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Chroniques d'Irydaë
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 [Terminé] Découverte des sources chaudes

Léonie Morret
Léonie Morret
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[Terminé] Découverte des sources chaudes  EmptyMar 20 Fév - 16:15
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- «  Spook arrête » souffla une voix féminine encore à moitié endormie


La petite boule de poil semblait s’énerver sur le drap qui recouvrait la my’tränne, tirant le tout pour retirer la protection légère qui maintenait la chaleur corporelle de Léonie à une température convenable. La jeune femme laissa échapper un nouveau grognement un peu perplexe, alors qu’elle se cachait les yeux avec le peu de couvertures que l’animal n’avait pas fait tomber sur le sol. Spook, lui, semblait de très bonne humeur et déjà prêt à faire preuve d’une réactivité débordante. Il s’acharnait sur tout ce qui était sur le sol, se roulant dedans en émettant des petits gloussements de contentement. L’astre semblait à peine se lever lui aussi, les rayons lumineux ne passant pas encore la fenêtre qui était ouverte. Après plusieurs minutes à lutter contre son envie de se rendormir, de traîner un peu, une motivation nouvelle s’installa dans son esprit. Se levant de manière plus vive cette fois, elle n’avait pas tardé à se vêtir de sa tenue habituelle. Un pantalon en cuir, une chemise d’un tissu léger, sa ceinture avec ses dagues et son épée courte. Comme souvent sa chevelure s’était fût rassemblé en une natte sur le côté. Après avoir plusieurs fois frotté ses deux prunelles d’un bleu aussi pur que celui des océans, elle se dirigea vers la cuisine, où l’attendaient déjà de l’eau chaude et un mélange de plantes infusant. La voix maternante de sa génitrice n’avait pas tardé à se faire entendre, soulignant un agissement différent de d’habitude chez la plus jeune de sa progéniture.

- «  Je n’ai plus l’habitude de te voir rentrer aussi tôt et d’être là le matin… » soucieuse de ne pas provoquer une énième dispute, elle ne s’attarda néanmoins pas sur le sujet «  J’ai entendu Spook alors je t’ai fait chauffer de l’eau. C’est tes plantes préférées qui infusent. »

L’Aitah ayant évidemment entendu son nom sauta immédiatement sur une chaise pour venir se frotter contre cette femme qui le chouchoutait tellement. La mère de Léonie n’avait pas tardé à déposer une coupelle avec bons nombres d’insectes dessus, ce qui ravit la créature qui ne se fit pas prier pour tout engloutir. La my’tränne, elle, était restée silencieuse comme souvent. Elle n’aimait pas avoir cette impression de ne pas satisfaire sa mère, était-elle réellement trop absente, ou était-ce simplement plus complexe pour la vieille dame d’accepter que ses enfants ne soient plus aussi présents qu’avant ? Laissant un soupir s’échapper de ses lèvres, elle avait apporté la tasse proche de ses lèvres pour en avaler une gorgée. Le tout sembla la détendre un peu, lui permettant de s’exprimer.

- « J’ai eu une journée étrange hier » souffla-t-elle simplement « J’ai mangé au dos de la fourchette avec un voyageur. Il m’a offert de quoi réaliser des soins à Spook. » Devant les yeux ronds de sa mère, elle se contenta d’hausser les épaules «  Je voudrais en préparer davantage pour lui en offrir un pot tout à l’heure, je l’accompagne à la source chaude… Je vais aller acheter de quoi tout faire dans à la boutique d’herboristerie de la ville. »

La dame âgée ne sembla pas réagir immédiatement, avisant sa fille tout en conservant ce degré de surprise. Cela faisait bien trop d’informations étranges pour elle en une phrase, premièrement sa fille avait renoncé à travailler tard pour dîner en compagnie d’un voyageur, deuxièmement elle voulait prendre le temps de s’expérimenter à la confection de pommade, troisième elle renonçait à une seconde journée de travail pour se rendre à la source d’eau chaude toujours en compagnie de ce voyageur. Non, la mère devait rêver, il ne pouvait y avoir d’autre possibilité. Certaine de cet état de fait, l’ancienne se pinça l’avant-bras avant de réaliser que non, elle semblait bien être dans la réalité.

- « Je vois. » Se contenta d’elle de marmonner pour ne pas brusquer sa fille « Tu me laisses t’aider ? À deux, on ira certainement plus vite. »
- «  Si tu veux » dit-elle en se relevant « tout est dans la petite boîte là, je prends juste la liste des ingrédients pour faire l’achat et je reviens. Tu n’as cas commencer. »

La protectrice avait fini par se relever, sortant de l’habitation pour se diriger vers la boutique d’herboristerie de la ville, sa petite liste en main. Spook la suivait, comme toujours, de façon plutôt joyeuse. La peur de la veille semblait oubliée et parfaitement révolue. Progressant joyeusement devant la protectrice il s’arrêta bien avant elle au lieu de destination. L’échange entre elle et la commerçante fut rapide et c’est tout aussi simplement qu’elle repartit les bras chargés de diverses plantes et de petites boîtes pour remplir le tout.  Rentrant de nouveau dans l’habitation, une odeur étrange lui prit le nez. Elle lâcha une quinte de toux, fronçant les sourcils.

- «  Oui je sais, mais je t’assure que j’ai tout respecté » grommela sa mère dont des traces indéterminées ornaient son visage «  Une fois enfermé dans une petite boîte, ça sentira moins fort »
- « D’accord… » souffla Léonie perplexe

Les deux femmes avaient fini par passer un moment plutôt long ensemble, sans que la moindre dispute vienne faire de l’ombre au tableau. L’instant fut agréable et la réussite de la réalisation des substances plutôt surprenante. Le temps était passé si vite, que comme souvent Léonie était en retard pour son rendez-vous. Rapidement, elle rangea le tout dans son sac, qu’elle accrocha à son dos et s’activa pour sortir, Spook, toujours à ses trousses évidements. Sa génitrice l’avait interpellé lui jetant deux serviettes que Léonie enfourna dans son sac sans grande minutie. Même si la protectrice n’appréciait guère le fait d’être en retard, elle l’était très souvent, pour ne pas dire en permanence. Empruntant le chemin me menant à la sortie de la ville d’un pas rapide, elle ne tarda guère à arriver à son lieu de rendez-vous. Affichant un sourire en direction la silhouette qu’elle reconnut presque immédiatement, elle se contenta d’offrir un signe de tête en guise de salutation.

- « Je suis désolée pour le retard… » elle passa sa main derrière sa nuque «  Je crois que je ne parviendrais jamais à être à l’heure une fois dans ma vie » souffla-t-elle «  Vous avez passé une bonne nuit ? Toute votre petite troupe se porte bien ? » laissant un léger silence s’installer, elle poursuivit « Bien. Allons-y. Nous avons une bonne heure de marche, je suppose, peut-être une heure et demie si… » vous êtes lent, c’est ce qu’elle avait voulu dire, mais elle s’était ravisée «  si on prend plus notre temps. » Réajusta-t-elle

Prenant la direction du dit lieu, la jeune femme ne s’autorisa guère davantage de bavardage. Elle se comportait comme habituellement lorsqu’elle travaillait, plutôt fermée, peu souriante ou extravagante, attirant peu l’attention. Léonie préférait se concentrer sur des objectifs simples et le premier point ne pouvait être autre que se rendre sans trop de difficulté jusqu’au lieu qu’elle souhaitait lui faire découvrir. Si le chemin était sans embûche, plutôt simple et agréable, il n’en restait pas moins éprouvant pour un organisme non habitué aux chaleurs de la région. La protectrice elle, ne semblait pas réellement affectée par la chaleur et hormis quelques petits soupirs elle ne démontrait pas une perception désagréable de la température. Soucieuse de ne pas entacher la réputation avenante et bienveillante de sa ville –aussi un peu, parce que Flavien lui avait fait bonne impression- elle s’autorisa à faire la conversation, du moins, à essayer maladroitement.

- «  Avez-vous une préférence chez les espèces animales ? » demanda-t-elle sincèrement curieuse.

Son regard se perdait sur l’immensité du territoire et surtout, l’absence notable et impressionnante de végétation. Généralement, ce n’était qu’autour des sources d’eaux –élément suffisamment rare pour être souligné- qu’on y retrouvait essentiellement de la vie. Du moins, c’était ce que la my’tränne avait fini par conclure après autant d’années d’existence dans la région. Ce fut d’ailleurs après plus d’une bonne heure de marche qu’une multitude de végétations fit son apparition, encerclant une parcelle d’eau –qui pour le coup, elle était froide-. Affichant un léger sourire, elle ralentit naturellement son rythme de marche satisfaite de la cadence que le duo –et la multitude de petites bêtes à poil- avait mis pour arriver jusque-là.  La source de chaude n’était plus très loin, mais pas vraiment ici non plus, c’était bien la raison pour laquelle elle était méconnue, fallait-il connaître son existence et le chemin à emprunter pour la trouver. En revanche, ici les insectes étaient omniprésents, savourant la température beaucoup plus supportable. En y regardant bien des petits animaux étaient visibles eux aussi.

- «  C'est un peu plus loin, il faut traverser l'oasis et rejoindre la montagne qu'on commence à distinguer... Vous voulez peut-être faire une pause ? »


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Flavien Teleri
Flavien Teleri
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[Terminé] Découverte des sources chaudes  EmptyVen 23 Fév - 14:01
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Profession : Soigneur itinérant - Guérisseur
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Comme souvent, la nuit de Flavien fut plutôt courte. Couché bien après l'astre de jour et réveillé aux aurores par de petits coups de museau insistants, le nomade avait comme souvent dormi le strict minimum. Juste assez pour ne pas maudire les Créateurs et leur sordide idée d'inventer la lumière au beau milieu de la journée qui naissait à peine, mais certainement pas assez pour se lever du bon pied, le sourire aux lèvres.

Tandis qu'il essayait de grappiller quelques précieuses minutes de repos, un coup de patte insistant vint remplacer la truffe froide qui se collait contre sa joue, accompagné d'un petit roucoulement aiguë. Flavien soupira et leva une main sur son visage pour se frotter les yeux, s'avouant vaincu. Pour une créature passant l'essentiel de son temps à dormir, Hua n'avait que peu de respect pour le sommeil des autres.

Grommelant quelque-chose d'incompréhensif, Flavien ouvrit lentement les yeux. Il mit un temps à se familiariser avec ce qui l'entourait, repérant tour à tour les restes de son feu de camp, Selmac dormant à poings fermés collé contre Aquila, sa besace négligemment déposé à ses pieds et une forme claire tachetée reposant près de l'oreiller de fortune qu'il s'était fabriqué. Il cligna doucement des yeux pour focaliser son regard sur la seule inconnue de cette équation matinale. Une fois. Deux fois. Puis il leva les yeux sur la Tairakh qui avait estimé bon de le réveiller avant même que le soleil ne se lève. Les grands yeux verts de la carnivore le regardaient avec tendresse.

Le soigneur referma rapidement les yeux en grognant.

" Hua. Rappelle-moi ce que je t'ai déjà répété cent fois ? "
" N'y pense même pas, Hua. Tu trouveras autre-chose qu'un nouveau-né à te mettre sous la dent." Répondit joyeusement la petite voix dans son esprit qui ne manquait pas d'humour de si bonne heure le matin. " Ce qui, soit dit en passant, s'était avéré faux la dernière fois que tu me l'as dit. J'ai dû attendre le lendemain pour manger correctement. Du poisson. Bleuh. "
" Non, je ne... parle pas de ça. Mais c'est toujours valable. " Contra lentement le soigneur en hasardant un coup d'œil furtif au viscache déposé amoureusement près de sa tête. La robe claire du pauvre rongeur était maculée de sang. " Je parlais du fait que je n'avais pas besoin que tu me cherches à manger. "
" Oh arrête tes salades. Tu n'as rien mangé hier soir. " Gronda la petite carnivore, coupant court aux protestations de son maître, " Ton estomac a gargouillé toute la nuit. Mange. "

Son dîner au Dos de la Fourchette l'avait invité à mettre les petits plats dans les grands. De la façon la plus littérale qui soit. Il n'avait effectivement pas eu grand-chose dans son assiette, bien qu'il ait eu du mal à terminer ce qu'il avait commandé. Une expérience relativement traumatisante sur le plan culinaire.

- J'ai assez mangé hier soir. Marmonna le nomade sans grande conviction.

Sur le coup, il avait été suffisamment distrait pour passer outre la petite taille de son dîner, mais la petite balade nocturne jusqu'à son campement de prédilection lui avait remis les idées en place et, effectivement, il avait bien vite regretté de ne pas avoir demandé s'il était possible d'avoir un peu de pain en accompagnement de son plat.

" Si tu le dis. Mais c'est l'heure du petit-déjeuner maintenant, non ? "

Il n'y avait bien que la Tairakh pour lui proposer de la viande de si bonne heure le matin. Enfin, après tout, si ça ne tenait qu'à elle, il ne mangerait que ça.

Flavien s'assit et se frotta les yeux pour chasser les dernières traces de sommeil de son regard. Il attrapa ensuite le gros rongeur, pour le plus grand plaisir d'Hua, et entreprit de le préparer tout en songeant à ce qu'il allait bien pouvoir faire aujourd'hui. Il n’allait pas gâcher de la nourriture et la Tairakh le savait bien. Le nomade ne mit pas longtemps à raviver un feu pour cuire la viscache et était déjà en train de penser aux endroits qu'il lui fallait encore explorer avant la date d'échéance de son rapport, quand Selmac posa ses deux pattes avant sur sa cuisse pour quémander son attention et qu'il se rappela soudain de Spook et, par association, de la Protectrice qui lui avait donné rendez-vous.

Un rapide coup d'œil à l'horizon lui indiqua qu'il lui restait bien trois heures avant que le soleil ne se lève et Flavien soupira. Il ignorait s'il devait remercier Hua pour sa prévoyance ou non, mais au moins elle lui éviterait d'avoir à courir. Il avait horreur de se presser le matin de bonne heure, c'est pourquoi, paradoxalement, il n'était jamais trop déçu de ne dormir que le minimum vital. Flavien était le genre de personne qui préférait profiter tranquillement de sa matinée, quitte à souvent se lever aux aurores de son propre chef.

Attaquant finalement son petit-déjeuner, la voix à moitié endormie d'Hua grommela quelque-chose à son attention. La petite carnivore s'était faufilée dans son autre cachette favorite après la poche de son manteau, à savoir son capuchon. Roulée en boule au fond du tissu, la Tairakh somnolait déjà à moitié. Si Flavien fuyait le sommeil tout en le regrettant parfois, Hua était du genre à l'embrasser à bras ouverts. La carnivore passait la plus grande partie de son temps à dormir et avait cette capacité incroyable à s'endormir à n'importe quel endroit.

" Mais quand même. Des sources chaudes. Quelle idée. "

Le soigneur sourit tranquillement en continuant son repas.

" Ça doit être un lieu intéressant à visiter. Imagine le nombre d'animaux qui doivent vivre à proximité. J'apprendrais peut-être quelque-chose là-bas."
" Mouais... " Soupira Hua " Compte juste pas sur moi pour piquer une tête. "

Flavien secoua la tête. La Tairakh était de mauvaise humeur pour la simple raison qu'elle avait horreur de l'eau et elle ne se privait pas de le lui faire comprendre. La pauvre créature ne savait pas nager et n'acceptait de se rendre au plus près d'une source d'eau que par amour pour le mage qu'elle suivait comme une ombre. Mais après tout, il était sincère lorsqu'il parlait du lieu encore inconnu. Il était curieux de savoir ce que lui réservaient ces fameuses sources chaudes. Résolument, il continua son repas.


- - - - - - - - - -

Le nomade arriva à l'heure sur les lieux du rendez-vous, sans trop se presser. Il appuya son dos contre un mur, observant un moment les rares voyageurs déjà en route à cette heure-ci qui passaient les portes de la cité, avant de perdre tout intérêt et de laisser son esprit vagabonder.

Léonie ne tarda pas trop à le rejoindre, attendant d'arriver à sa hauteur pour s'excuser de son retard. Flavien ne s'était pas rendu compte qu'il était déjà l'heure, n'étant arrivé sur les lieux qu'une petite demi-heure plus tôt. Plutôt que d'en aviser la Protectrice, il secoua la tête pour signifier que cela ne le dérangeait pas. Ses salutations brèves furent de toute manière bien vite mises de côté au profit de celles de Selmac qui retrouvait avec joie son cadet, ainsi que sa maitresse attentionnée. L'Aitah frotta sa tête contre la jambe de Léonie avec insistance avant de saluer le jeune rescapé d'hier. Il avait l'air en pleine forme, ce qui soulagea grandement le soigneur.

Après un petit échange de banalités pendant lequel Flavien s'assura de prendre des nouvelles de Spook, ils se mirent en route sans plus tarder, le soleil levant les accompagnants sur leur chemin.

La route était loin d'être escarpée mais Flavien peinait un peu à suivre le rythme que semblait s'imposer la jeune femme. S'il avait calé son pas sur le sien en début de parcours, il s'était vite retrouvé à devoir accélérer le temps de quelques foulées pour arriver à son niveau. Le soleil n'était pas levé depuis longtemps mais il faisait déjà assez chaud pour la saison et si les températures ne le dérangeait en général pas vraiment, il remercia silencieusement les Créateurs lorsque Léonie remarqua qu'il peinait à avancer à son rythme, modérant sa cadence. Il aurait pu utiliser son don pour récupérer davantage et ne pas ralentir leur progression, mais il n'avait pas fait appel à Möchlog pour son propre compte depuis de longues années et n'allait certainement pas recommencé pour une chose aussi futile.

Trouvant finalement un rythme qui leur convenait à tous les deux, ils avançaient tranquillement vers leur destination. Comme souvent lorsqu'il voyageait, Flavien avait fait abstraction de la personne qui marchait en sa compagnie, se focalisant plutôt sur les environs et sur Selmac qui courrait résolument devant eux sans savoir où exactement ils se rendaient. Il avait pris l'habitude de marcher sans but précis, toujours en appréciant la nature autour de lui. Ils avaient pris un chemin sur lequel il ne s'était encore jamais engagé, l'incitant à balader de part et d'autre. Il observait curieusement les alentours, aussi la question de Léonie le pris un peu de cours.

Avait-il une préférence en ce qui concernait les espèces animales ?

- Je m'intéresse à la faune d'Irydaë dans son intégralité, Répondit-il platement, Je n'ai pas cherché à me spécialiser dans un soin particulier.

Bien souvent ses réponses par défaut étaient teintées d'un détachement assez irritant pour qui ne le connaissait pas bien. Les automatismes avaient la vie dure, d'autant plus lorsqu'on évitait au maximum les interactions trop prolongées avec sa propre espèce. La discipline dans laquelle il avait baigné depuis sa naissance en avait fait quelqu'un de pragmatique à outrance. Comment un Adepte d'Orshin pourrait-il avoir une préférence. ça n'avait aucun sens aux yeux d'un disciple de Möchlog tout ce qu'il y a de plus terre à terre.

Ses deux Architectes, pour autant qu'il les aime du même amour, portaient des enseignements bien différents. L'un rappelant l'ordre des choses, l'autre l'invitant à penser hors d'un cercle prédéfini. Il baissa les yeux, troublé, et prit le temps de réfléchir sincèrement à la question, plutôt que de chercher à couper court à la conversation.

- Mais... Je dois avouer que j'ai beaucoup d'affection pour les créatures ailées. Les oiseaux, bien sûr, mais pas seulement. Les espèces capables de voler, qu'elles soient utilisées comme monture ou non, sont absolument fascinantes, vous ne trouvez pas ?

Sans attendre une réponse de Léonie, il continua sur sa lancée. Hésitant dans un premier temps, plus franc à la fin de son plaidoyer.

- Le monde leur appartient. Ils peuvent se rendre où ils le désirent, quand ils le désirent et aucune frontière ou presque ne saurait leur faire rebrousser chemin. Être capable de parcourir les cieux en toute liberté est vraiment une sensation exceptionnelle. Les Dragons sont de nobles et loyales créatures, bien sûr, mais je trouve les Ovchins particulièrement intéressant. Ses yeux verts s'éclairèrent un peu à la mention de ces rapaces que beaucoup estimaient être de mauvaise augure. Ils ont un sixième sens très développé, je trouve ça absolument captivant.

Capables de prédire les plus grandes tragédies de ce monde, on ne pouvait que craindre pour sa vie lorsqu'un Ovchin vous accordait un peu trop d'attention.

- Et vous ?, Retourna-t-il après une légère hésitation, Pourquoi un Aitah ? Vu votre profession, un chien aurait été plus accommodant... Peut-être même un Nokhoi, vu que vous habitez Busad.

Moins docile qu'un simple chien, les Nokhois étaient pourtant d'excellents compagnons de route, surtout dans une région désertique à souhait. D'ailleurs, là où Selmac s'était résigné à grimper sur son épaule pour se reposer, Aquila qui trottinait à côté de lui était toute à fait dans son élément parmi l'absence de végétations. Plus que lui, c'était certain.

Au bout de plus d'une heure de marche, ils aperçurent enfin les premiers signes de vie dans le désert. Une sorte d'oasis composé d'une source d'eau autour de laquelle poussaient des végétaux avides d'humidité les attendait à bras ouverts. Selmac, repérant le plan d'eau, n'hésita pas à se lancer de l'épaule du soigneur pour aller boire à la source et se rafraîchir. Aquila lui emboita le pas, moins pressée mais tout aussi intéressée par l'eau fraiche gracieusement disponible.

Léonie lui indiqua qu'ils ne se trouvaient plus très loin de leur destination, lui demandant s'il souhaitait faire une halte avant de continuer leur route vers les montagnes. Un rapide coup d'œil à Selmac qui s'étalait de contentement devant le plan d'eau lui suffit à accepter la proposition.

- Faisons une pause, le temps de nous désaltérer.

Ils s'installèrent près de la source, Flavien récupérant un peu d'eau pour la passer sur son visage. Les petits animaux qui avaient fait de ce lieu leur repère partirent se réfugier dans l'ombre des végétaux, surveillant attentivement les nouveaux arrivants. Seuls les moucherons, moustiques et autres insectes ne semblaient pas s'inquiéter de la présence de ces drôles de visiteur. Ils volaient autour d'eux sans se soucier de leur voler dans le visage ou non. Chassant d'une main les insectes un peu trop envahissant, Flavien marmonna quelque-chose dans sa barbe.

- Les créatures ailées à l'exception des insectes...

A ses côtés, Selmac avait pris pour cible une mouche au bourdonnement un peu trop insistant et s'apprêtait à la prendre en chasse. Malheureusement pour l'Aitah, le produit que son maître avait appliqué sur son pelage alertait l'insecte de l'arrivée du félin cornu qui ne comprenait pas comment l'insecte pouvait le sentir venir malgré toutes les précautions qu'il prenait. Le feulement irrité de Selmac qui ratait son coup pour la deuxième fois manqua de le faire sourire. Il était peut-être frustré sur le coup, mais au moins cela lui éviterait d'avoir à soigner une forme d'eczéma qu'il pourrait contracter à partir d'une piqûre d'insectes.

Son regard glissa sur Spook et il remarqua que lui aussi ne semblait pas avoir à s'inquiéter de la présence d'insectes tout autour d'eux.

- Vous avez préparé le répulsif, à ce que je vois.


« De toutes les créatures d'Orshin, seuls les êtres humains me terrifient. »
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Léonie Morret
Léonie Morret
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[Terminé] Découverte des sources chaudes  EmptySam 24 Fév - 13:21
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Si certains avaient pu s’offusquer d’être ignorés plus ou moins lors de la marche, ce ne fut pas le cas de la protectrice. Léonie avait aussi ce mode de fonctionnement. Chaque fois qu’elle partait en mission, elle était avec des personnes différentes et bien que l’union des protecteurs n’était plus à prouver, le domaine restait très compétitif. Sans rentrer dans un concours puéril de qui avait la plus grosse, pour arriver à ce grade, elle avait appris à ses frais que tous les coups étaient permis –tant qu’ils ne mettaient évidemment pas en danger la population-. Si la jeune my’tränne avait choisi de conserver sa philosophie de vie et de sympathiser avec ses collègues, elle n’en restait pas moins méfiante et d’aucune façon intime ou proche. La courtoisie de politesse simplement –un peu plus quand même puisqu’il n’était pas rare de la voir aider, ou remplacer un autre protecteur-. De ce fait, la jeune femme ne venait en rien contester ou démontrer un agacement de ce comportement, bien qu’elle prenait conscience que pour une sortie entre –deux individus dont la relation n’était pas définie- le comportement n’était pas forcement adapté. Partant du principe que si cela ne dérangeait ni l’un, ni l’autre, cela ne pouvait être néfaste, elle n’en dit, certaine que tout finirait par se dénouer tout seul. Exactement comme le repas de la veille. Formulant une question dénuée de toute curiosité, mais bien fondée sur l’envie de faire un brin de conservation, d’apprendre à connaître celui qui de base, lui avait fait très mauvaise impression. La réponse tira un léger soupir à la protectrice, qui sans être agacée par ce détachement si particulier, ne savait plus du coup, si son initiative avait été bien prise ou au contraire avait dérangé son interlocuteur.

Tournant légèrement la tête, elle n’eut heureusement pas vraiment le temps de formuler son incompréhension. L’homme semblait prendre le temps de réfléchir, action qui tira un sourire à la my’tränne qui dans un regard plutôt bienveillant se sentait flattée qu’il accepte de se poser réellement sur la question. Abandonnant son centre d’attention de Flavien, Léonie avisa les différents familiers de l’homme, difficile de croire qu’un homme solitaire pouvait autant s’entourer. D’autant plus qu’il n’était pas bavard, l’était-il plus avec eux, ceux avec qui elle-même était incapable de communiquer. La voix de Flavien avait tiré la jeune femme de sa réflexion. Naturellement, elle avait reporté toute son attention sur lui, tout en poursuivant cette marche un brin plus lentement que son rythme habituel. C’est un froncement de sourcil à peine perceptible qui anima le faciès de la protectrice, comme-ci sa réponse venait de lui permettre de faire le lien avec un autre élément. S’il était aussi fasciné que ça par les créatures ailées, dont les dragons, cela expliquait un peu la réaction extrême qu’il avait pu avoir face à son Gharyn. N’était elle-même pas beaucoup trop excessive quand quelqu’un touchait à Spook ?  

Un fin sourire était venu étirer ses lèvres, alors qu’une nouvelle fois, son regard délaissé l’homme ressemblait trait pour trait à Herald pour surveiller son petit Aitah qui tentait avec beaucoup de mal de suivre la cadence de Selmac. C’était une certitude, sans qu’une raison flagrante soit à noter, elle pourrait se montrer beaucoup moins conciliante vis-à-vis de toute personne ayant l’intention de faire du mal à son animal. Avec les autres ? Elle était incapable de le dire. Dans son esprit il n’y avait pour l’heure, que Spook. SON Spook. Les pas de la my’tränne se stoppèrent un instant, tant la surprise de l’animal fétiche de Flavien la marqua. Après une pause très légère de quelques secondes à peine, elle avait repris sa marche avec ce petit air amusé sur le visage. Savait-il que Zaël possédait un Ovchins ? Et que le lien entre le Primo-Gharyn et l’animal était très fort ? Peut-être qu’avec cet élément, l’homme serait en mesure d’offrir le bénéfice du doute à son dirigeant ? L’idée emballa plus que de raison la jeune femme, qui restait malgré les événements certaine que Flavien ne voyait pas Zaël d’un très bon œil. Le retour de question fut brusque, et bien qu’elle avait beaucoup à dire, elle se contenta de très peu.


- « Pour commencer et pour être honnête, je n’ai pas de passion particulière vis-à-vis des créatures de notre monde. J’ai toujours été… » obnubilé, exclusivement concentré, passionné à l’extrême ? « Très fidèle à mon travail. De ce fait, je n’avais pas l’intention d’avoir à ma charge un être autre que ma petite personne. »

Ce n’était pas égoïste, même si sa formulation maladroite pouvait le faire penser. Léonie n’avait juste jamais ressenti le besoin d’être accompagné et n’était pas réellement certaine d’être en capacité d’apporter suffisamment de confort à un être. De plus, même si elle n’en parlait que rarement de cette façon, elle avait conscience d’exercer un métier à risque. En cas de guerre –et même si elle ne l’admettrait pas officiellement, elle avait conscience qu’elle approchait-, il y avait de très fortes chances qu’elle soit dans le combat et qu’elle y reste. Comment en sachant tout ça, pouvait-elle laisser quelqu’un d’humain ou d’animal s’attacher ?

