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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: My'trä :: Zolios
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 La curiosité est un vilain défaut [PV Thorleif Gunnar]

Marek Holg
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Lun 19 Fév - 13:41
Irys : 46044
Profession : Homme à Tout Faire
My'trän +2 ~ Mistral
Année 933 – Janvier | My'trä – Zolios


Marek poussa un grognement mécontent en ouvrant les yeux. Un volet venait de claquer contre un mur avec force et le bruit particulièrement sonore qui fut produit se chargea de réveiller l'aventurier. Encore un idiot ou une idiote incapable d'ouvrir un contrevent convenablement, ce n'était pas si difficile que ça, pourtant. Au contraire, il n'y avait rien de plus simple. Le manieur de vent maugréa tandis qu'il engageait une lutte contre les draps et la couette de son lit, tentant de s'en défaire. Après un combat acharné ayant duré une minute, l'adepte d'Amisgal tomba par terre, frustré mais libre. Il grogna, de mauvaise humeur. L'homme n'était pas du matin, pour bien commencer, il devait se lever vers onze heures au grand minimum. Se rappelant de la citation « L'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt », il pouffa légèrement. Son cul, ouais. L'avenir appartient à ceux qui se lèvent tard ! Ne portant qu'un simple caleçon, il s'approcha de la fenêtre puis ouvrit celle-ci et les volets sans le moindre bruit contrairement à l'imbécile qui avait interrompu sa grasse matinée afin d'observer le ciel l'espace d'un instant.

La voûte céleste commençait tout juste à s'illuminer, les nuages gris et noirs étaient petit à petit recouverts d'un orange vif et d'un jaune clair. Marek soupira en voyant l'aube. Il devait être huit heures, tout au plus. Ça n'allait pas du tout, ça. Chaque fois qu'il se levait aux premières heures du jour, il lui arrivait une coquille. Le voyageur supposa qu'aujourd'hui ne ferait pas exception à la règle. Tant pis, il allait faire avec. Celui qui pouvait contrôler l'air ramassa ses vêtements qui étaient éparpillés un peu partout sur le sol et fouilla dedans pour vérifier qu'il n'avait pas été volé durant son sommeil. Tout y était, parfait. L'explorateur enfila le tout et remit un peu d'ordre dans cette chambre d'auberge où il avait passé la nuit pour remercier le propriétaire. L'auberge était également une taverne. Hier, l'adepte de la déesse des cieux, sans un sous et pas très chaud à l'idée de passer la nuit dehors avait passé un marché avec le tenancier de l'établissement dont le pianiste était absent. Marek jouait l'instrument pour la soirée et en échange, il pouvait passer une nuit ici. L'homme avait accepté après que l'aventurier lui ait joué un petit air pour lui montrer qu'il s'y connaissait un minimum. Avant de quitter l'endroit, il s'agenouilla et fit une courte prière pour son Architecte.

« -Ô Amisgal, déesse des cieux, accorde moi ta bénédiction. Puisses-tu me protéger et veiller sur moi. »

Il se releva, sortit de sa chambre, ferma la porte à clé, marcha dans les couloirs de l'établissement jusqu'à atteindre l'escalier et le descendit, arrivant au rez-de-chaussée. Dans un coin, un couple semblait discuter de tout et de rien. De l'autre côté, un homme, seul, portant une armure, fixait sa boisson comme si elle allait lui révéler le sens de la vie, visiblement perdu dans ses pensées. Le patron, lui, se tenait derrière le bar, essuyant quelques verres. Marek s'approcha de lui et posa les clés sur la table avant de le remercier pour cette nuit. Le tenancier lui répondit que ce n'était rien et que son aide avait été appréciée. Une fois que ce fut fait, le manieur de vent s'approcha de la table de l'homme en armure. Le voyageur ne connaissait pas cet homme, il n'avait aucune idée de qui il pouvait bien être mais une fois de plus, sa curiosité prenait le dessus et il se demandait à quoi ce type pensait. Il prit place juste en face de lui et lui tendit sa main droite dans un geste amical.

« -Marek, Marek Holg. Tu m'as l'air de réfléchir à beaucoup de choses. Envie de parler ? D'ailleurs, c'est un peu impoli de ma part de demander juste après l'avoir fait, mais est-ce que je peux te tutoyer ? »
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Thorleif Gunnar
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Sam 24 Fév - 15:18
Irys : 235868
Profession : Dragonnier
Pérégrin 0
Thorleif et Nitthog avaient quitté, peut-être temporairement, le froid ambiant de Khurmag et étaient désormais à l'abri du Khoral qui soufflerait encore des mois durant. Tout d'abord, le duo qui formait le Brise-Ciel, surnom qu'on leur attribuait à tout deux au sein de l’imminent Ordre des Dragonniers, s'était retrouvé piégé en territoire Khurmis suite à sa fuite et à son exil de la cité-état de Dyen. Le frère benjamin de la famille Gunnar rencontra plusieurs personnes, pour ne citer qu'Adramus, Althéa Ley Ka'Ori ou encore Lycinia Aurès pendant les mois de Novembre et de Décembre de l'an 932. Chacune de ces rencontres l'aida fortuitement à développer son opinion sur ses propres sentiments, notamment ses ressentiments et sur ce monde inconnu qu'il continuait de découvrir. Nitthog n'était pas mécontent de quitter les terres froides Khurmis pour la chaleur de Zolios. En effet, les dragons préféraient naturellement les températures élevées et n'appréciaient pas réellement le froid. Thorleif, quant à lui, s'adaptait plutôt bien. Dyen était soumise à un climat tempéré, ils connaissaient rarement les extrêmes de l'hiver ou de l'été, jouissant à la fois d'un beau soleil à une période et de péripéties pluvieuses voire même de neige abondante l'autre partie de l'année. A priori, il faisait probablement plus froid qu'à certains endroits en hiver puisque la cité-état draconique était nichée en hauteur, dans les montagnes de Dyen.

Pour le moment, le dragonnier n'était rien de plus qu'un voyageur dont l'itinéraire était rythmé au gré de ses découvertes et de ses envies du moment. Il découvrait petit à petit les villages et les plus grandes villes que pouvait proposer My'trä afin de mieux comprendre comment fonctionnait vraiment le monde de la magie. Vraisemblablement, la technologie ne l'attirait pas. Au contraire, il la craignait comme on pouvait l'apprendre aux nouveaux-nés de My'trä. Il osait à peine concevoir l'immense degré d'animosité qui devait toucher Daënastre vis à vis de Dyen car ces derniers étaient responsables d'une perte majeur de leur armée bientôt quarante ans auparavant. Les plus anciens n'avaient certainement pas oublié et si les dragonniers voyageaient rarement au-delà de Dyen pour rejoindre My'trä ou toute autre cité-état neutre, ce n'était sûrement pas pour rejoindre le continent technologique. Enfin, ce n'était là pour Thorleif que des suppositions, il n'avait jamais eu l'occasion de s'entretenir ou de parlementer avec un d'entre eux et il fallait considérer qu'une déduction pouvait être ô combien hasardeuse lorsque l'on avait pas tout les éléments disponibles entre ses mains.

