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Chroniques d'Irydaë
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 [Terminé] Affaire sous silence,

Garrett Catesby
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Ven 20 Avr - 12:22
Irys : 529897
Profession : Inspecteur borderline
Daënar +1
Le regard de Garrett se portait sur la rue, observant les fiacres, les passants, tout. Un nouveau témoin, ça devait bien valoir le coup d’attendre et de laisser l’écart entre eux et le meurtrier se creuser, au fond de lui, Catesby espérait surtout qu’il ne s’agisse pas d’une blague, le genre de petit malin qui souhaite se rendre intéressant. Il suffisait de se présenter comme témoin de cette affaire pour être sûr d’avoir toute l’attention du monde, encore plus maintenant que celle-ci avait éclatée au grand jour. En vérité, il ne fallait pas oublier pourquoi Garrett avait choisi de revenir au poste, car même si ce nouveau témoin tombait à pic, il avait une tout autre idée derrière la tête. En attendant l’arrivée de ce nouvel invité, l’inspecteur se dirigea vers son bureau, ouvrant un tiroir avant d’en sortir un dossier, celui-ci contenait diverses choses, toute plus intéressantes les unes que les autres. Comme à son habitude, il resta silencieux, ne faisant aucunement part de sa petite idée, se contenant tout simplement de glisser quelques documents dans la poche intérieure de son manteau.

Au même moment, le témoin fit son entré, premier fait notable, il connaissait le journaliste, Garrett ne pouvait que constater que le monde était bien petit, et que tout l’monde semblait connaître la brunette. Visiblement, il devait bien être le seul type à la connaître uniquement par le biais de cette affaire. Bien habillée, une posture droite, pour une première impression Garrett aurait pu dire qu’il s’agissait d’un type honnête, ou du moins qui essayait de l’être. Il écoutant, notant les détails, le fiacre, la balle, le fait que Richard soit blessé, une brève description physique, beaucoup trop d’éléments que l’on ne pouvait pas inventer. Il s’agissait aussi d’une connaissance de Lauren, cela pourrait donc jouer en sa faveur, avec tous ces facteurs réunis, l’inspecteur n’avait pas d’autre choix que de le prendre au sérieux.

Donc il l’avait touché, une bonne nouvelle, cela voulait signifier que le temps de se soigner, et possiblement retirer la balle en fonction de la blessure, Garrett pourrait changer la donne et rattraper le temps perdu. Dans l’état actuel des choses, il était beaucoup trop dangereux pour Richard d’avoir recours à un hôpital ou à un médecin pour se faire soigner, les blessures par balle ont le don de soulever nombre de questions, sans dire qu’il y aurait forcément un rapport sur son cas, rajouter à cela le fait que Garrett ait prévenu les miliciens qu’il avait potentiellement touché sa cible, oui, beaucoup trop dangereux. Il devait donc avoir une deuxième cachette, ou du moins un endroit pour se soigner et avoir du matériel sous la main, désinfectant, aiguille, fil, n’importe quoi pouvait l’aidant dans sa situation. L’étau semblait donc se resserrer. La brunette quant à elle était beaucoup plus causante que l’inspecteur, allant même jusqu'à poser les questions à sa place, chose que l’inspecteur réprima d’un regard, même s’il y avait fort à parier que la journaliste s’en fiche tout bonnement. Garrett plongea son regard dans celui de l’homme se tenant devant lui.

" Peu importe le témoin, tant que vous pouvez m’affirmer sa fiabilité. Le pouvez-vous ? "

L’inspecteur fit quelques pas, se rapprochant une nouvelle fois de la fenêtre.

" S’il n’est pas venu par lui-même, c’est peut-être parce qu’il a peur. Peur de ne pas être pris au sérieux, ou peur que l’on s’intéresse plus à lui qu’au meurtrier, mendiant, petite gens, prostituées, gamin de rue, la liste est longue. "

La pensée de l’inspecteur allait même plus loin, si ce dénommé Phileas était venu jusqu’ici, c’est que lui-même avait confiance en sa source, donc sûrement une connaissance et pas juste un pauvre inconnu venu demander pitié. De plus, il n’avait pas caché sa propre identité, sans dire que la brunette le connaissait. Vu l’importance de l’enquête, il aurait fallu être fou pour rapporter des faits ici sans avoir la certitude de leur véracité, encore plus face à un Garrett passablement énervé et pas très enclin à être miséricordieux. Au moins, maintenant, ils avaient un lieu où chercher, l’inspecteur avait presque l’impression de toucher au but, la sensation de pouvoir clore ce chapitre pour de bon, mais il pouvait encore s’agir d’un faux espoir. En y réfléchissant, ce petit jeu ne s’arrêterait que lors de la mort d’un des deux camps. Il fallait être logique, Richard aurait eu tout le temps de quitter Alexandria s’il en avait prit l’envie, et pourtant, il était encore là, à jouer au chat et à la souris. Il restait pour une bonne raison, sans doute plus en lien avec la journaliste qu’avec les prostituées du coin. Alors qu’il s’apprêtait à partir, la réceptionniste poussa doucement la porte de son bureau après avoir toqué, son regard se posant sur l’homme, puis sur la brunette et enfin, sur l’inspecteur.

" Inspecteur, le commissaire souhaite vous voir, immédiatement. "

Comment celui-ci avait-il su pour le retour de Catesby ? Excellente question qu’il prendrait le temps d’étudier une fois tout cela fini. L’inspecteur fronça imperceptiblement les sourcils.

" Parfait, il attendra. Merci pour ses informations sur le suspect, vous pouvez remercier votre source, j’imagine que, Ren vous tiendra au courant des avancées de l’enquête, et de si nous avons résolu le problème, si cela vous intéresse bien entendu. "

Après tout, en tant que « témoin », pouvait-il avoir une certaine forme de réjouissance à savoir que ses informations avaient porté leurs fruits. Le saluant d’un hochement de tête, Garrett se dirigea vers la porte, s’assurant de manière discrète que la journaliste le suivait. Concernant la réceptionniste qui ne savait pas réellement quoi faire, il lui demanda tout simplement de retourner à son poste.

" Maintenant, direction la station. "




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Phileas Graf
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Sam 28 Avr - 12:15
Irys : 144973
Profession : Clerc de notaire
Daënar 0
Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’inspecteur et la journaliste présentaient un joli contraste.  Elle s’était immédiatement animée en entendant les nouvelles que Phileas apportait, prenant le représentant de l’ordre de vitesse, faisant fi du vouvoiement et des deux dernières syllabes de son prénom.  Lui, de son côté, réagissait avec un professionnalisme retenu et quelques phrases lui avaient permis d’en déduire long sur l’identité du témoin.  Il ne restait plus au clerc qu’à acquiescer pour confirmer que ce témoin était fiable (la peur panique qu’il avait vue sur les traits de Noisette ne pouvait pas être feinte).

Maintenant qu’il avait fait sa part, c’était au tour de Phileas d’observer les deux personnes lui faisant face.  Il pouvait presque voir les rouages tourner dans leur tête et trier et assimiler toutes les informations qu’il venait de leur donner.  Lui-même ne connaissait bien sûr qu’une partie de l’histoire, et il ne pouvait donc pas savoir à quel point ce qu’il venait de leur dire les aiderait (ou pas).

La réceptionniste fit une nouvelle apparition et…était-ce seulement une impression, ou y avait-il un lien entre son annonce et la décision de l’inspecteur Catesby de ne pas s’éterniser dans son bureau?  Bien sûr, il venait d’apprendre où le suspect avait été aperçu le plus récemment, donc c’était une réaction normale de vouloir se rendre sur place, mais tout de même…  Quoi qu’il en soit, tout portait à croire que le rôle de Phileas dans cette affaire était fini.  Il nota au passage que l’inspecteur et la journaliste devaient être plus proches qu’il ne l’avait soupçonné, s’il en était à abréger ainsi son prénom.  Lui-même ne s’était risqué à l’appeler "Lauren" qu’après qu’elle lui ait explicitement dit de le faire et n’imaginait pas raccourcir à une unique syllabe.

Les trois quittèrent donc le bureau où aucun d’eux n’avait plus de raison de se trouver, et Phileas salua les deux autres.  Il était soulagé de voir que Catesby semblait prendre l’affaire au sérieux et qu’il y avait de fortes chances que le meurtrier soit appréhendé, ou mis hors d’état de nuire de manière plus définitive.  Ayant fait sa part, le clerc s’attendait à rentrer chez lui et, avec un peu de chance, à entendre d’ici quelques jours si le duo improbable avait réussi à arrêter le tueur.  Mais aujourd’hui, ses attentes étaient vouées à être erronées.  

"Y t’ont écouté?"

Vu le ton de sa voix, Noisette n’y croyait qu’à moitié.  Etait-ce des capacités de persuasion de Phileas qu’il doutait, ou de la fiabilité des services d’ordre de la ville?  Enfin, peu importait pour le moment.  Un hochement de tête qui se voulait convaincant lui répondit.  

"Y sont où?"

Un garçon que Phileas ne connaissait que de vue avait rejoint Noisette et semblait aussi peu rassuré que son ami.  Peut-être son rôle dans cette affaire n’était-il pas aussi terminé qu’il le pensait.

"Ils viennent de partir en fiacre pour la station."

"L’type y est plus!  L’est chez l’toubib!"

Qu’on ne s’y trompe pas, cette dernière précision était une information utile et spécifique.  Il n’y avait pas tant de docteurs qu’un gamin de cette tranche de la société était susceptible de connaître, ou encore où on pouvait se présenter avec une blessure par balles et éviter les questions indiscrètes.  Réprimant une exclamation assez peu appropriée en présence d’enfants (qui avaient très certainement déjà entendu pire), il démarra en flèche vers le fiacre en train de quitter le poste de police.  Heureusement, celui-ci n’avait pas encore eu le temps de prendre beaucoup de vitesse, ce qui permit au jeune homme de sauter sur le marchepied sans plus de cérémonie.  Sans laisser à l’un des deux acolytes l’opportunité de commenter son excentricité, il lâcha sans préambule.

"Il a bougé."


Philéas écrit en #C6EDFA
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Lauren Hill
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Sam 28 Avr - 15:16
Irys : 884827
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
J’eu beaucoup de mal à comprendre la réaction de Catesby. Pourquoi ne semblait-il pas s’intéresser plus que cela à ce témoin ? Peu importe son origine, celui-ci avait vu quelque chose et peut-être en savait-il plus que ce qu’il avait dit à Philéas. Peut-être pas… Néanmoins, ma nature de journaliste me poussait toujours à aller au fond des choses. Je n’étais pas du genre à me contenter de peu et cette façon d’évincer l’essentiel me frustrait particulièrement.

Une fois de plus, les événements s'enchaînaient à toutes vitesses et à peine le pauvre clerc avait-il hoché la tête que nous voilà à l’extérieur du bureau de Catesby. Je saluais brièvement mon ami clerc avant de rejoindre l’inspecteur marchant rapidement devant moi. Je le rattrapais en trottinant, ses jambes étant bien plus longues que les miennes, lui assurant une longueur d’avance.

- C’est bien joli tout ça, lançai-je à Garrett en serrant les dents. Mais savez-vous au moins où aller ? Pourquoi ne pas demander à voir ce fameux témoin pour l’interroger ? Qui vous dit qu’il n’en sait pas plus que ce qu’il en a dit ?

J’étais nerveuse, épuisée, inquiète pour l’avenir de ma sœur et tout particulièrement pressée d’en finir. Richard était blessé, tant mieux, j’espérais très sincèrement qu’il se vide de son sang en une douloureuse agonie. Il le mériterait, après tout, voir même bien plus. Je regrettais même de ne pas être doté d’un de ces esprits malades et tordu pour imaginer un scénario particulièrement morbide dans le but d'abréger son abjecte existence.s Malheureusement pour moi et heureusement pour ce monstre, mon esprit à moi était logique, mais en rien malsain, et ce, malgré ma colère évidente. D’ailleurs tellement évidente que je bouillonnais de plus en plus…

-Et d’où vient cette familiarité à mon égard ? Suis-je si méprisable à vos yeux qu’il vous faut le prouver en utilisant ce surnom ridicule ?

Je n’avais rien contre ceci en réalité. À dire vrai, je m’en fichais complètement. J’utilisais tant de noms pour mon travail que j’en avais oublié la moitié. Celui-ci n’avait rien de particulier, même s’il s’agissait du seul ayant une histoire et que quelques connaissances utilisaient… Wis en usait, en abusait même depuis tellement longtemps qu’il paraissait peu naturel de l’entendre utiliser mon prénom en son entier. Mais voilà, j’étais énervée, bien trop pour me contenir… De ce fait, j’étais en train de m’en prendre à la seule personne se trouvant devant moi, de la façon la plus ridicule qui soit… Je m’en rendais bien compte, au point même de me mépriser moi-même. C’était bien trop pour moi, trop personnel à présent… Pourtant, il était hors de question de renoncer, il fallait en finir. Et pour cela, je devais de reprendre, simplement parce que dans un état aussi lamentable, j’étais totalement inutile.

- Pardon, soupirai-je en passant une main devant mon visage chargé de honte. Je n’aurai pas dû, je me fiche bien du nom que vous utilisez pour m’appeler… Il est juste temps d’en finir...

Je hélais un nouveau fiacre, me plaçant presque devant pour être sûr qu’il s’arrête devant moi tant soutenir le regard de Catesby devenait compliqué. Évidemment, me retrouver à nouveau enfermée avec lui, dans l’une de ces cabines minuscules après avoir titillé un homme aussi caractériel ne m’enchantait guère… Toutefois, nous n’avions pas réellement le choix… Enfin, il pouvait toujours me faire sortir à coup de pied au derrière si l’envie en prenait… En comparant sa carrure et la mienne, cela ne lui demanderait guère d’effort. Sans un regard, je montais dans la cabine avant lui qui ne tarda pas à me rejoindre. Le cochet reçu ses directives avant de lancer son fouet pour “encourager” le cheval noir qui attendait. Lentement, la voiture s'élança et n’eut pas le temps d’accélérer que le visage de Philéas apparut à la porte.

-Arrêtez ! criai-je au cochet avant d’ouvrir la porte pour le laisser entrer. Où?



