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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: Daënastre :: Le Tyorum
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 [Terminé] Lève ton verre et laisse moi prendre ça

Ester Del'Rey
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Dim 11 Mar - 20:20
Irys : 114980
Profession : Pirate/chasseuse de trésor
Guilde +1 (femme)


~ Prorig, avril 933 ~



- « Ce soir, c’est le grand soir. Soirée remplie pour l’établissement ‘on n’est pas couché’ »
« Le nom est vraiment ridicule »
- «  Tu trouves ? Je n’aime pas trop. Enfin, quoi qu’il en soit, il va y avoir de quoi subtiliser quelques Irys ce soir et plus. »
« Intéressant. Tu ne saisis toujours pas mon ironie. »

Je n’ai pas pu m’empêcher de rouler des yeux. Si au début je trouvais ça étrange cette discussion à deux dans un seul et même corps, maintenant c’est devenu une habitude. Je me prépare pour la soirée, rien de folichon. J’ai réussi à me faire embaucher en renfort dans le service, du coup, pas besoin de jouer de mes charmes pour ce soir. Ce n’est pas pour me déplaire, je déteste faire ça, particulièrement depuis qu’on est deux. Enfin peu importe, la question n’est pas là. J’enfile un pantalon, une chemise dont je noue les extrémités juste au-dessus du nombril. Le tout dans ce genre de soirée, c’est de paraître jeune et disponible. Un peu de folie dans une vague d’ennui.

« Déboutonne ta chemise un peu plus. »

Je m’exécute, elle a raison. Beaucoup pense que le vol, c’est mal, que c’est l’art de la facilité. Personnellement je trouve que c’est une forme de magie, le tout c’est d’attirer l’attention d’un côté pour mieux subtiliser de l’autre.  Vendre du rêve pour mieux se payer. Bof, tout est une question de point de vue. Je déboutonne encore un bouton, là c’est parfait. Je m’avise dans la glace, j’ai l’impression de voir Ellen. Une paire de chaussures à talon, un flingue glissé dans mon dos sous la chemise, le tout en toute discrétion. Je suis prête. Je remonte ma chevelure en un espèce de chignon bien rond, bien haut avec des mèches rebelles parfaitement maîtrisées qui retombent. Une paire de boucles d’oreilles discrètes, quelques bijoux tout aussi discrets. L’objectif ce n’est pas de me faire voir, bien au contraire. Je sens bien qu’Ellen à un compliment qu’il la démange, mais elle reste silencieuse et dans le fond, c’est ma plus belle victoire.

J’attrape un sac, me rends à l’avance dans le lieu où je vais bosser. Ne me reste plus qu’à trouver mon bouc émissaire de la soirée. L’établissement est sur deux étages, l’espace du bas est réservé aux non habitués, en haut, c’est le carrée plus privée, enfin c’est ce que je comprends. Y a pas mal de tables rondes, une dizaine je dirais, plus les places aux bars. Mon regard se perd sur la silhouette masculine d’un serveur un peu maladroite. Il a des manières, m’adresse la parole sans que je ne comprenne la moindre phrase qu’il vient de débiter.


« Concentre-toi. »

La voix d’Ellen m’a fait sursauter, mon interlocuteur prend ça pour du stress. Il me demande si c’est mon premier service et j’opine simplement. Toi mon coco, tu viens sans le savoir de me tendre une main que tu risques de regretter. Je lui décroche un grand sourire, le genre de la petite fille insouciante qui ne sait pas trop ce qu’elle fait là. Je tape dans le mille, il dépose une main sur mon épaule, propose de me faire visiter. Dans les vestiaires, il me file un tablier, j’vais pas vous faire un dessin, on a fait que ce changer. Peu importe. Une fois dehors, je réajuste le tout, accroche autour de ma taille le petit tablier avec la poche sur le devant pour les pourboires. Il paraît qu’on peut le conserver en plus, tout bénef. Me reste plus qu’à trouver ma cachette, le lieu à la fois discret, à la fois peu fréquenté, mais qui n’intriguera pas si je m’y rends plusieurs fois.

« Il était bon au moins ? »
« Tu devrais le savoir non ? »
« Ester, je crois que mon influence n’est pas bonne pour toi,
là regarde
»

Mon regard se porte sur les bouteilles exposées dans la cave, c’est là qu’on récupère les consommations des clients, y a personne, tout le monde y passe du moins côté service. Le lieu parfait. Le sol est fait de planche, me reste plus qu’à trouver la bonne vieille méthode, la planche qui sautera que je pourrai soulever à ma guise pour planquer les bijoux ou autres joyeusetés d’emprunter –avec aucune intention de le rendre-. Après plusieurs minutes de marche bien insistante, je trouve mon bonheur juste derrière les gros tonneaux d’alcool. Que demander de plus ? La soirée s’annonce parfaite. Terriblement parfaite. J’installe un petit mécanisme pour me permettre de soulever le truc rapidement et hop, y a plus qu’à.

- «  Bon, venez voir là vous tous. La soirée va commencer. On attend du monde, faut dire que c’est une sacrée diva qui vient nous faire une prestation de chant, elle est connue, elle a des fans déjà. Faut bien vendre. » il me regarde, je lui offre un sourire « Hélène ça ira ? »
- «  Parfaitement. »
- « Bien, alors faites la mise en place, les premiers clients ne devraient plus tarder »

« Tu as vraiment mis Hélène comme prénom, c’est moche. »
« Je pensais que ça te ferait plaisir, ça ressemble presque au tien. »

Le patron a terminé ses explications et madame la diva vient de toute façon d’arriver. Le parfait stéréotype de la femme fatale, des talons hauts, des jambes fines, un p’tit cul, un décolleté plongeant, une chevelure blonde à faire pleurer les hommes mariés. Ça me donne presque envie de changer mes plans vis-à-vis du bouc émissaire, à voir. Quoi qu’il en soit, je ne joue pas à la plus intelligente, je fuis toute conversation possible. Je dépose des verres, des petits trucs à grignoter sur les tables, je vérifie les tabourets, passe un coup sur les tables.

«  Une parfaite petite servante. »

Les premiers clients ne tardent pas à arriver, madame la diva se prépare à chanter sa première chanson. C’est parti pour une soirée parfaitement, ma stratégie est en place, aucune notion de chance dans tout ça, tout est parfaitement calculé.

- «  B’soir monsieur, alors qu’est-ce que je peux vous servir ? Laissez-moi deviner, un truc fort ? »

Spoiler:
 



Ellen s'exprime en #9933ff
Ester s'exprime en #ff6666


Dernière édition par Ester Del'Rey le Dim 25 Mar - 12:32, édité 1 fois
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Eylohr Lothar
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Dim 11 Mar - 22:27
Irys : 950875
Profession : (Officielle) : Pirate.
Pérégrins -2

  • Le Tyorum. Cette région au nom atypique et à la capitale charmante était aussi belle que sur les cartes postales. Eylohr venait de faire escale pour la première fois depuis des jours et des jours de mer, d’abordages et de saccages. Il avait passé une partie de la journée à réaliser les tâches quotidiennes sur le navire conformément aux ordres du capitaine, et à terminer certaines tâches qui lui incombaient, notamment la forge du navire et l’affutage des armes. La journée avait été des plus fatigante, comme à chaque escale.

    Il fallait s’assurer que toutes les tâches été réalisées avant de fouler le sol, et une fois fait, il fallait encore décharger toutes les marchandises que le capitaine comptait vendre ici. Et après toutes ces rapines, il y en avait des choses à vendre. Alterner entre le déchargement des marchandises, le maintiens de la forge, l’affutage des lames et la réalisation des travaux ordinaires achevèrent de provoquer chez le géant une profonde soif et une faim inextinguible.


    - Eh les gars, y parait qu’y a une tôle sympa en ville. Bonne bouffe, biture tranquille et des minettes à faire tourner les têtes, ça vous branche ? Dit un des pirates tandis que le labeur arrivait à sa fin.

    - J’suis partant ! Répondit un autre corsaire.

    - Haha ! Ouai ! Renchérit un troisième.

    - Nan, pas moi Dit une des femmes pirate voguant sur le navire, j’ai rendez-vous avec un mec qu’en a une plus grande que vous tous réunis !

    - Je viens ! Dit Eylohr en posant une énorme caisse en bois. D’puis l’temps qu’on a plus d’alcool, faut r’gresser les tuyaux ! Aller !


    Ils scellèrent leur décision par une accolade mutuelle accompagnée de rires bien gras et peu ragoutant. Si le monde des corsaires était peu habitué aux habitudes des diners mondains, des convenances et des habitudes de la haute, il fallait tout de même avouer que leur simplicité rendait les choses plus faciles à comprendre. Il n’y avait pas d’embrouilles, pas d’entourloupes. Les choses étaient crues, mais elles étaient dites, que ça plaise ou non. Et quand ça ne plaisait pas, un petit combat remettait les choses en place bien gentiment. Un peu de sang, un peu de sueur et beaucoup d’alcool. Rien de raffiné.

    Le labeur fini, le groupe de quatre forbans se dirigea vers la ville, guidé par celui qui avait eu l’idée de cette sortie. Ruby était l’instigateur. Il avait un physique des plus banal, une taille moyenne pour un poids moyen, des cicatrices un peu partout dont trois grandes sur le visage comme s’il s’était fait griffer. Le second s’appelait Donald Dowel, mais tout le monde l’appelait « gueule cassée » en raison de son œil aveugle qui avait été blessé lors d’un abordage. Il avait reçu une balle dans le visage, juste en-dessous de l’œil droit qui était sorti de l’orbite. La joue avait été détruite, mais les services d’un mage de Mochlog itinérant avaient permis de remettre l’œil dans son orbite et de cicatriser même si rien ne fut possible pour lui rendre un visage… Humain. Lui non plus n’avait pas un physique extraordinaire, même s’il était plus bedonnant que Ruby. Le troisième pirate lui était plus imposant, en taille et en poids. Approchant les 1m90, il dépassa allégrement les 180 kilos. Une panse immense, un double menton et des joues bouffies lui valaient le surnom de «  Le Gros ». Mais sous cet aspect rustre et repoussant se trouvait un homme doux, même pour un pirate. Et enfin, il y avait Eylohr.

    Eylohr, le géant venant du continent du Nord, le Géant du Froid, culminant à un peu plus de 2m15 et pesant presque autant que « Le Gros » même s’il avait maigri depuis son départ en mer. Forcément, il ne mangeait pas autant que chez lui, à Aildor. Un visage bourru, une expression rustre et froide, des muscles volumineux et saillants, il portait en plus une barbe fournie et aussi sombre que ses cheveux qu’il portait en iroquoise, et qu’il avait tressé en arrière en un seule grande et longue tresse descendant jusqu’au milieu de son large dos. Ses mains étaient gigantesques, ses bras impressionnants et lorsque toute cette masse se met en mouvement, c’est dans un vacarme assourdissant à chacun des pas qui résonnent comment autant de coups de glas.

    Le groupe arriva alors en vue de l’établissement tant nommé. Le cadre avait l’air chic, et la clientèle également. Il y avait tellement de contrastes que même Eylohr se demandait finalement ce qu’il venait faire là. Mais la vision d’une serveuse affriolante balaya toutes les questions du groupe et ils poussèrent ainsi la porte. Ils étaient presque en guenille si on comparait leurs vêtements à ceux de la clientèle chic du moment.

    Tandis que la plupart des clients portaient des robes, des chapeaux hauts de formes, des vestes en queue de pie et des costumes, les pirates, eux, portaient de vieux pantalons de tissus et de cuirs, rapiécés à de nombreuses occasions, et des vêtements sales et puants. La veste d’Eylohr était blanche par le passé, mais des semaines de mer, de forge et de combats avaient eu raison de la blancheur du tissu maintenant terni, roussi et troué. Ainsi, lorsqu’il entra avant ses hommes, chaque client, chaque serveur, chaque cuisinier, tous eurent l’occasion de voir l’imposante musculature d’Eylohr en plus de sa taille impressionnante. Sa tête trônait bien haut au-dessus de la foule.


    -«  B’soir monsieur, alors qu’est-ce que je peux vous servir ? Laissez-moi deviner, un truc fort ? »


    La ravissante serveuse au haut chignon serti de mèches rebelles venait de parler à Ruby. Sa voix sucrée était si ravissante que le pirate restait là, la bouche bée, ses yeux plantés dans le généreux décolleté de l’hôtesse gracile et précieuse. Le manque de réponse rendit la situation quelque peu gênante.


    - Moi j’viens d’avoir une autre faim les gars Dit Donald « gueule cassée » en pensant être discret, mais, visiblement sa voix était suffisamment portante pour que même la serveuse puisse l’entendre. C’soleil brun est tout à fait à mon goût.

    - Moi j’ai faim de bouffe ! Dit « Le Gros » qui trépignait d’impatience de pouvoir passer commande.

    - On va prendre 4 bouteilles de Rhum Dit enfin Eylohr de sa voix grave tandis qu’il se fraya un chemin jusqu’au comptoir en poussant sans vergogne ses camarades. Il fut particulièrement bourru avec Ruby qui était toujours immobile devant le décolleté de la donzelle et, d’une main, le poussa en arrière sans ménagement. On prendra 4 d’vos plus grosses pièces d’viande rouge, deux poulets, des pommes de terre rôtis et des pâtes. Et en grande quantité.



    Il était aussi rustre qu’à son habitude et ne gratifia la demoiselle d’aucune marque de gratitude ou de gentillesse. Il ne cessa pourtant jamais de regarder la donzelle droit dans les yeux, non pas qu’il voulait l’intimider, mais il voulait être entendu et servi. Ses yeux bleu océan plongés dans ceux de la donzelle transcrivaient toute la fureur qui se cachait sous cette masse de muscle.


    - Tiens, c’pour t’dédommager donzelle, fais vite ! Ajoutait-il tout en laissant sur le comptoir 20 Irys dorés sonnants et trébuchants.

    - Et si toi aussi t’as faim mam’zelle hésite pas à v’nir m’voir ma belle Reprit Donald « Gueule cassée » tandis que les trois autres pirates le tiraient par le bras comme pour lui intimer l’ordre de se taire. Y’a une grosse d’pièce d’viande rien qu’pour toi ! Héhéhéhé !


    Le rire gras de « gueule cassée » résonnait toujours tandis qu’il s’éloignait du comptoir, tiré sans ménagement par « Le gros » sous les ordres d’Eylohr. Non pas que le colosse soit choqué par de tels propos, non, bien sûr que non. Mais il avait faim, et ne voulait pas entamer une bagarre de taverne avec des miliciens en patrouilles. Pas le ventre vide, ni la gorge sèche. Ils s’installèrent alors tous les quatre autour d’une large table ronde, assis sur des chaises qui craquèrent lorsque « Le Géant du Froid » et « Le gros » s’y installèrent.

    - T’t’imagine s’ils servent qu’à boire ici ? Dit Ruby qui tentait toujours de poser son regard sur toutes les femmes qui passaient à proximité, cherchant toujours du coin de l’œil celle qui avait pris leur commande. C’serait un comble ! Une taverne qui sert pas à manger !

    -Ta gueule, t’parles trop ! T’vas dérouiller toi ! Dit Eylohr visiblement irrité.

    Ils attendaient les bouteilles et encore plus les plats. Eylohr était aussi patient qu’un chien enragé, mais quand il avait faim, la moindre contrariété pouvait très, très mal finir. Et visiblement, même attendre deux petites minutes était déjà bien trop pour lui.



Eylohr parle en #6666cc
Ruby parle en #669900
Donald Dowel dit "gueule cassée" parle en #ff6600
"Le gros" parle en #006699


Let the night come, before the fight's won,
Some might run, against the test.
But those that triumph, embraces the fight's cause,
Their fear then proove that courage exist.
Hope.


Spoiler:
 


Voix d'Eylohr (Ronan l'accusateur):
 
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Ester Del'Rey
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Mar 13 Mar - 13:05
Irys : 114980
Profession : Pirate/chasseuse de trésor
Guilde +1 (femme)


Oh, tu crois que son cerveau tourne encore
ou il est HS pour la soirée ?

J’affiche un léger sourire en détaillant le client qui semble complètement ailleurs, aucune réponse, hormis deux yeux bien ronds en direction de mon décolleté et une bouche entrouverte qui ne laissait entendre aucune commande. Pas de soupir, pas d’expression de gène de mon côté, j’attendais sagement que quelqu’un daigne m’exprimer ce que l’étrange groupe allait prendre. Ce fut une voix masculine qui finit par attirer mon regard, un homme à l’œil aveugle, aucune grimace, aucune marque de dégoût, à la clinique j’avais déjà vu bien pire. Les paroles ne trouvèrent aucun écho dans mon esprit non plus, les propositions tendancieuses ou les gars qui voulaient se faire mousser devant les p’tits copains je connaissais aussi.

- « Vous savez ce qu’on dit des belles plantes ? Généralement, ce sont celles les plus vénéneuses. À votre place, je me concentrai sur l’animation de la soirée et à mon grand regret ce n’est pas moi. »

D’un geste de la tête, je lui indique la blondasse à la robe ouverte sur le côté, elle vient de s’installer sur un petit tabouret sur une estrade mise en place spécifiquement pour elle. Croisant les jambes, positionnant son buste bien droit qui laisse entrevoir une poitrine généreuse à souhait. Je ne suis pas la seule visiblement à savoir jouer de mon décolleté. Quoi qu’il en soit, elle semble prête à commencer, d’ailleurs d’un commun accord avec le patron, elle débute. Pour le plaisir des hommes présents. Sa voix est agréable à l’oreille, je ne peux pas m’en plaindre, même si rivalité féminine oblige, je l’admettrai pas oralement. Je me reconcentre sur ma table et mes clients qui commencent à prendre tour à tour la parole. Ils me font penser au conte pour enfants, manque juste Blanche-Neige puis on est bon. Quoique, faudrait partir du principe que les nains sont des géants, mais franchement, l’imagination n’a pas de limite.

