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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: My'trä :: Khurmag
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 La négociation est un jeu comme les autres.

Laura L. Greyson
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Sam 17 Fév - 4:58
Irys : 564119
Profession : Ingénieure aéronautique
Daënar +2 ~ Alexandria (homme)
ϑϑϑϑ La négociation est un jeu comme les autres.


Le 29 Novembre 932, dans une mine de magilithe Greyson au nord de Reoni

ϑϑϑϑ La neige crissa sous son pas lorsqu'elle quitta la voiture. Sa main venait de sortir du manchon de fourrure, pour se poser dans celle de l'homme qui l'aidait à descendre de la voiture où elle avait fait le chemin depuis Reoni où elle avait dû s'arrêter pour retrouver Ludwig. La chaleur qu'elle avait emmagasiné jusque là dans l'étui réchauffant se dissipa en quelques secondes avant qu'elle ne puisse retrouvé sa protection réconfortante une fois les deux pieds au sol.

ϑϑϑϑ Laura releva les yeux sur la mine principale de ses parents. Quelques maisons entourait partiellement un bâtiment bien plus imposant, regroupant les appartements des propriétaires, les bureaux et surplombant l'entrée de la mine. Ici, les illusions n'étaient plus comme en ville. On voyait le froid, la neige, la difficulté de vivre sans fierté de ceux qui travaillé ici depuis trop longtemps pour hercher à le dissimuler. Les bâtiments en bois et en pierre étaient pourtant en très bon état malgré les assauts répétés des vents du Khoral chaque année. De grosses charrettes étaient en train d'être chargée pour transporter la magilithe hors de la mine à quelques centaines de mètres, mais ils pouvaient tout de même entendre le fracas des pioches et des pelles qui se répercutait en échos jusqu'au dehors.

ϑϑϑϑ Laura se tourna un instant vers Ludwig pour voir la réaction sur son visage. Etait-ce à ça qu'il s'attendait en venant ici ? Personne n'aurait pu le dire avec certitude. Un homme à la tenue toute daénare, et impeccable marchait à toute vitesse à leur rencontre alors que le froid venait dangereusement fouetter leurs visages, restés apparemment trop longtemps protégés pour ne pas constituer un défi irrésistible.
ϑϑϑϑ Mademoiselle Greyson ! Un plaisir de vous rencontrer enfin. Vos parents vous attendent au salon. Ils sont ravis de vous accueillir ici ! Votre voyage s'est-il bien passé  depuis la capitale ?
ϑϑϑϑ Tout a été parfait. Monsieur Strauss ici présent a eu l'amabilité de me faire plaisir de son navire qui est tout à fait plaisant.
ϑϑϑϑ Monsieur Strauss ! Bienvenue aux mines Greyson de Khurmag ! Je fais tout de suite préparer une chambre pour votre invité mademoiselle.
ϑϑϑϑ Le ton du domestique est à la fois étonné et heureux. Il est facile de deviner qu'il ne doit pas avoir beaucoup l'occasion de saluer du monde dans un endroit pareil. Surtout que connaissant son père Laura imagine qu'il ne négocie qu'avec les mêmes personnes encore et encore depuis des années. Une difficulté de confiance qu'il devra surmonté d'une façon ou d'une autre. Elle ne sait pas comment les choses se passeront, ou même ce que Ludwig fera si elle ne sont pas ... si simple mais peu importe. Elle repartira d'ici avec un homme aux commandes et lui répondant directement, elle en est persuadée.