Lauren s'exprime en #99ccff


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Garrett Catesby
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Dim 29 Avr - 15:45
Irys : 529897
Profession : Inspecteur borderline
Daënar +1
Pourquoi prendre le temps de faire venir ce témoin ? Pour perdre encore du temps à l’interroger ? Risquer de voir débarquer le commissaire en chef dans la salle d’interrogatoire pour jouer son rôle d’incapable ? Et tout ça en imaginant bien entendu que ce dit témoin accepte de se présenter sans attendre. Non, ils allaient juste perdre encore plus de temps, et malheureusement, jusqu’à maintenant, ils n’avaient encore jamais eu l’occasion de le rattraper ce retard, et l’inspecteur ne comptait pas mettre en péril ce rattrapage en allant courir après un témoin froussard. La réaction de la brunette le fit cependant tiquer, et pas vraiment dans le bon sens du terme. Il comprenait qu’elle était sous pression, il savait que la journée n’avait rien de facile, et que peu importe comment celle-ci finirait, les choses n’iraient pas forcément mieux pour sa sœur jumelle. Mais même en comprenant cela, il y avait tout de même certaine limite à ne pas dépasser. « Ren’ » était tout simplement une façon de répondre au fait qu’il arrivait à la journaliste de s’adresser à l’inspecteur par son prénom, chose que peu de personne se permettait de faire, rien de plus. Il aurait pu ne rien dire, ne pas relever ses paroles, mais c’était mal le connaître, encore plus maintenant.

" Si vous étiez méprisable à ce point, il y aurait longtemps que je vous aurez fait mettre dehors en m’assurant que vous ne puissiez pas entraver cette enquête en faisant votre petite croisade de votre côté. "

La chose fut dite sans hésitation, si elle était encore là à pouvoir l’aider dans cette enquête, c’est bien parce qu’il la considérait avec plus de respect qu’une simple journaliste, et que depuis le début, elle avait dû en baver autant que lui, il lui arrivait même de lui trouver un côté sympathique avec un répondant tout aussi efficace que le siens. S’il se permettait d’user de ce surnom, c’était bel et bien parce qu’il avait de l’estime pour elle, contrairement à ce qu’elle pouvait croire sous l’effet de la colère. L’inspecteur ne fit cependant aucune mention concernant les excuses qu’elle venait tout juste de lui faire, préférant rester silencieux, elle l’avait presque piqué au vif avec sa remarque, chose qu’il n’aimait pas vraiment.

Tout rentrerait dans l’ordre une fois cette maudite affaire close, enfin, il l’espérait, sinon il lui faudrait trouver un nouveau travail. Dans le pire des cas, il pouvait toujours essayer de devenir détective à son compte, mais… Ce n’était pas la même chose, Garrett n’avait pas besoin de toute la liberté qu’offrait le fait d’être son propre patron. Non, lui avait besoin d’un cadre, un cadre strict, avec des objectifs précis. Il avait besoin de personne pour le cadrer, s’assurant de tirer sur la laisse au bon moment pour éviter qu’il commette l’irréparable. Être un simple électron libre dans la masse n’aurait pas été une bonne chose pour lui, dans ce rôle d’inspecteur, il pouvait se concentrer sur ses affaires, omettre les choses les plus dérangeantes les laissant aux scribouillards.

Toujours silencieux, Casteby grimpa dans le fiacre, était-ce bien la première fois qu’il en prenait autant dans une journée, heureusement que toutes ses enquêtes n’étaient pas comme celle-ci. Lauren était elle aussi silencieuse, quoi de plus normal, après tout, il avait eu la bonne idée de jeter un froid, et de ne pas vraiment faire d’effort pour se montrer particulièrement causant. Le fiacre s’élança doucement, aussi doucement que le soupir qui s’échappa de la bouche de Garrett. Autant dire que Catesby fut assez surpris de voir le visage du clerc au niveau de la porte, encore plus surpris de sa déclaration. Que voulez t-il dire par bouger ? Pas le temps pour les bonnes manières, le coché n’avait aucunement entendu la jeune femme, le fiacre prenait donc ne plus en plus de vitesse et ce n’était sûrement le bon moment pour chuter et se fracasser la route pavée. La journaliste ouvrit alors la porte du fiacre, et Garrett en profita pour attraper le clerc par la chemise et le tirer à bord du véhicule avant qu’il ne finisse par tomber, c’est au même moment que le cocher sembla se rendre de compte de la situation, tirant brusquement sur les rennes, envoyant alors tout le monde contre la paroi de la cabine dans le freinage. Un juron failli sortir de la bouche de l’inspecteur, mais il se retenu, se redressant tant bien que mal sur sa banquette avant de reprendre à son tour.

" Où ça ?! "




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Phileas Graf
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Mar 1 Mai - 13:13
Irys : 144973
Profession : Clerc de notaire
Daënar 0
Même s’il avait un assez bon équilibre, Phileas n’en menait pas forcément très large quand le fiacre, loin de ralentir, se mit à prendre de la vitesse.  Entre les cahots de la route, la précarité de sa position et le fait qu’il avait franchement autre chose en tête, la prise qu’il avait sur la portière du véhicule n’était pas très solide.  Il ne se formalisa donc pas quand l’inspecteur le tira sans ménagement à l’intérieur du fiacre, bien content de ne plus devoir consacrer une partie non-négligeable de sa concentration à son équilibre.  Il fut d’ailleurs ravi de l’action de l’inspecteur quand le brusque arrêt envoya valser tous les occupants du fiacre.  S’il avait toujours été à l’extérieur, il aurait été envoyé à terre à coup sûr.

"14, Rue Wilfrid Hoffenstein."

Il avait pris la liberté de s’adresser plus au cocher qu’aux deux occupants de la cabine, histoire de gagner du temps.  Une fois le changement de destination effectué, il se tourna vers ses deux interlocuteurs, qui attendaient probablement une explication un peu plus détaillée qu’une adresse inconnue dans le premier quartier.

"Il n’est pas à cette adresse, mais c’est assez proche.  Le tueur s’est rendu chez un médecin, arriver en fiacre dans ce coin-là ne ferait qu’attirer l’attention, vu que…eh bien, peu de personnes peuvent se permettre de payer un fiacre dans le coin où nous allons.  Il est bien renseigné, il sait que ce docteur-là ne posera pas de questions à propos des circonstances dans lesquelles il a été blessé."

Voilà qui présentait le pauvre homme de sciences sous un bien piètre jour, alors qu’il n’avait rien fait pour mériter cela.  Au contraire: alors qu’il gagnait de quoi vivre confortablement, il n’hésitait pas à passer plusieurs jours par semaine dans les endroits moins reluisants de la ville pour soigner ceux qui n’auraient sinon aucun accès à des soins décents.  Aussi, afin d’éviter que le médecin ne souffre des conséquences d’avoir traité un patient pareil, Phileas se hâta d’apporter plus de précisions.

"Le doc est en quelque sorte le bon samaritain du quartier.  Il sait que dans certaines couches de la population il y a des situations…difficiles, et des personnes qui hésiteraient à se faire soigner s’il était trop regardant par rapport à leurs blessures.  Du coup, il ne pose pas de questions à ceux qui ne parlent pas spontanément.  À vos yeux ça fait peut-être de lui un complice, mais son seul mobile est de s’assurer que ses patients puissent recevoir le traitement qu’il leur faut, sans avoir peur de représailles ou de persécutions."

À ses yeux, une vie était une vie et méritait d’être protégée.  Le clerc trouvait une telle vision des choses tout à fait louable, surtout étant donné qu’il y avait plus souvent des victimes que des coupables parmi les patients du doc.  Ou tout simplement des personnes démunies qui n’étaient pas forcément l’un ou l’autre.  Pourvu qu’il parvienne à convaincre les deux autres.  Il s’en voudrait d’attirer des ennuis au médecin.  Enfin, il le verrait bien assez tôt, car déjà le fiacre s’arrêtait en face de l’adresse indiquée.  Entré le dernier, il descendit le premier…et ne mit pas longtemps à repérer une tignasse brune qui descendait de l’arrière du véhicule.

"Noisette, qu’est-ce que tu fiches ici?"

Il aurait bien voulu ajouter "C’est dangereux", mais nul doute que le gamin en était conscient.  Celui-ci avait d’ailleurs une excellente raison de s’être embarqué pour un voyage sans nul doute inconfortable.

"L’Corbeau y va cafter. Faut bien qu’quelqu’un aille l’prévenir."

Il marquait un point: si un guetteur alertait le meurtrier, il s’enfuirait, et tout serait à refaire.  Tant que Noisette se tenait à l’écart du gros de l’action, il ne courait pas encore trop de risques, mais tout de même…

"Sois prudent, d’accord?"

Il hocha la tête, preuve qu’il avait une bonne dose de plomb dans la cervelle pour un garçon de son âge.  Plus qu’à espérer que ce plomb resterait purement métaphorique.

"T’fais pas tuer."

"Je sais prendre soin de moi, va."


Il lui ébouriffa encore plus les cheveux et lui adressa un sourire qui se voulait rassurant.  Le gamin ne demanda pas son reste et s’enfuit en triple vitesse, sans doute tout aussi désireux de mener à bien sa mission que de s’éloigner du trop connu inspecteur qui accompagnait son ami (ou plutôt: que son ami accompagnait).  Phileas pêchait-il par excès de confiance en lui en étant si confiant au sujet du tort que le meurtrier pouvait lui faire?  Pas forcément.  On parlait tout de même d’un homme dont les seules victimes étaient sans doute physiquement affaiblies par un style de vie pas franchement sain.  Un homme qui avait toujours eu recours à la ruse pour frapper.  Un face-à-face direct avec une personne à même de se défendre serait autre chose.  Le clerc se tourna vers Catesby et Lauren pour leur donner une idée du trajet.

"C’est dans une rue parallèle, cinq minutes à pied tout au plus.  Ne vous étonnez pas si vous attirez les regards, vous ne correspondez pas vraiment au profil-type des personnes dans ce coin-là."


Philéas écrit en #C6EDFA
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Lauren Hill
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Mar 1 Mai - 15:22
Irys : 884827
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
Je me redressais péniblement dans cette espace exiguë que composait la cabine de ce maudit fiacre, conduit visiblement par le cocher le plus pataud d’Alexandria. Je m’étais légèrement cogné la tête, pas de quoi fouetter un chat, mais assez douloureux pour me pousser à porter la main à la tempe. Vu les bleus qui parsemaient mon visage, une ecchymose de plus ou de moins n’allait pas changer grand-chose à ma mauvaise mine, légèrement violacée actuelle, mais tout de même…

Je repris donc ma place, face à l’inspecteur tout en observant le jeune notaire formuler quelques explications fort intéressantes. Je ne pus retenir un sourire purement sardonique en imaginant la blessure de Richard. Bien joué, Garrett, pensai-je en continuant de masser mon crâne.

Bref, outre le fait que le meurtrier souffrait bien gentiment, il fallait surtout y voir une ouverture pour le prendre enfin au piège. Loin de pouvoir bouger pendant que le médecin des pauvres s’occuper d’extraire la balle et panser ses vilaines blessures, Richard se trouvait donc en mauvaise position… Celle de la proie coincée, sans défense aucune, dans son piège. Se croyait-il hors de danger pour autant ? Certainement pas. Le journaliste nous avait prouvé à maintes et regrettable reprise qu’il pensait à tout. Sa seule erreur étant cet épisode dans les locaux de “La Tribune” et sans cette erreur, Richard serait déjà loin et en bonne santé… Et Gale ne serait pas plongée en plein cauchemar éveillé.

Je m’enfermais donc dans le silence, la mine fermée et le cerveau fonctionnant à plein régime. J’essayais de me remémorer quelques détails le concernant… Me demandant également s’il allait laisser ce bon samaritain en vie après que celui-ci l’eût soigné. Je l’espérais pour ce pauvre médecin qui, selon les dires de Philéas, ne devait pas savoir qu’il tenait, au bout de ses pinces chirurgicales, un meurtrier particulièrement odieux. Évidemment, je n’avais pas plus d’information, rien qui ne pourrait me revenir en mémoire, tout du moins… Néanmoins, mis à part ruminer dans mon coin, je n’avais rien de mieux à faire durant le trajet et je n’avais nullement envie de parler dans l’immédiat.

Une fois le véhicule immobilisé, je suivis le clerc à l’extérieur. Celui-ci discutait avec un gamin des rues… L’informateur, supposai-je. Comprenant également les raisons pour lesquelles le garçon ne s’était pas présenté de lui-même… Ni plus tôt. Il était bien dommage de constater que les enfants et leurs paroles n’avaient aucune consistance aux yeux des adultes. Lors de son entrevue, un peu plus tôt, Phil avait évoqué le nom de la première victime… Si l’enfant s’était présenté à ce moment-là, juste après ce premier meurtre, ou s’il en avait parlé à un adulte, est-ce que les choses auraient tourné ainsi ?

Je soupirais, le regard éteint, tout en observant l’enfant s’éloigner dans un de ces quartiers oubliés. Situé loin en dessous le reste de la cité alexandar, les bas-quartiers baignaient constamment dans une sorte de brume malodorante qui ne laissait guère passer les rayons de l’astre. C’est qu’on les oublie vite ces rues obscurcies et sa peuplade soumise à un danger presque constant, le tout soigneusement dissimulé aux yeux des êtres aisés en haut de leur tour dorée.

Le clerc nous avertit ensuite que nos tenues proprettes ne passeraient certainement pas inaperçues. J’en avais parfaitement conscience. Même en ne m’habillant que de la façon la plus sobre possible, je paraissais toujours pour une de ces bourgeoises de la surface reluisante de la pièce en comparaison. Mes vêtements, même modeste pour les gens de classe à laquelle j’étais censée appartenir, restaient propre, vierge de toute usure… Tandis que les tenues des habitants des lieux devaient avoir connu des jours meilleurs, il y a bien des années de cela.

- Ne t’en fais pas, nous commençons par en avoir l’habitude, dis-je sans aucune conviction. On te suit.

