut. 


La voix de la jeune femme était de miel, son ton était de sucre. Tout était rassemblé pour que les deux filous passent une charmante nuit, l'un d'eux avaient même mis la main à un manche qu'il tenait dans son dos. Mais, à côtoyer la plèbe, on en apprend les réflexes. Aemy esquissa un fin sourire devant l'intention prématurée de la rendre inconsciente.

Cela ne prendra qu'un instant.


Elle tendit le bras gauche vers le front de celui qui avait préparé son maillet. Des cliquetis fins se firent entendre et une arbalète sortit de la manche de la dame aux cheveux de jais. Le carreau qui ornait la crosse s'envola et se ficha dans le crâne du premier avec un bruit d'impact sourd, creusant la chair. L'autre avait détourné le regard vers son compère, oscillant un bref instant de battement durant lequel la victime présumée, devenue agresseuse sortit sa miséricorde du dos de sa ceinture. Sans aucun stratagème martial, ni même quelconque raffinement, elle lui planta sa lame dans la gorge. Il n'y avait pas eut de cris, juste ces gargouillis usuels qui se produisaient lorsque l'on ouvrait les voies respiratoires. Quelques gouttes écarlates vinrent tremper le visage blanc de l'assassine, qu'elle ne fit pas de suite dégager. Elle reprit d'abord, avec extrême prudence de ne pas se tâcher, le couteau qu'elle avait laissé dans la peau du pauvre bougre. 

Sentant un frisson parcourir son échine, elle esquissa un fin sourire accompagné d'un regard vacant. Elle prit une profonde inspiration, et la relâcha en un soupir. C'était toujours si agréable de mettre à mort les moucherons. 


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Dernière édition par Ophélia Narcisse le Jeu 15 Fév - 19:24, édité 2 fois
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Garrett Catesby
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Lun 12 Fév - 20:45
Irys : 509901
Profession : Inspecteur borderline
Daënar +1
Accroupi près des cadavres froids, il releva légèrement le bord son chapeau du bout des doigts, son regard se perdant dans la blessure faite à la gorge. Il y avait beaucoup de sang sur le sol, si bien qu’il avait dû faire de la gymnastique pour ne pas s’en mettre plein les bottes. La blessure était nette, propre, faite sans la moindre hésitation, signe que ce n’était pas la première fois. Vu la plaie béante, il devinait que l’auteur de cet acte quelque peu barbare devait s’être tâcher. Le second, avait un carreau en travers du crâne, une mort plus rapide que le premier, il ne l’avait sans doute pas vu venir, peut-être tout juste entendu le claquement de la corde avant le grand voile noir.

Il se redressa, un des miliciens se dirigea rapidement vers le fond de la ruelle, se pliant en deux, et au vu du bruit qu’il produisit, le petit déjeuné venait tout juste d’être expulsé. Garrett soupira en réajustant son Haut-de-forme. Deux morts de plus a rajouter à la liste, en comptant les gardiens. Pas de doute, il devait être sur la bonne voie.
C’est une quinzaine de jours auparavant qu’on le mit sur cette affaire, au début, cela ne devait être qu’une simple traque d’évadé, une « folle » tout droit sortie d’un asile, qui telle un animal blessé, fuyait le chasseur. En plus de la petite escapade, il fallait à présent rajouter les cadavres, et bientôt la peur que cela engendrerait. La pauvre femme ayant découvert les deux bougres était d’ailleurs toujours sous le choc, le regard vide, les larmes, le silence, voilà tout ce qu’il avait pu obtenir en lui parlant. Il ne la jugeait pas, enfin, pas totalement. Il comprenait que pour quelqu’un peu habitué à la violence, tomber un beau matin sur un type égorgé et son compère avec un trou béant dans le crâne, il y avait de quoi faire des cauchemars. La meurtrière n’avait laissé aucune preuve derrière elle. Au fond d'une ruelle, entre deux imposants bâtiments, elle avait choisi des cibles faciles à éliminer, et le maillet que possédait l’un des butors n’avait pas changé la donne. Dans le coin, personne n’avait rien vu, rien entendu, le néant le plus total. Il n’avait pas fallu longtemps pour qu’un milicien finisse par s’approcher de l’inspecteur.

" Vous pensez que c’est notre évadée ? "

" Possible, elle n’a pas laissée de carte de visite. "

Dit-il sèchement, il était toujours difficile d’affirmer si oui ou non l’évadée était bel et bien la meurtrière, évidemment, il pensait que oui, mais n’avait pas encore les moyens de le prouver. Il resta silencieux quelques secondes, regardant l’autre bout de la ruelle, là où les citoyens commençaient à s’agglutiner, se bousculant pour en voir un peu plus que le voisin et ne pas perdre une miette du spectacle.

" La plaie à la gorge est nette, il n'y a pas eu d’hésitation. Tout ce que je peux dire, c’est que celui qui tenait l'arme à déjà fait ça, et ne ressent aucune empathie, ça correspondant au profil de notre évadée. "

Le milicien se pencha pour mieux regarder la gorge béante qui s'offrait à lui, puis il se redressa, le teint un peu blanchâtre, à croire que personne n'avait jamais vu un cadavre d'aussi près.

" Pour vomir, c’est derrière. "

Le laissant sur place, Garret se dirigea vers la foule, loin de lui l’idée de se mêler à la plèbe, mais… Il avait un faible espoir. Il savait que ce genre de tordu aimait le spectacle, pouvoir revenir sur les lieux de leurs méfaits, se délecter de la réaction des passants. Ouvrant légèrement le pan de son manteau, il en sortit une feuille qu’il déplia soigneusement. Ses prunelles se posèrent sur le portait qu’on lui avait donné. Un visage aussi doux qu’innocent, les cheveux blancs, les yeux vairons. Puis son regard se posa sur les passants, examinant chaque visage féminin un à un. Autant oublier tout de suite les cheveux blancs, n’importe qui possédant une telle caractéristique physique se serait teint les cheveux. Ne restait que les yeux vairons, et encore, la chose était rare, mais pas extraordinaire pour autant. Debout à l’angle de la ruelle, il continuait d’étudier cette masse de visages, espérant y croiser un regard dépourvu de toutes émotions.  




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Ophélia Narcisse
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Lun 12 Fév - 22:32
Irys : 1246981
Profession : Cible mouvante pour Régisseur
Pérégrins -1 (femme)
Aemy avait quitté les lieux, bien avant que la matinée ne tombe, mais, comme toute bonne narcissique, elle adorait revoir ses oeuvres, et plus encore, la réaction des passants. Et ce coup-ci était particulièrement apprécié de la populace. Il fallait dire qu'un bâtiment académique, ça voyait son lot de passants. La foule hantait donc la ruelle, ou du moins les embronchements avec des clameurs et des murmures inquiets ... ou plutôt, plongés dans la terreur. "Un meurtrier ? à Cerka ? Comment-est-ce possible" "Je verrouille ma porte dès ce soir". Tout cela faisait bien rire la jeune coupable qui ne se lassait plus de ce genre de spectacle ridicule au possible. Dans le ton du moment, l'assassine souriait en coin d'un cruel ravissement, et, s'approchant de son oeuvre, elle ironisa tout fort.

