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Chroniques d'Irydaë
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 [Terminé] Les mécanismes de l'âme

Sanaë Eshfeld
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Mer 7 Mar - 12:36
Irys : 476217
Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
Daënar +2 ~ Skingrad (femme)
Tout le long du trajet qui la reconduisait chez elle, Sanaë garda le silence. En soi, cela n’avait rien d’exceptionnel, les conversations avec l’agent Neal étaient rares et ne duraient guère longtemps. Leurs échanges s’arrêtaient souvent à son état physique, savoir si elle ne souffrait pas, ou si elle n’était pas trop fatiguée. Rien de plus. Mais cette fois ci fut néanmoins particulière. La jeune femme était épuisée, autant physiquement que moralement. Son expérience, avec la mage nouvellement rencontrée, avait laissé son empreinte si bien que Sanaë peinait à sortir de ses pensées. Les images montrées, les paroles prononcées se succédaient dans sa tête, si bien qu’elle n’arrivait plus à en sortir. Ressassant encore et encore les derniers événements pour mieux les comprendre, pour mieux se battre, pour mieux vaincre.

Pourtant, elle ne se sentait pas mal pour autant, son âme semblait s’être délestée d’un poids mort ce qui l’allégeait mentalement. Elle avait changé, non pas physiquement, puisqu’elle restait malgré tout, la jeune femme trop maigre dans ses vêtements trop larges qui se tenait debout grâce à une canne. Le changement était bien plus discret bien que parfaitement visible à qui sait observer. Une nouvelle lueur avait remplacé la tristesse dans ses yeux, une sorte de détermination sourde mêlée à une reconnaissance indéniable envers Aurore. De l’impatience aussi, celle de retrouver au plus vite Hypérion afin de se blottir dans ses bras et de tout lui raconter.

Tout ? Non, elle avait fait une promesse à Aurore, celle de ne pas révéler sa nature à qui que ce soit. Et même si Sanaë était certaine que Hype ne dirait rien, qu’elle lui faisait confiance au point de placer sa vie entre ses mains de mécanicien, elle veillerait à la tenir malgré tout.

Le trajet lui semblait donc bien plus long qu’à l’accoutumée, contrairement à cette journée qui s’était écoulée si rapidement. De ce fait, Sana s’était absentée longtemps, si longtemps que l’astre avait déjà bien entamé sa descente, il ferait nuit avant que la jeune femme ne soit rentrée. Aussi, elle espérait que son compagnon ne se soit pas trop inquiété, il connaissait ses habitudes et son malaise en ville… La voir revenir aussi tard aurait donc de quoi le surprendre… A moins qu’il ne soit trop occupé à réfléchir sur une nouvelle création et qu’il ne se soit rendu compte de rien, parce que trop absorbé par sa tâche. En cela, les deux se ressemblaient énormément...Pensée qui arracha un sourire à l’ancienne horlogère.

A présent sur le pont du bateau qui traversait la baie, reliant la capitale régionale à son petit village excentré, Sanaë observait le paysage crépusculaire, tenant fermement la montre de Katharina dans sa paume. Elle devait la réparer, retirer les stigmates laissés par le brasier qui avait tout consumé...Sauf elles, toutes deux sauvées par Hypérion alors que tout le reste avait disparu. A son tour donc de lui rendre une apparence respectable, honorable d’un souvenir qui se devait être doux et non douloureux. C’était une promesse, sincère qu’elle devrait tenir coûte que coûte malgré sa peur, malgré ses doutes. Comme à son habitude, les idées pleuvaient même si l’appréhension restait palpable… Elle le devait pourtant, pour Katharina, pour son père, pour Aurore, pour Hypérion, mais surtout pour elle. Son avenir, son bonheur, Sanaë les tenaient dans sa main prenant des allures familières la reliant à son passé, la chose lui paraissait bien étrange, presque aussi étrange que de faire disparaître du sang imaginaire à l’aide d’une serviette illusoire… Et tout aussi logique aussi.

Finalement, le bateau accosta enfin, Sanaë aurait pu courir jusqu’à la maison si sa jambe lui avait permis une telle excentricité. Elle aussi guérissait, bien que trop lentement aux goûts de l’ancienne horlogère qui espérait se débarrasser bientôt de cette canne absurde lui rappelant sans cesse cette regrettable fragilité, cette faiblesse qu’elle méprisait de plus en plus. Elle marcha tout de même d’un pas empressé, oubliant la douleur en se focalisant sur l’homme qui l’attendait là-haut.

Les lumières de la maison étaient éteintes, évidemment, Hype devait être, comme d’habitude à l’atelier où il aurait pu tout à fait vivre finalement, si celui-ci était conçu pour cela. C’est donc vers leur antre qu’elle se dirigea, abandonnant l’agent Neal au rez-de-chaussée avant d’emprunter le monte-charge qui menait à l’atelier et à lui. Et comme elle s’y était attendue, elle le trouva en train de travailler. Sans un mot, Sanaë se jeta dans ses bras, savourant un baiser et une étreinte qui lui avaient affreusement manqué, tout comme lui. Elle prit donc le temps de s’imprégner de nouveau de son parfum de sa chaleur avant de parler.

-Pardonne-moi ce retard. J’ai dû faire un détour avant de rentrer, murmura-t-elle au bout d’un certain temps avant de s’écarter doucement pour observer l’établi. Que faisais-tu?

L’ancienne horlogère observa l’étalage de pièces diverses et d’outils plus ou moins familier avec une certaine appréhension. Puis elle s’installa à son côté pour le laisser poursuivre tout en laissant sa tête retomber sur l’épaule de son compagnon, elle était si fatiguée…

-J’ai fait une rencontre aujourd'hui, une belle rencontre, commença-t-elle en déposant la montre de Katharina sur la table. Je voulais rendre cette montre à sa jeune propriétaire, alors je me suis rendue chez elle, dans la plus grande et la plus froide maison qui m’ai été donné de voir. Néanmoins, je n’ai pu revoir cette enfant… Elle est morte…

Sanaë soupira tout en sentant son cœur se contracter à cette douloureuse pensée. Tout en parlant, ses yeux restaient focalisés sur le petit appareil attendant sagement face à elle que l’horlogère n’en prenne soin.

-C’est une bien triste nouvelle, car cette jeune fille possédait une âme réellement pure, encore innocente. Je ne sais pas de quoi elle est morte, je n’ai pas demandé. C’était inutile…

Lentement, la jeune femme se redressa, effleurant du bout des doigts à présent le boitier abimé.

-Mais la jeune femme qui m’a reçu était réellement incroyable. Extraordinaire même… Aurore… C’est un bien joli nom qui va si bien à ce qu’elle m’a offert...

Voyant le regard perplexe de son compagnon, Sanaë sourit, caressant tendrement sa joue avant de poursuivre son récit. Elle lui raconta tout, sans jamais mentionner la nature de la my’tränne, remplaçant les illusions montrées par des mots, des phrases, des métaphore. Finalement, la méthode utilisée importait peu, seul le résultat comptait…

-Je n’ai jamais rencontré quelqu'un comme elle qui me comprenait si facilement… Comme si elle lisait en moi… Alors, je lui ai fait une promesse, celle de rendre une apparence respectable à cette montre.

Sanaë avisa l'établi, cherchant du regard un outil bien particulier. Lorsqu’elle l’aperçut, l’horlogère prit une profonde inspiration avant de s’en saisir d’une main à peine tremblante… Oh, la prise n’était certes pas encore assez forte, encore un peu hésitante, mais tenir le tournevis de précision n’avait plus rien de douloureux. Lentement, elle s’empara de la montre, puis entreprit de séparer doucement, minutieusement le boîtier de la cage du mécanisme avant de tendre la coque à présent vide à son compagnon en lui offrant un sourire chargé de larmes.

-Pourrais-tu me le refondre, s’il te plaît ?


Sanaë s'exprime en #cc99ff



Dernière édition par Sanaë Eshfeld le Lun 19 Mar - 6:38, édité 2 fois
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Hyperion Radchen
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Mer 7 Mar - 23:49
Irys : 354877
Profession : Chercheur/Mecanicien
Daënar +2 ~ Zuhause (homme)
Hypérion était penché sur sa table de travail, repassant encore un plan qu'il n'arrivait pas à terminer. L'objet en question était une demande du chef du village, un simple renfort sur les ailes du moulin à eau pour permettre un meilleur rendement de ce dernier. Celui-ci tournait lentement, bien trop lentement pour tout le monde, et une boite d'engrenage de bonne taille devait être adaptée pour ce dernier. Cela nécessitait bien plus de travail que prévu car au delà de la simple boite, c'était un système archaïque fait de bois qu'il fallait entièrement refaire....
Mais qui disait moulin à eau voulait aussi dire corrosion... L'arbre d'entré du mécanisme se devait donc d'être bien plus solide que du bois pour pouvoir être installé dans un jeu d'engrenage mais aussi résister aux éléments. La solution avait été trouvée plutôt rapidement et à vrai dire même cela ne c'était pas révélé être un détail troublant.
Non le jeune avait réussi à tout tracer en prévoyant la production des pièces... mais voilà quelque chose manquait. Et il avait beau tourner et retourner le plan... c'était comme si ce puzzle avait été complété mais qu'il manquait une pièce essentielle.
Puis après un cliquetis habituel de monte charge, la pièce essentielle de la mécanique du jeune homme arriva, se jetant dans ses bras et déposant un baiser sur ses lèvres ce qui déclencha un soulagement palpable chez le jeune homme qui étreignit son âme sœur avec joie.
D'un geste il balaya les justifications de Sana, glissant sa main le long de sa joue.

-Allons... pas besoin de te justifier, tu es là, c'est tout ce qui compte.


Il regarda le plan sur l'établis, un peu perplexe de montrer une création qui manquait de quelque chose. Hésitant tout d'abord il finit comme à son habitude par lui expliquer, ne pouvant décidément rien cacher à la femme qu'il aimait.

-C'est une amélioration pour le moulin à eau, les villageois trouvent que la sortie donne une vitesse de rotation bien trop lente pour le moment, je crois qu'ils espèrent pouvoir nous demander de refaire un miracle comme ta machine à laver. Mais c'est un gros travail... et j'ai l'impression d'avoir oublié quelque chose...


Alors qu'il parlait, il sentit la tête de la jeune femme se poser sur son épaule et il inclina la sienne pour être plus en contact avec elle, passant une main dans ses cheveux blond avant d'arrêter son travail pour se concentrer sur son récit.
Tout commença plutôt bien, et Hypérion eu un sourire en entendant parler de la rencontre avant de finalement le perdre aussitôt quand elle annonça la mort de la jeune femme. Plus par empathie envers Sana que réel tristesse personnelle, pressa sa main contre celle de l'ancienne horlogère pour la saisir, l'observant doucement déposer une montre sur la table.
Cette montre, il la reconnaissait car c'était l'une des deux qu'il avait trouvé dans les décombres de la boutique. Et le souvenir de l'état de Sana à ce moment là lui serra le cœur avant qu'il ne prenne doucement la parole.

-Tu as raison... parfois mieux vaut ignorer certaines choses pour notre propre bien.


Et voilà qu'il avait du mal à imaginer une belle rencontre après une telle nouvelle, Sana était quelqu'un de sensible, et ce genre de nouvelle ne devait pas avoir manqué de lui rappeler la douleur qu'elle éprouvait au quotidien. Une si belle montre ayant survécus alors que sa propriétaire était morte. Il y avait là une ironie du destin... une ironie funeste qui sonnait mal avec l'air pourtant enjoué que la jeune femme avait en entrant.
Mais finalement elle finit par en dire plus, commençant déjà par citer son nom.
Ce dernier tourna plusieurs fois dans la tête du jeune homme, il tourna sans trouver la moindre correspondance car le mécanicien ne connaissait pas grand monde, et il aurait fallu un miracle pour qu'il connaisse cette Aurore. Mais quand elle parla de cadeau, il ne put s'empêcher d'observer sa moitié à la recherche de quelque chose de physique, son examen attentif ne lui révéla strictement rien. Mais lorsqu'elle parla de la promesse, il eu un court moment d'hésitation...
Sanaë n'avait jamais pu retenir un outil depuis l'incident et remettre en état cette montre exigerait bien plus que ce qu'il ne pouvait faire seule.

-Mais Sana... tu....

Mais ses mots n'allèrent pas plus loin alors que la jeune femme prenait timidement un tournevis dans la main, dévissant certes avec un peu d'hésitation mais sans trembler. A cette simple vision le cœur du jeune homme s'emballa et la la coque qu'elle lui avait donné, au lieu de rester dans ses mains, tomba au sol dans un bruit métallique.
Le boitier allait être refondu, il n'était nul besoin d'en prendre grand soin, mais ce n'était pas par sa volonté qu'il l'avait laissé tombé.
Il répondit au sourire embué de larme de la jeune femme par un autre, par une gorge serrée, et un nouveau sourire qui le fit prendre la jeune femme dans les bras.
Longtemps il la serra contre lui, tachant de garder un calme qui ne demandait qu'à être brisé par une joie sans borne. Son visage s'enfouit dans le cou de la jeune femme, des larmes de joie coulant librement désormais.

