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Chroniques d'Irydaë
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 Les contes de la voix sans visages

Adol Loror
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Ven 16 Mar - 0:13
Irys : 649879
Profession : Aventurier
Daënar 0
Une voix. Une voix sans personne au bout, une voix fantôme me réveille. Non pas un doux réveille dans un chambre, dans les bras de ma dulcinée avec un doux feu de bois, où les dernières braises crépites formant un bulle de chaleur. Là rien, un sol froid, un des murs vident, seul une petites bougies pour éclairée les noirceurs autours de moi. Je voulus me lever mais je remarque, dans un savant mélange de surprise et de terreur que je suis attaché à une chaise en métal, les habits couvert de sang et déchirées. Remarque ensuite mes bleues courant le long de mes bras. Ce sang est donc le mien...

-Quelqu'un ? A l'aide ! Je me mis à crier de toute mes forces mais seul mon écho me répondis. Je farfouille dans ma mémoire, malgré la douleur, à la recherche d'indice.

Un sac, un simple sac en jute. Voilà se que je vois depuis se qui me semble des heures. Un sac accompagné d'une vive douleurs à la nuque ainsi qu'à l'estomac. Un sac accompagné de rire et de voix diverse. A ce moment là, mon monde était devenu ce simple sac en jute où la lumière ne pouvais à peine passer

Mes derniers souvenirs en dehors de ce sac sont vagues et lointain, comme un mirage de couleur avant un déluge de nuit. La douleur se fais de plus en plus grande partout sur mon corps, les voix, elles, sont plus en plus vive et me force à me renfermer pour ne plus les entendre. J'essaye de rester éveiller pour être en alerte mais rien à faire. La fatigue est de plus en plus forte, décuplée par ma faim. Mais depuis combien de jours je suis comme ça ? Me dis-je dans ma tête, en essayant de me calmer. Je me mis à repasser mes souvenirs heureux, comme les paysages sublimes que j'ai pu voir ou bien le visage souriant de ma petite amie, mais, à chaque fois, une nouvelle douleur me projette dans la réalité, celle de ce sac.

Soudainement, on me force à me lever et, me tenant mes liens au mains, on me fit avancer dans se qui semble être une bâtisse. Les faibles rayons du soleil traversant le sac se mirent à brûler mes yeux. J'ai voulu tenter de fuir mais, peine j'en eus la conviction qu'un coup de poing me plie en deux et chasse tous l'air présent dans mes poumons

-Sa...Sale chien, vous vous prenez pour ….


Je nus pas le temps de finir qu'un deuxièmes coup m'envoie sur le tapis, la tête contre un sol dur. Pour le reste de mon voyage, je fus traîné inconscient, apparemment.

Ce fut tous ce que je me rappelle de mon transfert. J'essaye de me  calmer mais cela ne fit qu'empirer les choses. Comment je vais faire ? Je me remis à hurler :

-Je veux sortir ! Je n'ai rien fais de mal, je n'ai fais aucun mal à personne ! Vous vous tromper de personne !

Mais encore une fois, seul mon écho me répondis. Après de longues secondes pesante, qui me sembler des heures, une voix sans visage me répondis.


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Dolores de Rosse
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Ven 16 Mar - 1:04
Irys : 219962
Profession : Sbire de Ludwig Strauss
Daënar 0
L’entrepôt dans lequel le jeune homme aux cheveux de flammes s’évertuait à hurler se situait bien l’écart de Skingrad, au milieu des champs qui cernaient la cité de toutes parts. C’était, autrefois, une grange, puis un entrepôt pour stocker des pièces en métal pour des engins agricoles, et maintenant, le bâtiment ne servait plus, se situant au milieu de champs en jachère perpétuelle, dans un domaine où plus aucun ouvrier agricole ne venait travailler. Ce n’était pas le seul ainsi, ils étaient nombreux. Des héritages qui n’intéressaient aucun des descendants, même pas assez pour qu’ils rechignent à le vendre. Laissant là ces terres autrefois florissantes, revenant doucement à leur état sauvage alors que partout autour la modernité règne. En somme, c’était l’endroit parfait pour effectuer un tel travail.

Mon pauvre chéri… Ils ne t’ont vraiment pas loupé mes loulous. Je suis vraiment désolé. Regarde-toi. Tu ne sais pas ce que tu fais-là. Les seules réponses que l’on t’apporte, ce sont des coups… Mais j’ai besoin de ça, j’ai besoin que tu souffres, même si c’est dur à voir. Je veux que tu me sois fidèle, petit, et pour ça il faut d’abord tout casser et tout reconstruire. Selon mes hommes, tu es venu à Skingrad avec quelqu’un qui t’es très proche. Une femme. Ta femme ? Maintenant tu n’as plus de femme. Une amie ? Je deviendrai ta seule amie, Adol, ton seul appui. Il le faut, il faut passer par là, sinon je ne pourrais pas te faire confiance. Ne t’en fais pas, mon petit, c’est bientôt fini…

Observant, d’un œil attentif, son homme de main s’éloigner du jeune homme attaché à la chaise, elle attendit, en silence. La pièce où Adol était enfermé était autrefois le bureau de celui qui gérait cet immense entrepôt. Les murs étaient épais, afin que la chaleur se conserve au maximum et ne fasse pas trembler la main du patron écrivant ses ordres. La pièce avait été vidée de son contenu par les hommes de main de Ludwig. Ne restait plus qu’une chaise, avec Adol assis dessus, pieds et poings liés, incapable de bouger. La jeune femme pouvait l’observer depuis un petit hublot à côté de la porte, car une lampe était constamment allumée dans le dos du captif, et ce afin que seule son ombre puisse être reflétée sur le mur auquel il faisait face. L’endroit parfait pour nettoyer l’esprit d’un homme.

Dolores patienta ainsi quelques temps, peut-être une heure, ou deux, observant par la fenêtre voir si son futur partenaire n’était pas en train de définitivement défaillir. Mais non, il tenait bon, continuant de gémir. Des murmures, même des hurlements, que l’ancienne chanteuse ne pouvait entendre, et tant mieux pour elle, car réciproquement Adol ne pouvait entendre qu’autant de gens se trouvaient derrière-lui, séparés par un simple mur. Finalement, Dolores soupira, et ouvrit doucement la porte du vestibule sans dire un mot. Elle vit la tête du jeune homme se relever brusquement, chercher à voir qui était entré. Mais il ne pouvait rien voir, la tête enfermée sous ce sac. Il n’y avait que lui, ce sac de jute, et cette voix invisible.



