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Chroniques d'Irydaë
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 [Terminé] La vérité est une histoire comme une autre. [PV Lauren & Gwen]

Lauren Hill
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Mer 13 Juin - 14:28
Irys : 864831
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
Ce n’était pas la première fois que je devais d’introduire quelque part, avec Gwen de surcroît… Même s’il était étrange de me dire que cette fois, j’étais à la fois invitée et intruse. Je laissais donc ma partenaire se charger de l’observation, puisque dans tous les cas, je ne distinguais pas grand-chose dans l’obscurité de la nuit, en particulier à cette distance, mais en plus, Gwen connaissait aussi bien son travail que moi je connaissais le mien. J’avais donc toute confiance en la jeune fille qui malgré son jeune âge ne manquait ni de ressources, ni de réflexion. Il était rare de me voir respecter autant quelqu’un, surtout de si jeune, mais pourtant, la petite voleuse avait su le gagner sans efforts.

J’attendis donc, calmement, que la jeune fille ne me donne le signal du départ. J’essayais de me concentrer, d’anticiper les situations susceptibles de mal tourner, simplement pour ne pas la gêner en les provoquant et de lui attirer des problèmes dont nous nous serions toutes deux passés. Finalement, une petite main ferme se posa sur mon épaule. Concentrée comme je l’étais, le contact me fit sursauter légèrement… Au moins, je ne criais pas lorsque j’étais surprise… Sans quoi bonjour la couverture ratée… Étais-je prête à me jeter dans la gueule du loup ? Tout à fait… Non pas que le danger me plaisait, mais j’avais surtout hâte d’en finir et de voir ce qui se cachait derrière toute cette histoire.

-Je le suis, lui répondis-je tout en hochant légèrement la tête comme pour appuyer mes paroles.

Je l’écoutais attentivement me donner les dernières recommandations d’usage… Évidemment, j’espérais ne pas avoir à fuir sans elle, même si je me doutais bien que l’inverse ne lui poserait pas autant de problèmes. Il fallait rester réaliste après tout, mieux valait qu’une de nous ait une chance d’en réchapper si l’une de nous se faisait attraper… À nous donc de faire en sorte que tout se déroule sans encombre, même s’il restait encore l’affaire Dolores à gérer derrière… Car qu’importe les informations susceptibles d’être trouvées, rien ne pouvait me garantir leur véracité… Encore fallait-il y mettre la main dessus…

-Je comprends, soupirai-je tout en m’assurant la présence de ma montre dans ma poche…

Là-dessus, je la suivis à travers les jardins, jusque dans la maison. Elle me laissa devant la porte de la cave après lui avoir adressé un signe de tête pour lui souhaiter “bonne chance”... Sans plus tarder, je poussais lentement le battant de la porte du sous-sol, avant de passer la tête dans l’embrasure pour m’assurer que personne ne s’y trouvait. L’endroit était apparemment désert, même si une petite lampe électrique trônait fièrement sur le bureau, illuminant une bonne partie de la pièce…

Dolores n’avait pas menti sur ce point, il s’agissait bien d’un laboratoire rempli de divers flacons d’où s'échappait quelques relents d’alcool et parfums de plantes dont j'ignorais absolument tout. Bien que seul le bureau jouissait d’un éclairage convenable,je pouvais aisément distinguer une table métallique royalement équipée de divers instruments coûteux dans un coin sombre… Inutile pour moi de chercher de ce côté, mes connaissances en science se rapprochant du zéro absolue, je serais bien incapable d’y déceler quelques anomalies… Au lieu de cela, je me dirigeai du côté paperasse tout en notant dans un recoin de ma tête que tout cela ressemblait à une mise en scène quelque peu évidente… D’abord la clé sur la porte, maintenant le bureau éclairé… Comme si l’on tenait à me guider vers quelque chose de bien précis… Mon instinct ne me jouant que très rarement des tours, je préférais rester sur mes gardes tout en décidant de me méfier de chaque objet et documents se trouvant sur cette table.

D’ailleurs, dans un premier temps, je ne trouvais que quelques notes traitant de différents essai, comprenant des mots à rallonges finissant pas um, probablement des plantes… Rien d’intéressant pour moi. Veillant à me positionner dans un angle où mon ombre ne se distinguerait pas sous la porte, je continuais mon investigation tout en restant le plus silencieuse possible. J'évitais donc les mouvements rapides ou empressés tout en jetant quelques coups d’oeil à ma montre régulier…

Je ne trouvais rien de visible, heureusement d’ailleurs, sinon je n’aurais plus éprouvé le moindre doute quant à la grossièreté de la mise en scène. J’en aurai été presque déçue… Après tout, qui aimais être prise pour une parfaite imbécile, au juste ? Certainement pas moi, même si parfois, paraître stupide pouvait garantir une certaine sécurité tandis qu’une intelligence notable vous faisait directement passer au rang d’ennemis probable… Ce dont je commençais sérieusement à craindre concernant la jolie blonde.

