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Chroniques d'Irydaë
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 [Terminé] Affaire sous silence,

Garrett Catesby
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Lun 26 Fév - 13:30
Irys : 529897
Profession : Inspecteur borderline
Daënar +1
Que répondre à cela ? Si ce n’est avouer qu’elle avait raison. Il aurait été idiot de lui coller un pain. Il avait entendu raison, comprenant que mal réagir ne serait aucunement bénéfique pour son enquête, mais l’intervention de la journaliste, si elle avait eu le mérite de rappeler à Garrett de ne pas griller sa couverture, ne l’avait aucunement calmé pour autant. Les petites joutes verbales de mondain avaient… Le don de l’énerver au plus haut point, sans dire que le blondinet s’y croyait, avec ses grands airs, et son sourire… Il se contenta de répondre par un hochement de tête, laissant sous-entendre qu’il allait faire des efforts, de gros efforts même.

Mais plus que de se faire griller, le problème était que Vurkilber avait disparu, au début, l’inspecteur pensait avoir un problème de vue, sans doute aveuglé par le charisme impressionnant du blondinet. Mais non, aucun charisme aveuglant, et même la brunette ne le voyait pas. D’ailleurs, il ne voyait aucun visage connus, qu’il s’agisse du père, ou de la copie conforme. Il eut tout juste le temps de cligner des yeux que la jeune femme quitta son bras, et s’enfonça dans la foule. Catesby ne bougea pas, le regardant disparaître au milieu des têtes, robes, et autres costumes hors de prix. Il s’éloigna un peu de la masse, déposant sur un plateau la coupe qu’il avait finie. Il ne resta pas seul longtemps, un autre brun vint rejoindre le siens. Une petite blondinette, avec un cheveu sur la langue, d’abord surpris de la voir ici, Garrett comprit que cela n’avait sans doute rien à voir avec le hasard, il baissa légèrement la tête pour lui lancer un regard, avec de plonger son regard dans la foule.

" Je ne pensais pas te voir ici Anna, tu portes très bien la robe. "

" Que veux-tu. J’ai entendu dire qu’un certain inspecteur chevronné avait obtenu des invitations pour cette soirée. "

Sa voix était douce, légèrement mielleuse, un peu comme la voix d’une gamine qui taquine son grand frère. Et non, il ne s’agissait pas de la sœur de l’inspecteur, simplement d’une vieille connaissance, une des rares qu’il voyait encore.

" Tu sais ce qu’il se passera si je mets la main sur un de tes informateurs ? "

Elle opina du chef, tirant une petite moue boudeuse, avant de sourire légèrement.

" Ces mêmes informateurs sont aussi les tient. Ce que tu sais de moi, c’est grâce à eux. "

" Certes, mais je n’aime pas avoir deux ombres, une est amplement suffisant. Quelles sont les nouvelles de la rue ? "

Elle lui tira doucement le bras, ils firent quelques pas le long du mur, s’éloignant toujours un peu plus de la masse principale d’invités. La siffleuse resta silencieuse pendant plusieurs secondes, regardant la foule, avant de tourner la tête pour regarder l’inspecteur.

" Les gens s’inquiètent inspecteur, ils sont au courant, sans avoir de précision, la crainte gronde. "

" J’imagine que ce sera pire après. Il suffit de leur dire qu’un dégénéré traîne dans les rues, et nous aurons droit à notre vague d’imitateurs, ou de cinglés rêvant d’obtenir une gloire macabre. Et là, cela sera compliqué de le mettre hors course. "

" Oui, je comprends tes raisons, j’ai vu que tu étais en bonne compagnie. D’ailleurs, je vais te laisser, il serait bon de la retrouver... De drôle d'individus rôdent dans le coin tu sais... "

D’un pas de côté, la siffleuse s’écarta de l’inspecteur, se laissant aller aux milieux des convives. Cette petite rencontre ne lui avait rien appris, enfin, à moitié. La présence de la jeune femme ici signifiait qu’elle aussi cherchait à obtenir de nouvelles informations sur cette affaire. La connaissant, c’est sans mal qu’elle avait dû trouver un moyen d’obtenir des cartons d’invitation. L’inspecteur n’avait pas bougé de son coin, attendant tout simplement d’apercevoir la journaliste. Finalement, elle arriva rapidement à lui, essoufflé, mais en bonne santé.

Drogue ? Intéressant, Garrett avait déjà une idée de comment faire parler le blondinet, il suffisait tout simplement de l’attacher à une chaise, et de laisser le manque se faire. Loin de lui l’idée de faire cela ici, mais, s’il parvenait à le convoquer pour un interrogatoire dans les règles, se serait facile de le faire craquer. Le regard de l’inspecteur se posa doucement sur la journaliste, que faire ? Excellente question.

" Personnellement, je n’ai pas faim, attendons que notre ami nous fasse l’honneur de sa présence et de sa « bonne compagnie ». "

Le ton légèrement acide, Garrett marmonna quelques choses dans sa barbe.

" Votre sœur va bien ? "

Simple déduction. Qu’est-ce qui aurait pu pousser la brunette à foncer dans la foule, si ce n’est s’inquiéter pour sa jumelle ? Car visiblement, ce n’étaient pas les petits fours qui l’attirait. Il attendit une réponse, passant une main dans ses cheveux pour se recoiffer avant d'apercevoir la tête blonde revenir.

" Ah. Le revoilà. "




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Lauren Hill
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Lun 26 Fév - 18:39
Irys : 884827
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
La remarque de l’inspecteur m’arracha un sourire. Inutile de m’attarder sur mon égale absence d’appétit, je l’ai déjà largement assez mentionné, et celui-ci ne s’était guère arrangé, bien au contraire. Au moins, nous n’aurions pas à nous attabler au milieu de ces gens face à des assiettes garnies de nourriture colorée aussi grotesquement guindé que le reste de la demeure et de ses occupants occasionnels. Je m’en voyais donc soulagée, je dois bien l’avouer…

Toutefois, les atmosphères aussi tendues ont toujours eut le don de me mettre mal à l’aise… Et l’homme nerveux à mes côtés ne m’aider franchement pas à maîtriser mes propres nerfs déjà soumis à rude épreuve. À l’évocation de la “bonne compagnie” que représentait Vurkilber, je ne pus donc retenir une petite raillerie :

-Et bien inspecteur, vous sentiriez-vous piqué au vif?  Sinon je vais finir par croire que vous préférez réellement être accompagné d’un grand blond plutôt que d’une petite brune...

Pour marquer la plaisanterie, je lui offris un clin d’œil doublé d’un sourire amusé. Je savais que je jouais avec le feu, l’enquêteur ne semblait pas plus à l’aise que moi, et même si nous n’étions certainement pas là pour nous amuser, je me sentais tout de même dans l’obligation de lui extorquer un sourire. Allez savoir pourquoi…

Je repris aussitôt mon sérieux lorsqu’il prit la peine de demander des nouvelles de ma sœur. Il avait donc comprit la raison de mon abandon un peu plus tôt. J’étais pourtant partir sans rien dire… Enfin, qu’il ait compris cela ne semblait guère étonnant un esprit de déduction plus vif que la norme paraissait bien nécessaire à la pratique de son travail…

-Elle va bien, un de mes collègues lui tient compagnie. C’est elle qui m’a d’ailleurs apprit qu'Anston disparaissait souvent pour revenir dans quelques états qu’elle a elle-même qualifié d’étrange. Et d’après son regard, je ne pense pas qu’elle l’approche… Ce qui me rassure, vous en conviendrez.

Puis l’intéressé fit son apparition, sa simple vue m’arracha une grimace de profond dégoût. Mâchoires et poings serrés, je l’observais parader parmi les convives en affichant un étrange sourire, toujours plus malsain. Et, effectivement, sa démarche semblait moins bien assurée, quelque peu saccadée, même si son regard fier laissait à supposer le contraire. Autant dire que si je n’avais guère envie de l’approcher plus tôt, cela n’allait pas en s’arrangeant.

- Oui… Le revoilà, grinçai-je.

Je me demandais clairement ce que pouvait en penser son cher oncle. N’allez pas me faire croire que ce dernier n’en savait rien, ou peut-être mettait-il cela sur le compte de l’alcool… C’était une possibilité, moi-même n’avais fait le rapprochement qu’en raison de ses multiples éclipses… Quelques minutes à peine auparavant.

-Très bien, et que comptez, vous faire maintenant? Jouer sur son état pour l’arrêter ici? En plein milieu de la réception, sans preuve ?

Je posais les questions comme elles me venaient, suivant le fil de mes réflexions. Son état grotesque pouvait parfaitement passer pour un état d’ébriété bien avancé, celui-ci tenait d’ailleurs une flûte entamée dans sa main… Quelle possibilité nous restait-il? Le pousser à la faute? Je m’étais après tout portée volontaire pour servir d’appât… Chose qui datait du matin même. Étais-je prête à le faire ? Évidemment. En avais-je seulement envie ? Certainement pas. Mais je voulais que cette sombre histoire s’arrête, que cet être abject soit mis hors d’état de nuire. J'étais là pour aider l'inspecteur, je m'y tiendrais quoiqu'il arrive.

J’attendais donc sa réponse sans jamais quitter Vurkilber des yeux . Celui-ci ne semblait pas nous avoir remarqué, tout du moins pas encore, pourtant, il cherchait visiblement quelque chose…

-Devrai-je le rejoindre ?



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Garrett Catesby
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Lun 26 Fév - 21:17
Irys : 529897
Profession : Inspecteur borderline
Daënar +1
L’inspecteur devait bien avouer qu’elle avait un charmant sourire, on ne le voyait pas souvent, mais il avait le mérite de valoir l’attente. En tout cas, journaliste ou non, il préférait tout de même la compagnie de la « petite brune », à celle du grand au sourire de péquenaud.

" Je préfère la « petite brune », son regard et nettement moins malsain, et elle n’est pas non plus soupçonner de meurtre. Cela fait beaucoup de points positifs. "

La plaisanterie lui tira une risette, légère cependant, Garrett n’était pas vraiment du genre à sourire, principalement parce qu’il jugeait son sourire moins beau que celui de la brunette, et aussi parce qu’il n’aimait tout simplement pas sourire. Étrangement, l’inspecteur ne parvenait pas à se détendre, énervé, méfiant, ici, il avait l’impression d’être dans la gueule du loup, ce qui était le cas d’ailleurs. Et au-delà de ça, aucun plan B, rien. Au final, il se demandait même ce qu’il fichait là, il était plus qu’évident que Vurkilber n’allait pas leur offrir la preuve de l’année sur un plateau d’argent. Il se droguait et après ? Difficile de le prouver à moins de le prendre sur le fait. Il ne devait sûrement pas se promener avec sa dose sur lui, ni même la cacher sous son lit, Garrett imaginait déjà un petit coffre-fort dans un bureau richement décoré, caché derrière un tableau ou sous une late de plancher coulissante.

" Le plaquer au sol m’enchanterait, mais je crains déclencher un incident diplomatique. "

Que dire, que faire ? En vérité, Garrett ne savait pas comment prendre le blondinet à son propre jeu. Quant à cette histoire d’utiliser la journaliste comme un appât… L’idée semblait bonne, enfin, dans cet état second, il était évident qu’il tombe dans le piège sans même soupçonner quoique ce soit. Mais… Si jamais il y avait un problème… Pas devant tout l’assemblée bien sûr, mais il était facile d’emmener quelqu’un, de le faire disparaître au milieu des convives, et vu la taille de la demeure, il faudrait plusieurs minutes à Garrett pour la retrouver, si tentait qu’il soit en mesure de la retrouver. Le blondinet lui semblait parfaitement à l’aise, un équilibre précaire, une démarche un peu saccadée, mais il semblait toujours en état de faire la conversation avec les convives. Visiblement, d’aucuns, n’était perturbé par son attitude. Peut-être que l’état second était chose courante dans cette haute société ? Garrett n’était pas en mesure de le dire, mais il trouvait tout de même la chose plutôt étrange.

Il posa son regard sur la petite brune, se demandant toujours si c’était une bonne idée de l’utiliser comme appât.

