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Chroniques d'Irydaë
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 [Abandonné] Les affaires sont les affaires

Leynar Gale
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Mer 14 Mar - 21:40
Irys : 229063
Profession : Marchand itinérant/ Joaillier/ Arnaqueur
My'trän +2 ~ Khurmag
Ah Reoni, la ville de tous les excès, un endroit où la réalité se mêle à l'illusion, une ville pleine d'opportunités ne demandant qu'à être saisies. Une cité ou les touristes n'attendaient qu'à être subjugués par toutes les activités que les habitants organisaient. Ça m'aurait presque rendu nostalgique. Mais je n'étais pas là pour profiter de Reoni, j’étais là pour affaires. Mon stock de marchandises avait considérablement baissé ces derniers mois, quoi de plus logique me direz-vous, mais que serait un marchand sans marchandises ? Enfin, ce n’était pas le véritable problème, mes dernières ventes m’avaient rapportées beaucoup moins que ce que j’en espérais, même avec les contrefaçons, c’est dire ! Mais après tout peu importe, je comptais bien inverser la tendance, surtout que j’avais fait un très bon achat, qui m’avait délesté d’une bonne partie de mes Irys. J’avais acquis un grand sac de gemmes et de pierres précieuses sous forme brute, que je me suis empressé à tailler et à incruster sur des bagues et des colliers.

Mon travail finit, il ne me restait plus qu’une chose à prendre en compte, le trajet jusqu’à Eoril. Je vais être honnête au moins une fois dans ma vie, mais quand un homme voyage seul et qu’il transporte une cargaison précieuse, soit c’est l’homme le plus courageux au monde, soit c’est quelqu’un qui va finir six pieds sous terre. Et autant dire que je n’ai pas envie de finir six pieds sous terre. Je savais me défendre, mais seul je ne ferais jamais le poids face à un groupe de bandits. C’est pourquoi je me mis en tête de recruter des mercenaires, peut-être un, ou deux, si j’en engageais plus cela piquerai l’intérêt des nuisibles qui pourraient convoiter ma marchandise.

Je m’étais heurté à un mur, le prix qu’on me demandait pour protéger ma marchandise était bien au dessus de mes moyens actuels, et il était hors de question que je cède des gemmes en échange de protection. Enfin, je l’aurais sûrement fait s’il me restait quelques contrefaçons, mais malheureusement pour moi je n’en avais plus. J’étais frustré, après quelques jours de recherche les probabilités que je puisse partir rapidement s’amenuisaient, et plus le temps passait moins j’avais d’irys.

Rechercher un mercenaire qui accepte mon prix m’avait lassé, et au risque de dépenser mes irys, autant que ça serve à quelque chose qui puisse me remonter le moral sur le coup. Je me rendis donc dans une taverne. Je n’en étais pas au point de me noyer dans l’alcool, mais un petit remontant ne pouvait me faire que du bien, et après tout, qu’est-ce que j’avais à perdre ? On faisait des rencontres étonnantes dans les tavernes, et qui sait, peut-être trouverais-je enfin quelqu’un qui pourrait m’aider à rejoindre Eoril.


Dernière édition par Leynar Gale le Mar 31 Juil - 17:43, édité 1 fois
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Sakari Naasoqineq
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Jeu 15 Mar - 9:38
Irys : 886236
Profession : Homme de main
Pérégrins -1 (femme)
Plus ça allait, plus ce pays devenait agréable à Sakari. Au départ, il avait été rafraîchissant, sans mauvais jeu de mot, car les habitants lui avaient semblé moins insupportables que ceux du pendant oriental de Khurmag ; à savoir le Vereist. Pour elle qui avait connu la rigueur d’Als’Kholyn, voir tout le cirque que faisaient les habitants du nord de Daënastre sur leur climat, qu’elle trouvait franchement doux, ne manquait pas de lui apparaître complètement ridicule. Au moins, les gens de magie du pays des neiges occidentales étaient en harmonie avec la nature. Le sentiment typiquement oriental de lutte, plutôt, que de symbiose, était idiot à ses yeux car le Vereist était du petit lait face au Khoral ou à Marnaka.
     Mais Khurmag était aussi un lieu à la culture et aux affinités magiques fascinantes. La vie de Sakari tournait autour du combat et de la survie. Le principe de l’illusion lui était donc au premier abord assez éloigné, et on serait tenté de penser qu’il s’agissait d’une subtilité qui ne lui serait pas d’une grande utilité. Il n’en était rien. Chez les Nunaqortoqut, on avait une certaine idée de ce qu’était la magie, ne serait-ce que parce leurs ancêtres étaient Mÿ’trans ou suite aux récits sur les mages d’Aildor. La magie, du point de vue des shamans de son peuple, c’était moins un processus religieux, ou un moyen d,acquérir une puissance équivalente à la technologie que la capacité à transformer le monde à loisir.
     Comment ne pas y reconnaître là les illusions des Khurmis qui avaient transformé leur pays par la seule force de leur volonté.


     Toujours est-il qu’en ce moment, Sakari ne se perdait pas du tout dans ces réflexions, mais plutôt dans des considérations pratiques, telles que comment trouver de quoi s’occuper entre deux missions de son patron.
     Restant une mercenaire avant tout, elle décida donc d’entrer dans la première taverne venue à Reoni, puis de demander au patron si un de ses clients était employeur. Ce fut assez rapide, car dans une ville aussi bourdonnante d’activité, on trouve très facilement du travail.
     La tenancière de l’établissement lui indiqua un marchand à l’air assez désespéré – si on pouvait dire, car il était masqué – qui cherchait une épée pour l’escorter jusqu’à Eoril. Sakari n’était jamais allé dans cette ville, ce serait donc l’occasion de voir du pays et de gagner un peu d’argent. On la prévint cependant que le salaire allait être assez faible. Cela ne dérangea pas foncièrement Sakari, pour qui les rondelles de métal frappées n’avaient pas vraiment la même valeur que pour ceux qui étaient nés avec dans leur éducation l’idée qu’elles étaient vitales – pour elle, savoir chasser était bien plus à même d’assurer la survie – et qui, depuis Aildor, donc ses touts débuts en tant que mercenaire, demandait souvent d’être payée ne savoir. Un mage khurmi aurait sûrement des choses à lui apprendre.


     Elle alla donc voir l’intéressé.
     « Bonjour monsieur. Hé, dites, il paraît que vous cherchez une escorte mais avez une petite bourse. C’est bien ça ? »


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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Leynar Gale
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Jeu 15 Mar - 23:51
Irys : 229063
Profession : Marchand itinérant/ Joaillier/ Arnaqueur
My'trän +2 ~ Khurmag
J’étais perdu dans mes pensées, déjà en train de m’imaginer obligé de revendre toutes mes marchandises au rabais, ou seul sur la route d’Eoril. Un tel fatalisme n’était pourtant pas courant chez moi, et pour cause, en faisant preuve d’un peu de ruse et d’opportunisme un bon marchand peut s’extraire de n’importe quelle situation. Mais le bon marchand est également celui qui ne laisse pas sa bourse se vider. Je me trouvais bien stupide, seul, bloqué à Reoni et réduit à attendre.

On m’arracha subitement à mes pensées, je relevais la tête, irrité, et je me mis à regarder la femme qui me parlait.

-Bonjour monsieur. Hé, dites, il paraît que vous cherchez une escorte mais avez une petite bourse. C’est bien ça ?

