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Chroniques d'Irydaë
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 [Terminé] Affaire sous silence,

Lauren Hill
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Mar 13 Mar - 8:41
Irys : 889826
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
Je passais quelques heures dans cette salle d’attente froide et bien trop bondée à mon goût. Non pas que le monde me dérangeait, seulement, je trouvais ce manque d’intimité troublant. En particulier, lorsqu’un médecin en longue blouse blanche vint apprendre à une femme en larme, guère plus âgée que moi, que son époux venait de succomber après une longue agonie qu’elle avait passé à attendre dans cette odieuse pièce. Je n’ai jamais su agir convenablement face à la détresse des autres, me sentant généralement de trop, intrusive bien malgré moi puisque je n’avais certainement pas demandé à assister à cela. Je ne pus qu’observer, du coin de l’œil, la toute nouvellement veuve s'effondrer face à l’annonce du décès de son époux. Et je n’étais pas l’unique spectatrice de cette scène grotesque… Celle-ci dura tant que l’actrice principale ne se décide à quitter la scène, emportant avec elle les affaires de feu son mari et les regards des curieux.

Je ne restais pas bien longtemps seule moi non plus, bien que ma compagne soit plus du genre à porter des robes que des blouses. Sarah Wislow, la femme du rédacteur, était venue rendre visite à son époux. Et naturellement, en profitait pour me demander ce qu’il s’était réellement passé, puisque les miliciens ne lui avaient évidemment pas tout dit. Hors, ils m’avaient demandé de ne pas en parler, tout du moins de ne pas évoquer le lien avec la fameuse affaire des bas quartiers. Je me contentais donc de lui expliquer que Wis s’était retrouvé, bien malgré lui, entre un suspect, des preuves pouvant accabler celui-ci et la milice. Le résultat, nous le connaissons tous : un magistral coup à la tête lui ayant fait perdre conscience. D’ailleurs, cette inconscience prolongée s’expliquait par le fait que lui aussi avait eut droit à son injection de délires hallucinatoires. De ce fait, Wis avait assisté à toute la scène, mais avec une vision grandement déformée de la réalité… Chose que je ne racontais pas à Sarah, bien évidemment.

Et ceci dit, la jeune épouse s’empressa de rejoindre son époux, me laissant de nouveau seule au milieu des curieux. L’attente fut particulièrement longue, et même si je savais que les jours de Catesby n’étaient nullement engagés, je ne pouvais rien faire d’autre que m’inquiéter. De plus n’étant pas un membre de sa famille, les médecins se gardaient bien de me tenir informés de son état… Me traitant eux aussi comme un parasite, puisque l’ensemble des miliciens présents pensaient que je le trouvais là pour écrire un quelconque article sur le sujet… Quelle idée ?

C’est pourquoi je fus à la fois surprise et soulagée de voir débouler Catesby comme à son habitude… Pour me remercier ? Vraiment ? Bon d’accord, cette fois ce devait être moi qui me retrouvais aux prises de quelques hallucinations… Et mince… C’est moi où j’étais en train de rougir en plus?

-Euh...hésitai-je en essayant vainement de me reprendre. -Je vous en prie, je ne savais pas vraiment quoi faire d’autres. Je n’ai fait que vous parler, rien de plus. Inutile de me remercier pour cela.

Il parlait vite, peut-être même un peu trop, posant ses questions comme un gratte-papier apprenant encore le métier de journaliste. Une façon bien maladroite de s’informer en assommant son interlocuteur à coup de questions brèves.

-Wis va bien. Je viens de discuter avec sa femme. Il s’est réveillé il y a peu et à du avoir droit lui aussi à cette mixture dont vous parlez. Il est prêt à rentrer chez lui.

Pour la suite, je ne savais hélas pas réellement quoi lui dire. Je n’avais eut aucune nouvelle de la part de ses collègues, je me contentais donc de lui raconter ce qu’il s’était passé durant son combat contre l’invisible dans le bureau du rédacteur et ce que moi, je savais de Richard.

-Il vit un peu comme moi. Il n’a aucune possession particulière, loge dans un hôtel, plus modeste que le mien. De ce qu’il m’avait raconté, il n’a pas de famille ici, il est originaire de Rathram. Par conséquent, si vos collègues décident de fouiller chez lui, ils ne trouveront strictement rien… Il a du partir puisque son identité à été découverte, et vu la pagaille qu’il a provoqué, il a dû en profiter… Je suis désolée, il semble que tout soit fini...

J’affichais une mine désolée et grandement contrariée, me mordant la lèvre pour essayer de contenir la colère que je ressentais face à cette injustice.

-Je ne sais pas, peut-être aurai-je dû le poursuivre pour gagner du temps, je ne sais pas. Mis à part ses aiguilles, il ne semblait pas armé… Enfin, je suis soulagée de vous voir en forme.



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Garrett Catesby
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Ven 16 Mar - 9:26
Irys : 544894
Profession : Inspecteur borderline
Daënar +1
Garrett pouvait être capable de se comporter comme le pire des connards, mais au milieu de toutes ces choses discutables que l'on pouvait trouver à son être, Catesby savait tout de même être reconnaissant. Sans elle, autant dire qu’il aurait pu mal finir, très mal même. Il ne s’attendait cependant pas à voir une petite teinte rosée monter aux joues de la jeune femme, il avait bien vu, mais ne comptait pas en faire notion. Bien des choses pouvaient être inutiles, mais ce qu’elle avait fait ne l’était nullement.

Catesby était tout de même « heureux » de savoir que le rédacteur allait bien, l’inspecteur n’avait aucun doute sur le fait qu’il devait s’agir probablement d’un idiot publiant n’importe quoi sans jamais rien vérifier, mais il ne méritait sûrement pas de mourir. Sans doute la petite visite que les deux « partenaires d’enquête » lui rendir l’avait fait cogiter sur la chose. Peut-être avait-il gratté de son côté, jusqu’à se rapprocher un peu trop de la vérité.

L’inspecteur avait posé toutes ses questions comme un gamin impatient, il ne savait pas combien de temps il était resté là à roupiller tranquillement dans son, ce temps précieux que ce Richard avait sans doute utilisé pour prendre de l’avance sur eux. Fini ? Oh non, sûrement pas, elle ne le connaissait pas assez pour se douter que maintenant, il s’agissait d’une affaire personnelle. Fuite ou non, l’inspecteur ne comptait pas se contenter de rentrer bredouille, lançant un vulgaire : tant pis, on l’aura la prochaine fois. Sûrement pas, quatre meurtres, lui faire goûter les effets de sa saloperie. Il y avait de forte chance pour que ce Richard n’est pas droit à un procès équitable, un type comme ça méritait tout juste la libération d’une morte rapide et sans souffrance alors un procès…

" Ne dites pas de conneries, et si vous vous étiez retrouvé dans le même état que moi au milieu de l’avenue ? J’imagine parfaitement la vision d’un fiacre sous les effets de cette saloperie, et je pense que personne n’aurait été en mesure de vous calmer, vous avez bien fait de ne pas le suivre. "

La peur panique qu’il avait ressenti… Et cela envers des meubles, des objets totalement inanimés, alors au milieu d’une avenue… Les passants, les fiacres, le soleil, le ciel, tout. Non, c’était bien mieux ainsi,

" Je suis soulagé de vous voir en forme aussi. "

Et oui, c’était aussi important qu’elle aille bien aussi, tous deux avaient encore du travail. Car oui, Catesby ne comptait aucunement abandonner, et il imaginait que la journaliste était elle aussi dans la même optique, et qu’elle ne souhaitait pas voir ce salopard sans sortir a si bon compte. Et, même s’il n’aimait pas vraiment penser à ce genre de chose, l’inspecteur se doutait bien que les meurtres n’allaient pas s’arrêter juste parce qu’ils avaient découvert son identité. On allait finir par retrouver de nouveau corps, ici comme ailleurs, ça n’allait pas s’arrêter.

Garrett recula de quelques pas pour enfiler son manteau, il posa son chapeau sur sa tête avant de se diriger vers la sortie de l'hôpital, il était inutile de rester ici plus longtemps, il avait donné assez d’avance comme ça. N’entendant pas les bruits de pas de la jeune femme derrière lui, il se tourna légèrement pour lui jeter un regard, esquissant l’ombre d’un sourire.

" Quoi ? Vous avez besoin d’une invitation maintenant ? "

Mais où se rendre ? La brunette avait sans doute raison, ils n’allaient probablement rien trouver chez lui. Il était certain que d’ici quelques heures, toute la ville serait surveillée, contrôlant tout le monde à l’entrée des gares, sur les docks, partout. Dehors l’air était frais, la matinée déjà bien avancée, il avait faim, mais n’avait pas envie de perdre encore plus de temps en essayant de grignoter quelque chose.

" Vous savez où il logeait précisément ? Comme vous le dites, il n’y a sans doute plus rien, mais j’aimerais vérifier. "




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Lauren Hill
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Ven 16 Mar - 14:49
Irys : 889826
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
Je ne savais rien de cette drogue, si ce n’est de ce que j’ai pu voir de ses effets d’un point de vue extérieur. Cette expression paniquée sur son visage habituellement impassible totalement se voyant alors déformé par une profonde terreur… C’en était à vous briser le cœur… Même le mien, c’est dire. J’en avais certes été témoin, assez pour me marquer profondément, mais j’étais bien implacable d’imaginer ce que lui avait pu ressentir, ou vu… Et ces femmes, les victimes de ce monstre aux traits malheureusement familiers, qu’avaient elles subit en silence alors qu’il prenait soin de les charcuter dans ces sombres ruelles ?

Catesby avait raison… Ce n’était pas terminé… Cela ne pouvait pas se terminer ainsi, pas comme ça, pas aussi facilement… Pas après tout ce qu’il avait fait et ferait encore.

- Évidemment que non, répondis-je en souriant à remarque légèrement moqueuse de l’inspecteur avant de le suivre.

J’avais bien une adresse, néanmoins, je n’étais pas certaine que ce fut la dernière en date. Vivre dans un hôtel était particulier, signe que la personne ne s’attachait pas au lieu, n’y accordant guère d’importance finalement. De ce fait, Richard avait pu en changer, plusieurs fois depuis ma seule et unique visite, il y avait de cela plusieurs semaines. Je savais aussi que le journaliste récupérait lui-même ses chèques directement dans les bureaux de la comptabilités, “La Tribune” n’avait donc aucune idée de l’endroit où il vivait… Tout comme moi. Toutefois, il s’agissait là de notre seule et unique piste, alors pourquoi ne pas tenter ?

- ”L'ambassadeur”, lançai-je en me souvenant du nom de son hôtel que j’avais autrefois trouvé particulièrement ridicule. Je ne lui en connais pas d’autre. Chambre 203, d’après mes souvenirs.

Le fameux hôtel au nom si cocasse se situait bien loin des quartiers rupins, presqu’à la limite des bas-quartiers justement. Ce qui, je dois bien l’avouer, me semblait bien trop simple, quoique pratique en particulier lorsque l’on se rend aussi souvent dans les fameux quartiers mal famés de la capitale.

A nouveau, donc, je hélais une voiture. Nous n’avions pas de temps à perdre et un fiacre serait toujours plus rapide que nos jambes. Sans compter que Catesby sortait tout juste de l’hôpital et malgré le fait que j’étais bien incapable de l’avouer, je m’inquiétais pour lui. L’un d’eux ne tarda pas à s’arrêter devant nous, fort heureusement, plus le temps suivait sa course et plus je m’inquiétais de l’avance qu’avait prit Richard… Je me hissais promptement à bord, grognant presque au chauffeur le nom de l’hôtel.

Durant le trajet, j’essayais de rassembler les quelques éléments que j’avais sur mon collègue meurtrier. Richard était un homme relativement enjoué, passionné de journalisme depuis l’enfance. De ce qu’il m’avait raconté, son père était contremaître dans une banale usine située du côté de Cerka où il avait grandi. Une famille simple, sans grand moyen… Richard avait obtenu une bourse afin de suivre ses études littéraires dans l’université que j’avais moi-même fréquenté quelques années plus tôt. Je n’ai jamais su comment il avait obtenu un poste au journal, car malgré son évidente motivation et son envie de progresser, le jeune homme n’écrivait que des articles bateaux au sujet inintéressant et relativement mal rapportés. Nul doute que nombre de ses papiers avaient longtemps séjourné dans le tiroir oublié avant qu’il ne les vole. Tous signés, si ce n’est les derniers, probablement dans l’intention de vérifier s’il s’agissait de son talent qui était contesté… Ou son nom qui se voyait victime d’un éventuel boycott de la part des rédacteurs. Il n’était guère apprécié au sein du journal, à cause de sa manie d'interférer régulièrement dans les articles des autres, ou de remettre en cause leur travail… Pour ma part, il n’avait jamais mis son nez dans le mien, mis à part lors de ce fameux bal où il s’était montré particulièrement curieux… Et pour cause… Évidemment que l’avancée de l’enquête l'intéressait, puisqu’il était le principal concerné…

J’exposais le tout à Catesby, c’était peu, certes, mais c’était tout ce que je savais. Je ne m’intéressait pas réellement à la vie de mes collègues, je ne connaissais même pas le prénom du tiers d’entre eux et je ne m’en portais pas plus mal, tout du moins habituellement.

Au bout d’une bonne demi-heure, le fiacre s’arrêta devant l’hôtel… Enfin… Le vieux bâtiment mi-sale, mi-délabré, qui servait de logement à Richard… Ou qui avait servi… Rien n’était moins sûr. En tout cas, "l'Ambassadeur" ne payait pas de mine…

- Et bien, allons y… Espérons que l’on y trouve quelque chose… N’importe quoi,déclarai-je avant de descendre.