Poursuivant mes recherches dans les tiroirs, je finis par tomber sur un dossier posé au-dessus d’une pile de documents. M’installant sur le sol, j’entrepris de le parcourir brièvement, simplement pour savoir si ces papiers méritaient mon intérêt ou non. Tout d’abord, je tombais sur une série de papiers… certains étant tapés à la machine signées par les initiales G. H, probablement celles du gouverneur Gilles Hildegar, d’autres écrites à la main avec une calligraphie des plus soignées, mais ne comprenaient ni nom, ni initiales… Seulement une étrange formule indéchiffrable en guise de signature… Il s’agissait de lettres datant de 932, un échange se déroulant sur plusieurs mois…Jusqu’en Avril, au début du mois… Au fil d’une lecture rapide, en diagonale, je compris que l’auteur des lettres manuscrites était my’trän… Visiblement l’un des fils de Süns en notant quelques petites notes de fanatisme dans ses propos… Tout cela ne me disait rien qui vaille, mais je n’avais guère le temps d’en voir plus pour le moment, la demie heure s’écoulait bien plus rapidement que ce que je ne l’aurais cru. Je me contentais donc d’enfouir le dossier dans mon sac tout en continuant de fouiner brièvement jusqu’à ce que la porte ne s’ouvre.

Je sursautais sur le moment, sentant mon cœur cogner bruyamment contre ma poitrine. Heureusement pour moi, il s’agissait de Gwen, ce qui me rassura assez pour permettre à mes poumons de refaire le plein d’oxygène. Je désignais mon sac pour lui faire comprendre que j’avais trouvé quelques choses d’intéressant et que nous pouvions y aller.

Plus tard, bien à l’abri dans ma chambre d’hôtel, je délestais prestement mon sac du poids du dossier pour étaler son contenu sur la table… J’y trouvais également quelques plan de bâtiment…

-Bon sang !m’écriai-je en découvrant le nom de celui-ci en bas de page. C’est l'hôpital Labioda.... Les lettres s’arrêtent début avril 932…Merde...

Pour rappel, le 8 Avril 932 est la date de l’attentat de Rathram faisant plusieurs dizaines de morts parmi les patients et personnel de ce fameux hôpital aujourd’hui partiellement détruit. Celui-ci était d’ailleurs le plus important centre de soin du continent, ainsi que le cœur de la médecine daënare…

Je me plongeais donc dans une lecture plus poussée de cet échange épistolaire traitant effectivement de l’organisation de cet attentat… J’en fis d’ailleurs part à mon amie tout en soulignant les quelques détails qui m’avaient interpellés tout le long de la soirée.

-Le contenu de la cave devait rester secret à toute personne en dehors du gouverneur, mais la clé se trouvait sur la porte… Seule la petite lampe du bureau, électrique qui plus est, était allumée, comme pour m'indiquer l'endroit où chercher. Le dossier se trouvait bien visible dans un tiroir et ici se trouve des lettres supposément écrite par G.H… Mais peux-tu m’expliquer pourquoi ces lettres se trouvent ici alors qu’elles auraient dû être dans les mains de son destinataire… Ou alors, pourquoi aurait-il pris la peine d’en faire des copies et surtout de garder ce fichu dossier bourré de preuves accablantes ?

Vrai ou faux ? Etait-ce mon imagination où tout cela fleurait le coup monté de toutes pièce ? Quel imbécile garderait un tel dossier sous la main ? Vraiment, rien de tout cela n'était logique... Finalement, je me retournais vers Gwen, lui demandant si, elle aussi, avait trouvé quelque chose.



Lauren s'exprime en #99ccff


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Gwen Feien
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Ven 15 Juin - 10:01
Irys : 1661835
Profession : Voleuse
Guilde +1 (femme)
Une fois séparée de la journaliste, je vais directement vers là où je pense qu’il y a des choses à voir : le troisième étage. Ce ne peut pas être un hasard que ce soit le seul autre endroit bloqué. Pourquoi y aurait-il de la lumière au second autrement ? Je suis obligée de m’avancer avec prudence, cet étage m’est totalement inconnu : Lauren n’y est pas allée et Dolores n’a rien dit, bien sûr. C’est donc le plus silencieusement possible que je m’avance dans les escaliers. Le tapis qui le recouvre étouffe mes pas, ça ne pourrait être mieux. Par contre, je suis obligée de m’arrêter à chaque tournant pour vérifier si je ne suis pas visible depuis le deuxième et arrivée en haut que le l’escalier menant au troisième n’est pas juste en face de moi. Normalement non. Si j’ai bien enregistré la disposition des lieux mais on est jamais à l’abri d’une erreur d’estimation, y voir dans le noir n’y change rien.

