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Chroniques d'Irydaë
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Si malgré cela, des doutes subsistent, n'hésitez pas à adresser vos questions aux Administrateurs.

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 :: Les terres d'Irydaë :: Daënastre :: Le Tyorum
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 Travaux pratiques (3ème partie)

Ophélia Narcisse
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Ven 2 Mar - 13:28
Irys : 1231272
Profession : Fugitive, Meurtrière, Barmaid
Pérégrins -1 (femme)
Lorsqu'Aemy se réveilla de l'énième sommeil qu'elle avait entamé, ses yeux se rouvrirent à la lueur d'un soleil qu'elle n'avait plus vu depuis bien trop longtemps. Le Tyorum lui avait tant manqué, l'Alizé tout particulièrement. Mais il y avait encore un peu de chemin à faire avant de pouvoir se réjouir. Skingrad était encore loin, mais la traversée serait bien moins rude. Dès que les rayons avaient effleuré son visage, la jeune fille retira son manteau pour dévoiler ses vêtements légers qu'elle aimait tant. Ils lui avaient rappelé qu'un jour elle pourrait rentrer, elle aussi, et ce jour était arrivé. Le séjour s'était écourté, le changement d'humeur soudain de l'anomalie ayant été le facteur déclencheur de ce voyage de retour. Toujours à moitié réveillée, elle regardait alentour, ne reconnaissant rien de l'endroit où elles étaient. Elle pris connaissance de leur position, et commença à longuement réfléchir de la direction à suivre, alors que la barque accostait. Les cartes que sa mère lui avaient montré se révélèrent très utile dans l'instant, elle comprit qu'elle n'avait qu'à suivre la direction opposée du soleil pour arriver à la capitale.


Sortant le pied de la barque, elle trébucha quelque peu, tentant de retrouver l'équilibre d'un sol sans remous. Lorsqu'elle prit racine sur la terre fixe, elle se retourna, constatant que sa louve hésitait encore à sortir du petit bâtiment. Alors, sa maîtresse s'accroupit devant elle, la fixant, paupières basses et sourire bienveillant. Elle tendit sa main et vint caresser son cou doucement.

Viens Nilf', viens voir maman.


Et la louve déposa le pas sur le bois du pont, s'avançant doucement vers sa propriétaire, qui lui émécha le front d'un geste délicat de la main, avant de la passer en une caresse sous sa mâchoire. Brièvement, elle eut une pensée pour son amant décédé et esquissa une levée du coin de sa lèvre qui exprimait tout le gâchis qu'était cette perte. Cela faisait deux semaines maintenant, bientôt trois, il lui manquait encore. Mais elle avait fini de pleurer il y a déjà bien longtemps. Le temps était désormais au foyer, Aemy allait ramener sa nouvelle amie à sa propre mère. 

Le voyage dura quelques jours, à dos de cheval qui ne fut que loué et que la louve suivait, lorgnant parfois les jambes des montures. L'instinct de chasse n'était pas quelque chose que l'on effaçait si vite, mais l'anomalie la gardait nourrie, et elle n'avait de toute manière pas la force de mettre à bas une telle bête, même avec sa grande taille. Elle se contenta donc de suivre sa maîtresse, qui, du haut de sa selle tentait parfois de passer quelques doigts dans le pelage de sa majestueuse amie. Celle-ci répondait en levant le museau, pour qu'il atteigne le bout de l'index de la jeune fille. Cette louve était vraiment une créature adorable, à l'image de son ancien maître. 

Lorsque Skingrad vint en vu, Aemy commença à beaucoup s'agiter, souriant de plus en plus souvent alors que le foyer se faisait si proche. Déposant les chevaux à l'entrée de la capitale, les deux compères entrèrent dans les rues. L'anomalie prit le bandeau qui lui servait à s'attacher les cheveux, et l'enroula autour de son oeil gauche, celui qui était couleur émeraude. Ici aussi, elle était recherchée, mais elle espérait que la rumeur ne se soit effacée, cela faisait un mois qu'elle n'avait tué personne sur le territoire Daenastre. Mais, il était peu probable qu'elle ne se soit faite complètement oubliée. Marchant dans les rues, accompagnées l'animal qui attirait certains regards, elles firent chemin jusqu'à l'endroit où la pupille était persuadée qu'elle trouverait sa protectrice. Elle en reconnut le bâtiment, puis l'insigne. L'Alizé se présentait de nouveau à elle.