Comme Philéas ne nous l’avait fait remarqué, les visages se tournaient sur notre passage, nous portant quelques regards tantôt curieux, tantôt méfiant, se demandant probablement ce que “des riches” pouvaient faire en pareils lieus. Je ne m’en offusquais pas, me contentant de regarder droit devant moi. Nous étions sur leur territoire après tout, à nous donc de faire profil bas. Et comme le clerc nous l’avait annoncé, nous ne tardâmes pas à arriver devant une bâtisse en tout point semblable à ses voisines… Dans les sens vétustes voir totalement insalubres.

Néanmoins, nous n’étions pas seuls devant la porte du “cabinet”. Hommes et femmes attendaient leur tour directement assis à même le sol boueux. L’une d’elle tenait dans ses bras un nourrisson au teint peu encourageant quant à son avenir… Je jetais un regard en coin vers Catesby, tout en sachant pertinemment quel comportement l’homme allait adopter. Nous n’avions guère de temps devant nous, attendre plus encore ne ferait que permettre à Richard de fuir une nouvelle fois.

-Phil… Surtout, quoi qu’il arrive, ne t’approche pas trop près de Richard, il aime jouer avec les aiguilles et leur effet n’est pas des plus agréable.

J’observais l’assistance qui commençait a nous lancer quelques regards mauvais. Ils attendaient peut-être depuis longtemps et tous étaient malades ou blessés… Ceux-ci devaient craindre que nous étions là pour le médecin… Nos intentions se lisant clairement dans notre façon de nous tenir. S’il y a une chose à noter sur ces gens-là, c’est bien que leur sens de l’observation est souvent particulièrement aiguisé.

Je tournais donc vers l’inspecteur afin de lui faire part de mes inquiétudes.

-Je ne pense pas que passer par la porte de devant soit une bonne idée. Ils risquent de se montrer agressifs s’ils pensent que nous sommes là pour arrêter la seule personne capable de leur venir en aide, murmurai-je. Peut-être qu’un seul d’entre nous devrait attendre ici, tandis que les autres passent par une autre entrée. Ce sont des innocents, inutile donc de leur faire prendre un risque que l’on pourrait aisément leur éviter.



Lauren s'exprime en #99ccff


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Garrett Catesby
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Jeu 3 Mai - 11:47
Irys : 529897
Profession : Inspecteur borderline
Daënar +1
S’il avait été seul, Catesby serait sans nul doute descendu pour vérifier l’état des conduits auditifs du cocher, être aussi « lent » à réagir, c’était inconcevable, était-ce peut-être le temps que l’information passe de ses oreilles à son cerveau, et ensuite qu’à son tour celui-ci traduise l’information avant de l'exécuter. Ils avaient été secoués, mais rien de bien méchant, c’était bien mieux que de chuter à l'extérieur du véhicule.

C’est d’une oreille attentive que l’inspecteur écouta les explications du jeune clerc concernant la position de Richard. Visiblement, la fin semblait proche, acculé comme une bête blessée, Richard voyait son temps d’avance sur l’inspecteur et la journaliste disparaître comme neige au soleil. Au fond de lui, Garrett espérait que le dit médecin samaritain prenne tout son temps pour bien le soigner et recoudre minutieusement la plaie. L’inspecteur aurait été bien trop heureux de pouvoir le trouer une nouvelle fois au même endroit, d’ailleurs, en y repensant, dans toutes ces vagues de nouvelles, il n’avait pas pris le temps de recharger son arme en passant au poste, il fallait donc faire bon usage des derniers coups restant.

L’histoire sur le doc’ ne l’ému pas plus que cela, il connaissait ce genre d’activité et n’avait rien contre. Lui le premier, il savait très bien que certains n’étaient pas à la portée du premier venu et qu’il fallait être capable d'aligner plusieurs Irys ne serait-ce que pour avoir un rendez-vous. Son activité de proposer des soins à des personnes dans le besoin et sans les moyens nécessaires était tout à fait honorable, mais… Le risque était que l’on pouvait soigner n’importe qui pouvant alors être considéré comme complice. Garrett ne comptait aucunement attirer d’ennui au médecin, et puis de quoi pourrait-il l’accuser ? De soigner des gens sans demander leur identité ? Foutaises.

Puis enfin, le fiacre s’arrêta, sans freiner brusquement d’ailleurs. Une fois dehors, quelle ne fut pas la surprise de l’inspecteur de voir un gamin descendre de l’arrière du fiacre, avait-il sans doute profiter du freinage d’urgence pour grimper sans se faire remarquer. Garrett pensa qu’il devait s’agir de ce « témoin », et comprenait alors que son intuition avait vu juste. Un petit gamin des rues, c’était malheureux à dire, mais personne n’écoutait cette marmaille, et quoi de plus normal ? Combien de ces petites têtes blondes étaient déjà venu raconter des inepties à des miliciens, ne serait-ce que pour se rendre intéressant et profiter de la chaleur d’un poste ou d’un peu de nourriture. À force de se faire avoir, et bien les miliciens préférait ne pas considérer leur dire, se concentrant sur les propos des adultes, car aux yeux de la société, il était bien connu que la parole d’un adulte avait plus d’influence que celle d’un enfant. L’inspecteur ne pouvait donc pas en vouloir en gamin d’être passé par le clerc pour rapporter ce qu’il avait vu, aurait-il eu l’audace de se présenter lui-même au poste, il aurait été gentiment reconduit dehors.

Catesby préféra ne pas agir, et pourtant, quelques pas auraient été suffisant pour se poster devant le gamin et lui parler de vive voix, mais c’était inutile. L’inspecteur accompagné de la journaliste, suivirent donc le clerc dans le long de la rue, et effectivement, autant dire qu’ils attiraient les regards. Autant dire que la chose ne dérangeait aucunement Garrett, il était inspecteur, se faire regarder de travers faisait partie du métier, ou du moins, il fallait s’y faire. À force de se faire avoir, et bien les miliciens préférait ne pas considérer leur dire, se concentrant sur les propos des adultes, car aux yeux de la société il était bien connu que la parole d’un adulte avait plus d’influence que celle d’un enfant. Il repensait sans le vouloir au quartier où vivait William Hill, la route pavée, les splendides demeures, les domestiques, et ici, où certains dormaient sur du carton à l’angle d’un ruelle, portant des vêtements du siècle dernier rafistoler au possible. Une injustice de plus dans ce monde, une injustice que Garrett ne pouvait pas ne résoudre, du moins pas à sa façon, ni à son échelle de simple inspecteur.

Le bâtiment devant lequel ils se stoppèrent ne semblait pas vraiment récent, il était à l’image de ce coin de la ville. Le regard de l’inspecteur se porta sur les « patients », attendant à même le sol, il était difficile d’imaginer une possible salle d’attente ici-bas. Il se racla la gorge, espérant que la situation ne dérape pas, car ce n’était vraiment pas le moment.

" C’est ce que j’me disais. "

Commença-t-il à dire, mais… Et bien, peut-être n’était-il pas assez réveillé pour prendre une vraie décision, mais dans tous les cas, il y avait un risque. Qui de Phileas ou de Lauren devait rester devant la porte ? Aucun d’eux n’étaient armé, ni même apte à se défendre physiquement, enfin, c’est ce qu’il se disait. Il suffisait d’un mauvais geste, un regard douteux, un haussement de voix pour qu’on les considère comme une menace. Garrett se recula donc, suffisamment pour mieux voir l’ensemble du bâtiment. Entrer de force semblait en effet être une mauvaise idée, tout comme laisser quelqu’un faire le tour par-derrière. Comme par réflexe, l’inspecteur porta la main sur son arme lorsque la porte sembla s’ouvrir, près à agir. Il s’attendait presque à voir Richard pointer le bout de son nez dans l’encadrement de la porte, mais non. Il s’agissait d’une jeune femme, tenant elle aussi sa progéniture dans les bras, il ne fallut pas longtemps pour que quelqu’un se lève et bouscule les autres pour entrer le premier dans le bâtiment. Regardant autour de lui, l’inspecteur aperçu une échelle sur le côté du bâtiment, s’arrêtant au premier étage. Cet accès lui permettrait d’entrer dans le bâtiment sans s’attirer les foudres de la populace attendant devant la porte.

" Ça ne tiendrait qu’à moi, je serais rentré de force, mais là… "

C’était dans ce genre de moment qu’il aimait travailler seul, là, il s’inquiétait surtout de garder ses deux accompagnateurs en sécurité, ce qui vu la situation pouvaient être difficile.

" Je vais passer par le côté du bâtiment, vous deux, restez ici, gardez vous distance avec ces gens sans jouer au héros, ce n’est pas votre rôle. "

Il espérait que la demande était claire, puis il se dirigea vers le côté du bâtiment, tout en essayant de ne pas attirer trop l’attention des patients, puis il gravit les échelons un à un avant d’arrière sur une petite plateforme en ferraille juste devant une fenêtre. La pièce de l’autre côté de celle-ci semblait vide de toute vie, avant de casser la vitre, il essayé d’ouvrir la fenêtre en la levant tout simplement, par chance celle-ci n’était pas verrouillé, il put donc pénétrer au premier étage sans bruit.




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Phileas Graf
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Dim 6 Mai - 22:12
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Profession : Clerc de notaire
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Comme prévu, de nombreux regards tantôt curieux, tantôt envieux, tantôt soupçonneux les suivirent tout le long du court trajet jusqu’à la porte du médecin.  Même Phileas, qui s’était pourtant déjà rendu à cet endroit, sortait du lot dans ce quartier, avec ses vêtements certes usés mais tout de même soignés.  Et pourtant, cette disparité qui sautait aux yeux n’était pas le principal tracas lui agitant l’esprit en ce moment.  Si le tueur s’en prenait au doc…  Il pouvait seulement espérer qu’il ne tombe pas sur Noisette par accident, ou sur l’autre gamin qui devait apparemment se trouver dans les environs.

Ils arrivèrent assez rapidement à leur destination, bien que toujours pas assez rapidement au goût du clerc.  Comme toujours, une petite foule était amassée devant la porte dans l’espoir de voir un miracle avant la fin de la journée.  Faire une entrée discrète serait difficile dans ces conditions, et l’échange entre la journaliste et l’inspecteur fit rapidement écho à cette pensée de Phileas.  Ils semblaient heureusement d’accord sur la nécessité d’éviter les dommages collatéraux.  L’inspecteur partit donc, laissant là les deux civils qui faisaient tache dans le paysage.  Ne pas jouer les héros, d’accord…jusqu’à un certain point.  Si le tueur tentait de sortir par ce côté, il en ferait les frais.  Restait le commentaire que Lauren avait fait un peu plus tôt à clarifier, maintenant qu’ils étaient de toute façon sur la touche jusqu’à nouvel ordre.

"Que voulez-vous dire par ‘jouer avec les aiguilles’?  Le tueur drogue ses victimes?"

Meurtrier, sadique et lâche par-dessus le marché.  Cet homme en méritait-il seulement encore le nom?  Pourtant d’un naturel placide, le clerc en venait presque à espérer que le tueur essayerait de s’esquiver en passant devant eux pour avoir la satisfaction de lui casser le nez.  Et pour parvenir à donner de telles idées au jeune homme, il fallait avoir sacrément dépassé les bornes, continuer à pleine vitesse sur quelques miles et renverser la vieille dame qui traversait la rue.  Quoique, même là la première réaction de Phileas serait probablement de s’assurer que la vieille dame allait bien et après seulement de casser le nez au chauffard.  Tout ça pour dire qu’il fulminait comme rarement et que ça sentait mauvais pour Richard.  

"Pst, l’Trappeur!"

Tiens, l’absence de l’inspecteur rendait les gamins plus téméraires.  À une fenêtre environ cinquante centimètres au dessus de la tête de Phileas, une tête venait d’apparaître, et bientôt toute la moitié supérieure du corps suivit en équilibre précaire.  Avec une tignasse de jais pareille, pas étonnant qu’il ait hérité du surnom Corbeau.  Le clerc n’avait jamais connu l’âge exact du garçon, mais il lui donnait douze ou treize ans, en tout cas un peu plus que Noisette.  Ce dernier était d’ailleurs probablement présent aussi, mais trop en retrait pour être visible pour le moment.

"Vrai ou pas, qu’y vont régler son compte au gars qu’a tué la Marianne?"


Forcément, il avait dû être mis au courant pour éviter qu’il signale la descente de police et cause un vent de panique dans le coin.  Le sort en était jeté: les nouvelles circulaient vite au sein de ce monde, journalistes our pas journalistes.

"Si tout se déroule bien, oui."

Un large sourire lui répondit, accompagné d’un soupir de soulagement.  Sans doute le garçon connaissait-il quelqu’un susceptible de finir elle aussi sur la liste des victimes.  Il porta ensuite son attention sur Lauren, l’air dubitatif.

"C’qui, elle?"

Il y avait plus délicat comme manière d’engager les présentations.  Mais pouvait-il en vouloir au garçon?  Les règles de bienséance étaient quelque chose qui appartenait à un monde aussi proche géographiquement du sien qu’il en était lointain dans les faits.

"On évite de parler des gens présents comme s’ils n’étaient pas là."

Le Corbeau fronça les sourcils un moment, puis comprit où Phileas voulait en venir.

"T’es qui, toi?"

Bon, l’amélioration était seulement minime, mais elle devrait suffire.


Philéas écrit en #C6EDFA
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Lauren Hill
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Mar 8 Mai - 21:17
Irys : 884827
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
Évidemment, la réponse de Garrett ne se fit pas attendre et fut, comme prévu, sans appel. Il nous exhortait de rester là, tous les deux, planter comme deux imbéciles devant la bâtisse en attendant que quelque chose ne se produise… Et bien sûr sans intervenir. Manquerait plus que l’un de nous ne décide de jouer au “héro”. Esprit protecteur ou manque de confiance ? Sur l’instant, j’hésitais clairement entre les deux. Je soupirais, une fois encore, avant de me retourner vers le clerc.

-C’est cela,lui répondis-je tout en observant du coin de l’œil, l’inspecteur disparaître. Il utilise une plante, dont j’ai évidemment oublié le nom. Ses effets sont nombreux, ils paralysent la victime, provoquent des hallucinations… En somme, ses pauvres femmes étaient en vie lorsqu’il a joué au boucher. Mais elles ne pouvaient ni hurler, ni bouger... Ressentant absolument toute douleur tout en imaginant divers monstres ou autres créatures effrayantes… Elles ont vécu l’enfer, Phil. Cet homme est un monstre.