-Bénie soit cette Aurore, c'est.... magique....


Il venait de voir un miracle, un miracle qu'il avait certes gardé dans un coin de son esprit mais qui avait tellement aspiré son espoir qu'il avait presque failli y renoncer. Mais non... Sana avait de nouveau ses mains, et il les saisit doucement, ne pouvant s'empêcher de les regarder, et même s'ils étaient inchangés, le jeune homme les trouva presque plus belle qu'avant.
Alors, lentement, très lentement il s'éloigna d'elle, ramassant le couvercle abîmé pour le placet dans le creuset du fourneau, actionnant un bouton qui mit le four en marche. Dans un sifflement de piston, une pompe s'actionna lentement alors qu'un petit feu s'allumait à son rythme, venant réchauffer le réceptacle à creuset. La température montait lentement et alors que tout se préparait pour la renaissance de la montre de son ancienne amie. Hypérion reprit Sana dans les bras, peinant à cacher sa joie.

-Tu es guérie... je ne sais pas quoi dire... c'est.... la meilleure nouvelle que tu puisse m'annoncer...


Il aurait pu vivre sans le talent de Sana, car qu'elle soit douée ou non en mécanique, il l'aurait aimé de toute son âme, mais retrouver la Sana qui l'avait soutenu lors de ses premiers pas dans le vrai monde... cela faisait remonter encore plus de souvenir, et renforçait un amour qui déjà dépassait les limites que s'imposait les gens ordinaires.

-Cette Aurore mériterait la bénédiction de la machine pour ce miracle... je ne sais pas comment elle s'y est pris mais....



Il n'avait tout simplement plus les mots pour continuer, Sana restait Sana avec ou sans ses talents, mais c'était comme si l'inconnue avait allumé un deuxième soleil pour le couple, leur permettant de ne plus jamais avoir la moindre ombre autour d'eux
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Sanaë Eshfeld
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Jeu 8 Mar - 15:05
Irys : 476217
Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
Daënar +2 ~ Skingrad (femme)
Fermant les yeux, laissant les larmes de joie couler librement sur ses joues, Sanaë savoura cette éteinte dans les bras de l’homme qu’elle aimait plus que tout. Son bonheur à lui semblait résonner avec le sien si bien qu’ils n’avaient ni l’un, ni l’autre, besoin de l’exprimer avec des mots qui paraîtraient bien trop fades par rapports aux sentiments qu’elle-même pouvait ressentir à ce moment-là.

Magique… La jeune femme ne put retenir un sourire, puisqu’en un sens c’était effectivement le cas, mais pas seulement. Aurore, malgré sa jeunesse, avait su trouver les mots justes, ceux que Sanaë avait espéré entendre sans même le savoir. Elle lui avait rendu son identité perdue, arrachée par une autre rouquine aux intentions bien moins douces quelques semaines auparavant.

Tandis qu’Hypérion s’éloigner pour accomplir la tâche qu’elle venait de lui confier, l’ancienne horlogère contemplait ses mains… Ses outils, le prolongement même de son âme créatrice. Jamais Sanaë n’aurait été capable de faire ce deuil, pas celui-ci, car cette envie de façonner de ses mains faisait partie intégrante de sa personnalité. Sans cette capacité, cette faculté incroyable, jamais la jeune femme n’aurait pu se sentir réellement complète.

Alors certes, elle n’était pas encore guérie, il y avait encore un long chemin à parcourir avant de pouvoir retrouver toutes ses capacités, néanmoins, il s’agissait là du premier pas, le plus important, celui qui la mènerait jusqu’au bout, parce qu’enfin, elle y croyait.

Après un nouveau sourire, Sanaë se lova de nouveau dans les bras de son compagnon, prolongeant encore une fois cette étreinte pleine de bonheur.

- Je suis encore loin d’avoir récupéré ma dextérité d’autrefois, Hype,murmura-t-elle en enfouissant son visage au creux de son épaule. Mais je sais maintenant que j’en serais de nouveau capable, un jour, avec de l’entraînement et beaucoup de patience.

Cette confiance retrouvée était l’un des fameux cadeaux de la jeune my’tränne, tout comme ce soulagement évident venant du poids mort qui lui avait été retiré. Bien sûr, la culpabilité, la douleur s’exprimaient toujours, Sanaë les entendait clairement, au loin. L’une comme l’autre faisaient partie d’elle et Aurore lui avait fait comprendre que les accepter ne ferait que l’aider à avancer, ce que la jeune femme était enfin capable de comprendre et se résignait donc à faire avec. Un pas après l’autre, un jour après l’autre, elle guérirait. Sana ne redeviendrait jamais la petite horlogère de Blumar au cœur pur et innocent, la jeune fille naïve qui ne voyait que le bien en ignorant volontairement le mal. Deux parties d’une même pièce…

Son regard se posa alors sur les plans qui avait tenu occupé son compagnon. Quelque chose le dérangeait… Finalement, après un baiser rapide, Sanaë s’approcha avec empressement de la table. Elle observa chacune des parties tout en se souvenant de ce que le jeune homme lui avait dit quant au sujet de la réalisation. Tout semblait parfait, à un détail prés.

-La roue est bien trop grande pour tourner rapidement, Hype. Regarde.déclara-t-elle en désignant l’axe principal.Le mouvement demande plus d’amplitude et donc sera forcément plus lent, en revanche si tu rétrécie la roue de moitié, celle-ci tournera plus vite, et si tu en positionnes une deuxième sur le même axe, tu doubles la vitesse.

Elle se tourna alors vers son compagnon lui offrant un franc sourire.

-C’est drôle comme le principe même de l’horlogerie se retrouve partout.


Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Hyperion Radchen
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Jeu 8 Mar - 22:25
Irys : 354877
Profession : Chercheur/Mecanicien
Daënar +2 ~ Zuhause (homme)
Sana allait aller mieux... Ce simple fait hébétait le jeune homme autant qu'il le remplissais d'une joie sans borne et à chaque fois que la jeune femme s'éloignait de lui, ce blocage le regagnait l'empêchant de réfléchir comme il l'aurait du.
le four chauffait lentement, et la température montait elle aussi lentement dans l'atelier, irradiant le couple d'une chaleur plutôt douce alors que le métal commençait lui aussi à chauffer. Son amour dans les bras, il éloigna les paroles de Sana comme un mauvais sort. Peu importe que sa maîtrise ne soit pas entièrement revenue, elle reviendrait à son rythme et Hypérion n'était nullement pressé.
Il aimait le talent de la jeune femme, mais au delà même de cela c'était également la joie qui se faisait lentement une place sur le visage de l'ancienne horlogère qui le remuait.

Le jeune homme commençait à revoir quelque chose qu'il avait cru perdu avec l'horlogerie.
Comme par réflexe il la prit dans ses bras, caressant sa joue doucement.

-Peu importe qu'elle revienne dans un ans, dans dix ans ou demain.... je t'aiderais à le faire revenir à ton rythme, je ne sais pas si je serais un très bon professeurs, mais j'y mettrais tout ce que j'ai !



Le temps était de toute façon relatif avec elle. Qu'il se passe un jour ou une heure, le temps paraissait toujours trop court, et la fin de leurs moments intimes sonnait toujours comme un déchirement. Alors pouvoir passer encore plus de temps avec elle... ce n'était pas pour lui déplaire, loin de là. Et au vu de sa patience quasiment infinie cela ne serait probablement qu'une occasion d'admirer la jeune femme à l'oeuvre.
Cette Aurore n'avait pas seulement fait un cadeau à Sana, mais aussi à son compagnon, même si cela était d'une manière bien plus subtile qu'elle n'aurait pu le penser. Chaque secondes gagnées étaient un précieux cadeau, et voir son amour renaître en était un autre bien plus précieux.
Il la laissa donc inspecter le plan à sa guise, plutôt heureux de la voir s'intéresser à son travail.
Hypérion avait de toute façon tout à gagner à la laisser faire et effectivement cela ne rata pas, en à peine quelques secondes, elle venait de résoudre un problème qu'il avait totalement oublié et occulté il sauta presque de joie en voyant ce simple détails résolu par la jeune femme.

-Mais oui bien sur ! Une roue plus petite... c'était évident et je suis passé à côté, je serais vraiment un bon à rien sans toi !


Une roue plus petite serait en plus bien plus solide et facile à fabriquer et une meilleure vitesse permettrait une boite de transmission encore plus robuste, vu l'utilisation des villageois ça ne serait pas un mal d'ailleurs.


Il sourira en l'entendant s'exclamer sur l'horlogerie ne pouvant s'empêcher de rajouter.

-Le culte de la machine est vaste et l'horlogerie en est une composante essentielle oui

Et voilà qu'il avait de nouvelles idées un nouveau plan en tête, le jeune homme embrassa langoureusement l'ancienne horlogère, autant par envie qu'en signe de remerciement, même s'il savait pertinemment qu'il ne devait rien à la jeune femme. Toute occasion était bonne à prendre même s'il n'en avait pas réellement besoin.
Le couvercle commençait lentement à fondre, et une petite flaque de liquide métallique se faisait jour dans le fond du creuset, pas encore suffisamment pour que le mélange soit prêt cependant.
Profitant d'un moment de séparation, il sortit un des moules d'horlogerie du tiroir ainsi que quelques sceaux de métaux en grains qu'il saupoudra sur le creuset.
Récemment le jeune homme c'était intéressé aux alliages et améliorer celui du capot lui semblait une bonne chose.
Un peu d'or... voilà qui rendrait le capot encore plus précieux qu'avant sans pour autant le rendre trop clinquant. L'Electrum, voilà comment les experts métallurgiques appelait cet alliage, un alliage plutôt rare et difficile à produire mais qui était la marque des fondeurs de talents.
A vrai dire Hypérion c'était découvert une passion pour ce genre de travaux et sublimer cette montre lui semblait une évidence.

-Je pensais changer un peu la composition, l'argent est magnifique mais si c'est un souvenir, peut être vaudrait-il mieux la rendre quelque peu.... spéciale ? C'est un alliage à base d'argent que j'ai étudié, il donne une légère teinte dorée sans pour autant produire un résultat clinquant, c'est très discret et plutôt compliqué à produire mais je pense que la personne qui la recevra en sera contente qu'en dit tu ? En plus ça mettra une touche personnelle supplémentaire dans ton travail non ?
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Sanaë Eshfeld
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Ven 9 Mar - 15:00
Irys : 476217
Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
Daënar +2 ~ Skingrad (femme)
Sanaë se mit à rire face à l’empressement de son compagnon. Son soutien sans faille était important pour elle, malgré ses maladresses qu’elle n’eut aucun mal à lui pardonner. L’ancienne horlogère savait que le contact humain, la relation avec l’autre étaient autant de choses nouvelles pour le jeune homme qui ne savait pas toujours comment se comporter avec les semblables. Il agissait naturellement, simplement par instinct, ce qui pouvait sembler déconcertant pour les inconnus. Les villageois s’étaient habitués à ce caractère un peu particulier, mêlant profonde timidité et franchise exacerbée.

-Oh, mais je ne m’inquiète pas pour ça, railla-t-elle gentiment. Et puis, je me sens tellement légère que je me sentirais presque capable de tout faire. Je me laisserai simplement le temps d’y arriver.

La liberté, la confiance en l’avenir se lisaient aisément dans le regard de la jeune femme ainsi que dans son sourire qui ne semblait pas vouloir s’effacer de son visage. Cela ne lui était pas arrivée depuis longtemps, trop longtemps, en particulier pour celle qui souriait à tout, autrefois. Bien sûr, Sana avait parfaitement conscience qu’il ne s’agissait là que du premier pas. Elle n’avait fait que dévisser un boîtier, un acte mineur mainte fois répétée, mais qui pourtant lui avait demandé un terrible effort. Certaines plaies restaient encore ouvertes, même si bien moins profondes et si les tremblements s’étaient calmés, restait l’appréhension du geste, de l’échec et une peur, bien que sourde. Elle ne se faisait donc aucune illusion et comme l’avait souligné son compagnon, cela prendrait le temps qu’il faudra, mais elle y arriverait, simplement parce qu’elle le voulait et qu’elle bénéficiait, en plus, d’une aide et d’un soutien de taille. Que demander de plus?

Toutefois, elle ne put s’empêcher de grimacer à l’entente de l’expression du jeune homme. Il ne s’agissait là que d’une nouvelle preuve de sa maladresse, les mots surgissant souvent brutalement de sa bouche sans aucun détour ni artifice. Et même si celle-ci n’avait probablement pour but que de l’encourager et de manifester sa joie de voir son problème résolu, Sanaë ne put s’empêcher de le corriger avec tendresse.