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Garrett Catesby
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Sam 17 Mar - 9:59
Irys : 544894
Profession : Inspecteur borderline
Daënar +1
Comme il s’en doutait, elle ne perdit pas une seconde pour le suivre. Il fréquentait la jeune femme depuis déjà quelques jours maintenant, suffisamment pour se permettre de lancer de petits piques gentillets. Bien que même sans la connaître, il l’aurait fait, juste que maintenant, il savait que ces petits piques seraient bien réceptionnés, et qu’elle y répondrait à la moindre occasion. La rue était… Animée. Des fiacres passant à toute allure n’hésitant nullement à frôler les passant pour gagner la moindre seconde sur leurs courses, des gamins se courant après avant de disparaître dans une petite ruelle. Heureusement pour lui, Garrett n’était plus sous aucun effet hallucinatoire.

" L’ambassadeur ? Ça ne me surprend même pas. "

La ville abritait un nombre incroyable d’hôtels, et de toutes sortes. Du petit machin miteux dans un quartier glauque, au grand hôtel de luxe où simplement le fait regarder la façade pouvait devenir payant. L’ambassadeur faisait plutôt partie de la première catégorie. Catesby connaissait cet hôtel, car il avait servi de lieu de couverture pour un réseau de prostitution aux motivations douteuses, et autant dire que l’hôtel n’avait pas vraiment perdu de sa réputation après cela. C’était le lieu de vie de nombreux détraqués en maraude, nid à putain et aux drogues de mauvaises qualités. Connaissant le passe-temps assez morbide de Richard, il comprenait donc ce choix. Mais d’un point de vue externe, sans connaître le bonhomme, cela n’avait vraiment choqué personne de connaître un journaliste vivant dans un lieu si dépravé ? Bon, il est vrai que le salaire de journaliste ne permettait pas de passer une nuit luxueuse en plein centre de la ville, mais de là à se rendre dans de pareils lieus… Loin de lui l’idée de dire que tout ceci aurait pu être évité avec une once de bon sens, mais, certaines choses ne trompe pas.

La brunette semblait avoir un don certain pour héler les fiacres, puisqu’avec elle, il y en avait toujours un pour s’arrêter. Sans doute était-ce grâce à son joli minois, car Garrett, lui, quand il hélait un fiacre, et bien il avait l’impression d’être invisible, sans nul doute que sa trogne était moins « attirante » que celle de la jeune femme. Il la laissa monter dans le fiacre la première, avant de la suivre et de s’installer sur la banquette en face d’elle.

Il écouta la jeune femme, pour l’inspecteur, ce Richard avait un peu l’histoire de monsieur tout le monde, le type avec une petite vie tranquille, fou de son travail et qui ne cherche pas les ennuis. Peut-être avait-il eu besoin de… Troubler sa routine ? Catesby resta silencieux, ne préférant émettre aucun avis pour l’instant, et de toute manière cet avis était déjà fait, cette enquête risquait de prendre une tournure de chasse à l’homme, tout en essayant de limiter les dégâts collatéraux. Le fiacre s’arrêta finalement au bout de plusieurs minutes, ils étaient arrivés.

Suivant la brunette à l’extérieur, il fut le premier à passer les portes de l’hôtel, non sans une certaine appréhension de ce qu’il pouvait s’y trouver. Le réceptionniste était un petit homme chauve, des lunettes en cul-de-bouteille, le regard presque vitreux, on aurait presque pu penser qu’il était mort, mais il semblait tout de même capable de bouger. Il pivota légèrement la tête vers eux, de légers mouvements saccadés un peu comme une tourelle. Cela devait faire un moment qu’il n’avait pas vu l’ombre d’un client, Garrett le croyait presque vissé à sa chaise. L’inspecteur s’avança vers le comptoir, posant son regard sur le réceptionniste, puis sur le petit casier contenant toutes les clés juste derrière lui.

" Vous êtes ? "

Sa voix grinçait comme une vieille porte, où étaient-ils tombés ?

" Inspecteur Casteby, j’aimerais voir la chambre 203. "

Le réceptionniste se gratta son crâne chauve.

" La chambre où la petite pièce louée au sous-sol ? "

Une pièce au sous-sol ? Garrett regarda la jeune femme, étrangement, le sous-sol semblait être une meilleure piste que la chambre.

" Le sous-sol. "

Le réceptionniste pivota sur sa chaise, puis attrapa une autre petite boîte contenant de nouveau plusieurs clés. Il farfouilla dedans avant d’en sortir une et de la tendre à l’inspecteur.

" Porte numéro 13, c’est juste ici, au fond du couloir, descendait l’escalier. "

Catesby hocha la tête, et lança de nouveau un regard vers la brunette, il n’était pas certain de trouver quelques choses, mais dans un sous-sol, disons qu’il se doutait ne pas tomber sur le garde-manger, sans mauvais jeu de mots. Il se lança dans le couloir, déterminé, il poussa la porte et descendit les escaliers quatre à quatre, prenant soin de ne pas rater une marche et de s’étaler lamentablement sur le sol, vu l’état de l'hôtel, disons qu’il ne souhaitait nullement avoir un contact avec le sol autre qu’avec ses semelles. La loupiote qui éclairait le sous-sol était faiblarde, laissant donc planer une demie pénombre. Garrett s’avança jusqu'à la porte 13, la dernière, il n’était pas superstitieux, mais il fallait cependant bien reconnaître que la chose devenait de plus en plus glauque, et que ce n’était sûrement pas fini. La pièce ne semblait pas éclairée, il mit la clé dans la serrure et tourna doucement, le verrou grinça, craqua, puis la porte se déverrouilla.

Il la poussa tout juste du bout du doigt que déjà une forte odeur lui emplit les narines, si bien qu’il fit un pas en arrière en se masquant le visage. Cette odeur, ce n’était pas celle du refermé, mais bien celle de la mort, du pourri… Imaginant le pire, il se tourna vers la jeune femme.

" Rester là. "

Qu’elle le fasse ou non, c’était une sorte de conseil, même lui commençait à redouter ce qu’il pouvait trouver. Il poussa finalement la porte en grand, libérant l’odeur. Sa main gantée qui ne recouvrait pas son nez et sa bouche chercha en vain un interrupteur près de l’encadrement de la porte. Finalement, il le trouva, et regretta de l’avoir trouvé. La lumière jaillit dans la pièce, éclairant des bocaux, mais des bocaux contenant des organes humains, Coeur, foi, des yeux… L’odeur provenait d’un paquet déposait sur un établi, quelque chose enroulée dans un linge blanc taché de sang, enfin, « imbibé » était plus exact. Certains bocaux contenaient sans doute du formol, laissant les organes dans un bon état de conservation, d’autre était vide, donnant un aspect de viande séchée à leur contenance. L’inspecteur posa son regard sur chacun des bocaux, s’il avait encore des doutes, inutile de dire que ceux-ci venaient d’être balayé. Repensant à la brunette qui n’avait probablement pas suivit son conseil, il se recula rapidement, refermant la porte, inutile qu’elle en voit plus.




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Lauren Hill
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Sam 17 Mar - 14:25
Irys : 889826
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
Je le suivis donc à l’intérieur, claquant mes pas sur les siens tout en gardant le silence. Tandis qu’il discutait avec le réceptionniste, je me contentais d’observer les lieux. Je trouvais l’endroit plutôt sombre, en particulier pour un hall d’entrée relativement spacieux. Effet probablement dû à l’abus de bois bien trop sombre, presque noir, amplifié par la taille ridicule des fenêtres ne laissant passer que de faibles rayons lumineux, alors que nous étions à la mi-journée. Je n’aimais décidément pas cet hôtel, trouvant l’atmosphère bien trop lourde, bien que cela devait être psychologique. Il faut dire aussi que l’homme, à la réception, me faisait vaguement penser à l’un des personnages d’un des romans de Denise. Il s’agissait d’un gérant d’hôtel perturbé, vivant avec sa mère et qui adorait tuer ses clientes, blondes de préférences, car celle-ci lui rappelait la matriarche… Morte depuis longtemps, mais dont il préservait le corps et discutait parfois avec celui-ci, comme si la femme était encore en vie et lui ordonnait justement ces meurtres souvent d’une violence inouïe… Oui, ma mère avait de drôle de sujets d’écritures, je vous l’accorde. Néanmoins, ne la jugeait pas trop mal, le fameux roman s’est plutôt bien vendu…

Puis, la question du binoclard me fait sourciller… Comment ça “une petite pièce au sous-sol” ? Richard avait donc loué une cave… Le réceptionniste ne semblait nullement inquiet à propos de celle-ci, tendant tout naturellement la fameuse clé à l’inspecteur, comme s’il s’agissait des sanitaires. Cet homme-là se fichait donc réellement de savoir pourquoi un enquêteur de la milice venait fouiller chez un de ses clients ? Catesby ne lui posa aucune question, se contentant de m’observer brièvement avant de s'élancer vers les escaliers visiblement curieux de savoir ce qui se cachait dans cette cave.

Je dois dire que je l’étais également, bien qu’étrangement inquiète à l’idée de le découvrir.Je dois dire que je l’étais également, bien qu’étrangement inquiète à l’idée de le découvrir. La pièce se trouvait tout au fond de celui-ci, arrivé à sa hauteur, je me positionnais instinctivement dans l’angle laissant une large marge de manœuvre à l’inspecteur. Il était évident que Richard ne s’y trouvait pas, enfin, dans la logique, il aurait été bien stupide de rester dans un lieu pareil… En particulier en voyant avec quelle facilité celui-ci fut trouvé.

L’inspecteur poussa finalement la porte numéro treize, laissant s’échapper une horrible odeur par la présente ouverture… Une odeur de chair putréfiée, décomposée qui me donna aussitôt de puissant haut-le-cœur que je peinais à contenir. Sur le moment, je choisis d’obéir au conseil, probablement avisé, de Catesby… Enfin… Choisir… Pour être franche, j’étais bien trop occupée à garder en place le contenu de mon estomac, malgré une certaine curiosité, évidemment. Toutefois, en ayant obtenu quelques détails, je pouvais aisément deviner ce que Richard gardait dans cette pièce… Des reliques, des preuves… Sa collection morbide, comme me le confirma un rapide coup d’œil qui ne tarda pas à me marquer profondément.

- Quelle horreur, balbutiai-je en apercevant un bocal contenant une paire d’yeux qui ne pouvait appartenir qu’à Gisèle.

Je reculais, instinctivement, le cœur au bord des lèvres… Quel monstre… Comment était-ce simplement possible, envisageable, que cet homme-là, capable de telles atrocités, ai pu vivre tranquillement jusque-là. Je lui avais parlé, donné des conseils d’écriture, j’avais essayé de l’aider à s’améliorer… Je l’avais même encouragé, à ma façon, quand celui-ci doutait, le rassurant en lui disant qu’il n’était guère important de se faire apprécier des autres, que seul son travail était important… Je savais pourtant tout ce qu’il avait fait, seulement, cette fois, je ne pouvais que me rendre compte de l’horreur… De réaliser pleinement…

Je ne savais plus où poser les yeux, ni même comment respirer simplement. Moi qui étais pourtant si calme habituellement, avait envie de fuir en courant, remonter à la surface, emplir mes poumons d’oxygène ne portant aucune part de mort… Ne voulant pas céder à la panique, je fermais les yeux, cherchant désespérément à me contenir, de retrouver mon calme… Je comptais en silence, lentement, contrôlant ma respiration afin de me permettre de réfléchir convenablement, efficacement… Il n’y avait là aucun danger, le coupable n’était pas présent, ayant déserté ce lieu étrange, cet autel morbide contenant son odieuse collection.

J’avais malgré tout un mauvais présentement, inexplicable, entêtant et perturbant à la fois. J’attendis de retrouver mes esprits, le contrôle mon corps tremblant misérablement avant de lancer à Catesby :

- Sa chambre !

Finalement, je m’élançais à mon tour, remontant précipitamment les escaliers, pressée de découvrir la raison de cette sensation étrange, mais surtout de fuir les lieux au plus vite. De retour à la réception, je me dirigeai vers le binoclard, exigeant alors les clés de la chambre 203… Cet idiot, me dévisagea un instant, juste le temps de comprendre que je ne plaisantais pas. Ce n’était certainement pas mon boulot, ce n’était clairement pas à moi de le faire, mais pourtant, je n’avais guère envie de me poser de question. Je devais simplement découvrir ce qu’il se trouvait là-haut. J’attrapais donc sans ménagement la clé qu’il me tendit avec une série de mouvements incroyablement lents. Je courais presque dans les escaliers grinçants jusqu’au deuxième étage.

La chambre 203 se trouvait juste en face de l’escalier, arborant ses chiffres métalliques, accrochés de travers sur une porte de bois au vernis écaillé… Pourtant, je ne pus faire un pas de plus, allez savoir pourquoi… Lorsque Catesby arriva à ma hauteur, je lui tendis la clé gardant les yeux fixés sur la battant verrouillé...



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Garrett Catesby
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Lun 19 Mar - 19:23
Irys : 544894
Profession : Inspecteur borderline
Daënar +1
On pouvait dire avoir quelques « remontées », par chance Garrett n’avait rien mangé depuis déjà plusieurs heures, si bien qu’il ne craignait pas grand chose. Mais tout de même, il fallait bien avouer que la vision avait de quoi vous tirer quelques cauchemars, si ce n’est plus. Il était plus inquiet pour la brunette que pour lui, lui, il en avait déjà vu beaucoup. Pas que spectacle macabre qu’il avait sous les yeux ne lui faisait aucun effet, loin de là, la colère grondait en lui comme un orage lointain. Comment ce connard avait-il pu faire ça ? Pourquoi personne ne s’était jamais douté de rien ? L’hôtel ? L’odeur ? Tout. Impossible de passer outre un truc pareil, quelqu’un avait forcément vu, sans doute faisait-il partie des bocaux…

Il était plus inquiet pour la brunette que pour lui, lui, il en avait déjà vu beaucoup. L’inspecteur resta silencieux, la laissant le temps de se remettre de cette vision inquiétante, si ce n’est plus. Il y avait de fortes chances qu’elle ait besoin d’en parler, ne serait-ce que pour évacuer, se changer les idées, faire face à cela. Mais il ne fallait pas compter sur Garrett pour jouer les psychologues. Ça serait donc à elle de s’exprimer la première, si tenté qu’elle le souhaitait.