Je m’étais bien gardé de formuler toutes ses informations à voix haute. L’affaire, même placée sous silence faisait grand bruit, en particulier dans les sombres ruelles du plan des versos. Ici, les gens avaient beau être oublié par le restant de la cité, eux n’oubliaient jamais rien… Et certainement pas ce genre d’histoire sordide qui résonnait parfaitement avec la morbidité des lieux. Toutefois, je tenais à faire comprendre à l’homme que je considérais comme un ami, que Richard Reynaud n’était pas un enfant de chœur. Lâche, sans nul doute, mais certainement pas sans défense. J’en profitais également pour évoquer ma sœur, son état… Il connaissait Gale, comme l’ensemble de famille. Mon père faisait confiance à l’odieux employeur de Philéas depuis bien des années maintenant, mais pas moi. Je préférais nettement passer par mon ami qui avait d’ailleurs toute ma confiance. Le prévenir était en soi un moyen bien sommaire de le mettre en garde et surtout de le préserver.

Notre conversation fut interrompue par l’un de ces gamins des rues. Après s’être assuré de l’absence du représentant de l’ordre, celui-ci était apparut discrètement à une fenêtre. Je suivais distraitement la conversation tout en observant la porte… Je n’aimais pas savoir Garrett seul là-dedans… Après tout, Richard avait déjà réussi à le mettre hors course tandis qu’il était armé… J’étais donc plus ou moins inquiète pour cet idiot d’inspecteur borné.

Bref, le gamin attira mon attention, me demandant d’une façon bien… naturelle, sans aucune teinte de politesse forcée qui je pouvais bien être. Évidemment, je n’avais rien d’une milicienne et ne ressemblait aucunement à la population locale, ma présence ici pouvait donc paraître plus que surprenante.

-Une journaliste aussi curieuse et soucieuse que toi de voir cette histoire se terminer. J’aide l’inspecteur… Et toi ? T’es qui ?

Le gosse n’eut pas le temps de me répondre. La porte s’ouvrit avec fracas, arrachant quelques cris de surprise aux patients. Les hommes se tenaient sur leur garde, je crut même apercevoir des lames brillantes dans quelques mains… Richard bondit à l’extérieur, presser de fuir le prédateur à sa suite sans se préoccuper de bousculer qui que ce soit… Oh bien sûr, j’avais bien en tête la demande de Garrett, si simple, si logique… Et au fond de moi, je voulais l’écouter, si , si , je vous le jure… Néanmoins, poussée par quelque chose... appelez cela réflexe stupide ou instinct déraillé, que sais-je, mais je me plaçais devant lui afin de lui barrer la route, simplement pour le ralentir, même quelques secondes… Mais un simple mouvement du bras, un revers, envoyé sans grande force, suffit à me faire trébucher, m’envoyant contre le mur sur lequel je me retint in extremis.

Je tournais le dos à la scène se déroulant derrière moi, me concentrant sur l’état de ma tête qui commençait à tourner étrangement. Je ne m’étais pourtant pas cognée, Richard m’avait à peine touché, alors pourquoi ma vue me parut bien plus troublée ? Je clignais des yeux plusieurs fois, forçant chaque fois un peu plus comme si cela allait me permettre d’y voir plus clair… Mais rien ne changea, au contraire… Les formes se déformaient peu à peu, devenant plus sombres, plus agressives aussi… Je tanguais tout en m’appuyant contre le mur, ce n’était pas le moment de perdre du temps, pas à cause de ma propre bêtise… Un léger élancement se fit sentir, à la base de mon cou où je portais maladroitement une main tremblante pour en tirer une aiguille, fine, minuscule, trop pour contenir une dose complète du poison sournois qu’il affectionnait tant… Tant mieux, les effets ne pouvait être que minimes en comparaison de ceux provoqué par la dose habituelle… Pour preuve, je tenais debout… Me restais donc qu’à subir les effets jusqu’à ce que le produit ne se résorbe, en attendant, je ferais tout pour ne pas éveiller l’inquiétude de Catesby, il y avait plus urgent.



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Garrett Catesby
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Mer 9 Mai - 21:24
Irys : 529897
Profession : Inspecteur borderline
Daënar +1
L’endroit était étrangement silencieux, un silence quasi-religieux, même ses bruits de pas sur le parquet de la pièce semblait étouffé par ce silence. Garrett savait qu’il se rapprochait de sa cible, il savait que cette histoire allait bientôt se terminer, et plutôt mal pour une certaine personne. Il porta naturellement sa main sur son arme, la sortant de son holster, il savait qu’il allait devoir s’en servir, plus qu’une simple nécessité, il en avait envie, l’envie d’en finir, l’envie d’envoyer ce salopard dans l’autre monde, presque légèrement déçu de lui offrir une mort rapide après tout ce qu’il avait fait subir.

Le premier étage semblait désert, pas un seul meuble, rien, l’inspecteur avait presque l’impression d’être la première personne à y mettre les pieds, il laissait même la trace de ses semelles dans la fine couche de poussière présente de partout. Il ouvrit lentement une porte donnant sur un escalier descendant vers le rez-de-chaussée. Au milieu de l’escalier, il commença à entendre des voix, celle de deux hommes, et l’un d’entre eux était Richard, il en l’avait entendu parler qu’une seule fois, mais il ne pouvait pas l’oublier, elle fut gravée dans sa mémoire en même que les cauchemars provoqués par le poison qu’il lui avait injecté. Catesby aurait même été en mesure de reconnaître sa voix parmi mille. Il ne lui fallut pas longtemps pour descendre les dernières marches à toute hâte. Il se dirigea en direction des voix, arme en main.

Il atteint ce qui devait être la porte menant au bureau du médecin, au du moins la salle dans laquelle il recevait ses nombreux patients. Garrett ouvrit la porte sans cérémonie, usant d’un coup de pied au niveau de la serrure. Le médecin d’un certain âge sursauta sur son fauteuil tandis que Richard lui, croisant le regard de l’inspecteur, sauta de son fauteuil, se dirigeant vers la deuxième porte du bureau, alors qu’il leva son arme dans sa direction pour clore le chapitre de cette histoire, le médecin se jeta devant lui comme pour le protéger, Garrett se résigna à ne pas appuyer sur la détente pour éviter de blesser le médecin, celui-ci s’offusqua, gueulant comme un soûlard.

" Qui êtes-vous et que faites-vous chez moi en menaçant mes patients de la sorte avec votre arm… "

Pas le temps de discuter, c’est sans grande délicatesse que Garrett posa sa main gantée sur le visage du docteur, avant de le pousser nonchalamment dans sa chaise, peut-être poussa-t-il un peu trop fort, car ladite chaise bascula avec le médecin. L’action n’avait duré que quelques secondes, mais Richard n’était déjà plus là. Sans prêter la moindre attention au médecin, il se jeta à la poursuite du fuyard. Sortant par la porte d’entrée, il aperçut le salopard tourner à l’angle du bâtiment suivant. Dans sa course, Garrett cru voir la journaliste s’appuyer contre un mur, mais en réalité, il l’avait vu sans réellement la voir, trop enrager pour réaliser ce qu’il se passait.

À son tour il tourna à l’angle du batîment, Richard se tenait tout juste à quelques mètres devant lui, une distance plus que raisonnable. Toujours blessé, celui-ci se tenait le flanc droit en essayant de courir aussi vite qu’il le pouvait. Garrett lui n’avait pas toujours pas ralenti, continuant de le poursuivre, poussant violemment les passant se mettant sur sa route. Finalement, Richard tourna une nouvelle fois à l’angle d’un bâtiment, et pour avoir vu cette contre-allée en arrivant, l’inspecteur savait qu’il s’agissait d’un cul-de-sac. Quelques secondes après, Garrett passa se même angle, a peut-être une trentaine de mètre, Richard essayer tant bien que mal d’escalader un mur pour tenter d’échapper à l’inspecteur, mais une balle se logeant tout proche de lui le résigna, et le força à lâcher. Garrett avançait, chaque pas le rapprochait de cet objectif qu’il convoitait depuis plusieurs jours.

" Bien joué inspecteur Catesby. Il vous en aura fallu du temps, beaucoup de mort pour pas grand chose. "

Il ne répondit rien.

" Comment se porte notre ami commun, Lauren ? Et sa sœur ? "

Il ne répondit toujours rien, son index commençait à le démangeait, et d’ailleurs, Garrett n’était même pas sûr de savoir pourquoi il ne l’avait pas toujours pas éliminé.

" C’est amusant de tuer, ôter une vie, c’est presque ce qu’il y a de plus beau ou monde… Mais vous le savez n’est-ce pas, combien de personne avez-vous déjà tué hein ? Au final, nous sommes pareil vous et moi, on fait ça par plaisir, on l'a dans l’sang. "

Ses propos marquèrent Garrett, peut-être plus que tout ce qu’il aurait pu imaginer, mais celui-ci restait toujours terriblement silencieux.

" Alors quoi ? Vous ne voulez pas en finir, pressez donc cette détente, la fête est fini. "

Plus que ça, l’inspecteur avait une tout autre idée, peut-être bien plus cruelle que de se contenter de l’exécuter comme un chien galeux. Il baissa son arme, sortant un petit papier de sa poche, papier qu’il avait lui depuis maintenant plusieurs heures. Il le déplia soigneusement, avant de lui montrer.

" Vous la connaissez hein ? "

" Où… Où avez-vous eu ça ? "

" C’était ça depuis le début votre lien avec les prostituées, comment c’était… Elia c’est ça ? "

" Ne dites pas son nom. "

" Elia, une gentille fille, je dirais, avec un décolleté aussi profond qu’il serait possible de lui voir le nombril. "

" Taisez-vous. "

" Elia, que cela doit-être triste de ne pas connaître son père, ou d’avoir trop de possibilités pour toute les explorer. "

" Silence ! "

" Ah… Elia… Ta pute de mère. "

Était-ce sans doute les mots de trop, Richard se jeta sur l’inspecteur dans un cri de rage. Une pleine seringue en main, remplis de suffisamment de poison pour intoxiquer complètement une personne. Mais c’était justement ce qu’avait voulu l’inspecteur, les règles avaient changé. Prenant son arme par le canon, Catesby bloqua le bras de Richard, venant mettre un grand coup de crosse au niveau de sa blessure, il crut même entendre une sorte de couinement. Richard fléchit légèrement un genou, Garrett frappa alors une deuxième fois, suffisamment fort pour qu’il mettre un genou au sol, et lâche sa prise sur la seringue. Ne perdant pas une seconde, il attrapa la seringue, et la retourna contre son agresseur, la lui planta dans le cou, injectant la totalité du produit. Le poussant en arrière, ils chutèrent tous les deux sur le sol pavé de la ruelle, mais Garrett n’en avait pas encore fini, il lui envoya son poing en plein dans la figure, avant de sortir ses menottes de l’attacher à la gouttière du bâtiment. Puis il se redressa, laissant Richard reprendre ses esprits et réalisé ce qu’il allait prochainement se produire. Il porta naturellement la main à son cou pour en retirer la seringue, et se rendre compte avec effrois qu’elle était totalement vide.

Il resta là, à le regarder se tordre doucement de douleur, puis à pousser des cris presque inhumains, si inhumain qu’une partie du quartier osant passer la tête à l’angle de la contre-allée pour voir qui pouvait être à l’origine de pareil hurlement. Garrett ne fit rien, il aurait pu abréger ses souffrances d’une balle, mais non, il aurait fait preuve d’une trop grande bonté à son égard en faisant ça. Il se recula encore un peu, car avec les gestes d’horreur du bougre, il craignait de prendre un coup de pied. Il resta là, se doutant que les hurlements finiraient par attirer Lauren et le jeune clerc.




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Phileas Graf
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Jeu 10 Mai - 19:52
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Profession : Clerc de notaire
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N’avions-nous pas dit qu’entre casser le nez à un criminel et venir en secours à sa victime, Phileas opterait la plupart du temps pour la seconde option?  Eh bien cette tendance se confirmait.  Oh, ce n’était pourtant pas l’envie de tester la solidité de l’arrête nasale du tueur qui lui manquait.  Mais Lauren, sans doute poussée par l’envie de venger sa soeur, le prit de vitesse et arriva face au tueur avant que le clerc puisse s’interposer.  En la voyant bousculée sans ménagement, il infléchit donc sa course pour intercepter la journaliste en cas de besoin.  Catesby ne devait pas être bien loin derrière le meurtrier, à en juger par la vitesse de ce dernier.  Il ne tarda d’ailleurs pas à confirmer cette supposition en passant la porte, lui aussi en triple vitesse, pour cavaler à la suite de sa proie.

Ce que Phileas vit en arrivant à hauteur de Lauren le conforta dans son choix de rester en retrait de la course-poursuite: elle avait le regard absent et la démarche mal assurée d’une personne ayant surestimé sa résistance à l’alcool.  Sauf que ce n’était bien sûr pas l’alcool qui était responsable de son état actuel.  Doucement, délicatement pour éviter de la prendre par surprise, le clerc lui attrapa les avant-bras pour lui permettre de se stabiliser.  Les yeux plantés dans ceux anormalement peu perçants de Lauren, il prit la parole d’une voix qui se voulait apaisante.

"Lauren, c’est moi, Phileas.  Je ne sais pas ce que vous voyez ou vous imaginez, mais il y a de fortes chances qu’une bonne part de ça ne soit pas réel.  Je vous demande de me faire confiance: je suis sûr que le doc a quelque chose pour contrer ce que vous venez de vous faire injecter."

Il espérait que cela suffirait à la convaincre de l’écouter.  Après tout, la jeune femme était intelligente, pas vrai?  D’accord, elle avait agi impulsivement, mais cela se comprenait parfaitement compte tenu des circonstances.  Mais il se trompait apparemment.  Loin de coopérer, elle se mit à jeter des coups d’oeil vers…quoi au juste?  Les gens qui s’attroupaient autour de la scène?  La ruelle où avaient disparu l’inspecteur et le meurtrier?  Des images d’épouvante qu’elle seule pouvait voir?  Il n’en savait rien, comment pourrait-il en avoir la moindre idée?