- «  Pour Spook, c’était un peu différent… Je ne l’ai pas choisi, lui non plus d’ailleurs.. » dit-elle avec ce demi-sourire sur les lèvres « Je l’ai trouvé lors d’une mission, tout le monde pensait qu’il était condamné… Je l’ai récupéré et avec l’aide d’un soigneur, je l’ai retapé » le petit animal comprenant qu’on parlait de lui s’était rapproché réclament les bras de sa protectrice «  J’ai voulu le faire adopter une fois en meilleur état, mais dès qu’il était éloigné de moi, il se laissait mourir de faim. Chose plutôt étrange pour ce petit ventre sur patte n’est-ce pas ? » elle roula des épaules, attrapant l’animal qui était encore sur le sol « Du coup, j’ai fini par le garder, mais la cohabitation n’était vraiment pas évidente au début. »

Le terme était bien loin de la réalité. Pour comprendre il faut imaginer une femme qui ne vit que pour son boulot, qui ne rentre pas, qui oublie elle-même de manger/dormir par faute de temps, ajouter à cela un soupçon de poudre d’un animal qu’elle oublie un peu partout et vous obtenez un mélange explosif de complications. Se pinçant la lèvre inférieure, la my’tränne ne termina pas son explication, n’ajouta rien de plus, préférant se concentrer sur la merveilleuse Oasis qui se dessinait devant eux. Léonie n’était de toute façon, pas une femme qui se confiait beaucoup, il était complexe d’obtenir sa pensée profonde. Généralement, elle se comportait comme une protectrice parfaite devait se comporter, mais ce n’était pas forcement elle, sa vraie elle. Quoi qu’il en soit, le duo et sa multitude de compagnons à poils –ou pas- avaient fini par faire une pause dans l’oasis, se faisant allégrement attaquer par les insectes. Léonie l’avait prévenu à juste titre de ce désagrément. Spook avait délaissé sa protectrice pour s’approcher de l’eau, tentant autant que possible de faire tomber ses compatriotes à proximité dans la substance liquide. Puis, tout comme les humains, il avisa la chasse à la mouche qui ne semblait guère prometteuse. Affichant un sourire un peu taquin, Léonie ne put s’empêcher de révéler sa pensée et son amusement :

«  Toutes les créatures d’irydaë, c’est toutes les créatures, même les moins agréables » souligna-t-elle avec un regard un brin pétillant de malice « Peut-être qu’on devrait aussi se mettre du répulsif » rajouta-t-elle perplexe.

À son tour, elle tenta d’éloigner quelques insectes ailés d’un geste de la main, puis d’un autre, avant de se résoudre comme souvent à lâcher l’affaire. Ses deux perles bleutées détaillaient son interlocuteur avec cette incertitude, ce questionnement au fond des yeux. Même si Léonie était une adepte dans le fait de prendre la vie comme elle venait, sans trop se poser de questions. Malgré ça, elle ne pouvait s’empêcher de s’interroger sur cet individu bien différent de ceux qu’elle avait rencontrés jusque-là. Pas le temps cependant de s’attarder sur la question, puisque Selmac entamait un petit jeu très amusement pour tous –sauf pour la principale intéressée-. Léonie laissa échapper un petit rire, avant de se reconcentrer simplement sur Flavien qui venait de lui adresser la parole. Tendant légèrement ses jambes, s’étirant les bras, elle tenta de camoufler sa gêne vis-à-vis de cette évidence. Oui, elle avait préparé le tout –avec de l’aide- et elle ne savait pas vraiment comment lui offrir ceux qu’elle avait préparés à son attention.

- « Oui ce matin » répondit-elle simplement sans argumenter davantage

Son regard abandonna une nouvelle fois son interlocuteur pour se fixer sur les mouvements de l’eau. Très léger, furtif, certainement provoqué par les quelques poissons qui peuplaient l’endroit. Se pinçant les lèvres, Léonie réalisa qu’elle n’avait même pas évoqué la monture de Zaël.

- «  Saviez-vous que Zaël possédait un Ovchin ? » dit-elle alors que ses deux perles océans l’avisaient une nouvelle fois «  Si vous le souhaitez, je suis certaine qu’il acceptera de vous le montrer. Ils ont une relation particulière. » Elle détourna le regard observant à présent Spook « Vous ne l’appréciez vraiment pas, Zaël ? »questionna-t-elle dans une lucidité et une voix plus douce.

Même si la jeune femme n’en touchait que rarement un mot à qui que ce soit, la réputation de son Gharyn l’inquiétait énormément. Elle n’entendait que rarement du bien de lui et ne comprenait pas comment une simple différence d’opinions sur le pacifisme pouvait être à ce point sujet à des reproches. Il y avait eu cette réunion avec le peuple, puis d’autres faits et maintenant cette histoire d’œuf et d’oiseaux de pierre. Comment les êtres pouvaient le tenir responsable pour tout ceci, il n’était qu’un humain, peu importe le titre, il ne pouvait guère faire de miracle ou contrôler l’environnement. D’un geste de la main, elle avait fini par balayer l’air, préférant simplement éviter de montrer une possible fragilité et une surimplication vis-à-vis de son Gharyn.

- «  Peu importe. J’ai quelque chose pour vous. Enfin, vos compagnons. » Elle attrapa son sac qui était à ses côtes et extirpa plusieurs petites boites des mélanges, qu’elle lui tendit «  C’est pour vous, c’est votre recette scrupuleuse suivie à la lettre. Mère et moi avons embaumé l’habitation et j’ai de très sérieux doutes sur le fait que l’odeur va partir rapidement. »

Elle offrit un sourire, tendant les récipients jusqu’à ce qu’il récupère le tout, ensuite, elle extirpa sa gourde de son sac pour venir récupérer un peu d’eau afin d’en boire une gorgée. À son tour, elle prit du liquide dans ses mains, formant un ovale pour l’occasion et s’humidifia le visage, si l’eau n’était pas complètement fraîche, elle n’était pas non plus particulière et ce fut plutôt agréable. Se redressant un peu, elle s’étira une nouvelle fois avant de récupérer le tout.

- « Nous devrions avancer, nous avons bien encore une bonne heure de marche. J’espère que vous n’avez pas trop mal aux jambes ? » elle s’abaissa un peu pour aviser les créatures «  Et vous non plus ! »

Se redressant elle avait décroché un semblant de sourire à Flavien, l’écoutant attentivement en cas de réponse, ou de discussion plus poussée.  

- «  Si ça ne vous dérange pas, je serais curieuse de connaître votre rencontre avec vos compagnons ? »

Toujours la même façon d’agir, faire parler l’autre pour éviter de parler elle-même en avait-elle à son goût suffisamment raconté sur sa petite personne.


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Flavien Teleri
Flavien Teleri
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[Terminé] Découverte des sources chaudes  EmptySam 24 Fév - 18:10
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Ainsi la jeune femme avait adopté son petit animal de compagnie par un coup du sort. Elle lui avait sauvé la vie (Bien sûr qu'elle lui avait sauvé la vie, au courant d'une mission en plus de ça. La bienveillance des natifs de Busad n'avait-elle aucune limite ?) et Spook, certainement très jeune à l'époque, s'était pris d'affection pour elle. Au grand désarroi de Léonie. Elle s'était assez vite résignée à garder le petit animal malgré les contraintes de sa vie bien active, ne supportant pas de le voir se laisser dépérir lorsqu'on l'éloignait de sa figure d'attachement malgré elle. D'ailleurs Spook, en bon Aitah malin, se hâta de quémander les bras de Léonie lorsqu'il comprit qu'elle parlait de lui. Evidemment, la Protectrice l'accueilli à bras ouverts. Il était clair que si les débuts de leur cohabitation n'avaient pas été simples, ils formaient une équipe inséparable désormais. Léonie s'inquiétait beaucoup pour son compagnon à quatre pattes et la petite créature qui se lovait désormais dans ses bras le lui rendait bien, malgré les frayeurs qu'elle lui causait.

- Il sait qu'il peut compter sur vous, même si ça n'a pas dû être facile.

Flavien sourit en coin, amusé sans être moqueur. Il savait combien les Aitahs avaient tendance à s'attirer des ennuis. Le dépassement qui colorait la voix de Léonie, il l'avait expérimenté assez de fois pour éprouver une sorte d'empathie pour la Protectrice.

- Les jeunes Aitahs demandent presque autant d'attention qu'un nourrisson... Voire peut-être même plus. Les bébés humains, eux, ne sont pas connus pour filer à toute vitesse dans la direction opposée sans aucune raison, après tout.

Leurs voyage les conduisit jusqu'à une source d'eau stagnante où Flavien entrepris de chasser les mouches avec autant d'efficacité que son Aitah. Le petit commentaire de Léonie, en réponse à sa remarque lancée en l'air, lui fit hausser un sourcil. Elle plaisanta doucement, lui rappelant qu'il ne pouvait pas revenir sur ses dernières paroles : il lui faudra accepter de compter parmi ses créatures préférées le collectif de ces insectes envahissants.

Flavien observa Léonie, l'air désabusé, laissant parler pour lui la multitude d'insectes qui bourdonnaient près de ses oreilles et semblaient très intéressés par l'idée de se poser sur le perchoir vivant qu'il constituait. Un ange (ou plutôt une nuée de moucherons) passa comme pour donner matière à son plaidoyer, et l'air sérieux de Flavien fit place à un léger sourire à la remarque de la My'tränne qui proposait d'utiliser le répulsif à leur compte. Malheureusement la préparation n'était pas très bien supportée par une peau humaine fragile, et appliquer le répulsif sur leurs vêtements reviendrait à les tacher pour toujours.

Un miaulement irrité incita le soigneur à jeter un coup d'œil surpris à Selmac qui venait malencontreusement de plonger sa tête dans l'eau en négociant très mal un saut. L'échec fut cuisant pour la petite créature qui avala une belle gorgée d'eau plutôt que de gober la mouche tant convoitée. Selmac grogna, ses grands yeux assassinant l'insecte responsable de son malheur, et lui fit volte-face pour bondir sur l'épaule de son maître à la recherche d'un soutien moral. Flavien, indulgent, passa une main sur le dos du félin, le sermonnant doucement lorsqu'il foudroya du regard Aquila qui venait d'avaler trois moucherons simplement en baillant. La Nokhoi avait la peau dure, Flavien lui avait donc épargné le répulsif.

Spook peinait lui aussi à attraper quoi que ce soit. Léonie avait bien appliqué un peu de répulsif pour tenir les insectes en respect. L'affirmation de la Protectrice lui valut un petit signe de tête appréciatif de la part du soigneur. Elle s'était plutôt bien débrouillée, vu le résultat.

Leur conversation pris ensuite un tournant auquel Flavien ne s'attendait pas. En effet, Léonie lui demanda soudainement s'il savait que le Primo-Gharyn s'était lié d'amitié avec un Ovchin.

Flavien n'en avait bien sûr aucune idée. Vu leur réputation, il était certain que tout le monde n'avait pas dû avoir de bonnes choses à dire sur le fait qu'un souverain préfère à un noble destrier le représentant d'une espèce annonciatrice de tous les maux, mais il ne pouvait pas dire qu'il était au courant de cet étrange détail. Il ne prêtait jamais vraiment attention aux rumeurs et à moins que quelqu'un lui en parle directement, il n'écoutait pas les ragots. Prêter attention à la rumeur lui donnerait l'impression de prendre part à une histoire qui ne le concernait pas et se sentir concerné par quelque-chose était le premier pas à faire pour se retrouvé lié à une région particulière.

Léonie continua en disant que Zaël serait sans doute ravi de lui présenter son Ovchin. Bien sûr qu'il le serait, sans aucun doute. Il n'avait vu le Gharyn que l'espace de quelques heures et il avait déjà pu prendre l'ampleur de la bienveillance qui guidait ses actes, entravée tout de même par son statut de régent. Presque candide, le Primo-Gharyn rêvait de l'union des peuples sans réaliser que même les meilleurs sentiments ne pourraient jamais rassembler sous le même étendard des populations aussi diverses. Pas après tout ce qu'Irydaë avait essuyé comme conflits. Des conflits sempiternels, menés par des hommes et des femmes qui n'avaient d'éternels que leurs désirs de plier le monde à leur volonté... Des conflits pour la plupart sans intérêt, qui meurtrissaient la terre et les créatures d'Orshin. Evidemment qu'un souverain comme Zaël n'allait pas avoir un règne facile. A force d'accorder une telle confiance à ses prochains, il finirait par être pris pour une cible facile. Bienveillance exacerbée ou naïveté, Flavien avait encore bien du mal à trancher.

La Protectrice avait dû lire quelque-chose sur son visage car, d'une voix douce, elle lui demanda s'il n'appréciait vraiment pas l'homme qu'elle avait l'air de porter en haute estime.

Pris de cours, il ne savait quoi répondre. Le ton était doux, mais indéniablement sérieux. La question était loin d'être anodine pour la jeune femme, et le nomade ignorait si Léonie, vu son désir de vivre assez longtemps pour que ses pas foulent un monde où chacun respecterait son prochain, serait en mesure de comprendre sa vision du monde. Il n'était pas cynique, pas réellement. Fataliste, certainement.

Léonie lui évita de se dépatouiller davantage en secouant la main devant elle pour chasser sa question. Elle avait quelque-chose à lui donner.

Flavien fronça les sourcils, intrigué, et tendit automatiquement les mains pour que la jeune femme y dépose quelques boites en lui expliquant qu'elle avait réalisé quelques pommades et répulsifs à l'aide de ses indications. Elle en avait assez pour elle et Spook et, prévenante qu'elle était, avait pris la peine d'en préparer pour lui. Léonie avait embaumé sa maison des senteurs particulières des décoctions dans le processus, mais elle ne semblait pas lui en tenir rigueur. Il nota distraitement qu'elle évoqua sa mère, pensant par association à la sienne. Il ne l'avait pas vu depuis tant d'années qu'il n'était plus tout à fait sûr de réussir à la décrire correctement si on lui posait la question. Il secoua la tête pour chasser cette pensée nostalgique, rebondissant sur les paroles de Léonie.

- Ah euh... Oui. Il perdait un peu de son éloquence quand il était surpris, et pour le coup la My'tränne l'avait clairement étonné, Si vous aérez bien en soirée, l'odeur devrait disparaitre d'ici demain. Je n'ai pas pensé à le préciser. Je les fabrique en route, alors évidemment...

Il posa les yeux sur les différentes préparations qu'il balançait précautionneusement dans ses mains. Selmac, qui avait fini de bouder, s'approcha pour renifler avec intérêt l'une des boites. Ses oreilles se couchèrent sur sa tête et Flavien, indulgent, sourit doucement lorsque les griffes du petit animal se plantèrent dans son épaule. La pommade pour les plaies était aussi efficace qu'elle sentait mauvais. Et elle était terriblement efficace.

- Merci. Dit-il finalement en inclinant la tête. Pas très sûr de lui, il décida de faire avancer la conversation plutôt que de s'attarder sur le geste de la Protectrice, ça n'a pas été trop fastidieux à confectionner ? La première fois que j'ai essayé de fabriquer un répulsif, mes propres familiers m'ont fui pendant deux jours, malgré des bains à répétition.

Un peu gêné par ce qu'il venait de dire, il décida de ranger les petites boites dans sa besace plutôt que de continuer à raconter ses déboires de novice. Il suivit ensuite l'exemple de Léonie et récupéra un peu d'eau dans sa gourde, puis hocha la tête lorsque la My'tränne lui proposa d'aller de l'avant. Ils avaient encore une petite heure de marche, ce qui n'était plus grand-chose.

Aquila pencha la tête sur le côté, de gauche à droite, écoutant attentivement les paroles de Léonie qui s'adressait presque directement à elle en demandant aux créatures si elles étaient prêtes à reprendre la route. La langue pendante, la Nokhoi répondit en jappant brièvement.

- J'ai l'habitude de marcher, A son rythme, mais tout de même. La marche allait un peu de pair avec sa profession, Allons-y !

Ils reprirent le chemin, s'éloignant de la flopée de moucherons pour le plus grand bonheur de la petite compagnie que la petite pause avait revigorée. L'air était plus respirable maintenant qu'ils se rapprochaient de la montagne, et avec la clémence de l'environnement venait le plaisir de converser simplement. Léonie lui demanda s'il voulait bien partager avec elle sa rencontre avec ses familiers et après tout, pourquoi pas. Elle lui avait bien expliqué comment Spook et elle s'étaient rencontrés, il pouvait lui rendre la pareille. Peut-être même que de lui parler d'Aquila et d'Hua lui permettra de les considérer un peu plus positivement que la plupart des gens avec lesquels il avait l'occasion d'échanger. C'était étrange, mais Flavien avait pour une fois dans sa vie envie que quelqu'un d'autre que lui réalise que la Tairakh qui dormait désormais dans son capuchon n'avait rien du monstre que les légendes promettaient.

Il sourit légèrement à Léonie, toujours partant pour parler de ses familiers si chers à son coeur.

- Si vous voulez. Concéda-t-il. Vous vous en doutez, Aquila vient de la région.

La Nokhoi grogna doucement à l'entente de son nom, levant les yeux vers son maître en attente d'une commande de sa part. Flavien secoua simplement la tête et la reptile résuma son pas.

- Je l'ai rencontré... Ah, il y a six ans de cela, je crois bien ?, Quand on passait sa vie sur les routes, la notion de temps n'était plus trop la même que pour une vie sédentaire, Elle était encore toute petite à l'époque. Elle s'était mise en tête de chasser un Alkhach trois fois trop gros pour elle et elle a failli payer son erreur de sa vie. Je suis arrivé et l'Alkhach a pris peur et s'est enfui en la laissant blessée. Il se renfrogna à ce souvenir. Je l'ai soigné en espérant qu'elle s'en aille, mais elle avait toujours faim et a suivi ma piste jusqu'au campement... J'ai partagé une partie de mes vivres avec elle et elle a continué de me suivre.

Il secoua la tête en se rappelant la façon dont elle gardait ses distances et l'observait avec insistance, une crainte mêlée d'intérêt.

- Nous sommes partenaires de chasse et elle ne me quitte pas d'une semelle dès que je passe dans les Kharaal Gazar. Nous avons appris l'un de l'autre au fil des années... C'est toujours délicat de devoir lui dire au revoir, mais elle est bien plus heureuse en liberté ici.

Pour être parfaitement honnête, il n'aimait pas la savoir seule dans le désert. La Nokhoi était solitaire, mais elle s'était habituée à son petit groupe de compagnons. Il savait bien qu'elle était triste de devoir se séparer de ses amis, même si elle savait parfaitement que les nombreux déplacements de Flavien le conduisaient parfois dans des contrées bien trop froides pour qu'elle puisse le supporter.

Flavien passa une main dans ses cheveux et réfléchi un moment. Hua était plus difficile à présenter que sa Nokhoi. Elle était arrivée dans sa vie plus tard que tous ses autres compagnons, pourtant c'était elle qui avait établi avec lui le lien télépathique le plus fort. Sa nature étrange était assez difficile à cerner. Il n'y avait après-tout pas de belle façon de présenter une Tairakh.

- Hua nous a rejoint il y a deux ans. Je... l'ai repéré parce qu'elle s'attaquait à des ivrognes qui cuvaient leur vin dans une ruelle derrière un bar. Autant énoncer les faits clairement. Il lança un regard à Léonie, attendant de voir s'il pouvait poursuivre son récit ou si elle allait l'interrompre, répondant à son éventuelle question avant de poursuivre. Je lui ai proposé de partager ses repas avec moi plutôt que de s'attaquer à de pauvres citoyens et depuis elle m'accompagne partout où je vais.

Le soigneur soupira, conscient qu'Hua n'était pas la plus facile à cerner, même pour lui.

- Elle n'est pas aussi violente que le raconte les mythes qui circulent au sujet de son espèce. Les Tairakh ne ciblent pas les bébés, ni ne cherchent à faire régner la terreur dans le cœur des populations. Elle aime plaisanter sur le sujet, mais elle n'est pas aussi mauvaise qu'on veut bien le croire. Il était sincèrement affligé par le mouvement de recul qu'il pouvait soudent observer de la part des autres, dès lors qu'ils voyaient qu'il voyageait avec un Tairakh, Ils ne sont pas plus dangereux que d'autres carnivores qui partagent nos vies.

Il haussa un sourcil, clairement intéressé par ce que Léonie pouvait bien avoir à dire sur le sujet. Que pouvait-elle bien avoir à répondre à ça ?

Finalement, son regard se porta sur Selmac qui avait quitté son épaule pour courir joyeusement sur le sentier où les végétaux reprenaient enfin leurs droits. L'Aitah s'amusait follement, s'éloignant de quelques mètres, tournant en rond le temps de les attendre, et recommençant le même manège encore et encore. Le petit animal débordait toujours autant d'énergie, ce quel que soit l'environnement auquel il avait affaire, du plus hostile ou plus clément. Ils n'échangeaient pas souvent par télépathie, tous les deux, et pourtant il était son plus vieux compagnon. Cela ne voulait pas dire qu'ils s'évitaient, bien au contraire. Ils semblaient se connaitre si bien qu'aucun mot n'était nécessaire entre eux, Selamc comprenant bien souvent Flavien avant même qu'il n'ait besoin de dire quoi que ce soit.

Comme s'il se sentait concerné, Selmac se percha gracieusement sur son épaule. Passant une main dans son pelage, il se remit à parler, sa voix beaucoup plus basse d'avant. On aurait dit que le sujet le mettait mal à l'aise. C'était effectivement le cas.

- Selmac m'a toujours accompagné sur ma route. Il m'a suivi à mon départ de Valvonta et a catégoriquement refusé de me laisser seul. Je n'avais pas encore ouvert mon cœur à Orshin à cette époque, aussi je ne comprenais pas la raison de son entêtement. Il est celui qui me connait le mieux. Je... je ne sais simplement pas d'où il vient...

... Ni à qui il avait appartenu. Flavien laissa retomber sa main à ses côtés et soupira. Selmac frotta sa tête contre sa joue, roucoulant faiblement.


« De toutes les créatures d'Orshin, seuls les êtres humains me terrifient. »
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Léonie Morret
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[Terminé] Découverte des sources chaudes  EmptyDim 25 Fév - 10:35
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Comme souvent, les deux prunelles de la protectrice détaillaient son interlocuteur, offrant un sourire rassurant à Flavien. Comme pour s’excuser de sa question qu’elle plaçait dans la catégorie des maladresses. Attentive, elle opina simplement de la tête à son questionnement, ne faisant guère attention à son remerciement, n’était-ce pas elle qui devait le remercier et non l’inverse. Son geste n’était pas réellement un cadeau, mais bien une manière physique, restant dans le temps, de lui montrer qu’elle lui était reconnaissante de son aide. Léonie prit le temps de réfléchir à l’interrogation, est-ce que cela avait été complexe, est-ce qu’elle avait pris plaisir à le faire ? Mh. Dans le fond, même si elle ne l’avouerait jamais, l’action lui avait permis de passer du temps avec sa génitrice chose extrêmement rare. Finalement, elle se contenta d’hausser les épaules, de manière un peu lasse, un peu perplexe avec dans l’idée certaine d’éluder le tout de manière visible. Elle changea d’avis au dernier moment, laissant entendre sa voix tout aussi calme qu’à son habitude.

- «  J’avais une bonne recette, c’était difficile de se tromper.. Vous m’aviez tout expliqué alors… » elle se mordit la lèvre «  Et puis, je crois que ma mère a fait plus de la moitié du travail» elle fut un peu gênée par l’anecdote, ne sachant pas comment le gérer dans la conversation « Je promets de prendre plus d’un bain pour me retirer l’odeur que… je semble avoir ?. »

Sa dernière phrase était une question sans vraiment l’être, ne sachant pas si l’anecdote était un petit pique vis-à-vis de la potentielle odeur émanant de sa personne ou simplement de la volonté de son interlocuteur à s’ouvrir. N’ayant aucunement l’habitude d’échanger de manière privée, ne savait –elle évidemment pas comment gérer ce genre de situation. Proche de l’eau, elle se contenta de s’humidifier le visage avec le liquide tempéré avant de pivoter vers Flavien. La protectrice avait dû se maudire intérieurement, comment avait-elle pu douter une seule seconde du voyageur, comme-ci la marche n’était pas la méthode de progression de prédilection de ces explorateurs. Lâchant un soupir, elle dut laisser entrevoir une légère rougeur sur ses joues, gênée, une nouvelle fois de sa maladresse. La jeune femme se contenta d’opiner, simplement. Prenant la direction des montagnes les plus proches, dont les hautes pointes pouvaient déjà être perçues au loin. S’adaptant au rythme de son compagnon de route, la my’tränne fut très attentive au récit de Flavien. Elle s’était d’abord concentrée sur la Nokhoï, surprise d’apprendre qu’en réalité, elle n’était qu’avec eux lorsqu’il venait dans la région. Spontanément sa phrase s’était extirpée de ses lèvres :

- «  Cela signifie que vous venez souvent dans le coin ? »

Sa voix était naturellement montée très légèrement dans l’aigu, comme à chaque fois que c’était une phrase non réfléchit qu’il n’y avait pas de filtre, pas de réflexion d’ailleurs et immédiatement elle en fut gênée. Aquila lui faisait de la peine, un peu, du moins ne pouvait-elle pas s’imaginer abandonner Spook un temps pour visiter d’autres lieux. Elle fut cependant touchée, par la considération qui le soigneur portait à ses animaux, puisqu’au-delà d’écouter le manque d’une absence, il privilégié le bien-être de l’animal. Abandonnant définitivement la présence désagréable des moustiques, moucherons et autre joyeuseté volonté, la my’tränne sembla légèrement plus apaisée, légèrement plus attentive, plus à l’écoute –bien qu’elle l’était déjà beaucoup-.  La suite des présentations sembla tout autant interpeller la protectrice qui ne put retenir un bruit de déglutition quelque peu prononcé. Léonie n’avait jamais eu une éducation amenant à porter un jugement, que ce soit sur les Hommes, ou les bêtes. Elle avait toujours cet état d’esprit de neutralité, qu’elle tenta d’appliquer une nouvelle fois. C’était la première fois qu’elle voyait cette espèce, bien qu’évidemment, la réputation de l’animal la précédent, elle savait exactement de quoi il s’agissait. Les détails sur la rencontre n’eurent donc pas comme réaction de la choquer, ou de la troubler et aussi étrange que cela puisse paraître, elle se contenta de hausser les épaules. Prenait-elle certainement l’information pas suffisamment au sérieux, pas suffisamment en considération, à ses yeux, les rumeurs circulantes au sujet de cette race étaient complètement déformées, ce n’était que des ragots exagérés. Ravager un village entier, n’importe quoi. Une nouvelle fois, elle roula des épaules, opinant simplement en direction de Flavien pour l’inciter à poursuivre son récit.

- « Tout ce qui n’est pas compris fais peur » réajusta Léonie dans un logique sans appel « Je dois avouer que la ranger de petites dents bien pointues m’impressionne toujours. Que ce soit chez l’une ou chez l’autre. »

Elle parlait évidemment des deux carnivores, ayant cette naïveté de les mettre sur le même pied d’égalité niveau dangerosité. Pas de mouvement de recul, pas de crainte ou de dégoût lisible dans ses yeux. Non. Léonie de par sa profession était témoin de bien des horreurs, beaucoup trop, et avait cet esprit de recul bien trop ancré pour qu’elle laisse percevoir le moindre voile de sentiments ou d’expressions sur son visage. Un sourire néanmoins toujours présent, elle avisa au loin le début de végétation visible dévoilant la présence de source aqueuse. Cependant, il allait falloir traverser un petit sentier et s’enfoncer dans la montagne pour accéder à un petit coin de paradis très particulier. Elle n’en dit cependant rien, se contentant de pivoter très légèrement pour prendre la bonne direction. Toujours aussi à l’écoute de Flavien, la my’tränne opina, comprenant que l’histoire liant son dernier compagnon et lui-même était voilée par l’oubli et sans qu’il n’en dise rien, que ce ne soit même possible, elle crut y voir une forme de tristesse, de nostalgie. Soucieuse de respecter l’intimité de chacun, et d’accepter le fait que l’homme n’avait sûrement pas envie de parler de cette perte –dont il ne devait avoir que des échos, mais aucun souvenir-, elle ne releva pas.

- «  Je comprends » se contenta-t-elle de formuler «  Je vous admire, gérer autant d’êtres vivant me semble… un peu surréaliste pour tout avouer. Je serais morte d’inquiétude en permanence avant d’avoir le temps de dire ouf. »

C’était sincère et spontané, Léonie s’inquiétait en permanence pour son petit protégé –qui était venu pour le trajet s’installer autour de son cou et roupillait de manière particulièrement bruyante-, alors imaginer devoir gérer potentiellement plusieurs Spook, ça lui donnait le vertige. Prenant une respiration, avisant le sentier se renfermant se fermant complètement alors qu’il pénétrait à l’intérieur de la montagne, elle crut bon de l’informer d’un élément.