Tu es grave… Prends la commande et tire-toi. On a du boulot.

Le plus grand de la troupe avait fini par conclure pour tout le monde. Quatre bouteilles de Rhum, quatre pièces de viande rouge, deux poulets, des pommes de terre  et des pâtes, je note tout sur mon petit calepin. Je laisse un p’tit silence, sans forcément détourner mon regard du sien, j’ai du lever la tête, parce que même si j’suis grande, j’le suis pas suffisamment pour le dépasser en taille.

- «  Ca sera tout ? »

Question de principe, je me doute que tout est bon, sinon il aurait continué de faire sa liste. Je lui offre un sourire, autre forme de politesse non sincère. Je récupère les Irys que je glisse dans la poche avant de mon tablier. Un peu d’argent propre, ou presque, parce que vu l’état du groupe, j’ai quelque doute de sa provenance. Y a rien d’exceptionnel sur eux, j’sais pas franchement si j’vais avoir de quoi voler. A la limite, peut-être le restant d’irys qu’ils possèdent, mais franchement, ça ne me dit trop rien.

- «  Désolé mon gars, je préfère les petits gabarits » Dis-je en réponse à l’aveugle d'un oeil« Question de proportion, j’n’ai jamais aimé les grandes gueules non plus. Puis, j’ai déjà consommé pour ce soir. » Rajoutais-je. J’avise de nouveau le grand et je rajoute «  j’vous rapporte tout ça, ‘fin ça sera peut-être mon collègue, pas moi. »

Ceci étant dit, je m’éloigne sagement, laissant mes deux prunelles détailler les clients qui venaient de rentrer, passer sur la salle déjà pleine alors que la soirée ne faisait qu’à peine de commencer. Il ne restait plus qu’à mettre le début du plan en place, j’ajuste quelques bijoux à mes poignets, bien visible, bien voyant des bracelets ayant une certaine valeur qui n’attirerait sans aucun doute l’œil des dames et des hommes présents. Je me dirige vers les cuisines, j’entre, je balance forcément la commande.

- «  C’pour combien de tables ça ? »
- « Bah…une. »

Laisse tomber il a pas vu les ours.

Le cuisinier me fait répéter au moins trois fois, ça à le don de m’agacer et pas qu’un peu. J’finis par lui dire que j’ai pas que ça à faire que la salle est remplie. Hop, je change de direction, je descends chercher les bouteilles de rhum et les verres pour ma table. Je dépose le tout sur un plateau, le tout c’est de faire comme-ci on avait un talent innée pour l’équilibre, alors qu’en vrai on a passé des soirées entières à s’entraîner dans sa cave à faire ça. Je reviens vers le groupe, je dépose les verres devant chaque personne, puis les bouteilles une à une en face de chaque personne également. Rapidement le plateau se vide et aucune casse n’est à déplorer, j’suis pas peu fière.

- «  Eh voilà, mon collègue vous ramène la suite dès que c’est prêt. »

Y a rien ici, c’est pecno’
p’tete des mercenaires, ou des pirates, casse-toi.

J’offre un sourire, j’opine pour moi-même à la réflexion d’Ellen, elle n’a pas faux. L’aspect vestimentaire des hommes ne laisse que peu de doute à la provenance, l’odeur aussi. Quoi qu’il en soit, je vais mon boulot. Je passe à une autre table, prends la commande, puis une autre, une autre, une autre et encore une autre. Je commence déjà à piquer d’ailleurs, je ne peux pas m’empêcher, pendant que tu sers du champagne d’une main, tu glisses délicatement l’autre dans la poche du client et hop à moi l’argent. Je renverse un verre volontairement en montrant une mine confuse, je passe, une serviette sur la chemise de l’individu et hop, ma main glisse dans une autre poche, encore de l’argent. J’enlève comme ça, des bagues, des bracelets de valeurs, des montres, le tout sans aucune difficulté et sans même que personne ne s’aperçoivent de rien du tout, pour l’instant du moins. L’intervenante continue de chanter, je continue de faire mes allers retour entre la cave pour les bouteilles, planquer mon butin et faire le service. Mon regard finit par se reposer sur la table toujours pas servi, par mon collègue.


«  L’incompétent, il est encore retourné par… »
« Ellen… »
- « Adrien, viens voir ! » j’ai parlé suffisamment fort pour qu’il m’entende à l’extrémité de la salle il débarque vite  « Tu as pas oublié la table des gars avec les bouteilles de Rhum ? »
- « Bah ils peuvent attendre » dit-il en haussant les épaules
- « J’en doute. Je m’en charge. »

Je l’abandonne sur place alors qu’il me regarde avec des yeux de chat battus. Putain si moi j’suis là juste pour pouvoir piquer deux trois trucs, lui sérieux, j’sais pas ce qu’il fou là. Je rentre en cuisine, je dépose les deux poulets un premier plateau, les pommes de terre et les pâtes sur un autre avec la viande sur un autre. Ça rentre pas évidemment, faudra que j’fasse deux trajets et clairement ça me fait bien chier. Je ramène du coup, juste les poulets et deux assiettes bien pleines d’accompagnement. Je dépose le tout devant eux.

- «  Désolée, l’collègue n’avait pas compris que vous étiez affamés. » fis-je « Je vous ramène la suite. »

En réalité, il m’avait rendu service Adrien, parce que même en restant naturel et en n’étant pas très actif, son comportement pouvait irriter certain et par conséquent, attirer toute l’attention sur lui. C’était parfait, il ne restait plus qu’à accentuer un peu la collègue de certains, piquer encore quelques objets et faire partir  le tout en bagarre pour pouvoir prendre la fuite calmement, le tour sera joué. Je disparais de la place, je reviens une minute après avec le restant que je dépose devant les hommes.

- «  Voilà, voilà, bon appétit. Bon, si vous avez besoin d’autres bouteilles ou de viandes, vous m’faites signe… Il n’a pas l’air très motivé l’collègue. Vous avez tout ce qu’il vous faut, donc ? »

Bon t’abandonnes les cons là et
t’va terminer les courses gratuites



Ellen s'exprime en #9933ff
Ester s'exprime en #ff6666
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Eylohr Lothar
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Mar 13 Mar - 17:06
Irys : 950875
Profession : (Officielle) : Pirate.
Pérégrins -2

  • Il était plus que clair que ce groupe en guenille et au comportement plus que douteux n’avait pas sa place dans cet établissement somme toute respectable, même si les seules différences entre cette auberge de luxe et celles qui grouillent à Aildor se trouvent dans la décoration de l’endroit et par la population de clients. Des hommes d’affaires, des entrepreneurs, des médecins, des techniciens… Des personnes bien différentes du groupe de pirate. Heureusement pour eux, aucun membre des polices se trouvait dans l’établissement, sinon, tout le groupe serait déjà aux fers. Quant aux milices… Bien qu’ils ne connussent aucun de ces visages, ils connaissaient certains noms, mais en somme, les conséquences auraient été les mêmes. Aussi, les forbans veillaient à ne pas s’appeler les uns les autres par les surnoms connus de tous.

    Eylohr scrutait les clients qui jactaient de leurs belles phrases, qui se mouvaient de leurs frasques inutiles. Un petit doigt lever lorsque quelques gouttes de thés sont versées de la tasse en porcelaine aux lèvres maquillées. Un index ganté de velours blanc pointé vers les cieux pour signifier l’intention d’être installé, de passer commande, ou de déposer un veston. Que de frasques, que de flagorneries. Une mascarades presque théâtrale surmontée d’un orchestre et d’une voix d’ambre. Tout semblait si codifié. Eylohr avait presque envie de retourner toutes les tables, tirer en l’air et ramener un peu de l’ambiance criminelle d’Aildor en ce lieu trop péteux à son gout.

    Mais il y avait autre chose qui l’énervait. Bon, il fallait oublier Ruby qui jactait comme une pie avec « Le Gros » en parlant des dessous des donzelles, de la serveuse affriolante, des prostituées du rafiot et des prochaines escales. Il y avait même des moments où ces deux nigauds frôlèrent la divulgation d’informations. Mais ils furent à chaque fois ravisés par le regard glacial et effrayant d’Eylohr. Au bout du deuxième regard de semonce, la tablée se tut, et l’ambiance fut si froide que ni Ruby, ni « Le Gros » ne dirent plus un seul mot de trop. La patience du géant avait ses limites. Et surtout, les trois autres types avaient déjà vécus quelques abordages et quelques pillages avec le colosse. Ils avaient vu de quoi il était capable. Sans oublier que la justice sur le navire, c’était lui. Si le capitaine condamnait un pirate à mort, le bourreau, c’était Eylohr.


    - Booooon Grommela sourdement Eylohr dans sa barbe tandis qu’il donna un coup sur la table. Mais p’tain qu’est-ce qui foutent ces cons. Si c’continue c’leurs jambes qu’jvais bouffer au lieu d’un bœuf.

    - Doucement l’géant Dit « Gueule Cassée », sinon on va encore d’voir s’faire des miliciens et c’pas l’moment.

    - Ouai Répondit Eylohr toujours en grommelant de sa voix grave et sourde. Bordel, mon épée à d’plus en plus soif.

    - Ouai Reprit Ruby en plaçant sa main à l’entrecuisse. Mon épée aussi Héhéhé !

    - Quand j’te disais qu’t’allais dérouiller, c’tait pas des paroles en l’air du con ! Dit Eylohr tout en pointant Ruby du doigt.


    Ah, l’ambiance chez les pirates. Une ambiance des plus simples. La loi du Talion, avec, au-dessus de cette chaine alimentaire criminelle, le capitaine du navire. Techniquement, il n’y avait que le capitaine pour pouvoir décider de vie ou de mort, mais dans les faits… Le meurtre arrivait parfois plus souvent que ce que les règles des pirates autorisaient. Mais bon, l’omerta était de mise dans ces moments-là.


    - Eh, r’gardez ça ! Dit Ruby en interpellant les autres. V’la la donzelle !


    Il avait visiblement retrouvé la trace de la serveuse pulpeuse et au caractère bien trempé. Ce genre de caractère qui, malgré tout l’orgueil qu’un pirate peut avoir, continu de faire chavirer les cœurs arides et secs des pirates. Ruby en pinçait pour elle, c’était clair. Les quatre forbans scrutèrent alors les moindres mouvements de la donzelle. Enfin, plus que ses mouvements, ils regardaient plutôt ses formes, son déhanchement. En plus d’être généreusement dotée du décolleté, le reste du corps n’est pas en reste.


    - Eh vous avez vu ça ?! Elle est vachement habile ! Fit remarquer « gueule cassée ».

    - Ouai, très habile… Répondit Eylohr d’une voix basse et sombre, tout en scrutant certains mouvements.


    Visiblement, elle était plus qu’une serveuse. Si lui était un assassin et un criminel, elle, était une voleuse douée. Et dans le monde du sombre et de vice, ce genre de talent était respecté. Visiblement plus intéressés par les formes féminines que par les aptitudes illégales de la donzelle, aucun des autres pirates ne prêta attention aux bijoux et aux Irys dorés qui se glissaient des poches des clients jusqu’à celle du la serveuse. Eylohr voyait alors que quelque chose était à jouer ici. Peut-être une carte, un atout. Il ne pipera pas mot de ses observations à ses collègues, en revanche, il surveillerait avec une grande attention cette serveuse qui, tout compte fait, n’en était pas une.

    Une voleuse aussi active et aussi douée pouvait être un atout certain pour l’équipage. Oh, il y avait bien quelques personnes douées avec les serrures, d’autres pour les filatures, mais pour le vol à la tire… Personne. Ou alors, ils se faisaient chopper deux fois sur trois. Quant aux crocheteurs, parfois il en fallait des crocher cassés pour ouvrir une seule serrure. La discrétion, bien que peu amusante, peut parfois éviter bien des soucis.

    Mais voilà qu’arrivèrent enfin les bouteilles et les verres, puis les plats, puis les accompagnements, le tout en plusieurs fois. Mais finalement, tout était là. L’odeur du bœuf saignant mettait l’eau à la bouche des forbans. Les pâtes, les pommes de terre finement rissolées, et le poulet, tout avait l’air succulent. Mais il apparaissait que « le collègue » tant évoqué n’était pas si travailleur que ça, et que la raison de ces longues minutes d’attentes, c’était lui. Lorsque la demoiselle évoqua donc ce collègue, Eylohr le chercha du regard. Et il n’eut aucune difficulté à le trouver. Il était planté, à discuter, encore et toujours. Sa voix irritait profondément Eylohr. Peut-être qu’ils attendaient la fin du service pour lui inculquer les bonnes manières ? Enfin, bonnes manières… Une excuse de plus pour laisser libre cours à la furie dévastatrice du géant.


    - Vot’ collègue, y’finit à quelle heure ? Demanda Eylohr de sa voix grave et résonnante, avant d’avaler d’une traite le contenu de son verre empestant l’alcool. Et vous donzelle, à quelle heure qu’vous finissez ?


    Point de rire après cette phrase, point de regard tordu, de murmure graveleux. Il posait cette question afin de, premièrement, susciter l’intérêt chez la donzelle, et, secondement, lui faire croire que malgré leur allure rustre et sombre, ils n’étaient ni au courant de ses agissements, ni capable de s’en protéger. Et, afin de pouvoir encore plus l’inciter à agir contre eux, il balança une phrase innocente, somme toute, mais qu’elle allait forcément capter en vol, alors qu’elle s’éloignait de la table :


    - Eh, « Le Gros » gard’ ma bourse d’Irys ! Elle est trop grosse pour ma besace.


    Qu’allait-elle faire en sachant cela ?


    Eylohr parle en #6666cc
    Ruby parle en #669900
    Donald Dowel dit "gueule cassée" parle en #ff6600
    "Le gros" parle en #006699



Let the night come, before the fight's won,
Some might run, against the test.
But those that triumph, embraces the fight's cause,
Their fear then proove that courage exist.
Hope.


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Ester Del'Rey
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Mar 13 Mar - 19:13
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« Répond pas, inconsciente. »

- « Dès que les derniers clients sont partis, je suppose. »

J’avais dit ça d’une voix d’une banalité déconcertante. Ne fréquentait-il pas suffisamment les auberges et tavernes pour connaître les habitudes ? Lors de soirées comme celle-ci, les serveurs c’étaient les derniers à passer le seuil de la porte pour rentrer chez eux. Quoi qu’il en soit j’perds pas la face devant les questions, je ne laisse même pas transparaître l’inquiétude d’Ellen. Elle s’inquiète toujours pour rien Ellen, elle voit le mal partout. J’vois qu’une question de politesse, pas une menace, Ellen, elle, siffle déjà dans notre tête pour me mettre en garde d’un danger. Elle débloque. J’hausse les épaules en direction de l’imposante silhouette, j’attends un peu histoire de savoir s’il veut poursuivre la conversation ou plonger dans une dégustation peu teintée par les bonnes manières. Le silence vient répondre à ma question et je me contente de m’éloigner, non pas sans entendre la petite tentation qu’il vient de mettre en place.

« Ester n’y pense même pas !
Ce type, il est comme moi. Il aime le sang
»

- «   Tu vois ça à son visage, je ne te savais pas devin »

C’était la première fois que je lui répondais à voix haute, heureusement le bruit environnement avait couvert ma voix. Secouant doucement la tête, j’avais fini par me demander si je ne commençais pas à oublier qu’elle était dans moi, dans ma tête, qu’elle n’était plus une personne physique. Ellen fait silence, j’ai dû la vexer, ce qui n’est pas pour me déplaire. Personne ne résiste à mes doigts de fée, aucune serrure, aucune bourse, alors clairement, en confiant son argent au plus bête et malvoyant du groupe. Il a fait une erreur le géant. Je me fais interpeller par plusieurs clients et je continue mon petit manège de service,  un verre un vol, ou presque en tout cas. Ma petite cachette est pleine, il ne me manque plus que la dernière bourse d’Eylohr pour la compléter définitivement. C’est le moment idéal pour lancer la deuxième étape du plan. Faire diversion. Je retire mon bracelet et une bague, les deux plus voyantes que j’avais jusque-là, je glisse le tout dans la poche arrière du pantalon d’Adrien. Le tout en lui mettant une petite tape sur les fesses.

- «   Allez bouge-toi, y a masse monde. »

Hop, c’est passé ni vu ni connu, c’était rapide et je ne regrette pas de m’être entraîné à la ‘magie’, l’habilité ça se travail et je passe tout mon temps libre à ça. Le bracelet dépasse un peu de sa poche, il est visible, la bague faudra y mettre la main, y a juste à offrir le doute. Je continue de passer de table en table, jusqu’à ce qu’enfin une cliente relève la disparition dudit bracelet et de la bague. Ah, les femmes et les bijoux j’aurai du m’en douter.

- «  Vous aviez trop chaud avec votre bracelet ? »
- « Hein du tout, Pour-Oh mince, oh non, j’ai dû le perdre en faisant le service... »

Elle m’offre un sourire désolé et je fais mine d’être terriblement attristée, la petite mine de chat battue qui va bien. Comme ça, je sais qu’elle fera attention, ne me reste plus qu’à y amener Adrien et le tour sera joué. Pour le coup, il bosse, du coup, je ne peux pas trop aller le voir, j’en profite pour rajouter sur son plateau la commande de ladite bonne femme.

- «   Tu peux le déposer à la table là-bas. »
- « Ça marche. »

Je suis satisfaite, tout se passe exactement comme je l’avais prévue. Un large sourire vient prendre possession de mes lèvres, il ne reste plus qu’à piquer la dernière bourse. Certaines clientes commencent déjà à remarquer la disparition de l’argent ou des bijoux, tout va exploser pile-poil en même temps. J’en profite pour signifier au patron ‘la disparition’ de mon bracelet et de la bague, comme ça, si une cliente vient se plaindre il fera sans aucun doute le rapprochement. J’adosse contre le comptoir, en profite pour avaler un verre d’eau, mon regard croise l’unique œil valide de l’homme. Je dois rapidement établir une stratégie, ce n’est pas lui qui m’inquiète les autres, le plus ‘normal’ de la troupe n’arrête pas de me regarder, il risque de détecter le moindre mouvement suspect.