-Dis donc mon amour, lança-t-elle en lui faisant une douce pichenette sur le front. Le génie ici, c’est toi et tu l’étais bien avant notre rencontre. Tu aurais trouvé la solution tout seul, si tu ne te focalisais pas sur un seul point à la fois. Prends du recul et offre toi une vue d’ensemble, les petits détails seront nettement plus visibles.

A nouveau elle le reprit dans ses bras avant de déposer un baiser délicat sur ses lèvres.

-Alors, même pour me flatter, ne dis plus jamais que tu es un bon à rien, que ce soit avec ou sans moi. Cette affirmation me fait bien plus mal que plaisir, parce que je sais ce que tu vaux et que je ne pourrais jamais accepter que tu dénigres ainsi, même si ce n’était pas le but.

Un baiser de plus, plus profond, plus passionné que les précédents. L’un de ceux capable de lui faire perdre toute concentration, lui faisant tout oublier, sinon lui. Mais il ne s’attarda pas pour retourner vers le four où le boîtier abîmé disparaissait peu à peu pour se transformer en flaque informe. Plus de stigmates, plus de cicatrices liées aux blessures qu’il avait subi. De cet évènement tragique survenu dans sa vie, il ne restait plus aucune preuve matérielle, si ce n’est la canne de la jeune femme. La montre quant à elle, repartait sur de nouvelles bases, plus lumineuses elle aussi. Sanaë n’avait pas l’intention de la dénaturer, bien au contraire, mais tenait tout de même à faire en sorte de l’objet évoque clairement sa propriétaire. Elle voulait que sa personnalité lumineuse se reflète entièrement dans la montre, comme une évidence pour tous ceux l’ayant connu, en particulier pour son père évidemment, qui devait souffrir atrocement la perde de son unique enfant.

Voilà pourquoi Sanaë accueillit joyeusement l’idée d’Hypérion. Elle connaissait cet alliage, pour l’avoir travaillé, que ce soit grâce au savoir-faire de son ami et partenaire orfèvre de Blumar ou au talent de la jeune joaillière qui fut son associée le temps d’une collection particulière de montres. Tout cela, lors de sa précédente vie, évidemment, puisque c’est ainsi qu’elle voyait les choses. Une autre façon d’avancer sans regarder en arrière et de s’offrir une vision d’avenir bien plus agréable.

- Tu vois! Je le disais, un génie !s'exclama Sanaë en se jetant dans ses bras avant de parcourir ses joues d’une multitude de petits baiser. C’est tout à fait ce qui lui faut! Brillant de façon plus discrète, plus humble. Katharina avait l’âme la plus lumineuse qui m’ait été donné de voir… Ceci lui rendra un merveilleux hommage.

La jeune femme se dirigea vers son bureau, attrapant une feuille et un crayon afin de dessiner ce qui serait la nouvelle coque de la montre. Elle ne toucherait pas à l’essence de l’appareil, soucieuse de préserver au maximum de son apparence d’avant, celle connue et aimé par sa propriétaire disparut. La composition changerait, mais pas le reste, si ce n’est le contour de la lunette. Des détails, juste quelques détails, rien de plus. Lumineuse, radieuse, discrète, douce. Sanaë veillerait à ce que tout ceci ressorte de l’objet. Puis elle nota une phrase en bas de sa page, une gravure qu’elle réservait pour l’intérieur de la cuvette, un endroit simplement destinée au père de Katharina, mais aussi un message pour Aurore…

Ceci fait, la jeune femme retourna auprès de son compagnon, l’observant travailler en silence. La fatigue restait présente, se manifestant surtout par une raideur dans la nuque et la douleur de son genou qui s’était réveillée. Mais elle n’en avait pas fini ici, trop obsédée par cette montre, ce souvenir et cette envie d’agir… De changer.


Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Hyperion Radchen
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Ven 9 Mar - 23:41
Irys : 354877
Profession : Chercheur/Mecanicien
Daënar +2 ~ Zuhause (homme)
Le jeune homme fut légèrement rabroué par la jeune femme qui ne supportait pas qu'il se dévalorise ainsi, et en signe de honte passagère il baissa brièvement les yeux avant de simplement comprendre qu'elle disait cela pour son propre bien. Hypérion se dévalorisait constamment, incapable de concevoir son travail comme étant une réussite alors que ce dernier tournait parfois proche de la perfection mécanique. Ce n'était néanmoins pas de la fausse modestie, il avait simplement l'habitude de voir le travail des autres comme supérieur au siens, le plaçant de ce fait plus souvent dans la place de l'apprentis plutôt que celui du maître, même si cela était quasiment toujours l'inverse
Mais en horlogerie, Sana était clairement à un niveau au dessus de lui, et il reconnaissait son talent comme étant bien supérieur à celui d'un arriviste dans le milieu. A vrai dire si l'horlogerie était un défis technique qu'il appréciait, le jeune homme avait une fascination pour les armures assistées, les armes, et les prothèses qu'il trouvait des plus attirantes, autant pour leurs défis que pour leur esthétiques.
Son rêve était de réaliser une armure maghitèque fonctionnelle, mais il lui manquait encore beaucoup de connaissances spécialisés pour cela. Une telle merveille allait nécessiter des recherches, beaucoup de recherche, et sans doute beaucoup d'expérimentation, car d'après les premiers ouvrages qu'il avait consulté, la puissance des technologies technomagiques dépassaient de loin celle plus classiques.
Revenant à Sana, il s'excusa à voix basse avant de la prendre dans ses bras

-Désolé... ce n'était pas vraiment pour mal faire, je me sens juste novice par rapport à toi sur les sujets comme l'horlogeries ou les mécanismes internes


L'Electrum semblait plaire à Sana et cette idée se mit vite en marche poussée par la motivation de la jeune femme. Le jeune homme observa le liquide doucement se mélanger alors qu'une nouvelle teinte venait progressivement remplacer l'ancienne. Une teinte moins argenté, possédant quelques reflets dorés que l'éclairage faisait ressortir.
Voyant le creuset se remplir, il se décida à sortir le mélange, attrapant deux gros gants qu'il enfila avant de saisir une pince.
Le creuset s'éleva doucement du fou, son métal liquide bougeant doucement au rythme des pas du jeune homme.
Un moule avait été déposé sur la table, un moule fermé qui n'attendait plus que de recevoir le métal en fusion pour donner former au nouveau capot de montre. Alors, lentement, Hypérion versa le contenu du creuset dans les trous de coulée, observant le métal remplir le récipient non sans déclencher quelques flammes lorsque les impuretés du réceptacle furent brûlée.
Reposant le creuset, le jeune homme observa les surplus de matière se former: de belles zones plates qui s'affaisseraient une fois le métal refroidis.
On pouvait déjà deviner les futures couleurs du boitier même si cela n'était qu'une base brute qu'il faudrait sublimer par la suite. Il avait toute confiance en Sanaë pour cela.

Et alors que le temps passait, il prépara l'établi pour le travail, sortant des lime et des outils de gavage. Et ce n'est que plusieurs dizaines de minutes après qu'il prit le moule dans la pince, examinant les sur-épaisseurs pour en vérifier l'état. Satisfait, il l'ouvrit pour saisir le boitier à la pince, le trempant délicatement dans l'huile pour accélérer son refroidissement avant de le passer dans un bain d'eau froide.
Finalement, le technicien se saisit d'une scie avec laquelle il découpa les excès avant de passer plusieurs minutes à limer puis à polir à la machine le boitier pour lui redonner son apparence parfaite. Cela dura longtemps car Hypérion était persuadé que ce genre de travail exigeait de la minutie, et il ne comptait pas laisser la moindre imperfection.
Se retournant, il découvrit Sana derrière lui attendant surement avec impatience la nouvelle pièce, pièce qu'il lui tendit joyeusement sous la forme d'un capot lisse parfaitement poli.

-Et voilà la base de ton futur chef-d'oeuvre, j'espère qu'il te conviendra ! Un capot lisse en Electrum, poli à la main prêt à recevoir ta bénédiction.


Le technicien posa l'objet dans la main de la jeune femme remarquant sa posture légèrement modifiée par la douleur à sa jambe, c'est donc sans attendre qu'il lui laissa sa place à l'établi, l'installant sur son fauteuil avant de se pencher au dessus de son épaule, profitant de l'occasion pour passer les mains autour de son corps et de lui glisser plusieurs bisous dans le cou, s’enivrant brièvement du parfum de la jeune femme.

-J'ai hâte de te voir à l'oeuvre, tu permet que je m'installe près de toi ?

Sans un mot il tira un petit tabouret, se positionnant de telle sorte à être à la fois proche de son amour, mais aussi hors de son espace personnel pour ne pas la déconcentrer, il n'y avait rien de pire qu'une présence trop insistante lors des travaux, et Hypérion le savait bien.
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Sanaë Eshfeld
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Dim 11 Mar - 9:08
Irys : 476217
Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
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Sanaë ne perdit pas une miette du travail accompli par son compagnon, observant chacune des étapes avec une fascination somme toute enfantine. Lorsqu’elle était enfant, son père l’emmenait parfois observer le travail de l’orfèvre associé à sa maison. La fillette restait des heures sagement assise à observer la magie de l’artiste opérer. Magie en effet puisque le fèvre transformait avec aisance une matière brute, à travers divers mélanges savamment calculés en un objet délicat, sublimé par ses mains expertes.

Hypérion répétait lui-même ces mêmes gestes, ces mêmes étapes avec une concentration particulière. La jeune femme aimait l’observer tandis qu’il travaillait, observé par sa tâche tout en affichant une expression particulière. Il semblait alors plus âgé, moins insouciant, si sérieux qu’il en était attendrissant. Mais elle n’oubliait pas pour autant l’objet qui prenait lentement forme entre ses mains. Et lorsqu’il le plaça entre les siennes, Sanaë ne put s’empêcher de l’observer longuement, caresser la surface encore lisse qui n’attendait qu’elle… Sa touche experte qui ne l’était plus vraiment.

-C’est un travail remarquable, Hype, murmura-t-elle sans détourner le regard du nouveau boîtier.Tu m'étonneras toujours… Y a-t-il seulement une chose que tu ne saches pas faire ?

C’est alors que le doute prit possession de ses tripes. Elle avait peur. Peur de mal faire, de gâcher ce travail, cette montre… Ce souvenir si important… Peut-être même le dernier d’une jeune fille partie trop tôt. Sanaë sentit alors une lourde pression sur ses épaules, car elle n’avait pas le droit à l’erreur. Et si elle n’en était pas capable ? Il ne s’agissait que de toucher à l’apparence du dispositif, rien de plus, mais pourtant… À nouveau ses mains se mirent à trembler bien que ces spasmes-ci n’avaient plus rien à voir avec ceux subis jusque-là. Elle craignait simplement de décevoir son compagnon qui semblait si impatient de la revoir travailler, ainsi qu’Aurore qui lui en avait peut-être demandé trop…

Sanaê soupira, désespérée de se voir à nouveau ainsi. Elle en avait assez d’avoir constamment peur de l’échec. Assez de devoir se laisser submerger par le doute, la crainte… La jeune femme serra les dents, resserrant la prise sur l’objet qu’elle tenait dans sa main, avant de prendre une profonde inspiration. Son regard inquiet se chargea de détermination poussée par le courage qu’elle tentait de regagner. Il n’y avait plus de place pour tout ça dans sa vie, elle voulait changer… Faire disparaître cette jeune femme craintive et honteuse de sa vie, simplement parce qu’elle méritait mieux que ce que celle-ci lui offrait.

Elle prit donc place à la chaise que lui désignait son compagnon, déposant délicatement le boîtier encore vierge sur l’établi. Les tendres attentions d’Hypérion se chargèrent ensuite d’éloigner le reste de ses pensées parasites. Savourant ses douces caresses, ses baisers délicats en fermant les yeux, Sanaë su y puiser toute l’énergie et le courage qui lui manquait pour se concentrer sur la tâche qui l’attendait.

L’ancienne horlogère, reprenant pour la dernière fois son ancien rôle, invita son amour à s’asseoir près d’elle en lui offrant un franc sourire. Puis après avoir ajusté le faisceau de la lampe, elle se mit au travail. Durant de longues heures elle s'appliqua à graver le cache du boîtier neuf, avec des gestes particulièrement doux, minutieux, en prenant quelques pauses régulières pour réajuster ses doigts rendues paresseux par cette longue période d’inactivité rendant sa dextérité d’avant plus incertaine et parfois même maladroite. De ce fait, elle y fit particulièrement attention tant elle se voyait soucieuse de fournir un résultat parfait. Elle prit donc son temps, mesurant chacun de ses mouvements pour ne pas exercer trop de pression, ou pas assez. Au bout de quelques heures, le cache se voyait doté de nouveaux reliefs délicatements travaillés, discret, représentant un soleil brillant. Elle s'attela ensuite à la lunette, gravant les mêmes effets sur le contour avant de refixer le verre à sa place et de placer le tout sous cloche en attendant la dernière étape. Enfin, elle se saisit de la cuvette, y gravant le fameux message en espérant que le père de Katharina n’y trouve un sens, tout comme sa compagne aux cheveux roux. Une fois finie, elle la plaça à son tour sous la cloche.