- «  Nous allons devoir nous mouiller pour y accéder. » Souffla-t-elle «  De l’eau jusqu’au bassin environs et ensuite on arrivera à la cavité ouverte des sources d’eau chaude. Je suis certaine que cela va vous plaire »

Ça elle n’en doutait pas une seconde, l’atmosphère là-bas était très particulièrement, apaisante, intime et surtout regorgée de petite créature à l’apparence agréable qu’on ne retrouvait certainement qu’ici. Avec du calme et de l’observation, ils pourraient très certainement observer le tout. Baissant la tête pour s’engouffrer dans une ouverture de l’imposant amas de pierres formant la montagne, elle montra d’un petit signe de tête le filet d’eau formant un minuscule ruisseau s’engouffrant à l’intérieur. Plus loin, une ouverture ovale lui permettait de voir l’eau dont la profondeur arrivait potentiellement au bassin. Léonie n’avait pas imaginé une seconde qu’il puisse avoir peur de la substance aqueuse et n’avait d’ailleurs noté aucune crainte.

- «  Plus loin, il y aura de nouveau un sentier hors de l’eau et puis, enfin la source chaude… Dont l’ouverture au-dessus de nos têtes nous permet de voir le ciel. Vous allez voir, c’est… »

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Elle se contenta de secouer lentement son visage, laissant sa chevelure se placer dans un méli-mélo de n’importe quoi. Vérifiant que Spook était bien en équilibre, elle descendit lentement la petite descente menant à l’eau et s’y engouffra. Elle frissonna légèrement, pour le coup, la température ici était plutôt froide –pour elle et son habitude en température beaucoup plus haute-. Comme elle l’avait évoquée plus tôt le liquide ne dépassait pas sa taille, elle arrivait même plutôt en haut de ses cuisses.  Progressant dans une obscurité plus prononcé sur les environs dix mètres de trajet, dont les seules sources de luminosité étaient les extrémités de cette petite grotte. Elle reprit naturellement la parole, sa voix résonnant un peu à cause de la cavité ovale.

- «  Vous avez dû souvent être surpris lors de vos voyages…. La nature regorge toujours d’élément nouveau, dont la beauté dissimulée ne peut en être que plus agréable à regarder, savourer. » Elle roula des yeux, trouvant sa phrase un brin trop sentimentale pour elle «  Enfin, au moins, vous connaîtrez le lieu et vous pourrez vous y rendre selon votre bonne volonté. »

Spook avait fini par ouvrir un œil, baillant toute dent dévoilée, il avisa l’eau où progressait Léonie ronchonna dans un roucoulement de mécontentement puis attendit qu’enfin elle retourne sur la terre ferme pour descendre. Devant eux, cette fois-ci se dressa une grotte ouverte au-dessus de leurs têtes, ne laissant entrer que les rayons de l’astre. Au centre de cette merveilleuse cavité se trouvait tout en rondeur une étendu d’eau qui elle-même en son centre, possédait un petit amas de terre. La végétation était soudainement omniprésente, arbres, fleurs, odeurs agréables. Tout ici relevait de l’irréaliste. Observant du coin de l’œil Flavien qui découvrait l’endroit pour la première fois, elle le laissa savourer l’instant se contenta de s’éloigner pour trouver un petit coin proche de l’eau pour s’installer. Après plusieurs longues minutes de silence ou la jeune femme était restée très respectueuse de l’observation du voyageur, elle reprit la parole expliquant :

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- «  Les couples viennent souvent ici, pour des raisons évidentes… Les personnes souhaitant reproduire le lieu aussi, enfin, il est plutôt fréquenté par les habitants des villes et villages environnants. Je ne garantis donc pas une tranquillité pour la journée » souffla-t-elle

Léonie venait de terminer d’étendre deux longs morceaux de tissu sur le sol, observant l’intérieur de son sac ou elle découvrit des boîtes qu’elle n’avait absolument pas glissé. Elle soupira en prenant conscience que sa mère avait dû faire en plus des remèdes, de quoi grignoter pour le duo. Roulant des yeux de manière beaucoup plus prononcés, passablement agacée même par cette intrusion dans ses préparations, elle se contenta de sortir le tout. Une boîte contenait des petits sandwiches divers et variés et l’autre des gâteaux secs. S’installant sur un des tissus qu’elle avait installés sur le sol, elle ne fut pas surprise de voir Spook venir se frotter à elle quémandant visiblement une autorisation.

- « Tu peux y aller, tu ne risques rien ici… Fais attention avec l’homme quand même… C’est chaud, penses-y. »

Le petit animal avait attendu quelques secondes avant de se précipiter sur les sentiers du lieu, courant très vite, en cercle, partant loin puis revenant à toute vitesse. Il semblait complètement épanoui ici. Curieuse, elle avisa les différents compagnons de Flavien, cherchant à savoir s’ils appréciaient aussi le lieu, puis elle s’autorisa une question un peu plus personnelle.

- «  Ce n’est pas trop compliqué d’avoir les pensées ou paroles d’autres personnes que ce soit même dans son esprit ? »



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Flavien Teleri
Flavien Teleri
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[Terminé] Découverte des sources chaudes  EmptyDim 25 Fév - 21:42
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Profession : Soigneur itinérant - Guérisseur
My'trän +2 ~ Chimères
Léonie avait le don d'être pragmatique tout en restant parfaitement courtoise, arrachant un petit sourire en coin au soigneur qui la regarda gesticuler en direction d'Aquila, qui ouvrait la voie. La Protectrice s'était armée d'un sourire poli pour expliquer tranquillement que, bien que les dents acérées de ses familiers l'impressionnait, elle savait qu'elle n'avait pas assez de connaissance dans le domaine pour que son jugement sur la question soit valable. Elle ne se permettrait pas de les catégoriser simplement à partir des nombreux aprioris qui pouvaient exister sur leur espèce, ce qui démontrait une grande maturité de la part de la jeune femme. Rares étaient les personnes capables de se distancier à ce point de toute forme de ragot. Flavien en était bien conscient, il avait lui-même tendance à mettre tout le monde dans le même panier jusqu'à ce qu'on lui prouve le contraire.

Le sol sablonneux fit progressivement place à un sentier rocailleux, pour le plus grand bonheur de Selmac qui en avait raisonnablement assez de s'enfoncer légèrement dans le sol à chaque pas. La surface plus solide lui permettait désormais des pointes de vitesse qu'il ne pouvait réaliser alors qu'ils parcouraient les plaines désertiques. L'Aitah, qui trouvait son bonheur dans les plus petits détails, repris du poil de la bête, n'arrêtant ses allers et venues frénétiques à l'entente de son nom. Sautant sur l'épaule de son maître qui avait tellement l'habitude de ce manège qu'il reculait à peine sous la pression, il l'écouta parler de lui.

Selmac savait combien Lize était un sujet délicat pour l'homme qu'il avait choisi d'accompagner partout où il allait. La jeune femme avait été happée par un sommeil éternel dans une communauté composée intégralement de mages, son souvenir s'éteignant en même temps qu'elle dans la mémoire de tout un hameau. Seul Selmac se rappelait bien de celle qui l'avait pris sous son aile une froide matinée d'hiver et qui lui avait offert une famille en sa personne. L'Aitah l'avait suivi pendant ses nombreux déplacements, lesquels s'étaient soldés par son installation à Valvonta, il y a de nombreuses années de cela. Elle y était restée par amour, Flavien avait quitté l'endroit pour la même cause. Bien sûr, il ne pouvait pas dire qu'il avait aimé cette inconnue, mais l'idée qu'une personne aussi proche de lui (ou du moins, qu'il supposait avoir été proche de lui) puisse être oubliée de tous, lui était difficile à accepter.

Tout ce qu'il avait souhaité en quittant Valvonta, c'était remettre les écrits de la défunte à ceux à qui elle devait certainement manquer. Les années passées à explorer My'trä et les terres voisines sans succès, à rencontrer des Hommes et des Mages plus intéressés par leur petite personne que la Vie elle-même, l'avait peu à peu écarté de son objectif initial.

Léonie glissa doucement qu'elle comprenait ses tourments, l'incitant à relever les yeux sur la Protectrice tranquille qui marchait à côté de lui. Habillement, elle se lança dans une tangente, sans l'interroger, sans rien attendre et surtout sans chercher à creuser ce qui pouvait bien le réduire au silence alors qu'il avait jusqu'à présent fait l'effort de continuer la conversation. Avec une petite pointe d'humour, elle avoua qu'avoir à sa charge autant de familiers lui causerait des cheveux blancs bien avant l'heure.

Flavien secoua la tête, amusé malgré lui par les dires de la Protectrice. Elle avait l'air sincère, une petite expression de peur peinte sur le visage. Il n'avait pas besoin de télépathie pour comprendre qu'elle s'imaginait avec plusieurs jeunes Aitahs à sa charge. Le soigneur lui offrit un haussement de sourcil pour sa peine.

- Dixit celle qui est chargée de la protection de la capitale des Kharaal Gazar.

Il accompagna sa petite remarque d'un léger sourire qui prouvait qu'il ne pensait pas à mal. Entre ses trois familiers et Busad, il laissait volontiers à la My'tränne la charge de toute une Cité.  

Ils quittèrent les sentiers battus pour longer la montagne, stoppant leur avancée devant une cavité creusée dans la roche. Un vent frais et agréable s'échappait de l'ouverture rocheuse et Selmac tendit le cou pour humer l'air, intrigué. Flavien, lui, se contenta d'écouter avec intérêt les explications de Léonie. Ils allaient devoir passer un cours d'eau avant de rejoindre les sources chaudes.

Emboitant le pas à la Protectrice, il s'immergea doucement dans l'eau pour ne pas effrayer Selmac perché sur son épaule, ni risquer de réveiller Hua qui dormait paisiblement dans son capuchon. Tous ses efforts furent malheureusement vains, car Aquila ne semblait pas avoir reçu le mémo et se jeta avec délectation dans l'eau fraiche, éclaboussant son maître au passage et tirant Hua de son sommeil lorsqu'une lame d'eau se glissa sans la capuche du soigneur. La Tairakh se réveilla en sursaut, poussant un cri de surprise aigue qui résonna dans l'espace clos du passage.

" HAAAA !! "

Pour le plus grand déplaisir de son maître, sa surprise trouva écho dans son esprit et résonna à ses tympans aussi bien que dans sa tête, le faisant grimacer. Avant même qu'il ne puisse la rassurer, Hua bondit de sa cachette tel un diable hors de sa boite et grimpa sur la tête du soigneur, s'agrippant avec force à ses cheveux. Son poil était légèrement mouillé et la petite carnivore n'avait absolument pas appréciée sa douche surprise. Elle foudroyait d'ailleurs Aquila du regard, la Nokhoi ne lui prêtant absolument aucune attention tant elle était occupée par sa nage engagée jusqu'à la rive à l'horizon. Elle adorait l'eau, contrairement à Hua, et se délectait d'un bain occasionnel tant qu'elle avait l'assurance de pouvoir se ressourcer au soleil très prochainement.

" Mais qu'est-ce qui ne va pas chez vous ?! "
" Désolé... ", Grimaça l'homme, vraiment désolé pour le coup, " Tu peux rester là si tu préfères. On arrive bientôt. "

Selmac sur son épaule et Hua fermement ancrée sur sa tête, il offrit un petit signe de tête à la My'tränne qui l'invitait à avancer. Lentement, pour ne pas effrayer davantage la Tairakh qui allait sans doute finir par lui arracher quelques cheveux avant d'arriver à bon port, il avança à la suite de Léonie dans la pénombre de la grotte. Aquila, elle, était déjà remontée sur l'autre rive, tournant joyeusement en rond en attendant qu’ils la rejoignent.

La voix de Léonie résonna dans la caverne, l'invitant à reporter son attention sur sa guide d'un jour. Elle supposait, à juste titre, qu'il avait dû être surpris par les paysages divers et variés qu'il avait eu la chance de traverser toutes ces années. Il comprenait la façon de penser de la jeune femme, partageant d'une certaine manière son point de vue sur magnificence de la diversité des territoires qui lui avait été donné de parcourir. Évidemment, il n'avait pas toujours de bonnes surprises : les contrées ravagées par les guerres portaient des séquelles que même le temps avait du mal à effacer. Étrangement, les territoires qui lui avaient paru les plus hostiles n'étaient pas ceux qui étaient décrit comme tels. Les grandes cités lui donnaient le vertige, tandis que les plus petits hameaux perdus au milieu de nulle part l’invitaient davantage au lâcher-prise.

- C'est vrai. Commenta-t-il lentement. Sa voix plutôt grave se prêtait à merveille à l'environnement, se réverbérant sur la surface du passage. En plus de dix ans de voyages, je n'ai jamais arrêté d'être étonné. Les endroits les plus fascinants ne sont pas forcément les plus connus... Mais après tout, même les lieux que je pense bien connaitre n'ont de cesse de changer, petit à petit.

Il avait ajouté cette dernière réflexion sur un ton songeur, comme s'il réalisait ce fait en même temps qu'il l'énonçait.

Finalement, ils regagnèrent la rive, s'engageant dans une grotte naturelle qui hébergeait en son sein une petite merveille de la nature. Il fallut quelques secondes à Flavien pour s'habituer à la lumière qui baignait le lieu que Léonie avait tenu à lui faire découvrir. Clignant des yeux une fois de plus, histoire de s'assurer qu'il n'était pas en train de rêver, il promena son regard sur toute la zone, ne s'arrêtant que pour sourire à Aquila qui se roulait dans la poussière en grognant de contentement.

Une source d'eau chaude s'était formée dans le creux de la pierre. L'endroit, qui s'avérait être à ciel ouvert tout en étant entouré de pierres, était complètement isolé du monde extérieur. La végétation foisonnante et le calme tranquille du lieu le replongerait presque dans les vertes contrées de Suhury. Pourtant, ils se trouvaient seulement à quelques heures de marche de Busad.

Tout autour d'eux grandissaient des plantes diverses et variées, ainsi que des fleurs qu'il ne savait pas capable de pousser dans les Kharaal Gazar et qui avaient dû naitre à partir de graines perdues en cours de route par des oiseaux passant au-dessus de ce petit coin de Paradis. L'eau était limpide et on distinguait clairement le fond de la source, qui avait pourtant l'air assez importante. Pour compléter ce tableau tout ce qu'il y avait de merveilleux, un ilot naturel s'était formé au centre de la source. Un arbre imposant y avait élu domicile, semblant veiller sagement sur cet endroit coupé du temps. De petits roitelets et quelques herbivores peu farouches vaquaient à leurs occupations sans leur prêter attention.

" Bon, j'avoue, c'est joli. Peut-être pas assez pour risquer de se noyer, mais... c'est vrai que c'est joli. "

La confession bourrue de sa Tairakh lui arracha un petit rire. Doucement, il l'attrapa dans ses bras et la déposa au sol. La petite carnivore s'ébroua, envoyant quelques perles d'eau mouiller le sol, puis elle se rapprocha d'Aquila qui avait fini de se rouler par terre et laissait le soleil faire son œuvre pour la sécher. Se roulant en boule près de la Nokhoi qu'elle avait déjà pardonné, Hua bailla à s'en décrocher la mâchoire et se résolu à suivre l'exemple de sa camarade. Faire une sieste au soleil était une excellente idée.

Seul Selmac ne semblait pas de cet avis. L'Aitah s'était fait une joie de s'élancer dans la végétation à la poursuite d'un papillon qui virevolta hors de sa portée sans se presser, pour le plus grand bonheur du félin.

Sa contemplation terminée, Flavien s'approcha de Léonie qui était, en toute vraisemblance, en train de préparer de quoi pique-niquer sur place. Ah. Il n'avait pas pensé à ce détail. S'installant en tailleurs à côté de la My'tränne, il se résigna à tirer quelques fruits séchés de sa besace. En fouillant un peu plus méticuleusement, il mit la main sur les quelques vivres qu'il avait acheté à un primeur la veille. Quelques pommes et deux, trois légumes se battaient en duel au fond d'un sachet de papier. Il choisit de déposer les pommes à côté des petites préparations de la Protectrice, ne voyant pas l'intérêt de proposer à qui que ce soit quelques pommes de terre crues en accompagnement. Il n'était pas cuisinier au Dos de la Fourchette, merci bien.

La My'tränne lui expliqua que l'endroit était un lieu bien connu des tourtereaux et il était assez simple de comprendre pourquoi. Il s'agissait d'un lieu idéal pour qui souhaitait se couper du monde, comme il en était bien souvent question pour de jeunes amoureux n'ayant d'yeux l'un que pour l'autre. Ainsi, l'endroit était connu de la population locale et il n'était pas à proscrire qu'ils soient rejoint par des visiteurs au courant de la journée.

- Je comprends. C'est vraiment un endroit splendide, il est normal de vouloir en profiter. Que l'on soit en bonne compagnie ou seul, l'atmosphère de la source chaude était indéniablement apaisante. Merci de m'y avoir conduit.

Là où certains pourraient se demander si l'explication de la My'tränne ne sous-entendait pas quelque-chose entre eux, Flavien se contentait de prendre ses explications pour ce qu'elles étaient en réalité : de simples informations sur les personnes fréquentant habituellement le lieu.

Spook interrompit leur conversation brièvement en demandant à Léonie l'autorisation de suivre l'exemple de Selmac et de s'éloigner du groupe. Sa maîtresse lui donna son accord et l'Aitah s'élança à toute vitesse dans les feuillages, réapparaissant par moment en complétant un tour entier de la rive, avant de disparaitre tout aussi rapidement. Il semblait totalement à son aise ici, parfaitement content et débordant d'une énergie incroyable pour une petite boule de poil qui avait passé une partie du trajet à ronfler allégrement sur l'épaule de sa maîtresse.

Flavien leva les yeux au ciel en apercevant Selmac, qui s'était mis en tête de suivre Spook dans sa folie. Quelque chose lui disait que son Aitah ne tiendrait pas plus de dix minutes à ce rythme avant de s'étaler comme une crêpe à côté d'Hua et d'Aquila, rejoignant ses amies carnivores pour une sieste bien méritée.

La voix de Léonie le détourna de ses pensées et il accusa sa question timide mais pertinente en secouant légèrement la tête avant de se raviser. Non, on ne pouvait pas vraiment dire que c'était compliqué pour lui d'ouvrir son esprit à ses familiers... maintenant, de là à dire que l'exercice était facile, il y avait un monde. Disons que le lien qu'il entretenait avec ses familiers allait bien au-delà de ce qu'il pouvait expérimenter avec les créatures qu'il lui était donné d'invoquer en de rares occasions.

- On s'y habitue assez vite. Je m'y suis habitué assez vite. Se reprit-il. Je crois qu'à partir du moment où on les considère comme des personnes à part entière, ayant chacun une personnalité distincte, et pas simplement comme des animaux n'étant pas dotés d'intelligence... C'est un peu comme avoir des compagnons de route très bavards. Sauf qu'à la différence des Hommes que je croise en chemin, simplement changer de pièce ne me permet pas d'échapper à une conversation.

Il observa la réaction de Léonie avant de continuer son explication. Le ton de sa voix était plus sérieux désormais.

- Il est vrai que parfois... C'est assez compliqué de faire la part des choses entre ce qu'ils peuvent ressentir et mes propres sentiments. Quand Hua prend peur, je deviens plus nerveux. Quand Selmac est heureux, une situation difficile me semble soudain moins amère. La connexion que nous partageons va au-delà d'une simple capacité à entendre leurs pensées. D'une certaine façon, leurs émotions pourraient aisément influencer les miennes. Heureusement, je les maitrises assez bien pour m'en rendre compte et faire la part des choses entre ce qu'ils ressentent et ce qu'il m'arrive.

Les enseignements de Möchlog n'avaient pas que du bon, mais Flavien était infiniment reconnaissant à son architecte de lui avoir ouvert la voie du contrôle de ses émotions. Gérer deux carnivores en situation de crise aurait été bien plus compliqué s'il n'avait pas cette capacité à prendre un certain recul avec ses émotions. Bien sûr, il n'y arrivait pas toujours. Quiconque hérissait le poil de Hua avait de forte chance de s'attirer un regard mauvais de la part de son maître.

- Mais pouvoir échanger avec eux..., Se surprit-il à ajouter, Le jeu en vaut bien la chandelle.

Il passa une main dans ses cheveux, laissant planer le silence un petit moment. Si Léonie avait d'autres questions, il n'aurait aucune objection à lui répondre.

Enfin, son visage se vêtit d'une moue intriguée. La Protectrice l'avait écouté parler de son Art, le questionnant avec intérêt sur le sujet. De son côté, il ne savait même pas si elle-même était le disciple d'un Architecte ou si elle suivait les enseignements de plusieurs d'entre eux.

- Et vous ?, Demanda-t-il un peu brusquement, peu habitué à exprimer de l'intérêt pour qui que ce soit d'autre que ses familiers, Vous êtes née sur les terres de Delkhii... Vous pratiquez son Art ? Comment réussissez-vous à communiquer avec les minéraux ? J'avoue ne pas comprendre comment c'est possible.

Lui qui s'était spécialisé dans la maîtrise de deux Arts absolument liés à l'Humain et au vivant, il avait un peu de mal à visualiser que l'on puisse réussir à plier la terre à ses désirs.


« De toutes les créatures d'Orshin, seuls les êtres humains me terrifient. »
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Léonie Morret
Léonie Morret
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[Terminé] Découverte des sources chaudes  EmptyLun 26 Fév - 13:12
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Profession : Commandante de Busad
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Touchée. Pensa la my’tränne en affichant un sourire en coin plutôt discret. Instinctivement elle avait secoué doucement sa tête, ce qui entraîna un léger mouvement de sa chevelure. Sa phrase avait été maladroite et bien qu’il ne lui semblait pas être un poids de gérer la protection de la population, elle concédait volontiers que cela représentait une inquiétude régulière. Quoique, Léonie estimait qu’elle ne « s’occupait » pas de la population, là était toute la subtilité de sa manière de penser, elle estimait devoir simplement intervenir en cas de danger. La my’tränne n’avait donc nullement à se préoccuper de tout le quotidien épuisant de l’éducation, de la négociation ou du dialogue –ce dont elle était convaincue d’être incapable de gérer- et puis, elle avait toujours eu cette faculté à se concentrer uniquement sur le Gharyn et les missions. Même si tout ceci évoluait lentement et qu’elle semblait s’ouvrir un peu plus au peuple au fil des mois. Poursuivant sa progression plus calmement dans l’eau, elle fut amusée par le comportement de la carnivore, qui perchée sur la tête de Flavien semblait terrorisé par l’eau. Ce qui était une évidence pour certain ne l’était pas pour d’autre et la my’tränne eut quelques difficultés à cacher sa surprise. Avait-elle à ce point peur de l’eau, ou était-ce une manière de montrer son affection à son humain ? Quoique… au vu des griffes, il était fort probable que le voyageur finisse avec une paire de cheveux en moins. Léonie resta silencieuse, gardant son amusement pour elle-même, toussotant légèrement comme à chaque fois qu’elle voulait cacher un petit rire. Continuant sa progression, plus lentement, afin d’éviter d’éclabousser qui que ce soit –et du coup d’éviter à Flavien de terminer chauve-, elle reprit la parole pour formuler sa pensée précédente :

- « Je ne m’occupe pas de la population, je la protège… C’est un peu différent…. » glissa-t-elle un peu hésitante, soucieuse de ne pas porter un jugement sur les protecteurs qui ne seraient pas justifiés « A mon sens, la grande différence est l’attachement. »

C’était dur comme phrase, du moins, à ses oreilles, cela sonnait dur, comme-ci elle pouvait laisser entrevoir le fait qu’elle ne s’attachait pas à son peuple. Pourtant elle était une femme passionnée et offrirait sa vie pour sauver un citoyen de Busad sans réfléchir, cependant, elle ne se sentait pas complètement affectée par la perte d’un individu ou par les complaintes incessantes du peuple. La notion d’oubli devait très certainement aider, puisqu’à chaque fois qu’un individu décédait, elle ne s’en souvenait plus, confortant ainsi inconsciemment la my’tränne dans sa façon de penser. Perdre un citoyen serait une chose, décevoir un citoyen aussi, mais cela l’affecterait beaucoup moins que-ci elle percevait dans les prunelles de Spook une déception quelconque, ou une peine. C’était certainement la raison de son refus de s’attacher, de s’impliquer émotionnellement avec qui que ce soit, une manière douloureuse de se protéger. Était-ce réellement efficace ? Le silence s’était installé, loin d’être pesant bien au contraire, la traversée du liquide venait de se terminer et les deux bipèdes pouvaient à présent savourer d’être sur le sol dur et parsemé de petite pierre.

Abandonnant Flavien à sa contemplation, la protectrice ne put s’empêcher de ressentir une certaine satisfaction. Parvenir à surprendre celui qui pourtant voyageait beaucoup était un petit bonus agréable. Il était très rare qu’elle se transforme en guide touristique de la région –et d’ailleurs, elle ne comprenait toujours pas véritablement comment elle en était arrivée là-, alors le moment devait être aussi étrange pour elle, que pour lui. Installant une zone plus confortable, que ce soit pour sa petite personne ou pour celle de son interlocuteur, déployant des larges tissus sur le sol sableux. Rien d’extravagant, deux grandes nappes, trois-quatre serviettes pliées dans un coin et deux boîtes qu’elle découvrait contenant des sandwiches et des gâteaux secs réalisés par sa mère qu’elle maudissait déjà.


Les prunelles de la jeune femme se déposèrent sur Aquila qui se roulait allégrement dans la poussière sous le regard intrigué de Spook qui stoppa son manège pour la regarder faire. L’animal était hésitant, avait bien envie de sauter sur la carnivore, avançant, reculant, avançant reculant, avant d’abandonner pour recommencer à  son manège teinté de la folie de la jeunesse. La Tairakh avait fini par regagner la terre ferme, retrouvant la Nokhoï qui se dorait au soleil, une fois en boule et confortablement installée, Léonie délaissa son attention des animaux. Flavien avait fini par la rejoindre, déposant des pommes sur l’un des morceaux de tissus. La protectrice en avait profité pour formuler quelques explications sur le lieu et ses fréquentations qui ne sous-entendaient dans sa façon de voir les choses, aucune proposition tendancieuse. Son interlocuteur la remercia, chose naturelle visiblement, mais qui perturba la jeune femme sans qu’elle ne puisse ne l’expliquer. Elle n’avait pas l’impression d’avoir fait quoi que ce soit de surhumain ou qui méritait un « merci ». Secouant doucement sa chevelure, dans un petit non de la tête, elle fit entendre une nouvelle voix la sonorité de sa voix, tout en balayant l’air de sa main.

- « Ce n’est pas la peine de me remercier, je n’ai rien fait. » Le lieu ne lui appartenait pas, ce n’était pas un endroit tenu secret, c’était une visite rien de plus «  Vous pourrez y retourner comme bon vous semble… Sans vous, Spook ne serait sûrement plus à mes côtés et croyez-le ou non, mais pour ce que vous avez fait en lui venant en aide. Je vous serai très longtemps redevable ».

C’était formulé de façon si simple, si sincère, qu’elle sentit un soupçon de gêne gagner ses joues. Pourtant, elle avait l’habitude d’être honnête, de formuler les choses comme elle le pensait sans perdre du temps à chercher le bon mot pour la bonne difficulté, le bon sous-entendu pour ne pas paraître désagréable. Roulant doucement des épaules, elle préféra changer de sujet, se concentrer sur un autre élément que sur cette situation gênante et un peu trop « sentimentale » pour elle. La conversation avait coulé plus ou moins naturellement vers la croyance de chacun, en débutant par la faculté de partager ses pensées et le lien particulier que le don d’Orshin offrait. Tout en écoutant Flavien, Léonie émit un léger rire en avisant Selmac tenté de suivre Spook et sa rapidité débordante, le plus âgé des deux sembla s’épuiser beaucoup plus rapidement que le plus jeune. Aussi surprenant que cela puisse paraître, Spook s’arrêta, s’approchant de Selmac pour lui mettre des petits coups de museaux, avant de s’installer avec lui, contre le reste de la troupe. Léonie fronça légèrement les sourcils, prenant ce geste comme un manque pour son compagnon, comme-ci c’était une façon de lui réclamer davantage de compagnies. La jeune femme sentit un petit pincement dans le fond de son cœur, qu’elle tâcha d’ignorer en se reconcentrant sur Flavien et ses paroles. La my’tränne s’était mise à rire, déplaçant une main devant ses lèvres comme pour cacher son amusement. Il est vrai qu’il était plutôt simple d’esquiver une conversation avec un humain, tout était une question d’envie, là visiblement, c’était différent. Flavien ne pouvait pas échapper à une réflexion, cela allait même jusqu’au partage de sentiments.

