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Chroniques d'Irydaë
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 Mi-braise, mi-raisin.

Loën
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Sam 10 Mar - 22:38
Irys : 117783
Profession : Verrière - Challumeuse
My'trän +2 ~ Zolios
L'odeur, épaisse et sucrée, rampe sur la ville. On n'y échappe jamais vraiment : elle s'immisce dans les cours, dans les chambres, dans les vêtements même. C'est comme un nuage poisseux et légèrement écœurant, exacerbé par la chaleur qui monte.
Ce sont les vendanges, et ça se sent.

Contrairement aux rares habitants qui n'ont pas été recruté d'office aux vignes, Loën fait la grimace. L'odeur sirupeuse lui remonte les tripes et le voile épais qui lui couvre le nez et la bouche n'est pas suffisant pour protéger son nez sensible. Pour un peu, elle s'en boucherait les narines, mais elle s'abstint. C'est un moyen radical pour s'attirer l’antipathie des urbains, viticoles à toute épreuve qui ne manquent jamais une occasion de mépriser un nomade.  Pourtant, se moquer de Loën serait, d'une certaine façon, un acte de courage.

De la jeune femme, en effet, on voit surtout la semelle de ses sandales. Juchée sur son immense Salkhi, il faut prendre un certain recul pour en voir autre chose que la cape qui lui enveloppe le corps. On s'éloigne, on recule, on finit par buter contre le mur. De la pointe des pieds, finalement, on finit pour apercevoir ces yeux noirs qui vous dardent, seule preuve tangible de l'existence d'un être sous ces couches de vêtements. On baisse le regard, bien vite. Quelque soit l'origine de ce regard furibard, on n'a pas envie d'en être le défouloir.

On dit que le raisin vert agace les dents. Si c'est vrai, alors Loën n'a pas fini de les grincer. Car le raisin, elle le hait. L'odeur, la couleur, la texture, le goût. Seule la fermentation le sauve et cette dernière n'est pas encore au goût du jour. Serait-ce la crise de foie qu'elle a subi une semaine après ses premières vendanges ? Ou alors les fourmis de feu introduites nuitamment dans sa chambre, attirées par les juteux pépins laissés au pied de son lit ? Difficile de trancher. En attendant, elle sent la vapeur du fruit maudit se déposer sur sa peau. Imprégner ses vêtements. Sucrer ses lèvres. Coller ses tresses. Battre des paupières devient une épreuve. Collées par le sucre, elles peinent à rafraîchir la cornée.

Et Loën de frémir de tout son être. Son troupeau de chèvres pour une douche...


La matinée n'est guère avancée encore et la jeune femme a franchi la porte Nord-Ouest du quartier supérieur une heure auparavant, après deux jours de voyage. Elle déambule placidement depuis, dans les rues commerciales étrangement vides ou presque, sans arrêt ni hésitation. Le chemin, elle le connaît par cœur. L'atelier se trouve au centre presque du quartier animé et, malgré le dédale des rues et les longues années passées depuis sa dernière résidence en Eoril, rien ne lui a fait oublier. Loën rentre chez son maître...

Spoiler:
 


   


Dernière édition par Loën le Dim 18 Mar - 14:56, édité 1 fois
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Lycinia Aurès
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Mar 13 Mar - 20:47
Irys : 261810
Profession : Forgeronne itinérante
My'trän +2 ~ Kharaal Gazar
Les vendanges d'Eoril ! Un moment comme aucun autre à Zolios -du moins après le retour de l'été. Cette période dédiée à la cueillette de la vigne a tôt fait de prendre des allures festives avec ses effluves sucrées qui vous chatouillent le nez, ses chants de vendange rythmés qui s’élèvent des milliers de rangées vertes et motivent le plus revêche des travailleurs. Aux aurores, femmes, hommes et enfants se sont donnés rendez-vous pour récolter les ingrédients de l'une des renommées d'Eoril.

Et Lycinia, dans tout ça, est spectatrice active. Elle ne se trouve peut-être pas au milieu de tout ce beau monde, accroupie dans les sillons, serpe à la main, mais elle y participe à sa façon. Au Nord-Est de la capitale Zolienne, tout juste à la sortie des grandes portes, elle a monté une échoppe de forge -qui n'est finalement que quatre murs en grès- qu'elle a façonné pour se protéger de l'astre matinale pendant qu'elle s'adonne à son art. Par la grâce de Süns, elle s'est dénichée une place de choix caractérisée par une vue dégagée sur le panorama bucolique qu'offrait la périphérie de la capitale : Vignes (bien sûr) à pertes de vue, bordées par des collines qui commençaient tout juste à guérir de leur brûlure estivale.