Soudain, quelque chose ou plutôt quelqu'un extirpa Thorleif de ses pensées dans lesquelles il était plongé depuis plusieurs minutes déjà. Il s'était levé quelques minutes avant Marek et on pouvait indéniablement comprendre qu'il était l'idiot sus-mentionné un temps plus tôt. De prime abord, son nouvel interlocuteur était un peu plus petit et moins colosse que lui mais également bien plus jeune. A peine la trentaine d'années, si on lui avait demandé de prendre les paris. Son approche était franche et spontanée, en plus de démontrer une certaine curiosité. Pourquoi jetait-il son dévolu sur lui… ? Il fixa, l'espace d'un très court instant, un regard autour d'eux. Ils n'étaient pas tout à fait seuls mais la clientèle n'était pas encore nombreuse aux aurores. Ce n'était donc pas étonnant, après tout, ils étaient dans une auberge, un endroit où l'on pouvait faire de bonnes ou de mauvaises rencontres.

« Prend place, Marek. »

Il montra d'un simple geste de la main la chaise juste en face de lui. Sur la petite table, aucun petit-déjeuner ne trônait encore. Avant d'être abordé par le jeune homme, Thorleif avait à peine eu le temps de passer sa commande. Oui, c'était important de se sustenter. Cette nouvelle vie de nomade ne devait pas l'écarter des préceptes qui avaient rythmé sa vie jusqu'à présent. Une façon comme une autre de continuer d'entretenir sa carrure colossale en somme.

« Je suis Thorleif. »

Et ce serait simplement Thorleif, pour l'instant. Sans discrétion, car ce n'était pas dans sa nature, il détailla du regard l'individu qui venait de s'installer en face de lui. A ce stade-là de la rencontre, il ne pouvait pas écarter la possibilité d'être face à face avec un partisan de Dyen, plus grave encore, un partisan de Dyen à sa poursuite. Il n'y croyait pas franchement, ce n'était pas le genre de la maison de traquer ses soucis aussi loin de son territoire mais avec son frère aîné, il fallait s'attendre à tout. Bjorn Gunnar était capable d'engager n'importe qui pour parvenir à ses fins et n'importe où, cela, il en était certain.

« Je n'ai aucun problème avec le tutoiement. Je ne suis que de passage dans le coin, je ne sais pas trop si tu trouveras un point d'ancrage intéressant à cette table. »

Concernant le fond de ses pensées, il n'était pas vraiment sage de les mettre sur la table. Après tout, ne serait-il pas surprenant de se présenter comme étant le prochain Roi-Père de Dyen et de lui faire part de ses mille et unes réflexions pour parvenir à cet énorme statut ? Pourtant, il se rendit bien compte qu'il n'en disait pas assez. Marek risquait de rester sur sa faim et Thorleif n'était pas contre récompenser la curiosité dont il avait osé faire preuve.

« Je devine que tu vas me demander d'où je viens, ce à quoi je répondrai que je viens de Dyen. Quant à mes pensées, elles concernaient l'attentat qui s'est produit récemment à Zochlom. Je n'étais pas présent mais j'imagine à peine le chaos et l'incompréhension. Je me demande comment cela pourrait influer sur mon pays d'origine. »

Ces temps-ci, cela en devenait presque agaçant mais il fallait comprendre qu'un sujet aussi grave puisse se retrouver à n'importe quel table et n'importe où dans le monde en ce moment. En soi, la guerre ne l'atteignait personnellement pas, il avait beau être un militaire de Dyen, membre de l'Ordre des Dragonniers, il ne l'avait jamais pratiquée si ce n'était de nombreux exercices avec son unité de poids moyens. Toutefois, il constatait que les choix de ses ancêtres avaient aujourd'hui un lourd poids. En effet, la guerre ouverte et totale pouvait être envisagée et après bientôt quarante années, quel camp s'était le plus préparé… ? S'il parvenait à devenir le nouveau Roi-Père de Dyen, il ne pourrait ni ignorer, ni écourter la question. Enfin, tout cela n'intéresserait probablement pas Marek.

« Et toi, tu es d'ici ou es-tu également de passage ? Qu'est-ce qui te fait vibrer, Marek ? »
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Marek Holg
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Mer 28 Fév - 18:10
Irys : 46044
Profession : Homme à Tout Faire
My'trän +2 ~ Mistral
Le voyageur écoutait attentivement l'homme en face de lui, attendait qu'il finisse de parler avant de s'exprimer, question de politesse. Son interlocuteur disait s'appeler Thorleif. Thorleif, hein ? Ça ne sonnait pas très My'trän, comme prénom. Il ne devait pas venir d'ici, songea le manieur de vent. Et en même temps, ça n'avait pas la même consonance que les appellations Daënares. D'où venait-il, dans ce cas ? Als'Kholyn ? Ou bien Zochlom ? Raté ! Son compagnon de table répondit aux interrogations de Marek en disant venir de Dyen. Ah, la fameuse capitale des dragonniers à Nislegiin. Le visage de l'adepte d'Amisgal s'illumina un tout petit peu. Malgré ses nombreux voyages et son désir brûlant de parcourir le monde entier, il ne s'était encore jamais rendu dans la région se situant au Sud-Ouest de My'trä et n'était pas très renseigné. C'était peut-être l'occasion d'en apprendre un peu plus sur l'endroit ? En tout cas, l'homme se trouvant face à lui disait n'avoir aucun problème avec le tutoiement. Tant mieux.

Donc, il pensait aux conséquences que l'attentat à Zochlom pourrait avoir sur Dyen, hmm ? Marek ne voyait pas le lien. Les deux pays entretenaient-ils des relations commerciales ? En tout cas, le sujet fit grimacer le voyageur et, dans un tic, il gratta les cicatrices qui parsemaient le côté gauche de son visage. Il ne comprendrait jamais les terroristes. N'y avait-il pas d'autres manières de faire passer un message qu'en s'attaquant à des gens qui n'ont rien demandés ? Si il y avait un quelconque message à transmettre, bien évidement. Bref, il ne fallait pas tenter de saisir un raisonnement sans queue ni tête.

« Et toi, tu es d'ici ou es-tu également de passage ? Qu'est-ce qui te fait vibrer, Marek ? »

Pour la première question, il avait déjà la réponse mais pour la deuxième, le voyageur prit un air songeur, réfléchissant pour quelques questions à ce qui lui plaisait vraiment avant de parler.

« -Concernant ta première question, non, je ne suis pas de la région mais je ne viens pas de très loin. Je suis originaire de Kharaal Gazar, à quelques jours de marche. »

Marek fit une petite pause avant de reprendre. Il aurait bien voulu boire une bonne choppe de bière pour satisfaire son gosier d'abord mais il n'avait pas un rond sur lui, malheureusement. Il n'allait certainement pas demander à ce parfait inconnu qu'il avait rencontré il y a moins de deux minutes de lui payer un verre. Le manieur de vents aimait bien se dire qu'il était libre et pouvait faire ce qui lui chantait mais il y avait des limites à tout. Avec le temps qu'il avait passé à Als'kholyn, il s'y connaissait en chapardage et il pourrait très certainement dérober quelques pièces à Thorleif si l'envie lui en prenait mais ça avait l'air d'être un bon gars, il n'allait pas lui faire ça. Et puis, l'adepte d'Amisgal était avant tout un voyageur, pas un voleur.

