Revenir en hautAller en bas
Chroniques d'Irydaë
Bonjour, et bienvenue sur les Chroniques d'Irydaë. Déjà inscrit ? N'attends plus, et connecte-toi dès maintenant en cliquant sur le bouton "Connexion" ci-dessous !

Vous êtes nouveaux, que ce soit sur ce forum ou dans le monde du RPG ? Le choix d'un forum sur lequel vous pourrez vous épanouir n'est pas anodin, et il vaut mieux pour cela connaître l'univers dans lequel vous vous trouvez ! Nous avons pensé à vous, en vous préparant un guide qui vous permettra de découvrir pas à pas le monde des Chroniques d'Irydaë.

Si malgré cela, des doutes subsistent, n'hésitez pas à adresser vos questions aux Administrateurs.

En vous souhaitant une agréable visite !



 :: Les terres d'Irydaë :: Daënastre :: Rathram
Page 1 sur 2
Aller à la page : 1, 2  Suivant


 [Terminé] La vérité est une histoire comme une autre. [PV Lauren & Gwen]

Dolores de Rosse
avatar
Lun 12 Mar - 12:12
Irys : 264955
Profession : Sbire de Ludwig Strauss
Daënar 0
Gilles Hildegar. Un homme que l’on savait sans histoire. C’était prononcé, acté dans les salons bourgeois de la ville de Cerka. Des réceptions auxquelles il ne venait jamais d’ailleurs. C’était un savant, un homme de science, pas du tout le genre de personne qui s’intéresse aux mondanités qui était, auparavant, le quotidien de Dolores. Une réalité à laquelle elle avait échappé avec bonheur pendant ces quelques mois auprès de Gilles. Ce dernier, veuf, avait trouvé auprès de la jeune femme le réconfort qu’un homme réservé comme lui réclamait avec timidité lors du peu d’occasion durant lesquelles il se montrait. L’ancienne chanteuse l’avait immédiatement compris, et ensemble ils passèrent des moments fort bienheureux. Il lui apportait une immense bibliothèque dans laquelle la jeune femme passait le plus clair de son temps au manoir, tandis que lui avait trouvé, chez son amante, la sensualité tendre pour réparer son cœur meurtris par le chagrin.

Malheureusement, toute belle histoire se doit d’avoir une fin. Sinon elle serait simplement interminable et l’on se lasserait. La fin, c’est lui qui l’a signée. Un soir, il est venu me voir, avec une bonne bouteille de vin pour endormir ma méfiance. Après quelques heures à boire, le voilà qui avoue sa faute ! Il veut un enfant ! Moi, devenir mère ! Mais quelle horreur… Je n’ai pas pu retenir mes larmes. Je ne voulais pas d’enfant. Il a semblé comprendre ma détresse, et ça s’est arrangé entre nous quelques temps, mais au bout de deux semaines il m’a redemandé…  A partir de ce moment-là, je savais que c’était fini entre nous. Pendant ces quelques mois de bonheur, j’avais fait mon travail pour Ludwig. Avec l’argent de mon cher compagnon, j’ai pu leur fournir des bases solides près de Cerka, comme des usines, des casinos. Je pouvais partir le cœur un peu allégé. Mais cela me faisait quand même du mal de devoir m’en débarrasser. Il était adorable Gilles, mais jamais je n’aurai d’enfant. Jamais.

La jeune femme échafauda donc un plan pour le mettre en prison. Son amour pour le gouverneur l’empêcha de souhaiter sa mort, en plus du fait qu’elle ne souhaitait pas une quelconque enquête contre elle. Dans cette mascarade, elle serait la veuve éplorée, victime d’une machination qui dépasse même sa compréhension du monde. Grâce à Joseph, son fidèle majordome qui logeait à Cerka depuis quelques temps déjà, elle n’eut pas grand mal à mettre en place une stratégie des plus élaborées. Les détails, vous les connaîtrez plus tard. Sachez simplement que, en ce mois de mars 933, elle avait besoin de l’aide de professionnels. S’habillant d’une robe sombre, discrète, avec un maquillage léger, Dolores se rendit dans la capitale de Rathram, Cerka. Aujourd’hui, son rôle était simple : Elle était la compagne de Gilles Hildegar, et ce dernier agissait bien étrangement.

Mon pauvre chou… Mais que t’arrive-t-il donc ? Je ne te reconnais plus ! Tu es sombre, taciturne, tu ne me parles plus. Pourquoi ? Je t’ai toujours aimé, toujours soutenu, même dans les moments les plus difficiles. Peut-être qu’il me trompe, que je ne suis plus assez belle et fraîche pour lui. Je dois savoir, il me faut savoir ce qui lui arrive. J’ai lancé une annonce dans les journaux, disant simplement que j’étais une femme désireuse de se renseigner sur la vie privée de son mari. Bon, ce n’est pas avec ça que je vais attirer qui que ce soit de compétent, du coup j’ai ajouté une grande récompense pour celui ou celle qui acceptera le travail. J’ai eu une réponse, d’une certaine Lauren Hill, qui m’a envoyée un télégraphe que j’ai réceptionné il y a quelques jours. J’ai répondu en fixant un rendez-vous aujourd’hui, le douze du mois, et me voici. Par Alexandre, faites que cela se passe bien…

L’endroit fixé se nommait très aimablement Mademoiselle Louise, du nom de la propriétaire. C’était un salon de thé dans les quartiers chics de la ville. Un lieu suffisamment acclimaté de ce genre de clientèle paranoïaque, se tourmentant sur les agissements de leurs époux. Et puis ce n’était pas la première fois que Dolores venait, elle commençait à être considérée comme une habituée, donc à avoir accès à des pièces un peu plus isolées, un peu plus intimistes, pour prendre le thé dans les étages supérieurs. La jeune femme, sobrement habillée, mais toutefois toujours aussi charmantes, entra dans le salon et salua avec un sourire poli mademoiselle Louise, qui accueillait les clients derrière un comptoir décoré avec coquetterie.

- Bonjour, mademoiselle. Comment allez-vous aujourd’hui ? Demanda Dolores sur un ton léger.

- Oh, mais ça va parfaitement, et vous ? Il fait magnifiquement beau aujourd’hui ! Vous êtes habillées bien sombrement malgré ce grand soleil.

- Je sais, je sais… mais j’ai de la peine vous savez… Je pense que Gilles me trompe. Avoua-t-elle avec émotion, à mi-voix. Est-ce que vous avez accueilli une certaine Lauren Hill ici ? Je lui ai donné rendez-vous ici.

- Oh ma chère… Non, je ne m’en souviens pas. Mais installez-vous à l’étage, madame, installez-vous. Je vais tout de suite vous faire apporter du Long Carter, votre thé préféré, avec quelques sucreries à manger… ça vous fera du bien. Allez, faites comme chez vous. Je vous enverrai cette Lauren quand elle arrivera.

Elle était vraiment adorable, mademoiselle Louise, c’était la mère de tous ses clients. Même moi, qui ne vient pas si régulièrement que cela, elle me coucounait comme sa propre fille. Il fallait vraiment que mademoiselle devienne un jour madame… Mais bon, ce ne sont pas mes affaires. Ça fait bien mon affaire en réalité. Je suis rapidement monté à l’étage et, derrière un paravent, il y avait ma table favorite, à côté de la fenêtre côté nord, à l’abri du soleil. En plus, il y avait un espèce de renfoncement dans le mur avec une pile de livres à côté. Bon, c’était des romans à l’eau-de-rose, assez léger, mais ça faisait de la lecture et, allez savoir pourquoi, mais ils changent régulièrement. J’ai toujours de la nouvelle lecture !

Finalement, une dizaine de minutes plus tard, mademoiselle Louise arriva en personne apporter le petit plateau argenté avec le thé et la collation de Dolores. Au milieu des autres clientes qui bavardaient gaiement, l’ancienne chanteuse attendit, la tasse à la main, que la journaliste arrive au salon de thé. Un peu anxieuse, elle était surtout impatiente de voir si son plan allait fonctionner. Il fallait que ça fonctionne.


Code couleur Dolores: #9900cc
Joseph le majordome: #9999ff
Parties en italique: Pensées du personnage


Dernière édition par Dolores de Rosse le Dim 17 Juin - 16:30, édité 1 fois
Voir le profil de l'utilisateur

Lauren Hill
avatar
Lun 12 Mar - 20:19
Irys : 864831
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
Après deux mois passés au même endroit, je commençais à tourner en rond, à trépigner d'impatience même à l'idée de quitter la capitale et de reprendre la route. Et ce… même si je venais de passer d’agréables moments particulièrement intéressants. Seulement, je n’ai jamais su supporter la monotonie du sédentarisme ni même de l’inactivité qui semblait se charger d’ennuis un peu plus à chaque instant passé. Mais hélas, après avoir terminé mon roman, il ne me restait plus rien à faire mis à part faire les cent pas dans ma chambre d’hôtel que j’avais déjà bien assez vu.

Aussi, c’est avec empressement que je me dirigeai vers les locaux de “La Tribune”. N’ayant rien de mieux à faire, j’espérais que mon rédacteur et ami ai quelque chose à me mettre sous la dent… À dire vrai, je me serais contenté de peu, n'importe quoi, tant que le sujet me permettrais de quitter Ünellia. J’allais donc directement au bureau d’Ernest Wislow, le fameux rédacteur désorganisé et évidemment débordé.

-Tiens donc, lança-t-il en voyant la porte que je n’avais évidemment pas pris la peine de cogner s’ouvrir à mon entrée. Toi, tu t’ennuies.

Je l’observais un instant, grognant presque de devoir reconnaître qu’il ne me connaissait que trop bien. Certes, vous me diriez qu’après une décennie d’amitié et une petite histoire sans lendemain à l’université, il n’y avait là rien d’étonnant. Pourtant, cela m'agaçait… Simplement parce qu’il avait raison et que le reconnaître m’en coûtait. C’est donc avec un geste de main que je balayais son hypothèse totalement véridique…

-Et donc ? Tu as quelque chose pour moi ? lui demandai-je en affichant mon masque impassible pour ne pas lui donner raison.

Bah oui… Parfois, il m'arrive de faire preuve de mauvaise fois… Surtout avec lui. Bref, je le vis fouiller son foutoir qui lui servait de poste de travail, me demandant comment il pouvait clairement s’y retrouver. Personnellement, en voyant son bureau, je n’avais qu’une envie : y mettre le feu, faire le ménage par le vide… Chose que je ne ferais évidemment pas, question d’humanité, de droit au désordre, etc. Finalement, au bout d’un temps interminable, Wis finit par dénicher un papier qu’il me tendit. À mon grand étonnement, il s’agissait d’une lettre, chose déjà peu commune, celle-ci venait d'une jeune femme désirant livrer quelques informations sur son époux. Pour cela, la dame proposait une généreuse récompense dont je n’avais que faire. L’argent n’étant pas un problème pour moi, je me concentrais plutôt sur la provenance de la lettre et donc, par conséquent, celle de ma future destination.

-Très bien, voyons voir de quoi cette jeune dame veut parler, lançai-je en jubilant presque tout en tendant une main vers mon rédacteur.Tu as de quoi écrire?


Le voyant fouiller à nouveau dans son débarras de papiers divers et variés à la recherche d’une vulgaire feuille blanche, je ne pus retenir un soupire désespéré…

-Laisse tomber… Je vais me débrouiller… Évite seulement de fumer le cigare dans ton bureau. Quelque chose me dit que cela pourrait être dangereux, raillai-je en quittant la pièce et les locaux du quotidien.

S’en suivit un rapide échange de télégraphes avec la demoiselle en question, fixant finalement un rendez-vous à Cerka auquel je m’empressais de me rendre… Bien évidemment, celle-ci choisit un salon de thé relativement cossu, me rappelant clairement mon enfance avec Denise lorsque celle-ci se prenait d’envie de se montrer… Elle et sa paire de filles totalement identiques. Autant vous avouer immédiatement que j’ai toujours eut ce genre d’endroit en horreur, mais puisqu’il s’agissait d’un rendez-vous professionnel, je fis l’effort de m’y rendre avec le sourire, s’il vous plaît. J’espérais vivement apprendre quelque chose d’intéressant. Ce sujet m’avait certes permis de quitter Alexandria, mais mes exigences restaient les mêmes. Quitte à écrire sur cette histoire, d’apparence plutôt banale, autant que celle-ci soit passionnante.