"Non....Je sais... Mais, Garrett... Richard... Il faut y aller Phil."


Voilà qui était une très mauvaise idée, et Lauren elle-même s’en rendrait probablement compte si elle était dans son état normal.  Seulement elle n’était pas dans son état normal, ce qui laissait à Phileas la délicate tâche de devoir négocier avec elle pour la convaincre de se soigner plutôt que de risquer sa santé (et sa vie!) plus encore.

"Précisément.  L’inspecteur Catesby a pris en chasse Reynaud, c’est son métier, je doute qu’il ait besoin de notre aide.  Nous ne ferions que le gêner."

Enfin…lui ne serait pas forcément une gêne, du moins c’était ce qu’il pensait.  Mais c’était un point de détail, et l’important était surtout de convaincre Lauren de rentrer se faire soigner.

"Bon sang, ils ... sont seuls... Phil, tu n'en sais rien…"


Seuls…pour peu qu’on puisse jamais être seul dans les méandres d’Alexandria.  Mais à nouveau, ce point de détail n’avait aucune importance en ce moment.

"Il vaut mieux qu’ils soient seuls: ça évitera d’autres victimes collatérales comme vous.  Reynaud est blessé et désarmé.  Catesby est en pleine santé, armé et décidé à en finir.  Je ne m’en fais pas pour lui, mais je m’en fais pour vous si vous refusez de vous faire soigner.  Il sera toujours temps de partir les chercher une fois que vous tiendrez sur vos deux pieds et pourrez vous fier à vos yeux."

Un soupir lui annonça qu’il avait atteint son objectif, que les prochains mots de la journaliste ne chercheraient plus à le contredire.

"D'accord... D'accord.  Tu as peut-être raison... Mais crois-moi lorsque je te dis qu'il ne faut pas les laisser seuls.  Je reste... Mais toi, vas-y... S'il te plaît."

Qu’il prenne part à la course-poursuite?  Il y a quelques instants à peine, il ne demandait que ça.  Alors pourquoi l’idée de laisser Lauren seule, même en compagnie d’un personne de confiance, lui paraissait-elle irresponsable, voire malhonnête?  Qu’importe, l’important dans l’immédiat était qu’elle se fasse soigner.  Doucement mais fermement, il la mena à l’intérieur, jusqu’au bureau qui servait de cabinet de consultation au médecin.

"Doc?"

L’interpellé, en train de remettre en ordre des papiers qui s’étaient envolés, sursauta et se tourna vers la source de la voix.

"Phileas?  Qu’est-ce que…?"

Son regard se posa sur Lauren, et sa question précédente mourut sur ses lèvres.

"Qu’est-ce qui lui est arrivé?"

Tentant d’être aussi bref que possible, mais tout de même complet, le clerc lui décrivit l’injection faite à la jeune femme ainsi que ce qu’elle lui avait expliqué un peu plus tôt au sujet des effets de la drogue.  Heureusement, cela parut suffire pour l’identifier.

"Je vois."

Il fit un vague signe de la main en direction d’une chaise en bois toute simple, avant de se tourner pour aller farfouiller dans une besace en cuir.  Obéissant à l’ordre silencieux, Phileas mena Lauren vers la chaise et parvint il ne sût trop comment à la faire asseoir.  Même si son regard continuait à fixer des dangers invisibles à tout autre qu'elle-même, elle était somme toute assez calme pour quelqu’un dans son état.  Mais quel calvaire, quel cauchemar elle devait vivre…  Et combien il aurait préféré lui être d’une plus grande aide que le maigre soutien qu’il lui apportait, se contentant de meubler le silence pour lui donner un point de repère dans la réalité.

Enfin, le doc revint avec une petite seringue remplie d’un liquide translucide.  Sachant que c’était une aiguille qui avait infligé les tourments auxquels Lauren était soumise en ce moment, Phileas eut une brève réaction instinctive: ses muscles se tendirent, et il dut se faire violence pour éviter de se placer entre l’homme de science et sa patiente.  Avec des gestes qui révélaient une longue expérience, celui-ci remonta la manche de la journaliste, désinfecta un point sur son avant-bras, et y injecta le produit qui devrait dissiper les brumes qui avaient pris possession de son esprit.  L’action avait été à la fois délicate et rapide, ce qui faisait que, si Lauren avait un mouvement de recul, celui-ci ne viendrait qu’après que le remède ait entamé sa course dans ses veines.  Seringue et aiguille disparurent de leur vue, et le doc expliqua la suite des événements.

"L’antidote a besoin d’un certain temps pour agir.  Il doit d’abord atteindre le coeur, puis de là être envoyé au cerveau.  Vous commencerez à vous sentir mieux bientôt, mais il n’aura fait totalement effet que d’ici un quart d’heure.  Vous avez eu de la chance de n’avoir pris qu’une petite dose."

Il s’adressait à Lauren, mais ses explications étaient au moins autant destinées à rassurer le clerc qui avait toujours une main posée sur son avant-bras.  À cette annonce, il retira ladite main, n’ayant plus vraiment d’excuse pour ne pas obéir à la requête de la journaliste et partir à la suite de Catesby et Reynaud.  Néanmoins, il tenait à éviter de disparaître trop brusquement.

"Je vous conseille de rester ici tant que vous n’êtes pas rétablie.  Je pars chercher l’inspecteur, je suis sûr qu’il a déjà maîtrisé l’assassin.  Avec un peu de chance nous serons vite de retour."

À la mention du mot "assassin", les sourcils du médecin se soulevèrent brusquement.  Puis, un éclair de compréhension éclaira son visage, et sa bouche forma quelques mots silencieux.  Mais cela, Phileas ne le vit pas car il était déjà sorti de la pièce.  Il s’arrêta sur le pas de la porte du bâtiment, pas trop certain de la direction qu’il devait prendre.  Il avait vu la ruelle dans laquelle le fuyard et son poursuivant s’étaient engagés, mais après?  Comme pour répondre à sa question muette, un cri inhumain retentit non loin de là.  Il ne pouvait pas en être certain, mais il y avait fort à parier que c’était Reynaud, puisque la voix ne ressemblait en rien à celle de l’inspecteur.  Sans plus attendre, il s’élança.

Guidé par le son, il ne lui fallut pas longtemps pour arriver sur place.  Il avait beau haïr l’assassin avec une passion rare, rien n’aurait pu le préparer au spectacle de l’homme se tordant, gémissant et suppliant sur le sol de la ruelle.  Sans doute victime de sa propre drogue…  Un frisson d’effroi parcourut l’échine de Phileas en voyant ce à quoi Lauren avait échappé…et en imaginant cette même scène avec une des victimes à la place où se trouvait maintenant le tueur.  Ne pas imaginer Marianne pleurer et supplier ainsi, ne pas imaginer ce qu’elle avait enduré, ne pas…  Bon, il était trop tard de toute façon.  Le jeune homme se surprenait lui-même de voir que, loin de le rendre plus clément, cette scène ne faisait que renforcer la violence de ses sentiments.  Ses yeux habituellement perçants mais paisibles lançaient des éclairs, ses poings s’étaient serrés d’eux-mêmes.  L’effort qu’il faisait pour rester calme perçait dans sa voix quand il prit la parole.

"Inspecteur.  Puisque vous l’avez arrêté, y a-t-il encore quelque chose que je puisse faire pour vous aider?"


Philéas écrit en #C6EDFA
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Lauren Hill
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Ven 11 Mai - 9:23
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Tout était plus sombre, plus étroit... Les sons semblaient étouffés, comme si je me trouvais dans une bulle, isolée de tout… J’aurais aimé que les effets de cette saloperie s’arrêtent là… Vraiment aimé. Au lieu de cela, les couleurs se modifièrent, légèrement passant de la grisaille environnante à une teinte plus rouge, rendant l’ensemble plus agressif. Je ne me sentais pas en sécurité, bien au contraire… les regards des gens, surpris d’abord, se chargèrent de colère, une haine presque palpable et qui m’était directement adressée… pour reprendre un aspect plus normal la seconde d’après. Je secouais la tête, vivement, comme si le geste suffirait à me débarrasser de cette espèce de cet état.

J’avais beau en être consciente, savoir que toutes ses visions n’étaient que le fruit d'une imagination perturbée par les effets d'une drogue sournoise, je me trouvais bien incapable réellement me situer moi-même au milieu de tout ce brouillard hallucinatoire. Plus rien n’avait réellement de sens, même le sol semblait perdre de sa rigidité familière, pour se changer peu en peu en une matière semblable à des éponges gorgées d’eau, devenant ainsi particulièrement instable, insécure.

Il devenait de plus en plus difficile de séparer le réel de l’imaginaire. Des ombres noires lugubres et angoissantes, masses fantomatiques ondulaient allègrement partout tout autour. Elles glissaient le long des murs, rampaient sur le sol pour mieux se mêler aux humains. Ceux-ci discutaient vivement entre eux sans se rendre compte réellement de ce qu’il se passait autour, ignorant même les mains vaporeuses qui se posaient pourtant sur eux… Sur moi…

L’une d’elle me saisit par les avant-bras, me poussant à me raidir, morte de peur… Jusqu’à ce que j’entende une voix familière qui me ramena doucement à la réalité, chassant les ombres jusqu’à une distance respectable depuis laquelle toutes semblaient ne regarder que moi.

"Lauren, c’est moi, Phileas. Je ne sais pas ce que vous voyez ou vous imaginez, mais il y a de fortes chances qu’une bonne part de ça ne soit pas réel. Je vous demande de me faire confiance : je suis sûr que le doc a quelque chose pour contrer ce que vous venez de vous faire injecter."

Mon ami clerc reprit alors ses traits, tout du moins en partie puisque lui-même ondulait étrangement… Sans doute en raison de l’instabilité du sol ou de ce brouillard… Non, ce n’était pas réel. Il fallait que je me reprenne… Que je remette de l’ordre dans mes idées sacrément troublées, que je pose le doigt sur l’essentiel, sur les raisons qui nous avaient mené jusqu’ici…

Je revis Richard sortir en trombe de la maison, me bousculer… Je n’avais certes rien vu de ce qu’il s’était déroulé ensuite, mais l’absence de l’assassin et de Catesby en disait suffisamment long pour me permettre de comprendre. Ma peur panique provoquée par ces visions d’horreur, se chargea d’une inquiétude nouvelle, entièrement dirigée vers l’inspecteur et de ce qu’il était capable de faire… Il fallait y aller, nous devions les rejoindre au plus vite.

-Non....Je sais... Mais, Garrett... Richard... Il faut y aller Phil.

"Précisément.  L’inspecteur Catesby a pris en chasse Reynaud, c’est son métier, je doute qu’il ait besoin de notre aide. Nous ne ferions que le gêner."


Il ne comprenait pas… Néanmoins, malgré tous mes efforts, je me trouvais bien incapable de lui expliquer, pas sans les bons mots. Ceux qui s’obstinaient à m’échapper encore et encore comme pour me mettre à mal, me tester, me perturber, me privant presque de ce que j’étais… Mon esprit logique me fuyait, me forçant à me focaliser sur les ombres qui nous tournaient lentement autour, attendant le bon moment pour m’attaquer... L’une d’elle, plus maline que les autres, plus vicieuses aussi, se plaça derrière Philéas, me forçant à baisser les yeux tant sa vue était insoutenable… Je voulais que cela cesse… Je devais réfléchir, ne surtout pas perdre pied… Rien de tout cela n’était réel, mais bon sang… Je pouvais aisément sentir le poids de leurs regards sur moi… À nouveau, je secouais la tête, cherchant à m’expliquer, à faire comprendre à mon ami que nous ne devions pas laisser l’inspecteur seul avec Richard… Mais rien à faire… Je continuais à protester, exhortant Philéas de me laisser y aller, même dans cet état tandis qu’il essayait de me faire entendre raison...

Finalement, j’acceptais de l’écouter, malgré mon inquiétude, je ne valais absolument rien dans cet état. Et, à dire vrai, je n’osais pas imaginer ce qui se passerait si je m'effondrais au mauvais moment...Je me laissais donc guider, fermant les yeux autant que possible afin de m’épargner la vue des ombres visiblement mécontente de la présence de mon ami à mes côtés. Afin de me préserver, je m’enfermais dans ma propre bulle, me coupant volontairement de ce monde abîmé, irréel, moi qui n’aspirais plus qu’au néant, au calme afin de me préserver…

Je ne prêtais donc guère attention aux mots du médecin, certains réussirent malgré tout à percer ma barrière ce qui me permis de comprendre que je n’aurais pas à subir tout cela encore longtemps. J’en fus grandement soulagée presque autant d’ailleurs que lorsque je compris que Philéas m’avait écouté.

Comme l’avait promis le médecin, les effets s’estompèrent assez rapidement. Tout le long, je pensais à l’effet de cette drogue administrée en grande quantité… J’avais eut peur, très peur. L’angoisse ressentie était pire que tout, mais dans mon malheur, j’avais eut la possibilité de bouger, de parler ou de fermer les yeux. Remerciant je ne sais qui de n’avoir reçu qu’une dose aussi minime... Nul doute qu’à haute dose, les visions devaient être bien plus effrayantes… Et mêlées à la douleur infligée par l’assassin, ces pauvres femmes avaient vécu l’enfer avant de perdre la vie de la pire façon possible…

Lorsque j’ouvris les yeux, plus de visions horrifiques, plus d’angoisse même si ma vue restait encore légèrement embrumée. Je me trouvais seule, assise sur un vieux fauteuil éventré dans le bureau du médecin. Je l’avais entendu me parler, tout le long, proférant d’une voix posée, quelques paroles ayant pour but de me rassurer… Celui-ci, constatant que les effets se dissipaient assez pour ne plus me perturber, s’en était retourné auprès de ses patients bien plus nécessiteux que moi. Sa voix perçait les fines cloisons, je l’entendais parfaitement de l’autre côté, discutant avec une femme affublée d’une vilaine toux rauque.

Les muscles douloureux de s’être tendus à l’extrême, je me relevais. Si le sol avait enfin retrouvé sa rigidité, ce n’était pas le cas de mes jambes si faiblardes qu’elles semblaient faites de coton. Mais tant pis, il fallait que je retrouve les trois hommes au plus vite, ce petit épisode m’ayant assez fait perdre de temps comme cela.