« -Pour mes passions, hmm, je dirais que ce que j'aime le plus, c'est voyager. Ça fera bientôt un peu plus de dix ans que je suis sur les routes et honnêtement, je ne m'en lasse pas. Même après toutes ces années, il y a encore bon nombre de choses que je n'ai pas vu. Je n'ai pas vraiment de but précis dans la vie si ce n'est explorer. Parcourir la terre entière, trouver des trésors immémoriaux, rencontrer des créatures légendaires comme les Chotgor ou l'Uulyn... être libre, quoi. Il y a quelque chose de spécial là-dedans, de magique, un je-ne-sais-quoi indescriptible. Quoique, tout compte fait, vu toutes les choses que les marins racontent sur les Chotgor, je n'aimerai pas vraiment en croiser un. Je doute de pouvoir survivre à cet rencontre haha. »

Marek mit son poing droit devant sa bouche et toussota légèrement, coupant court à son propre monologue.

« -Ah, pardon, je m'emporte. J'ai cette tendance à toujours aller un peu trop loin lorsque je parle de ma passion. Mais tout de même, il y a tellement d'endroits à voir, de tâches à accomplir, d'objets légendaires à trouver dans ce monde, on se croirait dans un roman. C'est aussi un peu triste quand j'y pense. La vie humaine est courte et éphémère, il faudrait que nous puissions vivre bien plus longtemps pour voir tout ce qu'Irydaë peut nous offrir, tu ne penses pas ? »

Le manieur de vent fit tourner en rond son index droit dans les airs, créant une petite sphère d'air qui grossissait à vue d'oeil puis s'arrêta brusquement, laissant l'orbe se disperser.

« -Sinon, comme tu viens de le voir, je suis un adepte d'Amisgal. C'est peut-être pour ça que j'aime autant voyager et être libre, qui sait ? Et une question me turlupine depuis que tu t'es présenté, Thorleif. Tu viens de Dyen, n'est-ce pas ? Dans ce cas, es-tu un dragonnier ? Si oui, j'aimerai bien voir ton compagnon un de ses jours. Je suis très intéressé par la faune, peu importe d'où elle vient où son apparence et je n'ai encore jamais vu un dragon de près, toujours de loin, quand ils passaient au-dessus de moi dans le ciel. Est-ce un poids lourd ? Un poids plume ? Moyen ? De quel couleur sont ses écailles ? C'est quoi son nom ? C'est un mâle ou une femelle ? »

Et une fois de plus, la curiosité reprenait le dessus. On aurait dit un enfant demandant à ses parents si ils arrivaient bientôt lors d'un long trajet. L'explorateur se dit qu'il y allait un peu fort avec toutes ces questions mais il n'y avait rien de mal à vouloir savoir, pas vrai ?



Marek parle en #0033ff
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Thorleif Gunnar
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Ven 2 Mar - 23:35
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Profession : Dragonnier
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Les deux hommes avaient donc un point commun, ils n'étaient pas d'ici. A dos de dragon, considérant que l'animal avait une excellente endurance et de l'entraînement, il fallait probablement une journée et demi, voire deux jours pour rejoindre Busad depuis Dyen. Thorleif avait vécu beaucoup d'aventures dans le monde nislegiin mais très peu en dehors, ainsi, il connaissait le reste du monde par le biais de la cartographie principalement. Il n'était donc pas évident de réaliser quels pouvaient être les temps de trajets lorsque l'on avait pas l'habitude. Sa sœur, Freyja, soigneuse et coursière émérite à ses heures perdues aurait pu répondre à toutes les questions sur le sujet, calculant probablement de tête les temps nécessaires pour aller d'un point à un autre. Le dragonnier se rendait compte petit à petit que les pays de My'trä avaient en réalité peu de frontières alors que certaines nations se vouaient une aversion mutuelle. En effet, c'était le cas des adeptes de Dalai et de Delkhii par exemple et en la matière, le dragonnier n'était pas totalement ignare. Le mois précédent, il avait par exemple rencontré une femme originaire des Kharaal Gazar à Forëal, nichée dans les montagnes des terres Khurmis. Le sédentaire réalisait qu'il était viable de mener une vie de nomade et qu'au fond, il suffisait probablement que cela entre en corrélation avec sa façon de vivre et ses envies. La forgeronne voyageait de pays en pays pour trouver toujours davantage de clientèle et peaufiner sa technique de forge. Si Dyen était toujours sa préoccupation, son objectif principal, Thorleif était désormais prêt à reconnaître qu'il y avait des choses intéressantes au-delà des frontières qu'il avait connu toute sa vie. En se souvenant de sa première rencontre avec Althéa Ley'Kaori, c'était véritablement un grand pas vers l'avant.

« Je ne m'y suis jamais rendu. En fait, je saurai la situer sur une carte mais impossible pour moi de disserter à son sujet. Cela ne fait pas longtemps que je voyage en dehors de Dyen, beaucoup de choses sont nouvelles pour moi. »

Son interlocuteur ne comprendrait probablement pas le réel sens de ses propos si il ne connaissait pas précisément quel était le régime et la façon de vivre des habitants de Dyen. L'an passé, au mois de Novembre, il ne lui aurait par exemple pas réservé un tel accueil. Désormais, il reconnaissait ne pas pouvoir demeurer esseulé dans son coin et même avoir besoin d'aide. Pendant que Marek s'évertua à lui expliquer ce qui pouvait bien le passionner dans la vie, le serveur s'approcha de leur table et déposa devant le dragonnier un plateau. Du pain, un pot de miel et une choppe de bière, telle était son envie du matin. Thorleif n'avait rien contre démarrer sa journée avec une quinte, voire plus si affinité. En de belles occasions, il avait déjà du prendre de sacrées cuites.

« Veuillez servir une bière à mon ami, je vous prie. »

Ce n'était pas tant que Marek avait la tête de l'emploi mais il fit la simple supposition qu'un voyageur émérite ne refuserait pas une telle occasion. Lorsqu'il l'observait, il percevait un homme plus jeune que lui qui connaissait les bons plaisirs de la vie. Évidemment, utiliser le terme « ami » était une simple formule de politesse mais il saurait certainement l'apprécier à sa juste valeur. Curieusement, Thorleif se sentait de très bonne humeur ce matin-là et c'était suffisamment rare pour pouvoir le souligner. Au pire des cas, il rectifierait lui-même son initiative. Il prit quelques instants pour réfléchir aux premiers mots de Marek.