Oh ma chère ! 


Ses voisins l'entendirent, mais elle avait l'air si naturelle, presque au bord des larmes. Elle conduisit d'ailleurs d'autres moucherons à ne s'offenser que de plus belle devant un acte si odieux, qui choquait ainsi une si jeune fille qui jamais n'avait vu le sang couler. Et derrière ses lunettes, le regard de l'anomalie se moquait bien de ceux qui l'entouraient. Les plis de ses lèvres se gerçaient tant elle avait de mal à contenir son rire. C'était vraiment hilarant. Ils s'apitoyaient sur elle malgré tout le sang qu'elle avait sur les mains. La situation était vraiment déplacée, si risible ... au bord des larmes, guidées par le mauvais sentiment, elle perça la foule de sa personne. Les insectes étaient tous si serrés, l'ammoncèlement était pire qu'un essaim de fourmis. Malgré tout, Aemy parvint à se dégoter une place de premier choix. C'est que les forces de l'ordre étaient bien peu efficaces, il avait fallu attendre sept heures d'intervention, soit le petit matin. L'anomalie vint à regretter de ne pas avoir plus tué après. 

Son oeuvre était tout de même sublime, l'inspecteur chargé de mettre tout au clair avait en tout cas l'air de s'y plaire. N'était-ce pas excitant ? Deux corps pour une si petite ruelle, à se demander comment ils ne s'étaient pas allongés l'un sur l'autre. Leur sang ruisselait encore entre les pavés, surtout celui qui coulait de la gorge du deuxième qu'elle avait occis. La pénombre du soir n'avait pas laissé la jeune femme voir avec précision les expressions du visage de ses victimes. Elle n'était pas déçue, l'un d'entre eux avait même la bouche ouverte. Du travail bien fait, si elle osait penser ainsi.

Mais sa satisfaction fut interrompue, un bambin tenu par sa mère, trop jeune pour comprendre et les yeux tournés vers la sortie, se prit d'intérêt pour les verres sombres de la dame qui venait de se poser au côté de sa génitrice. Avec quelques gazouillements, il prit joyeusement les lunettes du nez de celle-ci. Aemy se retrouva un instant consternée par l'acte hautain que venait de commettre cet enfant de pourceau. Elle garda cependant son calme, gouvernée par un sang-froid manipulateur dont elle pouvait se vanter. De son teint solennel et innocent, elle pouffa, souriant légèrement au jeune enfant, le même sourire que l'on adresse à des garnements qui aiment à taquiner les plus âgés, le même sourire qui faisait comme si cette plaisanterie était assez plaisante, malgré l'enfantillage. Elle poussa un soupir aimable avant de rediriger son regard, mais le plus bas possible, vers la mère, qui lui rendit ses atours dans l'instant.

Oh ! Je suis vraiment navrée ... il est si curieux parfois.


Non, je vous en prie. Il n'a rien fait de mal, le pauvre.


Et en son for intérieur, elle n'avait qu'envie d'arracher les tripes de cette truie pour les servir en dîner à son porcelet mal éduqué. Elle devrait se garder ce plaisir pour une autre fois malheureusement. C'est que l'inspecteur avait l'oeil, il avait l'instinct. Il n'aurait sûrement pas loupé cet instant d'écart, pas lorsque l'on est concentré comme il était. A croire que le pressentiment du détective n'était en aucun cas une légende urbaine ou un mythe. Il y avait des gens comme ça qui étaient juste nés pour leur profession ... des gens comme Aemy et cet inspecteur. C'est qu'il avait un regard d'acier celui-là, sans doute pour dissimuler une volonté de fer. Apparemment, les Régisseurs n'étaient pas les seuls à être à ses trousses, c'est qu'elle en avait du bruit ces derniers jours. Elle avait des regrets pour ça ... elle se sentait comme ces deux gros balourds qu'elle avait rencontré quelques jours plus tôt. C'était navrant. 

Quoi qu'il en fut elle remis calmement ses lunettes, se doutant que l'inspecteur l'avait zieuté. Après tout, le fait n'avait pas été très discret. En plus de son aspect d'innocence, ses yeux vairons s'étaient dévoilés. L'anomalie n'eut pas à réfléchir longtemps, elle fit volte-face. Et dans le temps qu'elle prit pour se retourner, elle rendit son regard à l'officier. Ses yeux étaient grands ouverts, dissimulés derrière ses verres, ses iris étaient rétrécies et le blanc de sa pupille prédominait, lui donnant cet aspect psychotique que la populace lui attribuait à juste titre. Son oeillade n'exprimait pas que de la folie, plus qu'une provocation, c'était un message. Elle se détourna de son expression de folie, prenant alors un air désabusé, avec un sourire nonchalant. Son visage voulait sans doute dire quelque chose comme "J'imagine que vous allez me courir après, maintenant ... c'est tellement cliché.". Et à travers la foule elle se fraya calmement un passage pour retourner vadrouiller dans les grandes allées. 

Tout ce qu'elle attendait désormais, c'était la réaction de celui auquel elle venait d'adresser de fausses paroles, presque complices. Soit il était joueur et s'amuserait un peu avant de jouer à chat ... soit la course débuterait dans l'instant. Et Aemy était prête à masquer son aspect en empruntant leur apparence à la pierre des bâtiments. Il était bien temps de vraiment s'enjouer. 


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Ophélia s'exprime en #cc0066
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Garrett Catesby
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Mar 13 Fév - 19:29
Irys : 509901
Profession : Inspecteur borderline
Daënar +1
Ce fut après de longues secondes qu’il se décida à replier le portrait et à le ranger, son intuition lui avait peut-être fait défaut. Un milicien finit par s’approcher, un autre, la mine fatiguée, il ne devait pas avoir dormi depuis longtemps, un pauvre bougre qui après une nuit de service avait été appelé en renfort au petit matin.

" Vous avez fini, on peut retirer les corps ? "

" Oui faites, ne donnons pas trop de spectacle à la plèbe, j’ai l’impression qu’elle aime un peu trop ça. "

C’est en tournant les talons qu’il vit la scène, le môme tirant les lunettes d’une jeune femme se tenant un peu trop près de ses petits doigts potelés. L’inspecteur releva légèrement la tête, le temps était gris, drôle de période pour chausser des lunettes aux verres sombres. Puis ce regard vairon qu’il croisa durant une fraction de seconde, tout juste le temps qu’elle puisse les remettre. Puis la jeune femme fit volte-face, disparaissant dans la masse de gens.

Ce pouvait-il qu’il s’agisse d’une coïncidence ? Impossible, les lunettes par ce sale temps, les yeux vairons, le fait d’avoir fait volte-face presque dans la seconde qui suivit. Garrett avait vu mainte de coïncidences hasardeuses dans sa vie, mais de ce genre-là, jamais. Que faire ? Lui courir après comme un imbécile ? Ça, il en aurait capable, largement même, mais là, il devait y facilement une trentaine de personnes compactées en lui et elle, le genre de masse qu’il n’aimait pas particulièrement traverser. D’un hochement de tête, il attira l’attention d’un milicien, l’invitant à le suivre, du moins pour faire dégager cette foule de curieux.