C'est dans ce contexte que toute la matinée durant, elle se plie frénétiquement aux quatre volonté des vendangeurs Zoliens : Réparations-minute, aiguisage de serpes et façonnage d'outils. Le tout sans une seule fois utiliser le feu de Süns car le don de Delkhii est bien suffisant pour ça si on possède le bon alliage. Cette façon de faire lui aurait très certainement valu les réprobations de son clan : Une Aurès qui fait de la « forge de bas étage » au bord de la route ? Impensable. Un blasphème même. Soit dit en passant, cette pensée ne lui traverse pas une seule fois l'esprit tandis qu'elle s'acquitte de ses tâches successives. Il faut ce qu'il faut pour gagner sa vie, surtout quand on ne possède plus la protection de sa tribu. Pensée louable que ne suit pas forcément Lycinia, préférant utiliser la moitié de la coquette somme qu'elle aura récolté dans les différents divertissements de la capitale. Les vendanges ne se terminent pas en un seul jour après tout, alors, autant apprécier comme il se doit ce premier jour de salaire.

Parce que l'astre est encore haut dans le ciel, il serait précoce de visiter le quartier chaud de la grande ville Zolienne, aussi déambule-t-elle entre les boutiques diverses et variées, débouchant parfois sur des spectacles de rues haut en couleur et en température, longeant le mur de quelques amphithéâtres, jusqu'à ce que ses pas, presque automatiquement, suivant des souvenirs anciens pas encore effacés, la mènent jusqu'à une verrerie. Dans une ville de la région du feu, les verreries sont pléthores, pourtant, pour la femme a la peau ocre celle-ci n'est pas une parmi tant d'autres. Mais bizarrement, plus que l'intérieur, c'est l'extérieur qui gonfle son cœur d'une nostalgie sereine. Le vitrail qui fait office de vitrine du magasin n'a pas changé et l'accueille toujours de ses couleurs réconfortantes qui tantôt accompagnaient des discussions qui tiraient en longueur, alors bien même qu'elles auraient dû s'arrêter depuis des heures. Elle passe ses doigts sur les nervures de l’œuvre colorée tout en progressant le long de celle-ci. La porte en métal de l'édifice est ouverte. Elle se rappelle plus souvent l'avoir vu fermée. Dans ses souvenirs les camarades de lecture se séparaient afin de reposer leurs yeux éreintés par les centaines lignes d'encre et leurs bouches asséchées par le flot de mots. La porte métallique fermée sonnait alors la fin de leur journée quand elle séparait les deux amies.

Elle s'apprête à passer la porte quand la tête d'un Salkhi apparaît dans son champ de vision. Machinalement, ses iris pâles détaillent l'animal et la selle dont il est équipé. Si elle était encore celle qu'elle était il y de ça quinze cycles, elle se serait empressée de passer la porte sitôt qu'elle avait vu les broderies en perles de verre sur la selle en cuire. Mais elle avait grandi en taille et en calme, elle se contente donc d'un sourire léger qui est un mauvais miroir de la joie qu'elle a dans le cœur. Car de l'identité de la cavalière elle était maintenant certaine et une fois passée cette porte, par le plus grand des hasards ou par la volonté de Süns, elle retrouverait sa camarade de lecture.


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Loën
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Dim 18 Mar - 23:13
Irys : 117783
Profession : Verrière - Challumeuse
My'trän +2 ~ Zolios
Aussi étrange que cela puisse paraître, l'atelier est aussi plat que les tours qui en sortent sont hautes, aussi mat que ces dernières brillent. Il frappe par sa simplicité : vaste rectangle long et large qui ne dépasse pas les quatre mètres de hauteur, ses angles sont adoucies en courbes, qui donnent le sentiment de pénétrer dans une grande goutte d'eau cristalline. Mais en surface seulement : des couches de pigments habilement serrées entre les feuillets de verre renvoient la lumière, occultent les regards indiscrets et empêche la chaleur de devenir par trop infernale : jamais le soleil ne pénètre directement dans le bâtiment. Les larges baies sur les côtés, elles, ouvrent sur un petit mais luxurieux jardin qui coure tout autour de l'atelier, le recouvrant à moitié de ses feuilles. Quelques fleurs multicolores malgré la saison avancée viennent encore faire concurrence aux vitraux qui ornent la porte de fer forgée donnant sur la rue.