" Vous savez que c’est une mauvaise idée, mais ça ne vous empêchera pas d’y aller pas vrai ? "

De toute manière, même s’il disait non, elle serait capable d’y aller d’elle-même, et donc, il serait obligé de la suivre pour éviter un drame éventuel. Visiblement, il n’y avait pas d’autre option que de l’envoyé au front, et attendre que Vurkilber fasse un pas de travers. Il essayerait d’être au plus près, afin d’intervenir en cas de besoin, et cela, de manière efficace.

" Si ça tourne mal, vous savez où taper n’est-ce pas ? "

Simple, mais redoutablement efficace.




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Lauren Hill
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Mar 27 Fév - 10:53
Irys : 884827
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
Un petit rictus, très léger… Assez toutefois pour le dérider un minimum. Je suppose que chez lui cela revenait à un vrai sourire. Je considérais cela comme une victoire, petite, car malgré ça, Catesby restait relativement nerveux, sur le qui-vive. Tout comme moi en réalité. Malgré le sourire et ma plaisanterie, je me sentais comme un poisson hors de l’eau au milieu de tout ce faste.

- Évitons l’incident diplomatique, effectivement, raillai-je en croisant les bras. En particulier, lorsque celui-ci risquerait de nous faire perdre nos places. Et mine de rien… J’aime quand même mon travail.

J’avais beau réfléchir, chercher une solution au problème, mais rien ne me vint… Mis à part l’idée énoncée déjà plus tôt. Cela ne semblait pas plaire à l’inspecteur, ce que je pouvais comprendre puisque cela ne garantirait rien. J’allais me mettre volontairement en position inconfortable, voir même dangereuse, sans aucune certitude d’en tirer quoique ce soit. Pour autant, nous n’avions guère le choix, l’autre solution étant de laisser couler, attendre de le prendre sur le fait avec la possibilité que le monstre s’envole dans la nature.

Mon regard glissa sur la salle, balayant l’assistance et l’homme en son milieu… Souriant, insouciant, il cherchait quelque chose du regard, ou plutôt quelqu’un… Probablement la petite brune qui lui avait assuré le rejoindre un peu plus tôt. Je poussais un long soupir avant de me retourner vers Catesby… Mauvaise idée ? Sans nul doute, néanmoins, c’était la seule que nous avions.

-Il me semble que nous n’ayons guère le choix, répondis-je en souriant légèrement.

Soit l’inspecteur commençait à me connaître, soit je fabulais sous l’effet du stress. Parce que oui, ma nervosité s’intensifiait rapidement… Je devais donc me reprendre… Et vite, sans quoi tout cela ne servirait à rien. Même dans son état, Vurkilber n’aurait aucun mal à deviner mon trouble, ma gêne évidente, tout du moins pour ceux me connaissant suffisamment pour voir ce que je tentais de cacher derrière un masque d’assurance totalement feinte.

Sa question eut le mérite de m’arracher un nouveau sourire. L’allusion semblait bien évidente et je dois bien l’avouer, l’envie de neutraliser cette ordure d’un coup bien placé dans la zone sensible de l’homme n’était pas pour me déplaire… En revanche, la situation qui m’y conduirait était à redouter.

-Je le sais… et plus encore, je ne suis pas du genre à me laisser faire, inspecteur, lui assurai-je.

Autre chose me dérangerait, peut-être plus que tout le reste : la salle habitude que peuvent avoir les hommes sous l’influence de drogue, riches à millions de surcroîts, à vouloir à tout prix faire consommer leur saleté à leur entourage… Et sans forcément leur demander leur avis. Je ne savais rien de la nature des stupéfiants qu’il ingurgitait lorsqu’il se retirait. Je n’en connaissais pas réellement les effets, simplement quelques rumeurs entendues, probablement pas fiable. Toutefois, je pouvais voir que personne ne semblait s’en inquiéter, la soirée n’était pas encore très avancée pourtant l’on pouvait déjà parfaitement distinguer ceux qui ayant déjà bu plus que la norme mondaine et protocolaire ne le permettait de ceux, plus sages, tenant à ce que leur réputation reste entière. Vurkilber se fondait donc dans la masse de ceux “qui n’en ont rien à faire” et passait facilement pour un ivrogne de plus. En cela, je pouvais me montrer fière de ma sœur, constatant que le légendaire instinct des Hill existait également chez elle.

Le regard du grand blond se posa finalement sur moi, je n’avais donc plus le loisir de reculer, ni même d’exprimer mes inquiétudes à l’inspecteur, concernant la drogue, en particulier. Voyant Vurkilber avancer dans notre direction d'une façon bien trop rapide à mon goût, je me contentais donc de lui murmurer.

-Surveillez mon verre, juste au cas où...

-Lauren! Vous voilà enfin ma douce, s’exclama-t-il en ouvrant les bras.

Je ne pus m’empêcher de tressauter, tiquant à la fois sur le geste et sur le sobriquet qu’il venait d’employer. Douce, moi ? Tu rêves mon grand…

- Je vous cherchais partout, je craignais même que vous soyez déjà partie. Sans même me dire au revoir, osa-t-il minauder, par-dessus le marché.

Reste calme, m’admonestai-je intérieurement. Souris.

-Oh non, rassurez-vous Anston. Vous n’êtes pas sans savoir que je ne me sens pas très à l’aise lors de ces soirées mondaines. Je n’avais pas très faim et Damian a eu la gentillesse de m’escorter dehors.

Anston leva alors les yeux vers l’inspecteur, lui offrant un regard dédaigneux avant de se reporter vers moi avec un nouveau sourire.

- Je comprends, laissons donc ces mondanités à ces bourgeois pompeux. Je peux vous faire visiter les jardins, ma tante à récemment fait planter de nouveaux parterres. Nous pourrions aller voir où en sont les fleurs.

- Des fleurs… En cette saison...Je suppose qu’elles en sont encore à ce cacher du froid en attendant le printemps... raillai-je, plus piquante que ce que je ne l’aurai voulu.

- Allons Lauren, ne me privez pas d’une ballade au clair de lune en votre compagnie pour quelques détails dont nous n’avons que faire vous et moi, lança-t-il en m’offrant un nouveau sourire ainsi que son bras cette fois.

Voilà donc le moment… Je me tournais vers Catesby, l’observant par-dessus mon masque assuré, bien que mon inquiétude se lisait aisément dans mes yeux vert d'eau, tout du moins, à qui sait le voir…

-L’on se retrouvera bientôt, n’est-ce pas Damian ? lui demandai-je en prenant le bras de Vurkilber avant de nous éloigner tout deux.

Comme il me l’avait annoncé, il me conduisit dans les jardins heureusement généreusement éclairés par divers lampadaires disposés çà et là des allées de buissons savamment taillés. Étrangement, mon guide gardait le silence, ce qui ne m’aurait absolument pas dérangé en temps normal, mais qui cette fois, ne faisait amplifier la sensation de danger. Aussi, je me décidais à rompre ce silence aussi gênant qu’inutile.

-Vous avez été absent longtemps, Anston. Avez-vous voyagé ? l’interrogeai-je avec un air innocent et faussement intéressé.

- Je suis ravi de voir que vous vous intéressez à moi, chère Lauren, répondit-il en me souriant de plus belle. J’ai effectivement voyagé, mais je suis resté en Daënastre, à mon grand regret. Tout comme vous, il me semble?

Une bien étrange question qui m’avait tout l’air d’une affirmation. Et en cela, il avait parfaitement raison puisque je n’étais rentrée à Alexandria qu’en janvier...

-En effet, je voyage beaucoup, comme l’exige la carrière que je me suis choisie.

- Et elle vous va à merveille. J’aime énormément vos articles, vos reportages et séries, en particulier. Le journalisme d’investigation semble parfaitement adapter à votre esprit curieux.

-J'apprécie le compliment, avouai-je d'un ton faussement touché.

- Mais je vous en prie, c’était parfaitement sincère. Néanmoins, je suis curieux moi aussi. N’avez-vous jamais peur ?

Tiens donc, voilà une question des plus inattendue. Je l’observais un instant, cherchant à en comprendre la raison avant de lui répondre, le plus sérieusement du monde:

-Il faudrait être stupide ou totalement inconscient, pour ne pas avoir peur, Anston.

- Et vous n’êtes ni stupide et inconsciente, n’est-ce pas Lauren? répliqua-t-il en plongeant son regard d’azur dans le mien avant de replacer une mèche derrière mon oreille.

D’accord… Si la situation pouvait paraître déjà bien étrange, voilà qu’elle venait de grimper d’un cran bien au-dessus. Son affirmation ne me semblait nullement innocente, bien au contraire. Tous mes sens se mirent alors en alerte m’indiquant, par la même, qu’il s’agissait du bon moment pour le provoquer… En espérant, toutefois, que l’inspecteur soit dans le coin.

-Et est-ce là le sentiment que vous cherchez à éveiller chez moi, Anston? répliquai-je en m’éloignant d’un pas sans pour autant détourner mon regard du sien. Ou alors préférez-vous trancher directement dans ma chair. Comme pour ces femmes dans les bas-quartiers. C’est pour cela que vous vous amusez à les taillader ? Payant en plus très cher le droit de pouvoir disposer d’elles comme il vous enchante. Afin de voir la peur et la douleur déformer leurs traits.

L’on peut dire qu’il semblait surprit par mon affirmation… Surprit et quelque peu contrarié..

- D’où tenez-vous cela ?

Cette fois, toute expression amicale disparut de son visage aux traits délicats. Bien au contraire, je pouvais à présent y lire une certaine colère retenue, caractérisée par l’éveil de son tic à son œil gauche.

-Ça, je peux le comprendre. Mais comment choisissez-vous celles que vous allez tuer ? Etait-ce celle qui ne l’exprimait pas assez? Ou trop peut-être ? Celles capables de vous dénoncer ? Moi aussi, je suis curieuse, Anston.

- Je n’ai jamais tué personne ! gronda-t-il alors avant de poursuivre en serrant les dents, Vous ne m’avez pas répondu, Hill. D’où sortez-vous cette histoire ridicule ?

- J’ai mes sources, affirmai-je en haussant outrageusement les épaules. Si vous arrivez à payer pour faire subir ce genre de choses à des êtres humains, il ne me semble pas si difficile de faire la même chose en échange d’argent et d’une protection non-négligeable. Les gens parlent, vendent père et mère pour cela, si cela peut leur éviter d’être la cible d’un fou furieux.

- Je...n’ai...tué...personne ! grogna-t-il carrément cette fois en approchant dangereusement de moi.

A chacun de ses pas en ma direction, je reculais de deux pas supplémentaire, voir trois. Ses TIC s’intensifièrent alors, donnant des airs grotesques à son noble visage. Étais-je effrayée ? Totalement, mais je ne pouvais néanmoins me permettre de renoncer.

- De trancher, torturer des pauvres femmes sans défenses à tuer, il n’y a qu’un pas, vous en conviendrez.

- Je vous interdis de proférer pareilles calomnies à mon encontre Lauren… Je n’ai fait que disposer du corps de femme généreusement payée pour. Elles se portaient volontaire pour cela, mais je n’ai jamais tué personne, ça, je peux vous l’assurer, ma douce. En revanche, si vous continuer à jouer ainsi avec moi, cela pourrait très bien changer.

-Tiens donc, vous en venez aux menaces maintenant ? Aurai-je touché un point sensible ? Il me suffirait de crier, je suis très forte pour me faire entendre figurez-vous.

- Encore faudrait-il que vous en ayant l’occasion, ma belle.

A peine eut-il terminé sa phrase, qu’il franchit la distance qui nous séparait jusque-là. Sécurité bien illusoire, il est vrai… Puisque son poing atterrit vilement sur ma joue, ce qui me fit tomber au sol… Aïe, ça fait mal en fait… songeai-je en me redressant pour m’asseoir tout en portant ma main à l’emplacement, fort douloureux, du coup que je venais d’encaisser. Le goût franchement écoeurant du sang empli alors ma bouche, me forçant à me délester de l’hémoglobine directement sur les jolis petits gravillons beiges.

-Joli coup, digne d’un parfait salopard, le provoquai-je de nouveau.