Canne à la main, la tenant plus comme une batte pour frapper que comme un appui de marche, il se dirigea vers la foule, il n’eut même pas le temps d’ouvrir la bouche que déjà, un homme de taille moyenne se planta devant lui, bloc note à la main, visage de fouine.

" Inspecteur une première déclaration sur ce meur… "

" Pas le temps. "

Garrett posa nonchalamment sa main sur le visage du journaliste, englobant parfaitement son visage son visage de fouine, puis le poussa un peu violemment sur le côté, montrant très clairement qu’il se torchait de cette première déclaration. Il eut la paix durant tout juste une fraction de seconde, avant qu’un autre vienne lui poser la même question, puis une femme, puis encore un autre. La foule se bousculait encore, se pressant toujours plus pour mieux apercevoir le font de la ruelle et les cadavres que les hommes commençaient à déplacer. Garrett eu l’impression d’étouffer, d’être tassé comme un sac de marchandise que l’on jette dans une cale trop étroite. Sentant la pression monter rapidement, ni une ni deux, il posa sa main sur son revolver, le sortant de son holster. Canon pointé vers le ciel, armant le chien avec son pouce, il appuya sur la gâchette. La détonation déchira la foule, certains poussèrent de petits cris étouffés, d’autre se reculèrent d’un seul bond. Ils se dispersèrent, mettant plusieurs mètres entre eux et le fou de la gâchette, même le milicien sursauté, ne s’attendant nullement à entendre un coup de feu.

Maintenant, il pouvait respirer, personne pour lui marcher sur les pieds et venir l’indisposer avec des questions de journaliste lambda. La femme se tenait à quelques mètres de lui, une dizaine tout au plus. Cette impression d’être près du but, comme d’en être éloigné. Là, sous les regards des passants quelque peu surpris, une certaine hésitation l’envahissait. Celle de peut-être se tromper de cible, d’avoir mal vu, mais maintenant, il était difficile de faire marche arrière. La rue était soudainement devenue silencieuse, pour une ouïe, il aurait été possible le chien de son arme être tiré en arrière, muet, il braqua lentement son arme sur la jeune femme. Peut-être allait-elle finir par se retourner, peut-être pas, après tout, il s'en fichait. 




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Ophélia Narcisse
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Mar 13 Fév - 20:39
Irys : 1246981
Profession : Cible mouvante pour Régisseur
Pérégrins -1 (femme)
Une foule en silence, une ruelle devenue monacale, le cliquetis d'une arme ... un ricanement lugubre. Aemy avait étouffé un léger rire qui s'était faufilé dans sa gorge, à peine audible, mais ses mouvements d'épaule ne trompaient pas. Dans cette simple exclamation, elle fit passer un autre message silencieux à l'inspecteur. Elle l'invitait à tirer, juste pour voir s'il aurait le cran de faire se faufiler sa balle en travers des innocents. C'est que l'avis affichait "vive", et au vu du peu d'hésitation dont avait fait preuve le représentant de la loi, il semblait qu'il interprétait les consignes à sa manière. La meurtrière ne fit qu'un court arrêt, elle ne pouvait pas se permettre d'attirer de trop l'attention. Surtout dans cet essaim qui s'était arrêté de vrombir, tendant des yeux circonspects à l'officier. Utiliser une arme à feu pour aucune raison apparente était très mal vu par le citoyens ... il n'y avait qu'à observer leurs regards, ils miraient l'inspecteur avec une peur plus inspirée encore que ce que les deux cadavres avaient fait mugir. Tous se chuchotaient l'un à l'autre de complices paroles en jetant des oeillades de côté au commissaire. 

L'anomalie, elle, avait vu tout ça. Ce n'était pas sur elle qu'étaient redirigés les pupilles, car, lorsque les visages s'étaient redirigés sur la position que le bout du canon pointait, il n'y avait plus que des gens aux airs véritablement innocents. C'est qu'il y avait tout de même quelques mètres encombrés de gens aux mains propres, entre ce cher inspecteur et sa proie. Se faufilant de sa maigre figure entre les silhouettes condensées en une même position, elle parvint sans mal à s'en tirer au-dehors. Etait-ce un acte de complicité que de faciliter l'évasion d'une suspecte ? Si tel était le cas, les miliciens auraient bien peu assez de menottes pour coffrer tout le monde dans cette ruelle. Maintenant, il n'y avait plus rien pour gêner la demoiselle, ni plus rien pour la protéger. Fort heureusement, la jeune dame avait encore ses propres crocs, et elle mordait bien fort.

Elle s'élança alors dans une marche plus rapide, jetant quelques regards derrière elle. Son cher poursuivant commençait à faire son chemin hors de la foule, accompagné par un quelconque benêt qui, lui aussi, cherchait la gloire de la nation. La fuyarde esquissa un joli sourire, presque radieux. Elle se faisait livrer deux superbes sacrifices sur un plateau d'argent. Tout ce qu'ils voyaient eux, c'était la souris qui courait, elle, elle savait que sous ses aspects d'innocence, il y avait des canines plus meurtrières que celles d'une louve. Et dans sa démarche raffinée, elle prit un tournant dans un parc, destiné aux révisions étudiantes, mais dont elle savait qu'il y avait nombres de fourrés et buissons. Le chemin de terre battue décrivait un simple huit, dont le centre était orné par un kiosque magnifiquement construit d'ailleurs. 

L'anomalie avait donc accéléré le pas, se faufilant parmi les jeunes prodiges majorés qui s'amusaient à flâner dans une atmosphère bien plus plaisante que les murs de l'académie. Il y avait donc quelques têtes de promotion qui feuilletaient des ouvrages encyclopédiques, plus loin, des amis de longue dates parlaient conquêtes et amour, tout en jetant des oeillades osées à un groupe de donzelles qui s'amusaient à sourire à ces compliments implicites. Après tout, on ne regarde que ce qui plaît à l'oeil, ou bien ce qui justement, est censé le repousser. Aemy ne sut donc pas comment le prendre lorsque certains regards mal placés vinrent la dévisager, du menton, jusqu'aux chevilles. Ce n'était pas tant au final son faciès qui se faisait reluquer, seulement, elle avait l'habitude des habits peu encombrants. Elle se contenta d'ignorer les yeux qui se posaient sur sa chair, c'est qu'elle n'avait pas tout son temps, elle. 

La fuyarde coupa en travers du chemin, passant par un espace vert, juste au-dessus de la première route. S'assurant qu'aucune autre pupille ne puisse l'atteindre, elle déposa sa main sur l'herbe sous ses pieds. En quelques secondes, elle s'appropria la couleur de la nature. Son corps tout entier devint verdâtre, alors qu'elle s'enfonçait dans un buisson bien fourni qui offrait une vue imprenable sur l'entrée qu'elle avait franchie plus tôt. 