ϑϑϑϑ Ils quittent le froid en passant par une lourde porte de bois qui débouche sur un escalier. Les appartements de ses parents sont eau premier. Ça, elle s'en souvient et peut guider son employeur jusqu'au salon qui ne demande pas beaucoup d'effort pour être trouvé. Depuis l'entrée, on peut voir une décoration Daénare légèrement datée mais de bon goût pour une famille de ce niveau. Il aurait été inutile de mettre les objets à jour avec la mode de la Capitale de toute façon. Ça et là, une tapisserie, une verrerie rappelle que les parents Greyson ont pourtant quitté leur patrie depuis très longtemps. Le feu qui ronfle et crépite dans la cheminée, projette la silhouette de son père jusqu'à la porte qu'il passe. Plongé dans ses pensées en regardant les flammes dansaient, il se retourne vers les arrivants alors que son épouse plus alerte s'est déjà levée pour embrasser la fille qu'elle n'a pas vu depuis presque vingt ans.
ϑϑϑϑ Laura ma chérie ! Monsieur, je vous en prie entrer, installez-vous, le thé est chaud. dit-elle avec des manières qui bien que gracieuses, ne sont plus aussi exercées.
ϑϑϑϑ Mère, Père. Je suis ravie de vous revoir. Je vous présente monsieur Ludwig Strauss. Propriétaire des industries renommées du même nom qui a bien voulu m'accompagner jusqu'ici.
ϑϑϑϑ Enchanté de vous rencontrer. Je suppose que votre présence confirme que ma fille n'est pas venue ici qu'en vacances. J'avoue que je suis rassuré. Je suis Arthur Greyson et voici ma femme Evelyna.
ϑϑϑϑ Laura ne rajoute rien alors qu'une domestique est déjà -et heureusement- en train de discrètement posé les tasses de thé sur une table basse autour de laquelle tout ce beau monde a pris place. Même si l'ingénieur ne connait pas bien ses parents, elle sait de par son grand père que ce couple de cinquantenaire vieillissant a l'aspect calme et posé, n'est en fait qu'un duo de requins qui nagent en territoires My'trä depuis la guerre. La pomme n'est pas tombé loin de l'arbre de l'ambition c'est certain. Même le regard perçant et intelligent de sa mère, ces yeux bordés d'un or qu'on souhaite tant acquérir lui rappel le reflet de sa glace tout les matins. Son père semble penser qu'il gardera l'ascendant de ce territoire conquis en restant debout à côté de son siège.

ϑϑϑϑ Le sourire de la brune s'étire avec un plaisir carnassier. Elle aime finalement plus qu'attendu ce jeu du chat et de la souris, où ils ne savent pas ce qu'elle veut, ni ce qu'elle est prête à faire pour l'obtenir.

Memo:
 



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Ludwig Strauss
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Mer 6 Juin - 20:45
Irys : 1018791
Profession : [Officielle] Propriétaire d'industries de l'armement [Officieusement] Baron du crime
Daënar -2
« Des pioches et des pelles. Pas de machine grondant bruyamment au rythme du battement mécanique d’un cœur animé par la vapeur. »

L’entrepreneur, frottant lentement ses mains gantées pour les soustraire de l’emprise perfide et insidieuse du froid de Khurmag, scrutait les alentours avec le regard critique d’un chef d’entreprise dont l’esprit élaborait déjà les nombreuses améliorations qu’il pouvait imposer à ces lieux afin de réaliser les deux mots d’or qu’il chérissait : efficacité et efficience.

« Le manque de rails est flagrant. Le transport des pierres pourrait être grandement optimisé si nous installions un chemin de fer et des élévateurs à flanc de montagne. Nous pourrions largement improuver les mines de vos parents, ma chère Laura. »

Un regard de côté pour fixer sa partenaire d’aventures et de business, il la gratifia d’un sourire où malice et promesses se mêlaient savamment. Le crissement de pas sur la neige attira ensuite son attention vers un domestique qui s’empresse de les escorter vers la demeure familiale des Greyson. Saisissant délicatement le bras de la scientifique à ses côtés, ils défilèrent donc à travers les monticules de neige encerclant la grande bâtisse. Le manque relatif de sécurité tant au niveau de l’absence de clôtures que celle d’hommes armés troubla le fortuné industriel. Les Greyson étaient-ils à ce point laxistes en terme de protection de leur principale source de richesse, là au milieu d’un territoire peuplé par des autochtones hostiles ? Folie. Le minimum aurait été de recruter une milice à même de prévenir toute tentative de sabotage ou d’agression envers les braves mineurs qui avaient déjà assez de soucis à se faire lors de l’extraction de la magilithe pour se préoccuper des menaces qui les guettaient dans les brouillards glacés de Khurmag.

Qui sait si, le lendemain, une cohorte d’indigènes fanatisés et en colère ne prenaient pas d’assaut les mines pour venger l’affront d’un sacrilège commit envers leurs déités ?

Pénétrer la grande maison eut un bien insoupçonné autant pour le corps que pour l’esprit de Ludwig. La chaleur des lieux le soutira doucement de la torpeur du froid et la vue de ce style de décoration bien Daënare bien que légèrement baroque lui redonna la sensation d’avoir enfin mit pied sur un sol civilisé et de bon goût. Gravissant les escaliers, ils atteignirent alors le lieu de repos des parents de Laura, confortablement installés sur leurs fauteuils devant un délicieux feu de cheminée libérant une odeur de noisettes grillées. N’était-elle pas belle, la vie d’un bourgeois qui profitait doucement de sa vie sans le moindre effort, bâtissant une fortune sans bouger un doigt ?