L’astre matinal commençait à inonder le monde de sa lumière, même si aucun de ses rayons encore paresseux ne troublait la lumière artificielle régnant dans l’atelier. Sanaë en avait oublié sa fatigue et poussa sa concentration sur le mécanisme à présent. Se munissant d’un tournevis de précision et de ses brucelles, elle entreprit de démonter le dispositif avant de placer et trier chacune des pièce sous diverses cloches destinées à accueillir les différents mouvements. La réfection avait déjà été faite et la montre fonctionnait à merveille, néanmoins, elle tenait à nettoyer chacun des rouages… Et surtout les remonter par la suite. Une thérapie différente, mais néanmoins nécessaire, car Sanaë avait besoin de savoir si elle en était encore capable. Toutefois, elle agirait par étapes, se contentant pour le moment de simplement démonter le mécanisme, l’épuisement ne lui permettant pas de pousser trop loin son défi personnel.

Une fois fait, Sanaë s’écarta de l’établi, faisant craquer ses doigts ankylosés et douloureux par tant de sollicitation. La pendule accrochée face à elle indiquait midi, le temps avait à nouveau filé sans qu’elle ne s’en aperçoive et cette pensée la força à sourire en se retournant vers son compagnon.

-Il semblerait que certaines manies reviennent facilement, déclara-t-elle dans un éclat de rire. Tu ne t’es pas trop ennuyé au moins ?


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Hyperion Radchen
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Lun 12 Mar - 0:27
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Profession : Chercheur/Mecanicien
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Hypérion attendit longtemps, sans pour autant s'ennuyer une seule seconde, trop occupé à suivre les mouvements presque hypnotique de la jeune femme, oubliant la fatigue, la faim, la soif, rien ne comptait sinon les mouvements envoûtant de Sana. Remplacer des pièces étaient aisé, assembler un mécanisme et le régler était une toute autre affaire, et même si les mains de la jeune femme n'étaient plus aussi endurant qu'avant, l'expérience était palpable dans sa technique, si bien que sans grande surprise, la monde redevint le chef-d'oeuvre qu'elle avait été.
Et ce n'est que lorsqu'il la vie s'éloigner du bureau qu'il sortit également de sa transe contemplative, esquissant un sourire avant de répondre.

-Pas le moins du monde, ton talent n'a rien perdu, tu es toujours une magicienne.

C'était évidemment un compliment, car le jeune homme ne faisait pas la différence entre magie et technologie. En effet la science n'était qu'une magie d'un architecte oublié, et la magie une science encore inexpliquée. Les deux principes se mélangeaient dans sa tête sans vraiment que l'un prenne le dessus sur l'autre. Il observa le mécanisme démonté placé sous cloche, ne pouvant s'empêcher d'analyser pour lui même les pièces internes.
Des engrenages, une ancre, des axes... des petites merveilles de complexité qu'il aimait toujours autant regarder. Ce fut à ce moment précis qu'il se rappela de la question que la jeune femme avait posée plus tôt. Y avait-il des choses qu'il ne savait pas faire ? Bien sûr !
Il se sentait étrangement d'humeur bavarde, peut être à cause de la fatigue, ou simplement l'envie de parler avec la femme qu'il aimait, Hypérion reprit donc la question là ou elle avait été arrêtée.

-Pour te répondre, bien sûr que certaines choses sont hors de ma portée, j'ai simplement la chance d'avoir eu un don pour la mécanique, et je n'évolue que dans ce milieu... Il est donc facile de s'émouvoir de talents qui sont utilisés là ou ils le doivent. Je suis bien incapable d'être un bon orateur, et encore moins un bon soldat.
J'aime peu de choses pour dire vrai.... contrairement à beaucoup de gens je n'ai pas eu de quoi m'épanouir dans tout un tas de milieux. Vois tu... j'ai....

Et voilà qu'il allait surement parler un peu plus de lui. Jamais il ne l'avait fait auparavant car jamais ils n'avaient connus une telle quiétude, et ici, dans cet atelier coupé du monde, le jeune homme pouvait se permettre de se confier à la femme de sa vie. Prenant une petite respiration, il commença doucement son explication.

-Je n'ai vécu que dans une mine, sans parent, sans famille... A vrai dire... même dire que j'ai vécu dans une mine serait exagéré, j'ai vécu dans un atelier, bien plus modeste que celui-ci. Si comme beaucoup d'autre j'avais été... "embauché" pour trouver du minerai, les contremaîtres m'ont trouvés une meilleure utilité, et ils m'ont affectés à un atelier de réparation de matériel de minage.

Même si cela pouvait paraître terrible, cela avait été une véritable bénédiction pour lui car bien qu'éloigné des autres, il avait pu grandir dans une relative sécurité au milieu des machines, faisant des armures des compagnons aussi vivant que des êtres humains.

-Des longues journée... ou peut être nuit car je n'ai jamais pu voir la lumière se sont écoulées, passées à réparer beaucoup de choses différentes. Un tel traitement même s'il peut paraître étrange finit forcément par créer des liens, au dépend de bien d'autre comme tu as pu le voir.
Disons simplement que grâce à toi je peux exprimer ce que j'ai appris plus ou moins volontairement.


Il laissa tout de même planer beaucoup de mystère, car il n'était pas encore temps de tout révéler. Peu de choses étaient plus complexe qu'une machine sinon l'enfance du technicien et si Sana le saurait un jour, il était encore trop tôt et l'endroit n'était pas des plus appropriés.
Il esquissa donc un sourire innocent, prenant la main de la jeune femme dans la sienne

-Mais maintenant même privé de lumière, j'ai toujours mon rayon de soleil à côté de moi je ne peux décemment pas m'en plaindre.

Lentement il se rapprocha d'elle l'embrassant une nouvelle fois tendrement, faisant durer ce baiser plus longtemps qu'à l'accoutumé. Était-ce la fatigue qui lui donnait tant envie d'être ainsi près d'elle ? Peut être... Ce genre de chose fait souvent sauter les petites barrières que les gens s'imposent.
Une minute, puis deux... et enfin il la relâcha doucement enfouissant cette fois sa tête dans son cou avant de se mettre à respirer doucement, apaisé par la présence de la jeune femme. Se rappeler de cela n'avait pas fait que du bien...
Quelques instant après il repris son amour par le bras l’entraînant dehors pour qu'ils puissent se reposer quelques instant.
L'ascenseur les menas rapidement à la porte qui une fois ouverte révéla un grand soleil qui fit briller les cheveux d'or de Sana et d'argent d'Hyperion.

-Je n'ai pas très faim... mais j'aimerai que l'on se repose un petit peu avant de reprendre qu'en dit tu ?

Un peu d'air frai n'était jamais négatif, et à vrai dire le jeune homme voulait passer un peu de temps avec la femme pour laquelle il était prêt à donner sa vie.
S'allongeant dans l'herbe à côté d'elle, il monta jusqu'à son visage, la fixant avec de grands yeux curieux

-Dit moi ma Sana... Que penses-tu de notre...enfin ta nouvelle vie ici ? Je sais que quand je t'ai proposé de venir ici, tu étais encore sous le choc mais.... qu'en dit tu maintenant ?
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Sanaë Eshfeld
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Lun 12 Mar - 10:14
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Sanaë se mit à rire gentiment en entendant le compliment de son compagnon. Celui-ci, comme à son habitude, sortait de l’ordinaire même si la raison semblait tout à fait évidente lorsqu’on le connaissait assez pour en comprendre la raison. Sauf que cette fois, sans même le savoir, il ne se trouvait pas si loin de la réalité, bien que la magicienne ne soit pas Sana, mais plutôt celle qui l’a conduite à reprendre sa place à l’atelier. La chose fut plus simple que ce qu’elle ne l’aurait cru de prime abord, bien qu’incertains, ses gestes familiers étaient naturellement revenus… Néanmoins, Sanaë n’était pas sûre, qu’une fois sortie des sentiers battus, la dextérité et le savoir faire se retrouverait toujours. Chaque chose en son temps, un pas après l’autre, le temps ne pressait pas, pas en ce lieu de paix qu’Hyperion avait su créer.

Et puis… Son compagnon décida de se livrer, un peu. Elle avait le sentiment qu’il ne disait pas tout, sans doute n’était-il pas encore prêt à cela… Ou par peur de vouloir la préserver d’un discours qu’elle n’était probablement pas encore prête à attendre. Toutefois, Sanaë l’écouta sans jamais l'interrompre, sans lui poser la moindre question par crainte de s’infiltrer dans son intimité qu’il tenait encore à préserver. Elle se doutait bien que son passé n’avait rien de joyeux et se situait bien loin de sa douce enfance loin des soucis, des besoins inassouvis ou de quelconques manques. Sanaë avait vécu entourée d’une grande famille aimante loin des tracas… Donc loin de pouvoir aisément comprendre ou réaliser ce qu’était la vie du jeune homme avant leur rencontre.

Une vie sans soleil, dans de sombres galeries… Comment ne pouvait-il pas être effrayé par le monde extérieur tellement grand, ouvert vers l’inconnu et l’incertitude ? Au moins son récit lui permit de mieux le comprendre, même si elle se doutait bien que la réalité dût être bien moins simple et certainement plus violente. Sanaë ne pourrait certainement jamais oublier la multitude de marques blanche qui parsemaient sa peau d'albâtre.

-Grâce à moi ? s’étonna-t-elle en se désignant du doigt en écarquillant les yeux. Mais je… je n’ai rien fait Hype. Tout cela est ton œuvre, pas la mienne. Tu y serais arrivé dans tous les cas, que ce soit avec ou sans moi.

Sanaë fit alors de grands gestes de bras pour englober l’atelier et tout ce qui aller avec, illustrant ainsi ses propos. Tout ce qu’ils possédaient tout deux, que ce soit la maison, cet atelier digne des rêves de tous les mécaniciens d’Irydaë, et même l’oursonne qui dormait profondément dans son panier existaient grâce à Hypérion et seulement lui.

-Sans toi, je ne serais même plus en vie, Hype. Tâche de ne pas l’oublier. Et si par miracle je m’en serais tout de même tirer, je n’aurais certainement pas eut envie de vivre. Ma force, c’est en toi que je la puise, mon rayon de soleil.

L’ancienne horlogère lui sourit tendrement avant de lui rendre son baiser, le ramenant vers elle afin d’entrer en contact avec chaque partie de son corps. Tendre et profonde embrassade qu’elle savoura abondamment avant qu’il ne s’éloigne la laissant, l’abandonnant presque à regret pour la conduire à l’extérieur où l’astre solaire se trouvait à son zénith. Le temps avait filé, une nouvelle fois, se faisant totalement oublier par la jeune femme. Le comble pour une horlogère qui venait de passer de longues heures pencher sur une montre.

Elle se laissa donc guider, s’allongeant dans l’herbe grasse printanière en veillant à disposer convenablement sa jambe. La vive lumière de la mi-journée la poussa à fermer les yeux, savourant la douce chaleur qui imprégnait peu à peu sa peau encore trop pâle. Le sommeil l’appelait à lui et elle lui aurait cédé sans résistance sans la question d’Hypérion.

-Notre vie… La première affirmation était la bonne, railla-t-elle gentiment en plongeant son regard d’azur aux éclats intensifiés par les rayons du soleil.

Sanaë n’y avait jamais réellement réfléchi. Leur vie s’était vue pourtant chamboulée, prenant un tournant auquel elle ne s’était certainement pas attendue. Un nouvel endroit, une nouvelle maison, de nouvelles connaissances, de nouveaux sentiments… Malgré sa condition de prisonnière en liberté, constamment surveillée par un agent de la milice qui s’ennuyait de plus en plus chaque jour, l’ancienne horlogère de Blumar ne s’était jamais sentie aussi libérée, d’autant plus depuis sa récente rencontre avec Aurore. Elle leva les mains, les plaçant devant le soleil pour en admirer les contours tout en réfléchissant à sa réponse.

-Je suppose que j’aime cette vie, murmura-t-elle doucement. Même si je n’en ai jamais réellement rêvé. Je ne croyais pas à ce genre de bonheur simple...

Retournant ses mains, observant à présent ses paumes tout en pliant et dépliant les doigts, Sanaë songea à ses rêves d’antan… Ceux qui avaient guidé ses pas maladroit, quelque peu paresseux et hésitants.

-Plus jeune, j’aspirais à l’aventure, je voulais parcourir le monde, apprendre de nouvelles choses chaque jour, faire des rencontres intéressantes sans jamais rester en place… Je n’ai jamais imaginé vivre ce genre de vie, ni même tomber un jour amoureuse, déclara-t-elle en se tournant vers lui, lui offrant un immense sourire. Alors que maintenant, je n’échangerais tout cela, tout ce que tu m’as offert, cette vie si paisible à tes côtés, pour rien au monde.