Il n'y avait plus qu'à attendre ce cher inspecteur ... c'est qu'il en avait du cran, et aussi un petit brin de folie. Et cet éclat ... la jeune femme adorait ça. Quoi de mieux pour une joueuse invétérée que de trouver un partenaire tout aussi passionné ?


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Garrett Catesby
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Mer 14 Fév - 8:32
Irys : 509901
Profession : Inspecteur borderline
Daënar +1
Aurait-il était capable de lui tirer dessus, dans le dos, sans la confirmation qu’il s’agissait bien de la personne recherchée ? Il avait toujours une infime part de doute en lui, et il ne pouvait nullement se permettre d’abattre une innocente. Mais la question ne se posa pas bien longtemps, un battement de cils suffit, les gens commencèrent à reformer de nouveau petit groupe, ces mêmes petits groupe qui une fois encore se retrouvèrent entre lui et elle. Garrett ne doutait nullement de sa visée, mais plutôt d’un éventuel mouvement mal venu d’un citoyen, coller une balle dans l’épaule, voir dans la tête d’un parfait d’un innocent était tout à fait le genre de bavure dont il pouvait se passer. Il la vit se faufiler au travers de nouvelles personnes, visiblement, il était plus facile de se faufiler entre des gens lorsque l'on était une jeune femme, qu'un inspecteur. Impossible pour lui de viser correctement, et inutile de gâcher une autre balle en tirant en l'air vue que cette bande de gueux n’était pas fichu de s’écarter correctement en entendant une détonation. Désarmant le chien de son revolver, il le renvoya dans son holster avant de se mettre à la poursuite de la jeune femme, non pas en se faufilant, mais bien en bousculant à grand coup d'épaule ceux qui ne le laissait pas passer.

L’inspecteur marchait rapidement, suivit de près par un milicien, les autres, bien que surpris par la détonation allaient sans doute mettre plusieurs minutes à rappliquer à leur suite, ne pouvant se permettre de tout lâcher pour courir après une fuyarde. Garret pressa à son tour le pas lorsqu’il la vit disparaître au coin d’une rue. Y arrivant à son tour, il se retrouva face à un parc, remplit d’universitaires qui ne semblait pas du tout avoir entendu le coup de feu, ou peut-être pensaient-ils tout simplement que dans leur petit parc de prodiges, le monde extérieur n’était pas en mesure de les atteindre. Le chemin principal semblait former un huit, bien que de plus petits sentiers semblaient s’enfoncer au milieu des buissons. Il y avait aussi nombre de petits groupes de jeunes gens batifolant, comme on le fait lorsque l’on est encore jeune d’ailleurs. Le milicien se posta à son tour à ses côtés, regardant le parc avec une mine des plus neutres. Elle pouvait être n’importe où, et visiblement, tous étaient trop occupé pour avoir vu quelqu’un pénétrer de manière un peu pressée dans le parc.

" Allons-y. "

Resserrant sa prise sur sa canne, l’inspecteur descendit les quelques marches qui s’offrait à lui. Il s’avança jusqu’à atteindre le kiosque. Regardant autour de lui, il ne voyait rien de suspect, peut-être même que la jeune femme n’était déjà plus dans le parc. Elle aurait très bien pu s’éclipser en passant par une autre entrée, sans craindre de croiser qui que ce soit. Sa présence ne tarda pas à attirer l’attention des étudiants qui soudain s’arrêtèrent de complimenter les groupes de jolies jeunes filles pour reporter leur attention sur l’homme. Des regards se croisèrent, et puis, une jeune fille qui devait avoir facilement une dizaine d’années de moins que lui, hocha finalement la tête dans une direction. Il ne s’agissait pas d’un hochement fait à l’improviste, mais bien d’un geste indiquant une direction précise. Garrett fit volte-face dans la seconde, le milicien aussi avait vu le hochement de tête de la jeune femme et ne s’était nullement fait prier pour emprunter la direction désignée.

Ayant plusieurs mètres d’avance sur lui, le milicien traversa l’espace vert, avançant lentement sur le petit sentier, frôlant la haie pour paraître le plus discret possible. L’inspecteur, lui, mis tout juste une dizaine de secondes, peut-être plus, pour atteindre et franchir à son tour l’espace vert, avec certes moins de discrétion que le milicien. Le savoir avoir prit les devants seuls, il avait un mauvais pressentiment.




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Ophélia Narcisse
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Mer 14 Fév - 12:53
Irys : 1246981
Profession : Cible mouvante pour Régisseur
Pérégrins -1 (femme)
Si elle s'en sortait vivante de ce petit contretemps, Aemy s'était jurée de retrouver le sale moucheron qui l'avait vendu à ces salauds d'officiers. C'était lequel d'ailleurs ? Elle jeta un regard hors du fourré vers les jeunes gens qui regardaient la direction dans laquelle était parti l'inspecteur et son complice. Cependant, si ce dernier avait accéléré la marche et était passé devant son buisson, le milicien, lui, traînaillait encore sur ses souliers. Il regardait tout autour de lui, fouillant les feuillages du bout de son canon, espérant y trouver une forme humaine et de la couleur chair. Mais comment pouvait-il seulement savoir que sa cible était une anomalie, un être capable de se mugir dans son environnement ? Car si c'était du beige qu'il recherchait, c'était du vert qu'il devait trouver. Et la jeune femme, elle, le voyait parfaitement bien. Il se tenait au milieu du sentier improvisé creusé par les nombreuses balades amoureuses que devaient s'octroyer les étudiants lors de leur temps libre. C'était l'endroit parfait pour les amourettes, un bosquet au sud, des rangées de buissons au nord et des feuillages sur les côtés latéraux, le tout assez haut pour dissimuler l'herbe dans laquelle les chenapans se roulaient.

Hors, si ce n'était pas de l'amour qui allait se produire, c'était un acte qu'il fallait bien cacher. Le bout du fusil caressait les feuilles, une par une, doigt sur la gâchette, prêt à tirer. Les feuillages frissonnaient sous le toucher du métal froid, le plomb lui, se reposait dans le fond, n'attendant que le moment où son maître lui donnerait l'ordre de voler. Ce dernier marchait lentement, quelque chose avait bougé à côté de lui, dans les fourrés. Il déposa la crosse de son arme sur son épaule et aligna son oeil dans le viseur en mirant les buissons. Lentement, il s'approchait, il y avait trop de feuilles pour qu'il puisse voir clairement ce qu'elles hébergeaient. Il ne voyait pas Aemy qui, immobile, avait dégainé sa miséricorde, n'attendant plus que ce cher militant de la loi ne franchisse quelques mètres supplémentaires. Pas après pas, il arrivait prudemment, pointant le bout de son canon à droite et à gauche. Et finalement, il dégagea les feuillages d'un fourré quelconque. Le blanc des yeux de l'anomalie apparut à lui, poussant l'étui de l'arme vers le haut. La balle fut tirée vers les cieux alors que la gorge du soldat se voyait se faire ouvrir par le couteau de celle qu'il traquait.

Trouvé ...