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Garrett Catesby
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Mar 27 Fév - 18:01
Irys : 529897
Profession : Inspecteur borderline
Daënar +1
Le choix, visiblement oui, rare était les fois où l’inspecteur avait eu le choix, la plupart des gens avait l’habitude de sortir la légendaire phrase : « On a toujours le choix ». Bizarrement, dans certaines situations, Catesby avait l’impression que cette phrase n’avait aucun sens, dans la situation actuelle par exemple. D’un côté, il avait envie d’arrêter ce salopard de neveu, et de l’autre, il ne voulait pas risquer d’utiliser la journaliste comme appât. Comment expliquerait-il au paternel la chose si cela ne se passait pas comme prévu ? Il n’avait pas vu William Hill pendant très longtemps, mais un homme qui met en garde sur la sécurité de sa fille, on ne le remet pas en question, on l’écoute et l'on fait avec. C’est pour cela qu’il émettait quelques réticences à procéder de la sorte. Il lui suffisait de poser un regard sur la journaliste pour comprendre que la chose était plus que malsaisante pour elle, et que d’une certaine manière, elle comptait sur lui pour agir si la situation tournait mal, ce qu’il comptait faire. Il était cependant content de savoir qu’elle n’était pas du genre à se laisser faire. L’image de petite femme fragile s’estompait quelque peu, même si elle était encore présente dans son esprit.

" C’est promis. "

Le verre… À vrai dire, il n’était pas sûr que le blondinet soit assez idiot pour mettre directement quelque chose dans le verre de la jeune femme, si jamais Lauren s’en apercevait, ou si quelqu’un d’autre le voyait, il pourrait difficilement le nier. Et puis, vu le prix auquel il devait payer son petit remontant de soirée, il n’allait sûrement pas partager comme ça. Il la regarda s’éloigner doucement, s’approchant de l’autre taré. La brunette avait eu d’ailleurs la bonne idée de la rappeler la présence de l’homme se tenant tout juste un mètre derrière elle, le regard que lui lança Vurbilker était… Disons simplement que si Garrett avait eu l’occasion de lui mettre un coup de tête, il l’aurait fait sans une once d’hésitation. Un tour dans le jardin ? Pour voir les fleurs ? À cette époque de l’année ? Non mais, autant le dire tout de suite s’il les prenait pour deux débiles. Le blondinet devait sans doute se prendre pour un charmeur né, mais proposer d’aller voir des fleurs alors que la température parvenait à être négative le matin et en fin de soirée, charmeur peut-être, mais jardinier sûrement pas… Garrett soupira, suffisamment fort pour que lui, tout comme la brunette puisse l’entendre, difficile de dire si la chose était voulue ou non.

Avant de partir, elle confia à l’inspecteur un dernier regard, le genre de regard qui en disait long. Elle était inquiète, très inquiète même, mais son envie de découvrir le pourquoi du comment, faisait qu’elle ne reculait pas, Catesby, hocha doucement la tête. Tous deux s’éclipsèrent au milieu des invités, l’inspecteur ne perdit pas une seconde et se lança derrière eux, il gardait cependant une bonne distance, mais ne faisait pas pour autant mine de simplement se pavaner dans la pièce, cela se voyait qu’il suivait quelqu’un. Son regard se posa sur la sœur la journaliste, celle-ci se tenait dans un coin, accompagné d’un homme qu’il n’avait jamais vu, probablement cet « ami » dont elle lui avait parlé. Le père lui, était un peu plus en arrière discutant avec un autre groupe de personne. Au coin d’un corridor, l’inspecteur descendit plusieurs marches d’escalier, continuant de garder une bonne distance. Le jardin était assez grand, et sur deux étages, enfin, façon de dire qu’une partie était un peu enfoncé dans le sol. Garrett se glissa hors de la demeure, et resta sur la partie surélevée du jardin, gardant un point de vue sur les deux promeneurs légèrement plus bas. Marchant de l’autre côté d’une haie, autant dire que le comportement de l’inspecteur aurait pu semblait des plus suspects pour quelqu’un venu fumer en dehors de la maison, n’importe qui se tenant devant une fenêtre aurait pu le voir se mouvoir dans l’ombre des buissons.

À un détour, il se retrouva presque au-dessus d’eux, le sentier montait légèrement. Il pouvait presque sauter par-dessus la haie tellement la différence de niveau était importante. Il écoutait attentivement leur propos, et comme il s’y attendait, elle n’hésitait pas à le provoquer… D’ailleurs, il ne lui avait pas demandé de faire cela, jouer l’appât était une chose, jouer l’appât et provoquer en était une autre. Sous le coup des accusations de la jeune femme, le comportement de Vurkilber se fit… Plus agressif, si bien qu’il prenait un malin plaisir à utiliser sa stature pour l’impression. Sentant venir l’heure de lui coller son poing dans la figure, Garrett se déplaça rapidement jusqu’au croisement des deux niveaux du jardin. Il vit le poing de blondinet s’abattre sur la joue de la brunette. Agression, un motif tout à fait valable pour être arrêtée. Vurkilber, devait s’apprêter à la frapper une nouvelle fois, du moins c’est ce qu’il voulait sans doute faire, cependant, il n’avait pas vu l’inspecteur arriver. Le coin de sa canne rencontra un peu violemment la tempe de l’individu, qui recula en se tenant la tête, il grogna, mais n’eut pas le temps de faire quoi que ce soit. Le poing de l’inspecteur s’abattit sur sa joue à son tour, plus violemment que le coup que celui-ci avait donné à la journaliste sans aucun doute. Déjà, il l’avait pris de haut au premier regard, le raillant comme s’il n’était qu’une simple merde, et il avait levé la main sur la jeune femme, deux motifs amplement suffisant pour mettre toute sa force dans le coup et s'assurer qu'il le sente bien.

Vurkilber s’écroula. Pour finir, il lui un envoya un coup de pied dans le ventre, le faisant se replier sur lui même en se tenant le ventre. Ça, c’était uniquement pour le plaisir de la chose. L’inspecteur s’approcha de la jeune femme, s’accroupissant pour l’aider à se relever.

" Désolé… Je suis arrivé un peu tard. "

Il pensait avoir mis le blondinet inconscient, mais celui-ci lâcha un léger râle, un peu comme quelqu'un qui venait de se casser quelque chose en glissant dans les graviers, quel malheurs...




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Lauren Hill
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Mar 27 Fév - 21:45
Irys : 884827
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
Vous ne me croiriez peut-être pas, mais il s’agissait du premier coup que je dus encaisser… Et inutile de vous dire que je n’appréciais que très moyennement l’expérience, voir même pas du tout. Bon sang, ça faisait sacrément mal quand même. Néanmoins, cette caresse musclée valait le coup, et même si je ne cautionnais en aucune façon les méthodes douteuses de l’inspecteur, je fus tout de même ravie de le voir arriver… Et d’agir à sa façon… Je pris même un certain plaisir à voir ce monstre goûter à son propre remède, pour une fois, c’était à lui de souffrir. Je ne pouvais m’empêcher de penser à Gisèle ou à toutes ses femmes que Vurkilber s’était amusé à torturer… Mais était-il réellement coupable ? Après tout, il avait affirmé le contraire, sans contredire toutefois mes accusations concernant les multiples lacérations infligées aux prostituées. Il n’y avait là pas de réels aveux et légalement cela ne valait rien… Je n’avais donc pas d’autres choix que de le provoquer, cherchant l’acte qui permettrait une arrestation en bonne et due forme. Tant pis donc pour ce bleu que je devrais arborer quelque temps, si cela pouvait permettre à l’enquête d’avancer, tant mieux.

Je me massais la joue tandis que l’inspecteur s’accroupit face à moi. Je souris à l’entente de ses excuses… avant de grimacer… parce que aïe quand même. Et même si je n’allais certainement pas l’avouer, j’étais tout de même légèrement sonnée… Aussi, le bleu qui ornait mon visage n’était probablement pas le seul à en juger par la douleur ressentit au niveau de la hanche qui avait encaissé la chute. Bref, je ne devais pas avoir fière allure, mais je n’allais pas me laisser abattre pour autant.

-Ne vous excusez pas, vous êtes pile à l’heure, me permis-je de plaisanter.

Je me relevais, époussetant la poussière qui recouvrait à présent ma robe noire… Les cailloux, c’est bien joli… Mais la poussière, ça tâche…

J’avisais Vurkilber qui me semblait alors bien misérable sur le sol. Si ma joue était probablement enflée et déjà bien bleue, la sienne faisait sacrément peine à voir… Enfin, peine… Tout est relatif, disons surtout qu’il devait avoir sacrément mal et je n’allais certainement pas l’en plaindre…Bien au contraire. Cet homme-là aurait mérité bien pire, qu’il soit coupable ou non des meurtres pour lesquels il se trouvait être le principal suspect.

-Vous n’y êtes pas allé de main morte… constatai-je à voix haute. Et maintenant?

Je me demandais toutefois ce que l’inspecteur avait entendu de notre conversation. Est-ce que quelque chose d’intéressant pouvait être tiré de cette histoire? Le fait est que nous n’avions pas été aussi discret que je l’aurai voulu, quelques curieux se pressaient déjà à la terrasse avec en tête de file, mon cher paternel qui nous lançait quelques regards noirs…

La scène me fit bien évidemment soupirer, j’allais devoir affronter les foudres de maître Hill… Et certainement d’autres, par la même occasion. J’adressais un nouveau sourire à Catesby, montrant ainsi que je me moquais bien de tout cela.

- Hum… Ai-je l’air assez présentable pour assurer quelques remontrances ?




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Garrett Catesby
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Mer 28 Fév - 20:40
Irys : 529897
Profession : Inspecteur borderline
Daënar +1
Pile à l’heure… C’était une façon de voir le verre à moitié plein. Il avait bien de les suivre, il avait ainsi entendu une bonne partie de la conversation. Le blondinet semblait avouer avoir… Fait des choses moralement douteuses aux jeunes femmes, mais avait refusé d’admettre les avoir tuées, pourquoi avouer l’un si c’était pour nier l’autre ? Cela n’avait pas vraiment de logique, à moins qu’il ne s’agissait encore qu’une d’une simple provocation. Provocation ou non, Vurkilber n’était à présent plus en état d’ouvrir, ni de bouger d’ailleurs, recroqueviller sur lui-même, dans les graviers, il faisait presque peine à voir, tout en étant véritablement à sa place. La journaliste se remit sur pied, sans l’aide de l’inspecteur, il fallait aussi avouer qu’il ne s’était pas vraiment proposé pour l’aider non plus.

Sa remarque lui fit poser les yeux sur l’homme au sol, de toute manière, coupable ou non, il avait bien mérité ces quelques coups, au moins, comprendrait-il ainsi que même avec son rang de neveu de gouverneur, il n’était pas pour autant protéger des raclées préventives, et tout n’était pas encore fini. Et maintenant… Et bien, il ne restait pas vraiment plusieurs possibilités, il fallait prévenir les miliciens, et conduire le blondinet au chaud, le mettre à l’abri comme un vieux bibelot, et le laisse tranquillement attendre dans un coin. Ça, c’était le plan de l’inspecteur, s’il était aussi accrocs à ces substances pour en prendre plusieurs fois par jour, Garrett se disait que le laisser dans une cellule avec du pain et de l’eau finirait par créer une sensation de manque intense. D’une certaine manière, la chose se rapportait à une forme de torture, sauf qu’il n’utilisait aucun objet, si ce n’est le temps. On ne pouvait tout de même pas l’accuser de ne pas donner sa dose à un droguer ? Quel heureux hasard.

" Et bien, j’imagine que vous ne le voulez pas dans votre chambre ? Alors, je compte bien lui faire passer quelques nuits en cellule. Je me demande ce qu’il aura à raconter pour sa défense d’ici quelques heures. "

Étrangement, Catesby sentit le regard de la journaliste se porter sur quelque chose derrière lui, il tourna la tête, se rendant compte que déjà plusieurs invités se tenaient debout sur la terrasse surplombant le jardin. L'inspecteur réajusta son costume.

" Parfaitement convenable Lauren, tout comme moi. "

Pourtant, personne ne l’avait vu sortir non ? Lauren n’avait pas crié, Vurkilber non plus… Avait-il tapé assez fort pour que l’impact puisse t’être entendu dans le hall où tout le monde parlait et riait ? Quelques invités s’étaient même dirigés vers eux, et en première ligne, le patriarche. Avec sa joue devenant légèrement bleutée, Garrett ne pouvait qu’imaginer ce qui allait suivre, même s’il n’avait pas vraiment de cette partie du plan avec Lauren comme appât.

