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Chroniques d'Irydaë
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 [Terminé] Affaire sous silence,

Lauren Hill
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Dim 20 Mai - 13:50
Irys : 884827
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
Sa petite pique me fit bien rire, intérieurement du moins, ce qui se manifesta à l’extérieur par un haussement de sourcils et un sourire narquois qui en disait long sur mes pensées. Quelle idée étrange de me voir comme les autres tandis que d’autre n’hésitaient pas à me reprocher tout le contraire... Une pique, rien de plus qu’une blague sexiste dans le but de me provoquer, chose qui semblait l’amuser, malgré son visage continuellement fermé. Oh, la réponse viendrait, plus tard, lorsque je jugerai le moment opportun, simplement parce que j’ai toujours été d’un naturel contrariant et que je mettais un point d’honneur à toujours faire l’inverse de ce que l’on attendait de moi… Et cette fois, à en juger par cette minuscule étincelle de malice dans ses yeux couleurs châtaigne, l’inspecteur n’attendait que cela. Dommage...

Je maintins mon sourire tout le suivant du regard alors qu’il se dirigeait vers la porte de l’hôtel avant de l’ouvrir. Je passais devant lui, avec une lenteur calculée sans jamais détourner les yeux. Toujours, lentement, je le guidais jusqu’à mon étage, puis jusqu’à ma chambre que je pris le temps de déverrouiller… Fouillant nonchalamment dans mon sac à la recherche de ma clé que je ne laissais jamais au concierge, puis en introduisant dans la serrure avant de la faire tourner sans jamais quitter ce sourire amusé… Et bien quoi ? Moi aussi, je pouvais bien le provoquer, non ?

Vous parliez de lenteur, Catesby, je vais vous en servir.

Je pénétrais à l’intérieur tout en laissant la porte grande ouverte pour lui laisser le choix de me suivre ou non. Je me débarrassais ensuite de mes chaussures qui prenaient plaisir à me torturer les pieds pour avoir tant marché ou couru, tout le long de la journée. Malgré leur qualité et leurs talons de tailles dérisoires, elles n’étaient pas assez confortables pour supporter mon rythme de vie et je me voyais grandement soulagée de m’en séparer enfin… Jusqu’à les envoyer valser à l’autre bout de la pièce.

Je me dirigeais alors vers ma commode “fourre-tout”, celle qui contenait mon matériel de travail, feuilles, crayons et plumes ainsi que l’argent que je venais justement chercher. De la petite sacoche de cuir, renfermant ce dernier, je tirais une centaine d’irys, ce qui était largement suffisant pour rembourser l’inspecteur… Mais plus encore. Je n’essayais pas de me montrer généreuse, loin de là, je n’avais tout simplement pas moins, pas même quelques petites pièces éparses qui pourraient traîner çà et là. Tant pis,me dis-je tout en retournant vers lui le billet soigneusement plié entre les doigts.

-C’est peut-être un peu trop, mais voyez cela comme l’acquittement de dettes prochaines… Ou comme un remerciement pour m’avoir supporté ou simplement gardé en vie, raillai-je, souriante tout en lui tendant le fameux billet.

Y avait-il un sous-entendu caché quelque part dans ma phrase ? Possible, ne comptez pas sur moi pour l’avouer, pas ici. Je gardais toujours mon sourire bien en place, sans réellement le vouloir toutefois. Essayais-je de le provoquer inconsciemment ? À l’évidence… Et je m’amusais grandement d’ailleurs, assez pour poursuivre :

-Et alors, Garrett ? Ai-je été assez lente ? le narguai-je tout en lui adressant un clin d’oeil. C’était une erreur de me comparer au reste de la gent féminine, je mets un point d’honneur à ne pas leur ressembler plus que nécessaire. Moi qui pensais que vous l’aviez déjà compris. Vous qui êtes siiii observateur...J’en serais presque déçue plaisantai-je tout en affichant une mine faussement boudeuse qui ne devait pourtant tromper personne avant de me remettre à sourire.

Un prêté pour un rendu Catesby.




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Garrett Catesby
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Lun 21 Mai - 11:59
Irys : 529897
Profession : Inspecteur borderline
Daënar +1
Elle ne rit pas, mais elle haussa simplement un sourcil, ce qui pouvait être considérer comme une certaine réaction extérieure. Lui s’attendait à recevoir une réponse fracassante, mais rien ne vint. Pourtant, Catesby savait que la brunette était plutôt du genre à répondre facilement, surtout lorsqu’il s’agissait d’une petite pique gratuite comme celle qu'il venait de faire, si elle ne répondait pas, c’était… Potentiellement inquiétant, ou alors, c’est qu’elle attendait tout simplement le bon moment pour frapper, Garrett comptait donc bien faire attention à la moindre action faite pour ne pas tendre la perche, il l'autorisait à répondre, mais ne voulait aucunement lui faciliter la tâche.

Au lieu de ça, la journaliste se contenta d’entrer à son tour dans l’hôtel, avec disons, une lenteur plus que certaine. L’inspecteur marchait juste derrière elle, il devait facilement attendre plusieurs secondes entre chaque pas pour ne pas lui marcher dessus. Elle le faisait exprès, c’était sûr ! Elle ne pas pouvait se déplacer de cette façon sans le vouloir, Garrett avait presque l’impression de faire du sur-place. Et quand ils arrivèrent à l’escalier… Il crut presque mourir, jamais il n’avait mit aussi longtemps pour gravir des marches, et puis cette obligation de devoir s’arrêter sur chacune… C’était dur de ne rien dire, ce n’était que pure provocation, il le savait, mais il ne devait pas réagir.

Après de longues minutes qui lui semblèrent des heures, ils se retrouvèrent enfin devant la porte de sa chambre, et même là, alors qu’il pensait ce petit jeu de patience finit, même ouvrir la dite porte sembla très long. Une chose de sûre, la prochaine fois, il ferait bien attention à ses paroles pour ne plus se faire avoir aussi facilement, il pesta intérieurement. Elle entra dans la chambre et se dirigea vers une petite commode, toujours devant la porte, Catesby osa faire un pas en avant, restant alors dans l’encadrement de la porte pour ne pas paraître trop intrusif.

C’était la troisième fois qu’il venait ici, la première fois, il était venu avec Gisèle, la seconde pour prévenir la journaliste de… Enfin, mauvais souvenir qu’il valait mieux ne pas remettre au premier plan. C’est vrai qu’il y avait une certaine différence entre cette petite chambre d’hôtel sobre et la demeure Hill qu’il avait pu voir avant cette soirée chez le Gouverneur, Garrett se demandait ce qu’il était advenu du blondinet, cet espèce de crapaud baveux qui avait frappé la brunette. Cette affaire aurait pu être si simple, mais rapidement elle s'était révélé être bien plus compliquée qu'une « simple » petite affaire de meurtre, prenant une ampleur que l’inspecteur n’aurait jamais imaginé.

Alors qu'il était perdu dans ses pensées, la brunette revint vers lui, avec une somme disons… Bien supérieure, trop supérieure à ce qu’il avait pu dépenser dans la journée. Il ne pouvait pas accepter, c’était trop pour ce qu’il avait fait.

" Si c’est pour recevoir une telle somme, je préfère vous voir payer les prochaines courses, là c'est un peu trop pour que je puisse accepter, je passe déjà pour un manant qui vient réclamer sa pitance, j'aimerais autant ne pas passer pour un voleur non plus. "

Sa deuxième tirade lui confirma que tout était calculé depuis le début, même si au fond de lui il le savait déjà, il se contenta d’esquisser un sourire, se reculant légèrement pour être de nouveau juste de devant la porte, s'apprêtant à la laisser enfin tranquille après ces quelques « mouvementés ».

" Oh oui... Vous êtes siiii différence des autres. Ne soyez cependant pas déçu pour si peu Lauren, et bien… Je vais vous laisser, bonne fin de journée."

dit-il en hochant la tête.




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Lauren Hill
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Lun 21 Mai - 16:34
Irys : 884827
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
Le billet toujours dans les mains, les yeux plissés et les lèvres légèrement étirées en un sourire indécis, j'observais Catesby avec un air quelque peu perplexe. Pour être plus clair : j'hésitais. Visiblement, nous ne nous comprenions pas... ou peut-être que si, au contraire, mais celui-ci n'était tout bonnement pas intéressé par l'idée, probablement grotesque, de nous revoir. Je prenais rarement ce genre de risque simplement car je me fichais généralement de ce genre de "relation", si l'on peut qualifier cela ainsi et n'en éprouvais d'ailleurs rarement l'envie. Je vivais pour mon travail et n'avais pas de temps à perdre avec quelques sentiments souvent inutiles. Mais pourtant, face à lui, je me retrouvais régulièrement désarmée, totalement incapable de comprendre ce qu'il se tramait derrière son regard continuellement fermé sans pour autant être réellement inexpressif. De ce fait, je ne savais tout bonnement pas comment agir envers lui. C'était aussi frustrant et dérangeant qu'attirant...