Puis elle tourna les talons, remontant l’escalier sans perdre ne serait-ce qu’une seconde. Sa chambre, oui, il fallait encore la fouiller. Il espérait qu’elle ne soit pas dans le même état que cette pièce au sous-sol… Ce n’était pas possible, après quitter l’hôtel, le gérant avait obligatoirement fait un tour dans ladite chambre, afin de s’assurer qu’elle n’était pas dégradée. Lauren fut plus rapide que lui, attrapant la clé et grimpa les grands escaliers quatre à quatre. Catesby lui, s’arrêta à hauteur du réceptionniste, lui demandant bien gentiment de prévenir la milice, car un nettoyage s’imposait. Le petit chauve posa son regard vitreux sur l’inspecteur, lui demande s’il y avait un problème. Évidemment qu’il y avait un problème, un putain de problème même. Comme est-ce qu’un type avait pu venir entreposer des organes humains dans des bocaux, dans un foutu hôtel, dans une foutue cave avec une odeur de cadavre sans que personne sans rende compte.

Si ça ne tenait qu'à lui, l’inspecteur aurait volontiers secouer comme un prunier, mais vu l'état délabré du bonhomme, qui était à l’image du bâtiment, il avait peur de le tuer.

" Prévenez la milice, point. "

Se contenta-t-il de répondre en se dirigeant vers l’escalier, grimpant à son tour les marches quatre à quatre.

À l’étage, il retrouva la brunette, immobile devant la porte. C’est en arrivant à son niveau qu’elle lui tendit la clé, sans lâcher la porte des yeux. Garrett avait un drôle de pressentiment, l’impression que quelque chose l’inquiétait, mais quoi ? Difficile de le dire, surtout qu’elle ne semblait pas vraiment être le genre de femme à s’ouvrir comme ça. Une nouvelle fois, il mit la clé dans la serrure, la pivotant doucement. Cette fois, aucun craquement lugubre, le verrou coulissa d’une seule traite sans faire de bruit, était-ce premier une des choses rassurante ici-bas.

Garrett poussa la porte et entra dans la chambre. Celle-ci était impeccable, pas une seule trace de poussière. Le lit était fait, le linge plié proprement sur une petite commode. Deux mondes semblaient séparer cette chambre du sous-sol. Puis, quelque chose attira finalement l’œil de l’inspecteur, une feuille, posée bien en évidence sur un petit bureau installé juste sous une fenêtre. Lentement, il s’en approcha, attrapant la feuille. Une mèche de cheveux y était accrochée, et, les mêmes que la journaliste. Le papier était gribouillé, des phrases avaient été écrites, puis barrées, taché. Il parvenait cependant à lire quelques formulations étrange.

Pacte de Sang
Lien de Sang
Droit du Sang


Finalement, un mauvais pressentiment commençait à l’envahir à son tour. Il se tourna lentement vers la journaliste, tenant la lettre dans une main, la mèche de cheveux dans l’autre.

" On dirait l’une de vos mèches. "

Dit-il avant de réaliser ce qu’il se passait.




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Lauren Hill
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Lun 19 Mar - 22:04
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Il y a des sentiments bien étranges et inexplicables. Ceux qui vous tiraillent insidieusement les entrailles sans que vous ne puissiez en comprendre la raison. Je savais pertinemment qu’il n’était pas là, que ce n’était qu’une chambre vide comme une autre, Richard n’était certainement pas assez stupide pour laisser quelques preuves sanglantes dans cette pièce… Quoique… Il en existait bien une autre, dans le même bâtiment avec une clé accessible au concierge… Rangée parmi les autres, à la vue de tous sans que personne ne se doute de rien… Certes, le service de nettoyage ne devait probablement pas s’occuper de l’entretien des caves, contrairement à celui des chambres…

Mais voilà, même en sachant tout cela, je me sentais affreusement mal. Debout devant la pièce, présent ouverte, j’avais l’impression de suffoquer, le cœur prit dans un étau intangible et franchement irrationnel. Il me fallut quelques secondes, peut-être même quelques minutes, je ne saurai dire, pour rassembler tout mon courage et enfin entrer dans cette maudite chambre.

Pourtant, il n’y avait rien d'inquiétant dans celle-ci, tout était en ordre, voir même un peu trop. Mis à part la présence des vêtements, l’on aurait pu croire que la pièce était libre à la location. Visiblement, Richard n’était pas non plus du genre à s’encombrer d’affaires personnelles, à moins qu’il ne les ait emporté avec lui… Laissant le reste de ses affaires... Dans une pièce aussi bien rangée ? Aucune trace de son passage, ni de précipitation… Peut-être n’était-il pas passé par ici, peut-être avait-il quitté la ville sitôt son identité trouvée ? C’était ce que tout cela portait à croire… Tout, sauf ce que Catesby me tendait.

Mon premier réflexe fut le plus bête, celui de porter ma main à mes cheveux cherchant d’où pouvait provenir la fameuse mèche. C’était stupide, vraiment, car je savais… Je savais très bien qu’il ne pouvait s’agir de la mienne, mais c’était comme si je me refusais à cette idée. Prenant la mèche noire ébène dans ma main, le visage souriant de Richard m’apparut. Un souvenir subit comme un coup de poignard… Violent, douloureux.

Tiens donc, Ren. Tu viens t’asseoir avec nous ? Je viens de faire la connaissance de ta sœur. Je ne savais pas que tu avais une jumelle.

Serrant les cheveux de ma sœur dans ma main, je me mis à secouer frénétiquement la tête, le cœur chargé de peur et de rage entremêlée qui m’empêchaient tout bonnement de parler. Mes yeux se posèrent sur le bout de papier raturés trônant sur le bureau. Du sang, toujours du sang, partout du sang. Un pacte, un lien, un droit ? Qu’est-ce que cela était supposé vouloir dire, bordel ?

- Ce sont ceux de... Gale, lâchais-je finalement tout en tremblant. Ce monstre… Ma sœur...

Les mots restaient coincés dans ma gorge, m’étranglant presque… Je ne savais absolument plus comment réagir, que faire. Il avait ma sœur… Mais où ? Chez elle ? Et le bébé ? Son mari ? Ailleurs ? Alexandria n’a rien d’un village campagnard. Je devais agir, il le fallait, cette incertitude me bouffait, rongeant le peu de volonté qu’il me restait et dont j’avais absolument besoin. À nouveau, mes yeux se posèrent sur la feuille de papier… Ce charabia, les cheveux… Il s’agissait d’un message… Le sang… Pacte… Lequel ? Lien… Pour le coup, il me paraissait évident… Droit ? Tout cela n’avait aucun sens, à moins qu’il ne cherchait à me faire perdre du temps en essayant de trouver un sens à ses bêtises. Il me connaissait assez pour savoir que j’étais curieuse et têtue… Pas cette fois, il y avait plus important.

En silence, j’attrapais Catesby par le bras, que ça lui plaise ou non, j’étais pressée, effrayée et j’avais besoin de lui. Marchant prestement, je le guidais vers l’extérieur où nous attendait notre fiacre et… les collègues de l’inspecteur. Je le laissais s’entretenir avec eux, je savais qu’il ferait vite, inutile donc de le presser. J’allais m’installer dans la voiture quand l’un des miliciens en uniforme vint me demander de lui donner la mèche que je tenais encore. “Pour les preuves”, avait-il dit. Je m’en dessaisis donc à contre-coeur, m’étonnant moi-même d’y accorder autant d’importance… Moi… Ce mauvais pressentiment ne me quittait pas, j’imaginais ma sœur, droguée, torturée… disséquée. S’en prendre à elle était ma punition… J’en étais certaine… Elle paierait pour moi…

Assise dans la voiture, fixant mes mains vides, je réfléchissais. Je ne savais pas par où commencer, ce que Richard comptait lui faire… Voulait-il simplement me faire peur ? Nous mener vers une fausse piste afin de pouvoir fuir plus aisément ? Non, c’était stupide, il aurait pu le faire bien avant… Alors quoi ? L’avait-il déjà tué ? S’en servait-il d’otage ?

Trop de questions pour aucune réponse , c’en était trop, il fallait que je sache. Quand Catesby me rejoignit enfin, j’annonçais l’adresse de ma sœur, située quelque part dans le quartier bourgeois, bien que moins pompeux de l’endroit où mes parents avaient élu domicile.


Une maigre piste, un début peut-être. Arthur, le mari de ma soeur travaillait à cette heure là et Gale n’employait pas de personnel à plein temps. Seulement un cuisinier, probablement absent à cette heure-ci et une femme de ménage, qui ne travaillait que le matin… Gale était donc souvent seule avec son bébé, il suffisait de l’observer quelque peu pour le savoir, à moins que celle-ci n’ait décidé de tout lui raconter elle-même… Ma sœur pouvait être très naïve… Bien trop pour son propre bien. Bref… Je passais le.trajet à me ronger les sangs. Passant tour à tour de l’inquiétude à la colère… L’incertitude à la tristesse…

Assise dans ce fiacre, prisonnière de l’habitacle, je ne pouvais absolument rien faire. De temps à autre, je levais les yeux vers l’inspecteur, avec la ferme intention de lui poser une question… Avant de me raviser car la considérant comme inutile, stupide… Ou alors simplement parce que la réponse m’effrayait...



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Garrett Catesby
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Jeu 22 Mar - 18:09
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Ce mauvais pressentiment ne l’avait pas quitté, il était toujours là, présent, grandissant au fil des secondes qui s’écoulaient. La réaction de la journaliste n'arrangea rien à cela, l’inspecteur avait pensé à sa sœur depuis le début, à l’instant même où il lui avait tendu la mèche de cheveux, comprenant que ça ne pouvait pas être la sienne. Il était toujours avec elle, enfin presque, cela faisait trois jours qu’ils ne se quittaient que pour dormir, si quelqu’un était venu lui couper des cheveux en douce, il l’aurait vu. Tout se bouscula dans son esprit, il revivait la soirée, revoyait la sœur discuter avec Richard dans un coin. Il aurait fallu avoir de l’instinct lors de cette soirée, et pas maintenant alors que tout ne faisait que se compliquer encore et encore.

Il ne savait pas quoi répondre, et de toute manière, il n’en eut pas le temps, Garrett cligna tout juste des yeux qu’il se fit entraîner par le bras, là chose semblait devenir une habitude, bien que cette fois l’on pouvait aisément sentir un empressement presque incontrôlé.

Arrivés à l'extérieur, voir des collègues de la milice n’aidait en rien, Lauren lui lâcha le bras, traçant sa route jusqu’au fiacre qui n’avait pas bougé d’un pouce depuis leur arrivée. Au moins le réceptionniste avait fait ce qu’on lui avait demandé, à défaut d’être totalement aveugle, il écoutait les ordres. Garrett expliqua la situation, parlant de la cave, la chambre, la mèche de cheveux… D’ailleurs, la jeune femme l’avait gardé, il allait falloir la récupérer, c’était une simple preuve, même si considérée la chose ainsi ne lui faisait pas particulièrement plaisir. Catesby mentionna aussi l’histoire de la sœur, il fallait le dire, il aurait besoin des miliciens à un moment ou un autre, tout seul, il ne pouvait pas fouiller chaque bâtiment, ni suivre chaque piste, c’était tout simplement impossible. Il précisa tout de même d’être discret, les journalistes suivaient l’affaire, d’autant plus avec ce nom de carnaval que s’était attribué le tueur. Il se doutait qu’il était mieux pour Lauren de ne pas voir le nom de sa sœur sur la une de tous les journaux de la ville, la prédisposant à être la future victime de ce salopard, non, ça, il ne pouvait pas le tolérer.

Après avoir donné ses ordres, il se dirigea à son tour vers le fiacre, il fallait… Avancer, ne pas perdre une seconde.

Lauren était silencieuse, perdue dans ses pensées… Qui ne le serait pas à sa place ? Lui se tenait devant elle, sans vraiment savoir quoi dire ou faire. Essayer de se montrer rassurant était sans doute inutile, la brunette avait la tête sur les épaules, et de simples promesses ne suffiraient aucunement, elle voudrait du concret, quelque chose en quoi croire. Plusieurs fois, elle leva les yeux sur lui, sans doute animé par la volonté de poser quelques questions, mais aucune question ne vint. Garrett ne savait pas s’il devait la questionner, lui faire cracher le morceau, ou faire comme s’il n’avait rien vu. L’un comme l’autre, ils étaient tous deux coincé dans le petit fiacre, à devoir supporter cette attente interminable jusqu’à la demeure de sa sœur. Le trajet semblait interminable, ce silence pesant, cette impression de perdre du temps, d’être inutile… Ça non plus il ne supportait pas, si bien que finalement, il perturba le silence.

" Quelle est votre question ? "

Peut-être qu’il se trompait, peut-être n’avait-elle aucune question, mais il savait, et d’une certaine manière, il allait presque jusqu’à craindre cette possible question. Dans les cas, si une question venait à se faire entendre, il y répondrait, de manière franche, il n’était pas là pour donner de faux espoirs, seulement pour jouer son rôle, et tenter de faire que cette affaire se finisse pour de bons, et de la meilleure manière possible.




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Lauren Hill
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Sam 24 Mar - 15:22
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" Quelle est votre question ? "

N’était-ce pas évident inspecteur ? Avais-je réellement besoin de la poser à voix haute ? Je me mis à rire, nerveusement, durant un court instant où je fuyais son regard pour observer le paysage défiler, d’un œil faussement intéressé… Et totalement absorbé… Ailleurs. Seuls les imbéciles ne ressentent pas la peur… Et comme j’aurais aimé être l’une d’entre eux à ce moment-là. Dépourvu de cette imagination fertile, de cette effrayante logique qui faisait de moi celle que j’étais. La frayeur me tiraillait les entrailles, l’inquiétude compressait avidement mon cœur, mes poumons, m'empêchant de respirer ou de penser à tout autre sujet.