Ce fut comme un éclair, comme une pulsion, ou bien un simple réflexe. La vision du pub fit parcourir un frisson le long de son échine. Enfin, le foyer, il était là. Juste là. Alors, sans même porter attention à qui était autour, ou bien le jugement que l'on porterait sur elle, la jeune fille se mit à courir vers la porte d'entrée, comme si sa vie même se trouvait de l'autre côté. Et c'était bien le cas. La louve vint à sa suite, alors qu'elle tournait promptement la poignée, posant le pas sur un plancher qu'elle connaissait si bien. L'odeur familière lui rentra dans les nasales, alors que ses yeux parcouraient la pièce, la tête de Nilfeïm dépassant de l'ouverture. Et lorsque la jeune fille revu enfin sa protectrice, elle courut derrière le comptoir et lui sauta au cou, le visage rouge et les yeux humides. 


Mère ! Vous m'avez tant manqué ! 


Sa voix tremblait, et pourtant elle était si vive. L'émotion avait emporté le peu de tenue qu'Aemy savait entreprendre. Elle s'en rendit bien vite compte, mais peu lui importait. La jeune fille était juste bien trop heureuse de revoir sa maison, et rien ne pourrait la priver de ce bonheur, pas même les quelques clients qui furent surpris par cette soudaine arrivée. Mais après tout, qu'y avait-il de mal à aimer ses proches ? 


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Aemy s'exprime en #cc3399
Ophélia s'exprime en #cc3366
Nima s'exprime en #cc3333
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Sakari Naasoqineq
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Sam 3 Mar - 22:10
Irys : 647980
Profession : Homme de main
Pérégrins -1 (femme)
Mère ? Mais la tenancière avait à peine l’âge de Sakari, qui elle-même avait un an de moins qu’Aemy ! Un client de la taverne fit le même raisonnement qu’elle. Bon, un vieux pochtron qui finissait sa pinte, mais il n’empêche qu’il échangea avec Sakari un air d’incompréhension. Surtout que le contraste entre les deux femmes était criant. Une survivante entraînée à la dure par une Aildoraine bardée de flingues qui se baladait avec une louve et des armes sur elle, et une tenancière de débit de boisson, apparemment relevant d’un mode de vie bien plus urbain et qui avait comme seul arme ses beaux yeux, à première vue.
     Avec un haussement d’épaule, Sakari entra et se posa contre un mur, laissant son sac au sol. Une auberge, c’était vraiment un bon endroit ou arriver, parce que là, vraiment, une bière, un peu de tabac et à manger ne serait pas de refus. Puis visiter la ville, acheter un souvenir et repartir pour Mÿ’tra. Ah oui, et éventuellement être payée pour l’entraînement, mais au vu des événements, ça allait être accessoire.


     Dans ce charmant tableau de retrouvaille familiale, la nomade ne trouvait pas sa place. Nulle part, dans aucun tableau de ce genre, cela ne pourrait être. Et il n’y avait vraiment pas de quoi s’en plaindre. Bien au contraire. La liberté de mouvement était bien plus chérie par Sakari que l’appartenance à un lieu et à un être. Partout ou elle posait son sac était sa maison, toute personne pour qui elle travaillait était sur le moment aussi bien protégée que sa propre famille, qui était loin et s’en sortait très bien toute seule.
     Il n’y a pas plus grande joie que d’avoir le monde entier pour foyer et de pouvoir dire que les frontières n’ont aucune emprise sur sa vie, se disait-elle.


     Dès lors, à moins qu’on ne l’invite expressément, elle prendrait à manger, et la porte.


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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Kelmina Dirhaël
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Dim 4 Mar - 1:56
Irys : 482698
Profession : Gérante d'un Pub / Informatrice / Assassine
My'trän +2 ~ Mistral
La noiraude avait passé sa journée derrière son comptoir, se perdant dans ses habitudes ennuyantes au fil des jours, qu'elle parsemait le soir de quelques ventes d'informations et contrats. Cela faisait bientôt un mois qu'elle n'avait revu le doux visage de sa protégée, le gravant à l'aide d'une mélodie qui s'échappait d'une boite en bois jusqu'à lui en donner mal au crâne. Elle ne cessait de se demander ce qu'elle faisait, où les vents d'Amsigal l'avaient porté mais surtout si rien ni personne n'avait ne serait-ce que porté la main sur elle, ou les foudre de la tenancière pourrait être terribles.