Les loups sommeillent dans les bois.
Les chauves-souris au vent tournoient.
Mais une âme seule reste menacée,
Craignant les coups venant de l’obscurité.
Si ton chéri, blessé, ne dort pas
Alors serre-le fort tout contre toi.
Adol Loror, brave et fort,
Aux portes de la mort.
Il va, il vient
Du sang sur les mains,
Pourquoi est-ce le sien ?
C’est le sien…


Aimes-tu comment je chante, mon petit ? C’est juste pour toi que je l’ai écrite. Oui, juste pour toi. Et je te la chanterai souvent, très souvent. J’espère que ça te fait du bien de l’entendre, sous ce sac, mais je ne me fais pas d’illusion. Tu dois juste être apeuré, ne rien comprendre, mais ça viendra… Très vite, tu n’auras plus que cette chanson en tête. Cette chanson et… moi.



Les oiseaux se sont tus pour la nuit.
Tes bourreaux s’en vont dans leurs lits.
Mais une âme seule reste près de toi,
Des larmes coulant jusqu’au bout de ses doigts.
Mon cher Adol, oui, ferme tes yeux,
Ne bouge pas, ne crie pas, sois silencieux.
Je te promets, je ferais tout
Pour que tu tiennes jusqu’au bout
Tu survivras
Tu sortiras
Et dévoreras
Tout de moi…


La chanson était presque envoutante, même pour ceux qui n’étaient pas à la place de ce pauvre homme. L’ancienne chanteuse gardait toujours une voix cristalline, hypnotisante, magnifique. Le rythme qu’elle prenait, lancinant, comme une berceuse, allait à merveille avec les desseins que cette chanson devait servir. Elle devait apaiser Adol, le calmer, le rassurer… C’est alors que, peut-être sur le point de s’endormir, il pourrait sentir, pour la première fois depuis un temps incalculable, une main posée sur lui. Pas la morsure d’un poing, le tonnerre d’un coup de pied. Simplement une main, douce, aimante, maternelle. Sans qu’il ne puisse rien voir de qui possédait une telle main, celle-ci s’afféra à désinfecter doucement les quelques plaies visibles sur les bras du jeune homme. Ce fut tout ce qu’elle fit, aucun mot ne fut prononcé à la suite de la balade, et celle qui l’avait chantée repartit dans une lente démarche, sans s’arrêter et ressortit de la pièce.

C’est le début d’une longue aventure, Adol. Profites-en.





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Adol Loror
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Ven 16 Mar - 9:07
Irys : 649879
Profession : Aventurier
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Cette voix, cette voix sans visage chante, elle chante sans que je puisse la voir. Après des heures de silence et de douleur, une voix se fit entendre. Une voix douce se voulant rassurante et protectrice. Une voix en dehors de mon sac de jute. Alors que je reste muet devant cette voix, elle s’arrête soudainement et seul son écho, comme un murmure reste, dans la pièce et mon sac. Je tourne la tête dans tous les sens pour savoir d’où elle vient, l’origine de cette présence mais rien, seul mon bruit de gesticulation resté.
Soudainement, une main de pose sur moi. Non pas une main violente, voulant ma souffrance comme seule nourriture. Non là, une main douce, aussi douce que La Voix, me touche le bras. J’eus un mouvement de recul et de peur au début, mais la main se voulait rassurante. Étant sûr que quelqu’un était ici, je l’interpelle :

- A l’aide, je vous en prie, libérez-moi…

Un silence s’installe alors que la Main de répondit pas. Elle prit ce qui semble être un désinfectant et me l’applique sur les bras, comme pour me soigner, me soulager de ma douleur.

-Pitié… Vous devez vous tromper de personne. Je n’ai fait de mal à personne ici ou nulle part ailleurs. Je veux juste sortir. Dites-moi au moins ce que je fais ici. Je veux savoir !

Mais rien. Seule la Main qui continue à me soigner. La Main partit peu après, alliant ces soins. Je me mis à hurler :

-Revenez ! Répondez-moi ! Vous devez me répondre !

Mais la porte claque derrière moi. Plus rien. Seul le silence reste après son départ. Des larmes se mirent à couler le long de mes joues. Je n’avais rien fais, je n’avais aucune raison d’être ici mais je suis seul, attaché dans cette pièce vide, avec pour seul compagnie le silence et le sac. Les secondes me semble durer l’éternité, rien de change dans cette pièce, je ne savais même pas quelle heure, ni quel jour il était… Seule la faim, qui me tord le ventre sur ma chaise, me tien éveiller les forces qui m’abandonne.

-Je dois sortir d’ici, je veux sortir d’ici, faut que je sorte.

Ces mots se répéter dans ma tête, c’était mon seul objectif, la seule chose qui me tenait encore vivant. L’espoir de revoir le soleil, le monde et, surtout la femme que j’aime. Malgré tous les efforts possibles, je m’écroule sur ma chaise, épuisé, la faim me tordant et l’esprit vide. Juste avant de sombrer, je cru entendre un rire, un simple rire, proche de moi.

Ainsi commence les contes de la Voix sans visage


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Dolores de Rosse
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Sam 17 Mar - 14:33
Irys : 219962
Profession : Sbire de Ludwig Strauss
Daënar 0
Mais pourquoi rient-ils ? C’est une histoire très sérieuse, les gars. Je suis en train de construire quelque chose qui se veut solide et beau à la fois. Un chef d’œuvre que les plus grands architectes, voire les Architectes eux-mêmes, m’envieront. Cela peut prendre des jours, des semaines, mais je bâtirai sur les cendres de ton esprit un être plus fort et dévoué que jamais. Je te le promets, Adol, tu ne regretteras pas ce que je vais faire de toi. Mais pour l’instant, repose-toi, cesse un peu de hurler, tu ne fais que te fatiguer… Si tu t’épuises trop vite, je n’aurai pas le temps de faire ce que je veux. Alors, par Alexandre, Adol, prends du repos.

- Et vous messieurs,
souffla-t-elle en s’éloignant de la porte, allez-y un peu plus doucement. Il est fragile. Je ne veux pas que vous me le cassiez.

Elle s’éclipsa ensuite de l’entrepôt, mais s’évertua à revenir chaque jour. Toujours à la même heure, elle revenait chanter sa chanson au jeune homme. Il était de plus en plus fatigué, si bien qu’au troisième jour, elle consentit à lui donner de l’eau fraîche. Il était nourri depuis le début de sa captivité, bien sûr, mais ne préférerait-on pas la douce caresse d’une femme à la poigne brutale d’un homme de main écervelé ? Dolores, pour cette occasion, avait enlevé une partie du sac de jute qui emprisonnait la tête d’Adol, mais juste assez pour le faire boire et le réenfiler. Il n’était pas encore temps que ses yeux la voient, elle. Il ne fallait pas oublier que ces deux-là se connaissaient. Dolores devait, avant toute chose, effacer complètement chaque bon souvenir auquel pouvait se raccrocher ce petit être, afin que sa seule source d’espoir ne soit plus que ces mots qu’elle entonnait encore et encore.