C'est par cette lourde porte que Loën passe. Spoërri démontée, elle pousse sans frapper le battant qui cède en silence. Personne ne vient à sa rencontre. Pourtant, elle sent la ruche qui s'active dans les tréfonds de l'atelier. C'est que le bâtiment est divisé en deux : la première partie comprend la boutique, avec la marchandise en vente et les maquettes représentant les différentes réalisations de maître Dalek. La seconde partie, la plus large, est soigneusement coupée de la première, et pour cause : il y fait chaud comme dans un four. Enfoncé à plusieurs mètres sous le sol et doté d'un système de refroidissement à toute épreuve, cela ne l'empêche pas d'être à peine respirable. Le sable et le plomb y sont fondus à toute heure et les forges y rugissent en permanence. Seuls ceux versés dans les arts du feu peuvent y pénétrer sans défaillir dans la minute, et avec quelques entraînements encore. Loën se souvient encore avec émotion du bizutage des premiers jours, où les apprentis furent choisis en fonction de leur capacité à résister à cette ambiance... Bien peu de choses, pour une fille du désert.

Loën guide sa monture vers la petite étable cachée par la verdure, vérifie que l'eau y est fraîche et revient sur la petite terrasse pavée voûtée de glycines. Que personne ne vienne encore à sa rencontre, c'est somme toute normale : la saison est pleine pour les verriers, qui préparent les pigments qui recouvriront à la fin de la saison humide les tours hautaines d'Eoril. C'est que la peinture exige de mûrir longuement dans un endroit chaud : bientôt, les apprentis verseront le liquide pâteux dans les grandes vasques de bois de la cave.

Des souvenirs amusés remontent comme des bulles à la mémoire de Loën, qui sont interrompus par le bruit léger de pas sur la pierre. Aussitôt, la jeune femme se retourne, prête à accueillir par réflexe le client qui vient d'entrer sur les lieux. Mais les mots meurent sur ses lèvres...

« Süns soit bénie ! Fille d'Aurès, est-ce bien toi ? »

L'air surpris, elle s'élance vers son amie, qu'elle attrape par les épaules. Quelques secondes, elle la dévisage, comme si elle n'en croyait pas ses yeux. Un grand sourire plein de chaleur vient accompagner les étincelles de son regard.

« C'est bien toi, mon amie. Quelle grande joie ! »

Et de serrer un instant avec douceur les épaules de son amie, avant de les relâcher.


   
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Lycinia Aurès
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Mer 2 Mai - 18:45
Irys : 261810
Profession : Forgeronne itinérante
My'trän +2 ~ Kharaal Gazar
Elle entre. La porte métallique se referme sur le brouhaha festif de la rue. Dans l'enceinte de la boutique, elle est immédiatement accueillie par une ambiance reposante créée par une multitude de tâches aussi lumineuses que colorées qui baignent l'endroit d'une douce clarté. Dans cet univers de pigments cristallins, Lycinia aperçoit son amie avant d'être elle-même remarquée. La grande Zolienne devait être en charge de la boutique, puisque presque instantanément, elle se retourne, s'attendant certainement à tomber sur un client lambda, soucieux de se procurer l'une des créations du talentueux maître verrier. Elle est visiblement interloquée par son apparition. Ses épaisses lèvres étaient entre-baillées sur un son qui tardait à venir. Puis, enfin, les mots lui reviennent sous la forme d'une exclamation à leur divinité commune et d'une question à l'allure rhétorique.

Lycinia est heureuse de voir que son amie se rappelle d'elle. Un sourire penaud lui étire les traits et, en réponse à la question posée, elle hoche une fois de la tête, ses propres mots ayant eux-mêmes des difficultés à sortir. La réaction de son amie ne tarde plus à venir et en deux en deux, la femme aux longues tresses la rejoint pour venir poser ses mains sur ses épaules tatouées. Elles se regardent toutes deux, se dévisageant sourire aux lèvres. Après tout, cela fait bien six Eté qu'elles ne se sont pas vues. Bien des choses doivent avoir changé. Lycinia remarque qu'elle n'a toujours pas rattrapé la taille de son amie. Loën Tol'un la dépasse toujours de plusieurs centimètres. Ses traits n'ont pas vieilli, sa peau d'ébène et celle qu'elle a toujours connu, lumineuse et rayonnant de santé. Il aurait été difficile d'en être autrement pour une fille de Süns. A la fin de son inspection pour affirmer l'identité de Lycinia, la Zolienne la libère non sans une nouvelle fois exprimer sa joie.