Je changeais immédiatement de comportement, en une phrase j’étais passé du fatalisme à l’espoir et à la joie. Les idées de faillites ou de décès probable ? Envolées, j’allais pouvoir vendre à Eoril, et j’allais un peu gonfler mes prix, ça oui, tout sauf se retrouver à nouveau dans cette situation. Cependant je devais modérer mes émotions, je ne savais pas si nous parviendrons à nous accorder sur un prix pour la protection, et après l’espoir viendrai la désillusion. Et il était hors de question que je me tourne les pouces plus longtemps dans cette ville. Je fis signe à mon interlocutrice de s’asseoir, c’était le moment de négocier.

-C’est bien moi oui, il me faut une escorte pour rejoindre Eoril, je transporte une cargaison assez précieuse et je n’ai pas particulièrement envie qu’on me tombe dessus pour la récupérer. Manque de chance pour moi je n’ai pas les fonds nécessaire pour louer les quelques mercenaires avec lesquels je me suis entretenu. Me voila alors bloqué ici à me demander si je ne vais pas faire la route seul.

Je lui avais annoncé mes problèmes financiers tout de suite, histoire de lui faire comprendre que le salaire ne serait pas très élevé. Néanmoins je souhaitais tout de même faire bonne impression, et je commençais à avoir soif, je demandais alors deux bière à une serveuse. Certes mes irys s’amenuisaient mais j’étais face à une aide potentielle, et ce n’était pas le moment de faire le pingre. Les boissons servies et payées, mon visage se mit à changer, il fallait bien que je le rende plus agréable, si ce n’est plus présentable. Les signes de brûlure disparaissaient de mon visage, et des cheveux et une courte barbe noire apparurent sur une peau blanche qui avait auparavant une teinte brunâtre. J'étais tout de suite moins hideux, et je retirais le tissu qui masquait mes traits et je me mis à boire, avant de regarder mon interlocutrice.

-Je ne vais pas vous mentir, je n’ai qu’une envie, celle de mettre le cap sur Eoril, alors ne perdons pas plus de temps. Donnez moi votre prix, s’il est dans mes moyens nous pourrons faire affaire. S’il ne l’est pas, ma foi, au moins vous aurez pu boire gratuitement aujourd'hui.

C'était quitte ou double, soit nous parviendrons à nous mettre d'accord, soit je devrais me résoudre à voyager seul malgré les dangers qui me guetteraient sur les routes.


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Sakari Naasoqineq
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Ven 16 Mar - 22:56
Irys : 886236
Profession : Homme de main
Pérégrins -1 (femme)
Hé bien, au moins il était franc. Sakari appréciait cela. D’autant plus que, s’il ne l’avait pas prévenu elle aurait été obligée de se venger pour garder sa réputation de mercenaire intacte, ça aurait impliqué de lui péter la gueule et elle n’avait vraiment pas envie de faire des saloperies, aujourd’hui. De plus, de tous les mercenaires sur lesquels ce marchand avait pu tomber, elle était peut-être une des rares qui accepterait le paiement en autre chose qu’en monnaie.
     Sakari l’avait pressenti, sans le penser réellement, que ce pauvre homme n’avait pas d’autre choix, et que même un accord qui ferait violence à son sens moral passerait. Du moins, aux yeux des Mÿ’trans, pas de ceux d’une personne qui ne pouvait pas comprendre la notion de sacré telle qu’elle était présente dans l’esprit de ces gens.


     « Écoutez, on va pouvoir s’arranger. Je vais vous proposer un accord qui ne se refuse pas, et pas parce qu’il est bon pour vous, mais parce que je n’ai rien à y perdre et vous avez tout y gagner. Du moins, si vous êtes capable d’accepter ça. »
     Elle retira son gant et présenta sa main vide. Puis lentement, un bout de métal de la taille d’une orange glissa dans la paume ouverte. C’était son fusil de paume, rendu invisible aux autres témoins par les manches larges de son manteau. Elle laissa son interlocuteur contempler l’objet assez longtemps pour qu’il comprenne qu’il s’agissait d’un fruit de la technologie, et le renvoya dans les plis de son manteau. C’était le seul quelle portait en permanence sur elle, de part sa petite taille qui empêchait aux Mÿ’trans de le détecter trop facilement.
     « Le plan, c’est que pour être efficace, je vais avoir besoin de ses frangins plus gros. Mais ça me plaît pas d’utiliser ces outils dans votre pays. Alors pour paiement… Vous devrez m’apprendre la magie. Comment on l’utilise. Comme à vos gosses. Z’en faites pas, je ne suis pas comme les gens de ville. Les Architectes, mon peuples les vénère aussi. Pas besoin de vos sous, juste de votre savoir.  »


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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Leynar Gale
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Dim 18 Mar - 21:04
Irys : 229063
Profession : Marchand itinérant/ Joaillier/ Arnaqueur
My'trän +2 ~ Khurmag
Un accord qui serait bon pour moi si j’osais l’accepter ? J’étais prêt à accepter presque n’importe quoi à condition que ça soit dans mes moyens. J’étais intrigué et un peu effrayé, quand on vient vous voir parce que vous êtes désespéré et qu’on vous dit que vous avez tout à gagner d’un accord, c’est rarement bon signe. Mais j’imaginais que j’allais devoir faire avec, ce ne serait sans doute pas pire que de faire tout le chemin seul.

La mercenaire retira son gant, j’étais étonné, et je ne comprenais pas son geste de suite, mais ce fût plus explicite lorsqu’elle me dévoila son arme. Je dois dire que ce fût assez surprenant de voir une arme descendre dans sa paume. Encore plus surprenant, pour ne pas dire déstabilisant, quand on se rend compte que c’est une arme technologique.

-Le plan, c’est que pour être efficace, je vais avoir besoin de ses frangins plus gros. Mais ça me plaît pas d’utiliser ces outils dans votre pays. Alors pour paiement… Vous devrez m’apprendre la magie. Comment on l’utilise. Comme à vos gosses. Z’en faites pas, je ne suis pas comme les gens de ville. Les Architectes, mon peuples les vénère aussi. Pas besoin de vos sous, juste de votre savoir.

Il me fallut un peu de temps pour réaliser l’ampleur de ce que la mercenaire me demandait. Les armes importaient peu, j’aurais pu faire avec même si elles me dégoûtent, mais apprendre la magie ? Quelqu’un qui n’était pas my’trän ? C’était impensable, on enseignait pas la magie comme on apprenait à manier une épée, il y avait toute une croyance, toute une morale. Oui j’ai bien dis une morale, ce n’est pas parce que je suis un arnaqueur que je suis dépourvu de toute éthique, j’ai des limites.

Toujours est-il que je ne savais pas vraiment quoi faire. Je souhaitais vraiment partir, mais est-ce que je pouvais décemment apprendre la magie à quelqu’un que je ne connaissais pas ? Après tout je ne savais pas quel usage elle pourrait en faire. Mais bon, si elle disait la vérité et que ça lui évitait de tuer des gens avec ses armes barbares… Croire ça serait être bien naïf.

Je pris une grande inspiration. J’allais le faire. Je n’y croyais pas moi-même mais oui, j’allais le faire. Est-ce que c’était la bonne décision ? Je ne le savais pas, ça restait du domaine de l’inconnu, et je ne le saurais sans doute que plus tard. Tout ce que je pouvais faire c’est espérer. Je bus alors une grande gorgée de ma bière avant de regarder mon interlocutrice.

-Très bien, je vais le faire. Mais à une condition, que je vous apprenne la magie lorsque nous serons arrivés à Eoril, parce qu’apprendre en plein voyage ce n’est pas la meilleure façon de se concentrer sur l’apprentissage. Vous pourrez prendre vos armes, j’espère seulement que leur proximité ne me mettra pas en trop mauvais état.