Je me dirigeai donc vers la bonne femme attendant sagement à l'entrée, offrant de généreux sourires éclatants aux clients… Et à moi, par la même occasion. Cette demoiselle Louise, puisqu’il s’agissait de la propriétaire imaginative (veuillez noter l’ironie) m'annonça que j’étais attendue. Un soulagement donc, puisque je ne supportais pas l’idée de devoir patienter de longues minutes dans de tels endroits, bien trop richement décorés à mon goût. Moi qui aimais la simplicité, au neutre et surtout au vide, je me retrouvais dans le palais de la coquetterie bourgeoise aux parfums mêlant plantes diverses et fruits séchés… Mon royaume pour un whisky, songeai-je en suivant la propriétaire du salon à travers le palais des délices mondain rose bonbon, la laissant me guider jusqu’à l’étage nettement plus calme… Un nouveau soupire de soulagement s’échappa brusquement sans que je ne cherche à le contrôler toutefois.

Louise m’indiqua alors une table dissimulée derrière un paravent richement décoré, comme tout le reste. On tient à la discrétion ou on apprécie la calme? me demandai-je, curieuse de découvrir celle qui m’avait conduite jusqu’ici. Je le contournais donc, me présentant devant une ravissante jeune femme à la chevelure dorée vêtue de façon coquette, mais discrète. Raffinée…

-Enchantée, madame, je suis Lauren Hill, la journaliste qui vous a contactée, me présentai-je en lui tendant la main en guise de salut.

Je m’installais, commandant une tasse de thé vert, nature, simple. La gérante sembla contrariée par mon choix si peu commun pour les gens de cette classe à laquelle je faisais naturellement partie, mais son avis m’indifférait totalement, tout comme le tué, sa couleur ou sa provenance. À dire vrai, je n’aimais pas ce genre d’infusion, préférant le goût plus fort du café que je buvais noir, ou légèrement relevé. Mais puisque les convenances exigeaient que l’on ne demande que les boissons se trouvant sur le menu, je m’exécutais, avec un sourire aussi forcé que la décoration des lieux. Finalement, une fois Louise disparut dans les méandres de son palais, je m’en retournais vers la blondinette.

-Et bien, préférez-vous que l’on en vienne à l’essentiel ou allons-nous jouer le rôle que l’on nous impose en se lançant dans quelques bavardages sans intérêt ? demandai-je en haussant légèrement un sourcil.



Lauren s'exprime en #99ccff


Voir le profil de l'utilisateur

Dolores de Rosse
avatar
Mar 13 Mar - 0:56
Irys : 264955
Profession : Sbire de Ludwig Strauss
Daënar 0
Là, dehors, le soleil commençait à doucement s’étioler derrière un voile nuageux de plus en plus épais. Non pas qu’il présage une quelconque averse, mais il assombrissait les rues de la métropole, faisant ressortir la teinte grise de certaines briques, donnant au tableau une allure morne qui faisait regretter le beau temps quelques minutes avant. Mais cette vision était du genre à enjouer Dolores, ravie de voir que le ciel se pliait à sa tenue pour aller avec son manque certain de couleur. Une réflexion bien égocentrique, vous en conviendrez, mais tant qu’elle la garde pour elle, était-ce bien important ? Finalement, elle fut interrompue dans sa contemplation, avec bonheur, par l’arrivée de son rendez-vous. Une main tendue vers elle, qu’elle saisit avec une douce vigueur et un sourire quelque peu assombri par le reste de sa toilette.

- Bonjour, madame, Dolores de Rosse, enchantée, vraiment.


Je ne vois rien de spécial chez elle. Non, vraiment, elle semble taillée pour son travail. Moins on la voit, mieux elle s’en porte, je pense. Après, ça ne lui ferait pas de mal de prendre un peu plus soin de ses cheveux… de ses ongles aussi. On voit qu’elle passe son temps à écrire, ça rend la peau trop ferme. Des mains rêches, il n’y a rien de plus désagréable au toucher. Et puis, mets donc en valeur tes yeux… Nan, il n’y a rien qui va là-dedans. Tu feras parfaitement l’affaire. Voyons donc ce qu’elle prend. Du thé vert ? Eh bah, je comprends un peu la réaction de Louise. Mais elle n’a jamais travaillé de sa vie, cette femme, elle ne sait pas le bien que fait un verre d’alcool.

Il était amusant de voir à quel point c’était l’archétype même du chasseur chassé qui se jouait dans ce salon cossu de Cerka. La journaliste, usant déjà de ses talents pour essayer de décrypter celle qui avait réclamé son assistance, ne devait pas se douter que cette dernière usait du même jeu, et sûrement avec plus d’assiduité. Elle laissait aller, en plus de sa clairvoyance naturelle, son amour pervers de juger tout ce qui l’entourait de son regard impérieux. Estimant, pour chaque personne, non pas le poids de sa valeur, mais de ce qui handicapait celle-ci. Des ongles trop longs, un nez pointu, un cheveu sur la langue, rien ne lui échappait, ni à elle, ni à son acerbe critique. La passion de ramener les êtres humains à la boue. Son plaisir coupable, et éternellement secret. Croisant ses jambes de mante, elle joignit les mains sur son ventre mou de maîtresse entretenue et répondit finalement à Lauren.

- Je n’aime pas jouer de rôle dans un moment pareil, donc venons-en au fait, vous avez raison. Elle marqua une hésitation, fuyant la journaliste du regard avant de se raviser. Je pense que mon compagnon me trompe… Il s’agit de Gilles Hildegar, le gouverneur de la province de Trebizande, au nord de la ville. Depuis quelques temps, il agit bizarrement il… il ne me parle plus, semble tout le temps inquiet, sur les nerfs.

Le rythme de sa voix s’accéléra, secoué par l’émotion, mais restait à un volume relativement faible pour ne pas se heurter aux oreilles extraordinairement affutées qui trainaient en ce lieu. On sous-estimait rapidement le pouvoir d’égarement des bourgeoises ennuyées.

- Je suis désolé, je… balbutia l’ancienne chanteuse, je n’ai pas fait appel à vous pour vos talents de journaliste, mais bien d’enquêtrice... J’aimerai que vous alliez fouiller dans le bureau de Gilles, voir s’il n’y a pas des traces de correspondance avec sa… avec l’autre. Ou bien d’autres preuves qu’il pourrait y avoir ! Par Alexandre… j’espère que vous ne trouverez rien, en fait… Mais ne vous inquiétez pas ! Je vous paierai quoique vous trouviez !

Bouleversée, Dolores ne put retenir sa voix qui perdit quelque peu en discrétion, mais c’était bien là l’émotion qui parlait, plus que la raison. Plongeant son visage dans ses douces mains, elle ne chercha pas à feindre les larmes. A trop vouloir en faire, on ruinait la prestation. Elle poussa simplement un profond soupir avant de se reprendre pour faire de nouveau face à Lauren.

- Je vous en prie… acceptez-vous de faire cela pour moi, madame Hill ?

Oui… je reconnais que c’est une besogne ingrate. Et alors ? Tu trouveras bien des surprises dans ces tiroirs ! Je te le promets ! Ta carrière sera faite avec un coup pareil ! J’aurai peut-être dû revoir le mobile à la base de l’annonce… j’espère qu’elle ne partira pas, en colère de se voir proposer quelque chose de si futile. Si ça devait arriver, je pense que je pleurerai pour de vrai… Vous rendez-vous compte ? Moi ! Mère ! Olala, faites qu’elle accepte, sauvez-moi, Lauren Hill…


Code couleur Dolores: #9900cc
Joseph le majordome: #9999ff
Parties en italique: Pensées du personnage
Voir le profil de l'utilisateur

Lauren Hill
avatar
Mar 13 Mar - 14:27
Irys : 864831
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
Je laissais le regard inquisiteur de Dolores glisser sur moi tout en veillant à garder bien en place mon masque de journaliste impassible. La manœuvre de la jeune femme ne m’était certainement pas inconnue, et pour cause, j’en étais régulièrement victime lorsque je me retrouvais au milieu de gens de la haute… Si pour ma part, je préférais jauger les gens sur leur attitude et leur regard, la jolie blonde semblait plutôt se préoccuper de mon allure. Qu’à cela ne tienne, je me fichais bien de son avis de bourgeoise entretenue par son époux et qui n’avait probablement rien d’autre à faire de ses journées que d’accorder ses toilettes à ses bijoux. Chacun son truc, j’estimais personnellement avoir mieux à faire. Toutefois, quelque chose me dérangeait dans son regard. Il s’agissait d’une petite lueur discrète, savamment dissimulé sous un masque que je ne réussissais pas encore à percer… Mais cela viendrait, tôt ou tard, mon instinct exigeait que je me tienne à l’écart… De m’en méfier tout bonnement, pour une raison encore obscure…

Je la laissais m’exposer sa demande, puisque c’était de cela qu’il s’agissait tout en gardant le silence… Me focalisant justement sur ses gestes, ses regards étrangement fuyant… Ce qui me porta donc à m’intéresser à ses paroles, les mots qu’elle choisissait d’employer plutôt que d’autres qui me semblaient pourtant bien plus adaptés. Elle parlait d’infidélité tout en évoquant des attitudes qui paraissaient bien loin de celles que les hommes infidèles à leur compagne pouvaient avoir habituellement. C’est d’ailleurs ce qui me poussa à écouter son récit au lieu de l’envoyer balader pour m’avoir fait venir simplement pour une stupide histoire d'adultère.

Un gouverneur donc… Voilà qui commençait à être intéressant, restait à savoir ce qui rendait monsieur si anxieux, car il ne pouvait s’agir d’un simple sentiment de culpabilité. Sans quoi, la dame se verrait dotée de nouveaux bijoux, de nouvelles toilettes hors de prix, etc. Vous suivez mon raisonnement ?

Je rêve, ou elle se fiche de moi? songeai-je en l’entendant m’exposer les raisons qui l’avaient poussé à contacter le journal. Tout cela n’avait rien de logique et je doutais fortement que cette jolie dame soit totalement stupide...

-Vous plaisantez ?s’offusquai-je en lui lançant un regard noir. Confondriez-vous journaliste et détective privé, madame ?

Mon ton se voulait plus railleur que réellement contrarié. Malgré tout, j’étais curieuse de comprendre et de savoir ce qui se cachait réellement derrière cette histoire. Alors autant jouer franc jeu avec elle…

-Très bien, à vous de m’écouter, parce que nous risquons de partir sur un très mauvais pied. Je me fiche de votre agent, ce qui m’intéresse, c’est d’écrire sur des sujets que je juge intéressant. À ce moment là, je décide des méthodes à utiliser pour fouiner à la recherche du petit détail bien caché. Sauf que vous, vous me parlez d’une banale histoire d’adultère. Croyez-vous sincèrement être la seule femme cocue d’Irydaë?

Je devais clairement afficher ma mine des mauvais jours, mais qu’importe. Pour m’intéresser et me pousser à mener quelques investigations sur son amant, Dolores allait devoir me fournir bien plus qu’un regard de biche éplorée et une enveloppe bien garnie… Néanmoins, n’ayant certainement pas fait le déplacement pour rien, je la mis sur la voie…

-Il va donc falloir m’en raconter plus sur votre … mari. Par exemple : quelles étaient ses habitudes avant le changement, après celui-ci, est-ce venu brutalement ou petit à petit. Qui sont ses amis, ses ennemis. Vous as-t-il fait plus de cadeaux dernièrement ? Plus cher ? A-t-il l’air d’avoir reçu une importante somme d’argent ? etc. Vous voyez où je veux en venir Dolores ? Les activités du biscuit de votre mari ne m’intéressent nullement, les siennes en revanche...