-Où allez-vous, mademoiselle ? Vous devriez vous reposer encore un peu, m’interpella le médecin tandis que je m'apprêtais à partir.

-Merci pour votre aide, docteur, mais je n’ai pas le temps pour cela. Je vais beaucoup mieux à présent et il faut que je retrouve Philéas et l’inspecteur Catesby. Savez-vous dans quelle direction, ils sont allés ?

Le bon samaritain croisa les bras tout en secouant la tête, visiblement mécontent d'avoir affaire à une patiente si peu raisonnable.

-Les effets se sont peut-être dissipés, néanmoins vous êtes affaiblie et ce n’est pas un endroit où les femmes seules vulnérables et peuvent aisément se promener sans se mettre en danger. Vous devriez les attendre ici, vous serez en sécurité.

Bon d’accord, l’homme marquait un point, le plan des versos n’était pas un quartier tranquille… Sur ce point, il avait clairement raison, néanmoins, pensez-vous réellement que j’allais me contenter de l’écouter sagement ? Évidemment que non…

-Vous êtes bien aimable de vous montrer si inquiet, mais je dois vraiment y aller. Je n’ai pas d’argent sur moi, mais je repasserai prochainement pour régler vos honoraires. Merci encore.

Après lui avoir tendu ma carte, signe de bonne foi, je m’élançai vers la sortie, marchant d’un pas malhabile jusqu’au bout de la rue sans réellement savoir où aller.



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Garrett Catesby
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Dim 13 Mai - 19:03
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Au final, finir comme ça entre deux poubelles, à se tortiller comme une anguille en poussant des gémissements, parfois des cris, c’est bien tout ce que c’est ordure méritait. Oh pour être cruel ça l’était, et Garrett ne l’aurait nullement contredit, c’était bien plus cruel que de lui mettre une balle, ou que de l’enfermer dans une cellule jusqu’à ce que la prison lui pourrisse dessus. L’inspecteur avait eu la malchance d’essayer cette petite mixture, à une dose raisonnable, là, une pleine seringue… Au fond de lui, Catesby espérait que la dose soit si forte qu’il devienne impossible de le guérir, même avec l’antidote.

De manière inévitable, les cris du salopard attirèrent des passants, des enfants des rues, toutes sortes de personne passant dans le coin. L’inspecteur lui restait silencieux, à bonne distance, continuant de le regarder gesticuler de façon désordonnée. Parmi les personnes qui faisaient leur apparition au bout de la ruelle, Garrett reconnut la silhouette du clerc, celui-ci s’approcha lentement, regardant du coin de l’œil ce qui semblait attirer l’attention du tout le monde. Lançant un regard noir en direction de la populace, les quelques voyeurs déguerpirent sans demander leur reste, sans doute motivé par la peur de finir comme ce type entre les poubelles.

" Si vous avez des comptes à régler avec, lui, je n’ai rien vu, rien entendu. "

Oui, Catesby n’était pas contre le fait que le clerc puisse avoir une dent contre le meurtrier, en plus, s’il connaissait l’une des prostituées, peut-être avait-il une raison de vouloir lui tasser le nez pour de bons ? Comme il l’avait si bien dit, s’il devait se passer quelque chose, ce n’était pas l’inspecteur qui allait en parler, et Richard quant à lui était… Et bien terrorisé par un vieux sac poubelle, après avoir fait régner la peur, voilà qu’il était pris à son propre jeu, goûtant par la même occasion à son poison.

" Oui, vous pouvez faire quelques choses pour moi. " Dit-il en sortant de sa poche une poignée d’Irys, qu’il lui tendit. " Donnez ça aux gamins, ceux qui nous ont aidés, sans leur aide, qui sait si nous aurions été en mesure de le rattraper. Vous pouvez aussi leur dire que s’ils ont le moindre problème un jour, ou s'ils remarquent quelque chose pouvant aider sur n’importe quelle affaire, qu’ils demandent à parler à l’inspecteur Catesby, je les écouterai. "

Puis, soudainement, il remarqua que la brunette était absente, il regarda derrière le clerc, s'attendant à la voir débarquer à moitié essoufflée, mais personne.

" Lauren, où est-elle ? "

Suite à une réponse plus ou moins inquiétante de la part du clerc, l’inspecteur le remercia pour son aide et se dirigea –a une vitesse assez notable- vers l'entrée de la ruelle, sans surveiller s’il était suivi par le jeune homme. À peine sortit, il tomba nez à nez avec deux miliciens, sans nul doute alertés par les cris, Catesby leur expliqua succinctement la situation, hochant la tête, ils allèrent chercher « le boucher », qui hurla de plus belle. Elle aussi avait eu droit à cette saloperie de poison, pourtant, il lui avait bien dit de ne pas jouer au héros… Une chance qu’il ne l’ait pas empoisonné avec la seringue que Catesby avait retournée contre lui, rien que d’imaginer la journaliste dans le même état que le meurtrier lui noua le ventre instantanément, il n’aura jamais pu se pardonner une telle chose, et William Hill ne lui aurait jamais pardonné non plus. Et il en avait des choses à se faire pardonner, entre le coup que la brunette avait reçu, sa sœur dans un état... Moyennement encourageant, la prochaine rencontre risquait d’être pour le moins explosive.

Il rebroussa chemin, arrivant bien rapidement au point de départ. Il vit Lauren au milieu de la rue, marchant d’un pas peu assuré, un peu comme quelqu’un ayant un peu trop abusé de la vinasse de chantier. Il se rapprocha d’elle, l’aidant à rester debout.

" Votre ami m’a dit pour le poison, comment vous sentez-vous ? Ai-je une gueule de cauchemar ou ma trogne habituelle ? "

Y avait-il une différence ? Là était la vraie question.




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Phileas Graf
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Lun 14 Mai - 21:47
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Alors que Phileas faisait déjà de sacrés efforts pour contenir la colère et la haine que le meurtrier lui inspirait, l’inspecteur ne lui facilitait certainement pas la tâche.  Oh, son offre provenait probablement d’une forme détournée d’empathie (et peut-être que lui-même serait ravi de voir le persécuteur devenu victime prendre quelques coups).  Mais la part encore lucide du clerc réalisait que si en effet il s’en prenait à cet homme désormais rendu inoffensif, les remords dureraient bien plus longtemps que la satisfaction temporaire que des coups lui donneraient.  On ne frappait pas un homme à terre, un point c’est tout.  Même si cet homme se trouvait être une ordure de la pire espèce.  Il se força à ouvrir et fermer ses mains, à relâcher ses muscles et à repousser les sentiments qui faisaient rage en lui.  Par contre, il ne parvint ni à décrisper sa mâchoire, ni à faire faiblir les éclairs qui habitaient toujours son regard.

Le changement de sujet fut donc plus que le bienvenu et lui permit de penser à autre chose, même brièvement.  L’attention de l’inspecteur pour Noisette et son ami surprit Phileas de manière très positive.  Il était rare que quelqu’un pense à récompenser des garçons comme eux, et plus encore qu’on envisage de faire confiance à leur parole.  L’opinion jusqu’ici ni franchement bonne ni franchement mauvaise qu’il avait eu de l’homme s’en trouva instantanément améliorée.

Mais déjà quelqu’un d’autre avait remplacé les deux enfants dans les pensées de Catesby, ce qui était somme toute plus que compréhensible.  Evidemment qu’il s’inquiéterait pour Lauren, Phileas aurait dû anticiper et le mettre au courant tout de suite.  Il remédia à cet oubli en lui expliquant ce qu'il s’était passé aussi brièvement que possible.  Au moins pouvait-il lui annoncer que Lauren était maintenant hors de danger.  

Le départ en trombe de l’inspecteur et l’arrivée de représentants de l’ordre pour récupérer le criminel signalèrent au clerc que son rôle dans cette affaire était terminé.  Il salua les nouveaux arrivants, puis sortit de la ruelle.  Un peu plus loin, Catesby parlait à Lauren…forcément, c’était en espérer trop que de s’imaginer qu’elle attendrait plus que le stricte nécessaire avant de partir à leur recherche.  Tenter de dissuader la jeune femme de quoi que ce soit était la plupart du temps voué à l’échec, ou du moins c’était ce que l’expérience personnelle de Phileas lui avait appris.

Etant donné qu’il n’avait plus vraiment de raison de s’éterniser, il adressa un bref salut à Lauren (Catesby lui tournant le dos), puis s’éloigna pour aller retrouver les deux gamins et leur remettre leur dû.  Pas besoin d’être un génie pour savoir comment ils réagiraient aux pièces et à la promesse de l’inspecteur.  L’affaire était un exemple du pire dont était capable l’être humain, avait de quoi perdre toute foi en son bon fond…mais au moins deux garçons en retiendraient que, parfois, il était possible de se faire écouter et de mettre ainsi fin aux agissements d’un criminel.


Philéas écrit en #C6EDFA
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Lauren Hill
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Mer 16 Mai - 11:43
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Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
Plongée dans le sombre brouillard du plan des versos, il m'était bien difficile de deviner à quel moment de la journée nous nous trouvions. Les rayons de l’astre ne perçaient pas par ici, jamais, ce qui forçait les habitants à garder leurs lampes allumées nuit et jour, sans aucune interruption. Enclave malsaine, les bas-quartiers de la cité Alexandar n’offraient guère de possibilités à ses habitants, il n’y avait donc rien d’étonnant à ne croiser que de tristes mines, grisâtres et maladives m’observant avec une curiosité bien étrange.

Sans savoir où aller, je m'arrêtais au bout de la rue qui débouchait sur une artère relativement importante, bien que plus petite que celles situées dans les quartiers plus aisés. Quelques rumeurs perçaient mon esprit encore embrumé par les restes de poison. Celles-ci évoquaient une course-poursuite entre deux “étrangers”, ainsi que des hurlements horrifiant entendus quelques part, sans me donner d’indication particulière. Je me retrouvais donc perdue entre deux rues, angoissant sans réellement savoir que faire ni où aller, ne pouvant que me poser mille et une questions inquiétantes toutes sans réponses.

À qui appartenaient ces hurlements ? Philéas ? Richard ? Garrett ? Quelqu’un d’autre? A quoi était-ce dû ?L’inspecteur était-il blessé? Phil les avait-il retrouvé ?

Mais bon sang, que s’était-il passé durant mon absence hallucinatoire ? N’y avait-il personne pour me guider, me permettre de m’en assurer par moi-même. Les passants m'observaient de loin sans essayer de m’approcher. Je pouvais le comprendre aisément, entre mon visage bleui par les coups de l’aristocrate, mes cernes dues à mon manque de sommeil, mon regard perdu, presque ahuri tant je m’inquiétais et cette démarche maladroite qui semblait avoir été emprunté à un marin ivre… Même ma “jolie” robe ne me rendait pas plus rassurante, pas pour ces gens qui se méfiaient des étrangers.

Je portais mon regard jusque dans la foule, à la recherche d’un visage familier ou d’une indication silencieuse concernant l'endroit où je pourrais me rendre pour les retrouver. Il me suffisait de lire dans les yeux des badauds pour y voir une inquiétude qui les poussait à fuir ou, au contraire, une curiosité, souvent malsaine, qui les menait jusqu’au lieu qui m’intéressait… Tout du moins, cela fonctionnait lorsque je me trouvais dans mon état normal, ce qui n’était évidemment pas le cas cette fois-là. Mon inquiétude grandissait avec mon hésitation et je détestais cela. Je me sentais inutile, pire encore, j'étais un boulet volontairement laissé à l’arrière. Alors, certes, j’en étais la principale fautive et je ne pouvais en vouloir qu’à moi-même, mais le fait est que toutes mes pensées se dirigeaient aveuglément vers l’inspecteur qui s’était retrouvé seul avec un homme instable, voir carrément fou.

Je me fichais bien du sort de Richard, s’il était effectivement l’auteur de ces hurlements ce ne serait qu’une maigre justice à mes yeux. L’assassin méritait bien pire que la douleur, pire que tout ce que la justice daënare pourrait lui offrir en punition pour ses actes atroces. J’en étais convaincue. En revanche, s’il s’agissait de Garrett, de Phil ou d’une pauvre âme perdue s’étant trouvée au mauvais endroit au mauvais moment, je ne pouvais qu’en vouloir à ma propre bêtise, même si ma présence n’aurait probablement rien changé à la tournure des événements.

Puis finalement, à mon grand soulagement, je vis une silhouette se détacher des autres. Plus grande, facilement reconnaissable avec ce chapeau le faisant paraître plus imposant encore. Lorsqu’il arriva à ma hauteur, je ne pus m’empêcher de l’observer tout en soupirant de soulagement. Inquisitrice, je cherchais du regard toute trace d’une éventuelle blessure que je ne trouvais heureusement pas. Au contraire, Catesby semblait en pleine forme, ce qui me rassura, tout du moins en partie. Le sort de mon ami me préoccupait encore et son absence ne me laissait rien présager de bon.

-Et Philéas ? demandai-je d’une voix encore pâteuse chargée d’angoisse au moment même où je vis le clerc me saluer quelques pas à l’arrière.

Je lui adressais un sourire empli de soulagement et de gratitude, reconnaissante de le trouver entier, sur ses jambes, malgré son regard réprobateur. Le voyant s’éloigner, je me reportais vers l’inspecteur. Mon sourire s’élargit, sincèrement amusé cette fois-ci, en entendant son étrange question.

-Si j'étais mauvaise langue, je dirais que je n’y aurai vu aucune différence, poison ou pas, raillai-je, gentiment. Je vais bien, ne vous en faite pas. Juste épuisée et encore légèrement groggy, mais heureusement, le médecin m’a administré l’antidote à temps.

Je chancelais légèrement, me retenant au pan de son long manteau. À l’évidence, une nuit de sommeil me ferait le plus bien. Je n’avais guère dormi depuis le début de l’enquête et j’allais avoir besoin de me retrouver rapidement en pleine possession de mes moyens…

-Et Richard ? Où est-il ? Que s’est-il passé ? Et maintenant ? Est-ce terminé ?