Elle lui murmurait doucement ces derniers mots alors que le pauvre volontaire s'effondrait au sol, ses lèvres noyées par son sang. Cette fois-ci, les étudiants avaient bien entendu. Des cris retentirent dans le parc alors que les jeunes gens s'ameutaient à l'extérieur, se bousculant et abandonnant toute idée de passer le reste de la journée au milieu des arbres. C'est qu'il cachait un prédateur bien dangereux, l'inspecteur avait-il compris qui des deux était le chat ou la souris ? Et s'il avait la prétention de déclamer ce titre de chasseur, il devrait le prouver. Quoi qu'il en était, le bruit allait vite le ramener vers elle, c'est qu'il ne s'était pas tant éloigné, il devait sans doute avoir atteint le kiosque tout au plus. De ce qu'elle savait, il avait un pistolet, il l'aurait probablement déjà sorti avant d'arriver ici... Ou pas. C'est que ce badaud de milicien avait tiré, cela pouvait être interprêté de bien des manières. 

Elle voulait se cacher, une fois encore, mais les pas se faisaient déjà proches. La meurtrière laissa simplement glisser le corps de sa victime contre le sien, alors qu'il essayait désespérément de s'accrocher à elle. Du bout du pied, elle lui aplatit le torse contre terre, le laissant gentiment se vider de son sang loin de sa personne. Un petit gloussement satisfait sorti de sa gorge, cela faisait un poursuivant de moins ... l'autre devrait bientôt arriver sur les lieux. De sa manche, elle fit claquer les rouages de son arbalète, le carreau y était bien encoché, accroché à la ficelle solide qui, dès le premier ordre serait prête à partir. La balle irait cependant plus vite. Elle devait lui faire se débarrasser de son arme, d'une manière ou d'une autre. C'est qu'elle avait envie de jouer ! Et puis, le cran de l'inspecteur l'avait assez impressionné, cela aurait été dommage de se contenter de le tuer comme l'autre moucheron. Cela la faisait rire, penser que les représentants de la loi étaient capables de commettre des actes pire que les siens. Enfin, dans la théorie, le potentiel de ce cher officier restait à prouver.

A l'affut, elle attendait, arbalète pointée dans la direction que l'inspecteur avait emprunté plus tôt. Elle ne pourrait pas se cacher, il était bien trop tard pour cela. C'est qu'il en avait mis du temps à crever, le pauvre militaire. 

Montrez-vous, moucheron ...


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Garrett Catesby
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Mer 14 Fév - 20:00
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Sautant par-dessus un buisson, il n’avait pas mis longtemps pour dépasser le milicien, trop occupé à examiner chaque petite feuille de la haie du bout de son fusil, alors que lui, fonçait déjà tête baissée le long du petit sentier, disparaissant en clin d’œil à l’angle d’une haie encore plus verte que la précédente, laissant l’homme d’armes derrière lui, c’était une erreur. Il eut le temps de faire une vingtaine de pas environ avant qu’un coup de feu déchire le demi-silence du parc, puis le cri de plusieurs étudiantes qui soudainement devaient avoir réalisé que leur petit havre de révision et de batifolage ne se trouvait pas dans un monde parallèle sans danger, mais bien ici, au milieu des armes et des meurtres. Il pesta intérieurement, se damnant de ne pas être resté avec l’homme, mais, il n’avait pas vraiment confiance sur la raison du tir et surtout si la balle avait touché sa cible. Sortant à son tour son arme, il arma le chien, prêt à faire voler du plomb à la moindre occasion, et pour le coup, il n’allait pas se faire prier. Progressant rapidement, il croisa une folle furieuse sortie de nulle part, arrivant en courant et criant, agitant les bras comme une dégénérée. Par chance, il était maître de lui-même et il n’appuya pas sur la détente de son arme, fort heureusement d’ailleurs.

Il ne bougea pas du milieu du sentier et se contenta de la bousculer un peu violemment, lui ordonnant d’une manière peu distinguée de « foutre le camp ». Au moins, le message était clair, et la jeune femme qui dans un sursaut faillit se retrouver dans une haie, disparue à un nouveau tournant. Il pesta intérieurement, l’insultant sur plusieurs générations, tout en continuant d’avancer, jusqu’à arriver au croisement où il avait laissé l’homme d’armes. Qu’allait-il trouver ? La jeune femme à terre, ou le milicien ? Bizarrement, il ne pensait pas que cette histoire pourrait être réglée si facilement, une folle abattue, un milicien aux honneurs, et lui pouvant rentré à Alexandria. Il s’attendait plutôt à devoir en découdre, raison pour laquelle il avait dégainé son arme par avance. C’est d’un pas décidé qu’il passa le croisement, se retrouvant au milieu du chemin. Faisant alors face à la jeune femme, le milicien était à terre. Il avait beau se tenir la gorge et labourer le sol avec ses talons, le saignement ne cessait aucunement, il était déjà trop tard pour lui. Celle avait un bras tendu dans sa direction, Garrett lui était dans la même position, à une quinzaine de mètres devant elle. Cette fois, personne pour se mettre en elle et lui, personne pour prendre une balle perdue. Son regard se porta durant une fraction de seconde sur le milicien qui finalement cessa de gigoter, quittant ce bas monde dans un dernier râle, ou plutôt gargouillis de sang. Qu’importe-le « vive » de l’avis de recherche, cette fois, il comptait bien régler cette histoire définitivement, pas de menotte, juste une balle. Certains aurait pu dans un élan de philosophie demander « pourquoi ? ». Quelle importance, comme si cette question pouvait à voir une réponse justifiante.

Il ne la lâcher pas du regard, son esprit ne cherchait aucune explication, juste un moyen d’en finir rapidement. Il tentant tout de même un semblant de discussion, pour… Gagner du temps. Le reste des miliciens avait forcément dû entendre le coup de feu, et ils se dirigeaient sans doute vers eux. Si jamais il se ratait, au moins il espérait que quelqu’un soit capable de l’aligner dans sa mire.    

" Vas-y aller, fais moi plaisir. "

Souffla t-il en ajustant sa visée.





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Ophélia Narcisse
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Mer 14 Fév - 21:07
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La cohue d'étudiants avait vidé le parc, ne laissant que deux personnes seulement dans son enceinte. Les arbres gardaient un silence de marbre, et le soleil qui, lui, brillait depuis le matin-même était seul espion de cette scène. Au moins, si l'échange devait se terminer par la mort, il y aurait un témoin. Comme une lampe surplombait un plateau d'échec, la haute lumière ne retenait pas son éclat de tomber au travers de la brume de feuillages sur les joueurs. Aemy se tenait là, inexpressive à son habitude, juste une simple moue désabusée, blasée et calme. Ses yeux fixaient ceux de son poursuivant. Lui aussi il avait un des ces objets qu'elle considérait être comme de la triche. C'était toujours aussi frustrant de devoir se résoudre à devenir raisonnable à cause de ces petites choses. Vraiment, quelle honte que d'avoir inventé cet outil, juste pour mettre les hommes sur un pied d'égalité. Donner la mort n'est pas un art sacré s'il est pratiqué par tous dans la plus grande facilité, et mourir n'est plus une tragédie lorsque le meurtre n'est au final que monnaie courante. Cela expliquait aussi, pourquoi parmi la foule en clameur, il n'y avait pas eu une seule larme de versée. Les gens normaux pouvaient-ils seulement se permettre de juger une assassine lorsqu'eux mêmes ne ressentent pas plus ? Peu importaient les autres, ce qui comptait, dans l'immédiat, c'était le cher inspecteur qui avait pointé le bout de son nez. 