Un bon point : l’escalier suivant semble être à l’autre bout du couloir ainsi que les gardes. Je retire ma tête avant d’être remarquée. Peut-être que les fenêtres ne nous représentaient pas un accès intéressant à la demeure mais elles vont m’être utiles quand même. Celle du couloir notamment puisqu’elle est ouverte. C’est parfait. Déjà, il faut que je me mette ailleurs, sinon je ne pourrais pas passer dans leur dos ; une des pièces à mon opposé fera l’affaire. Surtout que pour l’instant ils ont plus l’air de somnoler qu’autre chose. Je me glisse contre le mur et teste la première porte tout doucement. Pas de mouvement brusque qui pourrait attirer l’attention. Ma respiration se suspend jusqu’à ce que je sente la poignée céder.  Première étape de fait. Maintenant voyons voir si les cadeaux de Sanaë sont efficaces. Je commence par lancer l’oiseau. Et il fait son chemin, passe par la fenêtre, sans gêner personne…  Super. Bon, ben, c’est au tour de l’énorme insecte. Cette fois je décide de faire un petit bruitage pour sortir ces deux là de leur torpeur avec un Ksss Ksss des grillons. Cette fois, ils bougent ! Très bien. Je peux passer dans leur dos alors qu’ils suivent le petit automate. De là qu’ils comprennent que ce n’est pas un insecte et arrête de s’y prendre délicatement pour le faire sortir, je serais partie.

En haut, d’autres portes fermées mais moins. Je n’ai pas besoin de beaucoup de temps pour trouver le bureau qui ressemble à tant d’autre. Je m’attaque au meuble le plus évident pour chercher des informations : le bureau. Je fais le côté gauche puis le droit. Il n’y a rien qui me frappe comme intéressant, du papier vierge du matériel pour écrire, des dossiers sans intérêt sur la voirie, le budget de rénovation ect… Pas le temps de lire en détail pour voir s’il y a une magouille là dedans. Il devrait y avoir un compartiment pour cacher ses sombres secrets ou au moins un coffre mais rien. J’ai beau tâter le fond des tiroirs et des placards aucun ne semble dissimuler quelque chose. Rien ailleurs non plus. C’est impossible que des gardes surveillent cette endroit sans raison. Je dois manquer un élément qui est sous mon nez. Mais je ne peux pas rester plus, j’ai déjà trop tardé. Tant pis. J’entame le chemin retour. Pas de garde aux pieds des escaliers. Bizarre, je descends. J’entends enfin leur voix qui semblent se rapprocher, ils ont dû descendre d’un étage. Il faut croire que ma distraction a fait plus d’effet que prévu. Tant mieux, ça m’arrange, pas d’effusion de sang. De nouveau je me dissimule dans la pièce que je sais ouverte et j’attends qu’ils passent. Cette fois-ci, ils sont bien réveillés mais ils ont le dos tourné à moi quand je passe de la pièce à l’escalier.

Après, c’est simple de retrouver la journaliste. Evidemment, elle n’a pas respecté la consigne et est plongée dans ces trouvailles. Je suis obligée de la tirer de là. En partant, je décide de fermer la cave et de garder la clef. Un geste peu coûteux qui pouvait ralentir la découverte du larcin, s’ils n’ont pas d’autre clef et qu’ils tiennent à la porte. Un petit mystère en plus de l’automate. Dommage que j’en perde deux dans l’histoire. Quoique, l’oiseau je peux toujours tenter de venir le récupérer plus tard.

Merde est un mot faible au vu de ce qu’implique la date de ses lettres et leur destinataire. Pas besoin de me faire un dessin, j’y étais en plus le jour où l’hôpital a explosé. Pas au bâtiment même, je ne m’en suis pas approché, j’avais un autre travail en cours. Mais ça marque quand même les esprits une explosion comme ça. Je ne comptais pas spécialement lire le courrier, mon boulot était fait mais là… Je parcours les lettres que Lauren n’a pas en main et échange avec elle pour voir celles que je n’ai pas lues. C'est un peu gros, facile ? Pourquoi garder tout ça ?