- «  Et l’inverse est notable ? » questionna-t-elle spontanément «  Est-ce qu’ils ressentent vos sentiments aussi ? » elle trouvait ça un peu dérangeant, d’être ainsi entièrement à nu vis-à-vis d’un autre ‘être’ que soit même. « Ce n’est pas… étrange d’avoir… enfin… d’être complètement à découvert de la sorte ? Même pour eux… Il n’y a pas de notion d’intimité pour eux, comme pour nous ? »

En réalité, c’était certainement étrange comme question, loin de remettre en question l’aspect technique de la croyance, des compétences que cela pouvait amener, Léonie se questionnait sur l’aspect, humain relationnel. Elle qui était très fermée, qui ne faisait jamais part de ses pensées, de ses doutes, de ses craintes, se retrouvait très surprise et intriguée dans l’idée même de ne faire qu’un avec… des compagnons à poils et surtout animal. La conclusion trouva cependant un écho dans l’esprit de la my’tränne, qui tout en avisant Spook se contenta d’opiner. Même si cela pouvait paraître étrange, elle avait l’impression de communiquer quotidiennement avec lui, de le comprendre dans ses actions et d’être comprise juste en le regardant.

- « Cela doit être très enrichissant de pouvoir voir d’une autre façon le monde qui nous entoure » répondit-elle comme unique réponse.

Elle ouvrit la boîte des sandwiches et en tendit un à son interlocuteur, sans trop détailler chacun de ses mouvements. La protectrice semblait profiter elle aussi du confort et de la beauté des yeux. Tout en déballant son propre sandwich parfaitement emballé, elle rajoute, soucieuse d’être honnête.

- «  Ce n’est pas de ma réalisation, si c’était le cas je ne vous permettrais pas de le goûter par peur de vous tuer » elle roula des yeux, un peu honteuse de cet aveu «  Mère a visiblement une tête bien plus remplie que moi… Elle a dû glisser ça dans mon sac pendant mes achats de ce matin… Contrairement à moi, elle est très bonne cuisinière. Comme vous finalement. »

Un sourire avait pris naissance sur ses lèvres, la conversation lui donnant l’impression d’être encore une enfant ayant besoin de l’encadrement de ses parents. Ce qui n’était largement plus le cas, c’était juste qu’elle n’avait pas des priorités logiques et que sa génitrice s’en inquiétait de plus en plus. L’interrogation de Flavien la déstabilisa un peu, Léonie n’étant aucunement habituée à ce qu’on s’intéresse à ses actions ou ses habitudes, ses croyances.  Elle roula d’abord des épaules, de manière un peu nonchalante donnant certainement l’impression de ne pas avoir l’intention de répondre à la question. Croquant dans le pain et les différents ingrédients se trouvant à l’intérieur, elle mastiqua un long moment avant de prendre réellement en considération la question et d’accepter d’y répondre. Elle chercha une façon de lui faire comprendre la manière, avec des comparaisons qu’il était en mesure d’imaginer.

- «  Je suis en effet une adepte de Delkhii, je suis née ici et depuis petite ma vie tourne autour de la protection… Ce ne sont pas… Enfin.. Ce n’est pas une formation évidente et il faut avoir une volonté sans faille pour réussir. » Léonie n’avait jamais mis les pieds en dehors de sa région et cela ne semblait pas l’intéresser, du moins pas suffisamment fortement pour qu’elle décide de tout quitter « Vous m’avez dit qu’on ne pouvait pas échapper à la pensée des animaux.. C’est un peu la même chose pour la terre. Elle est la base de la vie, sans elle il ne peut y avoir de construction, d’équilibre, elle se forme et se déforme au grès des éléments. » Elle était évidemment tout aussi passionnée par son architecte que par son travail et tout comme Flavien, quand elle se lançait dans une explication, il était difficile de ne pas percevoir le pétillement au fond de ses yeux « La terre est vivante, je l’imagine, je la visualise… Je suis capable de voir son intérieur, comme vous êtes capable de voir celui d’un individu que vous soignez. Quand je me concentre, je perçois la moindre de ses failles, la moindre chose anormale et ça me permet de la manipuler à ma guise… Regardez…»

Elle déposa une main sur le sol entre eux, se concentrant un instant, jusqu’à ce que le sol donne l’impression de devenir poussière, jusqu’à ce que sa main s’enfonce comme dans un sable mouvement. Uniquement sur la zone qu’elle avait décidée, après plusieurs petites minutes, elle finit par en ressortir une pierre de très petite taille, pas plus grande que la paume de sa main. Le récupérant, elle le fit rouler entre ses doigts, retira sa main de la zone et presque immédiatement le sol retrouva sa forme initiale. Elle tendit le tout à Flavien, certaine que l’élément lui plairait. Il s’agissait d’un fossile et non d’une pierre lambda et en y portant attention, il pouvait reconnaître un insecte connu de la région, comme emprisonné depuis de nombreuses et nombreuses années. La bête était parfaitement concernée, parfaitement visible.

- « J’ai l’impression d’être lié à mon environnement, plus que n’importe qui d’autre. » Souffla-t-elle «  Je perçois réellement les pas qui frôlent le sol, la texture et ce que mon élément contient… Certains pourraient s’enrichir, je suppose, cela ne m’intéresse pas. Je suis bien trop reconnaissante de pouvoir avec ce don, prendre conscience de l’importance de la vie. Au-delà de modifier la texture, ou de trouver des éléments, je peux la rendre plus fertile aussi… »

Elle laissa le temps à Flavien le temps d’analyser la petite pierre, d’en être satisfait ou non, puis elle lui souffla qu’elle lui offrait, sans attention particulière. Comme elle aurait pu énoncer un fait lambda. Laissant un petit silence s’installer, la jeune femme finit par ajouter avec toute la simplicité du monde :

- «  J’ai l’impression que nos architectes se complètent et que la base de tout revient toujours à nous montrer l’importance de la vie » elle haussa les épaules, comme-ci elle ne pouvait pas réellement penser le tout, alors que c’était foncièrement le cas « Vos deux architectes se complètent plutôt bien d’ailleurs… Votre famille n’a pas émis d’objection à votre double spécialisation ? Ils ont la même spécificité que vous ? »

L’avisant du coin de l’œil elle termina la dégustation de son sandwich sans réellement se poser trop de questions. Elle était curieuse, comme souvent en ce moment, d’avoir son avis sur la question et de savoir si sa famille était tolérante ou un peu plus exigeante.



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Flavien Teleri
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Flavien arqua un sourcil à la question posée, positivement étonné de voir que la jeune femme portait un réel intérêt à ses propos et ne se contentait pas uniquement de hocher la tête pour lui donner l'illusion d'être intéressé par son discours. Lui qui avait pour habitude de réagir de la sorte, n'écoutant autrui que sommairement, c'était peut-être cette étincelle de curiosité qui l'invita plus tard à questionner Léonie en retour. Quoi qu'il en soit, pour le moment, il se concentra sur la question qui venait de lui être posée.

Les émotions de ses familiers étaient-elles influencées par ses propres tourments, ou le lien qui les unissait n'était-il qu'à sens unique ?

- Ils sont capables de percevoir mes émotions, comme je perçois les leurs, mais uniquement lorsqu'elles sont exacerbées, ou lorsque je le désire. Expliqua-t-il du mieux qu'il pouvait. La relation qu'il entretenait avec ses familiers était parfois à ce point fusionnelle, qu'elle pouvait être difficile à visualiser, S'il m’arrivait de paniquer, ils en feraient de même, à leur manière. Par là je veux dire qu'ils ressentiraient cette peur et qu'ils réagiraient en conséquence, en accord avec leur instinct primaire. Selmac chercherait à prendre la fuite. Aquila, elle, à prendre ma défense.

A ces mots, il jeta un coup d'œil à la Nokhoi somnolente, rongé par la culpabilité. De petites écailles avaient repoussé à l'endroit où le Chuulun l'avait blessée. Si Flavien avait réussi à garder son sang-froid face à la créature en souffrance, Aquila n'aurait peut-être pas décidé de façon irrationnelle de chercher à repousser une créature pouvant si aisément sectionner sa colonne vertébrale. Qu'aurait-il fait s'il n'avait pas réussi à mettre en fuite l'oiseau ?

- Tout cela reste très rare. Continua-t-il. Bien souvent, les émotions qu’ils ressentent à travers moi sont maitrisées et volontaires. Ils ne sont pas influencés par la moindre petite contrariété de ma part. En revanche, si je les sens nerveux, je peux facilement les apaiser à travers notre connexion. C'est ce même don que j'utilise lorsque je soigne n'importe quelle créature farouche ou souffrante.

Léonie sembla accepter ces informations, poursuivant en lui demandant si cela revenait en quelques sortes à être complètement à découvert devant ses familiers. C'était plus ou moins le cas, mais peut-être pas aussi globalement que la jeune femme avait l'air de le croire. S'il pouvait sembler totalement serein en apparence alors qu'il bouillonnait intérieurement, ses familiers le ressentiraient sans faille. Pourtant, dans sa vie quotidienne, il n'avait pas à se poser la question de savoir s'il était aux commandes ou si l'un de ses familiers influençait fortement ses décisions. Ils étaient certes très proches, mais ils conservaient chacun une personnalité distincte.

- Je reste moi-même, autant qu'ils restent eux-mêmes. Nous gardons notre libre-arbitre. La plupart du temps, je ressens simplement leur présence, là, au fond de mon esprit. Je pourrais, à force d'entrainement, complètement couper cette connexion. La taire comme je l'entends, et ne l'ouvrir que lorsque j'en ressens le besoin... Mais cela reviendrait à leur fermer mon cœur alors qu'ils m'ont ouvertement ouvert le leur. Plutôt hypocrite, vous ne pensez pas ?

Peut-être était-ce lié à la rigidité de son éducation, peut-être était-ce simplement le fruit d'une maturité affective qui en était encore à ses débuts, mais Flavien n'imaginait pas se contenter d'exploiter les capacités de ses familiers sans leur offrir une part de sa personne en retour. Il hocha tranquillement la tête au commentaire de Léonie. Une telle vision du monde était parfaitement enrichissante.

Laissant ses familiers à leur sieste réparatrice, il accepta l'un des petits paquets que lui tendait Léonie. Un sandwich, réalisé par les soins d'une mère soucieuse de ne pas laisser son enfant dans le besoin et de garantir qu'elle ne manquerait de rien. Un geste maternant tout ce qu'il y avait de plus parlant, qui ne renvoyait pourtant nullement à Flavien l'image de sa propre mère. Déballant avec soin son encas, il ne s'attarda pas sur l'explication gênée de Léonie, lui demandant plutôt à quel Architecte elle dédiait ses prières.

La jeune femme resta silencieuse un long moment, croquant dans son sandwich plutôt que de lui répondre directement. Elle l'avait bien entendu mais n'avait pas l'air de savoir par où commencer, ce qui ne gêna pas le soigneur outre mesure. Froissant l'emballage dans ses mains, il sourit en avisant la tête d'Aquila se lever. Le froissement de papier était bien le seul bruit assez discret qu'elle avait appris à repérer, malgré son ouïe plutôt mauvaise. La Nohkoi avait l'air tiraillée entre ce bruit ressemblant fortement à celui du sachet de friandises qui lui était réservé, et continuer à dorer sa peau au soleil.

Flavien croqua un morceau du sandwich si gracieusement offert, ne réagissant pas vraiment à la présence de viande dans la confection. Il faisait partie de ces adorateurs d'Orshin qui ne consommaient habituellement pas de denrées animales qu'ils n'avaient pas eux-mêmes chassés, mais qui faisaient une exception à la règle lorsque la nourriture leur était offerte. Pour faire simple, Flavien n'achètera jamais de viande sur un marché, ni même auprès d'un éleveur local, mais ne refusera pas non plus une assiette de ragout cuisiné pour lui. En plus d'une simple politesse, la moindre des choses était de consommer ce qui lui était destiné, plutôt que de risquer de sa part ne soit jetée plus tard.

Léonie fini par répondre à sa question. Hésitante dans un premier temps, elle pesait chacun de ses mots minutieusement. Ses dires n'étaient pas de simples paroles en l'air, elle donnait réellement l'impression de s'être déjà sérieusement posée la question de connaitre les raisons qui l'avaient poussées à suivre la voie de Delkhii. Au-delà d'une simple formalité liée à son lieu de naissance, la Protectrice s'était sentie proche des enseignements de l'Architecte depuis sa plus tendre enfance et ce ressentiment n'avait fait que grandir au fur et à mesure des années et de sa propre maitrise de la terre. Elle parlait de l'élément nourricier comme il aurait pu le faire d'une créature. Vivante, capricieuse, terrible mais généreuse, la terre n'était rigide que d'apparence.

A son plus grand étonnement, Léonie choisi d'illustrer ses propos en lui montrant ce qu'elle entendait par ses paroles.

La main de la jeune femme s'enfonça dans le sol comme si, de par la simple force de son esprit, la terre courbait l'échine face à ses exigences. Non. Ce n'était pas exactement ça. Si Flavien avait bien suivit ce que Léonie tentait de lui expliquer, elle ne cherchait pas à plier la matière à sa volonté, mais plutôt à ne faire qu'un avec cette dernière. Le sol ne se résorbait pas sous sa paume dans une vaine tentative de le fuir, mais plutôt dans le but de l'accueillir. Flavien l'observa faire en silence. Il avait quelque peu délaissé son sandwich, posant sa main sur le sol poussiéreux, curieux de savoir s'il pouvait lui aussi ressentir ces fameuses failles dont la jeune femme parlait. Ce n'était pas le cas, bien évidemment, et sa paume resta sagement posée à même le sol.

Après quelques minutes, Léonie extirpa une pierre du sol, libérant sa main de la terre qui retrouva son aspect originel. Elle l'inspecta un instant avant de la lui tendre et Flavien récupéra la petite pierre dans sa paume. D'une couleur orangée bien particulière, la pierre d'ambre que la Protectrice venait de lui confier renfermait en son centre un spécimen d'insecte commun aux Kharaal Gazar. Faisant tourner la pierre entre ses doigts pour l'exposer aux rayons du soleil, Flavien constata que la créature ailée était parfaitement fossilisée, donnant même l'illusion qu'il lui suffisait de briser sa prison de pierre pour qu'il s'envole rejoindre ses congénères.

Levant les yeux vers Léonie qui expliquait que pour elle le don de Delkhii servait la vie dans sa globalité et nullement sa petite personne, il hocha solennellement la tête. Il ne pouvait pas dire qu'il comprenait entièrement ce que la My'tränne voulait dire lorsqu'elle expliquait simplement savoir ce que la terre qu'elle foulait pouvait contenir comme anomalies, mais il supposait qu'elle devait ressentir ceci au fond de son être. Il n'y avait aucune science là-dessous, rien à quantifier, aucun paramètre à déterminer pour espérer réussir les mêmes prouesses qu'elle. Sa foi en son Architecte le lui permettait, aussi naturellement que cela. S'il entendait le murmure de la faune aussi clairement que les mots des Hommes, elle percevait le chant discret mais ô combien riche de la terre.

- La terre m'a toujours semblée plus éteinte ici qu'en Suhury. Les conditions de vie sont bien plus rudes, Expliqua-t-il un peu maladroitement, observant à nouveau le fossile, Pourtant, vous parlez de la terre comme d'un être vivant, pas seulement comme un élément à votre disposition. C'est une belle vision du don que vous a accordé votre Architecte.

Hochant une nouvelle fois la tête, il tendit le morceau d'ambre à Léonie, clignant des yeux lorsqu'elle lui demanda de la garder. Refermant ses doigts sur la pierre, il resta interdit un moment. Il n'avait pas énormément de place dans sa besace et une telle addition à ses affaires ne lui servirait à rien au courant de ses vagabondages. Son esprit très pragmatique lui soufflait qu'il n'avait pas à s'embarrasser de garder quelque-chose d'aussi inutile, mais après une courte réflexion, il choisit d'ignorer ce dernier. Ce n'était qu'une petite pierre de rien du tout, il pouvait très bien lui trouver une place au fond d'un pli de sa besace. C'est donc ce qu'il fit.

Observant la pierre disparaitre au fond de son barda, il se demanda ce qui avait bien pu le pousser à ne pas suivre sa décision primaire et rendre l'ambre à la terre mère. La Protectrice ne se serait certainement pas offusquée de son explication, alors pourquoi ne pas simplement lui avoir expliqué son point de vue ? Qui sait. Peut-être qu'à écouter Léonie parler de son Art, il respectait trop ce dernier pour se défaire du fossile. Peut-être aussi que la dernière remarque de la Protectrice le fit réfléchir. Qu'était une Terre sans créatures pour en fouler le sol, et comment pouvaient-elles, à leur tour, espérer vivre sans Terre pour les voir grandir ? Deux éléments étroitement liés, brillement illustrés par l'ambre qui dormait désormais parmi ses affaires.

Un silence pas forcément désagréable s'installa entre eux. Flavien termina son sandwich en observant le paysage d'un œil nouveau, reportant son attention sur Léonie lorsque cette dernière l'interrogea sur l'Art que pratiquaient les siens. Il se surprit à sourire en coin en imaginant son père s'ouvrir aux enseignements d'Orshin, ne renfrognant à peine lorsqu'il réalisa que la conversation auquel il avait habilement échappé la nuit dernière, revenait une nouvelle fois sur le tapis. Ses parents seraient-ils déçus de le savoir admirateur d'Orshin ? Certainement que non. Ils ne seraient pas fiers de lui non plus, mais après tout ils n'étaient pas vraiment du genre très expressif.

Si hier la conversation lui avait semblée improbable, il était notablement plus détendu aujourd’hui. Il ne savait pas encore sur quel pied danser en présence de la Protectrice, mais il n'avait plus l'impression de marcher sur des œufs en sa compagnie, ce qui était un sacré exploit. Il n'aimait pas évoquer sa famille par principe, sachant parfaitement combien la majorité du continent voyait ceux qui pratiquaient l'Art de Möchlog. Il est vrai qu'il les avait quittés pour poursuivre sa quête, mais malgré leur froideur et leur désintérêt apparent, malgré sa décision de couper les ponts avec ceux qui l'avait élevé, il les aimait. Peut-être pas comme tout enfant aimait ses parents, mais comme il pouvait aimer deux personnes qui en avait fait celui qu'il était aujourd'hui.

Avec Léonie, il était presque certain de ne pas être confronté aux mêmes jugements de valeur qu'il avait pu essuyer de la part de voyageurs associant à tort le détachement des fils et filles de Möchlog à une absence totale d'émotions. Elles étaient simplement gardées par ces derniers, avec une rigueur sans pareille sur tout My'trä.

- Pas du tout, mes parents ne se sont jamais intéressés aux enseignements d'Orshin. Dit-il en secouant la tête.

Il hésita un moment. Cela faisait des années qu'il ne les avait plus vu. Etait-il au moins sûr de la véracité de ses propos ? Après tout, la seule certitude qu'il avait était que l'un et l'autre étaient en vie.

- Tous deux sont de fervents Adeptes de Möchlog. Mère travaille dans les pompes funèbres. Père est médecin de guerre.

Il était clair que dès qu'il s'agissait de parler des siens, Flavien perdait plus facilement le fil de ses pensées.

- J'ignore ce que penserait Père de tout ça. Mère serait certainement soulagée de voir que j'exploite enfin mon don à des fins utiles, plutôt que de le laisser dormant. Avisant la réaction de Léonie, il ajouta. Je ne les ai pas revus depuis mon départ de Valvonta. Nous n'avons jamais été très... proches. Pas dans le sens qui semble être le plus répandu en My'trä, en tout cas.

Son ton n'avait rien d'amère. Il était factuel, distant, presque serein. Aux yeux de ses parents il avait été leur fils unique. Aux yeux d'ignorants, il avait d'avantage été un élève qu'un enfant. Seuls les enseignements étaient en mesure de le faire grandir. L'éducation et la maîtrise de soi étaient primordiales, bien plus que de le laisser explorer l'imaginaire. Ses parents l'aimaient réellement, il n'en doutait pas une seule seconde.

- Le hameau où je suis né est composé d'adorateurs de Möchlog. Se surprit-il à expliquer, C'est une communauté de soigneurs, petite mais dont les membres sont des plus fervents. J'ai été bercé par leurs enseignements et ce n'est qu'à mon départ de Valvonta que j'ai vraiment eu l'occasion d'être exposé aux autres Architectes qui ont créés cette Terre. Mon admiration pour Orshin s'est construite à mesure que ma route croisa celles de ses créatures.

Pour s'occuper les mains plutôt que de les balader dans le vide pour souligner ses paroles, il avait attrapé un autre sandwich et avait commencé à le déballer tout en s'apprêtant à répondre à Léonie si elle venait à lui poser une autre question. Le bruit du papier attira l'attention d'Aquila qui s'étira mollement et se décida à trottiner jusqu'à lui avant qu'un silence gêné ne s'installe. S'asseyant lourdement près du soigneur, la Nokhoi pencha la tête sur le côté, l'image même de la curiosité.

Flavien arqua un sourcil mais ne prit pas la peine de lui demander ce qu'elle voulait. Il était assez étonné de voir que la reptile avait tenu aussi longtemps sans demander la lamelle de viande séchée à laquelle elle savait avoir droit quotidiennement après le repas de son maître. Farfouillant dans son sac, il en retira le petit sachet de friandises, pour le plus grand bonheur de la Nokhoi. Tendant une lamelle à la carnivore, il lui indiqua de faire doucement. Conseil évidemment royalement ignorés par la prédatrice qui ne fit qu'une bouchée de sa friandise.

Sa friandise avalée, elle tourna sa large tête pour observer curieusement Léonie. Deux Mages, cela voulait dire deux fois plus de friandises, non ?

Flavien leva les yeux au ciel mais tendit néanmoins le paquet à la Protectrice.

- Vous pouvez lui en donner, si vous voulez. Elle ne vous mordra pas.

Il savait que la Nokhoi pouvait paraitre très impressionnante, mais actuellement elle tenait plus du chien battu que du fier pisteur qui l'accompagnait sur les chemins. Si Léonie déclinait son offre, il se contenterait de lui donner lui-même une seconde friandise.

Gain de cause obtenu, Aquila jappa brièvement avant de retourner s'allonger près d'Hua qui dormait d'un sommeil de plomb. Attentive à ne pas écraser sa petite camarade, la Nokhoi se roule en boule à ses côtés et soupira de contentement.

- Protecteur de Busad..., Reprit finalement Flavien une fois l'intermission terminée, C'est une formation familiale, ou votre choix personnel ?


« De toutes les créatures d'Orshin, seuls les êtres humains me terrifient. »
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Léonie Morret
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[Terminé] Découverte des sources chaudes  EmptyDim 4 Mar - 20:02
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- «  Ce n’est pas parce que la terre parait poussière, qu’elle est plus éteinte qu’ailleurs. » elle afficha un léger sourire « Peu importe son aspect, la terre a toujours une utilité, une raison d’être » souffla-t-elle de son intensité plus passionnée



À peine l’explication terminée, qu’elle lui offrit l’ambre et son précieux pensionnaire. Léonie ne parvenait pas à identifier son hésitation. Était-il touché par le geste, où cherchait-il une façon de le refuser poliment. Son regard s’était déposé sur sa sacoche, sa lèvre s’était pincée sous la pression de ses dents. Comment pouvait-elle tomber dans cette maladresse inutile, celle de chercher à offrir un souvenir d’une rencontre qui ne resterait nullement graver dans les mémoires. Abandonnant son attention pour terminer son repas, mastiquant lentement pour éviter de parler, pour éviter de trouver des explications à des gestes du quotidien dont elle n’avait finalement que peu de choses à faire. Un silence avait fini par s’installer, lentement, mais sûrement. Celui-ci n’était pas lourd, ou dérangeant, la protectrice en profitait pour laisser courir sa vision sur le lieu, sur l’environnement, sur l’eau émettant de légères bulles à cause de la température. La jeune femme sembla se perdre dans le mouvement du liquide transparent, si bien qu’elle fut surprise par la sonorité de la voix de Flavien. Aucun sursaut notable cependant, juste ce regard relevé un peu trop rapidement pour être naturel, le fond de ses yeux trahissant sa surprise.

L’information fut mémorisée mentalement, sans qu’elle ne puisse paraître dérangée par le fait que les parents de l’homme ne soient pas adeptes d’Orshin. Quant à la véritable croyance des deux géniteurs de son interlocuteur, ce ne fut pas une réelle surprise non plus. Léonie savait qu’il était lui-même un double adorateur, la logique voulait que ses parents soient de l’un ou de l’autre, si ce n’était pas Orshin, cela ne pouvait être que möchlog. Ses lèvres se fendirent en un sourire vis-à-vis de la proximité, se rendait-il compte que s’était pleinement logique, que d’après les rumeurs, les croyants en l’architecte de la vie et de la mort étaient bien trop terre à terre. Prenant une légère inspiration, elle écouta attentivement la suite des explications. C’était complexe de le comprendre entièrement, sa vie passée ne semblait guère lui manquer et en même temps, un événement marquant semblait l’avoir fait changer complètement de fil directeur. La protectrice n’osa pas réellement poser la question qui lui brûlait pourtant les lèvres, qu’est-ce qui poussait un adorateur de la chouette à quitter son quotidien.


- « C’est un changement radical » fit-elle simplement en respectant l’intimité de Flavien « J’ai toujours l’impression que les voyageurs cherchent à fuir quelque chose, sans jamais parvenir à identifier la source de la fuite, ou bien qu’il cherche au contraire à retrouver une partie d’eux même perdu dans un ailleurs plus ou moins proche »

Elle détourna son regard, termina la dégustation de son sandwich alors que l’homme semblait lui en prendre un deuxième. Elle nota intérieurement de penser à remercier sa mère, visiblement sa préparation était appréciée. C’était quelque peu complexe de gérer une conversation, tout en ayant une réserve que son caractère lui imposait, pas de curiosité dérangeante, pas d’approfondissement franc du passé de son interlocuteur. Léonie était respectueuse, et trop peu habituée à dialoguer ainsi pour laisser son questionnement intérieur prendre le contrôle de ses paroles. Aquila avait fini par sortir de son sommeil, émergeant mollement, sa présence proche de Flavien fit froncer les sourcils à la protectrice qui ne comprenait pas le comportement. Est-ce qu’elle réclamait à manger, est-ce qu’elle avait mal quelque chose, est-ce qu’elle voulait faire une activité ? Impossible à déterminer pour la jeune femme qui ne put s’empêcher de froncer davantage les sourcils. Une réponse arrivera rapidement dans la pensée de la my’trânne qui ne put que constater que la carnivore n’attendait qu’une chose, manger, recevoir une friandise. Léonie ne put qu’offrir un sourire légèrement amusé, une chose lui semblait évidente, peu importe l’alimentation, tous étaient des véritables ventres sur pattes.

Plongeant sa main dans le paquet, la protectrice avait semblé hésiter quelque peu, récupérant une friandise, elle avait regardé l’animal, une fois, deux fois, trois fois. Après une petite réflexion qui n’était pas dû à l’inquiétude et à la dangerosité de l’animal, mais bien sa capacité, son rôle dans son alimentation, elle finit par lui donner la friandise, laissant une ou deux minutes de surprises à cause de la rapidité d’Aquila à tout engloutir presque tout rond. Le repas étant parfaitement avalé et digéré, elle délaissa les deux humains pour retourner dormir avec les autres, un gros tas de poils et d’écailles. Léonie conserva son attention un moment sur les bêtes, avant de relever les yeux de surprise vers Flavien et la sonorité de sa voix.


- «  Honnêtement ? » demanda-t-elle tout en sachant pertinemment la réponse « Je ne sais pas. » Rajouta-t-elle simplement « Je suis la dernière de la famille, mon père et protecteur aussi, mère l’était aussi avant de délaisser la protection pour s’occuper de sa famille. » Elle fit une pause légère, furtive «  Ni mon frère ni mes sœurs n’ont voulu suivre le chemin des parents… Je pense que petite, c’était plus pour attirer l’attention, puis c’est devenu une véritable évidence… »

Léonie haussa lentement les épaules. Elle était honnête, la jeune femme n’avait pas la moindre idée du pourquoi du comment, c’était comme ça, c’était tout. Un métier qui lui convenait, l’envie de protéger, de s’investir dans la ville et puis il y avait le Gharyn, Zaël, difficile de faire plus fidèle protectrice que Léonie qui ne lui tenait guère rigueur de sa maladresse, son insouciance et sa croyance en une paix qui n’arriverait certainement jamais.