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Sakari Naasoqineq
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Lun 19 Mar - 19:48
Irys : 886236
Profession : Homme de main
Pérégrins -1 (femme)
     Incroyable, ça avait fonctionné. Sakari avait pris un air sérieux, mais jamais elle n’aurait cru qu’un mage accepterait ça, surtout après avoir vu ses croyances se faire violer de la sorte. Hé bien, tant mieux, mais ça signifiait surtout qu’il faudrait s’assurer que ça fonctionne, et donc grappiller du savoir en route, et pas qu’à l’arrivée. Il n’est en général jamais un bon plan que de se faire payer en une monnaie difficile à accepter dans un endroit où le débiteur a l’avantage du terrain et des amis qui peuvent lui venir en aide.
     Le pistolet disparut dans la manche, pour se dissimuler dans un pli de vêtement. Il est vrai qu’elle allait devoir se limiter sur la poudre, parce que sinon ça allait faire mauvais genre, et son professeur serait plus à même de dispenser du savoir s’il n’était pas en permanence soumis à une violente nausée.
     « Ben écoute ouais on fait ça. Je vais tâcher de limiter leur utilisation au maximum, mais hé, sans magie… On fait ce qu’on peut avec ce qu’on a. Bon, ’faut que j’aille chercher mon barda. Retrouve-moi avec ta caravane à la porte orientale, je me souviens jamais de son nom. Je te rejoins dans une demi-heur, un truc à aller chercher avant. »

     Sur ce, elle se leva, fit un salut de tête amical, et laissa Leynar là.
     Plus tard, elle revint le voir avec son équipement. Il y avait d’apparent une lance courte, une arbalète à rechargement rapide, ou chu-ko-nu, une arme tout à fait acceptable pour un Mÿ’tran, dans son sac le Goliath, dans sa manche le pistolet et emballé dans du tissu pour le camoufler, le fusil Vulcain. Un beau monde, qui l’obligea à prendre des ruelles peu fréquentées pour ne pas attirer d’attention superflue.
     « Bon ! On peut y aller, je dirais. Au passage, tu sais manier quoi, comme arme ? »


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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Leynar Gale
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Jeu 22 Mar - 12:07
Irys : 229063
Profession : Marchand itinérant/ Joaillier/ Arnaqueur
My'trän +2 ~ Khurmag
Je la regardais se lever et partir, nous n'avions rien de plus à nous dire de toutes manières, et je devais reconnaître que je détestais cette situation. D'autant plus que j'avais choisi d'accepter cette offre, et ça je n'en revenais toujours pas. Ou plutôt je n'avais pas envie de me rendre compte de ce que ça signifiait, c'est-à-dire piétiner tout ce qu'il y avait de plus sacré pour tout my'trän. Dire que je me dégoutais eût été un euphémisme, j'étais pathétique, j'avais accepté de vendre les secrets de mon peuple à la première personne venue. J'aurais définitivement dû payer en irys, ça m'aurais ruiné mais au moins ça n'aurait pas pesé aussi lourd sur ma conscience.

Je soupirais, ça ne servait à rien de se le reprocher maintenant, je devais me préparer pour le voyage vers Eoril. Je rejoins ma caravane et je me rendis à la porte orientale de Reoni et j'attendis la mercenaire. J'étais légèrement nerveux, et j'espérais qu'elle ne ferait pas un usage trop intensif de ses armes technologiques, je n'avais pas particulièrement envie de me retrouver malade pendant toute la durée du trajet, ça serait gênant autant pour moi que pour mon "élève". Je devrais bien me résigner à lui enseigner la magie, je n'étais pas du genre à revenir sur ma parole, et puis je me doutais que ça finirait mal pour moi si j'essayais de la doubler, et finir mort criblé de balles n'était pas vraiment une idée agréable.

Je vis arriver la mercenaire avec un véritable arsenal sur le dos. Pour la protection j'allais être servi, je n'arrivais pas à croire qu'on pouvait manier autant d'armes, je faisais pâle figure avec l'épée accroché à ma ceinture. Et surtout je devais bien avouer que mes compétences martiales devaient être bien en dessous des siennes. Elle me demanda quelle arme je savais manier, je sortis légèrement mon épée de son fourreau et je la lui montrait.

-Je sais utiliser une épée, j'ai été mercenaire pendant quatre ans, donc je sais quand même me battre, mais j'ai un style plutôt fourbe, j'utilise des illusions, autant en profiter pour déstabiliser mes adversaires. Si vous n'avez pas d'autres questions nous pouvons nous mettre en route, inutile de perdre davantage de temps.


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Sakari Naasoqineq
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Ven 23 Mar - 22:10
Irys : 886236
Profession : Homme de main
Pérégrins -1 (femme)
Un style plutôt fourbe, qu,il disait. C’était tant mieux ! Exactement le genre de façon de combattre que Sakari voulait développer. Elle lui répondut par un large sourire franc.
     « L’épée, c’est bien. Pas d’armes à distance du tout ? Bon ben tant pis. Je vais utiliser principalement ça, sauf si ça devient tendu. »
     Elle montra de son pouce son chu-ko-nu. C’était là de la pure bonté de sa part, car cette arme avait le grand défaut d’être peu précise. Certes, la quantité compensait, mais elle était loin de faire tout le boulot.


     Durant tout le temps que durerait le trajet, Sakari allait alterner entre une surveillance rapprochée de la caravane quand elle traverserait des espaces dégagés, et par une position plus en amont, armes à la main, pour détecter les menaces qui pourraient leur tomber dessus, quand elle arpenterait des espaces couverts, comme des forêts ou des cols de montagne. La base de la base, mais on n’avait pas vraiment besoin de beaucoup plus. Naturellement, elle conseilla à Leynar de rester le plus possible en plaine. Déjà, parce que ça leur permettrait de discuter, et ensuite parce que c’était tout de même beaucoup plus simple.
     En général, quand des bandits veulent vous tomber dessus, ils prévoient le coup longuement à l’avance. Sakari ne doutait pas que quelqu’un transportant un chargement important et n’étant accompagné par quelqu’un qui n’était visiblement même pas mage ne pouvait qu’attirer les convoitises. Avec le temps, Sakari s’était un peu habituée au combat contre les mages, et elle comptait bien pour l’emporter sur l’effet de surprise produit par ses armes – et la colère, qui brouillerait leur jugement, car il n’y a rien de plus facile à manipuler qu’un fanatique.


     Par pudeur et par respect, Sakari avait emballé son Vulcain, pour lui donner l’apparence d’un simple bâton dans de la jute. Seul le bout du canon, la mire et la détente étaient visibles. Et en cas d’urgence, elle pourrait toujours sortir le Goliath, dans son manteau.
     Elle voulut ouvrir la discussion, comme ils étaient encore en plaine.
     « Alors… Dites, vous le vénérez comment, le jumeau blanc ? Je l’appelle comme ça, parce que dans mon peuple, on le nomme Marluaqortoq, mais ça ne vous dira rien, et je vais mal prononcer si je le dis selon votre façon. »
     Manière polie de dire qu’elle n’arrivait toujours pas à se souvenir du nom exact de l’Architecte Khugatsaa. Désapprendre 28 ans de réflexes, ça ne vient pas tout de suite.