Néanmoins, face à sa réponse, une nouvelle pique plus venimeuse que les autres et, je dois bien l'avouer, probablement mérité, je ne pus rester silencieuse. J'acceptais son refus sans rechigner , je ne pus d'ailleurs que le comprendre...Peut-être avait-il vu cela comme une insulte de la part de l'une de ces gosses de riches qui se pensent tout permis. En cela, j'éprouvais une certaine honte, presque piquée au vif, car après tout, je venais d'agir comme ces bourgeoises idiotes et capricieuses que je méprisais tant et il me l'avait bien fait comprendre.

Rien d'étonnant à ce qu'il ne réagisse ainsi finalement. Quelle idiote. Je comprenais évidemment mon erreur ainsi que les raisons qui n'avaient pu que le vexer. Aussi, je tenais à lui présenter mes excuses, lui faire comprendre que ma stupide maladresse était responsable d'un quiproquo bien désagréable. Je n'étais tout simplement habituée à faire ce genre de proposition... probablement un peu trop alambiquée et cavalière pour un homme aussi terre-à-terre et sans doute habitué à une certaine franchise, dont je n'avais absolument pas usé. Autant assumer jusqu'au bout, l'erreur est humaine et il faut savoir l'accepter. Ce que je fis.

-Oh... murmurai-je tout en rangeant le billet dans l'une de mes poches, avec une gêne certaine. Pardonnez-moi, inspecteur, je ne voulais nullement vous vexer. Je n'avais absolument pas vu les choses ainsi... Et je ne vous ai certainement pas aussi mal considéré, bien au contraire. C'était une bien grossière erreur de ma part dont je tiens à m'excuser.

Le voyant s'éloigner d'un pas, je fis de même. Le message avait été compris, bien que douloureux, toutefois, loin de moi l'idée d'envahir ses frontières personnelles. Je n'ai jamais été ce genre de femme, bien au contraire. Mais, je ne pouvais pas non plus le laisser croire n'importe quoi sous le prétexte d'une fierté mal placée et d'une regrettable maladresse.

-Autant parler franchement. A vrai dire... C'était une manière, bien maladroite il est vrai, d'exprimer mon envie de vous revoir. Disons, que vous me plaisez... Mais je ne suis clairement pas douée pour faire ce genre ... proposition, dis-je avec un sourire chargé d'embarras. J'espérais pouvoir apprendre à vous connaître un peu plus. Vous m'intriguez quelque peu, je l'avoue... Mais, c'était clairement stupide, je vous l'accorde.

Surprise par ma propre audace, je laissais un rire nerveux s'échapper, tirant légèrement sur ma gorge encore serrée pas la gêne que j'éprouvais. Sans compter la fatigue et la quantité astronomiques d'émotions et tourments encaissés en quelques jours.

-Néanmoins, sachez que vous ne me devez strictement rien, c'est justement le contraire et j'en suis parfaitement consciente. Je vous dois beaucoup et je vous en remercie, poursuivis-je, humblement tout en baissant ma tête pour répondre à ses salutations avec un demi sourire exprimant une certaine déception. Je ne voudrai pas vous retenir inutilement, bonne fin de journée à vous aussi.

J'avais beau être fière, je n'en étais pas pour autant déraisonnable. J'essuierais cet échec avec flegme, le travail et le whisky aidant grandement. Après tout, j'avais toujours considéré qu'il n'existait rien de plus stupide et ridicule que de courir aveuglément après une personne vous ayant déjà rejetée.



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Dernière édition par Lauren Hill le Lun 21 Mai - 19:15, édité 1 fois
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Garrett Catesby
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Lun 21 Mai - 17:58
Irys : 529897
Profession : Inspecteur borderline
Daënar +1
Que faire ? Que penser ? Que dire ? C’était tout à fait le genre de question que Catesby avait à l’esprit. Toute sa vie durant, il avait toujours essayé de mettre de côté les questions qu’il ne jugeait pas importantes, tout simplement pour ne pas se noyer dans un flot de réflexions, mais cette fois les questions semblaient bien plus forte que sa raison. Faire des choix, c’était bien souvent ce qu’il devait faire, être capable de choisir, et si possible, bien choisir. Dans la majorité des cas, les choix apportaient leur lot de conséquences, parfois bonnes, parfois mauvaises, mais aussi leur lot de regret, qui n’avait pas regretter ne serait-ce qu’une fois d’avoir fait un mauvais choix ?

Ils s’étaient mal compris, tout simplement, lui voulait faire bonne figure en n’acceptant pas l’argent de la journaliste, et elle voulait faire de même en remboursant les courses qu’il avait payé. Garrett n’avait jamais été doué dans le social, que ce soit avec des femmes ou des hommes, voir même des enfants. Si certains étaient tout à fait qualifié pour faire la causette, lui ne l’était pas vraiment. Il ne réagissait pas vraiment comme le reste de la population, là où certains voyaient des méthodes douteuses, lui voyait tout simplement une façon de faire son job.

Et puis… Elle venait de dire qu’il lui plaisait, a ces mots, alors qu’il était en train de repartir, il s’arrêta net, ne sachant pas trop quoi répondre à cela. Il ne pouvait pas faire comme s’il n’avait rien entendu, il pouvait certes jouer l’imbécile, mais être débile au point de ne pas comprendre cette déclaration aurait été insultant pour les deux partis. Finalement, il recula, revenant se placer au niveau de la porte. La brunette était d’ors et déjà en train de refermer la porte, et il ne trouva pas d’autre solution que de mettre son pied dans l’encadrement pour stopper cette progression.

Lui non plus n’était pas très doué à vrai dire, enfin, suffisamment pour jouer les idiots quand il le fallait, mais parfois… Jouer l’idiot n’était pas une solution, pas avec certaine femme du moins. Loin d’être un tombeur, Garrett était un homme lambda, certes avec un caractère assez notable, mais il restait néanmoins comme tout le monde.

Il se rapprocha doucement d’elle, ne sachant pas s’il allait commettre une terrible erreur ou non, et puis de toute manière, si erreur il y avait à faire, celle-ci devait être faite depuis longtemps déjà.

" N’ai-je jamais vraiment été doué non plus je dois bien avouer… Mais je me débrouille. "

L’inspecteur se pencha légèrement, suffisamment pour poser ses lèvres contre celle de la brunette. Elle lui plaisait aussi, elle avait… Un petit côté envoûtant, peut-être son regard, ou son caractère, bien sûr, il n’irait jamais dire cela à voix haute, pensant que l’acte suffirait à illustrer sa pensée, et que si il n'y a pas eu une certaine attirance « commune », il se serait contenté de quitter l’hôtel sans se retourner. Finit-il par glisser une main sur la joue de la demoiselle, prolongeant son baiser.




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Lauren Hill
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Lun 21 Mai - 21:29
Irys : 884827
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
Pour rester dans la franchise, je me sentais sacrément bête, regrettant presque d’avoir ouvert la bouche pour me mettre presque à nue devant un homme, pour cracher quelques idioties plus grosses que moi. Idioties que je pensais, bien évidemment, ce qui ne m’aidait en rien. Habituée à faire passer ma vie personnelle au second plan, je ne faisais jamais ce genre de chose, c’était beaucoup trop pour moi. Appelez cela fierté, ou lâcheté, que sais-je, je me voyais bien trop occupée pour cela. Et aussi... Même si j’étais capable de parler de thèmes divers et variés, d’utiliser mes mots et ma voix pour évoquer à peu près tout et n’importe quoi, dire exactement ce que je pensais, en dehors de la colère ou du mépris, n’était clairement pas dans mes habitudes. Cela me semblait presque contre nature, tant la chose était trop personnelle, trop risquée et inutile pour être avoué haut et fort, comme je venais de le faire. Pourtant, cette fois, je n’avais tout simplement pas pu faire l’impasse. Ou plutôt, je ne le voulais pas…

J’avais déjà abandonné, renoncé à lui ou quoique ce soit le concernant, songeant simplement au travail qui m’attendait et qui me permettrait d’oublier l’humiliation cuisante que je m’étais infligée à moi-même. Absorbée par mes pensées, je commençais à fermer la porte tout en baissant les yeux pour ne plus croiser les siens. Chacun de nous reprenait sa route de son côté et c’était probablement mieux ainsi, du moins, j’essayais de m’en convaincre. Alors, avec tout ceci, autant dire que je ne m’attendais plus à rien et certainement pas à voir apparaître une chaussure dans l’encadrement de la porte, bloquant celle-ci d’une façon stratégique. Surprise, je relevais les yeux vers Catesby, me demandant s’il avait oublié quelque chose, même s’il n’était pas resté assez longtemps pour prendre la peine d’ôter son chapeau. Néanmoins, mes prunelles étonnées ne rencontrèrent qu’un regard déterminé, plus intense encore que d’ordinaire.