« Et je ne sais pas ce qu’il y avait à l’étage mais il doit y avoir quelque chose pour avoir des gardes jour et nuit. C’est bizarre que tout ça se trouvait dans la cave… Si ce n’est pas à lui, il ne devrait pas remarquer leur absence. Peut-être pourrais-tu tenter d’aller le voir une nouvelle fois ? Si ces documents sont les siens il sera nerveux de leur disparition. »

Le fait que cette Dolores l’empêche de le rencontrer est bizarre aussi. Bref, maintenant que c’est fait et qu’on a trouvé ce que son employeuse voulait qu’on trouve, il faut choisir la démarche pour la suite. Enfin, Lauren le doit surtout. Ce n’est clairement pas mon domaine. Je ne m’embarrasse jamais de de ce genre de problème habituellement. D’abord, j’essaye d’éviter ce type d’affaire louche et ensuite si des gens veulent se tirer dans les pattes, grand bien leur face tant qu’ils ne me font pas tomber au passage.

« Je ne peux rien faire de plus je crois ? »

Connaître le fin mot de l'histoire m'intéresse clairement mais je ne crois pas être bien utile maintenant et j'ai toujours le job donné par Alises à faire...

Lancé de dés:
 




x3
Gwen parle en #0033ff
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Lauren Hill
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Sam 16 Juin - 13:53
Irys : 864831
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
Que devrais-je faire de ces fichus documents ? Pour l’heure, je n’en n’avais pas la moindre idée. Le fait est que tout cela me paraissait bien trop gros, bien trop simple pour être réel. Et puis… Gwen marquait un point en soulignant que tout s’était trouvé dans la cave, une pièce nullement gardée contrairement à celles situées à l’étage. La logique voudrait que toutes preuves compromettantes se trouvent dans l’endroit le plus inaccessible et pas négligemment posé dans un vulgaire tiroir… Et puis, quel imbécile capable de garder des copies de ses propres lettres pouvait réussir à se tenir à une place importante de la sphère politique ? L’argent aidait souvent, c’était un fait, mais là… Non, je maintiens, c’était bien trop gros.

Mais alors, pourquoi cette femme m’avait conduite jusque-là ? Je ne pouvais que m’interroger sur les motivations de la belle Dolores. Pourquoi ferait-elle cela alors qu’elle se trouvait dans une position de choix? En particulier après avoir évincé l’épouse de ce cher Giles Hildegar...Tout cela me paraissait bien étrange, presque irréel… Néanmoins, si tout cela n’était effectivement qu’un coup monté de toute pièce par la maîtresse du gouverneur, qu’était-elle prête à faire pour voir son plan accomplit ? Mon instinct était-il fiable cette fois, ou me jouait-il quelques tours ? Tant de questions pour aucune réponse, seulement des doutes, des suppositions pour aucune preuve.

“Voilà donc où j’en suis,” songeai-je en passant une main sur mon front.

Alors, certes, je détestais l’idée de n’être qu’un pion entre ses mains délicates aux ongles soigneusement manucurés. Étais-je seulement en sécurité ?

-Tu as raison, il doit y avoir quelque chose là-haut, soupirai-je en m’enfonçant un peu plus dans ma chaise. Mais je n’ai pas l’intention de fouiller cet étage...

Un plan se profilait peu à peu, faisant son nid au sein de mon crâne endoloris par la forte migraine que Dolores m’avait imposé. Avant tout, il me fallait garantir ma sécurité et pour cela, une seule personne me vint en tête. Je savais que je pouvais compter sur lui, même si lui demander ce service ne m'enchantait guère…

-Je vais prendre contact avec Dolores, il est temps de jouer cartes sur table et de faire comprendre à cette demoiselle que je ne suis pas un jouet.

Autant jouer franc jeu puisqu’après tout, j’avais tout à perdre dans cette histoire et rien à gagner. Je mettais un point d’honneur à me montrer honnête en toute circonstance. Aussi, publier de fausses information, faire arrêter un homme possiblement innocent pour le conduire jusqu’à la potence pour haute trahison, n’était certainement pas dans ma nature.

Le lendemain matin, après m’être assurée de quelques garanties, j’envoyais un message à Dolores, l’invitant à me rejoindre dans un joli petit jardin public de la capitale de la région à quinze heure précise. Il faisait beau, tant mieux, je n’avais nullement envie de m’enfermer dans un de ces salons luxueux pour y boire un thé hors de prix, selon les convenances. J’arrivais bien avant l’heure du rendez-vous pour m’installer sur un banc disposé en plein soleil. Le printemps arriverait bientôt, mais pour l’heure, il faisait encore frais, les rayons de l’astre le permis de me réchauffer doucement tout en m’occupant avec les nouvelles du jour.

La jolie blonde arriva peu après. Je l’avais vu arriver du coin de l’oeil, néanmoins j’attendis que la belle n’arrive à ma hauteur pour relever la tête et lui offrir un sourire plutôt courtois.