Tu survivras
Tu sortiras
Et dévoreras
Tout de moi…


Et comme à chaque fois, la chanson était suivie d’une attention. Une seule. Mais toujours plus salvatrice pour le pauvre captif. Nous étions maintenant à dix jours, dix jours de captivité, qu’il devait avoir ressenti comme des semaines tant les hommes de Ludwig l’empêchaient de dormir par des moyens variés. Lors de ce dixième jour, lorsque Dolores acheva sa chanson, elle s’approcha à pas de loup du jeune homme, comme à son habitude. Elle passa la même main doucereuse sur sa peau abimée, mais cette fois-ci, elle s’égara sur le buste, remonta vers la nuque, attrapa le bord de ce sac qui n’avait pas abandonné Adol depuis tout ce temps et, avec douceur, le retira.

Le pauvre… il est tellement épuisé qu’il ne cherche même pas à me voir. Il savoure simplement de voir enfin cette prison s’en aller. Dix jours dans l’obscurité, cela devait être affreux, mon petit, vraiment affreux. Mais ne t’en fais pas, je suis là, je te sors enfin de là. Tu peux maintenant savourer la lumière de la lampe, les aspérités du mur, la fraicheur de l’air sur ton visage. Oh, ne t’agite pas. Désolé, mais tu n’as pas encore le droit de me voir. Tu n’es pas assez détruit pour cela… Il doit sûrement encore rester des bribes des souvenirs qui nous lient en toi. Je veux qu’ils s’effacent. A l’époque, on m’appelait Dolores Rossetto, j’étais chanteuse dans un cabaret de la capitale. Ce n’est plus moi, cette femme, ce n’est pas elle qui te soigne. Je veux que tu sois fidèle à Dolores de Rosse, uniquement à elle, mon petit…


Pour éviter que le contact avec la lumière ne soit trop brusque, la jeune femme posa son autre main sur le visage du voyageur, cachant à ses yeux un retour à la réalité trop brutal. Doucement, elle écarta les doigts avant de finalement retirer sa main avec lenteur. Sans un mot, comme toujours, elle tourna les talons et sortit de la pièce. En dix jours, elle avait bien progressé. Peut-être que bientôt, elle pourrait enfin lui parler. En attendant, en s’éloignant du bureau, devenu pour l’occasion une véritable geôle, Dolores fit un signe à l’un des sbires gardant l’endroit.

- Allez-y un peu plus fort aujourd’hui. Qu’il ne se pense pas trop sorti d’affaire.


- Ah ah… bien madame.

Le regard inquisiteur, elle regarda la brute se diriger, le pas léger, vers la porte du bureau. Il allait passer un sale moment… mais il fallait tenir bon. Un serviteur fou n’était pas bon à grand-chose. Détournant le regard de ces prémices aux tourments, elle vit Joseph, son majordome, l’attendre à l’extérieur. Le rejoignant, elle eut le droit à un regard interrogateur, habilement masqué derrière le visage buriné de son possesseur, mais parfaitement visible aux yeux de Dolores.

- Ne sois pas jaloux, soupira-t-elle, jamais il ne te remplacera, Joseph. Tu es, et resteras, mon ombre à tout jamais. Acheva la jeune femme avec un sourire.

Comme à son habitude, le majordome savait cacher ses sentiments, pour la plus grande vexation de sa maîtresse, mais nul doute qu’il était satisfait de sa réponse, puisqu’il s’empressa d’ouvrir la porte de la petite voiture afin que Dolores y prenne place, avant que tous les deux ne s’éloignent de cet horrible endroit qu’ils avaient pourtant bâtis de leurs mains.





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Adol Loror
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Sam 17 Mar - 22:01
Irys : 649879
Profession : Aventurier
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J'ai perdu le compte des jours, enfin si le terme "jour" me correspond toujours. Depuis mon arrivée, mon sac est toujours sur moi sauf quand on m'apporter à manger, c’est-à-dire du pain sec et un verre d'eau, qui m'étais simplement jeté dessus, avec un rire. Ma fatigue est plus grande de minute en minute, du fait du manque de nourriture mais surtout du sommeil. A peine je baisse ma tête pour me repose qu'une alarme, quand j'ai de la chance, retentis et me réveille sur le coup. Mais quand, la chance m'abandonne encore, un coup de pied bien placer me fais le même effet, la douleur en plus. Mes habits n'étaient plus que des loques de tissus, couvert de sang coulant à ma peau. Mon visage, s'il est visible, doit être dû même effet. Je tremble de tous mon corps depuis un moment, le froid me taillader la peau, comme une lame de couteau, parcourant sa victime.

J'entendis la porte s'ouvrir derrière moi et mon corps se mis à trembler. Ils sont de retour, ils vont recommencer. Je suis ...trop fatigué pour pouvoir riposter donc, je me calme et me dis qu'après, ils me laisseront tranquille. Mais à la place d'un groupe de brute sans scrupule, ce fut elle, la Voix.
Comme à son habitude, elle se mis à chanter. J'ai dû entendre cette chanson, cette foutu chanson, des dizaines de fois. Toujours le même timbre, se voulant rassurant et protecteur. Je l'écoute sans rien dire car je sais bien que si je dis quoi que ce soit, elle continue sans broncher, sans rien changer.
Finalement, elle s'arrête et la Voix s'approche de moi.  Comme avec une certaine habitude, elle passa sa main sur la mienne. Une main douce, sans violence, sans coup. Une main ce voulant réconfortante et rassurante. Je la laisser faire, ne pouvant pas riposter, mais cette fois-ci, elle avance le long de mon bras, de mon torse et enfin à mon sac. Elle resta quelques secondes ainsi, sans bouger, sans bruit, seul mon souffle résonné dans la pièce. Finalement, elle me le retire d'un coup sec. Elle planque juste après sa main sur mes yeux et la retire plus doucement mais, même avec cela, mes yeux me firent autant souffrir que reste de mon corps. Je reste quelques peu hébété, comme sortant d'un long sommeil. C'est comme si un nouveau monde s'ouvre à moi, mais pas comme mes aventures mais plus une descente dans l'Abysse.

Une fois de retour dans la réalité, je me rendis compte que la Voix avait disparu, un fantôme. Je n'eus pas le temps de me poser de questions que la porte se réouvrit. Je tourne la tête et vis deux hommes, immenses, un sourire aux lèvres. Etrangement, je compris que ce n'était pas pour jouer aux cartes qu'ils sont venus.