Et bien quoi ? Autant me montrer franche avec elle non ? Qu’est-ce que ça pouvait me faire à moi que son compagnon la trompe à tour de bras ou non ? Je n’avais absolument rien à gagner dans cette histoire… Je ne me montre fouineuse que si et seulement si le sujet m'intéresse… Après… Je pourrais aisément me montrer imaginative pour trouver ce que je cherche…

Louise profita du moment de calme pour apporter ma commande, déposant soigneusement la tasse en porcelaine joliment décorée sur la table, tout en nous portant un regard visiblement inquiet. Oh, pas pour moi, bien sûr, à l’évidence, la propriétaire me méprisait, ce qui me porta d’ailleurs à sourire… très légèrement. J’attendis que dame bonbon disparaisse avant de me reporter sur la blondinette, l'observant avec un regard mi-amusé, mi-déterminé.

-Alors, Dolores… Voulez-vous jouer ?




Lauren s'exprime en #99ccff


Voir le profil de l'utilisateur

Dolores de Rosse
avatar
Ven 16 Mar - 0:13
Irys : 264955
Profession : Sbire de Ludwig Strauss
Daënar 0
Eh bien, on peut dire qu’il prend vite la mouche, cette jeune femme. C’est très étonnant, d’ailleurs. J’en ai sursauté ! Ce regard, ce mépris pour moi… Je le sais, madame, que les gens de mon rang vous enragent sûrement. Vous devez passer tout votre temps à enquêter sur tel ou tel gouverneur, sur telle ou telle personnalité, vous renseignant sur ses plus sombres vices, effaçant les imperfections qui pourraient blanchir son portrait, avant d’enfin l’exposer à la vue de tous. Votre chef d’œuvre. Vous voulez accepter ce contrat, il est tellement juteux… vous allez l’accepter.

Dolores souriait intérieurement, ne préférant pas exposer trop vivement sa confiance en elle. Mais le fait est qu’elle ne se trompait pas, comme rarement en réalité. La journaliste fit mine de s’énerver, d’imposer les conditions pour qu’elle accepte le contrat, délivrant un mépris de bon aloi pour cette maîtresse éplorée qui s’offusque d’être cocue alors que ce qui la définissait c’était justement d’avoir offert ses bras à un homme autrefois marié. Une femme pleine de contradictions, comme toutes celles de son espèce. Une incohérence de l’esprit qui rendait le croquis dressé par la jeune femme on ne peut plus crédible. On s’y croirait, on jurerait avoir vu cette scène auparavant. Heureusement pour Lauren, les détails croustillants arriveront rapidement.

- Je… je… balbutia tout de même Dolores, sur le point de fondre en larmes.

Et la tirade reprit ! Elle est franchement autoritaire cette demoiselle ! Elle me plait de plus en plus, par Alexandre ! Cette assurance, ce zèle, cette fermeté… On dirait un homme, oui, on dirait un militaire. J’aimais beaucoup les militaires, du temps de la Ruche. Enfin… seulement certains, et ils étaient durs à trouver. Vous savez, je parle des officiers en bas de l’échelle, très brillants, assez jeunes, dévorés d’ambitions et d’autres… appétits. C’est ceux-là que j’aimais, les autres étaient soit trop mous soit… trop vieux. Elle me rappelle ce genre de soldats, madame Hill, et ce n’est pas pour me déplaire.

Malgré tout, elle était contrainte de jouer le jeu jusqu’au bout. Metteuse en scène et comédienne à la fois. Ecrivant et jouant une pièce dont elle était la seule spectatrice. La définition même du pathétique. Mais il fallait porter un temps cette casquette pendant encore quelques heures, quelques jours tout au plus, et après elle redeviendrait libre. La liberté… pour elle, elle avait déjà tué. C’était dur, c’était à vomir… mais s’en suivit le plus grand plaisir jamais connu par une femme. C’était comme si elle avait rencontré un amant de vent, impalpable, mais si puissant… Enfin bref, elle repenserait à cela le soir venu. Une dernière fois, peut-être, dans les bras de l’homme qu’elle avait aimé, mais qui exigeait d’elle un trop grand sacrifice pour être épargné. Finalement, lorsque Lauren acheva ses multiples questions, l’amante cocue releva sa tête, qu’elle avait baissée vers son thé jusqu’ici, et poussa un long soupir las.

- D’accord je… je vais vous répondre. D’abord… Comment il était avant, c’est ça ? Eh bien… vous savez, il a toujours été réservé. Il est très intelligent, il lit beaucoup, mais passe beaucoup de temps seul dans son bureau. Il aime être seul. Ça ne me dérangeait pas, comme ça moi aussi je pouvais m’occuper de mon côté, mais avant il venait quand même me voir, plusieurs fois dans la journée. Il faisait des pauses dans son travail. On passait du temps ensemble, juste à se reposer, ou à faire des jeux… Maintenant, il s’enferme dans son bureau au matin et n’en sort plus avant le dîner et c’est à peine s’il me parle…

Elle marqua une pause, hoquetant d’émotion sur les derniers mots. Elle mit de longs instants à se reprendre.

- Il y a quelqu’un qui vient parfois le voir… Ça se passe la nuit. Il pense que je dors quand il s’en va, mais je ne plus dormir tranquille en me posant autant de questions. Je ne sais pas qui est cette personne, je n’ai pas osé aborder le sujet avec Gilles. Je sais qu’il vient environ une fois toutes les deux ou trois semaines... ils sont sûrement plusieurs, et leur… rendez-vous, il dure environ deux heures, après il vient se recoucher. Je suis parti du principe que c’était probablement sa maîtresse, mais peut-être que je me trompe… Je n’ai pas eu plus de cadeau que cela, contrairement à ce que vous pouvez penser.

Dolores soupira, s’autorisant une gorgée de thé tiédit, retrouvant après quelques instants une voix plus posée, moins déformée par l’émotion.

- Je… je n’en sais pas plus. Je ne vais jamais dans son bureau… je n’ai pas le droit. Il serait furieux si j’y rentrai vous savez. Elle s’arrêta un instant, puis eut un excès de voix. Oh et puis c’en est assez. Je ne veux pas jouer, madame, je veux juste comprendre pourquoi mon mari est devenu aussi distant. Je sais que vous pouvez m’aider… C’est un gouverneur ! Vous trouverez forcément des choses intéressantes si vous allez dans son bureau ! Je me fiche d’être avec un homme atteint d’un scandale sur je-ne-sais quoi, tant que je peux l’éloigner de ses problèmes, ou de cette femme… S’il vous plait.

Aller… Dis-moi que t’es convaincue là, tout de même. Je vais être vraiment vexée si tu ne crois pas à ce que je dis, tu sais. Nan, sérieusement, c’est crédible ! J’ai sorti la totale. La femme éplorée, qui ne sait pas ce qui se passe, seule au milieu d’un réseau qui la dépasse… Oh, c’est toujours compliqué de jouer les filles vraiment, vraiment idiotes.



Code couleur Dolores: #9900cc
Joseph le majordome: #9999ff
Parties en italique: Pensées du personnage
Voir le profil de l'utilisateur

Lauren Hill
avatar
Ven 16 Mar - 17:21
Irys : 864831
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
Armée de mon fidèle matériel d’écriture, je notais scrupuleusement chacune des informations que la jolie blonde s’efforçait de me fournir. Visiblement, elle ne semblait pas réellement connaître son compagnon. Je les imaginais bien volontiers comme un couple relativement secret, passant leurs journées chacun de leur côté pour ne se rejoindre que par moment, afin de s’occuper à… Enfin bref, pas besoin de vous faire un dessin pour deviner à quoi ils pouvaient bien “jouer”... Dolores pouvait très bien parler de quelques parties de cartes ou de dés, mais j’en doutais...

Ainsi, il y avait donc bien eut un changement d’attitude, même si celui-ci semblait bien loin du comportement habituellement associé à l'infidélité… Curieux… Quel homme ferait venir sa maîtresse chez lui, alors que sa compagne s’y trouve aussi ? Non… Aucun, même le plus crétin des idiots, vous pouvez me croire. De ce fait, j'éliminais très rapidement l’hypothèse de l’adultère… Il n’existe pas d’homme plus amoureux, en apparence, que celui qui trompe son épouse. Délicates attentions, petits cadeaux sans raison apparente font leur apparition, tandis que celui-ci s’éloigne de plus en plus de la demeure conjugale pour un endroit plus neutre et le plus éloigné possible de celle-ci. Poudre aux yeux pour rendre la compagne aveugle… Hors, rien de cela ne se retrouvait dans ce cas de figure. Un homme s’enfermant dans son bureau, ignorant sa superbe épouse… Bizarre non ?

- Et vous n’avez jamais été curieuse au point d’essayer d’apercevoir cette personne ? Vous n’avez jamais interroger votre époux? Jamais piqué de crise de jalousie ?

Comme toute femme qui se respecte, en somme. Ou alors peut-être celle-ci tenait bien trop à sa position confortable pour prendre le risque de contrarier son compagnon… Allez savoir. Parfois, les femmes royalement entretenues avaient de drôle de comportement… Et en acceptaient beaucoup, trop, même si dans le présent, je trouvais cela étonnant puisque Dolores demandait une enquête… Très étonnant même. Quelque chose, là-dedans, me chiffonnait légèrement…

- Et vous n’avez jamais bravé les interdits ? Vous semblez pourtant vouloir réellement savoir, mais vous n’êtes jamais rentrée dans ce bureau pour aller fouiller par vous-même ?

Encore une crainte ? La peur d’une épouse devant un mari furieux… Beaucoup de soucis pour pas grand chose, selon mon point de vue, bien évidemment. Allez savoir pourquoi les femmes voulaient s'encombrer de tout ceci ?Bref, j’avais des informations, mais pas assez… Sans doute devrais aller moi-même aller fouiller dans ce fameux bureau… Ou plutôt de demander l’aide de quelqu’un de particulière doué pour cela et je savais précisément qui contacter pour une telle tâche. Ce cher monsieur cachait quelque chose et il ne s’agissait sûrement pas d’une maîtresse… En revanche… Son comportement à elle me semblait particulièrement étrange. Je ne comprenais toujours pas pourquoi, elle qui paraissait aimer son époux, demandait l’intervention d’une journaliste qui n'hésitera pas une seconde à montrer ouvertement tous les petits secrets et magouilles de ce cher gouverneur… Chose qui pourrait bien évidemment briser sa carrière et selon la gravité, lui faire perdre sa liberté et sa fortune…

- Je ne comprends pas madame. Vous me demandez de fouiller, de découvrir ce qu’il se trame et vous m’autoriseriez à publier tout ceci… Au risque de vous faire perdre vos privilèges et votre époux ? Non, parce que soyons franches, je doute que celui-ci n’apprécie.

Qu’était-ce donc que cela finalement ? Une tentative désespérée de préserver un être aimé d’une situation inquiétante ? Un acte gorgé d’égoïsme pur et dur, puisque celui-ci risquait de tout perdre pour que la sublime jeune femme puisse satisfaire sa curiosité, bien mal avisée selon moi… Que deviendrait-elle si son époux se retrouvait privé de ses droits et privilèges ? Était-elle si naïve ou, au contraire, savait-elle exactement ce qu’elle faisait ?



Lauren s'exprime en #99ccff


Voir le profil de l'utilisateur

Dolores de Rosse
avatar
Sam 17 Mar - 16:42
Irys : 264955
Profession : Sbire de Ludwig Strauss
Daënar 0
Lauren s’employait à noter chaque bribe d’information qui passait les lèvres de notre belle aristocrate. Cette dernière semblait un peu gênée de se voir ainsi fichée sur une feuille de papier, mais la journaliste faisait son travail, après tout. Dolores porta sa tasse de thé à sa bouche et savoura les bienfaits qu’un tel breuvage faisait. Parler lui avait donné soif, les larmes imbibant ses prunelles encore plus. Elle allait même s’autoriser de grignoter l’une des pâtisseries apportées par Louise quand la jeune femme reprit sa série de questions. Elle marquait des points. Pourquoi cette maîtresse éplorée n’avait pas essayé d’enquêter par elle-même avant de faire appel à un tiers ? Un tiers qui, en plus, s’empresserait de se servir des informations trouvées de ci de là pour écrire un article à charge contre l’homme qu’elle aimait.