« Monsieur et Madame Greyson, c’est pour moi un immense privilège de faire votre connaissance. »

Il commença par porter ses lèvres sur le dos de la main ridée de l’épouse au regard doré avec toute la galanterie qu’il puisse exprimer, puis vint serrer énergiquement la main tendue du propriétaire des lieux. La poigne ferme entre deux hommes était une tradition ancestrale avant toute négociation, chacun démontrant ainsi, par ce geste ferme, sa force de volonté et son désir de mener dans son sens les termes d’un contrat.

« On ne peut rien vous cacher, en effet. »

Prenant place devant la table basse, en compagnie des Greyson, il remercia d’un mouvement de la tête la servante qui eut l’amabilité de lui remettre une tasse de thé, puis reporta son attention vers les deux personnages dont le masque jovial ne pouvait cacher cette petite lueur de cupidité qu’on connaissait chez les plus aisés.

« Mais avant tout, j’aimerais vous part d’un modeste présent. »

De son manteau, dont la partie gauche avait été légèrement gonflée de part la présence d’un objet assez volumineux, il extirpa ce qui semblait être une bouteille enroulée soigneusement dans du papier dont le bout était ficelé avec une étiquette de cuir portant comme inscription « Cerka 890 ». Monsieur Greyson eut aussitôt une lueur d’appétit mêlée de joie dans ses yeux plissés, un sourire charmé étira ses traits fatigués et il s’empara sans plus attendre de l’offrande.

« Ahah, monsieur Strauss, je vois que vous connaissez bien l’art du business. Pour faire un accord avec l’Inconnu, il faut lui faire une offrande. »

« Ravis de voir que vous appréciez mon modeste présent. J’ai pensé que des personnes de goût de l’élite de notre société devraient avoir une certaine nostalgie quant aux douces liqueurs de nos grandes cités. »

Croisant ses doigts, Ludwig attendit patiemment que les deux parents aient terminé l’examen de la boisson offerte, avec grand intérêt il est vrai, ce qui le poussa à murmurer, avec malice, une petite remarque à sa partenaire de voyage et héritière des Greyson.

« Je vois d’où tu tiens ton amour de l’alcool. »

S’emparant délicatement de sa propre tasse de thé, il en inspira doucement le parfum  avant de la porter à ses lèvres.

« Hm, un thé blanc avec un soupçon de cannelle, je me trompe ? »

« Parfaitement, monsieur. On peut dire que vous avez l’art de déceler les parfums ! »

« Pour une fois que ma langue sert à autre chose que des discours d’inauguration pour chaque usine que j’ouvre à Daënastre. »

Quelques rires de bons bourgeois conclurent ce premier échange verbal entre les riches personnages de la nation technologiste. La même tradition ancestrale, les bonnes manières cherchant à dissimuler le vorace appétit de ces démons tyranniques assoiffés de pouvoir, des jeux de courtoisie et de galanterie voilant l’appât du gain. Ludwig savait qu’en mettant les pieds dans cette demeure, il venait de plonger dans le bassin de deux requins belliqueux et il comptait bien leur montrer qu’il était au sommet de la chaîne alimentaire.

Fort heureusement, il avait Laura avec lui. Quel meilleur allié d’une délicieuse et ambitieuse criminelle qui pouvait aussi bien jouer le rôle du gant de velours caressant ses parents que le gant de fer qui les chasseraient de leur trône. Trône qu’il comptait ajouter à sa collection.

Le jeu peut commencer.


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Laura L. Greyson
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Mar 19 Juin - 15:51
Irys : 564119
Profession : Ingénieure aéronautique
Daënar +2 ~ Alexandria (homme)
ϑϑϑϑ L'esprit de Ludwig est a peine pose au milieu de cette immensité qu'il est déjà en train de voir plus loin, dans un futur pour l'instant enseveli sous la neige et l'ancienneté de l'installation. Laura n'est pas surprise, pas plus que déçue du manque d'ambition de son père. Dans une certaine mesure, elle est certaine qu'il se satisfait de sa place depuis des années. Peut être même depuis la naissance de sa fille. Homme établi avec sa femme. Homme important, même s'il s'agit de terre que l'évolution a oublié d'emmener dans son giron. Elle ne se sent pas ressemblante de cette partie de la famille. Mais encore une fois , elle se souvient qu'elle ne s'est jamais senti proche d'un autre que son grand père. Visionnaire et gérant, elle devine secrètement que la complicité qu'ils avaient partagée était une certaine revanche sur sa paternité direct. En tout les cas, elle note les paroles de Ludwig dans un coin de sa tête avant qu'ils ne soient rejoint par le domestique qui les invite a l'intérieur.