« [blur] Tu vas vraiment faire ça ? »
« Vraiment. »
« Déboutonne un autre bouton alors. »

Je m’exécute, je mouille une serviette que je passe sur mon front pour donner l’illusion d’avoir un peu chaud, le geste doit paraître naturel, sans quoi, c’est foutu. Le troisième bouton vient se défaire sous mes mes doigts et hop le tour est joué. Le premier serait bien trop occupé à regarder ma poitrine, le second, j’ai déjà une idée derrière la tête. Ne me reste plus qu’à attendre le signal, ça ne tarde pas, la bonne femme se rend compte de mon bracelet dans la poche du serveur, elle l’agrippe par le bras et l’emmène jusqu’au patron. Celui-ci le fouille et sort de sa poche mon bracelet, la bague et un autre bijou de la femme que j’ai glissés aussi tout à l’heure. Je me suis éloignée juste avant qu’elle débarque. Elle est douée je dois l’admettre, elle fait un véritable scandale qui attire les regards.

« Pas mal, pas mal. »

J’arrive proche du groupe, je m’arrange pour trébucher sur le tapis. Je manque de tomber, évidemment. Le verre se renverse et éclabousse la tenue de l’homme à un seul œil. Je prends ma tête la plus confuse, alors que je me redresse, une véritable actrice, je devrais peut-être penser à me reconvertir.

- «   Oh non…. Je suis désolée, c’est le tapis… Pardon… »

J’extirpe sagement la serviette de ma poche arrière et je commence à tapoter son torse, du moins le tissu qui se retrouve avec quelques taches légères. C’est maintenant ou jamais, je laisse ma main gauche terminer de tapoter la tâcher, alors que la droite fait mine de vérifier un peu partout qu’il n’a pas été touché ailleurs.

- «   Ca va » fis-je «  vous avez de la chance, vous n’avez qu’une petite tâche rien ailleurs. »

Et hop discrètement, j’ai récupéré quelques pièces, pas la totalité de la bourse, ça aurait paru bien trop flagrant –quoi que bon, j’ai quand même piqué pas mal-, réajustant la serviette dans ma poche arrière avec l’argent, j’offre une moue encore plus désolée.

- «  Pour me faire pardonner, je vous offre un verre chacun de l’alcool de votre choix. »

Je laisse mon regard parcourir les visages des autres, insistant un poil sur la tête de celui qui a perdu ses yeux dans mon décolleté.

- «  Alors ça sera quoi ? » demandais-je finalement

« Ester ne reste pas là, tu as ce que tu veux… »

De l’autre côté, le patron semble prêt à faire une annonce, la chanteuse à arrêter de chanter, l’homme est monté sur l’estrade.

- « Messieurs, mesdames, j’offre une tournée générale pour m’excuser du comportement quelque peu déplacé de mon serveur… L’établissement tient à présenter ses excuses. » il insiste en me regardant «  Hélène, j’ai retrouvé ton bracelet et ta bague. »

Je lui fais un signe de tête, signe que j’arrive une fois terminée ici, si tout va bien, je prendrais simplement la commande des verres que « j’offre » et j’déposerai mon dernier ‘emprunt’ dans ma cachette pour récupérer le tout demain, ou ce soir si tout se dessine bien. Pour le coup, personne d’autre ne semble encore avoir réalisé avoir les poches plus légères.



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Eylohr Lothar
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Mer 14 Mar - 19:51
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  • Le festin allait bon train. Mangeant à pleine bouche la viande, les pâtes et les pommes-de-terre qui allaient avec, le tout arrosé de nombreux verres d’alcools forts. Les bruits de mastications se faisaient forts nombreux. Faisant fi des couverts, les pirates prenaient tout à pleine main et portaient le tout à la bouche. Inutile de dire que la moitié de ce qu’ils avaient en main retombaient dans l’assiette, sur eux, ou au sol. Puis quand les ventres se remplissent rapidement et que l’alcool coule tout aussi vite, de nouveaux sons résonnent alors. Des rots bien gras, bien odorants, qui pourraient faire vomir trippes et boyaux à n’importe quelle âme sensible.

    Qu’il était bon ce repas, après toutes les frugalités des ripailles en mer. Oh, l’équipage de De Sousa était bien loti, ils n’avaient pas à se plaindre pour des forbans sans âmes et sans cœurs. Le garde-manger était bien équipé. Mais pas assez pour pouvoir faire face aux demandes des quarante loups en permanence affamés. Eylohr lui-même pourrait avaler l’ensemble des provisions en deux semaines, alors qu’elles seraient sensées faire tenir un équipage pendant 1 mois. Alors ce soir, c’était l’explosion la plus totale. Mais tandis qu’ils ripaillaient, Eylohr gardait un œil sur la serveuse en couverture. Tant qu’elle n’était pas aux alentours de la table, il pouvait se délecter à l’envie. S’il la voyait approcher, il ne manquerait pas de scruter le moindre de ses faits et gestes, ça oui. Mais si ses muscles, et son cœur, brûlaient d’un désir sanglant à assouvir prochainement, son cerveau, lui, lui commandait de contenir cette colère. Il y avait des choses plus profondes que tuer, tout allait se jouer ce soir. Et puis, au pire… S’il n’avait pas vu juste, il suffirait de la tuer quand elle quitterait l’auberge.

    Mais s’il se donnait corps et âme à son festin, et à la surveillance de la panthère, il y eut quelque chose qu’il n’avait pas prévu. Une femme d’âge mure visiblement bien lotie dans la vie s’était levée dans une clameur que sa voix de crécelle rendait insupportable. Elle avait prise par le bras ce serveur que la fénéantise avait rendu aussi mou qu’un marshmallow. Elle le trainait comme ça jusqu’au patron dont les yeux exorbitaient trahissaient l’incroyable incompréhension qui régnait dans son esprit. La curiosité d’Eylohr était piquée au vif, et il scrutait cette scène, interloqué, tout en passant ses gros doigts gras dans une serviette déjà trop tâchée. Ainsi donc, le serveur fainéant était bien plus prompt aux efforts lorsqu’il s’agissait de vider les poches des gens, que lorsqu’il fallait remplir leurs assiettes.


    - Ah, et après c’nous qu’on traite d’criminel Dit « Le Gros » la bouche pleine de victuailles. R’garde c’vermisseau apeuré. Ta joué, t’as perdu !

    - Ah ça, c’pas chez nous qu’ça s’rait arrivé Renchérit Ruby. C’genre d’échecs, c’est l’supplice d’la planche direct avec l’capitaine D’Sousa !

    - Ouai, ça j’vous l’confirme Dit Eylohr en tournant son regard de la scène publique pour le braquer sur Ruby.


    Et tandis qu’il plantait son regard droit dans celui de Ruby qui baissait les yeux comme un chien battu, « Gueule Cassée » reçu sur lui toute la maladresse de la serveuse qui refaisait son apparition. Le contenu de la cargaison transportée par la demoiselle s’était répandu sur la chemise et le pantalon du corsaire, pour son plus grand bonheur. Pour une voleuse hors pair, cette maladresse était suspecte, en tout cas, aux yeux du géant. Les autres forbans, eux, étaient perdus dans le décolleté un peu plus ouvert que la dernière fois. Si Ruby pouvait avoir un certains… Charme – en tout cas un peu plus comparativement au « gros » et à « gueule cassée » - c’était sur ce « n’as-qu’un-œil » qu’elle s’était arrêtée. Et qui avait la bourse d’Irys du colosse ? C’était lui. Bizarre, vous avez dit bizarre ?


    - Eh bah… C’ra… Bah… Bredouillèrent ensemble les trois forbans tout en perdant leurs yeux entre les deux mamelles fournies de la serveuse.

    - Ce s’ra un verre d’votre liqueur d’patate bien forte donzelle Dit Eylohr en coupant les trois marmots bavant. Et j’veux qu’t’en prenne un pour toi, avec nous. Ok donzelle ? Tiens, « gueule cassée », file-moi ma bourse qu’j’puisse donner un aut’ pourboire à la donzelle.

    - Attends, j’peux l’faire moi…

    - DONNE, moi, ma bourse… Tout d’suite ! Reprit Eylohr en coupant le voyeur lubrique.



    Donald prit alors la bourse et la lança à Eylohr qui la rattrapa au vol sans problème. Ce geste ne demandait pas une grande dextérité, certes, mais venant d’un colosse comme lui, l’agilité, c’était pas donné, vous voyez. Eylohr reporta alors son regard glacial porté par ses yeux océans sur la serveuse qui patientait. Tandis qu’il fixait la donzelle avec insistance, il soupesa la bourse en exagérant le geste, comme pour montrer à ladite serveuse que si les autres étaient dupes, lui, était bel et bien lucide. Son regard était si insistant qu’Eylohr lui-même avait l’impression que ses yeux allaient sortir de ses orbites. Si elle était perspicace, elle pourrait voir quelle violence brûlait en ce colosse au cœur de glace. Il sortit 5 Irys d’or, les plaça sur la table et les poussa lentement jusqu’au bord où se trouvait la serveuse, sans jamais la lâcher du regard.


    - R’viens avec les verres, et trinquons à ta gentillesse Ajouta Eylohr sur un ton sombre et grave.


    Il attendit son départ temporaire pour aller récupérer les boissons gratuites, enfin, c’était ce qu’il espérait. Et pendant que le patron faisait la même offre à l’ensemble des clients victimes des agissements du « serveur mal avisé », Eylohr discuta avec ses hommes.


    - J’espère qu’vous êtes pas trop saouls bande d’sous-merdes, parc’que sinon, j’vous tue tous Dit Eylohr. Bon, si c’te serveuse est pas là dans 1 minute, on paye, on s’casse et j’veux qu’vous soyez chacun à une entrée d’l’auberge. C’lui qui chope la donzelle siffle, et les autres rappliquent. Si elle s’pointe… Faites comme si d’rien était, videz vos verres, et sortez. Quoi qu’il en soit, Armez vos flingues, qu’elle s’en aille pas, et pas un mot d’tout ça ou c’vot’ cervelle que j’boufferai demain. Attendez dans l’ombre. Sautez qu’au dernier moment.


    Les trois forbans acquiescèrent de légers mouvements de têtes. Ils avaient bien compris l’importance de la discrétion. Ils avaient également bien compris que le colosse ne plaisantait pas, et qu’il valait mieux obtempérer. Le décompte était lancé...

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Ester Del'Rey
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Mer 14 Mar - 21:58
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« Casse-toi »

La voix d’Ellen a hurlé dans mon esprit sans que je n’en comprenne la raison, ça m’a déstabilisée si bien que j’ai dû détacher mon attention des différentes scènes.  Quand je reviens sur le moment présent, le géant à la bourse en main, il me regarde et le patron explique dans mon dos que son serveur a emprunté quelques éléments à des clients, évidemment il dit que tout est règle. Adrien se retrouve à devoir présenter ses excuses et rendre les bijoux en sa possession en niant toujours les faits. Mes yeux ne se détachent pas de celui du grand barbu au regard aussi froid que celui d’Ellen. Je comprends qu’un truc cloche, sans forcément faire le lien avec mon action précédente. Je lui décroche un sourire et je prends en note la commande. Ellen est déjà en train de hurler que je dois partir, ne pas rester là que clairement un grain de sable vient de se glisser dans le rouage. Aussi étrange que cela puisse paraître, je parviens à conserver mon calme, je ne laisse absolument rien transparaître, je sors mon calepin de ma poche arrière et je note.

- « Mh, mh, c’est parfait. » Je laisse mes doigts récupérer le pourboire que je glisse dans la poche avant « Je risque d’être un peu longue, le temps de distribuer les verres à tout le monde, si j’dois en prendre un avec vous. »

Un sourire et hop je disparais sagement.  Je récupère mon bracelet et ma bague auprès du patron qui a une mine terriblement navrée. Je lui dis que ce n’est pas bien grave, je fais les gros yeux réprobateurs à Adrien, puis je l’embarque avec moi dans l’arrière de l’établissement.  

- «  Je te jure Hélène, ce n’est pas moi »
- « Oh la ferme.»
- « Hein, mais je te jure ! Je ne comprends pas, ça a dû tomber quand on a… »
- « Écoute, tu restes là OK. C’est bon, on en parle plus. »

Je descends en bas chercher les bouteilles, le patron à l’étage doit déjà servir les verres « offerts ». Je ne perds toujours pas mon calme et c’est un véritable miracle, je dois trouver une solution et vite.

« Laisse-moi prendre le contrôle. »

- «Tu débloques Ellen. »

« Je tiens mieux l’alcool que toi.
Je sais me battre un minimum.
Laisse-moi
»

Au fond je n’ai pas réellement le choix, je le sais. Sans elle je suis foutue. Je ferme les yeux lentement, prend une grande respiration et c’est la fin. OK. C’est à moi de jouer, j’attrape la bouteille, je remonte lasses marches et m’arrête devant Adrien, je lui décroche un sourire, il a l’air nerveux le pauvre. Je reboutonne un bouton de ma chemise, contrairement à Ester, j’suis clairement pas nudiste moi. Me servir de mon corps très peu pour moi, ou alors simplement pour me défendre ou faire couler le joli nectar rougeâtre.

- «  Adrien ? » la chance de partager un corps c’est qu’on à la même voix «  Tu devrais vraiment me dire la vérité.. Allez viens là. »

Je l’enlace, lui mets une petite tape sur l’épaule et glisse l’argent qu’Ester à piquer aux pirates dans sa poche. Quitte à avoir un coupable, autant conserver le même. Qui est-ce qu’on va croire, une jolie jeune femme bien sous tous les angles ou lui qui a déjà était accusé de vol ? Il s’installe sur la chaise où se laisse tomber  plutôt et fond en larme, le pauvre il est complètement perdu. Il me fait presque de la peine. Je refais mon apparition dans la salle, j’attrape des verres servis par le patron, je me penche un peu pour le remercier pour le bracelet et la bague. Du moins de loin, c’est ce que ça doit paraître plus que je n’arrête pas de trifouiller les deux et de regarder mes bijoux :

- «  Il m’a dit qu’il avait volé presque tout le monde… Que ce n’était pas la première fois, vous devriez faire venir la milice. Vraiment. C’est trop grave… »
- « Oh putain, c’est pas possible, le con, mais quel con. Bon OK… Hélène, je suis désolée… Vraiment, pour ton premier service. »
- « Pas de problème, je gère ! »

Hop, je laisse mon tableau avec les verres pour les hommes aux comportements que peut correct, je m’assure qu’ils me voient bien, puis j’attaque le service pour les autres. Ester à prévenue, je peux m’autoriser à faire le service de quelques autres personnes avant de revenir vers eux. Le patron doit déjà prévenir la milice, tout du moins avoir envoyé quelqu’un déjà. Ce qui globalement me laisse une bonne heure à occuper les braves hommes. J’espère que j’ai pas perdu la main niveau alcool, parce que clairement sinon je suis dans la merde. J’attrape mon plateau et reviens vers la petite troupe, un sourire aux lèvres, les yeux teintés de ma folie habituelle, bien loin de celle qu’expriment les deux prunelles d’Ester.

- «  Pardon, j’suis toute seule pour le service du coup… » je dépose les verres et la bouteille, je sers tout le monde « J’ai pensé que deux bouteilles à cinq ça serait plus efficace qu’un verre.»

Je détaille Ruby, c’est le plus séduisant de la troupe, ça me paraît logique qu’à choisir une femme s’intéresse à lui. J’ignore presque le géant avant de me reconcentrer sur lui. J’attrape mon verre, le soulève légèrement :

- « Du coup, je vous propose de trinquer à cette première rencontre ? »

«  À quoi tu joues bordel ? »
«  Regarde la professionnelle.»

Je lève mon verre et l’avale cul sec, j’aurais pu rajouter un peu de poudre de plante pour dormir, mais à mon plus grand regret j’en avais pas sur moi. Bref quoi qu’il en soit j’ai terminé mon verre et je m’en ressers un si les autres font de même, je resservirais toute la troupe. Je prends une mine purement désolée, confuse.

- «   J’dois confesser un truc… Adrian… Il m’a forcé à vous piquer un peu d’argent, du coup je l’ai enfermé dans la salle arrière… J’me suis dit, qu’après quelques verres vous pourriez récupérer votre argent et m’oublier moi ? Hein… »

Hop une nouvelle gorgée ni vu ni connu, ne restait plus qu’à attendre de voir si tout le monde mort à l’hameçon ou si j’vais devoir attendre que la milice arrive pour m’en sortir. Un joli coup d’avance.



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Dernière édition par Ester Del'Rey le Ven 16 Mar - 11:23, édité 1 fois
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Eylohr Lothar
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Jeu 15 Mar - 16:43
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  • Tandis qu’ils mirent en place un plan d’action pour pouvoir mettre la main sur la douce serveuse aux doigts de velours, Eylohr garda en mémoire l’indication de cette dernière. Apparemment, il faudrait un peu de temps pour qu’elle revienne. Hum… Bon. Du moment qu’elle serait à portée du regard du colosse du Nord, il saurait être légèrement patient. Enfin, curieux, plus que patient.


    - Eh mais c’qu’elle va avoir b’soin d’temps avant d’s’occuper d’nous Fit remarquer Ruby.

    - Bah ouai c’pas con c’k’il dit ! Rajouta « Le Gros » tout en rognant un os de poulet.

    - On r’garde c’qu’elle va faire Dit alors Eylohr. Si elle disparait même qu’une minute, on dégage et on la chope ! Plus d’questions !