- « C’est tellement naturel que j’admets n’avoir jamais réellement songé à changer ou faire autre chose… J’ai besoin d’être là, de pouvoir agir et pas juste témoin des changements actuels du continent, de la région… » elle hausse les épaules «  Vous savez… »

Elle s’arrêta, son regard se déposant sur un couple qui venait de poser un pied sur la terre ferme, le visage exprimant une légère grimace. Le duo s’attendait certainement à ne trouver personne à cette heure-ci. Glissant sa main dans celle de sa compagne, visiblement dans un geste de protection, voire même de possession, ils s’écartèrent un peu des deux jeunes gens installés sur le tissu, saluant simplement d’un geste de la tête. Léonie en fit de même, inclinant son visage en guise de sa salutation, suivant de ses prunelles claires le moindre mouvement. Vigilante, elle l’était toujours, d’autant plus lorsqu’il ne s’agissait pas de visage connu dans sa mémoire. Une fois les deux amoureux installés le plus loin, possible, à l’opposé, elle reporta son attention sur son interlocuteur. Le bruit de l’eau et l’amusement des deux tourtereaux la fit froncer une nouvelle fois les sourcils. Ça aussi c’était bien quelque chose qu’elle avait du mal à comprendre, à envisager imaginer.  Secouant doucement sa tête pour refuser d’y penser, elle reprit la conversation, de la même manière qu’auparavant :

- «  Je pense que nous devrions profiter de l’eau, avant de devoir partir pour des raisons qui ne dépendante pas de notre volonté. » Difficile de savoir si elle était amusée ou non.

Spook lui, comme souvent s’était relevé avisant l’étrange duo qui venait d’arriver. Sautillant de point en point jusqu’à se retrouver au pied du couple. Léonie garda un œil attentif sur sa presque progéniture, fronçant légèrement des sourcils quand son petit protégé se retrouva trempé pour seul motif de s’être retrouvé trop proche des deux humains. Un geste de la main de l’homme avait suffi pour déplacer un filet d’eau, jusqu’à l’Aitah, la force du liquide le projetant légèrement vers l’arrière sans pour autant le placer. La protectrice n’avait pas réagi, tout du moins aucun mouvement agressif ou d’envie de casser des dents. Pas de blessure, pas de parole déplacée, pour l’heure elle estimait que son animal n’était pas en danger, quoiqu’il soit fort simple de faire surgir un mur de terre ou de pierre pour le protéger en cas de besoin.

- «  Êtes-vous un véritable pacifiste ou avez-vous des compétences dans l’art de vous défendre ? » questionna-t-elle sans que l’interrogation soit forcement en lien avec le dernier événement.




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Flavien Teleri
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[Terminé] Découverte des sources chaudes  EmptyMer 7 Mar - 21:22
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Ils avaient de la chance qu'Hua soit fermement endormie et que Selmac et Spook soient bien trop occupés à jouer pour s'intéresser à eux, ou les deux mages se seraient retrouvés à distribuer des friandises à bien de petits êtres mourant probablement de faim, à en croire leurs mines basses et les yeux humides qui allaient avec.

Seule Aquila avait saisi l'opportunité du moment, attrapant la lamelle de viande des mains de Léonie avec la voracité délicate qu'elle partageait avec ses lointains cousins canins. Prenant grand soin de ne pas accrocher les doigts de la Protectrice, mais ne réussissant pas tout à fait à lui éviter quelques filets de bave sur les doigts, Aquila avala goulument la friandise offerte.

Rassasiée, la Nokhoi retourna s'allonger aux côtés d'Hua, plaçant son corps tout contre celui de sa camarade et veillant à se poster à sa droite, histoire que la Tairakh ne roule pas malencontreusement dans l'eau au beau milieu de son sommeil.

Alors qu'ils terminaient tranquillement leurs sandwichs, Flavien se hasarda à retourner son interrogation à Léonie, à défaut de pouvoir lui proposer mieux. Il ne posa bien évidemment pas sa question par dépit : plutôt rester silencieux que de parler pour ne rien dire. Il était réellement curieux de savoir comment quelqu'un pouvait se consacrer corps et âme à la protection d'une Cité tout en sachant pertinemment que le métier pouvait être aussi cruel qu'ingrat.

Simplement, si Léonie n'avait pas abordé le sujet d'elle-même, il n'aurait certainement pas cherché à aborder la question. Il avait toujours autant de mal à initier une conversation, préférant largement rebondir sur les sujets que pouvaient aborder ceux qu'il croisait, plutôt que de trouver lui-même un sujet de conversation qui n'aurait pas vite fait de jeter un froid entre lui et ses interlocuteurs.

C'était déjà bien assez rare qu'il ne fuit tout bonnement pas une conversation.

La Protectrice lui demanda s'il souhaitait qu'elle soit honnête, ce qui lui valut un simple haussement de sourcil de la part du soigneur. Le "A votre avis ?" qui ne franchi pas ses lèvres pouvait se lire clair comme de l'eau de roche sur les traits de son visage. Loin d'être la conséquence d'un quelconque agacement, son air interrogateur n'était qu'une vague invitation pour la My'tränne à prendre son temps.

Le cheminement de la Protectrice était tout compte fait assez standard. Des parents occupants cette même position et une éternelle envie de briller à leurs yeux en tant qu'enfant avait posé des bases solides pour qu'une jeune Léonie se borne à suivre leurs traces. Sa place de benjamine dans une fratrie avait dû l'inciter à tout donner pour se démarquer des réussites de ses aînés.

Flavien se demanda distraitement s'il aurait éprouvé le même désir de suivre les pas de ses parents, eut-il été le dernier né d'une grande famille. Impossible d'en être certain : il n'avait jamais vraiment cherché l'approbation des siens. De toute manière, il était fils unique, la question n'avait donc pas lieu d'être... Quoique. Il y a bien longtemps qu'il avait quitté Valvonta.

Les Créateurs seuls savaient s'il était entre temps devenu grand-frère sans le savoir.

Chassant de ses esprits cette pensée absurde et le sentiment étrange qu'elle lui véhiculait, il écouta la Protectrice parler de son travail, de ce qu'elle y gagnait sur le plan personnel. Tout travail méritait salaire et sa position était aussi dangereuse que prisée lui assurait un revenu stable, mais il semblait que la jeune femme s'enrichissait d'une toute autre manière. Agir pour sa nation la contentait bien plus qu'un autre métier pourrait le faire. Son désir enfantin de se faire remarquer avait fait place à un besoin d'agir pour l'avenir de Busad.

Flavien hocha la tête lorsqu'elle se perdit un peu au courant de son explication. Il comprenait ce qu'elle avait voulu dire, bien qu'un nomade comme lui ne soit pas franchement en mesure de réellement comprendre ce qui la poussait à agir ainsi pour le bien commun.

Le bruit caractéristique d'un poids heurtant l'eau lui fit lever les yeux pour s'assurer que Selmac n'avait pas eu la brillante idée de se jeter à l'eau. Repérant l'Aitah qui se roulait sur le sol à quelques mètres d'eux en roucoulant de contentement, il soupira de soulagement. Le petit félin cornu n'était pas à l'origine du remous, mais à en croire les voix qui s'élevaient du passage rocailleux qu'ils avaient emprunté plus tôt dans la matinée, ils n'allaient pas tarder à avoir de la visite.

Tournant la tête en direction de l'entrée du sanctuaire, le regard du soigneur suivit celui de Léonie.

Tous deux ne tardèrent pas à être repérés par les nouveaux arrivants, pas vraiment ravis de leur présence sur les lieux. Leurs visages bienheureux s'étaient rembrunis et ils échangèrent quelques mots tout bas en passant devant Léonie, Flavien et leurs compagnons à quatre pattes, se contentant d'un signe de tête en guise de salutation. Flavien leur rendit à peine. De toute manière ils ne leur prêtaient déjà plus attention. Ils avaient l'air pressés et se hâtèrent de s'éloigner des fâcheux éléments perturbateurs qui mettaient à mal leur idylle naissant.

Flavien cligna des yeux et les observa trottiner un peu plus loin pour s'installer sur la berge, la main l'une dans l'autre en riant doucement. Leur mauvaise humeur n'avait été que passagère et un regard complice leur avait suffi à retrouver le sourire. Ils riaient même aux éclats en plongeant dans l'eau pure de la source, plus rien n'avait d'importance à présent.

Le nomade ignorait si le tableau lui faisait chaud au cœur ou non. Pourquoi se donner la peine de s'éclipser jusqu'ici si ce n'était pas pour admirer le cadre merveilleux qu'offrait l'endroit ? Ils pouvaient se retrouver sans avoir besoin de faire fuir les trois quart de la faune sous leurs rires.

La voix de Léonie le tira de ses pensées. La Protectrice proposait qu'ils profitent eux aussi des bienfaits de la source, avant que le cadre paisible ne se transforme en simple bain publique. Tout comme la jeune femme, il n'était pas franchement ravi d'entendre des éclats de rire prendre le dessus sur le chant des oiseaux.

Hua grommela dans son sommeil alors qu'Aquila se contenta d'un soupire. Seuls les Aitahs, toujours partant pour s'amuser, semblaient ravis de l'animation.

Sans aucune peur, Spook s'était approché du couple qui barbotait, suivi de près par Selmac. Simplement curieux de voir ce qui pouvait bien amuser les autres humains de ces lieux, ils saluaient à leur manière ces nouveaux compagnons de jeu potentiel. Le plus jeune des deux félins reçu pour sa peine une petite douche qui refroidit légèrement ses ardeurs malgré la chaleur du liquide. L'homme ne devait pas être un grand ami des bêtes, à en croire son comportement envers la petite boule de poils parfaitement innocente.

Flavien fronça les sourcils en avisant l'air irrité de l'homme qui tentait de déloger Selmac de son point d'observation en lui réservant le même sort qu'à son jeune compagnon.

L'Aitah miaula, surpris, et s'ébroua vigoureusement. Le soigneur n'aurait su dire si son irritation naissante était causée par le comportement gratuit de l'homme ou par le petit rire amusé de sa chère et tendre. Selmac était adorable, certes, mais son maître n'appréciait pas franchement qu'on fasse de lui le dindon d'une farce qu'il était trop gentil pour reconnaitre.

Léonie le surprit en lui demandant s'il était pacifiste ou s'il était capable de se défendre. Arquant un sourcil à cette question atypique, il répondit tranquillement à la Protectrice pour éviter de jeter un froid entre eux, détournant son attention des actions du petit couple d'amoureux.

- Il faut pouvoir se défendre un minimum quand on passe autant de temps que moi sur les routes. Factuel, une fois encore. Ça ne fait pas de moi quelqu'un de belliqueux. Je préfère éviter le combat si c'est possible. Je ne saurais pas parer un assaut direct, mais je sais me défendre en cas de conflit.

Flavien était loin d'être en sucre, mais il était relativement vulnérable au corps à corps.

- Mes invocations, ainsi que mes familiers me protègent et me préviennent du danger... Ah !

Son souffle se retrouva momentanément coupé lorsque Selmac fonça tête baissée jusqu'à lui, se réfugiant sur son estomac et le gratifiant d'un solide coup de tête au passage. En de rares occasions, comme maintenant, ses familiers pouvaient carrément être la source du danger. Heureusement que l'Aitah avait eu l'esprit de ne pas courber l'échine, ou le soigneur aurait eu deux jolies petite entailles au niveau du ventre.

L'Aitah en avait eut assez de jouer avec ces autres humains et n'était pas franchement ravi d'avoir le poil complètement trempé, se plaignant de son état auprès de son maître qui était partagé entre l'irritation et une exaspération amusée. L'un adressé au couple, l'autre à son Aitah qui se roulait en boule sur ses jambes tout en cherchant du réconfort. Le poil trempé de l'Aitah allait vite finir par mouiller ses habits.

- Selmac... Tu sais que tout le monde n'aime pas forcément jouer avec toi. Il secoua la tête, passant une main sur le poil humide de l'animal. Bien que ça ne leur donne pas le droit de te traiter comme ça.

Habituellement, il se serait contenté de transmettre ces paroles à son compagnon par la pensée. Aujourd'hui, il faisait l'effort de ne pas totalement exclure Léonie.

L'Aitah ronronnant finalement dans ses bras, il jeta un regard lourd de sens en direction du couple qui était bien trop occupé pour lui prêter la moindre attention. Au moins ils s'étaient éloignés de la rive, arrêtant dans la foulée de malmener de petites créatures joueuses.

- Si ce sont les Chuluuns qui vous inquiètent, ne vous en faites pas. Reprit-il après un battement, J'ai l'habitude de dompter des créatures plus dangereuses qu'eux. Je ne me laisserais pas surprendre, maintenant que je connais le danger.

Au bout de plusieurs minutes d'une discussion polie, Selmac s'étira paresseusement. Après un regard en coin à son maître, il se laissa couler sur la serviette et s'étira une fois encore, baillant longuement. Son poil était encore humide mais rien qu'une petite sieste au soleil ne saurait arranger. Trottinant jusqu'à ses compagnons de route, il se colla contre le ventre d'Aquila pour un repos bien mérité.

Flavien grimaça légèrement en constatant les dégâts. Il oubliait parfois combien Selmac pouvait avoir de poils. Sa chemise était complètement trempée.

- Vous parliez de profiter de la source chaude ? C'est peut-être le bon moment. Il semblerait que j'ai déjà pris un bain anticipé.


« De toutes les créatures d'Orshin, seuls les êtres humains me terrifient. »
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Léonie Morret
Léonie Morret
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Le couple semblait heureux d’être là, riant aux éclats, l’écho des voix résonnant dans le lieu, de manière particulièrement désagréable pour la protectrice. Elle laissa un soupir s’échapper de ses lèvres, alors qu’un regard presque incrédule se déposait sur le jeune couple. Impossible pour la my’tränne de comprendre l’intérêt d’une relation, tout comme il lui semblait tout bonnement incohérent de passer autant de temps avec un être qui vous détruira certainement de la plus cruelle des façons. Léonie n’avait définitivement pas une bonne vision de l’amour, malgré l’exemple presque idyllique de ses parents. Elle devait trop régulièrement s’occuper des séparations, des coups que pouvaient recevoir homme et femme de leurs conjoints, ou de devoir désamorcer une tentative de suicide pour un simple amour qui se termine.  En bref. La jeune femme était simplement incapable de voir le côté positif de la chose. Dubitative, elle délaissa son attention des amoureux –qui d’après elle ne le resterait pas longtemps- pour se reconcentrer sur son interlocuteur, qui ne lui semblait pas voir non plus d’un très bon œil les nouveaux arrivants. Spook et Selmac semblaient eux, bien heureux de la nouvelle animation de la journée, un couple, jeune en plus, c’était forcément une bonne chose pour s’amuser.

Spook s’était précipité à toutes pattes vers les deux étranges humains, cherchant à attirer l’attention en pavanant de manière la plus ridicule possible, laissant échapper quelques roucoulements. Si la compagne de l’homme avait semblé presque attendrie, lui, absolument pas, et c’est une vague d’eau monstrueuse qui s’était abattue sur la pauvre petite bête. L’animal avait fui rapidement, vexé, s’installant contre ses compagnons à pattes, partageant par la même occasion son humidité extrême. Léonie l’avait avisé un instant, vérifiant qu’il n’était pas blessé, ce qui n’était pas le cas, puis reporta son attention sur Selmac qui avait subi exactement le même sort que son plus jeune ami. La femme s’était mise à rire, amusée. La protectrice avait froncé les sourcils, avant de voir une boule humide se précipiter jusque dans les bras, le ventre de Flavien lui coupant la respiration un instant et du coup son rythme de dialogue. Elle démontra d’abord une certaine inquiétude, avant de constater que rien ne semblait particulièrement grave. L’animal était tout comme Spook vexé. Léonie suivit la conversation entre le propriétaire et Selmac attentivement et s’autorisa même à participer, sans être convaincue qu’il puisse la comprendre aussi bien que Flavien.


- «  Certains humains sont particulièrement stupides et sont prêts à faire des choses discutables juste pour impressionner. Tu comprends, c’est tellement plus facile de s’en prendre à une petite bête, plutôt qu’à un adversaire à sa taille. Ne t’inquiète pas Selmac, même complètement humide…  Tu restes très charmant. »

Sa voix avait porté suffisamment fort pour être entendue, ce qui avait dû certainement provoquer l’éloignement plus prononcé du couple. Léonie s’était adressée à l’animal de Flavien, comme elle aurait pu s’adresser à Spook et si avec les humains elle était maladroite, son compagnon à quatre pattes lui avait semble-t-il permis d’être plus agréable avec les animaux. Selmac s’était mis à ronronner contre son maître et la jeune femme ne put s’empêcher d’afficher un sourire. Lui aussi semblait véritablement proche de ses animaux, ce qui sans qu’elle ne puisse clairement identifier pourquoi, rassurait la my’tränne. Léonie plissa très légèrement le nez vis-à-vis de la réflexion de Flavien.

- « Avez-vous déjà dû affronter un animal contaminé ? Croyez-moi, ce n’est plus la même chose que lorsque celui-ci est saint. » Elle se mordilla la lèvre inférieure «  C’est violent, la bête ne semble avoir qu’une idée en tête, tuer… Elle a plus de force, plus de hargne… On était dix… Dix sur un simple oiseau et un petit… La moitié est tombée. »

Elle secoua doucement la tête, le souvenir n’était pas douloureux, mais désagréable. La mission avait mis les protecteurs devant un fait perturbant, devant la faune, la réussite n’était pas aussi simple que face à un humain. Elle haussa délicatement les épaules, balayant l’air de sa main, elle n’était pas ici pour lui faire renoncer à son envie, ni même pour le mettre en garde ou pour parler du travail. Cependant, elle se contenta d’ajouta d’une voix toujours identique :

- «  Soyez prudent, c’est simplement ce que je voulais vous dire. N’agissez pas bêtement et trop spontanément, vous risqueriez de mettre en danger vos amis »son regard se déposa sur ses compagnons de route « et vous-même. »

Pas comme elle, qui s’était contentée de courir avec un mini chuluun aux fesses juste pour éviter à sa collègue de se faire tuer. À cette pensée, Léonie eut un léger sourire amusé, difficile de faire pire en perte de crédibilité, parfois, elle ne réfléchissait vraiment vraiment vraiment pas suffisamment. Avisant Selmac s’éloigner plus loin pour rejoindre le reste de la troupe qui se chauffait toujours au soleil, Léonie reporta son attention sur Flavien. L’homme était trempé, du moins sa chemise en tout cas.

- « C’est une bonne idée. Vous devriez mettre votre chemise au même endroit que nos boules de poils. Le soleil devrait réduire son humidité rapidement. »

De son côté Léonie avait déjà oublié la présence du couple, dont les rires étaient encore bien trop présents à son goût. La jeune femme s’était relevée pour retirer sa chemise, ainsi que ses chaussures et son pantalon. Aucune notion de pudeur chez la my’tränne qui vivant dans un environnement davantage masculin que féminin. Sa silhouette était fine, musclée, certainement trop au goût de certains et surtout parcouru de multitudes de cicatrices, marques diverses et variées. La vie de protecteur n’était pas de tout repos, on prenait inévitablement des coups. Pliant le tout convenablement, elle déposa ses affaires sur le sol chaud, avant de venir délicatement se glisser dans l’eau chaude. Un soupir d’aise s’échappa de ses lèvres, avec sa taille imposante, la jeune femme avait pied. L’eau lui arrivait au niveau des épaules, signe que la source d’eau chaude était tout de même plus profonde que ce qu’elle en avait l’air. Faisant quelques pas pour se déplacer au plus proche des compagnons à poil, tout en laissant à Flavien le temps qu’il fallait pour la rejoindre. Léonie eut un petit regard joueur, et s’autorisa de mouiller très légèrement la petite troupe roupillant à l’aide de gouttelette d’eau –on était très très très très loin de la vague de tout à l’heure-. Spook leva une oreille, puis une autre en avisant sa maîtresse dans l’eau avant de se précipiter à toute hâte jusqu’à elle. PLOUF. La protectrice avait à peine eu le temps de le rattraper, après quelques papouilles, il était reparti sur le sol chaud, se secouant proche de ses nouveaux amis avant de s’installer sur le dos, les quatre pattes en l’air pour sécher.
La my’tränna laissa échapper un petit rire franchement amusé par ce comportement. Sacré Spook. Plongeant la tête sous l’eau pour se détendre et remontant rapidement à la surface, elle pivota légèrement vers son interlocuteur qui venait de la rejoindre et s’autorisa une question :

- «  Vous pensez qu’il va rester ainsi longtemps ? Je veux dire… Insouciant du danger, joueur ? »

Plus loin, le couple semblait ne pas voir d’un très bon œil cette animation. Jetant des regards plus sombres à la protectrice et son compère. La jeune femme avait fini par s’extirper de l’eau chaude, pour s’allonger sur une serviette, profitant du soleil pour sécher et certainement adopter une peau plus foncée. Si Léonie avait une couleur de peau qui ne pouvait pas trahir ses origines, celle allongée sur cette serviette non plus, sa peau était bien trop claire pour être de la région, tout comme son conjoint. La my’tränne partie donc du principe qu’il s’agissait de voyageurs. L’homme n’avait pas tardé à rejoindre sa compagne, s’installant contre elle pour réaliser exactement la même activité. La protectrice avait dû se sentir légèrement gênée de les observer ainsi, puisqu’elle finit par détourner le regard pour se reconcentrer sur Flavien.

- «  Avez-vous une région ou des habitants en particulier que vous n’aimez pas ? »

La question s’était échappée de ses lèvres particulièrement spontanément sans qu’elle ne prenne réellement le temps d’y réfléchir. Une mauvaise habitude, comme beaucoup d’autres. Quoi qu’il en soit, Léonie écouta attentivement la réponse, suivant la conversation d’une oreille particulièrement à l’écoute.
Après plusieurs longues minutes ou Spook s’était remis à courir très vite en cercle autour de l’eau, le couple avait fini par se relever, visiblement davantage agacé encore. L’endroit n’avait rien de suffisamment intime ou de paisible pour eux. Faisant le tour main dans la main, l’homme s’était arrêté devant les affaires du duo pour jeter le tout dans l’eau, sa voix c’était fait entendre, réprobatrice au possible.


- «  Vous devriez mieux éduquer vos bêtes et éviter de mettre des poils dans une source si agréable. Ne connaissez-vous pas le respect d’autrui ? » siffla-t-il entre ses deux alors que sa compagne restait un peu plus en retrait «   Par Dalaï, je devrais vous noyer juste pour vous apprendre à vous comporter correctement. »

Léonie resta incrédule devant les propos, n’ayant pas eu l’impression d’avoir manqué de respect à qui que ce soit. Elle laissa un soupir s’échapper de ses lèvres, alors que son caractère habituellement calme semblait davantage lutter pour le rester.

- «  Navrés d’avoir eu un comportement offensant, nous n’en avions pas conscience. Est-ce une raison cependant de nous agresser de la sorte ? »

Elle c’était légère rapproché du bord, par sécurité, mais aussi pour mieux appréhender celui qui s’adressait à eux de haut –forcement, le duo était dans l’eau, le couple sur la terre ferme-. L’homme ne sembla pas entendre l’argumentation, ses poings se serrèrent sans que la my’tränne n’en comprenne la raison.

- «  Allez, laisse tomber, viens, on va profiter encore un peu du soleil puis on rentrera. »

La jeune femme le tira par la main avec force, si bien que la conversation s’arrêta là. Comme ça, le couple entamant de ranger leurs affaires, l’homme marmonnant dans sa barbe toute la rage qu’il pouvait avoir pour cette région et ses habitants.

Spoiler:
 



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Flavien Teleri
Flavien Teleri
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[Terminé] Découverte des sources chaudes  EmptyVen 9 Mar - 2:43
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Selmac n'ayant même pas prit la peine de s'ébrouer avant de courir se blottir sur son ventre, il se retrouvait à présent avec une chemise qui lui collait désagréablement à la peau. Rien d'insurmontable, ni même de nouveau : il avait vu bien pire lorsque ses expéditions mal calculées l'avaient conduit à se résigner à parcourir plusieurs kilomètres sous la pluie battante. Il lui suffirait d'exposer son vêtement en plein soleil et d'attendre un petit moment pour résoudre ce fâcheux incident. Plus d'irritation que de mal au final.

Naturellement, ils décidèrent de profiter eux aussi de la source chaude en attendant que la magie opère. En deux temps trois mouvements, ils débarrassèrent les restes de leur déjeuner et se préparèrent chacun de leur côté à piquer une tête dans l'eau. Sur les bons conseils de Léonie, Flavien décida de déposer ses affaires non loin de ses compagnons somnolant. Il était vrai qu'ils s'étaient accaparé l'endroit le plus ensoleillé du lieu, s'étalant de tout leur long au bord de la rive, l'ombre de quelques végétaux les caressant à peine.

Flavien déposa ses affaires près de Selmac qui ne daigna même pas ouvrir les yeux pour voir ce que son maître pouvait bien faire. L'Aitah avait déjà oublié ses malheurs, heureux de retrouver la compagnie de sa comparse reptile pour une sieste amplement méritée après de telles mésaventures. Seule Aquila, vigilante même dans son repos, leva les yeux en le sentant approcher, la reposant bien vite lorsqu'il se contenta de secouer légèrement la tête. Elle pouvait dormir tranquille en compagnie du petit groupe de quadrupèdes qui se dorait au soleil, il n'avait pas besoin de son assistance.

Une fois sa besace et son manteau déposés au pied de la Nokhoi, le nomade repéra une pierre juste assez large pour que ses affaires puissent sécher tout en évitant de se retrouver tachées d'herbe. Il passa sa chemise au-dessus de sa tête, grimaçant en coinçant quelques cheveux indisciplinés dans un pli du vêtement, avant de finalement la déposer à même la roche chaude. Son haut étendu de façon hasardeuse, il plia le restant de ses affaires et les déposa soigneusement au pied de la pierre. Vu son mode de vie, sa garde-robe était plus que limitée. Il prenait donc grand soin de ses vêtements usés par les voyages. Les nombreuses lanières de cuir qui maintenaient ses cheveux attachés rejoignirent ses affaires sur le sol chaud. Il n'en conserva qu'une seule, nouée à la base de sa nuque, simplement pour éviter de se retrouvé aveuglé par sa propre chevelure.

Chaussettes et pantalon rejoignirent ensuite ses bottes sur l'herbe sèche. Sa peau hâlée par le temps passé dans les régions chaudes portait de nombreuses zébrures plus claires, inévitables décolorations d'une peau cicatrisée avec difficulté. De telles marques n'avaient rien d'exceptionnel : les cicatrices étaient monnaie courante de tout voyageur un tant soit peu aventurier. Pourtant, dans le cas de Flavien, elles étaient le souvenir de rencontres que ses capacités de guérisseur n'avaient pas réussi à totalement effacer. S'il pouvait refermer certaines plaies légères, il était clair qu'il lui aurait fallu étudier bien plus assidument pour soigner une blessure causée par un Aimshgiin. La curiosité était son plus merveilleux défaut. Le plus dangereux, aussi.

Cette courte introspection terminée, il dénoua finalement son collier pour le poser délicatement sur son manteau. Le bijou était fragile, certes pas assez pour risquer quoi que ce soit en temps normal, mais suffisamment pour ne pas forcément apprécier d'être plongé trop longtemps dans l'eau.

Des gouttelettes d'eau mouillèrent sa cheville au même moment où un grand plouf se fit entendre, l'invitant à reporter son attention sur ses compagnons de route. Ou plutôt sur l'un d'entre eux en particulier. Spook, qui venait de se jeter dans les bras de sa maîtresse pourtant plongée dans l'eau avec toute la confiance que seul un Aitah pouvait accorder à un autre être vivant, avait été attrapé de justesse par Léonie qui lui évita de boire la tasse, mais pas d'éclabousser ceux qui se trouvaient juste à côté. Pour ajouter de l'huile sur le feu, le petit félin se hâta de se secouer une fois les pattes sur la terre ferme, douchant légèrement ses congénères qui ne lui en tinrent pas rigueur. Heureusement qu'Hua était fermement endormie, où il était sûr d'avoir droit à quelques grognements de la part d'une Tairakh mal léchée. En l'état, Selmac se sentit investit d'une mission de la plus haute importance, à savoir soigner le pelage du jeune Aitah que des papouilles humides avait mis sens dessus dessous. Aquila, elle, se contenta de soupirer, roulant sur le côté pour exposer au soleil les quelques goulettes d'eau sur son flanc.