-Bonjour, mademoiselle De Rosse, j’ose espérer que votre matinée fut agréable, lui lançai-je avant de me décaler sur mon banc. Installez-vous, je vous en prie.

Je ne savais pas si la conversation allait durer ou non, mais je préférais l’avoir à hauteur. Si elle refusait de s’asseoir, je me lèverai, simplement parce qu’il était hors de question de laisser à cette femme une once de pouvoir sur moi, même illusoire.

-J’ai effectivement trouvé quelques choses fortement intéressantes dans le bureau de votre compagnon, enfin celui de la cave. Figurez-vous que la clé était sur la porte… N’est-ce pas étrange pour un homme qui déteste que l’on fouille dans ses affaires?

Déposant mon journal à présent refermé sur mon côté, je me laissais aller à pencher la tête en arrière afin de profiter des rayons du soleil.

-Et quelles preuves... soupirai-je en souriant.Un plan de l’hôpital de Labioda, un échange de courrier avec des My’träns qui impliquerait votre cher compagnon dans l’attentat qui a eut lieu l’an dernier. Savez-vous ce que cela signifie, mademoiselle De Rosse ?

Je me tournais vers elle, le visage à présent figé dans une expression impassible. Il n’y avait plus aucune once d’amusement dans mon regard, simplement un sérieux empreint de professionnalisme exacerbé.

-En revanche, il est à noter la stupidité de ces preuves...Enfin, serait-ce simplement la preuve que vous me prenez pour une imbécile, mademoiselle ?

Cette fois, un sourire carnassier se dessina sur mon visage, tandis que je m’apprêtais à divulguer mon plan. Je n'avais aucune preuve de ce que j'avançais, je jouais donc au bluff... A elle de voir comment elle allait suivre ou non.


-Voyez-vous, je pourrais être votre meilleure amie comme l’instrument de votre propre chute. A vous de voir quel jeu vous voulez jouer. A l’heure qu’il est, plusieurs plis ont été déposés aux bureaux de poste. Chacun d’eux est adressé à l’une de mes connaissances, croyez-moi, Dolores, j’en ai beaucoup plus que ce que vous ne pourriez croire. Tous comportent une lettre manuscrite vous désignant comme responsable de ma disparition, j’y raconte également toute l’histoire de notre rencontre et de cette enquête. L’un d’eux contient également les fausses preuves qui désignent votre compagnon comme coupable de faute trahison… Savez-vous que le gouverneur aime écrire à la main ? Il ne posséderait même pas de machine à écrire, j’avoue partager ses goûts pour l’ancre et la plume… Mais bref, toutes ces jolies informations n’attendent que de voir ce qu’il va se passer à présent. J’ai également laissé quelques consignes à une amie… Juste au cas où vous vous montreriez déraisonnable. Sachez que je ne ferai pas un tel métier sans assurer mes arrières.

Je pris alors le temps de lui expliquer que le charmant postier avait pour ordre d’envoyer les différents courriers s’il ne me voyait pas arriver à différents moment, jusqu’à mon départ. Ce que je ne lui disais pas, en revanche, c’est qu’un télégramme adressé à Garrett Catesby était parti le matin même dans lequel je lui racontais absolument tout de cette affaire au déroulement de mon plan. Sait-on jamais, je ne savais pas quelle influence pouvait avoir la jolie blonde. Il suffisait qu'elle ai la possibilité d'éliminer le pauvre postier... Je savais que je pouvais faire confiance à Garrett, à lui et à ses relations aussi curieuse qu'efficacement renseignées. J’enviai les informateurs de la Siffleuse, il ne se passait pas grand-chose dans la capitale daënare sans qu’elle ne soit au courant. Je gardais également secret le fait que j’avais aussi commencé à me renseigner sur elle, sur ses origines üniles, sur son ancienne occupation en tant que chanteuse qui risquaient de conduire à autre chose si jamais je décidais de poursuivre mes investigations. Évidement, tout cela ne me servait que de garanties supplémentaires en cas d’hostilité de sa part. J’aimais les enquêtes, mais certainement pas de perdre mon temps inutilement.

-Néanmoins, rassurez-vous, je n’ai pas envie d’en arriver là. Bien au contraire. Je vous propose mon aide, à condition que vous vous décidiez à vous montrer franche. Alors, je vous le demande, Dolores, êtes-vous prête à me faire confiance et à jouer franc jeu ?