D'un regard analytique, elle passait en autopsie la physionomie de son nouvel "ami". Il était grand, lui aussi, mais elle avait déjà rencontré plus impressionnant, et celui-ci était nordique de surcroit. L'officier était soigné, son attitude aussi propre que son apparat est correct. Des habits casuels, mais si finement portés, sans mentionner le physique qu'il dissimulait et l'esprit qui se cachait encore en-dessous. Au final, il était bien ordinaire aux yeux de sa cible. Mais il y avait quelque chose qui avait éveillé sa petite curiosité malsaine, qui cherchait toujours la bête noire sous les costumes blancs. C'est qu'elle aussi elle en avait des jolis déguisements, surtout celui de jeune enfant innocente. Son cher inspecteur, lui, portait celui de la loi. Elle avait bien vu le peu d'hésitation qu'il avait eu à braquer son canon sur elle, suspecte seulement. La présomption d'innocence n'était pas dans ses habitudes et apparemment, il n'avait pas peur de se salir les mains, un bon enquêteur en somme. Mais le plus vibrant, c'était son regard, pas de faiblesse, pas de défaillance, pas de tendresse. C'était un regard ... comme le sien. 

Un sourire vint fendre le visage de la "souris", accompagné d'une expiration réjouie, presque un gloussement. Fermant ses paupières, prenant un air apaisé, elle abaissa son bras, rentrant son arme dans sa manche. Elle laissait le contrôle à cet étrange bonhomme, pour le moment, c'est qu'il y avait plus derrière ses aspects que le simple officier de police. Ca ne se voyait pas, mais ça se ressentait, et Aemy avait toujours eu plus d'instinct que de conscience. Laissant s'échapper un rire plus prononcé, mais toujours si subtile, elle essuya les gouttes de sang de sa dernière victime de sa joue. Rentrant sa miséricorde au fourreau derrière ses hanches, elle joignit ses mains dans son bas-dos. Prenant une posture si civile, elle s'approcha doucement de son interlocuteur. Il la braquait encore, pourtant, elle n'avait pas l'air méchante, loin de là. Elle avait l'air si douce, si courtoise, si aimable. Le pauvre chacal devait désormais savoir que ce n'était qu'une tromperie, et pourtant, elle l'y soumettait tout de même. 

Vous êtes étrange, vous, vous savez.


Elle s'arrêta à deux bras de lui, faisant calmement frotter le velours de ses gants entre eux. La meurtrière jouait avec ses doigts comme une enfant qui s'ennuie, les faisant s'entremêler les uns avec les autres dans des rondes qui tenaient bien plus du réflexe que de la vraie distraction. Elle poussa un léger soupir, comme si elle se débarrassait en un vent du fardeau de sa dernière atrocité commise, comme si le sang qu'elle venait de faire couler n'était pas de sa faute. Réalisait-elle seulement que ce qu'elle faisait était mauvais ? Il n'y avait personne pour répondre à cette interrogation, pas une personne entre les deux ne pouvaient définir de motif. Peut-être qu'elle n'en avait simplement pas, peut-être qu'elle ne pouvait le définir, ce qui était certain, c'est que ses intentions resteraient obscures pendant longtemps, autant pour elle, que pour l'inspecteur. Elle regardait ce dernier avec insistance, faisant le tour entier de son visage, mais surtout, plongeant dans son regard pour y trouver l'éclat qu'elle voyait lorsqu'elle fixait son reflet.

Cet instant était comme un voyage pour elle, comme toujours. Elle avait souvent plongé ses yeux dans les lueurs mourantes de ses victimes, pour y trouver un passé, une quelconque raison de les laisser vivre. L'anomalie ne la voyait pas souvent cette raison, à vrai dire, elle cherchait bien mal. Débusquer le motif de vie, cela aurait été comme abandonner une part de sa dignité, admettre qu'elle avait tort. Mais elle ne put se détourner de celui-ci. Tous les deux, ils avaient une raison d'être, ils savaient pourquoi ils vivaient. Aemy n'a jamais vécu pour elle, l'égoïsme n'est même pas une notion qu'elle connait, elle ne tue pas par cruauté, en tout cas, elle se persuade du contraire. Elle tue pour qu'enfin, elle ne devienne qu'un outil pour protéger celle qui a, et continue à tout lui donner pour qu'elle reste en vie. 

Et vous, inspecteur, pourquoi vivez-vous ? Cette détermination dans votre regard n'est-elle que le fruit de votre sens du devoir, me haïssez-vous vraiment ? Cet éclat que je vois se dissimuler derrière vos pupilles, n'est-ce donc que de la dévotion ? Reste-il seulement quoi que ce soit d'humain en vous pour que votre expression soit d'un marbre si solide devant le cadavre d'un confrère ? Vous devez avoir tant d'expérience lorsqu'il en vient au sang, rien de comparable à ce dont je peux me vanter. Savez-vous que je n'en retire qu'un minime plaisir ? Que chaque goutte que je prélève me dégoûte de plus en plus de son goût ? Savez-vous que les vies que je retire sont arrachées de plus en plus vainement à ce monde ? Et, pouvez-vous me blâmer de n'avoir jamais connu que cela ...? Evidemment que vous le pouvez. Vous me ressemblez, mais vous n'êtes pas comme moi. Moi, je vis pour une personne, pas pour une cause, c'est quelque chose que vous pourrez comprendre lorsque vous serez aussi démunis que moi. Dans les ténèbres, il n'y a jamais plus qu'une chandelle à agripper, et lorsqu'on la tient, on préférerait la sentir nous brûler les doigts plutôt que de la lâcher. Moi, la cire m'a déjà effleuré la peau, et pour rien au monde je ne l'essuierai. Alors, dites moi, inspecteur, pourquoi vivez-vous ...?

Sortant de ses pensées, Aemy redirigea son regard, alors perdu dans le néant, sur les pupilles de l'officier. Elle retira son sourire de son visage, prenant un air aussi sérieux, que froid. Il n'y avait ni parjure, ni moquerie, ni même la moindre once de sarcasme dans son ton. Déguisement ou non, les mots de l'anomalie ressemblaient à d'amicales bavardages. Du miel dans la voix, elle s'adressa directement à lui.

Vous auriez tiré sans hésitation, tout à l'heure, pas vrai ? Foule ou non, si vous aviez su que c'était moi, vous m'auriez abattue. Même si vous risquiez la vie d'un innocent pour cela. Vous en auriez sauvé des centaines d'autres ... n'est-ce pas ? elle souriait, comme si parler de sa mort n'était qu'une vaste autodérision. Mais vous n'en saviez rien, et maintenant, j'en ai tué un de plus. 