Le regard du soigneur croisa brièvement celui de Léonie. Tout le monde avait l'air de bien s'amuser, et la bonne humeur générale fit doucement sourire le nomade. Il en oublierait presque le couple d'amoureux qui murmurait à voix basse, quelques mètres plus loin. Bien décidé à profiter des bienfaits de la source chaude sans s'occuper du couple mal luné qui bronzait plus loin, Flavien s'immergea dans l'eau sans plus d'hésitation. L'eau était chaude, bien plus chaude que ce dont il avait l'habitude, mais elle n'était absolument pas désagréable du tout. Les bains chauds étaient une denrée rare en pleine nature.

La Protectrice, de son côté, observait d'un œil bienveillant son jeune compagnon que Selmac avait fini par libérer. Spook était couché de tout son long à côté d'Aquila, ronronnant de contentement, absolument pas traumatisé par le fait que si Léonie ne l'avait pas attrapé rapidement, il aurait très bien pu boire la tasse. Ce fait inquiétait d'ailleurs la jeune femme, qui demanda à voix basse au nomade s'il pensait que le petit animal allait lui causer ce genre de frayeur encore longtemps.

- C'est fort possible. Répondit-il simplement. Les Aitahs sont joueurs, peu importe leur âge. Selmac doit avoisiner les quinze ans, vous savez. Cela fait des années qu'il m'accompagne et pourtant il n'a pas perdu l'envie d'accorder sa confiance au premier inconnu venu.

Il n'essayait pas de décourager la jeune femme. Il ne pouvait pas arrondir les angles non plus. Les Aitahs n'étaient pas connus pour leur instinct de survie.

- Mais, Se surprit-il à ajouter en avisant la mine de Léonie, Ils sont comme nous d'une certaine manière. Ils apprennent de leurs erreurs. La seule différence est que, contrairement à bien des Hommes, ils ne refont pas deux fois la même erreur volontairement.

Ce n'était certainement pas ce que la Protectrice souhaitait entendre, mais il ne pouvait pas lui offrir plus que ça. Elle changea d'ailleurs le sujet, lui demandant si certaines régions lui paraissaient plus désagréables que d'autres et s'il éprouvait une quelconque animosité envers certains peuples. Flavien secoua la tête avant même de répondre. L'indifférence était un merveilleux sentiment et il accordait celui-ci à la majeure partie de ceux qui croisaient sa route.

- Difficile à dire. Je ne me mélange pas assez longtemps à la population pour que mon avis soit d'une quelconque valeur. Dit-il, pas vraiment attristé par cette réponse, Mais si je devais me baser sur mes séjours... Je dirais que je ne porte pas Nalan en haute estime. Je n'y ai passé que quelques jours, mais ils furent beaucoup plus fatiguant qu'une semaine de marche dans le désert.

Nalan, ville établie près de la frontière entre Zagash et la région de Khugatsaa était un contrefort militaire, magnifique d'apparence mais incroyablement révulsant pour quiconque s'y intéressait un peu plus. Berceau des forces armées de Zagash, une majeure partie des habitants de cette cité voyaient d'un très bon œil l'annexion des régions voisines à la gloire de leur Architecte. Pour Flavien qui méprisait ce genre de comportement, il avait été très compliqué de garder son calme lorsqu'un recruteur l'avait joyeusement accosté pour lui proposer de rejoindre les forces armées de la région, d'abandonner les simples bestioles qu'il devait trainer comme des boulets pour plutôt bénéficier de la force de la Vie elle-même en admirant Dalai plutôt qu'une stupide araignée.

- Quiconque considère que sa croyance puisse être supérieure à une autre a encore beaucoup à apprendre.

Le soigneur avait parlé clairement, sans se soucier de qui pouvait bien l'entendre en plus de Léonie. Il continua d'ailleurs sur sa lancée, ne prêtant pas la moindre attention au couple qui bronzait plus loin.

- Mais vous, vous devez sans doute réussir à vous entendre avec tout ce qu'Orshin a à offrir pour exercer votre fonction. Busad est un lieu de transit pour tant de voyageurs.

Conversant tranquillement de longues minutes, le duo jetait de temps à autre un regard à la rive, sur laquelle Spook s'était remis à faire des longueurs, éternel infatigable qu'il était. Passant et repassant devant le couple qui bronzait, ou en tout cas essayait de le faire, l'Aitah était pleinement épanoui ici. Du coin de l'œil, Flavien pouvait voir le visage de l'homme rougir de plus en plus à mesure que les minutes s'écoulaient. Quelque-chose lui disait que la cause n'était pas le soleil tapant qui inondait les sources chaudes de lumière.

Effectivement, à peine quelques minutes plus tard, le couple se planta devant eux, main dans la main. Après un regard de travers, l'homme attrapa avec une rapidité déconcertante les vêtements soigneusement disposés parterre par le duo. Roulant le tout en boule, il jeta l'ensemble dans l'eau, le visage furieux, tout en cinglant qu'ils feraient mieux d'éduquer leurs créatures et d'apprendre le respect d'autrui. Cette remarque était déjà bien assez riche de la part d'un homme qui venait de jeter à l'eau les affaires de parfaits inconnus, mais sa vocifération finale finie par exaspérer Flavien. Bien sûr. Comptez sur un admirateur de Dalai pour réagir aussi violemment au jeu innocent d'une créature incapable de lui faire le moindre mal.

Perturbé par la remarque cinglante, il ne réalisa qu'après coup que ses affaires avaient été jetées à l'eau, heureusement pas trop loin d'eux. Deux brasses lui suffirent à récupérer leurs habits dans ses bras et il laissa Léonie répondre à l'agressivité gratuite alors qu'il démêlait leurs affaires pour mettre la main sur le collier qui lui était si cher, rassuré lorsqu'il le retrouva coincé entre la manche de sa chemise, complètement trempée désormais. Soupirant de soulagement, il sera dans sa main le minéral vert-bleuté qui embellissait le bijou, levant enfin des yeux sévères sur l'homme qui se croyait visiblement tout permis.

La Protectrice soupira puis s'excusa, ce que Flavien ne compris pas bien. Ils n'avaient absolument rien fait de mal, mais cela valait apparemment la peine d'être menacé de noyade. L'agacement léger de la My'tränne fut secondée par la réaction du soigneur. Une levée d'yeux au ciel en bonne et due forme. Flavien aurait presque oublié combien cette marque d'agacement lui venait naturellement.

- La nature vous appartiendrait-elle donc plus qu'aux espèces indigènes des lieux ? Questionna-t-il légèrement en se parant du détachement si facile à revêtir.

Léonie s'était rapprochée du bord, attendant des explications qui n'arrivèrent jamais, l'homme se contenta simplement de serrer les poings et de tourner les talons sous l'influence de sa compagne qui intervint pour empêcher... pour empêcher quoi, au juste ? Peu importe. Ils se retrouvaient à nouveau seuls, Flavien les bras chargés d'habits et Léonie tout aussi confuse que lui. Echangeant un rapide regard en entendant l'homme marmonner, les deux mages décidèrent d'un commun accord qu'il valait mieux éviter d'envenimer la situation. Tant qu'il ne s'adressait pas à eux, il serait sage d'en faire de même.

- Je vais faire sécher nos affaires. Glissa Flavien à Léonie, simplement pour tenter de briser le silence effaré qui suivit l'altercation.

Le nomade s'était résigné à quitter la chaleur des sources pour étaler leurs habits sur le sol. Vu leur état, ils allaient accumuler pas mal de poussière. Flavien secoua la tête en vacant à sa tâche. Peu importe, il rencontrerait encore d'autres énergumènes dans ce genre. Il eut vite fait d'exposer toutes leurs affaires au soleil, déposant avec hésitation son collier près de sa besace épargnée par l'accès de colère de l'admirateur de Dalai. Admirateur de Dalai qui n'avait toujours pas fini de marmonner dans sa barbe, d'ailleurs, bien que ses affaires soient pliées et rangées.

Le couple semblait sur le départ, la jeune femme ayant abandonné l'idée de bronzer en compagnie de son amant nerveux. Parfait, la paix reviendrait dans ces lieux plus rapidement ainsi. Les deux jeunes gens prirent leurs affaires sous leurs bras et se dirigèrent vers l'entrée des sources chaudes. L'homme n'avait pas fini de marmonner des insultes dans sa barbe, ce qui força Flavien à se faire violence pour ne pas rouler des yeux. Ils étaient sur le départ, maintenant n'était vraiment pas le moment d'envenimer la situation.

Pour sa considération, Flavien fut gratifié d'un coup de coude dans les côtes au passage de l'admirateur de Dalai. Rien de particulièrement violent, mais assez puissant pour ne pas avoir été malencontreux. Le soigneur serra les dents, frustré par une telle attitude, mais ne releva pas l'affront. On s'en chargea en revanche pour lui. Aquila qui s'était levée, prête à intervenir en sentant l'animosité dans l'air, grogna sourdement. Elle n'appréciait pas franchement qu'on malmène son maître.

L'homme se retourna sèchement en entendant le grognement de la Nokhoi et il fronça les sourcils, l'air mauvais. Ses yeux se posèrent sur Flavien qui n'avait encore rien dit, et il retroussa les lèvres.

- Votre corniaud aurait-il besoin que je lui rafraichisse les idées ? Une bonne dose de discipline devrait faire l'affaire. Si vous n'arrivez pas à l'éduquer, je m'en chargerais pour vous.

Le sang de Flavien ne fit qu'un tour et il considéra froidement le jeune homme qui souriait d'un air narquois.

- Ça ne sera pas nécessaire.

Le ton du soigneur n'était pas particulièrement énervé, ce qui sembla davantage énerver son homologue.

- Vraiment ?, Siffla l'homme, J'ai le temps de vous offrir une petite leçon, après tout ma matinée vient de se libérer.
- Chéri, vient. Ils n'en valent pas la peine.

La piètre tentative de diffuser la situation s'avéra un échec cuisant. Plutôt que de calmer les ardeurs de son compagnon, la jeune femme avait ravivé son envie d'obtenir une réaction, peu importe laquelle, de la part du duo.

- Ha ! Ça c'est bien vrai !, S'esclaffa-t-il avant de reprendre un semblant de sérieux, Parfaitement incapables de se défendre par eux-mêmes, des animaux doivent le faire pour eux... C'est affligeant. En même temps avec un souverain aussi médiocre, comment veux-tu qu'ils évoluent ?, Glissa-t-il à sa compagne avant de conclure en direction de Léonie et Flavien, Vous auriez besoin d'un véritable meneur, pas d'un illuminé.

HRP:
 


« De toutes les créatures d'Orshin, seuls les êtres humains me terrifient. »
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Léonie Morret
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Ce n’était pas exactement la réponse que Léonie avait espérée, néanmoins ne pouvait-elle pas paraître le plus honnêtement du monde étonné. La my’tränne avait pu largement déduire grâce au temps passé avec Spook, qu’il n’était nullement un animal très peureux, un peu trop inconscient. Cela donnait autant de charme à la boule de poil, que d'inquiétude à sa maîtresse. Devrait-elle obligatoirement faire avec cet état de fait, le protéger et être d’autant plus attentive à lui. Sa mine avait dû néanmoins se parer d’un voile léger anxiété, puisqu’à sa grande surprise, son interlocuteur reprit la parole, pour la rassurer –du moins le percevait-elle ainsi-. Reconnaissance de cette tentative, la protectrice lui offrit un sourire poli, qui avait disparu aussi rapidement qu’il était arrivé. Ses deux perles bleutées surveillaient son petit compagnon, dont la toilette humide semblait avoir été faite avec minutie par Selmac –pour le plus grand plaisir de Spook qui n’avait absolument eu rien à faire, le rêve-. Une nouvelle vague de culpabilité avait envahi l’esprit de la jeune femme, n’avait-il réellement pas besoin de compagnon dans son quotidien ? De ce fait, était-elle simplement capable de s’occuper de deux bestioles à quatre pattes. Ses lèvres avaient formés une légère grimace à cette idée, l’obligeant à changer de sujet et à s’occuper l’esprit différent. Quoi de mieux pour ce faire que de questionner Flavien sur sa capacité de tolérance, aimait-il tout le monde, se moquait-il de son environnement, avait-il un calme à toute épreuve ?

« Ne pas se mélanger à la population », la parole fut rire Léonie qui dû comme souvent, simuler une légère quinte de toux pour ne pas donner l’impression de se moquer. Au fond, cela lui ressemblait bien, il était un peu… sauvage, ermite. Du moins, c’était la sensation qui émergeait de sa personne. Il évoqua une ville qu’elle ne connaissait pas, mettant Léonie face à une difficulté nouvelle, sa non-connaissance des autres régions. Oh, évidemment, elle pouvait citer les capitales, la croyance vis-à-vis de quel architecte allait le lieu, mais pas plus. Elle n’avait jamais voyagé, ou tout du moins pas en dehors du territoire qu’elle commençait à bien connaître. La jeune femme ne put s’empêcher de plisser le nez, en se demandant si elle se devait d’être honnête en admettant ne pas avoir la moindre idée de ce que pouvait être cette ville, ou garder le silence en opinant la tête et en souriant –c’était une technique que sa mère disait parfaitement efficace-.

Par acquit de conscience et par une crainte étrange de ne pas paraître très cultivé, elle décida d’utiliser ladite méthode, avec l’impression d’être terriblement ridicule. Ne manquait-il plus que les ‘mh,mh’ elle aurait été le parfait cliché des femmes qu’elle n’appréciait guère. Léonie cessa donc son comportement, se maudissant intérieurement d’avoir eu la non-intelligence d’essayer la méthode. Sacrée connerie. Flavien n’avait pas relevé, ou tout du moins lui avait épargné la moindre réflexion, pour son plus grand soulagement. L’homme poursuivait son explication, avançant une phrase qu’elle disait souvent, quoique d’une autre façon.


- «  C’est drôle » fit-elle en s’autorisant quelques mouvements dans l’eau «  Je dis souvent la même chose ou presque à mes collègues. » Poursuivit-elle en évitant de boire la tasse «  Enfin, je dis qu’il ne faut jamais sous-estimer un adversaire… Avec notre formation très poussée… » elle décida de ne pas en dire plus à ce sujet «  Enfin, certains pensent être capable de soulever le Tsagaan Oi à un doigt.  C’est ridicule. » Elle réfléchit un peu «  Sinon, non, il est impossible de tolérer ou d’accepter toutes les créations d’Orshin… L’influence du lieu amène des voyageurs intéressants et d’autres… beaucoup plus dangereux…. »

Cette fois, elle avait été plus spontanée, plus honnête aussi, c’était vraiment une phrase qu’elle pensait elle et non ce que son grade ou son rôle dans la région la poussait à dire ou à croire. La jeune femme offrit un sourire à son interlocuteur, sourire qui ne mit pas longtemps à disparaître en constatant la présence non désirée du couple devant eux. Quand elle parlait de l’attraction du lieu et de gens qu’elle n’appréciait guère, elle ne pensait pas que le duo d’amoureux se sentirait obligé d’illustrer ses propos dans la minute. Sans que la protectrice ne comprenne réellement la nature des échanges et le déroulement de la situation, les affaires des deux compères s’étaient retrouvées à la dérive, flottant non loin d’eux. Des échanges quelque peu froids et tendus avaient été formulés, alors que finalement, sous une question qui n’obtiendrait jamais de réponses, les tourtereaux s’éloignèrent afin de rassembler leurs affaires. Bon vent.

La voix de Flavien fit presque sursauter la protectrice, qui zieutait si fortement et d’un mauvais œil les amoureux qu’elle en avait oublié la présence de son interlocuteur. Déposant les paumes de ses mains sur le rebord, la my’tränne avait fini par s’extirper de l’eau opinant simplement en direction de l’adepte d’Orshin. Léonie avait récupéré une serviette, s’enroulant dans celle-ci, ce n’était ni une question de pudeur ni une question d’attraper froid, simplement une habitude, elle en tendit une à Flavien qui se trouvait un peu plus loin et qui avait eu la gentillesse de s’occuper de ses vêtements pour tenter un miracle de séchage. Il ne restait plus qu’à attendre, doublement, déjà que les indésirables partent, puis ensuite que les vêtements sèchent pour repartir. C’était évidemment sans compter sur le comportement stupide du cher et tendre de la dame, qui ne put s’empêcher de bousculer Flavien un peu trop violemment que ce soit au goût d’Aquila ou de la my’tränne. La Nokhoï s’était naturellement mise à gronder, comment lui en vouloir ne faisait-elle que protéger son maître ?
Flavien restait étrangement silencieux, donnant l’image de cette redoutable expression, le calme avant la tempête. L’homme redoublait de provocation et n’écoutait guère les paroles de sa douce qui lui suggérait de partir un peu maladroite. Tout s’enchaîna très rapidement pour la suite, une énorme vague menace de s’abattre sur Aquila qui fut protégée pour sa plus grande surprise, par un pont de pierre sortie tout droit du sol dans vitesse déconcertante. La nokhoï ne dut recevoir que quelques petites éclaboussures, bien moindre vis-à-vis à ce qui l’attendait si elle n’avait pas été protégée.


- « Bien, histoire de faire les choses dans l’ordre, je vais me présenter, ensuite, je vais vous laisser une minute pour partir. » se fit entendre une voix à quelques pas de là, froide, sévère « Je suis Léonie Morret, protectrice de Busad. Si vous ne souhaitez pas terminer votre journée enfermée dans une prison de pierre pour avoir manqué de respect et agresser un voyageur sans aucune raison valable, vous feriez mieux de déguerpir. »

C’était bien Léonie, qui confortablement enroulé dans sa serviette avait fini par sortir de son silence et de son calme. Quoique la voix restait très posée, plutôt douce, bien que plus sévère, plus autoritaire. La main de l’amoureuse glissa dans celle de son conjoint, elle eut un très léger mouvement de recul, comme-ci le mot ‘protecteur’ lui avait fait peur. Évidemment, l’homme dû se sentir offusqué, blessé dans son amour propre, puisqu’il refit un pas en avant.

- «  Ne serait-ce pas de l’abus de pouvoir ? Vous savez je peux faire remonter l’information très haut. »
- « Et si cela l’était, qui aurait le dernier mot ? Un simple voyageur, ou une protectrice vivant ici depuis sa naissance ? Vous n’avez pas besoin d’y réfléchir réellement, n’est-ce pas ? »

La réponse s’était faite au tact au tact, alors qu’elle réajustait d’un geste qui pouvait paraître un peu provocateur ou je-m’en-foutisme sa serviette autour de son buste. Elle n’avait clairement pas envie de devoir jouer de son autorité, mais avait aussi tout à fait conscience qu’elle ne dépassait pas les limites. L’homme face à elle en avait agressé un autre, avait menacé de manière à peine voiler les deux jeunes gens, était-elle dans son bon droit. La mâchoire de l’individu se contracta, de manière parfaitement visible. Il avait le choix, soit tenter un affrontement et terminer officiellement enfermé, soit prendre sur lieu ravaler sa fierté et partir. Choix cornélien pour un adepte de Dalaï.

- « S’il te plaît… Laisse tomber » chuchota sa bien aimée en le tirant vers l’arrière.
- « Si je vous recroise, croyez-moi… Vous me le payerez d’une façon ou d’une autre. » Cracha-t-il en tournant le dos à Flavien et Léonie.

Ils partaient, enfin, et les deux restants ne devaient certainement pas s’attendre à recevoir une immense vague d’eau chaude sur le dos, alors que les deux silhouettes disparaissent entièrement. Ce fut ‘brutale’, inondant l’espace d’un instant le sol et le lieu où se trouvaient Flavien et Léonie. La jeune femme était à présent dégoulinante, sa peau légèrement marquée par des ombres rouges à l’endroit où la force de l’eau s’était abattue. Encore une drôle de journée, encore un drôle d’individu, quand elle lui disait qu’on ne pouvait pas tolérer tout le monde, elle était loin de faire erreur. Ronchonnant à moitié, affichant pour la première fois une mine contrariée, presque boudeuse, un peu enfantine certainement aussi, elle pivota vers Flavien.

- « Je suis terriblement navrée » avisant un la chevelure de l’homme dans tous les sens et se remémorant son inquiétude préalable pour sa chemise, elle finit par laisser un petit rire s’échapper de ses lèvres «  je suis certaine que vous ne vous attendiez pas à autant d’aventure en venant ici. »

Le pont protecteur de la Nokhoï avait disparu, retrouvant la terre et le seul régnait un nouveau. Heureusement que la région était chaude, sans quoi toute la petite groupe serait sans aucun doute tombé malade.



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Flavien Teleri
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[Terminé] Découverte des sources chaudes  EmptySam 10 Mar - 14:19
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Le visage du voyageur était aussi rouge que celui de sa compagne était pâle. Il fermait réflexivement les poings à ses côtés, comme si cela le démangeait d'employer ses mains pour continuer la conversation. Il était d'autant plus irrité que ni Léonie ni Flavien ne réagirent comme il l'avait espéré, ne mordant absolument pas à l'hameçon, le laissant fulminer tout seul face à deux mages d'apparence désintéressée. Sa respiration était courte, tant et si bien que les prochaines insultes qu'il aligna donnaient l'impression qu'il venait de courir un petit marathon.

Réflexivement, Flavien étendit devant lui ses mains à plat, les amenait graduellement vers le bas dans un geste lent, pas très différent de celui qu'il employait lorsqu'il invitait un patient à calmer sa respiration. Invitant l'homme à respirer au même titre qu'il souhaitait métaphoriquement poser la situation, son geste pourtant pas dénoué d'un fond de bienveillance ne plut pas du tout à leur interlocuteur qui le perçu comme paternaliste. Il pointa un index en direction du soigneur.

- Vous, je vous conseille de vous calmer !
- Et je vous retourne ce très bon conseil.

Flavien ne cherchait honnêtement pas à fâcher cet homme déjà bien énervé. Il n'arrivait simplement pas à comprendre comment quelqu'un pouvait se mettre dans un tel état pour de simples broutilles.

- Je ne sais pas ce qui me retient de...! Lança l'homme en s'avançant d'un pas en direction du nomade.

Ni une ni deux, Aquila avança à son tour. La Nokhoi grogna sourdement, incapable de rester tranquille face au danger que représentait l'homme furieux. Elle ne pouvait pas rester sans rien faire et se contenter de regarder la scène. S'il faisait un pas de plus vers son protecteur, elle n'hésiterait pas à se poster devant lui. Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase pour l'admirateur de Dalai qui fusilla la reptile du regard.

- Toi le clebs, on t'as pas sonné !

Flavien le vit lever la main en direction de la source et s'avança d'un pas en comprenant ce qu'il comptait faire en appelant à lui une immense vague d'eau. Il pouvait accepter les insultes sans broncher, elles ne l'atteignaient guère, mais il était hors de question qu'il s'en prenne à l'un de ses compagnons. Il ne fut malheureusement pas assez rapide pour empêcher l'homme d'appeler la vague à s'abattre sur la Nokhoi et son cœur manqua un battement en voyant les litres d'eau se diriger avec force, droit sur la Nohkoi qui ne pouvait pas lui échapper.

Un mur de pierre recourbé s'éleva du sol un instant avant que l'eau ne frappe la carnivore, effrayant celle-ci peut-être autant que l'eau qui arrivait dans sa direction. Elle sauta vers l'arrière, faisant claquer ses mâchoires en direction de cette étrange création, ne réalisant pas encore très bien que ce pond protecteur venait de lui éviter de finir projetée en arrière sur plusieurs mètres par la seule force de l'eau. La vague s'écrasa sur la pierre et Aquila secoua la tête lorsque quelques gouttelettes d'eau lui tombèrent sur le museau.

Flavien adressa un regard à Léonie, un remerciement silencieux pour son intervention, avant de s'enquérir de l'état de santé de la Nokhoi.

" Aki, tout va bien ? "
" T'inquiète pas pour moi. " Répondit instantanément la carnivore. " Inquiète-toi plutôt pour ce gars. J'vais lui faire regretter d'nous m'nacer. "
" Non. On ne va pas s'en prendre à lui. "
" Il vient clairement d'nous attaquer ! " S'exclama la Nokhoi. " Flav, t'as pas à t'laisser faire comme ça ! "
" La question n'est pas là. On ne gagnerait rien à s'en prendre à eux. "
" Tu sais c'qu'il gagnerait, lui ? Un bout d'fesse en moins. "

Flavien secoua la tête doucement. Pour grommeler ce genre de chose, elle devait bien se porter.

Reportant son attention sur leur agresseur, il réalisa que Léonie et lui étaient en pleine conversation. La dulcinée avait glissé sa main dans celle de son compagnon grandement énervé, l'invitant à garder ses distances avec la Protectrice qui venait platement de les informer de ce qu'ils risquaient s'ils continuaient à jouer au plus malin encore longtemps avec eux. Le calme de Léonie était exemplaire : disparue était la jeune femme au sourire facile devant les bêtises de son Aitah, à sa place se tenait une Protectrice de Busad, une My'tränne pleine de patience mais dont les limites étaient atteintes lorsqu'on se permettait de mettre en danger quelqu'un devant ses yeux. Même vêtue d'une simple serviette de bain, elle ne donnait pas envie de tester ses paroles.

Le nomade sourit en coin lorsque Léonie répondit platement au jeune homme qu'il pouvait bien faire remonter l'information aux hautes sphères de Busad, mais qu'il n'obtiendrait certainement pas gain de cause. Entre son témoignage et celui d'une Protectrice de la cité, il était clair qu'il fonçait droit dans le mur, risquant au contraire de s'attirer des ennuis. La nouvelle finie d'enrager l'admirateur de Dalai qui serra les dents, les sourcils froncés et une énième insulte sur le bout des lèvres.

Flavien tapota sa main contre sa jambe, appelant Aquila à s'installer à ses pieds. Il ne se permettrait pas de mettre son grain de sel dans la conversation mais était prêt à solliciter l'aide de sa Nokhoi si par malheur le voyageur décidait d'en venir aux mains. L'idée avait clairement l'air de le déranger et on n'était jamais trop prudent.

Sentant qu'il avait perdu la partie avec Léonie, il accrocha le regard de Flavien. Peut-être espérait-il obtenir de sa part l'affrontement qu'il semblait si profondément désirer.

- Et ça vous convient ? Vous allez laisser une femme décider de l'issu de cette conversation ?, Lança-t-il, comme s'il espérait que sa fierté mal placée trouve écho chez le soigneur. Se laisser convaincre par sa compagne de jeter l'éponge devait vraiment beaucoup lui coûter s'il s'abaissait à ce genre de commentaire, Vous n'avez donc aucun honneur ?

Il est clair qu'un admirateur de Dalai n'aurait jamais accepté de laisser repartir l'auteur d'un tel affront. Flavien, pour sa part, était bien content de voir le couple disparaitre de sa vue.

- Il n'y a aucun honneur à chercher l'affrontement. Se contenta-t-il de répondre, plissant finalement les yeux pour considérer gravement le jeune homme qui avait du mal à lâcher l'affaire, Seriez-vous plus enclin à entendre raison si j'avais été celui qui vous signalait vos tords, quand bien même une Protectrice est immensément plus qualifiée que moi pour vous rappeler à vos devoirs ? Dalai aurait-elle modifié ses enseignements dernièrement ?

Sentant le temps tourner à l'orage, la compagne de l'admirateur de la mère des océans murmura à l'oreille de son compagnon qu'il était temps d'y aller. Blessé dans son amour propre, il ne parvint cependant pas à les quitter sans une dernière remarque acerbe. Le pire était sans doute que Flavien ne doutait pas de la véracité de ses propos : si leurs chemins venaient à se recroiser un jour, il risquait fort d'avoir quelques ennuis.

Le jeune homme les quitta avec un avant-goût de cette rencontre en devenir, appelant une véritable marée à s'abattre sur le petit groupe qui n'avait eu de tort que celui de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. La vague brûlante frappa les deux mages de plein fouet, n'épargnant pas leurs compagnons quadrupèdes qui prirent une bonne douche chaude, heureusement moins violente vu la couche de poils ou d'écailles qui les protégeaient. Un cri effrayé lui vrilla les tympans et il comprit vite qu'il était le seul à pouvoir l'entendre lorsqu'il sentit les griffes d'Hua se planter dans sa peau, la Tairakh fuyant le sol inondé pour chercher à se percher sur l'épaule de son maître, peinant à cette simple tâche de par la peau humide et rougie de son maître.

Flavien attrapa la petite carnivore avant qu'elle n'entreprenne de lui saigner complètement la jambe et elle se blottit dans ses bras. Elle enfuie son museau dans le creux de son coude, tremblante. Hua détestait vraiment l'eau.