-Je vous en prie, je n'ai rien..

Un coup de poing au visage, un. Je crache un peu de sang et je pouvais sentir que mon nez n'a pas résister au coup. Le deuxième me lève le menton et m'en cale une autre mandale mais cette fois dans l'estomac . Je sombre, immédiatement, suite à ce coup mais un seau d'eau me fit revenir à la réalité.
 
-Hey petit, me dit-il avec un immense sourire, Cela ne fait que commencer.  

Et cela dura des heures, un acharnement sans arrêt et à chaque fois que je m'écroule, ils me réveillent pour pouvoir me regarder dans les yeux après chaque coup.

Finalement, ils partirent en me laissant étendu, toujours sur ma chaise mais le visage sur le sol. Un sol froid et couvert de mon sang. Je ne peux même plus dire où j'ai mal, comme mon corps entier est un bleu, grandeur nature. Et pour la première fois depuis des jours, je réussis à dormir, sur un oreiller fais de carrelage et de sang.


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Dolores de Rosse
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Lun 19 Mar - 0:32
Irys : 219962
Profession : Sbire de Ludwig Strauss
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Maintenant qu’elle lui avait retiré le sac, qu’elle avait offert à ses yeux la capacité de voir par eux-mêmes les tourments qui se profilaient devant lui, Dolores ne revint plus. Non, plus du tout. Enfin, pour les deux semaines suivantes. La faute à ses déplacements, mais pas seulement. Maintenant qu’Adol devait avoir bien retenu cette fameuse chanson au sens qui devait bien peu lui importer, il fallait le laisser réfléchir dessus, réfléchir à la dernière fois qu’il l’avait entendu. Pendant deux semaines, il n’aurait plus ces douces paroles murmurées à son oreille, la main tendre de la jeune femme, toujours là pour lui apporter un peu de réconfort. Les brutes avaient pour ordre de se calmer sur les attentions, mais nul doute que sans Dolores le calvaire paraîtrait bien moins supportable.

Je suis désolé, mon petit, vraiment désolé… mais il faut que je te manque. D’une part, parce que c’est toujours très flatteur quand vous manquez à un homme, évidemment, mais c’est aussi pour que tu cesses de résister. Je le vois encore, quand je te rends visite, tu essayes toujours de comprendre ce que tu fais ici. Il faut que cela cesse ! Tout bonnement ! Je ne veux plus que tu te poses de questions, simplement que tu subisses, que tu n’attendes plus qu’une chose : moi. Et ton supplice continuera tant que tu voudras, espéreras, désireras autre chose que moi, Adol. A ce moment-là, quand je saurais que je suis la seule chose pour laquelle ton esprit s’active, je consentirai à te libérer… Alors, fais un effort, mon pauvre. C’est pour ton bien.

Son esprit se révélait dans toute son horreur aujourd’hui, à l’heure de son grand départ pour deux longues semaines. Ces derniers temps, l’ancienne chanteuse manquait de patience, car elle manquait de temps pour elle. Adol lui prenait beaucoup d’énergie, de temps de déplacement… Elle espérait que, suite à ces deux semaines, son état serait bien avancé et qu’elle pourrait entamer la dernière partie du travail. La voilà donc, le regard sévère, en train de s’éloigner de l’entrepôt, mais cette fois-ci pour un long moment.

Bien ! C’est le moment de vérité.

Le sbire mal réveillé ouvrit la porte grinçante et laissa son employeuse entrer dans la pièce. L’odeur devenait difficilement supportable, faisant cligner les yeux de Dolores à plusieurs reprises. Mais elle était toujours là, là pauvre victime de son esprit dépravé aux limites imperceptibles. Il semblait dans un état lamentable, mais elle ne pouvait pas encore aller le voir. Il fallait d’abord tester si le bougre avait gardé une bonne mémoire.




Les loups sommeillent dans les bois.
Les chauves-souris au vent tournoient.
Mais une âme seule reste menacée,
Craignant les coups venant de l’obscurité.
Si ton chéri, blessé, ne dort pas
Alors serre-le fort tout contre toi.
Adol Loror, brave et fort,
Aux portes de la mort.
Il va, il vient
Du sang sur les mains,
Pourquoi est-ce le sien ?
C’est le sien…


Aller… souviens-toi, mon chou ! Souviens-toi ! Je suis de retour ! La seule personne qui te fait du bien au milieu de cet enfer… Tu te souviens de cette chanson ? De ma voix qui ne la chante que pour toi ? Je l’espère, sinon je vais être très vexée...




Les oiseaux se sont tus pour la nuit.
Tes bourreaux s’en vont dans leurs lits.
Mais une âme seule reste près de toi,
Des larmes coulant jusqu’au bout de ses doigts.
Mon cher Adol, oui, ferme tes yeux,
Ne bouge pas, ne crie pas, sois silencieux.
Je te promets, je ferais tout
Pour que tu tiennes jusqu’au bout
Tu survivras
Tu sortiras
Et dévoreras
Tout de moi…


Dolores priait silencieusement que le jeune homme était parvenu à garder assez de conscience pour entendre ces quelques couplets. Mais, de toute façon, elle comptait bien sortir une autre carte pour s’assurer de sa définitive attention. Tout en terminant les dernières lignes de sa voix cristalline, Dolores s’approcha du jeune homme tout en essayant d’oublier l’odeur faisandée qui émanait de lui après tant de temps. Posant une main innocente sur l’épaule d’Adol, elle se pencha avec lenteur vers cette oreille crasseuse et murmura enfin les premiers mots que le captif entendait de sa bouche autres que cette lancinante musique.

- Je suis là, mon ange… Je suis là... Chuchota-t-elle, sur un ton rassurant.





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Adol Loror
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Lun 19 Mar - 16:01
Irys : 649879
Profession : Aventurier
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Je ne sais même plus depuis combien de jour je suis ici, enfermé et attaché à cette chaise. J'ai perdu le fil des journées en même temps que celui des coups reçus. Mon corps entier tremble, que ce soit de fatigue, la douleur me parcourant de part en part ou tout simplement le froid traversant les lambeaux de mes anciens vêtements, offert par... par... J'arrive plus à penser, à réfléchir à quoi que ce soit. Seule la fatigue et l'espoir de poser un pied sur le sol, sentir le vent dans mes cheveux et le soleil sur ma peau m'hante. Cette sensation m'hante, à chaque seconde attachais, à chaque coup reçu, je veux sortir, je veux vivre. Je veux pleurer, je veux hurler mais je dois garder des forces et tenir le coup. Même s'il est futile, un espoir reste en moi, surement le même espoir qui me pousse à voyager. Mais si cet espoir, cette volonté ma fais traverser l'océan et me faire découvrir des lieux magiques, il peut me faire sortir d'ici, de cette prison.