Aïe… j’avoue que là, j’ai mal joué mon coup. Tu es trop empressée, Dolores, bien trop empressée… Mais bon, une pirouette et je devrais pouvoir m’en sortir. Ce n’est pas bien difficile de justifier un tel comportement. Je suis une jeune femme naïve, éperdument amoureuse, qui souhaiterai se retirer loin de ce monde violent et nerveux pour goûter à la tranquillité, juste un peu. Oui, ce genre de femme accepterait que son mari soit déchu. Maintenant, il n’y a plus qu’à lui expliquer… On prend un air peiné, et on y va.

- Je suis curieuse, pas voyeuse… Imaginez que je les surprenne dans le salon et qu’ils… Non, je voulais absolument éviter de voir ça… c’est pour ça que je ne descendais jamais. Et puis je n’avais pas de preuve, que des soupçons… Je me voyais mal faire une scène à un gouverneur sans être sûre de rien… C’est pour ça que je veux vous engager. Je n’ai pas le courage d’aller dans son bureau, si jamais il me surprend ce sera fini entre nous… Vous, en revanche, vous pourrez vous enfuir, il ne vous connait pas.


La voix de la jeune Dolores s’était teintée d’espoir. Un espoir égal à elle-même, naïf, mais qui pouvait définitivement fonctionner si elle arrivait à convaincre Lauren que sa cause était juste, et justifiée. Il lui fallait être habile, plus habile que d’ordinaire, car c’était une femme qu’elle avait en face d’elle, et une femme maligne qui plus est.

- Je vais vous dire pourquoi je me fiche qu’il tombe ou non pour cette histoire… Je l’aime, je l’aime lui, mais être la compagne d’un gouverneur… Vous savez comme c’est pénible ? Tout le temps, on doit sortir, se montrer, alors que ni l’un ni l’autre n’aimons cela. On doit surveiller ce qu’on dit, ce qu’on fait, tout le temps… J’aimerai arrêter tout ça, partir avec lui, loin de cette ville horrible où tout le monde vous juge. Je sais que si vous trouvez quelque chose, vous pourrez l’utiliser contre Gilles, mais je suis prête à en subir les conséquences. Je me fiche de son statut de gouverneur qui ne nous apporte que de la peine. Vous, vous êtes capable d’arrêter tout ceci… Alors, je vous en prie encore une fois… aidez-moi.

J’ai l’impression de jouer aux échecs avec Dastanevski… C’est insupportable. J’ai l’impression que si je n’ai pas prévu deux coups d’avance, je suis fini. Mais ne faites pas trop la maligne, madame la journaliste. Vous ne voulez pas me voir en colère, certainement pas. Faites simplement ce que je veux de vous, récoltez la gloire de faire tomber un gouverneur, et on se quittera en bons termes. Jouez trop la fine oreille, la tatillonne, l’enquêtrice qui se retourne contre son employeur, et je vous garantis une carrière promptement terminée, la tête dans un fossé. Bon, calme-toi Dolores, s’énerver c’est perdre la bataille…


Code couleur Dolores: #9900cc
Joseph le majordome: #9999ff
Parties en italique: Pensées du personnage
Voir le profil de l'utilisateur

Lauren Hill
avatar
Dim 18 Mar - 9:04
Irys : 864831
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
Je suis curieuse, pas voyeuse… Quel choix intéressant d’expression, vous ne trouvez pas ? Très bien, dans ce cas, selon vous, quel genre de femme “curieuse”, soupçonnant son compagnon de la tromper n’irait pas fouiller ne serait-ce que les poches de celui-ci. C’est qu’on en trouve des choses dans les vêtements, vous n’imaginez même pas. Que ce soit des notes oubliées dans un pantalon, le parfum aux senteurs florale entêtant et diablement persistant d’une bourgeoise sur une chemise, une trace de rouge à lèvres, des cheveux et j’en passe. Remarquez, je ne lui ai pas posé la question, peut-être l’avait-elle fait, même si j’en doutais fortement. Dans le désir désespéré de trouver une preuve, toutes les femmes avaient le même réflexe et dans le cas d’une coucherie externe au lit conjugal, toutes trouvaient quelque chose… Généralement un cheveu, car ceux-ci aimaient bien fuir le chignon relâché par les ébats amoureux, trahissant ainsi leur prioritaire et surtout leur partenaire. De mon point de vue, si Dolores s’était réellement montrée “curieuse”, elle me l’aurait dit.

J’hésitais donc à l’interroger là-dessus, me contentant de l'observer tandis qu’elle m’expliquer sa peur de perdre cet homme… Naïveté ? Bêtise ? Comment voyez-vous cela ? Personnellement, je ne voyais ni l’un, ni l’autre, malgré tous ses efforts pour me prouver le contraire. Pourquoi ? Instinct ? Pas tout à fait. Dolores était jeune, certes, mais pas assez pour ne pas avoir eu d’expérience de la vie avant le gouverneur. Et puis… Elle avait hésité… Oh, pas longtemps, juste une fraction de seconde, assez pour réfléchir d’une façon extrêmement rapide. Peut-être était-ce simplement dû à la surprise, il était encore trop tôt pour que je puisse réellement en être certaine… Je ne relevais donc pas, gardant le silence tout en poursuivant mes notes, notant également ses réactions intéressantes.

Et la suite… Ah, là, c’était beau… Sentez-vous l’égoïsme ? L'égocentrisme exacerbé ? Et surtout le manque total de réalisme. Néanmoins, je la laissais terminer sa tirade, ses explications invraisemblables en affichant un sourire qui se voulait affable… Sans jamais détourner le regard de ses yeux...

- Voilà qui est bien étrange. Vous dites l’aimer, pas pour son statut, mais pour sa… personnalité. Vous dites ne plus supporter les mondanités, d’être constamment observés, etc. Croyez-moi, c’est quelque chose que je ne comprends que trop bien. En revanche, si votre compagnon est coupable de quoique ce sois, je ne sais pas, mais qui par exemple porterait atteinte à la nation d’une façon ou d’une autre et que j’expose tout cela dans mon article, que pensez-vous qui se passera ?

Je posais la question en toute innocence bien sûr, simplement pour être certaine que la situation n’était pas au simple qu’elle semblait le penser… Mais aussi, et surtout, pour guetter ses réactions. J’avais noté une pointe d’agacement, légère, perfide et merveilleusement contrôlée. Il me fallait donc vérifier si je me trompais ou non…

Mon père avait coutume de dire que la vérité, celle que l’on cherche réellement à découvrir, n’est jamais prononcée. Jamais entendue. Elle est lue, toujours, dans les expressions humaines. Un regard légèrement fuyant peut vous apprendre beaucoup plus que mille mots. Pour les menteurs les plus doués, la petite pointe à chercher était minuscule, imperceptible… Ou presque. Mon père, grand amoureux de la vérité, même s’il se servait aisément du mensonge dans sa profession, était très doué pour cela, bien plus que moi. Il lisait en l’humain comme dans un livre, savait parfaitement de qui se méfier et comment se comporter avec eux… Simplement en agissant exactement comme ils voudraient vous voir agir.

En suivant ce raisonnement, l’attitude à adopter envers Doloress tenait de la pitié dissimulée, tout du moins en apparence. Je devais lui faire croire, donc, que je me souciais réellement de sa situation. Il me fallait donc user de sourire, de gestes particulier en entrant volontairement dans son jeu. Pourquoi? Simplement parce que sa façon d’agir me semblait étrange, je sentais de la manipulation sans savoir vers qui elle se portait exactement. Vers son mari, qu’elle cherchait à garder pour elle ? Vers moi, afin que je fasse exactement ce qu’elle attendait de moi ? Les deux ? Autre chose ? Quelque chose ne collait pas, néanmoins, je n’arrivais pas encore à savoir quoi… Frustrant, n’est-ce pas ? Vous n’imaginez même pas.

- Je vous le demande donc, commençai-je en prenant une expression soucieuse tout à fait feinte, mais néanmoins habile. Êtes-vous sûre de vouloir faire cela ? Tout en sachant que les choses peuvent très bien prendre une tournure inattendue que vous ne désirez certainement pas ?

… Comme de me voir enquêter sur toi ma belle ?

- Comprenez bien qu’il serait difficile de poursuivre votre idylle si votre mari se trouve en prison. De plus, vous qui aspirez à une vie tranquille, loin des soucis, vous vous retrouverez être la cible de journalistes peu scrupuleux, usant de divers tactiques peu recommandable pour obtenir le moindre petit os à ronger. Ou si dans le cas contraire vous réussissez à fuir avec votre compagnon, vous irez probablement dans la direction d’une vie de fugitifs, jamais tranquille, vivant dans la peur constante etc. Pensez-vous réellement être prête à cela, madame ?



Lauren s'exprime en #99ccff


Voir le profil de l'utilisateur

Dolores de Rosse
avatar
Jeu 22 Mar - 17:51
Irys : 264955
Profession : Sbire de Ludwig Strauss
Daënar 0
Vous imaginez vite le pire, madame ! Vous êtes une habituée des gros titres, on dirait. Pourquoi donc un gouverneur de province serait directement impliqué dans un complot qui l’enverrait illico en prison dès qu’il serait révélé au grand jour… Vous allez vraiment très vite en besogne, et c’est un défaut. Enfin, aujourd’hui non, puisque c’est exactement ce qu’il va se passer en réalité, mais ne comptez pas sur moi pour le souhaiter. Je sais que vous aimeriez ça, me discréditer, comme tous ceux de votre espèce, mais je ne vous laisserai pas une seule occasion de le faire. Vous êtes l’artisan de ma liberté, pas de ma chute. Jouez le rôle pour lequel vous avez été créé, et laissez les plus grands jouer à changer leur destin. Ce n’est pas une tâche à votre portée.

L’amertume pouvait se lire dans les pensées de Dolores, mais certainement pas sur son visage qui feignait encore parfaitement le désarroi dans lequel une femme aussi brusquée se devait de plonger. Lauren n’y allait pas de mainmorte lorsqu’elle s’improvisait enquêtrice, c’est sûr, mais au moins cela donnait l’occasion à l’ancienne chanteuse de gagner du temps de réflexion en larmes de crocodiles et hoquets émotifs. Dolores commençait à être bruyante, dans ses émois, attirant le regard de ses consoeurs du salon de thé. C’était une manière comme une autre de pousser la journaliste à accepter très vite le marché, au risque de se voir être la cible de regards plus ou moins amicaux et d’oreilles indiscrètes.

- Mais mais mais… Que pensez-vous que mon compagnon est ? Un traitre ? Certainement pas ! Moi je pense simplement à du détournement d’argent ou d’autre chose de la sorte… Ça lui vaudra des ennuis, c’est sûr, mais de la prison ? On entend parler tous les matins de telles affaires, ça ne vous enterre pas un homme pour autant… Je sais que Gilles a ses secrets, et je vous demande simplement de trouver quels sont-ils pour que je puisse de nouveau trouver le sommeil… Peut-être même que vous ne trouverez rien, d’ailleurs…

Franchement, y’a pas à dire, vous me feriez presque pousser des cheveux blancs. La prochaine fois, j’embaucherai un homme pour des affaires aussi simples. D’habitude j’aime jouer, mais là je ne m’étais pas préparée ! Prendre les gens au dépourvu, ce n’est pas bien, madame ! Bon, de toute façon, il faut que je retourne auprès de ce cher Gilles, moi. Sinon il va se demander à quoi je passe autant de temps.

La jeune femme continua d’éponger les larmes qui gâchaient son maquillage avec un petit mouchoir en soie. Elle éloigna un instant ses yeux du visage faussement compatissant qui lui faisait face, avant de passer une main distraite dans son sac pour en sortir une enveloppe brune, de taille normale, mais bien épaisse. Dessus, une inscription à l’encre noir indiquait « Paiement enquête. 1er versement. ». Tout simplement. Dolores tendit timidement la chose à la journaliste, tout en continuant de calmer ses émotions tempétueuses.

- Voilà c’est… c’est pour vous. C’est la première partie du paiement. Sept-mille cinq-cents irys, tout rond. Je vous donnerai le reste à la fin… Quand vous m’aurez fait votre rapport. Acceptez-vous, madame ?