Elle se redressa légèrement, l’observa un instant tout en souriant, puis tout naturellement, alla chercher ses lèvres pour y déposer un tendre baiser avant de se rallonger.

-J’espère avoir répondu à ta question. Et pour toi donc ?


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Hyperion Radchen
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Lun 12 Mar - 22:36
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Profession : Chercheur/Mecanicien
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Hypérion eut un petit sourire quand la jeune femme le corrigea... "notre vie"... Oui décidément, et même s'il ne voulait pas l'évoquer, cette idée lui plaisait de plus en plus. Notre.... Sanaë, lui, les deux réunis pour un temps qu'il espérait le plus long possible.
C'était pour lui la vision idéale du bonheur. Comme toute jeune personne il avait souhaité l'aventure, la découverte, le voyage. Mais tout cela était-il indispensable ? Qui pouvait réellement se plaindre de vivre une idylle aussi parfaite, à l'abris des déprédations extérieures.
Selon lui, la guerre pouvait bien arriver, les architectes pouvaient bien lâcher un fléau sur le monde, tant que son petit village n'était pas touché, il n'y voyait pas d’inconvénient. Souriant légèrement, il déclara à voix basse.

-Oui... notre vie... je dois dire que la bas, au plus profond des mines j'ai toujours songé à m'évader pour parcourir le monde, mais au final... j'ai découvert, j'en suis sur, la seule personne qu'il fallait découvrir... toi.

Et si beaucoup de gens pouvaient lancer ce genre de parole hyperbolique sur le coup de l'émotion, le jeune homme, lui, en pensait chaque mot. Sanaë était devenue sa vie et sa passion. Et cette dernière lui avait permis de s'épanouir comme jamais auparavant. Il avait troqué l'étreinte froide de Centurion pour les caresses de la jeune femme, et malgré le temps passé, pas une fois le jeune homme n'avait regretté ce choix. Et s'il fallait le refaire, le technicien le referait sans aucune hésitation, car la jeune femme valait sans doute un million d'armure mécaniques, si ce n'était plus.
Quand elle répondit, Hypérion eu un large sourire qui se dessina, il semblait qu'elle aimait cette vie également.
Tout comme lui elle n'avait imaginé atteindre ce stade de bonheur, le considérant peut être comme un idéal inaccessible ou simplement comme quelque chose paraissant trop différent de ce qu'elle avait.
La tête dans l'herbe, il attendit que les mains de la jeune femme retrouvent le sol pour s'en saisir d'une, savourant ce contact purement innocent. Sa tête tourna doucement pour fixer la jeune femme, scrutant son visage à la recherche d'un signe de mécontentement.

-Je vois que nous pensions pareil.... Le travail, le travail... puis l'aventure, comme si la vie était une équation définie et absolue. Mais voilà que l'amour à faussé les calculs...


Evidemment il n'y avait pas une once de regret, et le jeune homme souriait, trouvant cette formulation plutôt adaptée pour ce couple atypique. Il n'était pas question de relation décidée par avance, le sort avait même joués contre eux... Mais finalement l'amour avait été plus fort.
Il se reprit simplement quand il entendit le mot "offert", trouvant ce mot fort mal employé pour une fois.

-Je ne t'ai rien offert Sana, nous avons tout construit tout les deux. Je me rappel encore de cette rencontre... Dire qu'à la base j'avais été plus inquiet pour la montre que pour toi... Alors que maintenant je serais prêt à laisser mourir mille machine pour t'éviter un bleu.
Mais ne considère pas cela comme un don, tu m'as donné énormément, plus que ce que j'aurai pu en demander à n'importe qui...


Il laissa un moment de silence, avant de reprendre, une main levée vers le ciel.

-Tu m'a montré ce que c'était d'être humain... de vivre, autrement que pour avoir le malheur d'entendre la cloche du jour suivant... Je ne pourrais sans doute jamais te rendre cela.

Le sourire de la jeune femme réchauffa encore un peu son cœur, et il fit de son mieux pour offrir une réponse aussi claire que possible.

-J'aime cette vie. Principalement parce qu'elle est avec toi. Nous aurions pu nous installer dans le nord glacé, ou dans le désert, je ne pense pas que j'aurai pu me plaindre de toute façon.

Il se frotta le menton, effleurant une barbe de trois jours qui se faisait de plus en plus naissante avant de finalement réussir à cerner ce qui faisait l'essence même de ce bonheur.

-Je n'ai jamais vécu jusqu'à notre rencontre, apeuré par le monde, et cloisonné dans un cercueil de métal, une armure est à double tranchant... elle laisse dehors ce dont tu devrais avoir peur, mais la peur... elle reste aussi enfermée avec toi.... Tu es peut être en sécurité... mais à l'intérieur tu te noie... dans tes propres peur.


C'était une émotion étrange, difficilement explicable à des gens peu habitués à porter ce genre de tenue.
Peut être la jeune femme voudrait-elle essayer un jour, peut être pas.



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Sanaë Eshfeld
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Mar 13 Mar - 13:10
Irys : 476217
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Sanaë sourit en écoutant les paroles de son compagnon, avant de reporter son regard vers le ciel, observant les nuages trop occupés à poursuivre leur course pour se poser afin d’observer ce qu’il se passait en bas.

-Je ne pense pas que l’équation soit faussée, déclara-t-elle avec sérieux sans quitter le ciel des yeux. Je me dis seulement qu’elle a été complétée, remplaçant un nombre obscure, inconnu et difforme par un être fait de chair et de sang. Finalement, rien ne nous empêche de poursuivre ses rêves ou d’en vivre d’autre. Nous sommes simplement deux pour cela.

Sanaë serra la main de son compagnon, lui offrant un nouveau sourire. Jusque-là, ils n’avaient jamais eut ce genre de conversation, livrant librement le contenu de leur âme pour mieux se comprendre. La jeune femme appréciait l’instant, réalisant que cela faisait longtemps qu’elle n’avait plus osé penser au futur. Avec lui, tout paraissait tellement plus simple, plus naturel, plus lumineux… Sa seule présence éloignait l’obscurité de son cœur, la tenant à l’écart lui permettant de savourer pleinement chaque moment passé en sa compagnie.

Lorsqu'il la contredit, Sanaë se mit à rire joyeusement avant de reprendre son calme afin de lui expliquer ses propos.

-Tu me connais assez pour savoir que je n’utilise jamais les mots au hasard, dit-elle en attrapant la main d’Hypérion pour l’observer. Je n’ai jamais rien construit, Hype, jamais par moi-même. Que ce soit dans cette vie ou dans la précédente. Je n’ai fait que reprendre l’horlogerie de mon père, même si j’y ai apporté ma pierre, je ne l’ai pas fait seule. Et puis cette vie... sa voix se brisa légèrement, plaçant la main du jeune homme dans la sienne, la serrant tendrement avant de poursuivre. Je n’ai rien créé ici, je ne me suis même pas intéressée aux travaux de notre foyer, et encore moins de l’atelier. Je n’étais plus qu’une coquille vide... Morte sans réellement l’être, totalement perdue jusqu’à ce que tu me retrouves, tout du moins en partie. Alors si, c’est un cadeau, même involontaire, car je n’existais plus jusque-là. J’ai simplement veillé à ne pas te le montrer par crainte de te blesser.

Elle l’avait dit, suivant par la même les conseils d’Aurore… Parler à Hypérion, ne plus rien lui cacher, se libérer d’un poids supplémentaire… Être franche, ne plus lui mentir ou se mentir à elle-même… Pouvoir enfin avancer, avec lui, lui offrir tout l’amour qu’il méritait, son soutien aussi.

-Rassures-toi, tout cela va changer. Il est temps que je me reprenne en main, autant pour toi, que pour moi. Pour nous. Simplement parce que la vie à tes côtés est belle et que je tiens à la préserver. Mener notre propre aventure, tous les deux.

Un nouveau rire cristallin se fit entendre lorsqu’il évoqua leur bien étrange rencontre. Instinctivement, Sanaë porta la main à son front, se souvenant encore du choc que celui-ci avait subi à ce moment-là. Ou plutôt des chocs, car par deux fois, son crâne avait percuté le heaume d’acier de Centurion. Toutefois, les mots prononcés par le jeune homme la surprirent, la touchant profondément, plus que mille “je t’aime” presque vide de sens, simplement parce qu’elle connaissait parfaitement l’amour particulier que vouait son compagnon aux machines. Alors, l’entendre la placer elle, pauvre et misérable humaine faite de chair et de sang, bien au-dessus des créations qu’il considérait comme quasi-divines, ne pouvait que l’émouvoir. Tendrement, la jeune femme déposa un baiser sur la main de son compagnon qu’elle n’avait pas l’intention de lâcher.

-Cela sonne presque comme un blasphème dans ta bouche mon amour. Je ne peux que me considérer comme extrêmement chanceuse en entendant cela. Mais détrompe toi, tu m’apportes chaque jour bien plus que ce que je suis capable d’imaginer. Tu m’as donné une raison de vivre et la possibilité de le faire.

Ce qu’il exposa par la suite la troubla profondément. En évoquant ainsi sa peur et cet étrange sentiment de solitude, cette prison psychique qu’il s’était lui-même imposée durant de longue année, Hypérion ramena sa compagne à ses propres sentiments, sans même le savoir…

-Il n’est pas nécessaire de posséder une armure pour cela, tu peux me croire... murmura-t-elle avant de se blottir contre lui tout en soupirant d’aise. J’ai plus ou moins vécu la même chose, même en étant parfaitement libre physiquement, j’ai toujours veillé à garder les autres éloignés… Me privant moi-même de vivre finalement… J’ai passé la trentaine et qu'ai-je réellement vécu ? Rien, si ce n’est le travail, prendre soin de ma mère parce que c’était ce que l’on attendait de moi. Donc, oui, dans mon cas, aussi, on peut dire que je ne vis que grâce à toi, de toutes les manières possibles, décidément...

L’ambiance calme et paisible uniquement perturbés par quelques gazouillis des oiseaux dans les arbres, la légère brise qui soufflait, la chaleur du soleil mêlée à celle d’Hypérion tout contre elle, contribuèrent à apaiser la jeune femme. Sanaë savourait ce moment de quiétude, un bonheur simple avec l’homme qu’elle aimait avec cet étrange sentiment d’être les deux seuls humains existant sur Irydaë… Totalement à son aise contre lui, à sa juste place, la jeune femme finit par s’endormir paisiblement...


Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Hyperion Radchen
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Mar 13 Mar - 20:40
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Si la jeune femme prenait les choses ainsi elle n'avait pas tort... elle n'avait rien construit de physique, mais elle avait lentement reconstruit le puzzle émotionnel qu'était Hypérion, le façonnant d'une manière ou d'une autre en le jeune homme plein de bonté qu'il était maintenant. Mais elle refusait surement de le voir. C'était assez triste car Sana semblait persuadée de ne jamais rien faire de bien... Et pourtant.... Si elle avait comme elle le disait, été une coquille vide, elle avait pourtant été là et c'était plus qu'Hypérion avait jamais eu.
C'était peut être un peu triste vu de l’extérieur, mais ce couple était exceptionnel de bien des façons, et les soit-disant défauts qui auraient été préjudiciable à des gens normaux étaient ici d'une normalité, voir d'un bonheur étonnant.
Il répondit avec conviction, sa voix douce ne contenance aucun reproche.

-Tu étais traumatisée Sana, il aurait fallu être sans cœur et sans âme pour t'en vouloir... Tu as fait ce que tu as pu, je n'avais pas le droit de t'en demander plus, ni même l'envie.

Mais il ne put réprimer un excès de joie lorsqu'elle annonça que cela changerait. Il aimait Sana, qu'elle soit en pleine forme, malade ou bien même dans cette état de semi-vie, pour la simple et bonne raison qu'il avait conscience que l'ancienne horlogère n'était pas une machine, c'était une personne bien vivante qui avait des hauts, des bas, et il aimait chaque facette de sa personnalité.
Il était le genre de personne à soutenir les gens peut importe les malheurs, et en dépit de tout.
A vrai dire elle aurait bien pu dire n'importe quoi, il aurait été heureux.


-Reprend toi en main pour toi même, je serais toujours satisfait de ce que tu fera ma Sana, mais ne t'en fais pas nous trouverons toujours le moyen de mener notre "aventure". mais je dois avouer tout de même que je suis soulagé de te revoir avec le sourire...
Je n'ai jamais douté de mes sentiments depuis qu'ils se sont révélés, mais même si jamais je ne t'aurai abandonné... j'ai eu peur que ta bonne humeur ne revienne pas.