Je n’eu guère le temps de l’interroger sur les paroles étranges qu’il venait de prononcer, même si une myriade de questions affluaient dans mon crâne pour être balayées par ses lèvres sur les miennes. Je me figeais un instant, peinant à réaliser ce qu’il se passait exactement avant de simplement tout oublier pour ne me concentrer que sur ce baiser inattendu et ces douces sensations qu’il éveillait. Je n’irais pas jusqu’à dire que j’avais un cœur de pierre, puisque je me sentais au contraire concernée et passionnée par à peu près tout, c’est d’ailleurs ce qui me permettait d’être aussi douée dans mon travail. Néanmoins, à force de me comporter ainsi, cela m’avait amené à évoluer avec une certaine méfiance, souvent exacerbée d’ailleurs et qui a tendait à me couper de tout ce qui était “personnel”. Depuis combien de temps n’avais-je pas ressentit cela, au juste ? Cette envie de me perdre dans un baiser bien trop… tendre pour être dénué de tout et surtout de le rendre avec toute la flopée d’émotion qui allait de paire.

Depuis combien de temps n’avais-je pas senti mon cœur battre à tout rompre pour autre chose que par peur? Ce simple baiser me fit tout oublier, de la fatigue à la pression et l’angoisse accumulées durant ces derniers jours, en passant par l’embarras qui ne remontait pourtant qu’à quelques minutes. Je m’y perdis sans honte et sans regrets, me rapprochant un peu plus pour l’enlacer.

Un bruit vint du bout du couloir, une porte qui se ferme, quelques éclats de voix. D’autres pensionnaires de l’hôtel qui ne tarderaient pas à passer devant nous afin de rejoindre les escaliers juste en face. Alors, sans pour autant relâcher mon étreinte, je l’entraînais dans ma chambre avant de refermer brusquement la porte juste avant que les intrus ne passent devant ma chambre, préservant ainsi un minimum de pudeur.



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Garrett Catesby
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Mar 22 Mai - 12:49
Irys : 529897
Profession : Inspecteur borderline
Daënar +1
Au début, pour tout avouer, Garrett pensait qu’il allait recevoir une gifle, pensée sans doute idiote, mais… Avec ce genre d’action pas souvent réfléchis, l’on n’était jamais vraiment sûr de la réussite, après tout, avait-elle seulement dit qu’il lui plaisait, pas qu’elle lui sauterait dans les bras. Mais aucune gifle ne vint, ce qui n’était pas pour lui déplaire. Était-ce sans doute idiot d’avoir pu penser à un éventuel revers de main, à présent, contre ses lèvres, peu de chose semblaient digne d’intérêt, peu de chose excepté elle pour être précis. Une de ses mains avait fini par glisser doucement sur le flanc droit de la jeune femme –par-dessus le vêtement-.

Au même moment, alors que leur étreinte se faisait de plus en plus douce, Garrett crut entendre une porte claquée, même plus que croire, il en était sûr, puis ce fut autour des éclats de voix d’être entendu. Vu la réaction de la journaliste, il se doutait ne pas avoir rêvé. En tout juste quelques pas, il se retrouvèrent tout deux derrière la porte de la chambre, close.

L’inspecteur se recula doucement, prenant le temps de la regarder, plongeant son regard dans le siens, jusqu’à maintenant, il n’avait encore jamais eu l’occasion de la regarder ainsi, tout comme de se tenir si près d’elle. À présent, un certain cap venait d’être franchit, elle n’était plus la petite journaliste qui mettait son nez dans de drôles d’affaires et qui se mettait en danger pour rien, elle était Lauren… Simplement Lauren, et il voulait s’en souvenir ainsi, mettre de côté les idées préconçues qu’il avait sur le journalisme dans sa globalité, oublier les vautours et scribouillards. En repensant à ce premier jour d’enquête, il n’aurait jamais cru finir ainsi, là contre elle, était-il si proche d’elle qu’il pouvait sentir son souffle. Il ne put s’empêcher de faire une remarque sur la porte qui avait claqué un peu trop brusquement par rapport à la situation, les éclats de voix venaient tout juste de passer devant la chambre, auraient-ils largement eu le temps d’entrer sans être vue. Puis les voix disparurent lentement, accompagnées par des échos de pas provenant de l’escalier, l’étage replongeant alors dans son silence habituel.

" Je pense qu’elle est bien fermée là… "

Souffla-t-il doucement. Il était heureux qu’elle ait refusé d’être raccompagné par son père, pour rien au monde l’inspecteur n’aurait voulu rater ce baiser. Que dirait William Hill s’il savait ce qu’il s’était passé ? Au fond, il ne préférait pas le savoir, se doutant sans doute de se faire retirer sa petite carte, et de ne plus avoir droit à des honoraires avantageux.

Dans un premier temps, il se demanda si quelqu’un l’attendait au poste, ne serait-ce que le commissaire pour lui mettre une énième demande d’explications sur le dos, mais ce fut vite oublié, balayé par l’envie de revenir sur la jeune femme, l’envie de se perdre une fois encore dans son regard.




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Lauren Hill
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Mar 22 Mai - 14:20
Irys : 884827
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
Les éclats de voix s'éloignaient peu à peu, rendant à la pièce l'atmosphère calme et silencieux qu'on lui connaissait habituellement. Vivant seule et passant la plupart de mon temps à travailler, l'on ne pouvait me qualifier de locataire bruyante. J'étais d'ailleurs l'inconnue qui logeait dans une chambre occupée depuis trop longtemps. Autant dire, que je ne me faisais pas vraiment remarquer, ne manifestant finalement ma présence que par un plateau repas vide disposé à même le sol sur le palier près de ma porte. Porte que je venais de claquer plutôt bruyamment par empressement, chose que venait de doucement me signaler l'inspecteur contre moi. Cette remarque m'amusa, tant et si bien que je laissais échapper un rire discret.

-Elle l'est, murmurai-je tout en plongeant mon regard dans le sien.

Je me sentais si bien contre lui, malgré une sorte de gêne qui semblait m'envahir peu à peu. Bien qu'évidente, celle-ci ne ressemblait en rien à la honte ressentie plus tôt. Au contraire, elle était même plutôt agréable me faisant me sentir comme...importante ? A dire vrai, je ne saurai réellement l'exprimer. Mais ce n'était clairement pas quelque chose qui m'arrivait souvent.

En le rencontrant, à peine trois jours plus tôt, j'étais à des lieux de m'imaginer tout ceci. Je l'avais d'ailleurs jugé trop brutal, injuste... Voir même stupide. Au cours de l'enquête, Garrett avait pourtant eu largement la possibilité de me prouver le contraire. Je m'étais grandement trompé sur lui tant il était difficile à cerner. Catesby était certes impulsif, mais jamais irréfléchi. Son sens de la justice était indéniablement différent de celui auquel j'étais habituée, néanmoins, celui-ci se voyait toujours guidé par une envie de bien faire les choses, rendant à l'application de la justice, un verdict et une peine plus... définitive... Mais pourtant, pour l'heure, toute brutalité semblait avoir disparu. Son regard, ses gestes, ses lèvres... Tout était extrêmement tendre, empreint d'une douceur chaleureuse jusque-là inconnue et qui me plaisait énormément... Tout comme lui, même si je peinais encore à me l'avouer

Pourtant, alors que j'aurai pu le repousser, chose que j'aurai fait d'ordinaire, puisque que j'étais encore accrochée à quelques convenances dictées par mon éducation, je m'étais au contraire laissée aller... Me laissant guider par le rythme imposé par ses lèvres sur les miennes et je ne le regrettais en aucune manière.

Cet homme ne cessait de me surprendre, autant par ses mots que par ses actes en ayant toujours un train d'avance sur moi. Je n'étais pas habituée à cela, bien au contraire et c'était peut-être ce qui me plaisait tant chez lui... Ou tout du moins en partie. Pour l'heure, j'avais bien du mal à trouver quelque chose qui me déplaisait, c'en était d'ailleurs perturbant.