    Les trois forbans firent une mine déconfite, des yeux de chiens battus et des regards apeurés. Le géant lui, scruta la salle pour retrouver la serveuse et permettre la réalisation de son plan. Et effectivement, elle avait du travail. Il faut dire que les vols commis par l’autre serveur, pas si fainéant que ça, avaient déclenchés un véritable soulèvement de la part des clients. Avant que le patron n’indique sa volonté de réparer les erreurs commises, c’était comme si ses petits bourgeois effarouchés étaient prêts à déclencher une véritable révolution. Heureusement, la notion de gratuité calma rapidement les ardeurs de ses nobliots. Et puis l’argent, c’était pire que tout pour eux. Toucher à leur portefeuille était le pire affront possible.

    Pour s’occuper un peu tandis qu’il avait la donzelle sous les yeux, Eylohr sortit sa pipe à tabac. La pipe, qu’il avait fabriqué lui-même, était faite de bois vernis depuis le bec, jusqu’à la tête. De chaque côté du bec, une fine plaque d’acier polie allait en s’élargissant jusqu’à la tête qui, elle, était toute faite d’acier. Les flammes des bougies et des lustres se réfléchissaient dans l’acier polie de la pipe, qui reluisait de légers rayons tremblants. Il bourra le tabac, craqua trois allumettes, et fit bruler le poison lentement dans le fourneau tandis qu’Eylohr tirait une profonde bouffée. De sa bouche et de ses narines sortaient d’épais nuages de fumées masquant presque totalement son visage.

    Tandis que la serveuse tant attendue s’occupait des clients ébouriffés, d’autres avaient débarrassés le monticule de plats, d’os, de verres et de vaisselle en tout genre qui avait été servis au groupe de forban. Ils n’avaient plus rien devant eux, aussi, certains commençaient à s’ennuyer. Les coudes et les avant-bras appuyés sur la table, avachis sur elle, ils ressemblaient d’avantages à des individus fomentant un mauvais coup qu’aux joyeux lurons qu’ils étaient durant le repas. En même temps, lorsqu’on est rabroué par un colosse de presque 200 kilos avec un problème caractériel aussi imposant que lui, difficile de garder un semblant de bonne humeur. Il faut dire qu’Eylohr avait un plan en tête.

    Enfin, la serveuse revint auprès de la tablée, avec deux bouteilles et cinq verres sur un plateau. Elle déposa le tout en accompagnant l’offre d’une excuse somme toute sincère, expliquant le pourquoi de cette longue attente. L’excuse fut ponctuée d’une invitation à fêter une rencontre inopportune. Une attitude tout à fait différente de celle qu’elle avait eu durant les instants précédents cette rencontre improbable. Elle était plus entreprenante, plus sure d’elle, et moins détachée. Et son regard était aussi vif que lui d’un aigle à l’affut d’une proie. A ce moment, Eylohr se sentait plus proche d’elle, comme si, à ce moment-là, ils se comprenaient. Ce qui n’était peut-être pas bon signe, mais à ce moment-là, Eylohr n’y avait pas réfléchi. Il était occupé à découvrir ce qui avait changé l’attitude de cette donzelle, tandis qu’il fumait allégrement sur sa pipe.

    Aucune réponse ne parvint d’aucun forban, qui ne s’exprimèrent qu’avec des regards et des attitudes suffisamment expressives comme ça. Eylohr, tout particulièrement, scrutait le moindre fait et geste, le moindre regard, la moindre attitude, qui provenait de la serveuse au regard enivrant. Il avait précédemment enlevé le cache de son holster de poitrine, rendant son revolver plus facile d’accès. Il ne voulait pas tuer devant public, ce serait lancer les milices aux trousses du navire et il fallait un peu de temps pour cela. Mais il ne prendrait jamais le risque de laisser cette donzelle partir. Il fallait jouer plutôt finement. La serveuse bu un verre cul sec, et les autres forbans suivirent le mouvement. Elle s’en servit un autre, alors, les autres firent de même.

    Mais une révélation à laquelle personne ne s’attendit fit son apparition. Alors, ce serait ce serveur fainéant qui aurait fomenté toute cette opération. Lui qui faisait littéralement dans son froc lorsqu’il fut confronté à ses victimes, ce serait le cerveau ? C’est vrai qu’on avait déjà vu des commanditaires peu courageux une fois mis sous le feu des projecteurs… Mais tout de même… Et elle prendrait le risque de balancer sa participation comme ça, pour se dédouaner. Remarque, elle proposa aux forbans de retourner leur vengeance contre ce bandit du dimanche, ce qui n’était pas pour déplaire au géant. Tabasser quelqu’un… C’était finir la soirée en beauté.


    - J’aurais bien d’autr’ idées pour t’faire pardonner ma mignonne… Répondit Ruby en perdant son regard dans celui de la serveuse. C’connard va s’faire dénoncer non ?

    - Ce s’rait logique, l’directeur va pas laisser ça impuni, si ? Demanda « gueule cassée ».

    - Ouai, logique ouai… Rajouta Eylohr tout en laissant s’échapper une fumée cotonneuse et en scrutant avec insistance ce serveuse. Un peu trop. Peut-être l'avait-elle senti. C’te proposition est alléchante, mais j’en ai une autre à t’faire. Bois.


    Eylohr bu son verre cul sec, et en rempli un troisième qu’il but également en veillant à ce que la donzelle fasse de même. Il remplit un quatrième verre qu’il porta aux lèvres. Tandis qu’il gardait ce verre sur ses lèvres, il fit un signe à la serveuse, un signe pour trinquer à nouveau, et s’assurer qu’elle suive la cadence. Cette tactique était vieille comme le monde, certes, mais très efficace. Elle voulait trinquer avec eux ? Elle allait trinquer. Et lorsque la première bouteille fut vide, et que, celui, au de la quantité d’alcool ingurgitée et la morphologie de la donzelle, il reprit la parole.


    - Bien, très bien. Alors, voilà ma proposition. T’va t’occuper d’emmener l’gaillard et toi-même derrière l’auberge, dans la p’tite ruelle de service. On t’y attendra. Et tout c’que… T’as volée, s’ra à toi, en guise d’paiement. Ah et… Ta pas l’choix donzelle.

    Eylohr se leva, la pipe à la bouche et se redressa totalement en faisant reculer sa chaise. Le fait d’être resté assis avait également provoqué un besoin de s’étirer, et c’est ce qu’il fit. Il s’étira de toute sa hauteur, de toute sa masse devant la donzelle. Il fit signe à ses hommes de faire de même, prit une autre bourse qui contenait une centaine d’Irys, et déversa presque la totalité sur la table. Une auberge de ce standing pratiquait des prix exorbitants, aussi, pour un repas qui aurait couté 40 Irys à Aildor ou dans une auberge malfamée, ici, il y en avait bien pour 90 Irys. C’était cher. Mais c’était bon.

    Il prit la direction de la sortie, passant par les grandes portes de l’auberge et, lorsqu’il fut dehors, rassembla ses hommes.


    - J’fais pas confiance à c’te donzelle, donc, on suit l’plan. Ruby, t’reste d’vant, « Le Gros », tu vas dans la ruelle là Il pointe une ruelle sur la droite du bâtiment. Si y’a pas d’portes, t’surveille les f’nêtre. Donald, tu vas derrière, prêt d’la porte d’service. Reste dans l’ombre. Moi, j’vais vaquer entre les différentes positions. J’veux pas la voir filer, ok ? C’te voleuse est douée, elle pourrait être un atout.

    - Alors c’tait sa ton idée d’puis t’t’à l’heure ? Dit « Gueule Cassée ».

    - Ouai, y avait pas qu’son décolleté d’intéressant chez elle Répondit Eylohr. Aller, on s’bouge !


    Et ils prirent position. Ruby devant, « Le gros » dans la ruelle et « Gueule Cassée » dans la ruelle de service. Tous étaient placés dans l’ombre, à l’abris des lumières publiques, afin de n’être visible qu’au dernier moment. Eylohr avait fait exprès de ne laissait aucune alternative à la donzelle. Elle était intelligente, cela se voyait. Il valait mieux pour elle qu’elle fasse ce qu’Eylohr attendait d’elle. Elle s’en sortirais sans séquelles au moins.


    Eylohr parle en #6666cc
    Ruby parle en #669900
    Donald Dowel dit "gueule cassée" parle en #ff6600
    "Le gros" parle en #006699



Let the night come, before the fight's won,
Some might run, against the test.
But those that triumph, embraces the fight's cause,
Their fear then proove that courage exist.
Hope.


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Ester Del'Rey
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Ven 16 Mar - 12:31
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« On ne devait pas le sacrifier. »
« Tu préfères mourir ?
»

Ester, c’était une contradiction à elle toute seule, elle prévoit toujours un coupable à sa place, plusieurs coups d’avance pour être certaine de s’en sortir à tous les coups, avec quelques pertes ou sans. Mais alors, quand il faut se salir les mains et survivre là y a plus personne. Elle à cas la fermer si elle ne veut pas offrir un coupable, là, je sais qu’on n’a pas le choix, que je n’ai pas le choix, si on veut un lendemain faut sacrifier le serveur. Quoi qu’il en soit je suis satisfaite, le groupe semble me croire sur parole. La naïveté des hommes n’a aucune limite, absolument aucune. Il suffit d’offrir une femme qui paraît fragile, un peu d’alcool et quelques paroles crues ou maladroites et hop c’est dans la poche. Des questions au sujet du patron et d’une possible réaction et aucune réponse cohérente de ma part, ne jamais montrer la totalité de ses pions, jamais.

- « Aucune idée, il n’est pas connu pour être très rancunier. » Mentis-je « J’crois qu’il lui a dit qu’on avait tous le droit à l’erreur, mais que ça devait plus se reproduire » deuxièmes mensonges.

Hop, on installe tranquillement le plan B. On montre du doigt un coupable, un mou du genou incapable de sévir, trop gentil, ça attirera forcément soit la compassion soit au contraire la rancune. Je vise la deuxième, sans ça, je ne parviendrai pas à m’en sortir correctement. Quoi qu’il en soit, tout le monde semble mordre, sauf peut-être le géant. C’est celui que je redoute le plus à cause de la lumière dans ses yeux, elle a rien de tendre, de pétillant, c’est l’étincelle de la folie, du sang. Il me propose de boire cul sec, je l’avise un instant, je ne dois pas hésiter. J’avale mon verre en même temps que lui et il me ressert un verre, on recommence.

« Arrête !»
« Je tiens l’alcool j’te signale »
« Toi peut-être, moi pas.
»

Silence mental. Elle a raison, on est deux maintenant, c’est son corps, alors j’sais pas trop comment tout ça va réagir. Quoi qu’il en soit c’est trop tard, c’est toute une bouteille qui vient d’être descendu. Heureusement qu’ester est grande ça me permet de comprendre encore ce qui se passe autour de moi, en revanche, c’est très juste, elle ne tient pas l’alcool. Malgré la rougeur de mes joues et les quelques sueurs, j’ai encore l’impression de maîtriser la situation. Le problème avec l’alcool c’est que j’sais pas si c’est la réalité ou ce que lui veut me faire croire. Mon regard passe tour à tour sur les visages autres, mais c’est la proposition ou plutôt l’ordre du géant qui manque de me faire saigner les oreilles. J’ai l’air d’avoir une tête de la gentille fille qui obéit ? Oh. Merde. Si Ester à cette tête-là. Ils payent et partent, sans franchement me laisser le temps de dire oui ou non. Je fronce les sourcils et c’est Ester qui vient me remettre dans le droit chemin.

« 10 minutes, c’est le temps qu’on a pour trouver une solution
Sans alarmer qui que ce soit.
»

Et maintenant c’est qui la plus défaitiste des deux ? Bon première chose, les effets de l’alcool, faut dissiper tout ça. J’pourrai évidemment pas tout retirer, mais au moins réduire un peu l’espace de coma du cerveau qui me fatigue. Je ramasse l’argent, je range dans ma pochette que j’enlève et dépose sous le comptoir, je rentre dans l’arrière-cuisine, j’attrape un sceau et hop, je vous passe les détails, mais clairement ce que je viens d’ingurgiter ça vient de ressortir et pas qu’un peu.


« Ellen tu es horrible »
« Désolée madame de la haute, faut ce qu’il faut
»

Adrien me regarde, inquiet, vraiment. Super il me facilite la tâche il c’est vraiment attaché à Ester, en un coup un seul… C’pas les femmes qui sont censées faire ça normalement ? Il me tend une serviette humide, je fais mine d’être vraiment malade. En vrai, j’ai pas grand-chose à simuler. Même après ça, je suis incapable de passer par les toits pourtant c’était l’option la plus simple pour fuir. On doit compter encore vingt bonnes minutes avant que la milice arrive, ça va être juste, trop juste. Le premier truc c’est qu’Adrien doit pas parler, sans quoi, il mettra le doute dans les esprits, le deuxième c’est que je sais pas comment je vais faire ça.

- « Tu veux un verre d’eau ? »
- « Oui, merci »

Je ne pensais pas qu’il me rendrait la tâche aussi facile, il se retourne attrape une cruche pour remplir et verre et CRACK je lui mets un bon coup de casserole sur la tête, il s’écroule. Ester s’offusque, je sens son cœur s’accélérer dans ma poitrine, mais elle ne parle pas, elle ne dit rien. Bien, au moins elle reconnaît que c’est elle qui nous a mis dans la merde et que c’est encore moi qui doit réajuster tout ça. Après on va dire qu’Ellen c’est la méchante et si et ça, mais franchement, c’est qui qui fait n’importe quoi hein ? Piquer des géants. Ca franchement. Je retourne dans la salle, je préviens le patron qu’Adrien à fait un malaise qu’il est parti. L’homme fronce les sourcils, mais opine sans vérifier quoi que ce soit, y a plus qu’à sortir par la porte de derrière avec la certitude que rien ne va pas se passer comme il faut. J’ai pas le choix.

J’pousse la porte, le poids d’Adrien sur épaule, une main sur ses hanches pour le soutenir, il est complètement ailleurs, à moitié conscient et inconscient. Je lui murmure qu’il a fait un malaise que c’est rien. J’ai aucun remord, contrairement à Ester qui panique de plus en plus, heureusement que ce n’est pas elle qui doit faire ça. Une fois dans la petite ruelle, je le laisse tomber sur le sol et j’avise le pirate, j’ai fait mon job, ma partie du contrat et maintenant j’ai clairement pas dans l’idée de rester dans le coin. Il doit me rester dix minutes avant que la milice arrive, ça serait mieux de plus être là à ce moment.


- « Voilà, c’est fait. Vous en faites ce que vous voulez ça me regarde pas. J’ai fait mon boulot, j’me casse. » j’plisse le regard sentant l’entourloupe « C’est tout, c’est lui que vous vouliez non ou alors, vous n’auriez pas une parole très fiable? »

« Les toits, ça aurait été plus sécurisant »
« Avec l’alcool, certainement pas.
»

Je croise lentement les bras alors que je vérifie que mon arme est toujours présente dans le bas de mon dos. C’est le cas. Mon attitude montre parfaitement mon état d’esprit, fermé au possible.



Ellen s'exprime en #9933ff
Ester s'exprime en #ff6666
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Eylohr Lothar
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Ven 16 Mar - 17:38
Irys : 950875
Profession : (Officielle) : Pirate.
Pérégrins -2

  • S’il y a bien une chose que des pirates savent faire, c’est le crime. Si un militaire peut s’avérer être un brillant tacticien lors de maintes batailles, un criminel peut être des plus malins pour se sortir du moindre guêpier, de la moindre entourloupe, ou, au contraire, pour planifier les exactions les plus folles au possible. Si Eylohr s’était montré bien plus efficace comme guerrier que comme savant, il faut tout de même admettre qu’il possède un certain sens de l’observation. Le tout chez lui, c’est de ne pas céder à son agressivité. S’il y cède, alors vous aurez face à vous le plus dangereux des barbares. S’il y résiste… Alors il est possible qu’il raisonne, et qu’il se montre quelque peu malin. Quelque peu.

    Les trois forbans étaient en place et Eylohr continuait à effectuer des allés et retours entre chacun d’eux. Il ne leur faisait que peu confiance quand il s’agissait de se montrer raisonnable et intelligent. Ils ne savaient que boire, manger et combattre. Sauf le gros, qui ne savait que boire et manger. Ah, et dormir. Dormir aussi. Il le faisait très bien même. Mais heureusement pour Eylohr, la donzelle avait tenu parole. Et cette parole fit que c’était « Gueule cassée » qui l’accueillit dans la ruelle de service, tapit dans l’ombre, il attendait. Lorsqu’elle se présenta avec le serveur assommé sur les épaules, Donald sortit de sa position camouflée et avisa la donzelle.

    Silencieusement, il scrutait la demoiselle avec un sourire non dissimulé. Pas le sourire de joie ou de satisfaction d’un plan qui se déroule sans accro, non. Le sourire d’un homme que l’alcool commence à faire vriller, et qui, devant cette vision angélique d’une femme dans la fleur de l’âge, commençait déjà plus à penser par l’entrejambe que par son cerveau alcoolisé. Ce n’était qu’un homme après tout. Mais tout de même, il se remémora l’ordre donné par Eylohr. Ainsi, il porta ses doigts à la bouche, les plaça sous sa langue et souffla l’air entre les petits espaces formés, l’air s’insinuant dans un bruit strident qui donna l’alerte aux autres forbans de venir fissa.

    Et bien évidemment, c’est ce qu’ils firent. « Le gros » se pointa le premier, suivit d’Eylohr quelques secondes après, mais pas Ruby. Où était Ruby ? Bon dieu ! Eylohr ne s’en aperçu pas tout de suite, il était trop occupé à maintenir l’aura d’inquiétude qu’il s’était évertué à construire dans l’esprit de ses hommes, mais surtout, dans celui de la serveuse. Aussi s’était-il employé à rouler des épaules lorsqu’il fit route vers la donzelle et l’homme assommé, jouant de son impressionnante stature afin d’ajouter au contexte lugubre de la ruelle, de la nuit et de l’instant. Ses pas étaient lourds, raisonnants comme autant de glas sourds et lugubres tandis que doucement il quittait l’ombre de la ruelle pour les quelques rayons de lumières qui transperçaient les lieux. Oh, la serveuse connaissait son visage, elle connaissait sa stature, elle avait eu l’occasion de le voir pendant une partie de la soirée. Mais l’équilibre des forces et surtout, le contexte de la rencontre, avaient changés. Elle n’était plus protégée par la présence du public. Ici, elle pourrait disparaître, sans que quiconque ne soit inquiété.