Durant mes heures seules, sans gardes dans la pièce et mon sang sur le sol, je me demander comment cela se passe à l'extérieur, si la vie continue son cour, si les gens rient, pleurent, travaillent comme si rien n'était, comme si Adol Loror était toujours un jeune aventurier téméraire et plein d'envie et non une loque, attacher sur une chaise et tremblant au moindre bruit derrière lui.

Maintenant, que je remarque, cela fais un moment que la Voix n'est plus revenue me chanter à l'oreille, cette chanson, cette...chanson était comme ma seule distraction, le seul moment de paix entre deux coups dans l'estomac. La Voix avait aussi fini par partir me laissant, je ne vais pas dire qu'elle me manque mais cette chanson et cette Voix sont comme...des moments de répits depuis que je suis ici.

Soudainement, la porte s'ouvrit derrière moi, je sais bien que je vais encore morfler un peu avant de dormir. Mais après quelques secondes, rien, aucun bruit, aucun coup, absolument rien. Puis, elle se mit à chanter. Un soulagement, une sensation étrange, depuis un moment oublier pour moi. Une fois finit, elle s'approche de moi et me parle, non pas en chantant mais une voix simple. Pour la première fois, elle me parle et ma réponse fut simple. De grosse larme se mirent à couler le long de mes joues, des minutes durant, des larmes qui des jours durant que ne voulaient pas couler.

-Merci...Merci, vous êtes là, vous êtes toujours là, je vous en prie...je ferai tous, absolument tous pour vous mais je veux vraiment sortir.

Même pas je veux voir son visage, je veux juste sortir l'aspect de mon tortionnaire ne m'intéresse pas . J'écroule ma tête sur le côté, la fatigue, une sorte de joie ou un soulagement, je ne sais rien. Je lutte contre cette sensation mais rien, je sombre.


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Dolores de Rosse
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Sam 31 Mar - 1:04
Irys : 219962
Profession : Sbire de Ludwig Strauss
Daënar 0
Ah… ça me fend le cœur. Un spectacle aussi misérable. Un homme aussi suppliant… Mais ce n’est pas par les larmes que tu vas m’apitoyer, mon chou. Ce sera uniquement par ton obéissance ! Et je te sens encore réticent à te soumettre. C’est vraiment dommage. J’aurai tant aimé qu’à mon retour tu te jettes à mes pieds pour lier à jamais ton destin à ma volonté. Mais non ! Il reste encore de la résistance dans ton esprit tenace. Mais j’en viendrai à bout, même si je dois détruire toute trace de conscience avec elle.

Les yeux de Dolores s’illuminèrent alors. Une lueur énigmatique, mais forcément inquiétante. Pas besoin d’en connaître l’exacte origine pour la craindre. Etait-ce la manifestation de sa détermination ? L’éveil de sa cruauté ? Ou simplement quelques larmes nimbant ses prunelles face à son œuvre de plus en plus suppliante ? Qu’importe, toujours est-il qu’elle ne répondit pas à la question du jeune homme, le laissant simplement s’en aller dans les limbes de l’évanouissement, tout en lui caressant les cheveux, avec amour.

- Chut… chut. Endors-toi, mon chou. Murmura-t-elle au creux de son oreille juste avant qu’il ne sombre.

Quand se réveilla Adol ? Quelques heures plus tard, à la nuit tombée. Et cette fois, l’ancienne chanteuse n’avait pas quitté son chevet, enfin sa chaise. Elle avait réclamé qu’on lui amène également un siège, les attaches en moins. Elle s’était placée dans le dos du captif, à peu près à cinquante centimètre. Et elle avait attendu, un livre à la main, au milieu de cette infâme odeur d’être humain en train de pourrir. Mais c’était son être humain, son engeance, et elle devait l’assumer comme une mère son fils. Lorsqu’il se mit à gémir de nouveau, à lever la tête, à chercher des réponses comme toujours, Dolores reposa son livre à côté d’elle et se leva avec grâce. Approchant lentement du jeune homme, elle eut le même geste d’amour que quelques heures plus tôt. Serrant doucement sa tête dans ses bras, la jeune femme glissa ses lèvres vers les oreilles du pauvre captif.

- Chut… je suis là. Je suis là… Tu n’as pas à avoir peur…

Il doit avoir soif, faim aussi j’imagine. Mais qu’importe tout ceci ! Je saurais que je peux te libérer, petit, quand mon amour seul tu réclameras. Ce que je fais là n’est qu’un test. Je sais que tu vas encore trépigner, me réclamer la libération. Et je vais encore devoir t’abandonner à ton sort, aux mains de ces brutes. Et je vais revenir, encore et encore, aussi longtemps qu’il le faudra. Je serais un phare dans cette nuit sans fin. Un éclat bref, mais qui peut devenir une lumière aussi puissante et éternelle que celle qui trône au-dessus de ta tête. Ou bien, peut-être pouvons-nous discuter un peu avant cela ?

- Ne fais pas de bruit… ils reviendraient, sinon. Contente-toi de chuchoter, mon chou…

Pendant ce temps, elle ne cessait de l’enlacer avec douceur, soustrayant toujours son visage à la vue de l’homme qui essayait tant bien que mal de poser les yeux dessus. Dolores avait eu l’idée, à l’instant, de lui poser des questions, de lui faire la conversation pour sonder son esprit et savoir qu’est-ce qu’il restait à détruire à l’intérieur pour en faire le pantin qu’elle souhaitait obtenir avec tant d’ardeur. Toujours au creux de son oreille, elle murmura.

- Dis-moi… aimes-tu m’entendre chanter ?

Mais le narcissisme reprend souvent le dessus. Peut-être allait-elle finir par en venir aux questions qu’elle se devait de poser, mais un petit compliment d’abord, juste un seul lui suffirait.





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Adol Loror
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Sam 31 Mar - 15:06
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Profession : Aventurier
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Le sommeil et la sensation qu'il procure, je les avais presque oubliés depuis que je suis ici, attaché à cette chaise. Enfin, un coussin et une bouillote seraient peut-être un peu mieux que le dossier de cette chaise et les courants d'airs sur ma peau. Je sombre dans un sommeil sans rêve, sans son, un néant où aucune lumière n'apparait. Je suis juste là, flottant dans cette espace, sans sol, sans repaire, sans douleur. Rien, je sombre juste. J'avais la même sensation qu'au bord du monde, un vide où rien n'existe, où rien de ne survie. Dans pas longtemps, je ne survivrai pas moi non plus, j'arrive à peine à rester éveiller, je me fais pas d'idée sur cela, je ne vais pas tenir le coup...