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Garrett Catesby
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Jeu 15 Fév - 12:58
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Arme toujours braquée sur elle, il ne bougea pas d’un pouce. Peut-être qu’il aurait dû tirer plus tôt, risquer la vie d’un innocent pour la neutraliser. Au final, il avait eu une hésitation, et cette hésitation à appuyer sur la gâchette venait de prendre une vie. Le plus triste, c’est que c’était la première fois qu’il voyait ce milicien, il ne connaissait même pas son prénom. Cette mort ne l’affectait pas plus qu’une autre d’ailleurs, il avait déjà une certaine difficulté à éprouver de l’empathie, alors, en avoir pour un parfait inconnu, non ce n’était nullement son genre. Finalement, elle baissa son arme, rangeant aussi sa lame. Était-ce une façon de se rendre ? Garrett en doutait, il ne la connaissait pas, du moins, du moins pour lui, il ne s’agissait qu’un visage, une ombre parmi les ombres. Mais elle tuait, par plaisir peut-être même, il se doutait que ce petit air apaisé n’était là que pour lui faire baisser sa garde, il savait qu’à la moindre erreur de sa part, lui aussi finirait au sol, labourant le sol avec ses talons en tentant d’empêcher un flot de sang de couler de sa gorge.

Puis, elle s’avança vers lui, sans mentir, il s’apprêter à lui tirer dessus lorsqu’elle s’arrête à tout juste deux mètres de lui, s’il avait fait ne serait-ce qu’un pas vers elle, le bout de son côté aurait pu se poser contre son front. Mais il ne bougea toujours pas, restant silencieux. Le détaillant du regard. L’inspecteur devait bien avouer qu’il était difficile d’imaginer une tueuse derrière ce petit minois. Est-ce sans doute pour cela qu’elle était si dangereuse, impossible d’imaginer ne serait-ce qu’une seconde qu’il s’agissait d’une folle, tuant à tour de bras. Au premier regard elle semblait tout à fait normale, douce, gentille, mignonne même, elle se tenait bien, rien ne pouvait laisser présager que quelque chose ne tournait pas rond dans son esprit. Garrett ne souhaitait nullement se faire surprendre par le biais d’une risette, ni par rien d’autre d’ailleurs. Elle ne semblait pas posséder d’armer à son autre bras, la lame dans son dos, l’arbalète rentrée dans sa manche. La distance qui la séparait de lui devait l’empêcher de faire quoi que ce soit. Le temps qu’elle sorte son arme blanche ou son arbalète était largement suffisamment pour que Garrett presse la détente de revolver, il le savait, elle le savait.

Rien dans le regard de l’inspecteur ne laisser présager de la pitié, ni quoique ce soit d’ailleurs, il la regardait comme l’on regarde quelqu’un montant à l’échafaud.

Le parc semblait désert à présent, silencieux, seule la voix de la jeune femme venait troubler le silence. Garrett l’écouta, même si d’une certaine manière, il ne prenait pas compte de ses paroles. Mais elle avait raison, il aurait tiré, il aurait dû tirer. Son sourire… Il avait presque l’impression qu’elle le narguait, un peu comme si ce sourire lui disait « Et maintenant que je suis devant vous, que vous avez la certitude que c’est moi, vous ne ferez rien. ». Grosse erreur d’ailleurs.

" Peut-être bien. "

Son index pressa la détente.

Et rien, rien n’avait pu laisser imaginer ce qui se passerait durant cette fraction de seconde décisive. Un étudiant, sans doute le dernier d’un groupe, traversa le buisson, bousculant Garrett au même moment. La balle siffla dans les airs, frôlant ou non sa cible, impossible d’en avoir la certitude. D’où sortait ce deuxième balourd ?! Ne pouvait-il pas avoir le quitter le parc par les entrées comme le reste des étudiants l’avait fait plus tôt ? Non ! Lui, il fallait qu’il passe par là, qui le bouscule et l’empêche de clore le chapitre de cette histoire. Projeté contre la haie, Garrett manqua de trébucher, le gamin lui tomba et roula sur le sol avant de se relever à toute vitesse.




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Ophélia Narcisse
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Jeu 15 Fév - 13:41
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Pérégrins -1 (femme)
Un autre claquement avait percé l'air, plus discret que celui du fusil, mais bien plus proche de toucher sa cible. Aemy avait sursauté, elle ne s'attendait pas vraiment à ce qu'il tire, encore moins lorsqu'elle était recherchée pour "vive". Après que la balle fut tirée, elle resta un instant immobile, consternée, ne sachant si elle avait été touchée quelque part. Le regard dans le vide, elle ne bougeait pas d'un pouce, son expression se raidissant et sa peau se rendant plus pâle encore. Sa mâchoire s'était relâchée alors qu'elle hoquetait de faibles respirations, toujours sous le choc de cette mauvaise surprise. Furtivement, elle passa son index sur sa joue, pour en voir des gouttes écarlates s'y déposer. Ce n'était pas qu'une griffure, la balle avait arraché un peu de peau, mimant grossièrement une bonne coupure de laquelle le sang coulait abondamment. La jeune femme cligna des yeux, lorgnant sur son propre doigt, avant de relever son regard sur ce qui l'avait sauvée. 

Devant elle, elle ne vit plus celui qui aurait du l'abattre, dans l'instant même, malgré les directives données par ses supérieurs. Il s'était fait bousculer par l'un de ces abrutis universitaires qui n'avait aucune idée de comment survivre lorsque l'on était en situation de danger. Il était tombé sur l'inspecteur, et se préparait à se relever. Mais la meurtrière ne lui laissa pas la chance de s'en sortir. De sa manche, elle déroula son arbalète, carreau toujours autant accroché aux ficelles. D'un mouvement du pouce, elle libéra le projectile qui vint se ficher dans la tempe du jeune étudiant. En à peine une fraction de seconde, sa vie s'en était allée vers les hauts cieux. Son corps, lui, tomba raide mort sur l'officier, qui avait perdu son arme dans le processus. La victime était d'un physique imposant, aussi, son poids était conséquent et il écrasait l'inspecteur de tout son long. Malgré sa jeunesse, il n'était lui aussi devenu qu'un simple mouton abattu pour des desseins qui restaient, encore, inconnus. Il avait préservé une vie, mais la balance devait être rétablie, la sienne fut prise en offrande. 

Aemy s'approcha des deux hommes à terre, lorgnant sur celui qui avait bien failli devenir son assassin à elle. Lui souriant à nouveau, mais cette fois, avec des yeux psychotiques, elle le regardait une fois encore avec attention. Elle avait bien raison lorsqu'elle pensait qu'il était comme elle. Le sang qui doit couler coulera, car les raisons l'imposent. Ce n'est pas cruel, ni inhumain. Simplement ... eh bien, les affaires pour l'un et la sphère privée pour l'autre. Certes, ses intentions étaient moins nobles que celle de l'officier, mais elles étaient tout aussi compréhensives, pour un esprit aussi torturé que le sien. Elle était perdue, pauvre chose. L'approbation n'est pas dans ses préoccupations, et se faire traquer est une habitude. Tout ce qu'elle faisait désormais, c'était profiter de cet instant où la fortune lui avait sourit. 