-Inspecteur, vous me décontenancez, plaisantai-je en posant mon front sur son torse. Pourquoi agissez-vous toujours de la manière à laquelle je m'attends le moins ?

Je relevais la tête pour croiser une nouvelle fois ce regard qui me perturbait tant. Loin de me laisser indifférente par sa nature profonde, celui-ci me faisait paraître alors presque fragile. Je m'y perdais littéralement, oubliant le travail urgent que j'avais à faire et qui n'attendrait pourtant pas. Je m'en fichais éperdument, préférant me perdre une nouvelle fois pour goûter à ses baisers en allant à la rencontre de ses lèvres pleines.

Néanmoins, soucieuse de sa propre position, je m'éloignais un instant, à regrets, l'interrogeant du regard.

-N'êtes-vous pas attendu ? Vous devez avoir quelque chose d'important à faire, non ?

Même si j'espérais l'entendre me détromper, je restais toutefois réaliste. J'avais bien conscience de l'importance de sa tâche et de sa volonté de l'accomplir au mieux... Quand bien même j'aurai voulu tout envoyer balader simplement pour rester un peu plus près de lui...



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Garrett Catesby
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Mar 22 Mai - 16:14
Irys : 529897
Profession : Inspecteur borderline
Daënar +1
A présent, l’inspecteur était certain qu’il avait fait le bon choix, enfin, peut-être qu’il était encore un peu tôt pour le dire, mais il s’en fichait, de toute manière il était difficile de faire marche arrière à présent, difficile de dire qu’il n’avait pas fait exprès. La réponse à la question de la brunette était toute trouvée, enfin, disons qu’il avait déjà une petite idée de comment lui répondre, histoire de renvoyer la balle au centre, en utilisant des propos qui ne lui serait sûrement aucunement inconnu.

" Peut-être car vous essayez de me comparer au reste de la gent masculine, je mets un point d’honneur à ne pas leur ressembler plus que nécessaire… Je pensais que vous l’aviez compris, j’en serais presque déçu… "

Répondit-il doucement, fier de lui en plus, ce n’était pas souvent qu’il pouvait renvoyer la balle de la sorte, alors pour une fois, il espérait en profiter. Puis elle s’éloigna de quelques pas, rompant ce contact qu’il appréciait tant, pourtant il ne lui semblait pas avoir dit quelque chose de mal, ou alors il ne s’en était pas rendu compte, chose qui d’ailleurs n’aurait pas été surprenant connaissant l’individu.

Était-il attendu ? Peut-être, peut-être pas, il n’en savait strictement rien, et a vrai dire, ça lui en touchait une sans faire bouger l’autre. Dans tous les cas, il n’était sûrement pas attendu pour recevoir les félicitations, ce mot était sans doute inconnu de tous ces grattes papier de la hiérarchie, et puis même s’il devait être félicité, il refuserait, depuis quand faut-il être félicité pour avoir accompli son travail ? Encore une chose débile, un truc fait pour faire bon genre auprès de la plèbe, le monde était fait d’apparence et d’illusion, il le savait, tout le monde le savait après tout, mais il se refusait à l’accepter et à faire comme tout le monde.

" Peut-être… Est-ce vraiment important ? Cette affaire est finie, Richard est finie, la prostitution peut reprendre son cours dans la ville, nombre d’homme en seront heureux. Il ne reste plus qu’à prier pour qu’aucun imitateur fasse son entrée. "

Au final, même si cette histoire était terminée, il suffisait d’une seconde pour qu’elle redevienne un sujet de conversation, Garrett ne pourrait pas oublier, même s’il le voulait, personne ne pourrait oublier et il ne fallait pas oublier, par ce genre de chose, c’était bien trop grave pour se contenter de fermer les yeux. Finalement, l’inspecteur recula à son tour, venant s’asseoir sur le bord du lit, retirant son chapeau. Il ne lui avait toujours pas dit sur pour sa plaque, est-ce que cela avait une importance après tout ? Aurait-elle était inquiète qu’il est rendu la justice alors qu’il n’était officiellement plus inspecteur, et que selon les ordres de son supérieur, il aurait du rentrer chez lui et laisser les miliciens régler cette histoire. Peut-être devait-il se montrait honnête ? Peut-être devait-il lui avouer ? Il soupira doucement, se passant une main sur le visage.

" Mais non, je ne pense pas être attendu, et je n’aime pas assez la paperasse pour aller me perdre dans des rapports expliquant chaque étape de cette enquête, justifiant chaque coup de feu… Cela devient si long que s’en est presque ridicule. "

Avait-il finit par relever la tête, pour la regarder à nouveau.




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Lauren Hill
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Mer 23 Mai - 7:46
Irys : 884827
Profession : Journaliste / Reporter
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Je levais les yeux au ciel, esquissant un sourire mi-amusé, mi-gêné, en entendant sa réponse tout droit sortie de mon propre répertoire. Je dois avouer que la réplique était plutôt bien trouvé, même si l’affirmation n’en était pas moins fausse. Il s’agissait là d’une erreur que je n’aurai pu commettre, pas même à notre rencontre.

-Touché, répondis-je en riant légèrement.

Oh, j’ai largement eut l’occasion de rencontrer bon nombre d’hommes têtus, voir bornés dotés d’un fort caractère qui les rendait plutôt difficiles à supporter. Mais Catesby était différents de ceux-là, il ne rentrait pas dans cette catégorie, ni dans celle comprenant les bourgeois pompeux, froids et hautains… En réalité, il n’appartenait à aucune de ma connaissance, il était juste lui, avec ses défauts et toutes ses qualités. Même si les premiers sautaient littéralement aux yeux, camouflant les seconds les rendant totalement invisible de prime abord. L’on peut dire que Catesby n’apparaissait rarement sous son meilleur jour. Il fallait observer, creuser profondément pour trouver l’homme sous l’épaisse carapace qu’il arborait toujours… Même si j’avouais sans problème apprécier ce caractère bourru et son sens de l’humour déconcertant.

Puis finalement, l’ambiance changea brusquement, laissant place à la lourdeur apportée par cette sordide affaire. Certes, celle-ci était d’ores et déjà classée, Richard Reynaud ne pourrait plus jamais blesser personne, sauf peut-être en se débattant misérablement. Il finirait ses jours enchaîné à son lit dans une prison de cauchemars de synthèse qu’il avait lui-même créé.
Le tout dans un asile d’aliéné situé dans la région la plus froide et reculée de Daënastre. Malgré tout, cette ombre sinistre planerait encore un moment dans l’atmosphère déjà bien lourde du plan des versos. L’endroit ne manquait pas de meurtriers en devenir encore en manque d’imagination ou de courage n’attendant qu’une illumination qui leur ferait franchir le cap. En somme, un imitateur restait à craindre. Néanmoins, fort heureusement, aucun détail n’avaient percé le silence imposé à l’affaire, moi-même ne comptait pas les évoquer, me contentant finalement des grandes lignes simplement pour rassurer la population locale. Chose peu commune et presque frustrante pour la journaliste concernée que j'étais, mais le sujet était trop important, portait à bien trop de conséquences pour que je m’en soucie réellement.

-Vous avez fait votre travail, c’est donc à mon tour de faire le mien, lui signalai-je tandis qu’il s’asseyait sur le bord du lit. Travail qui consistera, une fois n’est pas coutume, à en dire le moins possible...

Je lui souris tout en me rapprochant pour me placer juste en face de lui avant de me pencher pour me saisir de son chapeau qui reposait à son côté. Je le fis tourner entre mes mains, l’observant sous toutes les coutures avant de m’arrêter un instant, plongeant à nouveau dans son regard. J’avais l’étrange pressentiment que quelque chose n’allait pas, il me semblait différent… Probablement un effet du changement d’ambiance passant de la tendresse à un sérieux, presque troublant. J’étais étonnée d’apprendre qu’il n’était nullement attendu, sachant que le travail de la milice était double. Il fallait constamment rendre des comptes à ses supérieurs et Catesby n’avait pas forcément agit de la manière la plus légale avec Richard… Même si la peine qu’il lui avait imposée me paraissait bien plus juste que des années de prison ou qu’une mort rapide offerte par le bourreau de la cour de justice.

Malgré tout, je ne souhaitais pas relever, préférant profiter encore un peu de sa présence à mes côtés, même si je ne savais pas réellement comment agir. Car si dans mon travail ou dans ma vie de tous les jours l’on pouvait facilement noter ma détermination, en cet instant je me trouvais totalement démunie. Esquissant un nouveau sourire, je plaçais son chapeau sur ma tête, l’ajustant grossièrement vers le bas, cachant presque mes yeux et mon regard hésitant.