    - J’vois qu’ta t’nu parole donzelle, c’est bien… très bien Dit Eylohr de sa voix rauque et grave, tandis qu’il tirait sur sa pipe dont le tabac était presque éteint. Et t’la assommé en plus ! D’cidément, ta plus d’un tour dans t’sac ! Une chapardeuse avec d’la poigne ! « Gueule cassée » va r’prendre l’or qu’ce connard m’a volé.


    « Gueule cassée » s’exécuta, fouilla les poches du serveur groggys, récupéra les Irys sonnants et trébuchants et les rendis au colosse qui prit soin de tout remettre dans sa bourse. Il avait promis que le résultat des larcins le concernant allaient être donnés en guise de paiement à la donzelle pour avoir tenu parole. Il n’avait pas oublié cela, mais il comptait tester une dernière fois la donzelle.


    - Gueule cassée, Le Gros, pointez vos flingues sur c’te donzelle chapardeuse Reprit Eylohr sur un ton sec et froid.


    Il avait tourné sa tête pour s’assurer que les deux lascars exécutent bel et bien les ordres donnés. C’est là qu’il se rendit compte que Ruby manquait à l’appel. Cette absence provoqua une sombre colère chez le géant qui n’avait aucunement l’habitude de la patience. Si Ruby avait désobéi, il serait châtié. Alors, Eylohr avisa la serveuse de ses yeux océans que la colère avait emplis, foudroyant du regard le bonhomme comateux et la donzelle repliée sur elle-même. Si la menace d’un destin funeste planait bel et bien au-dessus des deux serveurs, c’était surtout pour tester la chapardeuse et détruire toutes ses barrières. Ainsi menacée, il pourrait voir ses réactions et cerner un peu plus encore sa personnalité.

    Tandis que les deux forbans se plaçaient chacun d’un côté de la donzelle, mais à une certaine distance tout de même, Eylohr s’approchait d’elle non sans faire attention à ne point couvrir les champs de tirs de ses hommes. Ce serait dommage de prendre une balle qui serait destinée à la donzelle.


    - T’sais, pour une jolie donzelle, t’es maline, mais c’mensonge là, j’y crois pas trop Reprit Eylohr. C’type à moins d’couille que toi, comment qui pourrait être l’cerveau c’t’opération d’chapardage ? C’t’un bon bouc-émissaire donzelle ! J’suis impressionné ! Il sort précipitamment la lame qu’il garde constamment à sa cheville, un couteau de combat de près de 40cm de lame, crantée et aussi affutée qu’un rasoir. Il plaça la lame sur sa gorge, appuyant légèrement, juste pour qu’elle puisse sentir la lame et son tranchant sur sa peau offerte en sacrifice. Ta seule erreur, c’tait d’me voler moi. Mais ta d’la chance, j’suis pas d’ceux qui fuient l’danger. J’le cherche, jusqu’à-ce qu’la sang coule à flot Dit-il en appuyant un peu plus sur la gorge, sans pour autant faire pénétrer la lame, enfin, pas tout de suite. Toi, t’es un danger donzelle. Et un grand. C’m’impressionne.


    Eylohr plongea son regard dans celui de la donzelle une dernière fois, puis retire la lame sans regarder l’empreinte qu’elle y avait laissée, passe le doigt sur le tranchant et fait machine arrière. Les deux portes flingues continuaient leur boulot, même si l’alcool commençait à faire tanguer les corps imbibés. Et Eylohr sentait lui aussi ces effets. Il fallait cesser ce jeu lugubre. Aussi, toujours dos à elle, il l’invectiva d’une proposition qu’il espérait alléchante.


    - Ça t’dirais d’bosser avec les pirates l’plus r’cherchés d’ce monde ?


    Il tourne toujours le dos à la donzelle. Si elle n’est pas intéressée, la peur instiguée dans son cœur servira de marque pendant longtemps, et la réputation des pirates et du géant sera assurée. Personne ne tirera. Sa mort serait inutile. Si elle reste, et qu’elle porte un intérêt à la proposition, Eylohr terminerait son test, et tiendrait alors parole. La dernière question était : Où était Ruby ? Où qu’il fut, qu’il y reste !


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Ester Del'Rey
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Ven 16 Mar - 21:26
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Profession : Pirate/chasseuse de trésor
Guilde +1 (femme)


Je relève la tête tout en l’écoutant sagement, Adrien est à mes pieds et sans déposer une de mes bottes sur lui, tant que je ne l’ai pas décidé il est encore à moi. Ester grogne intérieurement, je la sens, pourtant son silence m’inquiète plus que son grognement. Je laisse mes yeux passer d’une silhouette à l’autre, il manque le ‘moins pire’ du groupe, ce qui laisse penser qu’il y a soit de l’eau dans le gaz, soit un plan qui se prépare soit simplement qu’il est tombé dans le coma dans un coin. Quoi qu’il en soit, j’me retrouve avec deux flingues pointés sur ma petite personne, ‘fin celle d’Ester, mais bon c’est la même chose.

« Ils n’ont pas armé. »

J’affiche un sourire, ce n’est pas de la provocation, mais la voix d’Ester me rassure. Elle n’a pas faux en plus, à bien y regarder les armes ne sont pas enclenchées, c’est simplement de la provocation. Ça n’empêche pas un frisson désagréable de remonter ma colonne vertébrale. Sans pour autant être apeuré, ça m’amuse, ça m’attire, c’est presque excitant de s’imaginer que le sang va couler. Je reste bien droite, peut-être trop, le regard fixé en direction du géant qui s’approche dangereusement. Pas la peine d’avoir fait de grande étude pour comprendre qu’avec sa corpulence et sa masse, il pourrait me briser en un claquement de doigts. Cela signifie que j’ai la rapidité et l’agité pour moi. Je prends une légère inspiration et laisse ma voix se faire entendre, elle reste étrange calme, sans saccade, sans tremblement. L’alcool aide largement à ne pas prendre en considération le danger immédiat.

- « Il me semblait bien aussi que la parole n’avait que peu de valeur à vos yeux. » Soufflais-je passablement agacée par la situation.

Plus il me pousse dans mes retranchements, plus je sens l’excitation monter dans le bas de mon ventre, plus mon regard se met à briller. Je ne suis pas Ester, si elle me hurle de détaler, de prendre en considération le risque de mort, moi je ne le vois pas. C’est comme entrer dans une légère bulle, il n’y a plus que lui, moi, et cette envie inexplicable de le voir souffrir ou de voir souffrir quiconque oserait toucher à mon unique amie, du moins son corps, notre corps. Il dégaine sa lame, elle se retrouve sous ma gorge et m’oblige à remonter le menton. Ester provoque une perle de sueur qui doit tellement contraster avec mon regard froid, sévère, provocateur. Il veut jouer, c’est possible, mais il n’est clairement pas choisi la bonne proie. Si je suis alcoolisée, lui aussi.

« Épargne-moi ton j’te l’avais dit et sauve notre cul.
Merci
»

Sacré Ester, elle n’a toujours pas compris que lui, ce n’est pas n’importe qui. Comme il vient très justement de le souligner, il est comme moi, il fera tout pour voir couler le sang. Un pet de travers et on se retrouve avec une lame dans le bide, ou pire. Faut le laisser faire, laisser la vibration de la puissance parcourir ses membres. Je vais déjà lui poser problème, même avec la bonne volonté du monde, j’suis incapable de simuler la peur, la comédienne c’est Ester, pas moi. Plus il enfonce la lame, plus je tremble d’envie de voir la couleur rougeâtre sur le tranchant, quand il la retire, je suis presque déçue de ne rien voir. Pas Ester, elle, elle est ravie.

- « Ce n’est pas mon erreur » admis-je certaine qu’il ne comprendrait de toute façon pas « Mais bon, je vais bien rattraper le coup. Tu avais une crampe au poignet ? » un petit pique, une caresse de provocation, c’est lui qui a commencé « Si ce n’était qu’une question d’excitation il fallait le dire, on aurait pu s’arranger, mélanger nos corps devant un cadavre. »

« Tu déconnes ou quoi ?!
Concentre-toi.
Ils sont ivres, ils ne nous toucheront pas.
»

J’hausse les épaules, presque pleine de déception. Ester, Ester, Ester pourquoi fallait-il qu’on partage un corps alors qu’on est si opposé dans nos désirs. Ça m’agace si tu savais. Il est dos à moi, plus loin, trop loin et je fronce les sourcils. Il me fait une genre de proposition et cette fois je ne peux pas m’empêcher de rire certaine que c’est une blague. Tout ça, pour ça ? Franchement Ester, bravo, te faire remarquer par le bas de gamme de la piraterie, félicitations.

« C’est hors de question.»

- « Et qu’est-ce que les pirates les plus recherchés du monde qui viennent picoler dans une auberge fréquentée pourraient m’apporter ? »

« Moins de 5 minutes pour la milice, Ellen. »

Je glisse une main dans mon dos, laisse mes doigts effleurer sagement mon arme, il me faut quelque seconde pour l’armer, ça prendrait encore trop de temps. Donc l’unique option que j’ai c’est de courir au fond de la ruelle avec l’espoir que les alcooliques ne me touchent pas, sauter le grillage pour remonter sur les toits en empruntant les poubelles de l’autre bout et la gouttière. Tout ça en moins de 5 minutes tout en terminant notre petite conversation.

- « Bon, c’n’est pas que je ne vous aime pas, mais clairement, vous avez cinq petites minutes pour partir d’ici. Merci pour la proposition, mais non merci. Le travail d’équipe très peu pour moi.»
« Tu ne veux pas souhaiter la bonne soirée aussi ?
»

J’incline poliment la tête de manière purement provocatrice. L’unique petit élément qui m’aurait poussée à rester, c’était lui et son regard identique au mien. Alors qu’est-ce qu’on fait maintenant ?

- « Si votre carrure vous permet de fuir convenablement, trois rues plus loin, y a une maison où les propriétaires sont plus là, la porte est verte, vous ne pourrez pas vous tromper. Le temps que la milice termine son enquête de la soirée, j’dis ça, j’dis rien.»

Le silence d’Ester en dit long, très long sur ce qu’elle pense, elle est folle de rage. J’aide ceux qui viennent juste de nous menacer. Quoi qu’il en soit, il est grand temps de partir, le bruit de course des miliciens se fait déjà entendre dans les rues un peu plus loin. Je me retourne et je me mets à courir, le jeu est fait. J’irais voir plus tard s’ils ont été dans la maison abandonnée. Pour l’instant, je passe le grillage que j’escalade sans trop de difficulté, je passe au-dessus et j’espère sincère ne pas me prendre de balle. Qui tirerait alors que la milice est proche ?



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Eylohr Lothar
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Ven 16 Mar - 22:38
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Profession : (Officielle) : Pirate.
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  • S’il avait un plan en tête, il venait de s’écrouler comme un château de carte exposé à une brise un peu trop vigoureuse. Il était toujours dos à elle, et elle l’invectivait de son refus quant à la proposition du colosse, et également d’un lieu de rencontre pour le moins curieux. Une maison dont les propriétaires étaient absents comme lieu de repli… Elle devait y être entrée déjà avant cette soirée, aussi douée qu’elle était. Eylohr était tout à ses pensées lorsqu’elle prit la fuite par la ruelle, sautant par-dessus plusieurs obstacles, et disparaissant derrière un muret. Les seules réactions des deux portes flingues furent de baisser leurs armes, de rire en hoquetant et de ranger leurs révolvers. Eylohr lui n’avait pas bougé.

    Le bruit des bottes des miliciens foulant le pavé dans une course folle berçait le géant dont les pensées se perdaient dans le flux du temps. Cette femme était aussi sauvage que séduisante. Un visage gracieux aux yeux pétillant d’une lueur funeste, un sourire en coin presque séducteur et une attitude qui démontre un cran à toute épreuve. Et pourtant, la serveuse du début de soirée ressemblait tellement à une femme douce et innocente – si l’on oublie les capacités de voleuse dont elle est dotée – que le distinguo en était presque déconcertant. Et pourtant… Même les plus téméraires des femmes pirates n’avaient jamais éveillées une telle curiosité chez le colosse du Nord. Finalement, ce fut « Gueule cassée » qui extirpa Eylohr de ce songe sordide.


    - Eh boss, boss ! Vl’a la milice ! Qu’est-ce qu’on fou d’l’autre branquignole !


    Grumpf Grommela Eylohr comme s’il s’extirpait d’un sommeil trop court. Enl’vez ses affaires, foutez le en guenille. Portez-le tous les deux, Prenez l’air ivre. J’vais suivre derrière.


    - AH ! ça, j’sais faire ! Et comme y faut ! Répondit « Le Gros ».


    Voilà la tactique adoptée. Faire ressembler le serveur à un client sale et ivre, et le ramener chez lui sous les yeux des miliciens. Pour s’assurer que personne ne le reconnaisse, ils lui enlevèrent ses chaussures chics, son gilet, son tablier, arrachèrent les manches de sa chemise et le bas de son pantalon et mirent le chapeau du « Gros » sur sa tête afin de la couvrir. Ils prirent alors le chemin de la rue, titubant sans réellement avoir besoin de faire semblant, avec Eylohr qui suivait derrière avachi, comme un alcoolique au bord de l’éruption gastrique. En passant devant l’établissement, ils trouvèrent Ruby au sol, complètement saoul, une flaque du contenu de son estomac sur lui et au sol. A côté de lui trônait une bouteille de Rhum vide.


    - C’connard à siroté c’te bouteille qu’il a trouvé au sol… Qu’est-ce qui dit qu’y avait qu’d’l’alcool… J’en ai ma claque. Pensa Eylohr en passant à côté de Ruby.



    Vérifiant alors que personne ne scrute leurs faits et gestes – ou plutôt, que la milice soit trop occupée à fouiller à l’intérieur qu’à l’extérieur – Eylohr se penche, ramasse le cadavre aviné, et le porte à bras le corps comme on porterait un comateux. Après tout, quitte à avoir des muscles, ayant les utiliser. Les trois forbans et les deux inconscients se retrouvèrent donc à trois ruelles d’ici, devant la maison indiquée par la voleuse en fuite. Effectivement, un tel portail à la couleur verte fiente d’oie était plus que visible. « Le gros », que l’alcool avait encore épargné grâce à sa corpulence, s’attela à crocheter la serrure. Quelle ne fut pas sa surprise de voir qu’elle avait déjà été forcée, mais qu’un loquet de l’autre côté maintenait fermé. « Gueule cassée » fut donc désigné pour passer au-dessus, ce qu’il fit, non sans tomber lourdement de l’autre côté. Un gros bleu, mais pas de fractures. La porte s’ouvrit, ils entrèrent, et refermèrent le loquet de façon à ce qu’une patrouille ne puisse pas avoir de soupçons. Pour rentrer dans la maison, c’était plus compliqué… Alors il fallait bien une solution. Eylohr passa par l’arrière, là où il n’y avait aucun visu de sorte que personne ne puisse voir à l’intérieur. De sa hache, il détruisit la porte de bois, y entra et les autres suivirent. Ils se mirent alors au premier étage, dans un grand salon, et placèrent Ruby l’alcoolisé et le serveur groggy au milieu, dos contre le sol.


    - R’tournez sur l’navire vous deux, j’m’occupe d’la donzelle, si elle se pointe. Dit Eylohr. J’garde l’serveur et Ruby. Il va avoir droit à une punition.

    - Une punition ? Demanda « Gueule cassée ». Pou… Pourquoi boss ?

    - T’pose trop d’questions, fait c’que j’te dis, c’tout Répondit Eylohr sèchement et froidement.


    Un long silence emplit la salle. Les deux forbans regardèrent le colosse avec une crainte toute perceptible. Ce serait certainement la dernière fois qu’ils verraient Ruby. Pauvre Ruby. Ils disparurent alors, reprenant le chemin du navire, conformément aux ordres.

    Eylohr lui profita du moment seul pour trouver un coin d’eau potable. Il but tout son saoul, et s’aspergea le visage à de nombreuse reprises de cette eau glacée qui coulait sur sa peau et sa barbe comme autant de rivières se jetant dans le vide aux gouttes à gouttes. Il avait bien bu, mais il avait aussi bien mangé. Il fallait réveiller son corps, afin qu’il puisse garder ses esprits. Ce ne sont tout de même pas quelques bouteilles qui vont avoir raison de ce colosse de 170 kilos ! Une fois légèrement revigoré, il retourna dans l’espère de salon, prit place sur le canapé de cuir et de fourrure, prenant alors toutes ses aises au possible et prépara ses armes. Il vérifia chaque munition, l’état de chacun de ses calibres, et enleva la sécurité, juste au cas-où. Mais son épée à la ceinture le gênait énormément. Alors il l’enleva, et la planta dans le parquet là où elle ne bougerait pas d’un poil. Puis, tout en gardant un œil sur les deux zigotos endormis, il prépara de nouveau sa pipe, tel un pacha dans ce canapé au confort presque luxueux, prêt à attendre la donzelle. Il y avait encore quelques heures avant l’aube. Il espérait la revoir. Des dons comme les siens sont rares, et seraient extrêmement bénéfiques pour les pirates. Il fallait faire attention cependant, peut-être avait-elle plus d’un tour dans son sac…


    Eylohr parle en #6666cc
    Donald Dowel dit "gueule cassée" parle en #ff6600
    "Le gros" parle en #006699
    [/right]


Let the night come, before the fight's won,
Some might run, against the test.
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Ester Del'Rey
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Sam 17 Mar - 14:35
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Passer le portail, ne pas entendre de détonation, ça offre une certaine satisfaction. Mes pas se font entendre dans la ruelle et une fine pluie commence doucement à tomber. Un soupir s’extirpe de mes lèvres, je suis enfin sortie de tout ce bordel. L’alcool trouble encore ma vue à certain moment et le contre coup de l’excitation me laisse qu’une fatigue intense. Je sens mes muscles se contracter, ça m’oblige à ralentir, à me stopper au fond de la ruelle juste au niveau des poubelles. Une inspiration, puis une autre et le silence d’Ester qui devient de plus en plus pesant. Elle m’en veut pour ce que j’ai fait et ce que je vais faire, tant pis, je ne vais pas me priver de m’amuser un peu. Pour une fois que c’est moi. Quoi qu’il en soit, j’ai plus tellement de temps à perdre, la milice doit être dans l’établissement à fouiller tout en long et en large, à prendre les dépositions. Ester tu as été un peu trop gourmande ce soir, ça a failli nous coûter des plumes.