« Pour être franc, je ne connais rien de tes créatures légendaires. Un Chotgor… ? Qu'est-ce que c'est ? »

Concernant sa tentative de philosopher sur le temps nécessaire entre la vie et la mort pour découvrir les richesses et les lieux d'Irydaë, Thorleif ne savait pas vraiment quoi en penser. L'homme qu'il était encore hier, à comprendre par là l'an passé, n'aurait eu que faire de cette conversation. Pourquoi s'intéresser à une autre terre que Dyen lorsque cette dernière vous offrait déjà tout ce dont vous aviez besoin ? Un dragon pour un dragonnier, une noble famille, de la richesse, du pouvoir, de l'influence, à boire et à manger et surtout, un sentiment inébranlable de sécurité. Il eut envie de grommeler mais il se retint en se rappelant que tout cela n'était plus d'actualité et cela n'avait de cesse de faire grandir sa colère vis à vis de Bjorn Gunnar, son frère aîné qui était le principal responsable de son calvaire. Aujourd'hui, Thorleif était isolé de sa terre natale et il avait grandement besoin d'acquérir du pouvoir et de l'influence. Aujourd'hui, quelque part dans Irydaë se trouvait peut-être la chose dont il avait besoin pour réaliser ses rêves les plus fous.

« Tu sais, à Dyen, les gens qui voyagent et se mêlent aux étrangers sont mal vus. Pourtant, je ne peux que reconnaître et approuver la passion qui t'anime. Cela, Marek, je respecte infiniment. Dis-moi, quelle est la chose la plus incroyable et insensée que tu aies vu pendant tes voyages ? »

Quelque chose changeait petit à petit dans le discours de Thorleif. Il avait différé Dyen de son opinion personnelle. D'ordinaire, sa fierté l'aurait poussé à dire quelque chose plutôt comme « Tu sais, à Dyen, nous n'aimons pas trop les gens qui voyagent et se mêlent aux étrangers... »En lui adressant un regard sombre. Toutefois, il n'était pas en position de le faire car il se trouvait lui-même au-delà de ses frontières. De plus, il commençait à trouver cela idiot. Jusqu'à présent, il avait évité d'avoir des problèmes et il pouvait s'enorgueillir d'avoir fait des rencontres très intéressantes à Khurmag pendant le Khoral.

Soudain, Thorleif cligna des yeux. Était-ce réel ? Par réflexe, il recula tout en lâchant son morceau de pain qu'il venait à peine de finir de tartiner de miel. Il ne fallait pas se méprendre, le colosse n'avait pas eu peur. C'était plutôt un mélange de surprise et de stupeur. A Dyen, on pratiquait très peu la magie, ce n'était pas dans les mœurs de la cité-état draconique. Thorleif n'avait donc pas l'habitude de voir un tour de magie à l’œuvre et il comprit brusquement que Marek était un mage affilié à Amisgal.

« Tu es le second adepte d'Amisgal qui croise mon chemin, Marek. »

Et cette fois-ci, la rencontre avait le mérite d'être plus chaleureuse que précédemment. Il eut une courte et brève pensée à l'égard d'Adramus. Dans les propos de Marek, il reconnaissait bien la vision des mages d'Amisgal. Ils avaient l'air d'être incapable de tenir en place et surtout, il était impensable de leur passer des chaînes.

« Je l'ignore, Marek. A Dyen, nous honorons Amisgal de bien des façons et pourtant, nous n'avons pas l'habitude de nous éloigner de notre havre de paix. Libre comme l'air, cela sonne pourtant bien. »

Il entama assez sérieusement son petit-déjeuner, continuant d'écouter Marek d'une oreille attentive. Indirectement, il flattait le dragonnier car il lui ouvrait la voie pour lui parler de ce qui le passionnait plus que tout au monde.

« Mon compagnon s'appelle Nitthog, c'est un dragon de poids moyen aux écailles noires. Sa particularité est d'avoir une couche presque aussi épaisse que les dragons de poids lourds. En contre partie, sa vitesse et son temps de vol sont réduits. Il a d'autres secrets, je ne vais pas tout dévoiler si facilement mais comme indice, dans l'ordre des dragonniers, notre binôme est appelé le Brise-Ciel. A bon entendeur ! »

Il rit, amusé d'avance de voir quelle théorie Marek allait bien pouvoir faire sur l'origine du surnom. Brise-Ciel, après tout, cela pouvait être tout et rien à la fois.

« Habituellement, les dragonniers n'exposent pas leurs dragons aux étrangers comme s'il s'agissait d'une bête de foire mais… J'ai une proposition à te faire. »

Il croisa soudainement les bras et se pencha en avant, fixant Marek droit dans les yeux avec franchise et fermeté.

« Marek, j'ai une mission très importante à accomplir. Pour cela, je dois devenir plus fort, c'est impératif. Le dragonnier le plus fort qui n'ait jamais existé. Mon nom entrera dans la légende, d'une manière ou d'une autre. Toutefois, je n'ai pas encore toutes les cartes en main. J'accepte de te montrer Nitthog à une condition : J'aimerai voir ta magie à l’œuvre, ce que tu sais faire de mieux. Également, je souhaiterai que tu m'apprennes les rudiments de la magie d'Amisgal. Comment est-ce que ça fonctionne ? Comment devient-on un mage ? Je veux tout savoir et lorsque notre entretien sera terminé, je veux repartir avec les bases provenant d'une forme démonstrative. Qu'en dis-tu, Marek ? »

Thorleif s'était clairement laissé emporter mais une telle occasion ne se présenterait peut-être pas de si tôt. Quelque chose lui disait que Marek était capable de faire bien des choses avec sa magie car sinon, il ne s'exposerait pas comme il l'avait fait précédemment en faisant tourbillonner de l'air devant lui. C'était pour Thorleif la preuve d'une grande confiance en lui et dans son aptitude à pratiquer sa magie. Un professionnel, c'était là ce dont Thorleif avait besoin ! Bien sûr, il avait conscience que le chemin serait long et rigoureux pour devenir à son tour un adepte de la magie d'Amisgal mais après tout, ne fallait-il pas commencer par apprendre les bases ? De ce côté-là, il n'avait aucun mode d'emploi, aucune idée sur comment s'y prendre.
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Marek Holg
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Dim 18 Mar - 18:19
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Après avoir assailli de questions son interlocuteur, Marek se tut enfin, écoutant attentivement les réponses données par celui-ci. Le visage juvénile du manieur de vent s'illumina durant un bref instant lorsque Thorleif lui fit cadeau une bière et le remercia avant de s'emparer de la choppe qui lui était offerte, en avalant une bonne gorgée.  En tant que voyageur vivant de petits boulots à droite et à gauche, il n'allait certainement pas dire non à ce don, loin de là. Oh, il ne savait pas ce qu'était un Chotgor ? Malgré sa rareté, la bestiole était pourtant très connue des marins étant donné sa dangerosité et personne ne voulait tomber dessus lors d'un voyage à travers les océans. Se laissant emporté une fois de plus par sa passion pour le monde, la faune et la flore, l'adepte d'Amisgal se chargea de répondre à ses interrogations sans plus tarder :