Aller… regardez autour de vous, ces dames veulent que vous vous en alliez. Elles n’attendent que ça, pour venir me voir et me demander ce qui m’arrive, récolter les commérages qui nourrissent leurs discussions. Vous ne voulez pas les faire attendre, croyez-moi. Et puis, vous ne tirerez pas grand-chose de plus d’une femme aussi éplorée, la moindre déclaration étant interrompue par ces hoquets insupportables d’asthmatique à l’agonie. Acceptez simplement, et on pourra enfin passer à la partie amusante de toute cette histoire.


Code couleur Dolores: #9900cc
Joseph le majordome: #9999ff
Parties en italique: Pensées du personnage
Voir le profil de l'utilisateur

Lauren Hill
avatar
Sam 24 Mar - 13:52
Irys : 864831
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
Je me devais de garder mon sang-froid face à ce comportement que certain qualifierait de typiquement féminin… Chose que je réfutais et ne supportais en aucune manière. Je détestais cette façon de pleurnicher, au point de pousser ces vulgaires jérémiades jusqu'à attirer l’attention des curieux… Comme Dolores était justement en train de le faire. Pour ma part, je maintenais toujours mon masque impassible bien en place, ne voulant pas montrer à ma “cliente” que ma patience avait depuis longtemps atteint ses limites.

En un sens, très léger, ses réactions m’amusaient et pour cause, je trouvais la jeune femme plutôt versatile. Nous avions commencé cette conversation sur un “Mon mari me trompe” et nous en étions à “c’est un homme bien qui doit détourner quelques fonds, c’est tout”. D’accord, je déforme quelque peu ses propos, à peine toutefois. Je sais bien que l’on dit que “seuls les imbéciles ne changent pas d’avis”, mais là, c’était bien trop en seulement quelques minutes. Et même si je sais me montrer convaincante, cette fois-là, je doutais fortement que cela vienne de moi. Rien ne l’indiquait à proprement parlé, il est vrai, néanmoins, je le pressentais, tout simplement. Appelait cela instinct, intuition ou comme vous le voudrez, pour moi quelque chose ne collait pas dans toute cette histoire, dans son comportement bien trop naturel pour être vrai. Je restais donc méfiante, sur mes gardes sans réellement le montrer. Il me manquait tant d’éléments encore pour en être réellement certaine, c’en était tout simplement frustrant.

J’attrapais l’enveloppe outrageusement remplie qu’elle me tendit en notant le terme “premier versement”. Décidément, la belle avait tout prévu pour appâter n’importe qui, car je ne savais pas combien celle-ci contentait exactement, mais c’est qu’elle pesait lourd… Chose qui plairait probablement à l’une de mes connaissances…

- Parfait, dis-je en me relevant tout en ramassant mes affaires. Je m’occupe du reste. Séchez donc vos larmes, madame. Pour quelqu’un qui n’aime pas être observé, vous vous donnez facilement en spectacle. Enfin, ce n’est que mon avis personnel, évidemment. Sur ce, je vous laisse aux commères bourgeoises qui n’attendent que mon départ vous venir se repaître de votre tristesse. Bonne fin de journée, madame.

Je lui offris un petit sourire narquois avant de m’éloigner… Une façon à moi de lui montrer que j’étais loin d’être stupide. Après tout, j’ai grandit au milieu des faux-semblant, de l’hypocrisie et de la manipulation des aristocrates. J’ai largement eu le temps de les observer et d’apprendre à me méfier d’eux. Mon père disait que la vie des puissants ressemble à une partie d’échec. Chacun d’eux possède des pions qu’ils se devaient de placer çà et là pour évoluer, avancer… Toujours dans le but de servir leurs propres intérêts… Un jeu donc… Et mon instinct me disait que pour l’heure, j’étais moi-même un pion, celui de la jolie blonde qui avait déjà dû sécher ses larmes, m’insultant probablement intérieurement… Me maudissant, peut-être… Qui sait ?

Je quittais donc le salon de thé avec un objectif en tête, celui de contacter une certaine personne qui avait un don certain, un talent indéniable, pour dénicher tout un tas de détails utiles. Lors de notre première rencontre, Gwen m’avait donné le moyen de la contacter, il me suffisait d’envoyer un télégramme à une certaine personne qui savait toujours où la mystérieuse jeune fille se trouvait. Après un bref coup d’œil pour m’assurer que le bureau des postes se trouvait encore ouvert, je me dirigeai vers celui-ci que je trouvais évidemment… Bondé.

Vous ai-je déjà dit que la patience n’était pas mon fort? Enfin, si, je peux bien évidemment me montrer patiente dans certains cas, mais certainement pas pour faire sagement la queue dans une file d’attente interminable. Bon sang, qu’avaient-ils tous à vouloir envoyer des télégrammes au même moment ? Quelle perte de temps…

Quand ce fut enfin mon tour, c’est une vision de moi-même passablement agacée que je montrais à l’agent chargé du télégraphe… Je souriais, nerveusement, c’est dire. Je m’empressais donc de lui dicter un message court, concis à l’attention d’une certaine Arabella résidant à Zuhause et qui devait transmettre le message à mon “amie”. Je lui donnais rendez-vous à mon hôtel, ne sachant pas où se trouvait Gwen, ni le temps qu’elle mettrait à me rejoindre. Puis… Avant de partir, j’envoyais également un message à Ernest Wislow, mon ami rédacteur à “La Tribune” lui demandant de me fournir quelques renseignements à propos d’une certaine Dolores de Rosse. Évidemment, il pouvait très bien ne rien exister à son propos, mais dans le doute…

Une fois cela fait, il ne me restait plus qu’à me rendre à mon hôtel et à patienter… Une fois de plus...



Lauren s'exprime en #99ccff


Voir le profil de l'utilisateur

Gwen Feien
avatar
Mer 28 Mar - 22:00
Irys : 1661835
Profession : Voleuse
Guilde +1 (femme)
Le moment fatidique où je dois vraiment me pencher sur la mission d’Alisthiana est arrivé. Me voilà à Cerka pour vraiment chercher et non repousser encore l’échéance. Bien sûr comme à mon habitude, j’ai prévenu Arabella de mes déplacements. Une fois en ville, je pose mon barda et vais à un bureau de poste pour envoyer un télégramme histoire de vérifier qu’aucun ordre de contre-mission ne soit arrivée. C’est peu probable, ça fait des mois que ça traîne et rien dans ce sens. Enfin, on verra. J’ai bon espoir d’avoir la réponse le lendemain. Dans tous les cas, je devais lui faire parvenir le nom de l’hôtel où je réside. Surtout que j’ai été un long moment injoignable avec cette affaire pour les Danseurs.

Sans faute, le lendemain, un coursier m’apporte une réponse alors que je n’ai pas encore quitté l’hôtel. Une bonne nouvelle entre les mains, bien que ce ne fut pas celle que j’attendais. Lauren est en ville et veut me voir. Heureuse coïncidence. Je ne lui avais rien de ce que je prévoyais faire pour la suite la dernière fois que je l’avais vu, l’ignorant moi-même. Je suis assez curieuse de la raison de ce contact. On ne peut pas dire qu'on s'ennuie dans l'entourage de la journaliste. Et, j’avoue saisir cette occasion pour reporter une dernière fois cette histoire qui me pèse plus que de raison. Je ne reconnais pas le nom de l’hôtel indiqué mais ça ne m’empêchera pas de m’y rendre. Une voiture m'y mènera bien. J'y vais sans mon équipement ou mon sac à dos, juste les dagues et quelque bestiaux mécaniques.

« Est-ce que Lauren… -j’eus une légère hésitation, ayant des difficultés à remettre la main sur son nom - Hill est dans sa chambre ? »

Évidemment que non. Son message m’est parvenue le jour où elle me l’a envoyée, soit hier. Et même si elle m’a dit de la rejoindre ici, je la vois mal passer des jours à m’attendre à ne rien faire, même un seul jour. Je peux attendre directement dans sa chambre, que l’autre me donne la clef ou non, ou attendre dans le hall d’entrée pourvu de fauteuil. Ce n’est pas l’hôtel le plus haut de gamme qui existe mais ce n’est pas non plus le truc le plus miteux où les cafards sont rois. Je m’assois et j’attends. Looongtemps.

Je n’ai pas grand-chose pour tuer le temps. J’ai bien parcouru rapidement des yeux les journaux posés en pile, mais rien d’intéressant. De toute façon, je n’ai pas envie de lire là. J’hésite à repartir en lui laissant un message. Ce serait bête qu’on se manque de peu. Il y a décidément rien à faire. Ni beaucoup de mouvement ou de conversations à discuter. Je finis par sortir un des animécaniques que Sanaë m'a offert pour le faire voleter.




x3
Gwen parle en #0033ff
Voir le profil de l'utilisateur

Lauren Hill
avatar
Jeu 29 Mar - 20:32
Irys : 864831
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
Il est parfois difficile de trouver de quoi s’occuper dans pareille situation. Mais cette fois, n’étant certainement pas le genre de femme à rester sagement enfermée dans sa chambre en attendant la providence, j’avais décidé de m’occuper en “m’incrustant” dans les bureaux de “Rathram Miroir” l’un des quotidiens locaux. J’y connaissais quelques journalistes, dont Sandra Zimmer avec qui j’avais travaillé sur une enquête, quelques années auparavant. Sandra était un peu comme moi, curieuse, dynamique… Mais bien plus exubérante.

Je passais donc quelques heures à ses côtés, l’écoutant me raconter ses dernières enquêtes clairement audacieuses. La journaliste était bien plus âgée que moi, étant de la même génération que mon mentor et ami Edwin Bax… J’ai d’ailleurs longtemps cru que ces deux-là avaient eut une relation plus ou moins passionnelle… Le genre que l’on évite de crier sous tous les toits, en particulier lorsque l’on est mariée, comme c’était le cas pour Sandra… Enfin, je n’ai jamais su le fin mot de l’histoire et ne m’y intéressant pas plus que cela, je ne m’en était pas mêlée.

Après avoir déblatéré pendant des heures, je finis par l’interroger sur les sujets qui m’avaient conduite jusque dans la région. Visiblement, le petit gouverneur de province ne faisait parler de lui que très peu… En tout cas, rien d’intéressant à me mettre sous la dent. Jusque-là, aucun scandale à déclarer, aucun faux pas… Si ce n’est son choix de quitter sa charmante épouse vieillissante pour une jeune et belle blonde. Voilà quelque chose d’intéressant, pas concernant l’homme, mais plutôt pour la jolie demoiselle… Les maîtresses, sont généralement des femmes avides, ambitieuses… Bien que très peu réussissent à faire en sorte que leur cher amant quittent leur épouse… Vraiment très peu… Oh, vous n’imaginez pas le nombre de petits potins croustillants que l’on réussit à déterrer en fouillant un peu. Et même si cela peut sembler insignifiant aux yeux des non-initiés, l’on en apprend beaucoup sur les gens dans ces minuscules détails du quotidien et de la vie privée. Si vous saviez ce que l’on peut découvrir sur la personnalité des gens en procédant de cette façon… Évidemment, les ragots en eux-mêmes ne m'intéressaient en aucune manière. Je n’en avais que faire et ne comptais absolument pas rapporter ceci dans un article quelconque. Disons que cela me permettait de trouver plus rapidement dans quel coin creuser…

En fin de journée, je rentrais à l’hôtel, mes quelques notes sous le bras avec l’intention de me pencher dessus pour mieux les étudier en ayant pris un peu de recul. J’étais loin de m’imaginer que Gwen serait déjà là, à m’attendre à l’accueil… Visiblement occupée à s’amuser avec un bien étrange animal.

- Tu es rapide, lançai-je en arrivant à sa hauteur. Qu’est-ce que c’est ce… truc ?

J’observais un instant, l’animal, un bel objet mécanique… Intéressant… Néanmoins, je me doutais bien que mon “amie” avait probablement mieux à faire que d’observer son jouet. Aussi, je l’invitais à me suivre jusque dans ma chambre.

-Je suis contente de te voir, au moins cette fois, notre rencontre n’a rien à voir avec le hasard, une première, raillai-je en dévérouillant la porte avant de pénétrer dans la pièce.