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Dolores de Rosse
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Sam 16 Juin - 15:48
Irys : 264955
Profession : Sbire de Ludwig Strauss
Daënar 0
Non, mon amant n’a jamais eu de machine à écrire. Je comptais en cacher une dans son bureau, mais j’ai changé d’avis. Non, il n’a jamais eu l’habitude de laisser son laboratoire avec la clé sur la porte. J’aurai pu jouer le jeu et laisser la clé dans la poche de son manteau, qu’il a l’habitude de poser négligemment dans le salon avant de monter me voir, mais j’ai changé d’avis. J’aurai pu aussi mieux cacher ce tas de lettres, ne pas les compacter dans un ridicule dossier, produire une mise en scène un peu plus travaillée que ça, mais j’ai changé d’avis. Pourquoi donc ? La raison m’attend, dit-elle, sur un banc dans le centre-ville de Rathram. C’est pour elle que j’ai revu le plan dans son intégralité, pour elle que j’ai renoncé à maquiller convenablement tout ceci pour le transformer en parodie grotesque de jeu de piste. Je l’ai fait dans la hâte. Je m’en désole, mais elle est plutôt rapide à la détente, la journaliste.

Le pas léger, Dolores de Rosse, car c’était bien là son nom, longeait le chemin pavé qui traversait le lieu de rendez-vous. Un splendide petit jardin, malgré l’hiver mordant qui avait endormi chaque fleur et chaque arbre de ce charmant ensemble. Il faisait sec, mais l’air se réchauffait à mesure que le printemps approchait, jour après jour. Et comme lui, Dolores avançait avec légèreté, sachant que rien ne pourrait arrêter le cours des choses. Comme l’hiver vient après l’automne, pour ensuite laisser sa place au printemps. Une telle certitude permettait à la jeune femme de ne pas souffrir de ces sentiments paralysants que sont l’inquiétude, la peur, la présomption. Elle vit enfin Lauren au loin et s’approcha d’elle avec un large sourire sur le visage. Aussi sincère qu’il était charmant, et aussi sincère qu’il était terrifiant. Pourquoi sourire dans une telle situation ? Même si Lauren pouvait la penser bête, au vu du manège qu’était son enquête dans le manoir, on pouvait penser qu’elle ne l’imaginait pas assez idiote pour présupposer que le plan avait réussi. Dolores n’était pas idiote, et son plan avait parfaitement réussi.

Elle prit place élégamment sur le banc lorsque la journaliste l’invita à le faire. Elle lui rendit son salut courtois, son « Bonjour » mielleux, car à cet art elle était bien plus rompue que son interlocutrice. Elle portait une robe longue, mais légère, signe que le printemps était tout près, elle portait même un chapeau aux larges bords, d’un rouge pétillant, qui laissait s’écouler ses longues mèches blondes sur ses épaules, comme une source exotique. Dolores écouta attentivement les éléments découverts par l’enquêtrice. Les sous-entendus, menaces aussi grotesquement voilées que les indices qui avaient occupés la jeune femme durant tant d’heures d’examen. L’ancienne chanteuse écouta attentivement, la tête penchée sur ses genoux, les mains qui s’activaient l’une avec l’autre dans un spectacle juvénile.

Derrière ses longs cheveux, on ne distinguait rien de sa peine, ou plutôt… de son désarmant sourire qui n’avait pas quitté son visage durant tout ce réquisitoire. Elle le révéla finalement, lorsqu’elle était assurée que Lauren avait entièrement terminé sa longue tirade. Dégageant une mèche de sa crinière derrière son oreille. Révélant la beauté de son teint en ces heures d’équinoxe. Finalement, ses yeux d’un bleu clair vinrent rencontrer ceux de Lauren. Aucune haine ne se lisait sur ce visage. Aucune surprise, rien, pas même de la joie. Juste un masque d’amabilité brute, douloureux tant il était épais et masquait les véritables émotions de sa propriétaire.

- Il est inutile de me faire étalage de toutes vos protections, mademoiselle Hill. Vous ne disparaîtrez pas aujourd’hui.

Non… Mademoiselle Hill. Je ne veux pas vous tuer. Je l’avoue, au début, j’étais en colère contre vous. J’étais agacée que cette histoire n’aille pas aussi vite que je le souhaitais, agacée d’être tombée sur une telle écharde se coinçant dans mes souliers. Mais on prend vite l’habitude d’avoir des épines dans le pied. En tout cas, il faut que j’en prenne l’habitude. Ludwig doit en avoir tant et tant qu’il ne peut probablement même plus les compter. Si je veux arriver à sa hauteur, je me dois d’être aussi solide que lui. Alors, mademoiselle Hill, vous pensez décider des règles, moi je ne pense pas.