« -Je n'en ai jamais vu moi-même mais à ce que l'on raconte, c'est un titan des mers qui ferait la taille de plusieurs navires. On raconte qu'il ne laisse que des épaves derrière lui. Dès lors qu'une créature vivante rentre en contact avec l'eau, il sera capable de la détecter tant qu'elle est près de lui et ne quittera sa zone de chasse qu'après avoir dévoré toutes les proies qui s'y trouvent. Il est dit qu'il devient complètement fou lorsqu'il voit ou sent du sang. Vu que les autres animaux font toujours en sorte de se trouver à plusieurs kilomètres de lui, un bon moyen de savoir si l'un d'entre eux est dans les parages et de s'assurer que les fonds marins ne sont pas complètement vides lorsqu'on voyage. De même, les pêcheurs doivent faire attention à ne pas déverser trop de sang dans l'eau lors des chasses pour ne pas attirer un Chotgor. »

Après cette explication, le manieur de vent ferma sa bouche une fois de plus pour écouter ce que le dragonnier avait à dire. La chose la plus incroyable que Marek ait vu lors de ses voyages ? Hmm, c'était une question difficile pour l'explorateur. Après presque dix années passées à déambuler, allant là où son instinct le portait, il en avait des choses à dire. Marek commença à gratter les cicatrices sur sa joue gauche, un tic nerveux qu'il avait développé après leur apparition et se manifestait lorsqu'il était stressé ou réfléchissait grandement à quelque chose.

« -Si je devais choisir, je dirais un combat entre deux Möst Möch que j'ai aperçu lors de mon séjour à Als'Kholyn. Ce sont des créatures extrêmement aggressives dont le seul but est de tuer tout ceux qu'elles croisent. Autant qu'une lutte entre deux d'entre eux est violente. Je n'avais jamais vu quelque chose d'aussi brutal avant et j'attends encore pour revoir une telle bestialité. A l'époque, j'avais été très surpris par ce << spectacle>>. »

Et enfin, vint les réponses les plus attendues, celles sur le dragon de Thorleif. A ce moment-là de la discussion, l'homme originaire de Dyen avait toute l'attention de l'adepte Amisgal, avide de connaissance. Nitthog, est-ce que nom avait une signification particulière à Dyen ? Le voyageur mordit sa lèvre inférieure lorsque son interlocuteur lui dit qu'il ne révèlerait pas tous les secrets de son compagnon comme ça. Oh ! C'est bas, ça. Très bas. Bah, Marek finirait bien par en savoir plus un jour ou l'autre, non ? Le manieur de vent gratta une fois de plus les blessures de sa joue lorsque le dragonnier lui dit que leur binôme était appelé le Brise-Ciel. Il se creusa les méninges mais rien ne lui venait à l'esprit, il n'en avait jamais entendu parler. Il faut dire que malgré sa passion du voyage, il ne s'était jamais rendu à Nislegiin, alors que c'était pas si loin que ça. Et pourtant, il avait traversé la mer l'année dernière pour se rendre à Daënastre. Soudain, le regard de Thorleif devint ferme et déterminé et il fit une proposition très spéciale à Marek.

Le voyageur, ne prenant même pas la peine de peser le pour et le contre, tendit sa main, un sourire aux lèvres. L'homme devant lui avait l'air sûr de lui, déterminé, quelqu'un qui tenait à ses convictions. Cela ne poserait aucun problème à l'Adepte d'Amisgal de lui apprendre sa magie. Et puis, l'explorateur avait trèèès envie de voir Nitthog de près.

« -Thorleif, j'en suis ! »

Marek s'étira et fit craquer les jointures de ses mains.

« -Peu importe la magie, il y a beaucoup de choses à dire, beaucoup de choses à savoir et l'air ne fait pas exception. Honnêtement, je ne pense pas être le meilleur enseignant qui soit mais j'ai une grande connaissance et compréhension de mon art. Déja, il faut que tu saches qu'aujourd'hui, tu ne sauras pas manier le vent, demain non plus, d'ailleurs. Maîtriser la magie est un travail de longue haleine, difficile et éprouvant. Sans vouloir te décourager, j'ai passé des années sous la tutelle d'un maître de l'air, mon grand-père...»

L'aventurier chassa aussi vite qu'elle était venue la mémoire de son parent qui le projetait contre un tronc d'arbre avec une violente bourrasque en hurlant qu'il n'était qu'un bon à rien et reprit sa tirade.

« -...pour en arriver là où je suis. Cependant, ce n'est pas  aussi long que ça pour apprendre les bases. Normalement, en quelques semaines, tu devrais être en mesure de faire quelques tours et posséder les caractéristiques d'un adepte d'Amisgal : courir beaucoup plus vite que les autres, sauter plus haut que les humains normaux et t'épuiser moins facilement. »

L'explorateur leva les yeux vers le ciel en grattant ses cicatrices tandis qu'il réfléchissait aux autres points évoqués par Thorleif.

« -Comment ça fonctionne ? Eh bien, à vrai dire, il n'y a pas vraiment de façon d'invoquer la magie. Elle est censée te venir naturellement. Pour ça, il n'y a qu'une seule chose à faire : montrer sa dévotion à son Architecte. Le matin, remercie ton Architecte pour cette nouvelle journée et demande sa protection. Lorsque tu manges, remercie-le pour ton repas. Lorsque tu vas dormir, prie-le avant de te coucher. Reste éloigné de la technologie et suit les principes de la divinité à laquelle tu crois. On pourrait résumer cela par << Respecte ta divinité et elle t'accordera ses pouvoirs. >>. C'est pour cette raison que les mages de terre ne peuvent pas apprendre la magie de l'eau et inversement. Dalai et Delkhii ne peuvent pas se blairer et leurs croyants suivent les pas de leurs Architectes. »

Marek se saisit de la choppe de bière offerte par son interlocuteur un peu plus tôt et se chargea de vider ce qu'il en restait.

« -Je veux bien te montrer ce que je sais faire de mieux mais pour ça, il faut sortir. Ma technique ultime, pour ainsi dire, est assez destructrice et je ne voudrais pas ravager l'auberge, surtout que je n'ai pas l'argent pour payer les réparations. Alors, qu'en dis-tu ? On va dehors et je montre ce que je sais faire de mieux ?


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Thorleif Gunnar
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Sam 21 Avr - 22:28
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Thorleif n'était pas habitué des lieux maritimes et sa connaissance sur les bateaux était relativement faible. Cependant, il était loin d'être ignare et il lui suffisait de cligner des yeux pour imaginer un seul d'entre eux, de taille modeste, amarré au bout d'un pont. Cependant, Marek employa le pluriel et il ne fallut pas davantage de temps pour que Thorleif modélise dans son esprit une flotte, pas tout à fait une armada. La créature sus-mentionnée pouvait-elle vraiment être aussi immense et effroyable… ? Thorleif eut la soudaine vision d'une pieuvre géante, de taille identique aux bateaux auxquels il était en train de penser et il la voyait abattre ces tentacules de façon impardonnable pour briser le bois en mille morceaux et déchirer les voiles. C'était cela, un Chotgor… ? Physiquement parlant, probablement pas mais il imaginait à peu près la dangerosité de la chose. Il préféra demeurer muet, il fallait dire qu'il n'existait rien de semblable à Dyen. Du moins, il n'avait jamais rencontré quelque chose comme ça. Dans son pays natal, un dragon de poids lourd qui montrait les crocs suffisait à effrayer les citadins. Chacun vivait dans son monde, après tout… ?