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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Leynar Gale
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Lun 26 Mar - 20:54
Irys : 229063
Profession : Marchand itinérant/ Joaillier/ Arnaqueur
My'trän +2 ~ Khurmag
J'écoutais les conseils de Sakari et je privilégiais de rester en plaine, autant mettre toutes les chances de notre côté pour éviter les abrutis qui voudraient piquer ma marchandise, même si je ne doutais pas que les plus téméraires ou les plus idiots s'y risqueraient quand même. Bien sûr je ne doutais pas que si des bandits attaquaient, ils rencontreraient une forte résistance. Plutôt mourir que de me laisser dévaliser, j'avais ma fierté tout de même. Toujours est-il qu'au-delà des armes conventionnelles je pouvais utiliser le don de Khugatsaa, et je l'utiliserai, parce que sans vouloir me vanter, j'étais tout de même doué. Cela dit, même si je flattais mon égo, je devais toujours m'entraîner, l'excellence vient avec la pratique, et si je pouvais être aussi doué en illusion qu'en arnaque... Enfin, l'entraînement viendrai plus tard, je devais d'abord stabiliser mes fonds, chaque chose en son temps.

Je restais songeur face à la question de Sakari. Comment je vénérais Khugatsaa ? Cette question me paru étrange, d'autant que même si je ne l'avouerais jamais, je suis quelqu'un d'assez pudique pour tout ce qui touche au sacré, et je suis plus dévot qu'on ne pourrait le croire. Je retirais le gant d'une de mes mains et je l'observais, cette main tremblante au simple souvenir du contact des flammes, brunâtre et pourtant presque d'une allure cireuse. Je la montrai à la mercenaire et l'instant d'après je récitait à voix basse une courte prière destinée à Khugatsaa, j'utilisais son don après tout, le remercier était la moindre des choses que je puisse faire. Ma main se mit à changer et à reprendre une allure normale, dans mon cas avoir une allure banale était presque une source de réconfort, et je regardai la mercenaire.

-Je vais faire de mon mieux pour répondre à votre question, ce n'est pas facile d'expliquer une chose ancrée en vous. Pour ma part, je dirais que j'essaye juste de remercier l'Architecte Khugatsaa comme il se doit. Sans son don, je pourrais difficilement me montrer présentable en public, et rien que pour me rendre moins... hideux, je ne peux que lui offrir ma dévotion, avec des prières pour le remercier de m'accorder son don. Pour chaque occasions, lorsque le destin tourne en ma faveur, je récite une courte prière avec ferveur. Maintenant que j'y pense, on pourrait presque dire qu'il s'agit d'une dévotion de tout les instants...

Finissant mon explication, je tournais à nouveau mon regard vers la route, j'espérais que les questions de la mercenaire s'arrêteraient là, car je n'avais pour le moment pas véritablement envie d'approfondir le sujet. Un détail m'interpella sur la route, je plissais les yeux et j'aperçus deux cavalier qui venaient dans notre direction. Et drôlement rapidement. Je regardais en arrière, trois autres cavaliers fonçaient vers nous. Je lançais des jurons et lorsque le flot d'insulte cessa je me tournai en direction de Sakari.

-Vous avez dû les voir, cinq cavaliers qui viennent dans notre direction, j'aimerai croire que ce n'est qu'une coïncidence mais ce serait trop beau pour être vrai.


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Sakari Naasoqineq
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Jeu 29 Mar - 16:58
Irys : 886236
Profession : Homme de main
Pérégrins -1 (femme)
Sakari essayait fort de comprendre. Il semblerait que Leynar ne voyait pas son dieu comme de sa famille, son ancêtre, ou même comme une figure qui inspire par ses actes, comme c’est le cas pour les Nunaqortoqut, qui déifiaient des aïeuls légendaires. Les Architectes, à proprement parler, étaient un peu à part, dans cette mythologie, mais sur un pieds d’égalité. De plus, leur vénération était bien plus distante, car ils avaient un ancrage dans la réalité moins important. L’ancêtre, on portait son nom, ses armes, son sang, on transmettait ses histoires. L’Architecte, on contemplait son œuvre en voyant la terre, le ciel, les animaux. Toutefois, ça en faisait des divinités plus neutres, prenant d’une main et donnant de l’autre.
     Pour ce qui était de la « dévotion de tous les instants », c’était moins clair, et de même pour ses raisons. Sakari ne voyait pour ainsi dire pas la différence avec quelqu’un qui remercierait le charpentier qui li aurait fabriqué une jambe de bois et donc permis de marcher. Mais bon, ce devait être lié à Leynar lui-même, pas à la religion mÿ’tranne en général.


    Elle allait poser une autre question, quand on l’interrompit par une série de grossièretés que Sakari n’aurait pas pensé entendre sortir de la bouche de cet homme d’apparence si calme. Effectivement, il y avait des cavaliers. De loin, on pouvait deviner la présence d’arcs, ce qui était embêtant.
     « Bon, alors. Si j’utilise mes fusils, je pense pouvoir les abattre tous avec un peu de chance, mais il est probable que certains fuient en voyant que j’utilise de la technologie. Et donc, nous aurions de plus grosses emmerdes encore sur les bras, car si le bruit court que des gens de l’est se promènent dans ce pays, bon, hein. Même si le monde est en théorie en paix, j’ai cru comprendre que ce n’était pas trop le cas à Cure-Mage. »
      Son accent avait quelque chose de comique, il est vrai.

    L’arbalète à répétition ne lui donnait en sus pas une précision suffisante pour espérer tous les descendre. À la rigueur, ça pourrait être utile pour les effrayer. Les illusions de son patron pourrait aussi se montrer appropriées, en la matière.
     « Oh, mais. Rien ne nous dit qu’ils sont nos ennemis. Vous savez quoi ? J’ai une idée. On va les laisser approcher et se tenir prêt, et s’ils sont vraiment agressifs, on la met en place. Est-ce que vous pouvez faire une illusion qui multiplierait le nombre de projectiles que je tire ? Je vous explique. Mon chu-ko-nu, là, est assez peu précis, mais peux tirer dix carreaux en un temps record. L’idée, ce serait donc de leur envoyer une volée, et de la rendre encore plus terrifiante en créant des fausses flèches. Ils croiront que nous avons une escorte très nombreuses et n’oseront pas approcher. »
     Accessoirement, et cela, Leynar pouvait le deviner tout seul, ça éviterait de faire des victimes. En somme, c’était là pour Sakari un moyen parfait de prouver que la technique et la magie pouvaient très bien s’associer pour être à la fois efficace et sans risque. De quoi légitimer son apprentissage à peu de frais.


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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Leynar Gale
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Mer 4 Avr - 22:47
Irys : 229063
Profession : Marchand itinérant/ Joaillier/ Arnaqueur
My'trän +2 ~ Khurmag
Utiliser la technologie serait tentant, ça me donnerait un méchant mal de tête mais c’était sûr que la marchandise serait en sûreté. Le plus gênant serait que ça fasse des victimes, et surtout qu’il y ait des survivants qui puissent raconter qu’une caravane voyage avec une accroc de la technologie, on a beau être en temps de paix en théorie, je ne suis pas sûr que ça empêcherait certains my’träns  de nous refroidir. Autant dire que son plan me convenait, mais si utiliser les illusions pour augmenter le nombre de flèches tirées ne serait pas un problème pour moi, l’éventualité que les agresseurs se rendent compte de la supercherie était toujours présente. Néanmoins nous n’avions pas vraiment le choix, les cavaliers se rapprochaient et nous serions bientôt fixés, et je dois avouer que je guettais ce moment avec une certaine appréhension, surtout que je devais me préparer au pire, un plan ne se passe jamais véritablement comme prévu, et tout ce que je pouvais faire c’était prier pour espérer que ça n’arrive pas.