-Et bien… dans ce cas…hésitai-je en remontant le bord du couvre-chef, Restez donc avec moi, enfin… si vous le souhaitez, bien entendu. Vous pourriez m’aider avec mon article, je vous ai donné un droit de regard dessus...

En l’ayant commencé, il ne me restait pas grand-chose à écrire sinon la finalité qui resterait évasive. Je n’avais pas réellement besoin d’aide, évidemment, ce n’était qu’une excuse pour le retenir encore un peu.

-Je pourrais nous faire monter un repas, la cuisine de l’hôtel n’est pas mauvaise et nous n’avons rien avalé depuis ce matin et encore...



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Garrett Catesby
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Jeu 24 Mai - 20:35
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À présent tout semblait calme, presque comme l’impression d’être les seuls occupants de l’étage, chose qui d’ailleurs ne dérangerait aucunement l’inspecteur, ainsi, ils ne seraient pas perturbés par des éclats de voix et des bruits de pas durant… Une phase d’action ?

Oui… Il avait fait son travail, enfin quelqu’un doté d’assez de bon sens dans cette ville pour s’en rendre compte. « Faire son travail », quelle drôle de notion, encore plus lorsque l’on avait l’impression de devoir le faire tout en respectant des conditions dictées par des scribouillards qui n’avaient jamais vu la lumière de l'extérieur si ce n’est à travers la vitre de leur bureau. De tels individus écrivaient les règles, et c’était à des types comme Catesby de devoir faire avec, drôle de notion effectivement.

Ses prunelles se posèrent sur la brunette, la détaillant, au fond de lui, il aimait être si près d’elle, enfin, disons que la chose ne se voyait pas forcément sur son visage, mais ça, c’était tout à fait normal. Néanmoins, c’est vrai qu’elle devait toujours écrire cet article, lui étant là… Bien sûr, il se douté qu’elle n’allait pas lui demander de l’aide pour l’orthographe, ou encore pour les belles tournures de phrase. Plutôt afin de voir en avant-première l’article, et de voir s’il n’y avait aucune information à « controverse », bien que d’une certaine manière, il avait a présent confiance en Lauren, et il la savait assez intelligente pour ne pas divulguer des détails.

Il trouvait que le chapeau lui sied plutôt bien, bon, il était peut-être un peu large pour sa tête à elle. En la voyant faire, il esquissa un sourire.

" Oui, je jetterais un coup d’œil, vous pourrez le signer : U.E ; Un Emmerdeur. "

Au moins, c’était direct, et il était prêt à parier que la jeune femme serait capable de le faire, enfin, inutile de parier sur quelque chose d’aussi certain tout compte fait.

Il n’était pas non plus contre cette idée de repas, après tout… La dernière chose qu’il avait mangée était une simple petite viennoiserie, suivit d’un café à la saveur discutable. Un vrai repas était sans aucun doute une bonne idée, et puis, cela lui donnerait un motif pour rester avec elle, à noter qu’il n’avait nullement besoin d’un motif, mais il n’allait pas cracher dessus pour autant.

" Il est vrai qu’un vrai repas ne nous ferait pas de mal, et cela te permettra de commencer le remboursement de cette lourde dette. "

C’était la première fois qu’il l'a tutoyé, et d’ailleurs, il ne l’avait pas fait volontairement, pendant quelques secondes, il avait voulu corriger son propos, mais finalement, au vu de la situation, il jugea que ce n’était nullement utile. Garrett se redressa, relevant doucement le bord du chapeau cachant le visage de la brunette.

" J’imagine qu’il s’agit d’un article où il vaudra mieux ne pas donner de nom, comme le mien par exemple, la plèbe n’a pas besoin de le savoir, ni personne d’ailleurs. Certains seraient encore capable de trouver le moyen de dire qu’il ne s’agissait que d’une façon de jouer les héros. "

Par le passé, le nom de l’inspecteur était plusieurs fois apparu dans des articles, souvent, l’on pouvait y lire qu’il insultait copieusement les journalistes, qu’il refusait tout commentaire, ou encore que c’est méthode n’avait rien de semblable avec celles des autres miliciens. Rien n’était faux d’ailleurs, Garrett assumait cela, il aimait aussi la réputation que cela lui faisait, au moins comme ça, les gens savaient à quoi s’attendre en le voyant débarquer quelque part, jouer sur la crainte des gens pouvait avoir une forme d’avantage.




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Lauren Hill
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Jeu 24 Mai - 23:09
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Je ne pus que rire franchement à l’entente de l’intitulé de la signature qu’il proposait. Je notais d’ailleurs l’idée dans un recoin de ma tête, la trouvant plutôt juteuse. J’aimais son humour discutable, même qu’en j’en faisais les frais. Peu d’hommes pouvaient aisément se targuer de me faire rire, ce n’était pas quelque chose de naturel pour moi. Pourtant, lui y parvenait régulièrement, sans grande peine, il est vrai… Ce qui n’était pas pour me déplaire, je dois bien l’avouer. Il était d’ailleurs tout aussi plaisant de le voir sourire, ce qui eut le mérite d’adoucir son visage aux traits durs sans rien enlever à son regard.

-C’est une bonne idée, j’en prends bonne note raillai-je en souriant à mon tour. Cela me rappellera mes débuts, du temps où l’on me demandait d’écrire sur la politique. L’un de ces articles est d’ailleurs signé : P.E, pour emmerder, seul Wis est au courant de la signification.

L’article en question évitait soigneusement de faire l’éloge de l’homme politique en question et de “ses idées novatrices pour la grandeur de la nation”. On me l’avait bien évidemment reproché puisqu’il avait gracieusement payé le journal pour cet article… Seulement, l’homme, dont je tairais le nom, n’avaient pas de “riche idée”, il n’y avait strictement rien de novateur que ce soit dans ses propos ou dans ses actes, bien au contraire. De ce fait, je me refusais d’obéir, ne pratiquant certainement pas ce travail pour passer la brosse à reluire sur quelques grands pontes. J’avais donc pris mon temps pour le rendre, poussant le vice jusqu’à le déposer moi-même à l’imprimeur sans passer par mon correcteur… L’article fut publié, puis je fus remercié par mon rédacteur en chef de l’époque. Depuis ce jour, plus aucun contrat ne me liait à un quotidien en particulier, ce qui me permettait d’écrire sur ce qui m’intéressait sans me préoccuper de mes supérieurs. Je n'étais finalement que sentimentalement attachée à “La Tribune”, et puis… Les rédacteurs me laissaient généralement champs libres, ce qui m’arrangeait, évidemment. La liberté de la presse commence par celle des journalistes, peu de rédacteur en sont conscients, ce qui est bien dommage.

J’étais ravie de l’entendre accepter mon invitation à dîner, car pour être franche, je n’avais nullement envie de le voir partir. Je fus néanmoins surprise par le tutoiement soudain et inattendu. Celui-ci semblait s’être échappé par mégarde bien que Garrett ne fit strictement rien pour se corriger. Tant mieux, je préférais cela aux “vous” trop guindés sinon distants et je n’avais pas envie d’une telle chose entre nous. J'accueillis donc cette “erreur” avec un sourire engageant lui signalant silencieusement que cela m’allait très bien ainsi. Après tout, les choses avaient d’ores et déjà changé entre nous, alors autant se débarrasser de cette marque de distance dont je ne voulais plus.

-Tiens donc, grognais-je gentiment. Et peux-tu me dire à combien s’élève cette lourde dette, je te prie ?

Mon sourire s’élargit de nouveau, provocant, me noyant une fois de plus dans ses prunelles sombres tout en me mordillant la lèvre tandis qu’il se relevait. Je dus lever la tête pour maintenir son regard en partie dissimulé par le revers trop large du chapeau. Tant pis, je m’attardais sur sa bouche, elle aussi offrait une vue agréable.

- Je ne citerais ni ton nom, ni celui des personnes que nous avons plus ou moins directement impliqué dans cette histoire. Je m’en tiendrai à celui des victimes et celui de Richard. C’est une question de principe, l’on ne sait jamais… Il arrive parfois qu’il y ait quelques répercussions, par conséquent, je préfère préserver l’anonymat.