Il était réellement soulagé, et un énorme poids avait été enlevé de son cœur quand elle avait commencé à refaire de la mécanique. Ce n'était pas l'élément principal de leur couple, mais tout de même... c'était ce qui les avait rapproché en premier lieu, et qui continuait toujours à les maintenir captivés. Il fallait avouer également que cette activité était l'excuse parfaite pour rester proche, et sitôt que l'agent Neal allait partir, il n'était plus à douter que les deux tourtereaux passeraient plus de temps dans l'atelier que dans la maison à proprement parlé.
Son ton se fit plus sérieux quand elle parla de blasphème, car même si cela avait été dit sur un ton doux, le technicien n'avait pas plaisanté une seconde, et si les machines étaient sacrées à son cœur, certaines choses se révélaient encore plus importantes.

-J'étais très sérieux tu sais... mais....


Mais finalement au lieu de parler il se ravisa, jaugeant cet échange qui était peut être le premier de la sorte qu'ils avaient.
Il finis par avoir un petit haussement d'épaule se rendant compte de ce qu'il se passait, finissant tout simplement par déclarer.

-Je crois qu'il est inutile de savoir qui à le plus apporté à qui au final, le principal est là... nous somme ensemble, heureux... faire les comptes serait tenter de rationaliser ce que je considère comme totalement hors des cadres que nous avons pu connaitre. C'est peut être la seule chose que je ne tiens pas à expliquer, je suis heureux avec toi.... ça me suffit !


Et alors qu'elle répondait doucement à ses dires sur les armures, Hypérion comprit simplement que son calvaire, elle l'avait vécu, et que leur rapprochement n'était peut être pas si hasardeux que ça. Il était coutume de dire que les personnes se ressemblant s'attiraient mutuellement.
En guise de réconfort, autant pour lui que pour elle, le jeune homme attiré son amour contre lui déposant un petit baiser sur ses lèvres avant de simplement arrêter de parler.
Pourquoi chercher à tout prix à raisonner quand le bonheur était devant soit.
Il observa un moment la jeune femme blottie contre lui s'endormir lentement, passant une main dans ses cheveux avant de finalement faire de même.

Le sommeil l'emporta loin, dans un sommeil qui comme d'habitude lorsqu'il était près d'elle était sans rêve et reposant;
Ce n'est que plusieurs heures après, quand le soleil commençait à décliner qu'il rouvrit les yeux, regardant des nuages menaçant s'approcher, recouvrant déjà la forêt d'une pluie intense et de quelques éclairs qui tonnaient déjà comme des canons géants.
Avisant de la situation, il pris une Sana encore à moitié endormie dans ses bras, la portant doucement vers la maison avant de la déposer sur leur lit commun. Mais avant de partir caliner son amour, il fit un bref allé-retour à l'atelier, récupérant le petit ourson tout aussi endormis que l'ancienne horlogère.

Shaïa se laissa faire sans protester, poussant simplement un petit cris de contentement quand il reconnu l'homme aux cheveux blancs, se blottissant dans ses bras avant de retourner à son sommeil. De retour dans la chambre, il déposa le petit animal dans son panier près de Sana, avant d'écarter une des mèches qui se promenaient sur le visage de la jeune femme.

-Ma belle au boit dormant à t-elle eu un sommeil profond ?

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Sanaë Eshfeld
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Mer 14 Mar - 12:54
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D’aussi loin qu’elle se souvienne, le sommeil de Sanaë n’avait jamais été particulièrement reposant et que ce soit avec ou sans cauchemars, comme cette fois-ci. Celui-ci se voyait régulièrement entrecoupé de période d’éveil, plus ou moins longue qui à force l’agaçait, la forçant à se lever définitivement, lui faisant ainsi commencer généralement sa journée bien avant le levé du soleil. Bien sûr, la jeune femme ne s’en plaignait pas, elle s’était habituée à ce rythme et n’en souffrait pas particulièrement. En particulier, depuis que la présence de son compagnon à ses côtés avait chassé définitivement les sombres cauchemars qu’elle devait subir depuis la visite de la my’tränne fanatique et franchement déséquilibrée.

Néanmoins, cette fois-là, la fatigue avait eut raison d’elle, la poussant à se plonger dans un sommeil des plus profond, douillet et incroyablement reposant. Et ce, malgré le fait d’avoir troqué son matelas duveteux contre de l’herbe et le torse d’Hypérion. Aussi, elle ne fut nullement dérangée par ses mouvements, se rendit à peine compte que les bras de son compagnon avaient remplacé le sol, ni même qu’il se déplaçait. Ne levant vers lui qu’un regard encore ensommeillé et paresseux pour mieux se blottir contre lui et se rendormir.

Ce n’est que lorsque la luminosité s’obscurcit légèrement, signe d’un changement de décor, ou encore lorsque son dos rencontra une surface plus molle que Sanaë s’efforça de se réveiller. Très lentement, elle ouvrit les yeux, pour apercevoir Hypérion quitter silencieusement la pièce, mettant ainsi une distance plutôt douloureuse entre eux deux, comme à chaque fois qu’ils devaient se séparer, ne serait-ce que quelques minutes.

Encore légérement déboussolée par son réveil et surtout son long sommeil, Sanaë se retourna dans son lit, observant de ses yeux encore légèrement clôt le soleil décliner lentement. Combien de temps avait-elle dormi ? Impossible d’en juger simplement avec les rayons de l’astre, il lui faudrait regarder sa montre pour cela, néanmoins, elle se sentait encore trop faiblarde pour en avoir le courage. Décidément, cette rencontre étrange entre la my’tränne et là daënare avait laissé ses marques… Psychologique, évidemment, puisque les progrès de l’ancienne horlogère étaient déjà bien visibles. Pour preuve la montre démontée reposant sagement sous sa cloche protectrice dans l’atelier… Mais aussi physique. Sanaë s’était sentie épuisée, toutefois, trop empressée de se mettre à l’ouvrage et de se prouver à elle-même que ses anciennes capacités pourraient revenir, elle avait combattu la fatigue afin de pouvoir travailler. Son corps en subissait donc le contrecoup logique…

Finalement, Hypérion revint quelques minutes plus tard, les bras chargés d’un adorable petit colis tout aussi paresseux qu’elle. Shaïa dormait la plupart du temps, ne s’éveillant que quelques minutes par ci, par là, le temps d’un biberon ou d’un câlin. Doucement, le jeune homme déposa la tendre et paisible créature dans son panier juste à côté de la place qu’occupait Sana. La jeune femme laissa pendre son bras pour caresser doucement du bout des doigts la tête de l’oursonne visiblement trop épuisée pour réagir. Puis elle se retourna doucement vers son compagnon, s’étirant tout en souriant en entendant sa question.

- Il semblerait, lança-t-elle en se redressant légèrement pour attraper Hypérion et l’attirer contre elle. Mais malheureusement, je n’ai pas eut mon baiser. Devrais-je me rendormir ?

Les lèvres de l’ancienne horlogère s’emparèrent alors de celles de son compagnon, lui offrant ainsi un tendre baiser avant de le forcer à s’allonger pour reprendre sa place dans ses bras.

- Je sais que ce n’est pas raisonnable, mais je n’ai absolument pas envie de me lever, dit-elle en riant doucement, plaçant sa main dans celle du jeune homme.



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Hyperion Radchen
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Mer 14 Mar - 22:33
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Shaïa était comme à son habitude adorable et ne posa guère de difficulté, à peine un petit cris joyeux pour remercier le jeune homme de l'avoir posé dans son panier. Mais la personne qui intéressait le plus Hypérion était comme d'habitude l'ancienne horlogère qui, toujours peu réveillé  semblait vouloir rester au lit.
Le technicien n'en fut pas plus choqué que ça, car même si elle venait de dormir pas mal de temps, ils avaient passés toute la nuit à travailler. Mais il comprit cependant ce qui se déroulait et se laissa volontiers faire, s'allongeant près de son amante, ajoutant en souriant.

-Oh je me dois de corriger cela alors et au plus vite !




Lança t-il en gagnant sa place près d'elle.


-Mais même avec un baiser, je ne compte pas faire en sorte que la belle au bois dormant se lève, cette dernière dois avant tout passer une nuit entière dans les bras du prince.

Il eut un petit sourire en s'imaginant richement habillé, ou comme un chevalier délivrant une princesse. Cela n'allait décidément pas avec le jeune homme loin de là... Mais sa réflexion fut interrompue par un baiser aussi soudain que plaisant qu'il rendit avec un plaisir non dissimulé.
Il l'écouta ensuite, ne pouvant s'empêcher de rire de bon cœur se moquant gentiment d'elle.

-Et voilà que la princesse ne veux pas quitter sa couche.... mmmmh


Il fit semblant de réfléchir de façon ombrageuse avant de l'enlacer tendrement, savourant son parfum et sa chaleur près de lui sans la moindre retenue.

-Mais qu'importe j'ai bien l'intention de rattraper cette nuit passée à travailler plutôt que de la passer dans tes bras.



Et il se mit à l'embrasser plus que fougueusement. Qui avait besoin de raison après tout. Ils étaient libres de faire comme bon leur semblait, sans contrainte aucune. Et ce câlin improvisé continua longtemps se transformant bien vite en une étreinte plus charnelle qui dura, elle, encore plus longtemps.
Ce n'est qu'aux premières lueurs du jour qu'Hypérion rouvrit les yeux, et d'une main encore engourdie caressa le visage de Sanaë. Comme à chaque fois qu'il la découvrait le matin, il sentait son cœur se mettre à battre plus vite, comme si leur amour était encore au stade du coup de foudre.

Et c'est avec un large sourire qu'il regarda les yeux de la jeune femme s'ouvrir, ne pouvant réprimer un frisson de joie. Ses bras revinrent se serrer autour d'elle pour l'attirer doucement vers lui et déposer un long baiser sur les lèvres.

-Il semblerait que tu ne te sois pas levée comme tu en avais envie.


La journée devait de toute façon être calme et le jeune homme ne comptait pas lâcher son amante, ressentant toujours une douleur lorsqu’ils devaient se séparer. Sa main passa dans les cheveux d'or de la jeune femme savourant une fois de plus son parfum avant de laisser passer un soupire de contentement.
Comment ne pas aimer cette vie faite de la joie simple de vivre avec l'être que l'on aimait le plus au monde.

-Je ne veux plus jamais vivre sans toi....
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Sanaë Eshfeld
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Jeu 15 Mar - 15:57
Irys : 476217
Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
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Un prince, une princesse, l’image paraissait bien amusante aux yeux de l’horlogère qui n’hésita pas une seule seconde à entrer dans le jeu de son compagnon. Sa seule présence à ses côtés lui fit oublier la faim ou même la fatigue, comme à chaque fois qu’ils se retrouvaient tous les deux dans leur petit univers intime. Rires, caresse, baisers toujours plus pressants s’enchaînèrent ainsi avant de disparaître au profit d’une tendre étreinte qui se prolongea un moment. Se savourant l’un l’autre comme si rien d’autres n’avait d’importance.

La première chose que Sanaë vit en s’éveillant ce matin-là, fut le sourire radieux de son compagnon. Pour elle, il n’existait rien de plus beau et se laissa enlacer en poussant un soupir d’aise.

- Hum… En effet...murmura-t-elle en se lova dans ses bras. Et si je le pouvais, j’y resterais encore.

Sanaë avait prévu de passer cette journée sur la montre qui attendait patiemment ses soins. Il s’agissait là de son défi personnel, essentiel à sa reconstruction personnelle. Remonter une montre prenait du temps, beaucoup et demandait énormément de concentration… Chose qu’elle perdait volontiers dans les bras du jeune homme.

L’ancienne horlogère poussa un nouveau soupir à l’entente des douces paroles d’Hypérion. Comment pourrait-elle se lever après cela ? Sanaë se redressa légèrement, appuyant paresseusement sa tête sur son poing tout en l’observant silencieusement. Elle l’admira un instant, chassant délicatement une mèche rebelle du visage de son aimé. Un tendre sourire ému se dessina sur le visage de la jeune femme attendrie devant ce doux visage qu’elle aimait tant. Le regard si particulier d’Hypérion lui parut plus saisissant encore qu’à l’accoutumé, capturant une nouvelle fois son cœur sans que la jeune femme n’émette la moindre résistance.

Dans sa maladresse, le jeune homme trouvait toujours un moyen de la décontenancer ou de lui couper simplement l’herbe sous le pied en formulant à voix haute ce qu’elle-même ressentait. Le cœur débordant d’amour, Sanaë déposa un tendre baiser sur les lèvres de son amant, avant de glisser jusqu’à son oreille pour lui murmurer.

- Et moi sans toi...

Puis, une fois encore, l’ancienne horlogère s’empara des lèvres de son compagnon. Ce nouveau baiser se fit plus pressant tant il était avide de prolonger l’étreinte de la nuit… Mais ce fut sans compter sur le rappel de son estomac et de sa condition d’être vivant privé de nourriture depuis bien trop longtemps pour qu’elle ne se souvienne de son dernier repas. Celui-ci la rappela à l’ordre en poussant un profond grognement qui provoqua un joyeux éclat de rire chez la jeune femme qui se releva lentement, mettant fin à ce doux moment.