« Se battre jusqu'à la mort de façon totalement instinctive, par goût du sang... »

Cela lui rappelait en quelque sorte sa propre histoire et son duel fratricide contre son grand frère, Hulf Gunnar. Leur mère, Annhild, rendit son dernier souffle en mettant le dragonnier au monde et malgré les décennies qui s'étaient écoulées, la rancœur demeura plutôt tenace, notamment celle qui provenait du cœur de Hulf. Celle-ci s'était transformée en une haine aveugle que leur frère aîné, Bjorn, utilisa contre Thorleif pour les contraindre à se battre à mort. La défaite d'Hulf, qui succomba en vérité aux assauts de Nitthog pour protéger la vie de son maître, fut maquillée en meurtre odieux et ce fut ainsi que Thorleif fut banni de Dyen.

« J'aime le combat, surtout lorsqu'il est honorable, qu'il y a des valeurs à défendre. J'aime aussi apprendre de mes adversaires… En revanche, je ne crois pas avoir cela dans la chair et dans l'âme. »

Concernant sa proposition énoncée précédemment avec un tantinet d'empressement, ce fut finalement la réponse de Marek qui fut la plus surprenante. Il ne semblait même pas avoir pris le temps de réfléchir aux tenants et aux aboutissants. Sa main était tendue vers Thorleif et ce dernier arqua un sourcil curieux qui disparut rapidement, laissant apparaître un franc sourire.

« Très bien, Marek. »

Le dragonnier se pencha en avant et empoigna avec beaucoup de franchise la main de Marek qu'il serra avec beaucoup de force, preuve de la vigueur de l'engagement qu'il envisageait de tenir vis à vis du mage d'Amisgal. Thorleif supposait que Marek n'avait rien de mieux à faire et il devait certainement vivre au jour le jour, gérant son emploi du temps personnel au fil et au gré de ses rencontres.

« Il ne sera pas aisé de reprendre un apprentissage à zéro, j'en suis bien conscient. Je n'ai certainement plus les mêmes capacités que lorsque j'étais adolescent pour engranger les connaissances mais... »

Thorleif fronça les sourcils, non, le doute n'était pas permis.

« Je dois le faire et y parvenir, je n'ai pas le choix. »

Il prendrait sa revanche et retrouverait son honneur perdu, coûte que coûte. Thorleif apprendrait la magie de l'air pour se renforcer et devenir puissant, plus fort que son frère et également pour surpasser le Roi-Père de Dyen, même si cela devait lui prendre des années. Ce paramètre ne suffirait pas à freiner ses ambitions, il connaissait déjà l'effort et la rigueur, Thorleif n'était pas devenu un dragonnier du jour au lendemain après tout.

« Montrer ma dévotion à mon Architecte… ? »

Il ferma les yeux et les traits de son visage se plissèrent. N'était-là pas déjà ce qu'on lui apprenait à faire depuis sa plus tendre enfance… ?

« Ton explication me laisse perplexe, Marek. La cité des dragons, Dyen, est nichée dans les montagnes et en des temps immémoriaux, mes ancêtres ont bâti une statut à l'effigie d'Amisgal pour la prier et l'honorer en tout temps. Nous organisons régulièrement des fêtes en son honneur… Ce n'est donc pas suffisant… ? »

Non, ça ne l'était probablement pas. A Dyen, il était assez rare de se lancer dans l'apprentissage de la magie. Il ne devait même pas y avoir d'école dans ce domaine-là. Les adolescents avec une bonne situation comme Thorleif intégraient généralement la formation de dragonnier et les autres étaient voués à devenir des individus lambda de la société civile. Plutôt explicitement, Marek lui expliqua qu'il ne devait pas se contenter d'honorer une Déesse. Non, c'était plutôt un message subliminale, Thorleif devrait apprendre à vivre sa foi pour espérer passer au palier supérieur.

« Jusqu'à présent, j'ignorai qu'il existait des rivalités entre certains pays de My'trä. Par méconnaissance du sujet, j'étais persuadé que les nations de ce continent vivaient constamment en paix et s'entraidaient en toute circonstance, notamment face à la menace technologique d'en face. Ces problématiques-là n'existent pas à Dyen, c'est l'avantage d'un monde plus petit je présume. »

Thorleif se leva soudainement de sa chaise et se dirigea en direction du comptoir. Il fallait payer l'addition pour son petit-déjeuner et celui de Marek. Lorsque ce fut acquis, il retourna vers sa nouvelle connaissance et l'invita à le suivre. Il allait réellement lui montrer sa technique ultime… ? Jusqu'à présent, Thorleif n'avait jamais vraiment vu la magie à l’œuvre si ce n'était des tours de passe passe. En d'autres termes, pas de quoi l'impressionner mais cela semblait susceptible de changer d'ici quelques minutes. Marek allait lui faire une démonstration et le dragonnier était bien incapable de résister à cet appel. En échange, il lui montrerait Nitthog. Pour l'un, comme pour l'autre, le procédé ne semblait pas leur coûter quelque chose en particulier si ce n'était que de répondre à un besoin différent.

Plusieurs minutes plus tard, Thorleif et Marek s'étaient éloignés suffisamment loin des bâtisses pour se retrouver dans une clairière avec quelques arbres et rochers de divers tailles. Ils avaient convenu que pour l'utilisation d'un sortilège de magie au potentiel destructeur et l'arrivée propice d'un dragon, il valait mieux s'éloigner de la civilisation connue pour ne pas engendrer de problème aujourd'hui parmi la populace.

« Nitthog est de nature curieuse. Je peux l'appeler avec un sifflet dont le son est unique et lié à mon dragon. Toutefois, il a du sentir que je me suis éloigné de la ville. Ta magie devrait pouvoir l'attirer, j'en suis certain. Montre-moi ce que tu sais faire de mieux, Marek ! »