J’essayais d’anticiper les différents scénarios, l’illusion fonctionne et on pouvait être tranquille le long du trajet, l’illusion ne fonctionnait pas et on devait se battre, j’imaginais d’autres possibilités mais bien trop invraisemblables pour être véritablement mentionné, et je préférai ne pas imaginer ma propre mort, je ne souhaitais pas non plus la mort de Sakari, j’avais beau me creuser la tête et chercher une solution pour me sortir de ce pétrin sans lui apprendre la magie, je n’étais pas cruel au point de vouloir sa mort, j’avais quand même une conscience. Mais bon, pour ça il fallait encore que je trouve un moyen de m’en sortir sans me faire trop amoché, que ce soit par des bandits ou la mercenaire si je lui annonce qu’elle peut toujours courir pour que je lui apprenne la magie. J’étais vraiment dans de beaux draps, et pour m'en sortir il fallait encore qu'on sache si les cavaliers qui approchaient étaient hostiles ou non.

-Bon, je n'ai rien contre votre idée, elle me convient même, ça ne devrait pas être difficile de faire croire aux imbéciles qui s'approchent qu'il y a plusieurs gardes, mais s'ils ne tombent pas dans le piège... tant pis pour eux, vous les descendez, moi je ferai de mon mieux pour les distraire pendant ce temps, alors préparez vous, on ne sait pas s'ils vont nous attaquer, mais je n'ai pas envie d'attendre d'avoir une flèche plantée dans le torse pour le savoir.

C'était dit, et je ne devais pas attendre d'avoir une flèche plantée dans le torse pour savoir si il s'agissait de bandits ou non, les flèches qui venaient de se planter dans ma caravane étaient assez explicite. Je me concentrai et je disais à la mercenaire de tirer, et une véritable volée de flèches assailli les bandits. Je dois dire qu'ils en étaient assez surpris et qu'en voyant les projectiles ils ont rapidement détalé, mais ils sont ensuite revenus à la charge, si les trois bandits derrière la caravane harcelaient Sakari avec leurs flèches, bien que leur tirs soient assez imprécis, les deux à l’avant essayaient de me déloger avec leurs épées, à croire qu’ils préféraient récupérer la caravane intacte. Je parais leurs attaque aussi bien que je le pouvais mais je devais avouer que je n’avais jamais aimé combattre de front mes adversaires, j’étais en difficulté, alors j’utilisais des illusions dès que je le pouvais pour déloger mes adversaires. J’espérais que de son côté Sakari s’en sortait mieux que moi.


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Sakari Naasoqineq
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Dim 8 Avr - 15:23
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Profession : Homme de main
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Ça n’avait manifestement pas fonctionné. Tant pis. Sakari était donc à l’arrière de la caravane, tentant de se protéger des flèches avec un bouclier improvisé. C’est à dire, un couvercle de caisse de la caravane de son patron. Elle était trop loin pour atteindre son Vulcain, et ça restait une mauvaise idée de s’en prendre à des Mÿ’trans au fusil.
     Il fallait se montrer plus malin. Heureusement, son pistolet de paume faisait peu de bruit, il serait donc facile de le faire passer pour une technique magique. En effet, il pouvait tirer des balles en bois, non-létales, ne laissant pas le traces, et qui pouvaient laisser à penser que Sakari avait utilisé des pouvoirs magiques pour désarçonner le cavalier, plutôt qu’un artifice technologique. L’embêtant était la portée très médiocre de son arme. Il faudrait qu’elle puisse descendre, mais pour cela, il faudrait aussi attirer tous les ennemis sur elle, et donc débarrasser Leynar de ceux qui l’attaquaient.
     Sakari balança le couvercle sur ses ennemis, reçut une flèche dans le dos qui ricocha sur sa maille alors qu’elle se déplaçait vers l’avant, propulsa sa lance courte comme un javelot dans la gorge d’un ennemi, profita de ce qu,un des cavaliers fut à courte portée pour parer son épée et lui tirer une balle de bois dans le torse, ce qui lui fit perdre pied. Le poids de son corps penché sur le côté envoya son cheval faire un virage à gauche trop violent. Le cavalier et sa monture se retrouvèrent assommés sur un arbre.


     « Arrêtez le véhicule ! »
     Ainsi stoppée, la caravane pourrait être bien plus aisément défendable. Et pour cause : Sakari empoigna son fusil, planqué entre deux caisses et sauta en marche. On était sur une plaine offrant très peu de couvert. Si la caravane continuait, Sakari ne pourrait pas avoir une visée claire, et le risque était que les bandits la poursuivent sans se charger de l’escorte à pieds. Alors que si le véhicule était immobile, Sakari pourrait le défendre.
     Ce qu’elle fit sans une once de subtilité. Elle abattit les chevaux, bien plus faciles à viser. Leurs cavaliers tombèrent au sol. Récupérant sa lance plantée dans une gorge tantôt, Sakari put engager le combat avec les cavaliers, qui s’ils fuyaient allaient se retrouver avec une balle dans le dos.
     En quelques minutes, ce fut fini. Les talents martiaux de Sakari n’étaient plus à prouver, d’autant qu’elle les exerçait sans cesse sur des gens comme eux, qui en plus venaient de sortir d’une chute de cheval. Elle ne les tua pas, mais se contenta de frapper du plat de sa lame de lance, et avec son ceste, et non son couteau. Bon, ils risquaient de ne plus pouvoir manger que de la soupe.
     Si on devait préciser le combat, on pourrait dire que Sakari profita de l’hébétude des ennemis pour en charger un et lui envoyer un grand coup de poing dans le ventre, puis alors qu’il était au sol à se tenir les tripes, un autre au même endroit. Ses amis réagirent. Le premier tenta un coup d’épée vite paré, mais il n’avait qu’une arme, et Sakari deux. Il put entendre sa mâchoire se déboîter alors que le poing renforcé de son ennemie le percutait. Quant au dernier, après quelques passes d’armes, un coup de plat de la lance en pleine tête eut raison des a combativité.


     La poussière retomba sur le champ de bataille. Sakari n’avait pas attendu que la situation se calme. Dès que son patron avait été hors de danger, Sakari était allé chercher celui qu’elle avait envoyé dans un arbre avec son arme. Il tentait de se relever, quand elle l’attrapa par le col. Il fut ramené de force avec les autres, qui gémissaient de douleur, sous la surveillance de l’épée de Leynar.
     « Bon ! Ben, vous savez pourquoi vous m’avez engagé. On fait quoi, on les élimine ? Ils risquent de prévenir leurs petits potes sinon. »
     Alors qu’elle disait cela le plus naturellement du monde, Sakari perçut un des bandits lui lancer un regard mauvais, suintant de haine. Il avait vu son cheval s’effondrer suite à un coup de feu. Les précautions de Sakari avait été inutiles. Tant pis pour eux.


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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Leynar Gale
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Ven 13 Avr - 22:59
Irys : 229063
Profession : Marchand itinérant/ Joaillier/ Arnaqueur
My'trän +2 ~ Khurmag
Les bandits oscillaient entre la peur et la colère, leur petit camarade qui avait remarqué le coup de feu s'était empressé de le raconter à ses compères, qui alors s'étaient mis à s'agiter, et il fallut alors que je leur rappelle dans quelle situation ils étaient, notamment en les menaçant en plaçant mon épée sous leur gorge. Rien que le fait qu'ils sachent que Sakari avait tiré un coup de feu ne m'arrangeait pas. J'avais deux options, la première étant de les laisser filer mais de courir le risque qu'ils reviennent avec leurs amis, qui seraient sûrement très intéressés de savoir que quelqu'un fait usage de la technologie. La deuxième était de tous les tuer, il n'y aurait plus de témoins, et puis bon c'étaient des bandits personne ne les regretterai, ils auraient dû choisir une autre carrière, le grand banditisme ça ne paye pas toujours. Bon, c'est sûr c'était triste parce que ça restait des exécutions, mais ils avaient eu une chance de nous refroidir et ils avaient manifestement échoués. Pas de chance, on avait été meilleurs qu'eux, enfin, Sakari avait été meilleure qu'eux, j'avais observé avec une certaine fascination ainsi que je dois dire, une pointe de peur la facilité qu'elle avait eu à se débarrasser d'eux, et je commençais à me demander ce qui m'arriverai si jamais je la contrariait. Il fallait vraiment que je réfléchisse à un plan, même s'il fallait d'abord régler le plus urgent, à savoir les quatre imbéciles qui se tortillaient nerveusement sous la menace de ma lame.