Une fois de plus, la chambre n’avait rien d’exceptionnel, je ne m’attarderai donc pas sur la décoration. Sachez juste qu’elle ne comprenait rien de plus que ce que je demandais à tous mes logements provisoires, un lit pour dormir et une table pour travailler. Je déposais d’ailleurs mes affaires sur la commode qui me servait de débarras, je rangerais le tout plus tard.

- Veux-tu boire ou manger quelque chose pendant que l’on discute ?

Question purement rhétorique, j’avais faim et soif, par conséquent, je tirais sur la petite cordelette reliant ma chambre aux cuisines. Entamant ensuite la discussion, en attendant que le valet de chambre ne vienne prendre la commande.

- Bien, figure toi que j’ai besoin de tes talents… Particuliers.

Je lui parlais ensuite de Dolores, de sa demande étrange, de son discours… J’essayais de lui fournir le plus de détails possibles afin de l’aider au mieux à se faire une idée

- Ton travail sera donc de fouiller dans son bureau afin de récupérer tout ce qui est susceptible de m’intéresser…

J’ouvris l’un des tiroirs de la commode afin d’en tirer l’épaisse enveloppe que Dolores m’avait donné avant de la tendre à Gwen.

- Sept-mille-cinq-cents irys… Et ce n’est que le premier versement. Je te l’offre. En revanche, je me méfie de cette Dolores de Rosse… Quelque chose cloche avec elle, mais je ne saurais dire quoi. Donc, malgré tout, fais attention.



Lauren s'exprime en #99ccff


Voir le profil de l'utilisateur

Gwen Feien
avatar
Sam 7 Avr - 8:27
Irys : 1661835
Profession : Voleuse
Guilde +1 (femme)
Je hausse les épaules. Aucun mérite dans ma rapidité, c’est un simple hasard que je sois là quand elle a besoin de moi. Ou qu’on se retrouve dans la même ville. Alors que je range mon gadget, je lui réponds en même temps sans entrer dans les détails. De toute façon, je serais bien incapable de dire exactement comment ça fonctionne.

« Un oiseau mécanique, c’est une connaissance qui me les a donnés. »

Évidemment, je ne me fais pas prier pour la suivre, ni je n’essaye de badiner. Si elle m’a fait venir ce n’est pas pour papauté, je suis au moins sûre de ça. Il me tarde de savoir le dessous de l’affaire. Je réponds ainsi à son affirmation distraitement, avec une pointe d’humour. Tout dépend de comment on regarde l’histoire.

« Disons moins que d’habitude. »

Sa chambre est ce qu’on peut attendre de ce genre d’établissement. Rien d’extraordinaire, rien qui dénote. Typiquement le genre d’endroit où même moi je peux me poser. Encore une fois, inutile de s’attarder la dessus ou d’en parler. Je réponds de manière concise depuis la place que je me suis attribuée sur le lit.

« Je veux bien oui. »

Ça fait un moment que j’attends mine de rien. Et puisque le repas est offert…

- Bien, figure toi que j’ai besoin de tes talents… Particuliers.

Elle a toute mon attention, elle l’avait déjà avant. Mais disons qu’elle est décuplée en plus de ma curiosité ? Bien sûr c’est pour une investigation, il aurait été étrange que la journaliste me demande un service pour l’enrichir. Cette pièce, s’il y a besoin d’une preuve qu’elle n’ait pas vénale, en est bien une. L’instigatrice de ce coup semble avoir attiré, en plus de l’intention de la journaliste, de l’animosité et de la méfiance. Les mots qui viennent avec l’avance, appuie bien mon ressentie face à son discours. Ce n’est pas une somme négligeable mais rien ne vaut de se mettre en danger pour le plaisir tordu de quelqu’un ou autre lubie. Le contrat d’Alisthian n’entre pas dans cette catégorie ! Rien à voir, enfin, je m’égare.

« Tu as vérifié, ses infos, le type existe bien ? Une idée plus précise du type d’informations que je risque de trouver ? »

De toute façon, j’irai observer moi-même sur place. Je ne me lance pas dans un cambriolage sur de simples racontars visiblement pas fiables. Surtout pour des papiers. Ce serait comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Je n’aurai clairement pas la possibilité de tout lire ou de tout emporter. Et les informations compromettantes que je suis censée trouver ne sont pas forcément cachée, tout dépend du type et de cet Dolores, de la validité de ses soupçons ou de sa motivation. Qui dit qu’elle ne ment pas pour s’inventer de l’aventure, ou que sais-je qui puisse venir à l’esprit de quelqu’un avec trop d’argent. Il serait sûrement intéressant que je la rencontre, bien qu’en même temps, vu les doutes planant sur elle, c’est pas plus mal qu’elle ignore mon nom.

À aucun moment il ne me vient à l’idée de remettre en doute les mots ou le jugement de la journaliste. Je l’ai déjà vu à l’œuvre et je sais que je peux m’y fier. D’ailleurs en ce qui me concerne, mon commanditaire c’est elle. Si les informations ne doivent jamais parvenir à Dolores, pas de problème pour moi.




x3
Gwen parle en #0033ff
Voir le profil de l'utilisateur

Lauren Hill
avatar
Lun 9 Avr - 13:23
Irys : 864831
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
Qu’il était plaisant de voir la mine intéressée de Gwen. Sa curiosité avait été piquée, tant mieux, cela rendrait sa tâche bien plus facile, tout comme la mienne. Le cas de Dolores m’intriguais tout particulièrement, même sans preuve concernant mes doutes. Le fait est que son histoire et son comportement m’avaient semblées assez étrange pour éveiller une certaine méfiance chez moi… Enfin, méfiant… Je le suis toujours, donc disons que la jolie blonde l’avait fait grimper d’un cran… Ou deux.

Bref, Gwen enchaîna sur une question des plus légitime, même si elle me contraria quelque peu. Je l’observais en haussant les sourcils tout en croisant les bras.

- Je ne fais pas dans l’amateurisme, Gwen et je n’ai pas non plus l’intention de t’envoyer au guêpier. J’ai évidemment tout vérifié au sujet de ce Gilles Hildegar, pour l’instant tout correspond plus ou moins avec les dires de sa… compagne. Néanmoins, cet homme n’a pas une mauvaise réputation, bien au contraire, c’est d’ailleurs ce qui me chiffonne dans cette histoire.

La conversation fut interrompue par un bruit de petits coups portés à ma porte. Le service de chambre, évidemment. Je pris donc le temps de prendre la commande, en prenant en compte les envies de ma jeune visiteuse… Tout en espérant que le gamin aux cheveux poils de carotte et à la tenue écarlate ne se décide à disparaître pour que nous puissions reprendre notre charmante discussion. Une fois la porte fermée et la tranquillité retrouvée, je retrouvais mon amie, avant de lui servir un verre de whisky.

- A l’origine, la belle m’a demandé d’enquêter sur une histoire d'adultère totalement improbable. Son récit ne l'évoquait en rien et en tant qu’ancienne maîtresse de ce cher gouverneur alors que celui-ci était encore marié… Je doute fort que la belle Dolores soit incapable d’en reconnaître les signes… Pour réussir à faire en sorte que cet homme quitte son épouse pour elle… Il serait stupide de dire que cette femme n’a rien dans le crâne. Mais bref, plus la conversation avançait, plus son discours changeait… Pour en venir à quelques soupçons sur d’éventuels détournements de fonds… Tout en semblant croire que ceci ne risquait pas de réellement nuire à ce bon gouverneur. Logiquement, tu devrais trouver des livrets de comptes, des rapports confidentiels qui ne seront probablement pas bien difficile à trouver...

Et bien quoi ? Plus j’en apprenais, plus je doutais des intentions de la jolie bourgeoise éplorée. De là à en être certaine… Non. Néanmoins, je veillais toujours à écouter mon instinct qui s'avérait souvent fiable. Si vous ne l'aviez pas comprit, je préfère le répéter ...

- De mon côté, je vais continuer à me renseigner sur le couple. Je vais également rendre une petite visite à Dolores, je suis curieuse de voir cette demeure… Et de rencontrer monsieur… Peut-être lui demander une interview factice histoire d’essayer d’apprendre à connaître le bonhomme… je ne sais pas encore… Mais une chose et sûre, je ne prendrais pas la peine d’attendre un carton d’invitation...

Soucieuse de lui fournir le plus d’information possible, je lui donnais un dossier relativement complet sur mes découvertes… Tout du moins, pour ce qui lui serait utile. S’y trouvait donc l’adresse de la demeure, située en banlieue, une photo d’archive de celle-ci, généreusement offerte par Sandra un peu plus tôt ainsi que quelques notes directement tirées des explications de la bourgeoise. Comme les habitudes de ce cher monsieur, celle de s’enfermer dans son bureau toute la journée pour n’en sortir que tard dans la nuit.

- Concernant ceci… Il serait probablement judicieux d’observer le comportement de l’homme. Je ne me suis pas encore rendue là-bas. C’est donc la seule chose que je n’ai pas encore pu vérifier. Je ne sais pas comment celle-ci est gardée, si elle est surveillée, et je ne connais absolument rien de son agencement intérieur…

Ce qui n’était pas un simple détail sans importance, avouons-le… Je laissais le temps à Gwen de réfléchir, elle connaissait aussi bien ce boulot que moi le mien. Par conséquent, j’avais entièrement confiance en elle et en son jugement.

Il devait être aux alentours de quinze heures, le lendemain, lorsque je me présentais devant la porte l’imposante demeure du gouverneur. Je me présentais comme une “amie” de mademoiselle De Rosse demandant à la voir… Ne m’étant pas annoncée plus tôt, comme l’exigent les convenances, sommes toute protocolaires… et ennuyeuses de bien des façons, le domestique m'observais avec méfiance, jaugeant ma personnalité par mon apparence, une peu comme l’avait fait sa patronne. Peine perdue, puisque pour l’occasion et… pour le plaisir de clouer le bec à la blondinette, j’avais pris soin de revêtir une tenue de circonstance, collant nettement mieux à l’image que l’on devait se faire de la fille de William Hill… Au bout d’un temps interminable, le domestique me fit entrer, pour patienter dans le vestibule… Tiens donc. Tant pis, j’en profitais pour observer les lieux, regardant également dans les petits espaces découverts par une porte mal fermée, des couloirs… Une manière de patienter, en somme.



Lauren s'exprime en #99ccff


Voir le profil de l'utilisateur

Gwen Feien
avatar
Mer 18 Avr - 8:25
Irys : 1661835
Profession : Voleuse
Guilde +1 (femme)
Certes, je le sais. Mais il fallait que je pause la question, que ça l’agace ou non. Sans surprise, elle a vérifié les antécédents et a relevé les incohérences. Que l’embaucheur mente n’est pas un souci si ça n’a pas d’impact sur la mission. En tout cas pour moi, je ne suis pas en quête de faits contrairement à Lauren. Ou de vérités, l’épisode des pioches n’est pas monnaie courante chez moi. Même si je ne regrette pas l’aventure, je ne peux pas me permettre de laisser la curiosité prendre le dessus trop souvent.

« Des œufs brouillés et du jus de fruit, n’importe lequel. »

La parenthèse nourriture passée et la porte refermée, nous pouvons repartir sur des choses plus sérieuses. Je feuillette ses documents minutieusement rassemblés. Il me manque le plus important comme elle le sait elle-même : je pas assez ses habitudes ou du lieu où il habite. Cette Dolores, si c’est vraiment sa maîtresse, aurait pu nous dessiner une carte à minima ! J’aurais quand même dû vérifier les infos après vu le manque de confiance qu’on peut lui accorder, mais quand même.