- Vous savez… au départ, je comptais bien cacher tout cela. Vous donner un peu de fil à retordre et, vous avez raison, un peu plus de crédibilité à cette mascarade. Mais au final, j’ai changé d’avis. Vous m’avez fait changer d’avis. Ma cible de départ, c’était ce pauvre Gilles. Il ne m’a rien fait, mais… disons que d’autres voix, plus belles, m’appellent ailleurs. Ce n’était pas lui qui allait me retenir plus longtemps… et vous ne le ferez pas non plus.
Ajouta-t-elle avec un regard désolé adressé à Lauren.

Tout était prêt pour la révélation ! Dolores avait un grand sens du théâtre. Sa carrière dans le monde du spectacle était à blâmer. Mais elle, ça ne lui déplaisait pas. Ça donnait à toutes ses combines une allure… de polar, de bon polar. Celui qui vous donne du frisson, celui qui vous transporte, qui vous attrape. Quel est l’intérêt d’être du côté obscur si on ne peut pas s’amuser un peu ?

- Ne vous inquiétez donc pas, vous n’êtes pas ma cible non plus. Je vous tuerai un de ces jours, quoi qu’il arrive. Mais… non, aujourd’hui ce n’est pas vous. Je vais même vous faire une fleur, puisque vous m’avez agréablement surpris par votre… zèle, votre talent. Bien peu de gens savent qui je suis vraiment. Mais bon, je suppose qu’il est peut-être temps de tomber le masque.


Elle se pencha vers la journaliste, murmurant sur le ton de la confidence.

- Voilà un petit scoop : Gilles Hildegar est mort. Il y a exactement… regardez votre montre. Tenez, voilà. A 7h53, il y a exactement cinq minutes. Sa maison a brûlé. Tous ceux qui vivaient avec lui sont morts. Ses domestiques, ses gardes, sa maîtresse. Ils ont tous été brûlés vif par l’attaque d’un puissant mage de feu. On raconte que c’est à cause de la mise au jour de lettres échangées entre lui et ceux qui ont causé l’attentat de l’année dernière sur l’hôpital Lebioda, et que ceux-ci se sont venger. Une journaliste téméraire avait retrouvé lesdites lettres, les sauvant des flammes la veille de ce massacre, car mise au courant de leur potentielle existence par l'amante retrouvée morte aux côtés du gouverneur au milieu des cendres.

Il n’y avait personne autour d’eux. Pas un visiteur n’arpentait le parc à une heure pareille. Dolores eut donc tout loisir de retirer son chapeau à larges bords et, ensuite, d’enlever la perruque qu’elle portait sur la tête depuis on ne sait combien de temps. Elle avait désormais les cheveux bruns, courts, et toujours cet horrible sourire sur la face. La perruque gagna son sac à main et le chapeau retourna à sa place première.

- Je vais vous laisser. Vous aurez, très bientôt, beaucoup de travail sur les bras, je ne voudrais pas vous déranger. Si l’envie vous prend de jouer de nouveau au chat et à la souris, ce sera avec plaisir. Mais attention, je suis une très vilaine petite souris… Acheva la jeune femme avec un ton sensuel fort peu à propos.

Elle se leva ensuite, doucement, et inclina la tête comme pour dire au-revoir à la journaliste.

- Au revoir, mademoiselle Hill. N’essayez pas de m’arrêter maintenant, ce serait bien trop gênant pour nous deux de nous retrouver dans cette situation. Et, contrairement à vous, mademoiselle, mes connaissances me permettent d’être tranquille avant même que l’on ne me conduise au poste de police. Soyez sage. Si vous êtes méchante je ne pourrais vous garantir que vous resterez en vie, bien malgré moi. Alors je vous souhaite une bonne journée, et au plaisir de vous revoir très bientôt. Termina finalement Dolores avant d’entamer son départ vers l’extérieur du parc.

Voyez-vous, mademoiselle Hill, vous voulez jouer à un jeu qui vous dépasse. Mais j’admire l’audace, j’admire la prise de risque, j’admire… Cette curiosité, cette envie de regarder à travers le trou de la serrure pour voir ce que trament les grandes personnes. Mais la curiosité peut être un vilain défaut, mademoiselle Hill. J’espère qu’elle ne vous perdra pas. Je serais bien triste de perdre un si joli petit chat.


Code couleur Dolores: #9900cc
Joseph le majordome: #9999ff
Parties en italique: Pensées du personnage
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Lauren Hill
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Dim 17 Juin - 8:52
Irys : 864831
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
À mon tour d’écouter en silence toutes les révélations fournies par mademoiselle De Rosse. Autant dire que j’en étais littéralement estomaquée, même si mon visage entraîné ne laissait évidemment rien paraître. Hors de question de donner satisfaction à cette femme qui m’apparut alors comme une sorte de veuve noire, ces ignobles araignées au venin redoutable, capable de dévorer son partenaire sitôt celui-ci n’avait plus rien à lui apporter. Une sociopathe, dangereuse, sans nul doute, qui venait de réduire en cendres nombre d’innocents simplement pour servir ses propres intérêts égocentriques et mégalomaniaques.