J’attendais sa réponse avec un empressement évident, bien que mes pensées allèrent rapidement vers ma sœur. Avant de rentrer retrouver le confort et la sécurité de ma chambre d’hôtel, je devrais me rendre à l'hôpital afin de m’assurer de son état tout en espérant y voir une amélioration… Je manifestais mes inquiétudes à l’inspecteur et une heure plus tard, je me trouvais dans la chambre de ma jumelle. Le trajet fut rapide, en grande partie, car je m’étais endormi sitôt le fiacre élancé pour ne me réveiller qu’une fois arrivée devant l’hôpital… La tête appuyée sur l’épaule de l’inspecteur...

Gale était totalement réveillée, bien qu’elle se trouvait encore en état de choc. Pourtant, les médecins se montraient confiants quant à sa guérison, même si elle aurait besoin d’un suivi psychologique ainsi qu’un soutien sans faille, mais je pouvais faire confiance à Arthur pour cela. Mon père avait d’ailleurs déjà commencé à chercher les meilleurs psychologues de la capitale pour soigner sa fille et connaissant William Hill, nul doute qu’il trouverait quitte à y passer sa fortune.

-Tu travailles trop, ma fille, tu as une mine atroce , me complimenta Denise tout en continuant de bercer le nourrisson endormi depuis longtemps. Pourquoi ne pas te contenter d’écrire tes romans ? Franchement, tu ne ressembles à rien...

-Merci maman, je suis également ravie de te voir, tu es très en beauté, raillai-je sans réellement y prêter attention.

Toute écrivain à succès qu’elle était, ma mère semblait vivre dans son propre monde. Pour elle, les choses devaient être faites d’une certaine manière et pas d’une autre. Et si mon père peinait à accepter mon mode de vie, Denise, quant à elle, passait son temps à me le reprocher ouvertement, que l’on soit en privé ou non. J’y étais habituée et ne m’en formalisais plus depuis longtemps et dans tous les cas, j’avais bien mieux à faire ou à penser pour m’en inquiéter outre mesure.

J’informais ensuite William de l’arrestation de Richard, tout en évitant soigneusement son regard réprobateur. Observateur comme il l’était, je pouvais être certaine que l’avocat avait su déceler chez moi quelques différences avec mon état habituel. Aussi, je me préservais d’une leçon de morale purement désagréable en oubliant volontairement de mentionner mon bref séjour au pays des cauchemars… Et qui lui aurait fourni une énième raison de détester Catesby et de vouloir lui nuire d’une façon ou d’une autre.

Ma visite éclair achevée, je pouvais enfin rentrer l’esprit plus léger envisageant un repos bien mérité avant de me plancher sur l’écriture du fameux article… Bah, non, je n’avais certainement pas oublié mon métier. Évidemment, j’éviterai de mentionner certains détails, soucieuse d’attirer l’attention d’un meurtrier en devenir en panne d’imagination. Autant nous préserver d’un imitateur, un seul Richard suffisait pour une vie entière.

Devant l’hôpital, je me retrouvais donc seule avec l’inspecteur. Mon implication dans cette affaire s'arrêtait là, Garrett ne devait plus avoir besoin de mes services à présent.

-Et bien, je suppose que nos chemins se séparent ici, Garrett, lui dis-je en lui présentant la main. Vous savez où me trouver en cas de besoin, n’hésitez pas à passer me voir à l’occasion, je reviens souvent en ville et puis…Étrangement, je dois malgré tout avouer que je serai ravie de vous revoir et de prendre le temps de savourer un café, lançai-je en souriant.



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Garrett Catesby
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Jeu 17 Mai - 10:50
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Profession : Inspecteur borderline
Daënar +1
Il était content de la voir debout, même si encore quelque peu chancelante. Visiblement, elle allait assez bien pour penser au clerc, ce qui d’une certaine manière montrait que son esprit était toujours aussi vif. Il allait voulait lui répondre, mais il se douta à son sourire qu’elle avait sans doute aperçu le jeune clerc quelques mètres derrière lui, il ne répondit donc pas.

" Mais vous n’êtes pas mauvaise langue n’est-ce pas ? "

Il n’attendait pas vraiment de réponse à cette question. Le destin de Richard était encore incertain, même si d’une certaine manière, il finirait sans aucun doute au trou, et qu’il ne pourrait plus jamais voir la lumière du soleil autre que derrière les barreaux d’une cellule. Et peut-être même qu’il ne connaîtrait rien, l’inspecteur n’avait aucune idée de la dose de toxine que le type avait reçu, peut-être même qu’il ne pourrait jamais en guérir, mais c’était tant mieux, même plus, Garrett rêvait presque d’une pareille nouvelle.

" Je l’ai fait craquer. Il a essayé de m’injecter une pleine seringue de sa mixture, mais je suis parvenu à la retourner contre lui. Là, disons qu’il tâte de sa pleine seringue, c’est terminé, pour de bons. "

La journaliste était toujours inquiète pour sa sœur, ce qui d’ailleurs était normal, Garrett aussi s’inquiétait, même s’il le cachait sans doute mieux. On ne savait toujours pas vraiment ce qui été arrivé à Gale, ni les éventuelles séquelles qui la suivraient à la suite de cette histoire sordide. L’inspecteur ne perdit pas une minute pour arrêter le premier fiacre qui passa dans la rue, il fallait se rendre à l'hôpital, d’ailleurs, avec tous ces trajets à répétition, Garrett commençait à penser au contre-coup sur son porte-feuille, bien sûr, il n’était pas à la rue, mais le salaire d’inspecteur ne permettait pas non plus d’avoir une villa et de s'autoriser toutes les fantasies.

Grimpant dans le véhicule, il ne fallut pas longtemps au cocher pour lancer son fiacre à toute vitesse sur les pavés, oubliant parfois d’éviter quelques trous, aboutissant sur quelques tassements de vertèbre pour les passagers. L’inspecteur ne savait pas à quoi s’attendre, il aurait aimé aller se coucher, prendre un bain, ce genre de chose. Mais il n’avait pas vraiment ce luxe enfin… Il ne savait pas encore, après tout, il n’avait plus sa plaque, peut-être que ses obligations d’hommes de loi ne s’appliquaient plus ? Il prendrait le temps d’y réfléchir. Puis il sentit quelque chose appuyer sur son épaule, la journaliste s’était tout simplement endormi, bercée par le trajet. Lui ne dit rien, et se contenta de bouger le moins possible pour ne pas la réveiller.

Arrivant à l'hôpital, Garrett jugea que la brunette avait besoin de… Pouvoir être avec sa sœur sans que celui-ci soit juste derrière, la famille, c’était important, lui n’avait pas à être là. Lui faisant signe d’y aller, il resta devant, attendant qu’elle revienne. Quelle ne fut pas sa surprise de voir arriver quelques minutes plus tard un nouveau fiacre, puis un deuxième, et environ une dizaine de miliciens avec eux. Richard faisait son entrée à l'hôpital, et même attaché, celui-ci se débattait sans cesse, au point que plusieurs hommes essayaient de le retenir. L’un d’eux avait d’ailleurs réussi à lui passer un bâillon sur la bouche, l’empêchant donc de crier. Un médecin était d’ailleurs avec eux, voyant Catesby attendre devant l’entrée, il se dirigea vers lui, le souffle court, la mine sombre.

" Inspecteur. "

Il répondit d’un hochement de tête.

" Que lui avez-vous fait ? "

" Goûter sa mixture. "

" La dose ? "

" Je la croyais suffisante pour qu’il y reste, visiblement, je me suis trompé puisqu’il gigote encore. "

Le regard du médecin n’était pas… Des plus amicales, inquiet pour l’état de l’homme, tout comme il était inquiet de son indifférence la plus totale.

" Pire que le tuer, vous lui avez « brisé » l’esprit. Cette toxine est différente de la précédente, l’antidote n’y fait rien, et nous n’avons pas de sédatif assez puissant pour le calmer. Et si j’en crois vos dires… Je doute qu’un quelconque antidote puisse faire effet, il passera sans doute le reste de sa vie sous sédatif, nourrit en perfusion… "

" Faites demander une chambre d’isolement, en attendant de le calmer, si c’est possible. "

Toujours avec ce même regard, le médecin acquiesça, et disparu avec les miliciens tentant de traîner le forcené à l’intérieur du bâtiment. Finalement, Garrett était plutôt satisfait de cette fin. Richard passerait le reste de sa vie sous sédatif, entre cauchemar et état de légume. Restant dehors, il fut rejoint quelques minutes plus tard par la journaliste. Lorsqu’elle tendit sa main, Garrett n’y répondit pas, ne sachant pas encore s’ils allaient se séparer maintenant ou non. C’est vrai que d’une manière, l’affaire était terminée, et que chacun pouvait retourner à sa petite vie tranquille.

" Serait-ce malvenue de vous proposer de vous raccompagner ? Le fiacre et juste là, il serait bête de vous endormir sur la chaussée. "

Répondit-il en esquissant un sourire.




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Lauren Hill
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Ven 18 Mai - 8:04
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Je restais un moment, le bras tendu tout en plongeant mon regard dans le sien. Décidément, Catesby m'étonnait de plus en plus. Moi qui pensais qu’il serait bien heureux de se voir enfin débarrassé de la journaliste casse-pieds et déraisonnable que je suis. Je le trouvais au contraire souriant, proposant simplement de me raccompagner à mon hôtel. Puis sa dernière remarque provoqua une certaine gêne chez moi. Le genre voyant, celle qui prend plaisir à vous marquer les joues au fer rouge. Traîtresse…

Je m’étais certes endormie durant le trajet, mais ni lui, ni moi ne l’avions relevé jusque-là, si bien que j’avais cru, à tort, que cette petite absence était totalement passée inaperçue. Enfin… Je l’avais surtout espéré. Légèrement honteuse, mais surtout amusée, je laissais ma main rejoindre mes cheveux pour les occuper... À dire vrai, je ne savais pas réellement si l’inspecteur se moquait de moi ou s’il se souciait de me voir m’écrouler sur les pavés, mais je préférais en rire trouvant quelques traces espièglerie dans ses yeux marron et dans son sourire en coin.

-Me voilà découverte, plaisantai-je en riant franchement. Je ne saurai dire si votre demande est mal venue ou non, mais vous marquez toutefois un point. Loin de moi l’envie de dormir à même le sol...

N’ayant pas d’argent sur moi, je ne pouvais dans tous les cas m’offrir la location d’un fiacre… Et je préférais franchement goûter une nouvelle dose du poison de Richard, plutôt que de demander un service de cet ordre à mon père. Ce serait offrir à Denise un panier garnis de reproche et autre critiques gratuites…

-Laissez-moi au moins rembourser la course… Ou plutôt toutes les courses de la journée. Il me semble que c'était ce qui était convenu.

Un nouveau sourire se dessina peu à peu sans que je ne puisse le retenir. En réalité, j’avais promis de l’inviter pour un repas en échange de celui qu’il m’avait offert un peu plus tôt. Peut-être avait-il oublié, cette dernière journée ayant été grandement chargée, mais pas moi. Et allez savoir pourquoi, je n’avais pas réellement envie de le quitter tout de suite, malgré la fatigue et l’ensemble des émotions qui s’étaient accumulées tout le long de la journée.

-Inspecteur Catesby, vous étiez donc là vous aussi. Une question cependant. Êtes-vous venu accompagner votre coupable, ou tenez-vous la main à ma fille ?

Du William Hill dans toute sa splendeur, une question, une pique pleine de sous-entendus… L’avocat avançait droit vers nous, son cigare fumant à la bouche avec l’air détendu. Peut-être même négligé, puisqu'il avait même ouvert le bouton resserrant son col.

-Richard est ici ? demandai-je en me retournant vers Garrett, le regard chargé de surprise. Je pensais qu’ils le conduiraient à la caserne. (ou à la morgue)

-Certainement pas dans cet état. J’ai entendu ses médecins parler, tout à fait par hasard, évidemment. Apparemment, une dose massive d’une drogue synthétique lui a été administrée provoquant d’importantes hallucinations et les médecins ne savent pas comment l’endiguer...Reynaud finira ses jours en hôpital psychiatrique, probablement à Vereist pour ne pas faire de vagues.

J’écarquillais les yeux de surprise, le regard passant de l’un à l’autre des deux hommes présents sans savoir comment réagir exactement. J’étais partagée entre la frustration de le voir échapper à la justice et la joie de le savoir brisé, coincé dans un monde de cauchemars jusqu’à la fin de sa vie… Cela dit, la joie et le soulagement remportèrent rapidement la bataille, m’arrachant par là même un nouveau sourire. Bien joué, inspecteur.

William s’approcha de Catesby tout en m’observant du coin de l’œil, avant de déposer une main ferme sur l’épaule de l’inspecteur.

-Je désapprouve toujours vos méthodes, Catesby, que ce soit clair. Seulement, pour cette fois, je vous en remercie, déclara-t-il en tirant une carte de visite de son étui d’argent avant de la tendre à l’inspecteur. N’hésitez pas à faire appel à moi à l’avenir… L’on ne sait jamais après tout, néanmoins, je pense que vous pourriez avoir besoin d’un avocat. Évidemment, il n’est pas question d’honoraires, je vous dois bien cela.

Là d’accord, j’étais incroyablement surprise. Pour preuve, j’avais même arrêté de respirer. Maître Hill n’était pas le genre d’homme à remercier qui que ce soit, tout du moins quelqu’un qui ne lui serait pas utile… Et encore moins à proposer ses services gratuitement. Peut-être était-ce dû au soulagement de voir cette histoire se terminer ou de savoir sa fille chérie hors de danger, même si elle mettrait un certain temps à s’en remettre pleinement… Si une telle chose est réellement possible… Ou alors, sans doute Catesby avait réussi, bien malgré lui, à gagner le respect de mon père. Toutefois, connaissant William, je ne le saurai jamais.

-Nous allons rentrer, veux-tu que nous te déposions à ton hôtel, Lauren?

Mon regard se posa sur Garrett, hésitant un instant à accepter la proposition de l’avocat paternel. Mais à l’évidence, même si je ne le reconnaîtrais pas à voix haute, je n’en avais pas la moindre envie, désirant passer un peu plus de temps avec l’inspecteur sans avoir à penser au prochain coup de Richard.