Le dragonnier fixait Marek avec beaucoup d'insistance. Il n'avait aucune raison de mentir au mage de l'air, il ferait bel et bien venir Nitthog pour respecter sa parole. D’ordinaire, il n'aimait pas vraiment les menteurs et il n'avait aucune raison d'essayer de tromper son interlocuteur. De son statut de novice, voire d'apprenti, Thorleif ne réalisait sûrement pas encore ce qu'il ferait capable de faire dans le cas où il obtiendrait un jour la maîtrise d'une magie. Une démonstration magistralement réalisée le convaincrait donc sûrement définitivement de la bonne marche à suivre.
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Marek Holg
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Lun 23 Avr - 19:16
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Les sourcils de Marek se fronçèrent lorsque son interlocuteur lui dit qu'il ne comprenait pas ce qu'il voulait dire concernant le fait de montrer sa dévotion. Il était vrai qu'avec l'explication donnée par l'aventurier, normalement, tous les habitants de Dyen devraient être en mesure d'utiliser le don offert par Amisgal. Cependant, il y avait quelque chose de plus, une chose sur laquelle l'explorateur ne pouvait pas mettre de mot. En vérité, lui-même ne comprenait pas complètement tous les tenants et aboutissants de son art. La magie de l'air lui était venue plus ou moins naturellement, dès son plus jeune âge, il possédait déjà les capacités physiques qui caractérisaient un adepte d'Amisgal. Il était né avec son Don et l'avait développé au fil des années. Pour le voyageur, utiliser son pouvoir était aussi naturel que de respirer. Vous vous voyez expliquer à quelqu'un comment respirer ? Lui non plus. Ce n'était pas une simple question d'honorer l'Architecte, c'était... Arf, celui qui aurait du régner sur la tribu des Holg gratta ses cicatrices, agacé. C'était vraiment quelque chose de compliqué, la magie. Fort heureusement pour Marek, le dragonnier changea le sujet, allant sur beaucoup plus simple à expliquer et comprendre.

Ainsi donc, Thorleif ne connaissait pas la rivalité ancestrale entre les enfants de Dalai et les fils de Delkhii ? Eh beh, dis-donc, il devait vraiment avoir passé toute sa vie à Dyen pour ne pas savoir ça. Même la plupart des Daënars étaient au courant de cette haine que Zagash a pour Kharaal Gazar et inversement. En tout cas, il était l'heure pour l'aventurier de montrer ce qu'il savait faire. Après avoir payé pour eux deux, l'homme originaire de Dyen les avaient menés vers une clairière éloignée de la civilisation, parsemée de quelques arbres et rochers plus ou moins gros. Les actions valent bien plus que les mots, c'est pour cette raison que le manieur de vent se mit au travail tout de suite. Il marcha vers un gros roc qui devait faire au moins trois fois sa taille et tapota dessus, vérifiant sa solidité. Il hocha la tête après quelques secondes et recula de quelques pas.

« Autant te prévenir, ça m'as pris des années pour réussir à utiliser cette technique et elle demande une très grande concentration. Si tu veux utiliser ta magie offensivement, ce dont je suis persuadé, je te montrerais quelque chose de bien plus simple mais tout aussi efficace après. Enfin, bref, allons-y. Moins de blabla et plus d'action ! »

Il tendit sa main droite, paume tournée vers la pierre, devant lui, attrapa fermement son bras droit avec la main gauche et ferma les yeux, se concentrant autant que possible. Très vite, le vent se leva et une bourrasque souffla sur la clairière, pliant l'herbe et décoiffant légèrement les deux hommes. Peu à peu, l'air se rassembla dans sa paume ouverte, formant une sphère de vent tourbillonnant violemment et rapidement, semblable à une tornade. Et maintenant venait la partie difficile. Il fronça les sourcils et quelques gouttes de sueur coulèrent le song de son front tandis que la boule de vent qui faisait la taille d'une pastèque commença à rétrécir. Elle perdit en taille et en volume jusqu'à ne devenir qu'une toute petite bille qu'il pourrait tenir entre son pouce et son index. Il ouvrit les yeux et relâcha toute la pression devant lui.

BOOM !

Une détonation assourdissante retentit et le rocher explosa littéralement en milles morceaux, envoyant voler des cailloux partout et soulevant un nuage de poussière que Marek s'empressa de dissiper avec quelques courants d'air. De l'immense roc qui surplombait l'aventurier par sa taille il y a moins d'une minute, il ne restait désormais que quelques pierres qui n'arrivaient même pas à la cheville du manieur de vent. Satisfait de son œuvre, l'explorateur se tourna vers Thorleif avec un sourire fier et se chargea d'expliquer ce qu'il avait fait.

« J'appelle cette technique "Bombe à Air". Je suis assez fier de cette capacité car c'est moi qui l'ait inventée, même mon grand-père, un maître de l'air, infiniment plus puissant et doué que moi n'avait jamais pensé à ça. En principe, c'est assez simple. Lorsque une quantité importante d'air est comprimée, si on relâche tout d'un coup, cela va provoquer la même détonation que l'explosion d'une bombe, d'où le nom. En pratique, comprimer l'air demande une concentration hors-norme et une grande maîtrise. Si tu relâche la pression trop tôt, sans la diriger au préalable, tu seras touché par l'onde de choc et tu finiras comme ce rocher. »

L'explorateur leva les yeux vers le ciel, vérifiant si un dragon était là mais il n'en vit aucun. Bah, il devait sûrement être en route.

« En attendant que ton dragon arrive, laisse-moi te montrer quelque chose de plus simple pour les débutants mais de tout aussi mortel, tu devrais pouvoir te servir de ça quand tu auras les bases. Tu vois cet arbre, là-bas ? » Demanda-t-il en pointant du doigt un chêne un peu plus loin.

« Regarde bien. »

Il leva son bras gauche, l'alignant vers le végétal et celui-ci fendit l'air, projetant une lame d'air qui coupa toutes les branches qui se trouvaient sur son chemin.

« Ce n'est pas très inspiré comme nom mais j'appelle ça "Lame D'Air", elle a beau être faite de vent, elle est aussi tranchante et aiguisée qu'une véritable lame forgée par un artisan. On pourrait dire que c'est un coup d'épée à distance. »

Marek leva une fois de plus les yeux et ses lèvres s'étirèrent en un sourire lorsqu'il vit une grande créature voler vers eux. Nitthog était là.


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Thorleif Gunnar
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Lun 23 Avr - 22:54
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Profession : Dragonnier
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Thorleif attendait, muet comme une tombe. Le dragonnier croisait les bras, faisant office de véritable armoire à glace. Il l'observa s'avancer vers un rocher qui faisait à peu près trois fois leur taille et le toucher à plusieurs reprises. Cela faisait-il parti d'un rituel quelconque… ? Non, Marek testait la solidité du roc pour être certain d'impressionner Thorleif avec sa démonstration. En fin d'année dernière, il avait vu à l’œuvre la magie de la chouette lorsqu'Althéa s'en était servie pour effacer une balafre sur sa joue liée à son combat fratricide contre Hulf. Il avait alors suffit à la jeune femme de se concentrer pour laisser opérer sa magie et il avait alors ressenti une grande vague de chaleur et de bienveillance. Le dragonnier dénoterait aujourd'hui l'absence d'une formule magique lambda et il était impatient de voir à quel point les pouvoirs de l'air pouvaient être… offensifs, pour ne pas dire destructeurs. Thorleif sentit le vent se lever, était-ce vraiment Marek qui en était à l'origine ? Il semblait effectivement que ce soit le cas, le dragonnier ne pouvait que se résigner à cette idée. Peu importe, du moment qu'il tenait sa parole, il pouvait bien faire ce qu'il voulait. Littéralement, le vent prit la forme d'une boule d'air tourbillonnante de la taille d'une pastèque, à peu près. Cette manifestation ne lui était pas totalement inconnue car cela lui rappelait sans aucun doute son dragon, mais il y reviendrait plus tard. Tout d'abord, il s'agissait d'observer la démonstration de Marek et il n'y avait pas lieu de l'interrompre. Thorleif se rendit compte à quel point cette concentration de puissance semblait éprouver le corps du mage. Et cela faisait des années qu'il s'entraînait… Fichtre, cela paraissait vraiment difficile mais donnait un attrait supplémentaire. Les défis, Thorleif avait pour habitude de les relever sans forcément toujours les accomplir, il fallait peut-être le concéder. Soudainement, l'orbe de vent devint une petite bille et à cette distance, Thorleif peinait même à l'apercevoir. De plus, la montée du vent s'était interrompue. Était-ce ce qu'on appelait le calme avant la tempête… ? Soudain, il crut apercevoir quelque chose fondre à vivre allure en direction du rocher. Une seconde, peut-être ? C'était trop rapide pour que son cerveau puisse vraiment l'analyser. Ce n'était de toute façon pas très impressionnant comparé à la suite. Instinctivement, le dragonnier vint protéger son visage en recroquevillant ses deux bras devant lui. Il avait pu imaginer ce rocher exploser sous toutes ses coutures, la réalité était tout autre.