Je comptais bien m'éviter un discours grandiloquent devant quatre bandits. Je n'allais pas satisfaire mon égo juste parce qu'ils avaient mordu la poussière. Le premier que j'avais sous la main, celui qui était apeuré, la gorge contre mon épée, c'était fini pour lui, il s'écroulait devant moi, mort. C'était fait, je l'avais exécuté et avec plus de sang-froid que je ne l'aurais cru. Je n'en tremblais même pas, ou en tout cas je ne l'avais pas fais sur le moment. Ses petits amis me regardaient avec un mélange de dégoût et de peur, ils se doutaient bien qu'ils allaient bientôt rejoindre leur camarade, et je comptai bien leur donner raison. Je me débarrassai d'eux, un à un, c'était moche, mais c'était comme ça, les exécutions sont rarement festives. Néanmoins je fis mon possible pour que leur mort soit la plus brève possible, pas spécialement par égard pour eux, mais pour moi, je m'étais résolu à faire ce qui devait être fait, ce n'était pas pour autant que j'y prenais plaisir, je n'étais pas quelqu'un de particulièrement cruel, et je n'avais qu'une envie, que tout cela cesse et que nous reprenions rapidement notre route.

Je déplaçais les cadavres des bandits hors de la route, et les laissai là. Non seulement je ne voulais pas perdre inutilement de temps à enterrer des gens qui n'auraient probablement pas fait la même chose pour moi, mais également parce que je ne voulais pas rester exposé trop longtemps au même endroit. Il suffisait qu'une autre bande de bandits se pointe et ce serait le retour des ennuis. Alors je me dépêchai de reprendre la route avec Sakari, j'essayais d'accélérer l'allure de la caravane, mais bon je ne pouvais pas faire de miracle et en plus je transportais un chargement assez conséquent. J'en profitais alors pour discuter avec la mercenaire, il faut dire que j'essayais de chasser les bandits de mon esprit, même si chasser de sa tête un problème par un autre problème n'était pas forcément une bonne solution, je n'avais pas trop le choix.

-Je dois avouer que c'était impressionnant ce que vous avez fait avec ces bandits, vous avez littéralement fait tout le travail vous même, ils n'ont rien vu venir.


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Sakari Naasoqineq
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Jeu 26 Avr - 12:28
Irys : 886236
Profession : Homme de main
Pérégrins -1 (femme)
« Impressionnant ? Ah ? Vous trouvez ? »
     Ça étonnait Sakari. Elle avait pourtant utilisé ses armes à feu pour massacrer quelques-uns de ses compatriotes. Les marchands de ce pays devaient vraiment détester les bandits plus que tout au monde, pour en arriver à penser cela. Ou bien il était juste content d’être en vie, et n’en était plus à pinailler sur comment il avait été sauvé. Après tout, Leynar avait bien recruté Sakari en connaissance de cause.
     Cette ouverture d’esprit était assez remarquable. Naturellement, Sakari allait en profiter pour tenter de glaner un peu de savoir magique.
     « Ce n’était pas terrible. Avec la magie, j’aurais pu faire mieux, plus vite, et sans armes. »
     Elle se garda bien de dire que c’était plus le coût des munitions à Mÿ’tra qu’un réel respect de ses coutumes qui motivait ces paroles. Même si elle avait une certaine considération pour les mœurs des locaux, il ne faudrait pas en faire un monstre pour autant.
     « D’ailleurs, pourquoi est-ce que vous vous interdisez l’utilisation de la technologie ? Et où vous placez la frontière ? Un arc, c’est déjà de la technologie. Les dieux vous ont laissé un manuel ? Une liste ? »
     On pourrait y voir un commentaire sarcastique, mais il n’en était rien. Sakari venait d’une civilisation qui ne connaissait pas l’écrit, et quand elle découvrit en quoi cet art consistait, elle eut la réaction que beaucoup eurent avant elle : c’était une source de fiabilité exceptionnelle, et tout ce qui était couché sur le papier avait dès lors une valeur bien plus grande que de simples paroles. Que des dieux en viennent à écrire montrait une implication dans le réel exceptionnelle. Le savoir religieux, à Nunaqortoq, était transmis de manière orale, et était issu de traditions centenaires. Ce qui signifiait, en clair, que les dieux n’étaient pas intervenus depuis des centaines d’années. D’où l’intérêt que relatif pour les Architectes.


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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Leynar Gale
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Mar 8 Mai - 21:45
Irys : 229063
Profession : Marchand itinérant/ Joaillier/ Arnaqueur
My'trän +2 ~ Khurmag
Le marchand sentit un frisson remonter le long de son dos lorsqu’il entendit la mercenaire lui parler encore de magie. Il savait bien que Sakari allait faire tout ce qu’elle pouvait pour apprendre, mais lui, pouvait-il vraiment mettre une telle chose entre les mains de la mercenaire ? Que ferait-elle avec la magie ? Tuer quelques mercenaires proprement ? Non, Leynar n’était pas naïf, il savait bien ce qu’on pouvait faire avec l’art de Khugatsaa. Il ne l’utilisait pas lui-même à des fins forcément très honnêtes, mais lorsqu’il l’utilisait c’était toujours avec une certaine notion de respect et de reconnaissance envers son architecte. Selon les situations il y pensait plus ou moins, mais il n’aurait de cesse de remercier son architecte. Mais s’il répugnait d’évoquer tout apprentissage, les questions de la mercenaire lui firent prendre un air songeur. De bien étranges questions, tout particulièrement en ce qui concernait un manuel ou une liste que les architectes auraient laissés aux My’träns pour les avertir de ne pas utiliser de technologie. Quelle curieuse idée. Imaginer les architectes laisser à son peuple une liste des choses à ne pas utiliser arracha un petit sourire à Leynar. Pas par moquerie envers Sakari cela dit, se moquer d’elle après ce qu’il l’avait vu faire était la dernière chose que l’arnaqueur aurait voulu.

-Non, les architectes ne nous ont pas laissés une liste des choses à ne pas utiliser. Nous n’utilisons pas la technologie parce que nous en sommes incapable, c’est tout. Vous utiliseriez vos armes si elle vous donnaient irrémédiablement la nausée ? Je serais bien incapable d’utiliser mon épée tout en ayant une furieuse envie de vomir. C’est ce qui nous arrive à proximité de la technologie. Pourquoi ça arrive ? Personnellement je n’en ai aucune idée, peut-être est-ce tout simplement la volonté des architectes, j’avoue que je n’ai jamais vraiment réfléchis à cette question puisque je n’ai jamais eu à le faire.  

L’air de rien Sakari posait une colle à Leynar, il aurait été bien incapable de dire avec précision pourquoi les My’träns étaient incapable de rester à proximité de la technologie sans en souffrir, mais d’un autre côté le marchand s’était toujours contenté de se dire que c’était comme ça, et que d’un autre côté il existe des questions sans réponse. Ou plutôt, si cette question avait une réponse, il n’était pas celui qui la connaissait.

-Je suis conscient que ce n'est pas une réponse très satisfaisante, mais je ne suis vraiment pas capable d'y répondre plus précisément.