Je ne suis pas une femme faible, tout du moins, personne ne m’avait jamais qualifié de la sorte. J’abhorrais cette façon qu’avaient certaines de céder à la panique, montrant toute cette stupide et ridicule veulerie… Honteuse… Je ne pouvais me permettre une telle chose, pas moi, sûrement pas, jamais. Je me mordis la lèvre, assez fortement pour me faire saigner. Là, au moins il s’agissait d’une douleur tangible et concrète, par quelque chose tenant de l’incertitude pure et simple. Je m’en retournais ensuite vers Catesby qui attendait une réponse qui ne venait pas, enfin… Une question qui ne voulait pas de réponse plutôt…

- Je préfère la garder pour moi, Garrett. Je ne suis pas sûre de vouloir entendre la réponse… Je ne veux pas de mensonges rassurants et je sais que vous me répondrez honnêtement… Cela ne me sera donc d’aucune aide...

Je me replongeai ensuite dans mon mutisme, bien consciente que ma réponse ne ferait qu’alourdir l’atmosphère déjà suffisamment lourde. Néanmoins, je n’ai jamais été une bavarde, pas quand le sujet principal se trouve être moi ou mon ressenti personnel. Je n’avais aucune difficulté à aller fouiller chez les autres ou à entendre ce qu’ils avaient à dire, je pouvais me montrer à l’écoute sans problème… Mais je me voyais bien incapable de faire la même chose.

Finalement, au bout d’un temps interminable et indéterminé, le fiacre s’arrêta devant l’hôtel particulier où vivait ma sœur et son époux. Je descendis en premier évidemment, trop pressée de retrouver ma sœur… J’espérais tellement la trouver chez elle à s’occuper de son fils, à lire ou à jouer du piano, comme elle aimait le faire.

- À ma connaissance, il n’existe que deux entrées, comme partout. La porte de service donne sur une petite ruelle à l’arrière… Celle qui dessert tous les hôtels du quartier. Et toutes les fenêtres donnent sur cette rue-ci. La maison est bien plus petite en réalité qu’elle n’en à l’air.

Vu de l’extérieur tout semblait calme, la vie poursuivait son cours dans ce quartier bourgeois d’Alexandria. Rien ne laissait présager que quelque chose s’était produit ici.

- La maison comprend quatre niveaux. Les trois visibles et un sous-sol… Gale est naïve… Et n’ayant aucune raison de se méfier de lui, elle aurait pu ouvrir à Richard avec le sourire… Je ne pense donc pas que nous trouverons de trace d’effraction… Je me demande s’ils sont ici.

Richard avait dû retourner à l’hôtel pour déposer son message et mèche de cheveux… Ce qui laissait un temps relativement court. Le dernier meurtre avait eut lieu très tôt le matin même, l’agression de Catesby vers le milieu de la matinée, son réveil en début d’après-midi, notre investigation rapide à l’hôtel de Richard avait prit à peine une heure… Nous en étions au milieu de l’après-midi, soit un peu plus de six heures après la découverte du coupable… Un délai aussi long que court qui laissait beaucoup trop de possibilités et pas assez à la fois…

- Alors ? La grande porte ou l’entrée de service ? Ou les deux si vous voulez.

Il fallait espérer qu’ils soient là… Auquel cas, le temps allait nous manquer.



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Garrett Catesby
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Lun 26 Mar - 17:46
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Oh que si, il savait, enfin, disons qu’il avait une vague idée de la question. Seulement, il voulait en avoir le coeur net, mais visiblement la brunette ne semblait aucunement de cet avis, chose qu’il comprenait. Garrett était un homme franc et honnête, cela se voyait. Seulement, la réponse qu’il aurait eue à donné n’était peut-être pas celle que la journaliste voulait entendre, surtout à cause de cette honnêteté légendaire, mais aussi avec ce tact quasi-inexistant. Catesby n’était pas du genre à prendre des pincettes pour dire ce qu’il lui passait par la tête, et même lorsqu’il essayait d’y mettre la forme, ça ne fonctionnait pas. Puis ce fut de nouveau le silence, presque religieux, uniquement troublé par quelques grincements produit par les essieux du fiacre. La route semblait d’ailleurs en moins bon état que jusqu'à maintenant. Si bien qu’une des roues du fiacre passa dans un nid de poule, la secousse provoquée offrit un bon petit tassement de vertèbres au occupant, l’inspecteur faillit même se cogner la tête contre la porte, mais il se rattrapa au dernier moment en poussant un juron, presque à voix basse, comme s’il avait tenté de se retenir?.

Dans le mutisme permanent, le trajet sembla interminable. Catesby n’était pourtant pas un type des plus causant, lui aussi aimait le calme et le silence, mais là, ce silence avait quelque chose de malsain. Puis leur transport s’arrêta, la brunette ne perdit pas une seule seconde et sauta dehors, suivit de près par l’inspecteur. Celui-ci se rendit au niveau du cocher, lui tendant quelques Irys pour la course, et un peu plus, car il lui demanda de rester ici. Il eut tout juste le temps de tourner les talons que les rennes claquaient que que le fiacre s’éloigna, suivie d’une traînée de poussière. Etait-ce une blague ? Il venait de foutre le camp juste après avoir ramassé la monnaie ? Même plus de monnaie que nécessaire d’ailleurs. L’inspecteur ragea intérieurement, manquant d’insulter la compagnie de transport d’Alexandria et tous les foutus fiacre de cette ville. Mais en entendant la jeune femme derrière lui, il se ravisa, toutefois, il s’arrangea pour mémoriser le visage du type, et le graver dans un coin de son esprit, au cas où… Son regard se posa sur le bâtiment, puis sur la brunette.

" Il vaudrait mieux pour nous. "

Garrett faisait attention à ses paroles, une promesse était vite faite, même involontairement. « On va la retrouver » était une phrase facile à sortir par inattention, et la personne en face, elle, pouvait prendre cela comme une promesse, puis vous considérer comme un menteur si vous n’étiez pas en mesure de la suivre. Catesby n’était pas en menteur, mais il ne voulait pas non plus donner de faux espoirs, ni mettre en gage des promesses qu’il ne pouvait pas tenir, même avec toute sa bonne volonté. Il jeta un coup d’œil à la ruelle, déserte, le coin tout entier était désert d’ailleurs, une impression d’être seul au monde. La chose n’aurait pas été désagréable s’il était venu ici pour trouver la paix, et non pas pour une enquête. Le mauvais pressentiment qui l’habitait depuis le début était toujours présent, il s’était peut-être même amplifié.

" Prenons la porte de service, je préfère que l’on ne se sépare pas. J’aimerais éviter de vous perdre aussi Lauren, tâchons de mettre la main sur ce salopard. "

Et de retrouver votre sœur…

Ça, ça aurait dû être la fin de sa phrase, mais encore une fois, il faisait attention à sa parole. Catesby se dirigea vers l’arrière bâtiment, se glissa dans la petite ruelle. Le passage était fermé par une petite porte grillagée, rien d’extraordinaire. Il lui avait suffi de pousser un peu la porte pour que celle-ci s’ouvre, signe que quelqu’un pouvait être passé ici depuis peu. S’assurant que la brunette le suivait bien, il se posta finalement devant la porte de service, celle-ci semblait verrouillée. Il posa sa main sur la poignée, et cela confirma sa pensée. Bon, de toute manière, il n’y avait pas 50 façons de faire. Se reculant légèrement, il revint rapidement contre la porte, et avec son épaule. Une fois, deux fois, puis la porte céda dans un léger bruit de verrou, c’était presque de discret comme entrée, il aurait fallu se tenir juste derrière la porte pour l’entendre.

La pièce était plongée dans une demie-pénombre, uniquement éclairée par la lumière extérieure. Garrett, porta une main à son revolver et le sortie de son holster. Cette fois, il ne comptait pas faire deux fois la même erreur, si voyait ne serait-ce qu’un petit bout de ce « Richard », il comptait bien lui loger une balle dans le buffet. La petite pièce de service donnait sur un escalier vers lequel l'inspecteur se dirigea, grimpant doucement les marches, il se retrouva face à une nouvelle porte. Le verrou glissa lentement, puis il poussa la porte. Le deuxième pièce n'était pas bien grande, bien décoré, très lumineuse d'ailleurs. Peut-être une sorte de petit salon ? Il s'écarta pour laisser passer la journaliste devant lui, elle devait mieux connaître les lieux que lui après tout.




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Lauren Hill
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Mer 28 Mar - 17:45
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Certains disent que les jumeaux sont reliés par une sorte de liens étrange et invisible. Le genre qui fait sentir à l’un que l’autre est en danger, qu’il souffre ou pire. Pour ma part, je n’ai jamais rien senti de tel, peut-être parce que je n’ai jamais été proche de ma soeur, ou peut-être parce que nous étions trop différentes... Ou simplement parce que cette histoire est un ramassis d’imbécilité et qu’une telle chose n'a jamais existé. Pourtant, à ce moment-là, j’aurais tant aimé que ce lien soit bien réel.

Ne pouvant compter sur un pseudo lien paranormal avec ma frangine, je me contentais de suivre Catesby contournant la maison afin d’emprunter la porte de service avant de pénétrer à l’intérieur de la demeure. Très vite, nous arrivâmes dans le salon de musique de Gale, pièce réservée à sa passion pour les divers instruments disposés çà et là. Tout était calme à l’intérieur, comme si personne n’avait mis les pieds les pieds dans cette maison depuis bien longtemps, laissant au lieu une sorte d’atmosphère oppressante, lourde…

Mais nous n’avions pas le temps de nous attarder sur ces détails. Ce qui m’inquiétais surtout, venait du fait qu’un nourrisson réputé geignard vivait dans cette maison… Ce qui ne collait absolument pas à ce silence.

Voyant que Catesby se décalait, je compris qu’il s’agissait d’une invitation à ouvrir la marche. Je le fis sans réfléchir, même si je ne possédais rien pour me défendre et qu’en cas de mauvaise rencontre, je représentais une cible de choix. Rien de tout cela ne me semblait important, je voulais juste retrouver ma sœur et son fils… Je le guidais donc à travers une succession de pièces toutes reliées entre elles, ce niveau-là ne comprenant pas de couloir. Nous les traversâmes jusqu’au vestibule donnant sur l’escalier central desservant les différents étages.

Arrivée devant celui-ci, je commençais à hésiter. Une porte dérobée située sous l’escalier donnait sur la cave… L’endroit le plus calme et isolé de la demeure en sommes. Et aussi la dernière qui serait visitée par l’un des occupants… Je me retournais vers l’inspecteur, cherchant son avis dans son regard avant de finalement lui dire:

- Visiter les étages me semble être une perte de temps… Surtout si Richard affectionne les endroits sombres et calmes. Je...

Ma dernière phrase resta en suspens, coupée par un pleur de bébé provenant de l’étage. Le cœur battant, je m’élançais dans les escaliers grimpant jusqu’au second palier qui desservait les chambres, dont la nurserie. Suivant les braillements de l’enfant, je me rendis jusqu’à la chambre qu’il occupait situé au bout du couloir. J’ouvris la porte lentement, jetant d’abord un bref coup d’œil au berceau étrangement vide. Pourtant, il était là, le bruit s’était intensifié lorsque j’avais ouvert… Soucieuse de sa santé, j’ouvris rapidement le battant au même moment où le bruit de la porte d’entrée claquant bruyamment se fit entendre.

Aussitôt, suivant mes réflexes, je courus vers la fenêtre donnant sur la rue assez rapidement pour apercevoir Richard me sourire avant de monter promptement dans un fiacre.

- Là ! hurlais-je en désignant le fiacre du doigt avant de me retourner pour apercevoir du coin de l’œil le bébé couché au sol, sur le tapis.

Je me dirigeais vers lui, pauvre petite chose hurlant probablement sa faim, me figeant sur place en découvrant la mèche de cheveux noirs qu’il tenait en main. Tremblotante, je l’attrapais, avant de délester sa main minuscule de la sombre relique à laquelle elle semblait s’accrocher de toutes ses petites forces. En m’apercevant, Aimé se calma aussitôt, m’adressant quelques sourires que je n’étais pas d’humeur à lui rendre.

- Encore une, déclarai-je en observant la mèche.

Puis en relevant les yeux vers le mur face à moi, celui tenant la porte ouverte sur la chambre de ma soeur, je pus lire les mots : “Liens de sang, liens brisés, le jeu devient intéressant.”

Tenant toujours l’enfant contre moi, je m’approchais lentement du mur, cherchant à identifier la composition de “l’encre” rouge qu’il avait utilisé… Je le savais pourtant, c’était si visible, si atrocement logique… Je me mis alors à trembler, m'agrippant à la petite créature lovée contre moi… Du sang… Il y en avait beaucoup, sur le sol, sur le battant de la porte séparant les deux pièces, sur la poignée… Quelque chose se trouvait derrière, allongé sur le lit conjugal… Je le savais... Mais je n’osais plus bouger, non… J’en étais totalement incapable...



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Garrett Catesby
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Dim 1 Avr - 9:34
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Lui se tenait derrière, prêt à intervenir. Faire passer la journaliste en première n’était peut-être pas la meilleure des solutions pour la protéger, pour cette fois, Catesby comptait uniquement sur ses réflexes, et sa capacité à pouvoir l’écarter rapidement sur le côté en cas de problème, ce qui, vu leur différence de carrure ne serait pas bien difficile. La maison était… Si silencieuse, l’inspecteur avait du mal à croire qu’un bambin était dans le coin. Bien sûr, Garrett n’était pas un expert en bébé ou enfant de bas âge, tout ce qu’il entendu, c’était que la chose était relativement bruyante, fait sans nul donc excusable puisque leur seul moyen de communiquer était de brailler.