En voyant Vurkilber à terre, William Hill ne posa aucune question, se contentant de poser son regard dur sur sa fille, puis sur l’inspecteur. Les autres invités quant à eux, essayaient d’ores et déjà d’aider le blondinet à se relever, un regard noir de l’inspecteur suffit pour les faire s’arrêter, il croisa le regard d’un domestique venu voir ce qu’il se passait, Garrett l’attrapa par l’épaule.

" Prévenez-moi la milice, dites-leur qu’il y a un paquet à récupérer. "

Le domestique acquiesça vivement, puis s’en alla presque en courant. Un homme parmi les inviter leva la tête, regardant l’inspecteur.

" Vous êtes qui vous ? D’où vous donnez des ordres ? Pourquoi Monsieur Vurkilber serait emmené par la milice ?! C’est vous qui l’avez mis dans cet état ? "

" Inspecteur Catesby, « monsieur » Vurkilber est mis aux arrêts pour agression, et pour coups et blessures volontaire. "

Sa réponse se fit sur un ton cassant.

" Sornettes ! C’est de la diffamation ! "

La réaction de l’inspecteur ne se fait pas attendre, il attrapa à son tour le petit freluquet qui semblait en tout point être la grande gueule du groupe, des lunettes, une chute des cheveux bien avancée malgré un jeune âge… Il le tira prestement vers lui.

" Regardez la joue de madame Hill, et osez encore me parler de « diffamation » et de « sornettes ». Allez-y, j’vous écoute grande gueule. "

Un silence, le petit homme ne répondit rien, si ce n’est une goutte de sueur perlant le long de son front. Garrett finit par le lâcher en le poussant en arrière pour qu’il retourne parmi le reste des invités. William Hill ne l’avait pas quitté des yeux, il pouvait sentir son regard sur lui. Il se doutait que l’homme ne parlerait aucunent en public, mais qu’une fois en privé, il risquerait de lui passer un savon, à lui comme à sa fille d’ailleurs. La soirée s’annonçait encore longue…




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Gwen Feien
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Jeu 1 Mar - 10:53
Irys : 1706828
Profession : Voleuse
Guilde +1 (femme)
Bon, bah, puisque personne ne semble intéressée par moi, je ne me présente pas. Ça me va très bien, pas la peine d’inventer un faux nom ou avoir recours à une fausse identité comme l’inspecteur. Je note bien sûr cette information dans un coin de mon esprit, ça pourrait servir. Je pourrais en informer M.Strauss par exemple ? Ou tout autre personne dans ce domaine, mais pas gratuitement. Je les laisse blablater avec ce type désagréable en restant en retrait. Finalement, c’est peut-être une bonne chose que Lauren n’est pas fait les présentations. Je ne remets pas en doute sa mise en garde. Et je compte même la suivre. Je n’ai aucune raison de m’approcher de lui pour vérifier ses dires. Je ne me mets pas en danger pour m’amuser…

Je les suis en allant encore plus lentement qu’eux. Autant que je m’éclipse maintenant finalement. L’inspecteur même s’il est toujours là ne me prête absolument pas attention, il a visiblement d’autre chose en tête et il en va de même pour la journaliste. Ils pourront peut-être me servir d’alibi si les choses tournaient mal ? J’y crois pas trop…

Bref, alors qu’eux entrent dans la salle du buffet je m’éloigne vers les sanitaires, vides. J’attends quelques minutes la porte à peine entrebâillée pour voir quand la voie est enfin totalement dégagée. Puis dès que l’occasion se présente, je file vers les escaliers que je monte quatre à quatre. Normalement, tous les serviteurs devraient être occupé en bas, je suis tranquille pour mon exploration. Je commence par la gauche. La première porte est ouverte mais donne sur une pièce sans intérêt, je continue. La deuxième est fermée mais rien que mes outils ne me permettent d’ouvrir. Mais c’est une chambre d’ami, rien d’intéressant non plus ici. Je vais vérifier sur quoi donne la porte dans la pièce et comme je m’y attends c’est une autre petite chambre pour un serviteur… Rien d’intéressant. Je ne dois pas être dans la bonne aile mais mieux vaut tout vérifier.

Je m’apprête à ressortir quand j’entends la porte s’ouvrir. Je me colle derrière la porte de la petite pièce regardant par le fin espace. L’individu qui entre ne prend pas la peine d’allumer et va directement à la table de chevet, ou du moins c’est que je devine, pour en sortir quelque chose. Il me tourne le dos et j’en profite pour jeter un coup d’œil. Un invité du gouverneur, un proche, qui sniff dans son coin ! Il est beau l’entourage du gouverneur ! Une fois sa petite affaire terminée, il range le tout et sort pour rejoindre la partie. J’en profite pour aller fouiller son tiroir, rien évidemment. Il doit y avoir un compartiment secret. C’est plus par curiosité, au cas où quelques irys seraient stockés avec. Je ne me drogue pas et je n’en vends pas non plus. Je ne vole pas n’importe quoi ! Mais rien. Si je lui prends son sachet quand même, c’est juste pour brouiller les pistes. N’allez pas penser autre chose !

De l’autre côté du couloir, c’est plus ou moins la même chose, sans interruption cette fois. Je jette un coup d’oeil du haut des escaliers, le buffet à l’air de toujours aller bon train. En tout cas personne dans le couloir. Très bien. Je vais pouvoir m’attaquer au côté droit. Là, il ne me faut pas longtemps pour tomber sur le bureau du maître maison. Incroyablement pompeux comme son discours. Des rideaux de velours aux fenêtres, un plancher épais et massif, une bibliothèque avec plus de livres qu’il ne doit en lire et des tableaux. Il y a même des photos encadrées sur son bureau, signe incontestable de richesse. Sur l’une d’elle je reconnais le blondinet, un peu à l’écart des autres membres, la brebis galeuse de la famille ? Qu’importe. Je commence par farfouiller les tiroirs puis les petites portes de placards du bureau. Il y a un petit coffre qui n’attend que d’être ouvert.

Mais des éclats de voix m’arrêtent dans mon entreprise. Je ne remarque qu’à ce moment là qu’une des doubles fenêtres donnant sur le jardin est entre-ouverte. Heureusement pour moi, il n’y a personne sur le balcon, bien qu’il devait y en avoir une il y a pas longtemps. Alors que je m’en approche je distingue clairement l’odeur de fumée d’un cigare. Je jette un coup d’œil en contrebas pour voir le couple au centre de l’attention. Par leur faute la fête est gâchée, et plus important encore, la milice va venir fouiner ici ! Tss. Inutile de rester ici plus longtemps. C’est devenu trop risqué, le propriétaire ou un servant pourrait venir ici à tout moment. Alors que je pars j’entends ces derniers mots :

" Vous êtes qui vous ? D’où vous donnez des ordres ? Pourquoi Monsieur Vurkilber serait emmené par la milice ?! C’est vous qui l’avez mis dans cet état ? "

Alors que je retourne dans le couloir du rez-de-chaussée je croise le domestique en route pour le téléphone de la maison, encore un signe de richesse et de pouvoir. Pour ma part, je me dirige vers Lauren, j’aurais pu partir sans rien dire et sans que personne me remarque mais j’ai une petite idée pour leur facilité la vie. Celle du journaliste, l’autre ce n’est qu’accessoire ou plutôt collatéral.. Je me faufile à travers les curieux bloquant l’entrée du jardin et me joins au groupe plus restreint autour du couple.

« Vous devriez lui mettre ceci dans les poches pour faire taire les récriminations. »

Bien sûr, je lui ai parlé doucement à l’oreille tout en glissant discrètement le petit paquet incriminant dans les mains. Elle en fera ce qu’elle voudra. Maintenant, je peux partir si personne ne me retient. Je n'ai pas envie de m'attirer le courroux du type qui les foudroie tout les deux des yeux.




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Gwen parle en #0033ff
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Lauren Hill
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Jeu 1 Mar - 15:24
Irys : 884827
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
C’est moi où tout cela devenait grotesque ? Je reportais mon attention sur nos charmants spectateurs me demandant qui avait pu bien donner l’alerte afin d’attirer tout ce beau monde sur cette fichue terrasse. Tout aurait pu se dérouler à huis clos sans provoquer cet étalage ridicule, mais pourtant, c’était bien l’inverse qui était en train de se produire...

Mon père, en bon avocat qui savait imposer sa prestance et son autorité d’un simple regard ne nous quittait pas des yeux. Je repérais également Gale, toujours en compagnie du journaliste qui semblait se repaître du spectacle… Bah, voyons, le contraire m’aurait étonné. Une soirée ennuyeuse se changeant en agression dans le jardin, il n’y avait pas plus vendeur. J’espérais seulement que cet idiot ne mentionne pas mon nom dans son article… Je signais les miens sous un pseudonyme ce n’était pas pour voir mon identité avidement citée dans un vulgaire article de fait de société.

Tandis que l’inspecteur se prenait gentiment le bec avec l’un des partisans du gouverneur et de sa famille, je vis apparaître une petite frimousse blonde à mes côtés. Quelques confidences, un poids supplémentaire dans ma main… Que je n’eu aucun mal à identifier, je lui adressais un franc sourire avant de la prendre dans mes bras comme si celle-ci était venue rassurée sa pauvre amie victime d’agression.

-Merci à toi pour ton aide précieuse, file d’ici avant que les miliciens n’arrivent. Je te revaudrais ça.

Je profitais que toute cette charmante attention soit dirigée vers Catesby et sa nouvelle victime pour le diriger vers Vurkilber. Je lui lançais un regard noir, bien qu’il me semblait encore trop sonné pour me voir réellement. Je passais mon bras sous son épaule pour l’aider à se relever, ou tout du moins le faire croire, car de ma main gauche, je plaçais discrètement le petit cadeau de Gwen dans la poche de son veston. Évidemment, cet homme-là était bien trop lourd pour moi, alors je regardais la populace mondaine pressée au balcon avant de gronder :

-Au lieu de jouer à “qui est là meilleure commère”, quelqu’un pourrait m’aider à le faire rentrer avant qu’il n’attrape la mort ?

Tout est dans le sens du spectacle. Ne jamais montrer un geste sans intention derrière, sans quoi, il aurait tout l’air de suspect. Il ne fallut guère de temps pour que deux hommes ne se détachent de la masse bourgeoise pour me décharger de ce poids inutile. Les miliciens déjà présents, escortèrent le blondinet jusqu’à un bureau vide en attendant les ordres de l’inspecteur tandis que maître Hill franchit les marchés qui nous séparaient… Il n’y en avait d’ailleurs pas assez puisque celui-ci ne tarda pas à se retrouver face à moi afin de m’offrir un regard que je ne connaissais que trop bien… C’est fou comme l’on peut se sentir toute petite face à un paternel en colère… Même lorsque l’on a largement dépassé l’âge de l’enfance.

-Je suppose que tu n’as rien trouvé de mieux, Lauren.

-Je n’avais guère le choix figure-toi, dis-je en croisant les bras.

-On a toujours le choix! gronda-t-il cette fois. -Ce n’est certainement pas ainsi que je t’ai élevé! Cherches-tu à te faire tuer ? D’abord Vereist et maintenant ça… Je commence à me poser des questions.

-Je peux concevoir ta manière de voir les choses. Je peux accepter que tu n’aimes pas la mienne, mais jusqu’à preuve du contraire, je suis toujours en vie. Il ne s’agissait là que d’un simple coup. Pas la peine d’en faire tout un plat?

-Et s’il n’est pas coupable?

Bonne question et à dire vrai, je commençais à me demander la même chose. L’inspecteur ne m’avait pas tout dis sur les meurtres, me cachant volontairement certains détails, par manque de confiance probablement. Mais il me suffisait de repenser à cette marque de sang, à la barbarie dont Gisèle avait été victime pour me dire qu’Anston n’y était pour rien. Cet homme me semblait trop impulsif pour agir de la sorte, cela ne collait pas… Mais pour en être certaine, il me faudrait discuter de ces détails avec Catesby… Qu’il le veuille ou non. Je venais de prendre un coup, franchement douloureux pour son enquête, il allait bien devoir reconnaître qu’il pouvait me faire confiance.