« Tu ne vas pas y aller quand même ? »

Ester a dû reconnaître le chemin que j’emprunte, celui de la maison dont les propriétaires sont en voyage. Les pirates doivent être là-bas et je suis franchement curieuse de voir ce qu’ils ont à me dire maintenant. Mon amie s’emporte déjà, ce n’est qu’un suicide à ses yeux, alors que pour moi, c’est une possible opportunité à saisir. N’était-ce pas elle qui nous avait mis dans la merde, qui avait voulu être trop gourmande ? Je ne faisais que poursuivre simplement son idée de base. Pouvait-elle me le reprocher ? Hors de question de passer par derrière, ou la porte d’entrée, je ne suis pas stupide. Je décide de passer par les toits, la pluie n’aide franchement pas ma démarche. Je m’accroche à la gouttière, m’appuie sur les rebords de fenêtre et hop je me retrouve en haut, ne reste plus qu’à observer aux différentes ouvertures pour cibler le nombre. Des voix se font entendre et je m’immobilise presque aussitôt.

« Ils partent ? »
« Il y en manque un.
»

Celui avec le regard sanguin, celui qui ne m’inspire absolument pas confiance, mais qui semble diriger. S’il reste, c’est qu’il nous attend, c’est qu’il pense que je lui ai donné rendez-vous. Est-ce qu’il à faux cependant ? Assise sur le toit, le regard perdu vers les silhouettes qui disparaissent. Je commence à m’interroger, Ester n’aurait-elle pas raison, ne faudrait-il pas renoncer ? Je ne suis plus seule, je n’aurai pas une troisième chance pour vivre. Quoi qu’il en soit je suis là, les cheveux humides, installés sur des tuiles qui font quelques petits bruits sous mon poids. Que faire ? Rester, partir, entrer ? Je finis par me déplacer, le temps de vérifier le nombre de personnes, je retrouve le corps endormi de Ruby et celui du serveur. Pourquoi garder les deux-là ici ? Bon, ma curiosité est piquée à vif, j’ouvre la fenêtre de l’extérieur, c’est une technique à prendre, mais à force de voir Ester faire, j’y arrive plutôt facilement. Je ne suis pas dans la même pièce que le géant, mais le bruit de l’eau m’indique sa présence. J’ignore encore ce que je fais là, pour négocier, vraiment ? Comme-ci Ester allait réellement prendre en considération la possibilité de rejoindre un équipage. Il faut avouer qu’utiliser des hommes ça pourrait être pas mal, des bons coupables alors qu’elle s’attaque à des plus gros poissons.

«Tu délires.. »
« C’trop tard maintenant
»
Elle sait que j’ai raison, je suis dans la maison, il doit être dans une pièce plus loin. C’est trop tard pour renoncer. Je m’installe sur une chaise déjà tirée, j’essaie de faire le moins de bruits possible, reste à savoir si c’est efficace ou non. Je croise les jambes, retire mon arme que j’arme et que je dépose juste devant moi sur la petite table où je viens d’appuyer mon coude. J’attends sagement que monsieur daigne sortir de sa petite cachette. Quand il daigne enfin faire suffisamment de bruits pour que je puisse situer sa position avec plus ou moins, je fais entendre ma voix, juste pour signifier ma présence. Si lui n’est pas fatigué, personnellement, le mélange d’alcool et d’excitation m’a mise KO. J’ai envie de perdre trop de temps ici.

- « Donc, tu allais me dire ce que votre petite bande de méprisables pirates pouvait m’apporter à moi ? Du moins, je crois qu’on en était exactement là. » fis-je d’une voix douce « Et tu m’expliqueras pourquoi tu t’es amusé à trimballer les deux nigauds, d’ailleurs, je suis surprise que tu es réussi à retrouver l’autre. »

Parce qu’elle-même ne l’avait pas vu et était partie du principe qu’il avait pris la poudre d’escampette pour éviter les problèmes. Vu l’odeur, en réalité il avait juste dû baigner dans son vomi. Un fin filet d’air s’était de nouveau échappé de mes lèvres. Un bref coup d’œil vers l’extérieur me permettait simplement de constater qu’il restait une heure ou deux, avant que l’astre ne se lève. Soit que peu de temps pour dialoguer, d’autant moins avant qu’Ester ne reprenne le contrôle de la situation.

- « Je ne suis pas très bonne joueuse » admis-je en le détaillant « Je dois avouer que je suis là uniquement parce que ton regard me parle. Ça ne suffira pas à me convaincre de faire équipe, alors, dis-moi, j’gagne quoi ? »



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Eylohr Lothar
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Lun 19 Mar - 16:02
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  • Il bailla aux corneilles sans aucune gêne, la fatigue commençait à se faire grande pour lui. Une journée harassante qui avait fait place à une soirée chargée en alcool et en rebondissements. Il brulait d’envie de s’affaler dans un hamac sur le pont du navire, et se cuver tout son soul. Mais il fallait encore travailler, le navire n’était pas encore déchargé et buller était inenvisageable. Néanmoins, il fut sorti de sa torpeur par une douce voix féminine qu’il avait déjà bien entendu durant cette soirée. C’était elle. Comment était-elle entrée sans qu’il n’ait pu l’entendre ? Elle avait déjà montré son habileté dans la ruelle quelques minutes auparavant… Peut-être avait-elle encore certains atouts dans son sac. Elle était entrée, et c’était placée dans la salle sans qu’il ne s’en doute. Très douée.


    - Et toi t’parlais d’mélanger nos corps d’vant un cadavre non ? Dit-il d’une voix sombre qu’il voulait caverneuse pour plus d’effets. Une bande méprisable hein ? C’que t’as raison ! D’Sousa, l’Cap’taine des pirates, c’forban capable d’fuir les autorités des deux continents et d’massacrer tous les connards sur son ch’min. T’t’imagine pas c’qu’on peut t’apporter.


    Il donna un léger coup de pied dans la jambe du serveur lorsqu’elle parla des deux zigotos assommés par l’alcool ou les coups. Pourquoi avait-il voulu les amener ? Car il avait une idée derrière la tête. Une idée qui était plutôt quitte ou double. Si elle répondait convenablement, elle pourrait les rejoindre et fournir un atout précieux pour ces barbares qui préfèrent détruire une porte plutôt que d’en crocheter la serrure. Avec elle dans leurs rangs, combien de coffres, combien de banques, combien de trésors tomberaient entre leurs mains ? Mais elle s’annonçait difficile en affaire et la convaincre demanderait apparemment énormément de temps, ou alors, des promesses alléchantes. Aussi, la rudesse légendaire du colosse devait faire place à un esprit plus tactique et malin. C’était beaucoup demander étant donner l’état de fatigue du géant, et l’alcool dans son sang.


    - T’es là qu’pour mon r’gard voleuse ? Dit-il de sa voix rauque qu’il essayait de faire enjôlée, autant qu’une voix rauque et grave pouvait l’être. Si c’pour ça, j’pourrais t’regarder tant qu’tu veux, voleuse, même d’vant un cadavre. C’que t’va gagner… Il se lève et s’étire pour réveiller son corps endormi. T’va gagner un moyen d’voir du pays, d’voler tous les coffres, toutes les banques, tous les navires marchands d’ce monde, et d’êtr’ protégée pour ça, voleuse. Tous l’or d’ce monde s’ra à dispo, et t’auras larg’ment ta part, parole ! T’s’ra protégée, et payée pour ça, c’pas beau ?


    Il insistait volontairement sur la notion d’or et de rétribution qui, apparemment, était l’argument qui intéressait le plus la voleuse. Mais elle n’était pas qu’une simple voleuse. Elle était intelligente et critique. Pas facile à entourlouper, mais crucial lorsqu’il s’agira de monter des coups de maître. Néanmoins, il n’oubliait pas le pourquoi de la présence des deux comateux. Pour la recruter, il fallait s’assurer de son sérieux et de sa totale allégeance. Si elle refusait… Il fallait s’assurer de son silence. Encore une fois c’était quitte ou double. Il s’avança alors légèrement vers elle, posant ses yeux sur l’arme qu’elle avait posée devant elle.


    - C’te flingue est chargé ? Demanda-t-il en indiquant l’objet de son interrogation d’un mouvement de menton. Pa’ce que t’va en avoir b’soin, qu’tu vienne avec nous ou non.


    Il s’adressa volontairement sur un ton menaçant. Il n’avait pas peur de prendre une balle, mais il voulait surtout montrer à quel point il était sérieux. Et sérieux, il l’était.


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Ester Del'Rey
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Lun 19 Mar - 19:49
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Penchant la tête en arrière j’avisais sagement le plafond de la demeure, sans porter attention au reste. Je faisais confiance à Ester pour me mettre en garde en cas de problème. La fatigue commençait doucement à gagner notre corps et le bâillement du géant n’arrangeait en rien la situation. J’étais venue plus par curiosité qu’autre chose, il fallait bien l’admettre, je n’avais rien derrière la tête. Hormis comprendre le comportement quelque peu particulier de celui qui me semblait être plus un Yamaany sans cervelle qu’un véritable homme de négociation. Ce n’était pas une critique, j’avais toujours été comme ça, impulsive, sanguinaire, c’était Ester la force calme du duo pas l’inverse. Quoi qu’il en soit le bougon avait fini par reprendre la parole et simplement pour paraître poli, j’avais relevé le visage pour l’aviser. Son regard n’avait pas changé, quoiqu’il avait l’air de faire un effort surhumain pour dialoguer.

« Tu penses vraiment qu’un sous fifre peut négocier
et faire autant de promesses ?
»

Ester me fait rire, elle avait beau être complètement opposé à tout ça, elle continuait à réfléchir, à chercher les avantages et les inconvénients. Là où, moi, je cherchais une aventure pimentée, des événements qui me feraient vibrer sans le moindre doute, elle, elle cherchait à trouver la faille qui nous apporterait suffisamment. Je commençais à me dire que voler était devenue une obsession, le genre de truc qu’elle ne peut pas s’empêcher de faire, peu importe le lieu où, la personne qui se trouve en face. Une sorte d’addiction. Je laisse échapper un soupir de mes lèvres, peu importe la raison de sa pensée, elle n’avait clairement pas tort. Je le laisse poursuivre, mettre un coup dans la jambe du serveur qui n’émerge même pas. J’ai dû y aller un peu trop fort avec le coup derrière la tête, je sens Ester qui s’en inquiète. Elle a beau dire ce qu’elle veut, j’sais bien que tuer c’pas son truc, j’dois faire un effort. Il me provoque, ou me fait une proposition indécente que mon esprit bien trop fatigué ne parvient pas entièrement à déchiffrer. Ça me fait sourire cependant, j’suis pas certaine qu’il soit aussi à l’aise dans ce domaine que ce qu’il laisse entendre.

« C’est que des paroles tout ça »
Il tchatche plus qu’une femme
»

Cette fois, je laisse échapper une quinte de toux qui n’a que pour objectif de camoufler un léger rire. Je ne sais ce qu’Ester me fait ce soir, mais elle me semble déchaîner. Je décroise les jambes, me penche légèrement en avant, croise les bras et le détaille avec beaucoup plus d’intensité, un léger éclair aux fonds des yeux. Jouer, jouer, jouer, il n’y avait à mes yeux que cela de vrai, ne fallait-il pas trop jouer sur cette corde, il n’était pas certain de sortir victorieux. J’étais presque déçue, il me menaçait encore, n’avait-il pas encore compris que je fonctionnais comme lui ? Nos regards ne parlaient-ils pas pour nous ? Pauvre petit Géant qui ne semblait pas comprendre tout en temps et en heure. Un sourire en coin, et voilà que ma voix se faisait plus douce, plus piquante aussi.

- « Allons, allons, ce n’est pas que ton regard qui m’intéresse chez toi, nous ne sommes plus des enfants. »
« Si jamais tu l’embrasses, je vomis. »
« Si moi je n’ai pas de goût, toi… c’est même plus notable.
»

- « Par contre, si je ne m’abuse, tu oublies plusieurs points… Le premier c’est que tu n’es pas en mesure de me recruter, tu le dis toi-même… Le navire il est à De Sousa. Donc c’est lui l’unique maître de son recrutement. » je laisse un léger blanc « Deuxièmement, c’est que l’établissement est à deux rues, et tu voudrais t’amuser à tirer ici, avec la milice pas loin ? » je lève donc un deuxième doigt « Troisièmement, c’est que finalement, j’ai aucune certitude que tout ce que tu me promets là, ton capitaine me l’offrira. » je laisse voir un troisième doigt « Alors, plutôt que de vouloir te suicider ou te faire attraper par la milice, dis-moi juste… Qu’est-ce qui te dit que ce n’est pas toi qui viens de tomber dans mes filets ? Après tout… » dis-je dans un sourire malicieux « Tu es dans la maison que je t’ai indiquée, tu ne sais pas à qui elle appartient, tu n’as aucune certitude que la milice n’est pas en route non plus. Qui te dit que c’est toi qui a encore les cartes en main ? »

Je me relève lentement de ma chaise, récupère mon arme que j’ai précédemment armée. Si j’ai envie de jouer évidemment, cependant pas au prix de nous renvoyer tout droit dans l’asile qu’Ester semble tant redouter. Alors qu’est-ce que je fais ? Je m’appuie contre le mur plus loin, je plie une jambe pour conserver un équilibre et je glisse délicatement l’arme le long de mes lèvres, jusqu’à la naissance de ma poitrine.

- « En réalité ce n’était pas tant les cadavres qui me plaisaient, c’était l’idée de voir du rouge partout… » fis-je honnête avant de le pointer avec mon arme, à cette distance, difficile de louper. Cependant la mise en garde de la milice reste entière, prendre le risque ou pas ? « Du coup, je pourrai te blesser toi et regarder ton nectar imbiber le reste de ta peau… »

Ça, ça me donne envie par contre, et ça éclipse presque la voix de la raison. Ester est silencieuse, observatrice, c’est encore plus inquiétant que lorsqu’elle parle. Dommage qu’on n’est pas plus de temps, je me serai bien amusée un peu. Du coup je le provoque purement et simplement, je fais mine de presser la détente.

- « Bang ! » ça serait tellement simple… « Alors, il est où ton capitaine ? Et votre bateau, vous restez longtemps en ville ? Et qu’est-ce qui te dit que je vais l’intéresser et pouvoir négocier toutes tes belles paroles ? Et pourquoi tu me veux tant dans ton équipage… Un coup de cœur inexpliqué ou la frustration de t’être fait voler par une femme ? »

Je laisse la dernière question planer dans l’air, un délicieux sourire sur les lèvres. Je ne sais pas ce qui m’attire inexplicablement chez lui, mais c’est intense, est-ce cette fascination pour le danger ? Il pourrait m’écraser avec une seule main, laisser ses doigts s’enrouler autour de mon cou et me faire suffoquer…. Ou alors c’est simplement par envie de contrarier Ester ?

« La deuxième option à mon envie. »
D’ailleurs, moi à ta place, je ne resterai pas là.
»

Je roule doucement les épaules, laisse un soupir et un bâillement s’échapper de mes lèvres. Mon regard s’arrête sur les deux corps plus loin, tuer un homme inconscient ou est le plaisir ? Où se retrouve la traque, la peur d’y passer…. Non tuer c’est tout un art, pas une activité de détente trop facile qui ne permet de ne rien ressentir.



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Eylohr Lothar
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Lun 19 Mar - 22:20
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  • La donzelle était joueuse, très joueuse. Trop joueuse. Elle réveillait en lui un désir aussi bestial que lugubre. Oh, non, se laisser aller aux affres des plaisirs charnels devant un corps ensanglanté suintant d’entrailles et empestant le la charogne ne l’excitait pas réellement. Ce qu’il aimait en revanche, c’était la domination, la violence, l’inconnu. Il aimait le sang au bout de sa hache, il aimait s’en imbiber le visage à grands renforts de coups. L’artère d’où jailli le sang, la veine qui coule en une rivière inépuisable d’un liquide gras, ferreux et collant, tout cela, c’était une passion pour lui. Il aimait se battre, il était né pour ça. Tuer n’était pas une nécessité pour lui, la violence, si. Et tuer ressemblait plus à une « cerise sur le gâteau » qu’un combat aura pimenté. Il aimait se battre. Il aimait tuer. Et il aimait faire souffrir. Combien de pauvres âmes d’infortunes ont finies leurs vies dans la cave humide de son habitation à Aildor, enchainés au plafond, subissant les coups et les blessures que le géant infligeait avec violence et sadisme.

    Il s’approcha de la demoiselle adossée au mur de façon provoquante et diablement attirante il fallait bien l’avouer. Tandis qu’il s’avançait vers elle, il la détailla de son regard océan, de ses yeux de biches jusqu’à ses hanches, s’arrêtant sur le bout de son nez, fin et gracile, ses lèvres enivrantes et sa poitrine à peine dévoilée. Il y avait du charme oui, mais il y avait aussi cette essence interdite et malsaine. Elle était malsaine, mais différemment de ce que la plupart des gens pensaient. Bien que rien ne soit consommé, elle enivrait le géant comme une bouteille enivrait le marin égaré.