Puis, le destin ne put se retenir de lui donner tort, un pleur de bébé se fit entendre, provenant de l’étage. Il n’en fallu pas plus à la brunette pour se lancer dans l’escalier, Catesby juste derrière elle. Grimpant les escaliers quatre à quatre, ils arrivèrent au deuxième étage. La brunette entra dans une première chambre, Catesby se tenait juste derrière au cas où. L’inspecteur pu lui entendre très distinctement le bruit de la porte d'entrée claquer, un juron manqua de lui échapper. Cette fois, au lieu de la suivre la journaliste, il tourna les talons, sautant dans l’escalier, se ruant vers la porte d’entrée, il l’ouvrit avec fracas, entendant au même moment la jeune femme crier qu’elle l’avait repéré. À peine Catesby avait-il posé un pied dehors qu’il entendit les rennes claquer et le fiacre s’éloigna. À cet instant, il était presque sûr qu’il s’agissait du fiacre qu’ils avaient eux-mêmes emprunter quelques minutes plus tôt.

Une détonante, puis une seconde, puis une troisième. Les trois balles se logèrent dans le fiacre, l’une d’entre elle le traversant sans doute de part en part, mais il lui était impossible de dire si oui ou non il avait touché sa cible. Peut-être que sur un coup de chance, il avait bel est bien touché Richard, ou du moins lui rappeler que face à une arme à feu, il n’était qu’un simple homme, comme tous les autres. Voyant le fiacre s’éloigner encore et toujours dans la rue, l’inspecteur retourna dans la maison, remontant une fois encore les escaliers pour rejoindre la journaliste. Elle était là, immobile, tenant le bébé et une nouvelle mèche de cheveux. Il allait dire quelque chose lorsque son regard fut attiré par ce qu’elle fixait depuis sans doute de longues secondes.

Il y avait… Beaucoup de sang, trop même. L’inspecteur s’approcha lentement à son tour du battant de la porte, mais aussi de la journaliste qui se tenait juste devant. Une sueur froide traversa l’inspecteur, était-ce tout ce sang, l’impression qu’il y avait quelque chose derrière cette porte, ou peut-être le fait que la journaliste semblait figée dans le temps. Il fallait qu’il entre, et qu’elle reste ici, elle ne devait pas voir… Ça. Bien qu’il n’était encore sûr de rien, mais son cœur lui disait que la laisser pénétrer dans la chambre serait une grave erreur. Il rangea son arme dans son holster, posant doucement une main sur l’épaule de la jeune femme, la faisant s’écarter de la porte.

" Lauren vous… Devez reculer, maintenant. "

Son ton ne laisser pas de doute sur sa sincérité, il fallait vraiment qu’elle se recule. Chose faite ou non, il poussa doucement le battant, la porte s’ouvrit sur une nouvelle tâche de sang, puis une traînée allant jusqu’au lit. Dessus, s’y trouvait un corps, dans le même état que les prostituées retrouvées dans les rues. Peut-être est-ce cruel de dire cela, mais le corps n’attira pas vraiment l’attention de l’inspecteur, ce qui n’était pas le cas de la jeune attachée sur une chaise dans un coin de la pièce. C’était Gale, Garrett se dirigea rapidement vers elle, la femme était inconsciente, solidement harnaché à la chaise.

" Gale, vous m’entendez ?! Gale ! "

Aucune réponse, il lui ouvrit doucement les yeux, pupilles totalement dilatées, respiration lente, elle avait été droguée. Elle ne semblait pas blessée, quelques signes d'éraflure sur son visage et ses poignets laissé comprendre qu’elle ne s’était pas laissé faire, au contraire. Mais qu’en était-il de son mental ? Catesby était moins rassuré sur la question, vu son positionnement dans la pièce, il avait l’impression que Richard l’avait forcé à… Regarder. Au vu de sa tenue, l’inspecteur devina qu’il devait s’agir de la domestique de la maison. Il commença à détacher les sangles qui la gardaient maintenu sur la chaise, puis il l’en extirpa. Elle pouvait être encore sauvée, pour la domestique il n’y avait malheureusement plus rien à faire si ce n’est la recouvrir d’un drap. Toujours inconsciente, il porta la jeune femme jusqu'à la seconde pièce, sans doute sous le regard de sa soeur.

" Elle a besoin de soins, il faut la faire conduire à l'hôpital avec le bébé, je vais prévenir la milice. "

Dit-il en la déposant doucement sur le sol, Richard parvenait une fois encore à gagner du temps sur l'inspecteur.




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Lauren Hill
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Lun 2 Avr - 14:28
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Serrant mon filleul dans les bras, j’essayais de regagner mon calme. La peur, l’angoisse m’avaient littéralement submergés, au point même de pouvoir sentir une main invisible m’agripper la gorge, la serrant jusqu’à m’empêcher de respirer. Je tremblais tandis que d’odieux sifflements résonnaient à mes oreilles provoquant ainsi une horrible migraine se faisant de plus en plus oppressante. Le sang battait à mes tempes au même rythme que mon cœur tambourinant douloureusement dans ma poitrine. Soyons franc, je perdais pied, totalement, tout en me trouvant incapable de détourner le regard de ce message morbide. Je n’avais pas peur pour moi, loin de là, je craignais simplement de découvrir que ce sang venait de ma sœur. Ma vie ne comptait pas, je n’existais que pour moi seule, contrairement à Gale. Ma jumelle ne me ressemblait finalement en rien, si ce n’est ce fichu visage. Elle avait son époux, qu’elle aimait et surtout son fils encore bien trop jeune pour perdre sa mère… Et la réalité me faisait apparaître comme la coupable indirecte de cette situation… Coupable du tourment de ma sœur.

Je sursautais lorsqu’une main se posa sur mon épaule. Perdue dans mon monde, je n’avais pas entendu l’inspecteur rentrer dans la pièce. Son expression s’accordait probablement avec la mienne, ce qui ne me rassura pas le moins du monde. Aussi, cette fois, soucieuse d’épargner une vision d’horreur au petit être fragile entre mes bras, j’obéis sans discuter… Dans tous les cas, les mots restaient coincés dans ma gorge… À peine Catesby eut poussé la porte qu’Aimé se mit à hurler, gigotant dans mes bras impuissant.

Je n’ai jamais su comment me comporter avec les enfants, aussi le voir dans pareil état manqua presque de me faire paniquer. Je ne savais pas comment le calmer, me contentant de le bercer tout en marchant. Les berceuses, les câlins… ce n’était pas pour moi, je ne savais même pas comment faire et ne connaissais aucune chanson… Denise n’avait jamais été maternelle, tout du moins jamais plus que nécessaire… Je me demandais d’ailleurs comment Gale avait fait pour devenir une mère aimante avec pareil exemple. Mais force est d’avouer que ce petit moment me permis au moins d'ôter, l’espace d’un instant, toutes ces images lugubres qui s’étaient logées dans ma tête.

L’appel de l’inspecteur me força à me retourner dans la direction de la chambre conjugale. Il l’appelait, elle… Gale était vivante sans quoi, Catesby ne prendrait certainement pas cette peine… Mais dans quel état se trouvait-elle ? L’intonation de l’homme me parut bien inquiète, ce qui finalement ne me rassurait pas, bien au contraire. Était-elle blessée ? Ce sang lui appartenait-il ? Je fus tentée de débouler promptement dans la chambre pour m’en assurer avant de me raviser… J’avais si peur de découvrir la vérité…

Finalement, Catesby sortit de la pièce, ma sœur inconsciente mais apparemment indemne dans les bras. Mes yeux ne la quittaient plus, cherchant les preuves physiques pouvant attester qu’elle était bel et bien en vie. L’inspecteur la déposa délicatement sur le sol tout en m’expliquant qu’il allait prévenir la milice. Sans un mot, je me laissais tomber sur les genoux, prenant place à côté de ma sœur… je compris bien vite ce qu’il se passait… Richard l’avait drogué, mais contrairement à Catesby, lorsqu'il s’était lui-même trouvé sous l’emprise de ce produit, Gale semblait dormir… Déposant aimé aux côtés de sa mère, je me saisis de la main de ma sœur, veillant à lui parler comme je l’avais fait pour l’inspecteur afin de la rassurer. Je ne sais combien de temps cela dura, je ne m’en préoccupais pas vraiment, seule Gale comptait. Déposant aimé aux côtés de sa mère, je me saisis de la main de ma sœur, veillant à lui parler comme je l’avais fait pour l’inspecteur afin de la rassurer.

Au bout d’un certain temps, des hommes entrèrent sans ménagement, me poussant presque pour placer ma sœur sur une de leur planche. Toutefois, j’étais si pressée de la voir entre les mains salvatrices d’un médecin que je n’emis aucune protestation, me contentant de prendre le bébé dans les bras et de descendre à leur suite jusque dans l’ambulance patientant devant la maison. Dans les escaliers, nous croisâmes des miliciens visiblement pressés… Sur le moment, je ne compris pas la raison de leur empressement… Gale se trouvait sur le brancard juste devant eux… Puis je me rappelais du sang… Du sourire de Richard… En sortant, j’aperçus un deuxième véhicule de transport, celui aux cloisons entièrement fermées destiné aux cadavres…

Je me mis alors à chercher Catesby des yeux. Gale était à présent entre de bonnes mains, mon inquiétude s’était assez apaisé pour me laisser réfléchir… Et surtout m’interroger. Je finis par le trouver, discutant avec deux hommes… Des miliciens, probablement, mais je n’en avais cure… Ni même le temps, puisque je comptais bien accompagner ma sœur à l’hôpital, au moins le temps que son mari ne la rejoigne. Je me dirigeai donc vers le trio.

- Je l’accompagne, lançai-je à l’inspecteur sans prêter attention aux deux hommes toujours présents. J’aimerais seulement savoir à quoi m’attendre. Qui est là-haut ? Gale a-t-elle était témoin de la scène ? Que dois-je savoir Garrett ? S'il vous plaît ...



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Garrett Catesby
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Sam 7 Avr - 9:14
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Ce dégoût, cette impression de s’être fait une fois encore doublé. Depuis qu’il avait été empoisonné, plus que de vouloir retrouver le coupable, il avait envie de le tuer, il suffisait de le regarder quelques secondes pour comprendre que loin de l’enquête d’origine, la chose était devenu une affaire personnelle et que Richard n’aurait sûrement pas la chance de passer devant la justice, exceptée si la justice pour être matérialisé par la bouche d’un canon de revolver. Lui ne pouvait rien faire de plus pour Lauren et sa sœur, il n’était aucunement médecin, et outre ce qu’il voyait, il ne pouvait pas juger de l’état de Gale, il ne voulait pas essayer.

Suite à son appel, la milice ne tarda nullement à arriver, une dizaine miliciens, peut-être plus, uniquement pour quadriller la maison, passa dans chaque pièce, notant tout ce qui pouvait paraître étrange. Une équipe se chargea de récupérer Gale sur ordres de l’inspecteur, un heureux hasard fit que les miliciens chargés d'emmener la sœur de la journaliste à l’hôpital, étaient les mêmes qui s’étaient chargés de faire la même chose pour l’inspecteur. Il leur expliqua la situation, leur demandant d’être prudents, car même si la jeune femme semblait être inconsciente, elle pouvait être en mesure d’entendre, peut-être même était-elle en mesuré de se réveiller et de… Paniquer suite aux effets hallucinogène de la drogue.

Malheureusement pour lui, les miliciens n’étaient pas venus seuls, emmenant avec eux certains représentant important du poste, tel qu’un commissaire par exemple, commissaire qui avait pour habitude de ne pas porter Castesby dans son cœur, loin de là même. Thomas Braken était un homme d’une cinquantaine d’années, les cheveux poivre et sel, le visage marqué par les années. Le commissaire n’était pas un homme très imposant, il était un plus petit que l’inspecteur, un type comme ça, normalement, il fallait lui marcher dessus, et du pied gauche, ça porte bonheur. La seule chose qui faisait qu’il était respecté, était son rang, et la possibilité de vous virer en claquant des doigts. En le voyant arriver au loin avec sa mine autoritaire, Garrett ne pus retenir un juron, pas maintenant, il n’avait pas le temps ni la patience de devoir encaisser les propos de ce sombre idiot. Et pourtant… Il allait bien falloir. Braken se planta devant lui, relevant légèrement la tête pour le voir. Autour d’eux, des miliciens, feintant d’être concentrés dans leur tâche pour pouvoir écouter la discussion qui semblait d’ors et déjà houleuse. Le commissaire resta d’abord silencieux, avant de tendre la une du journal que l’inspecteur ne connaissait déjà que trop bien.

" Qu’est-ce qui cloche chez vous Catesby ?! La notion de discrétion peut-être ?! "

Il resta silencieux, se contentant de le regarder sans grande conviction. Rien que par la présence de ce type, Garrett se sentait déjà épuisé, alors lorsqu’il ouvrait la bouche, autant dire, c’était encore plus difficile de ne pas bâiller.

" Les meurtres, la une de ce… Foutu torchon ! Les coups de feu dans les bureaux de La Tribune, un tenancier de bordel qui porte plainte pour violence ! Ça commence à faire beaucoup même pas vous Catesby ! J’ai même entendu dire que vous avez frappé le neveu du gouverneur, j’espère que ça, c’est une blague douteuse ! "

Donc l’autre salopard de tenancier avait eu le culot de l’ouvrir, bien, ça, Garrett comptait bien le noter dans un coin de son esprit, quant au blondinet… Autant ne pas en parler. Allongée dans une civière portée par deux miliciens, Gale passa près d’eux avant d’être installé dans l’ambulance. Braken la regarda rapidement, tout juste une œillade, nettement plus concentré sur l’inspecteur. Un jeune milicien s’approcha, il salua le commissaire, mais s’adressa à l’inspecteur.

" Inspecteur, nos hommes sont en train de préparer la victime pour le transport, la jeune femme, elle, sera conduite à l'hôpital, doit-on faire poster des hommes pour assurer sa protection une fois là-bas ? "

" Oui. "

" Non, les hommes restent ici. "

Le milicien écarquilla les yeux, surpris par ce contre-ordre sortit tout droit de nul part, restant sur place, attendant une confirmation de la part d’un des deux partis. La tête de Catesby pivota aussi lentement qu’une tourelle, regardant avec mépris l’homme se tenant en face de lui. Alors que Garrett sentait son calme le quitter, c’est au même moment que la journaliste fit son entrée. Il l’attrapa doucement par l’épaule, s'écartant du reste du petit groupe. Le commissaire ne l’avait aucunement lâché des yeux, il tenta de tendre l’oreille pour entendre leur discussion, mais c’était peine perdue. Braken se pencha vers le milicien, lui demandant qui était cette brunette, sosie parfait de celle qu’il venait de voir passer sur une civière, ce à quoi le milicien répondit qu’il s’agissait d’une femme qui accompagnait l’inspecteur depuis le début de l’enquête.