Elle reprit un carreau de son carquois, l'encocha à nouveau avant de poindre sa pointe vers le front de l'officier. Son expression s'était complètement vidé de quelconque sarcasme, quelconque moquerie, ou même quelconque plaisir. Elle ne comptait pas le tuer, juste lui faire passer un message. Malgré le devoir qui l'imposait de la livrer à son asile, l'anomalie se dit qu'elle appréciait de voir quelqu'un qui n'était pas si différent d'elle. Le fixant comme une morte dans les iris, elle voulait qu'il ne comprenne qu'une simple chose. 

Je sais que notre petit jeu ne fait que commencer. Aussi, je serai mauvaise de gagner sur un trait aussi ... disgracieux. J'imagine que vous m'excuserez pour ce qui va suivre, pour peu que vous preniez compte de ma clémence.


Elle dévia son poing sur la paume de son nouvel "ami", et, secouant le pouce vers le bas, elle délia le carreau, faisant traverser l'acier à travers la chair de sa main avant de se planter dans la terre sèche du parc. Ce n'était qu'une égratignure après tout, en comparaison avec ce qu'il serait advenu si avait décidé de lui enfoncer dans le front. Mais, aussi mauvaise était Aemy, elle n'était pas du genre à prendre avantage de l'injustice. C'était elle qui aurait du mourir dans ce parc, mais il en était advenu autrement. Caressant une herbe du bout de ses doigts, elle laissa la verdeur remonter sur sa peau, avant de complètement la recouvrir du teint de la nature. A pas de feutre, elle sortit du cercle naturel formé par les buissons, avant de glisser un regard presque triste à son interlocuteur.

On fait tous ce qu'on a à faire, inspecteur. Et si vous ne pouvez comprendre qu'une parcelle de mes mots, alors vous garderez cette conversation entre nous. 


Et elle se glissa hors du parc, prenant la sortie nord, opposée à l'entrée Sud qu'on l'avait vu emprunter. Elle ne douta pas que ce jeu avec son chacal n'était pas encore terminé, tous deux se recroiseraient bien assez tôt, mais pour l'heure, il lui fallait s'en aller. Surtout que l'heure approchait où le vent des plateaux de Skingrad l'appelait, elle devait retourner auprès de sa maîtresse, son séjour ne s'était que rallongé. Une question lui trottait dans la tête, était-elle vraiment la folle que les citoyens s'éternisaient à craindre ? L'anomalie se pensait pourtant bien raisonnée, et sa lassitude décuplée envers le meurtre n'en faisait qu'état de fait. Mais, même sans sa folie, elle serait traquée, quoi qu'il arrive. Sans doute que laisser l'inspecteur en vie était une erreur, mais, sans défaut, une personne se ternit de perfection. Et la perfection est ennuyeuse. C'est aussi pour cela, que nous nous reverrons, inspecteur.


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Garrett Catesby
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Jeu 15 Fév - 19:16
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L’étudiant n’était pas allé bien loin malheureusement, à peine sur pied, se fut d’un carreau en travers du crâne qui le renvoya au tapis, tapis qui n’était autre que l’inspecteur. Se redressant tout juste, le corps sans vie lui tomba lourdement dessus, disposant déjà d’un équilibre précaire, il n’en fallut pas plus pour l’entraîner dans la chute. Lâchant son arme, sa tête cogna contre le sentier de terre battue, le cadavre sur lui. Il devait avouer que l’étudiant faisait son poids, n’aurait-il pas pu tomber sur le petit maigre de la promo ? Bien sûr que non. De la main gauche, il écarta brutalement la tête de celui-ci, ne tenant pas vraiment à ce que plus de sang lui coule sur la figure. Il pouvait déjà sentir le filet légèrement chaud couler contre sa joue, se faufiler dans les poils de sa barbe pour en se glisser dans son col.

Sa main droite, elle cherchait à tâtons son revolver, il ne pouvait pas être loin, il devait à portée, là quelque part. La meurtrière s’approcha lentement, il l’avait touché ! Enfin, érafler à la joue. Quelques centimètres de plus sur la droite et la balle aurait fait voler en éclat une partie de sa mâchoire, mais non… Il avait manqué de chance. Elle rechargea son arme, la pointant vers son front. Était-ce là fin ? Mourir ainsi sous un cadavre ? Il aurait aimé mourir l’arme au poing, mais pas comme ça, il ne pouvait pas l’accepter. Redoublant d’efforts, le bout de ses doigts toucha la crosse de l’arme, il aurait fallu ne serait qu’un demi-centimètre de plus pour qu’il puisse sans saisir.

Il pensait encore être capable de pouvoir retourner la situation, jusqu’à ce qu’un carreau vienne clouer littéralement sa main au sol. La douleur l’envahit dans tout le bras, il serra les dents, manquant de l’insulter sur plusieurs générations. Puis, lorsqu’il la vit frôler l’herbe du bout des doigts, lorsqu’il vit la couleur de sa peau prendre une teinte verte, la douleur sembla disparaître. Une anomalie, il avait hésité à tirer sur une anomalie… Voilà comment elle avait tué le milicien, tout devenait soudainement plus clair dans son esprit. Puis elle disparut comme porter par la vue, il n’était plus capable de distinguer la haie de la jeune femme. Bouillonnant comme l’eau sur le feu, il poussa le corps sur le côté, le laissant rouler sur le côté, non sans recevoir un nouveau filet de sang en travers du visage. Il tira sur le carreau, de toute sa force, mais celui-ci ne bouger pas, alors… Il n’eut pas d’autre choix que de tirer sur sa main pour la faire glisser le long de celui-ci, non sans grogner sous la douleur, avant d’enfin, finir par la libérer. Regardant le trou à travers sa main, il récupéra son revolver de l’autre. Il était bien moins bon tireur de la main gauche, mais qu’importait.

Il se redressa, non sans grimacer sous la douleur, puis le reste des miliciens arriva, enfin… Bien trop tard malheureusement, n’auraient-ils pas pu se pointer plus tôt ? Bien sûr que non. Il était évident qu’ils avaient croisé la jeune femme sans s’en rendre, mais comment les blâmer ? Tout comme lui, il était persuadé de poursuivre une folle, pas une anomalie, aucune disposition n’avait était prise… Il s’essuya le village, étalant le sang, lui donnant d’avantage un semblant de peinture de guerre qu’autre chose. Personne ne broncha, tous le regardèrent, regardant sa main blessée, mais personne n’osait poser l’ombre d’une question.

" Quadriller moi tout ce foutu parc, et autour ! On traque une anomalie ! "

Sans réfléchir, sans poser de questions, tous se mirent en mouvement, partant dans toutes les directions. Elle devait être déjà loin, il allait être impossible de la retrouver. Mais en tout cas, il n’avait pas mentir sur un point, à présent, il s’agissait bel et bien d’une traque.




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