- Il me semble qu’il est l’heure du petit déjeuner, railla-t-elle en apercevant Shaïa s’agiter doucement dans son panier. Et pour tout le monde...

Après avoir remis de l’ordre dans ses besoins vitaux et biologique, Sanaë reprit la route de l’atelier avec la ferme intention d’achever sa tâche. Peu à peu, pièce après pièce, l’ancienne horlogère retrouva ses marques et un plaisir qu’elle croyait à jamais perdue. Cette montre, si particulière, représentait énormément pour chaque personne l’ayant tenue en main… Elle avait déjà vécu nombre de vies, connue nombre de propriétaires différent… Comme chaque objet, elle avait son histoire, son identité, que Sanaë s’appliquait à sublimer en y mettant tout son savoir et sa tendresse.

Seulement, passé ces détails, certes tous plus important les uns que les autres, l’ancienne horlogère comprit sans regret que cette partie-là de sa vie était définitivement close. Elle désirait plus, tellement plus sans réellement savoir quoi, ressentait un plaisir moindre et jamais réellement contenter, malgré le fait de pouvoir faire tout cela seule, en ne comptant que sur elle-même et ses propres capacités.

A la fin de la journée, c’est une Sanaë hésitante qui tendit la montre entièrement achevée à son compagnon, attendant son verdict d’expert...


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Hyperion Radchen
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Jeu 15 Mar - 23:16
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Profession : Chercheur/Mecanicien
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Un gargouillement tira Hypérion de la transe qu'il partageait avec Sana et son éclat de rire fut suffisamment communicatif pour que le jeune homme qui ne put se retenir. Il saisit la jeune femme par la taille la forçant à rester encore quelques secondes avec lui.
Mais il ne l'empêcha de partir, et décocha un petit regard à l'ourson qui dormait dans le panier. Shaïa semblait elle aussi en proie à la faim et poussait de petit cris pour le signaler à ses parents d’adoption. Le technicien roula doucement près du lit et souleva l'ourson pour le caler dans ses bras, descendant à la suite de la jeune femme avec le petit animal qui se mettait à ronronner.
Elle réclamait son biberon à corps et à cris et eu rapidement la satisfaction de voir son petit estomac remplis alors que le jeune homme lui donnait son lait avec toute l'attention d'un jeune père.
A peine ce dernier fut il finit que l'oursonne s'endormit dans les bras d'Hypérion, retournant à son profond sommeil que nul ne semblait pouvoir déranger longtemps.

Le jeune homme resta un moment admiratif devant le petit animal qui semblait trouver le sommeil presque instantanément.

La jeune femme elle mangeait tranquillement visiblement préoccupée par ce qu'elle allait faire dans la journée. Hypérion choisis de ne rien dire, la laissant se préparer à ce qui l'attendait. Sans un mot il la suivit dans l'atelier, emportant leur enfant d'adoption et la déposant dans un panier à côté de Sana.
Pendant tout le temps ou elle travailla, il fit autre chose, s'occupant de Centurion ou regardant les stocks de métaux. Il se permit même de jouer avec Shaïa, déposant la petite oursonne sur son torse avant de s'amuser avec elle.
La petite boule de poil était encore maladroite et tenait à peine sur ses pattes, et alors qu'elle jouait à attraper un des doigts du jeune homme il finit par s'effondrer de fatigue et se roula en boule près de son cou avant de se mettre à dormir encore une fois.
Le reste de la journée fut réellement tranquille et rien ne vint perturber la tranquillité du couple sinon les pauses biberons de Shaïa qu'Hypérion se chargea de régler.


Finalement, à la fin de la journée, le jeune homme reçut la montre entièrement refaite de la main de Sana. Cette dernière semblait nerveuse, comme si elle doutait toujours de son talent qui pourtant était toujours là.
Mais ce genre d'acte était solennel, et Hypérion pris un air sérieux, soulevant l'appareil avec déférence. Il s'éloigna d'elle légèrement, murmurant pour lui même.

-Que soient enfin prononcés les rites d’activation, entonnez les rites de l’éveil... Implorez le dieu machine.


Et lentement, il remonta le mécanisme. écoutant les déclic de chaque dent, de chaque mouvements avant de finalement relâcher l'ensemble, libérant le ressort qui se mit à tourner dans le sens inverse.
La trotteuse s'activa, marquant chaque seconde avec des petits claquements signes de bonne santé.
Après seulement, il inspecta le reste du travail qui fut sans surprise sans le moindre défaut.

Hypérion retournant auprès de sa bien aimé, tenant la montre aussi délicatement qu'il aurait tenu un nouveau né, déclarant avec un sourire radieux sur le visage.

-Elle vit ! Par le roue cranté et l'engrenage... qu'elle merveille !

Il n’exagérait en rien, car le mécanisme c'était révélé absolument parfait, chaque vis, chaque roue, chaque engrenage possédait sa place propre et leurs ajustements étaient irréprochables. Le bruit de la mécanique sonnait doucement comme une mélodie à la fois douce et mélancolique aux yeux du technicien qui remis la montre à sa créatrice avec un soupir d'admiration.

-Rien... aucuns défaut, pas même le plus petit, encore une fois tu as fait un chef d'oeuvre, une pièce unique.


Sa main serra celle de Sana qui était libre avant de l'enlacer tendrement.

-Si le dieu machine à donné vie à ta création, c'est avant tout toi qui est responsable de cette merveille, je ne doute pas que cette montre apportera de la joie à son propriétaire, c'est un bien précieux que tu as fait.

Au delà de cela il était réellement heureux, heureux d'avoir retrouvé Sana, et heureux de la voir produire de telle merveille
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Sanaë Eshfeld
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Ven 16 Mar - 7:42
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Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
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Assise sur son tabouret de travail, Sanaë observa son compagnon mener son habituel rituel. Bien qu’elle ne partageait pas ses croyances, ne voyant les machines que comme de simples objets fabriqués par la main des hommes, la jeune femme les respectaient et n’émettait aucun jugement. Et même si elle fut surprise, la première fois qu’elle entendit l’une de ses bien étranges prières, elle y était à présent totalement habituée et trouvait même cela touchant… Ce qui collait parfaitement à la personnalité du jeune homme.

Lorsqu’il déposa la montre à présent bénie par un dieu dont elle ignorait tout, ou plutôt par son émissaire aux cheveux blancs, dans sa main calme, Sanaë se mit alors à la fixer, le regard absent. Elle avait réussi… La chose était à peine croyable, en particulier lorsque l’on sait quels efforts la jeune femme devait fournir pour simplement tenir un outil sans trembler. Mais pourtant… Alors qu'elle aurait dû être fière, Sanaë ne ressentait qu’un grand vide inexplicable. Lentement, silencieusement, elle déposa la montre ouverte sur l’établi avant de s’affaler sur celui-ci, en déposant sa tête sur ses avant-bras croisés.

Quelque chose n’allait pas sans qu’elle puisse réellement mettre le doigt sur le problème qui la perturbait tant. La montre était parfaite, dans le moindre détail… Hypérion le lui avait confirmé et elle ne pouvait que faire confiance à son jugement critique. Malgré son amour pour elle, jamais il ne lui mentirait sur ce sujet, simplement pour la rassurer… Mais alors… Qu’est-ce qu’il n’allait pas ?

Sanaë observait la trotteuse, suivant sa joyeuse course inlassable autour du cadran joliment décoré. Son père avait fait du très bon travail, comme à son habitude. Ses montres étaient toute sa vie, il les avaient aimés, plus que tout, plus que sa famille ou même que sa propre vie. Un acharné de travail, le père Eshfeld, si l’œuvre sur laquelle il se penchait, le passionnait, pouvait passer des jours entier à l’atelier en oubliant tout le reste. En cela, comme pour tant d’autre choses, Sanaë lui ressemblait énormément. La jeune femme se laissait entraîner par sa passion, peu importe sa nature, allant jusqu’à oublier de manger, de dormir, de vivre selon les normes des humains.

Sanaë aimait se donner des défis, s’adonner à la créativité, laissant libre court à son imagination tout du moins aussi loin que ses maigres connaissances lui permettait… Et là… Finalement… Elle n’avait fait que remonter simplement un mécanisme imaginé par quelqu’un d’autre… De la technicité pure et simple, comme l’aurait fait n’importe quel horloger lambda connaissant un tant soit peu son travail. Ce n’était pas son œuvre… Sa seule touche personnelle se trouvait sur le capot de l’appareil, rien de plus. Elle n’avait pas eut à utiliser ses capacités intellectuelles, son imaginaire était resté muselé tout du long… Néanmoins, ses mains fonctionnaient de nouveau. Tout du moins, concernant l’horlogerie et la réfection d’une montre, rien ne pouvait lui garantir qu’il en irait de même pour tout autre projet… Comme tous ceux qui s’entassaient sur son bureau.

Le problème était donc là. Pour se sentir entière, Sanaë avait besoin de tout, d’allier créativité, réflexion et réalisation. Ce constat l’amusa, en quelques sortes, assez pour déclencher un petit rire légèrement voilé. Devenait-elle trop gourmande ? Plus ambitieuse qu’autrefois… Oh, bien sûr, la perspective d’une éventuelle renommée ne l’intéressait pas… Même si elle aimait concevoir des objets utiles, permettant d'alléger la vie des utilisateurs, Sanaë faisait avant tout cela pour elle. Simplement par envie, besoin… Parce que c’était, elle, peu importe son nom, son apparence, Sanaë était faite pour créer. L’horlogerie n’était que la première étape, celle lui ayant permis d’acquérir certaines connaissances, une indéniable dextérité concernant les mécanismes minuscules et délicats… Puis vint les animécaniques, ces petits êtres de métal, des automates, de vulgaires jouets, mais qui l’avaient poussé à comprendre et de réaliser des articulations complexes, imitant ainsi les œuvres des architectes… Un blasphème pour certains… Sanaë pouvait même se montrer reconnaissante envers le destin qui n’avait pas poussé la curiosité de son bourreau en la poussant à ouvrir son armoire à trésors. Sans quoi, l’ancienne horlogère ne serait certainement plus là…

Au bout d’un certain temps, probablement long la connaissant, Sanaë se releva. Avec des gestes particulièrement doux, ses doigts refermèrent le capot, dissimulant le cadran aux yeux des humains, avant de ranger l’objet dans sa poche. Puis elle se retourna vers son aimé en affichant un sourire quelque peu réservé, simplement parce qu’elle ne savait qu’en penser… Elle qui ne s’était jamais interrogée sur son futur...

Elle se blottit dans les bras de son compagnon, probablement troublé par son manque de réactivité et d’engouement. Sanaë ferma les yeux en humant son parfum, en sentant sa chaleur tout contre elle. Sa présence lui redonnait vie, il était son remontoir et son ressort à la fois… Puis tout en murmurant elle lui demanda :

- As-tu déjà pensé à l’avenir ? À ce que tu voudrais faire, concevoir… Où aller ?

Des rêves… Sanaë en avait eut, beaucoup… Probablement trop pour pouvoir les citer un par un. Certains avaient même été oublié avec les années… Néanmoins, il ne s’agissait que de songes, destinés à s’évader d’un quotidien trop ennuyeux, trop fermé et étouffant.

- Si je te demande d’imaginer le futur, comment le verrais-tu ?


Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Hyperion Radchen
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Sam 17 Mar - 0:43
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La montre était terminée... Et quelle montre... Elle ressemblait en tout point à la dernière pièce que s'accordait un artisan de talent, une sorte de dernière apothéose. C'était quelque chose qu'Hypérion pouvait concevoir bien qu'il soit très loin de devoir faire la même chose.
Non pour lui il restait tant à faire, Centurion était sa première pièce. Et même si le monde regorgeait de trésor technologique, il gardait tout même une passion dévorante pour ces armures géantes. C'était d'ailleurs leurs tailles qui le fascinaient tant. Toujours plus grand, toujours plus puissant, des géant de fer invincibles, voilà quelle image il avait d'eux.
Mais cette montre était-elle la dernière oeuvre de Sana. Rien qu'à cette pensée Hypérion sentit un petit frisson dans le dos, mais se retint de le faire savoir. Mieux valait pour le moment profiter de l'instant présent.
Comme pour confirmer ses craintes, la jeune femme referma le capot et le rangea loin des yeux d'Hypérion. Il fallu pour cela un certains moment et le jeune homme n'osa pas troubler son amour dans sa réflexion.
Finalement c'est avec délice qu'il accueillit la jeune femme dans ses bras, comme par réflexe ils se serrèrent autour d'elle alors que le parfum de la jeune femme l’enivrait légèrement...
Puis il y eu un murmure, un murmure interrogatif qui le fit se plonger dans une intense réflexion.