" C’était le sang de la domestique, elle à subi le même sort que les prostitués. Pour votre sœur… Je ne sais pas, peut-être à t-elle était droguée avant et peut-être n’a t-elle rien vu, soit Richard l’a forcée à regarder, avec ou sans hallucinations. C’est au médecin de découvrir cela, physiquement votre sœur ne semble pas blessée outre les traces de liens à ses poignets, mentalement… Je ne suis pas en mesure de vous répondre Lauren, mais elle aura sûrement besoin de vous. "

C’était tout ce qu’il pouvait lui dire, la domestique, elle, serait examinée en temps et en heure, pour le moment le plus important était que Gale aille mieux, et une fois qu’elle serait en état de parler, il faudrait qu’elle répondre à des questions, de longues questions… Catesby se voyait déjà mal l’interroger, encore plus s’il devait se confronter à la journaliste souhaitant qu’on laisse sa sœur en paix, jugeant qu’elle avait déjà assez souffert comme ça. Il regarda Lauren grimper dans l’ambulance, puis disparaître au coin de la rue. Braken ne lui laissa pas le temps de souffler que déjà, il s’était rapproché.

" Qui est cette femme ? "

" La sœur jumelle d’une des victimes, je croyais que cela se voyait pourtant ? "

" Ne jouez pas au malin avec moi inspecteur Catesby, vous n’en avez pas les moyens. "

C’est à ce moment que la patience de l’inspecteur céda, attrapant le commissaire par le col, le poussa jusqu'à ce que celui-ci retrouve coincé entre lui et un mur en brique.

" Et vous qui êtes un vous !? Un bout de lard vautré sur une putain de chaise qui tamponne des dossiers ! Qui êtes-vous !? Si ce n’est un connard de scribouillard tout juste capable d’écrire un rapport sans l’aide de ses miliciens ?! Dénué de bons sens, une espèce de sal... "

Peut-être l’aurait-il frappé, mais par chance pour lui, ou pour le commissaire, les miliciens autour d’eux agir rapidement, s’interposant entre les deux hommes, craignant sans doute que l’inspecteur fasse un geste regrettable, même si ce qu’il venait de faire était déjà grave, mais toujours moins grave que de casser le nez à son supérieur. Tout rouge, et vraisemblablement avec un problème de fuite, le commissaire se mit à pester.

" Vous finirez au trou Catesby, je vous foutrai au nettoyage de la morgue ! Vous irez faire la circulation une fois cette affaire finie ! Votre insigne Catesby ! Tout de suite ! "

Son insigne… Un inspecteur sans insigne, autant dire qu’il n’était plus inspecteur, mais un simple homme avec un revolver, tant pis, après cette affaire, il s’occuperait de récupérer son insigne, il s’occuperait du tenancier aussi, et puis de commissaire… Oh que oui, il allait montrer son incompétence, la faire éclater au grand jour, mais pour le moment… Il ouvrit le prend de sa veste, retirant son insigne la plaquant contre le torse du commissaire avant de la lâcher.

" Tenez, ça vous fera un suppositoire à sept branches. "

" Qu’avez-vous dit ?! "

Garrett ne répondit pas, il tourna les talons, retournant dans la maison, rejoignant l’équipe chargé de s’occuper de corps. Connaissant les valeurs de l'inspecteur, un des miliciens s'éclipsa sans attendre, emmenant quelques collègues avec lui. Ils montèrent dans un fiacre, se rendant à leur tour à l'hôpital pour assurer la sécurité de la soeur de la journaliste.




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Lauren Hill
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Sam 7 Avr - 22:50
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Le trajet jusqu’à l’hôpital fut long et angoissant. On m’avait fait monter à l’avant, juste à côté du cochet, Aimé dans mes bras, tandis que ma sœur se trouvait dans un état inquiétant à l’arrière, dans leur espèce de charrette aménagée. Si le nourrisson se laissa bercer par les secousses jusqu’à s’endormir, moi, je ne cessais de pester intérieurement. Je ne pensais qu’à Gale, à l’arrière, ne m’autorisant pas encore à me préoccuper de Richard et à ses idées sinistres. Je laissais cela à l’inspecteur et à l’ensemble de la milice relativement inefficace pour le moment, il fallait l’avouer. J’essayais de trouver que dire à Arthur pour lui expliquer l’état de son épouse… Et la mort brutale de sa bonne au sein même sa maison… Sur son lit, alors que sa femme se trouvait ligotée juste à côté.

Je n’ai jamais réellement ressenti la culpabilité, pas comme ça en tout cas. Cette fois, il s’agissait de ma sœur après tout. Une innocente, naïve… Le genre de femme bien trop douce et gentille pour survivre dans une société aussi cruelle que celle-ci...et que je veillais soigneusement à tenir à l’écart. Malgré toute ma colère envers le monstre responsable de tout cela, je faisais de mon mieux pour me concentrer sur le plus urgent, le reste attendrait que Gale ne se trouve en sécurité.

Arrivée à l’hôpital, ma sœur fut rapidement emmenée sur un brancard vers une salle de soin dont l’accès me fut une nouvelle fois refusée. Sauf que cette fois, ils ne pouvaient pas me sortir la lamentable excuse “Vous n’êtes pas de la famille”... Ou alors, laisser ma sœur entre les mains de personnels soignants aveugles et stupides n’était certainement pas l’idée du siècle. Je me retrouvais donc dans la même salle d’attente froide que dans la matinée. Étrangement, même si les personnes n’étaient pas les mêmes qu’alors, leurs mines étaient identiques qu’à celle de leurs prédécesseurs, toute aussi terne… Pour ma part, je faisais les cent pas, longeant cette maudite salle de long en large et en travers… Oh, mais ce n’était nullement dû à l’inquiétude, mais plutôt la conséquence d’un désir de calmer la créature qui s’était mise à brailler dans mes bras et que je n’arrivais pas à calmer… Paradoxalement, les mines grisées s’étaient chargées d’agacement, probablement comme la mienne. Bon sang, je n’ai jamais rien compris aux enfants, même ceux capables de parler, alors un bébé…

- Excusez-moi madame, m’interpella une jeune infirmière aux cheveux d’or. De quand date le dernier repas de votre enfant ? Depuis quand n’a-t-il pas été changé ?

Euh… Bonnes questions…

- À vrai dire, je n’en ai pas la moindre idée. Il s’agit du fils de ma sœur, mon neveu quoi… Enfin mon filleul… Bref, sa mère est en salle de soin et pour être franche… Je n’y connais absolument rien...

- Je vois,dit-elle en essayant de dissimuler un rictus narquois qui ne m’avait nullement échappé. Voulez-vous que je m’en occupe ? Cela vous permettra aussi de vous… reposer un peu...

Respire… Elle te prend pour une idiote, mais ce n’est pas grave, elle te débarrasse du marmot, donc remercie là et sourit… Même si tu meurs d’envie de la renvoyer nettoyer quelques vomissures et autres déjections humaines.

C’est donc avec un gras sourire que je lui tendis de braillard visiblement très énervé. Je les regardais s’éloigner tout en me massant l’épaule droite enfin soulagée du poids que représentait le petit… En me demandant comment Gale pouvait le tenir dans ses bras à longueur de journée. Mettons ça sur le compte de l’amour maternel, si cela n’est pas forcément vrai, cela reste le plus logique et le moins dérangeant pour moi… Toutefois, il fallait bien admettre que les dernières journées ne s’étaient pas avérées reposante, en particulier celle-ci. La tension accumulée se diffusait jusque dans mes épaules, les rendant relativement douloureuses. Je n’allais pas m’en plaindre, il y avait plus important, mais comme personne ne semblait disposé à me donner des nouvelles, je commençais à trouver le temps long.

Fort heureusement pour moi, enfin, surtout, pour mes nerfs, un médecin daigna finalement venir me parler… Comme l’avait supposé l’inspecteur, Gale avait été droguée. Elle s’était réveillée en état de choc, toujours aux prises de ce fameux produit à base de plantes dont le nom m’échappait. Ils lui avaient donné l’antidote au nom tout aussi imprononçable et attendaient que l’effet ne se dissipe. Après ces quelques explications, l’on m’autorisa enfin à la voir…

Un long souffle s’échappa bruyamment de ma bouche lorsque je l'aperçus. Les yeux grands ouverts semblaient fixer le monde sans le voir avec un effroi évident. Ils l’avaient attaché, parce que la pauvre se débattait tant qu’elle menaçait de se blesser pour échapper au reste des fantômes qui peuplaient son cauchemar éveillé. La voir ainsi, elle, toujours tirée à quatre épingles, souriante et vivante… mon opposée, je ne cesserais de le répéter, fut particulièrement difficile, sinon simplement atroce.

Lentement, je m’approchais d’elle pour aller m’asseoir sur la chaise à côté. Le médecin m’avait dit qu’il était impossible de prévoir le temps que mettrait l’antidote à agir, de ce fait, je ne pus que prendre mon mal en patience tout en recommençant à murmurer quelques paroles rassurantes pour lui faire prendre conscience de la réalité. Il est étrange de constater comme il existe des moments où l'on peut se sentir extrêmement seul... À ce moment précis, je me trouvais seule sur Irydaë.



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Garrett Catesby
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Ven 13 Avr - 12:00
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La plupart des miliciens présents sur place avaient vu, ou ne serait-ce qu’entendu l’altercation entre les deux hommes. Fallait-il que la chose ne fût pas des plus discrètes, et qu’elle n’avait pas été faite pour l’être. Garrett était retourné auprès du corps, mais aussi des miliciens chargés de nettoyer la pièce. Rien qu’avec la quantité de sang, il se doutait qu’il faille faire retirer les tapis, changer le lit, tout. Le sang avec cette capacité incroyable de marquer, qu’il s’agisse des esprits ou des objets, d’ailleurs, si Gale avait été témoin des sévices qu’avait subi la domestique, il était sûr qu’elle refuserait de redormir dans cette chambre, et encore moins dans ce même lit. Le corps fut rapidement recouvert d’un drap blanc, qui prit rapidement une teinte rouge. De ce qu’il avait vu, la pauvre femme avait subi la même chose que les prostituées, la même barbarie, la même peur dans ce regard à présent vitreux. Garrett jeta un finalement un coup d’œil par la fenêtre pour se rendre compte que le commissaire avait quitté les lieux, sans doute pour se dépêcher de faire son rapport et pouvoir le convoquer pour lui remonter les bretelles, voire le virer, ce badaud ne devait penser qu'à cela nuit et jour. À présent, il ne lui restait pas beaucoup d’options pour retrouver Richard, outre le fiacre, le fiacre dans lequel il avait logé plusieurs balles, et dans le meilleur des cas, blessé son occupant.

Dès lors, il n’avait plus rien à faire ici, c’est la mine sombre qu’il quitta la pièce sous le regard des miliciens. Il avait presque l’impression de faire pitié, le petit inspecteur qui s’était fait priver de son insigne comme le dernier des manants, et il n’aimait pas ça. Il interpella un milicien en descendant l’escalier, lui demandant de se rendre avec plusieurs collègues auprès de la compagnie gérant le transport de la ville, là où l’on pouvait retrouver tous les fiacres de la ville. Il lui précisa qu’ils devraient trouver un fiacre avec des impacts de balle, au moins un. Bien sûr, il y avait aussi une possibilité pour que l’on ne retrouve jamais ce fiacre, Richard pouvait avoir un complice ayant dérobé un fiacre pour venir l’aider, abandonner leur moyen de transport au détour du ruelle avant de se mêler à la foule. Mais il y avait cette petite lueur d’espoir, celle de se dire que ce salopard avait calculé son coût, peut-être même qu’un coché avait fait irruption dans un poste de la milice pour crier à qui voulait l’entendre que l’on avait ouvert le feu sur son gagne pain. Le milicien obtempéra, hochant simplement la tête, jusqu'à maintenant, personne n’avait fait de remarque sur le fait que l’inspecteur donnait des ordres sans en avoir véritablement la légitimité. Pour beaucoup de miliciens, Garrett était un homme efficace, certes plutôt taciturne et pas très porté sur le tact, mais cela ne l’empêchait aucunement d’être un bon inspecteur et de faire ce qui devait être fait.

Garrett se rendit alors à l'hôpital, bien trop heureux d’être enfin seul, enfin, durant le trajet du moins. Le fiacre avançait dans les rues, les grincements se mêlant aux bruits des fers des chevaux contre la chaussée. Il réfléchissait à tout ça, essayant tant bien que mal de donner un sens aux actions de ce taré. Pourquoi les prostituées ? Avait-il essuyé un refus de gâterie nocturne, sa mère en était une ? Pourquoi Gale ? Pourquoi essayer d’atteindre Lauren au travers de sa sœur ? Une vengeance professionnelle ? Pour Catesby, il n’y avait pas de lien direct entre les meurtres des prostituées et le fait de s’en prendre à la journaliste. Il pensait plutôt qu’il s’agissait d’une vengeance directe, car sans la journaliste, Garrett devait bien avouer qu’il n’aurait peut-être pas remonté la piste du tueur si vite, peut-être même serait-il mort des suites de l’effet de ce foutu poison. Lauren et Garrett étaient donc deux éléments perturbateurs dans son petit passe temps. Perdu dans ses pensées, il fallu que le cocher tape du poing sur le toit de la cabine pour que l’inspecteur réalise qu’il était arrivé à l’hôpital.