Alors qu'il avait répondu du mieux qu'il pouvait à la mercenaire, une question se forma dans l'esprit du marchand, et il ne pût s'empêcher de la poser.

-Mais dites moi, vis-à-vis de cet... apprentissage de la magie. Pourquoi choisir Khugatsaa ? Il y a d'autres magies qui sont certainement beaucoup plus utiles au combat, l'art de Süns ou de Dalai par exemple. Alors pourquoi se concentrer sur un plan plus psychologique ?



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Sakari Naasoqineq
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Mer 9 Mai - 22:17
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Profession : Homme de main
Pérégrins -1 (femme)
     Le Daënar moyen n’aurait rien compris à l’explication de Leynar, qui répondait en fait par une théodicée. Pourquoi est-ce que les dieux vous ont-Ils interdits d’utiliser la technologie ? Parce que les dieux l’ont voulu. Ce genre de raisonnement est impossible à saisir pour qui ne peut admettre qu’il existe des choses ne relevant pas du domaine des humains, et qu’il est vain de les comprendre, car elles sont par nature incompréhensibles.
     Toutefois, Sakari était assez proche de la culture mÿtrane de part ses origines pour saisir la signification de cette réponse. À ceci près que chez les Nunaqortoqut, on répondait moins volontiers par une explication divine que par une explication tenant de l’ordre et de l’équilibre naturel des choses. En y pensant un peu plus profondément, Sakari se souvint que les Daënars ne pouvaient maîtriser la magie parce qu’ils avaient reniés les Architectes. Si les Mÿ’trans pouvaient maîtriser la technologie et la magie, ils seraient invincibles. À son sens, c’était donc dans un souci d’équilibre cosmique qu’Ils avaient placé cette limite. De là à dire que les Daënars avaient été créés par les Architectes pour établir un équilibre, il n’y avait qu’un pas. Mais ça tombait tellement sous le sens pour Sakari qu’elle ne prit même pas la peine de développer sa théorie. Elle considéra qu’elle était évidente, et qu’un croyant comme Leynar, qui était au fait de la chose religieuse depuis plus longtemps qu’elle, devait déjà la connaître.

     Quant à sa question, elle fit longuement soupirer Sakari, qui était en train de nettoyer ses armes couvertes de sang et de remplacer les cartouches utilisées. Elle regarda le tas de cadavres empilé.
     « Parce que vous pensez réellement que j’ai besoin d’une magie de combat ? »
     Elle rangea sa lance et sortit son pistolet de paume, pour le mettre bien en évidence devant les yeux de son professeur.
     « J’ai beaucoup voyagé, professeur, jamais je n’ai trouvé de technique de combat plus efficace que celle-ci : viser et appuyer sur le bouton. J’ai déjà dû vous le dire, mais je viens de Marnaka, dans votre langue, et là-bas aussi, nous faisons la guerre, mais avec l’arc, la lance et le couteau, pas avec ça. Si d’aventure je gagnai des sommes folles et décidai d’envoyer même les armes les plus vétustes des orientaux dans mon pays, nous pourrions vaincre les Khashans en quelques semaines. Mais vous savez, ce qui ce passerait, alors ? Je pense que mon peuple s’entre-tuerait, parce qu’il aurait dans ses mains une puissance trop grande, et aurait brisé l’équilibre naturel de la vie et de la mort qui existe dans mon pays. Avant de quitter ma tribu pour aller à Aildor, je n’avais pas tué une dizaine de Khashans de toute ma vie. À mesure que j’ai avancé en orient et acquis de nouvelles armes, je n’ai fait que tuer plus, toujours plus, plus vite, plus fort. La puissance qu’apporte les armes orientales ne fait que créer un déséquilibre de plus en plus grand. Plus ces armes sont puissantes, plus elles demandent d’autres armes pour les vaincre encore plus puissantes, et ainsi de suite, jusqu’à ce que tout soit consumé dans le feu. Elles sont comme des démons avides de sang. Elles vous permettent de tuer, alors vous le faites, même si c’est superflu. »
     « Et par ailleurs, ne croyez pas que je m’amuse de tuer. Je me rends compte que plus je suis obligée de tuer, moins ça me dérange. Il y a un temps, j’aurais épargné ces gens, mais maintenant, ça ne me fait plus aucun effet que de les voir se faire exécuter. Or dans mon peuple, prendre la vie est un acte aussi important que de la donner. Et pour cause, nous évitons d’abattre plus d’animaux qu’il en naît, et de faire plus d’enfants qu’il meurt de vieillards. »
     Elle arracha une châtaigne qui pendait à une branche, et la retira de sa coque.
     « Voici une semence. Plantez-en une et quelque chose naît. »
     Elle prit une balle de fusil.
     « Voici une anti-semence. Plantez-en une et quelque chose meurt. »
     « Votre magie est la seule qui me permet de triompher sans planter de la mauvaise herbe. C’est donc pour ça que je l’ai choisie. »


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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Leynar Gale
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Mer 16 Mai - 21:56
Irys : 229063
Profession : Marchand itinérant/ Joaillier/ Arnaqueur
My'trän +2 ~ Khurmag
L'arnaqueur avait écouté Sakari avec attention. Ce qu'elle disait n'était pas dénué de fondement, dans un sens la technologie déréglait un certain équilibre naturel, un équilibre sûrement mis en place par les architectes. La suite de l'explication de Sakari n'en fût que plus monstrueuse du point de vue de Leynar. La technologie. Un monstre, un démon avide de sang qui avilit de plus en plus son utilisateur. C'est en tout cas ce que retint le marchand. Il faut dire qu'il était difficile de se défaire de toutes ces années de préjugés, l'arnaqueur avait beau essayer d'être ouvert d'esprit ce n'était pas pour autant qu'il réussissait toujours. Il était perdu dans ses pensées, la mercenaire n'avait pas vraiment tort quand elle disait que les illusions permettaient de gagner des combats sans mettre à mort ses adversaires. Mais ça ne fonctionnait pas systématiquement, pour s'en rendre compte il suffisait de repenser aux cadavres des bandits. Leynar doutait qu'il aurait pu les repousser s'il avait été seul, et Sakari avait été d'une mortelle efficacité contre eux. Il fallait dire que le marchand n'étais pas le meilleur combattant au monde, mais il se serait cru légèrement meilleur.

Ce qui le gênait surtout c'était de remettre entre les mains de la mercenaire un don des architectes alors qu'elle utilisait ces "démons" technologique. Leynar avait déduit de ses paroles qu'elle même avait été victime d'un avilissement à cause de la technologie, et il se demandait si le don de Khugatsaa l'aiderait à sortir de cet état, la sauverait en quelque sorte, ou si elle s'enfoncerait encore plus dans "corruption" de la technologie. C'était presque inconfortable comme réflexion, c'était comme s'il doutait que Sakari pouvait être remise sur un chemin plus équilibré grâce aux architectes, que l'influence de la technologie pouvait être tellement néfaste qu'on pouvait atteindre un point de non retour. Alors est-ce que Sakari avait atteint ce point de non retour ?

-Donc vous êtes en train de me dire que la magie vous permettrait de ne plus tuer ? Alors vous abandonneriez la facilité que vous avez obtenu grâce à la technologie ? Cette chose qui vous permet d'être aussi efficace ?

Il avait un peu de mal à y croire. C'était tentant de croire que quelqu'un pouvait changer grâce aux dons des architectes, mais ce serait idéaliste et naïf. Sakari parlait peut-être en toute bonne foi. Peut-être. Leynar était sur la défensive depuis qu'il avait pris la parole, il regardait la mercenaire avec une certaine méfiance. En vérité c'était presque un pari, et prendre une décision pourrait être lourde de conséquences pour l'arnaqueur. Alors il posa une dernière question à la mercenaire sans ambages, d'un coup. Peut-être cela l'aiderait t-il à prendre sa décision.