Alors qu'elle essuyait quelques verres, les rangeant dans un ordre de grandeur précis, donnant une certaine perfection à son Pub qu'elle s'appliquait à garder, elle se perdait dans ses pensées, qui souvent se tournaient vers sa petite fée, pour qui son amour n'avait certainement plus de limite. Son regard s'était porté sur la lourde porte en bois plus d'une fois, avec pour chaque fois l'espoir de voir entrer la jeune femme, sa déception se faisant plus grande à chaque fois.

Alors que son regard cristallin vint se poser une énième fois sur l'entrée, le verre qu'elle tenait en main fut posé au hasard tandis qu'elle se tourna lentement en apercevant enfin Aemy, un doux sourire venant alors se graver sur son visage, tandis que ses yeux enchanteurs se perlaient de quelques lueurs. Elle resta immobile, suivant du regard sa pupille, qui vint lui sauter au cou, refermant alors ses bras autour d'elle dans un soupire de soulagement et un rire significatif. Elle la serra contre sa poitrine, sa main frottant la chevelure de la jeune femme tandis qu'elle vint déposer un baiser des plus tendres sur son front.


"Aemy ! Comme je suis heureuse de te revoir ma fille..."

Elle attrapa la jeune femme par les épaules, la détaillant alors du regard en la reculant légèrement d'elle, contemplant un instant sa tenue et son air plus déterminé que jamais. Puis elle vint la reprendre à nouveau contre elle, comme si elle ne voulait la lâcher. Ce long mois sans elle l'avait endurcie c'était certain, de nombreuses questions alors se bousculèrent dans la caboche de la noiraude, mais le plaisir de l'avoir à nouveau à ses côtés l'empêchait de dire quoi que ce soit. Le regard translucide de la tenancière se posa, inquisiteur, sur la femme qui accompagnait sa pupille puis sur la bête qui tournait autour d'elles, la faisant hausser un sourcil avant de daigner relâcher sa protégée. Elle invita d'un signe de la main, les deux jeunes femmes, à prendre place au comptoir de bois sombre, s'attardant déjà à préparer un jus de fruit frais comme elle en avait l'habitude de servir à Aemy, posant les deux verres alors sur le plan tout en les observant, un sourire doux dessiné sur son visage serein.

"Tu es rayonnante ! Mais qui est donc ton amie ? Et cette boule de poil adorable qui te file le train ?"


Venant ébouriffer un instant le pelage de la louve, elle s'accroupie devant elle, en y déposant un bol rempli d'eau avant de se redresser, prenant appuie d'une main sur le comptoir pour y poser sa tête. Elle vint porter à ses lèvres une cigarette, qu'elle alluma d'un geste élégant avant d'en tirer une bouffée, laissant échapper une grisaille en laissant l'étui sous le nez de l'invité dans le cas où celle ci souhaiterait se servir. L'impatience de connaitre les mésaventure de sa protégée la gagnait et elle s'empressa alors de reprendre, posant ses yeux sur elle.

"Où es tu partis ? Et surtout, personne ne t'a fait de mal j'espère ?"


Sa voix été presque autoritaire, alors qu'elle imaginait déjà égorger le premier qui aurait pu lever une arme sur l'anomalie. On pouvait lire une certaine inquiétude dans son regard qui se perdait dans la joie de la revoir tout entière, en oubliant qu'elle aurait pu vivre de nombreuses choses durant ce long mois d'absence. La noiraude porta alors un verre de son alcool ambré favoris à ses lèvres tout en observant attentivement ses invitées.