En une journée, cela faisait déjà deux fois qu’il venait mettre les pieds dans un hôpital, et selon lui, c’était déjà deux fois de trop. Il n’aimait pas les hôpitaux, tous ces gens, ces pauvres bougres attendant sur une chaise qu’on vienne les prendre en charge, ou qu’on leur apporte des nouvelles concernant un proche, la brunette avait dû l’attendre dans une chaise semblable durant un moment. L’infirmière de l’accueil le renvoya vers le deuxième étage, au moins, ce n’était pas les soins intensifs, une maigre consolation face aux restes des évènements. Lorsqu’il arriva dans la chambre, la journaliste se tenait auprès de sa sœur, Garrett lui, resta dans l’encadrement de la porte, la regardant, ne sachant pas trop s’il était de trop ou non. Après de longues secondes de questionnement, l’inspecteur retira son chapeau et entra dans la chambre.

" Comme va-t-elle ? "

Question peut-être maladroite, mais de toute manière, il n’était plus à une maladresse près.




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Lauren Hill
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Dim 15 Avr - 9:51
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Le temps file, mais paraît long à quiconque devant le subir plutôt que de le vivre. Cette expression étrange, je l’avais entendu de la bouche d’un scientifique de Rathram, bien des années plus tôt. Il l’avait directement adressé à la jeune fille que j’étais alors, me trouvant trop souvent empressée de découvrir tout et n’importe quoi… Pourvus que cela me donne matière à écrire, évidemment. Je l’avais trouvé stupide à l’époque, ce qui était d’ailleurs toujours le cas, car je pouvais m’efforcer de la retourner en tous sens que je ne lui trouvais aucun rapport avec les événements de cette époque… Contrairement à cette fois-là…

Assise sur cette chaise inconfortable, aux côtés de ma sœur qui semblait n’avoir nullement conscience de ma présence, le temps me parut affreusement long. Un peu comme s’il s’était figé pour mieux me laisser contempler l’horreur dans ses yeux vert d'eau gorgés de sang. La voir ainsi fut aussi douloureux d’effrayant. Je me sentais impuissante malgré les paroles se voulant réconfortante que je ne cessait que baragouiner avec une incertitude parfaite perceptible dans le son de ma voix. Je subissais le temps, ses caprices, sa torture tout en maudissant le responsable de tout cela : Richard…

Qu’avait-elle vu ? Son état était-il seulement lié à la drogue qu’il lui avait administrée ou était-ce dû à un profond traumatisme ? Peut-être les deux, finalement… Et dans ce cas… Si une telle éventualité était envisageable, qu’allaient devenir Gale et sa famille ? Comment pourrai-je seulement expliquer cela à Arthur ? Lui dire que sa femme ne serait plus jamais la même parce qu’un monstre s’était amusé à jouer avec son cerveau… Tout cela dans le but de m’atteindre moi, pour quelle autre raison aurait-il pris autant de risque au lieu de simplement fuir sitôt son identité découverte ?

J’avais baissé les yeux, ne pouvant plus affronter le regard effaré de ma sœur qui ne savait plus où se poser. J’observais mes mains impuissantes, fermement agrippées aux pans de ma jupe. Comme je les sentais sales… Mais non, je ne pleurais pas, me contentant de serrer les mâchoires pour ravaler ma profonde colère, ma haine pour un homme que j’avais autrefois pris sous mon aile pour l’aider à progresser. Ma profession exigeait de moi que je me montre objective et détachée en toute circonstance. Une façon d’observer le monde en gardant mes distances pour que rien ne puisse m’atteindre ou me toucher. J’y arrivais, la plupart du temps, sans réellement devoir me forcer pour cela… Toutefois, rien ne m’avait jamais concerné directement. Personne ne s’en était jamais pris à ma famille… Peut-être était-ce ma faute, parce que je m’étais trop impliquée dans une histoire qui ne me concernait pas… Peut-être… Quelle idiotie, c’était évidemment le cas, pas de place pour le doute ici, Richard cherchait à me punir en veillant à ne pas m’approcher, sans doute à cause de la présence de l’inspecteur à mes côtés ou à la présence des gardes devant ma porte me rendant dès lors inaccessible… Certains pensent que le meurtre n’est pas donné à tout le monde… Que quelques personnes s’en préserveraient par pureté, bonté d’âme et autre connerie dans le genre… C’est faux. Tout humain est susceptible de tuer de sang-froid pour une multitude de raisons plus ou moins obscures. La nature humaine était ainsi faite, nous donnant par moment la force et la volonté de vouloir ôter une vie… Nous poussant à l’imaginer même… Ce qui fut mon cas, en cet instant-là, je me voyais clairement planter un poignard dans le cœur de ce salopard, mais pas sans lui avoir fait goûter son propre remède à base de cauchemars éveillés le poussant à l’impuissance tout en ressentant la douleur que je prendrait plaisir à lui infliger. Je vous choque ? Pourtant, je suis toute aussi humaine que vous…

C’est la voix de l’inspecteur derrière moi qui m’extirpa de mes songes macabres. Je lui lançais un regard noir qui ne lui était pourtant pas adressé, avant de me reprendre pour mieux répondre à sa question. Il n’était pas responsable de tout cela, il n’avait même pas voulu de ma présence dans son sillage, inutile donc de lui en vouloir…

- Je ne saurais dire, soupirai-je en observant ma soeur. Je trouve ça si long, plus que pour vous… Je commence à me demander si cet état ne serait pas définitif...

Il était difficile, dans pareille situation, de ne pas envisager le pire, alors autant ne pas mentir. Je n’attendais pas qu’il essaie de me réconforter, je n’en avais nullement besoin et encore moins envie. Une seule chose m’intéressait à dire vrai :

- Et Richard ? Est-ce que vous savez où le trouver ?

J’en doutais… Je ne cessais de revoir son sourire narquois tandis qu’il grimpait dans le fiacre. Il pouvait être n’importe où à présent, d’autant que l’inspecteur se trouvait ici au lieu de lui courir après dans les rues bondées d’Alexandria.

- Vous comptez le tuer, n’est-ce pas ?

Oh, ça, je l’espérais sincèrement, même si je me gardais bien de lui dire… Inutile dans tous les cas, puisque ma volonté devait se lire aisément dans mes yeux. Je ne pouvais pas l’imaginer autrement. Juste l’idée de le voir fuir pour recommencer ailleurs me donnait la nausée… Et encore moins de l’imaginer en prison, poursuivant son abjecte existence aux frais des contribuables.

Arthur entra précipitamment peu après, se positionnant aux côtés de son épouse sans m’adresser le moindre regard. En observant l’inspecteur, toujours dans l’encadrement de la porte, je pus apercevoir mon père discutant avec le médecin… Derrière, se tenait Denise, le petit Aimé dans les bras. Toute la famille était donc au courant et je n’avais nullement envie de m’attarder là, je savais très bien comment allait se dérouler la suite. Je me relevais donc, ajustant ma jupe à présent froissée avant d’entraîner l’inspecteur à l’extérieur. Mieux valait laisser Arthur tranquille… D’autant que sa femme se trouvait dans cet état par ma faute et je n’avais guère envie d’affronter cela pour le moment.

- J’ai besoin d’air, dis-je à Catesby sans le regarder.

William était bien trop occupé avec le médecin pour se préoccuper de ma présence, tant mieux, je n’avais pas envie de subir ses interrogations pour le moment. Ma mère me tournait le dos, il était temps d’en profiter. J’attendais l’inspecteur par le bras avant de l’entraîner dans les couloirs décidément beaucoup trop long. Je suffoquais dans cet endroit et n’aspirais qu’à respirer l’air extérieur. Arrivés dehors, je pris une profonde inspiration avant de me retourner vers Garrett.

-Et maintenant ?



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Garrett Catesby
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Mar 17 Avr - 11:10
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L’inspecteur regarda Gale, la jeune femme avait… Le regard vide, regardant l’on ne sait où, fixant ce qui semblait être invisible à leurs yeux. Garrett n’était pas médecin, ni spécialiste en antidote et en substance hallucinogène, outre de bonnes paroles, il ne pouvait pas dire grand chose. Le regard de la journaliste était quant à lui sans équivoque, de la colère, une haine profonde sans doute, mais pas pour lui, mais bien pour l’autre salopard, du moins c’est ce qu’il espérait. Il resta silencieux, jugeant que c’était le mieux à faire, Catesby n’était pas vraiment doué pour l’empathie, donné de faux espoir n’était pas son genre, malgré que… Et bien, il avait tout de même sa petite idée. Déjà, plusieurs choses le différenciaient de la sœur de la brunette, première, c’était une femme, loin de lui l’idée d’une quelconque remarque sexiste, même si cela lui arrivait d’en faire. Non, plutôt le fait de souligner que le poison avait peut-être un effet différent sur un organisme féminin, ou tout simplement que le corps de la jeune femme était plus long pour traiter l’antidote. L’inspecteur n’avait pas déjà pas la même carrure, et lui avait pu prendre l’antidote très tôt, même pas une heure après avoir été empoisonné, Gale, elle, était tout grignette à côté, se rapprochant du gabarit de sa sœur, sans dire que l’on ne pouvait pas savoir combien de temps elle fut sous l’effet de la substance avant d’avoir droit à l’antidote.

" Pas de lieu précis malheureusement. Cependant, j’ai envoyé la milice à la compagnie de transport de la ville. J’ai réussi à loger au moins une balle dans le fiacre, l’impact devrait être assez visible. Avec plus de chance, peut-être même qu’il est blessé. "

Sa deuxième question le fit cependant un peu plus réagir, pourquoi lui demander cela ? Depuis le début, Garrett n’avait nullement caché sa volonté d’en finir pour de bons avec ce salopard. Enfin, il savait, au début, même si ces actes étaient de la pure barbarie, la journaliste devait encore avoir son esprit critique, se disant que l’on ne pouvait pas rendre la justice à coup-de-poing ou à coup de revolver, que jouer au cow-boy était une mauvaise idée. Mais, maintenant qu’on avait touché à sa sœur, a sa famille, elle comprenait la nécessité d’en finir pour de bons, et de ne pas lui laisser une chance de s’en tirer et de passer sa vie tranquillement derrière des barreaux, profitant d’un toit, d’un lit et d’un repas. Peut-être même que celle-ci aurait eu l’audace d’appuyer elle-même sur la détente, mais mieux valait laisser cette tâche à l’inspecteur, non pas qu’il doutait du cran de la journaliste, n’importe qui est capable d'ôter une vie, encore plus sous l’effet de la colère et la haine aveuglante, mais avec lui, la paperasse serait moins longues.  Son regard se posa sur Gale, toujours perdu dans le vide.

" Maintenant plus que jamais. "

Se contenta-t-il de répondre. Puis un homme se glissa entre l’encadrement de la porte et l’épaule de l’inspecteur, se jetant presque aux côtés de Gale, aucun doute possible sur l’identité de l’individu, il s’agissait du mari. La voix que l’inspecteur entendit derrière lui ne lui laissa aucun doute non plus, William Hill était ici, il put aussi entendre une partie de la conversation avec le médecin. D’après le type en blouse blanche, Gale était encore en état de choc, stable, et qu’il lui faudrait sans doute un peu de temps pour… S’adapter, l’antidote faisait effet, mais il fallait laisser le temps. Est-ce que cela voulait dire qu’elle avait vu Richard s’occuper de la domestique ? Difficile à confirmer, mais pas des plus rassurant pour autant.

Une fois n’est pas coutume, la journaliste attrapa l’inspecteur par le bras, le tirant hors de la chambre, traversant nombre de couloir avant de finir à l'extérieur. Galen prit une nouvelle inspiration à son tour, il avait encore une dernière carte à jouer, une carte qui serait utile à jouer lorsqu’il se tiendrait face à Richard.

" Au poste. "

Il n’en dit pas plus comptons bien garder cette idée pour lui. Cette fois, le fiacre l’avait bel et bien attendu devant l’entrée de l’hôpital, au moins quelqu’un qui semblait écouter et comprendre correctement ce qu’on lui demander. Il laissa la jeune femme monter la première, avant de donner la destination, puis il grimpa à son tour. Le trajet fut… Silencieux, Garrett ne comptait pas faire la causette en espérant que cela aille mieux, non ça n’irait pas mieux, elle n’irait pas mieux tant que l’autre continuerait de courir, elle irait mieux une fois qu’il serait sous terre.

Puis ils arrivèrent enfin au poste, l’inspecteur paya le trajet, entrant le premier dans le bâtiment, il espérait ne pas croiser le commissaire, car cette fois, il faudrait sans doute plus de trois miliciens pour les séparer. Garrett poussa tout juste la porte que la jeune femme chargé du secrétariat se planta devant lui.

" Inspec… Enfin… Hum, inspecteur, il y a un homme qui affirme avoir des informations sur votre enquête, dois-je le faire venir dans votre bureau ? "

Ça, ce n’était pas prévu. Mais après tout, chaque information était un plus incontestable. Il acquiesça, jetant un regard à la brunette, l’invitant à le suivre. Ils s’installèrent donc dans son bureau, l’inspecteur proposa une chaise à la jeune femme, tandis que lui resta debout, attendant leur nouvel invité qui n’allait sans doute pas tarder à arriver.




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Phileas Graf
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Mar 17 Avr - 14:16
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Il arrivait assez rarement que Phileas quitte son bureau avant la tombée de la nuit, en particulier à cette saison.  Aujourd’hui était donc une exception: Geier l’avait congédié plus tôt pour pouvoir recevoir un important client seul-à-seul.  À se demander ce que ce client avait à cacher…mais ce n’étaient pas les affaires du jeune homme, et il se contenta de hocher la tête et de ranger ses affaires.  Ce n’est qu’une fois dehors qu’il se permit un sourire à l’idée de cette liberté inattendue.  Bon, liberté qu’il payerait probablement d’une réduction de son salaire pour la journée.  Ca, c’était plus problématique, mais il n’y pouvait rien.