- Il n’est peut-être pas coupable de meurtre, mais il est loin d’être innocent, reconnaît-le.

-Justement, je ne peux que le reconnaître. Te rends-tu seulement compte que cela aurait pu être bien pire ? Qu’aurai-tu fait contre une lame? Une arme à feu?

Hum… Force était de reconnaître qu’il avait raison le paternel. Catesby n’avait pu empêcher un vulgaire coup de poing…

-Je suppose que tu aurais eu un souci en moins, murmurai-je.

William fronça les sourcils, je savais que cette réponse ne lui plairait pas. Néanmoins, loin de moi l’idée de reconnaître qu’il avait raison, pas à voix haute en tout cas. Mais ne croyez pas que cela ne me donnait aucune matière à réfléchir, bien au contraire. Seulement, parfois, les mots sortent tout seul sans que l’on ne puisse les retenir, en particulier lorsque l’on a tort, n’est-ce pas ? Un mécanisme de défense comme un autre, il blesse, dans tous les cas. Mon père détourna le regard pour se focaliser sur l’inspecteur. Toute la colère et le mépris du monde pouvaient se lire dans ses prunelles vert d’eau… Aïe.

- C’était mon idée papa. Il a essayé de m’en dissuader, mentis-je.

Quand l’on se trouve face à un homme qui n’aurait aucun mal à briser une carrière de milicien, même exemplaire, d’un simple claquement de doigts, mieux vaut jouer la douceur… Sans quoi, je m’en serais voulu.

-Va voir ta sœur, j’ai à parler à l’inspecteur, seul, ordonna-t-il sans même me regarder.Tu en as assez fait pour ce soir, va te reposer.

Sa voix s’était faite plus douce, plus paternelle… Tellement pas William Hill. J’adressais un regard inquiet à l’inspecteur avant de m’éloigner vers Gale.

Bonne chance inspecteur...



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Garrett Catesby
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Ven 2 Mar - 16:11
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Garrett était encore trop occupé à s’embrouiller avec des invités encore persuadés de l’innocence de Vurkilber concernant le coup à la joue qu’avait reçu la brunette. Mais visiblement, toute cette haute société semblait avoir le cerveau bien trop encrassé pour admettre quoique ce soit. L’inspecteur commençait si ces gens n’étaient tout simplement pas payés pour être des débiles profonds. Les miliciens ne mirent pas longtemps à montrer le bout de leur nez, se faufilant dans la foule pour se rapprocher dans l’inspecteur. Garrett leur demanda d’écarter cette foule et de s’occuper du blondinet, ce sont d’ailleurs deux d’entre eux qui s’occupèrent de lui pour décharger Lauren de devoir le porter. Trop occupé, il n’avait même pas vu la blondinette s’approcher de la journaliste, et même s’il l’avait vu, qu’aurait-il fait ? Sans doute rien, après tout, il n’était pas là pour ça, et tant qu’elle ne se mettait pas en travers de sa route, il n’avait aucune raison de lui accorder plus d’intérêt. Pour lui, c’était une connaissance de Lauren, ni plus ni moins.

Les miliciens escortèrent le blondinet encore inconscient à l’intérieur de la demeure, l’installant dans un bureau vide comme leur avait demandé Garrett. Les invités et autres spectateurs de la scène, s’étaient vu gentiment reconduit à l’intérieur par les miliciens. William Hill ne tarda à s’approcher, commençant d’abord par remonter les bretelles de sa fille, l’inspecteur était à bonne distance pour entendre leur conversation. Visiblement, l’inspecteur n’allait pas tarder à en prendre pour son grade, de toute manière, il n’avait pas la moindre raison de s’excuser, ni même d’éviter la conversation. Avoir laissé Lauren jouer l’appât n’était sûrement pas une bonne idée, mais elle fut efficace et permettrait sans aucun doute d’avancer dans cette histoire. Mais le risque en valait-il la chandelle ? Si Vurkilber était bel et bien innocent ? L’inspecteur pourrait toujours l’accusé de violence aggravé sur la journaliste, peut-être même pourrait-il s’assurer que plus jamais il ne puisse lever la main sur quelqu’un… Mais le paternel avait raison, que se serait-il passé s’il avait eue une arme à feu ou un couteau ? Pour dire vrai, Garrett n’aurait pas hésité et se serait contenté de le flinguer avant qu’il ne puisse agir. Là, avec une balle entre les deux yeux, autant dire que le problème Vurkilber était résolu, mais les retombées auraient été catastrophique.

Il ne tarda nullement à congédier sa fille pour… « Parler à l’inspecteur, seul. » comme il l’avait si bien dit. Garrett croisa le regard inquiet de la jeune femme s’éloignant pour rejoindre sa sœur comme le lui avait ordonner son père. Père qui d’ailleurs, se tenait maintenant droit comme une pique devant l’inspecteur, le scrutant du regard.

" Envoyé ma fille en première ligne, je vous avez demandé de la protéger inspecteur Catesby. "

" Et c’est ce que j’ai fait. Vurkilber est aux arrêts, et Lauren en vie. Votre fille s’est porté volontaire pour appâter ce salopard. Vous la connaissez mieux que moi non ? Difficile de lui sortir une idée de la tête. "

" Si je n’avais pas une once de considération pour vous, vous auriez pu aller chercher un nouveau travail. Ma foi… Bien que je n’aime pas dire cela, vous avez raison… Je connais Lauren et c’est une véritable tête de mule, tout le contraire de sa sœur. Mais ce n’est pas une excuse pour la laisser se jeter dans la gueule du loup. "

Sa voix s’était plus dure, ses sourcils plus froncés. Garrett lui, gardait sa tête naturelle, c’est-à-dire celle du type qu’il ne vaut mieux pas trop emmerder. William Hill avait raison d’une certaine manière. Maintenant que toute cette mascarade était terminée, l’inspecteur retira son holster pour le remettre à sa ceinture, l’avoir sur le flanc commençait à l’ennuyer.

" Vous avez raison, j’ai merdé. "

" Et dans les grandes lignes. "

Garrett fronça à son tour les sourcils, la situation commençait à lui taper légèrement sur le système.

" En toute honnêteté, si vous aviez une si grande crainte pour la vie de votre fille, vous auriez dû garder les cartons d’invitation. Oh oui, je suis sans doute l’élément perturbateur, sans moi jamais elle ne serait remontée jusqu’à Vurkilber, et elle n’aurait jamais participé à cette soirée. Je suis la personne à blâmer alors faites-vous plaisir une bonne fois pour toute, taillez-moi un costard sur-mesure en me traitant d’irresponsable ou de je ne sais quoi. Et laissez-moi interroger cet enfoiré. "

L’homme resta silencieux quelques instants, son regard changea, devenant un peu moins dur, mais ses intentions n’avaient nullement changé.

" Vous êtes sans nul doute un connard irresponsable, doté d’une morale douteuse et de méthodes tout aussi expéditives. Mais vous êtes doué dans votre travail, ça rattrape le reste. "

William Hill s’écarta, laissant l’inspecteur faire quelques pas avant de le rattraper par l’épaule, parlant sur un ton un peu plus bas pour que les miliciens présents ne puissent pas l’entendre.

" S’il s’avère qu’il est bel et bien le coupable, je vous demande de faire qu’il ne puisse plus jamais toucher ma fille, ni aucune autre femme qui peuple ce monde… "

" Il ne pourra plus, que ce soit lui ou non. "




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Lauren Hill
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Ven 2 Mar - 20:57
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Profession : Journaliste / Reporter
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Gravir des marches devant une assistance ostensiblement hostile à votre égard n’est guère des plus agréable, pour cela, vous pouvez me croire. Mais même si cela ne me plaisait en aucune façon, je veillais à n’en rien montrer. Prenant soin de maintenir en place mon masque impassible légèrement teinté de bleu au niveau de la mâchoire, je m’en allais rejoindre ma sœur visiblement très inquiète. Lorsqu’elle m’aperçut, celle-ci se jeta dans mes bras, comme à son habitude. Gale aimait ces élans d’affections contrairement à moi qui me raidit aussitôt à son contact.

- Bon sang, Lau, tu t’es vu ?

Non… je ne me balade pas avec un miroir dans le décolleté figure toi, pensais-je avant de lui répondre le plus naturellement du monde :

-Pas encore, mais ne t’en fais pas trop. Je suis sûre que c’est plus moche que réellement grave. Et je n’ai presque plus mal.

Ca, c’était totalement faux, néanmoins, je ne voulais pas l’inquiéter plus que nécessaire, sans quoi, ma chère jumelle ferait absolument tout pour prendre soin de moi… Vous pensiez que j’avais le monopole de Détrompez-vous, malgré tout ce que pourrait en dire William Hill, ce charmant défaut était l’apanage familial. Et vous ne connaissez pas encore Denise… Passons.

Je pris donc place à la balustrade, comme le reste des spectateurs visiblement tout aussi curieux que moi de savoir ce que les deux hommes en bas pouvaient se dire. Bon, j’avais tout de même une vague idée des reproches que mon père pouvait faire à l’inspecteur, pour cela nul besoin d’être devin. Toutefois, je ne pouvais m’empêcher de penser que cette jolie petite intervention somme toute paternelle n’était que perte de temps.

Pourtant, ce moment dans ces jardins, cette agression que j’avais bien évidemment cherché n’avait fait que soulever moult questions supplémentaires. Ce manque d’information commençait sérieusement à m’agacer. Comment pouvais-je réfléchir correctement sans avoir toutes les cartes en main. D’accord, je ne doutais pas que Catesby n’agissait pas de la sorte de gaité de coeur, je doutais également qu’il soit capable de joie ou qu’il ne possede simplement un coeur… Seulement une caboche dure comme la pierre ! Je m’égare… Néanmoins, cela vous donne au moins une idée du sentiment de frustration et d’inutilité que je pouvais ressentir alors. Il me fallait absolument ces informations, ces détails morbides comme certain pouvait les appeler. Oh, je ne cherchais pas du tout à satisfaire une bien étrange curiosité, seulement, j’étais persuadée que tout détail avait son importance, en particulier dans ce cas précis.

Je n’arrêtais pas de repenser à la réaction de Vurkilber, nerveux jusqu’au bout… Était-ce la substance consommé qui l'avait poussé à agir ainsi ? Peut-être, peut-être pas. Toutefois, ses TIC étaient à noter, puis cette réaction vive et violente. Trop impulsive, pas assez discrète… Et une chose que nous pouvions affirmer sans aucun doute, il n’y avait pas plus discret que le meurtrier après qui nous courrions. Autant dire que cette soirée me laissait un goût amer. Je n’irai pas jusqu’à dire que cela n’avait servit à rien, ce n’était nullement le cas. Au moins nous pouvions écarter Anston Vurkilber de la liste des suspects… Qui ne comprenait que son nom. J’étais donc persuadée que l’interrogatoire n’apporterait que de maigre réponses. Vurkilber devait effectivement se rendre dans le bordel de Yoren tous les deux jours depuis son retour, payer cher pour s’amuser à torturer ses femmes, mais n’allait jamais jusqu’à les tuer. Il était bien trop lâche pour cela, sans compter le fait qu’il soit également d’une stupidité des plus accablante. Enfin, cette petite altercation aura au moins le mérite de me libérer d’un prétendant … timbré.

-Nous rentrons, lança la voix du patriarche derrière moi. Je te raccompagne à ton hôtel Lauren… Inutile, je suppose de te proposer de passer la nuit à la maison?

- Parfaitement inutile en effet, puisque tu connais déjà la réponse, acquiescai-je en arborant un sourire un coin. Laisse-moi simplement le temps de saluer l’inspecteur.

- Très bien, dans ce cas, nous t’attendrons dans le fiacre. Tâche de ne pas trop t'attarder. Il n’a sûrement pas besoin d’une journaliste dans les pattes.

Comme c’est gentil…

-Ce n’était nullement mon intention, père, grinçai-je en m’éloignant rapidement vers le bureau où était détenu provisoirement Vurkilber.

En chemin, en traversant ce couloir incroyablement long, je croisais monsieur le gouverneur, visiblement très contrarié. Je m’attendais d’ailleurs à devoir affronter le sacro-saint dirigeant alexandrien, mais pourtant celui-ci m’offrit un sourire contrit doublé d’un regard inquiet.