" Hey, hey, hey. Tout va bien. "
" Attends que je te réveille un jour en te balançant de la flotte dans la figure, on verra si tout va bien à ce moment-là ! " Gronda la petite carnivore " C'était quoi ça ?! "
" Un imbécile. "

Chassant ses cheveux de son visage, il observa tour à tour la Tairakh tremblante, Aquila qui s'ébrouait et Selmac qui, une fois le choc initial passé, s'amusait maintenant à sauter dans les flaques que la vague laissait derrière elle. Le soigneur fronça les sourcils en caressant le poil d'Hua pour la débarrasser sommairement du paquet d'eau qu'il avait retenu. Fougueux comme l'océan, mais pas beaucoup plus malin que son élément. Une telle rencontre suffisait à lui rappeler pourquoi il préférait la compagnie des bêtes à celle des Hommes.

La voix de Léonie le tira de ses pensées et il secoua la tête à ses excuses, réussissant dans le même mouvement à libérer une belle mèche de cheveux qui s'écrasa sans cérémonie contre son visage. Grimaçant, il les plaqua en arrière, se déridant un peu en entendant le rire de la Protectrice qui lui demandait s'il s'était attendu à une telle aventure en venant ici. Elle avait raison dans le fond. Toute cette situation était parfaitement ridicule.

- Je dois avouer que non. Répondit-il après un battement, Vous m'aviez averti contre les insectes, pas contre cette catégorie de nuisible-ci. Il n'existe malheureusement pas de répulsif efficace contre la bêtise humaine.

Le soigneur secoua la tête. Toutes leurs affaires étaient parfaitement trempées. Seuls leurs besaces soigneusement déposées au pied d'un arbre à quelques mètres de la mare dans laquelle ils pataugeaient désormais, avaient été épargnées. Selmac et Aquila l'avaient bien compris et s'étaient allongés près de ces dernières. Soupirant lourdement, il déposa Hua sur la tête d'Aquila et entreprit de ramasser ses affaires. Après un regard critique au sol mouillé, il décida de les suspendre aux branches d'un arbre. La serviette prêtée par Léonie rejoignit ses vêtements sur le séchoir naturel et à eux deux, ils eurent vite fait d'étendre leur linge.

Avisant le sang séché sur sa jambe, à l'endroit où Hua avait tenté son ascension hasardeuse, il récupéra un peu d'eau dans sa main pour s'en débarrasser. Les petites plaies s'étaient refermées depuis longtemps, au même titre que la brûlure de l'eau presque bouillante qui l'avait frappé de plein fouet. La rage de l'admirateur de Dalai avait dû faire bouillir l'eau déjà bien chaude de la source, brûlant légèrement la peau des deux mages qu'une couche de poils ou d'écailles n'avait pas réussi à protéger. Son attachement à Möchlog lui avait permis de très vite se remettre de l'affront. Une brûlure en plein soleil n'avait absolument rien d'agréable.

Réalisant au même instant que Léonie n'avait pas la même capacité que lui à récupérer aussi rapidement de tels agissements, il termina de se rincer les mains et interpella la Protectrice.

- Vous allez bien ?, S'enquit-il, L'eau n'était pas trop chaude ?

Il n'était pas très sûr de ce qu'il avançait. Léonie n'avait pas la même résistance à la chaleur que lui et ce qui avait pu brûler sa propre peau n'était peut-être qu'un léger désagrément pour la jeune femme native de Busad. Si elle ressentait une quelconque gêne, il lui proposerait de jeter un coup d'œil à son dos, au point d'impact de la vague, afin de vérifier que la peau n'était pas brûlée. Soigner un maux aussi superficiel qu'une brûlure bénigne ne prendrait pas beaucoup de temps, une petite minute tout au plus. Après l'aide qu'elle avait apportée à Aquila, c'était bien la moindre des choses qu'il pouvait lui proposer.

Quelle que soit sa réponse, ils se retrouvèrent ensuite les pieds baignant dans l'eau que la terre sèche peinait à absorber, zyeutant la source chaude avec une certaine réserve.

- Je pense que je vais attendre avant de reprendre un bain. Déclara finalement Flavien en s'installant en tailleur sur une pierre exposée en plein soleil.

Son ton était plat et il aurait eu l'air sérieux si seulement il n'avait pas été en train de rincer ses cheveux et de créer une petite flaque à ses pieds. Léonie pouvait s'installer sur le rocher jumeau du sien qui se trouvait à quelques pas de là, ou bien replonger dans la source. Pour le moment, après une telle hostilité, il était simplement content de retrouver un peu de calme.

L'air était chaud, mais l'humidité de la source chaude l'empêchait de sécher aussi vite que cela aurait pu être le cas. S'il voulait éviter de tomber malade, il avait tout intérêt à prendre le soleil. Il ferma les yeux un instant, appréciant la chaleur du soleil. Un petit bourdonnement lui fit rouvrir les yeux et il repéra un insecte qui passait près de lui. Un sourire naquit sur son visage au même moment qu'une idée lui traversa l'esprit.

Il ferma à nouveau les yeux et projeta son esprit hors de son enveloppe charnelle, ne ressentant plus que vaguement la chaleur du soleil contre sa peau alors qu'il explorait la zone alentour, repérant un représentant de l'espèce qui l'intéressait. Echangeant brièvement avec le minuscule buveur de sang, il rejoignit son corps une fois l'information transmise. Ouvrant les yeux, il sourit, amusé, avant de repenser à son idée et de rire, purement et simplement. Ce n'était ni un rire sonore ni un rire moqueur. Il était léger, presque silencieux, mais bien réel.

Croisant le regard de Léonie, il se figea, comme pris sur le fait. Passant une main dans ses cheveux comme il avait pris l'habitude de le faire lorsqu'il était pris de court, il se racla la gorge.

- Je me suis rappelé que nos amis moustiques n'ont pas correctement pu se nourrir après notre passage... Et disons que je viens simplement de les prévenir qu'un jeune homme particulièrement sanguin n'allait pas tarder à leur rendre visite et que s'ils attendaient qu'il s'éloigne de leur oasis, ils pourraient faire un véritable festin.

Rancunier, Flavien l'était juste ce qu'il fallait, à son humble avis. Il avait beau avoir grandi bercé par les enseignements de la Chouette, il n'avait jamais vraiment réussi à se départir de ce défaut. Il n'allait bien sûr pas invoquer un Nokhoi pour le lancer à la poursuite du couple, d'autant plus que la jeune femme ne lui avait rien fait. Mais toute action aussi gratuite devait s'attendre à être jugée. Si le jeune homme n'avait pas hésité à effrayer la faune innocente qui habitait la source chaude en les douchant gratuitement, au même titre que les deux mages... Eh bien, s'il se retrouvait à son tour pris pour cible par la faune locale, tout ceci n'était qu'un juste retour de bâton, pas vrai ?


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'Laisser une femme décider de l’issu de la conversation’, la phrase fit froncer les sourcils de la protectrice, qui, de toute sa vie, n’avait certainement jamais entendue une connerie pareille. Qu’est-ce que ça voulait dire cette histoire, qu’une my’tränne était tout simplement incapable de décider que c’était un homme qui devait forcement prendre les décisions importantes. Un instant, une unique petite fraction de seconde, la protectrice eut de la peine pour celle qui avait choisi d’aimer un homme comme lui –oui parce que pour Léonie, on choisit d’aimer, évidemment.- quoi qu’il en soit, Flavien eut la bonne réaction, du moins pour la protectrice qui se contenta de lui décrocher un sourire, un homme intelligent, tout du moins, n’aurait-elle pas pu en douter avec les discussions qu’ils avaient eues jusque-là. Le couple avait fini par s’éloigner, main dans la main, l’homme à l’identité inconnue continuant à fulminer, grognée contre sa femme cette fois, qui ne l’avait visiblement pas suffisamment soutenue à son goût. Pauvre femme. Les deux silhouettes disparaissant, Léonie fut surprise par l’immense vague qui s’abattit sur elle et le petit groupe, la température chaude, venant sans aucun scrupule brûler certaines parties de sa peau.

La jeune femme avait retenu un petit couinement de surprises, se faisant légèrement emporter par la force du liquide. Ne jamais sous-estimer un adversaire, ne jamais baisser sa garde… Tu parles elle était belle la protectrice qui n’avait aucunement vu venir la vague, de près ou de loin. Spook s’était mis à couiner lui aussi, de surprises, il avait été déplacé sur plusieurs cm. L’animal s’était rapidement relevé, se secouant en tous sens pour évacuer les gouttelettes d’eau. La surprise passait, le petit être était déjà en train de sauter de flaque en flaque, laissant échapper quelques roucoulements de contentement. Si Selmac n’était pas loin, nul doute qu’il lui sauterait dessus pour rouler avec lui dans les petites flaques de boue que l’eau absorbée par la terre avait laissée derrière elle. Avisant le groupe, en particulier Flavien qui s’était retrouvé avec une boule de poil dans les bras, la my’tränne s’assurait que tout le monde allait bien. Ce n’était pas un geste protecteur, simplement une habitude que son travail lui avait fait avoir. Rassurée, elle tenta de faire un brin d’humour, laissant son rire se faire entendre par la suite, terminant comme souvent par une petite quinte de toux parfaitement maîtrisée.


- « Je suis certaine qu’il est tout à fait possible d’éloigner ce genre de nuisible. » Répondit-elle visiblement sérieusement « Elle va bien ? » interrogea-t-elle par la suite son interlocuteur vis-à-vis de celle qui ne semblait vraiment pas amusée par tout ça.

Dégoulinante, Léonie n’eut d’autre choix que d’imiter Flavien, récupérant ses affaires pour étendre le tout à des branches d’arbres, au soleil, puis de retirer sa serviette pour en faire de même. Ses doigts effleurent quelques marques rouges sur sa peau. Elle ne put s’empêcher de grimacer un peu, une brûlure, même à un stade que peu prononcé ne restait pas quelque chose d’agréable. La jeune femme tenta cependant de ne trop rien montré, inutile de sortir les bandages de secours pour pas grand-chose, elle connaîtrait certainement bien pire. Quoi qu’il en soit, elle fut surprise de la soudaine inquiétude de Flavien, qui avait dû se soigner. Elle haussa un sourcil, prenant une mine légèrement boudeuse, contrariée, elle était un peu trop fière pour admettre être gêné, mais pas inconsciente au point de ne pas profiter du talent de son interlocuteur. Roulant des épaules, elle ne répondit pas immédiatement, c’était un peu trop lui demander. Elle fit mine de vérifier, haussa une nouvelle fois les épaules qu’elle laisse retomber mollement.

- « Je ne sais pas… Peut-être le dos » fit-elle d’une voix calme « Vous pouvez regarder. »

Léonie savait parfaitement que ce n’était pas que le dos, bien au contraire, le haut des épaules aussi. Ce n’était cependant rien de grave, juste des petites taches de brûlures par-ci, par-là. La jeune femme aurait pu largement se passer de toute intervention, c’était plus par confort qu’autre chose –et certainement dû au petit picotement qui refusait de passer-. Elle s’installa sur une pierre, laissant son interlocuteur se placer derrière elle pour la soulager. A sa grande surprise, cela ne prit que très peu de temps, une légère chaleur s’était fait ressentir sur les zones brûlées puis, plus rien. La my’tränne lui avait offert un sourire un peu gêné, unique merci qu’elle formula sans vraiment le faire.

Se relevant doucement, elle avisa Spook sauté partout, cherchant à attirer l’attention de Selmac qui semblait un peu épuisé par toute cette animation. Le plus jeune lui, n’attendait qu’une chose trouver des compagnons de jeu, aussi se risqua-t-il à sauter sur Aquila puis sur Hua avant de tomber sur le petit sac de Flavien, qui s’ouvrit pour laisser glisser le journal que Léonie n’avait jusque-là, jamais vue. La protectrice fronça les sourcils vis-à-vis de son animal, qui comprit immédiatement qu’il avait fait une bêtise, reprenant sa course folle et circulaire. Léonie s’arrêta à mi-chemin, pivotant vers Flavien qui faisait un semblant d’humour. Ne pas se baigner tout de-suite,  drôle d’idée. Elle roula des yeux en secouant légèrement sa chevelure humide, qui par chance était convenablement attachée. Elle serait juste davantage frisé lorsqu’elle prendrait le risquer de dénouer tout ça.

- « Je ne vais pas me priver. Ce n’est pas un adepte de Dalaï qui va m’empêcher de profiter de mon unique repos depuis très longtemps y en aura pas d’autre avant longtemps aussi. »

Il était installé sur une Pierre en tailleur et Léonie en profita pour récupérer le journal. Elle n’osa pas le feuilleter, cependant, elle vérifia rapidement qu’il n’avait pas été abîmé par la vague. Cela aurait été dérangeant à ses yeux. L’homme ne semblait pas posséder beaucoup de choses. Pivotant vers lui, elle fut surprise de le voir rire finalement ou plutôt très légèrement absent. Il finit par lui expliquer que les moustiques allaient déguster du sang d’adepte de Dalaï ce qui pour le coup la fit rouler des yeux. La jeune femme ne l’avait pas imaginé rancunier, ou tout du moins, réagir de la sorte. Fut-elle surprise de cette prise d’initiative de ce comportement se détachant très légèrement de l’image qu’elle avait eue de lui. Finalement, il n’était pas si fermé que ça, il restait humain, malgré son côté ermite très prononcé. Elle lui offrit un sourire, s’autorisa une très légère petite taquinerie :

- « Dites-moi, monsieur, je ne vous savez pas rancunier. Brbrbrbrbr une attaque de moustique, que vous êtes cruels, sans pitié. Vraiment » une petite taquinerie sans aucun jugement «  Qui vous a soufflé cette idée, je veux des noms ! » souffla-t-elle

Un petit rire sincère s’échappa de ses lèvres, alors qu’elle rangé le journal à son emplacement. Plus sérieuse, elle rajoute simplement.

- «  Vous avez eu de la chance qu’il ne soit pas mouillé, cela aurait pu faire des dégâts. De la chance aussi qu’un petit Aitah ne décide pas de le trimballer partout après l’avoir fait sortir de son emplacement » son regard s’était déposée sur Spook très légèrement insistant « Je suis navrée, je ne voulais pas être curieuse ou dérangeante, je l’ai rangé.  Si ce n’est pas trop indiscret, c’est votre registre de créature ou de plante ? »

Évidemment, Léonie même avec toute la bonne volonté du monde n’avait pas pu s’empêcher de poser une toute petite question, elle avait décroché un sourire sincère en se rapprochant de Flavien. La jeune femme ne chercha pas forcément à attirer l’attention ou à le mettre mal à l’aise, au contraire. Spook lui semblait enfin épuisé, il s’installa sur le sol, s’étalant de tout son long, sur le dos, se frottant et se décalant légèrement.

- «  J’espère que nos affaires vont vite sécher. » Admit-elle finalement en s’installant au bord de l’eau, laissant tremper ses jambes jusqu’aux genoux.



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Flavien Teleri
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[Terminé] Découverte des sources chaudes  EmptyDim 11 Mar - 22:13
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Spook s'était bien vite remis de ses émotions et, en bon Aitah, ne tarda pas à se lasser de son jeu actuel. Sauter dans les flaques d'eau était amusant pour un temps, mais avec les deux mages occupés à panser leurs brûlures et les familiers de Flavien bien décidés à passer un peu de temps au calme, il commençait à s'ennuyer fermement.

La petite boule d'énergie n'avait qu'une seule envie : motiver l'un des quadrupèdes à jouer avec lui.

Sautant sans ménagement sur la tête d'Aquila, le dos de Selmac et même d'Hua, le petit Aitah fut gratifié tour à tour d'un soupire las, d'un roucoulement paresseux et d'un grondement sourd qui lui fit baisser les oreilles. Hua n'était pas d'humeur à jouer, ce qui réfréna un peu les ardeurs du félin qui sursauta devant la réponse de la Tairakh, retombant sur les affaires de Flavien.

Le contenu du sac se renversa sur le sol heureusement sec et l'Aitah leva les yeux vers sa maîtresse, sachant instinctivement qu'il venait de commettre une erreur. La Protectrice s'approcha des affaires pour réparer la bêtise de sa boule de poils avant que Flavien ne puisse lui dire que ce n'était pas nécessaire.

Une fois ses mains sèches, il s'occuperait déjà de rassembler ses affaires, elle n'avait pas à s'en faire. Il était bien placé pour savoir combien il était facile pour un Aitah de mettre les pieds dans le plat, il avait l'habitude.

La My'tränne rassembla les quelques pots d'onguent qui avaient été renversés puis attrapa le carnet qui n'avait pas quitté le soigneur depuis plus d'une décennie, stoppant son rangement pour réagir au petit rire de Flavien et à l'information qu'il venait de lui donner. Il était plutôt satisfait de la tournure des évènements. Sans parler de justice poétique, au moins l'admirateur de Dalai aurait droit à une petite surprise en redescendant dans la vallée.

Flavien leva les yeux au ciel en réponse à la taquinerie de Léonie. Il avait pris l'habitude de lever les yeux au ciel de bonne grâce lorsqu'il assistait, impuissant, aux nombreuses bêtises que pouvait bien faire Selmac. D'une certaine façon, l'absence d'une moue sévère sur son visage était le signe qu'il était plus amusé qu'irrité par les paroles de la jeune femme.

Elle se moquait gentiment de ce qui s'apparentait plus à la revanche d'un enfant contrarié qu'aux faits d'un adulte responsable, et Flavien ne trouvait pas en lui la force d'être vexé par la plaisanterie de la My'tränne. Au contraire, la voir ajouter au sujet plutôt que de hausser les épaules était assez encourageant. Ils arriveraient peut-être à travailler ensemble, tout compte fait.

S'il savait reconnaitre une plaisanterie, y répondre en accord était une toute autre paire de manche. Il secoua lentement la tête alors que Léonie se demandait à haute voix si l'un de ses compagnons lui avait soufflé cette idée diabolique.

- Pas Hua en tout cas. Dit-il lentement. Elle est en train de les maudire sur leurs sept prochaines générations.
" Dix-sept. Dix-sept générations. Et si on se recroise un jour, tu peux être sûr qu'il n'aura même plus de quoi produire une descendance une fois que j'en aurais fini avec lui ! "

La Tairakh avait relevé sa tête humide, s'étirant de tout son saoule, l'air absolument paisible pour une petite carnivore qui pensait aussi crument.

- ...Dix-sept générations, pardon. Corrigea Flavien en grimaçant. Les précisions d'Hua n'étaient vraiment pas nécessaires à transmettre.

La Protectrice rit de bon cœur à cette information et elle reprit son rangement, replaçant le carnet à sa juste place. Elle commenta légèrement qu'il était plutôt chanceux qu'il n'ait pas subit les dégâts de l'eau et Flavien hocha la tête gravement. L'encre qui noircissait les pages n'aurait pas supportée de se retrouver douchée, encore moins d'être plongée dans les sources chaudes. Il avait eu de la chance.

Léonie demanda curieusement s'il s'agissait d'un registre de créatures ou de plantes. Cette question légère, lancée sur le ton de la conversation, amusa le soigneur autant qu'elle l'attrista. Évidemment, vu la voie qu'il avait suivi, la question était parfaitement pertinente.

C'était presque amusant de se dire que le voyage qu'il avait initié dans le but de remettre ce journal aux proches de Lize, un ultime souvenir de celle qu'il espérait de pas entièrement être oubliée des siens, l'avait mené à l'oublier complètement au fil des ans, reléguant sa quête principale à une petite voix insistante qui lui murmurait à l'oreille les quelques fois où il feuilletait encore le carnet.

- C'est un journal de bord. Répondit-il simplement en secouant la tête.

Il se rappelait avoir débuté son voyage pour honorer la mémoire de la jeune femme qui avait dû, un temps, partager sa vie. Se remémorant les bons moments passés avec elle au travers des récits qu'elle avait contés dans ses écrits, il avait commencé à oublier leurs moments passés ensemble à mesure qu'il développait ses capacités de dompteur, jusqu'à ne plus éprouver qu'une grande neutralité pour ce qu'il pouvait lire entre les pages du carnet.

Vers la fin du journal, rempli aux trois-quarts seulement, Lize parlait des journées passées en sa compagnie, des échanges qu'ils avaient eu, de ce qu'elle apprenait à ses côtés et des sentiments qui lui réchauffait le cœur, un organe jusqu'alors uniquement enserré par l'étau de la maladie.

Pourtant, le Flavien qu'elle évoquait dans son journal avait beau partager certaines similitudes, il avait beau réussir assez facilement à s'identifier à lui par les actions qu'il entreprenait, il aurait aussi bien pu être un personnage fictif. Il ne gardait aucun souvenir des journées passées avec la jeune femme et pourtant, tout au fond de lui, il savait combien la reconnaissance de son nom par les siens avait été importante pour lui. Il avait tiré un trait sur sa région natale pour cette raison et pourtant, à force de vagabondages, il avait trouvé sa voie tout en perdant son chemin.

La voix de Léonie le rappela à la réalité et il cligna des yeux lentement. La Protectrice s'était installée au bord de l'eau, commentant légèrement sur l'humidité de leurs affaires, sa précédente question oubliée, acceptant la réponse courte et concise de Flavien.

- Lorsque vous m'aviez proposé de visiter les sources chaudes, hier, je vous ai dit que ce serait l'occasion de voir si vous me supporteriez assez pour ne pas tenter de me noyer avant la fin de la journée. Commenta-t-il lentement, ne sachant trop comment ramener ses tourments intérieurs sur le tapis. Je ne pensais pas que quelqu'un d'autre s'en chargerait.

Il ne souriait pas vraiment, contrarié par le fait qu'il avait beau avoir parcouru My'trä de long en large et mis les pieds en Nislegiin, il ne s'était toujours pas approché de la famille de la disparue. Pas une trace, pas une lueur de reconnaissance dans les yeux de ceux qu'il avait pu interroger au courant de dix dernières années.

Passant une main dans ses cheveux qui séchaient tranquillement, Flavien jeta un coup d'œil à sa besace. Dépliant ses jambes, il sauta de son perchoir de pierre pour aller cueillir le journal que Léonie avait rangé un peu plus tôt. Les feuilles jaunies et la couverture cornée étaient terriblement familiers, bien plus que la jeune femme auquel l'objet avait appartenu.

Que risquait-il vraiment, à part une autre déception ? Il était presque sûr que Léonie ne se permettrait pas de le juger pour avoir troqué sa vie tranquille contre une vie sur les routes, simplement par désir de permettre à une oubliée d'être remémorée.

Sa décision prise, il s'installa sur la rive près de Léonie. Ses doigts tapotaient la couverture du carnet alors qu'il réfléchissait à la manière d'amener le sujet délicat pour lui.

- En tant que Protectrice, vous rencontrez pas mal de monde.

Plutôt qu'une affirmation, il avait eu l'air de poser une question, attendant que la Protectrice lui réponde, ou du moins qu'elle lui montre qu'elle était prête à l'écouter. Il baissa les yeux sur le journal et, d'un geste hésitant l'ouvrit pour révéler la page de garde où le nom de Lize était joliment orthographié, le tendant à la jeune femme assise près de lui, l'invitant à le prendre en main si elle le souhaitait.

- Est-ce que vous avez déjà rencontré quelqu'un du nom de Brandtner ?, Demanda-t-il, hésitant quelques secondes avant de poursuivre, à son grand étonnement, Je cherche à retrouver la famille de Lize. Elle est enterrée à Valvonta mais elle a beaucoup voyagé avant ça, son journal le dit, en tout cas. Je ne me souviens pas d'elle, mais... peut-être qu'elle manque à sa famille.

En temps normal, il se serait contenté de demander si Brandtner évoquait quelque-chose pour la My'tränne, sans rien ajouter de plus. Il passa une main dans ses cheveux, confus.

Peut-être que le fait que Léonie avait vu de ses propres yeux le journal l'avait invité à se justifier, d'une certaine manière. Ce qui était assez étrange, car le soigneur n'avait pas pour habitude de se justifier. L'autre raison possible était qu'il souhaitait qu'elle comprenne sa démarche plutôt que de simplement penser qu'il posait une question en l'air. L'une comme l'autre, ces hypothèses ne plaisaient pas particulièrement au nomade.


« De toutes les créatures d'Orshin, seuls les êtres humains me terrifient. »
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Léonie Morret
Léonie Morret
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Léonie pivota légèrement vers Flavien pour écouter la réponse qu’il avait à lui donner. Ainsi Hua était déjà en train de maudire intérieurement le couple responsable de sa petite douche gratuite. Détaillant, l’animal, il était vrai qu’elle avait une petite moue boudeuse. Sans même avoir le don d’Orshin, les petits êtres avaient cette même facilité que les humains à faire comprendre ce qu’ils avaient, contrariétés, joies ou autres. La jeune femme en fut très légèrement amusée, elle évita cependant à éclater de rire, laissant comme souvent échapper simplement une petite quinte de toux discrète, mais bien présente. La petite précision, puis réajustement, la fit cette fois rire plus franchement, sans qu’elle ne puisse réellement le dissimuler. Elle imaginait la carnivore hurler dans l’esprit de son interlocuteur et détailler la multitude d’actions qu’elle allait mettre en place pour faire payer ce manquement de respect flagrant, l’erreur fatale que le couple avec commis en l’inondant elle. Secouant doucement la tête, la my’tränne avait fini par se remettre de cette petite pause agréable, elle haussa les épaules, laissa ses doigts parcourir la couverture du journal avant d’oser questionner Flavien vis-à-vis de celui-ci. La réponse logique obtenue ne la perturba pas plus que ça, elle avait pris l’habitude de recevoir de sa part des réponses courtes, sans trop de détail.

- «  Oh, intéressant » fit-elle sans l’interroger davantage

La jeune femme ne s’était pas attardée, parce que l’élément lui avait semblé sans importance. Léonie n’était pas une professionnelle du décryptage des comportements humains, bien au contraire. La protectrice lui avait décroché un sourire rapide avant de venir s’installer non loin de lui. Les jambes dans l’eau, la chaleur se propageant de manière agréable dans son corps avait fini par parvenir à la détendre complètement. Un peu de relâchement après le bref élément stressant de la journée. La conversation s’était éteinte comme elle avait commencé, sans que cela ne soit gênant ou pesant, au contraire. C’était une sorte d’habitude que le duo avait prise, respecter les silences de l’autre, interpréter sans paraître déplacé, tolérant l’autre dans sa façon d’agir, de se comporter. Flavien avait fini par reprendre le fil de la conversation là où elle s’était terminée, tâchant de plaisanter en expliquant qu’il n’avait pas prévu de se retrouver trempé, encore moins par un parfait étranger.  

- «  Moi non plus » avoua-t-elle « Pour ma défense, je crois que j’ai été aussi trempé que vous. » Rajouta-t-elle pour se donner bonne conscience.

Au fond, elle ne pouvait rien d’autre ou d’intéressant, alors elle préféra faire silence pour se concentrer sur le lieu. Savourant le calme fraîchement revenu. L’endroit était très agréable, même si elle était déjà venue par le passé, il fallait avouer que cela restait extrêmement rare, trop au goût de sa mère qui lui reprochait sans cesse d’avoir oublié de vivre ou de le faire plus que pour son métier. L’image des multitudes disputes qu’elle avait pu vivre avec sa mère émergea de son subconscient, l’obligeant à froncer les sourcils. Après, quelques minutes de silence, son regard abandonna les mouvements de l’eau pour se concentrer sur Flavien qui venait de se relever pour récupérer son journal. La protectrice l’abandonna presque aussitôt du regard, ne jugeant pas l’instant important. Léonie avait pour l’heure, une seule envie, profité de cette petite pause dans son rythme de vie acharnée. C’est la voix de son interlocuteur qui la ramena bien trop vite à son goût dans la réalité. Flavien soulignant son métier, elle se doutait qu’il ne parlait plus à présent à la femme, mais bien à la protectrice. Elle fit une légère moue avant de tourner la tête vers lui, elle opina simplement.

- «  Busad est une ville qui attire bon nombre de voyageurs en effet. » répondit-elle.

L’homme lui tendait de nouveau le journal et celle qui était dévouée à son métier ne semblait pas saisir l’important qu’il avait pour lui. L’attrapant avec une certaine douceur, elle le déposa sur ses genoux, laissant ses doigts parcourir la couverture avant de s’autoriser à l’ouvrir pour le survoler quelque peu, sans forcément le lire en détail.