Thème de la furie

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Elle s'exprime en #6699ff
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Lloyhr & Kalysta
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Dim 4 Mar - 15:51
Irys : 84983
Profession : Tueur d'anomalies bénévole
~~~

Inlassablement, elle y revient toujours. Une fourmi qui rentre à la fourmilière, un loup qui rejoint sa meute. Il l’a suivie dans ses voyages mais s’il avait été partisan du moindre effort, il aurait simplement attendu là. Irydaë n’est pas rond, en faire le tour ne signifie pas revenir au point initial. Mais la vie est un cycle inexorable. Qu’importe sa durée pourvu qu’il se répète. L’on retourne à la ligne de départ aussi sûrement que l’on meurt ou que l’on naît. Ou plutôt, que les humains meurent et naissent. Ce qui est inhabituel en revanche, c’est de renaître, comme si on s’accordait une deuxième chance de son simple gré. Mais Möchlog ne donne qu’une existence à ses protégés, et ceux qui s’octroient une deuxième vie doivent être récompensés par une deuxième mort. Puisse-t-elle être écourtée drastiquement.

Des pupilles noires luisantes fixent à cette heure l’horizon sans ciller. On y lit la noirceur, on y lit l’indéchiffrable. Mais nulle émotion ne transparait. Ni haine ni compassion, ni perversité ni douceur. Elles ne contemplent pas le paysage, ne s’encombrent pas de dévisager quiconque, elles se contentent de fixer l’objectif de leur propriétaire ; une simple capitale daënar. Cette contrée, il l’a arpentée au cours de sa traque, mais la multitude de citoyens a rendu sa tâche impossible à mener par le passé. Cette fois-ci, l’étau se resserre, il sait d’ores et déjà quelles rues parcourir. La recherche se réduit enfin au noyau urbain de Skingrad qu’il a délimité au cours des mois passés. Il n’y a pas d’astuce, que des méthodes et de l’acharnement. Vide de toute pensée parasite, il fonce droit vers sa destination dans l’espoir que la chance lui sourira. Même s’il est peu de choses enclines à sourire à des créatures comme lui.

A l’entrée de Skingrad, ses doutes sont vérifiés par l’amenuisement de son lien avec Ophélia. Plus il s’approche, moins il la perçoit. Mais c’est un signe favorable, bien qu’ennuyeux. Il s’approche des remparts sans hésitation aucune, le port altier et la tête droite. Cela n’exprime aucune fierté mal placée, tout au plus une rigueur inconsciente. Un convoi occupe l’entrée, et les gardes semblent peu enclins à croire en l’honnêteté de ses passagers. Le régisseur longe les véhicules sans se soucier d’interférer, et s’apprête à rentrer dans la ville sans plus de cérémonie. Un militaire s’interpose naturellement, plaçant un bras prohibitif sur son chemin.

    « Vous attendrez bien votre tour, mon… monsieur… ? »


Le régisseur glisse un regard vers l’impertinent. Ses iris et ses tatouages s’illuminent brièvement de la magie qu’il emmagasine. On ne se dresse pas sur le chemin d’un émissaire divin, pas si l’on tient à son intégrité. Le garde le comprend bien vite, et maudit sa méprise, car il retire son bras comme s’il avait reçu un choc électrique. Son interlocuteur n’est pas particulièrement agressif, mais il dégage une aura inquiétante, et un regard qu’il est difficile de maintenir.

    Une anomalie à Skingrad.


Le garde acquiesce nerveusement à la simplicité de cette information, et se décale pour céder le passage au régisseur. Quelques pas plus loin, son gardien couleur de nuit ondule à même le sol et suit les enjambées de son maître. Il siffle en jetant un regard au soldat au garde à vous, qui frissonne de peur, avant de rejoindre les pas de l’humain indescriptiblement inhumain qui le précède.

An agnuur ekhelne. La traque est lancée.


~~~


HRP:
 