    Il s’approchait inexorablement d’elle, et plus il approchait, plus il plantait son regard glacial dans celui de cette donzelle aux mille facettes. Sa barbe fournie masquait la grimace qu’il faisait. Il grinçait des dents à mesure qu’il s’avançait vers elle, et finalement, il vint en buter sur le canon de l’arme de la donzelle. Il n’affichait aucune peur. Sa respiration était lente et profonde, de toute sa hauteur, il toisait la donzelle sans rien dire. Seulement, il leva doucement sa main droite vers elle, effleura son cou et, sans semonce, enroula ses doigts autour de la frêle nuque offerte en pâturage. Il serrait doucement, mais un peu plus de secondes en secondes jusqu’à ce qu’il sente la respiration crépiter sous ses doigts, signe que la trachée avait suffisamment été oppressée pour que l’air ait un peu de mal à passer. Sa grimace se faisait plus grande encore. Il luttait intérieurement contre l’envie de tordre le cou de cette frêle créature. Sa respiration était plus grande, plus profonde.

    Il prit à son tour un de ses revolvers, le passa doucement le long du buste d’Ester, sur le côté de sa poitrine et jusqu’à la commissure de ses lèvres. Sans jamais détourner le regard, il tapota légèrement le canon sur la joue de la donzelle, tandis qu’un petit sourire en coin déformait la grimace de lutte qui animait toujours son visage.


    - C’que t’sais pas voleuse, c’est qu’c’est moi l’second du navire Dit de sa voix rauque et calme, raisonnant alors dans une vibration étonnante. C’moi l’bourreau du navire, c’moi qui protège l’cap’taine. Alors tu vois, c’bien l’bateau du cap’taine d’Sousa, mais j’suis c’lui qui bosse juste en d’ssous d’lui. Garde ça en tête, voleuse. Et si c’mon sang qu’tu veux, viens m’chercher voleuse.


    Il serra un peu plus son emprise sur la gorge de la donzelle, s’approcha d’elle furieusement et s’éloigna tout aussi vite, enlevant son emprise sur elle et reprenant le chemin des deux endormis. La milice ? Pour ce qu’il en avait à faire ? Mais elle avait raison… Ils n’avaient certainement pas encore fini de prendre les dépositions, mais la disparition de deux serveurs avaient certainement mis la puce à leurs oreilles, certains devaient alors commencer à chercher aux alentours. Un coup de feu, surtout de son revolver ou de son fusil, les rameuteraient à coup sûr. Aussi, fallait-il être discret.

    Eylohr remit son revolver dans son holster en cuir, sur sa poitrine et dégaina son couteau. Lentement, la lame de 40cm de long et de 6cm de largeur sortit du fourreau de cuir et d’acier en un son cristallin, celui d’une lame équilibrée frôlant l’acier avec finesse. Empoignant le pommeau à pleine main avec force, il se plaça à côté de Ruby.


    - C’qu’on reste jamais trop longtemps en territoire Daënars, ni chez les mages Dit Eylohr. C’trop chaud parfois. Donc on s’ra r’parti dans que’qu’jours seulement. Et t’inquiète pas, y aura pas qu’tes compétences qui l’intéresserons voleuse.


    Un coup de cœur ? Si seulement il en avait un de cœur. La dernière femme à avoir réussi à transpercer cette carapace de glace et de violence connu un destin funeste. Depuis, plus personne n’avait réussi cet exploit. Jamais. Un coup de cœur… Après tout, une femme de se gabarit, avec cette lueur diabolique et malsaine, c’était rare. Il avait connu des raclures, des tueuses, des psychopathes, des folles furieuses… Mais des diaboliques comme elle, parfois si innocente comme en début de soirée, c’était la première fois. Et cela lui plaisait énormément, pour sûr.


    - C’pas un coup d’cœur qu’j’vais t’faire s’tu continu comme ça voleuse Dit-il en pointant son poignard vers elle, malgré la distance. C’sera bien moins doux qu’ça. Alors, voleuse, t’veux rester et détrousser des larbins, ou d’venir riche et puissante ? Avec tout l’sang qui aura en plus. Mais faudra montrer patte blanche donzelle, et pour ça, Y a qu’un moyen d’te croire.


    Il se pencha sur le Ruby qui ronflait par intermittence, dans des gargouillis ineptes, l’odeur de l’alcool et du vomi fumant autour de lui. D’un geste fort, il retourna le pauvre somnolant qui se retrouvait maintenant sur le dos, prit une bonne poignée de cheveux, souleva le corps inanimé vers lui qui prit une posture grotesque et plaça la lame sur sa gorge, le tranchant parfaitement orienté. Au moment ultime, Eylohr releva la tête et avisa la voleuse hypnotisante, et, avec un sourire sadique, lui dit d’une voix sombre et lugubre :


    - C’ra l’sang, l’seul moyen d’te croire.


    Il décrivit alors un premier geste avec la lame, plaçant celle-ci tout à gauche de la gorge de Ruby. Puis, il appuya avec force, et fit le tour de la gorge avec la lame. Le saillant s’enfonça dans la gorge comme un couteau s’enfoncerait dans du beurre. La lame sectionna les vaisseaux, la trachée et s’enfonça sur presque la moitié de l’épaisseur de la gorge de Ruby, offerte en offrande. La lame traversa donc la peau et les structures organiques tandis que le sang perlait déjà sur elle. Elle ressortit de l’autre côté de la gorge, tout à droite, ramenant avec elle de nombreuses gouttes de sang qui perlèrent du pointu de la lame sur le tapis. Le corps retomba par terre, dans des soubresauts pathétiques, tandis que le sang jaillissait des artères, et coulaient en d’abondantes rivières depuis les veines. Le pauvre Ruby se vida de son sang sur le tapis, et bientôt, des litres de ce liquide carmin gorgèrent le tapis, le parquet et coulaient sur le sol jusqu’à l’épuisement des réserves. Le corps du serveur en était déjà imprégné.

    Eylohr se releva avec dans les yeux cette lueur froide et horrible de celui qui aime la mort lorsqu’il la distribue lui-même. Il avisa Ester tout en restant immobile et, après quelques secondes d’un silence glaçant, il tendit le couteau vers, le tenant seulement entre deux doigts, offrant le pommeau.


    - A ton tour, voleuse. L’serveur t’attends.


    Allait-elle relever l’épreuve, ou serait-elle une femme comme une autre, avec plus de paroles que de jugeote, et dont le courage résulte seulement dans l’alignement de mots les uns après les autres, sans qu’aucun acte ne viennent ponctuer ses dires ? Eylohr attendait, les yeux emplis d’une sombre fureur, un mince filet de sang sur ses lèvres et sa joue qu’un jaillissement rebelle aura réussi à atteindre. Il attendait, froid comme la mort.


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Ester Del'Rey
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Mar 20 Mar - 16:55
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Je le regarde s’approcher avec cette intensité glaciale au fond des yeux, froide, sombre et une multitude de frissons vient animer mes bras, mes jambes et remonter le long de ma colonne vertébrale.  Ce n’est pas de la peur, du moins je ne l’identifie pas comme ça, loin de là. C’est de l’excitation du plaisir, l’envie de succomber à un duel sans limites, à provoquer la loi du plus fort ou du plus intelligent, du plus sadique –parce que le plus fort, clairement, on sait déjà qui l’emporte-. On dirait clairement un Muursüld en cage, une bête féroce dont je suis la proie et ça ne me déplaît pas. Il vient déposer une main sur ma gorge, notre gorge pour serrer petit à petit jusqu’à que l’air manque. Au-delà de l’aspect plaisant, de sentir son corps lâcher prise, étape par étape, de sentir notre cœur s’emballer signe qu’on est toujours en vie et qu’on a toujours envie de vivre, il me procure la réelle sensation d’être en vie. Peu importe la manière dont il s’y prend, je n’arrive pas à avoir peur, parce que j’ai la certitude au fond du ventre qu’il ne me tuera pas. Je manque d’air oui, je sens le canon de son arme flirter avec ma peau le long de mes côtes, de ma poitrine puis venir caresser mes lèvres. Si je pouvais, j’aurai très certainement lâché un soupir d’aise, mais l’absence d’oxygène commence doucement à se faire sentir. Ma vision devenait légèrement floue, sans que la moindre flamme de peur se glisse dans mon regard, toujours cette étincelle d’envie, de sadisme, de violence. Avais-je vraiment faux ? Me tuerait-il, alors qu’il n’avait qu’une idée en tête me convaincre de le rejoindre ?

« Tu veux vraiment aller jusque-là pour le savoir ? »

Ester, sa voix me paraît lointaine, comme un murmure. Mes doigts sont toujours sur la gâchette, il suffirait d’un tir dans son entrejambe et je serais certainement de pouvoir partir, de reprendre mon souffle. C’est ce qu’elle voudrait, je sens la pression de sa volonté sur le poids de l’arme, comme une insistance, un souffle de vie omniprésent. Il avait finalement repris la parole, pour souligner qu’il était second, nous y étions donc. J’avais réussi à le piquer dans son orgueil, il n’aimait pas être rabaissé à un moins que rien. Second ou pas, cela ne changeait rien à mes yeux, il n’était pas à même de décider seul du recrutement. J’ai dû parvenir difficilement à afficher un maigre sourire sur mes lèvres, purement provocateur, il se justifiait bête d’un titre. C’est que cela devait avoir de la valeur à ses yeux. Après avoir réalisé une nouvelle pression sur la peau de mon cou, laissant des marques visibles, rougeâtres. Il avait fini par me relâcher, rangeant son révolver et dégainant une dague, légère, mais à première vu de qualité. S’éloignant de moi, j’en profite pour reprendre ma respiration, récupérer des couleurs plus vivantes. Une légère quinte de toux, c’est tout, mais aucun doigt ne vient effleurer la marque qu’il avait laissée sur ma peau.

« Comment tu peux apprécier ce type ? TIRE »

Il était à présent à côté de son propre équipier, difficile de ne pas imaginer ce qu’il allait faire. Il parlait de coup de cœur, fallait-il toujours que ce soit positif. Avoir un « coup » il y a bien le mot « coup » non ? Quoi qu’il en soit j’écoute sagement ce qu’il raconte, la présence du bateau, le fait de voyager tout le temps, de ne pas rester sur place, c’est logique, n’importe qui devrait s’en douter ? J’hausse doucement les épaules, tout en conservant ma position initiale. Je l’observe, je le surveille, Ester commence à comprendre aussi la raison des deux personnes ici. Elle ne va pas tarder à s’offusquer, pourtant, je n’ai pas l’impression d’avoir le choix. Même en choisissant de ne pas rester, il va falloir faire couler un peu de sang. Je vais me retrouver seule, ce n’est pas envisageable pour Ester, elle risque de nous faire entrer en état de choc alors… Autant qu’elle s’éclipse. Devra-t-elle apprendre à s’endurcir petit à petit.

- « Qui a dit qu’un coup de cœur était forcément quelque chose d’agréable ? »

La suite fut d’une imparable logique, pour moi en tout cas, il égorgea son collègue sans le moindre scrupule, sans le moindre remord, sans le moindre applicage de toute forme d’art. L’homme s’était effondré sur le sol recouvrant de sa précieuse substance vitale le tapis et le plancher. L’odeur cuivrée avait presque pris possession au même moment des lieux. Pas de dégoût, pas de forme de passion non plus dans mon regard, pas d’excitation, je trouvais ça lâche, inutile. Pitoyable. L’homme n’avait pas pu se défendre, il n’avait pas pu essayer de fuir ou de tuer son adversaire, aucun risque, aucune sensation agréable pour avoir envie de tuer, vraiment. L’espace d’un instant, j’ai osé espérer voir se relever Adrien, le voir hurler, essayer de prendre la poudre d’escampette, mais rien. Malgré le fait d’être recouvert de la substance chaude, il resta inconscient, les mouvements de son ventre régulier. L’égorgement était toujours un fait marquant et malgré l’absence d’Ester, mon ventre s’amusait à faire quelque rond. Pensait-il sincèrement que j’allais tuer quelque juste pour la forme ? Non. Immobile je regardais l’arme qu’il me tendait, c’était presque amusant de s’imaginer que la population était restée si archaïque.

- « Parce que là, tu as pris du plaisir ? » questionnais-je « Juste en enfonçant une lame dans un corps qui ne se défend même pas ? » je le regardai d’une manière froide, perplexe « C’est pitoyable. »

Tellement pitoyable. La déception avait teinté ma voix, il était simple d’imaginer tout une mascarade, toute une chasse à mettre en place sans arriver à tuer, non, ça, ça devait toujours être la finalité pas le commencement. Je finis par me décrocher du mur, rangeant mon arme. Je n’ai clairement pas envie de perdre mon temps ici ni de m’amuser de cette manière-là. J’avance vers les escaliers qui mènent vers le bas et donc la cuisine. Quand je passe devant le géant et la marre ensanglanté je m’applique à ne pas marcher dedans, histoire de ne pas faire d’emprunte.

- « Ne bouge pas. » Fis-je bêtement, avec une intonation qui allait plus vers l’ordre qu’autre chose.

Une fois en bas, j’avais deux choix, partir et le laisser comme un con à l’étage, ou remonter et mettre en place la scène que je venais d’imaginer. Ester voulait partir et moi remonter pour terminer tout ceci convenablement. Faire couler la précieuse substance rouge inutilement, c’était déprimant. J’ouvre les tiroirs et recherche un couteau semblable à celui utilisé, évidemment, c’est complexe à trouver, la sienne semble spécifique. Quand j’trouve enfin mon bonheur, je remonte. J’avise une nouvelle fois le grand homme d’un regard froid, presque inhumain. Prendre du plaisir bêtement comme ça, non, vraiment, je ne comprenais pas. Je conserve la lame entre les dents, je la retire juste pour sectionner un doigt, l’index. Il était mort, il n’allait plus hurler. Je trempe sagement le doigt dans le sang et je viens écrire en gros, du moins d’une taille convenable sur le mur : « Aidez-moi ». Idéalement il fallait que ce soit visible de la fenêtre, sans quoi, ça n’a pas d’intérêt. J’ignore complètement le pirate, je suis concentrée, j’apprécie les belles présentations. Ensuite ? Je retire mon haut mes bottes et mon pantalon, hors de questions de sortir avec du sang partout. Je plie soigneusement le tout pour le déposer sur la table, ensuite j’agrippe le corps pour le redresser légèrement. Je déplacement également Adrien, je le mets contre le mur derrière, le cadavre contre lui, je redresse sa main et je glisse le couteau dedans.
Ma peau pâle est ponctuée par le liquide pourpre, ce qui ne me gêne aucunement, en repassant devant le géant, je m’autorise une petite marque, je glisse un doigt sur le sang au sol et passe mon pouce ensanglanté sur ses joues de façon à faire deux traces barbares.


- «  Le rouge te va bien ? On te l’a déjà dit ? »

Je redescends, en faisant attention de ne pas mettre des empreintes de pas partout, je récupère des bouteilles d’alcool anciennes. En réalité ça n’a pas d’importance, je vais vider le tout dans un coin, puis je remonte pour disposer les bouteilles autour d’Adrien. La mise en scène macabre étant terminée, je me frotte les mains, récupère une serviette dans la salle d’eau plus loin pour retirer le sang un peu partout. Je reviens dans la salle principale pour remettre mes affaires.

- « Je ne m’amuse pas à tuer un homme ou une femme qui ne va même pas se défendre. Ce n’est pas plaisant, pas excitant. » Fis-je naturellement un peu essoufflé « On devrait partir… Enfin de toute façon, il sera hanté toute sa vie pour son réveil et sera même persuadé d’avoir tué ton… ancien compagnon. »

Je réajuste mon arme dans mon dos. Le regarde un peu plus froidement.

- « Ton pacte du sang, c’était bon pour les années précédentes. Si toi et ton capitaine vous voulez faire affaire avec nous, ça sera basé sur la confiance, sur le donnant, donnant. » j’affiche un bref sourire, je sens Ester qui est satisfaite « J’viendrais vous voir si le bateau, avant votre départ, si je suis intéressée tout du moins. »

« Merci Ellen… »




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Eylohr Lothar
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Mar 20 Mar - 19:08
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Profession : (Officielle) : Pirate.
Pérégrins -2
  • Eylohr tendait son poignard, pommeau vers elle, et attendait sa décision. Il voulait tester la demoiselle de bien des façons, car il y avait en elle cette étincelle, cette sensation étrange qu’il n’avait que rarement vu. Il se sentait plus proche d’elle que de n’importe qui d’autre, ou presque.

    Eylohr avait changé depuis son départ d’Aildor. Le forgeron, guide d’expéditions en Khashin, avec un gros problème caractériel qui tuait, certes, mais pas avec la même avidité, devenait aujourd’hui un corsaire endurci, un pirate, que plus de sang ne faisait que sombrer dans un appétit insatiable. Se battre avait toujours été un mode de vie pour lui, qu’un environnement hostile comme celui d’Aildor avait su rendre obligatoire pour quiconque voulait y vivre. La vie en mer, les combats, les pillages, les abordages, toute une vie qu’il ne connait pas jusqu’alors et qui avait fait naître en lui ce besoin de puissance, de furie, de sang. Et rien ne pourrait le ramener en arrière, pas même lui, s’il en avait la volonté.

    Ester, ou plutôt Ellen, mais cela Eylohr n’en savait rien car pour lui il ne s’agissait que d’une seule et même entité, se montrait aussi revêche qu’inattendue. Elle n’était ni impressionnée, ni effrayée par tout ce sang, par cette mort cruelle affligée à un individu qui, jusqu’à cette mise à mort, était un collègue d’infortune du bourreau géant. Pitoyable, avait-elle dit pitoyable ? Peut-être, pour quelqu’un qui ne connaissait rien aux habitudes des pirates. Ruby avait été trop bête pour pouvoir être un atout lors de cette soirée, il en payait le prix. Ce n’était pas le premier incident d’ailleurs. Mais toujours est-il que cette donzelle piquait un peu plus encore la curiosité d’Eylohr par sa froideur, sa passivité et encore et toujours cette petite lueur glaciale dans ses yeux.