- «  Si c’est une my’tränne, sa famille l’aura certainement oublié » répondit-elle d’une manière très terre à terre, qui aurait pu être digne d’une femme adepte de möchlog « Ce n’est pas un nom de chez nous » fit-elle finalement après une courte réflexion «  Pour avoir rencontré quelque daënar, il sonne plus comme une sonorité de là-bas. » Elle se frotta le menton, avant de passer ses doigts dans sa chevelure « En revanche, le nom ne me dit rien, je peux faire une recherche rapide auprès de mes collègues le temps de vos recherches ? Qui sait, peut-être que quelqu’un la connaît. Que dit son journal, est-ce qu’elle est devenue à Busad ? »

Cette fois-ci ou plutôt devrais-je dire enfin, Léonie prit conscience que ce n’était pas qu’un simple journal sans importance, mais plutôt une relique d’un passé que l’homme avait oublié. Étrangement, c’est un vent d’inquiétude qui s’empara de la jeune femme, il n’était jamais bon de se souvenir, peu importe la manière, il n’était aucunement fait pour avoir cette compétence. Elle fronça les sourcils, détaillant plus sévèrement son interlocuteur, sans faire le moindre reproche, sans pour autant paraître désagréable, elle hésitait, réellement, comme elle aurait pu le faire quand elle s’adressait à Zaël et qu’elle savait que ce qu’elle n’allait dire ne plairait sûrement pas. Après avoir pesé le pour et le contre, elle avait fini par se raviser, tout en se mordant l’intérieur de la joue. Consciente que ce n’était pas son rôle, elle préféra rester neutre, tout en le mettant en garde délicatement :

- «  Je comprends, cela ne doit pas être évident d’être le garant des affaires d’une désormais inconnue » fit-elle avec l’impression de marcher sur des œufs «  Cependant cela doit être  la volonté des architectes, il ne faut pas aller à contre-courant » souffla-t-elle beaucoup plus hésitante «  Qu’est-ce que vous recherchez exactement en rapportant ce journal ? Un souvenir perdu ou simplement la réalisation d’une bonne action ? »

Parce que l’être humain était égoïste de nature et que rien n’était fait au hasard. Leur peuple n’avait pu la chance ou malchance de se souvenir, plus de souffrance vis-à-vis de la perte d’un proche et l’être le plus important pour les yeux de quelqu’un pouvait très rapidement devenir un parfait inconnu. Une personne comme une autre, quelque chose de lointain. Or rapporter ce journal, c’était un peu refuser d’oublier, refuser de laisser cette femme se faire oublier, devenir rien, juste une graine de poussière parmi tant d’autres. La question était donc, pourquoi ? Était-ce pour réellement rassurer une famille qui avait très certainement oublié cette femme, ou était-ce pour découvrir via un cette recherche une partie de son passé, une partie de cette femme dont on ne se souvient absolument de rien. Fronçant doucement les sourcils, la protectrice avait l’impression de voir l’adepte d’Orshin flirter avec les limites du raisonnable, avec les limites de l’état d’anomalie.

Une légère gêne dû se voir au fond de ses yeux, une légère crainte aussi. Léonie ne faisait rien qui allait à l’encontre des lois, rien qui allait à l’encontre de la volonté des architectes, il était complexe pour cette femme qui ne pensait jamais à elle, de comprendre toute la volonté qu’il pouvait éprouver à vouloir remplir les trous de son esprit.

- «  Je ne veux pas être désagréable ou trop curieuse » fit-elle plus brusquement, « Je parle souvent sans réfléchir. Excusez-moi. » Elle était sincère, et respecterait sans aucun doute sa volonté « Je vais me renseigner, l’information devrait vite vous parvenir… En attendant, tâchez de ne pas vous perdre comme les oiseaux de pierre. »

La mise en garde était bien trouvée, plus douce, plus imagée aussi. Cela sonnait en tout cas, dans l’oreille de la protectrice moins violente que ses paroles précédentes. Elle avait fini par se relever, comme-ci la conversation qui la concernait pourtant pas réellement l’avait légèrement déstabilisé, désappointé. Comme souvent lorsqu’elle était plus tendue, elle allait chercher Spook. Le prenant dans ses bras, elle laissa ses doigts s’infiltraient dans ses poils. La bête ne sembla pas réagir, laissant échapper un petit soupir de contrariété, c’est qu’il était bien avec ses copains.

- «  Où vous êtes-vous déjà rendu pour vos recherches ? Et si le nom est réellement issu de l’autre continent, cela signifie que vous irez là-bas ? »




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Léonie vous parle en #ff9933
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Flavien Teleri
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[Terminé] Découverte des sources chaudes  EmptyMer 14 Mar - 0:03
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Se retrouver le récepteur d'une réponse factuelle au possible plutôt que d'en être à l'origine était une situation plutôt nouvelle pour le nomade qui hocha simplement la tête aux dires de Léonie. Elle n'avait pas tort, bien au contraire. Si la seule famille qui restait à cette Lize vouait un culte aux Architectes, personne ici-bas ne serait en mesure de se rappeler d'elle et le monde continuerait à tourner sans que rien ne l'en empêche. La possibilité était bien réellement, mais Flavien en doutait fortement. Nulle personne élevée dans une famille My'trän ne s'extasiait sur plusieurs pages sur la magie de FEU.

En feuilletant les écrits, il avait d'abord pensé qu'elle était issue d'un milieu commerçant. Son vocabulaire laissait penser qu'elle était très à l'aise dans ce domaine bien qu'elle utilise de nombreuses abréviations techniques tout au long de son carnet de bord. Prenant grand soin d'organiser sa route de manière claire, elle avait noté dans les marges de nombreuses indications concernant les routes les plus sûres et les destinations qu'elle comptait atteindre. Peut-être avait-elle grandit au sein d'une compagnie de Pérégrins qui sillonnait My'trä de long en large pour effectuer des ventes diverses et variées, expliquant ses bonnes connaissances des routes commerciales. Peut-être aussi faisait-il complètement fausse route.

Léonie évoqua le fait que son nom puisse être d'origine Daënar, ce qui valut à la My'tränne un haussement de sourcil : il n'avait pas songé que cela puisse être le cas. Il fallait aussi dire que des Daënars, il n'en croisait pas tous les jours et les rares qu'il avait eu l'occasion de voir de loin avaient été des gens certainement importants, qui s'étaient parés d'un petit air de suffisance ayant vite fait de lui faire lever les yeux au ciel. De manière générale, son opinion sur les technologistes était parfaitement neutre, mais vu le dégoût qu'ils inspiraient à sa mère, Flavien aurait été curieux de savoir ce qui avait bien pu décider sa génitrice têtue à accueillir une ressortissante de Daënastre sous son toit.

Partie sur sa lancée, la Protectrice lui posa une série de question face auxquelles il restait sans réponse. Ce qu'elle aurait pu vouloir chercher à Busad, qui elle aurait pu y côtoyer... S'il y a bien une chose dont Lize était avare dans ses écrits, c'était de noms. Mis à part ceux de Selmac et le sien, ils n'y en avaient pas beaucoup réparti à travers le carnet, le laissant avec comme seuls indices les quelques villes et villages qu'elle évoquait de temps à autre.

- Elle parle de Busad à un moment dans son journal, mais je n'ai jamais pensé à me renseigner en ville.

Pour des raisons évidentes. Si l'affaire était déjà délicate dans le plus petit des villages, interroger les habitants de Busad lui prendrait toute une vie, ou presque, vu le nombre de voyageurs qui transitaient par la capitale chaque jour.

- Ça fait plus de dix ans maintenant. Si elle n'a pas sombré dans l'oubli en rejoignant nos Créateurs, elle doit certainement n'être plus qu'un spectre pour ceux qu'elle a quitté avant de sillonner My'trä. Ajouta Flavien, pensif. Je n'ai peut-être plus beaucoup de temps.

La Protectrice hésita un instant. Elle avait l'air sérieuse, bien plus qu'au début de leur conversation, et Flavien nota la gêne qui colora ses paroles. Rappelant les enseignements de leurs Architectes et le modique prix à que leur peuple avait à payer pour tirer leurs dons de leurs bienfaiteurs, elle se souciait de connaitre ce qui avait poussé le soigneur à poursuivre une telle quête : braver un interdit pour se rappeler coûte que coûte d'elle, ou simplement réparer un tort que la distance avait commis ?

Le soigneur réfléchi un moment à la question qui ne lui avait jamais vraiment traversé l'esprit. Chose étrange, car tous les admirateurs de Möchlog réfléchissaient beaucoup sur la mort et le lien qu'elle entretenait avec les souvenirs de ceux qui nous entouraient. S'était-il, à force de lire les écrits laissés par celle qui avait disparu, attachée à cette inconnue de quelque façon que ce soit ? Aurait-il la dangereuse idée de chercher à déterrer des souvenirs enfouis depuis tant d'années ? Non. L'idée était parfaitement folle, dérangeante sur de nombreux points. Les souvenirs mourraient en même temps que ceux qui en faisaient partie, il le savait très bien.  

Alors qu'il réfléchissait, Léonie s'était éloignée physiquement de la conversation pour cueillir Spook et le cajoler. Doucement, elle s'excusa pour son manque de délicatesse. Flavien se contenta de hausser les épaules, une pâle copie de la My'tränne qui répondait régulièrement par ce geste nonchalant. Dans un rare accès de sincérité (car entre un discours franc et un discours honnête, il y avait quand même un monde), Flavien rebondit sur les conseils de la Protectrice tout en récupérant son précieux journal.

- Je ne cherche pas raviver mes souvenirs, simplement à terminer ce qu'elle avait commencé. Si vous pensez pouvoir trouver des informations, je vous en serais reconnaissant. Dit-il, posément, sans rien ajouter de plus.

Peu de temps avant que son écrit ne se termine abruptement, la jeune femme évoquait de plus en plus l'idée d'envoyer une missive aux siens, de leur raconter la vérité sur son départ et sa croisade, reportant la date au lendemain, semaine après semaine, car elle avait toujours autre chose à apprendre ou à découvrir.

Lize était une jeune femme déterminée qui n'avait de cesse de parler des siens -au sens large du terme, malheureusement, aucun prénom ou lien de parenté pour l'aiguiller- et d'évoquer combien elle souhaitait leur prouver qu'elle avait grandi, même sans leur présence à ses côtés. Bornée, elle avait eut l'air de les aimer et même si les termes qu'elle employait pour les décrire étaient tout sauf tendres parfois, il était clair qu'elle souhaitait renouer avec eux. Un act avorté contre sa volonté. Ne pouvait-il pas rendre cet ultime service à celle qui avait dû, elle aussi, l'aider de son vivant ?

La Protectrice confirma qu'elle allait se renseigner de son côté, avant d'ajouter doucement qu'il devait veiller à ne pas perdre son chemin. Drôle de conseil, lui qui n'avait découvert sa vrai nature qu'en s'embarquant dans cette quête hasardeuse bien des années auparavant. Enfin, elle lui demanda où sa quête l'avait conduit jusqu'à présent et s'il réalisait ce que cela signifierait pour lui, d'avoir le cœur net que ses réponses se trouvaient en Daënastre.

- Je ne me suis jamais rendu plus bas qu'à Dyen, mais je ne peux pas dire que j'ai passé tout My'trä au peigne fin. Tapotant la reliure du carnet entre ses doigts, il secoua la tête. Je l'avais un peu... oublié. Ces derniers temps.

L'ironie de la situation ne lui échappa pas. C'est pourquoi, plutôt que de s'attarder sur ce cuisant échec personnel, il prit un air décidé.

- Si le nom s'avère Daënar, ça voudra dire prendre la mer.

Bien que sa quête s'était retrouvée dormante bien des années, il ne perdait pas de vue le fait qu'un jour ou l'autre, il lui faudrait y mettre un terme. Il ne laisserait pas un océan l'impressionner et il pouvait déjà entendre Hua râler à son oreille, quelque-chose de l'ordre de "C'est quoi ta foutu fascination avec la flotte en ce moment ? Tu vas finir par admirer Dalai par-dessus tes deux autres Architectes, ça commencerait pas à faire un peu beaucoup ?!".

- Je ne connais pas grand-chose de Daënastre. A l'heure actuelle, je veux dire. Des rumeurs, il en avait toujours. Une guerre ancestrale s'étant soldée dans les larmes et le sang avait ce type d'effet secondaire. Qu'on soit Daënar ou My'trän, rien n'était tout à fait neutre. J'espère simplement qu'ils ne dédient pas vraiment des villes entières à la production d'armes à feu, Ajouta-t-il comme une après-pensée, Ou je risque de ne pas pouvoir aller très loin.


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Léonie Morret
Léonie Morret
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Léonie laissait ses doigts parcourir la fourrure de son animal de compagnie. Spook semblait encore un peu endormi, ce qui ne l’empêcha pas de roucouler aux câlins surprises de sa maîtresse. L’animal n’avait certainement pas saisi que la protectrice était un peu plus tendue, signe que finalement, elle était plutôt douée dans le camouflage de ses pensées. Prenant une légère inspiration, elle réfléchissait pour le coup, beaucoup plus attentivement à la conversation, aux paroles qu’il prononçait. Là où l’homme se voyait réaliser une quête exemplaire pour la mémoire de la disparue, Léonie entrevoyait une quête suicidaire, qui ne mènerait qu’à sa propre perte. Défaitiste, elle ne l’était pas vraiment, du moins, la jeune femme avait toujours privilégié le côté positif au négatif, mais cette fois-ci, elle n’en voyait pas. Suivre le chemin d’un mort via ses écrits, flirtant avec des souvenirs qui ne devraient même plus exister, c’était à ses yeux, aller droit vers l’état d’anomalie et à ce titre devenir par la suite, l’ennemi de tous les continents réunis. Cependant, la my’tränne conserva cette pensée pour elle, consciente qu’elle ferait plus de mal que de bien.

Roulant une nouvelle fois les épaules un peu de cette manière nonchalante, un peu je m’en foutisme –alors que c’était loin d’être le cas-, elle se contente d’opiner et de promettre à sa façon de se renseigner quelque peu. A quoi bon vouloir le faire renoncer à quelque chose qui semble si important à ses yeux. Comprendrait-il par lui-même d’une manière ou d’une autre que tout ceci n’était pas bon pour lui. Avec de la chance, il retrouverait cette famille et avec une autre forme de la chance, la my’tränne avait tout faux et cette quête aurait été bénéfique. Elle ne pouvait que le lui souhaiter, tout en gardant une certaine réserve vis-à-vis de la situation. Après tout, cela ne la regardait en rien. Le journal avait quitté ses mains pour retrouver celle de son propriétaire –ou tout du moins le nouveau-. Flavien avait fini par remercier Léonie d’accepter de se renseigner, une nouvelle fois elle haussa des épaules, elle le faisait parce qu’elle pouvait le faire, tout en ayant cette petite voix qui lui murmure que l’aider à aller dans le mur n’était pas une bonne chose. Peu importe, il était le seul à savoir ce qu’il devait faire ou non.


- « Puissiez trouver ce que vous cherchez en ce cas » répondit-elle simplement

Ses lèvres s’étaient perdues dans la fourrure de Spook, elle déposa un bisou sur sa tête avant de redéposer l’Aitah sur le sol. Celui-ci s’ébroua avant de reprendre une activité tout aussi intéressante que les câlins, la chasse aux papillons et autres petits insectes volants. Pivotant légèrement vers son interlocuteur, la jeune femme ne put que constater la volonté dans ses yeux, celle d’aller au bout des choses. Elle se pinça la lèvre, davantage consciente qu’en se rendant là il prenait de gros risques, pour quoi, pour qui, était-ce seulement ce qu’elle aurait souhaité cette Lize ? Prenant une légère inspiration, Léonie ce fit de nouveau violence pour ne pas exprimer ses doutes vis-à-vis de tout ça. Se répétant qu’on ne pouvait pas sauver tout le monde et que l’erreur faisait progresser.


- « Il est sans aucun doute Daënar » reprit-elle plus sûre d’elle « Je n’ai aucun moyen de le confirmer avec des preuves physiques, mais je reste convaincu que ce nom ne fait pas partie de notre continent. »

Elle croisa les bras sous sa poitrine, laissant ses doigts pincer très légèrement sa peau. Il était déterminé à partir sans savoir même ce qui l’attendait là-bas. Qu’il en soit ainsi. Prenant une légère inspiration la protectrice se décida à lui donner quelques informations qu’elle avait obtenues par-ci par-là au grès de ses rencontres avec des étrangers et avec ceux se trouvant dans les mines lorsqu’elle allait avec d’autres vérifier que tout se passait bien.

- « La faune et la flore est différentes de la nôtre, les animaux, pour la plupart en tout cas sont gigantesques, paraît-il » elle n’eut aucune gestuelle, conservait cette position un peu fermée alors qu’elle s’exprimait « Il y a de grandes villes, comme de plus petites, ils ont une technologie pour circuler rapidement entre celles-ci. » Elle réfléchit puis enchaîna « Tous n’ont pas des armes et si une personne en a une, il vous suffit de ne pas la regarder. Cela réduit le sentiment de mal-être. Cependant, en restant trop longtemps en contact avec une personne possédant trop de cette technologie, vous serez malade. » Elle prit une légère inspiration « c’est surtout des nausées. »

C’était tout ce qu’elle pouvait lui dire, pour l’instant en tout cas, les grandes lignes, ce qu’il devait au moins connaître avant de partir dans les terres étrangères à leur continent. Léonie roula une nouvelle fois les épaules, puis formula une demande un peu particulière, qu’elle n’avait pas pris la peine d’analyser, aurait-elle dû.

- « Vous m’écrirez pour me raconter vos découvertes ? Je ne voyage pas… Cela me ferait plaisir de vivre vos aventures à travers vos mots… Et puis, au moins, cela me fera comprendre que vous êtes encore vivant. »

Dans le fond la demande n’était pas sans aucun sens, au contraire, c’était aussi une manière de se prouver à elle-même qu’elle avait tort de ne pas l’encourager. Pour le reste, il s’agissait certainement d’une simple curiosité, il allait très certainement se rendre sur le territoire qu’elle ne verrait jamais de ses propres yeux. Enfin, peu importe, elle abandonna sa position et son attention de l’adepte d’Orshin, s’avançant suffisamment pour vérifier que les affaires étaient plus ou moins sèches. C’était le cas, pas entièrement évidemment, mais ils n’étaient plus trempés, il restait simplement quelques petites taches d’humidités à droite à gauche. Sèche, la jeune femme enfila sa chemise, son pantalon et ses chaussures s’apprêtant certainement à proposer de rentrer. Le chemin inverse était plus long finalement, malgré les quelques événements perturbateurs Léonie avait passé un bon moment.

- « Nous devrions rentrer, ou tout du moins plus trop tarder, le temps de rentrer à Busad le début de soirée sera entamé. » Précisa-t-elle simplement « Nous allons devoir retraverser l’eau, j’ai quelques doutes que cela convienne à tout le monde » fit-elle en appuyant son regard sur la carnivore qui avait maudit l’adepte de Dalaï sur plusieurs générations.

Rassemblant ses affaires dans son sac, qu’elle accrocha rapidement à sa taille, la protectrice fut rapidement prête pour repartir sous le regard plein de déception de Spook. Inutile de lui mentir en lui promettant qu’ils reviendraient vite ici, Léonie n’était pas certaine de trouver le temps, ou simplement l’envie de réduire de nouveau son temps de travail. Soucieux de ne pas être mouillé sa boule de poile l’avait escaladé jusqu’à former une magnifique écharpe à la my’tränne. La jeune femme avait évidemment attendu que Flavien soit prêt à rentrer pour repartir, la route s’avérait tout aussi longue qu’elle allait et elle espérait fortement ne pas recroiser le chemin du couple. L’air de rien, Léonie se sentait un peu fatiguée, de plus l’idée même que la mission vis-à-vis des oiseaux de pierre allait sans aucun doute arriver rapidement l’inquiétait un peu.

- « Vous serez prudent dans votre recherche, rien d’inconscient, ni vous, ni de vos compagnons. Ce sont des oiseaux puissants et avec la pierre recouvrant le corps, ce n’est pas aisé de se défendre ou de parvenir à les toucher. »

C’était naturellement qu’elle était revenue vers le sujet de conversation de l’objectif commun arrivant. La protectrice avait fini par de nouveau retraverser l’étendue d’eau, pour par la suite refaire exactement le même trajet qu’à l’aller. Il n’y avait pas trente-six chemins pour rentrer et celui emprunter restait le plus simple et surtout le plus rapide.

- « Si vous avez besoin d’aide, vous n’aurez cas me faire signe. »



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Flavien Teleri
Flavien Teleri
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[Terminé] Découverte des sources chaudes  EmptyMer 14 Mar - 23:11
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Le continent que lui décrivait Léonie, avec ses paysages inconnus, sa végétation inhabituelle et ses créatures gigantesques, avait presque quelque-chose de magique à ses yeux. Plutôt amusant, pour une partie du monde si fermée à l'idée d'ouvrir son cœur à ce cadeau si précieux que leur avaient offert les Architectes. Quoi qu'il apprenne sur Lize, peut-être bien qu'exploration Daënastre était la suite logique de ses péripéties en tant que nomade d'Orshin. Le continent était vaste, bien plus hostile que My'trä à sa manière, et pourtant la perspective de tant de nouveautés attisait sa curiosité naturelle. Lui qui n'avait que faire des conflits d'intérêt entre les deux continents, il n'éprouvait pas la moindre crainte quant à se mêler aux Daënars, si ce n'est celle de finir nauséeux sur les bas-côtés, à force de côtoyer la technologie, ou encore, de croiser des technologistes armés.

Léonie le rassura, d'une certaine manière, en expliquant que la majeure partie de la population n'était pas armée. Il lui suffirait d'éviter un contact prolongé avec ces petits bijoux d'ingéniosité Daënar et il devrait réussir à se débrouiller sur le continent Daënar sans rencontrer trop de difficultés. Il espérait sincèrement qu'elle avait raison.

Le soigneur avait toujours eu une violente aversion contre les armes à feu, pris de sueurs froides et de terribles vertiges dès qu'il avait le malheur de s'attarder près d'un utilisateur d'une telle technologie. Peut-être sa sensibilité exacerbée était-elle liée aux deux Architectes qu'il admirait tant ? Nul doute que pour Orshin comme pour Möchlog, une invention qui avait fait couler tant de sang innocent était un peu difficile à accepter.

La Protectrice câlinait Spook, songeuse, incitant Selmac à quitter son cocon chaud pour venir quémander la même attention à son maître. L'Aitah s'installa confortablement sur les genoux du nomade, roucoulant grassement, clairement encore à moitié endormi. Un léger sourire en coin, et Flavien accorda sa requête à son familier, laissant son esprit vagabonder à son tour. Selon les informations pêchées par Léonie -si information il y avait bien-, il aurait enfin sa première piste concrète depuis le début de son aventure qui se poursuivrait donc dans une toute nouvelle région de ce monde.

La question de la jeune femme le surpris grandement. Lui écrire pour lui raconter ses découvertes ? Pour lui permettre de voyager par procuration, mais aussi pour simplement lui donner signe de vie. Drôle de demande qu'elle venait de lui faire.

- Tant que vous vous rappellerez de moi, je serais vivant. Dit-il, détaché au possible. Si je meurs, vous ne vous en souviendriez pas.

Ah la fatalité des admirateurs de Möchlog; chassez-la et elle revenait au galop.

Sérieux malgré sa remarque, Flavien considéra un moment la demande. Il était plus embêté par la logistique d'une telle affaire (devrait-il racheter du papier ? de l'encre ? et surtout quelle type de créature serait prête à faire gracieusement le voyage jusqu'à un autre continent pour un simple échange de courrier ?) que par l'idée d'échanger des courriers avec la Protectrice et il s'en rendait bien compte. Après tant d'années c'était une sensation assez singulière de se sentir... peut-être pas proche d'un autre My'trän, mais en tout cas assez bien considéré pour ne pas continuellement être sur ses gardes. Discuter uniquement avec ses familiers pouvait être usant parfois, et peut-être qu'en gardant contact avec Léonie, il éviterait de perdre de vue son objectif premier. De plus, quel disciple d'Orshin serait-il s'il refusait de nourrir la curiosité de la My'tränne ?

- Si vous avez envie d'en apprendre plus sur l'autre continent, je trouverai le temps de vous faire part de mes découvertes.

Il espérait simplement que Léonie ne s'attende pas à des comptes-rendus dignes des naturalistes les plus passionnés. Flavien aimait profondément son Architecte, mais décrire ses créations était un challenge assez poussé pour l'homme de peu de mots qu'il était. Très rapidement, le malaise qui les avait pris tous les deux était retombé aussi vite qu'il était né, la conversation reprenant son cours tranquillement jusqu'à ce que leurs affaires soient suffisamment sèches pour qu’ils puissent les enfiler sans difficulté.

Il était l'heure de dire au revoir aux sources chaudes pour le plus grand bonheur d'Hua qui gronda doucement quand Léonie parla de retraverser le petit passage immergé. La prochaine créature qui oserait lui mouiller le poil finirait en charpie, foi de carnivore ! Son regard en disait long sur la souffrance qu'elle promettait à quiconque oserait lui faire un tel affront. Evidemment, Selmac nota le poil hérissé et se fit un devoir de le rabattre contre le corps de la Tairakh. A grands coups de langue râpeuse. Hua poussa un couinement de mécontentement et se sauva dans le capuchon de son maître sous les yeux ronds de Selmac qui ne comprenait pas pourquoi sa camarade fuyait ses soins.

- Allons-y. Finit par déclarer Flavien, toutes ses affaires ramassées, Je passe devant cette fois, si ça ne vous dérange pas. J'aimerais savoir si je me rappelle bien du chemin.

Il reviendrait certainement faire un tour dans le coin, autant s'assurer de se rappeler par où passer pour y accéder. Sur le chemin du retour, il réfléchit longuement. Il en avait le temps, les deux mages plus ou moins perdus dans leurs pensées respectives. Il avait accepté de passer la journée aux Sources Chaudes dans le but d'en apprendre plus sur la faune qui habitait aux alentours de Busad et au final, quoi... Il avait déterré une affaire qu'il trainait derrière lui depuis une petite dizaine d'années et avait passé plus de temps à apprendre à connaitre Léonie qu'il en avait à répertorier la faune foisonnante des lieux. Pourtant, il n'éprouvait aucune frustration en repensant aux évènements de la journée.

Ils repassèrent par l'oasis pour remplir leurs gourdes. Même après un trop-plein de baignade forcée, l'eau restait essentielle pour arriver à bon port. Le bourdonnement contenté des moustiques repus le fit légèrement sourire. Selmac essaya encore d'en gober un. Bien sûr.

- Je serais prudent. A ce sujet... Est-ce que je pourrais vous confier Selmac et Hua, le temps de l'intervention ?, Questionna le nomade qui regardait son Aitah tourner en rond, S'il faut chasser le Chuluun, je préfère les savoirs loin du danger.

Entre Hua qui se jetterai sur l'oiseau de pierre au moindre signe de danger et Selmac qui essayerait probablement de jouer avec, ils se seraient pas aidés.

La requête acceptée, ils reprirent la route, arrivant finalement aux portes de Busad en début de soirée. Se quittant à l'endroit même où ils s'étaient retrouvés le matin même, Flavien et ses familiers s'engagèrent dans la cité plutôt que de s'en éloigner. Il avait des recherches à faire. Les Chuluuns étaient sensé être sa priorité. Ils devaient le devenir, au plus vite. Quitte à déroger à l'un de ses codes.

A force de recherche, il finit par trouver ce qu'il cherchait. L'établissement était niché près d'une grande fontaine et le soigneur passa les portes lentement, suivit de sa petite ménagerie. Se présentant à l'accueil, l'homme qui venait de prendre son service de nuit lui demanda poliment ce qu'il désirait.

- Flavien. Teleri. Précise-t-il en tendant une enveloppe à l'employé, Une chambre est réservée à mon nom ?

Le visage de l'homme s'éclaira une fois le message lu.

- Bien sûr monsieur. Vos familiers sont acceptés dans notre établissement. Voici les clés. Votre chambre se trouve à l'étage. Prenez les escaliers, elle se trouve juste à leur gauche.
- Merci.

Attrapant les clés, il gravit deux à deux les marches de l'auberge, s'engouffrant dans la chambre. Repérant un bureau, il le débarrassa rapidement de ce qui s'y trouvait et y déposa à plat la carte topographique dégotée par Léonie un peu plus tôt dans la semaine, ainsi que ses notes sur le comportement de la faune. Il avait été idiot, idiot et borné de ne pas accepter l'hospitalité gracieusement offerte plus tôt. Il avait besoin de remettre les choses à plat pour y voir plus clair et d'avoir un clair espace de travail. S'il avait appris d'Orshin de manière autodidacte, cette situation appelait à une discipline plus ferme, proche de celle à laquelle il s'était soumis durant son adolescence. D'abord les Chuluuns. Le reste viendrait plus tard.

Abandonné dans sa besace, déposée négligemment à ses pieds, son précieux journal dormait toujours.

[ Terminé ]


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