« Tout à fait, je ne compte pas me lancer à l’aveuglette. Et puisque tu y vas, tu pourras me renseigner en partie sur ces détails ! Inutile de multiplier les entrées. Pour ma part je vais aller y faire un tour et me trouver un coin pour observer les mouvements nocturnes. J’ai tout ce qu’il faut pour bien y voir. On peut se revoir dans deux jours en fin d’après midi ici pour partager nos découvertes. J’agirais ensuite. Ça te laisse suffisamment de temps pour imposer ta présence et moi faire une bonne observation ! »

Le whisky trône non loin de moi. Je n’y ai pas touché. J’aime cette boisson mais pas à tout heure et je préfère éviter le ventre vide. Ça attendra que le gamin roux revienne avec nos commandes. Pour le reste, il n’y a pas grand-chose d plus à discuter. Je peux me mettre en route dès mon repas consommé. Pas que je n’aime pas la compagnie de Lauren mais maintenant j’ai un boulot à faire ! Techniquement, j’en ai même deux. Un qui m’emballe beaucoup moins que l’autre.

Dès la sortie de son hôtel, je me rends sur les lieux pour faire un premier tour du quartier. Une simple reconnaissance que j’effectue en me baladant. Une fois que je suis satisfaite et que j’ai repéré un toit assez éloigné pour ne pas être vue tout en les observant grâce à mes lunettes, je retourna à ma chambre pour me reposer. Cette nuit pas de repos ni la nuit suivante. Il faut que je note quelles lumières restent allumées, si ça circule dans la maison et qui. Je fais du dix-neufs heures- sept heures. J’ai prévu le coup : le casse croûte, les pauses pipi, moment inévitable où la maison sera sans surveillance, et la boisson, de quoi garder les yeux bien ouverts. J’ai même mes petits animaux mécaniques de quoi occuper mes mains pour couper la monotonie et les longs moments où il ne va rien se passer ni en face, ni en dessous de moi dans la rue.




x3
Gwen parle en #0033ff
Voir le profil de l'utilisateur

Dolores de Rosse
avatar
Dim 22 Avr - 1:09
Irys : 264955
Profession : Sbire de Ludwig Strauss
Daënar 0
La maison du veuf gouverneur HIldegar était un sobre manoir, à l’écart de la fourmillante capitale locale. Nichée à quelques encablures d’un bosquet de conifères, perché sur une colline, sa façade dominait un petit bourg du nom de Sebastoburg, nom probablement tiré d’un lointain fondateur oublié. Le bâtiment était dans un style austère. Tout en pierre, plus précisément du grès, il était ceinturé d’une petite barrière en pierre à fonction ornementale. Le jardin n’était pas entretenu. Rien n’y poussait, hormis les mauvaises herbes, mais un potager, celui du personnel, se trouvait accolé à la façade Est. On accédait au manoir par quelques marches d’escalier qui menaient à une sobre porte de bois. L’ensemble ne semblait pas gardé, de prime abord, mais tout se passait à l’intérieur.

Deux hommes, tout d’abord, se trouvaient dans l’entrée. Une sorte d’antichambre close d’où l’on pouvait ensuite partir dans différentes directions pour rejoindre les quelques pièces du rez-de-chaussée. Ils étaient armés, jugés sympathiques par le personnel, mais le gouverneur imposait qu’ils ne s’assomment point en boissons alcoolisées, afin de rester alerte. Hormis ceux-là, dans les trois niveaux du manoir ne restaient qu’une demi-douzaine d’hommes qui, eux, avaient le droit de boire à leur guise, même si modérément tout de même. Le but étant qu’il y ait au moins deux gardes prêts au combat dans l’austère bâtisse.

Le bureau de Gilles Hildegar, quant à lui, se trouve tout en haut, au dernier niveau, celui des chambres d’amis. Celle qu’occupe le couple se trouve, elle, au premier étage, laissant au gouverneur, le plus souvent, un niveau entier pour être parfaitement tranquille. Il se trouve au bout d’un petit couloir, qu’encadrent les deux fameuses chambres pour les divers invités, et est protégé par une porte sécurisée, difficilement crochetable. De plus, ledit étage a la particularité de n’avoir pour fenêtres que de minuscules hublots. Nombreux, certes, mais impossible d’y passer pour un humain normal, même menu.

Jour de la visite de Lauren

La jeune femme avait occupé sa journée, comme à son habitude, dans la bibliothèque de l'imposant manoir. Elle était occupée, en parallèle, à mettre en forme le plan qui visait à duper la jeune journaliste. Il fallait glisser des preuves de manière crédible dans le bureau de son compagnon, ce dont elle s'était déjà occupée les jours précédents. Maintenant, il n'y avait plus qu'à attendre la dernière lettre, qui devait arriver dans une paire de jours.

Toutefois, elle n'avait pas prévue l'arrivée surprise de la journaliste ce jour-là. Elle avait imaginé que, peut-être, il lui aurait fallu un peu plus de temps pour se préparer. Mais qu'à cela ne tienne, Lauren avait déjà de quoi se mettre sous la dent dans le bureau du gouverneur. Il suffisait de ne pas évoquer le laboratoire dans la cave, ou encore mieux, de prétendre que Monsieur Hildegar ne laissait personne y entrer, pas même Dolores, afin d'éveiller encore plus la curiosité de la jeune femme. Dans tous les cas, elle descendit, prévenue par le majordome de son compagnon, rencontrer cette "amie" qu'elle reconnut sans peine, malgré son changement de tenue. L'ancienne chanteuse s'approcha d'elle avec toute la bonhomie qu'une femme de son rang se devait d'afficher en présence d'une amie.

- Madame Hill ! Je suis ravi de vous voir, vraiment ! Venez, allons dans le séjour, voulez-vous ?

La porte à gauche de l'entrée, à l'intérieur du vestibule, menait à un petit salon avec fauteuils, cheminée, plantes vertes, de quoi discuter tranquillement entre femmes de la bonne société. Le tout était relié à la cuisine par un couloir à côté de la cheminée, fermé par une lourde porte qui servait plus à insonoriser la bruyante cuisine qu'à protéger d'un éventuel incendie. Cette connexion permettait de servir le plus rapidement possible diverses collations aux invités et aux maîtres de maison. C'est d'ailleurs ce qui fut proposé à Lauren lorsque les deux femmes prirent place sur les fauteuils. Un plateau de fer blanc avec des cafés, du sucre, du lait, des sucreries, enfin bref, de quoi occuper les papilles de ces deux femmes qui, au moins, avaient ça en commun qu'elles étaient bien bavardes. Une fois les domestiques repartis, la discussion pouvaient commencer. Dolores affichait un visage fatigué, mais tout de même frais, merci le maquillage.

- Je ne vous attendais pas aussi tôt, vous êtes vraiment efficace ! Mon... compagnon n'est pas là. Il est à Cerka, à cause de ses responsabilités. Que voulez-vous donc faire précisément ?

A Gwen:
 


Code couleur Dolores: #9900cc
Joseph le majordome: #9999ff
Parties en italique: Pensées du personnage
Voir le profil de l'utilisateur

Lauren Hill
avatar
Mar 24 Avr - 11:18
Irys : 864831
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
Poireauter dans ce hall d’entrée ne m’apportait aucune information, évidemment. J’espérais pouvoir aiguiller Gwen sur l’agencement intérieur de la bâtisse, afin de ne pas la faire se lancer à l’aveuglette. Après tout, même s’il ne s’agissait que d’un gouverneur de province, Hildegar restait avant tout un homme politique avec tout ce qui allait avec. Daënastre ne laisse pas ses influants sans défenses, ce serait bien trop simple… ou inconscient, selon le point de vue, cela va de soi. Bref, heureusement pour moi, qui commençais à sacrément m’ennuyer, Dolores ne tarda pas à me rejoindre.

Belle, divine demoiselle, comme à son habitude… La parfaite petite maîtresse avec sa toilette soigneusement choisie, ses cheveux dorés savamment entretenus pour renvoyer les rayons de l’astre… Je ne doutais pas de sa capacité à faire tourner les têtes de ces messieurs, en particulier si elle s’avérait être aussi intelligente et maligne que je ne le pensais. Je répondis à son accueil par un immense sourire travaillé… “Ravie” de me voir… J’en doutais, puisque je ne m’étais pas annoncée, passant outre les convenances et le protocole exigés des gens de la “Haute”.

- Madame de Rosse, la saluai-je simplement à mon tour avant de la suivre dans la petite pièce qu’elle m’indiquait.

Je ne perdis pas le temps à observer la décoration des lieux, cela ne m’intéressait pas. Pour moi, toutes les riches demeures se ressemblaient et je n’attachais donc aucune importance aux vases rares, aux tableaux de maître ou aux tapis et tapisseries valant clairement une fortune dont je n’avais que faire. Non, je préférais m’attarder sur la belle Dolores, cherchant dans son regard quelques interrogations. Néanmoins, je ne décelais rien de tel dans ses perles d’azur… Donc soit la demoiselle s’était attendue à ma venue, soit elle était très douée pour camoufler ses émotions… Pourtant, elle affirmait ne pas s'être attendue à me revoir… Allez savoir.

- Efficace, je ne sais pas, mais consciencieuse, je le suis effectivement.

Zut, le gouverneur n’était pas là… Elle avait pourtant affirmé qu’il travaillait à son bureau durant la journée… Je notais l’incohérence tout en émettant une certaine réserve. Cela pouvait être une absence occasionnelle après tout. Il ne fallait pas oublier les responsabilités qui allaient avec le poste.

- Je pensais le trouver à son bureau, c’est dommage. Moi qui espérais pouvoir lui demander un entretien... dis-je sans prendre la peine de camoufler ma déception…

Au contraire, je l'amplifiais, puisque je n’avais pas réellement besoin de rencontrer ce monsieur. Tant pis, j’avais d’autres choses à voir ici.

-À vrai dire, je vais avoir besoin de renseignement sur les lieux, murmurai-je avant de boire une gorgée de café. Vous vous doutez bien que ce n’est pas moi qui m’introduirais dans ce bureau. Je suis journaliste, pas cambrioleuse… Je ne suis pas non plus du genre à fouiller dans les poubelles, ce n’est pas ma manière de procéder habituellement. Par conséquent, je préfère assurer la sécurité de mon...aide extérieure. Pour cela, je vais avoir besoin de toutes les informations que vous pourrez me fournir, concernant l'intérieur de la maison... Et peut-être vous êtes vous souvenue de quelque chose, une information qui me serait profitable, depuis notre rencontre...



Lauren s'exprime en #99ccff


Voir le profil de l'utilisateur

Dolores de Rosse
avatar
Jeu 24 Mai - 16:35
Irys : 264955
Profession : Sbire de Ludwig Strauss
Daënar 0
Ne vous méprenez pas, j’aime les gens surprenants, d’ordinaire. Pardon, rectification, j’aime uniquement les hommes surprenants. Les femmes peuvent l’être aussi, évidemment, j’en suis même la preuve vivante. Mais je suis également la manifestation de cette vérité simple : lorsqu’une femme vous surprend, ce sera rarement agréable. La plupart des gens s’accordent à dire que je surprends d’abord par mon intelligence, ce qui déçoit plus d’un amateur de la naïveté féminine, donc première déception. Ensuite, il m’arrive de surprendre par… ma détermination. Là ce n’est plus de la déception qui gagne l’autre, c’est la peur. Enfin… peu de gens en ont subi les conséquences, mais il arrive que j’en surprenne certains par ma capacité, toute nouvellement acquise, à regarder une pauvre innocente dans les yeux avant de lui coller une balle dans la tête. Cette fois-ci, c’est la plus pure terreur qui est lisible dans ses yeux juste avant que j’appuie sur la détente. Cette femme, cette Lauren… un jour, elle ressentira cet effroi. Je le jure.

Mais par quoi donc était motivée une telle haine ? La journaliste faisait ce pourquoi Dolores l’avait engagée pourtant. Oui, mais elle n’était pas assez idiote, l’ancienne chanteuse, pour ne pas comprendre que tout l’appétit charognard de ce produit des médias libéraux tournait ses yeux affamés vers elle, et non vers Gilles, son compagnon. Elle se savait la cible de cet esprit si « consciencieux », comme elle le disait elle-même. Consciente de ses faiblesses, pas présomptueuse pour deux sous quand à ce dont elle était capable, Dolores était consciente qu’elle avait fait entrer un loup à l’intérieur de son étable. Seulement, il peut arriver que le loup, l’œil trop vif, la gueule saliveuse, la disette au ventre, soit si pressé de manger qu’il en oublie qu’entrer trop facilement dans l’enclos de ses proies… Signifiait peut-être ne plus pouvoir en sortir.