- Mademoiselle Hill, je ne saurais trop vous demander pardon pour le comportement odieux de mon neveu.

Ah les politiciens, soyez bien certains qu’ils n’ouvrent jamais la bouche sans une bonne raison… Et là, il en avait une excellente. Une affaire pareille, ça fait une sacrée tache sur une campagne électorale…

- Vous n’avez pas à présenter vos excuses pour lui. De plus, je prendrais conseil auprès de l’inspecteur et de mon avocat pour savoir si cette agression mériterait une plainte de ma part ou non. Sur ce, veuillez m’excuser, mais je suis pressée.

Je m’éloignais sans plus attendre, faisant claquer bruyamment mes talons sur le dallage hors de prix, montrant par la même, autant mon empressement que ma colère. Je retrouvais l’inspecteur un peu plus loin, discutant avec un homme en uniforme.

- Catesby!l'interpellai-je, Vous savez qu’il n’est pas coupable de ces meurtres n’est-ce pas ?

Je plongeai mon regard dans le sien, attendant une réaction de sa part. Il l’avait compris, tout comme moi, néanmoins, il ne semblait pas le laisser s’en tirer à si bon compte pour autant.

- Bref, je ne vous serez plus d’aucune utilité pour ce soir. Je rentre donc chez moi. Je ne pense pas que vous obtiendrez grand chose de ce crétin, mais dans le cas contraire, pourriez-vous me tenir informé ? J’aurais également quelques questions à vous poser, tout du moins, si vous pensez avoir encore besoin de moi aide.

Je ne lui laissais pas le temps de répondre et m’en retournais vers le fiacre, mon père, mon hôtel. Je gardais le silence tout le temps du trajet, tout comme William… Dans tous les cas, Gale faisait parfaitement la conversation pour trois.

C’est avec un soupir de soulagement que je regagnais enfin ma chambre, me laissant tomber sur ma chaise avant d'entreprendre de noter tous les évènements de la journée… Il me fallu quelques minutes pour réussir à mettre de l'ordre dans mes idées. Cette journée avait été particulièrement longue et désagréable, de ce fait, les événements ne me revinrent pas forcément dans le bon ordre. Tant pis, je les notais en vrac. Ceci fait, je me permis un verre de whisky bien mérité...



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Garrett Catesby
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Sam 3 Mar - 11:56
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Catesby se dirigea vers l'intérieur de la demeure, la majorité des invités qui n'avaient pas déjà quittés les lieux furent rassemblées dans le hall, attendant leur moyen de transport, tout en répondant à des questions posées par les miliciens, rien de bien extraordinaire, juste de quoi relever leurs identités. Garrett fut interpellé par un des hommes en faction dans la maison, celui-ci semblait préoccupé par l'état de Vurkilber. Apparemment, celui-ci divaguait complètement, incapable d'enchaîner deux mots avec une once de logique. Jusqu’à présent, l'inspecteur avait tout de même de sérieux doutes sur ce coupable éventuel, bien qu'il devait s'agir d'une ordure, et qu'il aurait sans doute état capable de tuer la journaliste, il le voyait mal prendre minutieusement son temps pour découper sa victime après son méfait. Puis ce fut le grand retour de la brunette. Elle aussi semblait être du même avis que lui. Il acquiesça. Mais... Il n'était pas vraiment d'accord à propos de l'utilité de la journaliste, jusqu’à présent, elle ne lui avait pas vraiment posé de problème. Et Garrett n'était pas non plus un idiot, il savait très bien qu'avec le tempérament qu'elle avait, elle ne laisserait pas tomber l'affaire. Il préférait qu'elle le suive comme une ombre, même si cela pouvait être compliqué par moment, que la laisser seule faire sa petite croisade pour trouver le véritable coupable.

Mais il ne comptait pas le blondinet s'en tirer à bon compte. Il quitta la compagnie du milicien pour se diriger vers le bureau où Vurkilber avait été installé quelques minutes plus tôt. Là, deux autres miliciens se tenaient près de lui. Garrett passa tout juste la porte qu'un milicien l'interpella.

" Inspecteur ! Nous avons trouvé ça en fouillant ses poches. "

L'homme lui tendit un petit sachet contenu ce qui semblait être de la poudre blanche, à vu de nez, Catesby se doutait qu'il ne s'agissait sûrement pas d'un échantillon de farine de blé.

" Merci bien. "

L'inspecteur plongea le sachet dans une de ses poches et s'approcha du blondinet. Il avait vraiment eu un sachet sur lui ? Non... Il ne pouvait pas être aussi idiot, était-ce un excès de zèle ? Difficile de le dire, cependant, c'était un avantage pour l'inspecteur. Anston semblait... Absent, bien que ses yeux étaient ouverts, il ne voyait pas l'inspecteur, ni les claquements de doigts. Sa joue avait pris une teinte bleutée comme celle de la journaliste, bien enflée d'ailleurs, sans doute lui avait-il cassé une dent. Voyant bien qu'il ne réagissait à rien, l'inspecteur fit une demande un peu spéciale à l'un des miliciens, qui ne traîna pas pour partir chercher ce qu'il demandait.

Après quelques minutes, l'inspecteur pu enfin vider un seau d'eau bien froide sur la tête blonde, mouillant le tapis ainsi que le parquet. Bizarrement, cela sembla réveiller le principal intéressé, il sursauta, prenant une grande respiration, avalant sans doute un peu d'eau au passage.

" Désolé de vous avoir réveiller, mais j'avais besoin de « bonne compagnie ». "

Sa voix était acide, il n'avait pas oublié le coup de la bonne compagnie.

***

Une chose était sûre, Garrett avait appris moult chose sur les fantasmes et les vices humains, pourtant, comme n'importe qui il avait somme toute quelques connaissances de bases, mais là... Disons que son entretien avec Anston l'avait... Le vocabulaire lui manquait. Il avait laissé ce qu'il restait du blond au milicien pour qu'il le mette au chaud pour la nuit, il serait accusé de violence aggravé, et consommation de substance illicite, mais il allait sans doute payer une amende et sortir, car il allait être difficile de mettre ce type derrière les barreaux pour de bon, mais s'il avait collé une droite à la fille de William Hill. Il s'arrêta en bas de l'hôtel, il lui semblait apercevoir de la lumière provenant de la chambre de la brunette. Il hésita un moment à entrer, ne sachant pas vraiment s'il devait ou non se présenter à sa porte pour la tenir aux nouvelles de tout ce qu'il venait d'apprendre. Il poussa finalement la porte d'entrée, et grimpa les escaliers. Il s'arrêta devant la porte, son poing ganté toqua doucement, il était tard, il aurait été idiot de réveiller d'autres occupants de l'hôtel en tapant sur la porte comme le dernier des butors.




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Lauren Hill
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Sam 3 Mar - 12:52
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Ce qui habituellement me permettait de me détendre me parut, cette fois, des plus frustrant. Et pour cause, alors que j’espérais un dénouement en fin de soirée, je n’avais obtenu que des questions supplémentaire… Et un bleu des plus disgracieux. Je ne m’en inquiétais pas plus que cela, il finirait par partir, mais je me devais tout de même de le souligner.

A nouveau, je pris le temps de comparer minutieusement mes notes avec celles de la veille. Le constat me semblait des plus accablants. Un pas en avant, deux pas en arrière… Un cadavre supplémentaire. Et rien de nouveau. En soupirant, je portais mon verre à mes lèvres songeant à cette soirée ridicule et à cet idiot de Vurkilber… J’étais persuadée qu’il ne s’agissait finalement que d’un pervers aux pulsions bien étranges et sacrément malsaines. Rien de plus, rien de moins. En cela, une connaissance spécialisée dans la psychiatrie y verrait là un pauvre bougre particulièrement faible ayant évolué dans l’ombre de politicien et autres grands hommes de la société daënare. Anston avait certainement fait des études dans le but de leur ressembler, de reprendre le flambeau familial une fois l’heure venue. Combien de nantis s’étaient vu accablé de la sorte d’un avenir dont ils ne voulaient pas ? Simplement pour suivre la voie des autres, celle imposée par leur position. La frustration ainsi accumulée pouvait faire des ravages, je ne pouvais que comprendre cela en ayant grandi dans une famille comme la mienne qui attendait de moi que j’agisse comme ma sœur. Mais où là, je m’étais faite entendre, poussant ma propre voix pour m’opposer ouvertement aux désirs de mon père, Anston avait courbé l’échine… Et laissé sa frustration prendre le pas sur le reste jusqu’à la rendre malsaine. Cette façon d’agir, de contrôler le corps de ses femmes… En était le triste résultat… Toutefois, cela ne faisait pas de lui un meurtrier pour autant, tout du moins, pas encore. Un suivit psychiatrique serait nécessaire, j’espérais que le juge ait assez de cervelle pour imposer ce verdict… L’avenir nous le dirait.

Je pensais à tout cela en faisant tournoyer légèrement le liquide ambré dans mon verre. Je me perdis presque dans cette vision simple et reposante… Jusqu'à ce que j’en fus tiré par quelques martellements légers sur ma porte. J’avisais l’heure à ma pendule suspendue au mur face à moi. Il était tard, la journée prendrait définitivement fin d’ici quelques minutes.

Je me relevais afin de me diriger vers la porte sans réellement me poser de question quant à l’identité de mon visiteur. Je l’avais déjà deviné même si cette visite tardive m'étonnait quelque peu. J’ouvris doucement la porte, l’accueillant avec un regard perplexe.

- Hey bien Catesby, je vous manquais déjà ? raillai-je en me déportant sur le côté afin de l’inviter à entrer.

A son regard, je compris que l’interrogatoire n’avait rien donné, rien d’étonnant à cela, je m’y étais attendu. Néanmoins, rien ne m’empêchait d’espérer le contraire, simplement pour être sûre que nous avancions malgré tout.

- Êtes-vous en service, ou je peux vous proposer quelque chose à boire?

J’espérais aussi qu’il le fasse assez confiance pour m’en dire plus… Me donner matière à réfléchir avec quelques détails jusque là laissés de côtés…



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Garrett Catesby
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Sam 3 Mar - 16:08
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" Je n’irais pas jusque-là, j’ai vu de la lumière, alors je suis venu. "

Se contenta-t-il de répondre. D’une certaine façon, sa considération envers la journaliste avait quelque peu évolué, à présent, il ne la voyait plus comme un élément gênant présent pour lui casser les pieds nuit et jour. À présent, il avait compris que tous les journalistes n’étaient pas seulement des rapaces à l’affût du moindre petit bout de fait divers à picorer. Peut-être commençait-il à accorder une certaine valeur à sa parole, et à lui octroyer une once de confiance. Pour le moment, son point de vue évoluait en bien, mais une redirection brutale pouvait encore voir le jour, au moindre faux pas, Garrett se serait de nouveau comporter avec le social d’une porte de prison.

Hochant la tête pour la saluer et la remercier de son invitation, il entra dans la chambre, la laissant refermer la porte derrière lui. L’inspecteur retira son chapeau et passa une main dans ses cheveux pour y remettre un peu d’ordre.

" L’un n’empêche pas l’autre. "

À vrai dire, vu l’heure, l’on pouvait considérer qu’il n’était plus en service, même si d’une certaine manière, inspecteur était un rôle un plein temps. Ce n’était pas le genre de fonction que l’on pouvait jeter sur sa chaise en rentrant le vendredi soir. Il avait noté que depuis quelques fois déjà, la jeune femme l’avait appelé par son nom, au lieu du traditionnel « inspecteur » qu’elle avait dû utiliser plusieurs fois. Garrett tira une chaise, et se posa sur l’assise de celle-ci, coude sur la table, mine sombre.

" Ce n’est pas lui. "

Ça lui faisait presque mal de dire ça, de se dire qu’elle avait pris un coup pour rien, de se dire que cette mascarade était foutrement inutile. Il posa son couvre-chef sur la table, posant son regard sur la journaliste.

" Pourtant, il m’en a raconté des saloperies, mais rien d’intéressant. Anston Vurkilber est sans aucun doute un salopard, une raclure, un type aux vices plus que douteux, mais ce n’est pas un meurtrier, du moins je ne pense pas… Sur un coup de colère, il pourrait tuer, comme n’importe qui, mais je ne vois pas prendre son temps pour… S’occuper des corps ensuite. "

Il prit une légère pause, le temps de jauger la réaction de la brunette, puis il reprit.