-Non merci, l’inspecteur me proposait justement de me raccompagner, répondis-je avec un air volontairement nonchalant .

Oh, ça, je me doutais bien qu’il n’apprécierait pas. Disons que c’était ma façon à moi de lui prouver que son avis ne m’intéressait pas. William lança un regard étonné à Catesby, peut-être un peu trop à mon goût, si bien que je m’en serais presque vexée.

-Je vois… Essaie de passer nous voir avant de repartir je ne sais où.

-J’essaierai, mentis-je. Bonne soirée.

L’avocat s’éloigna en nous saluant en agitant légèrement la main tandis que Denise sortie de l’hôpital les bras chargés du petit Aimé. Elle devait être là depuis le début, sans pour autant vouloir venir nous parler. Je pouvais m’en montrais reconnaissante, puisque je n’avais pas plus envie de discuter qu’elle. Ainsi, ma mère nous adressa son célèbre regard éteint et son sourire coincé avant de rejoindre mon père devant le fiacre personnel qui les attendait un peu plus loin. Du coin de l’œil, j’aperçu un gamin, visiblement curieux et au regard malicieux: un joli petit oiseau. Probablement l’informateur d’un de mes “collègues” qui se tenait là en attendant quelques nouveautés à servir à son patron.

-Allons-y, lançais-je à Garrett tout lui adressant un nouveau sourire. Inutile de traîner ici plus que nécessaire, d’autant que les rapaces que vous affectionnez tant ne vont pas tarder à rappliquer.



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Garrett Catesby
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Ven 18 Mai - 14:17
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Il n’avait encore jamais vu la journaliste rougir suite à une remarque, ou alors était-ce la première fois qu’il faisait réellement attention. Il s’était d’ailleurs surpris lui-même en proposant pareille chose, a force de passer du temps avec elle, il avait fini par éprouver une forme de sympathie pour elle, c’était humain après tout. Une nouvelle fois l’inspecteur esquissa l’ombre d’un sourire, car il était difficile de le faire sourire franchement, même sous l’emprise de l’alcool la chose était rare, alors en étant totalement sobre et avec seulement quelques heures de sommeil éparpillé sur plusieurs jours.

" Je ne me souviens pas vraiment de ce qui été convenu dois-je vous avouer. "

Et en effet, il n’en savait rien, mais il ne voulait pas non passer pour ce genre de personne à faire passer l’argent avant tout, certes, c’était bien la première fois qu’il prenait autant le fiacre en une semaine, si bien qu’il se demandait si investir dans des parts de marché de la compagnie ne serait pas une bonne idée, mais de là à venir pleurnicher pour se faire rembourser, il y avait un énorme gouffre. Puis, comme sortie tout droit de nul part, William Hill se présenta, sa question fit légèrement tiquer l’inspecteur, d’un naturel peu enclin à ne jamais répondre, il ne dérogea pas à la règle, une fois encore.

" Je peux même faire les deux. "

Répondit-il sur un ton neutre. Et avec ces histoires de sieste sur le pavé, Garrett n’avait pas prit le temps de dire à la brunette que Richard se trouvait dans le bâtiment, peut-être même qu’il n’en aurait pas parlé, préférant laisser tout ceci de côté maintenant que tout était bel et bien fini. L’homme laisserait sans doute une trace sur l’histoire de la prostitution, en effet, maintenant toutes ces charmantes dames étaient peu encline à sortir le soir pour faire une petite promenade nocturne avec un client. D’après des discussions entre milicien, certaines s’étaient même armées, au cas où, même le tenancier se montrait à présent méfiant. Il était difficile pour un client de pénétrer dans une maison de charme sans se voir regardé de travers.

Aucun doute sur le fait que le père de la journaliste savait qui était à l’origine de l’administration d’une quantité massive de toxine, un milicien classique se serait contenté d’arrêter le coupable, ou de le descendre au premier geste hostile. Pour réagir comme ça, il fallait être plus « borné », avoir la haine au ventre, ce qui faisait très peu de candidat possible. Et puis rien de tel que les chambres d’isolement de Vereist pour étouffer le moindre cri.

L’inspecteur regarda l’avocat approcher, puis tendre sa carte. Pour le coup, Garrett s’attendait à beaucoup de choses, mais là, il avait presque besoin d’une chaise pour s’asseoir. Jetant un coup d’œil sur le côté, Catesby remarqua que la brunette était tout aussi surprise que lui. Il saisit la petite carte, il la rangea dans une de ses poches, hochant la tête en guise de remerciement.

" Je n’y manquerais pas. "

Bref mais direct, fidèle à lui-même. Ce devait être la deuxième que Garrett pouvait entrevoir la mère de la brunette, l’on ne pouvait pas nier une certaine ressemblance, mais étonnement… Il avait des difficultés à lui trouver quelque chose de sympathique, le regard plutôt neutre, un sourire sans véritable profondeur, une simple facette pour se donner un genre. Rien à voir avec les sourires de la journaliste, loin de là. En se retournant, lui aussi aperçu le gamin, se tenant bien gentiment à une distance des plus raisonnable.

" Vous avez raison, en route. "

Cette fois, après avoir rejoint le fiacre qui avait bien sagement attendu leur retour, l’inspecteur laissant la brunette donner l’adresse de son hôtel, car il ne s’en souvenait pas, tout simplement. Une fois chose faite, le fiacre pu se lancer sur les pavés, Garrett resta un peu silencieux, se demandant si elle s’endormir une nouvelle fois, ou si suite à sa remarque, elle allait se faire violence pour que cela n’arrive pas. Après plusieurs minutes, le fiacre s’arrêta enfin devant l’hôtel, la laissant descendre en première, Garrett alla payer la course, revenant sur ses pas, il s’autorisa même à penser tout haut.

" Je devrais peut-être demander s’il n’existe pas des forfaits pour les déplacements. "




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Lauren Hill
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Ven 18 Mai - 18:10
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Voilà à présent trois jours que je suivais l’inspecteur partout, enfin presque. Trois jours à vivre au rythme imposé par Richard. Trois jours à attendre, réfléchir, courir partout souvent après un fantôme à l’esprit torturé sans réellement comprendre pourquoi il agissait ainsi. Pour moi, fatigué de ne voir aucun de ses articles publié dans le quotidien qui l’employait, Richard Reynaud avait décider de prendre les choses en main. Oh, pas en travaillant plus dur, ni en prenant compte des conseils de ses aînés, mais en se créant son propre scoop. Il avait donc commencé à tuer, salement, droguant, torturant ses pauvres femmes avant de les laisser agoniser sur le sol crasseux du plan des versos. En étant le seul à connaître tous les détails, nul doute que son article, même écrit avec une plume médiocre, aurait fait parler de lui, le plaçant dans les meilleurs journalistes de la capitale. Un raccourcis bien morbide qui aurait pu lui apporter la notoriété que beaucoup recherchait… Et pourtant…

Richard n’avait certainement pas prévu que Wislow me place sur le sujet. Quel affront pour ces messieurs… Je me souviens encore de leur regard plein de dégoût et d’incompréhension lorsque Wis leur avait annoncé la nouvelle… De ce fait, je m’étais mise au milieu de cette histoire, simplement parce que je ne suis pas une simple journaliste qui attends en observant. Que voulez-vous ? Je n’ai jamais pu accomplir sagement ce que l’on attendait de moi… Tous ces petits contretemps n’ont fait que le pousser à la faute… Je le connaissait, tout du moins juste assez pour renseigner l’inspecteur que je suivais comme une ombre et ce qui devait arriver, arriva.

Mais voilà, tout cela n’était que mon point de vu tout à fait personnel. Richard n’avouerait jamais, comme jamais il n’expliquera son choix de s’attaquer à des prostituées… Peut-être simplement, car celles-ci représentaient une proie facile, ou pour toute autre raison qu’il garderait secrète. Malgré tout, j’avais largement de quoi écrire un article qui plairait à mon patron, même en taisant nombre de détails croustillants. Ce n’était pas mon but. Le plus important restait d’apprendre aux alexandars que le meurtrier ne sévirait plus, ce qui serait un soulagement pour toutes les prostituées de la ville, qu’elles soient ou non des bas-quartiers d’ailleurs. Le commerce du sexe avait dû accuser le coup porté par Reynaud, tout du moins, le supposai-je.

Je pensais donc à tout ceci durant le trajet qui nous conduisait jusqu’à mon hôtel. Catesby restait silencieux. Cela ne me choquait pas plus que ça, je savais l’inspecteur peu loquace et m’y étais habituée, mais… Je ne sais pas, je trouvais ce silence légèrement dérangeant, même si reposant. Avec les dernières nouvelles apportées par mon père, je n’avais plus à lutter contre le sommeil. La fatigue restait évidemment présente, mais mon esprit était toujours en éveil.

Arrivés à l’hôtel, je descendis la première, laissant une fois de plus l’inspecteur payer pour la course. Son commentaire me fit sourire simplement, car je venais de penser exactement la même chose.

-C’est une idée, dis-je en plaçant une main sous mon menton en faisant mine de réfléchir. Ils devraient même faire une sorte de carte sur laquelle ils apposeraient un tampon après chaque course et au bon d’un certain nombre, ils pourraient même proposer une réduction des tarifs. Je suis sûre que cela leur apporteraient la fidélité de leur clientèle. J’éclatais franchement de rire en voyant l’expression outrée du cocher avant que celui-ci ne donne l’ordre à son cheval de déguerpir. Hum… Je crois qu’ils ne sont pas encore prêt à cela.

Je pris une mine faussement boudeuse et déçue d’une telle réaction avant de me reporter vers Catesby. À dire vrai, je ne savais pas réellement comment me comporter ou que dire, me trouvant extraordinairement gênée… Chose qui ne m’était pas arrivée depuis bien longtemps. Néanmoins, restait le problème de la dette. Alors certes, d’après ses dires, Garrett ne s’en souvenait plus, toutefois, je ne pouvais faire “comme si” et ignorer que j’avais de l’argent, trop pour savoir qu’en faire et que lui devait avoir un salaire de misère malgré tout le travail qu’il accomplissait… Voyez-vous l’injustice ? Moi oui.

-Même si vous l’avez oublié, je vous avais promis de vous rembourser et je tiens toujours parole. Vous avez tout payé aujourd’hui, du petit-déjeuner aux transports… Ce que je trouve relativement gênant. Voudriez-vous monter une minute ?
Je peux vous assurer que je n’avais aucune idée derrière la tête, rien de plus que celle de m'acquitter de ma dette. Car d’une part, je n’ai jamais été du genre entreprenant, mais aussi parce que je ne savais absolument pas à quoi cet homme pouvait penser…

-Ou vous pouvez m’attendre ici, si vous préférez, bredouillai-je. Je n’en ai que pour une minute ou deux...



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Garrett Catesby
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Dim 20 Mai - 10:39
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L’idée semblait presque bonne, une petite carte, facile à transporter et à ranger dans un portefeuille. Avec différents modèles, dix, vingt, trente trajets possibles, si ce n’est plus. Si Garrett avait été inventeur, il aurait sûrement déposé un brevet pour cette idée mille fois plus pratique que de payer à chaque course, ce qui au fond, se révélait être une perte de tente pour tout le monde. Mais, avec pareille idée, Catesby était sûr que quelqu’un de la haute sphère serait en mesure de trouver un moyen de s’en mettre plein les poches avec cette idée, toujours à la solde des contribuables bien entendus. Le monde était ainsi fait, et même si cela n’avait rien de plaisant, il était difficile de faire autrement. L’inspecteur était un contribuable comme les autres, c’était sans doute pour cela qu’il préférait ne pas envoyer les gens en prisons, histoire de faire dépenser moins à la société, surtout que certains ne méritaient aucunement la prison, une cellule, un lit, un repas… Non, certains méritaient tout juste une cage et un seau en guise de chiotte.

Il chassa bien vite ses idées de son esprit, jugeant que ce n’était pas le moment indiqué pour refaire le monde, les pensées et conversation de piliers de bar, ce n’était pas vraiment son truc. Le cocher les regarda pendant plusieurs secondes, semblant outré de cette idée, l’inspecteur lui lança à son tour un regard plutôt équivoque, chose qui le fait décampé plus rapidement que prévu.

" Je crois que le monde n’est pas prêt à grand chose. "

Souffla doucement l’inspecteur, d'ailleurs, lui le premier n’était pas vraiment fan de l’évolution pour certaines choses.

" Je ne peux pas lui en vouloir, je n’aime pas non plus ce que certains appellent « le progrès ». Une belle idée sur le papier certes, mais le progrès c’est un peu comme un troupeau de porcs, c’est bien un troupeau de porcs, mais il ne faut pas s’étonner d’y trouver de la merde. "

Cette déclaration résumait assez bien la penser de l’inspecteur sur l’évolution de la société, le progrès. Le progrès aurait envoyé un type comme Richard en prison, s’assurant qu’il n’est pas trop froid en hiver, que son matelas soit confortable, et qu’il puisse manger chaud tous les jours, en voilà du progrès, et pendant ce temps, des orphelins dormaient dans les rues, mais évidemment, il était plus facile de fermer les yeux sur certaines choses histoire de se donner bonne conscience et de pouvoir se regarder dans un miroir.

L’inspecteur n’aimait pas la société, n’y ce quelle pouvait représenter, lui-même n’avait rien du citoyen modèle, loin de là même, sans sa plaque, il ne valait pas mieux qu’un autre, était-ce seulement un type avec une arme… D’ailleurs, il faudrait la récupérer cette plaque, car effectivement, à présent, il n’était qu’un type comme les autres…

Son regard se posa sur la brunette quelques secondes, était-ce raisonnable de monter ? Pourquoi pas après tout. Il esquissa un léger sourire, pensant à une remarque qui ferait sans aucun doute réagir la jeune femme.

" Je préfère monter, je connais la notion de « minute féminine », dans un quart d'heure, je risque d'être toujours ici à vous attendre. "

Voilà, il ne lui restait plus qu’à attendre le retour suite à sa remarque, retour qui connaissant la brunette comme il la connaissait ne se ferait aucunement attendre. Cependant, il avança de quelques pas vers la porte de l’hôtel, ouvrant celle-ci, la tenant le temps qu’elle réagisse à son tour.




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