Je me réveille, non sans douleur, avec la sensation d'avoir passé une éternité dans ce lieu, à chuter. Alors que j'émerge encore, la Voix se trouve encore à côté de moi. Elle est restée avec moi ? Elle n'est pas partie, me laissant avec ces hommes ?  Elle ma permit de dormir sans douleur ? Trop de question me firent tourner la tête. Je dois rester absolument survivre et tenir le coup, mais …. Je ne peux rien faire, absolument rien faire, a part rester éveillé. Ma seule lumière ici, ma seule lueur d'espoir en ce lieu, c'est elle, la Voix. Elle me protège, elle me prend dans ces bras alors que les autres les autres me frappe avec les leurs. Ça seule présence me rassure et me permet de tenir debout, enfin sur ma chaise.



On resta ainsi pendant de longues minutes. A chaque seconde, je pouvais sentir mes douleurs et mes peurs partir petit à petit. Pour la première fois depuis longtemps, je me sens bien, comme à l'époque de mes voyages, de mes aventures. Des moments magiques dans des lieux sublimes, où la paix règne mais c'est à causes de mes voyages que je me retrouve ici. Si j'avais écouté Iulia et rester à Lonfaure, jamais j'aurais été ici, croupissant dans cette pièce, à attendre ma mort. Mais depuis qu'elle est ici, la Voix, je revis, je reprends foi en un avenir.



-Pitié, ne me laissez pas ici, je ferai tout ce que vous voulez mais pitié, laissez-moi partir, je ferais tous...je ferais tous...



Je me mis à sangloter, je n'avais rien à cacher, je veux simplement partir, à n'importe quel prix, je veux vivre. Elle s'approche de mon oreille et me murmure ces mots  



-Dis-moi... aime-tu m'entendre chanter ?



La Voix me demande un chose ? Et surtout de chanter ? Cette chanson qui, malgré le temps, je n'ai pas oublié, cette chanson qui à chaque seconde ici, à chaque coup reçut, me protéger et me fais tenir encore vivant ici. J'ai passé des jours à lui parler sans réponses, de jours sans avoir de réponse, des jours seul, des jours couvert de mon sang et là, ce jour-là, la Voix me pose une question  

Je redresse le visage, les joues et yeux remplis de larmes et, dans un sourire, je la suppliai :



-Par pitié, s'il vous plait, je veux l'entende encore une fois, je veux l'entendre. Votre voix... est ma lumière ici, la seule chose qui me tiens encore vivant, vous me tenez vivant alors par pitié, pouvez-vous chanter ?


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Dolores de Rosse
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Dim 1 Avr - 4:20
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Dans ce genre de situation, il est normal que le doute vous prenne. Allait-il répondre que oui, il regrettait le temps où Dolores chantait pour lui tous les jours ? Ou bien sa conscience était-elle encore trop forte pour accepter cette idée ? La seule certitude de Dolores, à ce moment, c’est que s’il advenait qu’il réponde une telle ineptie, sa patience attendrait doucement, mais certainement, ses limites, et il arriverait bien un moment où elle serait tentée de se débarrasser de ce jeune homme bien trop tenace pour qu’elle en fasse quoique ce soit.

Mais… est-ce un miracle ? Il l’admet ? Il admet que je lui ai manqué ? Que ma voix lui a manqué ? Il… Il me demande vraiment de chanter de nouveau ! Mais… mais c’est magnifique ! Enfin ! Enfin, Adol, tu es devenu ce que je voulais que tu deviennes ! Tu as cessé de te battre, tu as cessé de me repousser, moi qui veut simplement t’aider. Oui, Adol… je vais t’aider. Je vais faire de toi l’homme que tu as toujours voulu être. Fini, cet être faible qui n’inspire autre chose que l’indifférence. Tu deviendras… quelqu’un de grand, de puissant ! Tu ne seras plus traité en enfant… sauf par moi, évidemment, hihihi.

Dolores était si heureuse de l’entendre réclamer sa chanson qu’elle mit quelques instants avant de se remettre de ce bonheur fugace et de reprendre contenance. Elle eut quand même un léger, très léger rire de bonheur qui glissa aux oreilles du jeune homme alors qu’elle approchait doucement ses lèvres sucrées de l’une d’entre elle. Enfin, l’araignée avait réussi à attraper quelque chose dans sa toile tissée méticuleusement depuis un mois maintenant. Enfin, elle pouvait se détendre, sortir ses crochets plus noirs que le gouffre au centre d’Ekhlen. Enfin, son venin coulait librement dans les veines de sa pauvre victime, détruisant toute chaire indésirable, toute volonté exécrable, ne laissant qu’une coquille vide, parasitée par l’esprit excessivement dangereux de cette sulfureuse femme. A jamais condamné à lui obéir. Enfin, il n’était plus qu’une marionnette, sa marionnette chérie.


Les oiseaux se sont tus pour la nuit.
Tes bourreaux s’en vont dans leurs lits.
Mais une âme seule reste près de toi,
Des larmes coulant jusqu’au bout de ses doigts.


Je suis… tellement heureuse que je pourrais en pleurer. Merci, Ludwig. Merci pour tout… Tu m’as donné le temps, les moyens de réaliser mon rêve. Grâce à toi, j’ai pu lier à jamais le destin d’un homme au mien. L’amour, le mariage, j’ai essayé pourtant. J’ai essayé d’aimer un homme comme tout le monde. Mais je n’y arrive pas. Je… Je n’arrive pas à m’enchaîner à quelqu’un, à ce qu’aucun de nous deux ne puisse faire de mouvement sans entrainer l’autre. Aujourd’hui, c’est bien une chaine que j’ai attaché, mais seulement pour lui. Autour de son cou, comme une laisse. Il peut bien tirer aussi fort qu’il veut, je reste la maîtresse. Quel bien suprême… Merci encore, Ludwig. Tu ne le regretteras pas, crois-moi.

Et elle continua à chanter. Ses mains blanches, aussi blanches que l’écume de la mer, continuant à réconforter ce pauvre homme par de volatiles caresses. Puis, finalement, une seule d’entre elle continua ces attentions.