-Est-ce que vous considérez seulement l'idée de ne plus utiliser la technologie au nom de cet équilibre que vous trouvez si déséquilibré ?


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Sakari Naasoqineq
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Sam 19 Mai - 15:26
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Profession : Homme de main
Pérégrins -1 (femme)
     La discussion prenait une tournure intéressante. Comme elle risquait de durer longtemps, Sakari attrapa les rênes des bêtes du convoi et le fit avancer. Il fallait tout de même ne pas arriver en retard à cause d’un bavardage théologique.
     « Pas plus efficace, non. Plus rapide. Plus facile. J’ai vu des grands mages à l’œuvre, et des grands combattants de mon pays, et j’ai combattu des Orientaux. Ils ne sont pas plus forts, ils sont mieux équipés, voilà tout. La technologie ne surpasse pas, ne remplace pas le talent. Elle pallie à son absence, voilà tout. »
     Savoir si elle comptait abandonner ses armes était une question difficile, qu’elle s’était posé à de nombreuses reprises. Elle ne pouvait y répondre comme ça, au débotté, alors qu’elle avait du mal à savoir ce qu’elle en pensait elle-même. Sakari préféra donc rester honnète à ce sujet.
     « Je n’en sais rien. Il est certain que pour des raisons purement pratiques, j’aurais tendance à m’en défaire petit à petit. Il s’agit de ne pas mourir parce qu,on a préféré ses croyances, et vous serez bien mal placé pour avoir quoi que ce soit à y redire, vu que vous m’avez engagé. Par contre, je pense que oui, j’ai suffisamment pris de vie. Si votre formation s’avère efficace, mon couteau, ma lance et mon arbalète seront plus que suffisantes. »
     Cette décision en entraînait une autre, d’ailleurs.
     « J’irais même jusqu’à dire que je ne suis pas sûre de rester de ce côté des montagnes, une fois que j’aurais ce savoir. Oui. En fait, je suis même sûre que je retournerai dans mon pays, pour y rester. Et du coup, je laisserai mes fusils à Aildor. »


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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Leynar Gale
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Mar 29 Mai - 10:19
Irys : 229063
Profession : Marchand itinérant/ Joaillier/ Arnaqueur
My'trän +2 ~ Khurmag
Leynar ne fit même pas attention à sa caravane et aux bêtes de somme, laissant les rênes à Sakari alors qu'en tant normal il ne l'aurait jamais fait. Il était à la fois songeur et irrité, songeur car il se demandait la mercenaire abandonnerait bien les horreurs technologiques qu'elle utilise, et irrité car elle lui avait encore rappelé ce maudit accord qui le faisait se questionner sur les limites de sa propre moralité. Après tout il y a des choses avec lesquelles on ne peut pas se permettre de faire n'importe quoi.


Mais ce qui l'étonnait le plus c'était la dernière réponse de la mercenaire. Retourner dans son pays pour y rester. Qu'est-ce qu'elle y ferait, combattre les Kashans sans ses armes technologiques ? Qu'est-ce qui l'empêchait de le faire maintenant, d'abandonner ses armes ? Une trop grande dépendance à cette technologie ? Et la magie serait le remède de cette dépendance ? Leynar ne savait vraiment pas quoi en penser et ça l'agaçait particulièrement. Oh ça ne lui plaisait vraiment pas de s'interroger autant, d'autant plus que toute cette histoire laissait présager une petite remise en question de ses intérêts. Il se disait qu'il allait devoir très vite faire des plans pour se venger des quelques marchands qui le harcelaient depuis quelques mois, et qui l'avaient obligé à prendre une mercenaire qui demandait une rémunération hors du commun. Oh ça oui, les mercenaires qui l'avaient dépouillés ces derniers moi n'y étaient pas allé de main morte, et Leynar commençait à se demander s'il ne ferait pas mieux de faire appel à quelques collègues Danseurs.


Mais pour le moment ça ne ferait pas beaucoup avancer l'arnaqueur, la vengeance attendra. Pour l'instant il parlait d'équilibre entre la vie et la mort. Et pourtant il n'était pas adepte de Möchlog. Même s'il préférait ne pas tuer, il préférait conserver une approche pragmatique sur le sujet.


-Parfois on n'a pas d'autre choix que de tuer, regardez les bandits qui nous ont attaqués, s'ils étaient restés ligotés à attendre là, ils auraient forcément été détachés, et s'ils avaient été détachés par d'autres bandits ils seraient revenus à la charge. Avec certains individus on n'a pas le choix. Moi-même j'ai déjà tué par le passé, lorsque j'étais mercenaire. Je préfère ne pas le faire, mais si j'y suis forcé je n'aurais pas forcément de remords. Mais cela dit, je n'utilise pas de technologie après tout, la magie de Khugatsaa m'a aidé.


Il se remémora quelques instants ses années de mercenariat, avec un sentiment bien loin de la nostalgie. Il n'était définitivement pas fait pour ce genre de profession. Il préférait rester à l'écart, ce qui ne l'empêchait pas de passer lui-même à l'action lorsque le besoin s'en faisait sentir.


-J'imagine que sur les questions d'équilibre entre la vie et la mort un adepte de Möchlog serait bien mieux placé que moi pour répondre, je ne suis vraiment pas un spécialiste en la matière, d'autant que cela ne fait pas partie de mes sujets de discussions habituels.


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Sakari Naasoqineq
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Dim 3 Juin - 11:52
Irys : 886236
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La progression de la caravane était la priorité de Sakari, un peu moins que d’écouter te qu’avait à dire son employeur. Aussi, elle ne le regarda pas quand il exprima son point de vue. Son regard se portait plus sur la route, le relief, le ciel et la météo. Il n’empêche qu’elle écouta, et prit un petit temps pour réfléchir. Pas à ce qu’il pensait sur le meurtre, car ça, elle s’en moquait. Bien entendu, qu’il y a des cas où on ne peut faire autrement. C’était tellement entendu qu’elle ne jugea pas nécessaire de rebondir dessus.
     Sa dernière allusion confirma pour Sakari qu’il comprenait ses motifs. La magie lui permettrait d’éviter la technologie, qui était bien impure et ignoble pour ce qui était de l’art de tuer, malgré son efficacité. Elle ne jugea pas utile de répondre dessus non plus.
     « Ouais, bon, j’vous ai un peu embêté avec ces histoires, d’solé. Ah, vous voyez cette colline, là ? Le bosquet ? On y sera à la nuit tombée, ce serait l’endroit idéal pour passer la nuit. Et on aura un peu de temps pour que vous commenciez les cours. »
     Elle lui adressa un franc sourire, on ne peut plus amical. Elle avait vraiment hâte d’attaquer la partie pratique. C’est en pratiquant un art qu’on le découvre réellement, du moins là était sa pensée. Et elle qui connaissait beaucoup d’arts de combat, elle pouvait en témoigner. Sakari avait manié bien des armes différentes, ne serait-ce que les armes blanches. Chaque technique propre à chaque type de lame entrait en résonance avec toutes les autres apprises auparavant. On lui avait ainsi souvent dit qu’elle utilisait sa lance comme un couteau ; en jouant sur les courtes distances et l’estoc, les changements de main et en utilisant une garde propre au couteau. Son expérience donnait un style très particulier à son maniement de l’arme blanche. Elle était très curieuse de voir comment l’éducation religieuse nunaqortoq mêlée à la magie mÿ’tranne allaient entrer en résonance pour produire quelque chose d’unique.


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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