Sa propre joie est exprimée sous la forme d'un rire chaleureux. Tomber sur son amie après tant d'années la transporte. Quand elle avait commencé sa journée, elle ne pensait pas qu'elle tomberait sur elle puisque son apprentissage était terminé.
    « C'est une joie partagée Tol'un ! Je t'avouerai que je suis assez surprise de te revoir ici, loin du reste de ta tribu. Comment va te petite ? Si je me rappelle, la dernière fois qu'on s'est vu elle avait à peine passé son premier cycle. »

Elle essaye de fouiller sa mémoire à la recherche d'un visage, à défaut de prénom qui n'existait pas dans la tribu des Po M'Bak. Mais la tâche est ardue et elle abandonne sans s'alarmer, après tout, en six cycles, c'était normal d'oublier et puis contrairement à sa mère, la fille devait avoir grandement changé.

Hrp:
 


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Loën
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Mar 19 Juin - 18:41
Irys : 117783
Profession : Verrière - Challumeuse
My'trän +2 ~ Zolios
Son beau sourire se crispe. Les ailettes de son nez cassé se resserrent, dessinant une moue triste, l’espace d’un instant, sur son visage fier.

« Ah, mon amie... » Encore une fois, sa main vient toucher l’épaule d’Aurès. Plus doucement, cette fois, plus caressante.
« Suis-moi ».
Loën se retourne et traverse à grandes enjambées la petite cour, pour s’approcher d’une table basse de verre dépolie à l’ombre des glycines. Là gisent épars des poufs de cuir brodés où, d’un geste, la jeune femme invite Aurès à s’asseoir. Elle ne s’y arrête pas tout de suite, cependant, et s’approche de Spoërri. Quelques minutes de fouille dans les profondes soutes plus tard, elle revient avec une théière de métal argenté, quelques pots glaçurés et un seau d’eau fraîche. Tout en s’asseyant en face de son amie, elle continue à lui parler, la voix franche mais le regard comme voilé.
« La boutique est vide, les fourneaux sont chauds. Le maître doit être dans l’atelier. Il ne viendra pas avant longtemps. »
Elle s’active, posant de ses doigts maigres la théière où elle a versé de l’eau au centre de la table. Ses mystérieux petits pots ne contiennent rien d’autre que du thé, du sucre, un peu de menthe séchée. Poliment, elle laisse son interlocutrice chauffer l’eau, comme l’exige le rite. Une fois l’eau chaude, elle y jette les herbes avant de poser le couvercle. L’eau lentement s’élève du bec verseur pour se mêler à la moiteur rafraîchissante de la verdure. La glycine parfumée chasse presque le raisin honni. Loën passe rapidement les tasses d’argile colorée au-dessus de la vapeur parfumée, laissant une buée légère se former au fond des récipients.

« Süns me l’a prise il y a cinq ans de cela. » Loën frotte d’un geste distrait son sein gauche. Là, autour de l’aréole, une vieille cicatrice se réveille soudain. « Ma toute petite m’a été enlevé par son père mon époux. Ils sont morts. » La vieille plaie brûle maintenant. A cette mère sans enfant, à cette épouse sans mari, il ne reste que les nerfs endommagés par la morsure d’un enfant affamé et vigoureux. Pour le reste…
« Süns m’a accordé l’oubli depuis longtemps. N’en parlons plus. »

Silence. Loën se penche en avant, verse l’infusion et laisse à son amie le temps de digérer l’information.

« Et toi, petite femme ? As-tu enfin trouvé ta place ? Je ne vois pas de marmots courir dans tes braies. » Loën porte le breuvage brûlant à sa bouche et l’avale à petites gorgées. Elle n’ignore pas l’aversion poussée d’Aurès pour les choses du mariage, déjà à l’époque. De toute évidence, elle n’avait pas cédé à l’injonction familiale. Les Aurès et leur drôle de passion pour le mariage… Véritablement incompréhensible.

Spoiler:
 


   
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