L’on pouvait me qualifier de bien des choses, néanmoins, je veillais toujours à respecter certaines mesures de prudences. Celles-ci plus que tout autre, car n’importe qui pouvait lire le papier. Les histoires de vengeances n’étaient malheureusement pas si rares, autant nous en préserver. Je ne parlerais pas non plus de l’agression de ma soeur… Comme nombres d’autres détails qui se verraient soigneusement oubliés. Évidemment, Wis ne serait pas content de tout cela, tout du moins, le temps de réaliser la nécessité de cette auto-censure, ne serait-ce que par la mauvaise publicité que Richard allait apporter au journal qui l’employait. Cette raison-là suffirait à la direction qui se fichait éperdument de voir d’autres meurtrier courir les rues, puisque cela faisait vendre…

Pourtant, je trouvais les paroles de Garrett bien étranges. Son nom était apparu plus d’une fois dans les journaux, c’est d’ailleurs grâce à ceux-ci qui j’ai pu le reconnaître à notre rencontre. L’inspecteur Catesby n’était guère apprécié, sa réputation de milicien marchant sur la corde raide le suivait partout dans la capitale, connu de tous ou presque… Le Chacal, un surnom particulier, je n’en connaissais d’ailleurs pas l’origine. Alors qu’y avait-il de mal à le voir paraître une autre facette de lui ?

-Mais, dis-moi… Serait-ce si mal d’être vu comme un héros pour une fois ? dis-je en m’approchant assez pour le frôler tout en ôtant le chapeau afin de plonger mon regard dans le sien. Tu tiens donc tant à ta réputation d’odieux croquemitaine ? Parce que pour moi, c’est fichu.

Je me haussais sur la pointe des pieds pour aller de nouveau à la rencontre de ses lèvres, recherchant le contact perdu à regret un peu plus tôt.



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Garrett Catesby
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Sam 26 Mai - 17:50
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Profession : Inspecteur borderline
Daënar +1
Bien sûr que c’était une bonne idée, en générale, il avait souvent de bonnes idées, le problème était généralement sa façon de les appliquer. Cependant, il était satisfait de savoir que son idée plaisait à la journaliste. Et d’après ses dires, ce n’était pas la première fois qu’elle utilisait des abréviations pour signer un article, d’ailleurs, Garrett se disait qu’elle n’avait sans doute jamais mis son véritable nom. L’anonymat avait un grand nombre d’avantages, en particulier lorsque l’on écrivait des articles qui parfois, pouvaient être incendièrent. Visiblement, le tutoiement ne semblait pas la déranger, chose qui rassura l’inspecteur, le « vous » avait quelque chose de trop… Protocolaire. Et à présent leur relation ne semblait plus vraiment encline à suivre le protocole.

" Je crois que j’ai arrêté de compter… "

Il repensa à ces jeunes femmes mortes, à la domestique… Leurs vies n’avaient peut-être rien de fantastique, Garrett ne les jugeait pas, il ne se serait pas permis de cela, seulement, il se disait que la vie de prostituée ou de gouvernante ne devait pas être facile tous les jours. Mais même si la chose pouvait être difficile, finir comme elles avaient fini… Dans le fond, c’était des plus tragiques.

" Le nom des victimes… J’imagine que les prostituées devaient avoir de faux noms, quant aux autres, j’imagine que ne parleras pas de ta sœur, ni du cas de sa gouvernante ? Enfin, cette question n’a aucun sens, il est évident que tu n’en parleras pas. "

Et comment, avec un nom, certains fouineurs étaient capable d’accomplir des merveilles, il aurait suffi d’une once de volonté pour remonter une piste semée d'embûche, jusqu'à découvrir que l’affaire en elle-même avait fini par prendre un tournant personnel.

" Quel homme viendrait emmerder le croquemitaine ? Il y a pleins d’avantages que tu ne vois pas. "

Puis il resta silencieux quelques instants, repensant à cette histoire de héros… Sur ce point, il avait du mal à ne pas se montrer sarcastique, c’était même impossible d’ailleurs…

" Un héros… Les gens aiment bien avoir des héros, c’est facile de les considérer comme des modèles, pour ensuite mieux leur cracher dessus. Si les gens veulent un héros, ils n’ont qu’à aller voir le médecin qui s’est occupé de toi, et qui s’occupe de ses personnes qui crève de faim dans les quartiers glauque, lui, c’est un héros. Lui rien ne le force à s’occuper de tous ces gens, comme d’autres, il pourrait se contenter de fermer les yeux, mais il agit. Moi, arrêter les détraquer ou les éliminer, comme tu préfères, c’est mon travail, je suis là pour ça, rien de plus. "

Non, il était loin d’être un héros, mais ses pensées s’envolèrent vite dans un nouveau baiser. Dans un geste réfléchis, les mains de Garrett glissèrent dans le dos de la journaliste, se positionnant sous ses fesses afin de pouvoir la porter et la garder à son niveau pour continuer de l’embrasser. Lauren n’était pas bien lourde, et la porter n’avait rien d’extraordinaire, mais au moins, il pouvait se vanter de l’avoir fait sans prendre une gifle.




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Lauren Hill
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Dim 27 Mai - 8:47
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Depuis mon enfance, mon esprit n’a jamais connu le repos, fonctionnant constamment à plein régime, s’interrogeant sans cesse sur le pourquoi du comment, simplement, car il me fallait trouver une raison à tout. Cela me poussait à toujours chercher le fond des choses, jusqu’à gratter une épaisse couche de merde pour trouver mes réponses. Pas de demies mesures avec moi, cette chose-là n’existait pas, ou plutôt, je ne me l’autorisais pas parce que trop frustrant, trop incomplet. C’est aussi pour cela que tenais à avoir le dernier mot, à garder le contrôle sur tout quitte à me mettre en position délicate… Mais pourtant, cette fois, je laissais tomber les armes sans regrets, sans m’interroger plus que nécessaire sur ce fichu pourquoi du comment.

En répondant à mon baiser, Garrett envoyait tout balader. Même en silence, le croquemitaine alexandar en manteau long continuait de faire les choses à sa façon. Je n’aurai jamais accepté ça d’ordinaire, cette manière de me faire perdre pied littérairement ou non. Néanmoins, étrangement, cela ne me dérangeait en aucune manière. J’étais dans ses bras, prolongeant un baiser à la fois doux et profond, lui accordant toute ma confiance. Pourtant, nous ne nous connaissions pas tant que ça, je ne savais rien de lui mis à part son caractère facilement jugé comme discutable, sa volonté si semblable à la mienne même si ses méthodes étaient particulières. Par son tempérament, Catesby n’était pas l’homme le plus attirant qu’il soit, tout du moins lorsque l’on est doté d’un instinct de survie plutôt prononcé. L’on pouvait le comparer au vinaigre de l’expression “l’on n'attire pas les mouches avec du vinaigre”... Acide, piquant… Tout chez lui vous pousser à prendre vos distances, que ce soient ses regards constamment froids, ses traits durs, ses remarques acerbes et sa répartie détonante. Garrett Catesby n’était pas un homme des plus simple, la preuve, même moi, j’avais bien souvent du mal à le comprendre. Et pourtant… Je ne m’étais jamais senti aussi bien.

Je frissonnais en sentant ses mains glisser le long de mon dos, et ce, malgré l’épais tissu de ma robe. Je m’accrochais à lui, plaçant mes bras autour de son cou, tandis que mes pieds abandonnaient le sol pour me confier entièrement à la force de ses bras… Autant dire que cela ne me ressemblait pas. J’aimais garder le contrôle, que ce soit sur les autres ou sur moi-même, mais là… Tout ce que je voulais était de me rapprocher de lui en lui accordant toute ma confiance et autre chose, un sentiment encore inconnu qui prenait doucement naissance dans ma poitrine.

Une fois nos visages à la même hauteur, je m’écartais un instant, juste le temps de l’observer pour tenter de lire dans ses prunelles sombres. Peine perdue, Garrett gardait tout profondément dissimulé même s’il me parut différent. Je lui souris une nouvelle fois avant de repartir à l’assaut de ses lèvres, donnant instinctivement à ce baiser une touche plus passionnelle encore. J’en oubliai tout, l’enquête, l’article, l’état de ma sœur… Tout ce qui m’obsédait pourtant de nuit comme de jour depuis notre rencontre.

Au lieu de m’en préoccuper, je me collais à lui, me cramponnant à ses épaules faisant définitivement voler en éclats toute notion de convenance dont je n’avais finalement que faire. Plus rien d’autre que lui ne m’importait. Lui et moi, seuls, dans cette chambre familière dont j’avais d’ores et déjà oublié les contours. Je l'embrassais, avide de lui, de toujours plus sans me soucier du reste.