Mon cher Adol, oui, ferme tes yeux,
Ne bouge pas, ne crie pas, sois silencieux.
Je te promets, je ferais tout
Pour que tu tiennes jusqu’au bout
Tu survivras
Tu sortiras
Et dévoreras
Tout de moi…


En effet, l’autre main de Dolores s’était glissée dans un petit sac, qu’elle avait en bandoulière. Elle attrapa du bout des doigts un petit flacon de verre bouché avec du liège. Lorsque les dernières notes de la chanson retentirent, elle s’aida de son autre main pour ouvrir doucement ledit flacon et saisir une des gélules qui s’y trouvaient. Il s’agissait de Pentobarbital. Un dérivé du barbiturique aux propriétés hypnotiques. Un somnifère, donc. Rien de bien dangereux, mais il faudrait voir à ne pas trop lui en donner. Mais pour cette fois, elle pouvait se permettre d’assommer son nouveau compagnon.

- Ne t’en fais pas… C’est fini maintenant, mon chou. C’est fini. Je vais te sortir de là, comme la chanson l’a promis, d’accord ?


Et tandis que les dernières gouttes de son ignoble venin faisaient leur bout de chemin dans l’esprit d’Adol Loror, sa main apporta à la bouche du captif cet étrange médicament pour qu’il le gobe, et qu’il l’avale, tout simplement. Une fois ceci fait, la jeune femme continua de le bercer tendrement jusqu’à ce qu’il sombre de nouveau. Elle l’abandonna ensuite, encore une fois, mais pas pour longtemps. Elle avait déjà distribué ses ordres auparavant. Les sbires de Ludwig devaient emmener Adol jusqu’à l’hôtel que l’ancienne chanteuse occupait à Skingrad. Une belle suite, où elle vivait avec Joseph, son majordome. Une fois qu’il arriverait là-bas, au milieu de la nuit, ce dernier laverait cette pauvre poupée et la coucherait dans un vrai lit. Dolores y attendrait son réveil, à son chevet, comme une mère aimante qui veille sur l'enfant malade.

Et c’est ce qui fut fait. Lorsque le jeune homme ouvrit les yeux de son long sommeil, Dolores était là, à ses côtés. Elle avait tenu sa promesse, l’avait sauvé de sa misérable vie. Avec un sourire infiniment tendre, elle contemplait son œuvre, transie d’un bonheur qu’elle ne pouvait pourtant pas montrer tout de suite à son nouveau compagnon, mais dont Joseph avait pu mesurer l’ampleur au retour de sa maîtresse. Elle ne put résister plus longtemps, et une douce main vint caresser la joue de cette poupée, ce pion qu’elle avait façonné pendant de longues semaines. Qu’il était doux de voir enfin son rêve accompli… et qu’il était bon de s’imaginer en avoir d’autres comme celui-ci.  

Un homme rien qu’à moi… vais-je enfin atteindre ce bonheur dont tout le monde parle ?





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Adol Loror
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Lun 2 Avr - 21:18
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Je sais que ma phrase peut être égoïste et déplacé mais cette chanson, cette foutu chanson que j'ai détestée, que j'ai haï, maintenant elle est comme un phare, un cap. Elle me permet de tenir la tête au-dessus de l'eau, malgré les coups et les privations. Cette foutu chanson est ma seule chance de survie en ce lieu.  

Quand elle se mit à chanter, je sentis tous mon corps s'écroulé sur la chaise, non pas de fatigue, mais de joie, je me sentis revivre dès les premières paroles, dès "Mon cher Adol". Ces simples mots sont pour moi la plus belle chose qui est pu m'arriver depuis longtemps, ces simples mots me firent frissonner. Je reste ainsi, le regard dans le vide, sans aucune pensée en tête, un léger sourire sur le coin des lèvres. Cette chanson est devenue mon seul objectif, l'entendre, encore et encore, jusqu'à la fin de toute chose, jusqu'à ma propre fin.


-Merci...merci...merci, n'ai-je pas arrêté de dire, doucement pour ne pas la couper dans ça chanson


Une fois la chanson finie, non sans une pointe de déception pour ma part, je reste immobile, les yeux toujours rivés sur le mur. La voix s'approche de moi et plaque sa douce main contre ma bouche. A peine j'eu le temps de lever les yeux vers elle que je sombre de nouveau dans un sommeille, bercé par la Voix. Encore une fois, ce fut un rêve vide, vide comme mon esprit depuis que je suis ici. Cela peut paraitre étrange mais plus j'y réfléchi, moins j'arrive à me rappeler de ma vie d'avant, d'avant le sac de jutes, d'avant ma cellule, d'avant les coups et surtout de la Voix, c'est comme si je n'avais jamais existé. Mes derniers brides sont les images d'un chalet à côté d'un lac et une espèce d'oiseau rouge mais à part cela, rien, un vide comme mon rêve. Un vide où je chute sans jamais toucher le sol.  

Finalement, la chute se finit enfin. Mes paupières étaient plus lourdes que d'habitudes, m'arrive à les ouvrir non sans peine. Je pouvais me voir dans une sorte de lit, allonger, en face d'une femme....dans un lit ? Je suis dans un lit, dans une chambre et non dans une cellule, sur une chaise... Je dois encore rêver, c'est la seule solution.  La femme, une sublime personne, aux cheveux d'un blond superbe et des yeux qui me fixée, un léger sourire en coin des lèvres sa main parcourant mon visage, de long de ma joue. Je reste comme ça, à la regarder de longues minutes, sans rien dire, à juste penser que cela est encore un rêve et que, finalement, je vais me réveiller dans ma cellule, encore une fois, des personnes vont me faire souffrir pour leurs simples plaisirs. Je me mis à regarder ma nouvelle pièce, ma nouvelle cellule. Une immense pièce, qui ressemble à une chambre, une chambre que l'on peut trouver en Daenastre, peut être que j'étais encore sur ce continent, mais cela n'est pas la question à me poser.  

A peine j'essaie de me lever que je m'écroule lourdement sur le lit, je suis à bon de force mais je remarque aussi que mes vêtements sont changés et mes blessures nettoyées. J'ai réellement quitté ma cellule ? Ma chaise ?  

Je me tourne vers la femme, qui continue de me sourire et, non sans lâcher quelques larmes, je lui demande simplement :

-Etes-vous la Voix ? Etes-vous la personne qui m'a sauvé ?  



Je la regarde, les larmes aux yeux, en attend sa réponse...
Je voulais en avoir le cœur net, je voulais savoir si j'étais sortis, si je pouvais enfin voir le soleil ou que cela n'étais encore qu'un rêve ou un cauchemar réel...