ϑϑϑϑ Après les événements dont elle a été témoin a Kharaal Gazar, Laura est un peu surprise de l'organisation de la mine. Mais peut être que les gens de Khurmag ne sont pas aussi menaçant ou aussi violent que les kharaliens. Est-ce que son paternel aurait été assez habile pour négocier une protection locale ou est ce que simplement le froid et le vent constitue une protection dissuasive. Difficile a dire, en tout cas, elle refusera de laisser la sécurité de chacun autant au hasard dans le futur, elle le sait d'avance. Mais pour le moment, elle doit se concentrer sur sa prise de position et les retrouvailles avec ses parents. Des étrangers presque pourtant, personnages de souvenirs anciens et presque oubliés. Elle n'est pas étonnée que même ici, le nom de Ludwig et sa réputation le précède. Impression encore renforce par les cadeau qu'elle n'a même pas cherche a vérifier.

ϑϑϑϑ Si son père ne se laisse pas berner par leur présence, en fait elle en est soulagée. Il n'y aura pas besoin de faux semblants et de diner voiles de politesse mensongère. Pas besoin de prétendre pendant des heures. Bien sur la politesse et les convenances de leur société ne permettrait pas d'arriver trop abruptement a la délicate question, mais ce serait tout de même un chemin moins long et tortueux que prévu.
ϑϑϑϑ Je vois d’où tu tiens ton amour de l’alcool.
ϑϑϑϑTraitre...
ϑϑϑϑ Le mot passe ses lèvres aussi subrepticement que la plaisanterie qui l'a précédé. Une complicité affichée derrière un sourire radieux de la jeune fille dont les prunelles d'or font semblant de s'offusquer. En réalité, c'est plus la façon dont il lui trouve des points communs avec eux qui l'agace, plutôt que la remarque sur son vice caché. Laura sait bien que Ludwig est au courant depuis longtemps. Mais, sa soif a elle n'a rien a voir avec celle d'un couple qui aurait quitte la civilisation depuis trop longtemps, excusez la du peu ! Elle aurait d'ailleurs bien une réponse a faire sur l'utilité de la langue du moustachu mais ce serait probablement dépasser les bornes devant ses parents!

ϑϑϑϑ Le regard d'or de la jeune fille croise celui plus sec de son père pendant un instant. Une question muette reste en suspens. Qu'est ce qu'elle est réellement venue faire a l'autre bout d'Irydae n'est ce pas ? Une réponse. Oh oui, elle va lui en donner une mais certainement pas sans jouer un peu avant. Il n'a jamais pris le temps de tisser des liens qui leur permettraient de se parler d'un regard, alors qu'il s'en morde les doigts sous ses yeux. Elle y prendra le plaisir qu'elle n'a jamais eu de leur attention a l'un comme a l'autre.
ϑϑϑϑEn tout cas, je suis ravi de vous recevoir. Nous pourrons ouvrir cette bouteille a l'apéritif pour fêter ce que vous êtes venu nous annoncer.
ϑϑϑϑOh non... ce n'est pas  une annonce que nous venons faire, père. En fait c'est plus un véritable négociation pour vos possessions sur cette ancien continent. dit-elle avec un sourire plein de sous entendus.
ϑϑϑϑIci ? Mais que possédons nous qui pourrait être a vendre ici ? Enfin qui intéressée monsieur Strauss évidement, je pensais plus trouver cela a Daenastre.
ϑϑϑϑ Elle se tourne vers Ludwig avec ce même sourire. Celui qui invite le propriétaire des usines d'armement a dévoiler au moins une partie de leur jeu ou abattre toutes leurs cartes les plus assommantes d premier coup. Tout se déroule comme prévu en matière de fausse impressions, et de fausses espérances, jusqu'ici. Comment voulez vous continuer a jouer avec leurs cœurs, monsieur le chirurgien des négociations ?



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Ludwig Strauss
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Dim 22 Juil - 22:51
Irys : 1018791
Profession : [Officielle] Propriétaire d'industries de l'armement [Officieusement] Baron du crime
Daënar -2
« Comme vous devez sans doute le savoir, notre nation est en perpétuelle évolution, animée par un progrès infatigable. La machine daënare marche à pleins régimes, mais tout comme un organisme vivant elle a besoin de s’alimenter … constamment. »

Affichant un sourire amical, l’entrepreneur passa son index et son pouce le long d’une des mèches de sa Ô combien charismatique et glorieuse moustache qui le distinguait déjà parmi les populations civiles et provinciales à mesure qu’il se taillait une réputation dans le business.