Il n’avait bien évidemment pas de quoi se payer un fiacre, et c’est donc à pied qu’il quitta les beaux quartier d’Alexandria où se trouvait l’étude.  Même s’il habitait dans un quartier populaire pas franchement des plus sécurisés, il y a longtemps que Phileas ne s’inquiétait plus quand il en parcourait les rues.  À la longue, ceux susceptibles de lui causer des ennuis avaient compris que 1. malgré ses vêtements plus soignés que la moyenne du quartier, il n’avait rien d’intéressant à voler et 2. il savait bien se défendre.  Cela faisait de lui une cible très peu attrayante, et on le laissait tranquille.  Quant aux autres habitants, bon nombre d’entre eux l’appréciaient grâce à sa bonne composition.  Pas étonnant, donc, qu’il croise en cours de route sourires et saluts amicaux, auxquels il répondit bien entendu.

"Hep!  L’Trappeur!"

Une autre particularité du quartier, était que la plupart de ses habitants avaient hérité au fil du temps d’un surnom, tant et si bien que le véritable nom de certains d’entre eux avait même sombré dans l’oubli.  Certains étaient créatifs, d’autres étaient assez évidents, comme c’était le cas de celui de Phileas: lors de son arrivée, ses vêtements, son accent et sa carrure avaient été en tous points ceux du trappeur vereistien.  Evidemment, maintenant il n’avait plus aucun des trois, mais il avait conservé le surnom.  On ne se défaisait pas aisément d’un tel sobriquet.

L’interpelé se retourna donc et vit arriver à toutes jambes un gamin du quartier.  La dizaine d’années, petit et maigrelet, il était habillé de vêtements trop grands pour lui qui avaient vu des jours meilleurs.  Sur sa tête était posée une casquette en toile, de travers comme toujours, cachant en grande partie une tignasse qu’il savait être d’un brun tirant sur le roux.  Mais ce qui attira surtout le regard du jeune clerc, c’est surtout l’air terrorisé sur le visage de l’enfant.  Dans ses yeux habituellement taquins, il ne lisait que la peur la plus absolue, et son visage, rouge d’avoir couru trop vite et trop longtemps, était crispé.  Une fois arrivé à la hauteur de Phileas, le garçon saisit sa main d’une poigne qui tremblait légèrement et le tira dans une ruelle proche, plus calme que la rue où il l’avait interpelé.

"Qu’est-ce qu’il y a, Noisette?"

Le véritable nom du garçon était Will Brun, mais Phileas pouvait compter sur les doigts d’une main le nombre de fois où il avait entendu quiconque l’appeler Will.  Pour tout le monde dans le quartier, il était Noisette, référence à la couleur de ses yeux et de ses cheveux.  Le gamin mit un moment à répondre, d’abord trop occupé à essayer tant bien que mal de récupérer son souffle.

"L’gars qu’a tué Marianne….j’l’ai vu.  Fiacre…station.  Pressé."

Même avec toute la bonne volonté du monde, Phileas peinait à suivre ce que disait le garçon, et ça n’avait rien à voir avec sa voix encore essoufflée.

"Attends, qui a tué qui, quand, et comment est-ce que tu es au courant?"

Il gardait une voix calme et rassurante, histoire d’éviter de brusquer encore l’enfant.

"Marianne, not’ voisine.  Zita garde ses gosses le soir quand elle va travailler.  L’a été tuée y a quelques jours.  J’tais sur le toit.  J’ai pas vu s’qui s’est passé, mais j’ai vu l’tueur s’en aller.  J’lai suivi, mais y m’a vu et j’ai eu peur."


Et, à en juger par les tremblements qui agitaient son petit corps, cette peur l’habitait toujours.  D’une voix toujours douce, une main rassurante sur l’avant-bras du garçon, Phileas parvint petit à petit à reconstituer les événements, une description du meurtrier et, le plus important, l’endroit et le moment où Noisette l’avait aperçu un peu plus tôt dans la journée.  Il ne restait plus qu’à relayer l’information aux autorités compétentes (en espérant qu’elles soient réellement l’un et l'autre).  

Noisette accompagna Phileas jusqu’au poste, mais préféra rester à une bonne distance de la porte d’entrée, au cas où quelqu’un verrait d’un mauvais oeil le gamin des rues qui trainait à l’extérieur.  C’est donc seul que le jeune homme entra et fut pris en charge par une réceptionniste qui lui demanda la raison de sa venue.  Il lui expliqua donc brièvement qu’un homme coupable d’un meurtre avait été aperçu à une station de fiacres non loin de là et qu’il n’était pas trop tard pour l’attraper.  La situation se corsa quand la jeune femme lui demanda qui il pouvait nommer comme témoin et qu’il lui répondit que cette personne préférait rester anonyme.

"Donc vous n’êtes pas le témoin direct et vous n’avez aucune preuve de ce que vous avancez.  Vous comprenez que je ne peux pas déranger un inspecteur pour ce qui peut très bien n’être qu’une blague de fort mauvais goût.  Bonne soirée, monsieur."

Ainsi congédié, le clerc ne se laissa pas faire et resta bien planté là où il était, répondant d’une voix toujours polie mais ferme.  Il ne cherchait pas la confrontation, mais il n’accepterait pas de se faire éconduire alors qu’un criminel se baladait dans la nature.

"Madame, une jeune femme a été sauvagement assassinée il y a quelques jours.  Elle a été droguée, étranglée et torturée de manière tout bonnement ignoble.  D’autres pourraient subir le même sort, et je vous dis que je détiens une information qui pourrait éviter cela.  Je vous demande donc à parler avec l’inspecteur en charge de l’affaire, car j’aimerais autant éviter de devoir faire justice moi-même."

Qu’il s’agisse des détails qu’il donnait et que seul un témoin de la scène aurait pu connaître (ne lisant pas La Tribune, il ne savait pas qu’ils avaient été révélés au public), de la promesse de faire justice lui-même, ou de la calme assurance qui accompagnait cette promesse, en tout cas quelque chose fit réviser sa décision à la jeune femme.  Elle tourna les talons sans mot dire, pour revenir quelques instants plus tard et le prier de le suivre.

"L’inspecteur Catesby vous attend."

Le nom lui disait quelque chose (on ne vivait pas pendant dix ans dans les quartiers populaires sans entendre l’une ou l’autre rumeur au sujet des représentants de l’ordre), mais il ne s’en inquiéta pas.  Il était un témoin, pas un suspect.  Il était peu probable qu’il goûte aux méthodes peu orthodoxes de l’inspecteur.  En entrant dans le bureau, il fut surpris d’y trouver la dernière personne qu’il imaginait mêlée à cette affaire.  Comment une jeune femme de bonne famille comme Lauren Hill s’était-elle retrouvée impliquée là-dedans?  En tout cas, elle avait bien mauvaise mine et ressemblait assez peu à la forte tête qui lui avait donné du fil à retordre quelques années plus tôt.

"Inspecteur Catesby, Lauren."

Il inclina légèrement la tête en direction de chacun en les saluant.  Calme et efficace.  Personne ici n’avait de temps à perdre avec des salutations travaillées.  Il se chargea donc de se présenter lui-même, de manière peut-être un peu abrupte, mais qui pouvait être excusée par les circonstances.

"Phileas Graf. Un témoin a aperçu le meurtrier de Marianne Hirsch sortir d’un fiacre percé d’un balle il y a un peu moins d’une demi-heure.  Au cas où vous la connaîtriez sous un autre nom, Marianne est la jeune femme qui a été tuée de manière barbare il y a quelques jours.  Elle portait probablement un autre prénom pour sa profession."

En pensant au sort que cette femme avait subi, Phileas sentit la bile lui monter à la gorge, mais il parvint à garder à un minimum la grimace qu’il sentait prendre forme.  Sa voix, quant à elle, était toujours posée et factuelle.  Avec ses lunettes bien rangées dans une poche intérieure, il plantait ses yeux directement dans ceux de l’inspecteur sans l’obstacle des verres.  Et dans ces yeux habituellement si expressifs, une seule émotion transparaissait: la détermination.  Avec ou sans l’aide de Catesby, il comptait bien empêcher le meurtrier de nuire.


Philéas écrit en #C6EDFA
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Lauren Hill
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Mer 18 Avr - 13:15
Irys : 889826
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
Nous voilà partis pour un nouveau trajet en fiacre. Et une fois de plus, celui-ci se déroula dans le silence pesant. Non pas que je m’en plaigne, non seulement, je n’ai jamais été une grande bavarde, mais en plus cette fois, je n’étais certainement pas d’humeur à me lancer dans quelques palabres inutiles tout cela pour rompre le calme. Au contraire, à présent loin de l’hôpital, je pus me plonger tranquillement dans mes réflexions… Autre que le fait de m’imaginer poignarder Richard. Non celles-ci se voulaient plus profitable au bon déroulement de l’enquête. Vouloir en finir avec ce monstre était une chose, mais encore fallait-il y mettre la main dessus.

J'analysais donc son comportement récent:

Après la découverte de son identité, le meurtrier aurait pu fuir sans aucun souci, et ce, depuis le matin même. Tout coupable qui se respecte, ne voulant pas finir entre les mains de la milice et surtout de la justice, aurait prit soin de déserter les lieux sans demander son reste. Rien de plus simple finalement, le temps que les forces de l’ordre agissent, les portes de la ville restaient grand ouverts… Or, Richard été resté. Il n'avait pas essayé de détruire les preuves morbides dans cette cave d'hôtel et avait prit le temps de monter son petit jeu..

Un jeu… Voilà tout. Richard semblait vouloir s’amuser avec nous en se moquant ouvertement de Catesby et de moi-même. Pire, il conservait cette fichue longueur d’avance sur nous... Cette histoire avait grandement dévié de son début dans les bas quartiers, à présent elle prenait des allures plus personnelles… Oh, bien sûr, il aurait pu tuer Gale. Cela aurait été tout aussi simple que de s’en prendre à la domestique. Pourtant, il ne l’avait pas fait, se contentant de se servir de ma sœur comme témoin macabre de ses actes abjects… Dans le but évident de m’atteindre moi… La raison m’échappait toutefois… Était-ce une punition pour avoir aidé Catesby au lieu d’avoir simplement joué le rôle de la journaliste ?

“Le bruit court au journal que Wislow t’as positionné sur l’affaire des bas-quartiers. Tu nous as tous coiffés au poteau,” m’avait-il dit lors du bal… Était-ce donc cela ? De la simple jalousie ? Bon sang… Mais oui… Richard devait vouloir écrire sur ses propres meurtres ! Qui aurait pu pondre un meilleur article que le propre auteur des meurtres ? Comme il devait m’en vouloir… Non seulement l’article m’avait été confié alors que n’écrivais jamais sur ce genre de sujet, mais en plus, j’avais aidé l’inspecteur à avancer dans une affaire qui piétinait jusqu’à lors…

Jugeant ma découverte inutile et surtout incertaine, pour le moment, je la gardais pour moi. Avant toute chose, il nous fallait le débusquer… Si Richard avait été blessé, il n’avait pu passer inaperçu, que ce soit à cause du sang ou à la posture qu’il devrait adopter pour soulager une douleur importante… Une plaie par balle ne laissait rarement un homme indemne… Mais encore fallait-il que l’inspecteur l’eût touché… Ce qui était malheureusement peu probable, avouons-le. Depuis le début, nous manquions de chance en suivant le rythme que Richard nous avait imposé tout en menant la danse. Nous allions d’échec en échec, ce qui ne fit qu’augmenter notre frustration… Il était temps que cela s’arrête…

Le fiacre s’arrêta devant le poste, pour une fois,  le trajet fut rapide ou tout du moins, je ne l’avais pas vu passer. Je suivis Catesby à l’intérieur, sans prononcer un seul mot entendant seulement d’une oreille distraite qu’un témoin souhaitait lui parler et qu’il m’invitait à assister à cette conversation… Il était pourtant mal vu qu’un inspecteur autorise une journaliste à participer aussi ouvertement à une enquête, en particulier lors d’une affaire aussi importante. Et jusque-là, je veillais à garder cela secret, pourtant cette fois, Catesby ne semblait pas s’en inquiéter, pire… Il n’en avait cure...

Aussi, chargée de ma curiosité légendaire, je ne cherchais pas à lui faire remarquer. Après tout, il savait ce qu’il faisait, je le connaissais assez pour savoir que Garrett Catesby n’était pas un homme irréfléchi… Et je voulais savoir…

Je pris donc place à la chaise qu’il m’offrait tandis qu’il choisit de rester debout… Le témoin ne tarda pas à faire son apparition… Et quel témoin… Phileas Graf, une de mes connaissances… À sa vue, j’écarquillais les yeux de surprise, ne m’attendant certainement pas à le trouver ici. Je le saluais d’un simple mouvement de tête pour ne pas perdre de temps, il semblait pressé, ce qui devait tous nous arranger.

- Ce n’est donc pas toi le témoin, Phil ? demandai-je en plissant les yeux.

Je ne doutais pas de la véracité des dires. Le clerc avait mentionné le fiacre, l’impact de balle… Soit quelque chose qui ne pouvait être inventé. J’aurais simplement aimé qu’il ait vu tout cela de ses propres yeux…  Phileas était certes un homme effacé, en particulier lorsqu'on le mettait aux côtés de son odieux employeur, mais il n’en était pas moins intelligent et observateur… Un esprit vif qui nous serait d’une grande aide… Aussi, je notais également une série de détails que personne ne pouvait savoir en dehors d’un témoin direct.

- Qui est le témoin ? Pourquoi n’a-t-il rien dit à la milice ? Où le meurtrier a-t-il été vu ?

Je m’étais relevée dans mon empressement à connaître les réponses. Parlant trop vite, trop fort et surtout à la place de l’inspecteur… Une très mauvaise idée, il est vrai, mais je n’en avais strictement rien à faire. Selon les dires du jeune homme, Richard avait été vu deux fois au même endroits… peut-être avait-il donc un autre endroit où se cacher, quelque part dans les ruelles sombres qui constituaient les bas-quartiers... Une demi-heure, soit peu de temps, ou trop selon le point de vue... Je laissais Garrett aviser la suite, personnellement je bouillonnais d'impatience.



Lauren s'exprime en #99ccff


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