" Ses histoires qu’on l’on a entendu sur ce qu’il faisait aux prostitués sont vraies, c’est un fétichisme sexuel. Si certains aiment les belles jambes galbées, les collants ou autre forme strangulation érotique avec des bas, lui son truc, c’est de faire mal, meurtrir la chair et laisser des traces de son passage. Est-ce qu'on peu dire qu'il a pète un casque ? Certainement. "

Et au-delà de ça ? Rien malheureusement.

" Anston est un type douteux, ses penchants, son douteux, mais, ses fantasmes ne sont pas des crimes, et jusqu’à preuve du contraire, les victimes étaient encore vivantes lorsqu’il les quittait. Sans rajouter que comme il s’agissait de putain, les sévices corporels qu’il infligeait étaient professionnels. Cependant, on a retrouvé un sachet de drogue dans une de ses poches, je me demande comment il est arrivé là… "

Il repensa au moment où d’un coup, elle avait essayé de le porter, son regard ce fit un peu plus lourd, il croisa celui de la jeune femme plus d’une fois.

" Et comme il vous a frappé, je compte bien faire qu’il soit accusé de violence aggravée, coups et blessures, et consommation de substance illicite. Bien peu comparer à ce que j’imaginais en le voyant pour la première fois. Mais pour l'instant, il ne touchera plus personne de ci-tôt. "




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Lauren Hill
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Sam 3 Mar - 16:58
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Je le laissais s’installer à la table, sa mine revêche me semblait plus grave que d’habitude. Il était contrarié, à n’en pas douter, ce qui se comprenait facilement, il faut bien l’avouer. Je lui servis donc son verre avant de me placer à la fenêtre avec le mien comme seule compagnie.

-Je sais, je l’ai su à l’instant où il m’a frappé. N’allez pas croire que j’ai pris ce coup pour rien, Catesby. J’avais noté une certaine nervosité chez lui, il me fallait donc vérifier. , déclarai-je sans même le regarder. Je ne pense pas que le vrai meurtrier soit impulsif, c’est même impossible. Il se serait fait repérer rapidement… La nervosité se lit facilement sur le visage… Les TIC de Vurkilber en sont un parfait exemple.

J’écoutais la suite tout en observant le calme de la rue, m’étonnant presque qu’il m’en dise autant… Non, j’étais même sacrément surprise. Toutefois, je n’en dit rien, me contentant d’écouter sans l'interrompre tout en notant ces informations dans un recoin de ma tête. Même si à l’entendre, je doutais que cela ne me serve. Décidément, encore un point où je ne m’étais pas trompée… Loin de moi l’idée de fanfaronner sur le sujet, bien au contraire. Même s’il était plutôt satisfaisant de se dire que mon instinct ne m'avait pas fait défaut cette fois non plus.

A l’évocation du sachet contenant la drogue, je ne pus retenir un léger rictus que je m’empressais de cacher derrière mon verre avant d’en boire une gorgée. Je ne connaissais pas encore assez l’homme en face de moi pour lui dire la vérité, même si mon sourire était assez évocateur pour qui sait observer. Et bien que je doutais qu’il m’en tienne rigueur, je préférais garder le silence sur le sujet. En soi, l’affaire Vurkilber semblait peut-être réglée, néanmoins restait celle plus importante des bas-quartiers. Si le neveu du gouverneur n’en était pas le responsable, l’assassin courait toujours, et de ce fait, il fallait agir vite avant de se retrouver avec un nouveau cadavre sur les bras… Ou de prendre le risque de le voir quitter la ville pour sévir ailleurs.

-Bien, dans ce cas, laissons ce cher Anston de côté pour nous consacrer sur plus important.

Cette fois, je m’installais face à lui, déposant mon verre vide en faisant plus de bruit que je ne l’aurais voulu. Je plongeai mon regard déterminé dans le sien. Il me fallait ces réponses et il allait devoir me faire confiance. J’espérais lui avoir prouvé ma bonne foi et mon utilité.

-Comment sont-elles mortes ? demandai-je sans y aller par quatre-chemins. N’essayez pas de me préserver Catesby, croyez-moi, j’ai dû voir ou lire bien pire que cela.

L’attitude, la personnalité du tueur se trouvait là, dans ses gestes, dans sa manière d’agir. Gisèle avait été retrouvée non loin d’ici dans un état… Particulier sans que personne ne soit alerté. Il avait donc prit son temps… Ce qui voulait dire qu’il en avait les moyens, la possibilité… Il l’avait prévu.



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Garrett Catesby
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Sam 3 Mar - 18:59
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Il tendit doucement le bras vers le verre qu’elle avait gentiment déposé devant lui, son regard se posa sur elle lorsqu’elle s’éloigna vers la fenêtre, à noter que ce même regard ne descendit aucunement sur son déhanché. Il but une gorgée entre deux paroles. L’inspecteur n’était pas grand amateur d’alcool, enfin, comme tout le monde, il buvait de temps à autre, mais il était totalement incapable de reconnaître un alcool juste par le goût ou l’odeur. Donc pour éviter de passer pour le dernier des abrutis, il resta silencieux et ne commenta aucunement le liquide contenu dans le verre. Elle vint s’asseoir face à lui, lui sortant sa frimousse de journaliste déterminée.

Et là, il se retrouvait de nouveau confronté à un nouveau dilemme… Faire confiance ou se murer ? Difficile pour lui de répondre, il avait l’impression d’accorder un peu trop de confiance et un peu trop rapidement à la jeune femme. Certes, elle l’avait aidé, même prit un coup pour l’aider à faire avancer le sac de nœuds qu’était cette enquête. Garrett regarda quelques instants son verre, comme espérant sans doute y trouver une solution, mais il n’y avait rien d’autre que du whisky, du bon whisky peut-être même. Il soupira finalement.

" Ça, j’en doute fortement Lauren. Cependant, inutile de préciser que cela doit rester entre nous, tout comme la petite visite incognito chez Vurkilber. "

L’inspecteur finit son verre, puis s’appuya un peu plus sur la table, son regard revint croiser celui de la brunette.

" Elles ont été étranglées, avec les mains, aucune trace de lutte, j’imagine donc qu’il les attaque par surprise. Ensuite… Et bien, ce salopard s’amuse à les taillader avec une lame fine, un scalpel sans doute, je ne vais pas entrer dans les détails à ce propos. Puis, il les éventre et retire des organes, foie, cœur, poumons, tripes. Les entailles sont faites sans aucune hésitation, il a du s’entraîner ou peut-être qu’il s’agit d’un chirurgien, ce qui pourrait expliquer son habilité. "

Parler de ça avait plus ou moins le don de couper l'appétit, ou de faire remonter le repas. Et encore, elle n’avait pas vu les corps, ça aussi, c’était une sacrée épreuve que de réussir à se tenir devant sans rendre son petit-déjeuner. À ses débuts, Catesby avait trouvé une parade à cela, ne pas déjeuner.

" Pour Gisèle, comme je vous l’ai déjà dit, il s’est « amusé » à lui coudre la bouche, et arracher ses globes oculaires. Le plus triste, c’est qu’elle était encore vivante, d'après le légiste, il l'a étrangler après. "

Garrett se recula un peu plus dans sa chaise, ramenant les pans de sa veste en arrière.

" Il doit utiliser un calmant, une drogue, n’importe quoi. J’imagine mal quelqu’un se faire arracher les yeux sans crier, on aurait entendu des cris à plusieurs pâtés de maisons. Et vu la quantité de sang, il fait ça sur place. "

En y repensant, dans un certain geste colérique incontrôlé, il tapait du poing sur la table, faisait légèrement trembler les verres.

" Je ne comprends pas comment fait ce tordu. Il tue, découpe ses victimes tranquillement, et jamais il ne se fait surprendre. Moi si je sors la nuit pour pisser, je croise tout un défilé. "




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Lauren Hill
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Sam 3 Mar - 20:27
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Bon d’accord, je l’admets, des histoires pareilles je n’en n’avait entendu que très peu…Non, pour être tout à fait franche, je n’avais jamais entendu pareilles histoires. Toutefois, je me devais de faire bonne figure, je lui avais demandé, il m’avait répondu sans détour, chose que j'appréciais.

Je notais donc chaque détail, précieusement, minutieusement, prenant bien soin de prendre le recul nécessaire pour m’assurer une réflexion utile et objective… Ce qui ne fut pas une mince affaire, il est vrai. L'hypothèse de la drogue me semblait des plus probables. La plupart, comme le chloroforme étaient faciles à administrer, les chirurgiens s’en servaient… Une autre chose qui faisait écho à ses dires, mais nous y reviendrons plus tard. Les victimes ainsi neutralisées ne pouvaient se défendre, lui laissant la possibilité de commettre son office sans que personne ne le dérange.

Malgré tout, restait encore le choix des lieux, rarement isolés. Comment faisait-il pour ne pas se faire remarquer ? Il agissait certes tard dans la nuit, toutefois, il est aussi à noter que les bas-quartiers restent tout autant actifs de jour comme de nuit. Autre chose, comment le meurtrier choisissait ses victimes ?

-Ces femmes… Avaient-elles un point commun, mis à part leur profession ? demandai-je, pensive. Etaient-elles d’ailleurs toutes des prostituées ? Gisèle avait su identifier la dernière, mais rien ne nous dit que c’était aussi le cas de la première, ni même qu’elle venait de chez Yoren...

Cette question pouvait paraître stupide, mais pourtant elle était des plus capitale. A savoir si le meurtrier répétait un schéma type, ce qui permettrait, peut-être, d’en détacher un mobile. Pourquoi ? Quelle idée avait-il en tête ? Il ne s’agissait pas là de simple meurtre, un tel acharnement montrait une sorte de recherche, mais laquelle… Un chirurgien ? Pourquoi s’en prendrait-il à ses femmes ? S’il cherchait à s’exercer, l’état ne manquait pas de cadavre à lâcher en pâture aux professionnels de santé. Pourquoi les organes… Coeur, poumons…

Quelque chose clochait… Toute cette histoire clochait en réalité. Posant mon coude sur la table, j’appuyais ma tête sur mon poing tout en grimaçant sous la douleur sans pour autant ajuster ma position. De mon index libre, je suivis lentement le contour du buvant.

-Pour pratiquer cela, cet homme, doit transporter son matériel, non ? Que ce soient des flacons… des lames… Il n’a certainement pas pu passer inaperçu, à moins de faire parti de décors… Trois meurtres en quoi… quatre, cinq jours… C’est récent, trop récent... dis-je comme pour moi-même.

Quelle piste fallait-il suivre ? Celle d’un chirurgien ? Elle pouvait sembler logique, mais pas pour moi. Mis à part s’il s’agissait d’un apprenti, peut-être raté et sacrément fou… Dans le doute …

- Y a-t-il de nouveaux médecins installés se sont installés en ville ces dernières semaines? lançai-je sans aucune conviction avant de me reprendre. Pour être franche, cette hypothèse me semble trop simple, je n’y crois pas une seule seconde. Je ne vois pas non plus pourquoi un tel professionnel prendrait ce genre de risque. Un amateur peut-être? Quelqu’un atteint d’une curiosité morbide attiré plus particulièrement sur l’anatomie...

C’en était à s’arracher les cheveux de la tête. Essayer de pénétrer le cerveau tordu d’un meurtrier pour le comprendre n’était certainement pas dans mes habitudes. Pourtant, inutile de vous dire que ce n’était pas ce qui allait me faire renoncer. Loin de là. Passant outre ma curiosité, c’était une toute autre chose qui m’animait cette fois...Oh, il était loin le sujet de mon article, n’en déplaise à Wislow, pour une fois, je m’inquiétais pour autre chose que pour moi-même.

Un indice, juste un indice pour une maigre piste… voilà tout ce qu’il nous fallait… Mais laquelle ?