La mort révèle l'amour, c'est l'inconsolable qui pleure l'irremplaçable.
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Ophélia Narcisse
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Dim 4 Mar - 22:57
Irys : 1231272
Profession : Fugitive, Meurtrière, Barmaid
Pérégrins -1 (femme)
Sujette à toutes ces intentions maternelles qui ne lui souhaitaient que bienveillance, l'anomalie se rendit à compte à quel point ces derniers lui avaient manqué. Même en pleurs dans les contrées de Khurmag alors qu'elle était seule, ou presque, elle n'avait pas une fois réalisé à quel point elle désirait ce sentiment de sécurité, serrée auprès de bras aimés. Non pas de l'envie, mais plutôt du besoin, une nécessité nouvelle qui s'était doucement mugie dans le coeur d'Aemy pour mieux la rendre dépendante à cette étrange drogue. Pas une toxine, mais bien le plus agréable des onguents, pour les plus dévorantes blessures. Si celles-ci avaient jamais infecté les veines de la jeune fille, la propagation s'en retrouvait vite obstruée par un simple geste, une simple étreinte. Les Architectes pouvaient vanter leurs magies émérites, il n'y en avait pas une seule qui rayonnait comme celle qui ruisselle dans l'âme de cet être dépravé. Prenant sa simple voix naturelle, celle qui ne laissait ni entendre hypocrisie, ni menace, ni même simple animosité, elle répondit tendrement à sa mère, levant ses yeux enjoués dans les siens.  

Je vais bien, mère. Quelques coupures à peine.


Elle força sur son sourire, non pas par soucis de l'aspect, mais simplement parce que son instinct le lui dictait. La pupille ne put vraiment le contenir, et l'envie lui manquait grandement, alors elle laissa paraître son visage d'agneau à sa protectrice qui méritait tant de recevoir de telles expressions. La jeune fille aux apparences d'innocente avait également pris soin de ne pas mentionner les quelques taillades qu'elle avait reçu, que ce soit au flanc, ou bien sur n'importe quel autre endroit de son épiderme. Ophélia avait plus saigné qu'un jarret à l'abattoir durant son séjour, et de ces fuites avaient découlé tout autant de sueur. Et pourtant, elle se tenait là, comme si elle n'avait fait que visiter les lacs de Vereist et en était revenue des souvenirs plein la tête. Mais en lieu et place de mémoires, ce furent des cicatrices qui étaient de rigueur. Les bonnes manières se faisaient attendre alors que la nouvelle venue haussait les épaules à répétition, en des sursauts d'excitation qui ne pouvaient dissimuler la joie qui débordait dans son petit corps. Elle tourna le visage d'abord vers sa camarade de route, puis vers sa louve.

Cette femme est mon instructrice, Sakari. Quant à cette petite bête, - bel usage de l'ironie - elle s'appelle Nilfeïm.


Et à entendre son nom, la louve vint faire danser son pelage contre la taille de sa maîtresse. C'est qu'elle était excessivement grande et cette même caractéristique ne saurait être attribuée à Aemy. Son museau vint taquiner les doigts de sa propriétaire qui fut forcée de flatter la surface supérieure de sa mâchoire en esquissant quelques fins rires qui firent remuer ses épaules à nouveau. Elle avait un visage de miel, une attitude de jouvencelle et des expressions saines, cela contrastait grandement de l'évadée d'asile que Kelmina avait connu. Mais il y a d'oisillons dans le niz autant d'oeufs que l'on en voit éclore. Et si cette même règle s'appliquait à la jeune fille, alors les piaillements continueraient. 

Alors, son visage se brisa, comme si un poids venait de tomber sur tous les traits de sa peau. Elle sentit quelque chose lui toucher l'échine, l'effleurer dans sa plus haute vertèbre, remonter dans sa nuque et s'infiltrer dans son crâne. Un chant semblable à des murmures semblait résonner dans son esprit, pas un mot n'était compréhensible, ni même audible ... mais pourtant, elle savait parfaitement que quelque chose approchait. Plus qu'un instinct, c'était une seconde nature, et à chaque seconde qu'elle laissait couler blême, cette sensation devenait de plus en plus forte. Sa joie qui n'aurait su être estompée s'éclipsa comme les étoiles d'une nuit de pleine Lune. Son attitude candide, plus rien n'en restait, elle ne faisait que trembler en fixant entre les pieds de sa mère. 

Ses ongles vinrent chercher ses manches, les tordant à les en déchirer, bras croisés et tête baissée, ton meurtri et plat. Sous son expression de verre en surgit quelques larmes. Elle savait ce qui la traquait, elle en avait entendu parler à maintes reprises ... mais c'était la première fois qu'elle devrait le fuir. Elle était terrifiée que quelque chose ne tourne pas rond et qu'elle ne doive quitter sa famille pour de bon. Alors, ses pupilles se mirent à lentement remonter le long de la silhouette de sa mère, yeux grands ouverts et le blanc de ses iris maculé de rouge. Sa lèvre inférieure tremblait, comme de froid, alors que l'heure était bien à l'effroi. 