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Garrett Catesby
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Dim 27 Mai - 13:54
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Profession : Inspecteur borderline
Daënar +1
Combien de temps c’était-il écoulé ? Une heure ? Peut-être un peu plus, difficile de le dire avec précision, mais en tout cas, dehors, il faisait nuit. L’inspecteur avait dû tendre le bras pour allumer une lampe afin d’y voir un peu plus claire. La soirée était déjà bien entamée, il passa un bras derrière sa tête pour la relever un peu. Un léger courant d’air frais se glissa sous la couverture, longeant son corps avant de disparaître, il manqua d’avoir un frisson. Il tourna légèrement la tête, regardant la brunette couchée à côté de lui.

Garrett resta un moment allongé, à regarder le plafond puis à la regarder elle, restant silencieux, dans ce genre de moment, il ne savait pas vraiment si parler était une bonne idée ou nom. Au bout de plusieurs minutes, il se redressa finalement, assit sur le bord du lit, il cherchait du regard dans le tas de vêtements quelque chose lui appartenant. Fallait-il avouer que le tout avait été retiré avec un tel entrain, qu’il était difficile de s’y retrouver, du moins sans se mettre à fouiller.

Voilà un nouvel acte qu’il vaudrait mieux taire dans l’article, article qui d’ailleurs n’était toujours pas terminé suite à un… Petit contretemps, mais qu’il fallait tout de même finir, du moins si la journaliste désirait le voir publié le lendemain. Il repensait aussi un peu à lui, à sa plaque, à Yoren… Yoren, le sale type qui était venu se plaindre de violence… Comme une telle ordure pouvait venir pleurer et être écouté ? Une raclure, profitant de la faiblesse de jeunes femmes pour avoir de l’argent, peut-être même profiter d’elle dans tous les sens du terme, et il venait se plaindre comme un citoyen modèle pour être écouté… Certaines choses le dépassaient totalement, il ne pouvait pas comprendre, non, il ne voulait pas comprendre, il voulait simplement que justice soit rendu.

Lorsqu’il quitterait Lauren, il comptait bien passer voir la Siffleuse, et… Disons négocier un petit arrangement, si Garrett s’occupait de Yoren, la siffleuse elle, s’occuperait des jeunes femmes, leur trouver un endroit où vivre, peut-être même un travail, mille fois mieux que celui de catin. Il comptait bien régler ce petit « désagrément » une bonne fois pour toute, personne ne s’inquiéterait de la disparition de ce sale type de toute manière. Balayant ses idées noires, il pivota, venant doucement quérir un baiser contre les lèvres de la jeune femme.

" Et bien, j’imagine qu’il faut à présent s’occuper de cet article, et… "

Il se gratta le menton, feintant de réfléchir.

" Il me semblait avoir entendu parler d’un plateau repas non ? J’ai entendu parlé de beaucoup de choses, mais étrangement, je ne vois rien. "




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Lauren Hill
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Dim 27 Mai - 15:56
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Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
Il faisait nuit… Depuis combien de temps ? Je ne saurai le dire exactement. Disons seulement que je n’y avais plus accordé d’importance durant un moment assez long pour laisser le temps au soleil de retourner dans son nid. Allongés sur ce lit qui me parut alors bien plus petit que d’ordinaire, nous restions tous deux silencieux. Pour ma part, il n’y avait là rien de pesant, simplement un moment de calme après une bien agréable tempête. Tout s’était passé si vite que je peinais encore à réaliser ce qu’il venait de se produire… Le fait est que nous étions nus, dissimulés l’un à l’autre simplement par un drap et couverture, le sol de ma chambre se retrouvant parsemé de nos vêtements retirés dans la hâte, un peu plus tôt. Un autre cap venait d’être franchi en peu de temps, si bien que cela aurait pu paraître perturbant. Pourtant, je n’eus pas tant de mal à m’en accommoder, me contentant d’observer l’homme à mes côtés en me demandant s’il s’agissait de l’histoire d’une nuit ou si cela signifiait plus.

Il me parut évident que ce n’était pas une question à poser, puisque j’aurai également eut bien du mal à y répondre, même si je n’éprouvais nullement l’envie de me lever. Malgré tout, Garrett se releva, s’asseyant au bord du lit tandis que je le suivais des yeux. Je le voyais déjà ramasser ses affaires avec la ferme intention de partir… Parano Lauren ? Clairement oui, puisqu'une fois encore, ses lèvres vinrent à la rencontre des miennes.

Il marquait un point en évoquant l’écriture de l’article… Mes yeux se posèrent sur la fenêtre qui ne laissaient plus rentrer autres lueurs que celles des réverbères depuis un bon moment. J’allais me redresser lorsqu’il prit une mine pensive tout en parlant du fameux plateau repas. Amusée par ce culot purement feint, je me contentais de hausser un sourcil avant d’attraper prestement mon oreiller et de le balancer sans grande conviction sur l’inspecteur. Le tout, avec le sourire.


-Tu ne m’en as guère laissé le temps, inspecteur, raillai-je en me relevant pour tirer sur la cordelette du service d’étage.

Toujours nue, je m’empressais de trouver quelque chose à me mettre, juste histoire de ne pas apparaître dans le plus simple appareil devant le pauvre maître d’hôtel. Je ramassais un tissu blanc qui ne m’appartenait en aucune manière avant de l’agiter devant Garrett.

-Je t’emprunte ceci, lançai-je en enfilant la chemise de l’inspecteur et de me diriger vers la porte.

Je terminais de la boutonner lorsque le petit groom aux cheveux roux frappa à la porte de ma chambre. Je ne fis qu’entrebâiller le battant, afin de me dissimuler un minimum à la vue d’un gamin qui avait la fâcheuse tendance à rougir pour un rien… Alors, autant lui éviter la vision d’une femme à moitié nue.

-Bonsoir madame, vous avez sonné ?

-Bonsoir, je voudrais commander deux repas à la cuisine.

-Euh, c’est qu’il est tard, madame, répondit-il gêné. Le cuisinier est déjà rentré chez lui.

-Je vois, je n’avais pas vu l’heure, répondis-je avec déception tout en plaçant une main pensive sur le menton. Dans ce cas, pourriez-vous nous apporter ce que vous trouverez en cuisine ? Du pain, du fromage, des fruits… N’importe quoi pourvu que cela se mange. Ah et du café s’il vous plaît.

Le “nous” avait dû attirer son attention, puisque je le vis essayer de regarder à l’intérieur de la pièce… Et sans doute eut-il aperçu Catesby, car je vis alors son regard changer brusquement avant de s’en retourner vers moi pour répondre rapidement.

-Bien madame, je vous apporte cela dans quelques minutes, dit-il en tournant rapidement les talons.

-Merci ! lançai-je d’une voix haute pour qu’il puisse l’entendre depuis l’escalier avant de refermer la porte.


Comme annoncée, une desserte couverte de mets divers apparut devant ma porte, à peine quelques minutes plus tard. Durant ce temps, je préparais mon bureau, dispersant mes notes sur la table avant de m’attacher les cheveux. Je pus donc me mettre rapidement au travail, après m’être servi une tasse de café encore fumant, bien évidemment. Mes notes et les derniers événements de l’enquête encore en tête, il me fallut moins d’une heure pour achever l’écriture du papier. Et encore, cela uniquement car je pris le temps de grignoter çà et là et de demander régulièrement l’avis de Garrett. Une fois terminé, je lui tendis les feuillets à présent remplis de mon écriture empressée. Une fois son accord reçu, je rappelais le jeune homme pour lui demander d’apporter l’enveloppe contenant mon article jusqu’au journal, le tout, au pas de course. Pour cela, je n’hésitais pas à lui donner le billet adressé à l’inspecteur, un peu plus tôt. Au fond, il s’agissait probablement du plus important pourboire qu’il avait dû recevoir jusque-là.

-Une bonne chose de faite, déclarai-je en fermant la porte derrière le groom qui se trouvait déjà loin.

J'appréciais cet hôtel justement pour cela. L’endroit ne payait certes pas de mine, mais il restait confortable et plutôt fonctionnel, sans compter le service irréprochable, tout cela pour un prix dérisoire.

Je me tenais donc adossée à la porte close, portant toujours la chemise de Garrett que je ne quittais pas des yeux. Plus rien ne le retenait ici après tout, il n’y aurait donc rien d’étonnant que l’inspecteur ne décide brusquement que quelque chose de plus important ne l’attende ailleurs, même s’il avait affirmé le contraire quelques heures auparavant. Néanmoins, je n’avais aucunement l’envie de le voir quitter cette chambre, pas tout de suite en tout cas. Et je savais aussi que la subtilité n’était clairement pas son fort.

-Il est tard… Pourquoi ne pas rester jusqu’au matin ? demandai-je en plaçant mes mains dans son dos avant de l’embrasser de nouveau.