-La drogue ! m’exclamais-je en me redressant. Il a bien dû s’en procurer quelque part non ? Les apothicaires en vendent certaines… Les trafiquants en vendent d’autre…

J’en perdais certes mes mots, néanmoins cela me paraissait très simple. L’achat de tel produit, pour les herboristes et apothicaires, est relativement rare et hormis les professionnels souvent connus… Un nouveau venu désirant acheter pareilles substances ne devait certainement pas passer inaperçue… En revanche, s’il utilisait des moyens détournés pour s’en procurer… Cela reviendrait à chercher une aiguille dans une botte de foin… Une botte plus petite, certes, mais une botte quand même… Espérons que l’inspecteur suive le cours de mes pensées. Il était tard, la journée avait été longue… Nous n'étions pourtant pas au bout de nos peines…



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Garrett Catesby
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Sam 3 Mar - 23:09
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" Oui, elles étaient toutes prostituées. C’est bien là leur seul point commun. Une blonde, deux brunes, et seulement la deuxième victime travaillait pour Yoren. La première travaillait pour quelqu’un d’autre, une certaine Oriana, on l’a identifié hier. "

Il tapota nerveusement la table du bout des doigts, peu importe les questions qu’il avait pu se poser, peu importe combien de temps, il avait cherché, à chaque fois, ce n’était que du vent. Nombre de fois il avait eu l’impression d’avoir une piste, et à peine avait-il le temps de poser le pied sur le sentier que celui-ci était balayé par le vent.

" Je suis bien d’accord, mais personne n’a rien vue. Notre type se fait sûrement passer pour un médecin, c’est bien le seul genre de personne qui peut se promener avec du matériel médical sans éveiller les soupçons. "

Le nombre de pistes possible étaient incroyable, médecin, chirurgien, passionné, curieux… N’importe qui pouvait être le coupable. Depuis le début, l’inspecteur avait imaginé que le tueur était un homme, mais il n’avait jamais pensé à la possibilité qu’il puisse s’agir d’une tueuse. Une femme aurait tout à fait pu être capable de commettre ces crimes. Mais il n’avait jamais donné de crédit à cette hypothèse pour des raisons obscures. Catesby finit par soupirer, las de toute cette merde qu’était cette enquête. Plus ils avançaient dans les hypothèses, plus le nombre de potentiel coupable augmentait. Trop de pistes et trop peur de preuves concrètes.

" Si vous saviez combien de personnes se procure de la drogue, légalement ou non. Il faudrait déjà trouver un apothicaire ou un trafiquant acceptant de nous donner sa liste de clients. Pour le moment, la substance utilisée est encore inconnue. Quand on m’informera du nom de la drogue utilisé, nous pourrons aller parler avec quelques trafiquants, pour le moment, rien. "

Il était tard, l’esprit ne l’inspecteur n’était pas aussi vif qu’en pleine journée, les nuits courtes ne l'aidait aucunement, si bien qu’il avait l’impression de réfléchir dans le vent, car chaque idée qu’il avait, était insensée. La volonté de mettre la main sur le coupable, coupler à l’incapacité à trouver des preuves solides ne faisait qu’énerver un peu plus l’inspecteur. Le meurtrier allait tout simplement finir par se faire la malle, disparaître, être oublié, puis revenir à la charge ailleurs, là où personne ne connaîtrait ses anciens crimes. Finalement, après de longues secondes à rester silencieux, la mine sombre et le regard vide, il se leva de sa chaise, ajustant son haut-de-forme sa tête.

" Pour le moment, outre surveiller chaque ruelle, nous n’avons aucune piste solide. "

Yoren était inutile, Vurkilber non plus, Anna quant à elle ne savait rien non plus… Cette enquête était loin d’être finie, et malheureusement, Garrett s’attendait à être informé de la découverte d’un quatrième corps dans les jours à venir… Diable qu’il avait horreur de ces saloperies de situations à impasse, où rien ne semblait aller, où tout était fait juste pour l’emmerder.

" Je vais vous laisser, vous feriez mieux de dormir. "




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Lauren Hill
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Dim 4 Mar - 8:14
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Bon sang, mais que cherchait à faire le meurtrier ? Le premier qui répond “ à tuer!” ira au coin. Non, mais plus sérieusement, je ne comprenais pas où se trouvait son intérêt… La science ? Une collection au goût douteux ?

-Les organes, lançai-je en déglutissant péniblement. Les a-t-il emporté ou laissé sur place?

Sait-on jamais… Avec la quantité de tordus qui circulaient librement dans les rues, l’on pouvait s’attendre à tout. Néanmoins, de ce que j’avais pu apprendre au cours de ma vie, et pas du tout en fouillant dans les dossiers de mon père lorsque j’étais enfant, c’est que personne n’agit sans raison. Les meurtriers ne font pas exception… Le tout était de le trouver ce fichu motif qui l’animait. Pourquoi des prostituées ? Comment les choisissait-il ? Pourquoi dans la rue ? Pourquoi les bas-quartiers? Pourquoi cette mise en scène ?

Les “comment” étaient pour l’instant à écarter, les détails que Catesby m’avaient fournis suffisaient amplement. J’étais bien tenté d’exposer tout cela à un ami psychiatre qui s’intéressait plus particulièrement à la psychologie, nouvelle discipline qui semblait en intéresser plus d’un…

Je songeais ensuite à mes petits yeux placés dans les bas-quartiers. Cela faisait un moment que je ne m’étais pas rendu à notre lieu de rendez-vous… Peut-être devrais-je le faire, même si je doutais qu’à l’heure où les meurtres se sont produits, Aly était encore en état de voir autre chose que le ciel… Mais sait-on jamais, l’histoire faisait parler d’elle et peut-être celle-ci avait décidé de laisser sa pipe de côté pour mieux observer… Inutile de dire que je ne pouvais en aucun cas me rendre dans ce parc accompagné de l’inspecteur… Ma chère informatrice n’apprécierai certainement pas…

J’écoutais silencieusement Catesby balayer mes idées, mes raisonnements, qu’ils soient logiques ou non, d’un simple revers de paroles qui me semblaient bien désespérées. Pas bon… songeai-je. J’espérais que cet état soit du à la fatigue. Je comprenais bien que cette affaire devait le ronger, le frustrer… Le tueur s’amusait avec la milice, pour preuve : le cadavre de Gisèle. Cette fois-ci, je frissonnais bien malgré… La prostituée avait été trouvée tout près d’ici, à quelques rues à peine… La mise en scène prouvait qu’il savait où elle s’était rendue, à qui elle avait parlé… L’avait suivit elle ? L’inspecteur ? Ou moi ? Dans les deux derniers cas… S’était-il rendu à la soirée ? Avait-il assisté à l’arrestation de Vurkilber ? Qu’en avait-il pensé ?

D’un bon, je me relevais, me dirigeant prestement vers la fenêtre. Mes yeux balayaient la rue, s’attendaient sur les ombres tandis qu’un mauvais pressentiment m’assaillait… Et s’il cherchait simplement à faire parler de lui? Crier à la milice “c’est moi, regardez-moi!” Un mobile bien simple, mais qui pourtant avait fait ses preuves. Le meurtrier semblait bien informé… Il ne serait guère étonnant qu’il se soit effectivement rendu à cette soirée et avait donc pu assister à tout. L’arrestation du neveu du gouverneur signifiait que l’attention s’était déportée de lui… Par conséquent, il ne tarderait pas à refaire parler de lui, peut-être même avec l’intention de faire mieux, plus sensationnel encore que ce qu’il n’avait fait jusque-là.

Je me sentais particulièrement mal. La paranoïa était revenue à la charge sans que je ne comprenne pourquoi. J’avais peur… Je me tournais vers l’inspecteur qui semblait sur le départ. Il était tard et cette soirée ne nous apporterait rien de plus, je ne pouvais que comprendre son désir de partir, de se reposer… Dormir ? Je ris jaune à son conseil, car dans l’état où je me trouvais alors, l’idée même de fermer les yeux était impensable, intolérable… Pourtant, je ne le retiendrais pas. Pourquoi le ferai-je ? Simplement par paranoïa ? Je me trouvais moi-même ridicule.

-Et bien, bonne nuit Catesby. Nous nous reverrons bientôt, le saluai-je avec un sourire quelque peu forcé.




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Garrett Catesby
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Dim 4 Mar - 10:08
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" Emportés. "

L’inspecteur avait connaissance d’un certain trafic d’organes présent dans les bas quartiers. Une des premières choses qu’il avait faites pour cette enquête, fut d’envoyer des miliciens quérir toutes sortes d’informations sur de nouvelles marchandises. Un type qui du jour au lendemain propose des cœurs ou des poumons, c’est le genre de chose assez rare pour en faire tiquer plus d’un. Mais rien… Sans dire qu’Anna l’aurait alerté si pareille s’était produite dans les quartiers. Il ne restait donc plus qu’une option, le meurtrier partait avec les organes, et les gardait. Pour en faire quoi ? Excellente question… Peut-être les disposaient-ils dans des bocaux de formol, une sorte de décoration des plus morbides, un peu cliché des laboratoires de savant fou que l’on voyait décrit dans les livres de contes.

L’inspecteur soupira, tentant de redonner une once d’espoir à la journaliste, et à lui-même car il en avait aussi besoin après tout.

" Déjà, lorsque la drogue utilisée sera identifiée, nous pourrons faire des recherches précises. J’espère seulement qu’il utilise quelques choses de précis et rare. "

En effet, plus la substance utilisée serait… Étonnante, hors de prix, ou même très rare sur le territoire, il serait facile de remonter la piste d’un quelconque vendeur, plus facilement que s’il ne s’agissait que de Chloroforme, car bien que cette substance soit efficace en bien des points, parfois même dangereuse, n’importe qui pouvait s’en procurer sans grandes difficultés. Sans dire qu’il pouvait être utilisé à des fins médicales légales, car à petite dose, il devenait un anesthésiant, sans pour autant mettre la personne dans les vapes.

Enfin, pour le moment, il n’avait pas besoin de se faire des films, il en saurait sans doute plus le lendemain, en se couchant avec l’appréhension de découvrir un nouveau corps… Peut-être aurait-il droit à une journée de répit pour rattraper son retard sur cette enquête, c’est du moins ce qu’il espérait secrètement, car oui, le meurtrier avait une longueur d’avance, longueur que Catesby comptait bien rattraper. Et si, la recherche de la drogue utilisée ne menait à rien, il ferait lui-même la descente dans les bas quartiers, secouant chaque trafiquant un à un pour qu’il sorte son livre de compte.

L’inspecteur sentit comme une sorte de malaise dans le sourire de la jeune femme, un peu comme si… Cette histoire avec Gisèle lui revenait en tête. L’action de la journée lui avait fait oublié, enfin en partie. Mais maintenant qu’elle se retrouvait seul dans sa chambre, son esprit semblait commencer à s'inquiéter. En effet, lui dire qu’elle pouvait être la prochaine n’était sûrement la meilleure idée qu’il eut. Mais, dire le contraire aurait-il été mieux ? Lui laisser penser qu’elle était en sécurité, car ce n’était pas une prostituée ? Ou tout simplement parce que le meurtrier ne l’avait jamais vu. Le mensonge pour rassurer n’était pas dans les habitudes de l’inspecteur. Si ce cinglé avait suivi Gisèle, il avait sûrement trouvé l’hôtel, vu l’inspecteur, vu le milicien filant la prostituée, vu la journaliste. Pourquoi pas aller jusqu'à imaginer qu’il est pu se rendre à la soirée chez le gouverneur, prendre plaisir à voir Catesby se tromper ou… Rager de voir que l’on se trompait de coupable, donnant toute cette gloire morbide au blondinet. S’il avait blessé l’ego du meurtrier, il allait vite le savoir, et de manière macabre.

" Bonne nuit Hill. "

L’inspecteur ouvrit la porte et avança dans le couleur, il se trouva face au milicien qui l’avait suivit jusqu’ici. Un grand gaillard efficace qui ne semblait pas avoir froid aux yeux. Le milicien était armé, il avait même une petite chaise sur laquelle se poser si le besoin s’en faisait sortir.

" Vous me gardez cette porte, méfiez-vous de tout le monde, homme comme femme. Et au moindre doute, agissez. "

" Bien monsieur. "

Répondit le milicien, tirant à lui la chaise avant de se poser sur l’assise, se tenant presque face à l’unique escalier permettant d'accéder à l’étage. L’inspecteur salua la jeune femme, puis quitta l’hôtel, la laissant sous bonne garde cette nuit.




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