    C’était à son tour de faire son spectacle. Eylohr tendait toujours le poignard alors qu’Ellen passait à côté de lui, intimant l’ordre de ne point bouger, avant de disparaître. Quelle folie, qu’est-ce qu’il lui prenait ? Depuis quand est-ce qu’elle aurait une quelconque autorité sur lui ? Elle ne le voyait, mais une sensation inconnue se remuait dans ses entrailles. Cette sensation profonde, que l’on ressent lorsque la contrariété s’empare de nous, lorsque la colère anime nos cœurs, lorsqu’une situation nous échappe et nous foudroie. Vous voyez cette sensation ? Le cœur qui s’emballe, une sueur froide qui perle le long de votre nuque, de votre colonne vertébrale, qui anime chaque parcelle de votre corps jusqu’au moindre cheveux qui se dresse sur votre tête. Eylohr était en ébullition. En lui, l’envie d’écraser cette donzelle commençait à poindre avec insistance. Il était là, sa lame de nouveau à pleine main, serrant le manche comme pour faire oublier sa colère.

    Il regardait la donzelle dans sa démarche sordide, un spectacle macabre que même lui n’arrivait pas à comprendre. La seule chose qu’il comprenait en revanche, c’était qu’elle était comme lui. Elle était aussi fourbe, aussi violente, aussi froide que lui. Le désert glacial de Khashin et les températures polaires n’étaient rien en comparaison de la froideur qui régnait dans leurs regards. La seule source de chaleur fut lors du déshabillage de la demoiselle. Elle n’avait rien à envier à la plus belle des mannequins, et visiblement, rien non plus à envier à la plus pulpeuse des femmes. La différence de gabarit cependant laissait planait une aura de doute. Si ces deux corps venaient à se mélanger devant un cadavre, comme elle avait si bien sur le dire, on ne pouvait se demander ce qui arriverait à cette donzelle face à un monstre de ce gabarit. Il la tuerait à coup sûr, rien qu’en se couchant sur elle.

    Et il manqua de laisser libre cours à sa fureur bestiale lorsqu’Ellen passa ses doigts ensanglantés sur sa joue déjà marquée par l’éclaboussure carmine provenant de la gorge de Ruby. Cette attitude était aussi excitante et aussi… Folle que lui pouvait l’être. Pour seule réaction, il serra encore plus son emprise sur le poignard et une grimace déforma son visage.


    - Viens sur l’navire, voleuse, et t’verras à quel point l’sang m’va bien Dit Eylohr en faisant référence aux combats qu’il a mené en mer aux côtés du célèbre Pedro De Sousa, où le sang à profusion maculait son visage aussi rouge qu’un démon des enfers.


    Pour sûr qu’le rouge lui allait bien au teint. Et il l’avait déjà montré une paire de fois. Les aléas des combats, de ses blessures, des coups qu’il portait, de sa fureur que plus de sang et plus de morts alimentaient comme une source infinie de pouvoir et de puissance, c’était sans doute tout cela qui avait provoqué ce changement dans la personnalité d’Eylohr. A Aildor, on tue pour le business, pour l’utilité publique, pour les affaires. Aujourd’hui, il tue pour sa réputation au sein de l’équipage, il tue pour satisfaire ses bas instincts, car chaque combat est le catalyseur du prochain, chaque mort est l’initiateur du suivant. Un engrenage où l’humanité n’a plus sa place.

    Elle se rhabille, explique sa vision des choses, combien il est pitoyable de tuer une personne sans défense. Elle ne comprend pas. Le combat, c’est un art en soit, c’est un tout qui ne se solde pas la mort, certes, mais la mort… Ce pouvoir quasi divin, cet ultime évènement qui termine une vie, ça, c’est ce qui donne le trippe ultime. C’est ça, qui donne cette sensation de pouvoir, ce frisson incontrôlable qui secoue tout un être qu’importe sa robustesse. Eylohr n’avait plus les boyaux retournés depuis longtemps, mais chaque meurtre était comme cette décharge d’adrénaline qui, une fois passée, nous donne envie de recommencer. Une montagne russe, difficile à empruntée mais qui, une fois le tour terminé, donne envie de recommencer. Il voulait lui expliquer, mais visiblement, toute cette mascarade servait à indiquer la fin de cette entrevue. Le jour se pointe à vitesse grand V, et Eylohr a perdu le peu de patience qu’il avait encore.

    Il regarde donc la donzelle se préparer, l’invectiver de ses dernières paroles. Elle viendra sur le navire, si elle désire travailler avec eux. Elle… Nous ? Nous ? Comment ça nous ? Eylohr ne comptait pas partir avec elle, alors pourquoi avoir utiliser de nous ? Le serveur allait servir de bouc émissaire, il ne ferait donc pas parti de ce « nous » qu’elle vient de dire. Bizarre… Vous avez dit bizarre ? Eylohr s’approche alors d’elle, son couteau toujours en main, une grimace de colère difficile à contenir sur le visage.


    - Bien Dit-il d’un ton grave, comme un le glas ultime.


    Il rangea son couteau dans son fourreau, à sa jambe droite, se dirige vers le canapé en évitant de patauger dans le sang, et s’affale dans le canapé. Que va-t-elle faire encore avant de partir…


Let the night come, before the fight's won,
Some might run, against the test.
But those that triumph, embraces the fight's cause,
Their fear then proove that courage exist.
Hope.


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Ester Del'Rey
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Mar 20 Mar - 21:49
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Sa proposition ne tombe pas dans l’oreille d’une sourde. D’ailleurs, j’ai du mal à saisir toute l’étendue de la phrase, je ne sais pas si c’est l’alcool qui endort définitivement mon cerveau ou si c’est simplement que le sens des mots à plusieurs définitions. Je termine de boutonner ma chemise, doucement dos à lui. Je ne regarde plus une œuvre une fois qu’elle est réalisée, cela ne sert plus à rien. Comme un artiste devant une toile, réajuster les détails serait entacher l’œuvre, sortir de l’inspiration du moment. J’roule doucement des épaules, Ester commence lentement à faire son apparition dans mon esprit. Sa voix tremble, son écœurement envahit l’arrière de ma bouche et je sens ma gorge qui se crispe. Elle est définitivement trop fragile, je vais devoir l’entraîner un peu. Sinon à la moindre complication, elle va nous faire poser une galette sur le plancher. Heureusement, pour l’instant, on arrive encore à alterner, à laisser suffisamment de marche de manœuvre et à l’autre, mais je ne suis pas certaine que cela sera toujours le cas. Il me faut un souvenir, c’est o.b.l.i.g.a.t.o.i.r.e.

« Pas de sang, pas de cheveux c’est imbibé de sang. »

Voilà la rabajoie qui recommence à parler, pas de cheveux, pas de doigt blablablabla. Ok, ok ! J’vois le genre, madame est fragile de l’estomac. Je retourne dans la salle de bain pour enfouir la serviette que j’ai utilisée dans mon petit sac, je termine de m’habiller, pantalon, botte tout ça. Je remonte mes cheveux en une queue de cheval haute. Je reviens dans la pièce, il s’est installé sur le canapé. Je le détaille un long moment, j’ai qu’une envie partir, mais pas aussi vite, pas comme ça. Je laisse mon regard de nouveau vagabonder sur le corps et Adrien qui ne semble toujours pas vouloir se réveiller dommage. Rien de rien à chiper, absolument rien et Ester ne me cède pas pour les cheveux.

« Tu as toujours la pipe.»
« Non mais j’vais pas… »
«Non sa pipe à herbe. »

Très bonne idée ma petite Ester, très bonne idée. Je m’approche doucement de lui, jusqu’à m’installer sur l’accoudoir, je le détaille du coin de l’œil, un instant, en réalité, ce temps n’est pas là pour lui faire du rentre-dedans, mais bien pour trouver l’objet de mes désirs. Je fini par me relever doucement, une fois mon plan parfaitement à l’esprit. Je m’approche de nouveau de la petite flaque de sang, qui commence quelque peu à coaguler, plonge un doigt pour venir me faire un joli rouge à lèvres.

- « J’ai hâte de voir ça… Tiens, d’ailleurs…donne-moi un indice, sur votre position… On va voir combien de temps je mets à vous retrouver »

Je m’arrête de nouveau juste devant lui, face au canapé me penchant quelque peu pour venir me mettre au niveau de ses yeux. Il me déstabilise autant que je le déstabilise, en tout cas, c’est l’impression que j’ai. Je dépose une main sur son épaule, je laisse mes doigts découvrir sa musculature importante, sans jamais détourner mon regard de son âme glacial que je perçois à travers ses prunelles.

- « Juste un indice ou deux si tu as peur que je te manque trop… » je laisse un très léger sourire alors que je m’approche un peu de son visage « D’ailleurs, je ne te connais pas ton p’tit nom. »

Je reste à un cm de ses lèvres, mes doigts continuent ce petit picotement sur ses muscles, bras, torse, tout y passe. De façon parfaitement souhaitée, je viens mordre mes lèvres ensanglantées, laissant un murmure simplement s’extirper de mes lèvres quand il a terminé sa réponse « Toi tu vas me manquer ». Puis je viens joindre mes lèvres aux siennes avec plus ou moins de profondeur en fonction de la réponse que j’obtiens, j’insiste sur le même jeu de mes doigts, pour habituer son corps à sa présence, ce qui me permet de lui piquer sa pipe plus ou moins ni vu ni connu que je viens glisser dans mon dos, en contrepartie de ce petit emprunt –que je n’ai aucune l’intention de rendre- je glisse ma petite culotte fraîchement enlevée de tout à l’heure, lorsque je me suis rhabillée. N’ai-je pas parlé d’une notion de donnant, donnant ? L’art du vol, attirer l’attention sur un point, pour mieux usurper de l’autre, oui… C’est de la magie. Je ne sais pas réellement dire si c’est lui ou moins qui interrompt l’échange, mais il finit par se stopper naturellement. Je m’éloigne, parce qu’il me force ou naturellement aussi, je ne suis plus très certaine.

« L’élève va finir par battre le maître »

C’était tout, j’étais à quelque pas de lui, j’avais fini par m’éloigner pour m’approcher de la fenêtre par laquelle j’étais entrée. L’ouvrant délicatement, je pivote une dernière fois pour l’aviser. Peut-être avait-il quelque chose à ajouter, ou simplement pour lui offrir un dernier goût de provocation. Quoi qu’il en soit, il n’y avait aucun doute que la découverte macabre que ce soit par les propriétaires rentrant dans la matinée, ou par Adrien ferait parler d’elle. Un fin sourire avait de nouveau illuminé mes traits. Fatiguée, je l’étais de plus en plus. L’alcool avait fini par s’estomper, très légèrement tout du moins. M’offrant encore un léger moment d’inconscience.

- « Au plaisir de te revoir, géant… D’ailleurs, presse-toi de partir, les propriétaires rentrent ce matin. »

Un petit rire et je disparaissais par la fenêtre pour emprunter les toits. La soirée et la nuit s’étaient écoulées particulièrement vite. Ne me restait plus qu’à dormir une journée entière, avant de revenir récupérer dans quelques jours les objets volés à la taverne.

~

Le lendemain, la découverte macabre faisait les gros titres, je l’avais entendu de la bouche de l’enfant qui vendait les journaux « Un serveur pille une taverne puis tue un pirate ». Finalement tout finissait toujours par se savoir, la soirée avait donc été plus que parfaitement.




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Eylohr Lothar
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Jeu 22 Mar - 16:06
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Profession : (Officielle) : Pirate.
Pérégrins -2
  • Assis sur ce canapé confortable, Eylohr sens alors toute la fatigue l’envahir. L’euphorie du moment suivant ces instants sanguinolents s’estompait comme une brise chaude faisant place à un souffle hivernal que quelques frissons tenteront de réchauffer. Fourbu, ses paupières se faisaient lourdes et la perspective d’une nouvelle journée de travail harassant le fatiguait d’autant plus. Il zyeuta la scène macabre qu’il ne captait toujours pas. Pourquoi autant de mal pour une scène de crime ? Il y avait des empreintes, le sang coagulant trônant au milieu du salon tandis que les deux corps se trouvaient d’un autre côté de la salle.

    La seule chose positive qu’il avait retenu de cette histoire c’était la vision de cette donzelle dans le presque plus simple appareil. Il avait baladé ses yeux à n’en plus finir sur ses formes tandis qu’elle, n’en avait absolument rien à faire. Elle étant transportée. Maintenant, il était fatigué.

    Et que fais-t-elle ? Elle s’approche, humecte ses doigts du liquide carmin coagulant, s’en imprègne ses lèvres en un maquillage funeste et continue son petit spectacle. Elle veut jouer. Mais si elle tentait de les retrouver, et qu’elle faisait face aux affres des combats navals, le sang qui maculerait alors Eylohr, la fureur dont il serait transit, la mort qu’il sèmerait… Elle ne serait jamais prête, jamais. Et sa « hâte » se transformerait en une peur, et à raison.


    - A ton avis, voleuse, où peuvent s’trouver des pirates ? L’drapeau noir s’porte pas tout l’temps quand on r’cherche la terre. T’es moins futée qu’j’le pensais.


    Il la titillait volontairement. Il voulait lui aussi laisser une marque en son esprit comme elle l’avait fait dans le sien, même s’il ne l’avouerait sans doute jamais. Orgueil, fierté quand vous nous tenez. Mais semble ne pas avoir fini avec son petit jeu. Elle s’approche. Elle caresse. Elle passe ses doigts le long de sa musculature, baladant depuis l’épaule jusqu’à la poitrine et le torse en passant par les bras et les côtes. Et toujours son regard planté dans le sien. Un regard froid, que seul le géant peut connaître avec autant d’exactitude. Elle lui parle de sa voix presque mélodieuse pour le coup, que l’instant rendait énigmatique. Son nom… Son nom...


    - Appelle moi l’géant du froid, voleuse. Dit-il d’une voix rauque qu’il voulait raisonnante comme une contrebasse. Il déplace son bras gauche tandis qu’elle se trouve à quelques millimètres de ses lèvres, agrippe une fesse à pleine main et décroche un sourire en coin. Ouai, t’va m’manquer, voleuse.


    Tombe-t-il sous le charme ? Ou rentre-t-il dans son jeu ? Même lui ne le sait pas, la fatigue pèse un peu trop sur son esprit. Une part de lui est évidemment séduite par cette personnalité si unique et forte mais un autre reste à distance, juste au cas-où. Ce… « nous » était toujours encré dans son esprit. Et la femme qui les avaient servis plus tôt était différente de celle qui était en train de l’embrasser de ses lèvres ensanglantées. Elle était intrigante, presque inquiétante même. Il ne sent rien d’autre que sa caresse, ses lèvres sur les siennes, et sa main trop occupée avec son fessier. Ce baiser était aussi bizarre que la femme qui s’en occupait. Il semblait calculé, mais également désiré. Il semblait camouflé et en même temps voulut par les deux partis. Eylohr laissait même quelques barrières s’abattre tandis qu’il rendait enfin son baiser à cette femme intrigante. D’abord impassible, il mit alors du sien et embrassa à son tour la donzelle, dont il mordilla les lèvres avec une certaine douceur – douceur toute relative, la puissance du colosse ne résultant pas que dans ses bras – sans faire couler de sang cette fois. Mais il reprit l’initiative, poussa la donzelle de sa main qui glissa de ses fesses jusqu’à la crête de son bassin sur laquelle il pouvait exercer une poussée afin de l’éloigner, éloignement favoriser par une attitude de nouveau aussi renfermée qu’une huitre, un regard arctique irradiant les yeux de la femme. « Toi tu me manqueras » avait-elle dit… Etait-ce sincère au moins. Impossible de faire confiance à qui que ce soit de toute façon.

    Elle s’éloigne ensuite de son plein grès, libérant les mains du colosse dont une passa sur ses lèvres qu’un peu de sang avait maculé. Le goût de fer de cette substance à base d’hémoglobine imprégna la langue d’Eylohr et un léger sursaut de fureur se saisit de lui. Il fallait partir, les propriétaires rentreraient bientôt. De toute façon, il ne comptait pas s’éterniser.

    Elle disparut par la fenêtre, ses pas sur les tuiles disparaissant en quelques secondes tandis qu’Eylohr était toujours là, à regarder la scène. Il ne comprenait rien à ce petit jeu macabre auquel elle s’était donnée, mais une chose était sûr, il était piqué au vif. Elle avait eu un plan, lui, avait la colère du moment que le sang avait catalysée. Il se releva, prit son épée à sa ceinture, se plaça de côté et, au moment où le serveur commençait enfin à émerger, asséna un coup sur sa gorge avec force. La lame trancha l’ensemble peau-organe-vertèbre sans le moindre problème et alla se ficher dans le mur derrière. Doucement, la tête glissa, les yeux du serveur étant exorbités, et roula finalement sur le sol pour finir prêt de la table basse. Il agrippa enfin le corps de Ruby, et d’un geste fort – qui fut permis autant par l’incroyable force physique d’Eylohr que par le faible poids de Ruby – fit voler le cadavre vidé de son sang jusqu’à la sortie du salon, presque dans la cuisine. Il le traine par le pied, attrape deux couteaux de boucher qu’il trouve dans la cuisine, plaque le corps au mur et le transperce à la gorge et à l’abdomen, la lame rentrant profondément dans le mur, épinglant le pauvre corps comme on épinglerait un tapis au mur.

    Puis il sort, croise une patrouille au bout de la rue, les soldats le dévisagent mais aucune altercation ne survient. Il reprend le chemin du navire et entame sa journée de travail, le visage blêmit par la fatigue d’une nuit compliquée.


Let the night come, before the fight's won,
Some might run, against the test.
But those that triumph, embraces the fight's cause,
Their fear then proove that courage exist.
Hope.


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