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Garrett Catesby
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Lun 28 Mai - 21:10
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Daënar +1
" Il est vrai, je suis coupable de ne pas t’en avoir laissé le temps, et j’assume. "

Il la regarda faire le tour du lit, son regard se perdant sur quelques courbes délicates. Alors qu’il allait prendre sa chemise pour se revêtir, une petite main se fit plus rapide que lui. Elle pouvait bien lui emprunter, après tout, lui pouvait rester torse nu, elle… Et bien disons que le groom aurait sans doute était surpris. Dans ce bout de tissu trop large pour elle, la journaliste avait… Disons qu’elle lui faisait un effet certain. Si le premier de leur rencontre, on lui aurait dit qu’il la verrait vêtue ainsi, il n’y aurait sans doute jamais cru, préférant se dire que ce n’était qu’une journaliste comme les autres, gratte-papier, et fouille merde. Mais il s’était planté, et dans les grandes lignes, elle se tenait bien devant lui, et il ne rêvait pas, ou alors était-ce le plus beau rêve qu’il avait fait depuis des années.

Il attrapa cependant son pantalon, car il ne comptait pas vraiment rester les fesses à l’air, encore plus si on venait apporter un plateau repas, l’inspecteur n’était pas du genre très pudique, mais il y avait tout de même des limites. Elle commanda et les choses s’enchaînèrent plutôt vite. Grignotant de temps à autre, écrivant, blaguant parfois. Lauren avançait son article et lui se contentait de zieuter par-dessus son épaule, tout en s’assurant une vue plongeante l'échancrée de la chemise, pourquoi ne pas faire d’une pierre deux coups après tout ?

L’article était enfin terminé, Garrett lui emprunta le tout quelques minutes le temps de lire rapidement, histoire de vérifier qu’une information sensible n’est pas échappé à la méfiance de la brunette, mais non, elle avait fait du bon travail. Il lui rendit finalement le tout.

" Et bien, si avec ça, ton rédacteur n’est pas satisfait, je commencerais à me poser des questions sur sa remise en forme. "

Il était évident que sans certains détails, l’article avait beaucoup moins de valeurs, c’était humain, les gens aiment le macabre, une certaine forme de curiosité morbide qui était difficilement contrôlable. Mais plutôt que d’attirer l’œil, il fallait surtout penser aux possibles retombées que l’article pouvait avoir, il fallait s’arranger pour que les dizaines de lignes racontent ce qu’il s’était passé, sans pour autant encourager un illuminé à imiter pour faire la une des journaux de toute la ville. Mais comme il était difficile de prévoir la réaction de certains, Catesby comptait bien se montrer méfiant durant quelque temps, surtout du côté des prostituées, et plus généralement sur les meurtres. Pire qu’un imitateur pur et dur, il pouvait encore tomber sur un type s’inspirant de ce Richard, pour commettre de nouveau crime, apprendre de celui-ci, afin de ne pas connaître les mêmes erreurs.

Puis enfin, ils furent de nouveau seul, plongés dans le silence nocturne. Rester ici… L’idée était plus que tentante.

" De toute façon, c’est toi qui as ma chemise… "

Souffla-t-il doucement contre ses lèvres quand elle revint contre lui. Instinctivement, ses mains glissèrent sous les pans de la chemise, caressant doucement ses hanches, puis ensuite ces flancs, remontant toujours un peu plus haut…




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Lauren Hill
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Mar 29 Mai - 11:17
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Pour certaines choses, Garrett n’était pas si difficile à comprendre. Inutile de prendre de détour avec lui, ni d’user de subtilité et autres faux semblants ancrés dans les mœurs de la haute société. Il suffisait de rester simple, naturelle ce qui en soit était plus que reposant. Je ne saurai expliquer ce qui nous avait rapproché et encore moins où cela allait nous mener. Pour être tout à fait franche, à cet instant, je m’en fichais totalement. Je me contentais de savourer le moment en sa présence sans me poser de question.

J’appréciais ses regards qui perdaient peu à peu de leur froideur pour se muer en quelque chose de plus… Chaleureux.

-C’est en effet un petit détail qui a toute son importance, murmurai-je à son oreille alors qu’un frisson me parcourut le flanc à mesure où ses mains grimpaient sous le tissu de la chemise. Belle observation, Garrett.

Autres baisers, autres caresses, autres frissons… Je laisserai les détails à la nuit en faisant le seul et unique témoin de cette rencontre. Elle n’est pas très bavarde, je sais que je peux lui faire confiance pour garder ce secret qui n’en est pas tout à fait un non plus, finalement.

Au matin du 11 février 933, je m’éveillais dans ses bras. Encore une chose inédite pour quelqu'un qui savait apprécier l’espace imposé par la solitude. Néanmoins, je dois bien avouer que le réveil fut aussi agréable que la découverte de la facette tendre de Garrett. Je savourais le contact matinal de sa peau contre la mienne sans pour autant prendre le risque de le réveiller. Les derniers jours furent particulièrement agités et ce n’était pas cette dernière nuit qui nous avait apporté le repos. Enfin…

Au bout d’un moment, je décidais néanmoins de me lever malgré mon envie de rester encore un peu lovée contre lui. L’affaire bouclée, l’article publié, il me fallait tout de même retrouver du travail et dans ce monde, rien ne vous tombe jamais tout cuit directement dans le bec. Contrairement à ce que les héritiers avaient tendance à croire. Ainsi, j’allais actionner une nouvelle fois la clochette afin de signaler mon réveil. J’avais mes habitudes et tous le savaient, je n’avais donc pas à prendre la peine de commander mon petit-déjeuner… Je ne doutais pas non plus que la présence de l’inspecteur dans ma chambre eût déjà fait écho parmi les employés de l’hôtel.

Quelques minutes plus tard, je trouvais une desserte derrière ma porte, garnie de viennoiseries, de pain, de confiture et de fruits… Ainsi qu’un pichet rempli de café fumant accompagné de deux tasses en porcelaine… En soit, un plateau bien plus remplis que d’habitude, puisque je me contentais généralement d’une tasse de café et d’une tranche de pain beurrée…

Que disais-je déjà au sujet de petits bruits courant rapidement dans les couloirs? Après tout, le garçon d’étage n’avait pas pris la peine d’amener lui-même la desserte jusqu’à l’intérieur, comme il le faisait pourtant chaque matin… Probablement par crainte de me trouver de nouveau en petite tenue, ce qui aurait finalement été le cas, puisque je portais toujours la chemise de Garrett.

J’y trouvais également un exemplaire de chaque quotidien alexandar comprenant tous la même Une. Enfin, presque, le mien restait le plus complet en information, malgré les détails non évoqués. J’apportais donc le tout à l’intérieur, pour laisser la desserte près de la table encore encombrée de mes notes et brouillons. Je déplaçais donc le tout sur la commode, pressée de boire mon premier café de la journée et de découvrir les divers articles présents dans les journaux. Sait-on jamais si une information nous avait malencontreusement échappée.

Une fois la table dressée, j’allais néanmoins réveiller Garrett en déposant un tendre baiser sur ses lèvres.

-Bonjour, toi murmurai-je en parcourant sa mâchoire de petits baisers. Le petit-déjeuner est servi...

Je m’écartais ensuite, lui laissant le temps d’ouvrir les yeux tout en me séparant de sa chemise pour enfiler quelque chose de plus....habillé. Enfin, j’allais m’asseoir à la table, servant deux tasses de café avant de m’emparer de l’un des journaux, parcourant rapidement la Une avant de passer au suivant, ainsi de suite. Jusque-là, tous se trouvait plus ou moins semblables et se contentaient de rassurer la population des bas-quartier alexandar leur assurant que le “boucher” ne servirait plus. En revanche, l’un d’eux attira mon attention… Portant une mention bien étrange qui n’apparaissait nulle part ailleurs. Je n’en étais pas au courant moi-même, même si je venais de passer la nuit avec le principal concerné. Je dus le relire deux fois, les sourcils froncés pour être certaine de ne pas me tromper. Je comprenais mieux la proposition de mon père de le représenter en cas de besoin, tout en laissant entendre que cela arriverait plus rapidement que prévu. Je me tournais donc vers Garrett, mon visage exprimant mon inquiétude me contentant de faire glisser l’exemplaire jusqu'à lui sans pour autant prendre la parole.

Il n’avait pas jugé bon de m’en parler, par conséquent, je ne lui posais aucune question jugeant qu’il avait ses raisons de me tenir ainsi éloignée de la réalité. Malgré tout, je ne pus cacher mon inquiétude à son sujet...

{Affaire à suivre...}



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