« Impressionnant, Marek ! »

La magie offrait des libertés qu'il n'aurait pas soupçonné. Marek se présenta à lui comme l'inventeur de cette technique, lui ayant même offert son propre nom, la bombe à air. Le dragonnier s'avança vers les gravas pour les observer de plus près. C'était un peu glauque mais Thorleif imagina un corps réduit en charpie à la place de la pierre et il était presque effrayant d'imaginer que ce potentiel de destruction était l’œuvre d'un être humain, d'une seule personne. Avec son épée, il était bien incapable de reproduire un tel résultat et il se briserait les poignets en essayant une méthode relevant du pugilat.

« Tu étais stoïque, parfaitement concentré. Il n'y avait plus rien autour de toi, si ce n'était ton lien avec Amisgal. Sans en être le réceptacle, j'ai déjà ressenti cela. Il n'y a qu'une fenêtre de quelques secondes pour t'empêcher de lancer ton sortilège le plus dévastateur. »

C'était comme au sein de l'ordre des dragonniers, il y avait souvent une unité au potentiel dévastateur et il était question de la protéger pour lui permettre de lui laisser le temps de déployer toute sa puissance. Dans une mêlée, il était peu probable que Marek se serve d'une telle technique sans être protégé ou alors, il lui faudrait agir depuis un angle mort et sûr. Il s'agissait-là de paramètres qui ne rendaient pas aisé l'utilisation de la bombe à air et Thorleif osait à peine se demander s'il avait déjà été contraint de s'en servir sur un être humain ou une créature.

« La précision de ta lame d'air est impressionnante. Elle tranche nettement et sans bavure, comme une véritable lame… mais à distance. »

Thorleif était songeur. Il observait Marek et se demandait ce qui les différenciait autant à l'heure actuelle pour qu'Amisgal lui ait octroyé ses grâces. En se plongeant dans ses souvenirs, le dragonnier avait toujours considéré jusqu'à présent ne pas avoir l'utilité de la magie. Entre autre, Nitthog suffisait. Le dragonnier était un homme d'honneur, en proie au combat le plus juste. Il vénérait Amisgal pour la remercier d'avoir offert à ses ancêtres une terre et de l'aide mais… il ne vivait pas pour elle. Non, la Déesse n'était encore qu'un élément secondaire de sa vie d'antan. Marek, lui, honorait Amisgal dès le matin en la remerciant pour son repas. Méthode extrême ? Peut-être pas. Peut-être Thorleif ne faisait-il pas preuve de la dévotion adéquate.

« Je veux emprunter la voie des adeptes d'Amisgal, Marek. Il me reste encore assez de temps pour atteindre avec Nitthog des sommets inégalés pour la représenter et vivre au plus proche d'elle… Librement, selon nos choix. »

Ils furent interrompus par la venue tant attendue de Nitthog. La créature ailée aux écailles noires vint se poser juste à côté de son maître en lançant un regard curieux en direction de Marek. Était-ce du lard ou du cochon… ? Non, le dragon avait senti les émanations de magie et il était capable d'en repérer le flux qui subsistait dans l'air.

« Je te présente Nitthog, mon plus vieux camarade. Il n'a pas mauvais caractère, il est même plutôt taquin mais n'en garde pas moins une certaine fierté. Montre-lui, Nitthog ! »

Le dragon se tenait debout, au garrot sur ses quatre pattes et bomba soudainement sa cage thoracique. A nouveau, le vent se leva avec probablement plus d'intensité qu'auparavant. Devant la gueule de Nitthog, le vent affluait des quatre points cardinaux et laissait présager un souffle à venir. L'adepte d'Amisgal comprit aisément qu'il valait mieux ne pas rester devant la créature.

« Il y a trois catégories de dragons : les poids légers, moyens et lourds. Nitthog appartient aux poids moyens. Ses écailles n'ont rien à envier à la catégorie au dessus de lui mais il n'est pas très rapide et son endurance en vol n'égale pas celle d'un poids léger. En revanche, certains poids moyens, comme lui, détiennent un don. »

Le dragonnier tendit son bras vers l'avant et s'écria en lançant l'ordre à son compagnon d'agir. De sa gueule béante jaillit soudainement un tourbillon de vent qui souffla littéralement ce qui se trouvait sur sa trajectoire jusqu'à une trentaine de mètres. L'herbe au sol s'arracha à l'image d'une tapisserie, quelques troncs d'arbres craquèrent avant de se disloquer et les rochers furent bousculés avec beaucoup de virulence, certains se brisèrent même comme sous l'effet de la bombe à air de tout à l'heure. Aussi rapidement qu'elle était apparue, la tempête de Nitthog s'envola et laissa derrière elle un paysage dévasté par le souffle d'air du dragon.

« Voici pourquoi nous nous faisons appelés le Brise-Ciel. Il faut savoir que tout les dragons ne développent pas un souffle et l'élément d'air n'est pas le seul existant. Je connais des dragons qui crachent du feu ou qui éjectent du poison par exemple. »

Le dragonnier s'approcha de sa monture dès lors que tout danger fut écarté afin de cajoler son cou pour le féliciter et le congratuler. Pour satisfaire l'égocentrisme de la bête et lui montrer qu'il lui témoignait du respect, ce geste-là était très important dans l'éducation qu'un dragonnier pouvait donner à son compagnon.

« Depuis tout à l'heure, je me demande ce qui nous différencie autant. Depuis mon enfance, je célèbre et honore régulièrement Amisgal, c'est comme une tradition. Explique-moi comment est-ce que l'on parvient à faire appel à la magie de l'air. Qu'est-ce que l'on ressent lorsque l'on est prêt à y parvenir ? Sur quoi dois-je me concentrer en particulier ? Donne-moi tes conseils, je te prie. »
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