M-Ma ... man ... il ... il arrive ...


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Aemy s'exprime en #cc3399
Ophélia s'exprime en #cc3366
Nima s'exprime en #cc3333
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Sakari Naasoqineq
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Lun 19 Mar - 20:12
Irys : 647980
Profession : Homme de main
Pérégrins -1 (femme)
     « Qui arrive ? »
     L’instinct de survie de Sakari s’était mis en branle en un instant. Elle avait parfaitement bien compris le changement d’atmosphère. Il fallait penser survie, penser sécurité. Quoi que cela puisse être, un danger arrivait.
     La première chose à faire, quand on est recherché, c’est de se cacher. Sans aucune forme de ménagement, Sakari attrapa par le bras Kelmina et Aemy, pour les attirer dans l’arrière-boutique. Il ne fallait pas qu’un client à la langue pendue imprime le visage d’Aemy, en fasse des déductions et fournisse nu témoignage. Na nature de la panique d’Aemy était presque bestiale, comme un animal qui ses ait et se sent traqué.
     Naturellement, ça n’avait pas échappé à Sakari que son apprentie était une anomalie. Elle avait eu l’occasion de contempler son corps, de le palper, et de remarquer des cristaux. Il y avait des gens comme elle, à Aildor, qui étaient souvent de passage. Sakari se souvenait de ces maudits qu’ils étaient poursuivis par des créatures divines, dont elle avait par ailleurs oublié le nom. Quoi qu’il en soit, ça semblait être une menace assez grave pour provoquer la fuite de ces gens dès que la chose qui les traquait était proche, et pour qu’aucune personne saine d’esprit n’engage une personne dont l’Anomalie était visible.

     Induction immédiate : si Aemy pouvait l’avoir pressenti, il devait y avoir un lien d’une nature magique qui les reliait. Il faudrait donc connaître la nature de ce lien. S’il devait y avoir combat contre la créature qui le poursuivait, tout le savoir à la disposition de Sakari serait vital.
     Par ailleurs, elle ne se posa pas la question du pourquoi. Certes, il serait plus simple de partir, et accessoirement beaucoup moins risqué, mais l’idée même d’abandonner celle qui avait été protégée – y compris contre elle-même – était impossible. Ce n’était pas une question de devoir, car Aemy n’était pas de sons sang ou de son peuple, pas même Aildoraine, il n’y avait donc aucune notion de lien transcendant. Certes, quand on est lié par un contrat de mercenariat, il est mieux que son employeur survive pour avoir sa récompense, mais Sakari ne courait pas vraiment après l’argent, et elle avait déjà trahi certains de ses patrons. Certes, un lien d’amitié, ou de quelque chose de ce genre, s’était créé au fil de ces semaines, mais certainement pas suffisant pour justifier de mettre sa vie en danger contre des puissances divines. Aucun lien, a priori, ne pourrait le justifier.
     L’explication était plus simple et plus absurde. Sakari avait dirigé son esprit uniquement vers l’affrontement et la tactique. On allait combattre des puissances divines, il faudrait donc mettre toute sa science au service de la réussite de ce combat, et pas à des tergiversations. À la rigueur, la question du pourquoi pourrait se poser en cas d’échec critique. Mais pas avant.

     Dans l’arrière-boutique, Sakari tâchait donc de calmer sa protégée et de faire redescendre d’un cran l’ambiance. On était dans la panique ; il fallait être dans l’urgence, avec ce que ça supposait d’analyse froide, de réaction rapide et de décisions fermes.
     Mais pour le moment, ça passait par une étreinte et une voix douce et apaisante.
     « Aemy, je suis là, ça va aller. Peu importe la menace, je peux la vaincre. Nous sommes trois, il est seul, nous sommes malins et en terrain connu. Ça va aller. Ça va aller. Dis-moi tout ce que tu sais sur lui. »
    Au-dessus de l’épaule d’Aemy, Sakari envoya un regard incitatif à Kelmina. Elle devait savoir plus et avoir l’esprit assez clair pour partager des informations tactiques.


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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