- Je pense que… quand bien même vous lui en auriez demandé un, il aurait refusé. Il a toujours été très discret. S’excusa presque la jeune femme tout en buvant une gorgée de café.

Vinrent ensuite les explications que réclamaient la journaliste. Le manoir était divisé, en tout et pour tout, en quatre niveaux. Le premier, celui où elles se trouvaient actuellement, était celui des pièces à vivre. Séjour, salle à manger, cuisine, une petite salle de bain, un accès au jardin, une entrée peu aménagée, c’est tout. L’étage supérieur, quant à lui, était celui des appartements du gouverneur. Une chambre, d’autres pièces à vivre comme une bibliothèque ou une verrière pour prendre le thé. Toutefois, l’étage encore au-dessus, celui des chambres d’amis, n’était accessible que par un escalier gardé, le seul à l’intérieur de la maison, hormis les deux à l’entrée. Souhaitant une solitude totale lorsqu’il travaillait, le gouverneur faisait passer quiconque voulait l’interrompre par ce mastodonte qui n’était relevé qu’à la nuit tombée, mais cet accès n’était jamais laissé sans surveillance. Le troisième étage ne comportant aucune fenêtre, mis à part des sortes de hublots circulaires barrés d’une croix en barreaux de fer, c’était le seul moyen d’accéder aux secrets du gouverneur. Mais il y avait encore… Un dernier niveau.

- La cave. On y accède par les cuisines. La nuit, il n’y a plus que les gardes éveillés, aucun domestique. On peut donc y accéder assez facilement. Mais… elle est fermée à clé. C’est le laboratoire de Gilles. C’est là qu’il fait ses expériences de biologie. C’est sa passion, vous savez. J’y suis jamais rentré, jusqu’ici, je sais pas trop ce que vous y trouverez, si jamais vous comptez y aller.

Un long moment d’explications, dans lequel Dolores n’omit aucun détail qu’elle connaissait sur le fonctionnement de cette grande demeure. Ce qu’elle ne savait pas, elle préféra ne pas l’inventer, au risque d’éveiller de nouveau la perfide curiosité de Lauren. Et puis, quitte à lui donner un peu de challenge, peut-être que l’amante de ce cher gouverneur pourrait bien changer de cible au milieu de tout ce plan. Il ne fallait pas oublier que Dolores de Rosse était, avant tout, une femme surprenante.

Par pitié, que tous les Ünen me viennent en aide et fassent que cette saleté de fouineuse morde à l’hameçon. Je ne lui demande rien de plus que cela ! Pourquoi faut-il qu’elle commence à me soupçonner de quoique ce soit ? Gilles doit disparaître. Il a trahi notre pays. Elle le découvrira bien assez vite, mais pour le moment je vais devoir me coltiner ses suspicions horriblement pertinentes. Oh, je vous le dis, si elle continue de me chercher, à un moment je vais devoir sévir Mademoiselle Hill.


Code couleur Dolores: #9900cc
Joseph le majordome: #9999ff
Parties en italique: Pensées du personnage
Voir le profil de l'utilisateur

Lauren Hill
avatar
Ven 25 Mai - 0:10
Irys : 864831
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
Mon père aimait dire que les mensonges les plus perfides étaient toujours servi sur une soucoupe. Une manière bien personnelle de nous apprendre, à ma sœur et à moi, à nous méfier des conversations que l’on pouvait avoir au milieu d’un salon silencieux. L’on pourrait également penser que les plus sombres rumeurs de la haute société naissaient de cette manière. Néanmoins, si William Hill a toujours été un homme très malin, il n’en restait pas moins mystérieux, de ce fait, la plupart de ses leçons pouvaient être laissées libres à l’interprétation. L’on s’y retrouvait toujours, d’une façon ou d’une autre, selon les situations.

Ici, il ne s’agissait pas simplement de mensonges, j’en étais certaine. Dolores me paraissait plus nerveuse… Oh, la belle tenait merveilleusement son rôle, rien ne perçait dans sa voix ou dans ses gestes dépourvus de tout tremblement éloquent. Non, tout se passait dans ses jolis yeux bleus régulièrement troublés par une lueur étrange et dérangeante… Avait-elle compris que je me méfiais d’elle, de ses paroles travaillées, calculées, certes, mais ô combien incertaines ? À l’évidence, oui, bien que j’étais encore incapable de comprendre ce qui se tramait derrière ses perles d’azur.

Pour l’heure, je me contentais donc de noter méticuleusement dans mon carnet, toutes les informations qu’elle me fournissait sans lui poser de question. Il y avait là beaucoup de détails que je veillais à retranscrire pour faciliter le travail de Gwen, ne voulant pas l’envoyer dans un traquenard dont elle se serait bien passée, tout comme moi.

Je veillais donc à paraître aussi détachée que possible. Ne relevant pas l’histoire de la cave dont je n’avais jusque-là, jamais entendu parler. Dolores avait évoqué un simple bureau et non un laboratoire, ce qui me parut particulièrement étrange. Néanmoins, je gardais mon masque de journaliste bien en place afin de ne rien laisser paraître. Car quoi qu’elle pense réellement à mon sujet, je me devais de l’éloigner de ses suppositions. Puisque pour être à sa position, la belle n’était certainement pas la dernière des idiotes dotée d’un joli minois, oh que non. Par conséquent, j’évitais autant que possible de la mettre mal à l’aise et de la...provoquer inutilement. Lui faisant croire que je rentrais bien docilement dans son jeu, quel qu’il soit sans pour autour détourner mon attention.

Le reste viendrait plus tard et seulement au moment où je serais certaine de pouvoir, un tant soit peu, anticiper ses réactions. Je connaissais très bien ce monde et ses méthodes fort peu louables. Je savais très bien comment les notables, les importants se débarrassaient des gêneurs, je ne comptais d’ailleurs pas y goûter… Et comme l’on n'apprend pas à un vieux singe à faire la grimace, je fis donc de mon mieux pour lui faire croire que je ne la voyais que comme une pauvre biche égarée perturbée par les changements survenus chez son compagnon… Une pauvre biche inoffensive, en somme… Même si cette lueur dans ses yeux lui donnait l’air d’une prédatrice.

-Et bien, je pense avoir tout ce qu’il me faut. Merci de m’avoir si gentiment reçu, à l’improviste qui plus est, dis-je en refermant mon carnet avant de me relever. Je pense que le papier sera prêt d’ici quelques jours. Deux, peut-être trois… Je vous donne donc rendez-vous dans ce salon de thé que vous semblez apprécier. À la même heure que la dernière fois, disons dans trois jours, histoire de voir un peu large. Je vous tiendrais au courant, si tout cela devait prendre plus de temps que prévu.

Je rangeais mon calepin dans son sac, avant de lui tendre la main, en guise de salut.

-En attendant, veillez à rester comme d’habitude. Ne soyez pas plus distante, ni plus proche. Les hommes ont parfois un instinct étonnant… Il ne faudrait pas qu’il se méfie de vous. Ne vous inquiétez pas, surtout, quoi qu’il cache, je le trouverai.

Je lui adressais un sourire se voulant encourageant, comme si je lui apportais tout mon soutien sans en faire trop. Je n’avais donc plus qu’à rejoindre Gwen afin de lui faire parvenir tous ces merveilleux détails sur la demeure du gouverneur.

Je rentrais donc directement à mon hôtel en empruntant un fiacre. Durant le trajet, je pris le temps de relire mes notes, de reformuler certains passages pour les rendre plus claires ou simplement plus lisibles.

Le soir même, peu avant la tombée de la nuit, je retrouvais donc mon amie. Je lui exposais donc tout ce que m’avait appris Dolores durant ce rapide entretien.

-Visiblement, tout devrait se trouver à la cave. Sa façon d’en parler en insistant sur la facilité pour y pénétrer me semble étrange… Je me demande si je ne devrais pas t’y accompagner tout de même… Qu’en penses-tu ?



Lauren s'exprime en #99ccff


Voir le profil de l'utilisateur

Gwen Feien
avatar
Mer 13 Juin - 9:12
Irys : 1661835
Profession : Voleuse
Guilde +1 (femme)
Je ne l’ai peut-être pas précisé, mais je ne suis pas seule pour attendre de pénétrer dans la demeure. C’est toujours un risque en plus de travailler avec un partenaire dont on ne contrôle pas les mouvements. Bien qu’avec la journaliste, je pense que c’est un risque raisonné. Ce n’est pas une voleuse mais je lui fais assez confiance dans ce domaine quand même. Ses yeux autant que son savoir sur l’intérieur de la maison pourront mettre utile. Et elle sait courir, point essentiel pour une fuite en cas de besoin ! Enfin, je suis quand même seule à observer la maison depuis l’arbre, un conifère, puisqu’il n’y a que ça qui entoure la maison. Je l’ai laissée en bas, pas la peine de lui imposer des acrobaties inutiles.

Le premier soir d’observation m’a permis de vérifier les diverses informations données par l’employeuse de Lauren. Tout était exactement comment dit. Aucune déviation au niveau de la sortie des gardes, du départ de ce mastodonte qu’on ne pouvait louper. Les lumières s’éteignaient ensuite pour ne laisser qu’un petit halo tamisé trahissant la présence des gardes de nuit dans ce qui devait être le vestibule ainsi qu’à l’étage.

Les cuisines sont toujours aussi noire à une heure du matin, les gardes ou le garde qui vient prendre un en-cas est reparti. Ça va être à nous de jouer. L’entrée la plus simple est la porte de service dans cette pièce. Il faut commencer par descendre de ma branche pour rejoindre ma complice. Sans bruit et sans se faire mal de préférence. Je ne serais guère plus qu’une ombre si les deux lunes ne brillaient pas dans le ciel. Pas le choix, ou plutôt, pas le temps d’attendre qu’il en fut autrement. Je n’ai pas deux semaines à tuer dans cette opération. De toute façon, je doute que quiconque nous voit ou pense qu'on est autres chose qu'un des animaux peuplant le petit bois.

« Ça va ? Prête à y aller ? »

Ma main s’est posée sur l’épaule de la journaliste pour signaler ma présence, contrairement à moi elle n’a pas de lunettes pour voir dans l’obscurité et le bas de mon perchoir est bien plus enveloppée dans le noir que son sommet.

Je m’attends évidement à une réponse positive. Mais sait-on jamais, mieux vaut qu’elle se débine maintenant qu’à l’intérieur. Le plan est simple : vérifier la cave même si c’est un peu gros et que ça sent le roussit. Une fois la porte du sous-sol ouverte, elle aura libre champ pour fouiller et moi pour partir vérifier le reste de la maison. Notamment le bureau à l’étage. Si j’arrive à passer les  gardes, j’ai une idée pour ça…

« Rester plus d’une demi-heure serait risqué. Si je ne t’ai pas rejoins d’ici là il faut que tu sortes avec tous les documents trouvés. »

Ce n’est pas la première fois que je lui dis en deux jours mais une fois de plus ne fera pas de mal. On ne peut pas être trop claire sur l’opération. C’est les derniers instants où on peut encore échanger, une fois à l’intérieur le silence sera de mise. Il n’est pas difficile de contourner le manoir sans être vu de l’intérieur, un simple arc éloigner du bâtiment nous permet de passer inaperçue grâce à la pente et le jardin touffue. On pénètre dans la cour par le potager, seul endroit entretenu pour aller directement à la porte de la cuisine. Elle est fermée, bien sûr. Avec mes outils, ce n’est pas un problème. Quelques minutes suffisent à en venir à bout. Je pousse la porte doucement et juste assez largement pour nous laisser entrer. Inutile de prendre des risques avec ses ouvertures qui peuvent grincer quand on s’y attend le moins. Je laisse Lauren à l’entrée pour me diriger directement vers la porte de la cave. Fermée aussi. Bien que cette fois pas besoin de crocheter : la clef est dessus. Je lui fais signe que je m’en vais et attends sa réponse avant de la laisser seule.




x3
Gwen parle en #0033ff
Voir le profil de l'utilisateur

Aller à la page : 1, 2  Suivant
Page 1 sur 2