-Pas vraiment.... le futur n'a jamais été qu'une suite de déconvenue jusqu'à notre rencontre, et depuis cette dernière je ne fais que vivre l'instant présent, je vis avec toi, comblé de bonheur. Je dois dire que je n'ai pas cherché autre chose. Je veux dire.... je t'ai toi Sana, que pourrais-je demander d'autre au dieu-machine ?


Mais ce n'était pas tout à fait vrai. Enfin si sur énormément de point. A vrai dire la simple présence de la jeune femme avec lui suffisait à le rendre heureux si bien que ses autres envies étaient rapidement passées à la trappe.
Ce n'était pas un choix qu'il avait fait, ni même un sacrifice et la raison était simple: Sana passait avant tout le reste : la mécanique, les rêves... tout simplement car elle était le rêve le plus fou d'Hypérion

-Cela va te paraître bizarre mais quand je me projette j'ai quelques idées de ce que je voudrais concevoir, mais il y à toujours un point clé.


A ces mots il embrassa tendrement l'ancienne horlogère. Lui souriant gentiment


-Tu es avec moi à chaque fois. Peu importe que je sois ici, en Mytra, a Rathram.... tant que tu es avec moi je ne m'imagine pas manquer de quoi que ce soit.
Mais si tu tiens à savoir ce que j'aimerai faire....


Il observa Centurion qui reposait doucement dans l'atelier avant de répondre.

-J'aimerai créer d'autres géants de fer comme Centurion, pour des gens le méritant vraiment, et... j'aimerai pouvoir créer des prothèses pour tout les gens qui ont perdus un membre.... J'ai connu quelqu'un qui possédait de telles merveilles.... c'est réellement fantastique....
Et il y a tant de misères la dehors....


Hypérion voulait construire des armures par passions, et des prothèses par générosités, tenant à tout prix à donner une nouvelle chance à ceux qui en avaient besoin, plus encore il voulait travailler sur la maghilite, cette pierre magique aux propriétés que l'on pensait presque infinies


-Il y a aussi la maghilite, j'aimerai en comprendre le fonctionnement pour rendre nos créations encore plus belles....


Mais il n'avait pas encore répondu à la dernière question de Sanaë et plus il essayait d'imaginer le futur, plus ce dernier lui échappait. Au bout de plusieurs tentatives, il finit par pousser un soupir avant de répondre


-Je...je n'y arrive pas Sana.... Le seul futur que je veux imaginer, c'est un futur avec toi... le reste me semble sans importance.


Le technicien finissait par connaitre sa compagne et il commençait à se demander pourquoi cette question venait soudainement d'être posée.

-Et toi alors ? Que voudrais-tu faire ? Que voudrais tu créer ? Que voudrais tu que nous fassions ?


Plus question de "tu" ou de "je"... Hypérion n'imaginait plus sa vie sans elle
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Sanaë Eshfeld
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Sam 17 Mar - 8:39
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Silencieusement, Sanaë écouta son compagnon exposer ses rêves et ses désirs. Lui, semblait parfaitement savoir ce qu’il voulait, il avait un but, admirable et parfaitement réalisable grâce à ses capacités incontestables et son talent hors normes. À nouveau, il la toucha, profondément, l’incluant chaque fois dans chacun d’entre eux. Hypérion savait parfaitement s’insinuer chaque jour un peu plus dans son cœur déjà débordant d’un amour inconditionnel. Souvent, la jeune femme, en réalisant sa chance incroyable de l’avoir un jour croisé… Percuté… Se disait simplement ne pas mériter d’être aimée par une personne aussi merveilleuse...

A la fin de son récit, alors qu’il était évident qu’Hypérion lui renverrait ses interrogations, Sanaë en fut néanmoins surprise… Presque prise au dépourvu… Un soupir s’échappa de ses lèvres alors qu’elle cherchait à remettre de l’ordre dans ses pensées.

- Je ne sais pas, finit-elle par lâcher dans un murmure emplit de déception. Certaines choses me paraissent évidentes, comme être près de toi… D’autres, en revanche, restent floues voir même obscures. J’y réfléchis, par besoin de savoir où je mets les pieds, parce que je ne veux plus m’enfermer dans la monotonie comme j’ai eut tendance à le faire durant des années…

S’enfermer, étouffer, s’ignorer encore et encore par soucis de bien faire, parce que sa famille attendait certaines choses d’elle… Parce qu’elle les avait laissé faire, en leur donnant l’habitude d’être toujours là, les faisant systématiquement passer avant ses envies, ses besoins … Avant elle. Sanaë ne voulait plus être ainsi et certainement pas pour Hypérion. Pour lui, la jeune femme souhaitait être naturelle, franche, imparfaite... Humaine tout simplement…

S’il la comblait de bien des manières, grâce à son amour, sa gentillesse… Il ne pouvait pas non plus tout faire. Sanaë avait besoin de s’épanouir par le travail, elle était faite ainsi après tout… Toutefois, il lui restait à savoir quoi.

- J’aimerais améliorer la vie des gens, leur faciliter la tâche. Leur rendre une sorte de liberté. Comme pour la lessiveuse par exemple… Les femmes du village en sont ravies… Mais c’était une sorte de miracle tant c’était simple… Un système à modifier, rien de plus. Je ne m’y connais pas assez, je n’ai ni ton expérience, ni tes connaissances… Qu’importe que l’idée soit bonne si l’on est incapable de la réaliser.

Ses connaissances s’arrêtaient à l’horlogerie, soit en quelques assemblages de roues crantées… Chose adaptable de bien des manières… Mais à quoi bon ? Cela ne suffirait pas. Sanaë avait beau être douée, apprendre aussi rapidement que facilement, la réalité était belle et bien là : elle était limitée. Par sa technique tout du moins, car ses idées étaient là…

- J’aimerai tout voir, tout apprendre, tout savoir, tout comprendre...Et rien de tout cela à la fois, car je sais qu’une vie n’y suffirait pas.

Imaginer, créer, façonner… Elle ne désirait plus que cela, le tout était de savoir quoi, car le problème était là. “Tout” et “Rien” représentaient l’impossible, pour deux raisons différentes. L’un était invraisemblable, car personne ne pouvait “Tout” faire, “Tout” avoir… Tandis que l’autre représentait ce qui la tuerait à petit feu à force de ne “Rien” faire et de se laisser simplement aller… Vers l’agonie purement et simplement. Jusque-là, sa spécialité tenait à l’horlogerie, chose pour laquelle Sanaë avait développé un talent indéniable qu’elle-même se voyait dans l’incapacité de le nier. Mais cela ne lui suffisait plus, depuis bien longtemps, même si en entrant dans sa vie, Hypérion lui avait, sans même le savoir, redonné goût à un domaine qui ne l'intéressait plus. La jeune femme aspirait à la diversité, simplement pour ne pas s’enfermer dans une nouvelle prison façonnée par ses propres mains. Elle avait besoin de varier, d’explorer divers domaines, chose que son compagnon qualifierait probablement “d’éparpillage”. Pourtant, l’ancienne horlogère était ainsi faite. Elle se complaisait dans cet éparpillage créatif…

- Je crains qu’avec moi, les choses ne soient pas aussi simples qu’elles n’y paraissent, s'esclaffa-t-elle en s’éloignant légèrement avant de soupirer bruyamment. Je ne sais absolument pas de quoi demain sera fait. Je ne sais pas du tout ce que je voudrais faire, ou où aller finalement… Mais au moins je sais que je veux être avec toi… C’est bien la seule chose qui ne m’apporte aucun doute.

Un sourire se dessina sur son visage, sincère, bien que légèrement railleur, car elle-même se trouvait stupide et ridicule. Cette incertitude, Sana n’en pouvait plus. Elle en avait assez des doutes persistants, troublants et épuisante. Autant pour elle que pour son compagnon. Hypérion, lui, avait des rêves, tous liés à ses talents depuis longtemps reconnus. Centurion en était la preuve matérielle et palpable, imposante, froide et majestueuse… Sanaë ne doutait donc ni de ses talents, ni de ses bonnes intentions. Hype était un homme généreux et bienveillant, tous s’accordaient à le dire d’ailleurs.

C’était donc à son tour de trouver ses rêves, son but et de s’y tenir… Et pour l’heure, la tâche semblait bien compliquée.


Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Hyperion Radchen
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Dim 18 Mar - 3:33
Irys : 354877
Profession : Chercheur/Mecanicien
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Sanaë était plutôt indécise sur la voie à prendre, et son compagnon demeurait perplexe, orienter les gens n'était pas son fort. Il était un soutient pour elle et ne pouvait que lui donner des conseils mais n'avait rien pour créer des rêves à cette femme qu'il aimait tant. Son seul baume au cœur fut qu'elle non plus n'imaginait pas une vie sans lui, mais ce bref moment de compassion, fut terni par la faculté de la jeune femme de se mettre en doute elle même.
Avec une douceur infinie, il carrasse le visage de la jeune femme déclarant d'un ton rassurant.

-Allons Sana.... ne te compare pas à moi.... je ne suis pas un modèle, surtout pas pour toi... j'ai la chance d'avoir un don dans ce domaine... mais ce don... tu as le même, exactement le même... tu as la passion, le talent, la patience... rien ne te différencie de moi. Je ne suis qu'un humble serviteur de la machine, pas un surhomme comme tu peux le penser.
Personne n'est pas parfait, personne ne doit l'être et c'est très bien ainsi.


Ses caresses s'accompagnaient du rythme de sa voix rendue plus douce que d'habitude, car ce sujet le touchait particulièrement. Il avait eu la chance de connaitre son domaine de compétence, c'était une chose rare, une sortie d'illumination que n'avait pas eu la jeune femme qui malgré ça restait une véritable magicienne de la mécanique, et au delà de ça avait un cœur en or qui faisait fondre celui d'Hypérion.

Elle montrait du doute, mais aussi de la volonté, et comme à chaque fois, le jeune homme se mettait à souffrir  avec elle par empathie. La laissant s'exprimer, il finit par la prendre délicatement dans ses bras, l'entourant de façon protectrice avant de finalement parler.

-Sana... tu aime la créer, modifier.... et tu as le talent qu'il faut pour cela crois moi... mais je penses sincèrement que tu fait fausse route sur un point. Il n'existe pas de voies faciles à trouver, ni même de rêve faciles à accomplir. et même si tu ne trouve pas les tiens, tu as toute une vie devant toi pour cela. le monde est vaste, et comme ton souhait est aussi le miens, je le parcourrais avec toi jusqu'à ce que tu le trouve.



La technologie était applicable dans bien des endroits, et Sana semblait juste être en train de mettre le pied sur le chemin de cette dernière.

-Tu n'as pas besoin de tout savoir tout de suite... Les rêves sont des rêves. Les miens sont des chimères, peut être ne vois tu pas les choses ainsi mais.... parfois un rêve n'est pas indispensable. Avant de te connaitre je n'avais rien en moi... pas de désir, pas d'envie... seulement un vide énorme qui me poussait à arpenter un monde que je ne connaissais pas. Et à vrai dire je n'ai jamais pensé y trouver quoi que ce soit.


Il poussa un petit soupir en y repensant, comprenant la jeune femme sur de nombreux points



-J'ai simplement continué à avancer jusqu'à te connaitre. Et ta rencontre m'a ouvert tellement de porte !



Il désigna l'atelier d'un geste de la main

-Un atelier de création complet, un endroit sur pour modifier ce que je veux. Le rêve de tout mécanicien !


Mais il y avait autre chose derrière cela, un fait qu'il tenait particulièrement à souligner.

-Quand tu m'as demandé mes rêves... j'ai mis un peu de temps à te répondre, et je n'ai fait que te dire ce qui me passait par la tête car en vérité... mon rêve le plus précieux je le tiens dans mes bras... Mon rêve c'est simplement de vivre avec toi. Un rêve qui n'a rien à voir avec la mécanique.

Hypérion n'avait aucune idée si ce qu'il disait avait du sens pour la jeune femme mais il faisait de son mieux pour montrer un fait important à ses yeux.

-Je ne pense pas que nos rêves soient liés d'une manière ou d'une autre à la mécanique, ce sont des dons que nous avons, mais ils ne sont peut être pas la source de nos rêves.... Je pense juste sincèrement que les rêve ne se trouvent pas du jour au lendemain, qu'à force de marcher tu finira par trouver ta propre voie et que si tu le veux, tu me laissera t'accompagner le long de cette dernière.
Qui sait... tu as toujours été une artiste pour moi, une artiste autant qu'une mécanicienne de talent, mais ta volonté d'aider les gens.... elle aussi elle fait partie de toi....


Il était difficile d'encourager quelqu'un, surtout dans cette situation ou Hypérion n'était pas sur de saisir le problème de la jeune femme. Mais il faisait de son mieux pour lui donner de bon conseils.

-Sache juste que peu importe ce que tu prendra comme voie, je serais avec toi, car je ne peux plus m'imaginer sans toi
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