« Mes industries ne sont pas en reste et je cherche toujours du combustible pour alimenter mes grandissantes usines. Hors, il se trouve que j’ai longtemps désiré élargir mon terrain de chasse pour les matières premières en m’intéressant à la quintessence même de la technologie, la pierre la plus convoitée et précieuse de notre cher monde. Et quelle ne fut ma surprise quand j’ai appris que les parents de miss Greyson possédaient justement un havre contenant cette source unique d’énergie. »

Les parents en question gardaient un silence qui pouvait tout aussi bien afficher leur scepticisme que leur intérêt. Ils étaient scotchés aux paroles de la voix suave et envoutante de ce brillant orateur qui, derrière son ton mielleux, cachait bien un prédateur rusé. Ils se doutaient bien de la suite du monologue de ce gentleman peu ordinaire mais n’osaient l’interrompre, désireux de l’entendre déclarer son offre. Après tout, le partenaire de leur brillante fille ne pouvait être qu’un homme dont les ambitions seraient à la hauteur de sa confiance assurée.

« Je souhaite donc profiter avec vous d’un accord qui sera plus que bénéfique pour nos deux parties. J’aimerais faire l’acquisition de vos mines de magilithe en collaboration avec vous, autrement dit nous ferons une fusion de nos deux compagnies en une seule et grande puissance économique. Ainsi plutôt que de distribuer de la magilithe brute à travers le continent, je me chargerais de la logistique, du raffinement des pierres et de leur exploitation dans mes usines spécialisées. »

Le père de Laura arqua un sourcil avec suspicion tandis que sa compagne sirotait son verre sans afficher une quelconque expression susceptible de trahir ses pensées immédiates, gardant ainsi un masque neutre qui rivalisait avec le sang-froid de sa fille.

« Et pourquoi mettrions-nous un nom étranger au coté du nôtre, aussi prestigieux qu’il puisse paraître ? Notre commerce est assez fructueux, nous vivons aisément des profits générés et je ne pense pas que nous sommes réellement intéressés par ce genre de propositions. »

« Croyez-vous au changement ? »

« Pardon ? »

« Le monde animal se base sur ce concept avec une intensité fascinante. Voyez comment les prédateurs ont développé, au fil des siècles, des sens plus développés, des armes naturelles redoutables et des atouts qui leur permettent de se tailler un chemin au sommet de la chaîne alimentaire. Puis vous avez les proies qui ont aussi évolué, ont comprit que le changement était une nécessité. Elles ont sut s’adapter aux environnements les plus sévères, improviser dans les situations les plus délicates, s’évertuer d’ingéniosité pour fausser la vigilance de leurs prédateurs et parvenir à survivre dans ce monde. Le changement est une nécessité. Il est bon de profiter de sa confortable place au sommet du monde, mais à vouloir s’enfermer en autarcie, vous risquez de voir les fondations de votre glorieux domaine prendre peu à peu poussière jusqu’à ce qu’un envahisseur plus agressif ne vienne dérober votre domaine, ou attendre de vous voir lentement sombrer dans la léthargie. »

Il se peut que mentionner une potentielle chute risquait de froisser ses interlocuteurs, mais c’était une carte à jouer qu’il avait décidé de mettre sur table pour rappeler à ces deux personnages que leur fortune n’était pas éternelle et qu’ils pouvaient à tout moment tomber sous le joug d’un plus puissant entrepreneur. L’épée de Damoclès pesait toujours au-dessus de leurs têtes.

Ils étaient deux lions vieillissants dont le territoire était désormais contesté par leur progéniture accompagnée par un mâle ambitieux. Les dominants allaient-ils céder aux avances de ce curieux intrus sous prétexte qu’il venait en compagnie de leur chère et tendre fille ? Ou allaient-ils se battre jusqu’au bout pour chasser l’étranger hors de leurs terres et garder leur confortable routine ?

« Bien entendu, Laura sera en charge de votre entreprise familiale et veillera à ce que vos intérêts ne soient jamais menacés. De plus, je sais que l’argent ne vous intéresse plus autant que par la passé, aussi j’ai eu la bonne idée de vous convaincre en vous proposant de finir vos jours dans une île flottante de première classe, détenue par un de mes amis spécialisé dans les logements aériens à Ünellia. Avec une recommandation de ma part, vous aurez cette terre flottante pour un prix battant tous les records, je peux vous l’assurer. Une retraite bien méritée tout en sachant que votre entreprise est toujours opérationnelle et sert nos intérêts communs. »


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