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Dolores de Rosse
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Ven 6 Avr - 16:34
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Profession : Sbire de Ludwig Strauss
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Je le vois, essayer de se lever, s’écrouler de nouveau. Il n’est pas encore habitué à son nouveau corps. Un corps docile, encore hésitant, mais puissant. Un corps qui m’appartient, maintenant. Je ne peux pas… m’empêcher de lui sourire. Je l’aime tellement, cette petite chose, rien qu’à moi. Il a l’air toujours si innocent. J’aime les garçons innocents, mais ils ont tendance à rapidement me lasser. Il va falloir t’endurcir, mon mignon ! Je t’enverrai quelque part où la vie ne te fera pas de cadeaux. Mais tu résisteras, tu survivras, comme toujours. Et ensuite, tu me reviendras à nouveau. Joseph me dit parfois que j’ai l’esprit d’une araignée. Je n’aime pas beaucoup cette comparaison. C’est affreux, une araignée. Mais si je devais la reprendre pour un instant seulement, alors le fil que j’ai tissé, qui me lie à ce jeune homme, ne se brisera jamais. Je ne le permettrai pas.

Ces pensées pouvaient effrayer les plus naïfs d’entre nous. Nous apeurer. Mais qui est donc cette horrible femme ? De quoi est-elle capable ? Il est normal de réagir ainsi, de penser ainsi. L’inconnu nous effraie, et rien n’est plus mystérieux que les motivations d’une personne à l’esprit tordu, déformé. Mais ne soyez pas effrayé par Dolores, nous en avons déjà parlé. L’araignée n’est pas une menace pour vous si vous n’êtes pas une menace pour elle… ou un repas. Il est simple de ne pas lui faire de trouble, il suffit de la laisser en paix. Pour ne pas être sa cible, il est vrai, c’est plus compliqué… Mais vous voyez, elle essaye de se soigner. En empoisonnant ce pauvre garçon, elle en fait son exclusivité, son dîner quotidien, et réservé. Il n’y a donc aucune raison de penser qu’elle en cherchera un autre, en tout cas pour le moment. Quoiqu’il en soit, craindre une araignée est inutile. C’est une menace soit insignifiante, soit invisible, insidieuse.

Dans les deux cas, vous ne sentirez pas qu’elle vous mord.

Alors, autant l’ignorer.

- Oui… c’est moi, mon garçon. C’est moi qui te chantait cette chanson. C’est fini maintenant, tu n’as plus à avoir peur. Tu es chez moi, tu es avec moi. Rien ne nous séparera maintenant. Chuchota-t-elle tout en continuant de caresser ce visage.

Il a gardé… toute sa candeur. J’ai beau l’avoir brisé en morceaux, avoir fait fondre sa raison sous un brasier entretenu au quotidien, il reste toujours cette éternelle douceur. C’est fascinant à quel point certaines choses sont immuables chez les humains. Des fois, l’ambition d’un homme se lit dans tous ses actes, dans chacun de ses mots. Il est l’ambition. Ce cher Adol… Peu importe ce qu’il fait, ce qu’il subit, il reste d’une infinie douceur. Il est la douceur. Et moi… que suis-je donc ? Je ne peux pas répondre à cette question, malheureusement. Il faudrait quelqu’un d’extérieur, qui me connaisse bien, pour cela. Ludwig ? Oh non, il ne me connait pas autant que j’aimerai, d’ailleurs. Joseph ? Peut-être, mais il y a des choses que je ne fais pas, que je ne dis pas, devant lui, et que je ne ferais jamais, donc comment pourrait-il affirmer me connaître ? En fait… Personne ne me connait, je crois.


Et là, à la manière d’Adol Loror, plusieurs fois le long de sa captivité, et même encore maintenant, dans ce lit et en sécurité, Dolores se mit à pleurer. Quelques larmes, d’abord, roulèrent sur ses joues, trainées noires du fait de son maquillage sombre. Puis, pudiquement, elle prit une des mains du jeune homme allongé et s’en servit pour cacher, ne serait-ce qu’un peu, son visage humide. Aucun hoquet, aucune plainte, aucun reniflement même. Simplement un soupir ou deux, et les larmes qui continuaient de tomber sur les draps de soie dans lesquels Adol dormait.

- Tu es là, maintenant… Tu es avec moi. Tu resteras avec moi maintenant, hein… Adol ? Tu resteras... avec moi ? Demanda-t-elle, légère supplication alors que son regard était toujours caché par la main de celui à qui elle s’adressait.

Je suis pathétique... Qui de nous deux a le plus besoin de l'autre maintenant, hein ?





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Adol Loror
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Ven 13 Avr - 8:46
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-Oui…c’est moi, mon garçon….

C’est simple mots, des mots que j’ai, depuis ce qui ma semblais durée des moins, voulus entendre. A la simple prononciation de ces mots, mon corps se mis tout entier à trembler, comme s’il n’avait plus besoin de se battre, d’encaisser. Comme s’il pouvait juste se reposer. J’étais enfin sortie de cet enfer, j’étais enfin libre dans les bras d’un ange.
La voix, qui avait maintenant une apparence, se plaqua contre moi, la tête sur mon épaule encore douloureuse et me caressant d’une main se voulant rassurante et protectrice, tout en me cachant le visage. Apparemment je n’étais pas encore prêt à la voir, comme si j’étais encore son prisonnier. Mais c’était elle qui m’avaient protégé, aidé et soigné. J’aurais pu la pousser et m’enfuir mais mes forces ainsi que chance de sortie étaient encore trop faible et puis, je ne pouvais pas lui faire cela.
Je pouvais sentir tous son corps sur moi, elle avait besoin de moi, comme si c’était à moi de prendre soin d’elle, de la protéger. Les rôles étaient comme inversé, le torturé devient le protecteur et la sauveuse devient la brisée. Je devais la soutenir encore un peu et puis, ce simple geste de sa part, ce câlin, semble me soigner autant que n’importe quels soins.
Elle s’approcha de mon oreille et me demanda, comme dans un murmure :

- Tu es là, maintenant… Tu es avec moi. Tu resteras avec moi maintenant, hein… Adol ? Tu resteras... avec moi ?

Je fus surpris de cette question, après tous, rien ne me retiens vraiment ici, je pourrais simplement répondre non mais… je veux rester avec elle, je veux l’aider. Sans me rendre compte, des larmes se mirent encore à couler le long de mon visage, de joie, d’être libre, ainsi que de tristesse partagé. Après quelques secondes ; où seules nos souffles coupe le silence ambiant, je lui répondis, dans le même murmure :

-Je serai là pour vous, je serai toujours là, … vous m’avez sauvé, je ferai de même...

Je sus, en disant ces simples mots, qui mon destin était scellé, mais après tous, depuis un certain moment, je n’ai plus le contrôle de ma vie...
On resta ainsi encore un moment, à se soutenir l’un l’autre. Deux brisés se protégeant mutuellement.


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