Pourquoi avoir fait tout cela dans ce cas? Monter toute cette machination hideuse en faisant appel à un “pion” extérieur pour en venir à assassiner tous ces gens… Cela me semblait si irréel, stupide… Un jeu ? Je ne saurai dire... Néanmoins, je pouvais affirmer sans crainte de me tromper que cette femme était totalement folle. Sa place était dans un asile, les membres entravés de ces horribles camisoles. Je me fichais d’en connaître les raisons finalement, tout ce que je voyais tenait du fait que la belle s’était servie de moi, mais voyant que son plan initial ne fonctionnait pas, celle-ci avait improvisé un autre plan, le plus horrible qui soit.

Oh, elle se pensait invulnérable cette mademoiselle longues pattes. Peut-être était-ce effectivement le cas à cet instant. Je n’avais nullement le pouvoir de l’arrêter, ni même l’envie de le faire dans l’immédiat. Au contraire, je préférerais voir cette horreur loin de moi, le plus rapidement possible. Néanmoins, personne en ce monde n’était invulnérable, pas même les Architectes, si j’en crois la rumeur…

-Qui joue un jeu dangereux, mademoiselle? lançai-je tandis que j’esquissais un sourire nullement impressionné. Une petite souris, aussi vile soit-elle, n’est jamais qu’une petite souris. La roue tournera bien un jour, vous pouvez me croire. Vous ne le voyez pas pour l’heure, mais personne n’est invulnérable. Vous tomberez bien un jour sur un chat bien plus malin, bien plus dangereux que vous et qui prendra plaisir à dévorer vos entrailles alors que vous serez encore en vie et pleinement consciente de votre échec. Car c’est simplement dans l’ordre des choses.

Je ne parlais pas de moi, j’avais bien mieux à faire qu'à chercher vengeance. Mais malgré ses menaces d’attenter un jour à ma vie, je ne tairai pas l’histoire pour autant. Je faisais ce métier pour exposer la vérité aux yeux du monde, aussi laide soit-elle, pas pour la cacher et laisser les monstres de ce monde se balader tranquillement. Et là, je me trouvais face à une laideur sans pareille portant le masque d’une douce jeune femme innocente. Une très bonne actrice cette Dolores De Rosse, n’est-ce pas ?

Oh, je ne cherchais pas à la retenir. Contrairement à elle, je n’étais ni folle, ni téméraire. En revanche, sitôt celle-ci hors de ma vue, je m'empressais de regagner mon hôtel afin de rédiger le papier que je destinais à la milice locale, j’y racontais absolument tout. Étant également bonne dessinatrice, j’esquissais un portrait-robot des plus fidèle que je joignis à mon rapport détaillé, sans aucune signature, comme d’habitude. J’aurai très bien pu faire passer cela pour des aveux, mais comme je le disais plus tôt, je prônais la vérité et non le mensonge…

Parti en fumée, le manoir et son dernier étage n’avait, hélas, plus aucun secret à révéler, si tant est qu’il en ait eut un jour. La milice n’y trouverait donc rien. Néanmoins, je ne voulais pas faire porter le chapeau à My’trä en sachant que tout était faux. Cela allait bien au-delà de mes principes et je ne pouvais le supporter.

Après avoir effectué plusieurs copies, j’envoyais le tout par la poste, l’un alla à la milice locale, l’autre au quotidien La voix de Rathram, à qui j’offrais un article anonyme et alléchant contant “Les ambitions de la veuve noire.” Je ne citais pas le nom de Dolores, me contentant de dire qu’il s’agissait de la maîtresse du gouverneur Hildegar, une ancienne chanteuse de la capitale… Le dernier alla à Garrett, j’y joignis également une lettre lui expliquant que je ne rentrerais pas à Alexandria avant un moment. J’étais bien trop frustrée après un tel échec pour cela. Il me fallait rapidement trouver un sujet lié à mon travail et non à cette mascarade offerte par Dolores.

Peut-être vous demandez-vous pourquoi j’envoyais tout par la poste plutôt qu’en personne ? Simplement à cause des délais de transmission, souvent lents. Cela nous laissait à toutes deux le temps de quitter la région sans heurt, mais aussi de faire monter les tensions, de créer une polémique autour de toute cette histoire avant de redescendre doucement. Ainsi, elle ne tomberait pas dans l’oubli, pas dans l’immédiat en tout cas.



Lauren s'exprime en #99ccff


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